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Hausse de la climatisation, arrêts de réacteurs nucléaires : comment le réseau électrique français a passé l’été 2026 ?

Par : Hugo LARA
21 septembre 2026 à 15:21

Le gestionnaire du réseau électrique français RTE a dressé un premier bilan de l’été 2026. Une saison marquée par des vagues de chaleur intenses, une sécheresse persistante et une flambée des prix du gaz, qui a provoqué l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires et une utilisation accrue de la climatisation, sans toutefois affecter significativement le réseau.

Le bilan électrique de l'été 2026 en bref

Indicateur

Été 2026

Été 2025

Consommation brute d’électricité 📈

99,1 TWh

95,2 TWh

Production nucléaire 📉

83,7 TWh

84,4 TWh

Production hydroélectrique 📉

10,8 TWh

12,3 TWh

Production éolienne 📈

8,9 TWh

8,0 TWh

Production solaire 📈

15,1 TWh

12,5 TWh

Production thermique fossile 📈

4,1 TWh

2,6 TWh

Facteur de charge éolien terrestre 📈

14,4 %

13,6 %

Facteur de charge éolien en mer 📈

27,4 %

26,1 %

Solde exportateur 📉

23,7

24,7

Prix spot moyen 📈
(moyenne juillet et août)

109 €/MWh

~ 57 €/MWh

Avec l’hydraulique, la filière nucléaire a été parmi les plus affectées par les canicules de l’été 2026. Si la disponibilité globale du parc nucléaire est restée supérieure à certaines années précédentes, les contraintes climatiques ont tout de même bridé sa production. Jusqu’à 13,4 gigawatts (GW) cumulés d’indisponibilités ont été relevés au pic de l’été, pour plus de 10 térawattheures (TWh) de production perdue. C’est un record, devant 2003 (environ 6 TWh) et 2020 (3 TWh).

En cause : les seuils réglementaires sur le débit et la température des cours d’eau, qui ont concerné notamment les centrales de Chooz, Saint-Alban, Golfech, Bugey et Cattenom, ainsi qu’un épisode de prolifération de méduses à Gravelines. Au total, 15 réacteurs ont été touchés, soit 21 % du parc nucléaire français. Malgré ces aléas, la production nucléaire est restée quasiment identique aux années précédentes, avec 83,7 TWh entre juin et août, contre 83,5 TWh en 2024 et 84,4 TWh en 2025.

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L’hydroélectricité, seule énergie renouvelable touchée par la sécheresse

La production hydraulique s’inscrit comme la deuxième plus faible depuis 50 ans, avec 10,8 TWh entre juin et aout contre 12,8 TWh l’année dernière à la même période. Le stock d’eau est au plus bas depuis une dizaine d’années, indique RTE, qui précise toutefois qu’aucun lien direct n’existe entre le niveau de stock et la capacité de mobilisation en pointe hivernale.

À l’inverse, l’éolien (8,9 TWh) et surtout le solaire (15,1 TWh, contre 12,5 en 2025) progressent, portés par la croissance du parc et un facteur de charge légèrement supérieur. Aucun effet systématique des canicules n’est observé sur ces filières, d’après le gestionnaire du réseau électrique français. Le facteur de charge éolien est statistiquement un peu plus faible en période de chaleur, sans régularité d’une vague à l’autre, tandis que l’ensoleillement compense largement la perte de rendement des panneaux photovoltaïques causée par la chaleur.

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Les centrales à gaz sollicitées en soirée

Cet été, le recours aux centrales à gaz a augmenté, avec 4,1 TWh produits contre 2,6 TWh en 2025. Un niveau qui reste cependant inférieur à ceux observés en moyenne sur la période 2014-2019. Le fonctionnement de ces centrales suit un profil désormais très spécifique, concentré en soirée, lorsque la production solaire décroît alors que les besoins de climatisation restent très élevés en raison de la chaleur accumulée.

Côté échanges d’électricité avec nos voisins européens, la France est restée exportatrice 99,9 % du temps (elle a été importatrice nette seulement un peu plus de deux heures sur tout l’été), avec 23,7 TWh exportés, un niveau comparable aux deux étés précédents.

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Des prix de l’électricité qui s’envolent, tirés par le gaz

Portés par l’envolée des prix du gaz liée au conflit en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz, les prix spot ont atteint 95,2 €/MWh en juillet et 122,8 €/MWh en août, parmi les plus hauts jamais observés depuis 2022 (où l’électricité avait atteint jusqu’à 600 €/MWh certaines semaines). Si l’envolée des prix spot semble inquiétante, RTE assure qu’ils fluctuent énormément selon la météo et qu’il a peu d’impact sur la facture des consommateurs, contrairement aux marchés à terme.

Sur ces derniers, l’analyse du gestionnaire est plus rassurante : l’écart avec l’Allemagne (environ 40 €/MWh) reste stable, davantage encore avec le Royaume-Uni ou l’Italie (plus de 50 €/MWh), seule l’Espagne affichant des niveaux comparables.

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Voitures électriques et climatiseurs n’ont pas (encore) saturé le réseau

L’essor des ventes de voitures électriques et l’utilisation prononcée de la climatisation n’ont pas eu d’effet sensible sur le réseau cet été, d’après RTE. Le gestionnaire explique que les ventes de voitures électriques n’ont, à ce stade, qu’un effet marginal sur la consommation d’électricité. Leur impact se fera d’abord sentir sur la baisse de la consommation de carburants, avant un effet significatif sur l’électricité, attendu vers 2030, assure le gestionnaire. Par ailleurs, aucun pic de consommation notable n’a été observé lors des chassés-croisés estivaux, où les puissantes stations de recharge rapide ont été très sollicitées.

Du côté de la climatisation, RTE reconnaît un « phénomène structurel » amené à augmenter la consommation estivale, sans toutefois inverser à moyen terme la pointe hivernale française (90 GW l’hiver contre 60 GW cet été).

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Cette start-up franco-italienne veut lancer une barge nucléaire de 30 MW

21 septembre 2026 à 05:24

Et si l’avenir du nucléaire se jouait sur l’eau ? Les projets de centrales nucléaires flottantes se multiplient, et la France est bel et bien dans la course grâce à un projet mené par trois entreprises françaises, avec Newcleo en tête. Objectif : déployer une solution industrielle opérationnelle d’ici 2036.

En matière de nucléaire, Newcleo est sur tous les fronts. En plus d’un SMR de 30 MWe sur le site nucléaire de Chinon, et d’une usine MOX à Nogent-sur-Seine, la startup franco-italienne travaille au développement d’une barge nucléaire. Pour ce projet, baptisé N-Floating, elle s’est associée à deux autres entreprises françaises de renom : l’organisme de certification Bureau Veritas Marine & Offshore, et l’ingénieriste ABMI. Le trio vient de recevoir une subvention d’un million d’euros de la part de BPI France dans le cadre du programme « Soutenir la décarbonation du secteur maritime français ».

Dans le détail, le projet consiste à étudier la faisabilité et l’intérêt d’unités flottantes non automotrices capables d’accueillir plusieurs petits réacteurs nucléaires. Il s’agirait du modèle LFR-AS-200, un réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb (RNR-pb) développé par Newcleo, qui utilise du combustible de type MOX.

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Un déploiement espéré pour 2036

Cette étude de faisabilité doit durer 18 mois, et devrait notamment s’appuyer sur une longue expérience acquise dans l’industrie pétrolière et gazière. À l’instar de la barge nucléaire russe Akademik Lomonosov, d’une puissance de 70 MWe, l’objectif de ce projet est de mettre en œuvre une solution nucléaire permettant l’alimentation des régions isolées, des ports, ou encore des centres industriels côtiers. Une telle barge pourrait également répondre à des usages énergivores comme la production de carburant synthétique ou le dessalement de l’eau.

À l’issue des 18 mois, le projet N-Floating doit aboutir à une feuille de route organisant un potentiel déploiement industriel à l’horizon 2036.

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