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Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

30 septembre 2026 à 15:51
Et tant pis pour l'adaptation climatique
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Malgré les dispositions de la directive relative à l’efficacité énergétique, un consortium de journalistes démontre l’incapacité, voire la mauvaise volonté de la Commission européenne et des États membres à faire la transparence sur les impacts environnementaux des centres de données. Lighthouse Reports se tourne désormais vers la Convention d’Aarhus, qui impose des obligations juridiques de transparence à ses signataires.

Quel est l’impact environnemental des centres de données installés en Europe ? La question est répétée, de manière lancinante, auprès des opérateurs européens ou internationaux, auprès des géants numériques qui multiplient les projets, y compris en France : en Alsace, dans le Centre Val-De-Loire, en Seine-et-Marne, auprès des administrations.

Et, quand bien même les règlements européens prévoient que les centres de données envoient les données relatives à leur usage en eau, en électricité, leur recours aux énergies renouvelables ou leur réutilisation de chaleur fatale à la Commission européenne, seulement 36 % les transmettent effectivement. Comme Next le détaillait récemment, sur ces données finalement récupérées, seulement 70,1 % sont jugées fiables. Ne parlons même pas des bilans volontaires des géants du Net qui ne sont loin de donner toutes les informations importantes et contiennent en plus des erreurs.

Alors que l’Europe vient de proposer officiellement un barème de notation des centres de données de A à G, en fonction de leurs impacts, le consortium Investigate Europe révélait au mois d’avril que les pratiques de confidentialité adoptées par Bruxelles correspondent directement aux demandes formulées par Microsoft et Digital Europe, le lobby du numérique dont Meta, CapGemini, NVIDIA et Google comptent parmi les membres.

Pour obtenir malgré tout des informations plus précises, un autre consortium d’investigation, Lighthouse Reports, s’est tourné vers la justice. Au fil de plusieurs mois d’enquête, celui-ci constate, dans les pages de Mediapart, d’El Confidencial, d’Il Manifesto et d’autres médias européens, qu’un voile de silence s’oppose à la publication d’informations précises sur les impacts environnementaux des centres de données.

Face aux refus d’accéder aux demandes d’information, la Convention d’Aarhus

Son réseau d’enquêteurs a soumis des demandes d’accès aux documents administratifs des 27 États membres pour demander la publication des informations relatives à tous les indicateurs prévus par la directive relative à l’efficacité énergétique (DEE).

Ce texte a été révisé en septembre 2023, moins d’un an après le lancement public de ChatGPT (OpenAI), à peine six mois après celui de Claude (Anthropic). C’est en vertu de ces dispositions que les citoyennes et citoyens européens peuvent demander l’accès aux données relatives à la consommation énergétique et d’eau des centres de données, à leurs émissions de chaleur fatale, à l’énergie nécessaire pour refroidir les bâtiments, au type de réfrigérants et de systèmes d’air conditionné utilisés, etc.

En octobre 2025, alors qu’un rapport technique de la Commission décrivait le reporting et la transparence des consommations énergétiques comme « fondamentalement important pour l’estimation correcte de la soutenabilité », Lighthouse reports indique avoir constaté un refus global de transmettre ces éléments.

Dans un courrier échangé avec la Commission, la Slovénie indique par exemple n’avoir « rien reçu » et demande conseil sur la manière de faire. Au total, dix pays indiquent ne pas disposer des informations en question – ce qui signifie qu’ils ne contrôlent pas les impacts environnementaux des centres de données de leur territoire.

Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne
Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne

Et si plusieurs pays, dont la France, voient leurs commissions chargées de la transparence rendre des avis positifs sur la diffusion de ces informations, plusieurs entreprises citent le secret des affaires pour éviter de les partager.

Faute de meilleur résultat, de la part des États membres comme de la Commission, Lighthouse Reports a entrepris d’interroger le comité de conformité à la Convention d’Aarhus. Signé en 1998, ce traité international garantit en effet que le public accède aux informations environnementales.

Données environnementales contre protection des intérêts commerciaux

En France, l’entité chargée de collecter et de transmettre ces données à la Commission européenne est l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). Auprès de Mediapart, le ministère de la Transition écologique n’en souligne pas moins la nécessaire « mise en balance » à effectuer entre l’intérêt de diffuser les informations environnementales relatives à ces établissements et la « protection des intérêts commerciaux ainsi que la confidentialité des informations des exploitants ».

Concrètement, cela signifie que l’Arcep peut fournir les « données relatives aux performances énergétiques et environnementales », mais pas les informations administratives qui permettraient de les relier aux bons bâtiments. En l’espèce, le journal français indique avoir finalement reçu un tableau de « près de 163 lignes et 28 colonnes », mais dont « tous les indicateurs sont mélangés, selon un ordre aléatoire ». Impossible, dans ces conditions, d’attribuer correctement les impacts énergétiques, de température ou de consommation d’eau.

Cette logique kafkaïenne est d’ailleurs loin de ne concerner que les médias : présidente du groupe Les Écologistes à l’Assemblée nationale, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les vulnérabilités du système numérique, Cyrielle Chatelain indique avoir elle aussi eu maille à partir avec le secret des affaires. Citant les commandes réalisées par les administrations auprès de fournisseurs états-uniens comme Microsoft ou Oracle, elle qualifie la situation de « délirante », dans la mesure où il devient impossible de publier des informations relatives à l’usage de l’argent public.

Dans les autres pays, la situation n’est pas meilleure : l’Allemagne a ainsi mis neuf mois avant d’envoyer sa réponse, qui renvoyait les journalistes vers une base de données publique, par ailleurs incomplète. L’Italie a déclaré ne pas disposer des éléments demandés, quand bien même le pays les avait transmis à Bruxelles. Aux Pays-Bas, l’Agence néerlandaise des entreprises, chargée de collecter les informations, a transmis une liste de 104 bâtiments, alors que l’association locale des data centers déclarait compter 185 centres de données commerciaux d’une capacité de 500 kW minimum sur le territoire.

« Nous ne pensons pas que ce mur de silence soit le fruit du hasard, écrit Lighthouse Reports dans le mémoire soumis ce 28 septembre à la commission de la transparence de la Convention d’Aarhus. Au contraire, on observe chez les décideurs politiques de toute l’Union européenne une volonté claire et constante de nier ou d’entraver l’accès aux informations relatives aux performances des centres de données et à leurs impacts environnementaux, et d’en brouiller la compréhension. » Depuis 2023, relève le consortium d’enquêteurs, le budget du principal lobby des centres de données en Europe, la European Data Centre Association, a été multiplié par huit.

Alors qu’au début des années 2020, l’essentiel des géants numériques avaient pris des engagements pour lutter contre leurs impacts environnementaux, six ans et une vague de l’IA plus tard, même les financiers des sociétés spécialisées dans les technologies climatiques ne s’en cachent plus : « la décarbonation est morte ». C’est du moins ce qu’a lancé Sophie Purdom, fondatrice de la société de capital-risque Planeteer, au Wall Street Journal. Plutôt que de se concentrer sur le financement de solutions dédiées à lutter contre les émissions carbone, son secteur se focalise, lui aussi, sur l’IA. Autrement dit, dans ce cas précis : sur les manières de fournir son infrastructure, en particulier les centres de données, en énergie.

À Cannes, lors du sommet DataCloud qui réunissait les pontes de l’industrie des centres de données, le PDG de la société américaine QTS DataCenter, Thomas Greason, s’est de son côté moqué des « hommes des cavernes » (« Citizens against virtually everything », dont les initiales forment, en anglais, le mot CAVE, caverne). L’idée : faire passer les citoyens qui seraient « contre tout », et surtout contre les data centers, pour des gens du passé.

Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

30 septembre 2026 à 15:51
Et tant pis pour l'adaptation climatique
Datacenters : de l’Europe aux États membres, personne n’impose la transparence

Malgré les dispositions de la directive relative à l’efficacité énergétique, un consortium de journalistes démontre l’incapacité, voire la mauvaise volonté de la Commission européenne et des États membres à faire la transparence sur les impacts environnementaux des centres de données. Lighthouse Reports se tourne désormais vers la Convention d’Aarhus, qui impose des obligations juridiques de transparence à ses signataires.

Quel est l’impact environnemental des centres de données installés en Europe ? La question est répétée, de manière lancinante, auprès des opérateurs européens ou internationaux, auprès des géants numériques qui multiplient les projets, y compris en France : en Alsace, dans le Centre Val-De-Loire, en Seine-et-Marne, auprès des administrations.

Et, quand bien même les règlements européens prévoient que les centres de données envoient les données relatives à leur usage en eau, en électricité, leur recours aux énergies renouvelables ou leur réutilisation de chaleur fatale à la Commission européenne, seulement 36 % les transmettent effectivement. Comme Next le détaillait récemment, sur ces données finalement récupérées, seulement 70,1 % sont jugées fiables. Ne parlons même pas des bilans volontaires des géants du Net qui ne sont loin de donner toutes les informations importantes et contiennent en plus des erreurs.

Alors que l’Europe vient de proposer officiellement un barème de notation des centres de données de A à G, en fonction de leurs impacts, le consortium Investigate Europe révélait au mois d’avril que les pratiques de confidentialité adoptées par Bruxelles correspondent directement aux demandes formulées par Microsoft et Digital Europe, le lobby du numérique dont Meta, CapGemini, NVIDIA et Google comptent parmi les membres.

Pour obtenir malgré tout des informations plus précises, un autre consortium d’investigation, Lighthouse Reports, s’est tourné vers la justice. Au fil de plusieurs mois d’enquête, celui-ci constate, dans les pages de Mediapart, d’El Confidencial, d’Il Manifesto et d’autres médias européens, qu’un voile de silence s’oppose à la publication d’informations précises sur les impacts environnementaux des centres de données.

Face aux refus d’accéder aux demandes d’information, la Convention d’Aarhus

Son réseau d’enquêteurs a soumis des demandes d’accès aux documents administratifs des 27 États membres pour demander la publication des informations relatives à tous les indicateurs prévus par la directive relative à l’efficacité énergétique (DEE).

Ce texte a été révisé en septembre 2023, moins d’un an après le lancement public de ChatGPT (OpenAI), à peine six mois après celui de Claude (Anthropic). C’est en vertu de ces dispositions que les citoyennes et citoyens européens peuvent demander l’accès aux données relatives à la consommation énergétique et d’eau des centres de données, à leurs émissions de chaleur fatale, à l’énergie nécessaire pour refroidir les bâtiments, au type de réfrigérants et de systèmes d’air conditionné utilisés, etc.

En octobre 2025, alors qu’un rapport technique de la Commission décrivait le reporting et la transparence des consommations énergétiques comme « fondamentalement important pour l’estimation correcte de la soutenabilité », Lighthouse reports indique avoir constaté un refus global de transmettre ces éléments.

Dans un courrier échangé avec la Commission, la Slovénie indique par exemple n’avoir « rien reçu » et demande conseil sur la manière de faire. Au total, dix pays indiquent ne pas disposer des informations en question – ce qui signifie qu’ils ne contrôlent pas les impacts environnementaux des centres de données de leur territoire.

Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne
Datacenters qui ont envoyés des données à la Commission européenne

Et si plusieurs pays, dont la France, voient leurs commissions chargées de la transparence rendre des avis positifs sur la diffusion de ces informations, plusieurs entreprises citent le secret des affaires pour éviter de les partager.

Faute de meilleur résultat, de la part des États membres comme de la Commission, Lighthouse Reports a entrepris d’interroger le comité de conformité à la Convention d’Aarhus. Signé en 1998, ce traité international garantit en effet que le public accède aux informations environnementales.

Données environnementales contre protection des intérêts commerciaux

En France, l’entité chargée de collecter et de transmettre ces données à la Commission européenne est l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep). Auprès de Mediapart, le ministère de la Transition écologique n’en souligne pas moins la nécessaire « mise en balance » à effectuer entre l’intérêt de diffuser les informations environnementales relatives à ces établissements et la « protection des intérêts commerciaux ainsi que la confidentialité des informations des exploitants ».

Concrètement, cela signifie que l’Arcep peut fournir les « données relatives aux performances énergétiques et environnementales », mais pas les informations administratives qui permettraient de les relier aux bons bâtiments. En l’espèce, le journal français indique avoir finalement reçu un tableau de « près de 163 lignes et 28 colonnes », mais dont « tous les indicateurs sont mélangés, selon un ordre aléatoire ». Impossible, dans ces conditions, d’attribuer correctement les impacts énergétiques, de température ou de consommation d’eau.

Cette logique kafkaïenne est d’ailleurs loin de ne concerner que les médias : présidente du groupe Les Écologistes à l’Assemblée nationale, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les vulnérabilités du système numérique, Cyrielle Chatelain indique avoir elle aussi eu maille à partir avec le secret des affaires. Citant les commandes réalisées par les administrations auprès de fournisseurs états-uniens comme Microsoft ou Oracle, elle qualifie la situation de « délirante », dans la mesure où il devient impossible de publier des informations relatives à l’usage de l’argent public.

Dans les autres pays, la situation n’est pas meilleure : l’Allemagne a ainsi mis neuf mois avant d’envoyer sa réponse, qui renvoyait les journalistes vers une base de données publique, par ailleurs incomplète. L’Italie a déclaré ne pas disposer des éléments demandés, quand bien même le pays les avait transmis à Bruxelles. Aux Pays-Bas, l’Agence néerlandaise des entreprises, chargée de collecter les informations, a transmis une liste de 104 bâtiments, alors que l’association locale des data centers déclarait compter 185 centres de données commerciaux d’une capacité de 500 kW minimum sur le territoire.

« Nous ne pensons pas que ce mur de silence soit le fruit du hasard, écrit Lighthouse Reports dans le mémoire soumis ce 28 septembre à la commission de la transparence de la Convention d’Aarhus. Au contraire, on observe chez les décideurs politiques de toute l’Union européenne une volonté claire et constante de nier ou d’entraver l’accès aux informations relatives aux performances des centres de données et à leurs impacts environnementaux, et d’en brouiller la compréhension. » Depuis 2023, relève le consortium d’enquêteurs, le budget du principal lobby des centres de données en Europe, la European Data Centre Association, a été multiplié par huit.

Alors qu’au début des années 2020, l’essentiel des géants numériques avaient pris des engagements pour lutter contre leurs impacts environnementaux, six ans et une vague de l’IA plus tard, même les financiers des sociétés spécialisées dans les technologies climatiques ne s’en cachent plus : « la décarbonation est morte ». C’est du moins ce qu’a lancé Sophie Purdom, fondatrice de la société de capital-risque Planeteer, au Wall Street Journal. Plutôt que de se concentrer sur le financement de solutions dédiées à lutter contre les émissions carbone, son secteur se focalise, lui aussi, sur l’IA. Autrement dit, dans ce cas précis : sur les manières de fournir son infrastructure, en particulier les centres de données, en énergie.

À Cannes, lors du sommet DataCloud qui réunissait les pontes de l’industrie des centres de données, le PDG de la société américaine QTS DataCenter, Thomas Greason, s’est de son côté moqué des « hommes des cavernes » (« Citizens against virtually everything », dont les initiales forment, en anglais, le mot CAVE, caverne). L’idée : faire passer les citoyens qui seraient « contre tout », et surtout contre les data centers, pour des gens du passé.

Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

30 septembre 2026 à 14:44
"They're not loot boxes, they're surprise mechanics"
Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

Placé sous l’égide de Bruxelles, le réseau européen des autorités nationales de protection des consommateurs lance une série d’actions coordonnées contre dix éditeurs de jeux vidéo dont Blizzard, Ubisoft, Riot et Supercell. Elles ciblent principalement les monnaies virtuelles et cherchent à aboutir à l’application de principes tels que la transparence sur les prix, le respect du droit de rétractation ou la protection des joueurs vulnérables.

Après les tentatives de persuasion et les guides de bonnes pratiques, place à des démarches plus vindicatives : le réseau de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC), coordonné par la Commission européenne, a annoncé mercredi le lancement d’une série d’actions coordonnées visant à assainir les pratiques des éditeurs de jeux vidéo en matière de monnaies virtuelles.

Une action coordonnée pour assainir les pratiques

Le réseau CPC rappelle qu’il a déjà tenté d’initier un échange avec les éditeurs de jeux vidéo au sujet des monnaies virtuelles. À cette fin et en parallèle d’une action déjà engagée contre l’éditeur du jeu Star Stable Online (simulateur d’équitation), il avait notamment publié au printemps 2025 un guide des « principes clés des monnaies virtuelles dans les jeux ».

Problème : selon le réseau CPC, « le dialogue n’a pas donné de résultats satisfaisants », ce qui a conduit ses membres à analyser les pratiques des éditeurs en la matière. Il en tire une liste de jeux qui devraient, selon lui, faire l’objet d’une évaluation plus approfondie. Sur cette base, le réseau annonce l’ouverture d’actions contre neuf éditeurs, chacun d’entre eux étant visé pour au moins un jeu.

Dans le lot figurent Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King.com (Candy Crush), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt : Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium Europe (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).

Le réseau CPC indique par ailleurs mener une action spécifique à l’encontre d’Activision Blizzard (via sa filiale britannique) « afin de garantir le respect de la législation de l’UE en matière de protection des consommateurs dans les jeux Diablo Immortal et Call of Duty Mobile ».

Ces actions visent, selon le réseau CPC, à garantir l’application des principes qu’il prônait dans son guide de 2025, à savoir principalement la transparence des prix (montrer le prix réel d’un objet en jeu, ne pas masquer les coûts associés, fournir une information claire et complète).

Ils appellent également à renforcer la lutte contre les mécaniques d’incitation (qui poussent à acheter de grandes quantités de monnaie virtuelle), le respect du droit de rétractation de 14 jours (y compris pour les monnaies non utilisées) et la protection des consommateurs vulnérables, notamment les enfants.

Dans une déclaration conjointe, les membres du réseau ajoutent vouloir vérifier la conformité de certaines techniques susceptibles d’être qualifiées de trompeuses (dark patterns) telles que les comptes à rebours, la fausse rareté des objets virtuels, ou les systèmes de récompense variable (les fameuses loot boxes).

Un coup de semonce, en attendant des procédures nationales ?

Reste à voir quelle sera la portée réelle de cette action conjointe qui, pour l’instant, fait surtout office de nouveau coup de semonce.

Le réseau CPC s’appuie en effet sur le règlement du même nom (2017/2394) qui permet aux autorités nationales (dont la DGCCRF pour la France) d’agir ensemble contre des infractions généralisées, qui touchent tout ou partie des États membres. Dans ce contexte, la Commission européenne coordonne l’ensemble, mais c’est tout de même aux autorités nationales qu’il revient « d’ouvrir des enquêtes ou des procédures de leur propre initiative si elles apprennent l’existence d’infractions couvertes par le présent règlement ».

« Environ la moitié des Européens jouent à des jeux vidéo, remarque dans un communiqué Michael McGrath, commissaire européen à la démocratie, à la justice, à l’état de droit et à la protection des consommateurs. Avec cette portée vient la responsabilité. L’industrie doit veiller à ce que ses jeux n’exposent pas les joueurs – en particulier les enfants – à des pratiques néfastes ou déloyales ».

Le sujet a notamment été porté à l’attention de l’exécutif européen par les associations de consommateurs. Que Choisir Ensemble (qui s’appelait alors UFC-Que Choisir) a par exemple saisi la DGCCRF et la Commission européenne contre la présence et l’usage de monnaies virtuelles dans des jeux vidéo comme Diablo IV, Fortnite ou encore Minecraft en septembre 2024.

Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

30 septembre 2026 à 14:44
"They're not loot boxes, they're surprise mechanics"
Jeux vidéo : Bruxelles passe de la persuasion à l’action coordonnée sur les monnaies virtuelles

Placé sous l’égide de Bruxelles, le réseau européen des autorités nationales de protection des consommateurs lance une série d’actions coordonnées contre dix éditeurs de jeux vidéo dont Blizzard, Ubisoft, Riot et Supercell. Elles ciblent principalement les monnaies virtuelles et cherchent à aboutir à l’application de principes tels que la transparence sur les prix, le respect du droit de rétractation ou la protection des joueurs vulnérables.

Après les tentatives de persuasion et les guides de bonnes pratiques, place à des démarches plus vindicatives : le réseau de coopération en matière de protection des consommateurs (CPC), coordonné par la Commission européenne, a annoncé mercredi le lancement d’une série d’actions coordonnées visant à assainir les pratiques des éditeurs de jeux vidéo en matière de monnaies virtuelles.

Une action coordonnée pour assainir les pratiques

Le réseau CPC rappelle qu’il a déjà tenté d’initier un échange avec les éditeurs de jeux vidéo au sujet des monnaies virtuelles. À cette fin et en parallèle d’une action déjà engagée contre l’éditeur du jeu Star Stable Online (simulateur d’équitation), il avait notamment publié au printemps 2025 un guide des « principes clés des monnaies virtuelles dans les jeux ».

Problème : selon le réseau CPC, « le dialogue n’a pas donné de résultats satisfaisants », ce qui a conduit ses membres à analyser les pratiques des éditeurs en la matière. Il en tire une liste de jeux qui devraient, selon lui, faire l’objet d’une évaluation plus approfondie. Sur cette base, le réseau annonce l’ouverture d’actions contre neuf éditeurs, chacun d’entre eux étant visé pour au moins un jeu.

Dans le lot figurent Riot Games (Valorant), Mojang (Minecraft), Ubisoft (For Honor), King.com (Candy Crush), Supercell (Clash of Clans), Crytek (Hunt : Showdown 1896), InnoGames (Forge of Empires), Plarium Europe (Mech Arena) et PLR Worldwide Sales (Gardenscapes).

Le réseau CPC indique par ailleurs mener une action spécifique à l’encontre d’Activision Blizzard (via sa filiale britannique) « afin de garantir le respect de la législation de l’UE en matière de protection des consommateurs dans les jeux Diablo Immortal et Call of Duty Mobile ».

Ces actions visent, selon le réseau CPC, à garantir l’application des principes qu’il prônait dans son guide de 2025, à savoir principalement la transparence des prix (montrer le prix réel d’un objet en jeu, ne pas masquer les coûts associés, fournir une information claire et complète).

Ils appellent également à renforcer la lutte contre les mécaniques d’incitation (qui poussent à acheter de grandes quantités de monnaie virtuelle), le respect du droit de rétractation de 14 jours (y compris pour les monnaies non utilisées) et la protection des consommateurs vulnérables, notamment les enfants.

Dans une déclaration conjointe, les membres du réseau ajoutent vouloir vérifier la conformité de certaines techniques susceptibles d’être qualifiées de trompeuses (dark patterns) telles que les comptes à rebours, la fausse rareté des objets virtuels, ou les systèmes de récompense variable (les fameuses loot boxes).

Un coup de semonce, en attendant des procédures nationales ?

Reste à voir quelle sera la portée réelle de cette action conjointe qui, pour l’instant, fait surtout office de nouveau coup de semonce.

Le réseau CPC s’appuie en effet sur le règlement du même nom (2017/2394) qui permet aux autorités nationales (dont la DGCCRF pour la France) d’agir ensemble contre des infractions généralisées, qui touchent tout ou partie des États membres. Dans ce contexte, la Commission européenne coordonne l’ensemble, mais c’est tout de même aux autorités nationales qu’il revient « d’ouvrir des enquêtes ou des procédures de leur propre initiative si elles apprennent l’existence d’infractions couvertes par le présent règlement ».

« Environ la moitié des Européens jouent à des jeux vidéo, remarque dans un communiqué Michael McGrath, commissaire européen à la démocratie, à la justice, à l’état de droit et à la protection des consommateurs. Avec cette portée vient la responsabilité. L’industrie doit veiller à ce que ses jeux n’exposent pas les joueurs – en particulier les enfants – à des pratiques néfastes ou déloyales ».

Le sujet a notamment été porté à l’attention de l’exécutif européen par les associations de consommateurs. Que Choisir Ensemble (qui s’appelait alors UFC-Que Choisir) a par exemple saisi la DGCCRF et la Commission européenne contre la présence et l’usage de monnaies virtuelles dans des jeux vidéo comme Diablo IV, Fortnite ou encore Minecraft en septembre 2024.

Trump enterre toute régulation de l’IA, misant sur… la « responsabilité » des acteurs

30 septembre 2026 à 11:03
Supercalifragilisticexpialidocintelligence !
Bruxelles cherche à taxer les grandes entreprises américaines du numérique sans les nommer

Donald Trump veut assurer à l’écosystème de la tech états-unienne qu’il n’y aura pas de régulation juridique de l’IA. Rassemblant les CEO milliardaires de la tech pour un déjeuner, il leur a fait signer à la place un accord « contraignant moralement » mais pas légalement. Au passage, le dirigeant américain officialise le remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans toutes les communications officielles fédérales des États-Unis.

Donald Trump a réuni une vingtaine de CEO du numérique états-unien pour un déjeuner ce mardi 29 septembre et en est ressorti avec la promesse qu’il avait déjà martelée de ne pas ajouter de loi contraignant les entreprises d’IA, mais aussi un accord qu’il qualifie de « contraignant moralement ».

Autour de lui, le dirigeant des États-Unis avait notamment rassemblé les dirigeants milliardaires des principales entreprises de l’IA : Elon Musk, bien sûr, mais aussi Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Jensen Huang, Satya Nadella, Sundar Pichai, Alex Karp et même Dario Amodei (avec lequel il s’est confronté médiatiquement en début d’année). OpenAI était aussi présente, représentée par son président Greg Brockman et non son CEO Sam Altman.

Droit dans ses bottes contre de nouvelles lois

Face à une contestation croissante aux États-Unis contre la construction de data centers sur le territoire pour supporter les besoins de l’IA et à des demandes venant des deux camps politiques de réguler, Donald Trump a réaffirmé son opposition à tout renfort légal sur le sujet.

Pourtant son ancien conseiller Steve Bannon s’est même affiché récemment dans une alliance baroque au côté du sénateur de gauche Bernie Sanders pour dénoncer les milliardaires cités plus haut et exhorter les Américains à exiger des lois plus strictes pour encadrer l’intelligence artificielle.

Donald Trump s’est au contraire affiché très solidaire des dirigeants de ces entreprises tout en mettant en scène son pouvoir sur eux, les faisant défiler devant les caméras après le déjeuner et qualifiant, par exemple, de façon ironique le CEO de Google, Sundar Pichai de « monstre » que « personne ne connaît », comme le raconte le Financial Times.

Trump soutient une autorégulation des entreprises d’IA

Au lieu de nouvelles lois, le dirigeant des États-Unis préfère laisser ces entreprises à une autorégulation qu’il qualifie de « formidable ». Rappelons que ces entreprises ont revendiqué avoir laissé plusieurs fois leur IA attaquer des sites du gouvernement états-unien, australien ou d’autres entreprises. Concernant l’environnement, leur autorégulation semble aussi défaillante. Ainsi, par exemple, xAI (maintenant nommé SpaceXAI) a outrepassé les réglementations locales en utilisant des générateurs illégaux au gaz pour alimenter ses centres de données. Sans parler de leurs rapports environnementaux au mieux incomplets et faux, au pire sans données utiles.

Donald Trump a voulu quand même faire signer à ces dirigeants d’entreprises du numérique un accord dont il a diffusé le texte sur son réseau social.

Interrogé lors de sa conférence de presse par une journaliste sur la possibilité que cet accord soit « contraignant d’une quelconque manière », Donald Trump a affirmé qu’il était « moralement contraignant », signifiant en creux que les dirigeants ne s’étaient pas engagés de façon juridique sur le sujet.

Dans ce texte, les signataires « [estiment] que chaque entreprise devrait mettre en œuvre les quatre niveaux de contrôles et d’audits suivants :

  • Mettre en œuvre des contrôles internes robustes pour surveiller les capacités et la conformité des modèles lors de la formation et du déploiement dans des domaines tels que la cybersécurité, la biosécurité et les menaces chimiques, et pour garantir que ces modèles ne piratent pas les systèmes techniques ou n’y accèdent pas de manière non autorisée.
  • Constituer une équipe interne chargée de veiller au bon fonctionnement de l’ensemble des contrôles, de la surveillance et de la détection, et de corriger tout problème rencontré.
  • Collaborer avec un auditeur ou un évaluateur externe indépendant pour réaliser des évaluations indépendantes du bon fonctionnement des contrôles, de la surveillance et de la détection.
  • Désigner un comité indépendant du conseil d’administration chargé de superviser les équipes chargées des contrôles, de recevoir les rapports des auditeurs et évaluateurs internes et externes, et de veiller à la résolution de tout problème identifié ».

Trump veut imposer un nouveau terme pour parler d’intelligence artificielle

En parallèle, Donald Trump en a profité pour publier son texte officiel qui met en pratique l’annonce du remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans tous les documents officiels fédéraux pour représenter ce qu’il considère être une « nouvelle ère » dans laquelle ce terme mettrait « en lumière la promesse, le potentiel et les capacités en constante évolution de ces technologies ».

La Maison Blanche a aussi accompagné ces annonces d’un nouveau chatbot officiel sur America.gov qui doit être le « portail numérique unifié vers le gouvernement fédéral pour chaque individu aux États-Unis recherchant des informations ou des services fédéraux », selon l’executive order qui le rend officiel.

L’agence de presse Associated Press a déjà remarqué que ce chatbot, qui s’appuie sur des sources gouvernementales et qui est animé par Gemini de Google, contredit bon nombre des déclarations du dirigeant.

Trump enterre toute régulation de l’IA, misant sur… la « responsabilité » des acteurs

30 septembre 2026 à 11:03
Supercalifragilisticexpialidocintelligence !
Donald Trump nomme un tsar de l’IA et crée une Super Intelligence Force

Donald Trump veut assurer à l’écosystème de la tech états-unienne qu’il n’y aura pas de régulation juridique de l’IA. Rassemblant les CEO milliardaires de la tech pour un déjeuner, il leur a fait signer à la place un accord « contraignant moralement » mais pas légalement. Au passage, le dirigeant américain officialise le remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans toutes les communications officielles fédérales des États-Unis.

Donald Trump a réuni une vingtaine de CEO du numérique états-unien pour un déjeuner ce mardi 29 septembre et en est ressorti avec la promesse qu’il avait déjà martelée de ne pas ajouter de loi contraignant les entreprises d’IA, mais aussi un accord qu’il qualifie de « contraignant moralement ».

Autour de lui, le dirigeant des États-Unis avait notamment rassemblé les dirigeants milliardaires des principales entreprises de l’IA : Elon Musk, bien sûr, mais aussi Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Jensen Huang, Satya Nadella, Sundar Pichai, Alex Karp et même Dario Amodei (avec lequel il s’est confronté médiatiquement en début d’année). OpenAI était aussi présente, représentée par son président Greg Brockman et non son CEO Sam Altman.

Droit dans ses bottes contre de nouvelles lois

Face à une contestation croissante aux États-Unis contre la construction de data centers sur le territoire pour supporter les besoins de l’IA et à des demandes venant des deux camps politiques de réguler, Donald Trump a réaffirmé son opposition à tout renfort légal sur le sujet.

Pourtant son ancien conseiller Steve Bannon s’est même affiché récemment dans une alliance baroque au côté du sénateur de gauche Bernie Sanders pour dénoncer les milliardaires cités plus haut et exhorter les Américains à exiger des lois plus strictes pour encadrer l’intelligence artificielle.

Donald Trump s’est au contraire affiché très solidaire des dirigeants de ces entreprises tout en mettant en scène son pouvoir sur eux, les faisant défiler devant les caméras après le déjeuner et qualifiant, par exemple, de façon ironique le CEO de Google, Sundar Pichai de « monstre » que « personne ne connaît », comme le raconte le Financial Times.

Trump soutient une autorégulation des entreprises d’IA

Au lieu de nouvelles lois, le dirigeant des États-Unis préfère laisser ces entreprises à une autorégulation qu’il qualifie de « formidable ». Rappelons que ces entreprises ont revendiqué avoir laissé plusieurs fois leur IA attaquer des sites du gouvernement états-unien, australien ou d’autres entreprises. Concernant l’environnement, leur autorégulation semble aussi défaillante. Ainsi, par exemple, xAI (maintenant nommé SpaceXAI) a outrepassé les réglementations locales en utilisant des générateurs illégaux au gaz pour alimenter ses centres de données. Sans parler de leurs rapports environnementaux au mieux incomplets et faux, au pire sans données utiles.

Donald Trump a voulu quand même faire signer à ces dirigeants d’entreprises du numérique un accord dont il a diffusé le texte sur son réseau social.

Interrogé lors de sa conférence de presse par une journaliste sur la possibilité que cet accord soit « contraignant d’une quelconque manière », Donald Trump a affirmé qu’il était « moralement contraignant », signifiant en creux que les dirigeants ne s’étaient pas engagés de façon juridique sur le sujet.

Dans ce texte, les signataires « [estiment] que chaque entreprise devrait mettre en œuvre les quatre niveaux de contrôles et d’audits suivants :

  • Mettre en œuvre des contrôles internes robustes pour surveiller les capacités et la conformité des modèles lors de la formation et du déploiement dans des domaines tels que la cybersécurité, la biosécurité et les menaces chimiques, et pour garantir que ces modèles ne piratent pas les systèmes techniques ou n’y accèdent pas de manière non autorisée.
  • Constituer une équipe interne chargée de veiller au bon fonctionnement de l’ensemble des contrôles, de la surveillance et de la détection, et de corriger tout problème rencontré.
  • Collaborer avec un auditeur ou un évaluateur externe indépendant pour réaliser des évaluations indépendantes du bon fonctionnement des contrôles, de la surveillance et de la détection.
  • Désigner un comité indépendant du conseil d’administration chargé de superviser les équipes chargées des contrôles, de recevoir les rapports des auditeurs et évaluateurs internes et externes, et de veiller à la résolution de tout problème identifié ».

Trump veut imposer un nouveau terme pour parler d’intelligence artificielle

En parallèle, Donald Trump en a profité pour publier son texte officiel qui met en pratique l’annonce du remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans tous les documents officiels fédéraux pour représenter ce qu’il considère être une « nouvelle ère » dans laquelle ce terme mettrait « en lumière la promesse, le potentiel et les capacités en constante évolution de ces technologies ».

La Maison Blanche a aussi accompagné ces annonces d’un nouveau chatbot officiel sur America.gov qui doit être le « portail numérique unifié vers le gouvernement fédéral pour chaque individu aux États-Unis recherchant des informations ou des services fédéraux », selon l’executive order qui le rend officiel.

L’agence de presse Associated Press a déjà remarqué que ce chatbot, qui s’appuie sur des sources gouvernementales et qui est animé par Gemini de Google, contredit bon nombre des déclarations du dirigeant.

Apple nie avoir retiré ICEBlock sous la pression de l’administration Trump

30 septembre 2026 à 06:37
Coup de froid dans l'App Store
Apple nie avoir retiré ICEBlock sous la pression de l’administration Trump

Apple n’a pas supprimé l’application ICEBlock sous la pression de l’administration Trump, affirme l’entreprise. Il s’agissait, selon elle, de protéger les agents de la police de l’immigration américaine après une fusillade dans un centre de détention de l’ICE. Un argument crédible ?

Droit dans ses bottes. La décision de supprimer ICEBlock (et d’autres applications du même genre) de l’App Store était motivée par des préoccupations concernant la sécurité des agents de la police de l’immigration américaine. C’est ce qu’affirme Apple dans un courrier envoyé à Jamie Raskin, représentant démocrate et membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants américains. Un courrier partagé par CNN.

Raskin a lancé une enquête au mois de juin sur le rôle du ministère de la Justice (DoJ) dans la suppression de ces applications des boutiques d’Apple et de Google. Joshua Aaron, le développeur d’ICEBlock, avait porté plainte contre l’administration Trump en décembre dernier, deux mois après le retrait de son app de l’App Store.

Il accuse le gouvernement d’avoir fait pression sur Apple, ce que la procureure générale des États-Unis de l’époque, Pam Bondi, avait d’ailleurs confirmé dans une déclaration ne laissant planer guère de doute : « Nous avons contacté Apple aujourd’hui pour leur demander de retirer l’application ICEBlock de leur App Store, et Apple l’a fait ».

La fusillade de Dallas au cœur de la justification d’Apple

Dans cette lettre, qui remonte au mois de juillet, Apple explique qu’ICEBlock a été autorisée en avril 2025, après que le développeur a serré les boulons sur des fonctions de confidentialité. Pour rappel, l’app permettait à quiconque d’alerter les utilisateurs d’une descente de la tristement célèbre police de l’ICE dans les parages.

En septembre 2025, une fusillade a lieu dans un centre de détention de l’ICE à Dallas (Texas), faisant trois morts : deux détenus et l’auteur des tirs. Selon Apple, c’est après cet événement que Pam Bondi a fait part de ses inquiétudes concernant ICEBlock, une app qui « représente une menace pour la sécurité des agents fédéraux ». Kash Patel, le directeur du FBI, avait également affirmé que le tireur avait recherché des apps permettant de connaître la localisation des agents.

Apple indique aussi avoir relevé une hausse importante des activités de l’ICE et des menaces visant l’agence. La situation pouvait mettre en danger aussi bien les agents que les personnes détenues, écrit Timothy Powderly, directeur principal des affaires gouvernementales de l’entreprise. Ce sont tous ces éléments qui l’ont conduit à un nouvel examen de l’application.

Apple a déterminé qu’ICEBlock et les autres plateformes de localisation des agents de la police de l’immigration enfreignaient ses politiques, « et, par conséquent, d’autres personnes susceptibles de se trouver à proximité, comme des manifestants ou des personnes détenues —, offrant ainsi une possible feuille de route pour des violences ciblées et créant un risque important de préjudice ».

Un « risque important » de violences ciblées

L’opérateur de l’App Store assure ne pas prendre à la légère la décision de retirer des applications, mais qu’il intervient quand c’est nécessaire, « en particulier lorsqu’il existe de sérieuses raisons de penser qu’une application crée des risques pour la sécurité ». Des explications qui exonèrent l’administration Trump des accusations de pression politique, mais qui ne convainquent pas Jamie Raskin.

Dans sa réponse envoyée ce lundi à Timothy Powderly, le représentant écrit qu’Apple porterait atteinte aux droits garantis par le premier amendement de la Constitution américaine, « notamment celui de documenter les activités de leur propre gouvernement et d’en rendre compte ». Selon Raskin, il n’existe aucune preuve que ces apps aient été utilisées pour commettre la fusillade de Dallas.

Même si le tireur a pu rechercher des apps pour localiser les agents de l’ICE, « il n’avait pas besoin d’une application de suivi pour localiser un bâtiment gouvernemental dont l’emplacement est fixe ». Le tireur aurait tout simplement trouvé l’adresse du centre à l’aide d’une app « installée par défaut sur les appareils Apple » (probablement Apple Plans).

Pour Jamie Raskin, il n’existe aucun lien direct entre ce qui s’est passé à Dallas et les applications retirées de la boutique. Le représentant demande au constructeur de procéder à un nouvel examen indépendant pour décider si ces applications enfreignent réellement les règles de l’App Store.

Apple nie avoir retiré ICEBlock sous la pression de l’administration Trump

30 septembre 2026 à 06:37
Coup de froid dans l'App Store
Apple nie avoir retiré ICEBlock sous la pression de l’administration Trump

Apple n’a pas supprimé l’application ICEBlock sous la pression de l’administration Trump, affirme l’entreprise. Il s’agissait, selon elle, de protéger les agents de la police de l’immigration américaine après une fusillade dans un centre de détention de l’ICE. Un argument crédible ?

Droit dans ses bottes. La décision de supprimer ICEBlock (et d’autres applications du même genre) de l’App Store était motivée par des préoccupations concernant la sécurité des agents de la police de l’immigration américaine. C’est ce qu’affirme Apple dans un courrier envoyé à Jamie Raskin, représentant démocrate et membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants américains. Un courrier partagé par CNN.

Raskin a lancé une enquête au mois de juin sur le rôle du ministère de la Justice (DoJ) dans la suppression de ces applications des boutiques d’Apple et de Google. Joshua Aaron, le développeur d’ICEBlock, avait porté plainte contre l’administration Trump en décembre dernier, deux mois après le retrait de son app de l’App Store.

Il accuse le gouvernement d’avoir fait pression sur Apple, ce que la procureure générale des États-Unis de l’époque, Pam Bondi, avait d’ailleurs confirmé dans une déclaration ne laissant planer guère de doute : « Nous avons contacté Apple aujourd’hui pour leur demander de retirer l’application ICEBlock de leur App Store, et Apple l’a fait ».

La fusillade de Dallas au cœur de la justification d’Apple

Dans cette lettre, qui remonte au mois de juillet, Apple explique qu’ICEBlock a été autorisée en avril 2025, après que le développeur a serré les boulons sur des fonctions de confidentialité. Pour rappel, l’app permettait à quiconque d’alerter les utilisateurs d’une descente de la tristement célèbre police de l’ICE dans les parages.

En septembre 2025, une fusillade a lieu dans un centre de détention de l’ICE à Dallas (Texas), faisant trois morts : deux détenus et l’auteur des tirs. Selon Apple, c’est après cet événement que Pam Bondi a fait part de ses inquiétudes concernant ICEBlock, une app qui « représente une menace pour la sécurité des agents fédéraux ». Kash Patel, le directeur du FBI, avait également affirmé que le tireur avait recherché des apps permettant de connaître la localisation des agents.

Apple indique aussi avoir relevé une hausse importante des activités de l’ICE et des menaces visant l’agence. La situation pouvait mettre en danger aussi bien les agents que les personnes détenues, écrit Timothy Powderly, directeur principal des affaires gouvernementales de l’entreprise. Ce sont tous ces éléments qui l’ont conduit à un nouvel examen de l’application.

Apple a déterminé qu’ICEBlock et les autres plateformes de localisation des agents de la police de l’immigration enfreignaient ses politiques, « et, par conséquent, d’autres personnes susceptibles de se trouver à proximité, comme des manifestants ou des personnes détenues —, offrant ainsi une possible feuille de route pour des violences ciblées et créant un risque important de préjudice ».

Un « risque important » de violences ciblées

L’opérateur de l’App Store assure ne pas prendre à la légère la décision de retirer des applications, mais qu’il intervient quand c’est nécessaire, « en particulier lorsqu’il existe de sérieuses raisons de penser qu’une application crée des risques pour la sécurité ». Des explications qui exonèrent l’administration Trump des accusations de pression politique, mais qui ne convainquent pas Jamie Raskin.

Dans sa réponse envoyée ce lundi à Timothy Powderly, le représentant écrit qu’Apple porterait atteinte aux droits garantis par le premier amendement de la Constitution américaine, « notamment celui de documenter les activités de leur propre gouvernement et d’en rendre compte ». Selon Raskin, il n’existe aucune preuve que ces apps aient été utilisées pour commettre la fusillade de Dallas.

Même si le tireur a pu rechercher des apps pour localiser les agents de l’ICE, « il n’avait pas besoin d’une application de suivi pour localiser un bâtiment gouvernemental dont l’emplacement est fixe ». Le tireur aurait tout simplement trouvé l’adresse du centre à l’aide d’une app « installée par défaut sur les appareils Apple » (probablement Apple Plans).

Pour Jamie Raskin, il n’existe aucun lien direct entre ce qui s’est passé à Dallas et les applications retirées de la boutique. Le représentant demande au constructeur de procéder à un nouvel examen indépendant pour décider si ces applications enfreignent réellement les règles de l’App Store.

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