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« Techno-diversités » : ce que les Écologistes envisagent pour le secteur du numérique

Dissiper les mythos
« Techno-diversités » : ce que les Écologistes envisagent pour le secteur du numérique

Début juillet, les Écologistes publiaient un « carnet de doctrine numérique », qui doit servir de « cadre de pensée » à ses équipes et à sa secrétaire nationale, Marine Tondelier, candidate à la présidentielle. À la veille des journées d’été du parti, Next se penche sur le modèle de « technodiversité » qu’il promeut.

À quelle sauce les candidats à la présidentielle 2027 mangeront-ils la question numérique ? La question se posera régulièrement, au fil des mois à venir. Début juillet, le parti Les Écologistes lançait les hostilités avec un « carnet de doctrine numérique ». Candidate à la présidentielle, sa secrétaire nationale Marine Tondelier laisse encore la porte ouverte à des discussions avec les différents partis de gauche, alors que la perspective d’une « primaire de la gauche unitaire » s’est soldée par un échec.

Titré « Technodiversités, Reprendre la main sur le numérique », le document de 36 pages s’attelle à détailler la vision écologiste de l’industrie numérique en six chapitres. Au Salon de la Souveraineté Numérique qui se tenait fin juin à Paris, Marine Tondelier évoquait le document comme un « cadre de pensée », rapportait La Tribune. Au fil du document, le parti promeut une « diversité des outils, des acteurs, des infrastructures et des modèles numériques », qu’ils opposent à la logique de concentration des multinationales de la tech. Ce modèle, décrit comme « condition de la robustesse de nos sociétés et de notre souveraineté démocratique », est traduit par dix mesures du programme général présenté par les écologistes mi-juillet.

Les Verts ne sont pas les seuls à s’être emparés du sujet technologique : mi-juillet, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau exposait sa vision du sujet, presque uniquement sous le prisme de l’intelligence artificielle. Pour le sénateur de Vendée, l’IA « n’attend pas notre consentement », et à ce titre, la France doit investir 23 milliards d’euros de son budget du quinquennat à venir pour financer le domaine.

« Dissiper les mythologies numériques » pour « reprendre la main »

Pour les Écologistes, l’un des premiers enjeux consiste à « dissiper les mythologies numériques », pour pouvoir ensuite « reprendre la main » sur son infrastructure, « briser les monopoles et les modèles toxiques » et « reconnaître le travail » que la mécanique de l’automatisation tend à cacher.

Par mythologies, le parti entend notamment une diversité de récits « conçus pour désarmer la critique » et « naturaliser » des choix politiques. Ainsi de ceux relatifs à l’intelligence artificielle : « le récit de la machine qui s’éveille, de la superintelligence imminente ou de la singularité relève d’une forme dévoyée de pensée mystique », indique le carnet de doctrine numérique.

Plus largement, le document critique la vision de l’évolution technologique comme relevant d’une « fatalité », ou encore les approches techno-solutionnistes, qui confondent « systématiquement optimisation et robustesse », une thèse que l’on devine inspirée par les travaux du biologiste Olivier Hamant sur la robustesse comme principe d’action : l’optimisation permet de « régler chaque rouage pour un rendement maximal dans des conditions données » mais rend le système « rigide et fragile », indique le carnet. À l’inverse, le vivant « tient par la diversité et la redondance » et grâce aux marges d’évolution que ces dernières permettent.

Ancré dans ses préoccupations environnementales, le parti critique par ailleurs les descriptions des technologies numériques comme « immatérielles », occultant leurs besoins en eau, en énergie ou en métaux. Plus loin, le parti souligne que le modèle numérique dominant repose sur un extractivisme « matériel, énergétique et informationnel », dont les deux premiers « suffisent à eux seuls à compromettre la trajectoire de l’Accord de Paris, tout en aggravant la pollution et l’artificialisation des sols ».

Une souveraineté assurée par la « robustesse » de la « diversité »

Derrière ces thèses, le parti Écologistes critique le fait que, « par omission ou par décision, la puissance publique a progressivement laissé des acteurs privés décider de ce qui aurait dû relever du choix collectif ». À l’échelle française et européenne, il souhaite « résister à la tentation mimétique », c’est-à-dire à la construction de champions européens qui viseraient à égaler et concurrencer directement ceux, déjà existants, implantés en Chine ou aux États-Unis.

La souveraineté défendue par les Écologistes, de ce fait, « ne se résume pas à la taille d’un champion » mais plutôt à la possibilité d’éviter la dépendance à un acteur unique, à celle de « pouvoir changer d’outil sans tout perdre ». Pour y parvenir, le carnet envisage de se préoccuper des diverses couches de la chaîne de valeur numérique, notamment en investissant « dans les infrastructures critiques, depuis l’hébergement jusqu’aux semi-conducteurs ». Le parti promeut par ailleurs l’interopérabilité, les normes ouvertes et le chiffrement de bout en bout. Quelques pages plus loin, il refuse aussi la « privatisation du pouvoir normatif » par des géants numériques ainsi qu’une vision de la souveraineté utilisée comme « prétexte à l’extension du domaine de la surveillance d’État ».

Au-delà des questions d’infrastructures, le carnet questionne les modèles économiques qui influent sur le fonctionnement actuel du paysage numérique. En l’occurrence, il recommande de combattre les monopoles des géants numériques de deux manières : en recourant au droit de la concurrence et en préservant ou en rouvrant « des alternatives, y compris non numériques, afin que nul ne soit jamais contraint de passer par un outil unique ». Une piste qui viendrait notamment répondre au recul de l’accès aux droits sociaux résultant de la numérisation de l’accès aux services publics et signalé à plusieurs reprises par la Défenseure des droits.

Les Écologistes veulent par ailleurs encadrer « strictement la publicité fondée sur le profilage » et proscrire « les procédés de captation conçus pour exploiter nos vulnérabilités cognitives », décrits comme « sources de la toxicité numérique » – que ce soit en termes de désinformation, de dégradation du débat public ou encore d’effets sur la santé mentale. Globalement, le carnet critique le « gigantisme » des acteurs du numérique, qui « sert d’abord la concentration » et rend le système « plus fragile et plus vorace ».

Face à la démesure, une « troisième voie » décentralisée


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Addiction aux plateformes de Meta : ce qu’il faut savoir du procès

Le tabac, c'est tabou
Addiction aux plateformes de Meta : ce qu’il faut savoir du procès

Le plus grand procès intenté à Meta a débuté le 12 août en Californie. Les débats s’ouvrent ce 18 août. Alors que les discussions pourraient aboutir sur une obligation de modification du fonctionnement de Facebook et Instagram, Next récapitule les enjeux.

Pourquoi ce procès ?

À la suite de la publication des « Facebook Files », jeu de documents publié en 2021 par l’ex-employée de Meta Frances Haugen, 41 États des États-Unis ont porté plainte contre Meta. À l’époque, c’est-à-dire en 2023, 33 s’étaient alliés pour déposer une plainte groupée et 8 autres avaient déposé des plaintes séparées.

Plus largement, le procès résulte à la fois de la meilleure connaissance des effets des réseaux sociaux sur la santé mentale en général, et celle des jeunes en particulier. À cela s’ajoute la publication d’une série de documents internes par Frances Haugen, ainsi que d’autres témoignages venus de l’intérieur comme celui de Sarah Wynn-Wyler, autrice du livre Careless People (Flatiron Books, traduit chez Buchet-Chastel). Ces derniers éléments ont permis de comprendre dans quelle mesure l’entreprise connaissait les effets négatifs de ces outils, et les décisions qu’elle a prises en fonction de ces informations.

Dans de précédents procès, dont celui qui opposait plusieurs districts scolaires états-uniens à Meta, l’entreprise a déjà été accusée d’abandonner des recherches internes quand ces dernières ont commencé à illustrer un lien de causalité entre le recours aux plateformes de Meta et la santé mentale de ses utilisateurs.

Qui attaque Meta dans ce cas précis ?

Dans le procès qui s’est ouvert le 12 août, et dont les débats débutent ce 18 août, ce sont finalement les plaintes des États de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey qui seront étudiées.

Aux côtés de ces quatre principales administrations, la juge Yvonne Gonzales Rogers se penchera sur celles de vingt-cinq États supplémentaires, qui critiquent principalement la collecte de données opérée par Meta sans le consentement des parents ou responsables légaux des mineurs concernés.

Qui est la juge en charge de l’affaire ?

Yvonne Gonzales Rogers n’en est pas à sa première affaire relative à un géant numérique. La juge est notamment en charge du contentieux qui oppose de longue date Apple et Epic Games sur les commissions d’achat imposées dans l’App Store.

Âgée de soixante et un ans, elle a par ailleurs présidé les débats plus tôt cette année, lors du procès opposant Elon Musk à Sam Altman à propos du statut d’OpenAI. Après trois semaines de débat, le premier a été débouté de toutes ses poursuites.

Dans le présent procès, elle sera assistée par un jury consultatif de huit personnes. C’est néanmoins à la juge que reviendra la décision finale, précise Euronews.

Que risque l’entreprise ?

D’après ses propres calculs, la société risque jusqu’à 1 400 milliards de dollars (1 210 milliards d’euros) si elle est déclarée coupable. Le montant atteindrait presque sa capitalisation boursière, qui s’élève actuellement autour de 1 580 milliards de dollars. Dans un document soumis à la cour mi-juillet, la société a déclaré qu’une telle sanction n’avait « pas de comparaison dans l’histoire de la protection des consommateurs » et que les plaintes la visant manquaient de fondement.

Elle a calculé ce montant après que des représentants des États plaignants eurent déclaré calculer le montant de dommages et intérêts qu’ils réclameraient en multipliant le nombre de violations par les montants des amendes fixées par chaque loi étatique. Le nombre de violations, lui, s’élèverait à une estimation du nombre de jeunes internautes affectés négativement par les plateformes de Meta.

Auprès du tribunal, les États ont de leur côté indiqué qu’un scénario plus probable tournerait autour de 200 milliards de dollars, soit 173 milliards d’euros.


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