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☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays

2 juin 2026 à 15:30


Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

2 juin 2026 à 14:20
Caisse de résonance
Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

Dans son édition 2026, le sommet Choose France semble être le lieu de réunion de tous les superlatifs. Dans son bilan publié ce 1ᵉʳ juin, on peut ainsi lire qu’un total de 93 milliards d’euros d’investissements a été annoncé. Le succès de cette édition reste cependant à relativiser sur plusieurs points.

L’initiative Choose France a été lancée en 2018 par Emmanuel Macron (qui entame sa dernière année de présidence). Depuis, elle a lieu chaque année au château de Versailles, un choix loin d’être anodin. L’idée est de rassembler dans les ors de ce lieu emblématique des centaines de grands dirigeants d’entreprises multinationales, de fonds souverains, d’investisseurs internationaux et autres pour les convaincre d’investir dans l’Hexagone. Comment ? En implantant ou en développant leurs activités au sein des frontières.

L’objectif est aussi industriel qu’économique et politique. La France investit dans son image de terre d’accueil pour les grandes entreprises, tout particulièrement dans la tech et l’IA. Outre des avantages promis sur la fiscalité, le pays met ainsi en avant des procédures simplifiées et surtout une énergie largement décarbonée via le parc nucléaire français. Autre bénéfice souvent relayé, un réseau électrique mature et solide.

Boum !

Via des avantages ciblés, la France peut ainsi flécher les investissements et attirer plus facilement le type d’entreprise qu’elle souhaite voir se développer. Par exemple, on peut lire dans le rapport qu’au titre des incitations fiscales, le pays propose des crédits d’impôts dans l’industrie verte « pour les nouveaux projets industriels dans les secteurs des batteries, de l’éolien, des panneaux solaires et des pompes à chaleur et de la production d’équipements aux matières premières critiques ».

Et le chiffre de cette année (PDF) a de quoi étonner : alors que l’édition 2025 avait atteint 40,8 milliards d’euros d’investissements annoncés, Choose France 2026 parade avec un score de 93 milliards d’euros. C’est la plus grande somme jamais annoncée pour l’un de ces sommets, très loin devant les éditions précédentes. Si loin même qu’elle reste supérieure au cumul de toutes les sommes annoncées depuis la création de l’évènement (voir le tableau ci-dessous).

Les records précédents ont été pulvérisés, le bilan 2026 étant largement porté par l’annonce de SoftBank d’un grand centre de données dans les Hauts-de-France, comme nous le relations hier (45 milliards des 93 annoncés). Parmi les autres participations majeures, citons également le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, dont les 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’année dernière sont finalement réévalués à 30 milliards, toujours pour des infrastructures liées à l’IA, dont un nouveau campus à Cambrai (Nord). Le fonds émirati MGX est lui aussi de la partie, allié à Bpifrance pour l’occasion, afin d’investir 7,5 milliards d’euros dans les infrastructures de calcul intensif.

Au son du clairon

Le succès de l’évènement est indéniable : que l’annonce SoftBank (en partenariat avec Schneider Electric) représente à elle seule presque la moitié du montant total ne change rien au fait que le chantier se fera en France. Même chose pour les autres annonces majeures.

En tout, 71 investissements ont ainsi été présentés, permettant à Emmanuel Macron (cité par Le Monde) de déclarer : « Cette édition de Choose France va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment, de très loin, une édition record et c’est historique ». Pour le président, « nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe ».

Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, a confirmé peu après que le nucléaire tricolore avait joué un rôle important dans la construction du dossier, et que l’électricité française, jusqu’ici exportée, allait pouvoir être convertie « en tant que matière brute en intelligence précieuse ». Il a ajouté : « Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe ». De quoi réjouir l’Élysée, qui ne veut pas se contenter de fournir de l’énergie aux mastodontes américains, qui captent actuellement la majorité de la chaine de valeur, comme le soulignait Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La plupart des annonces sont liées au numérique et ont trait au développement d’infrastructures ou de zones de formation, telles que des campus. Par exemple, un partenariat entre Foxconn et Bull va injecter au moins 120 millions d’euros dans des usines et infrastructures d’IA en France, avec la volonté de devenir un acteur clé dans la chaine d’approvisionnement et les capacités de calcul en Europe. L’Américain Databricks va investir 258 millions d’euros dans la formation et le développement de son activité de conseil auprès des entreprises françaises et leurs projets de déploiement de l’IA. Citons également un autre Américain, HPE, qui va injecter 350 millions d’euros dans l’AI Factory Lab de Grenoble, en partenariat avec NVIDIA.

Aux côtés de ces investissements mis en avant, on en trouve d’autres dans le spatial et la défense. Par exemple, l’Australien Electro Optic Systems va débourser plus de 10 millions d’euros pour « faire de la France son hub européen autour des systèmes anti-drones ». PDL Space (Espagne) investit 35 millions d’euros dans la construction et l’aménagement d’un complexe de lancement à Kourou (Guyane), Tekever (Portugal) ajoute 100 millions aux 100 millions annoncés l’année dernière pour renforcer ses activités de systèmes autonomes avancés, et Venturi Space (Monaco) ajoute 150 millions d’euros à son centre dédié aux technologies critiques à Toulouse.

Même si la tech représente l’essentiel des annonces, Choose France est dédié de manière plus générale à l’industrialisation. On retrouve ainsi dans les annonces des investissements d’entreprises comme Diageo (Royaume-Uni) dans le domaine CHR (cafés, hôtels, restaurants), DHL (Allemagne) pour la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures en France, ou encore Inpost (Pologne), le créateur de Mondial Relay, qui a annoncé investir 500 millions d’euros pour développer ses activités en France.

Oui, mais…

Toutes ces annonces sont à relativiser en partie. D’abord, certaines sont en fait des confirmations ou des reprises de précédentes décisions. Selon Boursorama par exemple, la décision de Softbank d’investir 45 milliards en France avait déjà été prise en avril, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron au Japon.

Dans la même idée, cette édition 2026 peut être vue comme un prolongement du Sommet pour l’Action sur l’IA de l’année dernière. Les engagements et promesses avaient atteint un cumul de 109 milliards d’euros, faisant de Choose France une caisse de résonance politique pour une majorité de confirmations. C’est le cas notamment de l’usine de semi-conducteurs de Foxconn à Bordeaux, avec les groupes français Thales et Radiall.

Surtout, pour l’essentiel des annonces, ces investissements vont s’étaler sur plusieurs années, notamment pour les plus gros montants. Les 45 milliards de SoftBank s’étaleront ainsi jusqu’en 2031, les 2 milliards de Salesforce d’ici 2030, les 300 millions de SAP d’ici 2032 et ainsi de suite. Il en va de même pour la création d’emplois : si le rapport de l’Élysée évoque 15 600 emplois créés, ce chiffre représente le total en fin de montée en puissance, notamment pour tout ce qui touche aux infrastructures cloud et IA, donc la plupart du temps vers 2030.

Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

2 juin 2026 à 14:20
Caisse de résonance
Choose France 2026 : un montant record de 93 milliards d’euros à relativiser

Dans son édition 2026, le sommet Choose France semble être le lieu de réunion de tous les superlatifs. Dans son bilan publié ce 1ᵉʳ juin, on peut ainsi lire qu’un total de 93 milliards d’euros d’investissements a été annoncé. Le succès de cette édition reste cependant à relativiser sur plusieurs points.

L’initiative Choose France a été lancée en 2018 par Emmanuel Macron (qui entame sa dernière année de présidence). Depuis, elle a lieu chaque année au château de Versailles, un choix loin d’être anodin. L’idée est de rassembler dans les ors de ce lieu emblématique des centaines de grands dirigeants d’entreprises multinationales, de fonds souverains, d’investisseurs internationaux et autres pour les convaincre d’investir dans l’Hexagone. Comment ? En implantant ou en développant leurs activités au sein des frontières.

L’objectif est aussi industriel qu’économique et politique. La France investit dans son image de terre d’accueil pour les grandes entreprises, tout particulièrement dans la tech et l’IA. Outre des avantages promis sur la fiscalité, le pays met ainsi en avant des procédures simplifiées et surtout une énergie largement décarbonée via le parc nucléaire français. Autre bénéfice souvent relayé, un réseau électrique mature et solide.

Boum !

Via des avantages ciblés, la France peut ainsi flécher les investissements et attirer plus facilement le type d’entreprise qu’elle souhaite voir se développer. Par exemple, on peut lire dans le rapport qu’au titre des incitations fiscales, le pays propose des crédits d’impôts dans l’industrie verte « pour les nouveaux projets industriels dans les secteurs des batteries, de l’éolien, des panneaux solaires et des pompes à chaleur et de la production d’équipements aux matières premières critiques ».

Et le chiffre de cette année (PDF) a de quoi étonner : alors que l’édition 2025 avait atteint 40,8 milliards d’euros d’investissements annoncés, Choose France 2026 parade avec un score de 93 milliards d’euros. C’est la plus grande somme jamais annoncée pour l’un de ces sommets, très loin devant les éditions précédentes. Si loin même qu’elle reste supérieure au cumul de toutes les sommes annoncées depuis la création de l’évènement (voir le tableau ci-dessous).

Les records précédents ont été pulvérisés, le bilan 2026 étant largement porté par l’annonce de SoftBank d’un grand centre de données dans les Hauts-de-France, comme nous le relations hier (45 milliards des 93 annoncés). Parmi les autres participations majeures, citons également le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield, dont les 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’année dernière sont finalement réévalués à 30 milliards, toujours pour des infrastructures liées à l’IA, dont un nouveau campus à Cambrai (Nord). Le fonds émirati MGX est lui aussi de la partie, allié à Bpifrance pour l’occasion, afin d’investir 7,5 milliards d’euros dans les infrastructures de calcul intensif.

Au son du clairon

Le succès de l’évènement est indéniable : que l’annonce SoftBank (en partenariat avec Schneider Electric) représente à elle seule presque la moitié du montant total ne change rien au fait que le chantier se fera en France. Même chose pour les autres annonces majeures.

En tout, 71 investissements ont ainsi été présentés, permettant à Emmanuel Macron (cité par Le Monde) de déclarer : « Cette édition de Choose France va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d’euros d’investissement confirmés, pour plus de 15 000 emplois. C’est évidemment, de très loin, une édition record et c’est historique ». Pour le président, « nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe ».

Masayoshi Son, directeur général de SoftBank, a confirmé peu après que le nucléaire tricolore avait joué un rôle important dans la construction du dossier, et que l’électricité française, jusqu’ici exportée, allait pouvoir être convertie « en tant que matière brute en intelligence précieuse ». Il a ajouté : « Nous avons l’élan pour faire de la France le centre de l’Europe ». De quoi réjouir l’Élysée, qui ne veut pas se contenter de fournir de l’énergie aux mastodontes américains, qui captent actuellement la majorité de la chaine de valeur, comme le soulignait Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

La plupart des annonces sont liées au numérique et ont trait au développement d’infrastructures ou de zones de formation, telles que des campus. Par exemple, un partenariat entre Foxconn et Bull va injecter au moins 120 millions d’euros dans des usines et infrastructures d’IA en France, avec la volonté de devenir un acteur clé dans la chaine d’approvisionnement et les capacités de calcul en Europe. L’Américain Databricks va investir 258 millions d’euros dans la formation et le développement de son activité de conseil auprès des entreprises françaises et leurs projets de déploiement de l’IA. Citons également un autre Américain, HPE, qui va injecter 350 millions d’euros dans l’AI Factory Lab de Grenoble, en partenariat avec NVIDIA.

Aux côtés de ces investissements mis en avant, on en trouve d’autres dans le spatial et la défense. Par exemple, l’Australien Electro Optic Systems va débourser plus de 10 millions d’euros pour « faire de la France son hub européen autour des systèmes anti-drones ». PDL Space (Espagne) investit 35 millions d’euros dans la construction et l’aménagement d’un complexe de lancement à Kourou (Guyane), Tekever (Portugal) ajoute 100 millions aux 100 millions annoncés l’année dernière pour renforcer ses activités de systèmes autonomes avancés, et Venturi Space (Monaco) ajoute 150 millions d’euros à son centre dédié aux technologies critiques à Toulouse.

Même si la tech représente l’essentiel des annonces, Choose France est dédié de manière plus générale à l’industrialisation. On retrouve ainsi dans les annonces des investissements d’entreprises comme Diageo (Royaume-Uni) dans le domaine CHR (cafés, hôtels, restaurants), DHL (Allemagne) pour la modernisation et la transition écologique de ses infrastructures en France, ou encore Inpost (Pologne), le créateur de Mondial Relay, qui a annoncé investir 500 millions d’euros pour développer ses activités en France.

Oui, mais…

Toutes ces annonces sont à relativiser en partie. D’abord, certaines sont en fait des confirmations ou des reprises de précédentes décisions. Selon Boursorama par exemple, la décision de Softbank d’investir 45 milliards en France avait déjà été prise en avril, lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron au Japon.

Dans la même idée, cette édition 2026 peut être vue comme un prolongement du Sommet pour l’Action sur l’IA de l’année dernière. Les engagements et promesses avaient atteint un cumul de 109 milliards d’euros, faisant de Choose France une caisse de résonance politique pour une majorité de confirmations. C’est le cas notamment de l’usine de semi-conducteurs de Foxconn à Bordeaux, avec les groupes français Thales et Radiall.

Surtout, pour l’essentiel des annonces, ces investissements vont s’étaler sur plusieurs années, notamment pour les plus gros montants. Les 45 milliards de SoftBank s’étaleront ainsi jusqu’en 2031, les 2 milliards de Salesforce d’ici 2030, les 300 millions de SAP d’ici 2032 et ainsi de suite. Il en va de même pour la création d’emplois : si le rapport de l’Élysée évoque 15 600 emplois créés, ce chiffre représente le total en fin de montée en puissance, notamment pour tout ce qui touche aux infrastructures cloud et IA, donc la plupart du temps vers 2030.

Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

2 juin 2026 à 14:10
Non alignées
Amnesty appelle à interdire les IA génératives entraînées sur du pillage de données

Dans un rapport dédié aux effets concrets des systèmes d’IA générative pour les droits humains, Amnesty International estime que les modèles construits à partir de la récolte non consentie de données disponibles en ligne violent le droit à la vie privée, à la non-discrimination, et créent de nouveau risques pour le droit à la non-discrimination et les libertés d’expression et de pensée.

Les modèles d’IA génératives « entraînés grâce à des pratiques illégales de web scraping » sont « incompatibles avec le droit à la vie privée » tel que défini, notamment, par le Pacte international relatif aux droits civils et politique (PIDCP) adopté en 1966 par les membres de l’ONU. Derrière l’apparence « d’efficacité, de sophistication et de complexité » de l’intelligence artificielle générative se cache « une réalité faite de principes de conception qui bafouent les droits humains, et qui s’apparentent à ceux que l’on retrouve dans bon nombre des outils d’IA les plus problématiques antérieurs à l’IA générative ».

Amnesty International ne mâche pas ses mots dans le rapport qu’elle vient de publier sur les « coûts de l’IA générative en termes de droits humains ». Pour l’établir, l’ONG a adopté une approche par la chaîne de production pour analyser les enjeux de droits humains que posent les systèmes d’IA. Elle analyse la manière dont chacune et chacun participent à la construction des modèles, des constructeurs de puces GPU à la constitution de jeux de données « immenses ». Ces derniers sont souvent constitués « sans la connaissance ni le consentement des personnes à l’origine des données, dont les utilisateurs de réseaux sociaux ou les artistes », et jusqu’à la génération de textes, images et autres contenus multimédia que ces machines produisent, « mimant ou singeant les données sur lesquelles elles ont été entraînées ».

Dans le cas présent, l’organisation se focalise sur les produits développés et promus sur la seule et spécifique base de leur capacité à générer de l’image, de la vidéo, de l’audio ou du texte – dont les principaux outils grand public que sont ChatGPT, Dall-E, Gemini, Midjourney, LLaMa, Stable Diffusion et DeepSeek. Elle ne s’intéresse donc pas à l’IA générative en tant que fonctionnalité déployée dans des outils plus larges. Et sa principale conclusion est claire : le « scraping à grande échelle et l’entraînement nécessaire à la construction de nombreux modèles d’IA générative » créent des problématiques de droits humains en amont et en aval de leur chaîne de fabrication.

À ce titre, l’association appelle à interdire les systèmes d’IA génératifs construits sur ces pratiques, dans la mesure où le scraping non consenti et à grande échelle est « fondamentalement incompatible avec le droit international relatif aux droits humains ».

Domination culturelle et linguistique anglophone

Parmi elles : « l’expansion des coûts environnementaux de l’IA générative » provoquée par l’augmentation de leur taille et du nombre de données nécessaires à leur entraînement « a des effets négatifs qui touche les pays de la majorité globale de manière disproportionnée ».


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Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

2 juin 2026 à 11:58
Confrontation au réel ?
Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

GitHub vient de changer sa manière de facturer son service Copilot pour les développeurs. Se basant sur l’usage réel, ce nouveau système de facturation a surpris beaucoup de développeurs utilisant l’IA générative dans leur travail au quotidien. L’adoption d’autres approches devient nécessaire.

Ce 1ᵉʳ juin, GitHub Copilot est passé à un nouveau système de facturation qui embarrasse quelque peu les développeurs habitués à l’ancien système qui les laissait utiliser des modèles moins gourmands sans entamer leurs quotas. Résultat : dès le premier jour et en quelques requêtes, certains ont déjà atteint le maximum de leur crédit mensuel.

Comme nous l’expliquions fin avril, Microsoft a basculé la facturation de GitHub Copilot vers une tarification basée sur l’usage réel. Jusque-là, les utilisateurs n’étaient limités que sur l’utilisation des nouveaux modèles, celle des modèles moins puissants était comprise dans le prix de l’abonnement sans restriction. Maintenant, chaque formule prépayée est accompagnée d’une enveloppe de « crédits IA » qui sont décomptés, que l’utilisateur choisisse un modèle très puissant ou pas. Le décompte dépend quand même du modèle utilisé et du nombre de tokens consommés, donc de la complexité de la requête, comme l’explique GitHub dans sa documentation.

« Un changement radical »

Même si GitHub a prévenu un mois à l’avance, la bascule est radicale pour les aficionados de GitHub Copilot. « Il s’agit là d’un changement radical, passant d’un « abonnement prévisible » à un service « à la consommation » stressant qui, au lieu de m’aider, nuit à ma productivité », réagit un utilisateur sur le forum de GitHub Copilot, « en tant que développeur professionnel abonné à l’offre Copilot Pro+ (39 $/mois), je trouve que le rythme de consommation actuel est tout à fait insoutenable et qu’il constitue une dévalorisation directe du service pour lequel je paie ». Il explique qu’« en seulement deux heures de travail de développement aujourd’hui », il a utilisé 8 % de ses crédits mensuels.

On peut trouver un peu partout sur les réseaux sociaux, par exemple sur Reddit, d’autres témoignages. Sur X, un développeur explique : « J’ai utilisé 5 000 jetons sur 7 000 pour deux commits, l’un avec Opus 4.8 (niveau moyen) et l’autre avec GPT 5.5 (niveau élevé). De bons résultats dans les deux cas, mais j’ai l’impression qu’Opus était un peu moins coûteux ».

Dans nos contacts, un développeur s’est aussi rendu compte que sa première requête du jour lui avait coûté 18 % de son quota de son forfait Copilot Pro. Elle concernait la découpe d’un fichier JS de 1500 lignes en plusieurs et l’ajout d’une logique (une checkbox en front-end). « C’est quand même une « grosse » requête, donc ce n’est pas si étonnant que ça utilise 500 tokens sur les 1500, nous explique-t-il, mais le choc est brutal ».

Un autre utilisateur ajoute sur le forum de GitHub : « dans un nouveau projet, j’ai remplacé le code de vérification envoyé par e-mail pour la fonction « mot de passe oublié » par un lien de réinitialisation direct. Ce changement m’a coûté 270 jetons IA, soit environ 18 % de ma limite sur Copilot Pro ». L’agent IA lui a fait d’autres suggestions qui ne correspondaient pas à sa demande et qui lui ont coûté des crédits pour rien.

Et comme le remarque ArsTechnica, de nombreux développeurs avaient déjà partagé sur Reddit le mois dernier des estimations de l’explosion de leur facture à utilisation constante :

Mais certains nuancent fortement le problème : « Il y a un monde entre ceux d’entre nous qui travaillent toute la journée sans pour autant avoir beaucoup de temps libre, et ces captures d’écran. J’ai du mal à croire que cela soit dû à des différences de complexité dans la charge de travail », estime l’un d’entre eux. «La seule façon d’en arriver à une telle situation, c’est de se lancer dans du « vibe coding » avec une multitude d’itérations superflues. C’est tout à fait abordable, même pour les petites structures, si on l’utilise comme un outil, quel que soit le fournisseur », ajoute-t-il. Un autre s’étonne aussi : « Je craignais d’utiliser beaucoup de crédits, mais après avoir vu certains de ces exemples, BON SANG ! Vous vous contentez d’utiliser un micro pour parler à l’ordinateur ? Vous savez vraiment coder ? Ou vous vous contentez de dicter des instructions ? Ou, comme on dit… « Vibe code le »… ».

Alors que, jusque-là, les formules d’abonnement permettaient à nombre d’utilisateurs de l’IA générative de l’employer de manière exploratoire, pour voir ce qu’ils pouvaient obtenir avec un simple prompt, quitte à l’optimiser petit à petit, les pratiques vont devoir évoluer si GitHub reste sur sa ligne.

Une adaptation nécessaire

Plusieurs solutions sont possibles. Ainsi, la première est d’aller voir ailleurs, mais les concurrents vont aussi devoir mettre en place des modèles économiques pour rapprocher ne serait-ce qu’un peu le prix d’utilisation de son coût réel. Anthropic a déjà changé le sien récemment.

Une autre solution envisageable est d’apprendre de l’expérience. Ainsi, au lieu de partir de manière exploratoire à chaque fois, s’appuyer sur ce qu’on a pu apprendre de l’utilisation de l’outil pour lui faire générer le plus rapidement possible ce que l’on veut. Les utilisateurs d’IA générative s’échangent déjà des prompts optimisés. Cette solution se confronte à deux choses.

D’abord, l’offre de GitHub évoluant rapidement, l’expérience est très rapidement remise en question par les nouveautés introduites ou les modèles qui seront petit à petit supprimés. On se rappelle de l’émotion de certains utilisateurs de GPT-4o lorsqu’OpenAI a fait le choix de débrancher le modèle, à l’été 2025 d’abord, puis définitivement le 13 février 2026.

Ensuite, le partage de prompts optimisés sur des forums ne revient-il pas, finalement, à faire revivre un Stack Overflow qui ne contiendrait pas du code mais des prompts ? C’est dans l’air du temps, avec des plateformes qui se lancent pour des échanges/ventes de prompts.

Les développeurs, qui ont les capacités techniques de le faire, peuvent aussi envisager plus sérieusement de faire tourner des IA en local (ou sur des VPS avec un GPU). Il faudra toutefois se tourner vers des modèles disponibles et qui ne seront pas toujours à la pointe, mais dont ils maitrisent l’utilisation et le coût.

Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

2 juin 2026 à 11:58
Confrontation au réel ?
Dès le premier jour, la facture à l’usage de GitHub Copilot interroge les devs

GitHub vient de changer sa manière de facturer son service Copilot pour les développeurs. Se basant sur l’usage réel, ce nouveau système de facturation a surpris beaucoup de développeurs utilisant l’IA générative dans leur travail au quotidien. L’adoption d’autres approches devient nécessaire.

Ce 1ᵉʳ juin, GitHub Copilot est passé à un nouveau système de facturation qui embarrasse quelque peu les développeurs habitués à l’ancien système qui les laissait utiliser des modèles moins gourmands sans entamer leurs quotas. Résultat : dès le premier jour et en quelques requêtes, certains ont déjà atteint le maximum de leur crédit mensuel.

Comme nous l’expliquions fin avril, Microsoft a basculé la facturation de GitHub Copilot vers une tarification basée sur l’usage réel. Jusque-là, les utilisateurs n’étaient limités que sur l’utilisation des nouveaux modèles, celle des modèles moins puissants était comprise dans le prix de l’abonnement sans restriction. Maintenant, chaque formule prépayée est accompagnée d’une enveloppe de « crédits IA » qui sont décomptés, que l’utilisateur choisisse un modèle très puissant ou pas. Le décompte dépend quand même du modèle utilisé et du nombre de tokens consommés, donc de la complexité de la requête, comme l’explique GitHub dans sa documentation.

« Un changement radical »

Même si GitHub a prévenu un mois à l’avance, la bascule est radicale pour les aficionados de GitHub Copilot. « Il s’agit là d’un changement radical, passant d’un « abonnement prévisible » à un service « à la consommation » stressant qui, au lieu de m’aider, nuit à ma productivité », réagit un utilisateur sur le forum de GitHub Copilot, « en tant que développeur professionnel abonné à l’offre Copilot Pro+ (39 $/mois), je trouve que le rythme de consommation actuel est tout à fait insoutenable et qu’il constitue une dévalorisation directe du service pour lequel je paie ». Il explique qu’« en seulement deux heures de travail de développement aujourd’hui », il a utilisé 8 % de ses crédits mensuels.

On peut trouver un peu partout sur les réseaux sociaux, par exemple sur Reddit, d’autres témoignages. Sur X, un développeur explique : « J’ai utilisé 5 000 jetons sur 7 000 pour deux commits, l’un avec Opus 4.8 (niveau moyen) et l’autre avec GPT 5.5 (niveau élevé). De bons résultats dans les deux cas, mais j’ai l’impression qu’Opus était un peu moins coûteux ».

Dans nos contacts, un développeur s’est aussi rendu compte que sa première requête du jour lui avait coûté 18 % de son quota de son forfait Copilot Pro. Elle concernait la découpe d’un fichier JS de 1500 lignes en plusieurs et l’ajout d’une logique (une checkbox en front-end). « C’est quand même une « grosse » requête, donc ce n’est pas si étonnant que ça utilise 500 tokens sur les 1500, nous explique-t-il, mais le choc est brutal ».

Un autre utilisateur ajoute sur le forum de GitHub : « dans un nouveau projet, j’ai remplacé le code de vérification envoyé par e-mail pour la fonction « mot de passe oublié » par un lien de réinitialisation direct. Ce changement m’a coûté 270 jetons IA, soit environ 18 % de ma limite sur Copilot Pro ». L’agent IA lui a fait d’autres suggestions qui ne correspondaient pas à sa demande et qui lui ont coûté des crédits pour rien.

Et comme le remarque ArsTechnica, de nombreux développeurs avaient déjà partagé sur Reddit le mois dernier des estimations de l’explosion de leur facture à utilisation constante :

Mais certains nuancent fortement le problème : « Il y a un monde entre ceux d’entre nous qui travaillent toute la journée sans pour autant avoir beaucoup de temps libre, et ces captures d’écran. J’ai du mal à croire que cela soit dû à des différences de complexité dans la charge de travail », estime l’un d’entre eux. «La seule façon d’en arriver à une telle situation, c’est de se lancer dans du « vibe coding » avec une multitude d’itérations superflues. C’est tout à fait abordable, même pour les petites structures, si on l’utilise comme un outil, quel que soit le fournisseur », ajoute-t-il. Un autre s’étonne aussi : « Je craignais d’utiliser beaucoup de crédits, mais après avoir vu certains de ces exemples, BON SANG ! Vous vous contentez d’utiliser un micro pour parler à l’ordinateur ? Vous savez vraiment coder ? Ou vous vous contentez de dicter des instructions ? Ou, comme on dit… « Vibe code le »… ».

Alors que, jusque-là, les formules d’abonnement permettaient à nombre d’utilisateurs de l’IA générative de l’employer de manière exploratoire, pour voir ce qu’ils pouvaient obtenir avec un simple prompt, quitte à l’optimiser petit à petit, les pratiques vont devoir évoluer si GitHub reste sur sa ligne.

Une adaptation nécessaire

Plusieurs solutions sont possibles. Ainsi, la première est d’aller voir ailleurs, mais les concurrents vont aussi devoir mettre en place des modèles économiques pour rapprocher ne serait-ce qu’un peu le prix d’utilisation de son coût réel. Anthropic a déjà changé le sien récemment.

Une autre solution envisageable est d’apprendre de l’expérience. Ainsi, au lieu de partir de manière exploratoire à chaque fois, s’appuyer sur ce qu’on a pu apprendre de l’utilisation de l’outil pour lui faire générer le plus rapidement possible ce que l’on veut. Les utilisateurs d’IA générative s’échangent déjà des prompts optimisés. Cette solution se confronte à deux choses.

D’abord, l’offre de GitHub évoluant rapidement, l’expérience est très rapidement remise en question par les nouveautés introduites ou les modèles qui seront petit à petit supprimés. On se rappelle de l’émotion de certains utilisateurs de GPT-4o lorsqu’OpenAI a fait le choix de débrancher le modèle, à l’été 2025 d’abord, puis définitivement le 13 février 2026.

Ensuite, le partage de prompts optimisés sur des forums ne revient-il pas, finalement, à faire revivre un Stack Overflow qui ne contiendrait pas du code mais des prompts ? C’est dans l’air du temps, avec des plateformes qui se lancent pour des échanges/ventes de prompts.

Les développeurs, qui ont les capacités techniques de le faire, peuvent aussi envisager plus sérieusement de faire tourner des IA en local (ou sur des VPS avec un GPU). Il faudra toutefois se tourner vers des modèles disponibles et qui ne seront pas toujours à la pointe, mais dont ils maitrisent l’utilisation et le coût.

La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

2 juin 2026 à 06:47
ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

2 juin 2026 à 06:47
ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

2 juin 2026 à 06:09
Les androïdes rêvent-ils de moutons (de poils) électriques ?
Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

2 juin 2026 à 06:09
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L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

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