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« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

11 août 2026 à 15:36
L'Alliance contre l'Empire
« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.

Les éditeurs de presse ont été mis « devant le fait accompli », affirme l’Alliance de la presse d’information générale, qui compte dans ses rangs les grands titres de la presse nationale et régionale. Google a lancé ses aperçus IA et le mode IA en France le 22 juillet, deux ans après les États-Unis, « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi », affirme l’Alliance.

L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements pris en 2022 par Google : le géant du web s’engageait alors à négocier « de bonne foi, de transparence et de non-discrimination ». Cela faisait suite à une amende de 500 millions d’euros infligée par l’Autorité pour non-respect des obligations de négociations. Ces engagements sont valables jusqu’en 2027.

Des sous pour exploiter les articles

Pour l’Alliance, le compte n’y est pas. Elle dénonce « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée ». Le Figaro indiquait fin juin que Google prévoyait d’intégrer ces fameux aperçus IA aux accords passés avec les éditeurs concernant les droits voisins. Il s’agit d’une rémunération versée aux éditeurs en échange de l’utilisation faite des contenus de leurs publications dans les services du moteur de recherche.

Néanmoins, aucun accord collectif sur les aperçus IA n’a été annoncé. L’Alliance précise que Google a simplement proposé une « simple actualisation du contrat de licence existant ». Les éditeurs ont toujours la possibilité de refuser l’exploitation de leurs articles par ces aperçus générés par IA, mais ils estiment que « ce retrait technique [entraîne] une perte de visibilité ».

Dans une décision remontant au 8 juillet, l’Autorité de la concurrence prononçait quatre injonctions conservatoires contre Meta après une saisine de l’Alliance. Benoît Cœuré, le président de l’institution, avait alors déclaré à cette occasion que « les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin ».

Les membres de l’Alliance se disent disposés à alimenter ces nouveaux services IA et accompagner les usages, mais « dans un cadre équilibré fondé sur une autorisation négociée et une rémunération à la mesure de la valeur que leurs contenus permettent de créer ». Les contenus produits par ces publications ont « une valeur considérable », rappelle Marc Feuillée, président de l’Alliance. Il ajoute : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »

« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

11 août 2026 à 15:36
L'Alliance contre l'Empire
« Aperçus IA » de Google : l’Alliance de la presse saisit l’Autorité de la concurrence

Le lancement le mois dernier des aperçus IA dans les résultats d’une recherche Google est resté au travers de la gorge de l’Alliance de la presse d’information générale. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour obtenir des négociations sur la rémunération des contenus de presse indispensables à ces nouveaux services IA.

Les éditeurs de presse ont été mis « devant le fait accompli », affirme l’Alliance de la presse d’information générale, qui compte dans ses rangs les grands titres de la presse nationale et régionale. Google a lancé ses aperçus IA et le mode IA en France le 22 juillet, deux ans après les États-Unis, « avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi », affirme l’Alliance.

L’organisation a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence pour faire respecter les engagements pris en 2022 par Google : le géant du web s’engageait alors à négocier « de bonne foi, de transparence et de non-discrimination ». Cela faisait suite à une amende de 500 millions d’euros infligée par l’Autorité pour non-respect des obligations de négociations. Ces engagements sont valables jusqu’en 2027.

Des sous pour exploiter les articles

Pour l’Alliance, le compte n’y est pas. Elle dénonce « le déploiement unilatéral de nouveaux usages des contenus de presse, sans autorisation préalable ni rémunération dédiée ». Le Figaro indiquait fin juin que Google prévoyait d’intégrer ces fameux aperçus IA aux accords passés avec les éditeurs concernant les droits voisins. Il s’agit d’une rémunération versée aux éditeurs en échange de l’utilisation faite des contenus de leurs publications dans les services du moteur de recherche.

Néanmoins, aucun accord collectif sur les aperçus IA n’a été annoncé. L’Alliance précise que Google a simplement proposé une « simple actualisation du contrat de licence existant ». Les éditeurs ont toujours la possibilité de refuser l’exploitation de leurs articles par ces aperçus générés par IA, mais ils estiment que « ce retrait technique [entraîne] une perte de visibilité ».

Dans une décision remontant au 8 juillet, l’Autorité de la concurrence prononçait quatre injonctions conservatoires contre Meta après une saisine de l’Alliance. Benoît Cœuré, le président de l’institution, avait alors déclaré à cette occasion que « les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin ».

Les membres de l’Alliance se disent disposés à alimenter ces nouveaux services IA et accompagner les usages, mais « dans un cadre équilibré fondé sur une autorisation négociée et une rémunération à la mesure de la valeur que leurs contenus permettent de créer ». Les contenus produits par ces publications ont « une valeur considérable », rappelle Marc Feuillée, président de l’Alliance. Il ajoute : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »

DSA : la transparence limitée et les oublis des audits de Pornhub, Stripchat et XVideos

11 août 2026 à 14:14
Voile pudique
DSA : la transparence limitée et les oublis des audits de Pornhub, Stripchat et XVideos

Considérés par la Commission européenne comme de très grandes plateformes en ligne, ces trois sites pornographiques sont contraints par le DSA de rendre un rapport d’audit régulièrement. Une étude scientifique estime que ces rapports manquent de transparence et qu’ils oublient d’évoquer les libertés en jeu.

Malgré leurs propres estimations très basses du nombre de leurs utilisateurs, la Commission européenne a considèré en décembre 2023 que Pornhub, Stripchat et XVideos sont de très grandes plateformes en ligne au titre du DSA (le règlement sur les services numériques). À ce titre, elles doivent régulièrement rendre publics des rapports d’évaluation des risques qui remplissent surtout une « conformité symbolique », selon une étude scientifique. Précisons que, depuis, StripChat a été enlevé de la liste.

Ces rapports doivent évaluer les risques systémiques qui découlent de leur conception et de leur fonctionnement, les plateformes doivent aussi mettre en place des « mesures d’atténuation raisonnables, proportionnées et efficaces, adaptées » tout « en tenant compte en particulier de l’incidence de ces mesures sur les droits fondamentaux » (articles 34 et 35 du règlement).

La Commission européenne liste les différents rapports des VLOPS et VLOSE (très grandes plateformes/très grands moteurs de recherche) sur cette page. Remarquons que Xvideos a déménagé certains de ses rapports dont les liens répertoriés par la Commission sont, pour les plus anciens, caduques. Une page du site pornographique les liste. Pour les deux autres plateformes, les liens répertoriés par la Commission sont toujours valides.

Les chercheuses Isotta Rossoni et Carlotta Rigotti de l’université de Leiden (Pays-Bas) et leur collègue, Nicola Döring de l’université Ilmenau (Allemagne), ont analysé les 217 pages des rapports 2025 de ces trois plateformes et publié leur étude dans la revue scientifique Porn Studies.

Les rapports de la plateforme XNXX, désignée un peu plus tard comme une très grande plateforme en ligne en juillet 2024, ne font pas partie de l’analyse. Étonnamment, les chercheurs affirment que XNXX n’a pas encore publié de rapport alors qu’on peut les trouver en lien sur le site de la Commission.

Une opacité méthodologique

Alors que le DSA a pour but d’augmenter la transparence des plateformes, l’étude explique que, de fait, « l’opacité méthodologique [des rapports] compromet la vérifiabilité [de leurs] conclusions ». Les chercheuses et chercheur ajoutent que leur « imprécision conceptuelle fausse l’identification et l’évaluation des risques ». Les évaluations ayant été faites essentiellement en interne aux plateformes, ils pointent le manque de « diversité épistémique nécessaire à une gouvernance des risques efficace ».

Concernant la violence de genre, l’étude souligne que les trois plateformes restreignent ce risque à la diffusion non consensuelle de contenus à caractère sexuel (appelée souvent « revenge porn »), oubliant de prendre en compte les risques concernant les violences contre les femmes en général et les violences conjugales. « En axant si fortement leur identification des risques sur cette seule catégorie, les plateformes en ligne sous-estiment non seulement l’ampleur des préjudices liés au genre que leurs services peuvent favoriser, mais elles restreignent aussi implicitement la portée des obligations de prévention auxquelles elles sont tenues de se conformer », expliquent les chercheuses et chercheur.

Des problèmes de définition

Isotta Rossoni, Carlotta Rigotti et Nicola Döring pointent aussi la mauvaise définition de Stripchat concernant la traite des êtres humains qui la caractérise comme « le fait d’impliquer de force des modèles contre leur gré et d’en tirer un revenu grâce à Stripchat ». Cette définition « confond des activités distinctes et omet les actes, moyens et finalités spécifiques requis par les définitions juridiques établies », expliquent-ils renvoyant à la directive de l’Union européenne sur le sujet.

Concernant le rapport d’Aylo (la maison mère de Pornhub), l’étude met en avant la mauvaise prise en compte des risques des deepfakes. En effet, ce rapport considère que les spectateurs ne sont affectés par les contenus « deepfake » que lorsqu’ils reconnaissent la victime-survivante. Ce qui « ne reflète ni la littérature établie sur les abus sexuels par le biais d’images, ni la logique élémentaire du risque, puisque les préjudices causés par les images intimes synthétiques non consensuelles ne dépendent pas de la reconnaissance de la victime », explique l’étude citant des recherches (ici et ).

Xvideos en prend aussi pour son grade puisque son rapport s’appuie sur une catégorie des « contenus problématiques » « sans autre précision, [mélangeant] des critères juridiques, éthiques et moraux d’une manière qui obscurcit, plutôt que d’éclairer, la nature et la gravité des risques sous-jacents ».

Les chercheuses et chercheur soulignent que ces problèmes de définition ne sont pas de « simples préoccupations théoriques ». « Comme le souligne depuis longtemps l’épistémologie féministe, les catégories de préjudice ne sont jamais neutres : elles codifient des points de vue particuliers, rendent certaines expériences lisibles tout en en occultant d’autres, et répartissent ainsi la protection de manière inégale », expliquent-ils.

Une sous-évaluation systématique des problèmes… et un oubli des droits des acteurs et des créateurs de contenus

Autre problème : les trois plateformes pornographiques sous-évaluent systématiquement la gravité des problèmes : « les risques de gravité élevée sont systématiquement reclassés en risques moyens ou faibles sur la base des mesures d’atténuation existantes, sans vérification indépendante de l’efficacité de ces mesures ». Ainsi, par exemple d’Aylo, qui classe en risques lointains ou improbables le matériel pédocriminel et les discours de haine, alors que, « malgré leur gravité critique », ils « se retrouvent à des degrés divers sur les trois plateformes ». Les chercheurs y voient ici une confusion entre l’existence d’une mesure de protection et son efficacité avérée, en contradiction avec des recherches existantes montrant l’existence de ces problèmes.

Surtout, les autrices et auteur soulignent que les trois plateformes « abordent la gouvernance des contenus à caractère sexuel et liés au genre presque exclusivement sous l’angle de la prévention des dangers, tout en passant largement sous silence les libertés en jeu, à savoir les droits des acteurs et des créateurs de contenus à produire et à partager de manière consensuelle des contenus à caractère sexuel sans ingérence discriminatoire ou disproportionnée, ainsi que le droit des utilisateurs d’accéder à ces contenus en tant qu’expression de leur autonomie sexuelle ».

« Ce silence n’est pas politiquement neutre », soulignent-ils : « En présentant la gestion des contenus à caractère sexuel principalement comme un problème de protection de l’enfance et de violence de genre – aussi importantes que soient ces préoccupations –, ces évaluations, ainsi que le discours réglementaire et public plus large qu’elles reflètent, reproduisent une asymétrie dans laquelle les préjudices découlant de la présence de contenus illégaux ou préjudiciables sont identifiables et donnent lieu à des mesures concrètes, tandis que ceux générés par la conception hégémonique masculine et hétéronormative des plateformes restent invisibles et ne sont pas pris en compte ».

Les chercheurs ajoutent qu’aborder ces sujets « n’implique pas de devoir choisir entre la protection des utilisateurs contre tout préjudice et la protection de leur liberté d’exercer leur autonomie sexuelle ».

L’équipe estime néanmoins que « les documents de conformité de première génération sont rarement exemplaires : il s’agit, par nature, de points de départ itératifs » et espèrent que les plateformes vont améliorer leurs rapports, en s’appuyant notamment sur cette étude.

DSA : la transparence limitée et les oublis des audits de Pornhub, Stripchat et XVideos

11 août 2026 à 14:14
Voile pudique
DSA : la transparence limitée et les oublis des audits de Pornhub, Stripchat et XVideos

Considérés par la Commission européenne comme de très grandes plateformes en ligne, ces trois sites pornographiques sont contraints par le DSA de rendre un rapport d’audit régulièrement. Une étude scientifique estime que ces rapports manquent de transparence et qu’ils oublient d’évoquer les libertés en jeu.

Malgré leurs propres estimations très basses du nombre de leurs utilisateurs, la Commission européenne a considèré en décembre 2023 que Pornhub, Stripchat et XVideos sont de très grandes plateformes en ligne au titre du DSA (le règlement sur les services numériques). À ce titre, elles doivent régulièrement rendre publics des rapports d’évaluation des risques qui remplissent surtout une « conformité symbolique », selon une étude scientifique. Précisons que, depuis, StripChat a été enlevé de la liste.

Ces rapports doivent évaluer les risques systémiques qui découlent de leur conception et de leur fonctionnement, les plateformes doivent aussi mettre en place des « mesures d’atténuation raisonnables, proportionnées et efficaces, adaptées » tout « en tenant compte en particulier de l’incidence de ces mesures sur les droits fondamentaux » (articles 34 et 35 du règlement).

La Commission européenne liste les différents rapports des VLOPS et VLOSE (très grandes plateformes/très grands moteurs de recherche) sur cette page. Remarquons que Xvideos a déménagé certains de ses rapports dont les liens répertoriés par la Commission sont, pour les plus anciens, caduques. Une page du site pornographique les liste. Pour les deux autres plateformes, les liens répertoriés par la Commission sont toujours valides.

Les chercheuses Isotta Rossoni et Carlotta Rigotti de l’université de Leiden (Pays-Bas) et leur collègue, Nicola Döring de l’université Ilmenau (Allemagne), ont analysé les 217 pages des rapports 2025 de ces trois plateformes et publié leur étude dans la revue scientifique Porn Studies.

Les rapports de la plateforme XNXX, désignée un peu plus tard comme une très grande plateforme en ligne en juillet 2024, ne font pas partie de l’analyse. Étonnamment, les chercheurs affirment que XNXX n’a pas encore publié de rapport alors qu’on peut les trouver en lien sur le site de la Commission.

Une opacité méthodologique

Alors que le DSA a pour but d’augmenter la transparence des plateformes, l’étude explique que, de fait, « l’opacité méthodologique [des rapports] compromet la vérifiabilité [de leurs] conclusions ». Les chercheuses et chercheur ajoutent que leur « imprécision conceptuelle fausse l’identification et l’évaluation des risques ». Les évaluations ayant été faites essentiellement en interne aux plateformes, ils pointent le manque de « diversité épistémique nécessaire à une gouvernance des risques efficace ».

Concernant la violence de genre, l’étude souligne que les trois plateformes restreignent ce risque à la diffusion non consensuelle de contenus à caractère sexuel (appelée souvent « revenge porn »), oubliant de prendre en compte les risques concernant les violences contre les femmes en général et les violences conjugales. « En axant si fortement leur identification des risques sur cette seule catégorie, les plateformes en ligne sous-estiment non seulement l’ampleur des préjudices liés au genre que leurs services peuvent favoriser, mais elles restreignent aussi implicitement la portée des obligations de prévention auxquelles elles sont tenues de se conformer », expliquent les chercheuses et chercheur.

Des problèmes de définition

Isotta Rossoni, Carlotta Rigotti et Nicola Döring pointent aussi la mauvaise définition de Stripchat concernant la traite des êtres humains qui la caractérise comme « le fait d’impliquer de force des modèles contre leur gré et d’en tirer un revenu grâce à Stripchat ». Cette définition « confond des activités distinctes et omet les actes, moyens et finalités spécifiques requis par les définitions juridiques établies », expliquent-ils renvoyant à la directive de l’Union européenne sur le sujet.

Concernant le rapport d’Aylo (la maison mère de Pornhub), l’étude met en avant la mauvaise prise en compte des risques des deepfakes. En effet, ce rapport considère que les spectateurs ne sont affectés par les contenus « deepfake » que lorsqu’ils reconnaissent la victime-survivante. Ce qui « ne reflète ni la littérature établie sur les abus sexuels par le biais d’images, ni la logique élémentaire du risque, puisque les préjudices causés par les images intimes synthétiques non consensuelles ne dépendent pas de la reconnaissance de la victime », explique l’étude citant des recherches (ici et ).

Xvideos en prend aussi pour son grade puisque son rapport s’appuie sur une catégorie des « contenus problématiques » « sans autre précision, [mélangeant] des critères juridiques, éthiques et moraux d’une manière qui obscurcit, plutôt que d’éclairer, la nature et la gravité des risques sous-jacents ».

Les chercheuses et chercheur soulignent que ces problèmes de définition ne sont pas de « simples préoccupations théoriques ». « Comme le souligne depuis longtemps l’épistémologie féministe, les catégories de préjudice ne sont jamais neutres : elles codifient des points de vue particuliers, rendent certaines expériences lisibles tout en en occultant d’autres, et répartissent ainsi la protection de manière inégale », expliquent-ils.

Une sous-évaluation systématique des problèmes… et un oubli des droits des acteurs et des créateurs de contenus

Autre problème : les trois plateformes pornographiques sous-évaluent systématiquement la gravité des problèmes : « les risques de gravité élevée sont systématiquement reclassés en risques moyens ou faibles sur la base des mesures d’atténuation existantes, sans vérification indépendante de l’efficacité de ces mesures ». Ainsi, par exemple d’Aylo, qui classe en risques lointains ou improbables le matériel pédocriminel et les discours de haine, alors que, « malgré leur gravité critique », ils « se retrouvent à des degrés divers sur les trois plateformes ». Les chercheurs y voient ici une confusion entre l’existence d’une mesure de protection et son efficacité avérée, en contradiction avec des recherches existantes montrant l’existence de ces problèmes.

Surtout, les autrices et auteur soulignent que les trois plateformes « abordent la gouvernance des contenus à caractère sexuel et liés au genre presque exclusivement sous l’angle de la prévention des dangers, tout en passant largement sous silence les libertés en jeu, à savoir les droits des acteurs et des créateurs de contenus à produire et à partager de manière consensuelle des contenus à caractère sexuel sans ingérence discriminatoire ou disproportionnée, ainsi que le droit des utilisateurs d’accéder à ces contenus en tant qu’expression de leur autonomie sexuelle ».

« Ce silence n’est pas politiquement neutre », soulignent-ils : « En présentant la gestion des contenus à caractère sexuel principalement comme un problème de protection de l’enfance et de violence de genre – aussi importantes que soient ces préoccupations –, ces évaluations, ainsi que le discours réglementaire et public plus large qu’elles reflètent, reproduisent une asymétrie dans laquelle les préjudices découlant de la présence de contenus illégaux ou préjudiciables sont identifiables et donnent lieu à des mesures concrètes, tandis que ceux générés par la conception hégémonique masculine et hétéronormative des plateformes restent invisibles et ne sont pas pris en compte ».

Les chercheurs ajoutent qu’aborder ces sujets « n’implique pas de devoir choisir entre la protection des utilisateurs contre tout préjudice et la protection de leur liberté d’exercer leur autonomie sexuelle ».

L’équipe estime néanmoins que « les documents de conformité de première génération sont rarement exemplaires : il s’agit, par nature, de points de départ itératifs » et espèrent que les plateformes vont améliorer leurs rapports, en s’appuyant notamment sur cette étude.

Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

11 août 2026 à 06:08
Stop la pub
Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

Après y avoir beaucoup investi ces dernières années, Spotify est devenu une place forte du secteur du podcast. Mais sa dernière expérimentation risque de braquer une partie du secteur : la plateforme teste auprès de certains abonnés Premium un bouton permettant de sauter d’un geste les tunnels de publicités, promotions et messages sponsorisés.

Spotify propose régulièrement de nouvelles fonctions auprès d’une poignée de testeurs qui peuvent, si elles sont appréciées, se déployer auprès de tous. La dernière expérimentation du service, visible aux États-Unis et au Royaume-Uni, pourrait bien séduire les abonnés mais « détruire l’industrie du podcast », comme le dénonce Tommy Vietor, cofondateur du réseau Crooked Media.

Un bouton anti-pubs pour les podcasts

Il s’agit d’un bouton « Skip Ahead » qui s’affiche sur l’écran de lecture d’un podcast, ainsi que le décrit Podnews. Il apparait au début des intros, promotions, pubs et autres contenus sponsorisés et, comme son nom l’indique, le bouton permet de passer les sections d’un podcast (audio ou vidéo) que personne ne veut réellement écouter ou regarder.

Image : Podnews

Cette nouveauté peut être présentée comme une simplification d’une fonction déjà existante, à savoir le bouton d’avance de 15 secondes qui sert effectivement à beaucoup d’utilisateurs à éviter les annonces. Mais il est évidemment beaucoup moins efficace et précis qu’un bouton spécifiquement conçu pour sauter l’ensemble d’un tunnel de pub.

Spotify a confirmé l’existence de ce test : « Nous explorons des moyens de rendre l’écoute et le visionnage de podcasts plus intuitifs pour les abonnés Premium, en nous appuyant sur la façon dont les gens utilisent la plateforme, avec pour objectif d’aider les auditeurs à passer plus de temps à apprécier les podcasts. » Pour le moment, ce bouton n’apparait que lorsque l’app est au premier plan.

Comme sur de nombreux sites web qui usent et abusent de l’affichage de publicités, certains podcasts se montrent très gourmands : Podnews déplore ainsi ces épisodes qui débutent par huit minutes de réclames. Aucun auditeur ne veut encaisser un tel tunnel… En particulier les abonnés Premium à Spotify, qui ont payé pour ne pas avoir à subir de pub durant l’écoute de musique. Un avantage qui ne concerne pas les podcasts.

La fonction « Skip Ahead » permet aussi de zapper les pubs dans les podcasts monétisés par Spotify. Les huit minutes de messages de l’émission citée plus haut sont d’ailleurs fournies par Megaphone, une plateforme d’hébergement et de monétisation détenue par… Spotify. Les autres régies pub, comme Acast ou Audacy sont également touchées.

Une étude Podnews a révélé que moins de 10 % des pauses publicitaires sont réellement sautées aujourd’hui. L’enjeu n’est pas seulement que les auditeurs puissent zapper ces messages, mais que Spotify rende le geste bien plus simple, visible et presque encouragé.

Spotify marche sur des œufs

Pour une grande partie de l’industrie, ce bouton est une menace existentielle : la publicité représente en effet le modèle économique de bon nombre de podcasts, d’où le coup de gueule de Tommy Vietor. La valeur réelle des annonces baisse au fur et à mesure que les auditeurs les sautent. Les annonceurs pourraient donc se détourner des podcasts s’ils déterminent que leurs publicités ne sont écoutées par personne.

Image : OP3

Des chiffres d’OP3 indiquent que Spotify représente globalement 25,6 % de tous les téléchargements de podcasts, avec une différence marquée sur les marchés émergents où la plateforme domine très largement dans ce domaine. Une généralisation de ce bouton pourrait avoir un impact massif pour l’ensemble de la filière du podcasting.

En privé, Spotify aurait tenté d’apaiser les inquiétudes des grands réseaux de podcasts, selon Semafor. Le service de streaming numéro 1 dans le monde insisterait ainsi sur le fait que ce bouton renforce l’écoute globale et améliore l’engagement des auditeurs avec les contenus des podcasts. Le bouton inciterait en fait les utilisateurs à écouter les émissions plus longtemps.

Le secteur pourrait aussi décider de faire pression sur Spotify. YouTube est un concurrent redoutable, et Apple s’est lancée dans une offensive de charme auprès des podcasteurs après avoir perdu beaucoup de parts de marché.

Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

11 août 2026 à 06:08
Stop la pub
Spotify teste un bouton pour zapper les pubs dans les podcasts

Après y avoir beaucoup investi ces dernières années, Spotify est devenu une place forte du secteur du podcast. Mais sa dernière expérimentation risque de braquer une partie du secteur : la plateforme teste auprès de certains abonnés Premium un bouton permettant de sauter d’un geste les tunnels de publicités, promotions et messages sponsorisés.

Spotify propose régulièrement de nouvelles fonctions auprès d’une poignée de testeurs qui peuvent, si elles sont appréciées, se déployer auprès de tous. La dernière expérimentation du service, visible aux États-Unis et au Royaume-Uni, pourrait bien séduire les abonnés mais « détruire l’industrie du podcast », comme le dénonce Tommy Vietor, cofondateur du réseau Crooked Media.

Un bouton anti-pubs pour les podcasts

Il s’agit d’un bouton « Skip Ahead » qui s’affiche sur l’écran de lecture d’un podcast, ainsi que le décrit Podnews. Il apparait au début des intros, promotions, pubs et autres contenus sponsorisés et, comme son nom l’indique, le bouton permet de passer les sections d’un podcast (audio ou vidéo) que personne ne veut réellement écouter ou regarder.

Image : Podnews

Cette nouveauté peut être présentée comme une simplification d’une fonction déjà existante, à savoir le bouton d’avance de 15 secondes qui sert effectivement à beaucoup d’utilisateurs à éviter les annonces. Mais il est évidemment beaucoup moins efficace et précis qu’un bouton spécifiquement conçu pour sauter l’ensemble d’un tunnel de pub.

Spotify a confirmé l’existence de ce test : « Nous explorons des moyens de rendre l’écoute et le visionnage de podcasts plus intuitifs pour les abonnés Premium, en nous appuyant sur la façon dont les gens utilisent la plateforme, avec pour objectif d’aider les auditeurs à passer plus de temps à apprécier les podcasts. » Pour le moment, ce bouton n’apparait que lorsque l’app est au premier plan.

Comme sur de nombreux sites web qui usent et abusent de l’affichage de publicités, certains podcasts se montrent très gourmands : Podnews déplore ainsi ces épisodes qui débutent par huit minutes de réclames. Aucun auditeur ne veut encaisser un tel tunnel… En particulier les abonnés Premium à Spotify, qui ont payé pour ne pas avoir à subir de pub durant l’écoute de musique. Un avantage qui ne concerne pas les podcasts.

La fonction « Skip Ahead » permet aussi de zapper les pubs dans les podcasts monétisés par Spotify. Les huit minutes de messages de l’émission citée plus haut sont d’ailleurs fournies par Megaphone, une plateforme d’hébergement et de monétisation détenue par… Spotify. Les autres régies pub, comme Acast ou Audacy sont également touchées.

Une étude Podnews a révélé que moins de 10 % des pauses publicitaires sont réellement sautées aujourd’hui. L’enjeu n’est pas seulement que les auditeurs puissent zapper ces messages, mais que Spotify rende le geste bien plus simple, visible et presque encouragé.

Spotify marche sur des œufs

Pour une grande partie de l’industrie, ce bouton est une menace existentielle : la publicité représente en effet le modèle économique de bon nombre de podcasts, d’où le coup de gueule de Tommy Vietor. La valeur réelle des annonces baisse au fur et à mesure que les auditeurs les sautent. Les annonceurs pourraient donc se détourner des podcasts s’ils déterminent que leurs publicités ne sont écoutées par personne.

Image : OP3

Des chiffres d’OP3 indiquent que Spotify représente globalement 25,6 % de tous les téléchargements de podcasts, avec une différence marquée sur les marchés émergents où la plateforme domine très largement dans ce domaine. Une généralisation de ce bouton pourrait avoir un impact massif pour l’ensemble de la filière du podcasting.

En privé, Spotify aurait tenté d’apaiser les inquiétudes des grands réseaux de podcasts, selon Semafor. Le service de streaming numéro 1 dans le monde insisterait ainsi sur le fait que ce bouton renforce l’écoute globale et améliore l’engagement des auditeurs avec les contenus des podcasts. Le bouton inciterait en fait les utilisateurs à écouter les émissions plus longtemps.

Le secteur pourrait aussi décider de faire pression sur Spotify. YouTube est un concurrent redoutable, et Apple s’est lancée dans une offensive de charme auprès des podcasteurs après avoir perdu beaucoup de parts de marché.

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