IA matière à réflexion : prenez le contrôle des LLM
Les IA inquiètent, et il y a de quoi. Surveillance, profilage, automatisation du travail, manipulation de l'opinion par bots et faux comptes, concentration du pouvoir entre les mains de ceux qui possèdent les meilleurs outils. À chacun de ces niveaux, les grands modèles de langage ajoutent une nouvelle couche technique à des dispositifs déjà puissants, au service de ceux qui les maîtrisent. Flippant, non ?
Sauf que les mêmes outils peuvent aussi servir à ceux qui n'ont pas ces ressources : ceux qui pensent vite mais écrivent mal, ceux qui formulent mais bloquent sur la mise en forme attendue, ceux qui voudraient prendre la parole publique mais que la peur de mal dire freine. La même technologie remplit donc deux fonctions inverses : si elle amplifie le potentiel de ceux qui ont beaucoup, elle peut le faire aussi pour ceux qui en ont moins.
C'est cette seconde fonction qui va nous intéresser. Mal utilisée, une IA produit une version lissée et impersonnelle de ce qu'on voulait dire. Bien utilisée, elle prolonge la pensée sans la remplacer et peut aider à produire des choses que l'on ne se serait jamais cru capable de produire. La différence dépend d'une posture qu'il faut apprendre, et qui ne va pas de soi.
Mais avant de poursuivre, un LLM, c’est quoi ? Un LLM, pour Large Language Model, c’est une IA spécialisée dans le langage, entraînée sur d’énormes quantités de textes pour produire des réponses, reformuler, résumer, traduire ou aider à écrire. ChatGPT, Claude, Gemini ou Mistral sont des LLM. Ce sont donc les IA capables de travailler sur les mots, les phrases et la manière de formuler une pensée, et ce sont ces IA-là qui vont nous intéresser ici.