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Vue normale

☕️ Aux États-Unis, le boulet électoral des datacenters IA

20 août 2026 à 13:26


Les entreprises de l’IA qui multiplient les projets de centres de données aux États-Unis vont devoir se retrousser les manches pour améliorer leur image. En cette année d’élections, le stigmate est tel que ces infrastructures sont devenues un risque politique pour les républicains.

Illustration : Flock

Le parti sonne l’alerte. Dans un mémo récupéré par Axios, le National Republican Senatorial Committee (NRSC) – le bras armé des campagnes sénatoriales pour les républicains – s’inquiète du sentiment anti-datacenters des citoyens et des électeurs américains. Un cas en particulier suscite beaucoup de craintes : la réélection de Jon Husted en Ohio. La campagne de son opposant démocrate, Sherrod Brown, dépense des millions de dollars pour dépeindre son adversaire comme « le visage des centres de données dans l’Ohio ».

Le mémo explique que « si [Jon Husted] perd et que les centres de données sont tenus responsables, les responsables politiques de tout le pays en prendront bonne note ». Le NRSC estime que les datacenters sont devenus « un sujet qui couve en arrière-plan durant le cycle électoral ». Le sujet est particulièrement sensible dans cet État où plusieurs projets d’implémentation sont en préparation du côté de NVIDIA, OpenAI, Meta, et d’autres encore.

Des responsables du parti républicain ont expliqué à Axios que, d’après leurs sondages internes, les centres de données sont à peu près aussi populaires dans l’opinion que… les déchets nucléaires. L’impopularité de ces grands bâtiments pourrait faire basculer plusieurs élections lors du grand raout du 3 novembre.

Plus de 4 000 datacenters sont présents aux États-Unis, et 3 000 autres sont en projet. Ces sites consomment énormément d’eau et d’énergie pour faire tourner les serveurs, ce qui provoque une hausse des prix de l’énergie dans les communautés proches, sans oublier la pollution environnante. Ce qui a poussé plusieurs acteurs de la filière à prendre des engagements pour minimiser leur impact. Ce n’est manifestement pas suffisant.

Le mémo indique qu’il revient aux entreprises IA d’améliorer l’image de leurs infrastructures, en expliquant au grand public « qui en bénéficie, qui paie et pourquoi une communauté devrait vouloir en accueillir un ». Si cette perception ne s’améliore pas « rapidement », la campagne anti-datacenters s’étendra « bien au-delà de l’Ohio », prévient-elle. Actuellement, l’avance de Sherrod Brown sur Jon Husted est de 8 points.

☕️ Aux États-Unis, le boulet électoral des datacenters IA

20 août 2026 à 13:26


Les entreprises de l’IA qui multiplient les projets de centres de données aux États-Unis vont devoir se retrousser les manches pour améliorer leur image. En cette année d’élections, le stigmate est tel que ces infrastructures sont devenues un risque politique pour les républicains.

Illustration : Flock

Le parti sonne l’alerte. Dans un mémo récupéré par Axios, le National Republican Senatorial Committee (NRSC) – le bras armé des campagnes sénatoriales pour les républicains – s’inquiète du sentiment anti-datacenters des citoyens et des électeurs américains. Un cas en particulier suscite beaucoup de craintes : la réélection de Jon Husted en Ohio. La campagne de son opposant démocrate, Sherrod Brown, dépense des millions de dollars pour dépeindre son adversaire comme « le visage des centres de données dans l’Ohio ».

Le mémo explique que « si [Jon Husted] perd et que les centres de données sont tenus responsables, les responsables politiques de tout le pays en prendront bonne note ». Le NRSC estime que les datacenters sont devenus « un sujet qui couve en arrière-plan durant le cycle électoral ». Le sujet est particulièrement sensible dans cet État où plusieurs projets d’implémentation sont en préparation du côté de NVIDIA, OpenAI, Meta, et d’autres encore.

Des responsables du parti républicain ont expliqué à Axios que, d’après leurs sondages internes, les centres de données sont à peu près aussi populaires dans l’opinion que… les déchets nucléaires. L’impopularité de ces grands bâtiments pourrait faire basculer plusieurs élections lors du grand raout du 3 novembre.

Plus de 4 000 datacenters sont présents aux États-Unis, et 3 000 autres sont en projet. Ces sites consomment énormément d’eau et d’énergie pour faire tourner les serveurs, ce qui provoque une hausse des prix de l’énergie dans les communautés proches, sans oublier la pollution environnante. Ce qui a poussé plusieurs acteurs de la filière à prendre des engagements pour minimiser leur impact. Ce n’est manifestement pas suffisant.

Le mémo indique qu’il revient aux entreprises IA d’améliorer l’image de leurs infrastructures, en expliquant au grand public « qui en bénéficie, qui paie et pourquoi une communauté devrait vouloir en accueillir un ». Si cette perception ne s’améliore pas « rapidement », la campagne anti-datacenters s’étendra « bien au-delà de l’Ohio », prévient-elle. Actuellement, l’avance de Sherrod Brown sur Jon Husted est de 8 points.

L’IA de Google testée pour éviter les traînées de condensation derrière les avions

20 août 2026 à 06:54
Non, ce n'est pas sale
L’IA de Google testée pour éviter les traînées de condensation derrière les avions

Les traînées blanches que l’on voit derrière les avions vont faire l’objet d’une étude au long cours menée dans le corridor aérien de l’Atlantique Nord, entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Le gouvernement britannique et Google ont mis la main à la poche pour déterminer s’il est possible d’éviter la formation de nuages qui participent au réchauffement climatique.

Les traînées blanches laissées par les avions sont des cristaux de glace qui se forment lorsque les gaz chauds des moteurs rencontrent de l’air très froid et humide. En fonction de l’humidité et de la température ambiante, ces traînées de condensation peuvent disparaitre en quelques secondes, ou persister plus longtemps et s’étaler.

Elles peuvent alors se transformer en nuages qui retiennent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre. Un rapport de l’Aviation Impact Accelerator (AIA), piloté par l’Université de Cambridge en 2024, indiquait qu’éviter les « contrails » les plus réchauffantes pouvait réduire de 40 % l’impact climatique de l’aviation.

Le grand bleu zébré de traînées blanches

Voilà qui nous amène tout droit à l’opération « Blue Skies ». Menée par un consortium composé du gouvernement britannique, Google, le fournisseur NATS de services pour le trafic aérien et l’Université de Cambridge, elle cherche à réduire les conséquences sur le climat des traînées de condensation. Le programme, qui durera 30 mois, dispose d’un budget de 5 millions de livres sterling (environ 5,8 millions d’euros), dont une contribution de 1,4 million de Google sous la forme de capacités de calcul et en recherche IA.

L’objectif n’est pas de supprimer ces traînées, mais d’éviter les zones où elles pourraient devenir des nuages et donc, avoir un effet réchauffant sur le climat. Google utilise des images satellites, des données de vol et des prévisions météo pour déterminer les poches d’air froid et humide. L’intelligence artificielle est mise à contribution pour établir ces prévisions ; le cas échéant, elle sert aussi à vérifier si les traînées ont été évitées en analysant les images satellites.

Armés de ces informations, les contrôleurs aériens pourront indiquer aux pilotes de voler un peu plus haut ou un peu plus bas de 2 000 pieds. Des modifications en vol déjà courantes pour éviter les trous d’air et les turbulences.

Image : Google

Les tests auront lieu dans l’espace aérien Shanwick, qui couvre la partie orientale du corridor de l’Atlantique Nord reliant l’Europe aux États-Unis. Ils seront menés durant l’hiver 2026 - 2027 et l’hiver 2027 - 2028, là où le trafic est moins important, le soir et la nuit.

10 000 vols environ devraient traverser cet espace aérien pendant les périodes concernées ; seule une partie d’entre eux devra changer d’altitude. Cette seule région du monde pèse pour 5 % du réchauffement climatique imputable aux traînées de condensation.

Google derrière les traînées

Comme le fait remarquer la BBC, ces changements d’altitude ne risquent-ils pas de faire brûler davantage de carburant aux avions ? Voilà qui risquerait d’annuler tout ou partie de l’intérêt d’une réduction des traînées…

Paul Hodgson, directeur technique de Google pour l’opération, affirme que « le surcroît d’émissions de CO2 est inférieur à 1 %, alors que l’impact des traînées de condensation est d’un ordre de grandeur comparable à celui de l’ensemble des émissions de CO₂ de l’aviation », soit autour de 100 kg de carburant pour l’avion concerné, selon des modélisations. Relativement modeste pour un long-courrier qui brûle plusieurs tonnes de carburant par heure.

L’expérience doit aussi permettre de vérifier si les résultats obtenus lors de précédents essais peuvent être reproduits à grande échelle, avec de nombreux vols et dans des conditions réelles de contrôle aérien. Les conclusions de l’opération Blue Skies doivent ensuite être publiées dans la littérature scientifique.

L’intérêt de Google pour les contrails ne date pas d’hier. En 2023, le géant du web testait déjà avec American Airlines des cartes de prévision permettant aux pilotes d’éviter les zones susceptibles de générer des traînées de condensation. C’est une manière de faire valoir des modèles d’IA qui peuvent aussi produire des effets positifs pour le climat.

L’IA de Google testée pour éviter les traînées de condensation derrière les avions

20 août 2026 à 06:54
Non, ce n'est pas sale
L’IA de Google testée pour éviter les traînées de condensation derrière les avions

Les traînées blanches que l’on voit derrière les avions vont faire l’objet d’une étude au long cours menée dans le corridor aérien de l’Atlantique Nord, entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Le gouvernement britannique et Google ont mis la main à la poche pour déterminer s’il est possible d’éviter la formation de nuages qui participent au réchauffement climatique.

Les traînées blanches laissées par les avions sont des cristaux de glace qui se forment lorsque les gaz chauds des moteurs rencontrent de l’air très froid et humide. En fonction de l’humidité et de la température ambiante, ces traînées de condensation peuvent disparaitre en quelques secondes, ou persister plus longtemps et s’étaler.

Elles peuvent alors se transformer en nuages qui retiennent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre. Un rapport de l’Aviation Impact Accelerator (AIA), piloté par l’Université de Cambridge en 2024, indiquait qu’éviter les « contrails » les plus réchauffantes pouvait réduire de 40 % l’impact climatique de l’aviation.

Le grand bleu zébré de traînées blanches

Voilà qui nous amène tout droit à l’opération « Blue Skies ». Menée par un consortium composé du gouvernement britannique, Google, le fournisseur NATS de services pour le trafic aérien et l’Université de Cambridge, elle cherche à réduire les conséquences sur le climat des traînées de condensation. Le programme, qui durera 30 mois, dispose d’un budget de 5 millions de livres sterling (environ 5,8 millions d’euros), dont une contribution de 1,4 million de Google sous la forme de capacités de calcul et en recherche IA.

L’objectif n’est pas de supprimer ces traînées, mais d’éviter les zones où elles pourraient devenir des nuages et donc, avoir un effet réchauffant sur le climat. Google utilise des images satellites, des données de vol et des prévisions météo pour déterminer les poches d’air froid et humide. L’intelligence artificielle est mise à contribution pour établir ces prévisions ; le cas échéant, elle sert aussi à vérifier si les traînées ont été évitées en analysant les images satellites.

Armés de ces informations, les contrôleurs aériens pourront indiquer aux pilotes de voler un peu plus haut ou un peu plus bas de 2 000 pieds. Des modifications en vol déjà courantes pour éviter les trous d’air et les turbulences.

Image : Google

Les tests auront lieu dans l’espace aérien Shanwick, qui couvre la partie orientale du corridor de l’Atlantique Nord reliant l’Europe aux États-Unis. Ils seront menés durant l’hiver 2026 - 2027 et l’hiver 2027 - 2028, là où le trafic est moins important, le soir et la nuit.

10 000 vols environ devraient traverser cet espace aérien pendant les périodes concernées ; seule une partie d’entre eux devra changer d’altitude. Cette seule région du monde pèse pour 5 % du réchauffement climatique imputable aux traînées de condensation.

Google derrière les traînées

Comme le fait remarquer la BBC, ces changements d’altitude ne risquent-ils pas de faire brûler davantage de carburant aux avions ? Voilà qui risquerait d’annuler tout ou partie de l’intérêt d’une réduction des traînées…

Paul Hodgson, directeur technique de Google pour l’opération, affirme que « le surcroît d’émissions de CO2 est inférieur à 1 %, alors que l’impact des traînées de condensation est d’un ordre de grandeur comparable à celui de l’ensemble des émissions de CO₂ de l’aviation », soit autour de 100 kg de carburant pour l’avion concerné, selon des modélisations. Relativement modeste pour un long-courrier qui brûle plusieurs tonnes de carburant par heure.

L’expérience doit aussi permettre de vérifier si les résultats obtenus lors de précédents essais peuvent être reproduits à grande échelle, avec de nombreux vols et dans des conditions réelles de contrôle aérien. Les conclusions de l’opération Blue Skies doivent ensuite être publiées dans la littérature scientifique.

L’intérêt de Google pour les contrails ne date pas d’hier. En 2023, le géant du web testait déjà avec American Airlines des cartes de prévision permettant aux pilotes d’éviter les zones susceptibles de générer des traînées de condensation. C’est une manière de faire valoir des modèles d’IA qui peuvent aussi produire des effets positifs pour le climat.

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