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Le gouvernement allemand souhaite freiner les renouvelables

Le grand plan renouvelables en Allemagne tousse, le chancelier ferme les vannes de subventions. Ce n’est pas fini mais le constat est là : l’Etat laissera se développer seules les technologies renouvelables matures.

25 ans après avoir lancé l’Energiewende, l’Allemagne est en train de refermer ce vaste plan, constitué de généreux tarifs de rachat qui ont fait son succès, l’Allemagne étant le moteur des ENR en Europe. Le gouvernement de Friedrich Merz a signé, le 29 juillet, une réforme de la loi sur les énergies renouvelables (EEG) où les producteurs d’électricité verte devront désormais vivre davantage des revenus du marché que des aides publiques.

« Les énergies renouvelables sont devenues compétitives. Là où elles sont rentables, elles n’ont plus besoin de subventions permanentes », acte la ministre de l’Économie et de l’Énergie, Katherina Reiche. L’Etat ne veut plus soutenir indéfiniment des technologies désormais matures. « Les prix de l’électricité doivent être déterminés par le marché et non maintenus artificiellement bas par des aides permanentes ». La ministre ne peut pas faire passer son message plus clairement.

Depuis son adoption en 2000, l’EEG garantit des tarifs d’achat sur vingt ans et l’Allemagne est devenue le premier marché solaire européen avec plus de 110 gigawatts (GW) installés et près de 10 GW supplémentaires raccordés chaque année. Ce modèle date d’une époque où le solaire et l’éolien étaient encore coûteux, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Les épisodes de prix négatifs et l’abondance de la production continuent d’être subventionnés.

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Des CfDs à la rescousse

Alors quelle procédure pour les exposer au marché ? Toutes les nouvelles installations devront désormais vendre directement leur production sur le marché en contrats pour différence (CfD), qui garantissent certes un revenu minimal (tout dépendra de ce niveau).

« Nous voulons davantage de mécanismes orientés vers le marché », estimant que les futurs dispositifs devront offrir « une sécurité d’investissement tout en renforçant les incitations à produire lorsque l’électricité est réellement nécessaire au système ». Les CfDs inciteront à produire au bon moment.

Et sur les réseaux, un second texte autorise désormais les gestionnaires de réseau à repousser jusqu’à six ans le raccordement de nouveaux projets dans les zones les plus congestionnées. « Le développement des renouvelables doit être mieux coordonné avec celui des réseaux », défend Katherina Reiche. Le ministère souhaite privilégier des installations « utiles au système » (systemdienlich en allemand), couplées à du stockage ou flexibles pour le réseau (en s’arrêtant de produire).

Le patronat allemand (BDI) s’en réjouit car l’efficacité économique du système électrique s’en verra renforcée et cela limitera le coût des soutiens publics. Les ONG, elles, font grise mine.

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L’État débourse 260 millions d’euros pour adapter les ports français aux éoliennes flottantes

La France ambitionne de devenir un acteur incontournable de l’éolien flottant en Europe, et le prouve en octroyant une enveloppe de 260 millions d’euros destinée à la préparation de ses infrastructures portuaires. Au total, 5 ports d’envergure en profiteront pour permettre d’atteindre 6 GW d’éolien flottant en service dans moins de 15 ans. 

Quelques semaines après la publication de l’AO10, le Gouvernement vient d’annoncer les résultats de l’appel à projets relatif au financement des infrastructures portuaires pour le développement de l’éolien flottant. Cette annonce est importante, car la France espère mettre en service 6 GW d’éolien flottant d’ici 2040.

Cette enveloppe conséquente sera répartie entre les projets de 5 ports français stratégiques, de cette manière :

  • 10 millions d’euros pour le port de Cherbourg,
  • 58 millions d’euros pour le port de Brest,
  • 60 millions d’euros pour le port de Nantes-Saint Nazaire,
  • 48 millions d’euros pour le port de Port-la-Nouvelle,
  • 82 millions d’euros pour Marseille-Fos.

Cet appel à projet avait été lancé en 2024 dans le cadre de France 2030. Il porte principalement sur les investissements nécessaires à la construction et à l’assemblage des éoliennes flottantes à quai.

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Une filière industrielle à construire en un temps record

C’est d’ailleurs l’une des particularités des éoliennes flottantes : leur conception permet un montage à quai, avant d’être acheminées en mer. À l’inverse, actuellement, les éoliennes offshore posées doivent être assemblées directement sur leur emplacement définitif.

Cet avantage, qui permet en théorie d’accélérer la cadence de construction, nécessite cependant des infrastructures portuaires et une logistique d’une autre échelle. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un oeil aux projets qui ont été retenus dans le cadre de l’appel à projets.

Du côté de Cherbourg, on attend 30 millions d’euros d’investissement pour la construction d’un nouveau quai lourd de 140m à 160m de  long. À Brest, les travaux devraient permettre l’assemblage de flotteurs d’éoliennes de plusieurs dizaines de milliers de tonnes, puis leur mise à l’eau. Sur le Port de Nantes-Saint Nazaire, les travaux concernent la plateforme Eole, une vaste infrastructure industrielle dotée d’un quai de 530 mètres de long, et permettant le stockage et l’assemblage des éoliennes avec jusqu’à 5 flotteurs en attente.

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