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[màj] Les pirates de ShinyHunters affirment détenir les données de milliers d’employés du FBI

22 septembre 2026 à 19:16
Le FBI piégé
[màj] Les pirates de ShinyHunters affirment détenir les données de milliers d’employés du FBI

Le FBI a été visé par une attaque de ShinyHunters. Le groupe de pirates serait en possession de données concernant des milliers d’employés de l’Agence fédérale. Parmi les informations volées : noms, adresses, numéros de téléphone et des données sur la famille des employés.

Pour prouver leur intrusion, les pirates ont détourné le site de recrutement du FBI. Pendant quelques minutes, on pouvait y lire que « le site a été saisi par ShinyHunters » et que « toutes les données du FBI ont été compromises, notamment des données personnelles et médicales sensibles concernant les employés actuels et anciens du FBI ».

Le groupe déclare aussi posséder « bien plus de données que ce que nous affirmons ici ». Avant de terminer par une formule typique de Donald Trump : « Merci de l’attention que vous porterez à cette affaire. »

Le site de recrutement piraté du FBI. Capture d’écran : vxdb

Le même site a rapidement affiché un message d’erreur prévenant que le portail de candidature est actuellement indisponible, toujours en ligne à l’heure où nous publions. Le site principal fbi.gov a lui aussi été placé en indisponibilité, d’après nos constatations.

Un échantillon des données fourni au site 404media semble bien confirmer la nature et l’ampleur du vol de données. Selon nos confrères, ShinyHunters a exploité une faille zero-day dans PeopleSoft, un logiciel Oracle, pour obtenir un accès aux serveurs AWS GovCloud et siphonner les données. Il y en aurait pour 2 à 3 To.

Le FBI sommé de retirer ses accusations

ShinyHunters est bien connu des services, en France comme à l’étranger. On leur doit de nombreux vols de données qu’ils tentent ensuite de rançonner. Pour le FBI, les choses sont un peu différentes. Un « avis public » placardé sur le site du groupe accuse l’agence fédérale d’avoir porté des accusations mensongères envers l’organisation dans un bulletin publié au deuxième trimestre.

Shinyhunters a publié un message adressé au FBI sur son site onion – capture d’écran Next

Au lieu d’argent, les pirates exigent la modification ou le retrait du bulletin en question dans la semaine, au risque de la divulgation des données subtilisées. Ils réfutent notamment les allégations du FBI selon lesquels ShinyHunter met en œuvre des méthodes relevant du harcèlement ou de menaces personnelles adressées à leurs victimes.

Ils nient par ailleurs tout lien avec « The Com », un réseau criminel international décentralisé de pirates opérant aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Ciblé par des enquêtes du FBI et d’Europol, ce réseau rassemble des sous-groupes impliqués dans la cybercriminalité, mais aussi dans l’exploitation sexuelle des enfants.

Dans le message de ShinyHunters, The Com est qualifié d’« élément de propagande inventé par le secteur de la sécurité informatique ayant endoctriné d’anciens responsables du FBI et du ministère de la Justice au point de les amener à donner une existence officielle à cette absurdité ». Le bulletin ne fait pas référence à The Com, en revanche il explique que les acteurs malveillants comme ShinyHunters peuvent prétendre à tort posséder des documents compromettantes sur leurs victimes, comme des photographies ou des vidéos embarrassantes de leurs victime.

Ils peuvent aussi recourir à des stratégies de harcèlement, comme l’envoi de SMS menaçants ou des appels téléphoniques aux victimes et aux membres de leur famille. ShinyHunters affirme « sans équivoque » n’avoir jamais menacé les familles ou détenu des informations compromettantes de leurs victimes. « NOUS NE PRATIQUONS PAS LA SEXTORSION », écrivent-ils en majuscules.

L’avis, qui n’est pas « motivé par des considérations financières », est présenté comme le moyen pour ShinyHunters de faire valoir leur droit à la libre expression tel qu’inscrit dans le Premier amendement de la Constitution américain. « [Nous] luttons contre la désinformation ». Pour l’instant, le FBI n’a pas encore réagi publiquement.

Mise à jour 23/09 – Le FBI a officiellement réagi à la fuite de données de ses serveurs. « L’origine de la faille [n’a] pas encore été déterminée », explique l’agence qui ne peut pas encore dire si elle provient « d’un tiers ou de l’environnement informatique du FBI ». L’enquête est en cours, et le FBI travaille avec ses prestataires pour atténuer tous les risques possibles.

[màj] Les pirates de ShinyHunters affirment détenir les données de milliers d’employés du FBI

22 septembre 2026 à 19:16
Le FBI piégé
[màj] Les pirates de ShinyHunters affirment détenir les données de milliers d’employés du FBI

Le FBI a été visé par une attaque de ShinyHunters. Le groupe de pirates serait en possession de données concernant des milliers d’employés de l’Agence fédérale. Parmi les informations volées : noms, adresses, numéros de téléphone et des données sur la famille des employés.

Pour prouver leur intrusion, les pirates ont détourné le site de recrutement du FBI. Pendant quelques minutes, on pouvait y lire que « le site a été saisi par ShinyHunters » et que « toutes les données du FBI ont été compromises, notamment des données personnelles et médicales sensibles concernant les employés actuels et anciens du FBI ».

Le groupe déclare aussi posséder « bien plus de données que ce que nous affirmons ici ». Avant de terminer par une formule typique de Donald Trump : « Merci de l’attention que vous porterez à cette affaire. »

Le site de recrutement piraté du FBI. Capture d’écran : vxdb

Le même site a rapidement affiché un message d’erreur prévenant que le portail de candidature est actuellement indisponible, toujours en ligne à l’heure où nous publions. Le site principal fbi.gov a lui aussi été placé en indisponibilité, d’après nos constatations.

Un échantillon des données fourni au site 404media semble bien confirmer la nature et l’ampleur du vol de données. Selon nos confrères, ShinyHunters a exploité une faille zero-day dans PeopleSoft, un logiciel Oracle, pour obtenir un accès aux serveurs AWS GovCloud et siphonner les données. Il y en aurait pour 2 à 3 To.

Le FBI sommé de retirer ses accusations

ShinyHunters est bien connu des services, en France comme à l’étranger. On leur doit de nombreux vols de données qu’ils tentent ensuite de rançonner. Pour le FBI, les choses sont un peu différentes. Un « avis public » placardé sur le site du groupe accuse l’agence fédérale d’avoir porté des accusations mensongères envers l’organisation dans un bulletin publié au deuxième trimestre.

Shinyhunters a publié un message adressé au FBI sur son site onion – capture d’écran Next

Au lieu d’argent, les pirates exigent la modification ou le retrait du bulletin en question dans la semaine, au risque de la divulgation des données subtilisées. Ils réfutent notamment les allégations du FBI selon lesquels ShinyHunter met en œuvre des méthodes relevant du harcèlement ou de menaces personnelles adressées à leurs victimes.

Ils nient par ailleurs tout lien avec « The Com », un réseau criminel international décentralisé de pirates opérant aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. Ciblé par des enquêtes du FBI et d’Europol, ce réseau rassemble des sous-groupes impliqués dans la cybercriminalité, mais aussi dans l’exploitation sexuelle des enfants.

Dans le message de ShinyHunters, The Com est qualifié d’« élément de propagande inventé par le secteur de la sécurité informatique ayant endoctriné d’anciens responsables du FBI et du ministère de la Justice au point de les amener à donner une existence officielle à cette absurdité ». Le bulletin ne fait pas référence à The Com, en revanche il explique que les acteurs malveillants comme ShinyHunters peuvent prétendre à tort posséder des documents compromettantes sur leurs victimes, comme des photographies ou des vidéos embarrassantes de leurs victime.

Ils peuvent aussi recourir à des stratégies de harcèlement, comme l’envoi de SMS menaçants ou des appels téléphoniques aux victimes et aux membres de leur famille. ShinyHunters affirme « sans équivoque » n’avoir jamais menacé les familles ou détenu des informations compromettantes de leurs victimes. « NOUS NE PRATIQUONS PAS LA SEXTORSION », écrivent-ils en majuscules.

L’avis, qui n’est pas « motivé par des considérations financières », est présenté comme le moyen pour ShinyHunters de faire valoir leur droit à la libre expression tel qu’inscrit dans le Premier amendement de la Constitution américain. « [Nous] luttons contre la désinformation ». Pour l’instant, le FBI n’a pas encore réagi publiquement.

Mise à jour 23/09 – Le FBI a officiellement réagi à la fuite de données de ses serveurs. « L’origine de la faille [n’a] pas encore été déterminée », explique l’agence qui ne peut pas encore dire si elle provient « d’un tiers ou de l’environnement informatique du FBI ». L’enquête est en cours, et le FBI travaille avec ses prestataires pour atténuer tous les risques possibles.

Vie privée : le cas LG braque à nouveau les projecteurs sur les TV connectées

22 septembre 2026 à 14:23
On remet une pièce
Vie privée : le cas LG braque à nouveau les projecteurs sur les TV connectées

Le problème des TV connectées s’étend au-delà des téléviseurs LG pointés ces dernières semaines. Si le constructeur coréen a essuyé l’essentiel des critiques, plusieurs observateurs rappellent que la problématique est en place depuis longtemps.

Tout est parti d’une série de vidéos de la chaîne Gamers Nexus. Elle y expose ses découvertes sur plusieurs téléviseurs TV OLED de la marque LG. Dans les grandes lignes : les modèles testés sont bavards, possèdent des réglages de vie privée inutilement complexes et possèdent des failles de sécurité importantes. Ces dernières, quand elles sont exploitées, permettent de modifier jusqu’aux mots d’activation pour la reconnaissance, permettant l’écoute dans la pièce.

LG a réagi il y a peu via un communiqué, accusant essentiellement ces vidéos de mentir et de vouloir répandre la peur. Gamers Nexus a répondu à son tour, détricotant les arguments de l’entreprise, jusqu’à faire intervenir un avocat dans la vidéo. Selon ce dernier, les mots ont été soigneusement choisis par LG dans son communiqué, notamment sur la collecte de données alimentant l’ACR (reconnaissance automatique de contenu), mécanisme permettant de faire remonter les habitudes de visionnage par télémétrie.

L’ACR a concentré l’essentiel des critiques, jusqu’à faire remonter des constatations vieilles de plusieurs années, dont la capture active des signaux sur la liaison HDMI. Ainsi, l’ACR intervient également quand le téléviseur est utilisé comme simple écran, mais les informations ne peuvent pas être émises si l’appareil n’est pas connecté à internet.

Un vieux problème

Dans notre dernier article sur le sujet, nous relevions que LG était possiblement dans une position inconfortable. Il est en effet difficile d’éteindre l’incendie autour des questions de vie privée sans évoquer l’ACR, et ce mécanisme ne peut pas être abordé sans jeter tout le reste de l’industrie sous le bus. Dans ce domaine, LG est un constructeur parmi d’autres, même s’il jouit d’une présence importante, grâce à la renommée de ses dalles. Gamers Nexus évoque ainsi un parc de 216 millions de téléviseurs connectés dans le monde.

Chez The Verge, John Higgins est spécialisé dans les tests de TV et de matériel audio. Pour notre confrère, la situation est claire : « Ce n’est pas seulement LG. Toutes les chaînes de télévision vous espionnent ». L’une des clés selon lui pour comprendre le problème est la concurrence féroce que se livrent les constructeurs. Elle a entrainé une chute constante des prix des TV, « au point que certaines entreprises les vendent à perte », affirme John Higgins.

Il rappelle que les techniques d’ACR sont en place depuis longtemps, ces empreintes étant d’ailleurs utilisées pour d’autres buts que la publicité, par exemple les études d’audience par des entreprises comme Nielsen. Ces mécaniques sont omniprésentes dès que l’on parle d’un téléviseur connecté. Il indique d’ailleurs procéder toujours de la même manière pour ses tests : une adresse Gmail jetable, la désactivation de tout ce qui peut l’être pour la publicité, l’acceptation des conditions pour la reconnaissance que lorsqu’il veut tester la fonction, etc.

Dans une utilisation quotidienne, il recommande globalement la même approche, voire davantage : « Pour aller plus loin, coupez le Wi-Fi, débranchez le câble Ethernet de la télévision et utilisez-le essentiellement comme une télévision simple ». Il recommande alors de passer par un appareil de streaming dédié. Dans son cas, une Apple TV 4K : « Non pas parce que je pense qu’Apple ne récolte pas de données, mais parce qu’elle n’utilise pas ACR et que je fais plus confiance à ses protocoles de sécurité qu’à n’importe quel fabricant de téléviseurs ou Google ».

Un petit avertissement contre Gamers Nexus

Pour John Higgins, « il n’y a vraiment aucun moyen de se protéger complètement contre la collecte de données de votre télévision, de votre appareil de streaming ou des services de streaming ». Il estime qu’il y a tout simplement trop d’argent « gagné au détriment des consommateurs », le changement ne pouvant venir que des gouvernements.

Interrogé par le journaliste, Thorin Klosowski, de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), abonde : « Nous avons besoin d’une loi fédérale complète sur la vie privée qui couvre ce type de collecte et d’utilisation abusive de données. Plus précisément, un appareil nécessitant un consentement volontaire, sans astuces de conception trompeuses pour obtenir ce consentement, et une exigence de minimisation des données, ce qui limiterait les entreprises à n’utiliser les données que pour ce qui est nécessaire à la fourniture du service ». En Europe, ces questions sont régies par le RGPD.

Si John Higgins regrette que les consommateurs doivent se « protéger activement des entreprises » vendant les produits, il regrette aussi le ton employé parfois par Gamers Nexus. Il note par exemple que les reproches les plus graves faits à LG sont basés sur l’exploitation d’une faille permettant l’obtention d’un accès root.

Le constructeur peut être critiqué sur ces problèmes de sécurité, selon lui, mais pas sur les usages faits de ces failles, puisqu’un accès root permet de réaliser pratiquement n’importe quelle opération. En Europe, ces questions sont justement à la source du Cyber Resilience Act, qui entrera pleinement en vigueur en décembre 2027. En outre, s’il ne remet pas en cause les découvertes « accablantes » réalisées par la chaîne, John Higgins regrette l’emploi d’expressions comme « ça pourrait » ou « nous pensons ».

Reste que les vidéos de la chaîne et la couverture médiatique au sens large auront remis au goût du jour le sujet. « À moins de se déconnecter complètement et de vivre dans une cabane en forêt avec une simple télévision et une collection de blu-rays, le mieux que nous puissions faire est de limiter autant d’informations partagées que possible », conclut The Verge.

Ce 19 septembre, Flock avait justement un mot à dire sur le sujet.

Vie privée : le cas LG braque à nouveau les projecteurs sur les TV connectées

22 septembre 2026 à 14:23
On remet une pièce
Vie privée : le cas LG braque à nouveau les projecteurs sur les TV connectées

Le problème des TV connectées s’étend au-delà des téléviseurs LG pointés ces dernières semaines. Si le constructeur coréen a essuyé l’essentiel des critiques, plusieurs observateurs rappellent que la problématique est en place depuis longtemps.

Tout est parti d’une série de vidéos de la chaîne Gamers Nexus. Elle y expose ses découvertes sur plusieurs téléviseurs TV OLED de la marque LG. Dans les grandes lignes : les modèles testés sont bavards, possèdent des réglages de vie privée inutilement complexes et possèdent des failles de sécurité importantes. Ces dernières, quand elles sont exploitées, permettent de modifier jusqu’aux mots d’activation pour la reconnaissance, permettant l’écoute dans la pièce.

LG a réagi il y a peu via un communiqué, accusant essentiellement ces vidéos de mentir et de vouloir répandre la peur. Gamers Nexus a répondu à son tour, détricotant les arguments de l’entreprise, jusqu’à faire intervenir un avocat dans la vidéo. Selon ce dernier, les mots ont été soigneusement choisis par LG dans son communiqué, notamment sur la collecte de données alimentant l’ACR (reconnaissance automatique de contenu), mécanisme permettant de faire remonter les habitudes de visionnage par télémétrie.

L’ACR a concentré l’essentiel des critiques, jusqu’à faire remonter des constatations vieilles de plusieurs années, dont la capture active des signaux sur la liaison HDMI. Ainsi, l’ACR intervient également quand le téléviseur est utilisé comme simple écran, mais les informations ne peuvent pas être émises si l’appareil n’est pas connecté à internet.

Un vieux problème

Dans notre dernier article sur le sujet, nous relevions que LG était possiblement dans une position inconfortable. Il est en effet difficile d’éteindre l’incendie autour des questions de vie privée sans évoquer l’ACR, et ce mécanisme ne peut pas être abordé sans jeter tout le reste de l’industrie sous le bus. Dans ce domaine, LG est un constructeur parmi d’autres, même s’il jouit d’une présence importante, grâce à la renommée de ses dalles. Gamers Nexus évoque ainsi un parc de 216 millions de téléviseurs connectés dans le monde.

Chez The Verge, John Higgins est spécialisé dans les tests de TV et de matériel audio. Pour notre confrère, la situation est claire : « Ce n’est pas seulement LG. Toutes les chaînes de télévision vous espionnent ». L’une des clés selon lui pour comprendre le problème est la concurrence féroce que se livrent les constructeurs. Elle a entrainé une chute constante des prix des TV, « au point que certaines entreprises les vendent à perte », affirme John Higgins.

Il rappelle que les techniques d’ACR sont en place depuis longtemps, ces empreintes étant d’ailleurs utilisées pour d’autres buts que la publicité, par exemple les études d’audience par des entreprises comme Nielsen. Ces mécaniques sont omniprésentes dès que l’on parle d’un téléviseur connecté. Il indique d’ailleurs procéder toujours de la même manière pour ses tests : une adresse Gmail jetable, la désactivation de tout ce qui peut l’être pour la publicité, l’acceptation des conditions pour la reconnaissance que lorsqu’il veut tester la fonction, etc.

Dans une utilisation quotidienne, il recommande globalement la même approche, voire davantage : « Pour aller plus loin, coupez le Wi-Fi, débranchez le câble Ethernet de la télévision et utilisez-le essentiellement comme une télévision simple ». Il recommande alors de passer par un appareil de streaming dédié. Dans son cas, une Apple TV 4K : « Non pas parce que je pense qu’Apple ne récolte pas de données, mais parce qu’elle n’utilise pas ACR et que je fais plus confiance à ses protocoles de sécurité qu’à n’importe quel fabricant de téléviseurs ou Google ».

Un petit avertissement contre Gamers Nexus

Pour John Higgins, « il n’y a vraiment aucun moyen de se protéger complètement contre la collecte de données de votre télévision, de votre appareil de streaming ou des services de streaming ». Il estime qu’il y a tout simplement trop d’argent « gagné au détriment des consommateurs », le changement ne pouvant venir que des gouvernements.

Interrogé par le journaliste, Thorin Klosowski, de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), abonde : « Nous avons besoin d’une loi fédérale complète sur la vie privée qui couvre ce type de collecte et d’utilisation abusive de données. Plus précisément, un appareil nécessitant un consentement volontaire, sans astuces de conception trompeuses pour obtenir ce consentement, et une exigence de minimisation des données, ce qui limiterait les entreprises à n’utiliser les données que pour ce qui est nécessaire à la fourniture du service ». En Europe, ces questions sont régies par le RGPD.

Si John Higgins regrette que les consommateurs doivent se « protéger activement des entreprises » vendant les produits, il regrette aussi le ton employé parfois par Gamers Nexus. Il note par exemple que les reproches les plus graves faits à LG sont basés sur l’exploitation d’une faille permettant l’obtention d’un accès root.

Le constructeur peut être critiqué sur ces problèmes de sécurité, selon lui, mais pas sur les usages faits de ces failles, puisqu’un accès root permet de réaliser pratiquement n’importe quelle opération. En Europe, ces questions sont justement à la source du Cyber Resilience Act, qui entrera pleinement en vigueur en décembre 2027. En outre, s’il ne remet pas en cause les découvertes « accablantes » réalisées par la chaîne, John Higgins regrette l’emploi d’expressions comme « ça pourrait » ou « nous pensons ».

Reste que les vidéos de la chaîne et la couverture médiatique au sens large auront remis au goût du jour le sujet. « À moins de se déconnecter complètement et de vivre dans une cabane en forêt avec une simple télévision et une collection de blu-rays, le mieux que nous puissions faire est de limiter autant d’informations partagées que possible », conclut The Verge.

Ce 19 septembre, Flock avait justement un mot à dire sur le sujet.

Autopsie d’un kit de phishing et de son camouflage

21 septembre 2026 à 07:31
O.D.I.L… ? LIDO, c'est peut-être une danseuse !
Autopsie d’un kit de phishing et de son camouflage

Parfois il suffit de peu : un lien et deux trois clics plus tard, voilà que votre boîte email est compromise. Comment fonctionnent les kits de phishing livrés clés en main par certains groupes de pirates ? Nous en avons récupéré et analysé un, conçu pour attaquer des comptes Outlook protégés par une double authentification.

Il y a quelques mois, Hexastrike dévoilait une nouvelle attaque baptisée CodeStorm. Il s’agit d’une attaque de l’homme du milieu ou adversary-in-the-middle (AiTM) visant les utilisateurs Microsoft 365. Son but ? Obtenir un accès aux comptes protégés par une authentification à deux facteurs. La technique n’est pas nouvelle, on en parlait déjà en 2022.

Lors de différents tests de cybersécurité, nous avons récupéré dans nos filets le code malveillant d’un kit fonctionnant sur le même principe que cette attaque. Nous n’allons évidemment pas diffuser la charge malveillante, mais son analyse permet de comprendre le fonctionnement et comment le programme malveillant se cache des antivirus et autres systèmes de détection.

Une page de 10 ko avec du code malveillant qui joue à cache-cache


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GrapheneOS déplore l’attitude de Google sur les correctifs de sécurité d’Android

18 septembre 2026 à 14:57
Don't be evil
GrapheneOS déplore l’attitude de Google sur les correctifs de sécurité d’Android

L’équipe de GrapheneOS n’est pas contente. Le nouveau rythme de parution des mises à jour d’Android laisse le système alternatif sur le bord de la route un trimestre sur deux. Dans un fil sur les réseaux sociaux, elle explique les problèmes auxquels elle fait face.

« Android 17 QPR1 est la première version depuis Android Honeycomb (3.x) qui ajoute de nouvelles API pour les développeurs d’applications sans publication dans l’Android Open Source Project. Les nouvelles API sont actuellement exclusives à Pixel OS et ne sont pas disponibles pour les autres OEM Android », débute le fil de GrapheneOS sur X et Mastodon.

L’équipe dénonce une nouvelle fois les changements intervenus chez Google dans la parution des mises à jour pour Android. Dans les grandes lignes, elles ne sont plus reversées dans Android Open Source Project que durant le deuxième et le quatrième trimestres.

Deux gros reproches

L’agacement de l’équipe est palpable. Dans son fil, elle pointe surtout deux problèmes majeurs pour son propre fonctionnement.

D’une part, la disponibilité de la première QPR (Quarterly Platform Release) pour Android 17 montre la présence de nouvelles interfaces de programmation (API). Or, cette QPR1 n’est disponible que sur les propres appareils Pixel de Google. L’équipe de GrapheneOS indique qu’il ne s’agit pourtant pas d’API spécifiques aux Pixel : ce sont des interfaces Android standard, qui ne parviendront à l’AOSP et aux autres fabricants qu’en décembre 2026 avec Android 17 QPR2.

Selon l’équipe, c’est la première fois depuis l’ancienne version Honeycomb que Google ajoute ainsi des API sans les reverser immédiatement dans AOSP. Si Google répète le schéma, il pourrait donc y avoir six mois sur douze pendant lesquels les appareils Pixel seraient les seuls à profiter de ces interfaces.

D’autre part, comme on pouvait le prévoir, la question des correctifs de sécurité se pose. Le bulletin Pixel de septembre 2026 contient des correctifs supplémentaires qui touchent des composants standard de la plateforme Android, également employés par des appareils tiers. Pourtant, ces correctifs ne figurent pas au bulletin de sécurité Android du même mois, ni dans les correctifs communiqués en avance aux fabricants. En clair, les fabricants tiers et les systèmes alternatifs basés sur AOSP – dont GrapheneOS – ne recevront ces correctifs supplémentaires qu’avec la mise à jour QPR2.

L’équipe précise bien qu’elle peut les fournir plus tôt en faisant de la rétro-ingénierie du code binaire. Elle prévient toutefois : si un correctif diffusé sous forme compilée est rétro-analysable en quelques jours, le système d’accès anticipé perd une grande part de sa justification.

Une période décidément complexe

La période n’est pas simple pour Graphene. Si le système est connu pour son positionnement strict sur la sécurité, elle a décidément maille à partir avec Google depuis les changements annoncés dans le rythme de parution des mises à jour et leur disponibilité.

Il y a quelques semaines, Graphene avait averti que le support des récents Pixel 11 allait s’avérer complexe. Déconseillant l’achat de ces derniers, l’équipe avait fustigé le choix de Google de ne plus intégrer la fonction MTE (marquage mémoire) dans ses téléphones, alors que Graphene s’en sert copieusement pour vérifier l’intégrité des données en mémoire. La situation a cependant évolué, l’équipe indiquant que la gestion du MTE peut être assurée de manière logicielle, au prix d’un surcoût de 5 % pour les performances générales. Surcoût qu’elle estime raisonnable au vu des enjeux. Pour l’équipe, le retrait de l’accélération matérielle dans le cache du processeur est un choix financier avant tout. Si elle parvient à un MTE pleinement fonctionnel, elle pourra annoncer le support des Pixel 11.

Les changements dans la gestion d’AOSP agacent donc. Il s’agit d’une conséquence lointaine d’une modification annoncée en novembre 2024 dans le rythme de parution des SDK (kits de développement). En janvier 2026, Google annonçait en effet qu’elle ne publierait plus le code d’AOSP que deux fois par an, pour aligner ses calendriers de développement. En d’autres termes, il s’agissait officiellement d’une simplification.

« À partir de 2026, pour nous aligner sur notre modèle de développement stable et garantir la stabilité de la plate-forme pour l’écosystème, nous publierons le code source sur AOSP aux deuxième et au quatrième trimestre. Pour créer et contribuer à AOSP, nous vous recommandons d’utiliser android-latest-release au lieu de aosp-main. La branche de fichier manifeste android-latest-release fera toujours référence à la version la plus récente envoyée à AOSP », prévenait alors Google.

Pourtant, l’entreprise avait précisé dans la foulée à Android Authority que ce nouveau rythme ne changerait a priori rien pour les correctifs de sécurité, affirmant qu’elle continuerait à les publier chaque mois « sur une branche dédiée uniquement à la sécurité pour les versions pertinentes […], tout comme elle le fait aujourd’hui ». Une belle assurance déjà contestée plusieurs mois avant par un autre système bâti sur AOSP, LineageOS.

Motorola attendu de pied ferme

En janvier, nous rappelions également que le développement d’Android était devenu totalement interne, avec pour conséquence un retard constant d’AOSP sur Android. Nous relevions alors que les Pixel allaient avoir un avantage logiciel sur les appareils concurrents et les ROM alternatives.

Dans son dernier fil, l’équipe de GrapheneOS mentionne aussi la concrétisation d’une de ses craintes : le code source du noyau n’étant plus disponible par simple téléchargement, le délai s’allonge pour le récupérer à cause d’un passage obligatoire par un formulaire. L’équipe le confirme dans l’un des messages, une requête pour obtenir ce code source le 1ᵉʳ septembre n’ayant abouti que le 17.

Désormais, le travail d’adaptation se concentre directement sur la version QPR1 d’Android 17, mais il faudra attendre la QPR2 en décembre pour diffuser une mise à jour, en se basant sur le code qui aura été effectivement publié dans AOSP. Jusqu’ici, le travail avance par rétro-ingénierie et tâtonnements.

Dans un message, l’équipe affirme une fois de plus que les futurs appareils Motorola seront plus simples à supporter que les Pixel, qui ont perdu un sérieux avantage (la situation ne change pas pour les anciennes gammes). Le reste dépendra de Qualcomm, qui a tendance à considérer la sécurité comme un luxe, la fonction MTE n’ayant été présente jusqu’ici que dans les puces les plus onéreuses. Chez GrapheneOS, on espère ainsi la voir arriver sur des modèles moins chers, afin que l’offre Motorola équipée du système puisse toucher le milieu de gamme.

Pour rappel, les premiers appareils de Motorola sous GrapheneOS sont attendus pour l’année prochaine, sans plus de précisions pour l’instant. Le premier appareil sera destiné au segment haut de gamme.

GrapheneOS déplore l’attitude de Google sur les correctifs de sécurité d’Android

18 septembre 2026 à 14:57
Don't be evil
GrapheneOS déplore l’attitude de Google sur les correctifs de sécurité d’Android

L’équipe de GrapheneOS n’est pas contente. Le nouveau rythme de parution des mises à jour d’Android laisse le système alternatif sur le bord de la route un trimestre sur deux. Dans un fil sur les réseaux sociaux, elle explique les problèmes auxquels elle fait face.

« Android 17 QPR1 est la première version depuis Android Honeycomb (3.x) qui ajoute de nouvelles API pour les développeurs d’applications sans publication dans l’Android Open Source Project. Les nouvelles API sont actuellement exclusives à Pixel OS et ne sont pas disponibles pour les autres OEM Android », débute le fil de GrapheneOS sur X et Mastodon.

L’équipe dénonce une nouvelle fois les changements intervenus chez Google dans la parution des mises à jour pour Android. Dans les grandes lignes, elles ne sont plus reversées dans Android Open Source Project que durant le deuxième et le quatrième trimestres.

Deux gros reproches

L’agacement de l’équipe est palpable. Dans son fil, elle pointe surtout deux problèmes majeurs pour son propre fonctionnement.

D’une part, la disponibilité de la première QPR (Quarterly Platform Release) pour Android 17 montre la présence de nouvelles interfaces de programmation (API). Or, cette QPR1 n’est disponible que sur les propres appareils Pixel de Google. L’équipe de GrapheneOS indique qu’il ne s’agit pourtant pas d’API spécifiques aux Pixel : ce sont des interfaces Android standard, qui ne parviendront à l’AOSP et aux autres fabricants qu’en décembre 2026 avec Android 17 QPR2.

Selon l’équipe, c’est la première fois depuis l’ancienne version Honeycomb que Google ajoute ainsi des API sans les reverser immédiatement dans AOSP. Si Google répète le schéma, il pourrait donc y avoir six mois sur douze pendant lesquels les appareils Pixel seraient les seuls à profiter de ces interfaces.

D’autre part, comme on pouvait le prévoir, la question des correctifs de sécurité se pose. Le bulletin Pixel de septembre 2026 contient des correctifs supplémentaires qui touchent des composants standard de la plateforme Android, également employés par des appareils tiers. Pourtant, ces correctifs ne figurent pas au bulletin de sécurité Android du même mois, ni dans les correctifs communiqués en avance aux fabricants. En clair, les fabricants tiers et les systèmes alternatifs basés sur AOSP – dont GrapheneOS – ne recevront ces correctifs supplémentaires qu’avec la mise à jour QPR2.

L’équipe précise bien qu’elle peut les fournir plus tôt en faisant de la rétro-ingénierie du code binaire. Elle prévient toutefois : si un correctif diffusé sous forme compilée est rétro-analysable en quelques jours, le système d’accès anticipé perd une grande part de sa justification.

Une période décidément complexe

La période n’est pas simple pour Graphene. Si le système est connu pour son positionnement strict sur la sécurité, elle a décidément maille à partir avec Google depuis les changements annoncés dans le rythme de parution des mises à jour et leur disponibilité.

Il y a quelques semaines, Graphene avait averti que le support des récents Pixel 11 allait s’avérer complexe. Déconseillant l’achat de ces derniers, l’équipe avait fustigé le choix de Google de ne plus intégrer la fonction MTE (marquage mémoire) dans ses téléphones, alors que Graphene s’en sert copieusement pour vérifier l’intégrité des données en mémoire. La situation a cependant évolué, l’équipe indiquant que la gestion du MTE peut être assurée de manière logicielle, au prix d’un surcoût de 5 % pour les performances générales. Surcoût qu’elle estime raisonnable au vu des enjeux. Pour l’équipe, le retrait de l’accélération matérielle dans le cache du processeur est un choix financier avant tout. Si elle parvient à un MTE pleinement fonctionnel, elle pourra annoncer le support des Pixel 11.

Les changements dans la gestion d’AOSP agacent donc. Il s’agit d’une conséquence lointaine d’une modification annoncée en novembre 2024 dans le rythme de parution des SDK (kits de développement). En janvier 2026, Google annonçait en effet qu’elle ne publierait plus le code d’AOSP que deux fois par an, pour aligner ses calendriers de développement. En d’autres termes, il s’agissait officiellement d’une simplification.

« À partir de 2026, pour nous aligner sur notre modèle de développement stable et garantir la stabilité de la plate-forme pour l’écosystème, nous publierons le code source sur AOSP aux deuxième et au quatrième trimestre. Pour créer et contribuer à AOSP, nous vous recommandons d’utiliser android-latest-release au lieu de aosp-main. La branche de fichier manifeste android-latest-release fera toujours référence à la version la plus récente envoyée à AOSP », prévenait alors Google.

Pourtant, l’entreprise avait précisé dans la foulée à Android Authority que ce nouveau rythme ne changerait a priori rien pour les correctifs de sécurité, affirmant qu’elle continuerait à les publier chaque mois « sur une branche dédiée uniquement à la sécurité pour les versions pertinentes […], tout comme elle le fait aujourd’hui ». Une belle assurance déjà contestée plusieurs mois avant par un autre système bâti sur AOSP, LineageOS.

Motorola attendu de pied ferme

En janvier, nous rappelions également que le développement d’Android était devenu totalement interne, avec pour conséquence un retard constant d’AOSP sur Android. Nous relevions alors que les Pixel allaient avoir un avantage logiciel sur les appareils concurrents et les ROM alternatives.

Dans son dernier fil, l’équipe de GrapheneOS mentionne aussi la concrétisation d’une de ses craintes : le code source du noyau n’étant plus disponible par simple téléchargement, le délai s’allonge pour le récupérer à cause d’un passage obligatoire par un formulaire. L’équipe le confirme dans l’un des messages, une requête pour obtenir ce code source le 1ᵉʳ septembre n’ayant abouti que le 17.

Désormais, le travail d’adaptation se concentre directement sur la version QPR1 d’Android 17, mais il faudra attendre la QPR2 en décembre pour diffuser une mise à jour, en se basant sur le code qui aura été effectivement publié dans AOSP. Jusqu’ici, le travail avance par rétro-ingénierie et tâtonnements.

Dans un message, l’équipe affirme une fois de plus que les futurs appareils Motorola seront plus simples à supporter que les Pixel, qui ont perdu un sérieux avantage (la situation ne change pas pour les anciennes gammes). Le reste dépendra de Qualcomm, qui a tendance à considérer la sécurité comme un luxe, la fonction MTE n’ayant été présente jusqu’ici que dans les puces les plus onéreuses. Chez GrapheneOS, on espère ainsi la voir arriver sur des modèles moins chers, afin que l’offre Motorola équipée du système puisse toucher le milieu de gamme.

Pour rappel, les premiers appareils de Motorola sous GrapheneOS sont attendus pour l’année prochaine, sans plus de précisions pour l’instant. Le premier appareil sera destiné au segment haut de gamme.

Un de nos serveurs a subi 800 000 attaques en six mois, on vous raconte

18 septembre 2026 à 08:13
170 tentatives par heure, 24/7
Un de nos serveurs a subi 800 000 attaques en six mois, on vous raconte

Sur Internet, les serveurs subissent des attaques non stop, 24/7. Nous en avons laissé un pendant six mois en enregistrant – heure par heure – toutes les tentatives de connexion à distance : plus de 800 000 au total. Nous avons également compilé la liste des mots de passe et des identifiants les plus utilisés par les bots.

Un serveur fraîchement installé et connecté à Internet est attaqué en à peine quelques minutes en moyenne, comme nous l’avions expliqué en mars. Les tentatives de connexions sont nombreuses, de l’ordre de plusieurs milliers par jour selon nos tests chez Helloserv, Hetzner, Ionos, LWS, OVHcloud, Pulse et York.

Notre pot de miel virtuel est attaqué non stop

Nous avons depuis laissé un serveur virtuel (VPS) tourner avec Cowrie, un serveur SSH volontairement vulnérable. C’est un logiciel qui écoute sur le port 22 et fait semblant de laisser passer tout le monde, avec n’importe quel nom d’utilisateur et mot de passe. Les robots et pirates sont alors dans un bac à sable leur faisant croire qu’ils sont passés. Dans tous les cas, le serveur n’a aucune donnée sensible.

Cowrie enregistre les identifiants dans une base de données, ainsi que les commandes lancées par les pirates. Nous n’avons donc dans notre besace que les robots les plus « bourrins ». En effet, certains peuvent détecter la présence de ce pot de miel et passer leur chemin pour ne pas perdre de temps.

Ce serveur, nous l’avons laissé branché dans sa configuration depuis notre actualité en mars, notamment pour vous permettre de suivre, en direct, les attaques dont il est victime. Six mois plus tard, il est temps de refaire un point sur le volume des tentatives, les identifiants et mots de passe les plus couramment utilisés, ainsi que les IP d’où viennent les attaques.

Record le 31 mai : 36 000 attaques sur cette seule journée


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☕️ Des correctifs de sécurité comme s’il en pleuvait dans les nouveaux logiciels d’Apple

15 septembre 2026 à 07:15


Les réfractaires aux nouveautés d’iOS 27 et consorts, dont la version finale a été livrée ce lundi 14 septembre, devraient tout de même installer les mises à jour 26.7 d’iOS et d’iPadOS. Quant à ceux qui ne veulent pas (encore) entendre parler de macOS Golden Gate 27, ils pourront tout de même se tourner vers les nouvelles versions de macOS Tahoe et Sequoia. Elles corrigent en effet des dizaines de failles de sécurité.

iOS 26.7 et iPadOS 26.7 corrigent en effet 82 failles de sécurité (CVE). macOS Tahoe 26.7 apporte des correctifs à 153 CVE distinctes, contre 154 pour macOS Sequoia 15.8. Il y a logiquement beaucoup de vulnérabilités communes dans ces mises à jour : on dénombre beaucoup de CVE identiques dans le noyau, CUPS, Disk Images, ImageIO, SceneKit, SMB…

Deux failles en particulier sont notables : un utilisateur distant peut ainsi provoquer un crash ou exécuter du code arbitraire avec la vulnérabilité de CUPS (CVE-2026-43692), le système d’impression utilisé par macOS et beaucoup de distributions Linux. Une autre, CVE-2026-65374, permet de se connecter à un serveur WebDAV malveillant peut mener à une exécution de code.

iOS 27 et iPadOS 27 contiennent de leur côté des correctifs pour 126 CVE uniques. macOS Golden Gate en dénombre rien moins que 210. Ces derniers mois, la livraison de mises à jour de sécurité s’est accélérée chez Apple, au rythme manifestement très soutenu des rapports de bugs dont beaucoup sont rendus possibles par l’IA générative. Claude et Anthropic sont nommément crédités pour 2 failles dans iOS 27 et 8 dans Golden Gate, par exemple.

☕️ Des correctifs de sécurité comme s’il en pleuvait dans les nouveaux logiciels d’Apple

15 septembre 2026 à 07:15


Les réfractaires aux nouveautés d’iOS 27 et consorts, dont la version finale a été livrée ce lundi 14 septembre, devraient tout de même installer les mises à jour 26.7 d’iOS et d’iPadOS. Quant à ceux qui ne veulent pas (encore) entendre parler de macOS Golden Gate 27, ils pourront tout de même se tourner vers les nouvelles versions de macOS Tahoe et Sequoia. Elles corrigent en effet des dizaines de failles de sécurité.

iOS 26.7 et iPadOS 26.7 corrigent en effet 82 failles de sécurité (CVE). macOS Tahoe 26.7 apporte des correctifs à 153 CVE distinctes, contre 154 pour macOS Sequoia 15.8. Il y a logiquement beaucoup de vulnérabilités communes dans ces mises à jour : on dénombre beaucoup de CVE identiques dans le noyau, CUPS, Disk Images, ImageIO, SceneKit, SMB…

Deux failles en particulier sont notables : un utilisateur distant peut ainsi provoquer un crash ou exécuter du code arbitraire avec la vulnérabilité de CUPS (CVE-2026-43692), le système d’impression utilisé par macOS et beaucoup de distributions Linux. Une autre, CVE-2026-65374, permet de se connecter à un serveur WebDAV malveillant peut mener à une exécution de code.

iOS 27 et iPadOS 27 contiennent de leur côté des correctifs pour 126 CVE uniques. macOS Golden Gate en dénombre rien moins que 210. Ces derniers mois, la livraison de mises à jour de sécurité s’est accélérée chez Apple, au rythme manifestement très soutenu des rapports de bugs dont beaucoup sont rendus possibles par l’IA générative. Claude et Anthropic sont nommément crédités pour 2 failles dans iOS 27 et 8 dans Golden Gate, par exemple.

Fuite de données personnelles et bancaires chez Revolut : il suffisait de demander

14 septembre 2026 à 07:36
Oublie que t'as aucune chance, vas-y fonce ! Sur un malentendu…
Fuite de données personnelles et bancaires chez Revolut : il suffisait de demander

Revolut a confirmé ce week-end avoir envoyé des données personnelles et bancaires de certains clients à une agence gouvernementale. Problème, c’était « une arnaque sophistiquée d’usurpation d’identité externe où un tiers non autorisé a utilisé un courriel avec un domaine légitime ». En clair, des pirates ont récupéré ses informations et auraient commencé à les publier sur Internet.

Il y a quelques semaines à peine, Revolut annonçait officiellement devenir une banque en France ; elle venait en effet d’obtenir sa licence bancaire. Les comptes des 8 millions de clients français sont aux mains de la succursale française de Revolut Bank UAB (la banque lituanienne de Revolut).

Dans son communiqué, Revolut expliquait : « Ce nouveau jalon témoigne de notre engagement envers les 8 millions de clients français et plus de 55 000 entreprises françaises qui nous confient leur argent : vous offrir une expérience bancaire toujours plus complète ». Mais « l’expérience » que viennent de vivre de nombreux clients n’est certainement pas celle escomptée.

« Une arnaque sophistiquée »… avec un email

En effet, Revolut a laissé fuiter des données personnelles de ses clients… enfin se serait fait rouler dans la farine serait plus exact comme formulation : « Revolut a récemment identifié une arnaque sophistiquée d’usurpation d’identité externe où un tiers non autorisé a utilisé un courriel avec un domaine légitime d’une agence gouvernementale pour soumettre des demandes frauduleuses d’informations », explique la banque à TechCrunch. Le détail de l’attaque n’est pas précisé, il faudra donc croire la banque sur parole pour le côté sophistiqué de l’arnaque.

Dès la supercherie découverte, l’adresse e-mail a évidemment été bloquée et des actions ont été mises en place. Les autorités, les forces de l’ordre et les organismes de réglementation compétents ont été informés de l’incident. La banque affirme que « les systèmes Revolut et les fonds des clients ne sont pas affectés ». Encore heureux !

Selfie, carte identité, relevé de compte, IBAN…

ZachXBT, un chercheur en cybersécurité spécialisé dans le monde des cryptos, publie sur Telegram le courrier qui aurait été envoyé aux clients ainsi que la liste des documents transmis au pirate : l’adresse complète avec email, numéro de téléphone, nom, emploi et date de naissance, sans oublier « une copie du passeport et/ou du permis de conduire, ainsi que la vérification selfie ».

Des données bancaires très précises seraient également dans le lot : « relevés de compte, IBAN, enregistrements de retrait et historique complet des transactions incluant Bitcoin ». Plusieurs internautes publient également le message qu’aurait envoyé Revolut, notamment Marc Zeller.

Selon ZachXBT, « bien que l’incident soit probablement limité en taille, il semble avoir ciblé des utilisateurs fortunés ».

De son côté, Revolut n’a pas souhaité indiquer à nos confrères le nombre de clients touchés, ni la nature des données concernées. Même mutisme sur le nom de l’agence gouvernementale en question. Selon Capital, l’entreprise précise simplement qu’un nombre limité de clients est affecté. Là encore, il faut la croire sur parole.

Ce n’est que le début ?

Depuis, selon plusieurs retours sur les réseaux sociaux, les pirates auraient commencé à divulguer des données dérobées, notamment des selfies et des photos de pièces d’identité. Les pirates lanceraient au passage les hostilités, comme le rapportent FrenchBreaches et International Cyber Digest, en maintenant la pression sur Revolut et menaçant de divulguer davantage de données.

Sur X, le compte officiel Revolut Support tente de sauver les meubles, sans confirmer ni infirmer les documents publiés par les pirates. L’entreprise botte en touche et ne parle que de ce qui va bien : « Les systèmes Revolut, les mots de passe, les fonds des utilisateurs et les données biométriques restent parfaitement sécurisés ». Message répété à plusieurs reprises.

Revolut fait l’autruche

De manière générale, le compte de support répond avec le même genre de message : passer en privé. Un internaute, par exemple, demande des explications à la banque avec pour réponse : « Pour des raisons strictes de sécurité et de confidentialité (RGPD), nous ne pouvons pas discuter publiquement de situations individuelles ou de procédures de sécurité. L’ensemble des systèmes et données Revolut font l’objet de mesures de protection rigoureuses ».

Pour le moment, aussi bien sur X que sur sa page des communiqués, le dernier message remonte au 3 septembre, indiquant qu’elle venait d’obtenir une approbation conditionnelle pour les États-Unis de la part de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC). Revolut prévoit de se lancer comme banque outre-Atlantique en 2027.

Fuite de données personnelles et bancaires chez Revolut : il suffisait de demander

14 septembre 2026 à 07:36
Oublie que t'as aucune chance, vas-y fonce ! Sur un malentendu…
Fuite de données personnelles et bancaires chez Revolut : il suffisait de demander

Revolut a confirmé ce week-end avoir envoyé des données personnelles et bancaires de certains clients à une agence gouvernementale. Problème, c’était « une arnaque sophistiquée d’usurpation d’identité externe où un tiers non autorisé a utilisé un courriel avec un domaine légitime ». En clair, des pirates ont récupéré ses informations et auraient commencé à les publier sur Internet.

Il y a quelques semaines à peine, Revolut annonçait officiellement devenir une banque en France ; elle venait en effet d’obtenir sa licence bancaire. Les comptes des 8 millions de clients français sont aux mains de la succursale française de Revolut Bank UAB (la banque lituanienne de Revolut).

Dans son communiqué, Revolut expliquait : « Ce nouveau jalon témoigne de notre engagement envers les 8 millions de clients français et plus de 55 000 entreprises françaises qui nous confient leur argent : vous offrir une expérience bancaire toujours plus complète ». Mais « l’expérience » que viennent de vivre de nombreux clients n’est certainement pas celle escomptée.

« Une arnaque sophistiquée »… avec un email

En effet, Revolut a laissé fuiter des données personnelles de ses clients… enfin se serait fait rouler dans la farine serait plus exact comme formulation : « Revolut a récemment identifié une arnaque sophistiquée d’usurpation d’identité externe où un tiers non autorisé a utilisé un courriel avec un domaine légitime d’une agence gouvernementale pour soumettre des demandes frauduleuses d’informations », explique la banque à TechCrunch. Le détail de l’attaque n’est pas précisé, il faudra donc croire la banque sur parole pour le côté sophistiqué de l’arnaque.

Dès la supercherie découverte, l’adresse e-mail a évidemment été bloquée et des actions ont été mises en place. Les autorités, les forces de l’ordre et les organismes de réglementation compétents ont été informés de l’incident. La banque affirme que « les systèmes Revolut et les fonds des clients ne sont pas affectés ». Encore heureux !

Selfie, carte identité, relevé de compte, IBAN…

ZachXBT, un chercheur en cybersécurité spécialisé dans le monde des cryptos, publie sur Telegram le courrier qui aurait été envoyé aux clients ainsi que la liste des documents transmis au pirate : l’adresse complète avec email, numéro de téléphone, nom, emploi et date de naissance, sans oublier « une copie du passeport et/ou du permis de conduire, ainsi que la vérification selfie ».

Des données bancaires très précises seraient également dans le lot : « relevés de compte, IBAN, enregistrements de retrait et historique complet des transactions incluant Bitcoin ». Plusieurs internautes publient également le message qu’aurait envoyé Revolut, notamment Marc Zeller.

Selon ZachXBT, « bien que l’incident soit probablement limité en taille, il semble avoir ciblé des utilisateurs fortunés ».

De son côté, Revolut n’a pas souhaité indiquer à nos confrères le nombre de clients touchés, ni la nature des données concernées. Même mutisme sur le nom de l’agence gouvernementale en question. Selon Capital, l’entreprise précise simplement qu’un nombre limité de clients est affecté. Là encore, il faut la croire sur parole.

Ce n’est que le début ?

Depuis, selon plusieurs retours sur les réseaux sociaux, les pirates auraient commencé à divulguer des données dérobées, notamment des selfies et des photos de pièces d’identité. Les pirates lanceraient au passage les hostilités, comme le rapportent FrenchBreaches et International Cyber Digest, en maintenant la pression sur Revolut et menaçant de divulguer davantage de données.

Sur X, le compte officiel Revolut Support tente de sauver les meubles, sans confirmer ni infirmer les documents publiés par les pirates. L’entreprise botte en touche et ne parle que de ce qui va bien : « Les systèmes Revolut, les mots de passe, les fonds des utilisateurs et les données biométriques restent parfaitement sécurisés ». Message répété à plusieurs reprises.

Revolut fait l’autruche

De manière générale, le compte de support répond avec le même genre de message : passer en privé. Un internaute, par exemple, demande des explications à la banque avec pour réponse : « Pour des raisons strictes de sécurité et de confidentialité (RGPD), nous ne pouvons pas discuter publiquement de situations individuelles ou de procédures de sécurité. L’ensemble des systèmes et données Revolut font l’objet de mesures de protection rigoureuses ».

Pour le moment, aussi bien sur X que sur sa page des communiqués, le dernier message remonte au 3 septembre, indiquant qu’elle venait d’obtenir une approbation conditionnelle pour les États-Unis de la part de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC). Revolut prévoit de se lancer comme banque outre-Atlantique en 2027.

Cyber Resilience Act : première échéance au 11 septembre et bilan pour le logiciel libre

Le règlement (UE) 2024/2847, aussi appelé Cyber Resilience Act ou CRA, impose des exigences de cybersécurité à tout « produit comportant des éléments numériques » mis sur le marché de l’Union (logiciels compris, mais pas les services web). Son article 14 est entré en application le 11 septembre 2026. Tout fabricant doit signaler sous 24 heures toute vulnérabilité activement exploitée dans son produit et tout incident grave de sécurité, y compris pour les produits déjà sur le marché, puis compléter ce signalement sous 72 heures et le clore par un rapport final. Le reste du règlement s’applique à partir du 11 décembre 2027.

L’écosystème du libre s’était alarmé dès la proposition de 2022, et LinuxFr.org s’en était fait l’écho : le CRA menace l’avenir du logiciel libre, puis le texte du CRA a été finalisé. Le point d’achoppement était la notion d’« activité commerciale », dont dépend l’application du règlement. Le texte adopté en 2024, puis l'orientation de la Commission publiée le 27 juillet 2026, document interprétatif non contraignant, l’ont précisée dans un sens qui épargne les contributeurs individuels et les projets non monétisés.

Restent des chantiers ouverts : aucune norme harmonisée publiée à ce jour au Journal officiel, pas encore de mécanisme d’attestation de sécurité pour le logiciel libre, une plateforme de signalement sans API, et la question de qui paie les mainteneurs.

Sommaire

Ce qui s’applique aujourd’hui

L’article 14 comporte deux déclencheurs : une vulnérabilité activement exploitée présente dans le produit, et un incident grave « ayant des répercussions sur la sécurité du produit », par exemple l’exécution d’un code malveillant dans le produit ou chez ses utilisateurs, qu’une faille ait été identifiée ou non. Chacun suffit. Les deux suivent la même cadence, au rapport final près :

  • 24 heures : alerte précoce à l’ENISA (l’agence européenne de cybersécurité) et au CSIRT de son État membre (l’équipe publique de réponse aux incidents, CERT-FR pour la France), via la plateforme de signalement unique ;
  • 72 heures : notification complémentaire, avec les éléments techniques et les mesures engagées ;
  • rapport final : quatorze jours après la mise à disposition d’un correctif pour une vulnérabilité exploitée, un mois après la notification à 72 heures pour un incident grave.

Le texte apporte deux nuances. L’obligation de signaler s’impose à tous les fabricants, mais l’amende n’est pas la même pour tous (article 64(10)). Une microentreprise ou une petite entreprise qui dépasse les 24 heures n’est pas sanctionnée pour ce retard. Un intendant de logiciels ouverts (défini plus bas) n’encourt, lui, aucune amende, quel que soit le manquement. Enfin, l’article 14 vise les vulnérabilités « contenues dans » le produit : une faille exploitée dans une dépendance n’est à signaler que si le produit embarque le code vulnérable et que ce code y est effectivement atteignable. Une bibliothèque vulnérable dont le code fautif n’est jamais exécuté par le produit n’a pas à être signalée.

Côté outillage, la plateforme de l’ENISA ouvre aujourd’hui sans API : les signalements se saisissent à la main, en texte, dans une vingtaine de champs, et aucune pièce jointe n’est acceptée.

Deux définitions du règlement

Le texte français des articles et des annexes n’emploie pas une seule fois l’expression « open source ». Voici l’article 3, point 48) :

« logiciel libre et ouvert » : un logiciel dont le code source est partagé de manière ouverte et qui est mis à disposition sous licence libre et ouverte prévoyant tous les droits pour qu’il soit librement accessible, utilisable, modifiable et redistribuable ;

La définition pose deux conditions : une licence libre, et le partage ouvert du code source. Du code sous licence libre remis au seul client qui l’a commandé, sans publication, remplit la première condition et pas la seconde : il n’est pas « logiciel libre et ouvert » au sens du règlement. La FAQ officielle de la Commission le confirme pour le développement sur mesure : livrer à un client un logiciel écrit pour lui est une mise sur le marché, le prestataire qui le livre sous son propre nom en est le fabricant, sans aucun des allègements réservés au libre. Il peut seulement aménager par contrat deux des exigences essentielles de sécurité (question 4.2.5). La FAQ de l’ORC WG, le groupe de travail de la Fondation Eclipse qui suit le règlement pour l’écosystème du libre, ajoute, sur la base de l’orientation, qu’installer, configurer ou intégrer un logiciel existant pour un client reste une prestation de service.

L’article 3, point 14), crée une catégorie juridique inédite :

« intendant de logiciels ouverts » : une personne morale, autre que le fabricant, qui a pour objectif ou finalité de fournir un soutien systématique et continu au développement de produits spécifiques comportant des éléments numériques qui répondent aux critères de logiciels libres et ouverts et sont destinés à des activités commerciales, et qui assure la viabilité de ces produits ;

Le mot « steward » s’est imposé dans l’usage, y compris en français. Le statut est réservé aux personnes morales, sans condition de forme ni de but : une association loi de 1901, une fondation ou une société commerciale peuvent y prétendre. Le considérant 19 (les considérants forment l’exposé des motifs qui ouvre le règlement) vise expressément les entités qui développent et publient du logiciel libre dans un cadre professionnel. La FAQ de l’ORC WG répond sans détour qu’une société peut être intendante.

Reste le cas de la société qui est aussi fabricant, le plus courant chez les éditeurs. Les versions linguistiques y divergent. L’anglaise dit « a legal person, other than a manufacturer » : une personne morale qui n’est pas un fabricant, ce qui interdit d’être fabricant d’un produit et intendant d’un autre. La française dit « une personne morale, autre que le fabricant » : autre que le fabricant des produits soutenus, ce qui autorise le cumul en général mais l’interdit pour un même produit, précisément le cas courant de l’éditeur qui vend une édition de son logiciel et publie l’autre. Les vingt-quatre versions linguistiques ont la même valeur juridique. Sur ce point, elles ne disent pas la même chose. L’orientation de juillet 2026 va plus loin que l’une et l’autre : la même entité peut être fabricant de l’édition qu’elle monétise et intendante de l’édition communautaire du même logiciel. Tant mieux pour les éditeurs. Mais un document sans valeur contraignante accorde ainsi ce qu’aucune version du règlement ne dit. Sur le point le plus disputé du texte, le législateur a laissé deux versions qui se contredisent. L’édifice tient par une orientation que la Commission peut réviser.

Ce que l’écosystème a obtenu depuis 2023

Les contributions et les dons. Le considérant 18 exclut du règlement ceux qui contribuent à un logiciel qui « ne relève pas de leur responsabilité ». Un logiciel relève de la responsabilité de celui qui le publie et contrôle son développement, ses versions et sa distribution ; un accès en écriture au dépôt ne suffit pas. Un salarié qui envoie un correctif à un projet tiers pour le compte de son employeur reste un contributeur hors champ. Qui est payé pour le logiciel est fabricant ; qui est payé pour travailler sur le logiciel est prestataire, ou contributeur. Afficher un lien de don ne vaut pas intention de faire du profit ; les dons ne deviennent suspects que si l’ensemble des revenus du projet dépasse de loin ses coûts, dans lesquels entrent les frais de subsistance raisonnables du mainteneur.

L’intendant. L’article 24 lui impose trois choses : une politique de cybersécurité documentée et vérifiable, la coopération avec les autorités de surveillance du marché, et le signalement de l’article 14 dans la mesure où il participe au développement, si bien qu’un intendant purement financier ou juridique ne signale rien. Il le dispense de tout le reste : ni exigences essentielles de sécurité de l’annexe I, ni marquage CE, ni documentation technique, ni SBOM (l’inventaire des composants d’un produit), ni obligation de corriger. L’article 64(10)(b) l’exempte de toute amende.

Les modèles économiques. Le cas du bénévole isolé était pour l’essentiel acquis dès la proposition initiale de septembre 2022. La difficulté la plus sérieuse portait sur les éditeurs qui vendent de la maintenance sur ce qu’ils publient librement. C’est pour eux, plus que pour les bénévoles, que les associations professionnelles comme le CNLL ont bataillé. La réponse figure dans l’orientation, avec la fragilité relevée plus haut : les rôles s’apprécient logiciel par logiciel et activité par activité, y compris en open core (cas où l’édition payante étend la base de code de l’édition libre et ouverte). La condition est que les deux éditions soient réellement séparées : dépôts, artefacts et canaux distincts.

Les obligations vis-à-vis des mainteneurs

L’article 13(6) impose aux fabricants une obligation envers les mainteneurs des composants qu’ils intègrent. Le voici, deux renvois en moins :

Lorsqu’ils identifient une vulnérabilité dans un composant, y compris un composant logiciel ouvert, qui est intégré au produit comportant des éléments numériques, les fabricants signalent la vulnérabilité à la personne ou à l’entité qui assure la maintenance du composant […]. Lorsque les fabricants ont mis au point une modification logicielle ou matérielle pour remédier à la vulnérabilité de ce composant, ils partagent le code ou la documentation correspondants […], dans un format lisible par machine s’il y a lieu.

Le signalement est dû dans tous les cas. Le partage, lui, suppose que le fabricant ait effectivement développé une modification : s’il n’a rien écrit, il n’a rien à remettre. Et ce qu’il remet correspond à ce qu’il a fait, les deux « ou » de la phrase se répondant : le code pour une modification logicielle, la documentation pour une modification matérielle. L’orientation y ajoute des bornes : l’obligation ne porte que sur la version intégrée du composant et sur ses propres failles, elle s’exerce dans le respect de la politique de divulgation du projet, et elle tombe si le composant n’a plus de mainteneur. L’obligation ne dépend d’aucun lien contractuel entre le fabricant et le projet. Rien dans le règlement ne donne pour autant au mainteneur d’action propre pour l’exiger : la faire respecter revient aux autorités de surveillance du marché.

Ce qui n’est pas prêt

  • Les normes harmonisées. Appliquer l’une d’elles vaut présomption de conformité : le fabricant est réputé satisfaire aux exigences qu’elle couvre, sans avoir à le démontrer autrement. Sur les 41 commandées aux trois organismes européens de normalisation (CEN, CENELEC, ETSI), aucune n’a encore été publiée au Journal officiel. Or l’article 27 ne fait naître la présomption qu’à cette publication. Trois projets sont en approbation (prEN 40000-1-1, -1-2, -1-3) ; le lot du catalogue d’exigences génériques a été mis en attente faute de contributeurs.
  • Les attestations de sécurité du logiciel libre (article 25). Le règlement habilite la Commission à créer, par acte délégué (un texte d’application que la Commission adopte seule), des programmes volontaires d’attestation de sécurité pour le logiciel libre, afin de faciliter la vérification que les fabricants doivent faire des composants qu’ils intègrent, la « diligence raisonnable » de l’article 13, paragraphe 5. Le texte ne dit pas qui les financerait. L’ORC WG propose d’en faire le canal par lequel les fabricants paieraient les projets dont ils dépendent ; pour les projets libres, c’est l’absence la plus coûteuse. Aucun acte délégué n’a été publié ni planifié. En attendant, les référentiels de l’OpenSSF, la fondation de la Linux Foundation consacrée à la sécurité du logiciel libre, servent de justificatifs : Scorecard, Best Practices Badge, OSPS Baseline et SLSA.
  • L’orientation elle-même. Elle n’existe qu’en anglais, n’a pas de valeur contraignante, et n’est pas encore formellement adoptée, faute des autres versions linguistiques. Tout ce que la section précédente lui attribue a la solidité d’une interprétation, que la Commission peut réviser et qu’un juge n’est pas tenu de suivre.
  • Très peu de projets auront un intendant. Le rapport OSSRA 2025 de l’éditeur d’outils d’audit Black Duck, sur 965 bases de code commerciales auditées en 2024, y a dénombré 282 521 paquets JavaScript distincts. L’OpenJS Foundation héberge environ 35 projets. Un projet publie souvent plusieurs paquets, mais l’écart reste de plusieurs ordres de grandeur : la plupart des dépendances d’un produit n’auront ni fabricant ni intendant, et leur sécurité restera à la charge de qui les intègre.
  • Le matériel libre. L’article 24 vise les logiciels : RISC-V International, l’OSHWA (Open Source Hardware Association) ou l’OpenHW Group ne peuvent pas prétendre au statut d’intendant.
  • Les sanctions nationales. L’article 64 laisse aux États membres le soin de fixer le régime de sanctions, d’où des lois d’application nationales. Le règlement exempte les intendants de toute amende. Le projet de loi finlandais en prévoyait pourtant : le Parlement finlandais ne les a retirées qu’au printemps 2026.

Qui paie les mainteneurs ?

L'étude d’impact qui accompagnait la proposition de 2022 estimait qu’un cycle de développement sécurisé ajoute en moyenne 30,5 % au coût de développement d’un produit, pour un fabricant qui part de zéro : 42 700 € sur un produit moyen à 140 000 €. S’y ajoutent 9 % de coûts administratifs, documentation et signalement compris. C’est le « 30 % » que citait le CNLL en 2023. Aucune actualisation n’a été publiée depuis.

Le fabricant répercute ce surcoût sur son client, ou l’absorbe et cesse d’investir ailleurs. Le mainteneur n’a pas de client à qui le répercuter. Le travail lui arrive quand même. L’article 13(5) oblige le fabricant qui intègre un composant à en vérifier la sécurité ; beaucoup s’en acquittent en envoyant leurs questions au projet, sous forme de questionnaires de sécurité, de demandes de SBOM ou de délais de correction à confirmer. Hors champ du règlement, le mainteneur ne doit rien de tout cela. Rien n’oblige pour autant les fabricants à cesser : l’ORC WG en est réduit à plaider pour une « diligence respectueuse », qui ne traite pas un projet libre comme un fournisseur.

Le mécanisme d’attestation de l’article 25, seul canal de financement esquissé par le règlement, n’existe pas. La stratégie européenne pour l’open source du 3 juin 2026 annonce un « instrument de maintenance de l’open source », que l’écosystème réclamait sur le modèle du Sovereign Tech Fund allemand, sans budget ni calendrier.

Trois ans de mobilisation ont produit un règlement vivable pour le libre. Qui paie les mainteneurs dont il fait dépendre tout l’édifice, le texte ne le dit pas, et personne d’autre non plus, à ce stade.

Prochaine manche : le règlement sur l’IA

Le règlement sur l’intelligence artificielle exempte lui aussi les systèmes publiés sous licence libre (article 2, paragraphe 12), sauf s’ils sont mis sur le marché comme systèmes à haut risque. Or un système est classé à haut risque d’après l’usage auquel son fournisseur le destine. Le projet d’orientations publié par la Commission le 19 mai 2026 retient qu’un système présenté comme largement applicable, dont le fournisseur n’exclut pas de façon constante les usages à haut risque, est réputé les couvrir. Une simple déclaration, ajoute-t-il, ne suffit pas. Un composant d’IA publié en libre est mal armé pour ce test : son auteur ne maîtrise ni les usages ni les utilisateurs, et une licence qui restreindrait les champs d’application cesserait d’être libre (liberté 0 de la FSF, critère 6 de l'Open Source Definition). L’exemption s’évanouirait donc là où elle compte. Reste à savoir quel poids une autorité accordera aux limitations inscrites dans un README ou une fiche de modèle.

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AI agents being tested by OpenAI involved in cyber-attack on another service, say researchers | OpenAI | The Guardian

13 septembre 2026 à 07:18
Les boîtes d'IA, ces connards irresponsables : Deux mois avant l'attaque de HugginFace, OpenAI a uploadé des centaines de packages malveillants dans RubyGems, la bibliothèque de packages Ruby. Des packages malveillants qui ont été utilisés pour pirater d'autres systèmes.
Jamais ils ne vont être tenus responsables de leurs conneries et punis ?
Je veux dire: Si vous ou moi faisons ce genre de chose, normalement c'est de la PRISON.

(Astuce: quand une société se pavane dans les médias d'avoir commis quelque-chose d'illégal, c'est du marketing.)

Voir : https://www.rubyhack.ai/

EDIT: Je ne suis pas le seul à penser que leur histoire d'IA qui s'«échappe» et attaque d'autres systèmes, c'est du marketing : https://www.theregister.com/ai-and-ml/2026/09/15/anthropic-and-openai-look-to-uncle-sam-to-make-them-too-big-to-fail/5296403
(Permalink)

Cybersécurité : l’âge de l’industrialisation, selon Anthropic

11 septembre 2026 à 15:42
Et bon week-end
Cybersécurité : l’âge de l’industrialisation, selon Anthropic

Anthropic a publié ce 10 septembre un nouveau rapport de renseignement sur les menaces, le quatrième de son histoire. L’entreprise y précise la manière dont ses modèles peuvent être utilisés de manière criminelle, tout en notant les évolutions générales dans plusieurs catégories.

Après ceux publiés en 2025, Anthropic vient de publier son nouveau rapport sur la sécurité. Il se concentre sur les emplois abusifs et les tentatives de détournements des LLM (le plus souvent open source) pour des activités telles que les attaques cyber, les opérations d’influence, la surveillance ou encore le développement d’armes conventionnelles. Autant de points qui font généralement l’objet de publications d’évaluation des risques à la publication d’un nouveau modèle.

Cybersécurité : une question de compétences

Anthropic introduit la notion de GTG, pour Generative Threat Group. Avec ce terme, l’entreprise compte bien faire passer le message : l’écart de compétences qui existait auparavant entre des individus isolés et des groupes soutenus par des États a disparu. « Les attaques sophistiquées ne nécessitent plus d’attaquants sophistiqués », affirme Anthropic.

Ce changement ne s’expliquerait pas seulement par la capacité des modèles à écrire un code d’exploitation, mais par leur capacité à intervenir sur l’ensemble de la chaîne d’attaque : reconnaissance, développement d’outils, exploitation, persistance, collecte, exfiltration et traitement des données. Ils peuvent maintenant être intégrés à des flux multi-agents capables de travailler en parallèle, avec une mémoire persistante de la campagne, assure Anthropic. Que les modèles soient utilisés comme assistants de développement, pour exécuter des commandes contre des cibles ou encore pour automatiser d’autres tâches, le résultat est le même : les étapes intermédiaires, longues et rébarbatives, sont supprimées ou presque.

Selon Anthropic, la qualification « opération sophistiquée » n’est plus un aussi bon indicateur qu’avant. La société donne une série d’exemples, dont GTG-20006, opération qu’elle attribue (prudemment) au groupe Midnight Blizzard. L’acteur malveillant russe se serait ainsi servi de LLM pour reconnaitre les systèmes de messagerie et d’accès distant, préparer une infrastructure de phishing, exécuter des opérations, voler des identifiants ou encore se déplacer dans les réseaux compromis. Phishing de type device-code, ClickFix, DNS hijacking, vol de tokens Microsoft 365, malware, prise de contrôle de comptes WhatsApp et exploitation de systèmes de surveillance sont autant de techniques qui auraient été employées. Parmi les cibles, Anthropic évoque des organismes gouvernementaux ukrainiens, des organisations de défense et des fournisseurs de technologies de drones.

L’opération GTG-10007 est décrite comme plus préoccupante. Ses opérateurs seraient Chinois (ou parlant en tout cas mandarin) et auraient mis en place rien moins qu’une « fabrique d’exploits » automatisée. Ce groupe aurait ainsi créé plusieurs chaines de travail fonctionnant en parallèle pour l’intrusion, la reconnaissance, la rétro-ingénierie de produits de sécurité, le développement de malwares et la collecte de renseignement. La recherche de vulnérabilités serait particulièrement sophistiquée avec récupération du firmware (microgiciel) d’un équipement, décompilation et analyse automatisées, formulation d’hypothèses de vulnérabilité, génération du code d’exploitation, tests, itération automatique et conservation du résultat dans un portefeuille.

Ces découvertes ne sont pas surprenantes dans la mesure où les grandes entreprises détaillent les efforts investis dans la recherche de failles. L’un des résultats les plus visibles se trouve chez Microsoft : entre son harnais MDASH et son infrastructure Perception, la firme corrige depuis plusieurs mois des centaines de failles dans chaque Patch Tuesday, frôlant même le millier dans le dernier. L’évolution est donc « naturelle », les finalités ne changeant pas : vol d’informations, blocage d’infrastructures, vol financier, etc. Seule change fondamentalement l’automatisation selon Anthropic, avec des préférences mouvantes pour les techniques, notamment un accent mis sur les clés API et les tokens de session, qui peuvent fournir un avantage financier certain. Les attaquants les volent puis les revendent ou les utilisent pour financer leurs propres opérations, indique Anthropic.

Une industrialisation des attaques

Le rapport pointe le cas de l’opération GTG-50020 comme illustration de ces évolutions. L’acteur malveillant aurait ainsi ciblé des fournisseurs et entreprises de l’écosystème IA pour récupérer leurs clés API. Il aurait notamment exploité une sandbox d’évaluation d’un fournisseur en injectant des instructions malveillantes pour obtenir les identifiants présents dans l’environnement, dont des clés de production. La méthode, une fois trouvée, aurait été adaptée et appliquée à une trentaine d’entreprises IA en quatre jours. Selon le rapport, l’acteur aurait même ciblé Anthropic pour accéder à un modèle Claude interne, sans y parvenir. L’entreprise prévient à ce sujet : les acteurs malveillants ne s’attaquent pas seulement à un modèle, mais à toute la chaine autour.

Citons également le cas d’un pirate francophone (GTG-50029) ayant compromis 14 des 42 organisations politiques et médiatiques européennes durant le printemps 2026. Plusieurs étaient françaises et d’extrême droite, dont au moins un parti. En plus de développer son propre scanner en Rust pour chercher des conteneurs publics à la recherche de clés API exposées, l’acteur s’est servi de Claude pour développer et déboguer les codes d’exploitation, jusqu’à créer son propre harnais. Il a ainsi pu pirater plusieurs sites et exfiltrer de vastes quantités de données, notamment sur les membres et donateurs. Selon Le Monde, le magazine Frontières faisait partie des victimes.

Le rapport cite quatre piliers alimentant l’industrialisation galopante des attaques : vitesse, parallélisation, profondeur (passage de la reconnaissance superficielle à l’analyse profonde d’un code) et réduction des couts humains. En conséquence, il est crucial pour la défense de s’adapter selon Anthropic, car les anciennes méthodes ne seraient plus bonnes. Le document cite une série d’éléments à surveiller en priorité : les comportements anormaux des identités et jetons d’authentification, l’utilisation inhabituelle des API, les chaines d’actions, les expositions des secrets, les accès persistants ou encore la chaine d’approvisionnement des outils IA.

Comme tous les rapports d’Anthropic cependant, et en dépit des éléments intéressants pointés, la dimension marketing n’est jamais loin. L’entreprise ne peut pas s’empêcher de mentionner la robustesse de ses propres défenses, l’existence d’un modèle Claude interne a priori désirable, ou encore l’idée d’une IA indispensable pour se protéger.

Reste plusieurs constats que l’on connaissait déjà, notamment une IA abaissant fortement le niveau de compétences nécessaire et la transformation des tâches humaines en processus industriels. Ils sont « simplement » appliqués désormais à la cybersécurité, avec tous les risques que cela suppose. Comme nous le relations récemment, une hygiène numérique stricte devient de plus en plus essentielle, car le coût de coordination d’une campagne offensive s’effondre, selon Anthropic. On a encore pu le voir avec les récents rapports sur l’attaque contre Hugging Face, qui ont mis en évidence les défailles internes chez OpenAI.

Les mêmes tendances dans les autres domaines

On ne sera donc pas surpris de retrouver les mêmes mécanismes. Dans les opérations d’influence, par exemple, l’IA ne serait ainsi plus utilisée seulement pour écrire des messages sur les réseaux sociaux, mais pour bâtir toute l’infrastructure : comptes fictifs, sites de presse, profils de cibles, dossiers politiques, position éditoriale, calendrier de publication ou encore opérations d’amplification. De quoi construire très rapidement une salle de presse automatisée. Un point intéressant en revanche : cette vitesse ne garantit pas le résultat. Anthropic relève que la plupart de ces opérations n’ont finalement généré que peu d’influence. Le succès médiatique ou politique serait donc loin d’être garanti.

On retrouve les mêmes processus dans la surveillance, toujours avec cette idée (familière depuis plusieurs années maintenant) d’aller beaucoup plus vite.

Sur le développement d’armes conventionnelles et la biologie cependant, la situation est plus complexe. Anthropic évoque plusieurs cas (dont trois en Chine et deux en Russie) où des acteurs ont utilisé l’IA pour la conception logicielle de systèmes d’armes, la collecte de renseignement, l’analyse technique et l’approvisionnement. Selon Anthropic, il existe une progression continue des capacités des LLM dans le renseignement tactique et certaines tâches liées au développement d’armes.

Sur la biologie en particulier, Anthropic change de ton par rapport à l’année dernière, quand l’entreprise affirmait que les modèles étaient trop « faibles » pour fournir la moindre aide sérieuse dans certaines recherches dangereuses. Désormais, les modèles récents seraient suffisamment capables.

Claude est directement cité comme ayant renvoyé « dans plusieurs cas » les utilisateurs à des modèles moins capables grâce aux garde-fous. Le rapport mentionne des recherches autour de virus et toxines, notamment des travaux sur l’adaptation de virus (dont celui de la grippe aviaire) à des mammifères et des projets concernant des mécanismes d’échappement immunitaire. Point important, Anthropic dit être incapable de savoir si ces chercheurs avaient une intention malveillante, mais a néanmoins bloqué les comptes par précaution.

Enfin, un mot sur la distillation. Le rapport est plus direct que les précédents, Anthropic citant cette fois Alibaba, Moonshot AI (éditeur de Kimi), DeepSeek, Xiaomi et Zhipu comme responsables de nombreuses opérations dans ce domaine. Alibaba est largement mis en avant : Anthropic évoque plus de 151 millions d’échanges entre mai et juillet 2026, avec un pic à près de trois millions d’échanges quotidiens répartis sur plus de 3 500 comptes considérés comme frauduleux. Selon le rapport, tous utilisaient une même instruction fixe destinée à extraire le raisonnement de Claude afin d’entraîner la famille de modèles Qwen.

Cybersécurité : l’âge de l’industrialisation, selon Anthropic

11 septembre 2026 à 15:42
Et bon week-end
Cybersécurité : l’âge de l’industrialisation, selon Anthropic

Anthropic a publié ce 10 septembre un nouveau rapport de renseignement sur les menaces, le quatrième de son histoire. L’entreprise y précise la manière dont ses modèles peuvent être utilisés de manière criminelle, tout en notant les évolutions générales dans plusieurs catégories.

Après ceux publiés en 2025, Anthropic vient de publier son nouveau rapport sur la sécurité. Il se concentre sur les emplois abusifs et les tentatives de détournements des LLM (le plus souvent open source) pour des activités telles que les attaques cyber, les opérations d’influence, la surveillance ou encore le développement d’armes conventionnelles. Autant de points qui font généralement l’objet de publications d’évaluation des risques à la publication d’un nouveau modèle.

Cybersécurité : une question de compétences

Anthropic introduit la notion de GTG, pour Generative Threat Group. Avec ce terme, l’entreprise compte bien faire passer le message : l’écart de compétences qui existait auparavant entre des individus isolés et des groupes soutenus par des États a disparu. « Les attaques sophistiquées ne nécessitent plus d’attaquants sophistiqués », affirme Anthropic.

Ce changement ne s’expliquerait pas seulement par la capacité des modèles à écrire un code d’exploitation, mais par leur capacité à intervenir sur l’ensemble de la chaîne d’attaque : reconnaissance, développement d’outils, exploitation, persistance, collecte, exfiltration et traitement des données. Ils peuvent maintenant être intégrés à des flux multi-agents capables de travailler en parallèle, avec une mémoire persistante de la campagne, assure Anthropic. Que les modèles soient utilisés comme assistants de développement, pour exécuter des commandes contre des cibles ou encore pour automatiser d’autres tâches, le résultat est le même : les étapes intermédiaires, longues et rébarbatives, sont supprimées ou presque.

Selon Anthropic, la qualification « opération sophistiquée » n’est plus un aussi bon indicateur qu’avant. La société donne une série d’exemples, dont GTG-20006, opération qu’elle attribue (prudemment) au groupe Midnight Blizzard. L’acteur malveillant russe se serait ainsi servi de LLM pour reconnaitre les systèmes de messagerie et d’accès distant, préparer une infrastructure de phishing, exécuter des opérations, voler des identifiants ou encore se déplacer dans les réseaux compromis. Phishing de type device-code, ClickFix, DNS hijacking, vol de tokens Microsoft 365, malware, prise de contrôle de comptes WhatsApp et exploitation de systèmes de surveillance sont autant de techniques qui auraient été employées. Parmi les cibles, Anthropic évoque des organismes gouvernementaux ukrainiens, des organisations de défense et des fournisseurs de technologies de drones.

L’opération GTG-10007 est décrite comme plus préoccupante. Ses opérateurs seraient Chinois (ou parlant en tout cas mandarin) et auraient mis en place rien moins qu’une « fabrique d’exploits » automatisée. Ce groupe aurait ainsi créé plusieurs chaines de travail fonctionnant en parallèle pour l’intrusion, la reconnaissance, la rétro-ingénierie de produits de sécurité, le développement de malwares et la collecte de renseignement. La recherche de vulnérabilités serait particulièrement sophistiquée avec récupération du firmware (microgiciel) d’un équipement, décompilation et analyse automatisées, formulation d’hypothèses de vulnérabilité, génération du code d’exploitation, tests, itération automatique et conservation du résultat dans un portefeuille.

Ces découvertes ne sont pas surprenantes dans la mesure où les grandes entreprises détaillent les efforts investis dans la recherche de failles. L’un des résultats les plus visibles se trouve chez Microsoft : entre son harnais MDASH et son infrastructure Perception, la firme corrige depuis plusieurs mois des centaines de failles dans chaque Patch Tuesday, frôlant même le millier dans le dernier. L’évolution est donc « naturelle », les finalités ne changeant pas : vol d’informations, blocage d’infrastructures, vol financier, etc. Seule change fondamentalement l’automatisation selon Anthropic, avec des préférences mouvantes pour les techniques, notamment un accent mis sur les clés API et les tokens de session, qui peuvent fournir un avantage financier certain. Les attaquants les volent puis les revendent ou les utilisent pour financer leurs propres opérations, indique Anthropic.

Une industrialisation des attaques

Le rapport pointe le cas de l’opération GTG-50020 comme illustration de ces évolutions. L’acteur malveillant aurait ainsi ciblé des fournisseurs et entreprises de l’écosystème IA pour récupérer leurs clés API. Il aurait notamment exploité une sandbox d’évaluation d’un fournisseur en injectant des instructions malveillantes pour obtenir les identifiants présents dans l’environnement, dont des clés de production. La méthode, une fois trouvée, aurait été adaptée et appliquée à une trentaine d’entreprises IA en quatre jours. Selon le rapport, l’acteur aurait même ciblé Anthropic pour accéder à un modèle Claude interne, sans y parvenir. L’entreprise prévient à ce sujet : les acteurs malveillants ne s’attaquent pas seulement à un modèle, mais à toute la chaine autour.

Citons également le cas d’un pirate francophone (GTG-50029) ayant compromis 14 des 42 organisations politiques et médiatiques européennes durant le printemps 2026. Plusieurs étaient françaises et d’extrême droite, dont au moins un parti. En plus de développer son propre scanner en Rust pour chercher des conteneurs publics à la recherche de clés API exposées, l’acteur s’est servi de Claude pour développer et déboguer les codes d’exploitation, jusqu’à créer son propre harnais. Il a ainsi pu pirater plusieurs sites et exfiltrer de vastes quantités de données, notamment sur les membres et donateurs. Selon Le Monde, le magazine Frontières faisait partie des victimes.

Le rapport cite quatre piliers alimentant l’industrialisation galopante des attaques : vitesse, parallélisation, profondeur (passage de la reconnaissance superficielle à l’analyse profonde d’un code) et réduction des couts humains. En conséquence, il est crucial pour la défense de s’adapter selon Anthropic, car les anciennes méthodes ne seraient plus bonnes. Le document cite une série d’éléments à surveiller en priorité : les comportements anormaux des identités et jetons d’authentification, l’utilisation inhabituelle des API, les chaines d’actions, les expositions des secrets, les accès persistants ou encore la chaine d’approvisionnement des outils IA.

Comme tous les rapports d’Anthropic cependant, et en dépit des éléments intéressants pointés, la dimension marketing n’est jamais loin. L’entreprise ne peut pas s’empêcher de mentionner la robustesse de ses propres défenses, l’existence d’un modèle Claude interne a priori désirable, ou encore l’idée d’une IA indispensable pour se protéger.

Reste plusieurs constats que l’on connaissait déjà, notamment une IA abaissant fortement le niveau de compétences nécessaire et la transformation des tâches humaines en processus industriels. Ils sont « simplement » appliqués désormais à la cybersécurité, avec tous les risques que cela suppose. Comme nous le relations récemment, une hygiène numérique stricte devient de plus en plus essentielle, car le coût de coordination d’une campagne offensive s’effondre, selon Anthropic. On a encore pu le voir avec les récents rapports sur l’attaque contre Hugging Face, qui ont mis en évidence les défailles internes chez OpenAI.

Les mêmes tendances dans les autres domaines

On ne sera donc pas surpris de retrouver les mêmes mécanismes. Dans les opérations d’influence, par exemple, l’IA ne serait ainsi plus utilisée seulement pour écrire des messages sur les réseaux sociaux, mais pour bâtir toute l’infrastructure : comptes fictifs, sites de presse, profils de cibles, dossiers politiques, position éditoriale, calendrier de publication ou encore opérations d’amplification. De quoi construire très rapidement une salle de presse automatisée. Un point intéressant en revanche : cette vitesse ne garantit pas le résultat. Anthropic relève que la plupart de ces opérations n’ont finalement généré que peu d’influence. Le succès médiatique ou politique serait donc loin d’être garanti.

On retrouve les mêmes processus dans la surveillance, toujours avec cette idée (familière depuis plusieurs années maintenant) d’aller beaucoup plus vite.

Sur le développement d’armes conventionnelles et la biologie cependant, la situation est plus complexe. Anthropic évoque plusieurs cas (dont trois en Chine et deux en Russie) où des acteurs ont utilisé l’IA pour la conception logicielle de systèmes d’armes, la collecte de renseignement, l’analyse technique et l’approvisionnement. Selon Anthropic, il existe une progression continue des capacités des LLM dans le renseignement tactique et certaines tâches liées au développement d’armes.

Sur la biologie en particulier, Anthropic change de ton par rapport à l’année dernière, quand l’entreprise affirmait que les modèles étaient trop « faibles » pour fournir la moindre aide sérieuse dans certaines recherches dangereuses. Désormais, les modèles récents seraient suffisamment capables.

Claude est directement cité comme ayant renvoyé « dans plusieurs cas » les utilisateurs à des modèles moins capables grâce aux garde-fous. Le rapport mentionne des recherches autour de virus et toxines, notamment des travaux sur l’adaptation de virus (dont celui de la grippe aviaire) à des mammifères et des projets concernant des mécanismes d’échappement immunitaire. Point important, Anthropic dit être incapable de savoir si ces chercheurs avaient une intention malveillante, mais a néanmoins bloqué les comptes par précaution.

Enfin, un mot sur la distillation. Le rapport est plus direct que les précédents, Anthropic citant cette fois Alibaba, Moonshot AI (éditeur de Kimi), DeepSeek, Xiaomi et Zhipu comme responsables de nombreuses opérations dans ce domaine. Alibaba est largement mis en avant : Anthropic évoque plus de 151 millions d’échanges entre mai et juillet 2026, avec un pic à près de trois millions d’échanges quotidiens répartis sur plus de 3 500 comptes considérés comme frauduleux. Selon le rapport, tous utilisaient une même instruction fixe destinée à extraire le raisonnement de Claude afin d’entraîner la famille de modèles Qwen.

« Pas besoin de nous pirater » : Hugging Face s’adresse directement aux agents IA sur son site

10 septembre 2026 à 15:47

Le fichier security.txt de Hugging Face contient désormais une note adressée directement aux agents IA, les invitant à aller chercher les solutions à leurs défis ailleurs.

☕️ L’agence de cybersécurité de la Commission européenne peut maintenant utiliser Mythos

10 septembre 2026 à 13:37


L’ENISA, agence de cybersécurité de l’Union européenne, vient d’obtenir un accès à Mythos. En mai, OpenAI lui avait donné accès à GPT-5.5-Cyber mais elle n’avait pas accès au modèle présenté d’Anthropic le plus puissant côté cybersécurité notamment.

Un mois après, Anthropic annonçait l’ouverture de l’accès de Mythos à d’autres organisations gouvernementales que celles des États-Unis, l’Union européenne était évoquée sans que cela soit officiel.

Illustration : Flock

C’est désormais chose faite. « À la suite de nos échanges constructifs avec Anthropic, nous pouvons confirmer que l’agence européenne de cybersécurité ENISA a obtenu l’accès à Mythos 5 et procède actuellement à des tests sur ce système », a affirmé un représentant de la Commission européenne à Bloomberg, même si l’entreprise états-unienne n’a pas voulu commenter.

Mais l’ENISA ne semble pas avoir accès à la dernière version du modèle d’Anthropic si la version est bien celle citée par le représentant de la Commission. En effet, la semaine dernière, l’entreprise a annoncé la version 5.1 de Mythos et l’entreprise de Dario Amodei écrivait que cette version n’était « accessible qu’à un certain nombre d’organisations américaines ».

☕️ L’agence de cybersécurité de la Commission européenne peut maintenant utiliser Mythos

10 septembre 2026 à 13:37


L’ENISA, agence de cybersécurité de l’Union européenne, vient d’obtenir un accès à Mythos. En mai, OpenAI lui avait donné accès à GPT-5.5-Cyber mais elle n’avait pas accès au modèle présenté d’Anthropic le plus puissant côté cybersécurité notamment.

Un mois après, Anthropic annonçait l’ouverture de l’accès de Mythos à d’autres organisations gouvernementales que celles des États-Unis, l’Union européenne était évoquée sans que cela soit officiel.

Illustration : Flock

C’est désormais chose faite. « À la suite de nos échanges constructifs avec Anthropic, nous pouvons confirmer que l’agence européenne de cybersécurité ENISA a obtenu l’accès à Mythos 5 et procède actuellement à des tests sur ce système », a affirmé un représentant de la Commission européenne à Bloomberg, même si l’entreprise états-unienne n’a pas voulu commenter.

Mais l’ENISA ne semble pas avoir accès à la dernière version du modèle d’Anthropic si la version est bien celle citée par le représentant de la Commission. En effet, la semaine dernière, l’entreprise a annoncé la version 5.1 de Mythos et l’entreprise de Dario Amodei écrivait que cette version n’était « accessible qu’à un certain nombre d’organisations américaines ».

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