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[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

Le divorce le plus cher de la tech
[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

C’est le procès du siècle (même si le siècle est encore jeune) : Elon Musk et OpenAI s’affrontent depuis trois semaines devant le jury d’un tribunal fédéral en Californie. Une bataille à plusieurs (centaines de) milliards de dollars qui mêle rivalités personnelles, gouvernance opaque et visions opposées du futur de l’intelligence artificielle. Ce premier acte se conclut le 18 mai par un échec pour Elon Musk, débouté de l’ensemble de ses poursuites pour prescription.

Dernière mise à jour, mardi 19 mai, 00h45 : au terme de trois semaines de procès, le jury du tribunal d’Oakland a finalement rejeté les différents griefs de la plainte formulée par Elon Musk, qui se voit donc débouté de l’ensemble de ses demandes. Ce n’est pas le fond de l’affaire qui motive cette décision, mais un élément de droit : le jury a considéré à l’unanimité que la plainte de Musk n’était pas recevable dans la mesure où les différentes accusations concernaient des actes couverts par le délai de prescription. Ce verdict de prescription (pas encore mis en ligne au moment de cette publication) a été confirmé par la juge qui présidait aux débats.

Elon Musk a réagi quelques heures après, sur X, maintenant ses allégations sur le fond et indiquant sa volonté d’interjeter appel :

« Concernant l’affaire OpenAI, le juge et le jury ne se sont jamais prononcés sur le fond, mais uniquement sur un vice de procédure. Pour quiconque suit l’affaire de près, il ne fait aucun doute qu’Altman et Brockman se sont enrichis en détournant des fonds d’une organisation caritative. La seule question qui demeure est : quand ? Je vais faire appel devant la Cour d’appel du neuvième circuit, car créer un précédent autorisant le pillage des organisations caritatives est extrêmement préjudiciable à la philanthropie aux États-Unis. OpenAI a été fondée pour le bien de l’humanité entière. »

L’affaire, dont vous pouvez retrouver ci-dessous les principaux enjeux, et les moments les plus intenses compilés jour après jour, aura eu le mérite de lever le voile sur la genèse et les coulisses de l’une des entreprises les plus en vue de la Silicon Valley.

Publication initiale, initiée le 5 mai et régulièrement mise à jour depuis :

Ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. Elon Musk et Sam Altman, autrefois alliés (ils sont tous les deux dans la liste de la dizaine de cofondateurs d’OpenAI), se jettent la vaisselle virtuelle dans la tête sur les réseaux sociaux depuis des années. Une animosité qui a débouché sur une plainte du premier contre le second il y a deux ans. Le procès, qui s’est ouvert le lundi 27 avril, battra son plein pendant plusieurs semaines.

Yvonne Gonzalez Rogers préside aux débats. Nommée en 2011 par Barack Obama, elle est juge fédérale au tribunal de district du Nord de la Californie. Elle connait bien le petit milieu de la tech, puisqu’elle a arbitré plusieurs dossiers majeurs de la Silicon Valley, en particulier le retentissant procès entre Epic Games et Apple. Très au fait des problématiques technologiques, elle n’hésite jamais à recadrer un témoin, qu’il soit anonyme ou milliardaire.

Pourquoi Elon Musk a-t-il porté plainte contre OpenAI ?

Elon Musk a porté plainte [PDF] contre OpenAI, Sam Altman et Greg Brockman (deux cofondateurs d’OpenAI) ainsi que Microsoft en mars 2024. Des 26 chefs d’accusation avancés par le milliardaire à l’époque, seuls deux subsistent aujourd’hui : l’enrichissement injustifié d’OpenAI, et la violation d’une fiducie caritative.

La forme juridique d’OpenAI est au cœur de la poursuite : l’entreprise, créée en 2015, était à l’origine une organisation à but non lucratif, autrement dit son objectif n’était pas de réaliser des profits. « Cette action en justice vise à contraindre OpenAI à respecter l’accord fondateur et à revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité, et non pour servir les intérêts personnels des défendeurs individuels et de la plus grande entreprise technologique au monde », explique la plainte.

Ces dernières années, Sam Altman a milité ardemment pour que la structure embrasse un modèle à but purement lucratif. Elle a finalement basculé sur une gouvernance hybride, avec une entité commerciale transformée en PBC (Public Benefit Corporation, soit entreprise d’intérêt public) dans laquelle l’organisation à but non lucratif devient actionnaire (à 26 %) avec un droit de contrôle sur la gouvernance et la nomination du conseil d’administration. Microsoft demeure un partenaire de premier plan, et un actionnaire de poids (environ 27 %).

Elon Musk reproche à OpenAI de « maximiser les profits » pour Microsoft, investisseur principal de la startup, alors que la mission de l’entreprise est de garantir que l’intelligence artificielle générale (AGI), autrement dit une IA capable d’accomplir les mêmes tâches qu’un humain, profite à toute l’humanité. Ce qui signifie, entre autres, de publier ses découvertes en open source.

Le plaignant dénonce ainsi les modèles IA fermés d’OpenAI, à l’instar de GPT-4. Lancé en mars 2023, le modèle fait forte impression… mais il rompt aussi avec sa mission d’origine consistant à rendre ses technologies accessibles au public. Un choix du secret motivé principalement par des considérations commerciales, et non par des impératifs de sécurité, déplore la plainte.

Que vient faire Elon Musk dans cette histoire ?

Elon Musk est un des fondateurs d’OpenAI, aux côtés de Sam Altman, Greg Bockman (le président de l’entreprise), ou encore le chercheur Ilya Sutskever. Un total d’1 milliard de dollars est promis par les cofondateurs et leurs financiers, parmi lesquels AWS ou encore un certain Peter Thiel, toujours dans les bons coups. Fin 2021 cependant, le total des financements se montait à seulement 133 millions de dollars.

Elon Musk a injecté 38 millions de dollars dans la startup, de l’argent qui aurait servi des objectifs commerciaux allant à l’encontre de la mission de l’entreprise. « J’ai eu l’idée, trouvé le nom, recruté les personnes clés, leur ai appris tout ce que je sais et fourni l’ensemble du financement initial », a-t-il affirmé durant son témoignage. 

Il a démissionné du conseil d’administration d’OpenAI en 2018, en raison d’un conflit d’intérêt potentiel entre son rôle chez Tesla et le développement de technologies de conduite autonome.

Il a indiqué à la barre qu’il n’était pas complètement opposé à une petite activité commerciale, d’ailleurs une entité à but lucratif a été créée en 2019. Néanmoins, le plaignant estime qu’elle a pris toute la place : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre », a-t-il déclaré. 

À plusieurs reprises pendant son témoignage (et aussi sur X), Musk a accusé Altman et Brockman de s’être enrichis sur le dos de l’organisation à but non lucratif, tout en bénéficiant de l’image positive associée à ce type de structure. L’activité d’OpenAI a explosé fin 2022 avec le lancement de ChatGPT, tandis que Microsoft mettait 13 milliards de dollars sur la table.

Que veut Elon Musk ?

Elon Musk veut contraindre OpenAI à « adhérer [de nouveau] à l’accord fondateur et revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité ». Durant son témoignage au procès, le milliardaire a martelé qu’« on ne peut pas voler une organisation caritative ». Pendant son témoignage, il a demandé à la juge de considérer l’annulation de la restructuration d’OpenAI.

Il veut également qu’OpenAI et Microsoft restituent les gains indûment obtenus – selon lui – grâce à ses contributions initiales. Cela inclut l’augmentation de valeur d’OpenAI et les investissements de Microsoft. Selon l’expert cité dans la plainte, cela représente entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars pour OpenAI, et de 13,3 à 25,1 milliards pour Microsoft. Soit potentiellement plus de 130 milliards de dollars dans la fourchette haute, que le plaignant propose de verser à l’entité à but non lucratif d’OpenAI.

Ce n’est pas tout, Elon Musk veut aussi le départ de Sam Altman et de Greg Brockman de leurs fonctions, des dommages-intérêts punitifs, ainsi que d’autres réparations financières durant le procès. Il reviendra au jury d’évaluer les montants pour chaque chef d’accusation.

Quelle est la réponse d’OpenAI ?

La plainte d’Elon Musk est considérée comme une « tentative infondée et motivée par la jalousie pour entraver un concurrent », a expliqué OpenAI sur les réseaux sociaux. « Nous sommes ici parce que M. Musk n’a pas obtenu ce qu’il voulait chez OpenAI », a poursuivi William Savitt, l’avocat d’OpenAI, lors de sa déclaration liminaire du procès.

« Mes clients ont eu l’audace de continuer et de réussir sans lui […] Ce n’est pas un fondement valable pour une action en justice ». Pour OpenAI, la plainte est infondée. Pire encore : Elon Musk n’aurait jamais exprimé l’idée que le labo IA devait rester une organisation strictement à but non lucratif. « Ni même qu’il pensait que cela devait être le cas », a affirmé la défense.

Elon Musk a créé xAI en 2023 pour participer à la course à l’IA générative. Désormais intégré dans SpaceX, le labo IA a été valorisé à hauteur de 250 milliards. Contre 852 milliards pour le rival de prétoire… Par un heureux hasard, SpaceX et OpenAI devraient se lancer en bourse cette année.

Sur quoi va déboucher cette bagarre de cour de récré ?

Bien malin qui saura le dire. Si le jury suit Elon Musk, OpenAI devrait revoir sa structure, impliquant une nouvelle et lourde restructuration de l’entreprise sans trop d’espoir de se lancer en Bourse. Un retour en arrière qui risquerait de fragiliser OpenAI et de lui faire perdre la course à l’IA.

À l’autre bout du spectre judiciaire, un rejet pur et simple de la plainte renforcerait la structure du modèle hybride d’OpenAI, et provoquerait un revers symbolique pour Elon Musk. Et il y a toutes les nuances entre ces deux extrêmes, d’un accord à l’amiable toujours possible à la reconnaissance de certains griefs émis par le milliardaire.

Le procès sera aussi l’occasion de découvrir les coulisses parfois crapuleuses d’une des startups les plus en vue, à quelques mois d’une introduction en bourse très attendue (si elle arrive).

Mardi 28 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk est un spéciste pro-humain

Au premier jour de son témoignage, Elon Musk a voulu marteler sa position auprès du jury : « Ce n’est pas acceptable de détourner une organisation caritative ». C’est une cause qui le dépasse, assure-t-il, avant de mettre en garde : s’il devait perdre cette bataille, les États-Unis risqueraient de « perdre toutes leurs organisations caritatives. »

Un discours repris très vite par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui a expliqué aux jurés que le point de vue d’Elon Musk sur le sujet relevait d’une opinion n’ayant « aucune valeur légale ».

À la barre, le milliardaire a voulu se dépeindre comme altruiste. Une de ses motivations pour fonder et financer OpenAI était sa crainte de voir Google ne pas prendre suffisamment en compte la sécurité, alors que le géant du web s’engageait dans le développement de l’IA. Lors d’une rencontre avec Larry Page, cofondateur du moteur de recherche, la discussion a porté sur les risques que l’IA anéantisse l’humanité. Larry Page aurait alors répondu qu’un tel scénario serait « acceptable » tant que l’IA survivait.

Le commentaire, jugé « délirant » par Elon Musk, aurait valu à ce dernier le qualificatif de « spéciste pro-humain » par Page. Cette discussion aurait donc poussé Musk à créer une entreprise IA pour faire contrepoids aux projets de Google. Les deux hommes ne se parlent plus depuis le débauchage d’Ilya Sutskever par Musk. Ce chercheur IA de Google a aidé à la création d’OpenAI.

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, a dépeint un Elon Musk un peu différent et pas réellement intéressé par la startup. Ce dernier venait « une fois de temps en temps » pour donner un conseil et, à l’occasion, « hurlait sur les gens parce qu’ils n’allaient pas assez vite ». Il a également montré que les donations des autres financiers de la jeune startup dépassaient très largement ceux d’Elon Musk.

Quant à la promesse selon laquelle OpenAI resterait une organisation à but non lucratif, le patron de Tesla aurait pris des vessies pour des lanternes. « La seule personne qui affirme avoir entendu ces promesses est M. Musk lui-même », décoche-t-il.

Mercredi 29 avril : où l’on apprend que Tesla aurait pu avaler OpenAI

Elon Musk a caressé un temps la possibilité d’intégrer OpenAI dans Tesla, d’après un courriel glissé dans le dossier de l’affaire. C’était du moins une proposition faite aux fondateurs de la startup IA. 

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, en a profité pour corriger le milliardaire qui avait affirmé à la barre que Tesla ne cherchait pas à développer l’intelligence artificielle générale (AGI) : un de ses tweets remontant au mois de mars indique tout le contraire… « Tesla sera l’une des entreprises à créer une intelligence artificielle générale (AGI), et probablement la première à y parvenir sous une forme humanoïde ou capable de manipuler la matière », affirme le message sans équivoque.

Elon Musk a créé xAI en 2023, et même si cette nouvelle entreprise est sur le même secteur qu’OpenAI, il a tenu à en minimiser l’importance. « À ce stade, elle est techniquement concurrente, mais beaucoup plus petite qu’OpenAI », a-t-il indiqué face à son avocat.

Jeudi 30 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk voulait transformer OpenAI en société à but lucratif

Jared Birchall, un des plus fidèles collaborateurs d’Elon Musk, est passé à la barre. William Savitt, l’avocat d’OpenAI, l’a interrogé sur un dépôt de documents visant à créer pour OpenAI une société commerciale à mission (« for-profit benefit corporation », PBC) en 2017, sous la direction d’Elon Musk.

C’est un moyen pour la défense de démontrer au jury le double langage de Musk : d’un côté il veut défendre le statut d’organisation caritative d’OpenAI, mais de l’autre il imaginait une structure permettant de réaliser des profits, même si l’entreprise demeurait guidée par une mission plus large d’intérêt public.

Le milliardaire avait cependant botté en touche un peu plus tôt durant le procès. Il a confirmé que ces documents avaient été déposés « au cas où ils seraient nécessaires ». Ça n’a finalement pas été utile. En 2025, OpenAI a bien changé de structure : l’ancienne filiale à but lucratif a été transformée en PBC, mais elle reste contrôlée par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif.

Autre sujet plus technique abordé ce jour : la distillation. Cette technique d’apprentissage entraîne un modèle plus petit à imiter les réponses d’un modèle plus puissant. Au lieu d’entraîner un modèle uniquement avec des données brutes, il pose des questions à un modèle existant, puis le labo IA utilise les réponses obtenues comme matière d’entraînement.

Les modèles « distillés » de la sorte sont moins coûteux à faire tourner tout en se montrant capables d’atteindre des performances proches des modèles plus avancés. Les entreprises IA états-uniennes reprochent régulièrement à leurs homologues chinoises d’user et d’abuser cette technique pour accélérer le développement de leurs modèles à peu de frais.

Il se trouve que xAI y a eu recours en s’appuyant sur les modèles d’OpenAI, notamment pour entraîner le bot Grok. Elon Musk l’a admis pendant le procès (« oui »), tout en essayant de le nuancer (« en partie ».) Ça n’a rien de très surprenant, sachant que xAI est parti avec des années de retard sur OpenAI. Si le processus de distillation n’est pas explicitement illégal, il peut enfreindre les conditions d’utilisation.

Lundi 4 mai : où l’on apprend qu’Elon Musk a voulu s’arranger à l’amiable deux jours avant le procès

Dans un document déposé dimanche 3 mai, on apprend qu’Elon Musk a envoyé un message texte au président d’OpenAI, Greg Brockman, pour évaluer son intérêt concernant un arrangement à l’amiable. Un message envoyé deux jours avant l’ouverture du procès. Brockman lui a alors proposé que chaque partie laisse tomber ses revendications respectives, ce qui n’a pas semblé satisfaire Musk. 

Ce dernier a ainsi rétorqué : « D’ici la fin de la semaine [dernière, ndlr], toi et Sam serez les hommes les plus détestés d’Amérique. Si vous insistez, ainsi soit-il ». Ça n’est visiblement pas arrivé, mais le procès est loin d’être terminé ! Les avocats d’OpenAI estiment que cette initiative d’Elon Musk « tend à établir l’existence d’un mobile et d’un biais, et en particulier que [sa] motivation […] est d’attaquer un concurrent et ses dirigeants ».

Mardi 5 mai : où l’on apprend que le président d’OpenAI voulait un milliard de dollars

Greg Brockman, le président d’OpenAI, tenait un journal pour noter ses pensées, et comme dans tout journal personnel, les réflexions s’entrechoquent et parfois, se contredisent. Durant son témoignage à la barre, il a dû s’expliquer sur la teneur de certaines entrées qui donnent du poids aux allégations d’enrichissement personnel.

En 2017, il écrivait ainsi : « Financièrement, qu’est-ce qui me permettrait d’atteindre le milliard de dollars ?» Une entrée couchée sur le papier à la même époque de l’ultimatum de Musk : soit il prenait le contrôle d’une branche à but lucratif, soit l’organisation restait une association à but non lucratif. Dans son journal, Brockman évoquait aussi l’idée de transformer OpenAI en entreprise commerciale, en écrivant notamment que « gagner de l’argent pour nous semble formidable ».

Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a demandé à Brockman si sa principale motivation était de devenir milliardaire, plutôt que de financer l’organisation à but non lucratif. Il l’a même comparé à un moment à un « braqueur de banque »… Le dirigeant a affirmé que la mission d’OpenAI (« servir l’humanité ») a toujours été sa motivation principale. Une compensation « juste » pour son travail en tant que fondateur était bien une considération, mais elle était secondaire.

Malgré tout, la participation de Greg Brockman dans OpenAI est aujourd’hui estimée à 30 milliards de dollars — il est donc bel et bien devenu milliardaire ! Et il n’a pas l’intention de « rendre » 29 de ces milliards à l’organisation caritative d’OpenAI, en expliquant avoir reçu cette participation avant l’explosion de la valorisation de l’entreprise. Il a également souligné avoir contribué à la construction de l’organisation à but non lucratif « la mieux financée du monde ».

Ailleurs dans son journal, le président d’OpenAI écrit qu’il serait « mal » de voler à Elon Musk l’organisation à but non lucratif, « ce serait moralement condamnable ». « Je ne vois pas comment nous pourrions transformer ça en entreprise à but lucratif sans une très sale bataille » si Musk en était écarté, indique-t-il aussi. On est là au cœur du procès.

À la barre, Brockman a tenu à recontextualiser ses propos. Ses réflexions concernaient uniquement le scénario dans lequel Musk aurait été évincé du conseil d’administration d’OpenAI par un vote, ce qui n’est jamais arrivé puisque le patron de Tesla a décidé de quitter la startup de son propre chef, en 2018. Il a également rappelé que l’immense majorité de la valeur actuelle d’OpenAI a été créée après le départ de Musk.

Greg Brockman doute aussi des capacités d’Elon Musk dans le domaine de l’IA générative. Lors de la présentation d’un prototype de ChatGPT, il n’aurait pas su reconnaitre l’importance du chatbot à tel point que l’ingénieur venu faire la démonstration a failli quitter le secteur de l’IA ! Brockman convient que Musk possède une expertise dans les fusées et les voitures électriques, mais « il ne connaissait pas l’IA, et je pense qu’il ne la connait toujours pas ».

Mercredi 6 mai : où l’on apprend que Sam Altman prend des arrangements avec la vérité

Sam Altman est-il franc du collier ? La question a été débattue (certes pas dans ces termes exacts…) durant le procès opposant Elon Musk au CEO d’OpenAI. Mira Murati, l’ancienne directrice technique de la startup, a témoigné en vidéo et sous serment que Sam Altman lui avait menti au sujet de la sûreté d’un modèle IA. Le service juridique de l’entreprise avait déterminé qu’il n’était pas nécessaire de faire examiner ce modèle par le comité en charge de la sécurité, aurait affirmé le patron d’OpenAI.

Mira Murati a déclaré dans sa déposition que Sam Altman n’avait pas dit la vérité sur ce dossier. Elle a voulu en avoir le cœur net auprès du directeur juridique Jason Kwon, qui est depuis devenu directeur de la stratégie : « J’ai confirmé que ce que disait Jason et ce que disait Sam n’étaient pas la même chose. ». Le modèle en question a fini par passer sous la loupe du comité de sécurité, sur sa demande.

« Je demandais à Sam de diriger, de le faire avec clarté, et de ne pas saboter ma capacité à faire mon travail », a-t-elle expliqué. Murati n’est pas la première à pointer du doigt les contradictions et les zones grises de Sam Altman ; plusieurs témoignages ont déjà dépeint le rapport très particulier avec la vérité du fondateur et directeur général d’OpenAI.

Le conseil d’administration d’OpenAI lui-même n’était pas convaincu par la sincérité de Sam Altman : c’est une des raisons pour lesquelles il a été éjecté de son poste fin 2023, remplacé par… Mira Murati. Qui a pourtant signé une pétition réclamant le retour du patron viré aux commandes de l’entreprise, la seule manière de « stabiliser » OpenAI, rapporte-elle.

Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d’administration d’OpenAI, est aussi passée à la barre : de 2017 à 2023, elle a participé aux discussions sur les différentes formes que pouvait prendre OpenAI. Son témoignage était d’autant plus important qu’elle est aussi la compagne d’Elon Musk, et la mère de quatre de ses enfants (il en a douze en tout).

Zilis a quitté le board en 2023 après la création de xAI. Il n’était « pas approprié » de rester en poste alors que le milliardaire lançait une entreprise concurrente et recrutait chez OpenAI, a-t-elle expliqué. « Quand le père de vos enfants lance un projet concurrent et commence à recruter chez OpenAI, il n’y a plus rien à faire », a-t-elle écrit à l’époque dans un message cité au tribunal. Elle a affirmé que sa relation avec Musk n’avait pas influencé son travail au conseil d’administration : « [j’avais] une allégeance au meilleur résultat possible : une IA au service de l’humanité ».

La question d’un rapprochement avec Tesla s’est posée au début de l’aventure OpenAI afin de créer un labo de recherche sur l’AGI. Ça n’a évidemment débouché sur rien. En décembre 2017, Greg Brockman et Ilya Sutskever ont repoussé la proposition, selon Zilis. Elle a regretté que ces deux fondateurs n’aient pas voulu d’une telle opération : « Ils ne voyaient pas l’intérêt stratégique qu’il y avait à intégrer cette technologie dans Tesla […] Ils ne sont pas dans une logique de calculs ».

Dans le cadre de la transformation d’OpenAI en labo IA de Tesla, Elon Musk avait envisagé de proposer à Sam Altman un poste au conseil d’administration du constructeur automobile. Des échanges internes versés au dossier confirment que le milliardaire avait l’intention de faire entrer Altman dans l’orbite de Tesla ; plusieurs scénarios ont été envisagés, dont ce poste au board, ainsi qu’un rôle de directeur du labo interne.

Interrogée par les avocats d’OpenAI, Shivon Zilis a dit ne pas se souvenir de conditions imposées par Musk concernant les dons à l’organisation, ou encore de documents garantissant qu’OpenAI resterait à but non lucratif ou open source — une déclaration qui infirme les accusations d’Elon Musk. Elle a également estimé qu’un courriel de Sam Altman, dans lequel il disait son enthousiasme pour une structure à but non lucratif, ne constituait pas une promesse formelle.

Lundi 11 mai : où l’on apprend que Microsoft ne veut pas devenir IBM

Le témoignage ce lundi de Satya Nadella était particulièrement attendu. Le CEO de Microsoft a expliqué les liens entre son entreprise et OpenAI, qui vont bien au-delà du simple soutien à une startup : l’éditeur de Windows a investi 1 milliard de dollars en 2019, puis 2 milliards en 2021, et enfin 10 milliards en 2023. Beaucoup d’argent donc, ce qui a contribué à la transformation d’OpenAI en mastodonte du secteur, valorisé à 850 milliards de dollars.

Interrogé par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, le dirigeant a convenu que l’investissement de Microsoft avait été une très bonne affaire. Mais « parce que nous avons été les seuls à prendre le risque ». Les relations avec OpenAI ont été tumultueuses, avant d’aboutir à un accord qui donne à Microsoft 27 % du capital de la startup. Une participation estimée à un peu plus de 200 milliards de dollars aujourd’hui.

Le directeur général de Microsoft a affirmé à la barre qu’Elon Musk n’a jamais évoqué ses préoccupations concernant l’investissement du géant logiciel dans OpenAI, qui aurait pu être en infraction avec des engagements caritatifs de la startup. Elon Musk a expliqué la semaine dernière que les 10 milliards mis sur la table par Microsoft en 2023 ont constitué le point de bascule : l’ampleur de la somme le préoccupait, « j’étais inquiet à l’idée qu’ils essaient en réalité de détourner l’organisation à but non lucratif ».

Pour Nadella, ces investissements successifs n’ont jamais été interprétés comme des dons. Dès le départ de la relation entre les deux entreprises, il était clair dans son esprit qu’il s’agissait d’un partenariat marketing puis franchement commercial.

Dès 2016, Microsoft avait proposé à OpenAI un accès à ses capacités de calcul à prix cassé. Mais en 2018, alors que les factures commençaient à s’empiler, « nous n’étions plus à l’aise avec l’idée de considérer cela comme une dépense marketing », a expliqué Nadella. C’est à cette époque que la relation entre Microsoft et OpenAI est devenue plus sérieuse.

En 2022, avant ce fameux investissement de 10 milliards, Satya Nadella a demandé aux dirigeants de Microsoft des solutions pour « poursuivre le partenariat » d’une façon qui soit favorable à l’éditeur. « Je ne veux pas que Microsoft soit IBM et qu’OpenAI devienne Microsoft », écrivait le dirigeant dans son courriel. En 1980, IBM signait un accord non exclusif pour distribuer DOS sur ses PC ; Microsoft a pu commercialiser en parallèle son système d’exploitation à de nombreux autres constructeurs, ce qui lui a permis de devenir le pivot logiciel du marché de l’ordinateur personnel.

Au bout du compte, Microsoft est devenue bien plus importante qu’IBM. Et Nadella ne voulait pas que l’histoire se répète à front renversé.

Satya Nadella est revenu sur le congédiement surprise de Sam Altman en novembre 2023, avant qu’il retrouve son poste quelques jours plus tard. « De l’amateurisme total », a cinglé le patron de Microsoft en parlant du conseil d’administration d’OpenAI à l’origine de ce pataquès.

Le board avait justifié l’éviction de Sam Altman par son manque de transparence, ce qui peut constituer un motif valable de licenciement d’un directeur général, mais « cela ne suffisait pas, parce qu’il s’agit du directeur général d’une entreprise dans laquelle nous avons investi et avec laquelle nous entretenons un partenariat très étroit. J’estimais donc qu’ils auraient dû m’expliquer quels étaient les incidents ou les éléments précis derrière cette décision ».

Le CEO de Microsoft tenait à avoir l’heure juste, mais « chaque fois que je demandais précisément pourquoi Sam avait été licencié, [le conseil] ne me donnait jamais de réponse claire ».

De l’amateurisme chez le conseil d’administration, c’est aussi ce qui ressort du témoignage d’Ilya Sutskever, transfuge de Google et cofondateur d’OpenAI. Membre du board en 2023, il s’interrogeait aussi sur le comportement d’Altman. « Le processus [d’éviction] semblait précipité. Ce groupe d’administrateurs n’était pas très expérimenté dans ce genre de situation… et ils ont également reçu des conseils juridiques qui n’étaient pas très bons. »

Ilya Sutskever a aussi dit son peu d’enthousiasme concernant l’hypothèse d’un rapprochement avec Anthropic, ce qui aurait « tué un rêve », a-t-il indiqué. Le chercheur a finalement aidé au retour de Sam Altman aux commandes, avant de quitter OpenAI en 2024. Sa participation personnelle se monte à 7 milliards de dollars.

Mardi 12 mai : où l’on apprend que Sam Altman voulait devenir gouverneur de Californie

Le témoignage le plus attendu de cette semaine de procès était celui de Sam Altman. Le contre-interrogatoire mené par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a été l’occasion d’une passe d’armes visant à dépeindre le cofondateur et directeur général d’OpenAI comme un menteur. « Êtes-vous totalement digne de confiance ? », a-t-il demandé de but en blanc.

« Je le pense », a répondu Altman, ce à quoi l’avocat a répliqué : « Vous ne savez pas si vous êtes totalement digne de confiance ? ». Dos au mur, le dirigeant a alors déclaré : « Je vais simplement modifier ma réponse en oui. ». Il a ajouté : « Je pense être un dirigeant honnête et digne de confiance ». L’enjeu est d’importance, car la duplicité supposée de Sam Altman est au cœur de la plainte d’Elon Musk.

En 2022, Elon Musk a écrit à Sam Altman suite à la publication d’un article du New Yorker annonçant l’intention de Microsoft d’injecter 10 milliards de dollars dans OpenAI. Le patron de Tesla laissait entendre que son argent investi dans la startup (38 millions de dollars en tout) s’était transformé en jackpot financier : il avait en effet permis d’attirer les milliards de Microsoft. « [Elon Musk] dit en substance que vous avez détourné une œuvre caritative, n’est-ce pas ? », a lancé Molo. « Ce n’est pas ce qu’il me semble dire », a répondu Altman.

Plus tard dans l’échange entre les deux dirigeants, un Altman manifestement gêné aux entournures (« Je suis d’accord, ça donne une mauvaise impression ») a proposé à Musk des parts dans OpenAI, ce que l’avocat traduit par un pot-de-vin. « Je rejette totalement cette interprétation », a affirmé Altman à la barre.

Sam Altman a aussi expliqué aux jurés comment Elon Musk avait demandé le « contrôle total » d’OpenAI à l’époque où il faisait encore partie de la direction de l’entreprise, « un moment particulièrement éprouvant ». Altman lui a alors posé une question : « Si tu as le contrôle, que se passe-t-il à ta mort ? ». Ce à quoi Musk a répondu qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi, mais « peut-être que le contrôle pourrait simplement être transmis à mes enfants ». Une réponse qui a mis Altman mal à l’aise.

Ce dernier ne voulait pas qu’une seule personne puisse contrôler OpenAI. « L’une des raisons pour lesquelles nous avons créé OpenAI était précisément parce que nous pensions qu’une AGI ne devrait pas être sous le contrôle d’une seule personne, quelles que soient ses bonnes intentions », a-t-il expliqué à la barre. Elon Musk avait aussi assuré qu’il « abandonnerait ce contrôle plus tard », mais Altman n’y croyait pas — l’idée de « léguer » OpenAI à sa progéniture donnait effectivement peu d’espoir sur un lâcher prise.

« J’ai appris que, surtout lorsqu’une entreprise allait bien, les fondateurs ou les personnes qui détenaient le contrôle n’y renonçaient généralement pas », a témoigné Altman, ajoutant qu’« ils pouvaient conserver ce contrôle pour toujours ». Et lorsque Musk a avancé l’idée d’une intégration dans Tesla, Sam Altman s’est montré suspicieux : Tesla est un constructeur automobile, « qui n’a pas la mission d’OpenAI ».

Elon Musk tentait de débaucher des employés d’OpenAI pour renforcer les équipes de Tesla en charge de l’IA. « Ça m’agaçait », a indiqué Sam Altman devant le jury. Le milliardaire a quitté le conseil d’administration d’OpenAI début 2018. Au grand soulagement des équipes, visiblement : le style de management d’Elon Musk était mal vécu en interne, c’était « mauvais pour le moral » des troupes, a expliqué Altman.

Sur un registre plus léger, Sam Altman a également expliqué avoir caressé l’idée de se présenter aux élections pour devenir gouverneur de l’État de Californie ! Dans un courriel remontant à septembre 2017, il fait part de ses « objectifs politiques » qui étaient effectivement de se présenter au poste de gouverneur. Ça n’est jamais allé plus loin.

Dernière mise à jour, 13/05 à 16h00. Publication initiale le 5/05

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[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

Le divorce le plus cher de la tech
[MàJ] Elon Musk est débouté de ses poursuites contre OpenAI

C’est le procès du siècle (même si le siècle est encore jeune) : Elon Musk et OpenAI s’affrontent depuis trois semaines devant le jury d’un tribunal fédéral en Californie. Une bataille à plusieurs (centaines de) milliards de dollars qui mêle rivalités personnelles, gouvernance opaque et visions opposées du futur de l’intelligence artificielle. Ce premier acte se conclut le 18 mai par un échec pour Elon Musk, débouté de l’ensemble de ses poursuites pour prescription.

Dernière mise à jour, mardi 19 mai, 00h45 : au terme de trois semaines de procès, le jury du tribunal d’Oakland a finalement rejeté les différents griefs de la plainte formulée par Elon Musk, qui se voit donc débouté de l’ensemble de ses demandes. Ce n’est pas le fond de l’affaire qui motive cette décision, mais un élément de droit : le jury a considéré à l’unanimité que la plainte de Musk n’était pas recevable dans la mesure où les différentes accusations concernaient des actes couverts par le délai de prescription. Ce verdict de prescription (pas encore mis en ligne au moment de cette publication) a été confirmé par la juge qui présidait aux débats.

Elon Musk a réagi quelques heures après, sur X, maintenant ses allégations sur le fond et indiquant sa volonté d’interjeter appel :

« Concernant l’affaire OpenAI, le juge et le jury ne se sont jamais prononcés sur le fond, mais uniquement sur un vice de procédure. Pour quiconque suit l’affaire de près, il ne fait aucun doute qu’Altman et Brockman se sont enrichis en détournant des fonds d’une organisation caritative. La seule question qui demeure est : quand ? Je vais faire appel devant la Cour d’appel du neuvième circuit, car créer un précédent autorisant le pillage des organisations caritatives est extrêmement préjudiciable à la philanthropie aux États-Unis. OpenAI a été fondée pour le bien de l’humanité entière. »

L’affaire, dont vous pouvez retrouver ci-dessous les principaux enjeux, et les moments les plus intenses compilés jour après jour, aura eu le mérite de lever le voile sur la genèse et les coulisses de l’une des entreprises les plus en vue de la Silicon Valley.

Publication initiale, initiée le 5 mai et régulièrement mise à jour depuis :

Ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. Elon Musk et Sam Altman, autrefois alliés (ils sont tous les deux dans la liste de la dizaine de cofondateurs d’OpenAI), se jettent la vaisselle virtuelle dans la tête sur les réseaux sociaux depuis des années. Une animosité qui a débouché sur une plainte du premier contre le second il y a deux ans. Le procès, qui s’est ouvert le lundi 27 avril, battra son plein pendant plusieurs semaines.

Yvonne Gonzalez Rogers préside aux débats. Nommée en 2011 par Barack Obama, elle est juge fédérale au tribunal de district du Nord de la Californie. Elle connait bien le petit milieu de la tech, puisqu’elle a arbitré plusieurs dossiers majeurs de la Silicon Valley, en particulier le retentissant procès entre Epic Games et Apple. Très au fait des problématiques technologiques, elle n’hésite jamais à recadrer un témoin, qu’il soit anonyme ou milliardaire.

Pourquoi Elon Musk a-t-il porté plainte contre OpenAI ?

Elon Musk a porté plainte [PDF] contre OpenAI, Sam Altman et Greg Brockman (deux cofondateurs d’OpenAI) ainsi que Microsoft en mars 2024. Des 26 chefs d’accusation avancés par le milliardaire à l’époque, seuls deux subsistent aujourd’hui : l’enrichissement injustifié d’OpenAI, et la violation d’une fiducie caritative.

La forme juridique d’OpenAI est au cœur de la poursuite : l’entreprise, créée en 2015, était à l’origine une organisation à but non lucratif, autrement dit son objectif n’était pas de réaliser des profits. « Cette action en justice vise à contraindre OpenAI à respecter l’accord fondateur et à revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité, et non pour servir les intérêts personnels des défendeurs individuels et de la plus grande entreprise technologique au monde », explique la plainte.

Ces dernières années, Sam Altman a milité ardemment pour que la structure embrasse un modèle à but purement lucratif. Elle a finalement basculé sur une gouvernance hybride, avec une entité commerciale transformée en PBC (Public Benefit Corporation, soit entreprise d’intérêt public) dans laquelle l’organisation à but non lucratif devient actionnaire (à 26 %) avec un droit de contrôle sur la gouvernance et la nomination du conseil d’administration. Microsoft demeure un partenaire de premier plan, et un actionnaire de poids (environ 27 %).

Elon Musk reproche à OpenAI de « maximiser les profits » pour Microsoft, investisseur principal de la startup, alors que la mission de l’entreprise est de garantir que l’intelligence artificielle générale (AGI), autrement dit une IA capable d’accomplir les mêmes tâches qu’un humain, profite à toute l’humanité. Ce qui signifie, entre autres, de publier ses découvertes en open source.

Le plaignant dénonce ainsi les modèles IA fermés d’OpenAI, à l’instar de GPT-4. Lancé en mars 2023, le modèle fait forte impression… mais il rompt aussi avec sa mission d’origine consistant à rendre ses technologies accessibles au public. Un choix du secret motivé principalement par des considérations commerciales, et non par des impératifs de sécurité, déplore la plainte.

Que vient faire Elon Musk dans cette histoire ?

Elon Musk est un des fondateurs d’OpenAI, aux côtés de Sam Altman, Greg Bockman (le président de l’entreprise), ou encore le chercheur Ilya Sutskever. Un total d’1 milliard de dollars est promis par les cofondateurs et leurs financiers, parmi lesquels AWS ou encore un certain Peter Thiel, toujours dans les bons coups. Fin 2021 cependant, le total des financements se montait à seulement 133 millions de dollars.

Elon Musk a injecté 38 millions de dollars dans la startup, de l’argent qui aurait servi des objectifs commerciaux allant à l’encontre de la mission de l’entreprise. « J’ai eu l’idée, trouvé le nom, recruté les personnes clés, leur ai appris tout ce que je sais et fourni l’ensemble du financement initial », a-t-il affirmé durant son témoignage. 

Il a démissionné du conseil d’administration d’OpenAI en 2018, en raison d’un conflit d’intérêt potentiel entre son rôle chez Tesla et le développement de technologies de conduite autonome.

Il a indiqué à la barre qu’il n’était pas complètement opposé à une petite activité commerciale, d’ailleurs une entité à but lucratif a été créée en 2019. Néanmoins, le plaignant estime qu’elle a pris toute la place : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre », a-t-il déclaré. 

À plusieurs reprises pendant son témoignage (et aussi sur X), Musk a accusé Altman et Brockman de s’être enrichis sur le dos de l’organisation à but non lucratif, tout en bénéficiant de l’image positive associée à ce type de structure. L’activité d’OpenAI a explosé fin 2022 avec le lancement de ChatGPT, tandis que Microsoft mettait 13 milliards de dollars sur la table.

Que veut Elon Musk ?

Elon Musk veut contraindre OpenAI à « adhérer [de nouveau] à l’accord fondateur et revenir à sa mission de développer une AGI au bénéfice de l’humanité ». Durant son témoignage au procès, le milliardaire a martelé qu’« on ne peut pas voler une organisation caritative ». Pendant son témoignage, il a demandé à la juge de considérer l’annulation de la restructuration d’OpenAI.

Il veut également qu’OpenAI et Microsoft restituent les gains indûment obtenus – selon lui – grâce à ses contributions initiales. Cela inclut l’augmentation de valeur d’OpenAI et les investissements de Microsoft. Selon l’expert cité dans la plainte, cela représente entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars pour OpenAI, et de 13,3 à 25,1 milliards pour Microsoft. Soit potentiellement plus de 130 milliards de dollars dans la fourchette haute, que le plaignant propose de verser à l’entité à but non lucratif d’OpenAI.

Ce n’est pas tout, Elon Musk veut aussi le départ de Sam Altman et de Greg Brockman de leurs fonctions, des dommages-intérêts punitifs, ainsi que d’autres réparations financières durant le procès. Il reviendra au jury d’évaluer les montants pour chaque chef d’accusation.

Quelle est la réponse d’OpenAI ?

La plainte d’Elon Musk est considérée comme une « tentative infondée et motivée par la jalousie pour entraver un concurrent », a expliqué OpenAI sur les réseaux sociaux. « Nous sommes ici parce que M. Musk n’a pas obtenu ce qu’il voulait chez OpenAI », a poursuivi William Savitt, l’avocat d’OpenAI, lors de sa déclaration liminaire du procès.

« Mes clients ont eu l’audace de continuer et de réussir sans lui […] Ce n’est pas un fondement valable pour une action en justice ». Pour OpenAI, la plainte est infondée. Pire encore : Elon Musk n’aurait jamais exprimé l’idée que le labo IA devait rester une organisation strictement à but non lucratif. « Ni même qu’il pensait que cela devait être le cas », a affirmé la défense.

Elon Musk a créé xAI en 2023 pour participer à la course à l’IA générative. Désormais intégré dans SpaceX, le labo IA a été valorisé à hauteur de 250 milliards. Contre 852 milliards pour le rival de prétoire… Par un heureux hasard, SpaceX et OpenAI devraient se lancer en bourse cette année.

Sur quoi va déboucher cette bagarre de cour de récré ?

Bien malin qui saura le dire. Si le jury suit Elon Musk, OpenAI devrait revoir sa structure, impliquant une nouvelle et lourde restructuration de l’entreprise sans trop d’espoir de se lancer en Bourse. Un retour en arrière qui risquerait de fragiliser OpenAI et de lui faire perdre la course à l’IA.

À l’autre bout du spectre judiciaire, un rejet pur et simple de la plainte renforcerait la structure du modèle hybride d’OpenAI, et provoquerait un revers symbolique pour Elon Musk. Et il y a toutes les nuances entre ces deux extrêmes, d’un accord à l’amiable toujours possible à la reconnaissance de certains griefs émis par le milliardaire.

Le procès sera aussi l’occasion de découvrir les coulisses parfois crapuleuses d’une des startups les plus en vue, à quelques mois d’une introduction en bourse très attendue (si elle arrive).

Mardi 28 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk est un spéciste pro-humain

Au premier jour de son témoignage, Elon Musk a voulu marteler sa position auprès du jury : « Ce n’est pas acceptable de détourner une organisation caritative ». C’est une cause qui le dépasse, assure-t-il, avant de mettre en garde : s’il devait perdre cette bataille, les États-Unis risqueraient de « perdre toutes leurs organisations caritatives. »

Un discours repris très vite par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, qui a expliqué aux jurés que le point de vue d’Elon Musk sur le sujet relevait d’une opinion n’ayant « aucune valeur légale ».

À la barre, le milliardaire a voulu se dépeindre comme altruiste. Une de ses motivations pour fonder et financer OpenAI était sa crainte de voir Google ne pas prendre suffisamment en compte la sécurité, alors que le géant du web s’engageait dans le développement de l’IA. Lors d’une rencontre avec Larry Page, cofondateur du moteur de recherche, la discussion a porté sur les risques que l’IA anéantisse l’humanité. Larry Page aurait alors répondu qu’un tel scénario serait « acceptable » tant que l’IA survivait.

Le commentaire, jugé « délirant » par Elon Musk, aurait valu à ce dernier le qualificatif de « spéciste pro-humain » par Page. Cette discussion aurait donc poussé Musk à créer une entreprise IA pour faire contrepoids aux projets de Google. Les deux hommes ne se parlent plus depuis le débauchage d’Ilya Sutskever par Musk. Ce chercheur IA de Google a aidé à la création d’OpenAI.

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, a dépeint un Elon Musk un peu différent et pas réellement intéressé par la startup. Ce dernier venait « une fois de temps en temps » pour donner un conseil et, à l’occasion, « hurlait sur les gens parce qu’ils n’allaient pas assez vite ». Il a également montré que les donations des autres financiers de la jeune startup dépassaient très largement ceux d’Elon Musk.

Quant à la promesse selon laquelle OpenAI resterait une organisation à but non lucratif, le patron de Tesla aurait pris des vessies pour des lanternes. « La seule personne qui affirme avoir entendu ces promesses est M. Musk lui-même », décoche-t-il.

Mercredi 29 avril : où l’on apprend que Tesla aurait pu avaler OpenAI

Elon Musk a caressé un temps la possibilité d’intégrer OpenAI dans Tesla, d’après un courriel glissé dans le dossier de l’affaire. C’était du moins une proposition faite aux fondateurs de la startup IA. 

William Savitt, l’avocat d’OpenAI, en a profité pour corriger le milliardaire qui avait affirmé à la barre que Tesla ne cherchait pas à développer l’intelligence artificielle générale (AGI) : un de ses tweets remontant au mois de mars indique tout le contraire… « Tesla sera l’une des entreprises à créer une intelligence artificielle générale (AGI), et probablement la première à y parvenir sous une forme humanoïde ou capable de manipuler la matière », affirme le message sans équivoque.

Elon Musk a créé xAI en 2023, et même si cette nouvelle entreprise est sur le même secteur qu’OpenAI, il a tenu à en minimiser l’importance. « À ce stade, elle est techniquement concurrente, mais beaucoup plus petite qu’OpenAI », a-t-il indiqué face à son avocat.

Jeudi 30 avril : où l’on apprend qu’Elon Musk voulait transformer OpenAI en société à but lucratif

Jared Birchall, un des plus fidèles collaborateurs d’Elon Musk, est passé à la barre. William Savitt, l’avocat d’OpenAI, l’a interrogé sur un dépôt de documents visant à créer pour OpenAI une société commerciale à mission (« for-profit benefit corporation », PBC) en 2017, sous la direction d’Elon Musk.

C’est un moyen pour la défense de démontrer au jury le double langage de Musk : d’un côté il veut défendre le statut d’organisation caritative d’OpenAI, mais de l’autre il imaginait une structure permettant de réaliser des profits, même si l’entreprise demeurait guidée par une mission plus large d’intérêt public.

Le milliardaire avait cependant botté en touche un peu plus tôt durant le procès. Il a confirmé que ces documents avaient été déposés « au cas où ils seraient nécessaires ». Ça n’a finalement pas été utile. En 2025, OpenAI a bien changé de structure : l’ancienne filiale à but lucratif a été transformée en PBC, mais elle reste contrôlée par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif.

Autre sujet plus technique abordé ce jour : la distillation. Cette technique d’apprentissage entraîne un modèle plus petit à imiter les réponses d’un modèle plus puissant. Au lieu d’entraîner un modèle uniquement avec des données brutes, il pose des questions à un modèle existant, puis le labo IA utilise les réponses obtenues comme matière d’entraînement.

Les modèles « distillés » de la sorte sont moins coûteux à faire tourner tout en se montrant capables d’atteindre des performances proches des modèles plus avancés. Les entreprises IA états-uniennes reprochent régulièrement à leurs homologues chinoises d’user et d’abuser cette technique pour accélérer le développement de leurs modèles à peu de frais.

Il se trouve que xAI y a eu recours en s’appuyant sur les modèles d’OpenAI, notamment pour entraîner le bot Grok. Elon Musk l’a admis pendant le procès (« oui »), tout en essayant de le nuancer (« en partie ».) Ça n’a rien de très surprenant, sachant que xAI est parti avec des années de retard sur OpenAI. Si le processus de distillation n’est pas explicitement illégal, il peut enfreindre les conditions d’utilisation.

Lundi 4 mai : où l’on apprend qu’Elon Musk a voulu s’arranger à l’amiable deux jours avant le procès

Dans un document déposé dimanche 3 mai, on apprend qu’Elon Musk a envoyé un message texte au président d’OpenAI, Greg Brockman, pour évaluer son intérêt concernant un arrangement à l’amiable. Un message envoyé deux jours avant l’ouverture du procès. Brockman lui a alors proposé que chaque partie laisse tomber ses revendications respectives, ce qui n’a pas semblé satisfaire Musk. 

Ce dernier a ainsi rétorqué : « D’ici la fin de la semaine [dernière, ndlr], toi et Sam serez les hommes les plus détestés d’Amérique. Si vous insistez, ainsi soit-il ». Ça n’est visiblement pas arrivé, mais le procès est loin d’être terminé ! Les avocats d’OpenAI estiment que cette initiative d’Elon Musk « tend à établir l’existence d’un mobile et d’un biais, et en particulier que [sa] motivation […] est d’attaquer un concurrent et ses dirigeants ».

Mardi 5 mai : où l’on apprend que le président d’OpenAI voulait un milliard de dollars

Greg Brockman, le président d’OpenAI, tenait un journal pour noter ses pensées, et comme dans tout journal personnel, les réflexions s’entrechoquent et parfois, se contredisent. Durant son témoignage à la barre, il a dû s’expliquer sur la teneur de certaines entrées qui donnent du poids aux allégations d’enrichissement personnel.

En 2017, il écrivait ainsi : « Financièrement, qu’est-ce qui me permettrait d’atteindre le milliard de dollars ?» Une entrée couchée sur le papier à la même époque de l’ultimatum de Musk : soit il prenait le contrôle d’une branche à but lucratif, soit l’organisation restait une association à but non lucratif. Dans son journal, Brockman évoquait aussi l’idée de transformer OpenAI en entreprise commerciale, en écrivant notamment que « gagner de l’argent pour nous semble formidable ».

Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a demandé à Brockman si sa principale motivation était de devenir milliardaire, plutôt que de financer l’organisation à but non lucratif. Il l’a même comparé à un moment à un « braqueur de banque »… Le dirigeant a affirmé que la mission d’OpenAI (« servir l’humanité ») a toujours été sa motivation principale. Une compensation « juste » pour son travail en tant que fondateur était bien une considération, mais elle était secondaire.

Malgré tout, la participation de Greg Brockman dans OpenAI est aujourd’hui estimée à 30 milliards de dollars — il est donc bel et bien devenu milliardaire ! Et il n’a pas l’intention de « rendre » 29 de ces milliards à l’organisation caritative d’OpenAI, en expliquant avoir reçu cette participation avant l’explosion de la valorisation de l’entreprise. Il a également souligné avoir contribué à la construction de l’organisation à but non lucratif « la mieux financée du monde ».

Ailleurs dans son journal, le président d’OpenAI écrit qu’il serait « mal » de voler à Elon Musk l’organisation à but non lucratif, « ce serait moralement condamnable ». « Je ne vois pas comment nous pourrions transformer ça en entreprise à but lucratif sans une très sale bataille » si Musk en était écarté, indique-t-il aussi. On est là au cœur du procès.

À la barre, Brockman a tenu à recontextualiser ses propos. Ses réflexions concernaient uniquement le scénario dans lequel Musk aurait été évincé du conseil d’administration d’OpenAI par un vote, ce qui n’est jamais arrivé puisque le patron de Tesla a décidé de quitter la startup de son propre chef, en 2018. Il a également rappelé que l’immense majorité de la valeur actuelle d’OpenAI a été créée après le départ de Musk.

Greg Brockman doute aussi des capacités d’Elon Musk dans le domaine de l’IA générative. Lors de la présentation d’un prototype de ChatGPT, il n’aurait pas su reconnaitre l’importance du chatbot à tel point que l’ingénieur venu faire la démonstration a failli quitter le secteur de l’IA ! Brockman convient que Musk possède une expertise dans les fusées et les voitures électriques, mais « il ne connaissait pas l’IA, et je pense qu’il ne la connait toujours pas ».

Mercredi 6 mai : où l’on apprend que Sam Altman prend des arrangements avec la vérité

Sam Altman est-il franc du collier ? La question a été débattue (certes pas dans ces termes exacts…) durant le procès opposant Elon Musk au CEO d’OpenAI. Mira Murati, l’ancienne directrice technique de la startup, a témoigné en vidéo et sous serment que Sam Altman lui avait menti au sujet de la sûreté d’un modèle IA. Le service juridique de l’entreprise avait déterminé qu’il n’était pas nécessaire de faire examiner ce modèle par le comité en charge de la sécurité, aurait affirmé le patron d’OpenAI.

Mira Murati a déclaré dans sa déposition que Sam Altman n’avait pas dit la vérité sur ce dossier. Elle a voulu en avoir le cœur net auprès du directeur juridique Jason Kwon, qui est depuis devenu directeur de la stratégie : « J’ai confirmé que ce que disait Jason et ce que disait Sam n’étaient pas la même chose. ». Le modèle en question a fini par passer sous la loupe du comité de sécurité, sur sa demande.

« Je demandais à Sam de diriger, de le faire avec clarté, et de ne pas saboter ma capacité à faire mon travail », a-t-elle expliqué. Murati n’est pas la première à pointer du doigt les contradictions et les zones grises de Sam Altman ; plusieurs témoignages ont déjà dépeint le rapport très particulier avec la vérité du fondateur et directeur général d’OpenAI.

Le conseil d’administration d’OpenAI lui-même n’était pas convaincu par la sincérité de Sam Altman : c’est une des raisons pour lesquelles il a été éjecté de son poste fin 2023, remplacé par… Mira Murati. Qui a pourtant signé une pétition réclamant le retour du patron viré aux commandes de l’entreprise, la seule manière de « stabiliser » OpenAI, rapporte-elle.

Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d’administration d’OpenAI, est aussi passée à la barre : de 2017 à 2023, elle a participé aux discussions sur les différentes formes que pouvait prendre OpenAI. Son témoignage était d’autant plus important qu’elle est aussi la compagne d’Elon Musk, et la mère de quatre de ses enfants (il en a douze en tout).

Zilis a quitté le board en 2023 après la création de xAI. Il n’était « pas approprié » de rester en poste alors que le milliardaire lançait une entreprise concurrente et recrutait chez OpenAI, a-t-elle expliqué. « Quand le père de vos enfants lance un projet concurrent et commence à recruter chez OpenAI, il n’y a plus rien à faire », a-t-elle écrit à l’époque dans un message cité au tribunal. Elle a affirmé que sa relation avec Musk n’avait pas influencé son travail au conseil d’administration : « [j’avais] une allégeance au meilleur résultat possible : une IA au service de l’humanité ».

La question d’un rapprochement avec Tesla s’est posée au début de l’aventure OpenAI afin de créer un labo de recherche sur l’AGI. Ça n’a évidemment débouché sur rien. En décembre 2017, Greg Brockman et Ilya Sutskever ont repoussé la proposition, selon Zilis. Elle a regretté que ces deux fondateurs n’aient pas voulu d’une telle opération : « Ils ne voyaient pas l’intérêt stratégique qu’il y avait à intégrer cette technologie dans Tesla […] Ils ne sont pas dans une logique de calculs ».

Dans le cadre de la transformation d’OpenAI en labo IA de Tesla, Elon Musk avait envisagé de proposer à Sam Altman un poste au conseil d’administration du constructeur automobile. Des échanges internes versés au dossier confirment que le milliardaire avait l’intention de faire entrer Altman dans l’orbite de Tesla ; plusieurs scénarios ont été envisagés, dont ce poste au board, ainsi qu’un rôle de directeur du labo interne.

Interrogée par les avocats d’OpenAI, Shivon Zilis a dit ne pas se souvenir de conditions imposées par Musk concernant les dons à l’organisation, ou encore de documents garantissant qu’OpenAI resterait à but non lucratif ou open source — une déclaration qui infirme les accusations d’Elon Musk. Elle a également estimé qu’un courriel de Sam Altman, dans lequel il disait son enthousiasme pour une structure à but non lucratif, ne constituait pas une promesse formelle.

Lundi 11 mai : où l’on apprend que Microsoft ne veut pas devenir IBM

Le témoignage ce lundi de Satya Nadella était particulièrement attendu. Le CEO de Microsoft a expliqué les liens entre son entreprise et OpenAI, qui vont bien au-delà du simple soutien à une startup : l’éditeur de Windows a investi 1 milliard de dollars en 2019, puis 2 milliards en 2021, et enfin 10 milliards en 2023. Beaucoup d’argent donc, ce qui a contribué à la transformation d’OpenAI en mastodonte du secteur, valorisé à 850 milliards de dollars.

Interrogé par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, le dirigeant a convenu que l’investissement de Microsoft avait été une très bonne affaire. Mais « parce que nous avons été les seuls à prendre le risque ». Les relations avec OpenAI ont été tumultueuses, avant d’aboutir à un accord qui donne à Microsoft 27 % du capital de la startup. Une participation estimée à un peu plus de 200 milliards de dollars aujourd’hui.

Le directeur général de Microsoft a affirmé à la barre qu’Elon Musk n’a jamais évoqué ses préoccupations concernant l’investissement du géant logiciel dans OpenAI, qui aurait pu être en infraction avec des engagements caritatifs de la startup. Elon Musk a expliqué la semaine dernière que les 10 milliards mis sur la table par Microsoft en 2023 ont constitué le point de bascule : l’ampleur de la somme le préoccupait, « j’étais inquiet à l’idée qu’ils essaient en réalité de détourner l’organisation à but non lucratif ».

Pour Nadella, ces investissements successifs n’ont jamais été interprétés comme des dons. Dès le départ de la relation entre les deux entreprises, il était clair dans son esprit qu’il s’agissait d’un partenariat marketing puis franchement commercial.

Dès 2016, Microsoft avait proposé à OpenAI un accès à ses capacités de calcul à prix cassé. Mais en 2018, alors que les factures commençaient à s’empiler, « nous n’étions plus à l’aise avec l’idée de considérer cela comme une dépense marketing », a expliqué Nadella. C’est à cette époque que la relation entre Microsoft et OpenAI est devenue plus sérieuse.

En 2022, avant ce fameux investissement de 10 milliards, Satya Nadella a demandé aux dirigeants de Microsoft des solutions pour « poursuivre le partenariat » d’une façon qui soit favorable à l’éditeur. « Je ne veux pas que Microsoft soit IBM et qu’OpenAI devienne Microsoft », écrivait le dirigeant dans son courriel. En 1980, IBM signait un accord non exclusif pour distribuer DOS sur ses PC ; Microsoft a pu commercialiser en parallèle son système d’exploitation à de nombreux autres constructeurs, ce qui lui a permis de devenir le pivot logiciel du marché de l’ordinateur personnel.

Au bout du compte, Microsoft est devenue bien plus importante qu’IBM. Et Nadella ne voulait pas que l’histoire se répète à front renversé.

Satya Nadella est revenu sur le congédiement surprise de Sam Altman en novembre 2023, avant qu’il retrouve son poste quelques jours plus tard. « De l’amateurisme total », a cinglé le patron de Microsoft en parlant du conseil d’administration d’OpenAI à l’origine de ce pataquès.

Le board avait justifié l’éviction de Sam Altman par son manque de transparence, ce qui peut constituer un motif valable de licenciement d’un directeur général, mais « cela ne suffisait pas, parce qu’il s’agit du directeur général d’une entreprise dans laquelle nous avons investi et avec laquelle nous entretenons un partenariat très étroit. J’estimais donc qu’ils auraient dû m’expliquer quels étaient les incidents ou les éléments précis derrière cette décision ».

Le CEO de Microsoft tenait à avoir l’heure juste, mais « chaque fois que je demandais précisément pourquoi Sam avait été licencié, [le conseil] ne me donnait jamais de réponse claire ».

De l’amateurisme chez le conseil d’administration, c’est aussi ce qui ressort du témoignage d’Ilya Sutskever, transfuge de Google et cofondateur d’OpenAI. Membre du board en 2023, il s’interrogeait aussi sur le comportement d’Altman. « Le processus [d’éviction] semblait précipité. Ce groupe d’administrateurs n’était pas très expérimenté dans ce genre de situation… et ils ont également reçu des conseils juridiques qui n’étaient pas très bons. »

Ilya Sutskever a aussi dit son peu d’enthousiasme concernant l’hypothèse d’un rapprochement avec Anthropic, ce qui aurait « tué un rêve », a-t-il indiqué. Le chercheur a finalement aidé au retour de Sam Altman aux commandes, avant de quitter OpenAI en 2024. Sa participation personnelle se monte à 7 milliards de dollars.

Mardi 12 mai : où l’on apprend que Sam Altman voulait devenir gouverneur de Californie

Le témoignage le plus attendu de cette semaine de procès était celui de Sam Altman. Le contre-interrogatoire mené par Steven Molo, l’avocat d’Elon Musk, a été l’occasion d’une passe d’armes visant à dépeindre le cofondateur et directeur général d’OpenAI comme un menteur. « Êtes-vous totalement digne de confiance ? », a-t-il demandé de but en blanc.

« Je le pense », a répondu Altman, ce à quoi l’avocat a répliqué : « Vous ne savez pas si vous êtes totalement digne de confiance ? ». Dos au mur, le dirigeant a alors déclaré : « Je vais simplement modifier ma réponse en oui. ». Il a ajouté : « Je pense être un dirigeant honnête et digne de confiance ». L’enjeu est d’importance, car la duplicité supposée de Sam Altman est au cœur de la plainte d’Elon Musk.

En 2022, Elon Musk a écrit à Sam Altman suite à la publication d’un article du New Yorker annonçant l’intention de Microsoft d’injecter 10 milliards de dollars dans OpenAI. Le patron de Tesla laissait entendre que son argent investi dans la startup (38 millions de dollars en tout) s’était transformé en jackpot financier : il avait en effet permis d’attirer les milliards de Microsoft. « [Elon Musk] dit en substance que vous avez détourné une œuvre caritative, n’est-ce pas ? », a lancé Molo. « Ce n’est pas ce qu’il me semble dire », a répondu Altman.

Plus tard dans l’échange entre les deux dirigeants, un Altman manifestement gêné aux entournures (« Je suis d’accord, ça donne une mauvaise impression ») a proposé à Musk des parts dans OpenAI, ce que l’avocat traduit par un pot-de-vin. « Je rejette totalement cette interprétation », a affirmé Altman à la barre.

Sam Altman a aussi expliqué aux jurés comment Elon Musk avait demandé le « contrôle total » d’OpenAI à l’époque où il faisait encore partie de la direction de l’entreprise, « un moment particulièrement éprouvant ». Altman lui a alors posé une question : « Si tu as le contrôle, que se passe-t-il à ta mort ? ». Ce à quoi Musk a répondu qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi, mais « peut-être que le contrôle pourrait simplement être transmis à mes enfants ». Une réponse qui a mis Altman mal à l’aise.

Ce dernier ne voulait pas qu’une seule personne puisse contrôler OpenAI. « L’une des raisons pour lesquelles nous avons créé OpenAI était précisément parce que nous pensions qu’une AGI ne devrait pas être sous le contrôle d’une seule personne, quelles que soient ses bonnes intentions », a-t-il expliqué à la barre. Elon Musk avait aussi assuré qu’il « abandonnerait ce contrôle plus tard », mais Altman n’y croyait pas — l’idée de « léguer » OpenAI à sa progéniture donnait effectivement peu d’espoir sur un lâcher prise.

« J’ai appris que, surtout lorsqu’une entreprise allait bien, les fondateurs ou les personnes qui détenaient le contrôle n’y renonçaient généralement pas », a témoigné Altman, ajoutant qu’« ils pouvaient conserver ce contrôle pour toujours ». Et lorsque Musk a avancé l’idée d’une intégration dans Tesla, Sam Altman s’est montré suspicieux : Tesla est un constructeur automobile, « qui n’a pas la mission d’OpenAI ».

Elon Musk tentait de débaucher des employés d’OpenAI pour renforcer les équipes de Tesla en charge de l’IA. « Ça m’agaçait », a indiqué Sam Altman devant le jury. Le milliardaire a quitté le conseil d’administration d’OpenAI début 2018. Au grand soulagement des équipes, visiblement : le style de management d’Elon Musk était mal vécu en interne, c’était « mauvais pour le moral » des troupes, a expliqué Altman.

Sur un registre plus léger, Sam Altman a également expliqué avoir caressé l’idée de se présenter aux élections pour devenir gouverneur de l’État de Californie ! Dans un courriel remontant à septembre 2017, il fait part de ses « objectifs politiques » qui étaient effectivement de se présenter au poste de gouverneur. Ça n’est jamais allé plus loin.

Dernière mise à jour, 13/05 à 16h00. Publication initiale le 5/05

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Geekom A5 Pro 2026 : Le MiniPC Ryzen 5 7530U 16Go / 512 Go en promo à 374€

Avec ce Geekom A5 Pro 2026, le constructeur fait des arbitrages techniques. L’engin conserve ses avantages avec une garantie de trois années et un équipement très complet, mais il n’évolue pas vraiment par rapport au modèle précédent.

Le Geekom A5 Pro 2026 est un MiniPC très classique. Il propose un Ryzen 5 7530U qu’on a déjà largement croisé ces dernières années dans de nombreuses minimachines. Il s’agit d’une puce 6 cœurs Zen 3 qui développe 12 Threads dans des fréquences oscillant de 2 à 4.5 GHz. Elle propose 16 Mo de cache L3 et tourne sur un TDP très sage de 15 petits watts. Son circuit graphique est un Radeon VEGA 7 cadencé à 2 GHz qui va développer des possibilités graphiques correctes pour un usage classique.

Geekom A5 Pro 2026

Accompagnés par 16 Go de mémoire vive au format SODIMM DDR4-2666 en double canal (2 x 8 Go) évolutif vers 64 Go. La machine supportera des barrettes de 16 ou 32 Go en DDR4-3200 le jour où elles seront à nouveau disponibles à un tarif correct. Le stockage sera confié à un SSD M.2 2280 NVMe PCIe Gen3 x4 simple face de 512 Go. La minimachine peut également profiter d’un second port M.2 2242 au format SATA 3 pour un stockage supplémentaire. Cet ensemble ouvre de nombreux usages possibles.

L’objectif de ce Geekom A5 Pro 2026 est clairement un usage large. Ses compétences en termes de jeu ne seront pas extraordinaires mais suffisantes pour faire tourner ponctuellement des titres anciens ou pas trop gourmands. Un Witcher 3 ou un GTA V en 720P avec peu de détails. Un Fortnite ou un Minecraft 720P bien réglé. Des jeux d’apéro comme Broforce ou Pizza Possum, tout cela tournera plutôt correctement. Les amoureux de jeux de réflexion comme Slay The Spire, Sol Cesto, Inscryption ou Chants of Senaar trouveront là une excellente plateforme de loisir. Mais n’espérez pas pouvoir lancer un jeu 3D de dernière génération de manière fluide et agréable avec ce type de puce, elle n’est pas faite pour cela.

Pour plein d’autres usages, le Ryzen 5 7530U est bien calibré. De la bureautique, bien entendu, avec tous les usages classiques d’une suite Office. De la programmation, de la modélisation 3D comme de la préparation de fichier pour impression. Du montage audio et vidéo avec, évidemment, des temps de rendu assez longs. De la retouche d’image ou de la création 3D. Rien de tout cela ne fait vraiment peur à ce type d’engin. Il faudra évidemment parfois être plus patient que sur une machine plus musclée, mais le travail sera toujours effectué.

Le Geekom A5 Pro 2026 comme poste à tout faire sobre et discret

Le gros avantage de la solution Geekom A5 Pro 2026, c’est son faible encombrement et sa discrétion. Le boîtier ne mesure que 11.24 cm de large comme de profondeur et une épaisseur de 3.7 cm. Il est possible de le poser sur un bureau comme de le fixer en VESA avec le kit fourni derrière un écran ou sur un meuble. À l’usage, le MiniPC se débarrasse des 15 watts de TDP du processeur avec une ventilation de troisième génération chez Geekom. Le IceBlast 3.0 est une solution qui combine les capacités mobiles de la puce avec l’encombrement plus souple du format MiniPC.

En clair, le MiniPC est refroidi grâce à une plaque métallique en contact direct avec le processeur. Celle-ci est reliée à un double caloduc en cuivre qui va transporter la chaleur vers un jeu d’ailettes en aluminium dirigées vers l’extérieur du châssis. Un ventilateur permet d’aspirer de l’air frais depuis les côtés de l’engin et de le repousser ensuite. Rien de nouveau ou de surprenant là-dedans, mais un agencement bien maîtrisé qui profite de l’épaisseur de la machine pour être plus efficace que sur un ordinateur portable. Là où ce dispositif est intéressant, c’est parce que le constructeur n’oublie pas les possibilités offertes par AMD de contrôler la ventilation de ses puces au travers de sa carte mère. Ainsi le ventilateur est piloté à plusieurs niveaux de vitesse pour s’adapter en temps réel à la température dégagée. 

Geekom A5 Pro 2026

Pour un usage léger, par exemple une session de travail bureautique sobre, la lecture d’un film ou d’une musique ou une session de programmation. La machine restera sagement cantonnée à une ventilation à bas régime. Ne faisant alors aucun bruit perceptible. Si le processeur est sollicité plus fortement, par exemple lors de la décompression de gros fichiers, l’édition d’images lourdes, le jeu ou le montage de vidéos, la température du processeur va monter.

Je demande à voir...

Je demande à voir…

L’analyse de sa sonde interne indiquera au Geekom A5 Pro 2026 de réguler le ventilateur en conséquence. L’ensemble ajustera donc la vitesse du ventilateur pour garder un processeur toujours fonctionnel sans décrochage de sa fréquence. Geekom annonce que son dispositif restera dans une enveloppe maximale de 30 dB en fonctionnement. Je reste circonspect sur ce chiffre qui est assez extraordinaire. D’habitude, les MiniPC les plus discrets tournent autour des 35 dB, ce qui reste très raisonnable puisque souvent inaudible sur un bureau standard.

La connectique est assez complète pour ce modèle qui manque tout de même d’un port de dernière génération type USB4. Pour le reste, on retrouve tout ce dont on a besoin pour un engin de ce type. En façade, deux ports USB 3.2 Gen2 Type-A rapides serviront à piloter des unités de stockage ou autres connexions à débit important. Un jack audio combo 3.5 mm pour brancher un casque-micro et le bouton d’alimentation qui signalera la mise en marche de l’appareil avec une LED. 

À l’arrière, on retrouve une distribution classique avec deux autres USB 3.2 Gen2 Type-C avec gestion DisplayPort, un USB 3.2 Gen2 Type-A, un USB 2.0 Type-A, un Ethernet 2.5 Gigabit et deux ports HDMI 2.0. Un très appréciable lecteur de cartes SDXC est visible sur le côté gauche. L’alimentation en 19V, 3.5A se fait via un port Jack classique. Le tout est enfermé dans un boîtier en aluminium ajouré sur ses côtés. La partie arrière est réalisée en ABS pour permettre une découpe de connecteurs plus facile et un meilleur signal sans fil du module Wi-Fi6 et Bluetooth 5.2 intégré sur un port M.2 2230. Au total, l’engin pourra donc piloter quatre affichages en simultané. À noter que ce MiniPC ne propose pas de système Antivol type Kensington Lock.

 Proposé à 499€ sur le site du fabricant, cette version 16 Go / 512 Go est évidemment plus chère que ce que proposait la marque en 2025. La crise des composants est passée par là. J’ai néanmoins réussi à négocier un petit code promo pour baisser son prix de 25% sur le site de la marque. Cela permet de mettre la main sur un MiniPC sérieux, bien fini, bien construit, doté d’une solide garantie de trois années complètes et à même de remplir la majorité des missions d’un PC familial. Livré sous Windows 11 Pro préinstallé et prêt à l’emploi, le Geekom A5 Pro 2026 est également compatible avec différentes distributions Linux.

Pour bénéficier de ce tarif, il faut indiquer le code promo MMA5P25 dans le panier du site. Cela permet d’obtenir cette excellente minimachine à 374.25€. Le stock de l’engin est situé en Europe et la livraison se fera en quelques jours sans frais de port supplémentaires.

J’apprécie la qualité globale de l’offre Geekom A5 Pro 2026, la garantie étendue à 3 ans, le fait que la marque ne choisisse pas la facilité en préférant ne pas renoncer à de la mémoire double canal pour économiser quelques euros au détriment de la performance. Le fait qu’il s’agisse d’un SSD de 512 Go ainsi que la volonté de réduire l’engin au silence. La connectique n’est pas parfaite et la présence d’un port USB Type-C aurait été sympathique en façade, mais rien de ce qui est proposé n’est réellement problématique.

Voir l’offre sur Geekom France

 

Geekom A5 Pro 2026 : Ryzen 5 7530U – 16 Go / 512 Go + Windows 11 Pro

Mini-Score : A

Mini-Score : A

+ conception originale
+ distribution certifiée
+ garantie complète 3 ans
+
SAV et support en Europe
+ évolutions techniques possibles
+ performance et pérennité d’usage
+ accès simple aux composants
+ connectique évoluée avec lecteur SDXC
+ compatibilité logicielle poussée
+ livré prêt à l’emploi

– pas d’USB4/Thunderbolt

 

Geekom A5 Pro 2026 : Le MiniPC Ryzen 5 7530U 16Go / 512 Go en promo à 374€ © MiniMachines.net. 2026

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Minisforum M1 Lite : un Barebone sous Core Ultra 5 125U (dispo)

Le Minisforum M1 Lite ressemble à une branche de réalité alternative qu’on n’aurait jamais aimé parcourir. On aurait préféré l’autre branche, celle où la mémoire vive et le stockage n’auraient pas explosé. Celle où les constructeurs auraient pu continuer à proposer des machines complètes à un prix raisonnable. Malheureusement, notre destin s’est trompé de chemin et nous voilà face à un Barebone.

Minisforum M1 Lite

Minisforum M1 Lite

Le Minisforum M1 Lite est annoncé en deux déclinaisons sur le site français de la marque. Le premier est à 329€, il s’agit d’un engin assez classique dans son format. Equipé d’un Core Ultra 5 125U, il est donc livré sans mémoire vive, sans stockage et donc, sans système d’exploitation. Une version complète avec 16 Go de DDR5 double canal, 512 Go de stockage et une licence de Windows 11 Pro, est proposée à… 659€. On double donc quasiment le prix de la machine. Pour vous donner une idée, une option de ce type il y a un an, pour passer d’une machine au format Barebone à un engin en 16/512 Go avec Windows, était souvent facturée moins de 120€ chez une marque comme Minisforum.

Le constructeur sait pertinemment que proposer le Minisforum M1 Lite uniquement en version classique, prêt à l’emploi, ne générerait pas suffisamment de ventes. Pour amortir son design, il a donc décidé de proposer un modèle nu afin que chacun puisse l’équiper au mieux de ses besoins. Ce n’est pas nouveau, de nombreux constructeurs font ça depuis des années. Mais la tendance va grandement s’accentuer dans les mois à venir.

Le Minisforum M1 Lite s’architecture donc autour d’un Core Ultra 5 125U. une puce Meteor Lake mobile lancée à la fin de l’année 2023 et gravée en Intel 4. C’est une puce intéressante dans sa construction avec 2 cœurs Performance, 8 cœurs Efficients et 2 cœurs LPE pour un total de 12 cœurs et de 14 Threads puisque seuls les cœurs P le proposent. Leur fréquence Turbo peut atteindre 4.3 GHz quand, à l’autre bout du spectre, les cœurs à basse consommation peuvent atteindre 700 MHz. La puce tourne entre 15 Watts de TDP avec un mode Turbo de 57 Watts, offre 12 Mo de Smart Cache et embarque un circuit graphique Intel proposant 4 cœurs Xe à 1.85 GHz. 

 

Cela donne une puce solide, capable de la très grande majorité des usages avec un recul confortable de puissance. Il faudra évidemment l’accompagner de suffisamment de mémoire vive pour en tirer toute la puissance. Avec deux slots SODIMM pilotant jusqu’à 96 Go de mémoire vive en DDR5-5600, la minimachine proposera de quoi respirer à de nombreux programmes. Avec 16 à 32 Go de mémoire, cet engin pourra venir à bout de tout type de travaux bureautique, de programmation, de retouche d’image, de modélisation 3D, de montage vidéo et autres travaux musicaux. Le seul bémol sera comme toujours le jeu vidéo, même si les cœurs Xe de la puce Intel se débrouillent fort admirablement sur beaucoup de titres.

En FullHD avec des détails sur des configurations de graphismes allant de moyen à haut, la puce graphique se débrouille très bien pour peu que 16 Go de mémoire soient disponibles 4. Un Fortnite titrera 80 ips en moyenne. Toujours en FullHD, un jeu comme Rocket League tous détails activés, proposera de 70 à 90 ips. Le jeu de course GRID Legends dans les mêmes conditions tournera à 60 ips de manière stable. DOTA 2 en 1080P et détails haut restera au-dessus de 70 ips. Counter Strike 2 frôle les 100 ips. Forza Horizon 5 tournera entre 45 et 50 ips en 1080P et dépassera les 60-65 ips avec certains détails réglés sur bas. Fallout 4 en détails élevés et en FullHD tremble à atteindre les 30 images par seconde en extérieur. Il passe à 60 ips en intérieur. En dégradant certains postes, le jeu arrive à rester sur un 40 ips stable en extérieur. Rise of the Tomb Raider en 1080P et High dépasse toujours les 30 ips même dans les scènes complexes. Même chose pour un Witcher III qui se comporte de manière satisfaisante. GTA V, qui commence à prendre de l’âge, tourne très correctement en 1080P et détails haut avec un framerate au-dessus de 60 ips. 

Des titres plus gourmands peuvent devenir jouables mais avec de grosses concessions graphiques. Trop pour que cela ait du sens. Cyberpunk 2077, par exemple, demande une telle dégradation de qualité pour atteindre péniblement 50 ips en 720P que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Pour le jeu, il faut prendre le Minisforum M1 Lite pour ce qu’il est, un MiniPC débrouillard sur des titres assez anciens et qui apportera du confort en jeu moyennant quelques concessions. Ce n’est clairement pas sa destination mais il saura remplir ce rôle sans trop de problème à condition de ne pas trop lui en demander. Ce MiniPC pourra lancer des jeux mais n’est pas pensé pour être une machine de jeu, dans cette optique seule, ce serait un mauvais investissement.

Pour la partie stockage, on retrouve simplement deux ports M.2 2280 NVMe PCIe 4.0 assez classiques. De quoi monter facilement un stockage suffisant pour la majorité des usages. L’accès aux composants se fera sous le châssis avec une plaque amovible permettant de découvrir l’ensemble des composants. La carte réseau, également montée en M.2 au format 2230 pourra évoluer même si la solution Wi-Fi6E et Bluetooth 5.2 semble suffisante. 

Le refroidissement est double avec un premier module pour dissiper la chaleur des composants secondaires que sont la mémoire et le stockage. Et une ventilation de base pour évacuer la chaleur du processeur. Celle-ci est classique avec un jeu d’ailettes qui vont être traversées par un flux d’air frais aspiré de l’extérieur. La chaleur sera collectée au niveau du processeur par un caloduc qui la transportera vers cette surface d’échange. Le positionnement de la carte mère permet une large prise d’air par les deux côtés de l’engin et un rejet vers l’arrière, au-dessus de sa connectique.  Minisforum indique une ventilation 5000 tours que l’on adapte au niveau de puissance désiré. Le BIOS de la machine permettant de pousser le processeur de 15 à 35 W de TDP. Dans ces conditions, l’engin n’atteint pas 45 dB. En mode plus calme et moins performant, il devrait être plus silencieux.

La connectique est sobre mais complète avec sur la face avant un double port USB 3.2 Type-A, un jack audio combo 3.5 mm, un bouton de démarrage avec une LED témoin d’activité et l’accès à un bouton Reset en plus d’un petit micro basique.

Sur la partie arrière, on note deux ports USB 2.0 Type-A, un USB4, deux sorties vidéo en HDMI 2.1 et DisplayPort 1.4 et un Ethernet 2.5 Gigabit sous Intel i226-V. Le tout est alimenté par un boitier externe en 19V au format jack très classique. L’USB4 propose un signal DisplayPort mais également une alimentation en entrée (65W) et en sortie (15W). Au final, le MiniPC pourra piloter trois affichages en UltraHD simultanément.

Le tout entre dans un châssis de 13 cm de large pour 12.6 cm de profondeur et 5.04 cm d’épaisseur et de 600 grammes. La coque n’est pas détaillée et il est difficile de savoir s’il s’agit de plastique ou d’aluminium. Dans le premier cas, la partie extérieure serait montée sur un châssis en acier. Je penche pour une coque plastique avec une seconde peau métallique et le positionnement des antennes Wi-Fi entre les deux. Un support VESA livré avec la machine permettra de le fixer au dois d’un écran ou sur un meuble assez facilement. 

Proposé à 319€ en Barebone chez le fabricant, le Minisforum M1 Lite est également disponible en version barebone à 329.90€ grâce à une case à cocher sur Amazon. Un tarif qui n’a de sens que si vous avez un peu de mémoire vive DDR5 et un SSD dans vos placards. L’achat d’un appareil complet apparaît délicat au double du prix. Si vous êtes à la recherche d’un PC classique, cela peut avoir du sens. Le stock des commandes sera expédié d’ici quelques jours de Hong-Kong et transitera d’abord via un entrepôt local de la marque avant d’être distribué dans toute l’Europe.

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Minisforum M1 Lite : Format Barebone
Mini-Score : B

Mini-Score : B

+ conception originale
+ distribution certifiée
+ garantie 2 ans
+ larges évolutions techniques possibles
+ performances très correctes
+ accès simple aux composants
+ connectique USB4

– format Barebone
– SAV et support en Europe
– audible en calculs lourds (45 Db)
– Boîtier en plastique ?

 

Minisforum M1 Lite : un Barebone sous Core Ultra 5 125U (dispo) © MiniMachines.net. 2026

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Batterie Ugreen Nexode Pro 145W 25000 mAh à 59.99€ ?

16 cm de large et 8 cm de profondeur pour 2.7 cm d’épaisseur, la Ugreen Nexode Pro 145W n’est pas anodine au fond d’un sac. Avec son demi kilo, elle n’est pas non plus tout à fait innocente sur la fatigue de vos épaules mais… c’est une vraie 25 000 mAh1 avec des capacités de charge avancées et la possibilité d’être renflouée rapidement. 

Ugreen Nexode Pro 145W

La batterie propose d’excellentes capacités de recharge et sait concentrer jusqu’à 140 Watts sur un seul port pour alimenter un appareil compatible. Avec deux USB Type-C et un USB Type-A, la Ugreen Nexode Pro 145W permettra de recharger trois appareils à la fois. Le tout en restant compatible avec les voyages aériens

Le port 140W est un USB type-C Entrée et sortie au format Power Delivery 3.1. Ce format, rétrocompatible avec les plus anciens Power Delivery et d’autres protocoles de charge, offre un pilotage fin de la batterie qui va s’ajuster aux besoins de l’appareil. Ce port permet également de regonfler à bloc la Nexode en utilisant un chargeur jusqu’à 65 Watts. 

Ces chiffres vous paraissent peut-être incompréhensibles, mais en clair cela suggère qu’un ordinateur portable moderne sera rechargé de 10 à 80% en une demie heure2 et que la batterie Ugreen sera regonflée à bloc en deux heures avec un chargeur 65 watts. Une solution qui permet donc de ne jamais être pris de court. Surtout que ce modèle permet de recharger un appareil d’un côté en étant elle même connectée pour se remettre à flot de l’autre.

L’électronique embarquée est également respectueuse des programmations de chaque appareil. En connectant votre Ugreen Nexode Pro 145W à un produit, un dialogue s’engage au travers du protocole Power Delivery. Si vous lui connectez un produit qui n’accepte que du 20W en entrée, la batterie n’ira pas plus haut. Si elle détecte des possibilités de charge plus rapide, elle montera crescendo. A noter que vous pouvez forcer la Ugreen à entrer en mode charge lente, ce qui peut être très pratique pour les montres connectées, les GPS ou les appareils anciens à batterie délicate. Dans tous les cas de figure, un contrôle permanent de la température des composants est effectué pour vérifier qu’aucune surchauffe n’est détectée.

La batterie présente un petit écran LCD trois chiffres qui permet de savoir en un clin d’œil où en sont ses réserves. Histoire de ne pas transporter un demi-kilo de batterie vide.

Suivant le scénario proposé la recharge se fera de manière différente. Avec un seul appareil, elle peut grimper à 140W sur son port USB Type-C d’entrée et sortie. 22.5W sur son USB Type-A et 65W sur son second port USB Type-C. En connectant deux produits elle pourra soit charger deux appareils en 20W sur ses USB secondaires, soit 45W + 100W sur ses USB Type-C ou en 22.5W sur l’USB Type-A et 100W sur l’USB Type-C primaire. Avec tois ports occupés, la Nexode proposera du 20W sur les deux ports secondaires et 100W maximum sur le primaire.

La Ugreen Nexode Pro 145W en promo

Livrée avec un câble USB type-C capable de tenir les charges annoncées, la Ugreen Nexode Pro 145W est à 59.99€ sur Amazon. Ce n’est pas le même prix qu’une batterie noname de cette capacité. Enfin, de cette capacité annoncée et sans les fonctionnalités de charge rapide. On trouve des batteries à tous les prix sur la toile et en particulier des modèles « 25 000 mAh » qui ne pèsent que 130 grammes et qui ont bien du mal à faire mieux qu’un modèle 5000 mAh de marque.

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Batterie Ugreen Nexode Pro 145W 25000 mAh à 59.99€ 🍮 © MiniMachines.net. 2026

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Les graveuses laser Creality Falcon A1 et A1 Pro en promo

Geekbuying remet en vente les graveuses laser Creality Falcon A1 et Creality Falcon A1 Pro avec une promotion et dans diverses déclinaisons. Comme plusieurs d’entre vous ont eu des sous pour les fêtes et cherchent à investir dans une graveuse, voici des prix actualisés.

Creality Falcon A1

Creality Falcon A1

Ces deux modèles visent un public d’utilisateurs à la recherche d’un outil plus complet qu’une simple graveuse de loisir. Puissantes, précises, rapides et efficaces, ces graveuses sont également plus chères à l’achat. Ce qui n’a d’intérêt que pour un usage poussé. Pour un artisan, un professionnel ou un fablab, pour un particulier ayant des usages complexes et variés, cela a du sens d’investir dans un de ces modèles. Pour un usage irrégulier ou de petits projets, c’est encombrant et beaucoup moins rentable. Même si la Creality Falcon A1 est proposée à moins de 400€, cela reste tout de même beaucoup plus cher qu’une solution entrée de gamme. Cela dit, en échange de cet investissement, ce type de graveuse est autrement plus performant, sécurisé et pratique à l’emploi que les modèles classiques.

La Creality Falcon A1 propose une tête laser de 10 watts de puissance optique qui permettra de graver et de découper différentes surfaces. La puissance embarquée permet de trancher dans 6 mm de bois et plus de 5 mm d’acrylique en un seul passage. Son rôle est surtout de permettre la gravure d’objets simplement et rapidement.

La Creality Falcon A1 Pro propose une tête laser optique deux fois plus puissante avec 20 w ainsi que la possibilité d’interchanger cette tête pour un laser d’un autre type. Un module 2 w Infrarouge qui sera parfait pour la gravure sur plastiques et métaux. La tête 20 w de la Pro proposera une découpe de 10 mm de bois et plus de 8 mm d’acrylique.

Ces modèles sont fermés, ils disposent de vitres ayant subi un traitement spécial pour protéger la vision et offrent donc un regard complet sur le travail de gravure. Cela permet de surveiller comment le travail se déroule mais également de laisser l’engin en activité dans une pièce sans avoir besoin de porter des lunettes spéciales. Les Creality Falcon A1 et A1 Pro peuvent donc être disposées dans des environnements ouverts, face à des utilisateurs, sans risques. Ce qui est idéal dans un atelier à plusieurs, un garage ou même pour travailler et proposer des gravures en face d’un public. Ce n’est pas le cas des graveuses entrée de gamme.

La Creality Falcon A1 mesure 56.7 x 46.8 x 19.6 cm

La Creality Falcon A1 Pro mesure 56.7 x 46.8 x 21.1  cm

Les fonctions de base sont évidemment toutes présentes et les machines sont livrées pré-montées pour une exploitation immédiate. Les matériaux classiques seront mordus par le laser de base embarqué en 10 et 20w : bois, papier, carton, plastiques compatibles, acryliques, cuir, verre, métaux… Suivant le modèle retenu, il faudra une ou plusieurs passes pour les différentes réalisations. Le laser IR optionnel sera réservé à des usages plus spécialisés comme le métal et le plastique.

Les machines proposent une grande surface de gravure de 38.1 x 30.5 cm. Ce qui permet non seulement de travailler de grandes surfaces, mais offre également la possibilité d’un pilotage très aisé de gravures de multiples éléments.

Une caméra est intégrée dans chaque graveuse, celle-ci permet de détecter les objets disposés sur son lit de gravure avec le logiciel proposé. Une fois l’image des zones à graver détectée, il ne reste plus qu’à positionner très simplement dans le logiciel l’image des éléments à graver. On pose huit morceaux de cuir dans la machine, on demande au logiciel d’intégrer le dessin à graver et l’ensemble va venir proposer par-dessus l’image filmée des morceaux de cuir ce qu’il est censé graver. La machine peut même ajuster des éléments qui ne sont pas parfaitement orientés à l’horizontale. Cela très facilement et rapidement, sans ajustements complexes. Quand tout est parfait, il suffit de valider la gravure et le tour est joué.

Une vidéo relativement courte qui présente les points clé de la Creality Falcon A1

Cette solution permet également de positionner précisément votre design sur un objet. Un sac en cuir, un morceau de bois ou autre, vous n’aurez qu’à positionner le rendu de votre dessin à graver exactement où vous le souhaitez pour obtenir le parfait résultat. Enfin, la caméra permet aussi de « scanner » des designs ou des dessins pour les reproduire directement au laser. Rapide et efficace, les graveuses permettent d’obtenir immédiatement des résultats convaincants et facilement répétables pour des séries. 

Creality Falcon A1

Une extraction d’air est proposée et l’engin est livré avec un tuyau pour diriger les fumées vers l’extérieur. Pour une extraction plus complète, il faudra cependant ajouter une évacuation ventilée qui viendra repousser l’air et le filtrer de ses fumées. Par défaut, un équipement « Air Assist » fait partie des éléments livrés. Il permet d’obtenir une meilleure gravure, plus profonde et plus fine de manière assez simple. En soufflant sur la zone à graver, il chasse les fumées qui filtrent la puissance de la lumière du laser. La gravure est alors plus nette et plus profonde.

La version Pro ajoutera des fonctionnalités secondaires. Pas indispensables mais pratiques. Par exemple, la mise au point via un télémètre optique au lieu d’une mesure de hauteur par détection physique comme sur la classique. C’est beaucoup plus rapide mais cela n’a pas vraiment d’incidence sur le résultat des gravures.

Creality Falcon A1 Pro

Creality Falcon A1 Pro

Le modèle Creality Falcon A1 Pro ajoute également un petit écran sur le côté qui permettra une utilisation facile et rapide. C’est l’idéal pour un artisan qui veut pouvoir lancer en boucle des gravures sans passer par la case logicielle. En fixant des cales pour positionner un objet toujours au même endroit, il pourra répéter des séries de gravures sans quitter son atelier. Voire faire appel à des modèles enregistrés dans son historique ou sur une clé USB, ce qui pourra être très pratique pour des signatures, des séries ou autres.

Le petit écran indiquera au passage des informations sur la gravure en cours. Les réglages effectués de vitesse et de puissance de chaque étape, mais aussi le temps restant avant la fin de la tâche. Une autre manière pratique d’optimiser son temps à l’atelier. Les usages depuis un ordinateur ou un smartphone proposés par le modèle Creality Falcon A1 restent évidemment accessibles.

Deux Creality Falcon A1 pour deux profils différents

De nombreuses mesures de sécurité sont intégrées. La détection de toute flamme se fait au travers de la caméra et d’un capteur infrarouge. Cela va arrêter le processus de gravure en cas et le système va alors envoyer une alerte à l’utilisateur.

Les modèles de Creality Falcon A1 et A1 Pro sont proposés à différents tarifs sur Geekbuying avec des codes promo attachés suivant les options.

La graveuse laser Creality Falcon A1 10 W est proposée à 369€ avec un lit de gravure offert, son stock est situé en France pour une livraison gratuite en quelques jours.

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La graveuse laser Falcon A1 Pro avec une tête laser 20W et toujours un stock en France pour une livraison hyper rapide est désormais proposée à 699€ sans frais de port.

Voir l’offre sur Geekbuying

Enfin, le kit complet Creality Falcon 1 Pro 20W avec lit laser et extracteur de fumées 150W est également en promo. Il passe de 1199€ à 929€ avec le code NNNFRCFAP une fois ajouté dans votre panier.

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Billet mis à jour.

Les graveuses laser Creality Falcon A1 et A1 Pro en promo © MiniMachines.net. 2026

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End of the Road: An AnandTech Farewell

It is with great sadness that I find myself penning the hardest news post I’ve ever needed to write here at AnandTech. After over 27 years of covering the wide – and wild – world of computing hardware, today is AnandTech’s final day of publication.

For better or worse, we’ve reached the end of a long journey – one that started with a review of an AMD processor, and has ended with the review of an AMD processor. It’s fittingly poetic, but it is also a testament to the fact that we’ve spent the last 27 years doing what we love, covering the chips that are the lifeblood of the computing industry.

A lot of things have changed in the last quarter-century – in 1997 NVIDIA had yet to even coin the term “GPU” – and we’ve been fortunate to watch the world of hardware continue to evolve over the time period. We’ve gone from boxy desktop computers and laptops that today we’d charitably classify as portable desktops, to pocket computers where even the cheapest budget device puts the fastest PC of 1997 to shame.

The years have also brought some monumental changes to the world of publishing. AnandTech was hardly the first hardware enthusiast website, nor will we be the last. But we were fortunate to thrive in the past couple of decades, when so many of our peers did not, thanks to a combination of hard work, strategic investments in people and products, even more hard work, and the support of our many friends, colleagues, and readers.

Still, few things last forever, and the market for written tech journalism is not what it once was – nor will it ever be again. So, the time has come for AnandTech to wrap up its work, and let the next generation of tech journalists take their place within the zeitgeist.

It has been my immense privilege to write for AnandTech for the past 19 years – and to manage it as its editor-in-chief for the past decade. And while I carry more than a bit of remorse in being AnandTech’s final boss, I can at least take pride in everything we’ve accomplished over the years, whether it’s lauding some legendary products, writing technology primers that still remain relevant today, or watching new stars rise in expected places. There is still more that I had wanted AnandTech to do, but after 21,500 articles, this was a good start.

And while the AnandTech staff is riding off into the sunset, I am happy to report that the site itself won’t be going anywhere for a while. Our publisher, Future PLC, will be keeping the AnandTech website and its many articles live indefinitely. So that all of the content we’ve created over the years remains accessible and citable. Even without new articles to add to the collection, I expect that many of the things we’ve written over the past couple of decades will remain relevant for years to come – and remain accessible just as long.

The AnandTech Forums will also continue to be operated by Future’s community team and our dedicated troop of moderators. With forum threads going back to 1999 (and some active members just as long), the forums have a history almost as long and as storied as AnandTech itself (wounded monitor children, anyone?). So even when AnandTech is no longer publishing articles, we’ll still have a place for everyone to talk about the latest in technology – and have those discussions last longer than 48 hours.

Finally, for everyone who still needs their technical writing fix, our formidable opposition of the last 27 years and fellow Future brand, Tom’s Hardware, is continuing to cover the world of technology. There are a couple of familiar AnandTech faces already over there providing their accumulated expertise, and the site will continue doing its best to provide a written take on technology news.

So Many Thank Yous

As I look back on everything AnandTech has accomplished over the past 27 years, there are more than a few people, groups, and companies that I would like to thank on behalf of both myself and AnandTech as a whole.

First and foremost, I cannot thank enough all the editors who have worked for AnandTech over the years. There are far more of you than I can ever name, but AnandTech’s editors have been the lifeblood of the site, bringing over their expertise and passion to craft the kind of deep, investigative articles that AnandTech is best known for. These are the finest people I’ve ever had the opportunity to work with, and it shouldn’t come as any surprise that these people have become even bigger successes in their respective fields. Whether it’s hardware and software development, consulting and business analysis, or even launching rockets into space, they’ve all been rock stars whom I’ve been fortunate to work with over the past couple of decades.


Ian Cutress, Anton Shilov, and Gavin Bonshor at Computex 2019

And a special shout out to the final class of AnandTech editors, who have been with us until the end, providing the final articles that grace this site. Gavin Bonshor, Ganesh TS, E. Fylladitakis, and Anton Shilov have all gone above and beyond to meet impossible deadlines and go half-way around the world to report on the latest in technology.

Of course, none of this would have been possible without the man himself, Anand Lal Shimpi, who started this site out of his bedroom 27 years ago. While Anand retired from the world of tech journalism a decade ago, the standard he set for quality and the lessons he taught all of us have continued to resonate within AnandTech to this very day. And while it would be tautological to say that there would be no AnandTech without Anand, it’s none the less true – the mark on the tech publishing industry that we’ve been able to make all started with him.


MWC 2014: Ian Cutress, Anand Lal Shimpi, Joshua Ho

I also want to thank the many, many hardware and software companies we’ve worked with over the years. More than just providing us review samples and technical support, we’ve been given unique access to some of the greatest engineers in the industry. People who have built some of the most complex chips ever made, and casually forgotten more about the subject than we as tech journalists will ever know. So being able to ask those minds stupid questions, and seeing the gears turn in their heads as they explain their ideas, innovations, and thought processes has been nothing short of an incredible learning experience. We haven’t always (or even often) seen eye-to-eye on matters with all of the companies we've covered, but as the last 27 years have shown, sharing the amazing advancements behind the latest technologies has benefited everyone, consumers and companies alike.

Thank yous are also due to AnandTech’s publishers over the years – Future PLC, and Purch before them. AnandTech’s publishers have given us an incredible degree of latitude to do things the AnandTech way, even when it meant taking big risks or not following the latest trend.  A more cynical and controlling publisher could have undoubtedly found ways to make more money from the AnandTech website, but the resulting content would not have been AnandTech. We’ve enjoyed complete editorial freedom up to our final day, and that’s not something so many other websites have had the luxury to experience. And for that I am thankful.


CES 2016: Ian Cutress, Ganesh TS, Joshua Ho, Brett Howse, Brandon Chester, Billy Tallis

Finally, I cannot thank our many readers enough. Whether you’ve been following AnandTech since 1997 or you’ve just recently discovered us, everything we’ve published here we’ve done for you. To show you what amazing things were going on in the world of technology, the radical innovations driving the next generation of products, or a sober review that reminds us all that there’s (almost) no such thing as bad products, just bad pricing. Our readers have kept us on our toes, pushing us to do better, and holding us responsible when we’ve strayed from our responsibilities.

Ultimately, a website is only as influential as its readers, otherwise we would be screaming into the void that is the Internet. For all the credit we can claim as writers, all of that pales in comparison to our readers who have enjoyed our content, referenced it, and shared it with the world. So from the bottom of my heart, thank you for sticking with us for the past 27 years.

Continuing the Fight Against the Cable TV-ification of the Web

Finally, I’d like to end this piece with a comment on the Cable TV-ification of the web. A core belief that Anand and I have held dear for years, and is still on our About page to this day, is AnandTech’s rebuke of sensationalism, link baiting, and the path to shallow 10-o'clock-news reporting. It has been our mission over the past 27 years to inform and educate our readers by providing high-quality content – and while we’re no longer going to be able to fulfill that role, the need for quality, in-depth reporting has not changed. If anything, the need has increased as social media and changing advertising landscapes have made shallow, sensationalistic reporting all the more lucrative.


Speaking of TV: Anand Hosting The AGN Hardware Show (June 1998)

For all the tech journalists out there right now – or tech journalists to be – I implore you to remain true to yourself, and to your readers' needs. In-depth reporting isn’t always as sexy or as exciting as other avenues, but now, more than ever, it’s necessary to counter sensationalism and cynicism with high-quality reporting and testing that is used to support thoughtful conclusions. To quote Anand: “I don't believe the web needs to be academic reporting or sensationalist garbage - as long as there's a balance, I'm happy.”

Signing Off One Last Time

Wrapping things up, it has been my privilege over the last 19 years to write for one of the most impactful tech news websites that has ever existed. And while I’m heartbroken that we’re at the end of AnandTech’s 27-year journey, I can take solace in everything we’ve been able to accomplish over the years. All of which has been made possible thanks to our industry partners and our awesome readers.

On a personal note, this has been my dream job; to say I’ve been fortunate would be an understatement. And while I’ll no longer be the editor-in-chief of AnandTech, I’m far from being done with technology as a whole. I’ll still be around on Twitter/X, and we’ll see where my own journey takes me next.

To everyone who has followed AnandTech over the years, fans, foes, readers, competitors, academics, engineers, and just the technologically curious who want to learn a bit more about their favorite hardware, thank you for all of your patronage over the years. We could not have accomplished this without your support.

-Thanks,
Ryan Smith

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The Corsair iCUE LINK TITAN 360 RX RGB AIO Cooler Review: Meticulous, But Pricey

Corsair, a longstanding and esteemed manufacturer in the PC components industry, initially built its reputation on memory-related products. However, nearly two decades ago, Corsair began diversifying its product line. This expansion started cautiously, with a limited number of products, but quickly proved to be highly successful, propelling Corsair into the industry powerhouse it is today.

One of Corsair's most triumphant product categories is all-in-one (AIO) liquid coolers. This success is particularly notable given that their initial foray into liquid cooling in 2003 did not meet expectations. However, Corsair didn’t throw in the towel. Undeterred, they re-entered the market years later, leveraging the growing popularity of user-friendly, maintenance-free AIO designs. This gamble paid off handsomely, as AIO coolers are now one of Corsair’s flagship product lines, boasting a wide array of models.

In this review, we focus on the latest addition to Corsair's AIO cooler lineup: the iCUE LINK TITAN 360 RX. This model is similar to the iCUE LINK H150i RGB, but introduces subtle yet significant improvements, including a performance upgrade with an enhanced pump. The TITAN 360 RX continues Corsair's tradition of innovation and quality, seamlessly integrating into the iCUE ecosystem for an optimized user experience. Its single-cable design ensures a clean and effortless installation, making it a standout in Corsair's evolving cooler lineup.

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The iBUYPOWER AW4 360 AIO Cooler Review: A Good First Effort

iBUYPOWER is a U.S.-based company known for its custom-built gaming PCs and peripherals. Established in 1999, the company offers a wide range of self-branded products, including pre-built desktop computers, laptops, and gaming accessories. These products are designed to cater to various performance needs, from casual gaming to high-end competitive gaming. iBUYPOWER is particularly recognized for its customizable gaming PCs, allowing users to choose specific components according to their preferences. The company's self-branded peripherals, like keyboards, mice, and headsets, are designed to complement their gaming systems, providing a cohesive experience for gamers.

iBUYPOWER also offers a selection of cooling-related products, including air and liquid cooling solutions, tailored to ensure optimal thermal performance and custom aesthetics for their gaming systems. Most of these products are from other manufacturers, but the company is also branching out into selling their own cooling related products. Most notable of these is the new AW4 360 mm AIO liquid cooler. This review will focus on the AW4 AIO, evaluating its design, cooling efficiency, and overall performance within high-demand gaming and computing environments.

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The Cougar Poseidon Ultra 360 ARGB AIO Cooler Review: Bright Lights, Average Cooling

Cougar, established in 2008, has become a notable name in the PC hardware market, particularly among gamers and enthusiasts. While Cougar might appear to be a relatively recent addition to the industry, it is backed by HEC/Compucase, a veteran in the PC market known primarily for its OEM products. Cougar was created as a subsidiary to focus on developing and marketing high-performance products tailored to the needs of gamers and PC enthusiasts.

Initially, Cougar focused primarily on PC cases, gradually expanding its product lineup as the brand gained recognition. Over the years, Cougar has successfully diversified its offerings to include a wide range of products, from gaming chairs to mechanical keyboards. This strategic expansion has allowed Cougar to establish a strong presence in the gaming hardware market.

In this review, we are focusing on Cougar's latest entry into the liquid cooling market, the Poseidon Ultra 360 ARGB cooler. The Poseidon Ultra 360 ARGB is a high-performance, all-in-one liquid cooler featuring a 360mm radiator and vibrant ARGB lighting, designed to appeal to both performance enthusiasts and those looking for a visually striking setup. This review will delve into the AIO cooler’s key features, cooling efficiency, and noise levels, to determine how it stands up against the competition in the increasingly crowded liquid cooler market.

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Sabrent Rocket nano V2 External SSD Review: Phison U18 in a Solid Offering

Sabrent's lineup of internal and external SSDs is popular among enthusiasts. The primary reason is the company's tendency to be among the first to market with products based on the latest controllers, while also delivering an excellent value proposition. The company has a long-standing relationship with Phison and adopts its controllers for many of their products. The company's 2 GBps-class portable SSD - the Rocket nano V2 - is based on Phison's U18 native controller. Read on for a detailed look at the Rocket nano V2 External SSD, including an analysis of its performance consistency, power consumption, and thermal profile.

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The Endorfy Fortis 5 Dual Fan CPU Cooler Review: Towering Value

Standard CPU coolers, while adequate for managing basic thermal loads, often fall short in terms of noise reduction and superior cooling efficiency. This limitation drives advanced users and system builders to seek aftermarket solutions tailored to their specific needs. The high-end aftermarket cooler market is highly competitive, with manufacturers striving to offer products with exceptional performance.

Endorfy, previously known as SilentiumPC, is a Polish manufacturer that has undergone a significant transformation to expand its presence in global markets. The brand is known for delivering high-performance cooling solutions with a strong focus on balancing efficiency and affordability. By rebranding as Endorfy, the company aims to enter premium market segments while continuing to offer reliable, high-quality cooling products.

SilentiumPC became very popular in the value/mainstream segments of the PC market with their products, the spearhead of which probably was the Fera 5 cooler that we reviewed a little over two years ago and had a remarkable value for money. Today’s review places Endorfy’s largest CPU cooler, the Fortis 5 Dual Fan, on our laboratory test bench. The Fortis 5 is the largest CPU air cooler the company currently offers and is significantly more expensive than the Fera 5, yet it still is a single-tower cooler that strives to strike a balance between value, compatibility, and performance.

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ACEMAGIC F2A 125H SFF PC Review: Mid-Range Meteor Lake at 65W

Intel's Meteor Lake series of processors was launched in September 2023 with a focus on mobile platforms. Multiple mini-PC vendors have utilized these processors to market offerings in the SFF / UCFF desktop market. ACEMAGIC is an Asian manufacturer with products in multiple categories including micro-PCs, UCFF (ultra-compact form-factor) and SFF (small form-factor) PCs, and notebooks. They were one of the first to market with Meteor Lake-based desktop systems.

The ACEMAGIC F2A 125H is the entry-level version of the F2A line, equipped with an Intel Core Ultra 5 125H processor. It is a bit larger than the traditional NUCs, slotting it in the SFF category. However, that allows for the processor to be operated at 65W (compared to the 28 - 40W adopted in the UCFF systems). Read on for a comprehensive look at the performance and features of the ACEMAGIC F2A 125H, including some comments on the pros and cons of the higher operating power as well as other design decisions.

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MediaTek to Add NVIDIA G-Sync Support to Monitor Scalers, Make G-Sync Displays More Accessible

NVIDIA on Tuesday said that future monitor scalers from MediaTek will support its G-Sync technologies. NVIDIA is partnering with MediaTek to integrate its full range of G-Sync technologies into future monitors without requiring a standalone G-Sync module, which makes advanced gaming features more accessible across a broader range of displays.

Traditionally, G-Sync technology relied on a dedicated G-sync module – based on an Altera FPGA – to handle syncing display refresh rates with the GPU in order to reduce screen tearing, stutter, and input lag. As a more basic solution, in 2019 NVIDIA introduced G-Sync Compatible certification and branding, which leveraged the industry-standard VESA AdaptiveSync technology to handle variable refresh rates. In lieu of using a dedicated module, leveraging AdaptiveSync allowed for cheaper monitors, with NVIDIA's program serving as a stamp of approval that the monitor worked with NVIDIA GPUs and met NVIDIA's performance requirements. Still, G-Sync Compatible monitors still lack some features that, to date, require the dedicated G-Sync module.

Through this new partnership with MediaTek, MediaTek will bring support for all of NVIDIA's G-Sync technologies, including the latest G-Sync Pulsar, directly into their scalers. G-Sync Pulsar enhances motion clarity and reduces ghosting, providing a smoother gaming experience. In addition to variable refresh rates and Pulsar, MediaTek-based G-Sync displays will support such features as variable overdrive, 12-bit color, Ultra Low Motion Blur, low latency HDR, and Reflex Analyzer. This integration will allow more monitors to support a full range of G-Sync features without having to incorporate an expensive FPGA.

The first monitors to feature full G-Sync support without needing an NVIDIA module include the AOC Agon Pro AG276QSG2, Acer Predator XB273U F5, and ASUS ROG Swift 360Hz PG27AQNR. These monitors offer 360Hz refresh rates, 1440p resolution, and HDR support.

What remains to be seen is which specific MediaTek's scalers will support NVIDIA's G-Sync technology – or if the company is going to implement support into all of their scalers going forward. It also remains to be seen whether monitors with NVIDIA's dedicated G-Sync modules retain any advantages over displays with MediaTek's scalers.

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Qualcomm Adds Snapdragon 7s Gen 3: Mid-Tier Snapdragon Gets Cortex-A720 Treatment

Qualcomm this morning is taking the wraps off of a new smartphone SoC for the mid-range market, the Snapdragon 7s Gen 3. The second of Qualcomm’s down-market ‘S’ tier Snapdragon 7 parts, the 7s series is functionally the entry-level tier for the Snapdragon 7 family – and really, most Qualcomm-powered handsets in North America.

With three tiers of Snapdragon 7 chips, the 7s can easily be lost in the noise that comes with more powerful chips. But the latest iteration of the 7s is a bit more interesting than usual, as rather than reusing an existing die, Qualcomm has seemingly minted a whole new die for this part. As a result, the company has upgraded the 7s family to use Arm’s current Armv9 CPU cores, while using bits and pieces of Qualcomm’s latest IPs elsewhere.

Qualcomm Snapdragon 7-Class SoCs
SoC Snapdragon 7 Gen 3
(SM7550-AB)
Snapdragon 7s Gen 3
(SM7635)
Snapdragon 7s Gen 2
(SM7435-AB)
CPU 1x Cortex-A715
@ 2.63GHz

3x Cortex-A715
@ 2.4GHz

4x Cortex-A510
@ 1.8GHz
1x Cortex-A720
@ 2.5GHz

3x Cortex-A720
@ 2.4GHz

4x Cortex-A520
@ 1.8GHz
4x Cortex-A78
@ 2.4GHz

4x Cortex-A55
@ 1.95GHz
GPU Adreno Adreno Adreno
DSP / NPU Hexagon Hexagon Hexagon
Memory
Controller
2x 16-bit CH

@ 3200MHz LPDDR5 / 25.6GB/s

@ 2133MHz LPDDR4X / 17.0GB/s
2x 16-bit CH

@ 3200MHz LPDDR5 / 25.6GB/s

@ 2133MHz LPDDR4X / 17.0GB/s
2x 16-bit CH

@ 3200MHz LPDDR5 / 25.6GB/s

@ 2133MHz LPDDR4X / 17.0GB/s
ISP/Camera Triple 12-bit Spectra ISP

1x 200MP or 64MP with ZSL
or
32+21MP with ZSL
or
3x 21MP with ZSL

4K HDR video & 64MP burst capture
Triple 12-bit Spectra ISP

1x 200MP or 64MP with ZSL
or
32+21MP with ZSL
or
3x 21MP with ZSL

4K HDR video & 64MP burst capture
Triple 12-bit Spectra ISP

1x 200MP or 48MP with ZSL
or
32+16MP with ZSL
or
3x 16MP with ZSL

4K HDR video & 48MP burst capture
Encode/
Decode
4K60 10-bit H.265

H.265, VP9 Decoding

Dolby Vision, HDR10+, HDR10, HLG

1080p120 SlowMo
4K60 10-bit H.265

H.265, VP9 Decoding

HDR10+, HDR10, HLG

1080p120 SlowMo
4K60 10-bit H.265

H.265, VP9 Decoding

HDR10, HLG

1080p120 SlowMo
Integrated Radio FastConnect 6700
Wi-Fi 6E + BT 5.3
2x2 MIMO
FastConnect
Wi-Fi 6E + BT 5.4
2x2 MIMO
FastConnect 6700
Wi-Fi 6E + BT 5.2
2x2 MIMO
Integrated Modem X63 Integrated

(5G NR Sub-6 + mmWave)
DL = 5.0 Gbps
5G/4G Dual Active SIM (DSDA)
Integrated

(5G NR Sub-6 + mmWave)
DL = 2.9 Gbps
5G/4G Dual Active SIM (DSDA)
X62 Integrated

(5G NR Sub-6 + mmWave)
DL = 2.9 Gbps
5G/4G Dual Active SIM (DSDA)
Mfc. Process TSMC N4P TSMC N4P Samsung 4LPE

Officially, the Snapdragon 7s is classified as a 1+3+4 design – meaning there’s 1 prime core, 3 performance cores, and 4 efficiency cores. In this case, Qualcomm is using the same architecture for both the prime and efficiency cores, Arm’s current-generation Cortex-A720 design. The prime core gets to turbo as high as 2.5GHz, while the remaining A720 cores will turbo as high as 2.4GHz.

These are joined by the 4 efficiency cores, which, as is tradition, are based upon Arm’s current A5xx cores, in this case, A520. These can boost as high as 1.8GHz.

Compared to the outgoing Snapdragon 7s Gen 2, the switch in Arm cores represents a fairly significant upgrade, replacing an A78/A55 setup with the aforementioned A720/A520 setup. Notably, clockspeeds are pretty similar to the previous generation part, so most of the unconstrained performance uplift on this generation is being driven by improvements in IPC, though the faster prime core should offer a bit more kick for single-threaded workloads.

All told, touting a 20% improvement in CPU performance over the 7s Gen 2, though that claim doesn’t clarify whether it’s single or multi-threaded performance (or a mixture of both).

Meanwhile, graphics are driven by one of Qualcomm’s Adreno GPUs. As is usually the case, the company is not offering any significant details on the specific GPU configuration being used – or even what generation it is. A high-level look at the specifications doesn’t reveal any major features that weren’t present in other Snapdragon 7 parts. And Qualcomm isn’t bringing high-end features like ray tracing down to such a modest part. That said, I’ve previously heard through the tea leaves that this may be a next-generation (Adreno 800 series) design; though if that’s the case, Qualcomm is certainly not trying to bring attention to it.

Curiously, however, the video decode block on the SoC seems rather dated. Despite this being a new die, Qualcomm has opted not to include AV1 decoding – or, at least, opted not to enable it – so H.265 and VP9 are the most advanced codecs supported.

Compared to CPU performance gains, Qualcomm’s expected GPU performance gains are more significant. The company is claiming that the7s Gem 3 will deliver a 40% improvement in GPU performance over the 7s Gen 2.

Finally, the Hexagon NPU block on the SoC incorporates some of Qualcomm’s latest IP, as the company continues their focused AI push across all of their chip segments. Notably, the version of the NPU used here gets INT4 support for low precision client inference, which is new to the Snapdragon 7s family. As with Qualcomm’s other Gen 3 SoCs, the big drive here is for local (on-device) LLM execution.

With regards to performance, Qualcomm says that customers should expect to see a 30% improvement in AI performance relative to the 7s Gen 2.

Feeding all of these blocks is a 32-bit memory controller. Interestingly, Qualcomm has opted to support older LPDDR4X even with this newer chip, so the maximum memory bandwidth depends on the memory type used. For LPDDR4X-4266 that will be 17GB/sec, and for LPDDR5-6400 that will be 25.6GB/sec. In both cases, this is identical to the bandwidth available for the 7s Gen 2.

Rounding out the package, the 7s Gen 3 does incorporate some newer/more powerful camera hardware as well. We’re still looking at a trio of 12-bit Spectra ISPs, but the maximum resolution in zero shutter lag and burst modes has been bumped up to 64MPix. Video recording capabilities are otherwise identical on paper, as the 7s Gen 2 already supported 4K HDR capture.

Meanwhile on the wireless communication side of matters, the 7s Gen 3 packs one of Qualcomm’s integrated Snapdragon 5G modems. As with its predecessor, the 7s Gen 3 supports both Sub-6 and mmWave bands, with a maximum (theoretical) throughput of 2.9Gbps.

Eagle-eyed chip watchers will note, however, that Qualcomm is doing away with any kind of version information as of this part. So while the 7s Gen 2 used a Snapdragon X62 modem, the 7s Gen 3’s modem has no such designation – it’s merely an integrated Snapdragon modem. According to the company, this change has been made to “simplify overall branding and to be consistent with other IP blocks in the chipset.”

Similarly, the Wi-Fi/Bluetooth block has lost its version number; it is now merely a FastConnect block. In regards to features and specifications, this appears to be the same Wi-Fi 6E block that we’ve seen in half a dozen other Snapdragon SoCs, offering 2 spatial streams at channel widths up to 160MHz. It is worth noting, however, that since this is a newer SoC it’s certified for Bluetooth 5.4 support, versus the 5.2/5.3 certification other Snapdragon 7 chips have carried.

Finally, the Snapdragon 7s Gen 3 itself is being built on TSMC’s N4P process, the same process we’ve seen the last several Qualcomm SoCs use. And with this, Qualcomm has now fully migrated the entire Snapdragon 8 and Snapdragon 7 lines off of Samsung’s 4nm process nodes; all of their contemporary chips are now built at TSMC. And like similar transitions in the past, this shift in process nodes is coming with a boost to power efficiency. While it’s not the sole cause, overall Qualcomm is touting a 12% improvement in power savings.

Wrapping things up, Qualcomm’s launch customer for the Snapdragon 7s Gen 3 will be Xiaomi, who will be the first to launch a new phone with the chip. Following them will be many of the other usual suspects, including Realme and Sharp, while the much larger Samsung is also slated to use the chip at some point in the coming months.

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CXL Gathers Momentum at FMS 2024

The CXL consortium has had a regular presence at FMS (which rechristened itself from 'Flash Memory Summit' to the 'Future of Memory and Storage' this year). Back at FMS 2022, the company had announced v3.0 of the CXL specifications. This was followed by CXL 3.1's introduction at Supercomputing 2023. Having started off as a host to device interconnect standard, it had slowly subsumed other competing standards such as OpenCAPI and Gen-Z. As a result, the specifications started to encompass a wide variety of use-cases by building a protocol on top of the the ubiquitous PCIe expansion bus. The CXL consortium comprises of heavyweights such as AMD and Intel, as well as a large number of startup companies attempting to play in different segments on the device side. At FMS 2024, CXL had a prime position in the booth demos of many vendors.

The migration of server platforms from DDR4 to DDR5, along with the rise of workloads demanding large RAM capacity (but not particularly sensitive to either memory bandwidth or latency), has opened up memory expansion modules as one of the first set of widely available CXL devices. Over the last couple of years, we have had product announcements from Samsung and Micron in this area.

SK hynix CMM-DDR5 CXL Memory Module and HMSDK

At FMS 2024, SK hynix was showing off their DDR5-based CMM-DDR5 CXL memory module with a 128 GB capacity. The company was also detailing their associated Heterogeneous Memory Software Development Kit (HMSDK) - a set of libraries and tools at both the kernel and user levels aimed at increasing the ease of use of CXL memory. This is achieved in part by considering the memory pyramid / hierarchy and relocating the data between the server's main memory (DRAM) and the CXL device based on usage frequency.

The CMM-DDR5 CXL memory module comes in the SDFF form-factor (E3.S 2T) with a PCIe 3.0 x8 host interface. The internal memory is based on 1α technology DRAM, and the device promises DDR5-class bandwidth and latency within a single NUMA hop. As these memory modules are meant to be used in datacenters and enterprises, the firmware includes features for RAS (reliability, availability, and serviceability) along with secure boot and other management features.

SK hynix was also demonstrating Niagara 2.0 - a hardware solution (currently based on FPGAs) to enable memory pooling and sharing - i.e, connecting multiple CXL memories to allow different hosts (CPUs and GPUs) to optimally share their capacity. The previous version only allowed capacity sharing, but the latest version enables sharing of data also. SK hynix had presented these solutions at the CXL DevCon 2024 earlier this year, but some progress seems to have been made in finalizing the specifications of the CMM-DDR5 at FMS 2024.

Microchip and Micron Demonstrate CZ120 CXL Memory Expansion Module

Micron had unveiled the CZ120 CXL Memory Expansion Module last year based on the Microchip SMC 2000 series CXL memory controller. At FMS 2024, Micron and Microchip had a demonstration of the module on a Granite Rapids server.

Additional insights into the SMC 2000 controller were also provided.

The CXL memory controller also incorporates DRAM die failure handling, and Microchip also provides diagnostics and debug tools to analyze failed modules. The memory controller also supports ECC, which forms part of the enterprise class RAS feature set of the SMC 2000 series. Its flexibility ensures that SMC 2000-based CXL memory modules using DDR4 can complement the main DDR5 DRAM in servers that support only the latter.

Marvell Announces Structera CXL Product Line

A few days prior to the start of FMS 2024, Marvell had announced a new CXL product line under the Structera tag. At FMS 2024, we had a chance to discuss this new line with Marvell and gather some additional insights.

Unlike other CXL device solutions focusing on memory pooling and expansion, the Structera product line also incorporates a compute accelerator part in addition to a memory-expansion controller. All of these are built on TSMC's 5nm technology.

The compute accelerator part, the Structera A 2504 (A for Accelerator) is a PCIe 5.0 x16 CXL 2.0 device with 16 integrated Arm Neoverse V2 (Demeter) cores at 3.2 GHz. It incorporates four DDR5-6400 channels with support for up to two DIMMs per channel along with in-line compression and decompression. The integration of powerful server-class ARM CPU cores means that the CXL memory expansion part scales the memory bandwidth available per core, while also scaling the compute capabilities.

Applications such as Deep-Learning Recommendation Models (DLRM) can benefit from the compute capability available in the CXL device. The scaling in the bandwidth availability is also accompanied by reduced energy consumption for the workload. The approach also contributed towards disaggregation within the server for a better thermal design as a whole.

The Structera X 2404 (X for eXpander) will be available either as a PCIe 5.0 (single x16 or two x8) device with four DDR4-3200 channels (up to 3 DIMMs per channel). Features such as in-line (de)compression, encryption / decryption, and secure boot with hardware support are present in the Structera X 2404 as well. Compared to the 100 W TDP of the Structera X 2404, Marvell expects this part to consume around 30 W. The primary purpose of this part is to enable hyperscalers to recycle DDR4 DIMMs (up to 6 TB per expander) while increasing server memory capacity.

Marvell also has a Structera X 2504 part that supports four DDR5-6400 channels (with two DIMMs per channel for up to 4 TB per expander). Other aspects remain the same as that of the DDR4-recycling part.

The company stressed upon some unique aspects of the Structera product line - the inline compression optimizes available DRAM capacity, and the 3 DIMMs per channel support for the DDR4 expander maximizes the amount of DRAM per expander (compared to competing solutions). The 5nm process lowers the power consumption, and the parts support accesses from multiple hosts. The integration of Arm Neoverse V2 cores appears to be a first for a CXL accelerator, and enables delegation of compute tasks to improve overall performance of the system.

While Marvell announced specifications for the Structera parts, it does appear that sampling is at least a few quarters away. One of the interesting aspects about Marvell's roadmaps / announcements in recent years has been their focus on creating products tuned to the demands of high-volume customers. The Structera product line is no different - hyperscalers are hungry to recycle their DDR4 memory modules and apparently can't wait to get their hands on the expander parts.

CXL is just starting its slow ramp-up, and the hockey stick segment of the growth curve is definitely definitely not in the near term. However, as more host systems with CXL support start to get deployed, products like the Structera accelerator line start to make sense from a server efficiency viewpoint.

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