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Le logiciel espion « secret défense » de la DGSI était un fork d’un exploit disponible sur GitHub

20 août 2026 à 14:18
Un exploit « très peu sophistiqué »
Le logiciel espion « secret défense » de la DGSI était un fork d’un exploit disponible sur GitHub

Ayant permis plus de 6 000 arrestations, la saisie de 900M d’euros et de 270 tonnes de drogues, le piratage du cryptophone Encrochat reposait sur un logiciel espion « secret défense » développé par la DGSI. Il avait en fait été bidouillé à partir d’un logiciel open source et d’un exploit téléchargés sur GitHub. Il reposait aussi sur une faille « zero day » identifiée par Google comme étant exploitée par le logiciel espion Pegasus de NSO, révèle une enquête de Computer Weekly.

MàJ, 23 août : quatre chercheurs en cryptographie et cybersécurité (Martin R. Albrecht, Sunoo Park, Michael A. Specter et Douglas Stebila), ont par ailleurs publié un preprint, « A Real-World Law-Enforcement Hack: The Case of Encrochat ». Présenté comme « le compte rendu public le plus détaillé à ce jour sur l’infrastructure d’Encrochat et la manière dont elle a été compromise », il n’évoque pas, cela dit, la rétro-ingénierie d’Invasys ni donc le recours à la vulnérabilité « Bad Blinder » exploitée par NSO et découverte par le Project Zero de Google, révélées par l’enquête de Computer Weekly.


Le 2 juillet 2020, Europol et Eurojust annonçaient que la gendarmerie nationale française avait réussi à pirater et démanteler EncroChat, « un réseau téléphonique chiffré largement utilisé par les réseaux criminels » dénombrant 60 000 clients, a priori fortunés. Ses terminaux sécurisés étaient en effet vendus la bagatelle de 1 000 euros, auxquels il fallait ajouter 1 500 euros d’abonnement, à renouveler tous les 6 mois.

Initiée en 2017, l’enquête avait mobilisé 60 enquêteurs réunis en France dans une « cellule Emma 95 », et permis plusieurs centaines d’arrestations un peu partout en Europe. Trois ans plus tard, Europol se félicitait du fait que cette opération avait permis l’arrestation de 6 558 personnes dans le monde entier (dont 197 « high value targets »), la saisie de 740 millions d’euros de cash et le gel de 154,1 millions d’euros sous forme d’actifs ou de comptes bancaires, 164,4 tonnes de cannabis, 103,5 de cocaïne, 3,3 d’héroïne, 30,5 millions de comprimés de drogues chimiques, 971 véhicules, 923 armes (plus 21 750 cartouches et 68 explosifs), 271 domaines ou maisons, 83 bateaux et 40 avions.

Encrochat en chiffres – Eurojust et Europol

Europol ne précisait pas combien de personnes avaient alors été condamnées, mais celles qui l’avaient été totalisaient alors une durée cumulée de 7 134 années de prison. Europol précisait également que 35 % des affaires relevaient du crime organisé, 33 du trafic de drogue, 14 du blanchiment d’argent, 12 de projets de meurtres, et 6 de trafic d’armes.

À l’époque, la gendarmerie n’avait pas détaillé son modus operandi, reconnaissant toutefois avoir eu recours à trois « dispositifs techniques », dont deux couverts par le « secret défense ». La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) de 2010 autorise en effet la « captation de données informatiques, une technique spéciale d’enquête prévue par le droit français » afin de « contourner l’obstacle du chiffrement et ainsi d’accéder à des données informatiques de manière invisible pour l’utilisateur ».

Les journalistes d’investigation Bill Goodwin et Duncan Campbell (un ancien hacker radio connu pour avoir révélé l’existence du GCHQ et du programme anglo-saxon Echelon de surveillance satellite des communications) viennent néanmoins de révéler, dans Computer Weekly (CW) qu’à la demande de la justice britannique, une entreprise de cybersécurité tchèque a réussi, par rétro-ingénierie, à reconstituer le logiciel espion.

Il aurait été développé par le « service technique national de captation judiciaire » (STNCJ), un service à compétence nationale rattaché au directeur technique de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), créé en 2018 et chargé de la conception, de la centralisation et de la mise en œuvre de dispositifs techniques permettant l’activation à distance d’un appareil électronique, qui sont cela dit couvertes par le secret de la défense nationale.

Une peine de 30 ans de prison, et plusieurs millions d’euros d’amendes

Encrochat aurait été développé par Paul Kursky, un Canadien d’une cinquantaine d’années vivant en République dominicaine. D’après The Globe and Mail, il y avait été arrêté en 2022, avant d’être extradé en février 2024 en France, où, mis en examen pour une quinzaine de chefs d’accusation, il encourt une peine de 30 ans de prison, et plusieurs millions d’euros d’amendes.

[Communiqué de presse] L’un des principaux dirigeants de la structure #EncroChat a été remis à la France le 02/02/24 à la suite d'un important travail de coopération avec @Eurojust et les autorités dominicaines.
▶Mis en examen, il a été placé en détention provisoire par le JLD. https://t.co/9JAuQ7tqwj pic.twitter.com/mGFeRS24i5

— Samuel Finielz, procureur de Lille (@ProcureurLille) February 7, 2024

CW révèle pour sa part qu’en 2014, Kursky expliqua à l’un de ses partenaires avoir mis au point une « solution de sécurité » pour les smartphones Android, « à partir de plusieurs projets open source », dont Off-the-Record Messaging, le précurseur des messageries chiffrées, Guardian ROM, une version sécurisée d’Android développée par le Guardian Project, un collectif de développeurs œuvrant pour « les militants, les journalistes et les utilisateurs lambda qui accordent de l’importance à la vie privée et à la sécurité ».

L’idée était de flasher un smartphone de sorte qu’il dispose d’une zone de stockage chiffrée dotée de son propre système d’exploitation, activable à partir d’une combinaison de touches spéciales offrant à ses utilisateurs la possibilité de nier de façon plausible (« déni plausible », ou « plausible deniability » en anglais) le fait qu’il s’agisse en réalité d’un « cryptophone ».

L’abonnement coûtait 1 000 $ pour 6 mois, pour un téléphone qui, ironise CW, « pouvait parfois prendre en charge des appels téléphoniques », mais servait surtout à stocker des notes, échanger des messages et images avec des utilisateurs identifiables non via leurs noms ou n° de téléphones, mais via des pseudonymes « choisis au hasard ». Leurs échanges étaient en outre automatiquement effacés au bout de 14 jours, ou dans un délai fixé par leurs expéditeurs.

Capture d’écran du site d’EncroChat – archive.org

Le smartphone pouvait également être effacé à distance par le revendeur ou le service d’assistance, et proposait plusieurs fonctionnalités visant à assurer « garantir l’anonymat » de ses utilisateurs, dont un code PIN spécifique destiné à la suppression immédiate de toutes les données sur l’appareil, et la suppression de toutes les données en cas de saisies consécutives d’un mauvais mot de passe.

Une rétro-ingénierie de 70 % du logiciel espion des hackers de la DGSI


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Le Conseil constitutionnel censure le contrôle de l’âge des internautes, mineurs ou pas

14 août 2026 à 14:31
Panpan CC
Le Conseil constitutionnel censure le contrôle de l’âge des internautes, mineurs ou pas

Les Sages ont jugé que la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux va d’une part à l’encontre de la liberté d’expression des mineurs, et d’autre part au droit à la vie privée des majeurs. Ces derniers ne devraient pas être obligés de faire vérifier leur âge sans « garanties légales ». L’Élysée réclame un nouveau texte d’ici à la présidentielle de 2027.

Le Conseil constitutionnel vient d’annoncer par communiqué avoir conclu à une « non conformité partielle » de l’article 1er de la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux services de réseaux sociaux en ligne, qui s’en trouve dès lors censuré.

Les Sages avaient en effet été saisis par plus de soixante députés du groupe parlementaire la France insoumise et du groupe Socialistes et apparentés après que l’Assemblée a entériné, le 21 juillet dernier, la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Son adoption ouvrait la voie à une entrée en vigueur dès la rentrée de septembre, date à partir de laquelle les moins de 15 ans ne devaient plus pouvoir créer de compte sur les réseaux sociaux. L’interdiction devait s’étendre aux comptes déjà existants dans un délai de quatre mois. Le texte ne donnait cependant aucune indication quant à l’indispensable méthode de vérification de l’âge qui, par définition, devait s’appliquer à l’ensemble de la population.

Le Conseil constitutionnel juge que « les dispositions contestées, d’une part, portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et, d’autre part, n’ont pas prévu les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée ».

La liberté d’expression s’applique aussi aux mineurs

Le Conseil se fonde d’abord sur l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui protège la liberté d’expression et de communication, et rappelle qu’ « il en découle la liberté d’accéder aux services de communication au public en ligne et de s’y exprimer ».

Il reconnaît certes qu’ « il est loisible au législateur d’instituer des dispositions destinées à faire cesser des abus de l’exercice de la liberté d’expression et de communication qui portent atteinte à l’ordre public et aux droits des tiers », mais en rappelle aussi les limites :

« Cependant, [cette liberté] est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés. Il s’ensuit que les atteintes portées à l’exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif poursuivi. »

Or, le Conseil juge que le législateur a brassé bien trop large, et de façon indistincte, alors qu’il ne pouvait « instituer une interdiction de portée générale ayant pour effet de priver des mineurs de leur liberté d’accès à de nombreux services de communication en ligne, sans considération ni de la situation du mineur ni des risques propres à chacun de ces services ».

Les réseaux sociaux ne sont pas tous forcément dangereux

Les Sages relèvent, « en premier lieu », que l’interdiction instituée par la loi est susceptible de s’appliquer à des services « dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas établis » :

« En effet, elle n’est soumise à aucune condition tenant aux fonctionnalités ou aux contenus proposés, aux dangers auxquels ils exposent et à l’insuffisance des protections dont ils sont assortis, et les exceptions prévues sont limitées. »

Le Conseil observe, « en second lieu », que l’interdiction prévue, étant applicable à l’ensemble des mineurs âgés de moins de quinze ans, « ne donne lieu à aucune appréciation particulière du risque pour le mineur, tenant compte notamment de son âge, de son degré de maturité et de sa situation familiale » :

« À cet égard, la loi ne prévoit pas les conditions dans lesquelles les titulaires de l’autorité parentale peuvent, dans l’intérêt de l’enfant, décider de lever l’interdiction, d’en limiter la portée ou d’autoriser l’accès à certains services. »

Devoir faire la preuve de son âge requiert des « garanties légales »

Les Sages rappellent par ailleurs que la liberté proclamée par l’article 2 de la Déclaration de 1789 implique le droit au respect de la vie privée.

Il souligne à ce titre qu’en interdisant l’accès de tout mineur de moins de quinze ans à certains services en ligne, « la loi implique, par elle même, que toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge avant d’y accéder », sans pour autant en avoir « prévu les garanties légales » :

« Or, faute de déterminer les conditions et les limites dans lesquelles il devra ainsi en être justifié, le législateur n’a pas prévu les garanties légales de nature à assurer le respect de ces exigences constitutionnelles. »

L’Élysée réclame un nouveau texte d’ici à la présidentielle

Emmanuel Macron vient de son côté de charger le Premier ministre Sébastien Lecornu de revoir le dispositif et proposer une nouvelle version « juridiquement robuste » d’ici au printemps 2027. Il s’agissait d’un engagement présidentiel de longue date, rappellent Le Monde et l’AFP.

Le chef du gouvernement devra travailler « dans les meilleurs délais » à une rédaction « tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel ainsi que du cadre européen », a expliqué l’Elysée dans un communiqué, ajoutant que « la détermination » du chef de l’État à faire aboutir cette réforme « d’ici au printemps 2027 demeure totale », et donc d’ici à la prochaine présidentielle.

La Commission européenne a, de son côté, annoncé en juillet son intention d’instaurer un accès « progressif et gradué » des mineurs aux réseaux sociaux. Un comité d’experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, chaque pays pouvant cela dit choisir un autre âge plancher.

Saisi uniquement à propos de l’article premier, le Conseil constitutionnel ne s’est pas, par ailleurs, prononcé sur l’interdiction du téléphone portable au lycée à partir du 1ᵉʳ septembre, qui figurait dans le même texte de loi.

Le Conseil constitutionnel censure le contrôle de l’âge des internautes, mineurs ou pas

14 août 2026 à 14:31
Panpan CC
Le Conseil constitutionnel censure le contrôle de l’âge des internautes, mineurs ou pas

Les Sages ont jugé que la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux va d’une part à l’encontre de la liberté d’expression des mineurs, et d’autre part au droit à la vie privée des majeurs. Ces derniers ne devraient pas être obligés de faire vérifier leur âge sans « garanties légales ». L’Élysée réclame un nouveau texte d’ici à la présidentielle de 2027.

Le Conseil constitutionnel vient d’annoncer par communiqué avoir conclu à une « non conformité partielle » de l’article 1er de la loi qui prévoyait d’interdire l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux services de réseaux sociaux en ligne, qui s’en trouve dès lors censuré.

Les Sages avaient en effet été saisis par plus de soixante députés du groupe parlementaire la France insoumise et du groupe Socialistes et apparentés après que l’Assemblée a entériné, le 21 juillet dernier, la proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Son adoption ouvrait la voie à une entrée en vigueur dès la rentrée de septembre, date à partir de laquelle les moins de 15 ans ne devaient plus pouvoir créer de compte sur les réseaux sociaux. L’interdiction devait s’étendre aux comptes déjà existants dans un délai de quatre mois. Le texte ne donnait cependant aucune indication quant à l’indispensable méthode de vérification de l’âge qui, par définition, devait s’appliquer à l’ensemble de la population.

Le Conseil constitutionnel juge que « les dispositions contestées, d’une part, portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et, d’autre part, n’ont pas prévu les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée ».

La liberté d’expression s’applique aussi aux mineurs

Le Conseil se fonde d’abord sur l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui protège la liberté d’expression et de communication, et rappelle qu’ « il en découle la liberté d’accéder aux services de communication au public en ligne et de s’y exprimer ».

Il reconnaît certes qu’ « il est loisible au législateur d’instituer des dispositions destinées à faire cesser des abus de l’exercice de la liberté d’expression et de communication qui portent atteinte à l’ordre public et aux droits des tiers », mais en rappelle aussi les limites :

« Cependant, [cette liberté] est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés. Il s’ensuit que les atteintes portées à l’exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif poursuivi. »

Or, le Conseil juge que le législateur a brassé bien trop large, et de façon indistincte, alors qu’il ne pouvait « instituer une interdiction de portée générale ayant pour effet de priver des mineurs de leur liberté d’accès à de nombreux services de communication en ligne, sans considération ni de la situation du mineur ni des risques propres à chacun de ces services ».

Les réseaux sociaux ne sont pas tous forcément dangereux

Les Sages relèvent, « en premier lieu », que l’interdiction instituée par la loi est susceptible de s’appliquer à des services « dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs ne sont pas établis » :

« En effet, elle n’est soumise à aucune condition tenant aux fonctionnalités ou aux contenus proposés, aux dangers auxquels ils exposent et à l’insuffisance des protections dont ils sont assortis, et les exceptions prévues sont limitées. »

Le Conseil observe, « en second lieu », que l’interdiction prévue, étant applicable à l’ensemble des mineurs âgés de moins de quinze ans, « ne donne lieu à aucune appréciation particulière du risque pour le mineur, tenant compte notamment de son âge, de son degré de maturité et de sa situation familiale » :

« À cet égard, la loi ne prévoit pas les conditions dans lesquelles les titulaires de l’autorité parentale peuvent, dans l’intérêt de l’enfant, décider de lever l’interdiction, d’en limiter la portée ou d’autoriser l’accès à certains services. »

Devoir faire la preuve de son âge requiert des « garanties légales »

Les Sages rappellent par ailleurs que la liberté proclamée par l’article 2 de la Déclaration de 1789 implique le droit au respect de la vie privée.

Il souligne à ce titre qu’en interdisant l’accès de tout mineur de moins de quinze ans à certains services en ligne, « la loi implique, par elle même, que toute personne, même majeure, fasse la preuve de son âge avant d’y accéder », sans pour autant en avoir « prévu les garanties légales » :

« Or, faute de déterminer les conditions et les limites dans lesquelles il devra ainsi en être justifié, le législateur n’a pas prévu les garanties légales de nature à assurer le respect de ces exigences constitutionnelles. »

L’Élysée réclame un nouveau texte d’ici à la présidentielle

Emmanuel Macron vient de son côté de charger le Premier ministre Sébastien Lecornu de revoir le dispositif et proposer une nouvelle version « juridiquement robuste » d’ici au printemps 2027. Il s’agissait d’un engagement présidentiel de longue date, rappellent Le Monde et l’AFP.

Le chef du gouvernement devra travailler « dans les meilleurs délais » à une rédaction « tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel ainsi que du cadre européen », a expliqué l’Elysée dans un communiqué, ajoutant que « la détermination » du chef de l’État à faire aboutir cette réforme « d’ici au printemps 2027 demeure totale », et donc d’ici à la prochaine présidentielle.

La Commission européenne a, de son côté, annoncé en juillet son intention d’instaurer un accès « progressif et gradué » des mineurs aux réseaux sociaux. Un comité d’experts a recommandé une interdiction aux moins de 13 ans, chaque pays pouvant cela dit choisir un autre âge plancher.

Saisi uniquement à propos de l’article premier, le Conseil constitutionnel ne s’est pas, par ailleurs, prononcé sur l’interdiction du téléphone portable au lycée à partir du 1ᵉʳ septembre, qui figurait dans le même texte de loi.

☕️ ASI se penche sur ce que l’IA fait au journalisme, et aux mouvements de résistance anti-IA

14 août 2026 à 11:02


Le replay de la dernière émission d’Arrêt sur images (ASI) « Ce que l’IA fait au journalisme » vient d’être élu gratuit par les asinautes. Pendant 1h13, la journaliste Pauline Block y discute avec Mathilde Saliou, journaliste à Next, Eric Barbier, reporter à l’Est républicain, co-organisateur du contre-sommet de l’IA et référent sur l’IA au bureau national du Syndicat national des journalistes (SNJ), et Olivier Koch, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Paris Nord, qui étudie la transformation des industries médiatiques et des pratiques journalistiques, et donc l’impact de l’IA.

Ils y discutent, entre autres, du rapport parfois trop béat d’une partie des journalistes vis-à-vis de l’effet waouh associé à l’IA, de la disparition du traitement de l’urgence écologique des médias au moment même où cette nouvelle « révolution » technologique très consommatrice en ressources et en énergie bouleverse de nombreux pans de nos activités. Ils abordent aussi la dilution de la responsabilité associée à la génération de contenus médiatiques avec de l’IA, et ses effets sur la confiance (déjà faible !) que le public peut cultiver envers l’information.

[Récap] Nous avons découvert des milliers de sites d’info générés par IA : tous nos articles
Entre la Chaise et le Clavier #11 : Le tsunami d’infos générées par IA, avec Jean-Marc Manach

Dessin : Flock

À noter que les asinautes ont également rendu gratuit « Tout le monde déteste l’algorithme », qui fait écho à l’article « Tout le monde déteste l’IA » que vient de publier le Monde Diplo. Thibault Prévost, chroniqueur technocritique d’ASI, y revient sur le mouvement de contestation contre l’IA, les centres de données « et le projet mortifère de la Silicon Valley ». Un décryptage truffé de liens et de ressources bibliographiques, comme sait si bien le faire Thibault Prévost, ainsi que de nouveaux concepts, tels que « thermocratie », « carbofascisme », « néoluddisme » ou « AI populism ».

Il relève notamment qu’Amnesty International, qui a analysé les systèmes d’IA générative au prisme du respect des droits humains fondamentaux, conclut que « ces logiciels sont « fondamentalement incompatibles » avec les traités internationaux, dans leur architecture même, et doivent être prohibés ».

Pour lui, « la rage qui fleurit partout n’est pas dirigée contre l’IA comprise comme une simple technique informatique, mais contre l’IA comprise comme idéologie et ce qu’elle contient, permet, encode dans le tissu social ». D’autant que, « alors que l’Europe brûle, le projet techno-politique de la tech s’affiche pour ce qu’il est : pyromane ». Ce pourquoi, et « dès lors que l’on défend la dignité humaine, la pérennité du vivant et le droit de vivre sur une planète habitable, la haine de « l’intelligence artificielle », machine génératrice de prétexte technique à l’installation d’un ordre social inhumain, est donc juste et saine. »

Thibault Prévost est aussi l’auteur de deux essais, sur ces mêmes problématiques. « Les prophètes de l’IA – pourquoi la Silicon Valley nous vend l’apocalypse », consacré aux « doomers » « prophètes catastrophistes » et autres « techno-oligarques », publié en octobre 2024, et « Technologie du coup d’État – les programmeurs de l’autoritarisme », sur le « putsch numérique » de la Silicon Valley, à paraître en octobre 2026.

☕️ ASI se penche sur ce que l’IA fait au journalisme, et aux mouvements de résistance anti-IA

14 août 2026 à 11:02


Le replay de la dernière émission d’Arrêt sur images (ASI) « Ce que l’IA fait au journalisme » vient d’être élu gratuit par les asinautes. Pendant 1h13, la journaliste Pauline Block y discute avec Mathilde Saliou, journaliste à Next, Eric Barbier, reporter à l’Est républicain, co-organisateur du contre-sommet de l’IA et référent sur l’IA au bureau national du Syndicat national des journalistes (SNJ), et Olivier Koch, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Paris Nord, qui étudie la transformation des industries médiatiques et des pratiques journalistiques, et donc l’impact de l’IA.

Ils y discutent, entre autres, du rapport parfois trop béat d’une partie des journalistes vis-à-vis de l’effet waouh associé à l’IA, de la disparition du traitement de l’urgence écologique des médias au moment même où cette nouvelle « révolution » technologique très consommatrice en ressources et en énergie bouleverse de nombreux pans de nos activités. Ils abordent aussi la dilution de la responsabilité associée à la génération de contenus médiatiques avec de l’IA, et ses effets sur la confiance (déjà faible !) que le public peut cultiver envers l’information.

[Récap] Nous avons découvert des milliers de sites d’info générés par IA : tous nos articles
Entre la Chaise et le Clavier #11 : Le tsunami d’infos générées par IA, avec Jean-Marc Manach

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À noter que les asinautes ont également rendu gratuit « Tout le monde déteste l’algorithme », qui fait écho à l’article « Tout le monde déteste l’IA » que vient de publier le Monde Diplo. Thibault Prévost, chroniqueur technocritique d’ASI, y revient sur le mouvement de contestation contre l’IA, les centres de données « et le projet mortifère de la Silicon Valley ». Un décryptage truffé de liens et de ressources bibliographiques, comme sait si bien le faire Thibault Prévost, ainsi que de nouveaux concepts, tels que « thermocratie », « carbofascisme », « néoluddisme » ou « AI populism ».

Il relève notamment qu’Amnesty International, qui a analysé les systèmes d’IA générative au prisme du respect des droits humains fondamentaux, conclut que « ces logiciels sont « fondamentalement incompatibles » avec les traités internationaux, dans leur architecture même, et doivent être prohibés ».

Pour lui, « la rage qui fleurit partout n’est pas dirigée contre l’IA comprise comme une simple technique informatique, mais contre l’IA comprise comme idéologie et ce qu’elle contient, permet, encode dans le tissu social ». D’autant que, « alors que l’Europe brûle, le projet techno-politique de la tech s’affiche pour ce qu’il est : pyromane ». Ce pourquoi, et « dès lors que l’on défend la dignité humaine, la pérennité du vivant et le droit de vivre sur une planète habitable, la haine de « l’intelligence artificielle », machine génératrice de prétexte technique à l’installation d’un ordre social inhumain, est donc juste et saine. »

Thibault Prévost est aussi l’auteur de deux essais, sur ces mêmes problématiques. « Les prophètes de l’IA – pourquoi la Silicon Valley nous vend l’apocalypse », consacré aux « doomers » « prophètes catastrophistes » et autres « techno-oligarques », publié en octobre 2024, et « Technologie du coup d’État – les programmeurs de l’autoritarisme », sur le « putsch numérique » de la Silicon Valley, à paraître en octobre 2026.

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