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MaPrimeRenov’ et le chèque énergie passés au peigne par la Cour des Comptes

Un financement par les Certificats d’économie d’énergie (CEE) ou un risque de ne pas honorer toutes les demandes, MaPrimeRenov’ et le chèque énergie sont des politiques à ajuster, selon la Cour des Comptes.

Ce sont deux des aides les plus demandées. Les ménages demandent à tout va MaPrimeRenov’ et le chèque énergie. Mais en miroir, les financements sont de plus en plus précaires puisqu’elles coûtent cher. Dans son analyse de l’exécution 2025 de ces deux aides, la Cour des comptes relève des fragilités financières de MaPrimeRénov’ et du chèque énergie : le politique a des ambitions, mais en a-t-il toujours les moyens ?

MaPrimeRenov’ en est le portrait. Après son recentrage sur les rénovations globales, le dispositif a connu un « succès important » et les ménages se sont rués dessus jusqu’à saturer et atteindre le plafond des demandes. Début 2026, 83 000 dossiers étaient en attente, pour un objectif de 120 000 rénovations d’ampleur inscrit au budget. Autrement dit, près de 70 % de la cible annuelle était déjà en file d’attente avant même le plein déploiement.

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Débudgétiser mais fragiliser

Résultat : une suspension temporaire des dépôts à l’été 2025, à cause d’une enveloppe sous-dimensionnée par rapport aux demandes. Car dans le même temps, les crédits budgétaires se contractent. Le projet de loi des finances est discuté et le déficit de l’Etat fait craindre une suspension à durée indéterminée. Pour compenser, l’État mise de plus en plus sur les certificats d’économie d’énergie (CEE), une manière de gérer ces aides hors budget propre en mettant à contribution le secteur de l’énergie. Et qui réduit la maîtrise des investissements.

Dans son analyse du budget de l’État en 205, la Cour des Comptes voit, là, un « risque financier notable » pour l’Agence nationale de l’habitat (Anah), l’opérateur de MaPrimeRénov’. Elle est confrontée à un décalage déjà observé entre le volume des dossiers engagés et les financements réellement disponibles. C’est donc sa capacité à honorer les aides promises qui est interrogée par la Cour.

Chèque énergie, même constat. En 2025, le dispositif a été budgété en dessous des besoins et un trou d’environ 100 millions d’euros en crédits de paiement s’est créé. Pour assurer sa continuité, l’État a dû recourir à des redéploiements de crédits internes et mobiliser la réserve de précaution d’autres programmes. La Cour critique également le niveau élevé des frais de gestion et baisse mécaniquement l’aide effectivement utile aux rénovations.

 

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Les énergies renouvelables embauchent presque autant que l’industrie automobile en France

Avec près de 250 000 emplois directs en France en 2024, les énergies renouvelables sont un secteur économique à elles seules. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) veut montrer à quel point la filière pèse et mérite d’être protégée.

Le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) continue son intense lobbying pour sauver la filière. Il résume l’enjeu, dans un post Linkedin, mathématiquement : « 250 + 170 = 420 000 emplois ». Un total qui agrège les emplois directs et indirects liés aux filières renouvelables. Un volume d’emplois comparable à celui de la filière automobile, qui en compte 336 000 aujourd’hui.

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Du travail un peu partout en France

Le SER, pour grossir encore le trait, a compté les emplois indirects et induits pour atteindre ainsi 775 000 emplois en France. Sous-traitance, services, consommation locale : chaque emploi direct générerait ainsi jusqu’à deux emplois supplémentaires.

Au-delà du nombre, l’étude menée par le cabinet Colombus Consulting montre l’ancrage territorial de ces emplois. Contrairement à d’autres industries, les activités liées aux renouvelables – installation, exploitation, maintenance – sont par nature disséminées sur tout le territoire. La densité moyenne atteint 3,8 emplois directs pour 1 000 habitants, avec l’Auvergne-Rhône-Alpes ou les Pays de la Loire en tête quand l’Île-de-France est plus loin derrière.
La taille des entreprises montre aussi l’aspect disséminé : ce sont des PME et TPE.

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Un moyen de pression pour sauver la filière

La filière s’inquiète des risques liés à l’instabilité réglementaire, susceptible de freiner investissements et emplois. Le SER fait pression pour continuer la poursuite des appels d’offres, dynamisant le vivier d’emplois non négligeable. Une catastrophe sur les emplois passerait beaucoup moins bien qu’une catastrophe sur les finances publiques, juge le gouvernement en poursuivant les investissements dans les ENR.

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