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Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

4 juin 2026 à 08:04
Les apps, c'est ringard
Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

Cette fois c’est 100 % sûr, plus aucun doute à avoir, non vraiment juré-craché : l’avenir est aux agents IA. C’est du moins ce que l’industrie de la tech veut nous faire entrer dans le ciboulot, en nous faisant miroiter un futur riant où les paradigmes actuels sont complètement dépassés : les PC et les smartphones évidemment, mais aussi les systèmes d’exploitation et les logiciels.

Qui a besoin d’apps quand les agents IA répondent aux besoins spécifiques de l’utilisateur ? « La prochaine grande évolution de l’informatique ne concernera plus les applications, mais les agents », assène Steven Bathiche, le patron de l’Applied Sciences Group (ASG) de Microsoft. Plus besoin d’interfaces graphiques, de menus, de boutons, place à « l’expression directe de nos intentions auprès d’agents (…) capables d’agir à travers nos logiciels, nos flux de travail et nos appareils ».

La folie des agents

Dans un discours qui rappelle les grandes envolées de Microsoft autour du métavers, le dirigeant livre une vision de l’avenir où l’agent IA devient la nouvelle interface entre l’utilisateur et l’informatique. L’utilisateur formule une intention, tandis que l’agent se charge de coordonner les logiciels et les services nécessaires en arrière-plan.

C’est une informatique moins dépendante des écrans, des claviers et même des logiciels traditionnels que dessine Microsoft ici… Autrement dit, un monde dans lequel les produits qui ont fait le succès de Microsoft deviennent peu à peu obsolètes. Afin de garder la main, l’entreprise développe ses propres agents, et a levé le voile sur le projet Solara à l’occasion de la conférence BUILD.

Derrière ce nom de code se cache une plateforme censée servir de fondation à cette informatique centrée sur les agents. Steven Bathiche la présente comme un système « de la puce au cloud », capable de faire fonctionner plusieurs agents spécialisés sur de nouveaux types d’appareils.

Un badge et un radio-réveil

Histoire d’aiguiller l’industrie, Microsoft a planché sur deux designs de référence avec ses partenaires, Qualcomm et MediaTek. Le premier a donné un coup de main pour la conception d’un badge connecté, mais pas comme le défunt Ai Pin de Humane, plutôt un badge d’accès doté d’un écran tactile.

L’appareil embarque un micro, un haut-parleur, une caméra sur le côté, une connexion 5G et un lecteur d’empreintes digitales. L’idée est de permettre à l’utilisateur d’accéder rapidement à ses agents IA, de consulter des informations ou encore d’enregistrer une conversation à la volée.

Le second prototype, développé avec MediaTek, est sédentaire. C’est un petit terminal qui n’est pas sans évoquer un radio-réveil ou un écran connecté de cuisine. Posé sur le bureau, cet appareil doit permettre de discuter avec des agents, de jeter un œil à son agenda ou ses tâches en souffrance, en permanence disponible à côté d’un PC (qui remplit à peu de choses près les mêmes fonctions). Microsoft envisage même qu’il puisse se transformer en poste Windows 365 une fois branché à un moniteur externe.

« Ensemble, ces deux concepts illustrent l’ambition de Microsoft : permettre aux agents IA de suivre l’utilisateur partout, sans être limités à une application ou à un appareil particulier », explique Steven Bathiche. « Qu’il s’agisse d’un terminal de bureau ou d’un badge connecté porté autour du cou, l’expérience doit s’adapter au contexte et aux besoins du moment. »

Et à la fin, c’est le smartphone qui gagne

Difficile pourtant de ne pas penser que ces appareils tentent de réinventer des catégories de produits qui existent déjà : un badge qui ressemble à un smartphone miniature, un terminal de bureau qui évoque un écran connecté, des assistants qui nous suivent partout… Une problématique autour de laquelle doivent aussi tourner OpenAI et Jony Ive, qui préparent un appareil basé sur l’IA. Il pourrait s’agir d’un bête smartphone, selon les sources de Ming-Chi Kuo.

L’idée du projet Solara n’est pour autant pas dénuée d’intérêt. Si les agents IA tiennent leur promesse, ils pourraient effectivement aider à créer à la volée des interfaces et des outils bien plus adaptés aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Alors que les logiciels traditionnels (et même les OS) imposent un fonctionnement identique pour tous, un agent pourrait en théorie composer une expérience sur mesure et selon le contexte.

Plutôt que Windows, l’entreprise a choisi MDEP (Microsoft Device Ecosystem Platform) pour propulser les terminaux Solara ; c’est une plateforme reposant sur Android open source (AOSP). Elle est déjà utilisée sur certains appareils Teams. GeekWire, qui a eu droit à un briefing exclusif, explique que les produits Solara peuvent exécuter plusieurs agents simultanément, tandis qu’une couche de coordination choisit automatiquement l’agent adapté à chaque tâche. Ils pourront utiliser des agents de Microsoft, mais aussi des agents tiers développés par les entreprises.

Auprès de nos confrères, Steven Bathiche a défendu la vision de Microsoft pour les appareils Solara. Pourquoi ne pas simplement utiliser un smartphone ? Plusieurs entreprises ont essayé, explique-t-il, notamment dans le secteur de la santé, mais ça n’a rien donné de probant. Un appareil conçu pour un usage particulier est plus sécurisant, affirme le dirigeant, et une bonne optimisation permet de l’utiliser pendant plus longtemps qu’un smartphone plus polyvalent sur une seule charge.

Quant à la comparaison inévitable entre le radio-réveil/écran connecté Solara et un Echo Show, il indique que l’appareil d’Amazon se contente d’un « agent unique », en l’occurrence Alexa. Solara est conçu pour accueillir les agents propres à une organisation.

Le projet n’en est qu’à ses débuts. Microsoft compte travailler avec les fabricants de puces, les constructeurs et les développeurs pour créer des appareils spécialisés pour différents secteurs, de la santé au commerce, en passant par la finance.

Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

4 juin 2026 à 08:04
Les apps, c'est ringard
Projet Solara : Microsoft veut remplacer la bonne vieille informatique par des agents IA

Cette fois c’est 100 % sûr, plus aucun doute à avoir, non vraiment juré-craché : l’avenir est aux agents IA. C’est du moins ce que l’industrie de la tech veut nous faire entrer dans le ciboulot, en nous faisant miroiter un futur riant où les paradigmes actuels sont complètement dépassés : les PC et les smartphones évidemment, mais aussi les systèmes d’exploitation et les logiciels.

Qui a besoin d’apps quand les agents IA répondent aux besoins spécifiques de l’utilisateur ? « La prochaine grande évolution de l’informatique ne concernera plus les applications, mais les agents », assène Steven Bathiche, le patron de l’Applied Sciences Group (ASG) de Microsoft. Plus besoin d’interfaces graphiques, de menus, de boutons, place à « l’expression directe de nos intentions auprès d’agents (…) capables d’agir à travers nos logiciels, nos flux de travail et nos appareils ».

La folie des agents

Dans un discours qui rappelle les grandes envolées de Microsoft autour du métavers, le dirigeant livre une vision de l’avenir où l’agent IA devient la nouvelle interface entre l’utilisateur et l’informatique. L’utilisateur formule une intention, tandis que l’agent se charge de coordonner les logiciels et les services nécessaires en arrière-plan.

C’est une informatique moins dépendante des écrans, des claviers et même des logiciels traditionnels que dessine Microsoft ici… Autrement dit, un monde dans lequel les produits qui ont fait le succès de Microsoft deviennent peu à peu obsolètes. Afin de garder la main, l’entreprise développe ses propres agents, et a levé le voile sur le projet Solara à l’occasion de la conférence BUILD.

Derrière ce nom de code se cache une plateforme censée servir de fondation à cette informatique centrée sur les agents. Steven Bathiche la présente comme un système « de la puce au cloud », capable de faire fonctionner plusieurs agents spécialisés sur de nouveaux types d’appareils.

Un badge et un radio-réveil

Histoire d’aiguiller l’industrie, Microsoft a planché sur deux designs de référence avec ses partenaires, Qualcomm et MediaTek. Le premier a donné un coup de main pour la conception d’un badge connecté, mais pas comme le défunt Ai Pin de Humane, plutôt un badge d’accès doté d’un écran tactile.

L’appareil embarque un micro, un haut-parleur, une caméra sur le côté, une connexion 5G et un lecteur d’empreintes digitales. L’idée est de permettre à l’utilisateur d’accéder rapidement à ses agents IA, de consulter des informations ou encore d’enregistrer une conversation à la volée.

Le second prototype, développé avec MediaTek, est sédentaire. C’est un petit terminal qui n’est pas sans évoquer un radio-réveil ou un écran connecté de cuisine. Posé sur le bureau, cet appareil doit permettre de discuter avec des agents, de jeter un œil à son agenda ou ses tâches en souffrance, en permanence disponible à côté d’un PC (qui remplit à peu de choses près les mêmes fonctions). Microsoft envisage même qu’il puisse se transformer en poste Windows 365 une fois branché à un moniteur externe.

« Ensemble, ces deux concepts illustrent l’ambition de Microsoft : permettre aux agents IA de suivre l’utilisateur partout, sans être limités à une application ou à un appareil particulier », explique Steven Bathiche. « Qu’il s’agisse d’un terminal de bureau ou d’un badge connecté porté autour du cou, l’expérience doit s’adapter au contexte et aux besoins du moment. »

Et à la fin, c’est le smartphone qui gagne

Difficile pourtant de ne pas penser que ces appareils tentent de réinventer des catégories de produits qui existent déjà : un badge qui ressemble à un smartphone miniature, un terminal de bureau qui évoque un écran connecté, des assistants qui nous suivent partout… Une problématique autour de laquelle doivent aussi tourner OpenAI et Jony Ive, qui préparent un appareil basé sur l’IA. Il pourrait s’agir d’un bête smartphone, selon les sources de Ming-Chi Kuo.

L’idée du projet Solara n’est pour autant pas dénuée d’intérêt. Si les agents IA tiennent leur promesse, ils pourraient effectivement aider à créer à la volée des interfaces et des outils bien plus adaptés aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. Alors que les logiciels traditionnels (et même les OS) imposent un fonctionnement identique pour tous, un agent pourrait en théorie composer une expérience sur mesure et selon le contexte.

Plutôt que Windows, l’entreprise a choisi MDEP (Microsoft Device Ecosystem Platform) pour propulser les terminaux Solara ; c’est une plateforme reposant sur Android open source (AOSP). Elle est déjà utilisée sur certains appareils Teams. GeekWire, qui a eu droit à un briefing exclusif, explique que les produits Solara peuvent exécuter plusieurs agents simultanément, tandis qu’une couche de coordination choisit automatiquement l’agent adapté à chaque tâche. Ils pourront utiliser des agents de Microsoft, mais aussi des agents tiers développés par les entreprises.

Auprès de nos confrères, Steven Bathiche a défendu la vision de Microsoft pour les appareils Solara. Pourquoi ne pas simplement utiliser un smartphone ? Plusieurs entreprises ont essayé, explique-t-il, notamment dans le secteur de la santé, mais ça n’a rien donné de probant. Un appareil conçu pour un usage particulier est plus sécurisant, affirme le dirigeant, et une bonne optimisation permet de l’utiliser pendant plus longtemps qu’un smartphone plus polyvalent sur une seule charge.

Quant à la comparaison inévitable entre le radio-réveil/écran connecté Solara et un Echo Show, il indique que l’appareil d’Amazon se contente d’un « agent unique », en l’occurrence Alexa. Solara est conçu pour accueillir les agents propres à une organisation.

Le projet n’en est qu’à ses débuts. Microsoft compte travailler avec les fabricants de puces, les constructeurs et les développeurs pour créer des appareils spécialisés pour différents secteurs, de la santé au commerce, en passant par la finance.

Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

4 juin 2026 à 06:07
Pas de pause café pour l'IA
Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

Avec Scout, son nouvel agent autonome connecté à Microsoft 365, l’éditeur de Windows poursuit son pari sur l’IA. Quitte à s’appuyer sur une technologie qu’il critiquait encore il y a quelques mois.

En novembre dernier, Microsoft faisait miroiter un Windows « agentique », capable de travailler pour le compte de l’utilisateur sur toutes les tâches possibles et imaginables. L’annonce a été très froidement accueillie par des utilisateurs, d’abord désireux de travailler avec un système d’exploitation stable et fiable.

C’est pas si mal finalement OpenClaw

L’éditeur a compris le message, en annonçant un retour aux fondamentaux pour Windows. Et miracle, les promesses ont l’air d’être tenues, du moins jusqu’à présent. Mais cela n’empêche pas Microsoft de tracer sa route sur le chemin de l’IA – pas question de lâcher la bride au vu des milliards de dollars investis dans les infrastructures et le développement de ses propres modèles.

La conférence BUILD a été l’occasion de présenter de nouveaux modèles, mais aussi des fonctions IA pour Windows. Parmi elles, des agents permanents baptisés Autopilot. Ils surveillent l’environnement de travail et agissent par eux-mêmes, dans les limites qu’on leur aura fixées évidemment.

Le premier produit basé sur Autopilot est Scout, qui se connecte aux différentes composantes de Microsoft 365 : Teams, Outlook, OneDrive, SharePoint, mais aussi les contacts, le calendrier, les e-mails… Scout peut par exemple repérer des réunions importantes, organiser des rendez-vous automatiquement, bloquer du temps dans l’agenda pour boucler un projet, préparer des documents avant une réunion ou encore détecter qu’une prise de décision traîne un peu trop et risque de retarder un projet.

Cette approche, bien plus proactive que celle de Copilot, permet aussi à Scout d’avoir sa propre identité : l’agent est en effet identifié et ses actions peuvent être retracées. Par ailleurs, l’agent peut « apprendre » la manière dont l’utilisateur travaille, les projets importants et les tâches qui reviennent régulièrement.

Un des aspects les plus étonnants de Scout est que le projet est propulsé par la technologie open source OpenClaw. Cette dernière s’est hissée comme une référence dans le petit monde remuant des agents autonomes capables d’utiliser des applications, de manipuler des fichiers et d’accéder à des services en continu. Microsoft ne cherche donc pas à la remplacer et mieux encore, l’entreprise s’engage à contribuer directement au projet.

Voilà qui contraste avec la position de Meta qui développe sa propre alternative Hatch, après qu’OpenAI lui a chipé Peter Steinberger, créateur d’OpenClaw.

Microsoft se montrait pourtant bien moins enthousiaste mi-février, en prévenant des risques de sécurité qui pesaient sur OpenClaw. La société expliquait à l’époque que la technologie d’agents était trop risquée pour être exécutée directement dans un environnement d’entreprise classique à cause de ses privilèges étendus et de sa capacité à agir de manière autonome. « OpenClaw a démontré que les agents permanents fonctionnent. Nous allons leur ajouter la sécurité, la gouvernance et l’intégration Microsoft 365 », affirme désormais l’éditeur.

La drogue

Scout combine donc plusieurs fonctions de sécurité visant justement à répondre à ces craintes, avec un système d’identité contrôlée, une validation humaine pour les actions critiques, une journalisation des actions et des permissions limitées. Des employés Microsoft utilisent déjà Scout, qui s’ouvre à davantage de testeurs via un aperçu privé.

Dans des documents internes publiés par 404media, on apprend que Microsoft mise beaucoup sur Scout. Plus de 1 000 employés l’utiliseraient déjà, dont le directeur général Satya Nadella. « ClawPilot [l’ancien nom de Scout] est devenu de manière organique l’un des outils internes les plus demandés chez Microsoft. Sans annonce officielle, sans marketing, sans campagne de déploiement à l’échelle de l’entreprise », affirme un d’entre eux.

Ces documents décrivent le plan de déploiement de ClawPilot, dont la première des phases est de rendre les utilisateurs accros à l’outil. Ils se réjouissent des retours des tests internes, qui montrent une « utilisation quotidienne, avec un fort taux de rétention et une forte intensité d’usage (conversations, requêtes, flux de travail, compétences) ».

L’addiction tant voulue par Microsoft n’est pas surprenante : tous les acteurs de l’IA rêvent de transformer leurs services en compagnons du quotidien. Mais le fait de voir cet objectif formulé aussi explicitement rappelle que la question de la dépendance aux assistants IA fait désormais partie intégrante des stratégies de développement de l’industrie.

Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

4 juin 2026 à 06:07
Pas de pause café pour l'IA
Microsoft veut rendre les utilisateurs accros à son agent IA Scout

Avec Scout, son nouvel agent autonome connecté à Microsoft 365, l’éditeur de Windows poursuit son pari sur l’IA. Quitte à s’appuyer sur une technologie qu’il critiquait encore il y a quelques mois.

En novembre dernier, Microsoft faisait miroiter un Windows « agentique », capable de travailler pour le compte de l’utilisateur sur toutes les tâches possibles et imaginables. L’annonce a été très froidement accueillie par des utilisateurs, d’abord désireux de travailler avec un système d’exploitation stable et fiable.

C’est pas si mal finalement OpenClaw

L’éditeur a compris le message, en annonçant un retour aux fondamentaux pour Windows. Et miracle, les promesses ont l’air d’être tenues, du moins jusqu’à présent. Mais cela n’empêche pas Microsoft de tracer sa route sur le chemin de l’IA – pas question de lâcher la bride au vu des milliards de dollars investis dans les infrastructures et le développement de ses propres modèles.

La conférence BUILD a été l’occasion de présenter de nouveaux modèles, mais aussi des fonctions IA pour Windows. Parmi elles, des agents permanents baptisés Autopilot. Ils surveillent l’environnement de travail et agissent par eux-mêmes, dans les limites qu’on leur aura fixées évidemment.

Le premier produit basé sur Autopilot est Scout, qui se connecte aux différentes composantes de Microsoft 365 : Teams, Outlook, OneDrive, SharePoint, mais aussi les contacts, le calendrier, les e-mails… Scout peut par exemple repérer des réunions importantes, organiser des rendez-vous automatiquement, bloquer du temps dans l’agenda pour boucler un projet, préparer des documents avant une réunion ou encore détecter qu’une prise de décision traîne un peu trop et risque de retarder un projet.

Cette approche, bien plus proactive que celle de Copilot, permet aussi à Scout d’avoir sa propre identité : l’agent est en effet identifié et ses actions peuvent être retracées. Par ailleurs, l’agent peut « apprendre » la manière dont l’utilisateur travaille, les projets importants et les tâches qui reviennent régulièrement.

Un des aspects les plus étonnants de Scout est que le projet est propulsé par la technologie open source OpenClaw. Cette dernière s’est hissée comme une référence dans le petit monde remuant des agents autonomes capables d’utiliser des applications, de manipuler des fichiers et d’accéder à des services en continu. Microsoft ne cherche donc pas à la remplacer et mieux encore, l’entreprise s’engage à contribuer directement au projet.

Voilà qui contraste avec la position de Meta qui développe sa propre alternative Hatch, après qu’OpenAI lui a chipé Peter Steinberger, créateur d’OpenClaw.

Microsoft se montrait pourtant bien moins enthousiaste mi-février, en prévenant des risques de sécurité qui pesaient sur OpenClaw. La société expliquait à l’époque que la technologie d’agents était trop risquée pour être exécutée directement dans un environnement d’entreprise classique à cause de ses privilèges étendus et de sa capacité à agir de manière autonome. « OpenClaw a démontré que les agents permanents fonctionnent. Nous allons leur ajouter la sécurité, la gouvernance et l’intégration Microsoft 365 », affirme désormais l’éditeur.

La drogue

Scout combine donc plusieurs fonctions de sécurité visant justement à répondre à ces craintes, avec un système d’identité contrôlée, une validation humaine pour les actions critiques, une journalisation des actions et des permissions limitées. Des employés Microsoft utilisent déjà Scout, qui s’ouvre à davantage de testeurs via un aperçu privé.

Dans des documents internes publiés par 404media, on apprend que Microsoft mise beaucoup sur Scout. Plus de 1 000 employés l’utiliseraient déjà, dont le directeur général Satya Nadella. « ClawPilot [l’ancien nom de Scout] est devenu de manière organique l’un des outils internes les plus demandés chez Microsoft. Sans annonce officielle, sans marketing, sans campagne de déploiement à l’échelle de l’entreprise », affirme un d’entre eux.

Ces documents décrivent le plan de déploiement de ClawPilot, dont la première des phases est de rendre les utilisateurs accros à l’outil. Ils se réjouissent des retours des tests internes, qui montrent une « utilisation quotidienne, avec un fort taux de rétention et une forte intensité d’usage (conversations, requêtes, flux de travail, compétences) ».

L’addiction tant voulue par Microsoft n’est pas surprenante : tous les acteurs de l’IA rêvent de transformer leurs services en compagnons du quotidien. Mais le fait de voir cet objectif formulé aussi explicitement rappelle que la question de la dépendance aux assistants IA fait désormais partie intégrante des stratégies de développement de l’industrie.

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