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Chaos à Lidl pour des climatiseurs : les premières émeutes liées au réchauffement climatique en France ?

La mise en vente de 200 000 climatiseurs et ventilateurs à bas prix chez Lidl a tourné à l’émeute jeudi 2 juillet. Longues files d’attente devant les magasins, portes forcées, bagarres, interventions policières : des troubles à l’ordre public qui pourraient bien être les premiers à avoir pour origine directe le changement climatique en France.

Le 2 juillet au matin, des centaines de clients ont pris d’assaut plusieurs des 1622 magasins Lidl présents en France, espérant mettre la main sur des climatiseurs mobiles et ventilateurs à prix cassés mis en vente le jour même. Résultat : des scènes de chaos très relayées sur les réseaux sociaux, qui montrent des bagarres et bousculades entre clients. Certaines ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre, qui ont fait emploi de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, et plusieurs boutiques ont subi des dommages matériels. L’enseigne de hard-discount ne s’était étrangement pas préparée à une telle affluence, pourtant prévisible.

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Des stocks dérisoires face à une demande massive

L’insuffisance des stocks a provoqué la colère de nombreux clients. 200 000 exemplaires étaient prévus, soit une moyenne de 123 unités par magasin. Mais dans certaines boutiques parisiennes, un seul climatiseur était parfois disponible, quand d’autres n’avaient tout simplement rien reçu. À Saint-Germain-en-Laye en région parisienne, par exemple, une cinquantaine de ventilateurs attendaient les clients, mais aucun climatiseur. Selon 60 millions de consommateurs, Lidl aurait passé commande il y a plus d’un an, donc sans lien avec les récentes vagues de chaleur.

L’enseigne est toutefois habituée à annoncer des produits au catalogue sans garantir leur présence dans l’ensemble de ses magasins. Une pratique proscrite par le code de la consommation, pour laquelle Lidl a déjà été condamnée dans le passé.

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Un parc immobilier français impréparé au réchauffement climatique

Ces scènes de chaos révèlent une réalité : seulement 25 % des logements français sont équipés de climatisation fixe. Cette proportion, très faible comparée à d’autres pays développés, témoigne d’une inadaptation face à des canicules frôlant les 45 °C, comme celle vécue fin juin. Cette vague de chaleur précoce a pris de court des millions de foyers non équipés, piégés dans des logements bouillants. Il s’agit souvent de locataires et de personnes précaires, qui ne peuvent pas engager de travaux pour installer un climatiseur fixe. Ces incidents marquent aussi un tournant symbolique : la France connaît là ses premiers troubles à l’ordre public directement liés au changement climatique

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Pourquoi la France fait tourner ses centrales à gaz en plein été ?

Les fortes chaleurs de la fin du mois de juin ont fait remonter la consommation électrique française. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle la France rallume ses centrales à gaz. Une part importante de cette production supplémentaire sert à alimenter les pays voisins.

Lundi 22 juin 2026, la production d’électricité dépassait 60 gigawatts (GW) à 19h mais la consommation plafonnait à un maximum de 56 GW. En plein pic caniculaire, nous nous apercevions à quel point la consommation était thermosensible, aussi quand il fait chaud. Selon RTE, elle augmente de 0,7 GW à 1 GW pour chaque degré supplémentaire, soit trois fois moins que l’impact d’un degré en moins l’hiver. C’est donc la climatisation qui a entraîné un bond de 12 GW le lundi 22 juin par rapport à une période équivalente avec des températures de saison.

Pourtant, si on creuse un peu plus sur le site Eco2mix, le bandeau rouge de gaz ne vient pas uniquement de la climatisation française. Les 5 GW (10 % de la production nationale) en ce jour sont, certes, dérisoires devant les 36 GW nucléaires et 5,8 GW d’hydro, mais pèsent devant les 2 GW d’éolien et 1 GW de bioénergies.

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Des exportations au maximum

Tout en bas des couches des modes de production se situe une large couche grise, négative, correspondant aux exportations. Un solde exportateur de 10 GW, soit presque un cinquième de la consommation du jour. Plus de 10 GW quittent donc le territoire, RTE empochant un joli pactole à regarder de plus près les prix du marché (plus de 200 €/MWh pour nos voisins de l’Est).

Les principaux flux sont dirigés vers le Royaume-Uni (3 GW) et l’axe Allemagne-Belgique (3,5 GW). S’y ajoutent 4 GW vers l’Italie et 2 GW vers la Suisse. Seule l’Espagne exporte vers la France très légèrement (moins de 0,2 GW). Autrement dit, le gaz consommé en France ne sert pas à répondre à la climatisation des ménages français. Au Royaume-Uni par exemple, les capacités pilotables sont plus limitées et les interconnexions avec la France jouent un rôle d’équilibrage.

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