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SF CLUB débarque à Paris le 9 juin!

On savait que le marché du luxe automobile cherchait depuis quelques années à se réinventer. Entre les clubs privés qui sentent la naphtaline et les plateformes de location qui ont le romantisme d’un parking Orly, il y avait clairement une case vide. Sébastien Landy et Lucas Loyet-Azoulay ont décidé de l’occuper.

Deux experts du secteur aux commandes

Le premier est à la tête de Simply Fy, une structure spécialisée dans le financement et l’optimisation patrimoniale automobile. Le second vient de la compétition GT3, ce qui ne nuit pas quand il s’agit de parler de machines sérieuses. Ensemble, ils lancent SF CLUB, avec l’ambition de proposer autre chose qu’un service de location haut de gamme un peu maquillé.

Le concept mérite qu’on s’y attarde. L’idée est de construire une vraie communauté autour de la passion automobile, avec tout ce que ça implique de partage et d’expériences communes. Rallyes sur glace, journées circuit, roadtrips sur mesure à travers l’Europe, dîners dans les vignobles les plus courus du continent… Le programme ressemble davantage à un carnet de vie bien rempli qu’à une grille tarifaire. Les membres auront aussi accès aux coulisses de l’industrie, avec des avant-premières mondiales et des espaces VIP lors des grands événements du secteur. Un écosystème pensé pour que la supercar ne soit plus seulement un objet, mais un prétexte.

On entre dans le club pour le prix d’un SUV compact

Pour rejoindre cette famille, il faudra s’acquitter d’un droit d’adhésion de 50 000 euros. Une somme que l’ingénierie financière de Simply Fy entend rendre plus digeste qu’il n’y paraît, via un modèle économique que les fondateurs promettent particulièrement compétitif face aux alternatives existantes. Les détails seront dévoilés lors du lancement officiel, prévu en septembre.

Avant ça, SF CLUB a choisi de marquer les esprits dès le 9 juin avec un événement de pré-lancement à Paris. Un convoi de supercars traversera la capitale en soirée, suivi d’une réception privée où Loyet-Azoulay et Landy présenteront officiellement le projet.

Bien plus que juste des supercars à disposition

Ce qui est finalement assez malin dans la proposition, c’est qu’elle ne s’adresse pas uniquement aux mordus de cylindrées capables de vous réciter les temps au tour du Nürburgring. À ce niveau de ticket d’entrée, la cible inclut aussi des gens pour qui la supercar est d’abord un décor, celui d’une certaine façon de vivre. Des vignobles bourguignons aux paddocks en passant par les dîners parisiens, SF CLUB vend autant une fréquentation qu’une collection de voitures. Et dans certains cercles, c’est précisément ça qui fait vendre. 

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Chevrolet Groove et Aveo assemblées au Mexique dès 2027

GM déplace l’assemblage des Chevrolet Groove et Aveo de Chine vers Ramos Arizpe au Mexique dès 2027, avec une capacité cible de 80 000 unités par an.

General Motors réorganise en profondeur sa chaîne d’approvisionnement pour le marché mexicain. Le géant américain de l’automobile a annoncé que les Chevrolet Groove et Aveo, jusqu’ici expédiées directement depuis la Chine, seront désormais assemblées localement à l’usine de Ramos Arizpe, dans l’État de Coahuila, à partir de 2027. Ce repositionnement industriel s’inscrit dans le cadre de l’investissement d’un milliard de dollars précédemment annoncé par GM au Mexique, et vise à rapprocher la production finale de ces deux modèles populaires de leur principal marché de vente. Il ne s’agit cependant pas d’une rupture totale avec la Chine : les composants des deux véhicules continueront d’être fabriqués dans l’empire du Milieu, seul l’assemblage final migrant vers le site mexicain. Ce schéma hybride — pièces chinoises, assemblage mexicain — illustre la complexité des arbitrages industriels auxquels sont confrontés les constructeurs automobiles mondiaux dans un contexte de tensions commerciales persistantes et de réorganisation des chaînes de valeur à l’échelle planétaire.

L’Aveo, bestseller mexicain au cœur de la stratégie GM

Le choix de l’Aveo comme l’un des deux modèles concernés par cette relocalisation partielle de la production n’est pas anodin. La berline compacte de Chevrolet est l’une des voitures les plus vendues au Mexique et constitue le modèle de voiture de tourisme Chevrolet le plus populaire du pays. En 2025, GM a écoulé plus de 60 000 exemplaires d’Aveo sur le marché mexicain, et les ventes de 2026 sont de nouveau en bonne voie pour battre un nouveau record commercial. Ces chiffres témoignent de l’ancrage profond de ce modèle dans les habitudes d’achat des consommateurs mexicains, qui apprécient sa praticité, son accessibilité tarifaire et la solidité du réseau de distribution et d’après-vente Chevrolet dans le pays.

L’Aveo n’est pas un modèle de niche destiné à un segment étroit du marché : c’est un véhicule de grande série, positionné sur le segment des voitures familiales abordables, qui répond aux besoins de mobilité quotidienne d’une large base de consommateurs mexicains aux revenus intermédiaires. Sa popularité persistante en fait un pilier commercial de la gamme GM au Mexique, dont la santé des ventes conditionne directement la rentabilité des opérations locales du groupe dans le pays.

Le Chevrolet Groove, crossover urbain compact également concerné par la relocalisation de l’assemblage, complète cette offre en ciblant une clientèle d’acheteurs sensibles aux prix mais attirés par la silhouette surélevée et la polyvalence d’usage des petits SUV. La combinaison des deux modèles dans ce projet de production locale mexicaine reflète la volonté de GM de consolider sa présence sur le segment des véhicules abordables au Mexique, un marché où la concurrence des constructeurs asiatiques — notamment coréens et désormais chinois — s’intensifie progressivement.

Ramos Arizpe : une usine polyvalente qui cherche son équilibre

L’usine de Ramos Arizpe, choisie pour accueillir l’assemblage des Chevrolet Groove et Aveo à partir de 2027, est un site industriel polyvalent déjà bien établi dans le paysage automobile mexicain. L’installation produit actuellement des véhicules électriques, mais elle a traversé une période difficile après avoir dû supprimer 1 900 emplois en raison de la faible demande de véhicules électriques sur le marché américain — principal débouché pour les productions électrifiées du site. L’arrivée des Chevrolet Groove et Aveo sur les lignes d’assemblage de Ramos Arizpe représente donc une opportunité de stabiliser l’activité du site et d’optimiser l’utilisation de ses capacités de production, en ajoutant un flux de fabrication de véhicules thermiques à fort volume aux côtés de la production électrique existante.

D’ici 2030, General Motors prévoit de construire jusqu’à 80 000 de ces voitures par an dans cette usine mexicaine — un volume qui représente une montée en puissance progressive et significative de la capacité de production locale. Cet objectif de capacité de 80 000 unités annuelles place la future ligne d’assemblage de Groove et d’Aveo à Ramos Arizpe parmi les productions de volume les plus importantes du réseau industriel de GM au Mexique.

Le maintien de la fabrication des composants en Chine tout en localisant l’assemblage final au Mexique répond à une logique économique précise. Les pièces détachées et les modules produits en Chine bénéficient de coûts de fabrication structurellement inférieurs à ceux des productions nord-américaines, et leur importation au Mexique est soumise à un régime douanier différent de celui applicable aux véhicules finis importés depuis la Chine. Cette organisation permet à GM de conserver les avantages économiques de la base industrielle automobile chinoise pour la fabrication des composants, tout en répondant aux exigences de contenu local et de production nord-américaine qui conditionnent l’accès aux marchés de la zone USMCA.

Un modèle hybride sino-mexicain aux implications commerciales

La logique industrielle de cette opération est résumée simplement : GM conserve les coûts compétitifs des pièces chinoises mais déplace l’assemblage final au plus près d’un marché clé pour ses ventes de véhicules abordables. Ce schéma de production — qualifiable de modèle hybride sino-mexicain — soulève néanmoins une question commerciale que les acheteurs mexicains se poseront inévitablement : le prix de l’Aveo et de la Groove va-t-il se maintenir, ou évoluer, une fois que ces modèles seront produits localement mais avec des composants toujours importés de Chine ?

La réponse à cette question dépendra de l’équilibre entre les coûts d’assemblage au Mexique — salaires, énergie, logistique interne — et les économies potentielles réalisées grâce à l’élimination des coûts de transport des véhicules finis depuis la Chine. Si la localisation de l’assemblage final permet effectivement à GM de réduire ses coûts logistiques globaux sur ces modèles, le constructeur disposera d’une marge de manœuvre pour maintenir des prix compétitifs sur un marché mexicain où l’accessibilité tarifaire est l’un des premiers critères d’achat. À l’inverse, si les coûts d’assemblage local venaient à peser sur la structure de coût du produit fini, la pression sur les prix de vente pourrait remettre en question le positionnement commercial de ces deux modèles face à une concurrence locale et importée de plus en plus agressive.

Notre avis, par leblogauto.com

La décision de GM d’assembler les Chevrolet Groove et Aveo à Ramos Arizpe à partir de 2027 est une réponse pragmatique aux nouvelles contraintes géopolitiques et commerciales qui pèsent sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, mais elle ne constitue pas une véritable relocalisation industrielle puisque les composants resteront fabriqués en Chine. L’objectif de 80 000 unités par an d’ici 2030 est ambitieux pour une usine qui venait de perdre 1 900 emplois liés à la faible demande de véhicules électriques, et il suppose que la demande mexicaine pour ces deux modèles se maintienne à des niveaux records ou continue de progresser. Le fait que l’Aveo soit le modèle de tourisme Chevrolet le plus vendu au Mexique avec plus de 60 000 unités en 2025 légitime pleinement ce pari industriel, mais la viabilité commerciale à long terme du projet dépendra de la capacité de GM à maintenir des prix attractifs malgré les coûts d’assemblage mexicains ajoutés à des composants toujours importés de Chine. Pour les acheteurs mexicains, la question de l’étiquette d’origine du véhicule est secondaire face à celle du maintien ou non du niveau de prix qui a fait le succès de l’Aveo sur ce marché.

Crédit illustration : Chevrolet.

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Gucci devient le sponsor-titre d’Alpine en 2027

Juste avant le grand prix de Monaco, Alpine officialise ce qui avait fuité sous forme de rumeurs ces dernières semaines : l’écurie basée à Enstone courra sous la bannière « Gucci Racing Alpine Formula One Team » dès le début de la saison 2027. 

La France au top du sponsoring

A défaut d’avoir un moteur Français, notre pays marque son territoire en F1 via le sponsoring ! Dans la foulée du groupe LVMH, devenu partenaire clé de la F1, c’est le groupe Kering, n°2 mondial, qui débarque à son tour dans la discipline reine. Un duel Bernard Arnault – François Pinault en perspective !

Après plusieurs années de partenariat avec les Autrichiens de BWT, spécialisés dans le traitement de l’eau, Alpine va changer changer radicalement de style visuel. Le rose de BWT va laisser sans doute place à plus de doré, de vert et de rouge.  

Gucci Racing, un vecteur de promotion mondial

L’écurie française a officiellement annoncé son association avec la maison de luxe italienne Gucci. Pour la première fois, une maison de mode de luxe devient partenaire titre d’une équipe engagée en Formule 1. Dès 2027, l’écurie courra sous le nom de « Gucci Racing Alpine Formula One Team » et arborera les couleurs de Gucci. 

Ce partenariat avec l’équipe Alpine Formula One constitue un premier terrain d’expression pour Gucci Racing. Un logo dédié a même été créé, associant le double G iconique de la Maison au logotype Gucci Racing. 

La F1 n’a jamais autant attiré

Si des marques vestimentaires ont déjà largement investi par le passé (on pense évidemment à Benetton, qui a repris Toleman en 1985, à BOSS, longtemps associé à McLaren, ou encore à Sergio Tacchini), c’est ici un “naming” de premier ordre. 

La mondialisation toujours plus poussée de la F1, son expansion dans des destinations toujours plus “select” (Miami, Las Vegas, Moyen Orient), l’orientation assumée vers le “show” et la féminisation croissante du public attirent ainsi de nouveaux sponsors, jusque-là peu représentés dans cet univers. Le sport n’a jamais généré autant de recettes qu’aujourd’hui !

Francesca Bellettini, Présidente-Directrice générale de Gucci : « Ce partenariat avec Alpine Formula One Team ouvre un nouveau chapitre : Gucci devient la première Maison de luxe de mode à devenir partenaire titre en Formule 1. Cela reflète notre ambition pour la marque et le rôle que nous souhaitons que Gucci joue. La Formule 1 représente aujourd’hui une convergence unique entre performance, culture et rayonnement mondial. L’écurie Alpine Formula One est le partenaire idéal pour donner vie à cette vision. Gucci Racing est plus qu’une simple présence sur la grille : c’est l’expression de notre identité et de notre ambition pour la marque. Et ce n’est qu’un début.  Nous remercions Alpine et Renault Group de partager cette ambition avec nous. » 

Luca De Meo : par où t’es rentré, on t’as pas vu sortir ?

On ne peut s’empêcher de voir dans ce rapprochement l’œuvre de Luca de Meo, directeur général de Kering, qui était encore récemment le PDG de Renault et d’Alpine. L’Italien a initié cette “premiumisation” d’Alpine, faisant revenir Flavio Briatore aux commandes d’Enstone. L’une des conséquences fut l’abandon du moteur Renault au profit du moteur Mercedes : 

« La Formule 1 a largement dépassé le cadre du sport pour devenir l’une des plateformes de contenu premium les plus puissantes au monde, touchant plus de 1,5 milliard de personnes chaque saison et suscitant l’engagement d’une audience en forte croissance, toujours plus jeune et de plus en plus féminine. Véritable espace d’expression de la créativité, de la quête d’excellence et de la performance humaine, nous y voyons une plateforme unique pour une marque de luxe, permettant de repousser les limites, de créer des connexions fortes et de construire dans la durée valeur et désirabilité, tout en générant un impact mesurable et pérenne. » 

Flavio Briatore, l’axe Italien

Flavio Briatore, conseiller exécutif Alpine Formula One Team, est aussi l’un des pions clés de ce deal. L’ancien directeur commercial de Benetton aux USA est devenu ensuite team manager de Benetton Formula. Fondateur aussi de la marque Billionaire Couture, il perpétue ainsi cette association de la mode et de la F1 : 

« Accueillir comme partenaire en titre de l’écurie Alpine Formula One Team une marque aussi prestigieuse et du calibre de Gucci en Formule 1 est une immense fierté. Je suis également enthousiaste quant aux perspectives qu’ouvre ce partenariat avec Gucci et aux grandes choses que nous pouvons accomplir ensemble à l’échelle mondiale. L’écurie d’Enstone a toujours su se démarquer et a déjà prouvé que la mode pouvait triompher en Formule 1. Avec des performances en nette progression sur le circuit et le meilleur début de saison de son histoire en termes de points gagnés, cette nouvelle collaboration avec Gucci témoigne de la dynamique positive qui anime l’équipe. Je tiens à remercier Luca [de Meo] et Francesca [Bellettini] pour leur confiance et leur implication dans ce projet, et pour avoir permis la concrétisation de ce partenariat. » 

Des ambitions en hausse

Pour Alpine F1 Team, les planètes s’alignent-elles enfin ? Après des années de déboires et de « drama » en coulisses (valse des directeurs, affaire Piastri, etc), l’écurie entame 2026 avec optimisme : la voiture est performante, les bons résultats arrivent (avec une progression de Colapinto) et le moteur Mercedes apporte un avantage technique. La valorisation de l’écurie, en croissance constante, va connaître un nouveau boost avec ce partenariat pluriannuel de taille, qui est estimé à 150 millions. Le feuilleton n’est d’ailleurs pas terminé, puisque Mercedes est sur les rangs pour entrer au capital de l’écurie.

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Chery vise l’Amérique, mais les tarifs freinent son ambition

Chery, premier exportateur automobile chinois, ne ferme pas la porte au marché américain, malgré des droits de douane de 100 % sur les VE chinois.

Le plus grand exportateur de voitures de Chine lorgne le marché américain, mais avec prudence. Zhang Guibing, président de Chery International, a déclaré à Reuters que le groupe « espère définitivement » vendre ses véhicules aux États-Unis, une fois que le moment sera jugé opportun. Une ambition assumée, mais sans calendrier concret ni plan d’action précis annoncé à ce stade. Cette déclaration place Chery dans la catégorie des constructeurs automobiles chinois qui ne ferment pas la porte au marché nord-américain, tout en reconnaissant lucidement les obstacles considérables qui en barrent l’accès. Dans un contexte de guerre commerciale sino-américaine et de droits de douane prohibitifs sur les véhicules électriques importés de Chine, l’entrée de Chery sur le marché américain reste une perspective de long terme, subordonnée à l’évolution des politiques industrielles des deux pays et à la propre préparation du constructeur.

Un géant de l’exportation qui fait le pied de grue devant les États-Unis

Chery occupe une position de premier plan dans le paysage automobile chinois et mondial. Premier exportateur de voitures de Chine en volume, le groupe a bâti sa réputation internationale sur une gamme diversifiée de véhicules — berlines, SUV, crossovers, véhicules électriques et hybrides — commercialisés sous plusieurs marques dans de nombreux pays à travers le monde. Ses modèles sont présents en Europe, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, des marchés qui ont accueilli les véhicules chinois avec une relative ouverture, séduits par leur rapport prix-équipement compétitif et la diversité des gammes proposées.

Mais le marché américain reste une autre affaire. Zhang Guibing a été explicite sur ce point : la décision d’entrer aux États-Unis dépendra de deux facteurs déterminants — la propre préparation de Chery à affronter ce marché exigeant, et l’évolution des politiques industrielles en Chine et aux États-Unis qui encadrent les conditions d’accès au marché automobile américain pour les constructeurs étrangers. Le marché américain des véhicules particuliers est reconnu comme l’un des plus difficiles au monde, avec des exigences réglementaires strictes, des préférences d’acheteurs spécifiques dominées par les pick-up et les SUV, et une concurrence intense entre constructeurs nationaux et importateurs établis de longue date.

Pour Chery, comme pour l’ensemble des grands constructeurs automobiles chinois, les États-Unis représentent un horizon commercial majeur — des millions de véhicules vendus chaque année, une clientèle solvable et un marché premium accessible. Mais le désir partagé par presque tous les fabricants chinois de s’y implanter se heurte à des barrières d’entrée qui vont bien au-delà de la seule concurrence produit.

Des droits de douane de 100 % et une surveillance réglementaire accrue

La principale barrière à l’entrée de Chery et des autres constructeurs automobiles chinois sur le marché américain est d’ordre tarifaire. Les États-Unis appliquent actuellement un droit de douane de 100 % sur les véhicules électriques importés de Chine — un niveau prohibitif qui annule mécaniquement l’avantage compétitif sur les coûts de production que les fabricants chinois ont soigneusement construit au fil des années. Un véhicule électrique chinois affiché à 20 000 dollars à sa sortie d’usine se retrouverait à 40 000 dollars avant même d’intégrer les frais de distribution, de marketing et de service après-vente sur le sol américain — effaçant entièrement l’argument prix qui constitue le principal levier commercial des marques chinoises sur les marchés où elles sont présentes.

Au-delà de la barrière tarifaire, les obstacles réglementaires se multiplient. Les autorités américaines examinent de plus en plus attentivement la technologie embarquée dans les véhicules connectés d’origine chinoise, soulevant des préoccupations liées à la sécurité des données et à la cybersécurité des systèmes informatiques embarqués. Ces inquiétudes, relayées activement par des groupes industriels et des législateurs qui exhortent le gouvernement à ne pas ouvrir davantage le marché américain aux véhicules en provenance de la République Populaire de Chine, créent un environnement politique et réglementaire particulièrement hostile pour les constructeurs chinois souhaitant s’implanter durablement aux États-Unis.

Face à ces obstacles, plusieurs constructeurs chinois explorent des solutions de contournement pour accéder au marché nord-américain sans subir de plein fouet les droits de douane sur les importations directes depuis la Chine. La fabrication au Mexique, les partenariats avec des constructeurs américains établis et l’assemblage local constituent les principales pistes envisagées par les acteurs du secteur pour contourner les barrières tarifaires tout en préservant leur compétitivité tarifaire sur le marché américain.

Une stratégie d’internationalisation concentrée sur les marchés accessibles

En attendant que les conditions d’accès au marché américain évoluent dans un sens plus favorable, Chery concentre ses efforts d’exportation sur les régions qui ont démontré leur réceptivité aux véhicules chinois. L’Europe, l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est constituent les piliers de la stratégie d’internationalisation actuelle du groupe, des marchés sur lesquels Chery capitalise sur ses deux arguments commerciaux principaux : un positionnement tarifaire compétitif et une gamme de modèles large couvrant de multiples segments et usages.

La position de Chery sur la question américaine se distingue de celle d’autres constructeurs chinois majeurs. BYD, pourtant déjà présent aux États-Unis avec des bus électriques, a indiqué ne pas avoir l’intention d’y commercialiser des voitures particulières dans l’immédiat. Xiaomi, dont les ambitions automobiles se sont rapidement matérialisées en Chine, a également déclaré ne pas envisager d’entrée sur le marché américain. Chery adopte une posture différente et plus nuancée : sans annoncer de plans concrets, le groupe ne ferme pas la porte à une présence future aux États-Unis, signalant ainsi sa conviction que le marché américain reste un objectif à long terme, même si les conditions actuelles ne permettent pas d’y envisager une entrée rentable.

Cette prudence stratégique reflète une lucidité que Zhang Guibing a exprimée clairement : aux États-Unis, un prix compétitif ne suffit plus. La complexité réglementaire, la sensibilité politique autour des technologies chinoises et les attentes spécifiques des consommateurs américains exigent une préparation et une adaptation bien plus profondes que sur les marchés émergents où Chery a bâti son succès à l’export.

Notre avis, par leblogauto.com

La déclaration de Zhang Guibing est diplomatiquement habile : en exprimant un intérêt pour le marché américain sans fixer de calendrier ni de modalités, Chery préserve ses options stratégiques tout en évitant de s’exposer prématurément dans un environnement commercial et politique particulièrement hostile aux constructeurs chinois. Les droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois constituent effectivement une barrière quasi infranchissable à court terme sans solution de contournement industrielle, ce qui explique pourquoi même BYD et Xiaomi ont choisi de ne pas s’y aventurer pour les voitures particulières. La piste de la fabrication au Mexique reste théoriquement viable, mais elle serait soumise aux règles d’origine de l’accord USMCA et à la surveillance politique américaine sur les investissements chinois en Amérique du Nord, ce qui en complique considérablement la mise en œuvre. La concentration de Chery sur l’Europe, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est est une stratégie pragmatique qui lui permet de consolider son empreinte internationale sur des marchés accessibles, en attendant une éventuelle normalisation des relations commerciales sino-américaines dans le secteur automobile.

Crédit illustration : Chery.

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Slate Auto : le pick-up électrique à 25 000 $ soutenu par le Michigan

Le Michigan accorde 5 millions $ à Slate Auto pour son pick-up électrique à 25 000 $, prévu fin 2026 avec 150 000 réservations déjà enregistrées.

La course au pick-up électrique abordable aux États-Unis franchit une nouvelle étape. La startup américaine Slate Auto vient d’obtenir une subvention pouvant atteindre 5 millions de dollars de l’État du Michigan pour soutenir l’expansion de son siège social implanté à Troy. Ce financement public accompagne les préparatifs du lancement commercial du véhicule électrique phare de l’entreprise — un pick-up électrique dont le prix de départ est annoncé à environ 25 000 dollars — prévu d’ici la fin de l’année 2026. Avec plus de 150 000 réservations déjà enregistrées et un positionnement tarifaire inédit sur le marché américain des camionnettes électriques, Slate Auto s’impose comme l’un des projets automobiles les plus suivis du segment des véhicules utilitaires légers électrifiés outre-Atlantique.

Une subvention de 5 millions de dollars pour ancrer Slate Auto au Michigan

Le soutien financier accordé par l’État du Michigan à Slate Auto s’inscrit dans la stratégie de l’État de maintenir et d’attirer des investissements dans le secteur automobile, dont il est historiquement le cœur battant aux États-Unis. En échange des 5 millions de dollars de subvention publique, Slate Auto s’est engagé à créer près de 400 emplois supplémentaires dans les domaines de l’entreprise, de l’ingénierie et du design à Troy. Le salaire minimum proposé pour ces nouveaux postes est fixé à 43 dollars de l’heure, un niveau de rémunération qui témoigne du profil qualifié des recrutements envisagés par la startup dans le secteur de la mobilité électrique.

L’entreprise emploie actuellement environ 325 personnes au Michigan, et l’investissement total prévu pour l’agrandissement du siège social s’élèvera à environ 10,4 millions de dollars — dont les 5 millions de subvention publique constituent une part significative. Cette expansion des installations permettra à Slate Auto de disposer des ressources en espace et en personnel nécessaires pour mener à bien le développement final de son pick-up électrique et préparer son lancement commercial dans les délais annoncés.

Le choix de Troy, dans la banlieue de Detroit, comme siège de Slate Auto n’est pas anodin. La ville est au cœur du tissu industriel et technologique de l’industrie automobile américaine, à proximité immédiate des grands constructeurs traditionnels, des équipementiers et du vaste réseau de sous-traitants et de prestataires spécialisés qui constituent l’écosystème unique de la Motor City. Pour une startup automobile cherchant à attirer des ingénieurs expérimentés et à bénéficier de la proximité avec la chaîne d’approvisionnement automobile, cette localisation constitue un avantage stratégique indéniable.

Un pick-up électrique transformable et deux configurations de batterie

Le produit au cœur du projet de Slate Auto présente une caractéristique distinctive qui le démarque dans le paysage des véhicules utilitaires électriques américains : il s’agit d’un pick-up électrique à deux places capable de se transformer en SUV à quatre places, offrant une polyvalence d’usage que peu de véhicules électriques du segment sont en mesure de proposer. Cette modularité répond à une demande réelle des acheteurs américains de pick-up, qui utilisent leurs camionnettes aussi bien pour les loisirs et les trajets quotidiens que pour le transport de personnes en famille ou entre collègues.

Sur le plan technique, la version de base du Slate Truck sera animée par un moteur électrique monté à l’arrière développant 201 chevaux, associé à une batterie d’une capacité de 52,7 kWh. L’autonomie annoncée pour cette configuration d’entrée de gamme est de 241 kilomètres — un rayon d’action raisonnable pour un usage urbain et péri-urbain, qui pourra convenir à une majorité d’utilisateurs effectuant des trajets quotidiens de longueur modérée. Pour les conducteurs ayant des besoins de déplacement plus importants ou souhaitant disposer d’une plus grande sérénité sur les longs trajets, Slate Auto propose également une configuration avec une batterie de 84,3 kWh offrant une autonomie estimée à 386 kilomètres — une distance nettement plus confortable qui ouvre le Slate Truck à une utilisation interurbaine régulière sans contrainte de recharge excessive.

25 000 dollars et 150 000 réservations : le pari de l’accessibilité électrique

Le positionnement tarifaire du Slate Truck est sans doute son argument commercial le plus puissant et le plus différenciant dans le paysage actuel des pick-up électriques américains. Avec un prix de départ annoncé d’environ 25 000 dollars, le véhicule de Slate Auto se positionnerait comme l’une des camionnettes électriques les plus abordables disponibles sur le marché américain — un segment aujourd’hui dominé par des modèles comme le Ford F-150 Lightning, le Chevrolet Silverado EV ou le Tesla Cybertruck, dont les prix de départ se situent bien au-delà de ce seuil.

Ce positionnement tarifaire agressif semble avoir d’ores et déjà séduit un nombre significatif d’acheteurs potentiels : la société annonce avoir enregistré plus de 150 000 réservations pour son pick-up électrique, un chiffre qui témoigne de l’appétit réel du marché américain pour une camionnette électrique accessible au plus grand nombre. Ce volume de précommandes constitue également un signal fort pour les investisseurs et les partenaires institutionnels comme l’État du Michigan, rassurant quant à la demande potentielle pour le produit et à la viabilité commerciale du projet à court terme.

Le marché américain du pick-up reste l’un des plus importants et des plus lucratifs au monde, avec des millions d’unités vendues chaque année. La camionnette y occupe une place culturelle et pratique profondément ancrée dans les habitudes de consommation automobile, et la transition vers les motorisations électriques dans ce segment est suivie avec une attention particulière par l’ensemble de l’industrie. Si Slate Auto parvient à tenir ses engagements en matière de calendrier de lancement, de prix et de caractéristiques techniques, le Slate Truck pourrait contribuer à accélérer significativement l’adoption des pick-up électriques auprès d’une clientèle d’acheteurs sensibles au prix qui ne s’était jusqu’ici pas encore tournée vers ce type de motorisation.

Notre avis, par leblogauto.com

Le soutien de 5 millions de dollars accordé par le Michigan à Slate Auto est un signal de confiance institutionnel significatif pour cette startup, mais il représente une fraction de l’investissement total de 10,4 millions de dollars nécessaire pour l’extension du siège — ce qui signifie que l’entreprise devra mobiliser des ressources complémentaires pour finaliser ce projet immobilier seul, sans compter les investissements industriels nécessaires au lancement de la production. Le prix de départ annoncé de 25 000 dollars est objectivement très compétitif dans le segment des pick-up électriques américains, mais son maintien à ce niveau lors de la commercialisation effective dépendra de la maîtrise des coûts de production, un défi redoutable pour toute startup automobile cherchant à atteindre la rentabilité sur un véhicule à faible marge unitaire. Les 150 000 réservations annoncées témoignent d’un intérêt commercial réel, mais elles ne constituent pas encore des ventes confirmées, et l’histoire de l’industrie automobile électrique américaine a montré à plusieurs reprises que le chemin entre les réservations et les livraisons effectives peut s’avérer semé d’embûches techniques et financières. La capacité de transformation du pick-up en SUV à quatre places est une proposition de valeur originale qui mérite d’être confirmée dans les détails d’exécution avant le lancement commercial prévu fin 2026.

Crédit illustration : Slate Auto.

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Essai Geely E5 de 218 ch

Cela faisait bien au moins une semaine qu’un constructeur chinois n’avait pas débarqué en France. Voici venu le tour de Geely Auto de venir sur notre territoire avec deux SUV, dont l’électrique E5. Après une présentation en grande pompe au Carrousel du Louvre, quelques jours après l’autre Chinois Denza à l’Opéra Garnier, nous nous sommes rendus dès le lendemain en Bretagne pour en prendre le volant.

Geely, ce géant chinois qui connaît déjà bien l’Europe

Oui, vous avez déjà entendu parler de Geely, mais pas en tant que constructeur. Ce groupe chinois, vieux de 40 ans, est devenu depuis un géant mondial de l’automobile. On ne va pas refaire toute l’histoire, mais celui qui occupe aujourd’hui la première place sur son marché domestique possède dans son portefeuille, dans le désordre, Volvo Cars, Polestar, Zeekr, Lotus, et partage la moitié de Smart avec Mercedes, entre autres. Le groupe a de l’appétit puisqu’il vise le top 5 mondial d’ici la fin de la décennie, grâce notamment à son expansion en Europe. On a l’impression de vous conter une histoire déjà entendue, mais avec l’arrivée d’un modèle hybride Starray EM-i et d’un électrique E5, Geely Auto vient s’attaquer frontalement aux généralistes.

Cette E5 se la joue plutôt discrète dans son style. Les formes policées et fluides la rendent quasiment invisible dans la circulation. Même le logo de la marque, un bouclier composé de six éléments, paraît timide sur la face avant dépourvue de calandre. On trouve bien en dessous des aérations avec des volets actifs. Son profil très lisse intègre des poignées de porte escamotables. L’arrière n’apparaît pas particulièrement travaillé non plus, avec des feux tout en longueur et plutôt fins. Un becquet de toit habille le haut de la lunette arrière. La trappe de recharge se trouve sur l’aile avant droite. Plus classique que ça, difficile de faire.

L’essentiel et de l’espace

À bord, là aussi, on note que le Chinois se la joue zen avec un mobilier dépouillé, peut-être même un peu trop. Vision tête haute, un large écran derrière le volant et une énorme dalle tactile au milieu de la planche de bord demandent un temps d’adaptation, mais on en loue la lisibilité quasi parfaite. La console, assez enveloppante, est également flottante. On regrette souvent l’absence de molette de volume dans les voitures actuelles, mais ici elle s’avère gigantesque. Le volant n’apparaît pas spécialement rond, puisqu’il est très aplati en bas, à peine moins en haut, et ne compte que deux branches. Cela ressemble davantage à un gouvernail de Boeing qu’à un volant.

Devant le vide-poche fermé, on trouve un chargeur à induction qui refroidit assez mal les téléphones, si l’on en croit la température du nôtre lors de notre essai. Dans l’espace situé en dessous, on trouve une prise USB-C et une USB-A, qui, dans notre monde moderne, devient presque inutile. On note la présence de nombreux revêtements doux et rembourrés, même sur les tapis. L’assemblage apparaît plutôt correct. Comme pour beaucoup de voitures, on s’interroge surtout sur la tenue dans le temps des matériaux. Comme toute bonne chinoise qui se respecte, l’espace à l’arrière ne manque pas. En revanche, on est déçu par le manque de confort de l’assise passager type aviation d’affaires, finalement peu agréable en configuration allongée. Notez une capacité de coffre de 461 l avec double fond.

Une autonomie ambitieuse

Le Geely E5 dispose d’un moteur développant une puissance modeste de 218 chevaux pour un SUV électrique, avec un couple de 320 Nm. La batterie de 68,4 kWh de capacité (60,2 kWh pour l’entrée de gamme) assure une autonomie de 475 km selon le protocole WLTP. Comme souvent, il est difficile de faire des projections sur le kilométrage réel possible dans notre usage sur un parcours aussi court. Néanmoins, le chiffre annoncé par Geely nous a paru un peu ambitieux compte tenu de la consommation relevée. Il nous faudra toutefois le reprendre pour mieux vérifier sa capacité à parcourir de longues distances.

En tout cas, il ne se montre pas particulièrement amorphe lorsqu’il s’agit de décoller, avec un 0 à 100 km/h abattu en à peine 7 secondes. En réalité, il fait preuve d’une fluidité peu commune pour un véhicule électrique de cette puissance, en évitant l’effet “fusée” à chaque démarrage. Cela participe grandement au confort de conduite observé. Car ce Geely E5 se distingue par une douceur de conduite très agréable pour enchaîner les kilomètres dans une quiétude qui peut presque pousser à l’endormissement si l’on ne coupe pas les ADAS bruyants, pour ne pas dire agaçants. Heureusement, ces alertes sonores sont faciles à désactiver.

Tout pour le confort

L’E5 repose sur la plateforme GEA, il s’agit donc d’une traction. L’architecture apparaît assez classique, notamment pour une électrique, avec les batteries dans le plancher et des suspensions de conception traditionnelle. Geely a réussi le tour de force de maintenir l’E5 largement sous les 2 tonnes sur la balance, avec 1 815 kg dans sa configuration la plus lourde. La voiture encaisse correctement les obstacles urbains, notamment les dos-d’âne, mais on note une certaine sensibilité au rebond. Rien de vraiment rédhibitoire, e SUV reste très confortable. Il s’apprécie clairement à un rythme de bon père de famille.

Tout semble pensé pour maximiser le confort. Il existe bien un mode Sport, mais à part renforcer la consistance de la direction, ce qui est appréciable, il n’invite pas à défier le premier Macan venu. Il n’y a pas vraiment de mauvaise surprise, même lorsque le rythme augmente. Au contraire, il présente des réactions plutôt prévenantes qui procurent un sentiment de maîtrise assez accessible. On a également constaté qu’en matière de freinage, deux réglages de force sont disponibles dans la pédale. Dans les deux cas, les freins s’avèrent efficaces. Du côté de la recharge, Geely annonce des chiffres un peu décevants. La marque communique sur un passage de 30 à 80%, contre 10 ou 20% habituellement, en près de 30 minutes. Cela mérite également d’être vérifié.

Une concurrence plutôt chinoise

Le Geely E5 exécute sa tâche sans trop en faire, ce qui est presque surprenant compte tenu de son lancement en grande pompe à Paris. En termes de prix, il n’apparaît pas particulièrement bon marché, avec des tarifs allant de 37 990 € pour la petite batterie à 41 990 €. On n’est finalement pas si éloigné des ID.4 ou du Scénic, mais avec des puissances inférieures. La concurrence est en réalité à chercher du côté des autres modèles chinois, comme le Leapmotor C10 ou le MG5 EV.

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Rappel Tesla Model Y : une raison insolite

Tesla rappelle 14 575 Model Y aux États-Unis pour une étiquette de poids manquante : risque de surcharge, freinage dégradé et comportement imprévisible.

Tesla procède à un nouveau rappel aux États-Unis, mais celui-ci tranche radicalement avec les campagnes auxquelles le constructeur californien a habitué le marché. Pas de défaillance logicielle, pas de problème de batterie, pas de dysfonctionnement de l’Autopilot ou de l’électronique de puissance : le rappel annoncé par Tesla concerne 14 575 SUV Model Y et porte sur l’absence d’une étiquette de certification indiquant les données de poids autorisé du véhicule. Un défaut en apparence anodin, mais dont les conséquences potentielles sur la sécurité routière sont réelles et documentées par la National Highway Traffic Safety Administration, le régulateur fédéral américain de la sécurité des véhicules automobiles.

Ce rappel illustre une réalité souvent négligée dans l’univers des véhicules électriques hyperconnectés : certains problèmes de conformité automobile restent d’ordre purement physique, et aucune mise à jour logicielle à distance — la solution privilégiée par Tesla pour résoudre la majorité de ses rappels — ne peut y remédier. Les propriétaires des Model Y concernées devront se soumettre à une inspection physique et à l’apposition manuelle de l’étiquette manquante, une démarche qui sera réalisée gratuitement par le constructeur.

Une étiquette absente aux conséquences concrètes sur la sécurité

L’étiquette de certification de poids dont l’absence est à l’origine de ce rappel n’est pas un simple document administratif. Elle fournit au conducteur des informations essentielles sur la charge utile maximale autorisée du véhicule — c’est-à-dire la masse totale de passagers, de bagages et de tout autre chargement que le SUV peut légalement et en toute sécurité transporter. Sans cette indication clairement visible, un propriétaire peut mal évaluer la charge effective de son véhicule et dépasser involontairement les limites de poids prévues par le constructeur.

Selon la NHTSA, les risques associés à la surcharge d’un véhicule automobile sont multiples et concrets. Un SUV surchargé voit ses distances de freinage s’allonger, compromettant sa capacité à s’arrêter rapidement en cas d’urgence. La pression exercée sur les pneumatiques augmente, accroissant le risque d’éclatement ou de déformation des pneus dans des conditions de conduite exigeantes. La suspension du véhicule subit également des contraintes supplémentaires qui peuvent affecter sa durabilité et ses performances. Enfin, le comportement dynamique général du véhicule devient moins prévisible lors des manœuvres — changements de direction, prises de virage, corrections de trajectoire — ce qui peut surprendre un conducteur habitué aux réactions habituelles de son Model Y non surchargé. Le régulateur américain n’a signalé aucun accident, blessure ou décès directement lié à ce problème d’étiquetage sur les Model Y concernées.

Un rappel physique dans l’ère des corrections over-the-air

Dans l’univers Tesla, le rappel est une procédure familière mais qui prend généralement une forme particulière : la mise à jour logicielle à distance, dite over-the-air. Cette capacité à déployer des correctifs via le réseau cellulaire, sans que le propriétaire ait à se déplacer en concession, constitue l’une des spécificités les plus valorisées des véhicules Tesla et a permis au constructeur de résoudre à distance de nombreux problèmes de fonctionnement ou de sécurité sur son parc de véhicules connectés.

Ce rappel concernant les 14 575 Model Y fait exception à ce schéma habituel. L’absence physique d’une étiquette de certification ne peut pas être corrigée par une ligne de code ou une mise à jour du firmware embarqué — il s’agit d’un défaut matériel qui nécessite une intervention humaine directe sur le véhicule. Les propriétaires des Model Y concernées devront donc se rendre dans un centre de service Tesla pour faire inspecter leur véhicule et faire apposer l’étiquette de poids manquante. Cette démarche sera prise en charge intégralement et gratuitement par le constructeur, conformément aux obligations réglementaires applicables aux campagnes de rappel aux États-Unis.

Ce rappel met en lumière une dimension souvent sous-estimée de la conformité réglementaire dans l’industrie automobile : même les véhicules les plus technologiquement avancés restent soumis à des exigences d’étiquetage et de documentation physique qui échappent au domaine du logiciel. Pour Tesla, dont la réputation repose en grande partie sur sa capacité à résoudre les problèmes à distance et à maintenir ses véhicules à jour sans intervention physique, ce rappel représente un rappel — au sens propre du terme — que certaines obligations de conformité automobile restent irréductiblement ancrées dans le monde physique.

Pour les acheteurs de Model Y d’occasion sur le marché secondaire, ce rappel est également porteur d’un message pratique : vérifier le numéro VIN d’un véhicule Tesla avant son acquisition présente un intérêt qui dépasse la détection des défauts majeurs ou des rappels de sécurité importants. Des non-conformités en apparence mineures — comme une étiquette de certification absente — peuvent néanmoins affecter la sécurité du véhicule et sa conformité légale à la circulation, avec des implications potentielles en cas de contrôle ou d’accident impliquant un véhicule en surcharge non détectée par son propriétaire.

Notre avis, par leblogauto.com

Ce rappel portant sur 14 575 Model Y illustre que la conformité réglementaire automobile ne se réduit pas aux systèmes électroniques et logiciels, et que des éléments aussi basiques qu’une étiquette d’identification de poids peuvent faire l’objet d’une procédure officielle auprès de la NHTSA. L’absence de tout accident ou blessure signalé en lien avec ce problème est rassurante, mais elle ne diminue pas la réalité du risque potentiel lié à la surcharge non détectée d’un véhicule dont les limites de poids ne sont pas clairement indiquées. Le fait que ce rappel ne puisse pas être résolu par une mise à jour over-the-air — la méthode habituelle et valorisée de Tesla pour ses corrections à distance — rappelle que certaines exigences de sécurité physique restent incontournables même pour le constructeur le plus connecté du marché automobile. Pour les propriétaires et acheteurs de Model Y, la vérification systématique du statut de rappel via le numéro VIN reste une précaution élémentaire, y compris pour des non-conformités administratives en apparence mineures.

Crédit illustration : Tesla.

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