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Une électrification trop lente coûtera cher prévient RTE

7 août 2026 à 15:41

Si la demande électrique stagne, le système électrique coûtera plus cher, les producteurs seraient en difficulté et le nucléaire et les renouvelables seraient obligées de moduler beaucoup plus.

La France pourrait-elle avoir trop d’électricité décarbonée ? C’est l’un des paradoxes que l’on peut lire dans l’analyse économique de RTE publiée le 15 juillet. Il analyse plusieurs trajectoires d’évolution de la consommation et montre qu’un retard dans l’électrification des usages se traduirait automatiquement par une facture plus salée pour l’ensemble du système. Et donc le message est d’électrifier la France, vite.

Dans sa trajectoire de décarbonation rapide, RTE table sur une consommation électrique de 510 térawattheures (TWh) en 2030 contre 470 TWh dans un scénario lent. Selon les calculs de RTE, le coût complet du mégawattheure consommé passerait respectivement d’environ 78-82 euros par mégawattheure (€/MWh) à 84-91 €/MWh dans une trajectoire plus lente. « La différence de volume d’électricité consommée entre les trajectoires entraîne une augmentation du coût complet par unité d’électricité consommée », résume donc RTE dans son analyse économique.

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Des consommateurs à la fête mais pas les producteurs et les finances publiques

Un ralentissement de l’électrification aurait un double effet paradoxal sur les prix. Une demande plus faible favoriserait un contexte de prix bas, favorable aux consommateurs à court terme, mais beaucoup moins favorable aux producteurs et aux finances publiques.
RTE estime que le coût des dispositifs de soutien public augmenterait d’environ 5 milliards d’euros par an dans un scénario de prix bas par rapport à une trajectoire de forte électrification. Et les producteurs qui ne sont pas sous appel d’offre ou obligation d’achat pourraient perdre jusqu’à 9,4 milliards d’euros par an.

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Jusqu’à 55 TWh de modulation pour le nucléaire

Et physiquement, il faut équilibrer ce réseau surcapacitaire. Avec un parc nucléaire conséquent et des renouvelables qui ne cessent de se déployer, la capacité à moduler la production sera importante et obligatoirement imposée. À court terme, la modulation du nucléaire due à l’absence d’opportunité économique sur le marché pourrait être absorbée par EDF en étant combinée avec les variations déjà réalisées aujourd’hui pour optimiser le fonctionnement du parc (la modulation qui, aujourd’hui, lui fait gagner de l’argent).

Mais en 2030-2035, dans la trajectoire de décarbonation rapide, les besoins de modulation du nucléaire se stabiliseraient entre 10 et 20 TWh et ceux des énergies renouvelables resteraient autour de 5 TWh et explosent dans l’autre scénario. La modulation du parc nucléaire pourrait atteindre 40 à 55 TWh dès 2030. Pour les renouvelables, les besoins iraient jusqu’à 20 TWh en 2035.

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La plus grande centrale solaire de France épargnée par les méga feux

7 août 2026 à 05:32

Habitants évacués, maisons abandonnées : la commune de Cestas n’a pas été épargnée par les graves incendies qui ont ravagés plus de 42 000 hectares de forêt en Gironde. Pourtant, une infrastructure particulière a tenu bon : la centrale solaire géante de Neoen. Située en plein coeur d’une front de pins des Landes, elle a été épargnée grâce à sa bonne préparation contre les incendies. 

La plus grande centrale photovoltaïque de France a failli y passer. Mêmes si les flammes sont venues aux abords de la centrale lors des violents incendies qui ravagent toujours la Gironde, la centrale de Cestas, 300 mégawatts crêtes (MWc), n’a pas vraiment été abimée. Le feu est quand même entré sur quelques mètres à l’intérieur. À Cestas, au sud-ouest de Bordeaux, dans la nuit du 26 au 27 juillet, les panneaux du parc PV ont été épargnés et les dommages ne sont que sur des câbles souterrains et peut-être, encore à vérifier, sur le poste source.

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Les panneaux solaires jouent le rôle de pare-feux

« Les bandes de débroussaillage alentours et la tonte régulière à l’intérieur l’ont préservée. Le feu n’a pénétré que quelques mètres sous les panneaux », explique Guillaume Decaen, directeur général des opérations de Neoen, auprès du média Greenunivers. Les pompiers ont aussi réalisé des contre-feux à proximité du site.
La centrale a quand même été mise à l’arrêt dès dimanche matin. Le courant a été coupé à distance et les équipes n’ont pas pu accéder immédiatement au site, le feu continuant d’être un peu actif. Des équipes dont quatre salariés présents sur le site ont dû évacuer leur logement.

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Des centrales qui peuvent aussi freiner les incendies

Alors comment a-t-elle pu être bien préparée ? Les centrales photovoltaïques en milieu forestier doivent obligatoirement bien entretenir leurs pourtours en lien avec la végétation. A cela s’ajoute le fait que la centrale a déboisé une grande parcelle, limitant le combustible des flammes. Les pompiers ont même pu s’appuyer sur les trois forages du site qui donnent accès à la nappe phréatique pour alimenter leurs opérations. Les pompiers ont aussi surveillé de près cette centrale car se trouvent à côté le Laser Mégajoule et le centre du CEA du Barp.

Ces centrales sont donc, en quelques sortes, des pare-feux. Et d’autres centrales ont du s’arrêter dans ce contexte d’incendie en Gironde. Engie et Valorem ont subi le même sort et ont été obligé d’arrêter la production. Plus largement, RTE a mis hors tension des lignes menacées par les flammes et Enedis doit faire le bilan des dégâts.

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