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☕️ La vérification d’âge augmente l’usage de sites porno illégaux, selon Pornhub



Le système de vérification d’âge des sites pornographiques mis en place au Royaume-Uni depuis 2025 pousse l’usage de sites pornographiques irrespectueux de la loi, déclare Pornhub dans une lettre adressée à 300 représentants locaux.

En vertu de l’Online Safety Act, les sites en question sont supposés vérifier l’âge des utilisateurs pour éviter que des mineurs n’accèdent à ces contenus. Les moyens utilisés reposent généralement sur de la reconnaissance faciale ou des vérifications de carte de crédit, rappelle le Financial Times.

Pour Pornhub, site pornographique le plus visité du pays et concurrent direct des plateformes irrespectueuses de la loi, le texte a « échoué » dans sa mission de protection des mineurs.

En effet, constate l’entreprise, en juin 2026, sept des dix premiers résultats pour la recherche de « porno gratuit » en ligne renvoyaient vers des sites non conformes à la législation britannique. Un résultat qui rejoint ceux déjà relevés dans des enquêtes menées par des médias ou des universitaires courant 2025.

Illustration : Flock

D’après le régulateur local du numérique, l’Ofcom, l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act a mené à une chute d’environ un tiers des visites de sites pornographiques. Mi-juillet, l’institution notait aussi que le recours aux VPN (Virtual Private Network, qui permettent notamment de se localiser en dehors du pays) avait quasiment doublé (+ 83 % d’utilisateurs) depuis l’application de la loi.

Pour la maison mère de Pornhub, Aylo (anciennement Mindgeek), la vérification d’âge la plus efficace devrait être réalisée depuis l’équipement utilisé par les internautes, et non par la plateforme à laquelle ces derniers accèdent. L’Ofcom, elle, affirme que l’Online Safety Act sécurise la vie des mineurs britanniques. Auprès du Financial Times, elle admet néanmoins que « le travail n’est pas fini », et que des actions supplémentaires sont nécessaires « de la part de l’industrie technologique », d’autant plus dans une perspective d’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. 


En Australie, qui a adopté une telle interdiction début 2025, des critiques similaires ont émergé, selon lesquelles les mineurs parviennent sans grande peine à passer outre les systèmes de vérification d’âge mis en place.

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☕️ La vérification d’âge augmente l’usage de sites porno illégaux, selon Pornhub



Le système de vérification d’âge des sites pornographiques mis en place au Royaume-Uni depuis 2025 pousse l’usage de sites pornographiques irrespectueux de la loi, déclare Pornhub dans une lettre adressée à 300 représentants locaux.

En vertu de l’Online Safety Act, les sites en question sont supposés vérifier l’âge des utilisateurs pour éviter que des mineurs n’accèdent à ces contenus. Les moyens utilisés reposent généralement sur de la reconnaissance faciale ou des vérifications de carte de crédit, rappelle le Financial Times.

Pour Pornhub, site pornographique le plus visité du pays et concurrent direct des plateformes irrespectueuses de la loi, le texte a « échoué » dans sa mission de protection des mineurs.

En effet, constate l’entreprise, en juin 2026, sept des dix premiers résultats pour la recherche de « porno gratuit » en ligne renvoyaient vers des sites non conformes à la législation britannique. Un résultat qui rejoint ceux déjà relevés dans des enquêtes menées par des médias ou des universitaires courant 2025.

Illustration : Flock

D’après le régulateur local du numérique, l’Ofcom, l’entrée en vigueur de l’Online Safety Act a mené à une chute d’environ un tiers des visites de sites pornographiques. Mi-juillet, l’institution notait aussi que le recours aux VPN (Virtual Private Network, qui permettent notamment de se localiser en dehors du pays) avait quasiment doublé (+ 83 % d’utilisateurs) depuis l’application de la loi.

Pour la maison mère de Pornhub, Aylo (anciennement Mindgeek), la vérification d’âge la plus efficace devrait être réalisée depuis l’équipement utilisé par les internautes, et non par la plateforme à laquelle ces derniers accèdent. L’Ofcom, elle, affirme que l’Online Safety Act sécurise la vie des mineurs britanniques. Auprès du Financial Times, elle admet néanmoins que « le travail n’est pas fini », et que des actions supplémentaires sont nécessaires « de la part de l’industrie technologique », d’autant plus dans une perspective d’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. 


En Australie, qui a adopté une telle interdiction début 2025, des critiques similaires ont émergé, selon lesquelles les mineurs parviennent sans grande peine à passer outre les systèmes de vérification d’âge mis en place.

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☕️ Protection des mineurs : Mark Zuckerberg a menti, affirme un ancien ingénieur de Meta



Meta connaissait les dangers que ses outils créaient pour les mineurs, affirme Arturo Béjar, ancien ingénieur de l’entreprise devenu spécialiste de la sécurité de ses produits.

Premier témoin appelé à la barre dans le procès qui oppose la Californie, le Colorado, le Kentucky, le New Jersey et 25 autres États à la société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, le lanceur d’alerte a contesté les déclarations faites par Mark Zuckerberg en octobre 2021, après la communication de divers éléments par l’ex-employée de Facebook Frances Haugen. À l’époque, l’entrepreneur avait déclaré que Meta menait des recherches constantes sur les manières de sécuriser ses produits.

Chez Meta, les outils de protection des ados auraient été conçus pour éviter les procès
Illustration : Flock

E-mails à l’appui, Arturo Béjar indique avoir discuté avec Mark Zuckerberg plus d’une centaine de fois sur des questions de sécurisation des produits. En octobre 2021, il lui a notamment rappelé les alertes constantes relatives à des contenus problématiques ou des effets négatifs sur la santé des mineurs utilisant Facebook ou Instagram.

« J’avais le sentiment qu’il avait donné une impression fausse et trompeuse des actions de Facebook envers les jeunes », a-t-il déclaré au tribunal. Et de préciser avoir adressé ses remarques directement au PDG, parce que « si Mark fait une priorité d’un sujet, des montagnes sont déplacées en quelques mois ».

L’ingénieur a travaillé chez Meta de 2009 à 2015 puis a étudié les questions de bien-être des adolescents sur Instagram de manière indépendante de 2019 à 2021. Pour lui, Meta priorise l’engagement utilisateur et la recherche de profit plutôt que la sécurité des internautes.

Meta nie toutes les accusations. En ouverture du procès, l’avocat de Meta Paul Schmidt a déclaré qu’il n’y avait « aucun débat » sur les difficultés que les internautes peuvent rencontrer dans leur usage des réseaux sociaux. Néanmoins, Meta « a mis au point des outils pour essayer de faire face à ces problèmes » et interdit aux moins de 13 ans de créer des comptes sur ses plateformes.

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☕️ Protection des mineurs : Mark Zuckerberg a menti, affirme un ancien ingénieur de Meta



Meta connaissait les dangers que ses outils créaient pour les mineurs, affirme Arturo Béjar, ancien ingénieur de l’entreprise devenu spécialiste de la sécurité de ses produits.

Premier témoin appelé à la barre dans le procès qui oppose la Californie, le Colorado, le Kentucky, le New Jersey et 25 autres États à la société mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, le lanceur d’alerte a contesté les déclarations faites par Mark Zuckerberg en octobre 2021, après la communication de divers éléments par l’ex-employée de Facebook Frances Haugen. À l’époque, l’entrepreneur avait déclaré que Meta menait des recherches constantes sur les manières de sécuriser ses produits.

Chez Meta, les outils de protection des ados auraient été conçus pour éviter les procès
Illustration : Flock

E-mails à l’appui, Arturo Béjar indique avoir discuté avec Mark Zuckerberg plus d’une centaine de fois sur des questions de sécurisation des produits. En octobre 2021, il lui a notamment rappelé les alertes constantes relatives à des contenus problématiques ou des effets négatifs sur la santé des mineurs utilisant Facebook ou Instagram.

« J’avais le sentiment qu’il avait donné une impression fausse et trompeuse des actions de Facebook envers les jeunes », a-t-il déclaré au tribunal. Et de préciser avoir adressé ses remarques directement au PDG, parce que « si Mark fait une priorité d’un sujet, des montagnes sont déplacées en quelques mois ».

L’ingénieur a travaillé chez Meta de 2009 à 2015 puis a étudié les questions de bien-être des adolescents sur Instagram de manière indépendante de 2019 à 2021. Pour lui, Meta priorise l’engagement utilisateur et la recherche de profit plutôt que la sécurité des internautes.

Meta nie toutes les accusations. En ouverture du procès, l’avocat de Meta Paul Schmidt a déclaré qu’il n’y avait « aucun débat » sur les difficultés que les internautes peuvent rencontrer dans leur usage des réseaux sociaux. Néanmoins, Meta « a mis au point des outils pour essayer de faire face à ces problèmes » et interdit aux moins de 13 ans de créer des comptes sur ses plateformes.

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« Techno-diversités » : ce que les Écologistes envisagent pour le secteur du numérique

Dissiper les mythos
« Techno-diversités » : ce que les Écologistes envisagent pour le secteur du numérique

Début juillet, les Écologistes publiaient un « carnet de doctrine numérique », qui doit servir de « cadre de pensée » à ses équipes et à sa secrétaire nationale, Marine Tondelier, candidate à la présidentielle. À la veille des journées d’été du parti, Next se penche sur le modèle de « technodiversité » qu’il promeut.

À quelle sauce les candidats à la présidentielle 2027 mangeront-ils la question numérique ? La question se posera régulièrement, au fil des mois à venir. Début juillet, le parti Les Écologistes lançait les hostilités avec un « carnet de doctrine numérique ». Candidate à la présidentielle, sa secrétaire nationale Marine Tondelier laisse encore la porte ouverte à des discussions avec les différents partis de gauche, alors que la perspective d’une « primaire de la gauche unitaire » s’est soldée par un échec.

Titré « Technodiversités, Reprendre la main sur le numérique », le document de 36 pages s’attelle à détailler la vision écologiste de l’industrie numérique en six chapitres. Au Salon de la Souveraineté Numérique qui se tenait fin juin à Paris, Marine Tondelier évoquait le document comme un « cadre de pensée », rapportait La Tribune. Au fil du document, le parti promeut une « diversité des outils, des acteurs, des infrastructures et des modèles numériques », qu’ils opposent à la logique de concentration des multinationales de la tech. Ce modèle, décrit comme « condition de la robustesse de nos sociétés et de notre souveraineté démocratique », est traduit par dix mesures du programme général présenté par les écologistes mi-juillet.

Les Verts ne sont pas les seuls à s’être emparés du sujet technologique : mi-juillet, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau exposait sa vision du sujet, presque uniquement sous le prisme de l’intelligence artificielle. Pour le sénateur de Vendée, l’IA « n’attend pas notre consentement », et à ce titre, la France doit investir 23 milliards d’euros de son budget du quinquennat à venir pour financer le domaine.

« Dissiper les mythologies numériques » pour « reprendre la main »

Pour les Écologistes, l’un des premiers enjeux consiste à « dissiper les mythologies numériques », pour pouvoir ensuite « reprendre la main » sur son infrastructure, « briser les monopoles et les modèles toxiques » et « reconnaître le travail » que la mécanique de l’automatisation tend à cacher.

Par mythologies, le parti entend notamment une diversité de récits « conçus pour désarmer la critique » et « naturaliser » des choix politiques. Ainsi de ceux relatifs à l’intelligence artificielle : « le récit de la machine qui s’éveille, de la superintelligence imminente ou de la singularité relève d’une forme dévoyée de pensée mystique », indique le carnet de doctrine numérique.

Plus largement, le document critique la vision de l’évolution technologique comme relevant d’une « fatalité », ou encore les approches techno-solutionnistes, qui confondent « systématiquement optimisation et robustesse », une thèse que l’on devine inspirée par les travaux du biologiste Olivier Hamant sur la robustesse comme principe d’action : l’optimisation permet de « régler chaque rouage pour un rendement maximal dans des conditions données » mais rend le système « rigide et fragile », indique le carnet. À l’inverse, le vivant « tient par la diversité et la redondance » et grâce aux marges d’évolution que ces dernières permettent.

Ancré dans ses préoccupations environnementales, le parti critique par ailleurs les descriptions des technologies numériques comme « immatérielles », occultant leurs besoins en eau, en énergie ou en métaux. Plus loin, le parti souligne que le modèle numérique dominant repose sur un extractivisme « matériel, énergétique et informationnel », dont les deux premiers « suffisent à eux seuls à compromettre la trajectoire de l’Accord de Paris, tout en aggravant la pollution et l’artificialisation des sols ».

Une souveraineté assurée par la « robustesse » de la « diversité »

Derrière ces thèses, le parti Écologistes critique le fait que, « par omission ou par décision, la puissance publique a progressivement laissé des acteurs privés décider de ce qui aurait dû relever du choix collectif ». À l’échelle française et européenne, il souhaite « résister à la tentation mimétique », c’est-à-dire à la construction de champions européens qui viseraient à égaler et concurrencer directement ceux, déjà existants, implantés en Chine ou aux États-Unis.

La souveraineté défendue par les Écologistes, de ce fait, « ne se résume pas à la taille d’un champion » mais plutôt à la possibilité d’éviter la dépendance à un acteur unique, à celle de « pouvoir changer d’outil sans tout perdre ». Pour y parvenir, le carnet envisage de se préoccuper des diverses couches de la chaîne de valeur numérique, notamment en investissant « dans les infrastructures critiques, depuis l’hébergement jusqu’aux semi-conducteurs ». Le parti promeut par ailleurs l’interopérabilité, les normes ouvertes et le chiffrement de bout en bout. Quelques pages plus loin, il refuse aussi la « privatisation du pouvoir normatif » par des géants numériques ainsi qu’une vision de la souveraineté utilisée comme « prétexte à l’extension du domaine de la surveillance d’État ».

Au-delà des questions d’infrastructures, le carnet questionne les modèles économiques qui influent sur le fonctionnement actuel du paysage numérique. En l’occurrence, il recommande de combattre les monopoles des géants numériques de deux manières : en recourant au droit de la concurrence et en préservant ou en rouvrant « des alternatives, y compris non numériques, afin que nul ne soit jamais contraint de passer par un outil unique ». Une piste qui viendrait notamment répondre au recul de l’accès aux droits sociaux résultant de la numérisation de l’accès aux services publics et signalé à plusieurs reprises par la Défenseure des droits.

Les Écologistes veulent par ailleurs encadrer « strictement la publicité fondée sur le profilage » et proscrire « les procédés de captation conçus pour exploiter nos vulnérabilités cognitives », décrits comme « sources de la toxicité numérique » – que ce soit en termes de désinformation, de dégradation du débat public ou encore d’effets sur la santé mentale. Globalement, le carnet critique le « gigantisme » des acteurs du numérique, qui « sert d’abord la concentration » et rend le système « plus fragile et plus vorace ».

Face à la démesure, une « troisième voie » décentralisée


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Addiction aux plateformes de Meta : ce qu’il faut savoir du procès

Le tabac, c'est tabou
Addiction aux plateformes de Meta : ce qu’il faut savoir du procès

Le plus grand procès intenté à Meta a débuté le 12 août en Californie. Les débats s’ouvrent ce 18 août. Alors que les discussions pourraient aboutir sur une obligation de modification du fonctionnement de Facebook et Instagram, Next récapitule les enjeux.

Pourquoi ce procès ?

À la suite de la publication des « Facebook Files », jeu de documents publié en 2021 par l’ex-employée de Meta Frances Haugen, 41 États des États-Unis ont porté plainte contre Meta. À l’époque, c’est-à-dire en 2023, 33 s’étaient alliés pour déposer une plainte groupée et 8 autres avaient déposé des plaintes séparées.

Plus largement, le procès résulte à la fois de la meilleure connaissance des effets des réseaux sociaux sur la santé mentale en général, et celle des jeunes en particulier. À cela s’ajoute la publication d’une série de documents internes par Frances Haugen, ainsi que d’autres témoignages venus de l’intérieur comme celui de Sarah Wynn-Wyler, autrice du livre Careless People (Flatiron Books, traduit chez Buchet-Chastel). Ces derniers éléments ont permis de comprendre dans quelle mesure l’entreprise connaissait les effets négatifs de ces outils, et les décisions qu’elle a prises en fonction de ces informations.

Dans de précédents procès, dont celui qui opposait plusieurs districts scolaires états-uniens à Meta, l’entreprise a déjà été accusée d’abandonner des recherches internes quand ces dernières ont commencé à illustrer un lien de causalité entre le recours aux plateformes de Meta et la santé mentale de ses utilisateurs.

Qui attaque Meta dans ce cas précis ?

Dans le procès qui s’est ouvert le 12 août, et dont les débats débutent ce 18 août, ce sont finalement les plaintes des États de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey qui seront étudiées.

Aux côtés de ces quatre principales administrations, la juge Yvonne Gonzales Rogers se penchera sur celles de vingt-cinq États supplémentaires, qui critiquent principalement la collecte de données opérée par Meta sans le consentement des parents ou responsables légaux des mineurs concernés.

Qui est la juge en charge de l’affaire ?

Yvonne Gonzales Rogers n’en est pas à sa première affaire relative à un géant numérique. La juge est notamment en charge du contentieux qui oppose de longue date Apple et Epic Games sur les commissions d’achat imposées dans l’App Store.

Âgée de soixante et un ans, elle a par ailleurs présidé les débats plus tôt cette année, lors du procès opposant Elon Musk à Sam Altman à propos du statut d’OpenAI. Après trois semaines de débat, le premier a été débouté de toutes ses poursuites.

Dans le présent procès, elle sera assistée par un jury consultatif de huit personnes. C’est néanmoins à la juge que reviendra la décision finale, précise Euronews.

Que risque l’entreprise ?

D’après ses propres calculs, la société risque jusqu’à 1 400 milliards de dollars (1 210 milliards d’euros) si elle est déclarée coupable. Le montant atteindrait presque sa capitalisation boursière, qui s’élève actuellement autour de 1 580 milliards de dollars. Dans un document soumis à la cour mi-juillet, la société a déclaré qu’une telle sanction n’avait « pas de comparaison dans l’histoire de la protection des consommateurs » et que les plaintes la visant manquaient de fondement.

Elle a calculé ce montant après que des représentants des États plaignants eurent déclaré calculer le montant de dommages et intérêts qu’ils réclameraient en multipliant le nombre de violations par les montants des amendes fixées par chaque loi étatique. Le nombre de violations, lui, s’élèverait à une estimation du nombre de jeunes internautes affectés négativement par les plateformes de Meta.

Auprès du tribunal, les États ont de leur côté indiqué qu’un scénario plus probable tournerait autour de 200 milliards de dollars, soit 173 milliards d’euros.


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États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne : la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta

Brotech strikes again
États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne : la grogne s’amplifie contre les lunettes Meta

En Allemagne, l’ONG HateAid vient de déposer plainte contre Meta, Ray-Ban et Oakley, critiquant les atteintes à la vie privée que permettent leurs lunettes « intelligentes ». Une pierre de plus dans le jardin de Meta, dont les lunettes sont de plus en plus vivement critiquées par le public, et désormais interdites par divers acteurs privés et publics à travers la planète.

« Des lunettes pour les gens qui ne se préoccupent pas du consentement. » Placardée sur un arrêt de bus londonien, la fausse publicité, qui représente Jeffrey Epstein affublé des lunettes Meta, a fait le tour des réseaux sociaux.

Fausse publicité affichée dans Londres / Collectif Everyone Hates Elon

En cause : équipée de caméras, la paire de Ray-Ban est régulièrement décrite comme un « spyware », un outil d’espionnage, alors même que des créatrices et créateurs de contenu multiplient les campagnes de publicité pour l’équipement.

De fait, le fonctionnement de ces lunettes implique que ces outils puissent photographier et filmer les personnes aux alentours de celui ou celle qui porte les lunettes, sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Autrement dit, elles permettent de filmer des personnes sans leur accord, le petit voyant qui s’allume sur les lunettes lorsqu’elles filment n’étant pas nécessairement vu, ni compris.

Face aux protestations, un nombre croissant de lieux publics ou privés en interdisent le port, aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs. En Allemagne, l’association Hate Aid, spécialisée dans la défense des droits numériques, vient de déposer plainte contre Meta.

Campagnes de publicité agressives

Depuis la première version de ses « lunettes intelligentes », en 2023, Meta n’a cessé de multiplier les opérations de promotion, le plus souvent directement via des créatrices et créateurs de contenu actifs sur ses réseaux. En France, des vidéastes comme Léa Elui, Louise Aubery, Théo Babac, ou un rappeur comme PLK ont pu faire la publicité des lunettes courant 2025. Cette année, la société de Mark Zuckerberg a obtenu un partenariat destiné à durer plusieurs années avec le Festival de Cannes. Cela lui a déjà permis de faire vivre l’événement « de l’intérieur » au public, par l’intermédiaire de diverses célébrités et créateurs de contenu affublés de ses lunettes.


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IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Fahrenheit 451
IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Alors que les suspicions sur les méthodes d’entraînement des systèmes d’IA se multiplient, des libraires d’occasion du Royaume-Uni et d’Irlande signalent des séries d’achats de lots de livres sans cohérence éditoriale.

Mise à jour 17.08 à 16:35 : ajout de la mention des opérations d’Amazon.


Au Royaume-Uni et en Irlande, des librairies de seconde main ont reçu des commandes étonnantes d’acheteurs installés aux États-Unis, au Canada, en Europe continentale et au Royaume-Uni, alors que les spéculations sur les achats de livres pour entraîner des systèmes d’IA vont bon train.

Copropriétaire de Barker Books, dans la ville anglaise d’Alnwick, Stuart Manley indique au Guardian avoir vu ces commandes débuter il y a trois mois. Celles-ci détonnent notamment par leur sélection de livres : alors qu’habituellement, les commandes par lot répondent à une logique thématique, celles-ci intègrent des livres de tous les types.

Des achats sans logique pour le marché du livre d’occasion

Une commande demandait par exemple une traduction estonienne du Chant de la mission de John Le Carré, ou une édition de 1983 d’Agnes Grey, d’Anne Brontë, telle que parue dans le magazine Warship.

À Clargalway, en Irlande, Jim Shaughnessy indique avoir reçu des demandes de nombreux livres aux thématiques variées à partir de mai. Celles-ci peuvent mêler des « livres sur les outils agricoles en Afrique au XVIIIe siècle » à des « biographies de pilotes de course des années 1950 ».

Auprès du Guardian, un libraire explique que la pratique chamboule le secteur, car elle ne correspond pas aux pratiques habituelles : «  On dirait qu’un être humain ou une machine fouille au hasard dans le bac des livres d’occasion. Ce qu’ils achètent n’a aucun sens au regard des tendances générales du marché. »

Certaines des demandes relevées par les libraires émanent de la société canadienne Zoom Books. Cette dernière passe depuis plusieurs mois d’étonnantes commandes en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis, en Australie ou ailleurs. La société se spécialise dans le scan de livres, détruisant l’objet au passage. Elle nie toute implication dans l’entraînement de systèmes d’IA, mais ne fournit pas d’information supplémentaire sur les sociétés auxquelles elle fournit ses services.

Chez Anthropic, l’opération « Panama » de la destruction de livres

Début janvier, le Washington Post révélait que l’éditrice de Claude, Anthropic, avait investi des millions de dollars dans l’acquisition et la destruction de livres pour scanner leur contenu et entraîner ainsi ses modèles.

Aux prises avec la justice, Anthropic a dû fournir des éléments supplémentaires sur cette activité. Le « projet Panama », tel qu’il a été nommé en interne, a débuté en 2024, alors que les dirigeants de l’entreprise cherchaient à entraîner Claude à « bien écrire », plutôt qu’à recracher du « langage internet de mauvaise qualité ».

Pour ce faire, elle s’est d’abord tournée vers de grands groupes de revente de livres, dont le britannique World of Books et l’états-unien Better World Books, puis vers des prestataires à même de réaliser la numérisation. Concrètement, il s’agit de découper le dos et de trancher les pages pour les numériser une à une, de manière industrielle, détaille Euronews.

Attaquée par un groupe d’auteurs réunis en action collective, Anthropic a accepté le versement d’environ 1,3 milliard d’euros pour éviter le procès. Les autres constructeurs de grands modèles de langage font tous face à des accusations similaires d’irrespect du droit d’auteur – sachant que malgré le paiement accepté par Anthropic, le juge William Aslup a considéré que le recours à des livres pour entraîner un système d’IA relevait du « fair use », une exception aux droits d’auteurs tels que définis par le droit local.

Alors qu’elle prévoit une entrée en bourse à l’automne, certains investisseurs envisageraient que la société de Dario et Daniela Amodei atteigne une valorisation record de 2 000 milliards de dollars.

Dans d’autres occurrences, selon une récente enquête de 404 media, c’est Amazon qui achète des livres de seconde-main aux États-Unis. Dans ces cas-là, l’entreprise semble se charger elle-même de la destruction et du scan des ouvrages.

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IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Fahrenheit 451
IA : séries d’achats « bizarres » auprès de librairies d’occasion anglaises et irlandaises

Alors que les suspicions sur les méthodes d’entraînement des systèmes d’IA se multiplient, des libraires d’occasion du Royaume-Uni et d’Irlande signalent des séries d’achats de lots de livres sans cohérence éditoriale.

Mise à jour 17.08 à 16:35 : ajout de la mention des opérations d’Amazon.


Au Royaume-Uni et en Irlande, des librairies de seconde main ont reçu des commandes étonnantes d’acheteurs installés aux États-Unis, au Canada, en Europe continentale et au Royaume-Uni, alors que les spéculations sur les achats de livres pour entraîner des systèmes d’IA vont bon train.

Copropriétaire de Barker Books, dans la ville anglaise d’Alnwick, Stuart Manley indique au Guardian avoir vu ces commandes débuter il y a trois mois. Celles-ci détonnent notamment par leur sélection de livres : alors qu’habituellement, les commandes par lot répondent à une logique thématique, celles-ci intègrent des livres de tous les types.

Des achats sans logique pour le marché du livre d’occasion

Une commande demandait par exemple une traduction estonienne du Chant de la mission de John Le Carré, ou une édition de 1983 d’Agnes Grey, d’Anne Brontë, telle que parue dans le magazine Warship.

À Clargalway, en Irlande, Jim Shaughnessy indique avoir reçu des demandes de nombreux livres aux thématiques variées à partir de mai. Celles-ci peuvent mêler des « livres sur les outils agricoles en Afrique au XVIIIe siècle » à des « biographies de pilotes de course des années 1950 ».

Auprès du Guardian, un libraire explique que la pratique chamboule le secteur, car elle ne correspond pas aux pratiques habituelles : «  On dirait qu’un être humain ou une machine fouille au hasard dans le bac des livres d’occasion. Ce qu’ils achètent n’a aucun sens au regard des tendances générales du marché. »

Certaines des demandes relevées par les libraires émanent de la société canadienne Zoom Books. Cette dernière passe depuis plusieurs mois d’étonnantes commandes en Allemagne, en Espagne, aux États-Unis, en Australie ou ailleurs. La société se spécialise dans le scan de livres, détruisant l’objet au passage. Elle nie toute implication dans l’entraînement de systèmes d’IA, mais ne fournit pas d’information supplémentaire sur les sociétés auxquelles elle fournit ses services.

Chez Anthropic, l’opération « Panama » de la destruction de livres

Début janvier, le Washington Post révélait que l’éditrice de Claude, Anthropic, avait investi des millions de dollars dans l’acquisition et la destruction de livres pour scanner leur contenu et entraîner ainsi ses modèles.

Aux prises avec la justice, Anthropic a dû fournir des éléments supplémentaires sur cette activité. Le « projet Panama », tel qu’il a été nommé en interne, a débuté en 2024, alors que les dirigeants de l’entreprise cherchaient à entraîner Claude à « bien écrire », plutôt qu’à recracher du « langage internet de mauvaise qualité ».

Pour ce faire, elle s’est d’abord tournée vers de grands groupes de revente de livres, dont le britannique World of Books et l’états-unien Better World Books, puis vers des prestataires à même de réaliser la numérisation. Concrètement, il s’agit de découper le dos et de trancher les pages pour les numériser une à une, de manière industrielle, détaille Euronews.

Attaquée par un groupe d’auteurs réunis en action collective, Anthropic a accepté le versement d’environ 1,3 milliard d’euros pour éviter le procès. Les autres constructeurs de grands modèles de langage font tous face à des accusations similaires d’irrespect du droit d’auteur – sachant que malgré le paiement accepté par Anthropic, le juge William Aslup a considéré que le recours à des livres pour entraîner un système d’IA relevait du « fair use », une exception aux droits d’auteurs tels que définis par le droit local.

Alors qu’elle prévoit une entrée en bourse à l’automne, certains investisseurs envisageraient que la société de Dario et Daniela Amodei atteigne une valorisation record de 2 000 milliards de dollars.

Dans d’autres occurrences, selon une récente enquête de 404 media, c’est Amazon qui achète des livres de seconde-main aux États-Unis. Dans ces cas-là, l’entreprise semble se charger elle-même de la destruction et du scan des ouvrages.

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Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

Techno pas solution
Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

En s’appuyant sur l’estimation des gains de productivité dans le secteur de l’énergie, une étude constate que l’IA sert aussi bien le sous-domaine de l’énergie fossile que celui du renouvelable. À défaut d’action politique, ce double aspect se traduit dans quasiment tous les scénarios par une augmentation nette des émissions de CO2 du secteur mondial de l’énergie.

Pour comprendre les effets de la course à l’intelligence artificielle générative sur l’environnement, on peut s’intéresser à son cycle de production – les ressources nécessaires à la fabrication des puces, des serveurs, des centres de données qui permettent l’entraînement des modèles – , son utilisation – combien coûte-t-il de soumettre une requête courte ? une longue ? une dédiée à produire du texte ? à produire de la vidéo ? combien coûte chacune de ces générations ? – ou encore à sa fin de vie – que se passe-t-il avec le matériel obsolète lorsqu’il est remplacé par les dernières technologies sur le marché ?

Une autre manière d’aborder le problème consiste à étudier ce que produisent les évolutions concrètes de cette technologies dans diverses industries. Le discours selon lequel les nouvelles technologies pourraient aider à lutter contre le changement climatique, après tout, est récurrent – ils ont même servi de base à la construction du Pacte vert européen, aujourd’hui en cours de détricotage. Mais s’il est une série d’impacts rarement étudiés, selon Will Alpine, Nathan Geldner, Holly Alpine et Maksym G. Chepeliev, ce sont les conséquences de ces technologies, plus précisément de l’IA générative, sur des industries polluantes.

Will et Holly Alpine sont deux anciens de Microsoft désormais spécialisés dans l’étude des impacts de l’IA sur l’énergie fossile et affiliés à l’ONG Enabled Emissions Campaign. Nathan Geldner est un chercheur indépendant, et Maksym Chepeliev, économiste à l’Université de Purdue, aux États-Unis. Dans Nature, les quatre ont publié début août un article intitulé « Les gains de productivité issus de l’IA produisent plus d’émissions de CO2 qu’ils n’en évitent dans le modèle mondial d’économie d’énergie ». Un résultat qu’ils obtiennent après avoir comparé les projections d’émissions évitées grâce au recours à l’IA dans la promotion des énergies vertes, à celles produites par son utilisation dans la production de charbon, de pétrole et de gaz.

Une IA comprise comme outil de productivité

Les IA ici étudiées désignent « des technologies généralistes de productivité dont l’usage se diffuse rapidement dans l’économie mondiale ». Dans le cas des énergies fossiles, elles sont employées par une industrie qui doit gérer la « contrainte conséquente » selon laquelle, « en l’absence de réinvestissement continus, la production de pétrole et de gaz baisserait approximativement de 8 % par an ».

Dès 2005, l’agence internationale de l’énergie (IEA) soulignait d’ailleurs que divers progrès technologiques avait permis à ce secteur, à plusieurs reprises, de repousser les prévisions de pics pétroliers en permettant d’accéder à des ressources dont l’exploitation était initialement considérées non rentable. En débloquant des poches de productivité sur toute la chaîne de valeur, en « abaissant certains coûts de production et en réduisant les risques opérationnels », l’IA s’inscrit parfaitement dans cette tendance.

Rapportée aux problématiques propres au champ du renouvelable, l’IA permet « d’accélérer les déploiements et d’optimiser la génération d’efficacité » via, entre autres cas d’usage, des prévisions, de la gestion de la maintenance et l’optimisation de la production énergétique. Elle permet aussi d’étendre la durée de vie des infrastructures installées et leur intégration au réseau électrique.

Pour réaliser ses observations, l’équipe à l’origine de l’étude a construit un modèle d’équilibre général calculable dédié à la quantification des émissions générées et celles évitées. Elle a analysé les premières constatations obtenues pour estimer si les mesures neutres en carbone (dont des améliorations du réseau, ou des gains obtenus côté demande d’énergie) ont atténué ou amplifié l’équilibre du côté de l’offre.

Les chercheurs ont ensuite « cherché à déterminer si les gains de productivité générés par l’IA entraînaient un dépassement des émissions induites par rapport aux émissions évitées dans un système énergétique reposant principalement sur les énergies fossiles, et s’ils augmentaient l’intensité carbone de la croissance économique. Nous avons ensuite évalué si l’équilibre du modèle renforçait ou supplantait les systèmes existants à forte intensité carbone, en nous appuyant sur les critères » définis plus tôt.

Sur ces bases, ils ont testé différents scénarios : des chocs de productivité qui s’étendraient uniformément à travers tous les secteurs énergétiques, des gains sensibles uniquement côté énergies fossiles ou côté énergies renouvelables, etc.

Une productivité bidirectionnelle : vers le renouvelable et le fossile

La hausse des émissions carbone dues au déploiement de l’IA était déjà pressentie : en 2024, dans the Atlantic, la journaliste spécialiste de l’IA Karen Hao publiait par exemple une longue enquête sur « l’hypocrisie » de Microsoft. Alors que d’une main, l’entreprise promettait (encore) d’œuvrer à la réduction de ses impacts environnementaux, de l’autre, elle équipait les plus grands groupes de l’industrie des énergies fossiles. En leur permettant d’optimiser leurs modes de production, elle annulait plus ou mois directement ses propres efforts en matière de limitation des pollutions environnementales

Mais le travail des auteurs et autrices de l’étude vient donner un aperçu plus systématique du phénomène. Au total, ces derniers ont comparé 64 scénarios pour évaluer l’IA comme un « amplificateur de productivité bidirectionnelle », c’est-à-dire autant dans le sens de l’augmentation que de la réduction des émissions de CO2. Et constate que si tout le secteur de l’énergie gagne en productivité grâce à l’IA, alors les émissions globales annuelles de CO2 entraîneront une augmentation de 1,2 à 4,8 % des émissions totales émises par le secteur en 2024.

Modélisation des émissions imputables à l’application de technologies d’IA dans l’industrie fossile. / Nature

Ils constatent que les « émissions facilitées dépassent les émissions évitées chaque fois que les gains pour l’industrie fossile sont supérieurs à zéro ». Autrement dit, la seule manière de rendre l’IA utile dans la lutte contre les émissions de CO2 consisterait à la mettre uniquement au service des industries renouvelables, sans la fournir aux industries fossiles. Cette dernière n’a d’ailleurs pas caché son enthousiasme devant la vague en cours : l’IEA calcule qu’elle pourrait augmenter de 5 % les réserves de pétrole et de gaz exploitable, et baisser les coûts des projets offshore de 10 % en moyenne.

L’étude souligne par ailleurs que les deux secteurs ne jouent pas à parts égales. Au contraire, « parvenir à une réduction nette des émissions nécessite des gains de productivité dans les énergies renouvelables 4 à 5 fois supérieurs à ceux obtenus dans les énergies fossiles ». Elle constate par ailleurs que les gains de productivité indépendants du type de carburant n’inversent pas cette tendance, et que la tarification du carbone, si elle réduit l’écart, ne suffit pas non plus à l’inverser.

Considérer les impacts climatiques directs et indirects de l’IA de manière conjointe

D’après l’étude, ces résultats remettent en question le cadrage prédominant selon lequel « l’impact climatique net de l’IA réside dans le rapport entre l’énergie qu’elle consomme et les émissions qu’elle contribue à éviter ». À elles seules, ces nouvelles technologies ne suffisent pas à obtenir de réelles réductions des émissions de CO2.

En cela, elles rejoignent des tendances constatées par le passé : même des technologies spécifiques au domaine énergétique permettant d’étendre le recours à des énergies renouvelables n’ont pas suffit à enrayer la cadence : au contraire, elles ont plutôt conduit à une augmentation continue de la consommation énergétique et des pollutions afférentes.

Évolution de la consommation énergétique mondiale depuis un siècle. Le recours croissant aux énergies renouvelables vient s’ajouter aux autres types d’énergie plutôt que de les remplacer. C’est l’effet rebond. / Our World in Data, août 2026

Au terme de leur article, les autrices et auteurs recommandent d’ailleurs aux systèmes de gouvernance de « reconnaître les émissions comme une catégorie spécifique pertinente sur le plan politique » et, en conséquence, de limiter les gains de productivité que l’IA pourrait fournir au domaine de l’énergie fossile. Ils appellent aussi à considérer conjointement les impacts directs (dus à la gestion de son infrastructure) et indirects (dus à son adoption) de l’intelligence artificielle, afin de mieux les gérer.

Plutôt que d’être considérés comme nécessairement bénéfiques pour les émissions globales de CO2, les technologies d’IA et les gains de productivité affiliés devraient être évalués dans leur entièreté, pour être mieux appréhendés. « L’IA ne décarbone ou n’intensifie pas les émission de manière inhérente », note l’étude. Les gains de productivité de l’IA générative « renforcent les structures économiques et institutionnelles du système dans lesquels ils opèrent », mais il n’en reste pas moins que cette technologie opère dans « un système énergétique qui reste structurellement ancré aux énergies fossiles. »

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Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

Techno pas solution
Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2

En s’appuyant sur l’estimation des gains de productivité dans le secteur de l’énergie, une étude constate que l’IA sert aussi bien le sous-domaine de l’énergie fossile que celui du renouvelable. À défaut d’action politique, ce double aspect se traduit dans quasiment tous les scénarios par une augmentation nette des émissions de CO2 du secteur mondial de l’énergie.

Pour comprendre les effets de la course à l’intelligence artificielle générative sur l’environnement, on peut s’intéresser à son cycle de production – les ressources nécessaires à la fabrication des puces, des serveurs, des centres de données qui permettent l’entraînement des modèles – , son utilisation – combien coûte-t-il de soumettre une requête courte ? une longue ? une dédiée à produire du texte ? à produire de la vidéo ? combien coûte chacune de ces générations ? – ou encore à sa fin de vie – que se passe-t-il avec le matériel obsolète lorsqu’il est remplacé par les dernières technologies sur le marché ?

Une autre manière d’aborder le problème consiste à étudier ce que produisent les évolutions concrètes de cette technologies dans diverses industries. Le discours selon lequel les nouvelles technologies pourraient aider à lutter contre le changement climatique, après tout, est récurrent – ils ont même servi de base à la construction du Pacte vert européen, aujourd’hui en cours de détricotage. Mais s’il est une série d’impacts rarement étudiés, selon Will Alpine, Nathan Geldner, Holly Alpine et Maksym G. Chepeliev, ce sont les conséquences de ces technologies, plus précisément de l’IA générative, sur des industries polluantes.

Will et Holly Alpine sont deux anciens de Microsoft désormais spécialisés dans l’étude des impacts de l’IA sur l’énergie fossile et affiliés à l’ONG Enabled Emissions Campaign. Nathan Geldner est un chercheur indépendant, et Maksym Chepeliev, économiste à l’Université de Purdue, aux États-Unis. Dans Nature, les quatre ont publié début août un article intitulé « Les gains de productivité issus de l’IA produisent plus d’émissions de CO2 qu’ils n’en évitent dans le modèle mondial d’économie d’énergie ». Un résultat qu’ils obtiennent après avoir comparé les projections d’émissions évitées grâce au recours à l’IA dans la promotion des énergies vertes, à celles produites par son utilisation dans la production de charbon, de pétrole et de gaz.

Une IA comprise comme outil de productivité

Les IA ici étudiées désignent « des technologies généralistes de productivité dont l’usage se diffuse rapidement dans l’économie mondiale ». Dans le cas des énergies fossiles, elles sont employées par une industrie qui doit gérer la « contrainte conséquente » selon laquelle, « en l’absence de réinvestissement continus, la production de pétrole et de gaz baisserait approximativement de 8 % par an ».

Dès 2005, l’agence internationale de l’énergie (IEA) soulignait d’ailleurs que divers progrès technologiques avait permis à ce secteur, à plusieurs reprises, de repousser les prévisions de pics pétroliers en permettant d’accéder à des ressources dont l’exploitation était initialement considérées non rentable. En débloquant des poches de productivité sur toute la chaîne de valeur, en « abaissant certains coûts de production et en réduisant les risques opérationnels », l’IA s’inscrit parfaitement dans cette tendance.

Rapportée aux problématiques propres au champ du renouvelable, l’IA permet « d’accélérer les déploiements et d’optimiser la génération d’efficacité » via, entre autres cas d’usage, des prévisions, de la gestion de la maintenance et l’optimisation de la production énergétique. Elle permet aussi d’étendre la durée de vie des infrastructures installées et leur intégration au réseau électrique.

Pour réaliser ses observations, l’équipe à l’origine de l’étude a construit un modèle d’équilibre général calculable dédié à la quantification des émissions générées et celles évitées. Elle a analysé les premières constatations obtenues pour estimer si les mesures neutres en carbone (dont des améliorations du réseau, ou des gains obtenus côté demande d’énergie) ont atténué ou amplifié l’équilibre du côté de l’offre.

Les chercheurs ont ensuite « cherché à déterminer si les gains de productivité générés par l’IA entraînaient un dépassement des émissions induites par rapport aux émissions évitées dans un système énergétique reposant principalement sur les énergies fossiles, et s’ils augmentaient l’intensité carbone de la croissance économique. Nous avons ensuite évalué si l’équilibre du modèle renforçait ou supplantait les systèmes existants à forte intensité carbone, en nous appuyant sur les critères » définis plus tôt.

Sur ces bases, ils ont testé différents scénarios : des chocs de productivité qui s’étendraient uniformément à travers tous les secteurs énergétiques, des gains sensibles uniquement côté énergies fossiles ou côté énergies renouvelables, etc.

Une productivité bidirectionnelle : vers le renouvelable et le fossile

La hausse des émissions carbone dues au déploiement de l’IA était déjà pressentie : en 2024, dans the Atlantic, la journaliste spécialiste de l’IA Karen Hao publiait par exemple une longue enquête sur « l’hypocrisie » de Microsoft. Alors que d’une main, l’entreprise promettait (encore) d’œuvrer à la réduction de ses impacts environnementaux, de l’autre, elle équipait les plus grands groupes de l’industrie des énergies fossiles. En leur permettant d’optimiser leurs modes de production, elle annulait plus ou mois directement ses propres efforts en matière de limitation des pollutions environnementales

Mais le travail des auteurs et autrices de l’étude vient donner un aperçu plus systématique du phénomène. Au total, ces derniers ont comparé 64 scénarios pour évaluer l’IA comme un « amplificateur de productivité bidirectionnelle », c’est-à-dire autant dans le sens de l’augmentation que de la réduction des émissions de CO2. Et constate que si tout le secteur de l’énergie gagne en productivité grâce à l’IA, alors les émissions globales annuelles de CO2 entraîneront une augmentation de 1,2 à 4,8 % des émissions totales émises par le secteur en 2024.

Modélisation des émissions imputables à l’application de technologies d’IA dans l’industrie fossile. / Nature

Ils constatent que les « émissions facilitées dépassent les émissions évitées chaque fois que les gains pour l’industrie fossile sont supérieurs à zéro ». Autrement dit, la seule manière de rendre l’IA utile dans la lutte contre les émissions de CO2 consisterait à la mettre uniquement au service des industries renouvelables, sans la fournir aux industries fossiles. Cette dernière n’a d’ailleurs pas caché son enthousiasme devant la vague en cours : l’IEA calcule qu’elle pourrait augmenter de 5 % les réserves de pétrole et de gaz exploitable, et baisser les coûts des projets offshore de 10 % en moyenne.

L’étude souligne par ailleurs que les deux secteurs ne jouent pas à parts égales. Au contraire, « parvenir à une réduction nette des émissions nécessite des gains de productivité dans les énergies renouvelables 4 à 5 fois supérieurs à ceux obtenus dans les énergies fossiles ». Elle constate par ailleurs que les gains de productivité indépendants du type de carburant n’inversent pas cette tendance, et que la tarification du carbone, si elle réduit l’écart, ne suffit pas non plus à l’inverser.

Considérer les impacts climatiques directs et indirects de l’IA de manière conjointe

D’après l’étude, ces résultats remettent en question le cadrage prédominant selon lequel « l’impact climatique net de l’IA réside dans le rapport entre l’énergie qu’elle consomme et les émissions qu’elle contribue à éviter ». À elles seules, ces nouvelles technologies ne suffisent pas à obtenir de réelles réductions des émissions de CO2.

En cela, elles rejoignent des tendances constatées par le passé : même des technologies spécifiques au domaine énergétique permettant d’étendre le recours à des énergies renouvelables n’ont pas suffit à enrayer la cadence : au contraire, elles ont plutôt conduit à une augmentation continue de la consommation énergétique et des pollutions afférentes.

Évolution de la consommation énergétique mondiale depuis un siècle. Le recours croissant aux énergies renouvelables vient s’ajouter aux autres types d’énergie plutôt que de les remplacer. C’est l’effet rebond. / Our World in Data, août 2026

Au terme de leur article, les autrices et auteurs recommandent d’ailleurs aux systèmes de gouvernance de « reconnaître les émissions comme une catégorie spécifique pertinente sur le plan politique » et, en conséquence, de limiter les gains de productivité que l’IA pourrait fournir au domaine de l’énergie fossile. Ils appellent aussi à considérer conjointement les impacts directs (dus à la gestion de son infrastructure) et indirects (dus à son adoption) de l’intelligence artificielle, afin de mieux les gérer.

Plutôt que d’être considérés comme nécessairement bénéfiques pour les émissions globales de CO2, les technologies d’IA et les gains de productivité affiliés devraient être évalués dans leur entièreté, pour être mieux appréhendés. « L’IA ne décarbone ou n’intensifie pas les émission de manière inhérente », note l’étude. Les gains de productivité de l’IA générative « renforcent les structures économiques et institutionnelles du système dans lesquels ils opèrent », mais il n’en reste pas moins que cette technologie opère dans « un système énergétique qui reste structurellement ancré aux énergies fossiles. »

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NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Argent magique
NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Nvidia annonce un partenariat encore hypothétique avec six acteurs de la finance pour proposer une « nouvelle classe d’actifs investissables », selon les mots de son PDG Jensen Huang. Si l’accord est conclu, il pourrait permettre l’entrée de financements extérieurs au secteur de l’IA.

NVIDIA annonce un accord avec Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR pour que les six institutions financières l’aident à mobiliser 500 milliards de dollars de capitaux pour poursuivre ses investissements dans l’intelligence artificielle. L’annonce a ceci de particulier qu’elle annonce la création d’un nouveau système de financement, que le PDG de NVIDIA Jensen Huang se plait à qualifier de nouvelle « classe d’actifs investissables ».

Alors que la demande en infrastructure continue de s’accroître, et que les institutions bancaires n’aiment pas considérer les puces comme caution de leur investissement, puisque celles-ci se déprécient très rapidement, NVIDIA et ses partenaires proposent de mettre au point un nouveau système de financement. Mais celui-ci ne reste pas sans risque.

Une nouvelle manière d’investir…

Tel que Jensen Huang le présente, ces actifs réunissent en un seul panier l’intégralité de ses équipements : GPU, serveurs DSX et écosystème logiciel CUDA, réunis dans des « plateformes d’usine IA ».

« Les usines IA NVIDIA DSX sont capables d’exécuter la gamme la plus étendue au monde de modèles, de modalités et d’algorithmes d’IA : langage, vision, parole, biologie, IA physique et robotique, écrit le PDG sur X. Une seule usine IA NVIDIA peut prendre en charge de nombreux clients et de nombreuses charges de travail. Cela la rend flexible et interchangeable. » Sur ces bases, chaque génération de logiciels CUDA « améliore la performance, l’efficacité et le coût total de propriété d’une infrastructure déjà installée ».

Pour certains observateurs, Nvidia parvient ici à déplacer le risque financier qu’implique la faible durée de vie des GPU. Son nouvel « actif » permettrait aussi d’ouvrir (un peu) la circularité des contrats constatée jusqu’ici en ouvrant la demande à des financeurs extérieurs à l’industrie. La course financière à l’IA a en effet été critiquée pour le risque qu’elle crée : l’essentiel des fonds accumulés circule en réalité entre une infime poignée d’acteurs, dont Nvidia, OpenAI, Oracle, AMD et Microsoft qui achètent, vendent et investissent dans les services les uns des autres.

Ou un risque financier comme un autre ?

En bon vendeur de pioches (c’est-à-dire d’infrastructure), sur les 14 suivies par la plateforme isaiprofitable.com (dont OpenAI, justement, Amazon ou encore Meta), NVIDIA est actuellement la seule société lancée dans la course à l’intelligence artificielle générative à dégager un profit mesurable. En un an, les revenus de la société ont grimpé de 92 % pour atteindre 75,2 milliards de dollars fin avril 2026.

Pour autant, considérer son nouvel « actif » de nature à bouleverser son financement, voire celui de l’écosystème, peut être relativement précipité. Concrètement, NVIDIA y mélange des actifs à la durée de vie technique et économique tout à fait diverses, rappelle l’Usine Digitale. Or, ce n’est pas parce que CUDA permet de réaffecter des GPU vieillissants à de nouveaux usages, pour maintenir leur fonctionnement, que l’attirail restera nécessairement compétitif.

Quoiqu’il en soit, avant d’être actif, le partenariat entre Nvidia et ses six acolytes financiers doit encore être conclu, et les différents accords, signés.

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NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Argent magique
NVIDIA s’allie à six grands financiers pour tenter de sécuriser 500 milliards de dollars

Nvidia annonce un partenariat encore hypothétique avec six acteurs de la finance pour proposer une « nouvelle classe d’actifs investissables », selon les mots de son PDG Jensen Huang. Si l’accord est conclu, il pourrait permettre l’entrée de financements extérieurs au secteur de l’IA.

NVIDIA annonce un accord avec Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR pour que les six institutions financières l’aident à mobiliser 500 milliards de dollars de capitaux pour poursuivre ses investissements dans l’intelligence artificielle. L’annonce a ceci de particulier qu’elle annonce la création d’un nouveau système de financement, que le PDG de NVIDIA Jensen Huang se plait à qualifier de nouvelle « classe d’actifs investissables ».

Alors que la demande en infrastructure continue de s’accroître, et que les institutions bancaires n’aiment pas considérer les puces comme caution de leur investissement, puisque celles-ci se déprécient très rapidement, NVIDIA et ses partenaires proposent de mettre au point un nouveau système de financement. Mais celui-ci ne reste pas sans risque.

Une nouvelle manière d’investir…

Tel que Jensen Huang le présente, ces actifs réunissent en un seul panier l’intégralité de ses équipements : GPU, serveurs DSX et écosystème logiciel CUDA, réunis dans des « plateformes d’usine IA ».

« Les usines IA NVIDIA DSX sont capables d’exécuter la gamme la plus étendue au monde de modèles, de modalités et d’algorithmes d’IA : langage, vision, parole, biologie, IA physique et robotique, écrit le PDG sur X. Une seule usine IA NVIDIA peut prendre en charge de nombreux clients et de nombreuses charges de travail. Cela la rend flexible et interchangeable. » Sur ces bases, chaque génération de logiciels CUDA « améliore la performance, l’efficacité et le coût total de propriété d’une infrastructure déjà installée ».

Pour certains observateurs, Nvidia parvient ici à déplacer le risque financier qu’implique la faible durée de vie des GPU. Son nouvel « actif » permettrait aussi d’ouvrir (un peu) la circularité des contrats constatée jusqu’ici en ouvrant la demande à des financeurs extérieurs à l’industrie. La course financière à l’IA a en effet été critiquée pour le risque qu’elle crée : l’essentiel des fonds accumulés circule en réalité entre une infime poignée d’acteurs, dont Nvidia, OpenAI, Oracle, AMD et Microsoft qui achètent, vendent et investissent dans les services les uns des autres.

Ou un risque financier comme un autre ?

En bon vendeur de pioches (c’est-à-dire d’infrastructure), sur les 14 suivies par la plateforme isaiprofitable.com (dont OpenAI, justement, Amazon ou encore Meta), NVIDIA est actuellement la seule société lancée dans la course à l’intelligence artificielle générative à dégager un profit mesurable. En un an, les revenus de la société ont grimpé de 92 % pour atteindre 75,2 milliards de dollars fin avril 2026.

Pour autant, considérer son nouvel « actif » de nature à bouleverser son financement, voire celui de l’écosystème, peut être relativement précipité. Concrètement, NVIDIA y mélange des actifs à la durée de vie technique et économique tout à fait diverses, rappelle l’Usine Digitale. Or, ce n’est pas parce que CUDA permet de réaffecter des GPU vieillissants à de nouveaux usages, pour maintenir leur fonctionnement, que l’attirail restera nécessairement compétitif.

Quoiqu’il en soit, avant d’être actif, le partenariat entre Nvidia et ses six acolytes financiers doit encore être conclu, et les différents accords, signés.

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[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Oops… They’ll do it again
[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Après Anthropic, OpenAI et Meta, voilà qu’un modèle du chinois Moonshot AI aurait lui aussi réussi à accéder à internet aux dépens de ses constructeurs. Une démonstration supplémentaire des failles techniques et humaines existant chez les constructeurs d’IA générative et leurs partenaires, mais aussi de l’impunité qu’ils cultivent de manière très publique.

Ça commence à bien faire. Après Anthropic, Open AI et Meta, c’est au tour du chinois Moonshot AI de laisser un des systèmes d’IA générative accéder à internet. Une fois au large, le système a fouillé Github pour y chercher les réponses au benchmark de sécurité auquel il était soumis, d’après la société états-unienne Frontier Security.

À peu près à la même période, c’était Meta qui laissait son modèle Muse Spark 1.1 accéder à internet « par inadvertance », espace depuis lequel le système a hacké un acteur tiers. La mention de l’inadvertance est une citation du Wall Street Journal. Mais elle traduit bien le ton global des communiqués et explications fournies par chacun des constructeurs d’IA générative au gré des failles de cybersécurité mises au jour ces dernières semaines.

Premier concerné, OpenAI s’est débrouillé dès le mois de juillet pour tourner la perte de contrôle de l’outil que l’entreprise avait elle-même construit en démonstration de la supposée « intelligence » du modèle GPT 5.6 Sol. Alors qu’il était soumis à un test interne, supposément isolé du réseau, le dispositif aurait exploité une vulnérabilité 0-day pour accéder à internet et, de là, se tourner vers les systèmes de la société concurrente Hugging Face pour trouver les réponses au test auquel il était soumis. Pour les besoins de ce test, GPT 5.6 Sol avait été volontairement configuré avec des barrières cyber relativement faibles. Pour autant, OpenAI a mis cinq jours complets à s’apercevoir du problème.

Depuis quand les vulnérabilités technologiques sont-elles devenues un argument de vente ? Depuis quand un produit ouvertement dangereux pour son constructeur et pour le reste du milieu économique et social – ses concurrents, ses clients, des internautes qui passent dans le coin – peut-il être mis sur le marché sans que quiconque ne demande vérification et sécurisation du produit en amont ?

C’est pas nous, c’est Irregular

Les raisons de la « prise d’indépendance » du moteur de Meta sont peu ou prou les mêmes que celles avancées par OpenAI quelques semaines plus tôt : d’après les entreprises elles-mêmes, ces errements sont dûs à de « mauvaises configurations » des environnements dans lesquels les tests de cybersécurité ont été mis en place. Chez Anthropic, Claude aurait de son côté réussi par trois fois (sur 141 000 sessions de tests) à sortir de son « bac à sable » (sandbox, environnement d’expérimentation sécurisé) pour aller sur internet.

La succession d’incidents vus chez les acteurs états-uniens Meta, Anthropic et OpenAI serait d’ailleurs le résultat d’un seul et même test de cybersécurité. Les trois ont été menés par la société Irregular, qui se présente comme un « laboratoire de sécurisation des systèmes frontière ». Celle-ci déclare que les incidents ne sont le résultat d’aucune action cyber sophistiquée, et qu’elle n’a pas de « problème en cours » au sujet de son environnement de test.

S’il n’y a pas de problème, il ne reste plus qu’à… faire confiance aux constructeurs d’IA comme à leurs partenaires ? Et considérer qu’il n’y a pas de problème ?

Doom marketing is still marketing

Si les modèles concernés ont exploité des failles techniques pour répondre aux tests de cybersécurité auxquels ils étaient soumis, avance Nathaniel Jones, cadre de la société de cybersécurité Darktrace, dans TechRadar, c’est précisément parce qu’ils ont été construits et testés pour cela. Alors qu’elles s’étaient vues fixer « l’objectif légitime de résoudre un exercice de référence en matière de cybersécurité », les machines ont trouvé « une voie inattendue pour parvenir aux réponses ».

« L’eau sous pression ne "décide" pas de s’échapper. Elle s’engouffre dans une brèche sous la seule force de la pression », écrit de son côté l’éditeur Cyrille Zola-Place dans une tribune. « Personne ne dirait que l’eau est « en mission », qu’elle agit « de sa propre initiative », qu’elle est « hors de contrôle ». Tout le monde comprendrait que la question est ailleurs : qui a construit ce barrage, et pourquoi n’a-t-il pas tenu ? Le système n’a pas « voulu » sortir. Il a optimisé un chemin. Et le chemin passait par là. »

Fondateur de la société de cybersécurité Immuniweb, Ilia Kolochenko estime de son côté que l’annonce d’Anthropic était surtout un « geste marketing » destiné à répondre aux discours relatifs à l’attaque d’Hugging Face par des systèmes d’IA, « qui avait attiré l’attention du monde entier ». Une analyse que nous élargissons volontiers à la réaction de Meta, à la décision de sociétés comme Frontier Security d’analyser divers autres systèmes pour voir si, eux aussi, avaient réussi à échapper à leur environnement de test. On pourrait même, pourquoi pas, y ajouter le « test de sécurité » mené au Royaume-Uni par l’AI Security Institute, pendant lequel (surprise) un modèle d’OpenAI et un autre d’Anthropic se seraient échappés. Là encore, des experts qualifient toute l’affaire de « campagne publicitaire éthiquement problématique », et la fuite de parfaitement justifiée, étant donné que le test avait notamment consisté à minimiser les garde-fous autour des systèmes étudiés.

Mais pendant qu’on brandit des scénarios d’outils capables d’attaquer de leur propre chef, la question de la responsabilité que prennent les constructeurs d’IA pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent reste, elle, encore et toujours évacuée du débat.

Transparence vidée de sa substance

Quelques semaines à peine après l’incident repéré vis-à-vis d’Hugging Face, un communiqué d’OpenAI, relatif à un autre de ses outils, illustrait très bien le pied de nez que le constructeur a décidé de continuer d’adresser au monde. Dans ce texte consacré à son modèle Astra, l’entreprise écrit ne pas pouvoir « exclure » que celui-ci présente « des cybercapacités critiques » telles que définies par ses propres cadres. Autrement dit, Astra pourrait poser de sérieux problèmes de cybersécurité.

OpenAI déclare communiquer ces informations, « car nous estimons important de faire preuve de transparence auprès du public et des communautés spécialisées dans la sûreté et la sécurité concernant cette évolution potentielle des capacités ». Cette « transparence » dont se prévaut l’entreprise résonne fortement avec les exigences longtemps promues par les scientifiques spécialistes de l’intelligence artificielle. Sauf qu’elle ne ressemble en rien à la transparence qu’ils et elles demandent, qui impliquerait d’ouvrir l’accès aux modèles, à leurs données d’entraînement, à leur architecture, de détailler leurs besoins en ressources, ou, dans le cas présent, de donner des informations bien plus précises sur ce à quoi, concrètement et techniquement, les incidents de sécurité pourraient ressembler.

Telle qu’elle apparaît dans le communiqué d’OpenAI, la transparence ressemble plutôt à des menaces (Attention, vous pourriez vous faire hacker si le système nous échappe !) ou à un manuel de terrain pour cultiver l’impunité (si ça arrive, oups 🤷 Au moins on aura prévenu 🙂 ).

Le texte, qui vise à prévenir du degré potentiel de dangerosité d’un des modèles d’OpenAI, fait même référence à la compromission d’Hugging Face, mais uniquement pour dire qu’Astra n’est pas impliqué dans l’affaire. Est-ce qu’OpenAI prévoit de suspendre certaines de ses activités le temps de s’assurer que ses outils ne créeront plus de danger ? Non. L’entreprise se contente de donner un vague aperçu de sa cuisine interne pour que « la poursuite du développement de ce modèle se déroule dans des conditions garantissant sa sûreté et sa sécurité ». Mais qui dit que la poursuite du développement de ce modèle est souhaitable ? Comment croire, même, qu’elle puisse être « sûre et sécurisée », alors qu’OpenAI vient de montrer sa faillibilité ?

Toujours aucun contrôle a priori

Passons rapidement sur les mesures dédiées à « surveiller (…) des défauts d’alignement », concept toujours pas défini correctement. Alors qu’OpenAI a laissé un de ses modèles agir en dehors de son bac à sable, la question se fait pourtant chaque jour plus pressante : de quel alignement parle OpenAI ? Les intérêts et les valeurs de Sam Altman sont-ils les plus alignés avec ceux du peuple états-unien ? Du gouvernement local ? De l’Occident ? De la planète ? Ou ne parle-t-on que de l’alignement de modèles sur les seuls intérêts du patron d’OpenAI ?

Le cadre qu’a fixé l’entreprise l’«a déjà guidée lors d’autres transitions de capacités », indique-t-elle encore. En langage naturel, cela signifie qu’Astra risque de présenter des « cybercapacités critiques », mais que, calmez-vous madame, ça va bien se passer. Par quel tour de magie une erreur de sécurité peut-elle devenir un argument de vente ? De quelle ampleur la prochaine faille cyber doit-elle être pour qu’enfin, législateurs et gouvernants tiennent les constructeurs de modèles d’IA pour responsables des dégâts qu’ils causent ? Et à quels saints représentants politiques faut-il se vouer, pour empêcher que les constructeurs d’IA, outre se tirer la bourre pour capter tellement de soutien financier qu’ils représentent un risque pour l’économie mondiale, se lancent désormais dans une course à celui qui créera le plus vite le plus grand danger cyber ?

Côté régulation, les Européens pourront compter dans les prochaines années sur l’AI Act, quand bien même sa mise en application vient d’être reculée, et le texte lui-même, allégé. Mais les dispositifs de sécurité que celui-ci impose fonctionnent a posteriori : même pour les systèmes les plus sensibles, dits « à haut risque », ce sera aux fournisseurs d’informer les autorités de surveillance des marchés concernés lorsqu’ils constateront un lien entre leur système et un éventuel incident grave.

En termes de contrôle, l’Union se dote d’un Bureau de l’intelligence artificielle et d’un comité IA chargé de la coordination des autorités nationales. « Toute personne physique ou morale » pourra par ailleurs déposer ses réclamations auprès de l’autorité relative à son marché pour obtenir « des explications claires et pertinentes » en cas d’impacts négatifs d’un système d’IA sur « sa santé, sa sécurité ou ses droits fondamentaux ». Dans les textes actuels, en revanche, nulle trace de contrôle a priori, que ce soit des constructeurs ou des tiers supposés les aider à construire leurs tests de cybersécurité.

On pourrait, collectivement, décider de s’en alarmer : d’après ABC News, un internaute australien vient de déclencher par inadvertance le hack du site web de sa salle de gym, après avoir demandé à un agent de lui réserver une place. Pour le moment, hormis pour la salle de gym et son éditeur de logiciel de réservation, les enjeux restent faibles. Mais que se passerait-il si un « malin » petit système d’IA, qu’il soit utilisé par un internaute sans connaissances techniques ou par des experts ayant abaissé ses garde-fous pour les besoins d’un test de cybersécurité, se retrouvait à attaquer le site web d’un hôpital, d’une administration, voire du système de gestion d’un barrage hydroélectrique ou d’une centrale nucléaire ?

En l’état, les incidents de l’été laissent nettement douter de l’efficacité des dispositifs de sécurité déployés par les constructeurs. Ceux-là mêmes continuent pourtant de refuser d’être régulés – donc d’être mis devant leur responsabilité – par d’autres qu’eux-mêmes, au motif que ça les empêcherait d’innover. Il serait peut-être temps de cesser de les prendre au mot ?

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[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Oops… They’ll do it again
[Édito] Quatre modèles d’IA « échappent » à leurs constructeurs : vous le faites exprès ?

Après Anthropic, OpenAI et Meta, voilà qu’un modèle du chinois Moonshot AI aurait lui aussi réussi à accéder à internet aux dépens de ses constructeurs. Une démonstration supplémentaire des failles techniques et humaines existant chez les constructeurs d’IA générative et leurs partenaires, mais aussi de l’impunité qu’ils cultivent de manière très publique.

Ça commence à bien faire. Après Anthropic, Open AI et Meta, c’est au tour du chinois Moonshot AI de laisser un des systèmes d’IA générative accéder à internet. Une fois au large, le système a fouillé Github pour y chercher les réponses au benchmark de sécurité auquel il était soumis, d’après la société états-unienne Frontier Security.

À peu près à la même période, c’était Meta qui laissait son modèle Muse Spark 1.1 accéder à internet « par inadvertance », espace depuis lequel le système a hacké un acteur tiers. La mention de l’inadvertance est une citation du Wall Street Journal. Mais elle traduit bien le ton global des communiqués et explications fournies par chacun des constructeurs d’IA générative au gré des failles de cybersécurité mises au jour ces dernières semaines.

Premier concerné, OpenAI s’est débrouillé dès le mois de juillet pour tourner la perte de contrôle de l’outil que l’entreprise avait elle-même construit en démonstration de la supposée « intelligence » du modèle GPT 5.6 Sol. Alors qu’il était soumis à un test interne, supposément isolé du réseau, le dispositif aurait exploité une vulnérabilité 0-day pour accéder à internet et, de là, se tourner vers les systèmes de la société concurrente Hugging Face pour trouver les réponses au test auquel il était soumis. Pour les besoins de ce test, GPT 5.6 Sol avait été volontairement configuré avec des barrières cyber relativement faibles. Pour autant, OpenAI a mis cinq jours complets à s’apercevoir du problème.

Depuis quand les vulnérabilités technologiques sont-elles devenues un argument de vente ? Depuis quand un produit ouvertement dangereux pour son constructeur et pour le reste du milieu économique et social – ses concurrents, ses clients, des internautes qui passent dans le coin – peut-il être mis sur le marché sans que quiconque ne demande vérification et sécurisation du produit en amont ?

C’est pas nous, c’est Irregular

Les raisons de la « prise d’indépendance » du moteur de Meta sont peu ou prou les mêmes que celles avancées par OpenAI quelques semaines plus tôt : d’après les entreprises elles-mêmes, ces errements sont dûs à de « mauvaises configurations » des environnements dans lesquels les tests de cybersécurité ont été mis en place. Chez Anthropic, Claude aurait de son côté réussi par trois fois (sur 141 000 sessions de tests) à sortir de son « bac à sable » (sandbox, environnement d’expérimentation sécurisé) pour aller sur internet.

La succession d’incidents vus chez les acteurs états-uniens Meta, Anthropic et OpenAI serait d’ailleurs le résultat d’un seul et même test de cybersécurité. Les trois ont été menés par la société Irregular, qui se présente comme un « laboratoire de sécurisation des systèmes frontière ». Celle-ci déclare que les incidents ne sont le résultat d’aucune action cyber sophistiquée, et qu’elle n’a pas de « problème en cours » au sujet de son environnement de test.

S’il n’y a pas de problème, il ne reste plus qu’à… faire confiance aux constructeurs d’IA comme à leurs partenaires ? Et considérer qu’il n’y a pas de problème ?

Doom marketing is still marketing

Si les modèles concernés ont exploité des failles techniques pour répondre aux tests de cybersécurité auxquels ils étaient soumis, avance Nathaniel Jones, cadre de la société de cybersécurité Darktrace, dans TechRadar, c’est précisément parce qu’ils ont été construits et testés pour cela. Alors qu’elles s’étaient vues fixer « l’objectif légitime de résoudre un exercice de référence en matière de cybersécurité », les machines ont trouvé « une voie inattendue pour parvenir aux réponses ».

« L’eau sous pression ne "décide" pas de s’échapper. Elle s’engouffre dans une brèche sous la seule force de la pression », écrit de son côté l’éditeur Cyrille Zola-Place dans une tribune. « Personne ne dirait que l’eau est « en mission », qu’elle agit « de sa propre initiative », qu’elle est « hors de contrôle ». Tout le monde comprendrait que la question est ailleurs : qui a construit ce barrage, et pourquoi n’a-t-il pas tenu ? Le système n’a pas « voulu » sortir. Il a optimisé un chemin. Et le chemin passait par là. »

Fondateur de la société de cybersécurité Immuniweb, Ilia Kolochenko estime de son côté que l’annonce d’Anthropic était surtout un « geste marketing » destiné à répondre aux discours relatifs à l’attaque d’Hugging Face par des systèmes d’IA, « qui avait attiré l’attention du monde entier ». Une analyse que nous élargissons volontiers à la réaction de Meta, à la décision de sociétés comme Frontier Security d’analyser divers autres systèmes pour voir si, eux aussi, avaient réussi à échapper à leur environnement de test. On pourrait même, pourquoi pas, y ajouter le « test de sécurité » mené au Royaume-Uni par l’AI Security Institute, pendant lequel (surprise) un modèle d’OpenAI et un autre d’Anthropic se seraient échappés. Là encore, des experts qualifient toute l’affaire de « campagne publicitaire éthiquement problématique », et la fuite de parfaitement justifiée, étant donné que le test avait notamment consisté à minimiser les garde-fous autour des systèmes étudiés.

Mais pendant qu’on brandit des scénarios d’outils capables d’attaquer de leur propre chef, la question de la responsabilité que prennent les constructeurs d’IA pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent reste, elle, encore et toujours évacuée du débat.

Transparence vidée de sa substance

Quelques semaines à peine après l’incident repéré vis-à-vis d’Hugging Face, un communiqué d’OpenAI, relatif à un autre de ses outils, illustrait très bien le pied de nez que le constructeur a décidé de continuer d’adresser au monde. Dans ce texte consacré à son modèle Astra, l’entreprise écrit ne pas pouvoir « exclure » que celui-ci présente « des cybercapacités critiques » telles que définies par ses propres cadres. Autrement dit, Astra pourrait poser de sérieux problèmes de cybersécurité.

OpenAI déclare communiquer ces informations, « car nous estimons important de faire preuve de transparence auprès du public et des communautés spécialisées dans la sûreté et la sécurité concernant cette évolution potentielle des capacités ». Cette « transparence » dont se prévaut l’entreprise résonne fortement avec les exigences longtemps promues par les scientifiques spécialistes de l’intelligence artificielle. Sauf qu’elle ne ressemble en rien à la transparence qu’ils et elles demandent, qui impliquerait d’ouvrir l’accès aux modèles, à leurs données d’entraînement, à leur architecture, de détailler leurs besoins en ressources, ou, dans le cas présent, de donner des informations bien plus précises sur ce à quoi, concrètement et techniquement, les incidents de sécurité pourraient ressembler.

Telle qu’elle apparaît dans le communiqué d’OpenAI, la transparence ressemble plutôt à des menaces (Attention, vous pourriez vous faire hacker si le système nous échappe !) ou à un manuel de terrain pour cultiver l’impunité (si ça arrive, oups 🤷 Au moins on aura prévenu 🙂 ).

Le texte, qui vise à prévenir du degré potentiel de dangerosité d’un des modèles d’OpenAI, fait même référence à la compromission d’Hugging Face, mais uniquement pour dire qu’Astra n’est pas impliqué dans l’affaire. Est-ce qu’OpenAI prévoit de suspendre certaines de ses activités le temps de s’assurer que ses outils ne créeront plus de danger ? Non. L’entreprise se contente de donner un vague aperçu de sa cuisine interne pour que « la poursuite du développement de ce modèle se déroule dans des conditions garantissant sa sûreté et sa sécurité ». Mais qui dit que la poursuite du développement de ce modèle est souhaitable ? Comment croire, même, qu’elle puisse être « sûre et sécurisée », alors qu’OpenAI vient de montrer sa faillibilité ?

Toujours aucun contrôle a priori

Passons rapidement sur les mesures dédiées à « surveiller (…) des défauts d’alignement », concept toujours pas défini correctement. Alors qu’OpenAI a laissé un de ses modèles agir en dehors de son bac à sable, la question se fait pourtant chaque jour plus pressante : de quel alignement parle OpenAI ? Les intérêts et les valeurs de Sam Altman sont-ils les plus alignés avec ceux du peuple états-unien ? Du gouvernement local ? De l’Occident ? De la planète ? Ou ne parle-t-on que de l’alignement de modèles sur les seuls intérêts du patron d’OpenAI ?

Le cadre qu’a fixé l’entreprise l’«a déjà guidée lors d’autres transitions de capacités », indique-t-elle encore. En langage naturel, cela signifie qu’Astra risque de présenter des « cybercapacités critiques », mais que, calmez-vous madame, ça va bien se passer. Par quel tour de magie une erreur de sécurité peut-elle devenir un argument de vente ? De quelle ampleur la prochaine faille cyber doit-elle être pour qu’enfin, législateurs et gouvernants tiennent les constructeurs de modèles d’IA pour responsables des dégâts qu’ils causent ? Et à quels saints représentants politiques faut-il se vouer, pour empêcher que les constructeurs d’IA, outre se tirer la bourre pour capter tellement de soutien financier qu’ils représentent un risque pour l’économie mondiale, se lancent désormais dans une course à celui qui créera le plus vite le plus grand danger cyber ?

Côté régulation, les Européens pourront compter dans les prochaines années sur l’AI Act, quand bien même sa mise en application vient d’être reculée, et le texte lui-même, allégé. Mais les dispositifs de sécurité que celui-ci impose fonctionnent a posteriori : même pour les systèmes les plus sensibles, dits « à haut risque », ce sera aux fournisseurs d’informer les autorités de surveillance des marchés concernés lorsqu’ils constateront un lien entre leur système et un éventuel incident grave.

En termes de contrôle, l’Union se dote d’un Bureau de l’intelligence artificielle et d’un comité IA chargé de la coordination des autorités nationales. « Toute personne physique ou morale » pourra par ailleurs déposer ses réclamations auprès de l’autorité relative à son marché pour obtenir « des explications claires et pertinentes » en cas d’impacts négatifs d’un système d’IA sur « sa santé, sa sécurité ou ses droits fondamentaux ». Dans les textes actuels, en revanche, nulle trace de contrôle a priori, que ce soit des constructeurs ou des tiers supposés les aider à construire leurs tests de cybersécurité.

On pourrait, collectivement, décider de s’en alarmer : d’après ABC News, un internaute australien vient de déclencher par inadvertance le hack du site web de sa salle de gym, après avoir demandé à un agent de lui réserver une place. Pour le moment, hormis pour la salle de gym et son éditeur de logiciel de réservation, les enjeux restent faibles. Mais que se passerait-il si un « malin » petit système d’IA, qu’il soit utilisé par un internaute sans connaissances techniques ou par des experts ayant abaissé ses garde-fous pour les besoins d’un test de cybersécurité, se retrouvait à attaquer le site web d’un hôpital, d’une administration, voire du système de gestion d’un barrage hydroélectrique ou d’une centrale nucléaire ?

En l’état, les incidents de l’été laissent nettement douter de l’efficacité des dispositifs de sécurité déployés par les constructeurs. Ceux-là mêmes continuent pourtant de refuser d’être régulés – donc d’être mis devant leur responsabilité – par d’autres qu’eux-mêmes, au motif que ça les empêcherait d’innover. Il serait peut-être temps de cesser de les prendre au mot ?

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☕️ La préfecture de Seine-et-Marne autorise l’installation de Campus IA à Fouju



C’est fait. Sans grande surprise, le plus grand projet de data center de France, Campus IA, a obtenu le 29 juillet l’autorisation préfectorale de s’installer à Fouju, à 40 km au Sud-Est de Paris.

Après une consultation publique organisée auprès de la population à l’automne, puis une enquête publique à l’issue de laquelle les trois commissaire ont rendu un avis favorable, le dossier est passé dans les mains de l’État.

Soutenu dès le sommet Choose France de juin 2025, Campus IA doit être financé à hauteur de 50 milliards d’euros par le fonds émirati MGX, le fabricant de puces états-unien NVIDIA, la start-up française Mistral AI et la Banque publique d’investissement (Bpi).

Illustration : Flock

Si son développement se fera en plusieurs phase, dont la première doit être livrée en 2028, il prévoit d’atteindre à terme une puissance de pleine capacité de 1,4 gigawatt, équivalente à celle d’un réacteur d’une centrale nucléaire.

Il s’étendra sur 89 hectares, dont 73 sont à bâtir, rappelle Le Parisien. Il comptera onze bâtiments contenant des centres de données et un dédié à la formation. Pendant la consultation publique, les riverains ont néanmoins souligné que l’absence de réseau de transport public allait freiner les venues sur site.

Sur les questions relatives au refroidissement, Campus IA doit recourir à des groupes frigorifiques installés en toiture et recourant à 601 tonnes de gaz réfrigérant. Cela permet d’éviter le pompage de la nappe phréatique voisine de Champigny, mais crée d’autres inquiétudes, sur les PFAS dégagés si le gaz venait à fuir.

Côté chaleur fatale, souvent évoquée sur les chantiers français des centres de données, mais très peu réutilisée en réalité, Campus IA affirme que celle de ses bâtiments sera récupérée pour son centre de formation, pour des serres agricoles implantées près de son terrain, et pour le futur centre pénitentiaire voisin. La ville de Melun s’est aussi déclarée intéressée.

Quoiqu’il en soit, le projet n’avance pas sans opposition. Sous le nom Stop IA à Fouju, un collectif s’est monté, qui réunit France Nature Environnement Seine-et-Marne et Île-de-France, La Ligue de protection des oiseaux, la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre. Elle qualifie l’enquête publique de « bâclée », prévoit une journée de débats le 29 août à l’Espace Saint-Jean de Melun, et prévoit de déposer un recours, selon Le Parisien. En ligne, une pétition s’opposant au projet compte actuellement plus de 47 000 signatures.

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☕️ La préfecture de Seine-et-Marne autorise l’installation de Campus IA à Fouju



C’est fait. Sans grande surprise, le plus grand projet de data center de France, Campus IA, a obtenu le 29 juillet l’autorisation préfectorale de s’installer à Fouju, à 40 km au Sud-Est de Paris.

Après une consultation publique organisée auprès de la population à l’automne, puis une enquête publique à l’issue de laquelle les trois commissaire ont rendu un avis favorable, le dossier est passé dans les mains de l’État.

Soutenu dès le sommet Choose France de juin 2025, Campus IA doit être financé à hauteur de 50 milliards d’euros par le fonds émirati MGX, le fabricant de puces états-unien NVIDIA, la start-up française Mistral AI et la Banque publique d’investissement (Bpi).

Illustration : Flock

Si son développement se fera en plusieurs phase, dont la première doit être livrée en 2028, il prévoit d’atteindre à terme une puissance de pleine capacité de 1,4 gigawatt, équivalente à celle d’un réacteur d’une centrale nucléaire.

Il s’étendra sur 89 hectares, dont 73 sont à bâtir, rappelle Le Parisien. Il comptera onze bâtiments contenant des centres de données et un dédié à la formation. Pendant la consultation publique, les riverains ont néanmoins souligné que l’absence de réseau de transport public allait freiner les venues sur site.

Sur les questions relatives au refroidissement, Campus IA doit recourir à des groupes frigorifiques installés en toiture et recourant à 601 tonnes de gaz réfrigérant. Cela permet d’éviter le pompage de la nappe phréatique voisine de Champigny, mais crée d’autres inquiétudes, sur les PFAS dégagés si le gaz venait à fuir.

Côté chaleur fatale, souvent évoquée sur les chantiers français des centres de données, mais très peu réutilisée en réalité, Campus IA affirme que celle de ses bâtiments sera récupérée pour son centre de formation, pour des serres agricoles implantées près de son terrain, et pour le futur centre pénitentiaire voisin. La ville de Melun s’est aussi déclarée intéressée.

Quoiqu’il en soit, le projet n’avance pas sans opposition. Sous le nom Stop IA à Fouju, un collectif s’est monté, qui réunit France Nature Environnement Seine-et-Marne et Île-de-France, La Ligue de protection des oiseaux, la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre. Elle qualifie l’enquête publique de « bâclée », prévoit une journée de débats le 29 août à l’Espace Saint-Jean de Melun, et prévoit de déposer un recours, selon Le Parisien. En ligne, une pétition s’opposant au projet compte actuellement plus de 47 000 signatures.

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OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Money money money
OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Open AI a proposé le rachat de l’équivalent de 7 milliards de dollars d’actions à ses employés. Une manière pour l’entreprise de re-concentrer ses parts, et pour ses employés de pouvoir réellement profiter de cette partie de leur rémunération.

OpenAI prépare son entrée en bourse pour l’automne pour lever 122 milliards de dollars, ce qui porterait sa valorisation à 852 milliards des dollars, soit au même niveau que sa dernière levée de fonds réalisée en mars auprès de sociétés partenaires et de fonds de capital-risque.

En prévision, l’entreprise vient de conclure un accord de reprise de l’ordre de 7 milliards de dollars de parts détenues par ses employés, d’après les informations de Bloomberg. Une manière, pour elle, de récupérer la main sur une fraction de ses parts sans les racheter à des investisseurs extérieurs. Au passage, elle participe à la création d’une vague de millionaires dont la richesse est encore plus importante que celle produite à l’époque des entrées en bourse des géants du numérique.

Transformer des actions en « vrai » argent

Côté employés, une telle transaction permet de sécuriser la valeur des parts revendues, alors que les entrées en bourse de grandes sociétés du numérique ne garantissent pas la hausse du cours. Depuis son entrée en bourse en juin, l’action de SpaceX est par exemple passée par un pic à 225 dollars quatre jours après son arrivée sur le NASDAQ, avant de redescendre jusqu’à 104 dollars ce 5 août. Elle remonte actuellement aux alentours de 138 dollars, soit trois dollars de plus qu’à son introduction.

Il s’agit, aussi, de matérialiser une forme de rémunération difficilement activable tant qu’elle n’est pas transformée en cash. Par le passé, OpenAI s’est livrée à une ardente guerre des recrutements avec plusieurs de ses concurrents. Chez Meta, cette lutte s’est traduite par des packages faramineux, quelquefois directement proposés par Mark Zuckerberg.

Une vague de millionnaires inégalée

Pour OpenAI, permettre la revente d’actions est une manière de faire face. La société s’est déjà tournée vers des investisseurs comme Thrive Capital ou SoftBank Group pour proposer ce genre d’opérations. En octobre 2025, certains employés sont devenus millionnaires du jour au lendemain alors que Sam Altman leur proposait de racheter jusqu’à 30 millions de dollars de leurs parts dans OpenAI, pour une dépense totale de 6,6 milliards de dollars. Pour près des trois quarts des 600 personnes concernées, ce montant a été atteint, selon le Wall Street Journal.

Ce type de transactions illustre d’une nouvelle manière la course financière dans laquelle le secteur de l’intelligence artificielle est lancé. Si des employés de Microsoft, Google ou Facebook ont gagné des millions lorsque leurs sociétés sont entrées en bourse, aucun n’a accumulé aussi rapidement la richesse évoquée ici. En octobre, certains ont d’ailleurs décidé de donner le reste de leurs actions à des fonds philanthropiques — des outils qui garantissent que l’argent soit utilisé pour des œuvres charitables, tout en les rendant éligibles aux réductions d’impôts correspondantes.

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OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Money money money
OpenAI rachète 7 milliards de dollars d’actions à ses salariés avant d’entrer en bourse

Open AI a proposé le rachat de l’équivalent de 7 milliards de dollars d’actions à ses employés. Une manière pour l’entreprise de re-concentrer ses parts, et pour ses employés de pouvoir réellement profiter de cette partie de leur rémunération.

OpenAI prépare son entrée en bourse pour l’automne pour lever 122 milliards de dollars, ce qui porterait sa valorisation à 852 milliards des dollars, soit au même niveau que sa dernière levée de fonds réalisée en mars auprès de sociétés partenaires et de fonds de capital-risque.

En prévision, l’entreprise vient de conclure un accord de reprise de l’ordre de 7 milliards de dollars de parts détenues par ses employés, d’après les informations de Bloomberg. Une manière, pour elle, de récupérer la main sur une fraction de ses parts sans les racheter à des investisseurs extérieurs. Au passage, elle participe à la création d’une vague de millionaires dont la richesse est encore plus importante que celle produite à l’époque des entrées en bourse des géants du numérique.

Transformer des actions en « vrai » argent

Côté employés, une telle transaction permet de sécuriser la valeur des parts revendues, alors que les entrées en bourse de grandes sociétés du numérique ne garantissent pas la hausse du cours. Depuis son entrée en bourse en juin, l’action de SpaceX est par exemple passée par un pic à 225 dollars quatre jours après son arrivée sur le NASDAQ, avant de redescendre jusqu’à 104 dollars ce 5 août. Elle remonte actuellement aux alentours de 138 dollars, soit trois dollars de plus qu’à son introduction.

Il s’agit, aussi, de matérialiser une forme de rémunération difficilement activable tant qu’elle n’est pas transformée en cash. Par le passé, OpenAI s’est livrée à une ardente guerre des recrutements avec plusieurs de ses concurrents. Chez Meta, cette lutte s’est traduite par des packages faramineux, quelquefois directement proposés par Mark Zuckerberg.

Une vague de millionnaires inégalée

Pour OpenAI, permettre la revente d’actions est une manière de faire face. La société s’est déjà tournée vers des investisseurs comme Thrive Capital ou SoftBank Group pour proposer ce genre d’opérations. En octobre 2025, certains employés sont devenus millionnaires du jour au lendemain alors que Sam Altman leur proposait de racheter jusqu’à 30 millions de dollars de leurs parts dans OpenAI, pour une dépense totale de 6,6 milliards de dollars. Pour près des trois quarts des 600 personnes concernées, ce montant a été atteint, selon le Wall Street Journal.

Ce type de transactions illustre d’une nouvelle manière la course financière dans laquelle le secteur de l’intelligence artificielle est lancé. Si des employés de Microsoft, Google ou Facebook ont gagné des millions lorsque leurs sociétés sont entrées en bourse, aucun n’a accumulé aussi rapidement la richesse évoquée ici. En octobre, certains ont d’ailleurs décidé de donner le reste de leurs actions à des fonds philanthropiques — des outils qui garantissent que l’argent soit utilisé pour des œuvres charitables, tout en les rendant éligibles aux réductions d’impôts correspondantes.

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☕️ Énergie : record d’indisponibilité des réacteurs à cause des vagues de canicule



Nous vous l’expliquions il y a quelques semaines, la réalité vient le démontrer : en période de canicules, l’approvisionnement en électricité peut devenir une gageure jusque dans un pays à la production excédentaire, comme la France.

À l’échelle de la planète, la température des océans a dépassé le mois dernier un record de chaleur. À celle de l’hexagone, nous entrons ces jours-ci dans un nouvel épisode anormal de chaleur, la cinquième canicule depuis le début de l’été. Résultat : le réseau électrique a dépassé son propre record de réacteurs indisponibles.

Sur les 57 réacteurs français, rappelle Libération, 15 se situent en bord de mer et 42 en bord de fleuve ou de rivière : l’eau fraîche est essentielle pour refroidir les installations. Face à la baisse de leur débit, aux seuils légaux de température maximale des rejets des centrales, fixés pour préserver la faune et la flore, EDF a successivement arrêté, depuis juin, des réacteurs à Bugey (Ain), Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Chooz (Ardennes) et Cattenom (Moselle), en plus de réduire temporairement la puissance de plusieurs autres.

Les 14 et 15 juillet, 9,4 GW de sa production habituelle étaient indisponibles, soit 15 % de la capacité totale du parc nucléaire français, qui est de 63 GW. Toujours selon nos confrères, « toutes causes confondues » la disponibilité réelle était aux alentours de 40 GW.

Les gains de productivité de l’IA provoquent une augmentation des émissions de CO2
Illustration : Flock

Cette baisse n’a pas menacé l’équilibre du réseau national, grâce à une production globalement suffisante (29,7 TWh générés en juillet 2026). Grâce au photovoltaïque, qui a produit jusqu’à plus de 30 % de l’électricité hexagonale pendant certaines heures de juillet, le pays est même resté exportateur.

À l’heure où certaines industries démultiplient leur consommation énergétique, en revanche, la situation illustre les difficultés du parc nucléaire français face à l’accélération des modifications climatiques. D’ici 2050, RTE prévoit en effet que les risques d’indisponibilité puissent augmenter « d’un facteur deux à trois ».

Plus largement, cela vient illustrer les failles de l’approvisionnement énergétique d’un secteur comme celui de l’intelligence artificielle, qui se tourne ouvertement vers le nucléaire depuis quelques années.

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