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France Identité teste la preuve d’âge avec un « double anonymat »… qui n’est pas anonyme

2 février 2026 à 15:48
Mr Patate, le retour !
France Identité teste la preuve d’âge avec un « double anonymat »… qui n’est pas anonyme

France Identité est en train d’ajouter une corde à son arc : la vérification de l’âge. Entre les sites pornos réservés aux plus de 18 ans et les réseaux sociaux aux plus de 15 ans, c’est dans l’air du temps.

En France, la vérification d’âge est en place depuis l’été dernier pour les sites pornos (18 ans minimum). Comme nous l’avions testé, les applications validaient parfois n’importe quoi, notamment une carte d’identité de Mr Patate ou de Dora l’exploratrice. En ce début d’année, le gouvernement avance sur son projet de loi pour interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux.

France Identité teste la preuve d’âge

France Identité est une application Android et iOS permettant de gérer vos papiers d’identité, de se connecter à des services via FranceConnect sans mot de passe (en scannant un QR Code) et de générer des justificatifs d’identité à usage unique (sous la forme d’un PDF). L’application expérimente depuis peu une fonctionnalité supplémentaire : la vérification d’âge.

Sur X, le compte officiel indique que l’application « France Identité comporte une fonctionnalité, actuellement en expérimentation, pour fournir une preuve d’âge. Aucune donnée personnelle n’est communiquée : ni le nom, ni le prénom, ni la date de naissance », pas plus que l’âge exact. Le service reçoit « uniquement la preuve d’âge minimal (de type “plus de 18 ans”) » :

« Rien n’est transmis sans le consentement de l’utilisateur. Aucune donnée n’est conservée sur l’usage de cette preuve d’âge. Le principe du double anonymat est respecté. »

Comme l’a indiqué Macro Zedong sur X, une page sur le site officiel France-identite.gouv.fr permet de tester la vérification d’âge. Trois niveaux sont proposés : plus de 15, 18 ou 21 ans, avec des QR Code différents. Nous avons tenté l’expérience sur un iPhone avec la version 1.3.4134 de l’application France Identité, sans succès. Nous avons obtenu un message d’erreur bateau : « Erreur Application France Identité ». Si vous avez plus de chance, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

Trust me !

Stelau est crédité comme prestataire. Cette société française se présente comme un « cabinet indépendant spécialisé dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information » et c’est à peu près tout ce que l’on sait sur la vérification d’âge actuellement dans France Identité.

C’est d’ailleurs ce manque de transparence qui fait bondir le compte CrowINT spécialisé dans la cybersécurité (et aussi en charge de l’infrastructure du projet Le Débunk Café). Il rappelle entre autres que le code critique du backend (la partie serveur) « n’est pas public » ; impossible donc de confirmer les promesses des développeurs.

Pour utiliser France Identité, il faut « être majeur », disposer d’un smartphone compatible et d’une Carte Nationale d’Identité française (les nouvelles, au format CB). Pour rappel, depuis mars 2025, il est possible de « renouveler de manière anticipée votre carte d’identité pour utiliser France Identité ». Il est précisé qu’en cas de perte ou de vol, « un timbre fiscal de 25 € est obligatoire ». Mais s’il faut déjà « être majeur », quel intérêt en l’état de proposer une preuve d’âge supérieur à 15 ans ? Cette question n’a pas non plus de réponse.

Rappel : le « double anonymat » n’est pas anonyme

Le « double anonymat », nous en parlions en septembre dernier car il est dans le référentiel de l’Arcom sur les exigences techniques des systèmes de vérification d’âge. Il porte, pour rappel, très mal son nom car… il « n’est pas “anonyme” au sens du RGPD ». Il permet certes « une grande confidentialité », reconnait l’Arcom. La CNIL indique simplement qu’il « permet de protéger au mieux la vie privée des internautes ».

La Commission rappelle le principe de fonctionnement, dans le cas des sites pornos et donc d’un âge minimum de 18 ans :

  • Le site auquel l’internaute accède reçoit la preuve de sa majorité mais ne connaît pas son identité.
  • Le prestataire de la solution de contrôle d’âge connaît l’identité de l’internaute mais ne sait pas quels sites il consulte.

Il existe pourtant un terme qui serait mieux adapté : la « double confidentialité ». Problème, l’Arcom ne l’utilise qu’une seule fois dans son référentiel de 22 pages, contre pas moins de 19 fois pour « double anonymat »… qui n’est pas deux fois plus anonyme.

France Identité teste la preuve d’âge avec un « double anonymat »… qui n’est pas anonyme

2 février 2026 à 15:48
Mr Patate, le retour !
France Identité teste la preuve d’âge avec un « double anonymat »… qui n’est pas anonyme

France Identité est en train d’ajouter une corde à son arc : la vérification de l’âge. Entre les sites pornos réservés aux plus de 18 ans et les réseaux sociaux aux plus de 15 ans, c’est dans l’air du temps.

En France, la vérification d’âge est en place depuis l’été dernier pour les sites pornos (18 ans minimum). Comme nous l’avions testé, les applications validaient parfois n’importe quoi, notamment une carte d’identité de Mr Patate ou de Dora l’exploratrice. En ce début d’année, le gouvernement avance sur son projet de loi pour interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux.

France Identité teste la preuve d’âge

France Identité est une application Android et iOS permettant de gérer vos papiers d’identité, de se connecter à des services via FranceConnect sans mot de passe (en scannant un QR Code) et de générer des justificatifs d’identité à usage unique (sous la forme d’un PDF). L’application expérimente depuis peu une fonctionnalité supplémentaire : la vérification d’âge.

Sur X, le compte officiel indique que l’application « France Identité comporte une fonctionnalité, actuellement en expérimentation, pour fournir une preuve d’âge. Aucune donnée personnelle n’est communiquée : ni le nom, ni le prénom, ni la date de naissance », pas plus que l’âge exact. Le service reçoit « uniquement la preuve d’âge minimal (de type “plus de 18 ans”) » :

« Rien n’est transmis sans le consentement de l’utilisateur. Aucune donnée n’est conservée sur l’usage de cette preuve d’âge. Le principe du double anonymat est respecté. »

Comme l’a indiqué Macro Zedong sur X, une page sur le site officiel France-identite.gouv.fr permet de tester la vérification d’âge. Trois niveaux sont proposés : plus de 15, 18 ou 21 ans, avec des QR Code différents. Nous avons tenté l’expérience sur un iPhone avec la version 1.3.4134 de l’application France Identité, sans succès. Nous avons obtenu un message d’erreur bateau : « Erreur Application France Identité ». Si vous avez plus de chance, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

Trust me !

Stelau est crédité comme prestataire. Cette société française se présente comme un « cabinet indépendant spécialisé dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information » et c’est à peu près tout ce que l’on sait sur la vérification d’âge actuellement dans France Identité.

C’est d’ailleurs ce manque de transparence qui fait bondir le compte CrowINT spécialisé dans la cybersécurité (et aussi en charge de l’infrastructure du projet Le Débunk Café). Il rappelle entre autres que le code critique du backend (la partie serveur) « n’est pas public » ; impossible donc de confirmer les promesses des développeurs.

Pour utiliser France Identité, il faut « être majeur », disposer d’un smartphone compatible et d’une Carte Nationale d’Identité française (les nouvelles, au format CB). Pour rappel, depuis mars 2025, il est possible de « renouveler de manière anticipée votre carte d’identité pour utiliser France Identité ». Il est précisé qu’en cas de perte ou de vol, « un timbre fiscal de 25 € est obligatoire ». Mais s’il faut déjà « être majeur », quel intérêt en l’état de proposer une preuve d’âge supérieur à 15 ans ? Cette question n’a pas non plus de réponse.

Rappel : le « double anonymat » n’est pas anonyme

Le « double anonymat », nous en parlions en septembre dernier car il est dans le référentiel de l’Arcom sur les exigences techniques des systèmes de vérification d’âge. Il porte, pour rappel, très mal son nom car… il « n’est pas “anonyme” au sens du RGPD ». Il permet certes « une grande confidentialité », reconnait l’Arcom. La CNIL indique simplement qu’il « permet de protéger au mieux la vie privée des internautes ».

La Commission rappelle le principe de fonctionnement, dans le cas des sites pornos et donc d’un âge minimum de 18 ans :

  • Le site auquel l’internaute accède reçoit la preuve de sa majorité mais ne connaît pas son identité.
  • Le prestataire de la solution de contrôle d’âge connaît l’identité de l’internaute mais ne sait pas quels sites il consulte.

Il existe pourtant un terme qui serait mieux adapté : la « double confidentialité ». Problème, l’Arcom ne l’utilise qu’une seule fois dans son référentiel de 22 pages, contre pas moins de 19 fois pour « double anonymat »… qui n’est pas deux fois plus anonyme.

Les dessous de Moltbook, le réseau social pour les IA : « c’est un cauchemar absolu »

2 février 2026 à 14:23
Slopbook
Les dessous de Moltbook, le réseau social pour les IA : « c’est un cauchemar absolu »

Moltbook est le dernier réseau social à la mode, mais il n’est pas taillé pour nous, les humains : lancé la semaine passée, il est ouvert aux IA qui peuvent « parler » entre elles de tout et surtout de rien. Cette expérience sociale 2.0 dont nous sommes des marionnettistes soulève de nombreuses questions de cybersécurité.

La semaine dernière, nous parlions de Clawdbot, un agent IA auquel vous pouvez donner accès à toutes vos données. Clawdbot a changé de nom pour devenir Moltbot, puis OpenClaw. Le nom Clawd était trop proche de Claude, l’IA d’Anthropic, d’autant que Claude est aussi recommandé comme moteur de Clawdbot.

Selon OpenClaw, il n’y a pas de configuration « parfaitement sécurisée »

Beaucoup se sont lancés, mais tout le monde n’a pas la connaissance suffisante pour comprendre les implications et sécuriser ses données. L’agent IA prévient pourtant lors de l’installation que « Les agents de Clawdbot peuvent exécuter des commandes, lire et écrire des fichiers, interagir avec les outils que vous autorisez […] Si vous débutez, commencez par l’environnement de test (sandbox) et le principe du moindre privilège ».

Dans la documentation, sur la partie sécurité (que les amateurs et bidouilleurs en herbe n’iront malheureusement pas lire), c’est indiqué noir sur blanc, et en gras : « Il n’y a pas de configuration “parfaitement sécurisée” ». Cela n’empêche pas certains de donner un accès total à leur machine, et de s’en réjouir.


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☕️ Statut des chauffeurs : l’Urssaf réclame 1,7 milliard d’euros à Uber

2 février 2026 à 14:03

Selon Revue21 repris par Reuters et l’AFP, « l’Urssaf réclame 1,7 milliard d’euros à Uber, estimant que la plateforme a maquillé la relation d’employeur à salariés la liant à ses chauffeurs en contrat d’entreprise pour échapper à ses obligations ». Dans le détail, 1,2 milliard d’euros sont demandés pour des cotisations sociales et 512 millions d’euros de pénalités. Le contentieux remonterait à décembre 2024.

L’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) estime que, entre 2019 et 2022, pour plus de 71 000 chauffeurs, Uber aurait « maquillé sciemment une relation salariale en contrat d’entreprise pour échapper à ses obligations d’employeur ». Dans le document consulté par nos confrères de Revue21, l’Ursaaf pointe « un triple pouvoir de direction, de contrôle et de sanctions vis-à-vis des chauffeurs ».

« Concernant le statut des chauffeurs, de récents arrêts de la Cour de cassation ont confirmé leur statut d’indépendant et ainsi clarifié le cadre dans lequel nous opérons », indique un porte-parole d’Uber. La plateforme ajoute qu’elle échange « actuellement avec l’Urssaf » avec « une approche collaborative, ouverte et transparente ».

La décision de 2025 était, pour rappel, un revirement par rapport à une autre affaire de la Cour de cassation de mars 2020 : « Salarié le 4 mars 2020 mais travailleur indépendant le 9 juillet 2025 », titrait le club des juristes.

☕️ Statut des chauffeurs : l’Urssaf réclame 1,7 milliard d’euros à Uber

2 février 2026 à 14:03

Selon Revue21 repris par Reuters et l’AFP, « l’Urssaf réclame 1,7 milliard d’euros à Uber, estimant que la plateforme a maquillé la relation d’employeur à salariés la liant à ses chauffeurs en contrat d’entreprise pour échapper à ses obligations ». Dans le détail, 1,2 milliard d’euros sont demandés pour des cotisations sociales et 512 millions d’euros de pénalités. Le contentieux remonterait à décembre 2024.

L’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) estime que, entre 2019 et 2022, pour plus de 71 000 chauffeurs, Uber aurait « maquillé sciemment une relation salariale en contrat d’entreprise pour échapper à ses obligations d’employeur ». Dans le document consulté par nos confrères de Revue21, l’Ursaaf pointe « un triple pouvoir de direction, de contrôle et de sanctions vis-à-vis des chauffeurs ».

« Concernant le statut des chauffeurs, de récents arrêts de la Cour de cassation ont confirmé leur statut d’indépendant et ainsi clarifié le cadre dans lequel nous opérons », indique un porte-parole d’Uber. La plateforme ajoute qu’elle échange « actuellement avec l’Urssaf » avec « une approche collaborative, ouverte et transparente ».

La décision de 2025 était, pour rappel, un revirement par rapport à une autre affaire de la Cour de cassation de mars 2020 : « Salarié le 4 mars 2020 mais travailleur indépendant le 9 juillet 2025 », titrait le club des juristes.

Datacenters : petits et gros arrangements des rapports environnementaux

2 février 2026 à 11:30
Relire, c'est se sous estimer ?
Datacenters : petits et gros arrangements des rapports environnementaux

Des acteurs de l’Internet comme Google, Meta, Microsoft, OVHcloud et Scaleway publient des rapports environnementaux… dont on se demande parfois quel est l’usage. Next y a en effet repéré plusieurs interprétations maison, voire de grossières erreurs.

Y a-t-il un pilote derrière les « sustainability reports », ou rapports de durabilité, des géants de l’Internet étatsuniens ? Même question pour l’« Impact Report » 2024 du français Scaleway (iliad) ? C’est à se poser la question tant ils sont truffés d’erreurs. Certaines sont évidentes, d’autres plus subtiles, mais toutes sont inquiétantes.

Une simple règle de trois dans le bilan 2025 de Meta et on arrive à une base de plus de 3 000 milliards d’utilisateurs actifs par jour. Chez Scaleway, on doit se dire que relire et vérifier ses chiffres est superflu. N’oublions pas les méthodes de calcul maison quand ça arrange, les virgules de Schrödinger… Alors que le sujet de la durabilité est sérieux, le tableau laisse un arrière-goût amer.

Précision importante, avant de le détailler : nous n’avons pas cherché à débusquer toutes les erreurs des rapports. Dans le cadre d’un dossier à venir, nous avons analysé les consommations en eau et en électricité des entreprises, en plus de leurs émissions carbone. Il reste probablement d’autres incohérences dans les pages que nous avons seulement survolées.

Meta : plus de 3 300 milliards d’utilisateurs actifs… sérieusement ?

Meta, la maison mère de Facebook et WhatsApp, propose une métrique qui semble intéressante à première vue : le volume de « prélèvement d’eau par utilisateur actif chaque jour »… mais, à lire en détail, difficile de comprendre à quoi cela correspond exactement. Pour comprendre à quoi se rapporte ce prétendu volume de prélèvement d’eau, il fallait remonter à un rapport de 2023.


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☕️ C’est un « actif stratégique » : la France met son veto à la vente du segment sol d’Eutelsat

2 février 2026 à 08:09

Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, le groupe annonce « que l’opération en cours portant sur la cession de ses infrastructures passives du segment sol au fonds d’investissement EQT Infrastructure VI ne pourra aboutir, les conditions suspensives n’ayant pas été toutes remplies ».

L’opération devait générer 550 millions d’euros de produit net. Eutelsat précise que cet arrêt « n’a aucun impact sur les objectifs financiers » pour l’exercice 2025 - 2026… à deux exceptions près : le ratio d’endettement net sur EBITDA devrait être de 2,7 au lieu de 2,5 et la marge d’EBITDA pour 2028 - 2029 devrait se situer autour de 65 % au lieu de 60 %.

Eutelsat oneweb

La question à laquelle ne répond pas le communiqué d’Eutelsat est : pourquoi ? La réponse a été donnée par le ministre de l’Économie Roland Lescure : le gouvernement a mis son veto à cette vente. « J’ai décidé de ne pas autoriser Eutelsat […] à vendre ses antennes au sol qui permettent de communiquer avec ses satellites. Ces antennes servent pour des communications civiles et aussi pour des communications militaires. C’est le seul concurrent européen de Starlink, c’est évidemment un actif stratégique », explique-t-il.

« Nous avons estimé collectivement, l’État et le gouvernement, que cette activité était trop stratégique pour la France. En vertu de nos propres considérations et de notre doctrine, nous n’avons pas accordé cette autorisation », ajoute Bercy à La Tribune. Ce refus n’est « aucunement liée à la qualité d’EQT en tant qu’investisseur et actionnaire », qui est « un acteur de long terme, reconnu et solidement implanté en France ».

Eutelsat était dans une délicate situation financière en 2024 lors de la signature de la vente. L’année dernière, le groupe a annoncé une levée de fonds de 1,5 milliard d’euros, avec une participation de l’État à hauteur de 749,3 millions d’euros. Il devient ainsi le premier actionnaire avec 29,65 % du capital et des droits de vote. Bharti est deuxième avec 17,88 % et le gouvernement du Royaume-Uni troisième avec 10,89 %.

☕️ C’est un « actif stratégique » : la France met son veto à la vente du segment sol d’Eutelsat

2 février 2026 à 08:09

Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, le groupe annonce « que l’opération en cours portant sur la cession de ses infrastructures passives du segment sol au fonds d’investissement EQT Infrastructure VI ne pourra aboutir, les conditions suspensives n’ayant pas été toutes remplies ».

L’opération devait générer 550 millions d’euros de produit net. Eutelsat précise que cet arrêt « n’a aucun impact sur les objectifs financiers » pour l’exercice 2025 - 2026… à deux exceptions près : le ratio d’endettement net sur EBITDA devrait être de 2,7 au lieu de 2,5 et la marge d’EBITDA pour 2028 - 2029 devrait se situer autour de 65 % au lieu de 60 %.

Eutelsat oneweb

La question à laquelle ne répond pas le communiqué d’Eutelsat est : pourquoi ? La réponse a été donnée par le ministre de l’Économie Roland Lescure : le gouvernement a mis son veto à cette vente. « J’ai décidé de ne pas autoriser Eutelsat […] à vendre ses antennes au sol qui permettent de communiquer avec ses satellites. Ces antennes servent pour des communications civiles et aussi pour des communications militaires. C’est le seul concurrent européen de Starlink, c’est évidemment un actif stratégique », explique-t-il.

« Nous avons estimé collectivement, l’État et le gouvernement, que cette activité était trop stratégique pour la France. En vertu de nos propres considérations et de notre doctrine, nous n’avons pas accordé cette autorisation », ajoute Bercy à La Tribune. Ce refus n’est « aucunement liée à la qualité d’EQT en tant qu’investisseur et actionnaire », qui est « un acteur de long terme, reconnu et solidement implanté en France ».

Eutelsat était dans une délicate situation financière en 2024 lors de la signature de la vente. L’année dernière, le groupe a annoncé une levée de fonds de 1,5 milliard d’euros, avec une participation de l’État à hauteur de 749,3 millions d’euros. Il devient ainsi le premier actionnaire avec 29,65 % du capital et des droits de vote. Bharti est deuxième avec 17,88 % et le gouvernement du Royaume-Uni troisième avec 10,89 %.

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