Vue lecture

0,006 € le kilowattheure : la révision du tarif agent d’EDF fait débat

Les agents d’EDF bénéficient d’une importante ristourne sur le prix de leur électricité. La Cour des comptes préconise de revoir rapidement cet avantage qui pèserait lourd sur les finances de l’entreprise.

700 millions d’euros par an. C’est le coût du tarif préférentiel dont bénéficient les salariés et retraités d’EDF selon le dernier rapport de la Cour des comptes. Publié le 17 juillet sur le thème plus large de la gestion des ressources humaines du groupe, les magistrats jugent cet avantage devenu « démesuré » et estiment qu’il « ne peut perdurer en l’état ». Ça coûte trop cher à l’entreprise, déjà bien endettée, disent-ils tout simplement.

Pourquoi les employés ont-ils accédé à cet avantage, et pas des moindres ? Après la nationalisation d’EDF, le tarif agent est né et les employés dépensent une somme symbolique pour leur fourniture d’électricité. Redevables aujourd’hui de 0,0061 € par kilowattheure (kWh) d’électricité et de 0,0024 €/kWh de gaz, ils n’ont pas bougé depuis 1951 pour l’électricité et 1962 pour le gaz. C’est plus de trente fois moins cher que le tarif réglementé de l’électricité proposé au grand public, actuellement à 0,194 €/kWh.

Et depuis 2021 où les prix se sont envolés, la Cour des comptes calcule que les agents ne paient plus que 2,2 % du prix moyen de l’électricité et 1,8 % de celui du gaz en comparaison avec les autres ménages.

À lire aussi Le prix de l’électricité va bien augmenter au 1er août 2026

Réformer, oui, mais pas de suite, estime le PDG d’EDF

En 2024, cela a coûté au total 700 millions d’euros. Et parce qu’il est maintenu aux retraités, le groupe doit provisionner des engagements sociaux de long terme pour 3,9 milliards d’euros. La Cour ne veut pas le supprimer mais le réformer avec le plafonnement des volumes d’énergie achetés au tarif agent et l’indexation du tarif sur les coûts réels de l’énergie.

Dans sa réponse annexée au rapport, on imagine comment le sujet doit être sensible et la réponse regardée par les salariés. Le PDG d’EDF Bernard Fontana partage l’analyse, le travail du gouvernement qui a déjà planché dessus, mais, dit-il, ce n’est pas forcément le moment de s’y attaquer. Avec la prolongation du parc nucléaire existant, la construction de nouveaux EPR2, les investissements dans les réseaux et le développement des énergies renouvelables, pas question de soulever une grogne chez les salariés. Il faudra une implication des équipes et des recrutements massifs pour mener ces chantiers à bien. Il est donc nécessaire de préserver « un fort engagement du corps social ».

L’article 0,006 € le kilowattheure : la révision du tarif agent d’EDF fait débat est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Les énergies renouvelables seraient bien parmi les moins chères, même avec leurs coûts « cachés »

Un rapport annuel de la banque d’affaires Lazard affirme que les énergies renouvelables sont les plus compétitives en cout complet.

Le rapport de Lazard sur le coût actualisé des différentes technologies de production d’électricité (LCOE) est attendu chaque année par le secteur énergétique pour mesurer la compétitivité, en coût complet, de chaque mode de production. Ce rapport considérait, jusqu’à l’année dernière, les capex et opex propres à chaque énergie mais pas les investissements réseau nécessaires et la flexibilité qui doit accompagner ces modes de production. C’était le reproche régulièrement adressé aux énergies renouvelables (ENR), coûteuses pour le réseau électrique global en flexibilité et disponibilité, alors que leur production est peu chère si elle est regardée de manière isolée.

À lire aussi Les panneaux solaires seraient bel et bien un mode de production d’électricité parmi les moins cher au monde

Le solaire, un poil moins cher

La conclusion de la banque d’affaires est, pour la première fois, que les renouvelables sont quand même parmi les plus compétitives même en prenant en compte les coûts (presque) complets. Pour le calculer, voici comment elle s’y est prise, avec un exemple : dans la zone du gestionnaire de réseau américain PJM (à l’est des États-Unis), le solaire n’est crédité que de 12 % de capacité « ferme », la part jugée réellement fiable à la pointe de demande. Garantir les 88 % restants ajoute 37 $/MWh au coût de production qui passe de 86 à 123 $/MWh. À comparer aux 51–129 $/MWh d’une centrale à gaz neuve à cycle combiné : le solaire « fermé » reste dans la fourchette, mais en haut.

Appelé dans le rapport « Levelized Firming Cost », cet indicateur estime le coût supplémentaire nécessaire pour garantir la disponibilité de l’électricité produite par chaque filière. Et même avec ce surcoût, le solaire et l’éolien restent parmi les solutions les plus compétitives pour construire de nouvelles capacités de production.

À lire aussi L’électricité sera-t-elle moins chère pour les habitants proches des futurs réacteurs nucléaires EPR2 ?

Un LCOE qui remonte tout de même

Le coût complet du solaire varie entre 98 et 167 $/MWh et celui de l’éolien entre 95 et 155 $/MWh. Comme évoqué précédemment, une nouvelle centrale à gaz à cycle combiné affiche un coût compris entre 51 et 129 $/MWh, tandis qu’une turbine de pointe grimpe entre 144 et 276 $/MWh.

Hors coût complet, le photovoltaïque est en tête avec un LCOE de 40 à 98 $/MWh juste devant l’éolien terrestre (37 à 99 $/MWh). Le nucléaire neuf reste la filière la plus coûteuse (entre 175 et 255 $/MWh).

Une moins bonne nouvelle est qu’après plus d’une décennie de baisse du LCOE, les coûts se stabilisent. La hausse du coût du capital, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des coûts de construction freinent les gains. C’est par exemple observé sur le stockage. Pour une batterie lithium-ion de 100 MW avec quatre heures d’autonomie, le LCOS (« S » pour storage) a augmenté de 254 $/MWh en 2025 à 292 $/MWh en 2026 (+15%).

L’article Les énergies renouvelables seraient bien parmi les moins chères, même avec leurs coûts « cachés » est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Cette carte interactive de la France dévoile les régions qui ne peuvent plus accueillir d’ENR

Le solaire et l’éolien ne pourront plus se développer n’importe où, la faute à un réseau de distribution saturé. Enedis et RTE publient une nouvelle carte pour orienter les porteurs de projets vers les territoires où le réseau peut encore accueillir de nouvelles capacités.

Dès qu’il y a de la transparence, il y a orientation de la stratégie. Avec la publication de cette carte interactive pour que les développeurs analysent où il reste de la place sur les postes en France. Ils pourront alors relocaliser leur prospection de foncier, et réagir lors de chaque mise à jour prévue plusieurs fois par an. Jusqu’à présent, il y avait Cartostock pour en savoir plus sur les places disponibles pour accueillir les batteries (Le réseau est d’ailleurs saturé, il n’y a plus de place sauf à attendre le renforcement du réseau ou d’accepter des limitations dues aux congestions). Désormais, cet outil s’accompagne d’une carte des zones en contrainte pour raccorder en HTA ou BT.

Lorsqu’on ouvre cette carte, on y distingue trois couleurs : les zones blanches, où Enedis n’est pas gestionnaire du réseau, les zones rouges, où le raccordement sera bloqué à court terme par manque de capacité et les zones non saturées, où des études au cas par cas restent doivent être menées avant tout projet d’installation. Si 10% de la capacité est saturée, 90 % des zones couvertes par Enedis disposent encore de capacités d’accueil pour de nouvelles installations, c’est le verre à moitié plein. Les secteurs saturés devront attendre le renfoncement du réseau, avec le grand plan d’investissement attendu pour ces prochaines années. Enedis estime devoir consacrer 10 milliards d’euros au raccordement des énergies renouvelables entre 2022 et 2040.

En attendant, les producteurs peuvent accepter des limitations temporaires en injection à certaines heures, développer du stockage par batteries colocalisé (les derniers AO PPE2 sol et neutre le prévoient).

À lire aussi Ces interminables délais de raccordements au réseau qui freinent l’essor des énergies bas-carbone

Des campagnes saturées

Les zones sous tension sont principalement dans des territoires ruraux. Dans le Lot-et-Garonne, l’Indre ou la Lozère, le développement du photovoltaïque sur les toitures agricoles a dépassé les capacités initialement prévues par le réseau et l’ont saturé en injection. En réalité, cela fait des décennies que le réseau a été conçu pour transporter l’électricité produite par quelques grandes centrales vers les consommateurs. Avec le solaire et l’éolien, les flux deviennent plus décentralisés et les zones de production sont rarement les zones de consommation.

Jusqu’ici le foncier était le goulot d’étranglement (les parcelles étaient de plus en plus dures à sécuriser avec la concurrence grandissante), mais désormais, le réseau risque de bientôt le devenir.

À lire aussi Ce fabricant français de panneaux solaires va tripler sa capacité de production

L’article Cette carte interactive de la France dévoile les régions qui ne peuvent plus accueillir d’ENR est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Canicule : le DPE ne sert à rien pour le confort d’été, ou presque

Beaucoup l’auront remarqué ces dernières semaines : un logement classé DPE A ou B ne garantit pas un intérieur supportable pendant la canicule. Historiquement, le DPE privilégie largement la bonne conservation de la chaleur l’hiver mais néglige le confort d’été. Un constat qui pose problème à l’heure du réchauffement climatique. 

Cela peut sembler surprenant mais des logements peu énergivores, rénovés et très bien notés par le DPE, peuvent être de vraies bouilloires thermiques en période caniculaire. À l’inverse, certains logements au moins bon DPE peuvent être plus confortables l’été avec leur conception, leurs volets ou leur inertie.

Créé pour évaluer la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, le DPE répond à la question : combien d’énergie faut-il pour chauffer ? Il est vrai que depuis sa réforme de 2021, le DPE intègre une évaluation du confort d’été. Mais cela pèse peu dans le classement. Pourtant, l’enjeu est important car la lettre qui classe les logements de A à G est la première regardée par les vendeurs, acquéreurs et locataires. Peu de monde regarde la note du confort d’été.

Et le problème, c’est que les critères qui protègent d’une canicule ne sont pas exactement les mêmes que ceux qui permettent de réduire les besoins en chauffage. L’orientation des fenêtres, la présence de volets, la possibilité de créer une ventilation qui traverse l’appartement, l’inertie des matériaux ou la capacité du bâtiment à évacuer la chaleur accumulée sont autant d’éléments qui pèsent dans le confort estival.

À lire aussi La couverture de survie, nouvelle arme anti-canicule en France ?

Une solution à Lyon

Une grande baie vitrée exposée plein ouest sans store extérieur peut très bien rentrer dans la catégorie « appartement performant énergétiquement » mais être un calvaire en été. A l’inverse, une mauvaise gestion de l’inertie peut devenir très problématique en créant un phénomène de surchauffe. De la même manière, certains paramètres comme les ombrières au dessus des ouvertures sont des solutions simples, mais pas assez prises en compte, pour limiter la surchauffe des bâtiments.

À Lyon, la municipalité de l’écologiste Grégory Doucet veut contourner les failles du DPE (décidé nationalement) avec la notion de « bouilloires thermiques », que seraient 62% des appartements de la ville. Il travaille à un fond d’adaptation pour financer des volets, des brasseurs d’air, et faire évoluer les critères d’insalubrité des logements en intégrant « comme pour le plomb ou l’amiante, une trop grande exposition à la chaleur ».

L’article Canicule : le DPE ne sert à rien pour le confort d’été, ou presque est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

En juin, un quart de l’électricité européenne provenait du soleil

Un quart de l’électricité européenne, 52 térawattheures (TWh), c’est gigantesque ce qu’a produit le solaire dans l’UE. Première source d’électricité, cette énergie renouvelable est déployée à tout va dans l’UE.

Dans un rapport publié par Ember le 14 juillet, on apprend que le photovoltaïque a généré 52 TWh d’électricité sur le seul mois de juin, c’est un quart de la production européenne. Mai était déjà un record avec 47 TWh (23 % du mix). En quatre ans, on observe un véritable boom : en juin 2022, le solaire ne fournissait encore que 26 TWh, (13 % du mix).

Avec ses 25%, le solaire a éclipsé les autres modes de production : le nucléaire à 21 %, le gaz à 15 %, l’éolien à 14 %, l’hydroélectricité à 12 % et enfin le charbon (8 %). Au total, les renouvelables ont couvert 55 % de l’électricité consommée dans l’Union européenne ce mois de juin.

À lire aussi L’UE veut plus que jamais accélérer son électrification pour retrouver son indépendance

L’Allemagne et l’Espagne leaders européens

Sans surprise, les marchés où le solaire s’est le plus développé sont l’Allemagne (où le solaire a produit 36 % de l’électricité en juin) et l’Espagne (34 %). La Belgique, les Pays-Bas et le Portugal ont aussi dépassé le tiers du mix. Dans plusieurs pays, Hongrie et les États baltes, le solaire a même approché la moitié du mix électrique mensuel même si leur contribution, en TWh, est marginale au niveau européen.

L’Europe a dû répondre à une vague de chaleur où les climatiseurs ont augmenté la demande. Le solaire a largement aidé même si nous relevions que le gaz prenait le relai en France pour notamment soutenir… ce même voisin allemand.

De son côté, la France est restée à la traîne. Selon RTE, le solaire a produit environ 4,4 TWh en juin, (11 % du mix). Il s’est classé deuxième source d’électricité ce mois-ci devant l’hydroélectricité (4,2 TWh).

L’article En juin, un quart de l’électricité européenne provenait du soleil est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

AO10 : La Commission Européenne valide le programme de financement français

L’enjeu était de taille : permettre le soutien financier de l’État pour déployer jusqu’à 11 GW d’éoliennes offshore. Après étude, la Commission Européenne vient de valider le programme de financement de l’AO10, d’un montant maximal de 63 milliards d’euros sur 25 ans. Ces 11 nouveaux projets devraient être attribués juste avant les prochaines élections présidentielles. 

Bien que le cahier des charges ait déjà été publié le 12 juin, la Commission européenne a autorisé a posteriori le dispositif d’aide publique associé au dixième appel d’offres français d’éolien en mer, l’AO10. Comme c’est un appel d’offre om l’Etat comblera l’écart entre le prix de vente et le tarif retenu dans le cadre de l’appel d’offre, c’est bien une aide publique conséquente.

L’avis de Bruxelles vient donc sécuriser l’aide la plus grande jamais autorisée en France dans l’éolien. Onze parcs éoliens répartis sur plusieurs façades maritimes, en mer du Nord, dans l’Atlantique et en Méditerranée, 11,1 GW et jusqu’à 47,8 TWh de production d’électricité chaque année (10,6 % de la consommation électrique française), les chiffres donnent le tournis.

Les futurs exploitants auront biddé un prix, remporté un ou plusieurs parcs à ce tarif (pouvant atteindre 100 €/MWh). Si les prix de marché passent sous ce niveau, l’État compensera l’écart. À l’inverse, si les prix dépassent ce seuil, les producteurs reverseront une partie des revenus supplémentaires aux pouvoirs publics (c’est quand même moins probable dans ce sens).

À lire aussi La CRE donne son avis sur l’AO10 éolien

63 milliards d’euros : un plafond théorique mais qui ne devrait pas être atteint

Le montant annoncé par Bruxelles – jusqu’à 63 milliards d’euros – correspond au coût maximal potentiel du dispositif sur toute sa durée. Il ne s’agit pas d’une dépense immédiate de l’État mais d’un scénario extrême dans lequel les prix de l’électricité resteraient bas. Dans un scénario intermédiaire, le coût net pour les finances publiques serait compris entre 5 et 10 milliards d’euros. Si les prix de l’électricité restent élevés, le mécanisme pourrait même devenir favorable à l’État grâce aux reversements effectués par les producteurs.

En miroir, le gouvernement insiste sur les 35 milliards d’euros liés à la construction des parcs, 15 milliards pendant leur exploitation et environ 7 milliards de recettes fiscales qui seront générés, soit 57 milliards de retombées potentielles + 20 milliards d’euros à la charge de RTE. Même si le montant peut paraître démesuré, certains dans le secteur considèrent le tarif insuffisant sur l’éolien flottant. En Méditerranée par exemple et dans les zones où les fonds marins sont trop profonds pour des fondations classiques, la construction reste encore coûteuse et moins mature que l’éolien posé.

Avec cet appel d’offres, la France se rapprochera de l’objectif de 15 GW d’éolien en mer installés en 2035 (2 GW aujourd’hui).

L’article AO10 : La Commission Européenne valide le programme de financement français est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Une nouvelle mise à jour du DPE va favoriser l’électricité

Le gouvernement continue de vouloir favoriser l’électricité au détriment des énergies fossiles. Dans cette dynamique, le coefficient de conversion de l’électricité va passer de 1,9 à 1,7 pour le Diagnostic de performance énergétique (DPE). Cette évolution réduit considérablement l’écart de considération avec le gaz qui est toujours moins taxé et mieux considéré. La mesure devrait être appliquée à partir du 1er janvier 2027. 

Le projet d’arrêté sera examiné le 23 juillet par le Conseil supérieur de l’énergie pour faire passer le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire à 1,7. Après l’avoir ramené de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, l’exécutif jugeait déjà que la méthode de calcul continuait à pénaliser les logements chauffés à l’électricité face au gaz. Lors de la présentation de son plan d’électrification, le 23 avril, il avait annoncé vouloir descendre « autour de 1,7 ». La promesse est tenue, mais diable que ce fut long.

En abaissant ce coefficient, la consommation d’énergie primaire des logements électriques diminue mécaniquement et leur étiquette du DPE s’améliore. Selon la fiche d’impact adossée au projet d’arrêté, la réforme fera sortir autour de 125 000 logements du parc locatif privé du statut de passoire thermique. Sur les résidences principales, 300 000 logements ne seraient plus classés F ou G. Cela fait plus d’un tiers au total des passoires chauffées à l’électricité qui changeraient ainsi de catégorie. Pour tous les diagnostics réalisés depuis juillet 2021, une attestation mettant à jour automatiquement la nouvelle étiquette sera disponible gratuitement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME à partir du 1er janvier 2027.

À lire aussi Le DPE change enfin pour considérer l’électricité à sa vraie valeur

Les sénateurs ne semblent pas comprendre le besoin de différencier gaz et électricité

C’est stratégique pour ces logements. Ceux qui sortiront des classes F ou G échapperont notamment au gel des loyers prévu par la loi Climat et Résilience. Les bailleurs concernés pourront à nouveau appliquer l’indexation annuelle ou revaloriser le loyer lors d’une relocation. Hasard du calendrier ou pas, cette réforme intervient alors que le Parlement s’apprête lui aussi à desserrer l’étau sur les passoires thermiques. Le 8 juillet, le Sénat a adopté un projet de loi autorisant, sous conditions, la poursuite de la location de logements classés F ou G si leur propriétaire s’engage à réaliser des travaux dans un délai de trois à cinq ans. Mais cette mesure concerne aussi le gaz, accroissant par-là l’inégalité réduite par l’abaissement du coefficient qui nous intéresse.

L’article Une nouvelle mise à jour du DPE va favoriser l’électricité est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

La deuxième plus grande centrale solaire de France vient d’être inaugurée

Le développeur Photosol a inauguré la deuxième centrale solaire la plus puissante de France à Creil, dans l’Oise, sur l’ancienne base militaire BA110. Elle affiche près de 202 MWc grâce à ses 330 000 panneaux photovoltaïques.

La reconversion des friches militaires en sites de production d’énergie renouvelable a fonctionné avec Photosol, pour déployer la deuxième plus grande centrale solaire française. 202 mégawatts crête (MWc), la plaçant juste derrière celle de Cestas et ses 300 MWc. L’ancienne base aérienne 110 se prête bien à accueillir des panneaux solaire, au vu de sa taille et son artificialisation. Le parc s’y déploie sur 147 hectares avec ses 332 000 panneaux. Mis en service progressivement depuis avril, il devrait produire près de 200 GWh d’électricité par an.
Il trouve sa naissance avec le plan gouvernemental « Place au Soleil » lancé en 2018 (c’est dire s’il a été lancé il y a longtemps !) qui encourageait à l’époque le développement de centrales renouvelables sur le patrimoine de l’État. À l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt du ministère des Armées, Photosol a été retenu en 2020 pour développer le site dans le cadre du 4e AO PPE2.

Après plusieurs années d’études environnementales, de procédures administratives et de travaux de raccordement, la centrale entre aujourd’hui en exploitation commerciale. L’investissement d’environ 150 millions d’euros a été soutenu par Bpifrance et Caisse d’Epargne avec un contrat d’achat de l’électricité (PPA) sur vingt ans.

Les difficultés de l’époque sont partiellement levées aujourd’hui

Aujourd’hui, les parcs PV ont du mal à trouver du foncier, sans parler de la baisse des volumes appelés dans les AO. Les contraintes à respecter sont nombreuses. D’ailleurs, un autre projet est actuellement bloqué en Gironde, Horizeo, car il artificialise une grande parcelle et ne respecte pas la loi Zéro artificialisation nette. De ce fait, les mairies sont souvent vent debout contre les panneaux solaires…
Du côté de Creil, le projet a mis du temps à sortir de terre. Photosol justifie son retard (6 ans de développement) par les délais d’instruction du permis de construire et « l’intégration de l’ensemble des exigences environnementales et réglementaires ».

L’article La deuxième plus grande centrale solaire de France vient d’être inaugurée est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

La France bat (encore) son record d’exportation d’électricité sur un semestre

C’est désormais presque une habitude : la France vient de battre un record d’exportation de son électricité, cette fois sur un semestre, avec 51 TWh fournis aux voisins. Comme toujours, ce chiffre est à la fois encourageant et inquiétant sur le mix électrique de la France. 

La France a exporté 51 térawattheures (TWh) d’électricité au premier semestre 2026. Si 2025 était historique, avec 92 TWh exportés sur l’année, le premier semestre dépasse de loin la moitié de ce record.Nous ferons le bilan en décembre 2026, sans nul doute marquera une nouvelle année record. Un nucléaire en forme, des prix plutôt bas et des voisins subissant une dunkelflaute, à savoir une période sans soleil ni vent, en particulier en Allemagne, et les électrons fusent dans les réseaux voisins.

Thomas Veyrenc, membre du directoire de RTE, l’explique aussi par la progression du solaire, dans une moindre mesure. « L’effet du développement des renouvelables ajouté au nucléaire demeure essentiellement additif : plus de production, qui remplace des productions fossiles en France et en Europe, davantage d’exports tant que la consommation n’augmente pas ». Allemagne-Belgique (14 TWh), Italie (14 TWh), Royaume-Uni (12 TWh) sont les pays vers lesquels nous exportons et très légèrement importateur depuis l’Espagne (-1 TWh). Combiné à cela une demande atone, qui ne décolle pas et reste inférieure au niveau pré-covid, c’est le mix parfait pour envoyer près de 10% de notre production à l’étranger.

Bientôt plus exportateurs ?

Certes, Thomas Veyrenc salue, dans un post LinkedIn, le marqueur d’une électricité compétitive et décarbonée. Il ne perçoit pas cette situation comme une fragilité mais comme une capacité disponible pour accompagner une large électrification des usages sans tension sur l’approvisionnement. Les excédents seraient donc stratégiques : l’énergie est là, elle attend sa demande.

Mais en réalité c’est révélateur d’un problème. Le plan d’électrification prévu pour l’été devra y répondre. Est-ce désormais le moment de subventionner la demande après des années de subvention de la production ? Aide au raccordement, à la conversion des industries etc, le plan se fait attendre et sera décisif. A terme, même si le pactole actuel est satisfaisant, ne plus être exportateur à ce niveau-là serait le signe d’une électrification en bonne voie.

L’article La France bat (encore) son record d’exportation d’électricité sur un semestre est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Ce fournisseur veut installer une batterie chez vous pour trader l’électricité sur les marchés

Le consortium spécialiste du stockage d’électricité RNW (Renault – NW) a obtenu l’agrément fournisseur, indispensable pour rentabiliser une installation batterie à domicile. La flexibilité de la consommation va se développer un peu plus avec ce nouvel entrant.

La coentreprise RNW, née début 2025 du rapprochement entre NW et Mobilize (Groupe Renault), veut créer un mode de consommation d’électricité plus flexible, entre la recharge des véhicules électriques et le stockage résidentiel d’énergie. Elle compte installer au domicile des ménages une batterie, une borne de recharge et des appareils électroniques pilotables pour jouer sur la consommation du ménage.

C’est comme une JBox, l’unité 1 MW/1 MWh de NW, car elle rendra des services au réseau Enedis en apportant sa flexibilité, mais aussi comme une IECharge, deuxième batterie de NW qui, en plus, permet la recharge de véhicule électrique. Elle sera déployée chez les particuliers. Si les détails du fonctionnement et de l’interaction entre la batterie, la borne et la consommation du foyer ne sont pas publics, ni l’offre commerciale, cette stratégie « behind the meter » (derrière le compteur Linky) pourrait être l’avenir de la recharge.

À lire aussi Ces batteries veulent rendre la recharge des camions électriques moins chère

La certification fournisseur est cruciale pour ce modèle économique

En étant certifié en pool (avec d’autres batteries) sur le mécanisme de capacité (et donc en recevant une rémunération fixe annuelle), en jouant sur les services systèmes et en tradant l’électricité sur les marchés, RNW arrive à accéder à tous les revenus d’une batterie stationnaire grande échelle et ce, grâce à l’agrément fournisseur. Autrement, RNW aurait dû composer avec le tarif heures pleines/heures creuses d’EDF, par exemple, et n’aurait pas eu accès au marché de la réserve tertiaire (mFRR). Ses revenus auraient été limités et l’installation de batteries chez les particuliers n’aurait pas été rentable.

Une dernière brique que RNW peut ajouter : le NEBCO. Le marché d’effacement ou d’augmentation de la consommation du ménage lorsque le réseau est respectivement tendu ou surcapacitaire. RNW pourra vendre ces blocs d’effacements sur le marché et empocher tout le gain sans reverser une partie à un autre fournisseur, s’il n’avait pas l’agrément. Ce positionnement rapproche RNW d’une nouvelle génération d’acteurs de la flexibilité énergétique comme Tilt, Elax ou Symphonics.

L’article Ce fournisseur veut installer une batterie chez vous pour trader l’électricité sur les marchés est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Éoliennes en mer : elles affectent la biodiversité selon cette étude, mais à quel point ?

Effet récif, oiseaux détournés de leur trajectoire : l’Ifremer a étudié l’impact des éoliennes marines et a conclu qu’elles transforment durablement la biodiversité locale.

Les éoliennes en mer se développent à tout va à travers la planète, mais quel impact ont-elles sur la biodiversité ? Publiée le 29 juin par l’Ifremer et le CNRS, les deux laboratoires livrent peut-être l’état des lieux le plus complet réalisé en France sur les effets des parcs éoliens offshore sur la biodiversité marine.

À lire aussi Les fondations des éoliennes offshore pourraient-elles abriter la faune marine ?

Certains oiseaux contournent les éoliennes

Sans remettre en cause la pertinence de leur apport pour décarboner le mix électrique, les chercheurs concluent qu’un développement massif des parcs entraînera vraisemblablement des « transformations durables de la biodiversité marine ». L’État avait demandé cette synthèse. Elle a pris deux ans et demi et parcouru 411 publications scientifiques internationales pour analyser le cycle de vie des parcs, de leur construction à leur démantèlement, sans toutefois chercher à qualifier ces impacts de positifs ou de négatifs.

Parmi les dix grandes catégories de pressions exercées sur les écosystèmes, trois d’entre elles sont particulièrement documentées. La première est l’effet de barrière créé par les parcs, où certaines espèces comme les oiseaux marins comme le fou de Bassan contournent les installations, allongent leurs trajets et par conséquent réduisent leur accès à certaines zones d’alimentation. À l’inverse, d’autres espèces sont attirées par les éoliennes et se risquent à une collision.

À lire aussi La vie reprend son cours, au pied des éoliennes offshore de Saint-Nazaire

Une colonisation par les moules

Le second : « l’effet récif ». Les fondations en béton ou en acier sont colonisées par les moules, crustacés, algues et invertébrés alors qu’il y avait des zones sableuses. Hausse de la biomasse et augmentation de la taille moyenne de certains poissons autour des installations sont constatées. Là encore, pas question de qualifier cet effet de positif ou négatif.

Enfin, le bruit généré lors du chantier. Poser les fondations par battage de pieux fait du bruit, beaucoup de bruit. Il provoque des réactions d’évitement chez plusieurs mammifères marins et perturbe temporairement des activités biologiques. Les effets sont limités dans le temps, lors de la construction.

Au global, les poissons et les invertébrés semblent globalement bénéficier de la création de nouveaux habitats et, dans certains cas, de la limitation de la pêche au sein des parcs. Les oiseaux et les mammifères marins subissent majoritairement. Aucune espèce n’est menacée, tiennent à préciser les auteurs.

L’article Éoliennes en mer : elles affectent la biodiversité selon cette étude, mais à quel point ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Neuf heures d’autonomie pour cette méga batterie au CO2 qui alimentera un datacenter

Google et la start-up italienne Energy Dome installent une batterie au CO₂ à très longue durée en Irlande pour satisfaire les besoins de son datacenter. Une technologie très éloignée du lithium-ion, qui présente de nombreux avantages.

Une batterie au CO₂, c’est très rare, l’habitude étant de voir prospérer un peu partout des accumulateurs lithium-ion. Ce qui est encore plus rare, c’est la durée de décharge de cette batterie. Avec une puissance de 23 mégawatts (MW) pour 200 mégawattheures (MWh) de stockage, elle sera capable de fonctionner à pleine puissance pendant presque neuf heures. Elle sera installée dans le comté d’Offaly en Irlande, sur une ancienne centrale thermique.

La batterie suit un cycle thermodynamique. Lorsque la production d’électricité renouvelable est abondante, le midi par exemple, le CO₂ est comprimé puis liquéfié et l’énergie est donc stockée. Pour la déstocker, le gaz est réchauffé et détendu, il actionne une turbine qui, lorsqu’elle tourne, produit de l’électricité. Aucune combustion, aucun recours aux métaux critiques utilisés dans les batteries électrochimiques classiques, vante la startup.

À lire aussi Innovation : une startup italienne développe un stockage original d’électricité à base de CO2

La fiabilité à tout prix

Alors pourquoi Google mise sur une batterie aussi longue durée ? Pour décarboner sa consommation, peut-être, mais surtout pour l’avoir disponible en continu 24 h/24 7 j/7, sans risque de coupure. Et donc ne plus dépendre du réseau et de ses aléas de transport. L’Irlande est devenue un gigantesque hub de datacenters. Ils représentent désormais 22 % de la consommation électrique nationale et créent des tensions sur le réseau, en particulier autour de la région de Dublin où la saturation des capacités de raccordement est déjà un sujet.

L’installation d’Offaly bénéficie déjà d’un contrat sur le mécanisme de capacité avec le gestionnaire de réseau EirGrid pour une durée de dix ans. La batterie est payée proportionnellement à ses mégawatts disponibles pour mettre sa puissance à disposition en cas de crise hivernale. Même si, à ce stade, les détails financiers n’ont pas fuité, les sommes colossales dépensées par Google sont justifiées par l’impérieuse nécessité de fiabilité. Les moyens pour opérer en continu, la firme américaine est capable de les assurer.

 

L’article Neuf heures d’autonomie pour cette méga batterie au CO2 qui alimentera un datacenter est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Pourquoi la France fait tourner ses centrales à gaz en plein été ?

Les fortes chaleurs de la fin du mois de juin ont fait remonter la consommation électrique française. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle la France rallume ses centrales à gaz. Une part importante de cette production supplémentaire sert à alimenter les pays voisins.

Lundi 22 juin 2026, la production d’électricité dépassait 60 gigawatts (GW) à 19h mais la consommation plafonnait à un maximum de 56 GW. En plein pic caniculaire, nous nous apercevions à quel point la consommation était thermosensible, aussi quand il fait chaud. Selon RTE, elle augmente de 0,7 GW à 1 GW pour chaque degré supplémentaire, soit trois fois moins que l’impact d’un degré en moins l’hiver. C’est donc la climatisation qui a entraîné un bond de 12 GW le lundi 22 juin par rapport à une période équivalente avec des températures de saison.

Pourtant, si on creuse un peu plus sur le site Eco2mix, le bandeau rouge de gaz ne vient pas uniquement de la climatisation française. Les 5 GW (10 % de la production nationale) en ce jour sont, certes, dérisoires devant les 36 GW nucléaires et 5,8 GW d’hydro, mais pèsent devant les 2 GW d’éolien et 1 GW de bioénergies.

À lire aussi Pourquoi brûle-t-on du gaz pour produire de l’électricité même quand on n’en a pas besoin ?

Des exportations au maximum

Tout en bas des couches des modes de production se situe une large couche grise, négative, correspondant aux exportations. Un solde exportateur de 10 GW, soit presque un cinquième de la consommation du jour. Plus de 10 GW quittent donc le territoire, RTE empochant un joli pactole à regarder de plus près les prix du marché (plus de 200 €/MWh pour nos voisins de l’Est).

Les principaux flux sont dirigés vers le Royaume-Uni (3 GW) et l’axe Allemagne-Belgique (3,5 GW). S’y ajoutent 4 GW vers l’Italie et 2 GW vers la Suisse. Seule l’Espagne exporte vers la France très légèrement (moins de 0,2 GW). Autrement dit, le gaz consommé en France ne sert pas à répondre à la climatisation des ménages français. Au Royaume-Uni par exemple, les capacités pilotables sont plus limitées et les interconnexions avec la France jouent un rôle d’équilibrage.

L’article Pourquoi la France fait tourner ses centrales à gaz en plein été ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Ce nouveau gaz va rendre les postes électriques plus respectueux du climat

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE mise sur le gaz « G3 » de GE Vernova pour se débarrasser du SF₆ qui sera bientôt interdit dans les transformateurs par l’Union européenne.

RTE a annoncé, le 11 juin, la signature d’un accord avec GE Vernova pour l’acquisition de postes sous enveloppe métallique (PSEM) isolés au gaz G3. Pourquoi ce nouveau gaz ? Pour se passer d’un gaz à effet de serre bien pratique mais bientôt interdit, l’hexafluorure de soufre, ou SF6, dont le pouvoir de réchauffement global est 25 200 fois supérieur au CO2.

La réglementation européenne sur les gaz fluorés l’interdit désormais. Le règlement F-Gaz révisé prévoit la disparition progressive des équipements électriques utilisant des gaz fluorés à fort impact réchauffant pour la planète. Certains États membres ont voulu freiner son adoption, craignant qu’aucune solution ne puisse le remplacer dans un délai court, dont la France. La Commission européenne a tout de même confirmé son intention de maintenir le calendrier de sortie du SF6.

À lire aussi L’hydrogène est un gaz à effet de serre deux fois plus puissant qu’on ne le pensait

Le G3, une solution prometteuse

Et RTE a dû se retourner, vite. L’interdiction et les nouveaux raccordements ont créé un entonnoir duquel est sortie cette solution de GE Vernova.
Le gaz G3 permet de réduire de 99 % le potentiel de réchauffement global du gaz isolant par rapport au SF₆ et ce, selon le fabriquant, sans perte de performance. Les postes sources vont de 72,5 kV à 420 kV.

Les premiers déploiements sont attendus pour 2028 dans certains postes existants ou des nouveaux, comme ceux des datacenters d’Île-de-France ou les zones industrielles comme Fos-sur-Mer. « Ce partenariat avec GE Vernova constitue un véritable acte de politique industrielle », explique Thomas Veyrenc, membre du directoire de RTE, dans le communiqué de presse. Les activités de recherche et développement ont été menées à Villeurbanne et la fabrication sera assurée sur le site d’Aix-les-Bains.

L’article Ce nouveau gaz va rendre les postes électriques plus respectueux du climat est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Qui dit quoi sur l’énergie parmi les candidats déclarés à la présidentielle ?

Et si on comparait les programmes des candidats déclarés à la présidentielle ? Sur l’énergie, il y a rarement eu autant de clivages et de revirements, de polarisation (tout nucléaire/tout renouvelable), avec un RN prêt à tout arrêter sur les ENR. Révolution Énergétique fait le point sur leurs programmes.

À dix mois de l’élection présidentielle, l’Union française de l’électricité (UFE), lors de son colloque annuel, est parvenue à mettre la plupart des candidats sur une même estrade et à les interroger, vision contre vision. Si tous s’accordent sur la nécessité de réduire la dépendance française aux hydrocarbures importés et d’accélérer l’électrification des usages, les divergences restent profondes sur le nucléaire et paraissent rédhibitoires en vue d’alliances. Les candidats sont d’accord un à un sur le moratoire ou le tout renouvelable, et certains ne comprennent toujours pas le fonctionnement du marché de l’électricité.

À lire aussi Détaxer l’électricité, encourager les pompes à chaleur et voitures électriques : ils veulent hyper-électrifier la France

Des clivages extrêmes

La droite et le Rassemblement national défendent une stratégie pronucléaire. Bruno Retailleau plaide pour la prolongation du parc existant, la construction de six EPR2 et la relance des réacteurs à neutrons rapides. Le RN va encore plus loin que le raisonnable réalisable sur le nucléaire, déteste les ENR et le marché européen de l’électricité (qui nous a permis d’exporter 10% de notre électricité et d’empocher un joli pactole).

Les écologistes et La France insoumise continuent de viser un système reposant à terme sur les énergies renouvelables, à 100% pour la vision la plus haute. Marine Tondelier juge le nucléaire trop cher, trop lent pour répondre aux objectifs climatiques, même si les Écologistes ne réclament plus la fermeture anticipée des centrales actuelles. LFI souhaite une sortie progressive du nucléaire et du 100 % renouvelables, pas plus argumentée sur la faisabilité d’un tel système.

À lire aussi Pourquoi cette centrale nucléaire fantôme n’est-elle jamais entrée en service ?

Même l’entre-deux extrêmes énergétiques n’arrive pas à se décider

Entre ces deux visions qui n’ont rien en commun, le Parti socialiste hésite. Alors, du nouveau nucléaire ou non ? C’était oui, mais pas beaucoup, maintenant c’est abstention. Alors que son programme adopté en 2025 visait la construction de huit EPR2, celui de juin 2026 ne mentionne plus qu’un renouvellement partiel du parc existant. Olivier Faure se veut prudent et ne souhaite pas mettre tous les œufs dans le même panier, comme François Hollande. Une position en apparence en désaccord avec Boris Vallaud, partisan de six à huit EPR2, ou encore avec celle de Bernard Cazeneuve, favorable à une reprise des réacteurs de quatrième génération.

Hors des programmes qui ont donné un beau spectacle sur l’estrade devant un parterre de professionnels du secteur, la ministre chargée de l’énergie, Maud Bregeon, a apporté un peu de concret sur les appels d’offres à venir. À l’automne, de nouveaux appels d’offres pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque seront lancés et continueront jusqu’à l’élection présidentielle. Pas question, donc, de temporiser, évoquant le maintien d’un nouvel appel d’offres dès janvier 2027.

L’article Qui dit quoi sur l’énergie parmi les candidats déclarés à la présidentielle ? est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Pour faire la promo de l’hyper électrification, l’État se paye un spot publicitaire

L’État lance une vaste campagne de pub pour inciter, guider et éclairer les Français sur leur électrification.

« L’énergie est précieuse, économisons-la », ou quand, en 2022, en pleine crise des prix due à la fois au Covid et à la guerre en Ukraine, l’État promouvait la sobriété. D’autres pubs sur la rénovation thermique ou les écogestes avaient été diffusées ici et là. Ça, c’était avant. Désormais, l’État va inciter les Français à consommer davantage, à s’électrifier.

Baptisée « Électrifions la France », cette campagne entend convaincre les Français de remplacer progressivement leurs équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des alternatives électriques dans le chauffage ou le transport. Diffusée de juin à septembre 2026, la campagne de publicité veut faire de l’électricité « le standard des usages du quotidien ». « L’électrique, c’est fantastique ! » est son slogan, moins sobre que les précédentes communications gouvernementales.

À lire aussi Baisser la fiscalité de l’électricité, unique voie pour inciter à l’hyper-électrification ?

Aider à faire les bons choix et à y voir plus clair sur les aides

Et pour convaincre, le gouvernement va parler argent. Parcourir 100 kilomètres en véhicule électrique coûte 3 euros d’électricité alors qu’un plein thermique coûte bien plus cher. Une pompe à chaleur permet de diviser par deux les dépenses de chauffage par rapport à une chaudière au gaz ou au fioul.

Un sport écrit dans le Parisien est prévu et un partenariat avec LeBonCoin va même être lancé pour la faire apparaître au moment où les ménages décident sur leur logement, leur véhicule ou leur électroménager. Une plateforme doit centraliser les aides publiques, les contenus pédagogiques et les futurs simulateurs d’aide à la décision pour être guidé, accompagné.

Sur cette plateforme, il est possible de voir le planning des aides à venir, par exemple l’ouverture du leasing social le 16 juillet, l’ouverture des aides à l’achat d’une PAC pour les serres en septembre 2026 ou le dispositif gros rouleur à cette même date. Un simulateur conçu par l’IFP permet par exemple de comparer les voitures électriques entre elles. Il est possible de simuler le temps de recharge de sa voiture.

L’article Pour faire la promo de l’hyper électrification, l’État se paye un spot publicitaire est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Ces gigantesques pales d’éoliennes seront construites en France

Siemens agrandit son usine havraise pour produire des pales d’éoliennes toujours plus grandes et soutenir la relance des appels d’offres éolien.

Des pales de 115 mètres de long pour équiper des éoliennes offshore de 15 mégawatts (MW), c’est bientôt une réalité française. Avant, Siemens Gamesa, c’était du 7-8 MW, désormais, ce sera le double. Au Havre, Siemens Gamesa s’agrandit pour viser toujours plus grand et produire ses modèles de turbines SG14-236 (14 MW) et SG15-236 (15 MW). Lundi 15 juin, le fabricant espagnol a inauguré l’extension de son usine normande après avoir investi 200 millions d’euros. En présence du ministre de l’Industrie Roland Lescure, les nouveaux ateliers dévoilés s’étalent sur plus de 13 000 m² (sur les 80 000 existants) et ont notamment été financés au travers du crédit d’impôt pour l’industrie verte (C3IV).

Les nouvelles pales mesureront l’équivalent de 30 étages d’immeuble, c’est gigantesque. Cela fait 115 mètres de long. La taille de ces giga-ailes marines ne cesse d’augmenter pour améliorer leur rendement et réduire le coût de l’électricité produite. Les turbines de 15 mégawatts (MW) pourront alimenter plusieurs milliers de foyers chacune.

À lire aussi L’énorme défi du transport de pales d’éoliennes par camion (vidéo)

Remplir le carnet de commandes, l’autre défi

Implantée au Havre depuis 2022, l’usine est devenue l’un des symboles de la réindustrialisation dans l’énergie. Les composants qui y sont fabriqués ont déjà équipé plusieurs parcs français, ceux de Fécamp, Saint-Brieuc ou encore Yeu-Noirmoutier, et continueront avec le gigantesque AO10 dont le cahier des charges vient juste d’être dévoilé. L’industrie est prête, c’est son message, maintenant il faut remplir le carnet de commandes alors qu’un gel des embauches et un plan de charge revu à la baisse ont été annoncés par la direction de Siemens Gamesa aux salariés.

« Rien n’est prévu pour l’instant sur le marché français, il y a une très grande incertitude. « Le savoir-faire, on l’a, il n’y a pas de débat, mais maintenant il faut une accélération sur les carnets de commande français », explique Clément Broudic de la CGT Siemens Gamesa auprès d’ICI Normandie.

À lire aussi Ce flotteur pourra supporter des méga éoliennes de plus de 15 MW

L’article Ces gigantesques pales d’éoliennes seront construites en France est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Prix négatifs de l’électricité : finalement, ils seraient bénéfiques selon le gestionnaire du réseau

C’est une prise de parole rare en faveur des prix négatifs qui explosent actuellement. Thomas Veyrenc, un des pontes du gestionnaire du réseau électrique RTE, exprime auprès de l’AFP les bénéfices des prix négatifs pour le consommateur et le plan d’électrification à venir. Ils seraient le signe d’une électricité décarbonée, abondante et peu chère.

« On a complètement changé de monde », selon Thomas Veyrenc, directeur général économie, stratégie et finances de RTE. Les prix négatifs sont devenus de plus en plus fréquents à mesure que la part d’électricité décarbonée augmente.

Les prix négatifs apparaissent lorsque l’offre dépasse la demande. Dans ce cas, certains producteurs peuvent être amenés à payer pour injecter leur électricité sur le réseau. C’est le cas lors des journées très ensoleillées ou venteuses et que la consommation est basse (jour férié, le midi…).
En 2026, il y en a eu plus que les années précédentes et ils sont arrivés plus tôt. « Ça, c’est atypique, c’est nouveau », souligne-t-il, et c’est expliqué en partie par la bonne production nucléaire et photovoltaïque.

« Ce qui nous intéresse, c’est le volume de prix négatifs », explique Thomas Veyrenc à l’AFP. Et tant qu’ils sont contenus, fait surprenant, cela peut même devenir avantageux.

À lire aussi Prix négatifs : les petites centrales hydroélectriques en souffrent davantage que l’éolien et le solaire

Une bonne situation pour démarrer l’électrification

En tirant les prix de marché vers le bas, c’est « un bouclier pour le consommateur » qui se crée car le réseau est excédentaire. La situation n’a rien à voir avec une crise des prix hauts.

Et pour Thomas Veyrenc, cette abondance peut être une opportunité : « Au moment où vous engagez un effort d’électrification, être en situation d’abondance, ça a quand même beaucoup de vertus ». Alors que la France cherche à décarboner ses transports, son chauffage et son industrie, et qu’un plan d’électrification est presque prêt, disposer d’une électricité abondante n’est pas sans déplaire aux entreprises électrifiant les usages.

L’article Prix négatifs de l’électricité : finalement, ils seraient bénéfiques selon le gestionnaire du réseau est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Face aux canicules, EDF réfléchit à refroidir davantage l’eau rejetée par ses centrales nucléaires

Comme chaque été, mais cette fois bien plus tôt, la chaleur pousse certains réacteurs à réduire leur production en conséquence de leur « source froide » qui se réchauffe. Les rejets dans les fleuves sont strictement encadrés sur la température.

EDF indique à l’AFP surveiller l’impact des températures sur son parc nucléaire. Des baisses temporaires de production sont mises en place, souvent sur les sites refroidis par l’eau d’un fleuve, notamment le Rhône (Bugey, Cruas, Saint-Alban, Tricastin), la Loire (Saint-Laurent, Civaux, Dampierre, Belleville, Chinon) ou la Garonne (Golfech). Si elles représentent seulement 0,3 % de la production depuis 2000, ces baisses/arrêts de production pourraient grimper à 1,4 % à l’horizon 2035 et 1,5 % en 2050.

En période de canicule, la hausse de la température de l’eau ou la baisse des débits peut conduire à des limitations de rejets thermiques afin de préserver les écosystèmes aquatiques et de respecter la réglementation.

À lire aussi Les centrales nucléaires consomment elles vraiment de grandes quantités d’eau ?

Un plan d’adaptation est en préparation

EDF tient à préciser que ces ajustements sont anticipés et encadrés et qu’ils n’impactent que marginalement la disponibilité globale du parc. L’énergéticien national a annoncé investir 8,7 milliards d’euros sur quinze ans pour adapter son parc aux effets du réchauffement climatique. Il étudie plusieurs solutions comme l’amélioration du refroidissement des rejets ou la modernisation des circuits. D’après ses projections, la Cour des comptes anticipe des indisponibilités multipliées par trois ou quatre d’ici 2050 si aucune adaptation supplémentaire n’est mise en œuvre.

Une des possibilités de mal-adaptation pour faire face à la vague de chaleur actuelle est de refroidir l’eau ayant déjà servi à refroidir les réacteurs nucléaires. Un circuit secondaire d’eau trop chaude pour être rejetée dans le fleuve et dont la température serait davantage abaissée dans un second temps est à l’étude, révèle l’Opinion.

L’article Face aux canicules, EDF réfléchit à refroidir davantage l’eau rejetée par ses centrales nucléaires est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  

Moratoire éolien et solaire : le RN remet la pression à un an de la présidentielle

Le parti d’extrême droite n’a pas dit son dernier mot concernant le moratoire sur les énergies renouvelables. Révélé par le média Greenunivers, le RN préparerait une nouvelle proposition de loi à faire passer avant la présidentielle.

Le Rassemblement national (RN) relance son moratoire sur les ENR. Selon le média Greeunivers, les députés RN finalisent une nouvelle proposition de loi (PPL) visant à instaurer un moratoire sur l’éolien et le photovoltaïque en métropole continentale. Le texte prévoit l’interdiction des nouveaux soutiens publics. Les grands projets solaires et éoliens, entre autres, n’étant pas rentables sans appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), cela reviendrait purement et simplement à stopper leur développement.

À lire aussi France : faudrait-il instaurer un moratoire sur les énergies renouvelables?

Selon le journaliste Paul Messad, cette proposition de loi s’inscrit dans un objectif plus large de faire baisser le prix de l’électricité autour de 50-60 euros le mégawattheure (€/MWh) avec la création d’un « prix national régulé de l’électricité », la modification de l’ordre de mérite du marché (qui fixe le prix sur la dernière centrale appelée) et la baisse de la fiscalité sur l’électricité, notamment.

Et ce moratoire ne s’appliquerait pas uniquement aux nouveaux projets. Un réexamen des contrats de soutien existants ainsi qu’une suppression du mécanisme de capacité seraient envisagés selon les sources de Greenunivers.

Continuer de mettre la pression jusqu’à la présidentielle

Les députés Maxime Amblard et Jean-Philippe Tanguy portent cette PPL, les mêmes qui étaient omniprésents lors de la PPL Gremillet, texte législatif derrière la PPE. En 2025 justement, un amendement similaire avait été adopté lors de l’examen de la proposition de loi Gremillet à l’Assemblée nationale et avait fait trembler toute la filière.

À un an de la présidentielle, l’attaque n’attend pas. C’est peut-être pour cela que l’AO 10, ce gigantesque appel d’offres éolien, est censé dévoiler ses résultats juste avant la présidentielle.

L’article Moratoire éolien et solaire : le RN remet la pression à un an de la présidentielle est apparu en premier sur Révolution Énergétique.

  •  
❌