Heures creuses : les créneaux vont considérablement changer dès le 1er décembre
À partir du 1ᵉʳ décembre 2026, les plages d’heures creuses seront profondément modifiées pour plus de 9 millions d’abonnés. Certaines heures nocturnes vont être déplacées en milieu de journée et les créneaux changeront entre l’hiver et l’été. L’objectif est de mieux absorber la production électrique solaire abondante en journée. Un changement qui impose quelques ajustements à ceux qui pilotent leur consommation « à la main », en particulier les propriétaires de voitures électriques.
Le principe des heures creuses nocturnes date d’une époque où la demande s’effondrait la nuit et où le parc nucléaire continuait de produire. Il fallait alors inciter les ménages à consommer après le coucher du soleil, notamment pour chauffer l’eau sanitaire. Le mix français a depuis profondément changé. Avec environ 30 GW de photovoltaïque raccordés, le pays connaît aujourd’hui des excédents de production autour de midi, au point que les prix de gros deviennent parfois négatifs aux beaux jours.
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a donc décidé de déplacer les heures à bas prix vers les moments où l’électricité est réellement abondante. Depuis l’automne 2025, une partie des abonnés a déjà vu deux à trois de ses huit heures creuses quitter la nuit pour la tranche 11 h – 17 h, qui correspond au pic de production des panneaux solaires.
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Deux calendriers distincts selon la saison
La deuxième phase démarre le 1ᵉʳ décembre 2026. L’ensoleillement n’est pas le même en janvier et en juillet, et les créneaux d’heures creuses seront désormais différents selon la période de l’année. D’ici octobre 2027, 9,3 millions d’abonnés seront basculés progressivement vers ce nouveau découpage :
| Période | Créneau nocturne | Créneau méridien |
|---|---|---|
| Été (1er avril – 31 octobre) | 5 h consécutives minimum, entre 23 h et 7 h | 2 h consécutives minimum, entre 11 h et 17 h |
| Hiver (1er novembre – 31 mars) | 5 h consécutives minimum, entre 23 h et 7 h | Non garanti : selon les abonnés, avec ou sans plage en journée |
Dans tous les cas, le volume quotidien de huit heures creuses reste garanti.
Qui est concerné ?
Seuls les contrats HP/HC classiques sont touchés. L’option Tempo conserve sa plage fixe de 22 h à 6 h. Les offres de marché à créneaux spécifiques, comme les « heures super creuses » ou les « heures solaires », ne sont pas concernées non plus. Les abonnés desservis par une entreprise locale de distribution (ELD) changeront aussi de créneaux, mais selon un calendrier propre, distinct de celui d’Enedis. Quel que soit le cas, le fournisseur doit prévenir ses clients un mois avant l’application des nouveaux horaires.
Pour connaître sa situation sans attendre ce courrier, il existe un outil en ligne mis à disposition par Octopus Energy. Il suffit d’y saisir son numéro de point de livraison (PDL) pour obtenir ses futures plages et la date de bascule.
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Chauffe-eau, chauffage, voiture électrique : ça change quoi ?
Les équipements asservis au compteur Linky, via son contact heures creuses, n’ont besoin d’aucune intervention. Ils se caleront d’eux-mêmes sur les nouveaux horaires. C’est même une bonne nouvelle pour le chauffage : faire tourner une pompe à chaleur ou des radiateurs pendant les heures creuses de la mi-journée est économiquement intéressant.
La situation est moins simple pour les conducteurs de voitures électriques. La plupart programment la recharge depuis leur véhicule ou leur borne plutôt que de la faire commander par le compteur. Leur routine actuelle consiste à brancher le soir et à profiter des huit heures nocturnes, ce qui suffit à récupérer une trentaine de kWh sur prise renforcée et environ le double sur une wallbox. Avec la réforme, cette programmation devra être reprise deux fois par an, le 1ᵉʳ avril et le 1ᵉʳ novembre, sauf si la borne est pilotée par le contact du Linky.
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Pénible pour les gros rouleurs
La réduction de la plage nocturne pose aussi un problème aux gros rouleurs dont la voiture n’est jamais à la maison en journée. Lorsqu’ils ont besoin d’un plein complet chaque nuit, deux à trois heures de charge tomberont désormais en heures pleines. À 7,4 kW, le surcoût est de l’ordre d’un euro par recharge. La somme reste modeste, mais elle est agaçante.
À l’inverse, ceux qui peuvent brancher leur véhicule en journée, comme les télétravailleurs, les retraités ou les entreprises disposant de bornes sur parking, ont tout intérêt à recharger sur les créneaux méridiens. Ils y gagnent sur la facture et contribuent en même temps à valoriser une production solaire qui serait sinon perdue.
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