Vue normale

Non, les agents IA d’OpenAI et Anthropic ne menacent pas vraiment la cybersécurité

7 septembre 2026 à 14:22
Pompiers pyromanes
Non, les agents IA d’OpenAI et Anthropic ne menacent pas vraiment la cybersécurité

Un nombre croissant de professionnels de la cybersécurité déplorent la façon « IApocalyptique » qu’ont OpenAI, Anthropic et de nombreuses entreprises des Big Tech’ de présenter les capacités des agents IA en matière de cyberattaques. À l’instar de la NSA, ils estiment qu’une bonne « hygiène » en matière de cybersécurité devrait suffire à s’en prémunir.

Début avril, Anthropic dévoilait Mythos, son modèle de langage IA dédié à la cybersécurité, qu’elle disait être si puissant qu’elle en réservait l’accès à une cinquantaine d’organismes états-uniens. À l’époque, elle promettait de rendre compte publiquement des enseignements tirés « d’ici 90 jours », ce qu’elle n’a toujours pas fait, cinq mois plus tard.

Mi-juillet, une armée d’agents IA d’OpenAI parvenait à s’évader du « bac à sable » où ils étaient censés être confinés, mais également à communiquer entre eux (alors qu’ils étaient aussi censés être isolés), avant de coordonner une cyberattaque contre Hugging Face que la majeure partie des médias ont chroniquée à la manière d’un scénario de science-fiction (nous y reviendrons, dans un second article).

La semaine passée, OpenAI a publié une lettre ouverte, cosignée par Anthropic et une centaine d’entreprises de l’IA, de la cybersécurité et des Big Tech’. Elle appelle à « un renforcement mondial de la cyberdéfense », au motif que les cyberattaques menées par des agents IA vont déferler « au cours des prochains mois ».

L’IA ne révolutionne pas (encore) fondamentalement la cybercriminalité

Co-signée par une centaine d’entreprises phares des Big Tech’ et de l’IA (dont Anthropic, AWS, Check Point, Cisco, Cloudflare, CrowdStrike, Firefox, GitHub, Google, HackerOne, Hugging Face, IBM, Microsoft, Oracle, Palo Alto Networks, Red Hat ou Zscaler), la « lettre ouverte en faveur d’une action collective [et] d’un renforcement mondial de la cyberdéfense » d’OpenAI avance que « Nous disposons d’une marge de manœuvre limitée pour renforcer nos cyberdéfenses » :

« Au cours des prochains mois, les cyberattaques basées sur l’IA deviendront bien plus répandues et sophistiquées, à mesure que les modèles utilisés à travers le monde gagneront en puissance. Les entreprises et les services publics dont dépendent nos communautés — des hôpitaux aux stations d’épuration, en passant par les infrastructures qui alimentent Internet — sont menacés [les tirets cadratins émanent du communiqué en anglais, ndlr]. »

Tirant sur la corde sensible, elle pointe opportunément du doigt les « services publics, hôpitaux et stations d’épuration ». Elle ne précise pas cependant que les attaques très sophistiquées menées par les IA agentiques coûtent une fortune en puissance de calcul et en tokens API, et qu’il est peu probable que les pirates informatiques parviennent à en payer le prix « au cours des prochains mois ».

Un article publié la semaine passée dans le Royal United Services Institute (RUSI) et consacré aux « business models » des ransomwares avance en outre que « l’IA ne révolutionne pas (encore) fondamentalement la cybercriminalité ». Ceux qui postulent le contraire « partent d’une hypothèse erronée quant aux motivations des cybercriminels » :

« L’histoire de la cybercriminalité moderne met en évidence deux éléments. Premièrement, le comportement des cybercriminels a été davantage motivé par l’innovation en matière de modèles économiques que par leurs capacités techniques. Deuxièmement, les cybercriminels ont tendance à innover lorsqu’ils y sont contraints, et non pas simplement parce qu’une nouvelle technologie devient disponible. »

« La plupart des cybercriminels ne sont pas des innovateurs, mais des suiveurs », renchérissent ses auteurs. Ils soulignent que « c’est l’argent – et non la technologie – qui est le principal moteur du changement au sein de l’écosystème de la cybercriminalité, et il y a peu d’intérêt financier à consacrer du temps et à prendre le risque d’innover lorsqu’on dispose déjà d’une solution qui fonctionne ».

Les cyberattaques documentées ces derniers mois reposent ainsi majoritairement sur des vols de sessions via des infostealers, d’identifiants/mots de passe en ciblant des utilisateurs par ingénierie sociale, ou des failles de sécurité non corrigées. Elles émanent en bonne partie de jeunes de moins de 25 ans qui, s’ils recourent à l’IA, ne disposent pas de budgets de type « tokenmaxxing », contrairement à OpenAI, Anthropic et autres acteurs des Big Tech’.

Les signataires de la lettre ouverte déplorent que les équipes de cybersécurité « ont toujours manqué de moyens et ont besoin d’un renforcement considérable de leurs outils et ressources ». Ils appellent dès lors à les doter de plus de moyens, « grâce à une IA spécialisée dans la cybersécurité », quand bien même le recours à l’IA agentique peut coûter plus cher que de payer des employés humains.

La lettre ouverte appelle également les entreprises pionnières en matière de « modèle frontière » (ou « modèle de pointe ») dans le domaine de l’IA à offrir « un accès responsable à leurs modèles, des financements importants, des formations et un accompagnement concret, en particulier aux responsables de la protection des infrastructures critiques disposant de ressources limitées ».

Sauf qu’en l’espèce, le projet Glasswing d’Anthropic, qui donne accès à Mythos, n’a initialement été proposé qu’à un peu plus de 50 entreprises et organisations états-uniennes. S’il a depuis été élargi à 150 organisations dans plus de 15 pays, les États-Unis y restent largement majoritaires.

« Grâce à l’IA, attaquer est devenu abordable pour tout le monde, tandis que se défendre n’est à la portée que des plus fortunés », relève pour sa part Tarah Wheeler, qui préside le comité d’audit du conseil d’administration de l’Electronic Frontier Foundation. Elle souligne qu’ « Anthropic nous avait annoncé qu’un rapport de transparence concernant Glasswing serait publié 90 jours après son lancement, le 8 avril dernier », ce que l’entreprise n’a toujours pas fait.

Se protéger contre d’imaginaires super-hackers dotés d’une IA « agentique » ?

Au vu du nombre et de la qualité de ses signataires, la lettre ouverte a été très largement reprise telle quelle dans les médias, mais étonnamment très peu recontextualisée ni décryptée à l’aune de ce qu’en pensent les professionnels de la cybersécurité.

Plusieurs d’entre eux dénoncent pourtant une forme de panique morale ne reposant pas sur des menaces avérées et réellement exploitées par les pirates informatiques. Des menaces d’autant plus hypothétiques que les pirates n’ont ni accès aux modèles de langage dédiés à la cybersécurité d’OpenAI et d’Anthropic, ni aux budgets colossaux nécessaires pour les exploiter, et qui se chiffrent facilement en centaines de milliers de dollars.


Il reste 59% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

7 septembre 2026 à 10:41
Extinction du domaine de la lutte
Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.

Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.

Un revirement soudain

Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.

Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.

Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos prochesou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.

Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :

« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »

De nombreux soutiens affichés

L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).

Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.

« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).

Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.

Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.

Prévenir l’hypothèse du kill switch

Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.

Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.

L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.

Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

7 septembre 2026 à 10:41
Extinction du domaine de la lutte
Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.

Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.

Un revirement soudain

Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.

Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.

Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos prochesou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.

Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :

« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »

De nombreux soutiens affichés

L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).

Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.

« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).

Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.

Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.

Prévenir l’hypothèse du kill switch

Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.

Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.

L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.

❌