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Vue normale

La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine veut accueillir une paire d’EPR2

13 septembre 2026 à 06:04

Y aura-t-il bientôt quatre réacteurs nucléaires dans la centrale de Nogent-sur-Seine ? C’est en tout cas ce qu’espère la municipalité, qui vient de remettre officiellement sa candidature auprès d’EDF. L’emplacement des réacteurs de la deuxième phase de relance du nucléaire en France est attendu d’ici la fin de l’année. 

C’est en grande pompe que la ville de Nogent-sur-Seine a officiellement remis sa candidature à Bernard Fontana, PDG d’EDF, pour accueillir deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Selon la délégation qui s’est rendue au siège d’EDF pour présenter cette candidature, Nogent-sur-Seine a de nombreux arguments à faire valoir pour recevoir deux EPR2.

En plus d’être situé à une centaine de kilomètres de Paris, le site possède deux lacs réservoirs artificiels (Orient et Temple). Ces deux réservoirs représentent 400 millions de mètres cubes d’eau, et constituent une sécurité importante pour le bon fonctionnement des EPR2 en cas de trop faible débit de la Seine.

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Jackpot pour les quatre candidats sélectionnés

Après Penly, Gravelines et Bugey, EDF compte choisir quatre autres candidats pour poursuivre sa relance du nucléaire. Si le choix des sites pour cette seconde phase est attendu avant la fin de l’année, rien n’est encore joué. Les sites encore en lice sont :

– Nogent-sur-Seine,

– Chinon,

– Blayais,

– Golfech,

– Belleville-sur-Loire

– Tricastin Grand Sud

Pour ces villes, l’accueil de ces nouveaux EPR est d’une importance capitale. En effet, chaque chantier promet près de 10 milliards d’euros d’investissements sur le territoire, 10 000 emplois et au moins 10 ans de chantier. L’impact d’un tel projet à l’échelle de la commune et du département est donc gigantesque. Pour s’en convaincre, il suffit de se balader dans les villes et villages qui accueillent déjà une centrale nucléaire. Grâce à des taxes foncières très élevées, les communes ont pu bénéficier de budgets municipaux très élevés en plus d’être abreuvées d’emplois.

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Les chantiers nucléaires se multiplient dans le monde, mais les mises en service sont extrêment lentes

13 septembre 2026 à 04:51

En quelques années, le nucléaire a pris une part très importante dans les débats concernant la transition énergétique. Si cet engouement se traduit d’ores et déjà par une augmentation du nombre de réacteurs en construction, cette hausse est encore insuffisante pour réellement peser sur la décarbonation du mix électrique mondial.

L’organisation internationale World Nuclear Association (WNA) vient d’actualiser son inventaire des réacteurs en cours de construction à travers le monde, et les résultats obtenus sont riches en enseignements. Actuellement, on compterait près de 80 chantiers de réacteurs, soit 22 de plus qu’en 2024, lorsque nous avions établi une carte des réacteurs en construction. Cette augmentation spectaculaire se joue principalement en Asie, et en particulier en Chine.

On constate tout de même que si le nombre de chantiers augmente, présentement, la capacité nucléaire disponible peine à augmenter. Sur les 20 dernières années, on recense 111 réacteurs arrêtés pour 101 réacteurs mis en service. En 2024, 440 réacteurs répartis dans 31 pays produisaient 2667 TWh, soit à peine plus que le précédent record de production daté de 2006. Le nucléaire représente 9% du mix électrique mondial, mais l’installation de nouvelles capacités de production n’accélère pas, ce pourcentage pourrait baisser dans les années à venir.

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Le nucléaire conventionnel est toujours aussi difficile à déployer

Avec les objectifs de décarbonation à l’échelle mondiale, le nucléaire suscite un regain d’intérêt grâce aux fortes puissances des réacteurs nucléaires, leur production stable et le haut facteur de charge. Certains pays envisagent de franchir le cap du nucléaire pour la première fois (ou presque) de leur histoire. C’est le cas du Kazakhstan, de la Pologne, de l’Ouzbékistan ou du Vietnam, qui ont tous des projets en cours de développement. De leur côté, le Bangladesh, l’Égypte et la Turquie construisent actuellement leur première centrale.

Néanmoins, la marche du nucléaire est difficile à franchir pour de nombreux pays. Les centrales nucléaires sont des projets de très grande envergure, qui engendrent de nombreuses contraintes. Outre l’aspect financier, elles sont souvent bien plus puissantes que les autres types de centrales, en particulier thermiques. Leur installation a donc un impact massif sur le réseau de transport de l’électricité, qui doit être lourdement adapté.

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Une histoire de politique

En parallèle, les pays qui veulent se lancer n’ont souvent pas l’expertise nécessaire pour mener un programme nucléaire, ils doivent donc forger des partenariats avec les rares pays qui savent construire des centrales : le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, mais également la Chine et la Russie. D’ailleurs, ces deux derniers multiplient les accords avec de nombreux pays intéressés par le nucléaire et étendent ainsi leur influence par ces moyens. Dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, l’obligation de nouer des partenariats avec des acteurs parfois clivants peut freiner les pays concernés.

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