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Les énergies renouvelables plongent dans une nouvelle crise

7 février 2026 à 14:06

La filière des énergies renouvelables électriques en France est en crise. Après des années de croissance, de soutien public constant, la filière ne pensait pas vivre des plans sociaux, gels d’embauches et faillites.

La crise solaire de 2013 n’a guère laissé ses empreintes dans les politiques publiques. En Europe, premier marché mondial pour les panneaux photovoltaïques, la baisse des tarifs de rachat de l’électricité solaire décidée par les gouvernements avait fait plonger la demande.

Aujourd’hui, c’est une demande en électricité stagnante qui fait plonger la filière renouvelable, sans objectifs.

Les ENR, c’est 40 000 emplois. Lorsque le moratoire photovoltaïque avait été décrété, 25 à 30 % des emplois avaient été supprimés. Le choc pourrait être similaire si rien ne change aujourd’hui.

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Une avalanche de nouvelles inquiétantes

La crise touche actuellement toutes les tailles d’entreprise. Greenunivers, dans une enquête passionnante, a recensé les mouvements d’effectifs dans différentes entreprises ENR. Boralex France a lancé un plan de sauvegarde de l’emploi, RWE réduit ses équipes offshore et Okwind annoncé un plan social.

Chez EDF Power Solutions, les recrutements sont gelés et plusieurs dizaines de contrats ne sont pas renouvelés. Chez TotalEnergies Renouvelables et Engie Green, des départs sont non remplacés.

Chez les PME, même situation critique. Elements pourrait perdre un quart à un tiers de ses effectifs et Voltalia a réduit les équipes de sa filiale « Maison Solaire ».

Des TPE comme Beem Energy et Vergnet ont ouvert des procédures judiciaires et plusieurs installateurs photovoltaïques ont fermé. Le segment des petites toitures solaires, très sensible aux baisses tarifaires, est loin d’être épargné.

Les profils de développement de projets (chefs de projet, chargés d’études environnementales, agent en charge de trouver le foncier) sont les plus exposés : 15 à 25 % de ces postes seraient menacés.

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Pas de PPE, disparition de la filière craignent les syndicats

Les causes sont connues : retard de publication de la PPE, absence d’appels d’offres pour 2026, baisse des tarifs et incertitude politique. Les appels d’offres sont bloqués et le gouvernement laisse toujours planer le doute sur la date de publication de la PPE. Une mission Lévy-Thuot pour « repenser le soutien public aux énergies renouvelables et au stockage d’électricité », un plan pour relancer la demande en électricité, autant de moyens de temporiser employés par le gouvernement.

Selon l’avocat Arnaud Gossement sur Linkedin, la filière subit une « casse politique, industrielle et sociale ». Le SER, Enerplan et autres syndicats se mobilisent. Roland Lescure, ministre de l’économie, cherche à rassurer quant à la sortie de la PPE.

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Terres rares : la « vallée des aimants » dans le Sud-Ouest va réduire notre dépendance à la Chine

7 février 2026 à 06:46

Dans le secteur des terres rares, ça commence à bouger en France. C’est en effet dans le bassin de Lacq, à proximité de Pau, que se mettent en place des filières industrielles d’ampleur. Elles sont destinées à produire et à recycler ces matériaux stratégiques.

Les terres rares sont indispensables pour l’industrie moderne, et notamment dans le secteur de la transition énergétique. Elles sont en effet utilisées pour les aimants permanents des moteurs et des générateurs électriques, mais également dans d’autres secteurs, comme l’électronique, ou encore la robotique. On conçoit ainsi toute l’importance de développer des filières locales, dans le contexte d’un secteur aujourd’hui très largement dominé par la Chine.

En la matière, c’est la startup lyonnaise Carester qui a donné le coup d’envoi au travers du projet Caremag. Cette installation permettra de recycler chaque année 2000 tonnes d’aimants permanents. Elle produira ainsi 800 tonnes de terres rares, du néodyme et du praséodyme, sous forme d’oxydes. Le lancement de l’usine est prévu pour 2027.

Caremag pourra également raffiner des concentrés miniers, à hauteur de 5000 tonnes. Cette opération permettra de produire 600 tonnes de terres rares, cette fois le dysprosium et le terbium, toujours sous forme d’oxydes. Et cette production est loin d’être anecdotique, puisqu’elle représenterait alors 15 % de la production mondiale.

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Une nouvelle capacité pour produire des aimants

C’est très récemment qu’a été annoncé un nouveau projet à proximité. Il s’agit d’une installation dite de métallisation des terres rares. Cette opération permettra de transformer les oxydes de terres rares, comme ceux produits par Caremag, sous une forme métallique. Laquelle permettra de les utiliser pour la production d’aimants permanents. La proximité des deux usines fait ainsi tout à fait sens.

Le lancement du projet a permis à Frédéric Carencotte, PDG de Carester, de déclarer à l’AFP, lors du sommet Choose France : « C’est bien que ces deux métiers soient proches l’un de l’autre, pour essayer de monter quelque chose que l’on pourrait appeler la vallée des aimants, comme on parle de vallée de la batterie à Dunkerque. »

L’installation aura une capacité de 3750 tonnes, et permettra de compléter une chaîne d’approvisionnement locale pour ces terres rares. Une filière indépendante de la Chine, dont la domination est aujourd’hui écrasante. Un bémol toutefois : l’usine sera construite et exploitée par la société Less Common Metals (LCM) Europe, une filiale de l’américain USA Rare Earth.

Tombons-nous de Charybde en Scylla ? Bien difficile à dire. La souveraineté en matière de matériaux stratégiques n’a rien d’un fleuve tranquille.

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