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Stellantis : le redressement sera plus long que prévu

Stellantis confirme son plan de redressement, mais prévient que le retour à une meilleure rentabilité prendra du temps face à une concurrence accrue.

Stellantis traverse une nouvelle phase délicate de son plan de transformation. Après avoir publié des résultats trimestriels inférieurs aux attentes des marchés financiers, le constructeur automobile a averti que le redressement de ses performances ne serait pas immédiat. Son directeur général, Antonio Filosa, estime que les changements engagés nécessitent du temps pour produire leurs effets, alors que le groupe doit simultanément faire face à une concurrence internationale plus intense, à la pression des constructeurs chinois, aux coûts liés aux droits de douane et à l’évolution rapide du marché automobile mondial.

Le quatrième constructeur automobile mondial poursuit néanmoins son ambition de restaurer sa rentabilité et de renforcer sa présence sur les principaux marchés grâce à une stratégie de long terme présentée au printemps. Celle-ci repose notamment sur le lancement de nombreux nouveaux modèles, le développement de plateformes plus compétitives et une amélioration de la qualité ainsi que des coûts de production.

Trois priorités pour relancer la performance

Depuis son arrivée à la tête de Stellantis, Antonio Filosa a fixé trois axes majeurs pour remettre le groupe sur une trajectoire plus favorable : élargir la couverture du marché, réduire les coûts industriels et améliorer la qualité des véhicules. Lors de la présentation des résultats trimestriels, le dirigeant a reconnu que les progrès étaient réels mais restaient progressifs.

Selon lui, les défis auxquels fait face le constructeur ne peuvent être résolus rapidement. La transformation industrielle, commerciale et technologique engagée nécessite plusieurs années avant de produire pleinement ses effets. Le dirigeant a ainsi indiqué que Stellantis avançait conformément à sa feuille de route tout en cherchant à accélérer autant que possible l’exécution de son plan.

Cette stratégie s’inscrit dans un programme de redressement annoncé en mai, d’une valeur de 70 milliards de dollars (environ 60,7 milliards d’euros), comprenant le lancement de 60 nouveaux modèles d’ici 2030. L’objectif affiché consiste notamment à reconquérir les parts de marché les plus rentables perdues aux États-Unis sous la précédente direction.

Les investisseurs espéraient toutefois des résultats plus convaincants dès cette année. Les chiffres publiés au deuxième trimestre montrent que la reprise reste encore fragile malgré certains signaux positifs.

L’Amérique du Nord soutient les résultats

Au deuxième trimestre, Stellantis a enregistré un bénéfice ajusté avant intérêts et impôts (EBIT) de 773 millions d’euros. Ce résultat représente plus de trois fois celui enregistré un an auparavant mais demeure inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 914 millions d’euros.

Cette déception a immédiatement été sanctionnée par les marchés financiers. À la Bourse de Milan, l’action Stellantis a terminé la séance en baisse de 4,31 %, à 5,06 euros.

Le chiffre d’affaires du constructeur a progressé de 13 % sur un an pour atteindre 43,48 milliards d’euros. Cette croissance repose principalement sur les bonnes performances du marché nord-américain, où les revenus ont bondi de 32 %.

Les ventes en Amérique du Nord ont progressé de 6 %, portées notamment par une hausse de 11 % des ventes des pick-up Ram, ainsi que par les modèles Jeep, deux gammes particulièrement rentables pour le constructeur. Antonio Filosa a fait de ces véhicules une priorité afin de restaurer la rentabilité du groupe sur son principal marché.

Certains observateurs restent toutefois prudents. Selon Fabio Caldato, gestionnaire de fonds chez AcomeA Sgr, les revenus nord-américains ont bénéficié d’une hausse des stocks chez les concessionnaires, ce qui ne traduit pas nécessairement une progression durable de la demande finale. Il estime que Stellantis devra encore assainir sa situation avant de pouvoir pleinement profiter du lancement de futurs modèles à forte marge.

Une pression croissante en Europe et face aux constructeurs chinois

En Europe, deuxième marché du groupe, les revenus sont restés globalement stables. Cette stabilité masque cependant une pression concurrentielle importante. Pour préserver ses volumes, Stellantis a dû réduire les prix de plusieurs modèles afin de répondre à l’offensive commerciale des constructeurs automobiles chinois.

Antonio Filosa considère cette concurrence comme un défi majeur pour les années à venir. Afin d’y répondre, Stellantis compte notamment s’appuyer sur son partenaire chinois Leapmotor, dont les ventes européennes ont presque été multipliées par six au cours du premier semestre 2026.

Le groupe travaille également au développement de nouvelles plateformes automobiles destinées au marché européen. Selon son dirigeant, ces architectures devront atteindre un niveau de compétitivité comparable à celui des constructeurs chinois, désormais très présents sur le segment des véhicules électriques et des modèles à prix compétitifs.

Parallèlement, Stellantis poursuit une révision de sa stratégie d’électrification. Le constructeur avait déjà annoncé un recentrage de ses ambitions dans ce domaine, décision qui s’était traduite par environ 22 milliards d’euros de charges comptabilisées en février.

Malgré ces difficultés, le groupe maintient ses prévisions financières pour l’ensemble de l’exercice. Stellantis vise toujours une croissance de son chiffre d’affaires à un chiffre moyen ainsi qu’une marge opérationnelle ajustée à un chiffre bas. En revanche, un flux de trésorerie industriel positif n’est désormais attendu qu’à partir de l’année prochaine.

Le constructeur anticipe également un impact des droits de douane américains compris entre 1 et 1,2 milliard d’euros sur l’ensemble de l’année, un facteur supplémentaire venant peser sur sa rentabilité.

Face à un environnement marqué par la montée en puissance des constructeurs chinois, les évolutions réglementaires et une concurrence toujours plus forte sur les véhicules électriques comme thermiques, Stellantis entend poursuivre sa transformation industrielle sans modifier sa feuille de route, tout en reconnaissant que les résultats financiers mettront du temps à refléter les effets de cette stratégie.

Notre avis, par leblogauto.com

Les résultats du deuxième trimestre montrent que Stellantis reste engagé dans une profonde phase de restructuration. Les performances en Amérique du Nord apportent un soutien important, mais elles ne compensent pas encore les difficultés rencontrées en Europe et la pression concurrentielle des constructeurs chinois. Le maintien des objectifs annuels traduit une volonté de conserver le cap stratégique malgré un contexte complexe. Les prochains lancements de modèles et l’évolution des marges seront des indicateurs clés pour mesurer l’efficacité du plan de redressement engagé par Antonio Filosa.

Crédit illustration : Stellantis.

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BMW accélère sa restructuration face à la crise

BMW lance une vaste restructuration après une chute de 35 % de ses bénéfices, sur fond de recul en Chine et de concurrence accrue.

BMW traverse une période de fortes turbulences. Le constructeur automobile allemand a annoncé qu’il allait remettre en question des méthodes de fonctionnement jusque-là considérées comme « intouchables », après avoir publié des résultats financiers en net recul au deuxième trimestre. Cette décision intervient dans un contexte marqué par le ralentissement du marché automobile chinois, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et une concurrence internationale de plus en plus intense, notamment dans le secteur des véhicules électriques.

Le groupe premium, réputé pour ses berlines, SUV et modèles sportifs, a enregistré une baisse de 35 % de son bénéfice avant impôt au deuxième trimestre. Le résultat s’établit à 1,7 milliard d’euros, tandis que la marge opérationnelle de sa division automobile est tombée à 2,3 %, contre 5,4 % un an auparavant. Même si cette performance reste légèrement supérieure aux attentes des analystes, elle illustre les difficultés auxquelles fait face l’ensemble de l’industrie automobile allemande.

Le nouveau directeur général de BMW, Milan Nedeljkovic, n’a pas caché sa déception en qualifiant ces résultats de « non satisfaisants ». Ils s’inscrivent dans une série d’annonces similaires chez plusieurs grands constructeurs allemands, confrontés à un environnement économique devenu beaucoup plus complexe.

BMW veut revoir son organisation en profondeur

Face à cette dégradation de ses performances, BMW entend revoir son fonctionnement interne afin de renforcer sa compétitivité. Le constructeur a annoncé qu’il allait examiner des processus et des structures historiques qui étaient jusqu’à présent considérés comme intouchables.

Sans entrer dans les détails, Milan Nedeljkovic a expliqué que cette réflexion porterait sur l’ensemble des activités du groupe. Les ventes, les achats, la production ainsi que le développement des futurs modèles feront l’objet d’une réorganisation destinée à améliorer l’efficacité industrielle et la rentabilité.

Cette transformation s’accompagnera également d’une simplification de la gamme automobile. BMW prévoit de réduire certaines variantes de modèles selon les marchés, afin d’adapter son offre aux évolutions de la demande. Le constructeur constate notamment que le développement des véhicules électriques ne progresse pas au même rythme selon les régions du monde. En Chine, l’électrique s’impose rapidement, tandis qu’aux États-Unis les modèles équipés de moteurs thermiques restent particulièrement populaires.

Selon une source citée dans le texte d’origine, BMW prévoirait également de supprimer 8 000 emplois dans le cadre d’un programme de départs volontaires. Le dirigeant n’a toutefois pas confirmé ce chiffre lors de la présentation des résultats.

La Chine reste le principal point de faiblesse

Le marché chinois demeure la principale source d’inquiétude pour BMW. Au deuxième trimestre, les ventes mondiales du constructeur ont diminué d’environ 5 %, principalement sous l’effet d’une chute de 30 % des livraisons en Chine.

Ce recul intervient alors que le premier marché automobile mondial évolue très rapidement sous l’impulsion des constructeurs locaux spécialisés dans les véhicules électriques. Plusieurs observateurs du secteur estiment que la nouvelle génération de modèles électriques de BMW pourrait arriver trop tard pour retrouver une position forte sur un marché devenu extrêmement compétitif.

Les constructeurs chinois bénéficient d’une montée en puissance rapide de leurs technologies, de leur maîtrise des batteries et de coûts de production compétitifs. Cette dynamique renforce la pression sur les groupes européens qui doivent simultanément poursuivre leur transition électrique, préserver leurs marges et investir dans les nouvelles technologies embarquées.

BMW reconnaît que les défis liés à la Chine continueront d’influencer ses performances. Toutefois, Milan Nedeljkovic estime que l’impact des constructeurs chinois sur les ventes européennes du groupe n’est pas encore visible dans les chiffres actuels. Le constructeur affirme vouloir maintenir une offre attractive afin de rester compétitif face à cette concurrence croissante.

Une industrie automobile allemande sous pression

Les difficultés rencontrées par BMW ne constituent pas un cas isolé. L’ensemble de l’industrie automobile allemande fait face à une période de profondes transformations.

La faiblesse persistante de la demande sur certains marchés, l’évolution des réglementations, la transition vers les véhicules électriques et les conséquences des tensions géopolitiques modifient durablement les conditions d’exploitation des grands constructeurs.

BMW cite notamment la baisse de confiance des consommateurs liée au conflit au Moyen-Orient parmi les facteurs ayant pesé sur ses résultats. L’entreprise souligne également que les exigences réglementaires régionales, combinées à l’intensification de la concurrence mondiale, transformeront son modèle économique dans les années à venir.

Malgré ce contexte difficile, le constructeur maintient ses prévisions annuelles. BMW vise toujours une marge opérationnelle comprise entre 1 % et 3 % pour son activité automobile. Cette confirmation intervient après un avertissement sur les bénéfices publié en juin, qui avait déjà ouvert des discussions avec les représentants des salariés concernant les mesures de réduction des coûts.

L’objectif affiché est désormais de rendre le groupe plus agile, plus compétitif et capable de s’adapter aux fortes disparités entre les différents marchés automobiles mondiaux. Cette stratégie passera par une révision de son portefeuille de modèles, une optimisation de ses processus industriels et une adaptation plus fine de son offre aux attentes des automobilistes selon les régions.

Notre avis, par leblogauto.com

Les résultats publiés par BMW illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés les constructeurs premium européens dans un marché automobile en pleine mutation. La forte baisse des ventes en Chine apparaît comme le principal facteur expliquant le recul de la rentabilité du groupe. La volonté de revoir des pratiques historiques et de rationaliser la gamme confirme que BMW prépare une transformation structurelle de son organisation. Le maintien des objectifs annuels montre toutefois que le constructeur entend poursuivre son adaptation tout en conservant sa trajectoire stratégique.

Crédit illustration : BMW.

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BYD attaque le marché japonais avec une mini électrique

BYD lance la Racco au Japon, une mini voiture électrique abordable qui défie Nissan, Honda et les leaders du segment kei.

BYD attaque le marché japonais avec une mini électrique

BYD poursuit son offensive internationale dans l’automobile électrique en s’attaquant à l’un des segments les plus stratégiques du marché japonais. Le constructeur chinois prévoit d’introduire la Racco, une petite voiture électrique conçue pour rivaliser avec les célèbres kei cars japonaises, ces véhicules compacts et accessibles qui représentent une part majeure des ventes nationales. Avec ce modèle, BYD cherche à séduire les automobilistes japonais grâce à un véhicule électrique abordable, pratique et adapté aux usages urbains comme aux déplacements quotidiens sur les routes étroites.

Le modèle Racco sera proposé avec un prix inférieur à 2 millions de yens, subventions incluses, soit environ 12 210 dollars selon les données communiquées. BYD Auto Japan annonce une autonomie minimale de 210 kilomètres. Ces caractéristiques placent directement cette mini voiture électrique face à la Nissan Sakura, actuellement l’un des véhicules électriques les plus populaires au Japon.

BYD s’attaque au segment stratégique des kei cars

Le marché des kei cars constitue une particularité forte de l’industrie automobile japonaise. Ces véhicules légers, compacts et économiques représentent près de 40 % des ventes de voitures neuves dans le pays. Ils répondent aux besoins des conducteurs recherchant un véhicule facile à stationner, peu coûteux et adapté aux environnements urbains denses ainsi qu’aux zones rurales.

Traditionnellement, les kei cars sont proposées sous forme de petites citadines, de micro-fourgonnettes ou de véhicules utilitaires compacts. Les modèles thermiques d’entrée de gamme commencent autour de 1,2 million de yens, ce qui souligne l’importance du critère prix dans cette catégorie automobile.

En lançant une mini voiture électrique sur ce segment, BYD se confronte directement aux constructeurs japonais historiques. Toyota, Suzuki, Daihatsu et Honda dominent actuellement ce marché, ces groupes représentant ensemble environ 80 % des ventes de minicars selon Bloomberg Intelligence.

La stratégie de BYD repose sur l’idée que les petits véhicules électriques peuvent répondre efficacement aux besoins des utilisateurs japonais. Les distances quotidiennes limitées réduisent les exigences liées à la capacité de batterie et peuvent limiter les inquiétudes concernant l’autonomie. Le constructeur chinois mise donc sur une approche combinant compacité, efficacité énergétique et coût d’utilisation réduit.

La Racco face aux références électriques japonaises

Le défi est important pour BYD, car les véhicules électriques restent encore peu adoptés par les consommateurs japonais. La marque chinoise devra convaincre à la fois sur son positionnement technologique et sur sa capacité à s’imposer face aux constructeurs nationaux.

La Nissan Sakura constitue la principale référence du segment. Ce modèle commence à environ 2,44 millions de yens et propose une autonomie maximale de 180 kilomètres avec une charge complète. En 2025, la Sakura représentait 22 % des ventes totales de véhicules électriques au Japon.

Honda prépare également une réponse avec la N-One e:, une mini voiture électrique affichée à partir d’environ 2,7 millions de yens. Ces deux modèles bénéficient toutefois de dispositifs d’aide financière pouvant réduire fortement leur prix final selon la région d’achat. À Tokyo, par exemple, le prix subventionné d’une Nissan Sakura peut passer sous la barre du million de yens.

Pour la Racco, BYD indique un prix de base de 2,15 millions de yens, tandis que la version haut de gamme atteint près de 2,5 millions de yens. Toutes les versions bénéficieront d’une subvention de 150 000 yens pour les véhicules électriques, selon les informations communiquées par Atsuki Tofukuji, directeur général de BYD Auto Japan.

Au-delà du prix, BYD devra également convaincre un marché historiquement favorable aux marques nationales. Les constructeurs étrangers représentent encore une faible proportion des ventes automobiles japonaises, même si certaines marques premium européennes comme BMW et Mercedes-Benz ont réussi à développer une clientèle spécifique.

Une offensive japonaise plus large pour BYD

L’arrivée de la Racco s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de BYD au Japon. Depuis son arrivée sur le marché des voitures particulières japonaises il y a plus de trois ans, le constructeur chinois a progressivement élargi sa gamme et renforcé son réseau commercial.

BYD Japan prévoit d’avoir livré 10 000 véhicules dans le pays d’ici la fin du mois mentionné. L’entreprise dispose également de 77 points de vente au Japon, dont 56 concessions officielles. Cette implantation vise à renforcer la confiance des consommateurs et à améliorer la visibilité de la marque.

Le constructeur chinois prévoit également d’élargir son offre japonaise avec de nouveaux modèles. En janvier, BYD a annoncé l’arrivée prévue de deux hybrides supplémentaires, l’Atto 2 et le Seal 6, afin de compléter une gamme comprenant plusieurs véhicules destinés au marché local.

La Racco représente néanmoins un modèle stratégique, car elle place BYD sur un segment dominé depuis longtemps par les marques japonaises. En proposant une voiture électrique compacte avec une autonomie supérieure à celle de certaines références locales et un positionnement tarifaire compétitif, le constructeur chinois cherche à démontrer qu’il peut adapter son offre aux spécificités d’un marché automobile très fermé.

Notre avis, par leblogauto.com

L’arrivée de la BYD Racco marque une nouvelle étape dans l’expansion du constructeur chinois sur le marché japonais. Le choix du segment des kei cars est stratégique, car il cible une catégorie représentant une part importante des ventes automobiles nationales. La concurrence avec Nissan, Honda et les groupes japonais établis sera toutefois forte, notamment en raison de l’attachement des consommateurs aux marques locales. Le succès de la Racco dépendra notamment de son positionnement prix, de son autonomie réelle et de l’acceptation des véhicules électriques par les automobilistes japonais.

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Ford se prépare à l’arrivée des Chinois aux États-Unis

Ford anticipe l’arrivée possible des constructeurs chinois aux États-Unis et accélère sa stratégie face à la concurrence automobile.

Le marché automobile américain pourrait voir arriver de nouveaux concurrents chinois dans les prochaines années. Le PDG de Ford, Jim Farley, a indiqué aux employés du constructeur que l’entreprise se préparait à l’éventualité d’une entrée des marques automobiles chinoises aux États-Unis dans un horizon de cinq à dix ans. Selon des personnes présentes lors d’une réunion interne, les dirigeants de Ford estiment toutefois que cette arrivée serait plus probable vers la fin de cette période.

Cette perspective intervient alors que les constructeurs chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques, renforcent leur présence mondiale et gagnent des parts de marché dans plusieurs régions. Ford considère cette évolution comme un défi stratégique majeur pour l’industrie automobile américaine et prépare une réponse centrée sur des véhicules électriques plus accessibles, conçus pour rivaliser avec les standards de coût et d’efficacité des entreprises chinoises.

Ford anticipe la montée en puissance des marques chinoises

Jim Farley fait partie des dirigeants automobiles américains qui alertent régulièrement sur la progression des constructeurs chinois comme BYD. Le patron de Ford estime que la compétitivité industrielle chinoise représente un enjeu majeur pour les fabricants historiques, notamment dans le segment des véhicules électriques où les coûts de production et la maîtrise des chaînes d’approvisionnement jouent un rôle déterminant.

Lors d’une séance de questions-réponses avec les salariés, les dirigeants de Ford ont expliqué que l’entreprise se préparait à un scénario dans lequel les marques chinoises pourraient accéder au marché américain malgré les nombreuses barrières commerciales existantes. Le constructeur américain n’a pas souhaité commenter publiquement les échanges tenus durant cette réunion privée.

Le président exécutif de Ford, Bill Ford, avait déjà évoqué cette pression concurrentielle. Il a déclaré que l’industrie automobile américaine devait être capable de rivaliser avec la Chine plutôt que de chercher uniquement à empêcher son arrivée. Selon lui, la capacité à affronter les constructeurs chinois sur leur propre terrain constitue un élément essentiel pour rester compétitif.

Les véhicules électriques occupent une place centrale dans cette bataille industrielle. Ford prépare notamment une nouvelle gamme de modèles électriques abordables développés intégralement par ses équipes afin de répondre aux critères de prix et d’efficacité qui ont permis aux constructeurs chinois de progresser rapidement.

Les barrières américaines ralentissent encore l’accès au marché

Les États-Unis maintiennent actuellement plusieurs mesures destinées à limiter l’arrivée de véhicules chinois sur leur territoire. Les véhicules électriques importés de Chine sont soumis à des droits de douane d’environ 100 %, tandis que des règles américaines concernent également les logiciels et composants chinois utilisés dans les véhicules connectés.

Ces restrictions ont été mises en place notamment en raison de préoccupations liées à la sécurité nationale et à la protection des données. Les règles concernant certains logiciels chinois doivent entrer en vigueur en 2027, tandis que celles portant sur le matériel sont prévues pour 2030.

Malgré ces obstacles, les constructeurs chinois développent leur présence autour du marché américain. Au Mexique voisin, plusieurs marques chinoises ont gagné des parts de marché. Au Canada, un accord commercial permet également la vente d’un nombre limité de véhicules électriques chinois. Certains spécialistes considèrent le Canada comme un marché d’observation pour les constructeurs chinois souhaitant évaluer leur potentiel auprès des consommateurs nord-américains.

Les enquêtes auprès des automobilistes américains montrent également un intérêt croissant pour ces modèles, notamment en raison du manque d’offres électriques abordables sur le marché local. Cette situation pourrait renforcer la pression sur les constructeurs traditionnels pour proposer des véhicules électriques plus compétitifs.

Ford affronte déjà la concurrence chinoise à l’international

Même si Ford ne fait pas encore directement face aux marques chinoises sur le sol américain, le constructeur rencontre déjà cette concurrence sur d’autres marchés. En Europe, où les fabricants chinois de véhicules électriques progressent, Ford cherche à renforcer sa compétitivité industrielle.

Dans cette stratégie, Ford a récemment annoncé une coentreprise avec le constructeur chinois Geely. Ce partenariat a suscité des critiques de la part de certains responsables politiques américains, mais Ford estime que la concurrence chinoise pousse l’ensemble des acteurs automobiles à améliorer leur efficacité et leur capacité d’innovation.

Pour le constructeur américain, l’enjeu dépasse donc la simple protection d’un marché national. Il s’agit également d’adapter son modèle industriel à une nouvelle phase de transformation automobile marquée par l’électrification, la réduction des coûts et l’évolution rapide des technologies embarquées.

L’arrivée potentielle des constructeurs chinois aux États-Unis reste incertaine, mais Ford considère déjà cette hypothèse comme un facteur stratégique. Le groupe cherche à renforcer sa gamme électrique et à améliorer sa compétitivité afin de répondre à une concurrence mondiale qui s’intensifie.

Notre avis, par leblogauto.com

Ford considère la progression des constructeurs chinois comme un défi industriel majeur, notamment dans le domaine des véhicules électriques abordables. La stratégie du groupe repose sur le développement de modèles capables de rivaliser sur les coûts et l’efficacité énergétique. Les barrières commerciales américaines limitent actuellement l’accès direct des marques chinoises au marché, mais leur progression internationale pousse les constructeurs historiques à accélérer leur adaptation. Le partenariat de Ford avec Geely illustre cette volonté de rester compétitif dans un environnement automobile mondial en évolution.

Source : Reuters.

Crédit illustration : Xiaomi.

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