Vue normale

Le grisou des anciennes mines françaises chauffera des milliers de logements

20 janvier 2026 à 16:06

Les habitants du nord de la France vont bientôt pouvoir se chauffer grâce au grisou, ce gaz longtemps redouté par les mineurs. L’État vient, en effet, d’autoriser son exploitation sous certaines conditions.

Longtemps considéré comme un fléau dans les exploitations minières, le grisou est de mieux en mieux vu par les habitants du nord de la France. Ce gaz, du méthane fossile contenu dans les micropores et les fissures du charbon, va désormais pouvoir être valorisé en énergie à grande échelle. Jusqu’à présent, trois sites, à savoir Avion, Divion et Lourches, permettaient l’extraction de ce grisou pour une production d’énergie totale de 321 GWh par an. L’État vient d’autoriser l’exploitation de 18 sites d’extraction du gaz de mine. Une bonne partie de ce grisou devrait notamment être utilisée pour alimenter des réseaux de chaleur.

Si le grisou est un gaz carboné, puisqu’il est en grande partie composé de méthane, cette démarche reste intéressante d’un point de vue écologique. En effet, en temps normal, ce grisou s’échappe naturellement des anciennes galeries des mines de charbon pour rejoindre l’atmosphère. Or, le pouvoir de réchauffement du méthane est nettement supérieur à celui du dioxyde de carbone produit lorsqu’il est brûlé.

Coup de grisou, effondrement et coup de poussier

Se dégageant des couches de charbon, le grisou fait partie de l’atmosphère normale des mines profondes. Néanmoins, en trop grande quantité, le mélange air/grisou devient très explosif. Cela peut conduire à des explosions appelées « coups de grisou ». Ces explosions peuvent ensuite être aggravées par des effondrements, voire même des « coups de poussier ». Les coups de poussier résultent de l’inflammation de fines particules de charbon en suspension dans l’air des galeries. C’est ce qui s’est passé lors de la plus grave catastrophe d’Europe, à Courrières, en 1906. Durant cet événement, les flammes parcoururent 110 km de galeries en moins de 2 minutes, tuant 1099 mineurs. Aujourd’hui encore, les accidents sont réguliers. En 2023, au Kazakhstan, un coup de grisou a causé la mort de 46 mineurs.

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Le grisou, oui. Le gaz de couche, non

Si l’État a donné son accord pour l’exploitation du gaz de mine, il a interdit l’exploitation du gaz de couche. Cette dernière ne consiste pas à recueillir le gaz présent dans les galeries, mais à l’extraire directement dans les veines de charbon intactes en utilisant la technique de la fracturation hydraulique. En décembre 2025, le Conseil d’État s’est prononcé sur le sujet de manière définitive, en invoquant les potentielles perturbations des ressources en eau souterraines du fait des incertitudes liées à la technique d’extraction.

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Ces usines géantes de stockage d’électricité d’EDF ont battu un nouveau record en 2025

20 janvier 2026 à 05:33

L’année 2025 restera dans les annales pour EDF, notamment grâce à une production nucléaire en hausse, des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) en forme et un record d’exportation d’électricité.

Le nucléaire, avec 373 TWh produits, a produit 3 % de plus par rapport à 2024. Il a été plus disponible et ses arrêts ont été plus finement programmés. Une performance qui permet à EDF de se rapprocher du plafond haut de ses prévisions annuelles.

L’hydroélectricité a, en revanche, été un peu plus à la peine, avec -15,6 % par rapport à 2024. La production revient toutefois à la normale (42,6 TWh) après une année 2024 exceptionnelle (50,6 TWh, grâce à d’abondantes précipitations). Il a moins plu, mais l’hydro a su soutenir la demande, particulièrement durant les pics de consommation.

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Des STEP en forme olympique

Résumer l’hydro aux barrages « au fil de l’eau » serait réducteur. Ce serait masquer la performance des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Un record historique à 6 TWh a été atteint, soit 400 GWh de plus que le précédent record de 2014, à pomper la nuit et turbiner le jour et même rajouter un cycle diurne avec la pointe PV.

Mais c’est surtout à l’export que la France a été forte. Le solde exportateur net a grimpé à 92,3 TWh, un nouveau record historique qu’on s’est habitué à battre chaque année. Avec une électricité presque entièrement bas carbone — nucléaire et renouvelables représentent 95 % du mix —, la France est un fournisseur fiable pour les pays voisins, mais en retard sur son électrification avec une demande stagnante.

Pour 2026, EDF prévoit une production nucléaire entre 350 et 370 TWh, en comptant notamment sur l’EPR de Flamanville, qui vient d’être arrêtée après le passage de la tempête Goretti.

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