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L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

28 avril 2026 à 14:46
Une date de péremption sur les jeux PlayStation
L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

Un DRM s’est-il discrètement invité dans les jeux PS4 et PS5 achetés en ligne ? C’est la crainte de nombreux joueurs PlayStation, depuis qu’un nouveau système (ou un bug ?) frappe les jeux vendus sur le PS Store.

Les premiers témoignages sur la présence d’un DRM dans les jeux PS4 et PS5 achetés dans la boutique PlayStation ont commencé à émerger fin mars. Dans la fiche d’information de Resident Evil: Code Veronica X, un joueur a eu la surprise de découvrir la mention « Temps restant : 29 jours ». Le titre avait été acheté quelques jours plus tôt sur le PS Store.

30 jours et puis s’en va

Depuis, la présence de cette période de validité s’est multipliée, toujours pour les jeux en version dématérialisée (des achats ou des démos). Une hypothèse se dégage, après l’enquête du youtubeur Spawn Wave qui a testé plusieurs scénarios. Les jeux achetés ces derniers jours dans la boutique en ligne ont besoin d’un renouvellement de leur licence tous les 30 jours ; l’opération se réalise en connectant la console à internet.

Capture d’écran de la vidéo de Spawn Wave.

En retirant de la console la pile CMOS (qui gère notamment l’horloge interne), Spawn Wave a pu constater que les jeux dématérialisés ne pouvaient plus se lancer, avec ce message d’erreur à la clé : « Impossible d’utiliser ce contenu. Impossible de se connecter au serveur pour vérifier votre licence. Attendez un moment, puis réessayez ». En connectant la console à internet, plus de souci, les jeux se lancent normalement. Il n’a rencontré aucun problème avec des jeux achetés le mois dernier, ni avec des jeux sur support physique.

Sony a mis en ligne une mise à jour du logiciel interne de ses consoles fin mars. Les premiers témoignages de cette procédure de vérification remontent de cette époque : certains jeux vendus sur le PS Store, qu’ils soient récents ou plus anciens, nécessiteraient une connexion aux serveurs de Sony tous les 30 jours pour valider leur licence. 

Image : spider17adams

2013, qui se souvient ?

Tout cela n’est pas sans évoquer le fiasco de la présentation de la Xbox One en 2013, où Microsoft avait tenté d’imposer une vérification en ligne toutes les 24 heures pour les jeux. Le constructeur avait fait marche arrière très vite, mais le mal était fait et d’ailleurs, Sony en avait profité pour troller son rival avec une vraie-fausse publicité restée dans les mémoires. Elle expliquait comment partager ses jeux sur PS4… simplement en les prêtant à un ami.

Sony n’est pas aussi agressif avec cette fenêtre de 30 jours, mais le principe rappelle de mauvais souvenirs : que se passera-t-il si d’aventure, le constructeur décide de fermer ses serveurs ? L’absence de communication officielle n’aide en rien à éclaircir l’affaire… qui pourrait en bout de course n’être qu’un bug. Le comportement est en effet incohérent en fonction des joueurs. Il pourrait s’agir d’une erreur liée à un correctif anti-piratage.

Tout cela rappelle que l’on ne possède pas les jeux, on achète une licence d’utilisation encadrée par l’éditeur. L’industrie fait actuellement face à une fronde de joueurs qui veulent imposer aux éditeurs l’obligation de laisser les jeux achetés dans un état fonctionnel, même après la fermeture des serveurs officiels.

L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

28 avril 2026 à 14:46
Une date de péremption sur les jeux PlayStation
L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?

Un DRM s’est-il discrètement invité dans les jeux PS4 et PS5 achetés en ligne ? C’est la crainte de nombreux joueurs PlayStation, depuis qu’un nouveau système (ou un bug ?) frappe les jeux vendus sur le PS Store.

Les premiers témoignages sur la présence d’un DRM dans les jeux PS4 et PS5 achetés dans la boutique PlayStation ont commencé à émerger fin mars. Dans la fiche d’information de Resident Evil: Code Veronica X, un joueur a eu la surprise de découvrir la mention « Temps restant : 29 jours ». Le titre avait été acheté quelques jours plus tôt sur le PS Store.

30 jours et puis s’en va

Depuis, la présence de cette période de validité s’est multipliée, toujours pour les jeux en version dématérialisée (des achats ou des démos). Une hypothèse se dégage, après l’enquête du youtubeur Spawn Wave qui a testé plusieurs scénarios. Les jeux achetés ces derniers jours dans la boutique en ligne ont besoin d’un renouvellement de leur licence tous les 30 jours ; l’opération se réalise en connectant la console à internet.

Capture d’écran de la vidéo de Spawn Wave.

En retirant de la console la pile CMOS (qui gère notamment l’horloge interne), Spawn Wave a pu constater que les jeux dématérialisés ne pouvaient plus se lancer, avec ce message d’erreur à la clé : « Impossible d’utiliser ce contenu. Impossible de se connecter au serveur pour vérifier votre licence. Attendez un moment, puis réessayez ». En connectant la console à internet, plus de souci, les jeux se lancent normalement. Il n’a rencontré aucun problème avec des jeux achetés le mois dernier, ni avec des jeux sur support physique.

Sony a mis en ligne une mise à jour du logiciel interne de ses consoles fin mars. Les premiers témoignages de cette procédure de vérification remontent de cette époque : certains jeux vendus sur le PS Store, qu’ils soient récents ou plus anciens, nécessiteraient une connexion aux serveurs de Sony tous les 30 jours pour valider leur licence. 

Image : spider17adams

2013, qui se souvient ?

Tout cela n’est pas sans évoquer le fiasco de la présentation de la Xbox One en 2013, où Microsoft avait tenté d’imposer une vérification en ligne toutes les 24 heures pour les jeux. Le constructeur avait fait marche arrière très vite, mais le mal était fait et d’ailleurs, Sony en avait profité pour troller son rival avec une vraie-fausse publicité restée dans les mémoires. Elle expliquait comment partager ses jeux sur PS4… simplement en les prêtant à un ami.

Sony n’est pas aussi agressif avec cette fenêtre de 30 jours, mais le principe rappelle de mauvais souvenirs : que se passera-t-il si d’aventure, le constructeur décide de fermer ses serveurs ? L’absence de communication officielle n’aide en rien à éclaircir l’affaire… qui pourrait en bout de course n’être qu’un bug. Le comportement est en effet incohérent en fonction des joueurs. Il pourrait s’agir d’une erreur liée à un correctif anti-piratage.

Tout cela rappelle que l’on ne possède pas les jeux, on achète une licence d’utilisation encadrée par l’éditeur. L’industrie fait actuellement face à une fronde de joueurs qui veulent imposer aux éditeurs l’obligation de laisser les jeux achetés dans un état fonctionnel, même après la fermeture des serveurs officiels.

Taylor Swift dépose sa voix et son image comme marques pour contrer les clones IA

28 avril 2026 à 13:11
La guerre contre les clones
Taylor Swift dépose sa voix et son image comme marques pour contrer les clones IA

Les lois sur le droit d’auteur pourraient ne pas suffire à protéger efficacement les artistes contre les clones générés par IA. C’est pourquoi certains d’entre eux ont décidé d’aller plus loin en faisant appel au droit des marques pour protéger leur voix et leur image. Après l’acteur Matthew McConaughey en début d’année, c’est au tour de Taylor Swift.

Taylor Swift a déposé le 24 avril plusieurs marques auprès de l’USPTO, l’agence américaine des brevets et des marques. Deux d’entre elles concernent des extraits de sa voix (« Hey, it’s Taylor Swift » et « Hey, it’s Taylor »). La troisième est une photographie, en l’occurrence Taylor Swift qui « tient une guitare rose avec une sangle noire, vêtue d’une combinaison irisée multicolore et de bottes argentées » (le dépôt est précis).

La voix et l’apparence peuvent-elles être des marques ?

Ces dépôts viennent combler un angle mort juridique lié à l’émergence de l’intelligence artificielle générative. Comme l’explique Gerbenlaw, jusqu’à présent les artistes pouvaient s’appuyer sur le droit d’auteur et le droit à l’image et à la voix (en particulier aux États-Unis) pour protéger leurs créations et leur image. 

L’image déposée par Taylor Swift.

Mais voilà : l’IA permet de générer des contenus « inédits » sans copier un enregistrement existant, « à la manière de ». Difficile d’invoquer le droit d’auteur… Cette zone grise alimente toute une industrie de l’escroquerie, où les deepfakes de vedettes vendent tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux. On a ainsi vu Tom Hanks (le vrai !) prévenir ses fans que contrairement à ce qu’un clone IA laissait penser, il ne faisait pas la promotion d’une assurance pour des soins dentaires.

Les phrases déposées par Taylor Swift, des « marques sonores » comme peuvent l’être la virgule « tudum » de Netflix ou les carillons de la BBC — eux aussi dûment déposés —, servent de point d’ancrage juridique pour protéger sa voix elle-même. Il ne s’agit pas que d’empêcher des copies exactes, mais aussi et surtout les sons qui peuvent porter à confusion. On va là au-delà du droit d’auteur.

Les dépôts de Taylor Swift font écho à l’initiative de Matthew McConaughey qui, mi-janvier, obtenait de l’USPTO l’approbation pour huit marques montrant l’acteur souriant, parlant et regardant au loin. On trouve ainsi dans le lot une courte vidéo de McConaughey assis devant un sapin de Noël, une autre de lui debout sous un porche, et un enregistrement audio dans lequel on l’entend prononcer « Alright, alright, alright », réplique fameuse du film Dazed and Confused.

« Mon équipe et moi voulons être certains que chaque utilisation de ma voix ou de mon image a été approuvée et validée par nous », expliquait l’interprète d’Interstellar au Wall Street Journal. « Nous voulons établir un cadre clair autour de la propriété, où le consentement et l’attribution deviennent la norme dans un monde dominé par l’IA ». Matthew McConaughey n’a rien contre la technologie, bien au contraire : il travaille avec ElevenLabs, dont il est un des investisseurs, pour créer une version en espagnol de sa newsletter.

Ces dépôts de marques sont une protection supplémentaire pour les artistes, mais pour le moment rien ne dit que ce soit suffisant : le droit des marques n’a en effet jamais été testé devant les tribunaux de cette manière, pour protéger une voix ou une apparence humaine. Une voix peut-elle être considérée comme une marque ? Et jusqu’où va la notion de « ressemblance trompeuse » ? À voir ce qu’en diront les tribunaux le cas échéant. Ajoutez à cela les différences juridiques qui existent entre les pays et vous avez une idée du bazar actuel.

Si l’approche fonctionne, alors les plateformes IA pourraient être tenues responsables. Et cela ouvrirait la voie à des injonctions rapides et à un champ d’application plus large que le droit d’auteur.

Taylor Swift dépose sa voix et son image comme marques pour contrer les clones IA

28 avril 2026 à 13:11
La guerre contre les clones
Taylor Swift dépose sa voix et son image comme marques pour contrer les clones IA

Les lois sur le droit d’auteur pourraient ne pas suffire à protéger efficacement les artistes contre les clones générés par IA. C’est pourquoi certains d’entre eux ont décidé d’aller plus loin en faisant appel au droit des marques pour protéger leur voix et leur image. Après l’acteur Matthew McConaughey en début d’année, c’est au tour de Taylor Swift.

Taylor Swift a déposé le 24 avril plusieurs marques auprès de l’USPTO, l’agence américaine des brevets et des marques. Deux d’entre elles concernent des extraits de sa voix (« Hey, it’s Taylor Swift » et « Hey, it’s Taylor »). La troisième est une photographie, en l’occurrence Taylor Swift qui « tient une guitare rose avec une sangle noire, vêtue d’une combinaison irisée multicolore et de bottes argentées » (le dépôt est précis).

La voix et l’apparence peuvent-elles être des marques ?

Ces dépôts viennent combler un angle mort juridique lié à l’émergence de l’intelligence artificielle générative. Comme l’explique Gerbenlaw, jusqu’à présent les artistes pouvaient s’appuyer sur le droit d’auteur et le droit à l’image et à la voix (en particulier aux États-Unis) pour protéger leurs créations et leur image. 

L’image déposée par Taylor Swift.

Mais voilà : l’IA permet de générer des contenus « inédits » sans copier un enregistrement existant, « à la manière de ». Difficile d’invoquer le droit d’auteur… Cette zone grise alimente toute une industrie de l’escroquerie, où les deepfakes de vedettes vendent tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux. On a ainsi vu Tom Hanks (le vrai !) prévenir ses fans que contrairement à ce qu’un clone IA laissait penser, il ne faisait pas la promotion d’une assurance pour des soins dentaires.

Les phrases déposées par Taylor Swift, des « marques sonores » comme peuvent l’être la virgule « tudum » de Netflix ou les carillons de la BBC — eux aussi dûment déposés —, servent de point d’ancrage juridique pour protéger sa voix elle-même. Il ne s’agit pas que d’empêcher des copies exactes, mais aussi et surtout les sons qui peuvent porter à confusion. On va là au-delà du droit d’auteur.

Les dépôts de Taylor Swift font écho à l’initiative de Matthew McConaughey qui, mi-janvier, obtenait de l’USPTO l’approbation pour huit marques montrant l’acteur souriant, parlant et regardant au loin. On trouve ainsi dans le lot une courte vidéo de McConaughey assis devant un sapin de Noël, une autre de lui debout sous un porche, et un enregistrement audio dans lequel on l’entend prononcer « Alright, alright, alright », réplique fameuse du film Dazed and Confused.

« Mon équipe et moi voulons être certains que chaque utilisation de ma voix ou de mon image a été approuvée et validée par nous », expliquait l’interprète d’Interstellar au Wall Street Journal. « Nous voulons établir un cadre clair autour de la propriété, où le consentement et l’attribution deviennent la norme dans un monde dominé par l’IA ». Matthew McConaughey n’a rien contre la technologie, bien au contraire : il travaille avec ElevenLabs, dont il est un des investisseurs, pour créer une version en espagnol de sa newsletter.

Ces dépôts de marques sont une protection supplémentaire pour les artistes, mais pour le moment rien ne dit que ce soit suffisant : le droit des marques n’a en effet jamais été testé devant les tribunaux de cette manière, pour protéger une voix ou une apparence humaine. Une voix peut-elle être considérée comme une marque ? Et jusqu’où va la notion de « ressemblance trompeuse » ? À voir ce qu’en diront les tribunaux le cas échéant. Ajoutez à cela les différences juridiques qui existent entre les pays et vous avez une idée du bazar actuel.

Si l’approche fonctionne, alors les plateformes IA pourraient être tenues responsables. Et cela ouvrirait la voie à des injonctions rapides et à un champ d’application plus large que le droit d’auteur.

L’Europe veut forcer Google à ouvrir Android tout entier aux assistants IA rivaux

28 avril 2026 à 06:54
Sésame ouvre toi
L’Europe veut forcer Google à ouvrir Android tout entier aux assistants IA rivaux

Un nouveau front réglementaire contre Google s’ouvre dans l’Union européenne. La Commission veut ouvrir Android à la concurrence IA, en vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA). Premier visé : Gemini.

Ce n’est pas une enquête formelle pour infraction au DMA, mais cela s’en rapproche. La Commission a envoyé à Google des « conclusions préliminaires » pour préciser concrètement ce qu’un acteur dominant comme le moteur de recherche doit faire pour respecter la loi.

Le problème identifié par l’exécutif européen est simple : l’entreprise états-unienne contrôlerait de trop près certaines fonctions d’Android utilisées par les assistants IA. La Commission a également fait les mêmes genre de reproches à Meta et à son IA maison dans WhatsApp.

La porte d’Android fermée à double tour pour les IA rivales

Les capacités de ces assistants, qu’il s’agisse d’envoyer un courriel, de partager une photo ou de lancer une action dans une app restent aujourd’hui largement réservées aux services maison, autrement dit à Gemini. Bruxelles propose donc des mesures pour forcer l’ouverture de ces fonctionnalités à la concurrence. 

Cela permettrait par exemple à des assistants IA rivaux (ChatGPT, Claude…) de s’intégrer tout aussi profondément dans Android que Gemini, en particulier pour pouvoir interagir avec les apps du système. Les développeurs de ces assistants pourraient aussi avoir accès au matériel afin de faire tourner leurs modèles locaux « avec des niveaux élevés de performance, de disponibilité et de réactivité », souligne la Commission. Les utilisateurs seraient aussi en mesure d’activer les services de ces assistants alternatifs via un mot-clé vocal personnalisable. 

« Dans un contexte où l’intelligence artificielle évolue très rapidement, l’interopérabilité apparaît comme une condition indispensable pour en exploiter pleinement le potentiel », explique Henna Virkkunen, vice-présidente à la Souveraineté technologique. « Ces mesures ouvriront les appareils Android à un plus large éventail de services d’IA, afin que les utilisateurs puissent choisir librement ceux qui correspondent le mieux à leurs besoins et à leurs valeurs, sans renoncer aux fonctionnalités. »

Deux procédures contre Google

Cette communication auprès de Google fait partie des deux procédures lancées le 27 janvier dernier par la Commission européenne pour préciser concrètement la manière dont Google doit se conformer aux règles du DMA. 

Le premier chantier concerne l’ouverture d’Android à la concurrence : le régulateur veut donner aux développeurs tiers un accès gratuit et « réel » aux fonctions matérielles et logicielles du système d’exploitation. L’objectif est de leur garantir un accès équivalent à celui de Google.

L’autre concerne, pour rappel, l’obligation de Google « d’accorder aux fournisseurs tiers de moteurs de recherche en ligne l’accès aux données anonymisées concernant les classements, requêtes, clics et vues détenues par Google Search à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires ». Il y a une dizaine de jours, l’Europe proposait aussi à Google des mesures.

Ce sont là des sujets évidemment stratégiques pour l’entreprise. Sur le versant d’Android et l’IA, elle peut donner le sentiment de vouloir verrouiller l’OS, alors que le DMA l’a épinglé comme service de plateforme essentiel exploité par un contrôleur d’accès (en l’occurrence ici, Alphabet). L’IA et Gemini sont deux pierres angulaires pour le groupe, qui n’apprécie d’ailleurs guère que la Commission vienne fourrer son nez dans ses affaires.

Google dénonce une procédure « injustifiée »

Clare Kelly, directrice juridique en charge de la concurrence chez le géant du web, estime sans surprise que l’intervention bruxelloise est « injustifiée », qu’elle pourrait augmenter les coûts inutilement, affaiblirait la protection de la confidentialité et la sécurité des utilisateurs européens. Google n’est pas la seule entreprise vent debout contre les règles européennes, Apple est également très virulente dans ses communications contre certaines procédures de la Commission. Même son de cloche chez Donald Trump.

À ce stade, rien n’est encore décidé. Une consultation publique se tiendra jusqu’au 13 mai. Les entreprises, y compris Google, les développeurs et les acteurs du secteur peuvent y participer ; ce qui implique que le texte final pourra évoluer. Une décision contraignante est attendue dans les six mois.

Google pourrait aussi écoper d’une amende, puisque cette procédure est indépendante de sanctions liées à une éventuelle enquête de non-respect du DMA. L’ardoise européenne d’Alphabet atteint les 9,5 milliards suite à plusieurs dossiers ces dernières années.

L’Europe veut forcer Google à ouvrir Android tout entier aux assistants IA rivaux

28 avril 2026 à 06:54
Sésame ouvre toi
L’Europe veut forcer Google à ouvrir Android tout entier aux assistants IA rivaux

Un nouveau front réglementaire contre Google s’ouvre dans l’Union européenne. La Commission veut ouvrir Android à la concurrence IA, en vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA). Premier visé : Gemini.

Ce n’est pas une enquête formelle pour infraction au DMA, mais cela s’en rapproche. La Commission a envoyé à Google des « conclusions préliminaires » pour préciser concrètement ce qu’un acteur dominant comme le moteur de recherche doit faire pour respecter la loi.

Le problème identifié par l’exécutif européen est simple : l’entreprise états-unienne contrôlerait de trop près certaines fonctions d’Android utilisées par les assistants IA. La Commission a également fait les mêmes genre de reproches à Meta et à son IA maison dans WhatsApp.

La porte d’Android fermée à double tour pour les IA rivales

Les capacités de ces assistants, qu’il s’agisse d’envoyer un courriel, de partager une photo ou de lancer une action dans une app restent aujourd’hui largement réservées aux services maison, autrement dit à Gemini. Bruxelles propose donc des mesures pour forcer l’ouverture de ces fonctionnalités à la concurrence. 

Cela permettrait par exemple à des assistants IA rivaux (ChatGPT, Claude…) de s’intégrer tout aussi profondément dans Android que Gemini, en particulier pour pouvoir interagir avec les apps du système. Les développeurs de ces assistants pourraient aussi avoir accès au matériel afin de faire tourner leurs modèles locaux « avec des niveaux élevés de performance, de disponibilité et de réactivité », souligne la Commission. Les utilisateurs seraient aussi en mesure d’activer les services de ces assistants alternatifs via un mot-clé vocal personnalisable. 

« Dans un contexte où l’intelligence artificielle évolue très rapidement, l’interopérabilité apparaît comme une condition indispensable pour en exploiter pleinement le potentiel », explique Henna Virkkunen, vice-présidente à la Souveraineté technologique. « Ces mesures ouvriront les appareils Android à un plus large éventail de services d’IA, afin que les utilisateurs puissent choisir librement ceux qui correspondent le mieux à leurs besoins et à leurs valeurs, sans renoncer aux fonctionnalités. »

Deux procédures contre Google

Cette communication auprès de Google fait partie des deux procédures lancées le 27 janvier dernier par la Commission européenne pour préciser concrètement la manière dont Google doit se conformer aux règles du DMA. 

Le premier chantier concerne l’ouverture d’Android à la concurrence : le régulateur veut donner aux développeurs tiers un accès gratuit et « réel » aux fonctions matérielles et logicielles du système d’exploitation. L’objectif est de leur garantir un accès équivalent à celui de Google.

L’autre concerne, pour rappel, l’obligation de Google « d’accorder aux fournisseurs tiers de moteurs de recherche en ligne l’accès aux données anonymisées concernant les classements, requêtes, clics et vues détenues par Google Search à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires ». Il y a une dizaine de jours, l’Europe proposait aussi à Google des mesures.

Ce sont là des sujets évidemment stratégiques pour l’entreprise. Sur le versant d’Android et l’IA, elle peut donner le sentiment de vouloir verrouiller l’OS, alors que le DMA l’a épinglé comme service de plateforme essentiel exploité par un contrôleur d’accès (en l’occurrence ici, Alphabet). L’IA et Gemini sont deux pierres angulaires pour le groupe, qui n’apprécie d’ailleurs guère que la Commission vienne fourrer son nez dans ses affaires.

Google dénonce une procédure « injustifiée »

Clare Kelly, directrice juridique en charge de la concurrence chez le géant du web, estime sans surprise que l’intervention bruxelloise est « injustifiée », qu’elle pourrait augmenter les coûts inutilement, affaiblirait la protection de la confidentialité et la sécurité des utilisateurs européens. Google n’est pas la seule entreprise vent debout contre les règles européennes, Apple est également très virulente dans ses communications contre certaines procédures de la Commission. Même son de cloche chez Donald Trump.

À ce stade, rien n’est encore décidé. Une consultation publique se tiendra jusqu’au 13 mai. Les entreprises, y compris Google, les développeurs et les acteurs du secteur peuvent y participer ; ce qui implique que le texte final pourra évoluer. Une décision contraignante est attendue dans les six mois.

Google pourrait aussi écoper d’une amende, puisque cette procédure est indépendante de sanctions liées à une éventuelle enquête de non-respect du DMA. L’ardoise européenne d’Alphabet atteint les 9,5 milliards suite à plusieurs dossiers ces dernières années.

Sans attendre la Steam Machine, Valve lance sa manette Steam Controller à 99 euros

28 avril 2026 à 06:08
⬆️ ⬆️ ⬇️ ⬇️ ⬅️ ➡️ ⬅️ ➡️ 🅱️ 🅰️
Sans attendre la Steam Machine, Valve lance sa manette Steam Controller à 99 euros

La manette Steam Controller a finalement obtenu son bon de sortie et un prix : le 4 mai, pour 99 euros. La console de salon Steam Machine et le casque VR Steam Frame attendront encore un peu.

En novembre dernier, Valve faisait feu de tout bois en présentant rien moins que trois nouveaux produits, venant muscler un catalogue qui ne contient toujours aujourd’hui que les modèles LCD et OLED du Steam Deck.

La Steam Machine est une console de salon à la puissance plus ou moins équivalente à la PS5 Pro, qui doit faire oublier le flop d’une première gamme lancée en 2015 avec des constructeurs tiers. Le Steam Frame, successeur de l’Index, est un casque de réalité virtuelle à utiliser indépendamment d’un PC, ou en écran déporté sans fil.

Le Steam Controller bientôt entre toutes les mains

Et enfin, le Steam Controller est une manette qui, comme la Steam Machine, a la lourde mission de faire oublier une précédente version qui n’avait pas fait l’unanimité il y a 10 ans, c’est le moins qu’on puisse dire. Le nouveau modèle fait des choix de design et d’ergonomie plus sages tout en conservant des spécificités tirées du Steam Deck, notamment ces deux touchpads sous les sticks.

Les trois produits devaient sortir au premier trimestre de 2026, puis au premier semestre (Valve Time mon amour)… Mais peut-être qu’on devra se contenter de la manette pour le moment. Valve a en effet annoncé que le Steam Controller sera disponible le 4 mai, au prix de 99 euros. Un tarif qui positionne le périphérique entre les manettes consoles (environ 65 euros la manette Xbox) et les modèles plus haut de gamme comme la Dual Sense Edge pour PS5 (200 euros).

Le Steam Controller est fourni avec un émetteur à brancher en USB sur le PC pour assurer une connexion sans fil à faible latence sur la bande de fréquence des 2,4 GHz (Valve annonce 8 ms). La manette prend aussi en charge le Bluetooth (à partir du 4.2), elle intègre une batterie de 8,39 Wh pour 35 heures de jeu environ, 2 sticks magnétiques TMR (Tunneling Magnetoresistance, une technologie plus précise et moins énergivore que l’effet Hall), 2 moteurs haptiques dans les poignées et autant sous les touchpads, 4 boutons et deux zones capacitives à l’arrière.

Un bien beau bébé donc, d’un poids de 292 grammes (280 grammes la Dual Sense), qui sera surtout utile à un joueur Steam sur PC ou tout autre appareil capable de faire tourner des jeux Steam. Sur consoles ou pour les jeux hors Steam, les capacités de la manette sont autrement plus limitées. Le périphérique pourra éventuellement faire acte de trackpad, mais guère plus.

Steam Machine: ça coince sur la logistique

Une manette, c’est très bien. Mais une console pour jouer avec, c’est encore mieux ! Malheureusement, Valve a présenté la Steam Machine au plus mauvais moment, alors que la crise de la mémoire frappe l’ensemble de l’industrie et plombe les coûts du boîtier. Pierre-Loup Griffais, qui développe SteamOS et pilote les différentes initiatives matérielles de l’entreprise, donne un petit espoir chez IGN : « Nous pensons pouvoir annoncer des nouvelles bientôt à ce sujet, mais globalement, les choses avancent bien.» En particulier sur le plan logiciel :

Pour ne pas se fermer toutes les portes, Valve travaille avec « le plus de fabricants possible », une approche qui évite au constructeur de dépendre d’une seule source pour un composant donné.

Le hic, c’est que la pénurie de mémoire vive et de SSD concerne tous les acteurs de la filière : « La situation autour de la mémoire est globale, donc notre marge de manœuvre reste limitée », admet le dirigeant. On ignore le prix de la Steam Machine, qui embarquera 16 Go de DDR5 et 8 Go de mémoire vidéo (GDDR6) et se déclinera en deux versions avec 512 Go et 2 To de stockage.

Pour la manette, ce n’est pas réellement un problème, c’est un produit que Valve peut lancer indépendamment des deux autres appareils. « Faire l’inverse aurait été plus compliqué : la Steam Machine est difficile à lancer sans manette, alors que la manette, elle, peut très bien être utilisée par les joueurs PC classiques », explique-t-il ; « elle sera évidemment idéale avec la Steam Machine, le Steam Deck et d’autres produits, mais au final, son public principal reste les utilisateurs PC. »

L’enjeu pour la Steam Machine, tout comme le Steam Frame, est donc logistique. « Ce qui empêche [leur] lancement aujourd’hui, c’est surtout la logistique liée à l’approvisionnement et à la distribution. » Valve a un autre problème matériel à régler, celui du Steam Deck. La console portable est en rupture de stock un peu partout dans le monde, pour les mêmes problèmes liés à la crise de la mémoire. « Nous savons que beaucoup de personnes souhaitent en acheter un sans y parvenir actuellement », indique Pierre-Loup Griffais.

La première génération du Steam Deck a été lancée en février 2022 pour la version LCD, la mouture OLED a fait son apparition en novembre 2023. Cela commence à dater un peu, même si ces consoles demeurent étonnamment efficaces aujourd’hui. La question d’une 2ᵉ génération se pose évidemment, et le cadre de Valve ne cache pas que le chantier est en cours : « Ce que nous développons actuellement servira de base aux évolutions futures. »

Sans attendre la Steam Machine, Valve lance sa manette Steam Controller à 99 euros

28 avril 2026 à 06:08
⬆️ ⬆️ ⬇️ ⬇️ ⬅️ ➡️ ⬅️ ➡️ 🅱️ 🅰️
Sans attendre la Steam Machine, Valve lance sa manette Steam Controller à 99 euros

La manette Steam Controller a finalement obtenu son bon de sortie et un prix : le 4 mai, pour 99 euros. La console de salon Steam Machine et le casque VR Steam Frame attendront encore un peu.

En novembre dernier, Valve faisait feu de tout bois en présentant rien moins que trois nouveaux produits, venant muscler un catalogue qui ne contient toujours aujourd’hui que les modèles LCD et OLED du Steam Deck.

La Steam Machine est une console de salon à la puissance plus ou moins équivalente à la PS5 Pro, qui doit faire oublier le flop d’une première gamme lancée en 2015 avec des constructeurs tiers. Le Steam Frame, successeur de l’Index, est un casque de réalité virtuelle à utiliser indépendamment d’un PC, ou en écran déporté sans fil.

Le Steam Controller bientôt entre toutes les mains

Et enfin, le Steam Controller est une manette qui, comme la Steam Machine, a la lourde mission de faire oublier une précédente version qui n’avait pas fait l’unanimité il y a 10 ans, c’est le moins qu’on puisse dire. Le nouveau modèle fait des choix de design et d’ergonomie plus sages tout en conservant des spécificités tirées du Steam Deck, notamment ces deux touchpads sous les sticks.

Les trois produits devaient sortir au premier trimestre de 2026, puis au premier semestre (Valve Time mon amour)… Mais peut-être qu’on devra se contenter de la manette pour le moment. Valve a en effet annoncé que le Steam Controller sera disponible le 4 mai, au prix de 99 euros. Un tarif qui positionne le périphérique entre les manettes consoles (environ 65 euros la manette Xbox) et les modèles plus haut de gamme comme la Dual Sense Edge pour PS5 (200 euros).

Le Steam Controller est fourni avec un émetteur à brancher en USB sur le PC pour assurer une connexion sans fil à faible latence sur la bande de fréquence des 2,4 GHz (Valve annonce 8 ms). La manette prend aussi en charge le Bluetooth (à partir du 4.2), elle intègre une batterie de 8,39 Wh pour 35 heures de jeu environ, 2 sticks magnétiques TMR (Tunneling Magnetoresistance, une technologie plus précise et moins énergivore que l’effet Hall), 2 moteurs haptiques dans les poignées et autant sous les touchpads, 4 boutons et deux zones capacitives à l’arrière.

Un bien beau bébé donc, d’un poids de 292 grammes (280 grammes la Dual Sense), qui sera surtout utile à un joueur Steam sur PC ou tout autre appareil capable de faire tourner des jeux Steam. Sur consoles ou pour les jeux hors Steam, les capacités de la manette sont autrement plus limitées. Le périphérique pourra éventuellement faire acte de trackpad, mais guère plus.

Steam Machine: ça coince sur la logistique

Une manette, c’est très bien. Mais une console pour jouer avec, c’est encore mieux ! Malheureusement, Valve a présenté la Steam Machine au plus mauvais moment, alors que la crise de la mémoire frappe l’ensemble de l’industrie et plombe les coûts du boîtier. Pierre-Loup Griffais, qui développe SteamOS et pilote les différentes initiatives matérielles de l’entreprise, donne un petit espoir chez IGN : « Nous pensons pouvoir annoncer des nouvelles bientôt à ce sujet, mais globalement, les choses avancent bien.» En particulier sur le plan logiciel :

Pour ne pas se fermer toutes les portes, Valve travaille avec « le plus de fabricants possible », une approche qui évite au constructeur de dépendre d’une seule source pour un composant donné.

Le hic, c’est que la pénurie de mémoire vive et de SSD concerne tous les acteurs de la filière : « La situation autour de la mémoire est globale, donc notre marge de manœuvre reste limitée », admet le dirigeant. On ignore le prix de la Steam Machine, qui embarquera 16 Go de DDR5 et 8 Go de mémoire vidéo (GDDR6) et se déclinera en deux versions avec 512 Go et 2 To de stockage.

Pour la manette, ce n’est pas réellement un problème, c’est un produit que Valve peut lancer indépendamment des deux autres appareils. « Faire l’inverse aurait été plus compliqué : la Steam Machine est difficile à lancer sans manette, alors que la manette, elle, peut très bien être utilisée par les joueurs PC classiques », explique-t-il ; « elle sera évidemment idéale avec la Steam Machine, le Steam Deck et d’autres produits, mais au final, son public principal reste les utilisateurs PC. »

L’enjeu pour la Steam Machine, tout comme le Steam Frame, est donc logistique. « Ce qui empêche [leur] lancement aujourd’hui, c’est surtout la logistique liée à l’approvisionnement et à la distribution. » Valve a un autre problème matériel à régler, celui du Steam Deck. La console portable est en rupture de stock un peu partout dans le monde, pour les mêmes problèmes liés à la crise de la mémoire. « Nous savons que beaucoup de personnes souhaitent en acheter un sans y parvenir actuellement », indique Pierre-Loup Griffais.

La première génération du Steam Deck a été lancée en février 2022 pour la version LCD, la mouture OLED a fait son apparition en novembre 2023. Cela commence à dater un peu, même si ces consoles demeurent étonnamment efficaces aujourd’hui. La question d’une 2ᵉ génération se pose évidemment, et le cadre de Valve ne cache pas que le chantier est en cours : « Ce que nous développons actuellement servira de base aux évolutions futures. »

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