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Le surgénérateur nucléaire du français Hexana séduit les Pays-Bas

15 novembre 2025 à 15:59

Le nouveau nucléaire, c’est une myriade de nouveaux concepts. Certains tiendront dans le temps, et d’autres non. Aussi, quand une coopérative énergétique spécialisée dans le nucléaire montre son intérêt pour le concept d’une startup du nucléaire, c’est forcément une bonne nouvelle pour cette dernière.

Hexana développe un réacteur modulaire (SMR) de quatrième génération, de 400 MW thermiques, basé sur la technologie des réacteurs à neutrons rapides à caloporteur sodium. Il s’agit de la technologie qui a été développée pendant plusieurs décennies au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), mise en œuvre dans les réacteurs Phénix et Superphénix et qui devait trouver son prolongement dans le projet ASTRID, avant l’arrêt de ce dernier.

Le concept ne se limite pas à la production d’électricité. Le réacteur d’Hexana vise également à produire de la chaleur à haute température, jusqu’à 500°C, pour décarboner les applications industrielles qui en ont besoin. Une cogénération nucléaire, en somme. De façon à lisser les appels de charge, le réacteur est doté de réservoirs destinés à stocker la chaleur, et à découpler la production du cœur nucléaire de la variation des besoins, qu’ils soient thermiques ou électriques.

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Une manifestation d’intérêt bienvenue

La startup vient de recevoir une manifestation d’intérêt de la part d’Atoomcoöperatie, située dans les Pays-Bas. Cette société, qui se décrit comme la première coopérative d’énergie nucléaire citoyenne, envisage un partenariat avec Hexana de façon à défendre l’énergie nucléaire en tant que proposition propre et résiliente pour décarboner le mix énergétique des Pays-Bas. Une bonne nouvelle, donc, comme l’indique Sylvain Nizou, président d’Hexana : « L’expertise et la connaissance approfondie du paysage énergétique néerlandais dont dispose Atoomcoöperatie seront déterminantes pour accélérer notre déploiement aux Pays-Bas. »

La coopérative se destine à investir dans de nouvelles centrales nucléaires, en particulier dans des SMR, et en particulier avec une implication citoyenne que permet son statut de coopérative. Rappelons qu’en décembre 2021, le nouveau gouvernement des Pays-Bas a donné au nucléaire une place de choix : il prévoit en particulier la construction de deux nouveaux réacteurs de 1000 à 1650 MWe, ainsi que le déploiement possible de SMR.

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L’Agence internationale de l’énergie suspectée d’être influencée par Trump

15 novembre 2025 à 07:28

Dans son World Energy Outlook 2025, publié le 12 novembre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prédit une forte hausse de la demande mondiale d’énergie au cours des prochaines décennies ainsi qu’une demande soutenue en pétrole et en gaz jusqu’en 2050. Elle est ciblée pour céder au trumpisme ambiant en prévoyant, dans un des scénarios, une demande en pétrole encore croissante pour 25 ans.

Ce rapport n’a rien à voir avec les précédents. Après avoir affirmé en 2023 que le pic des énergies fossiles était imminent, l’agence introduit cette année un scénario de prolongation de leur usage.

Ce changement de prévision a immédiatement suscité une levée de boucliers, accusant l’agence de céder au trumpisme ambiant. Certains y voient le signe d’une soumission alors que Washington a récemment reproché à l’agence de décourager les investissements fossiles. Dans une tribune publiée sur Connaissance des Énergies, l’économiste Christian de Perthuis dénonce « un scénario de triomphe de l’Amérique trumpienne ».

Et de poursuivre : « un tel réalignement des perspectives de l’AIE est assez troublant. Il semble peu réaliste d’imaginer un futur énergétique à 25 ans autant impacté par les décisions prises ces dix derniers mois par l’administration trumpienne ».

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Le paradoxe: les ENR se développent mais les fossiles ne diminuent pas

L’AIE insiste, sinon, sur la nécessité d’investir massivement dans les réseaux électriques, le stockage et les infrastructures de transport d’énergie pour accompagner la croissance des énergies renouvelables. Elle rappelle que, dans l’Union européenne, les prix moyens de l’énergie demeurent plus de 20 % supérieurs à ceux de la décennie précédente, et que la volatilité du marché pourrait ralentir les efforts d’électrification.

Il y a, dans ce rapport, un paradoxe que l’AIE relève : jamais les investissements dans les énergies décarbonées n’ont été aussi élevés, comme la dépendance au pétrole, au gaz et au charbon n’a paru aussi difficile à se sevrer.

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