L’étrange système de vérification des jeux PlayStation dématérialisés : bug ou DRM ?
Une date de péremption sur les jeux PlayStation
Un DRM s’est-il discrètement invité dans les jeux PS4 et PS5 achetés en ligne ? C’est la crainte de nombreux joueurs PlayStation, depuis qu’un nouveau système (ou un bug ?) frappe les jeux vendus sur le PS Store.
Les premiers témoignages sur la présence d’un DRM dans les jeux PS4 et PS5 achetés dans la boutique PlayStation ont commencé à émerger fin mars. Dans la fiche d’information de Resident Evil: Code Veronica X, un joueur a eu la surprise de découvrir la mention « Temps restant : 29 jours ». Le titre avait été acheté quelques jours plus tôt sur le PS Store.
30 jours et puis s’en va
Depuis, la présence de cette période de validité s’est multipliée, toujours pour les jeux en version dématérialisée (des achats ou des démos). Une hypothèse se dégage, après l’enquête du youtubeur Spawn Wave qui a testé plusieurs scénarios. Les jeux achetés ces derniers jours dans la boutique en ligne ont besoin d’un renouvellement de leur licence tous les 30 jours ; l’opération se réalise en connectant la console à internet.

En retirant de la console la pile CMOS (qui gère notamment l’horloge interne), Spawn Wave a pu constater que les jeux dématérialisés ne pouvaient plus se lancer, avec ce message d’erreur à la clé : « Impossible d’utiliser ce contenu. Impossible de se connecter au serveur pour vérifier votre licence. Attendez un moment, puis réessayez ». En connectant la console à internet, plus de souci, les jeux se lancent normalement. Il n’a rencontré aucun problème avec des jeux achetés le mois dernier, ni avec des jeux sur support physique.
Sony a mis en ligne une mise à jour du logiciel interne de ses consoles fin mars. Les premiers témoignages de cette procédure de vérification remontent de cette époque : certains jeux vendus sur le PS Store, qu’ils soient récents ou plus anciens, nécessiteraient une connexion aux serveurs de Sony tous les 30 jours pour valider leur licence.

2013, qui se souvient ?
Tout cela n’est pas sans évoquer le fiasco de la présentation de la Xbox One en 2013, où Microsoft avait tenté d’imposer une vérification en ligne toutes les 24 heures pour les jeux. Le constructeur avait fait marche arrière très vite, mais le mal était fait et d’ailleurs, Sony en avait profité pour troller son rival avec une vraie-fausse publicité restée dans les mémoires. Elle expliquait comment partager ses jeux sur PS4… simplement en les prêtant à un ami.
Sony n’est pas aussi agressif avec cette fenêtre de 30 jours, mais le principe rappelle de mauvais souvenirs : que se passera-t-il si d’aventure, le constructeur décide de fermer ses serveurs ? L’absence de communication officielle n’aide en rien à éclaircir l’affaire… qui pourrait en bout de course n’être qu’un bug. Le comportement est en effet incohérent en fonction des joueurs. Il pourrait s’agir d’une erreur liée à un correctif anti-piratage.
Tout cela rappelle que l’on ne possède pas les jeux, on achète une licence d’utilisation encadrée par l’éditeur. L’industrie fait actuellement face à une fronde de joueurs qui veulent imposer aux éditeurs l’obligation de laisser les jeux achetés dans un état fonctionnel, même après la fermeture des serveurs officiels.