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Flock : the finish down nation

Donne moi la recette du coq au riz coco
Flock : the finish down nation

Ah ! Les start-ups IA n’ont rien inventé ! Notre bon président, comme ses sous-fifres, a déjà élaboré tous ces fabuleux concepts. Que ce soit NVIDIA, Microsoft, Anthropic, Amazon et j’en passe. La politique, d’entreprise ou d’État, ne souffre pas de la transgression du copyright, au moins.


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☕️ Le jeu vidéo français dans le rouge : Arkane et Don’t Nod en péril



À l’image de l’industrie occidentale du jeu vidéo, la situation en France est très difficile. Deux représentants hexagonaux du secteur, Arkane et Don’t Nod, pourraient en faire les frais.

Le sort d’Arkane et de ses 217 salariés pourrait être scellé le 13 novembre, rapporte Le Monde. C’est en effet la date de fin de la consultation du comité social et économique (CSE), un processus engagé cet été par Microsoft, propriétaire du studio depuis son acquisition du groupe ZeniMax (Bethesda, id Software, Obsidian) en 2021. Dans la foulée, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été lancé.

Arkane, victime du reset Xbox

Le 6 juillet, Asha Sharma, la directrice générale de Xbox, avait lancé le « reset » de la division gaming de Microsoft : 3 200 postes supprimés (la moitié immédiatement), et cinq studios abandonnés dont Arkane, basé à Lyon. La législation oblige les grandes entreprises (plus de 1 000 salariés) à rechercher un repreneur avant de fermer un site entraînant un licenciement collectif. Elle ne contraint pas pour autant le groupe à céder le site, ici en l’occurrence le studio.

D’après un délégué syndical interrogé par Le Monde, les négociations sur le PSE se passent mal. Microsoft continue « d’explorer différentes options » pour Arkane, et assure rechercher « un partenaire pour accompagner la prochaine phase de développement et permettre la commercialisation du projet ». Le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) espère gagner du temps et prolonger les négociations au-delà du 13 novembre.

Arkane est un studio qui compte dans l’industrie mondiale. Fondé en 1999, on lui doit des hits comme Deathloop et la saga Dishonored. La branche américaine installée à Austin avait déjà subi le coup de hache de Microsoft en 2024. Arkane Lyon planche sur un jeu Marvel basé sur le superhéros Blade depuis 2022 ; le développement, qui serait « plutôt sur la fin » selon le responsable syndical, pourrait attirer un repreneur.

Don’t Nod n’est pas mieux loti. Le studio parisien a annoncé l’ouverture d’une procédure de sauvegarde auprès du tribunal des activités économiques de Paris. « Notre niveau actuel de trésorerie ne nous permet pas de sécuriser dans des conditions satisfaisantes l’ensemble des besoins de financement associés à nos activités et à nos projets », explique Oskar Guilbert, PDG de l’entreprise.

Dans ce contexte, « la demande d’ouverture d’une procédure de sauvegarde constitue une démarche d’anticipation et de protection ». Le processus doit donner du temps pour « construire une solution durable », en permettant la poursuite des activités du studio. Le chiffre d’affaires au premier semestre a plongé de 14 %, avec un EBITDA dans le rouge de 4,3 millions (2,3 millions de plus par rapport au premier semestre 2025). Le studio, qui compte 85 salariés en France, est le créateur de Life is Strange. Son dernier jeu, Aphelion, n’a pas connu le succès escompté.

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PLF 2027 : le budget de l’inclusion numérique risque d’être réduit à peau de chagrin

L'inclusion ? Pourquoi faire ?
PLF 2027 : le budget de l’inclusion numérique risque d’être réduit à peau de chagrin

Dans son projet de loi de finances, le gouvernement de Sébastien Lecornu a prévu de baisser drastiquement le budget que l’État allouait à l’inclusion numérique. Les associations qui accompagnaient notamment les personnes âgées dans la prise en main du numérique sont en danger.

Le projet de loi de finances 2027 présenté par le premier ministre Sébastien Lecornu prévoit de réduire à 3 millions d’euros le budget alloué à l’inclusion numérique. Il était déjà passé d’environ 40 millions d’euros en 2025 à 14 millions d’euros en 2026. Cette baisse signifierait la suppression de quasiment tous les postes de conseillers numériques des diverses associations installées sur le territoire français.

3 000 postes de conseillers menacés

Dans son projet de loi, le gouvernement projette de baisser fortement le budget du Programme 343 intitulé « Plan France Très haut débit ». Celui-ci a été notamment mis en place pour assurer la transition du cuivre vers la fibre optique, mais aussi pour « rapprocher les personnes les plus fragiles vers les nouveaux usages du numérique en portant une politique d’inclusion numérique ». Dans l’annexe de son projet de loi concernant ce programme [PDF], le gouvernement prévoit que le budget consacré à l’inclusion numérique soit fixé à 3 millions d’euros pour 2027.

Cette baisse est particulièrement préoccupante car ces financements permettaient à des associations sur tout le territoire de mettre à disposition des citoyens des conseillers numériques via un dispositif national créé en 2021. Ils peuvent accompagner, par exemple, des personnes âgées pour la prise en main de leurs appareils, mais aussi pour résoudre un besoin administratif immédiat. Rappelons que l’accès aux services publics numériques reste un casse-tête pour une grande partie des Français. Selon les associations comme Avicca ou Les Interconnectés rassemblées dans un groupement appelé La Belle alliance, cela représenterait près de 3 000 postes de conseillers menacés.

L’annexe du projet de loi de finances en question explique sobrement que, « dans un contexte de maîtrise des finances publiques, il a été décidé dès 2025 de réduire progressivement les financements de l’État dans ce dispositif, les conseillers France Service assurant toujours l’accompagnement aux démarches administratives ».

Des propositions «  balayées d’un revers de la main par le ministère de l’Économie »

« Nous alertons les autorités sur ce problème depuis des mois, mais elles ne veulent rien savoir, se désole Luc Derriano, chargé de mission à l’Avicca, une association d’élus engagés dans l’aménagement numérique de leur territoire auprès de Que Choisir. « Toutes les solutions concrètes que nous avons proposées pour maintenir ce financement ont été balayées d’un revers de la main par le ministère de l’Économie. »

La Belle Alliance demandait en septembre dans un communiqué une prise en charge par l’État de 115 millions d’euros par an, l’articulation de l’accompagnement humain que les associations apportent avec les maisons France Services et l’ouverture de concertation d’urgence.

« Les points évoqués avec la ministre rejoignent des discussions déjà tenues depuis des mois, sur lesquelles les associations ont exprimé leur accord, mais il manque la mise en place et les moyens de financement », affirmait Céline Colucci, déléguée générale des Interconnectés, à Acteurs Publics après un rendez-vous avec la ministre du Numérique Anne Le Hénanff mi-septembre.

Côté députés, certains essaient de trouver des moyens pour financer ce dispositif. Ainsi le député socialiste Jacques Oberti a déposé un amendement proposant de relever le tarif de l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau afin de financer l’inclusion numérique. Mais il a été rejeté par la Commission des finances.

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☕️ Fuite chez Capcom : des millions de données de joueurs dans la nature



Capcom, l’éditeur japonais de jeux comme Street Fighter, Monster Hunter, Resident Evil ou encore Mega Man (et bien d’autres), a été victime d’un vol de données. L’entreprise a détecté le 19 octobre une « activité suspecte » ayant débouché sur un accès non autorisé à la base de données de Capcom ID. Il s’agit de comptes servant à accéder aux services en ligne de Capcom, et dont la création peut être obligatoire pour pouvoir jouer à certains titres.

Image : Capcom

Dès la découverte de la brèche, la société a bloqué l’accès à la base et lancé des mesures d’urgence pour identifier la méthode d’attaque. Capcom confirme que des informations de joueurs enregistrés avec un ID maison ont été subtilisées. Plus de 11 millions d’adresses e-mail et d’informations propres au système (date et heure de création du compte, nombre de connexions, adresses IP) sont dans la nature. Plus anecdotique, 43 enregistrements de dates de naissance, genres, pays et pseudos ainsi que 196 modifications non autorisées de mots de passe ont été comptabilisés dans la fuite.

Les mots de passe de ces comptes ont déjà été réinitialisés. Capcom ne confirme pour le reste « aucune compromission des mots de passe de connexion aux comptes Capcom ID initialement définis par les utilisateurs eux-mêmes. » Les informations bancaires des utilisateurs ne font pas partie des données volées.

Les utilisateurs de ces comptes ont été notifiés de l’incident par l’entreprise. Des formulaires de demandes d’assistance ont été mises en ligne (ici pour l’Europe). Capcom prévient que les informations en fuite peuvent être exploitées dans des campagnes de hameçonnage. Elle recommande de « faire preuve de prudence » et de ne pas cliquer sur les liens ou les pièces jointes contenus dans des courriels suspects qui pourraient usurper l’identité de Capcom.

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☕️ Signal a corrigé une vilaine faille critique dans sa bibliothèque d’appels RingRTC



Signal a corrigé dans RingRTC, sa bibliothèque d’appels, une faille qui empêchait le raccrochage de clore réellement l’appel. Le correctif date du 4 septembre, mais la divulgation publique n’est intervenue que le 20 octobre 2026.

La faille est estampillée CVE-2026-113380 et réside donc dans RingRTC, la bibliothèque logicielle créée par Signal (en open source) responsable des appels vocaux et vidéo. Elle affecte toutes les versions antérieures à la 2.72.0 et est critique, avec un score CVSS v4.0 de 9,3 sur 10.

Avec une version vulnérable, un pirate peut exploiter la faille en saturant la file d’attente de la machine à états finis (FSM) d’un appel pour empêcher le raccrochage local de démonter l’appel. Selon les cas, cela signifie que la piste audio, voire vidéo, continue. Le chiffrement de bout en bout n’est pas affecté, car le défaut porte sur la fermeture de l’appel, pas sur la protection des conversations.

Selon les notes du chercheur a priori à l’origine de la découverte, trois problèmes se cumulent, comme relevé par SecurityWeek. Ils sont loin d’être anodins :

  • le raccrochage n’était pas un arrêt immédiat mais un évènement de plus dans la file d’attente ;
  • il n’y avait aucune limitation de débit sur les évènements provenant du pair distant ;
  • l’évènement de raccrochage n’avait aucune priorité.

Le correctif du 4 septembre ajoute ainsi un indicateur de terminaison séparé, avec sa propre priorité, et limite à 5 secondes les attentes lors de l’arrêt pour que le nettoyage continue même si certaines opérations échouent.

Cependant, la situation sur les nouvelles versions des différentes applications n’est pas claire. On ignore quand le correctif a été déployé, ni même s’il a bien été distribué. Nous avons contacté la fondation Signal et mettrons à jour cet article en cas de réponse.

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Un premier jailbreak fait sauter les verrous de la Switch 2

Une faille BASIC
Un premier jailbreak fait sauter les verrous de la Switch 2

Un jailbreak de la Switch 2 est en approche. En exploitant une série de failles, un bidouilleur est parvenu à exécuter du code dans le système de la console de Nintendo. Voilà qui ouvre la porte aux homebrews et à la modification de jeux, même si l’opération demeure complexe et que Nintendo veille au grain.

16 mois après son lancement, voici que déboule ce qui ressemble fort au premier jailbreak de la Switch 2. Sammy Hajhamid est parvenu à modifier Mario Kart World en y intégrant des pilotes inédits comme Peter Griffin, le patriarche de la série animée Family Guy, Red d’Angry Birds ou encore Hatsune Miku. Un exploit rendu possible par une bidouille qu’il décrit sur son blog.

Sonic, Steve de Minecraft, Walter White de Breaking Bad… Des pilotes jamais vus dans Mario Kart World. Image : Sammy Hajhamid

Le maillon faible

Le jailbreak passe par l’application SmileBASIC, qui permet d’exécuter des programmes BASIC sur la Switch 2 en tout bien tout honneur. Mais une erreur de calcul sur des entiers de 32 bits dans une commande permet de lire et de modifier de la mémoire en dehors des limites prévues.

Sammy Hajhamid a ensuite tiré partie d’une erreur dans le traitement des chemins du service qui s’occupe des systèmes de fichiers de la console. En l’occurrence, il s’agit d’un tampon temporaire trop petit permettant de lire et d’écrire dans la mémoire du service en question. Ça ne suffit pas pour exécuter de nouvelles instructions, mais on s’en approche.

En modifiant la mémoire de ce service, il devient possible de lui faire fournir un autre exécutable que celui attendu, tout en conservant les métadonnées authentiques du programme d’origine. Les vérifications de signature passent donc, mais le code chargé a été remplacé : le mécanisme de confiance est contourné. Le bidouilleur peut désormais exécuter son propre code avec les permissions d’un service système, puis s’en servir pour modifier le code du service de fichiers lui-même.

Un jailbreak sous contraintes

Le dépôt GitLab du bidouilleur permet de tester soi-même l’opération, pour peu qu’on dispose de SmileBASIC… qui n’est plus distribué dans l’eShop. Rien n’a été confirmé, mais il n’est pas interdit de penser que Nintendo est derrière le retrait précipité de cette application. L’histoire repasse ici les plats, puisque SmileBASIC avait déjà été utilisé pour des homebrews sur la 3DS.

Le tout a demandé deux semaines de travail au hacker, armé de Codex et d’un actionneur Bluetooth faisant office d’interrupteur : il appuyait sur le bouton d’alimentation de la console quand c’était nécessaire ! Ce jailbreak fonctionne avec la dernière version du système d’exploitation de la Switch 2 (23.0.1), mais il a une limite importante : il nécessite un ordinateur pour l’installer, et il doit être relancé après le redémarrage de l’appareil.

Malgré tout, c’est une première brèche qui pourrait ouvrir la voie à tout un monde de possibilités : des programmes homebrew, des mods, de l’ingénierie inverse et bien évidemment, des jeux piratés.

Il ne fait guère de doute que Nintendo regarde tout cela de très près, en ayant en tête ce qui s’était passé avec la Switch première du nom. Les premiers outils permettant d’exécuter des homebrews étaient apparus moins d’un an après son lancement, avant qu’une faille bien plus profonde ne facilite le développement des firmwares personnalisés et le piratage de jeux.

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« L’image la plus horrible de ce 17 octobre » émanait d’un site d’info généré par IA

« Flood the zone with shit »
« L’image la plus horrible de ce 17 octobre » émanait d’un site d’info généré par IA

Partagée des millions de fois dans le monde entier et instrumentalisée par l’extrême droite, la photo d’un couple de 80 ans en sous-vêtements, soi-disant dépouillés par des casseurs (ce que dément le parquet de Paris), avait été générée par IA. Elle provient d’un site d’information figurant depuis plus d’un an et demi dans notre base de données de sites d’informations générés par IA.

Le week-end dernier, la photo (générée par IA) d’un « couple de 80 ans », prétendument agressé et dévêtu en pleine rue en marge des manifestations place de la République, à Paris, est devenue d’autant plus virale qu’elle a aussi été instrumentalisée par l’extrême droite, y compris à l’étranger. Les Observateurs (la rubrique de fact-checking de France 24) ont depuis découvert qu’elle émanait de l’un des sites d’information identifiés par Next comme étant en tout ou partie générés par IA (GenAI).

Le journaliste des Observateurs avait en effet installé l’extension web (gratuite) que Next a développée pour « flaguer » et afficher un message d’alerte lorsque les personnes qui l’utilisent consultent un site d’infos dont « la majeure partie des articles semble avoir été générée par IA, mais sans le préciser ».

Dans un second article, Les Observateurs relèvent que trois jours après les faits, infos-israel.news a finalement reconnu en être à l’origine et publié un correctif précisant qu’il « ne documente aucun fait avéré ». Le 21 octobre, le site a même diffusé un visuel expliquant comment il avait repris l’information de BFMTV. De plus et depuis le 23 octobre, les visuels de sa page Instagram sont également tous accompagnés de la mention : « Illustration générée par IA sans lien avec les faits », ce qui n’était pas le cas jusque là.

Le site en question, pro-israélien et relayant de nombreux narratifs d’extrême droite, avait par ailleurs déjà été épinglé en 2024 sur Facebook pour y avoir partagé de « fausses informations » laissant entendre (à tort) que l’extrême gauche mettait le feu à Paris.

Notre enquête au long cours sur les sites d’information générés par IA (GenAI), entamée il y a plus d’un an et demi, a d’ores et déjà permis d’identifier plus de 19 500 sites d’information GenAI (rien qu’en français), auxquels nous avons consacré près d’une soixantaine d’articles.

Nous avions d’ores et déjà documenté, plusieurs fois, le fait que ces sites d’infos générés par IA relaient et propulsent de fausses informations. Cette nouvelle désinformation, elle aussi « générée par IA », est cela dit la première qui illustre et démontre à ce point que ces articles et sites GenAI, qui polluent le web, servent aussi d’ « armes de désinformation massive ».

Elle contribue en effet à l’objectif politique que s’était fixé Steve Bannon, l’ex-conseiller de Donald Trump, pour qui « la véritable opposition, ce sont les médias », ce pourquoi il proposa que « la façon de les traiter est d’inonder la zone avec de la merde » (« Flood the zone with shit », en VO).

« Pour moi, c’est l’image la plus horrible de ce 17 octobre »

« Pour moi, c’est l’image la plus horrible de ce 17 octobre », soulignait le tweet, cumulant plus de 60 000 partages, 160 000 likes et vu plus de 6 millions de fois, qui a contribué à rendre l’image virale (sans préciser qu’elle avait été générée par IA). Posté depuis Israël par une militante d’extrême droite qui parle de « terroristes émeutiers », son message signalait en outre que « l’image devrait être un signal d’alarme pour tout l’occident […] L’image d’une gauche radicale qui a sacrifié votre propre identité pour faire de votre pays une zone de guerre. »

Il a depuis été relayé par de nombreuses personnalités d’extrême droite, de Sirènes (l’influenceur complotiste qui avait interviewé Thérèse, la starlette porno ayant soi-disant créé une crèche pour bébés reborn) à Alice Cordier, la présidente du collectif identitaire Némésis.

L’image a aussi été partagée par plusieurs figures internationales, comme l’islamophobe britannique Tommy Robinson ou le polonais ultraconservateur Visgegrad 24, le chef du parti d’extrême droite espagnol Vox Santiago Abascal, et jusqu’à C14, une chaîne de télévision israélienne accusée de discours génocidaires, sous le titre : « l’Islam conquiert l’Europe ».

« Illustration générée par IA, ne documente pas un fait avéré »

Outre les Observateurs, plusieurs fact-checkeurs ont depuis retracé le cheminement de cette fake news, des Surligneurs à la rubrique Factuel de l’AFP en passant par la RTBF.

Consultant police-justice de BFM TV, Dominique Rizet y expliqua en direct ce samedi 17 octobre, aux alentours de 21 h « recevoir des messages de policiers qui me disent les gens victimes de pillage appellent au poste en pleurant, à Paris » :

« Je viens de lire – ce sont des informations de police – qu’un couple de 80 ans a été agressé à République, ils se sont fait dépouiller et se sont retrouvés quasiment nus place de la République. Et on va apprendre, dans les jours qui viennent, tout un tas de choses comme ça. »

Une séquence vidéo rapidement partagée par l’agrégateur d’infos d’extrême-droite Fdesouche.com (archive), qui avança à 22h10 sur X.com qu’ « un couple de 80 ans a eté depouillé de ses effets personnels ». Tout en y rajoutant le fait qu’il aurait aussi été « roué de coups et retrouvé nu dans la rue », ce que Dominique Rizet n’avait pas évoqué.

À 22h22, Infos-Israel.news partagea sur X.com et Instagram un photomontage évoquant « un couple de retraités dépouillé », illustré d’un photomontage estampillé « Made with AI » par X.com montrant deux personnages âgés, en sous-vêtements, dans la rue, entourés de deux individus noirs vêtus.

L’article associé indique aujourd’hui que ce photomontage est une « Illustration générée par IA, ne documente pas un fait avéré », mais ce n’était pas le cas lorsqu’elle avait pour la première fois été archivée. Accessoirement, les images générées par IA du couple de personnes âgées ne sont pas les mêmes sur le tweet et dans l’article.

CheckNews relevait dimanche dernier que l’image en question avait également été partagée par le syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI, historiquement majoritaire au sein du corps de commandement de la Police nationale – qui l’a depuis effacée). Mais aussi et surtout qu’elle avait été générée ou modifiée grâce à des outils d’IA, « comme l’indiquent plusieurs outils de détection de référence ».

La RTBF et la rubrique Factuel de l’AFP parvenaient au même constat, tout en relevant « plusieurs incohérences visuelles » :

« Malgré la qualité très dégradée de la photo, plusieurs incohérences visuelles interpellent : à gauche, deux personnes cagoulées font face à une femme, mais seule l’une de ces deux personnes a des jambes. A droite, la personne vêtue de noir ne semble avoir qu’une seule jambe et au centre, la main de la femme est déformée, notamment au niveau de son pouce. »

Ce lundi 19 octobre, soit quarante-huit heures après les faits présumés, le parquet de Paris assurait à CheckNews « ne pas [avoir] de remontées en ce sens à ce jour », tout en appelant « à la prudence » concernant des images censées documenter l’agression.

Les Observateurs relevaient de leur côté que le fait qu’ « on retrouve la bordure blanche qui sépare les images dans le montage d’Infos-Israel.news dans l’image qui a été partagée ces derniers jours » était le signe, voire la preuve, que l’image virale provenait bien du montage du média pro-israélien.

« Deux chercheurs extraterrestres » annoncent la troisième guerre mondiale

Ce mardi 20 octobre, Nathan Gallo, le journaliste de France 24 ayant fact-checké cette infox pour le compte des Observateurs, nous a contactés pour en savoir plus concernant l’ajout de ce site dans notre base de données. Il avait en effet constaté que notre extension GenAI « flaguant » les sites d’informations générés par IA s’était affichée lorsqu’il avait consulté infos-israel.news, ainsi que deux autres sites associés, rakbeisrael.buzz et alyaexpress-news.com.


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☕️ 1Password permet aux agents d’utiliser les mots de passe, mais sans les voir



Le gestionnaire de mots de passe 1Password ajoute une nouvelle corde à son arc. Dans un billet publié le 22 octobre, l’entreprise a présenté une nouvelle plateforme baptisée « 1Password for Agents » pour fluidifier l’utilisation des identifiants stockés dans la base, mais sans les voir.

Dans le scénario décrit par 1Password, un agent arrive sur un formulaire de connexion. Il interroge alors le gestionnaire de mots de passe, déclenchant une demande d’approbation par l’utilisateur. Si ce dernier confirme, 1Password remplit lui-même les champs d’identifiants, l’agent n’ayant pas accès à ces informations.

Pour réaliser l’opération, l’agent s’authentifie auprès de 1Password via une clé unique propre. Quand la connexion est faite, le gestionnaire supprime l’identifiant de la page pour que l’agent ne puisse jamais le voir ou le réutiliser. Dans le cas où plusieurs identifiants correspondent à un même formulaire, l’utilisateur est invité à choisir l’agent à utiliser. Ce dernier n’accède pas non plus au reste du coffre.

Ce mécanisme est clairement une évolution du complément 1Password for Claude lancé en juillet. Cette fois cependant, il s’agit d’une plateforme disposant d’intégrations pour Muse de Meta, Claude Duet d’Anthropic, ChatGPT Work et Dots d’OpenAI, Grok Bot de SpaceXSI (anciennement SpaceXAI, encore plus anciennement xAI) et Townie de Town. Selon les cas, la compatibilité est en cours de déploiement ou doit arriver « bientôt ». 1Password prévoit également l’intégration dans Instinct, Browserbase, Browser Use, Dana, KERNEL, Perplexity, Ramp, Tomo et Wajo.

1Password prévient toutefois que ce mécanisme ne sert qu’à protéger les identifiants, pas à contrôler l’agent lui-même. L’entreprise ne peut pas agir sur ce que l’agent fera avec ces identifiants, mais le problème était exactement le même en entrant manuellement les mots de passe pour réaliser une opération.

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DNS : Quad9 quitte la France après avoir été condamnée face à BeIN pour défaut de blocage

Jeu, set et match
DNS : Quad9 quitte la France après avoir été condamnée face à BeIN pour défaut de blocage

La fondation suisse qui fournit des services de DNS jette l’éponge en France après avoir été contrainte de bloquer des noms de domaine de sites de streaming sportifs dont BeIN Sports France avait les droits exclusifs.

Les internautes français ne pourront bientôt plus utiliser les serveurs DNS du fournisseur Quad9. En effet, après une décision de justice, l’entreprise suisse a annoncé ne pas pouvoir assurer son service correctement auprès de ses utilisateurs dans le monde tout en s’y conformant à long terme.

Ce n’est pas la première fois qu’un fournisseur de DNS prend une telle décision. En effet, en 2024, OpenDNS s’était résolu à arrêter de proposer ses services en France à cause d’une décision de justice similaire. À l’époque, l’entreprise américaine était en conflit avec Canal+.

Le litige : le blocage de sites de streaming du tournoi de tennis féminin de la WTA

Cette fois-ci, c’est BeIN Sports France qui incite la fondation suisse à suivre. Le 13 mai dernier [PDF], la chaîne de télévision sportive qatarie avait obtenu devant le Tribunal judiciaire de Paris l’ordre donné à Google et à Quad9 de bloquer, sur le territoire français, l’accès via leurs serveurs DNS respectifs à une liste de sites et services IPTV qui permettaient de regarder le tournoi de tennis féminin de la WTA. Cette décision prévoyait un blocage jusqu’à la fin du tournoi, c’est-à-dire jusqu’au 14 novembre prochain, et ce dans un délai de trois jours maximums suivant la signification de la décision.

Mais Quad9 ne s’y est pas plié et a fait appel. Problème, le jugement était revêtu d’une exécution provisoire. BeIN a relancé la procédure en septembre en faisant assigner la fondation suisse devant le même tribunal pour la forcer à appliquer la décision de justice prise en mai. Le jugement rendu ce 21 octobre (dont Quad9 diffuse la décision, PDF) a décidé d’une astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter du prononcé de la décision jusqu’à la fin du tournoi. BeIN Sports demandait « une astreinte de 10 000 euros par jour de retard et par nom de domaine ou sous-domaine demeurant accessible via les services de Quad9 », ce qui, selon la fondation, aurait donné un total de 580 000 € par jour.

Quad9 retire l’accès à ses services en France à partir du 24 novembre

Dans un billet de blog intitulé « Ce n’est qu’un au revoir, la France », Quad9 qualifie de « bonne nouvelle » le fait que le tribunal a « considérablement réduit » la pénalité financière. Elle annonce, cependant, qu’ « à compter du 24 novembre, Quad9 ne sera plus en mesure d’offrir son service gratuit de cyberprotection aux utilisateurs situés en France ». Pour la fondation suisse, la mise en conformité de la décision juridique française « est techniquement irréalisable, et son exécution contredit directement notre mandat d’intérêt public ».

Elle explique sa décision par son refus de mettre en place un dispositif qui altérait les réponses DNS : « Nous ne pouvons pas nous conformer à cette décision sur le long terme tout en restant fidèles à notre mission de protéger votre vie privée, de vous défendre contre les cybermenaces et de préserver l’intégrité d’Internet. Pour nous, la résolution DNS récursive est un service neutre et passif. Nous refusons catégoriquement d’altérer ou de vous mentir sur les réponses DNS que vous recevez contre vos attentes ».

Quad9 précise que son appel est toujours en cours et que « nous continuerons de défendre notre position devant les tribunaux dans cette affaire comme dans toutes celles que nos moyens permettront de mener ».

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Six failles dans le noyau Linux publiées « accidentellement » sur une liste publique

Oups ?
Six failles dans le noyau Linux publiées « accidentellement » sur une liste publique

La Zero Day Initiative de Trend Micro a envoyé six rapports de failles de sécurité sur des listes de diffusion publiques du noyau Linux, avec de nombreux détails. Le caractère accidentel de ces publications est contesté. Le danger, bien que limité, est réel pour certaines configurations.

Les 21 et 22 octobre, six rapports de vulnérabilités ont été envoyés par Trend Micro sur des listes publiques rattachées au développement du noyau public. Plus précisément, ces rapports ont été adressés à la liste de sécurité privée du noyau, mais les listes publiques linux-kernel, linux-cifs, netdev et dri-devel figuraient en copie. Les détails techniques, avec les chemins de code et les traces KASAN, sont depuis publics alors qu’aucun correctif n’est encore publié.

Six vulnérabilités, dont deux critiques

Parmi les rapports, deux concernent des failles critiques dans ksmbd. La première, estampillée par Trend Micro ZDI-CAN-33774, réside dans une situation de compétition dans l’affectation de la table de traitement. Si l’on envoie une rafale de paquets SMB1 courts suivie d’un paquet SMB2 dans la même écriture TCP, les processus de travail traitent alors les données SMB1 avec un gestionnaire SMB2, qui va lire au-delà de la mémoire tampon. Une écriture hors limites devient ainsi possible, à condition que le pirate ait accès à un partage, mais aucune autorisation n’est nécessaire, expliquant le score CVSS de 9 sur 10.

L’autre faille, ZDI-CAN-33549, est un dépassement par le bas d’un entier (integer underflow) dans le chemin SMB Direct de ksmbd. Un client peut envoyer des descripteurs de tampon RDMA dont le premier est plus long que la charge annoncée. Le compteur de taille du serveur repasse alors par zéro et une copie mémoire déborde ensuite du tampon alloué. Pour l’exploitation en revanche, il faut réunir trois conditions : une interface compatible RDMA (matérielle ou le pilote logiciel rxe), un partage ksmbd accessible en écriture et un client qui négocie SMB Direct. À noter cependant que le support de SMB Direct est une option, désactivée par défaut. Le score CVSS est quand même de 9, confirmant la criticité de la brèche.

Ces notes sont attribuées via CVSS 3.1, le caractère critique débutant à 9. Trois autres failles – ZDI-CAN-33367, ZDI-CAN-34068 et ZDI-CAN-34076 – sont tout de même dans la tranche élevée, avec des notes comprises entre 7,8 et 8,8. Elles concernent respectivement une élévation locale de privilèges dans skb_zerocopy (réseau), une élévation locale de privilèges dans le pilote de GPU virtuel vmwgfx (VMware) et une divulgation d’informations dans nvmet (un pilote NVMe). La sixième faille, ZDI-CAN-32005, est un dépassement de pile (stack overflow) dans ConnMan, mais aucun score CVSS n’est rattaché.

Bien que le danger soit limité à certaines configurations spécifiques (ksmbd est un serveur compatible Samba mais n’est pas Samba), il est réel. Dans le contexte de publication de ces failles, il est probable qu’aucun correctif ne sera disponible avant plusieurs semaines.

Accident ou respect des nouvelles règles du noyau ?

Phoronix est le premier site à s’être rendu compte de ces publications. Pour nos confrères, il s’agissait clairement d’une bourde importante. D’ailleurs, Greg Kroah-Hartman en personne, le mainteneur principal du noyau Linux, s’est étonné et agacé dans des réponses à ces publications. Sur le pilote GPU VMware par exemple, il a répondu : « Pour une raison quelconque, vous avez envoyé cela dans des listes publiques, sans correctif, donc nous ne pouvons pas faire grand-chose avec ça ». L’agacement est monté d’un cran sur le rapport du pilote NMVe : « Encore une fois, pas de correctif, et envoyé sur une liste publique ? Merci de corriger votre processus de soumission… ».

Mais en dépit de ces réponses, certains médias s’interrogent : s’agissait-il vraiment d’un accident ? Cyber Kendra note ainsi que les rapports attribuent clairement la découverte des failles à TrendAI, le scanner IA de vulnérabilités de Trend Micro. Or, selon la documentation sur les failles de sécurité dans le noyau, réécrite et fusionnée pour le noyau Linux 7.1, indique que toute vulnérabilité trouvée grâce à l’IA doit être considérée comme publique et envoyée aux mainteneurs concernés plutôt que sur la liste privée.

Nos confrères rappellent que cette règle est une conséquence directe de l’agacement de Linus Torvalds sur le caractère « presque totalement ingérable » de la liste privée de sécurité depuis l’émergence des outils IA. Mais selon ces mêmes directives, les découvreurs de failles doivent joindre des correctifs ou des analyses d’impact. Les rapports de Trend Micro ne contenaient ni l’un ni l’autre, expliquant en partie l’agacement de Greg Kroah-Hartman.

The Hacker News évoque les mêmes règles et ne mentionne d’ailleurs jamais le caractère éventuellement accidentel de ces publications.

Nous avons contacté Trend Micro et mettrons à jour cette actualité si nous obtenons une réponse.

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☕️ La dernière platine Blu-ray 4K de Sony disparaît au Japon



Sony avait dévoilé en 2000 les premiers prototypes des disques Blu-ray, et trois ans plus tard, le constructeur lançait le premier lecteur. Une grande histoire qui se termine discrètement : la dernière platine Blu-ray 4K signée Sony est en rupture de stock et elle ne sera pas réapprovisionnée.

Au terme d’une bataille homérique, le Blu-ray (soutenu par Sony, Panasonic, Pioneer ou encore Philips) a eu la peau du HD DVD quand son principal promoteur, Toshiba, a annoncé la fin de la production du format en 2008.

Le successeur du DVD n’a jamais connu le même succès, notamment parce que le dématérialisé (téléchargement et streaming) a fini par s’imposer dans les usages. Il reste malgré tout un marché de niche pour ce format physique que Sony entend bien enterrer, après avoir largement contribué à le faire naitre.

L’UBP-X700/K. Image : Sony

Le constructeur a ainsi cessé de vendre son dernier lecteur Blu-ray Ultra HD 4K, l’UBP-X700/K, au Japon. Kunkoku, un revendeur Sony, a annoncé que la commercialisation du produit cesserait le 22 octobre. Sur la boutique en ligne du constructeur, l’appareil est affiché en rupture de stock, sans réapprovisionnement prévu. Il n’y a pas eu de communiqué de presse ni de confirmation plus officielle, mais Kunkoku rappelle qu’il n’existe aucun successeur de ce modèle lancé en mai 2025.

La platine est toujours disponible en Europe, au prix de 290 euros environ, ainsi qu’aux États-Unis. Comme le rappelle FlatPanelsHD, cette rupture de stock au Japon pourrait bien précéder la fin des haricots partout ailleurs dans le monde pour ce modèle. En février, Sony annonçait déjà l’arrêt des enregistreurs de Blu-ray, en précisant au site AV Watch que la production de lecteurs Blu-ray Full HD (1080p) et de DVD se poursuivrait… mais jusqu’à quand ?

Tout n’est pas complètement perdu pour autant pour les amateurs de galettes 4K : la PS5 prend toujours en charge les Blu-ray UHD via son lecteur de disques (mais n’est malheureusement pas compatible Dolby Vision, contrairement à la platine en rupture de stock). Mais la PS6 pourrait bien faire une croix définitive sur le format, suite à l’annonce de Sony d’arrêter les supports physiques pour les jeux PlayStation en janvier 2028.

Panasonic continue vaille que vaille de commercialiser des lecteurs Blu-ray UHD, ainsi qu’une poignée de constructeurs chinois.

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TorchTPU : Google répond à AWS sur l’entrainement des modèles

Coucou Amazon, coucou NVIDIA
TorchTPU : Google répond à AWS sur l’entrainement des modèles

Alors qu’AWS vient de lancer son TorchNeuron pour permettre aux entreprises intéressées d’entrainer leurs modèles sur les puces maison Trainium, Google a fait une annonce similaire avec TorchTPU. Comme le nom l’indique, il s’agit cette fois d’orienter les calculs vers les puces TPU fournies par Google. Celle-ci met cependant en avant son partenariat avec Meta pour PyTorch.

Google propose désormais sa propre pile logicielle permettant d’exécuter PyTorch directement sur ses TPU, sans passer par une couche d’adaptation. L’annonce, faite durant la PyTorch Conference 2026, suit de près celle d’Amazon Web Services avec son TorchNeuron.

Rappelons que PyTorch est une bibliothèque permettant, entre autres, de construire et d’entrainer des modèles IA. Comme nous l’indiquions dans notre actualité sur TorchNeuron, PyTorch a besoin d’une couche intermédiaire pour traduire les opérations en instructions reconnues par le matériel. Dans la grande majorité des cas, cette couche est CUDA, une technologie propriétaire que NVIDIA travaille depuis longtemps pour s’assurer que tous types de calculs pourront être exécutés sur ses GPU.

Au tour des puces TPU

Si l’objectif d’AWS avec TorchNeuron était de pouvoir rediriger ces calculs facilement vers ses puces Trainium, Google fait maintenant de même avec ses TPU.

Jusqu’à présent, pour exploiter ces puces dans le cloud de Google depuis PyTorch, il fallait passer par XLA, une solution que Google présente désormais comme peu naturelle. Le dépôt GitHub de XLA a d’ailleurs été mis à jour pour indiquer que le projet est à présent déprécié et remplacé par TorchTPU. Il sera archivé le 15 novembre, tout va donc aller très vite.

Le dépôt de TorchTPU est bien sûr déjà en ligne, le projet étant sous licence Apache 2.0 et donc open source. Deux modes d’exécution sont proposés. Le premier, eager, consiste à exécuter immédiatement le programme ligne par ligne, un cas jugé notamment utile pour chercher une erreur. Le second, torch.compile, analyse au contraire l’ensemble du programme avant de l’exécuter. TorchTPU permet de commencer avec le premier et de basculer dans le second si besoin.

Comme pour TorchNeuron, TorchTPU permet d’utiliser les puces de Google aussi bien pour l’entraînement que pour l’inférence. Google met largement en avant la compatibilité avec l’écosystème existant. TorchTitan, conçu pour répartir les calculs d’entraînement sur des milliers de puces, est par exemple de la partie. Selon Google, son fonctionnement a affiché une montée en charge linéaire jusqu’à 8 129 TPU. VeRL, pour l’apprentissage par renforcement, Ray, pour la répartition des étapes des chaînes de traitement, vLLM, un serveur faisant tourner les modèles de langage, ou encore SDLang et llm-d sont cités.

Pour Google, il s’agit d’un point clé dans son annonce. Cette logique de compatibilité apparait clairement dans plusieurs cas. Pour vLLM et SGLang par exemple, l’annonce précise que les ordonnanceurs, les modèles de travail et les serveurs d’API d’origine sont conservés, et que les piles d’inférence existantes peuvent être reprises telles quelles. Pour VeRL, le code des modèles et des algorithmes reste indépendant du matériel. Pour Hugging Face, également de la partie, un paramètre (device_map= »tpu ») suffit.

Le même goulot que chez Amazon

Les problématiques et les enjeux sont à peu près les mêmes que chez AWS. Google a tout intérêt à appuyer dans cette direction pour réduire la dépendance très présente de l’écosystème IA à NVIDIA. En réduisant autant que possible les frictions à utiliser les puces TPU, Google cherche donc à s’assurer une nouvelle place de choix dans l’entraînement des modèles comme dans leur inférence.

Il y a tout de même une différence notable dans TorchTPU : Meta participe directement au projet. Ayant créé PyTorch initialement (le projet est géré par la Linux Foundation depuis 2022), l’entreprise reste très impliquée dans son développement. Selon Digitimes, Meta est l’un des plus gros clients de NVIDIA. Elle chercherait donc activement à réduire sa dépendance, l’entreprise ayant également testé la location de capacité TPU auprès de Google Cloud.

Notez que Google, pas plus qu’Amazon, ne parle ouvertement de lutte contre NVIDIA. Mais il est difficile d’évoquer un PyTorch « plus indépendant » sans faire un clin d’œil à la firme de Santa Clara.

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Chez Contabo, le prix d’un VPS se joue au tirage au sort, de 6,6 à 13,2 euros

Joyeux Hunger Games !
Chez Contabo, le prix d’un VPS se joue au tirage au sort, de 6,6 à 13,2 euros

Imaginez, vous cherchez un VPS chez Contabo. Problème, les prix ne correspondent pas à ce que vous avez vu sur Internet. C’est ce qui nous est arrivé et nous en avons cherché la raison. Surprise, il s’agit d’un tirage au sort. Contactée, l’hébergeur n’y voit pourtant aucun problème.

Après un comparatif de VPS européens à moins de 5 euros, nous allons publier très rapidement celui à moins de 10 euros, avec une quarantaine de références de plus de 10 hébergeurs. Lors de nos recherches, nous sommes tombés sur un cas assez surprenant chez Contabo, une société basée en Allemagne. Ce n’est pas un problème de performances ou de (cyber)sécurité comme avec VPS1Euro et son matériel daté, mais des prix à la tête du client… pardon avec un tirage au sort.

Pour un même serveur, vous préférez payer 6,6, 9 ou 13,2 euros ?

Contabo propose des serveurs dédiés et des VPS avec des prix qui se veulent abordables, comme son Cloud VPS 4 à partir de 5,28 euros par mois avec un engagement de 24 mois ou 6,6 euros sans engagement, pour 4 cœurs virtuels (vCore), 8 Go de mémoire et 100 Go de stockage. L’hébergeur a plutôt bonne presse, avec une note de 4,6 sur 5 chez Trustpilot pour 11 555 avis. Mais alors, où est le souci ?

Le tarif est fluctuant : 6,6 euros par mois est l’un des trois tarifs proposés aux clients. Contabo affiche aussi parfois 9 euros et même 13,2 euros pour exactement le même VPS. On a beau chercher, les caractéristiques techniques sont exactement les mêmes ! Le prix, toutefois, varie du simple au double.

Nous avons trouvé la raison dans le code source de la page de l’hébergeur.

Un « test » dans sept pays, dont la France


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Xbox Series X/S, PS5 : des graphismes améliorés sans changer de console

AMD au secours des consoles actuelles
Xbox Series X/S, PS5 : des graphismes améliorés sans changer de console

Les bonnes nouvelles se font tellement rares dans le monde du jeu vidéo qu’on ne va pas bouder celle-ci. AMD et Microsoft ont trouvé le moyen d’améliorer la qualité graphique des jeux sur les Xbox Series X/S, sans avoir à changer de console. Un chemin déjà emprunté par Sony pour la PS5.

Entre des prix qui ne cessent de grimper, les licenciements à gogo et la fermeture de studios légendaires, l’actualité du jeu vidéo est assez déprimante ces derniers mois et ces dernières années. Autant dire qu’on ne va pas laisser passer une bonne nouvelle. AMD a en effet annoncé le 20 octobre l’expansion du FSR Upscaling 4.1 à de nouveaux matériels et composants.

L’IA au secours des vieilles Radeon…

La technologie de reconstruction d’images (upscaling) est disponible depuis l’an dernier sur les cartes graphiques Radeon RX 9000. Depuis, le fabricant descend en gamme. Les RX 7000 y ont eu droit en juillet dernier, et c’est désormais au tour des RX 6000, des GPU lancés en 2020 et toujours très utilisés par les joueurs : « [ils] bénéficieront d’une amélioration significative de la qualité d’image par rapport à la solution FSR 3.1 dont ils disposaient jusqu’à présent », promet AMD.

Plutôt que de demander au GPU d’afficher une image en 1440p ou en 4K, il va calculer un rendu dans une définition inférieure (1080p ou moins), puis l’algorithme se charge de reconstruire l’image dans une définition supérieure. La puissance économisée dans l’opération libère le GPU pour améliorer d’autres effets ou pour maintenir une fréquence d’affichage plus stable.

L’approche d’AMD a été différente de celle de NVIDIA pour le DLSS. Cette technologie d’upscale a, depuis sa première version en 2018, fait appel à l’apprentissage automatique (machine learning) pour la reconstruction des images. De leur côté, les trois premières générations du FSR ont reposé sur des algorithmes de reconstruction traditionnels. Cela a permis au FSR de s’ouvrir les portes d’un très grand nombre de GPU, y compris ceux de NVIDIA et d’Intel. En contrepartie, les performances ont souvent été à la remorque de celles du DLSS ou d’autres techniques basées sur des réseaux neuronaux.

Le FSR Upscaling 4.1, lui, est l’un des quatre composants de FSR Redstone, une suite de technologies graphiques que les développeurs peuvent utiliser séparément. On y trouve le FSR Frame Generation, qui génère des images intermédiaires pour augmenter la fluidité visuelle, le FSR Ray Regeneration qui élimine le bruit des images calculées par ray tracing et en améliore la qualité, et le FSR Radiance Caching pour accélérer les calculs de ray tracing.

Toutes ces technologies ont pour point commun d’exploiter le machine learning (à ne pas confondre avec l’IA générative), mais seul le FSR Upscaling 4.1 a été adapté aux GPU sous architecture RDNA 3 (RX 7000) puis RDNA 2 (RX 6000). Les trois autres piliers de Redstone sont destinés aux GPU RDNA 4, autrement dit les GPU AMD les plus récents. Les RX 6000 ne bénéficieront donc que du FSR 4.1, mais cela représente tout de même une avancée très intéressante.

Le FSR 4.1 offre en effet une reconstruction plus précise de l’image agrandie, notamment sur les détails fins et les objets en mouvement. En plus des RX 6000, la technologie est aussi disponible sur les systèmes Ryzen AI Max (des APU mobiles pour les portables haut de gamme et les stations de travail), les Ryzen Z2 qui équipent des consoles portables comme la ROG Xbox Ally X d’Asus et, surprise, les Xbox Series X/S.

… et de la Xbox Series S


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Après ses clés passoires, eMudhra met la clé sous la porte des certificats

C'est la faute des réseaux sociaux !
Après ses clés passoires, eMudhra met la clé sous la porte des certificats

eMudhra jette l’éponge : l’entreprise indienne a décidé de mettre « volontairement » un terme à son activité de certification SSL/TLS, après la découverte de son incroyable défaillance cette semaine.

Pointé du doigt et parfois moqué par une bonne partie de la planète tech depuis quelques jours, eMudhra a annoncé ce jeudi 22 octobre son retrait du marché des certificats HTTPS (PDF). Huit clés de chiffrement avaient été très mal générées par l’autorité de certification indienne : leurs valeurs tenaient sur 8 bits, alors qu’elles auraient dû l’être sur 384 bits (48 octets). Une clé portait ainsi le numéro… 4. Juste 4.

Une image de marque en miettes

eMudhra s’est défendue en parlant d’« erreurs humaines » à plusieurs étapes du processus. Des erreurs qui permettaient à n’importe qui de générer de faux certificats HTTPS pour des domaines qu’il ne contrôlait pas, permettant ainsi d’usurper un site légitime. Les navigateurs web ont été mis à jour très rapidement pour refuser les certificats générés à partir de ces clés, mais pas forcément certains services en ligne, applications ou objets connectés qui n’y voient que du feu faute de mise à jour.

L’entreprise assure avoir « traité cet incident avec diligence, révoquant les autorités de certification concernées dans les 14 heures suivant sa découverte et le signalant rapidement ». Elle rappelle qu’« aucun certificat destiné à un utilisateur final n’avait été émis par les autorités de certification concernées », que son infrastructure « n’a pas été compromise et aucune donnée n’a été dérobée ».

Alors, tout va bien ? Pas vraiment. Les exigences de souveraineté des données et de conformité rendent cette activé SSL/TLS « de plus en plus complexe et coûteuse au fil des années » alors que d’autres grands acteurs délivrent gratuitement ces certificats. Pour eMudhra, le potentiel commercial et le retour sur investissement ont « considérablement diminué », alors que ce business ne représente que 1 % de son chiffre d’affaires mondial. Un poids faible donc, mais il n’empêche que la défaillance fait courir de sérieux risques aux internautes.

Pour justifier son retrait, eMudhra n’avance pas que l’argument économique. L’autorité vide son sac, et il est lourd : « l’amplification de cet incident sur les réseaux sociaux a suscité une attention disproportionnée par rapport à la place du SSL/TLS dans nos activités ». La réputation du groupe en a pris un coup. Par conséquent, « nous consacrerons nos efforts aux domaines dans lesquels nous créons le plus de valeur pour nos clients, en nous recentrant sur nos principales solutions pour les entreprises et sur les services de confiance autres que le SSL/TLS. »

Les clients d’eMudhra se verront proposer le remplacement gratuit de leurs certificats par des certificats fournis par des partenaires. L’entreprise s’engage à maintenir le bon fonctionnement des services de révocation et de vérification du statut des certificats jusqu’à ce qu’ils aient expiré ou qu’ils aient été remplacés. Elle promet aussi un rapport détaillé sur l’incident.

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☕️ Trump veut rebaptiser l’Atlantique, Google aurait dit non



Tout à sa volonté de rebaptiser tout et n’importe quoi suivant l’humeur du moment, Donald Trump s’est trouvé deux alliés très zélés : Google et Apple. Le petit doigt sur la couture du pantalon, les opérateurs de deux des apps de guidage et de cartographie les plus utilisées au monde n’ont pas perdu de temps pour rebaptiser le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique », et le lac Ontario en « lac d’Amérique ». Pourquoi ne pas voir encore plus grand ?

« Nous avons un lac et un golfe, maintenant il nous faut une rivière et un océan », a déclaré le président américain durant un meeting ce mercredi 21 octobre, repris par le Washington Post. « Je n’aime que deux océans : l’Atlantique et le Pacifique. Je ne vais mettre ni « Trump » ni « Amérique » sur aucun autre océan que ces deux-là ». Sa préférence est finalement tombée sur l’océan Atlantique. Selon les dires du locataire de la Maison-Blanche, il a appelé Sundar Pichai, directeur général de Google, pour lui demander s’il pouvait se charger de ce changement.

Fort heureusement pour les autres pays qui bordent l’océan Atlantique, le patron du géant du web aurait répondu par la négative à la demande présidentielle. « Non, non, non. Cette fois, je ne le ferai pas » car « les océans, c’est différent » au vu des frontières partagées (manifestement, le respect des frontières avec le Mexique et le Canada peut être bafoué plus facilement). « S’il vous plait, ne nous demandez pas de faire ça », aurait-il ajouté.

Gardons à l’esprit que Google n’a pas confirmé la petite histoire de Trump, qui a semblé convaincu par l’argument de Pichai… avant que l’histoire revienne sur la table un jour ou l’autre.

Dans le cas du lac Ontario, les utilisateurs américains de Google Maps et Apple Plans voient le nouveau nom, ceux basés au Canada continuent de ne voir que le nom normal, et les utilisateurs ailleurs dans le monde ont droit aux deux noms. Il en va de même pour le golfe du Mexique. Les deux entreprises expliquent suivre les changements du GNIS (Geographic Names Information System) américain.

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Bureautique, collaboration : la Cour des comptes fait ses calculs et étrille la DINUM

La Cour décompte
Bureautique, collaboration : la Cour des comptes fait ses calculs et étrille la DINUM

La Cour des comptes vient de publier un rapport sur l’usage des outils bureautiques et collaboratifs au sein de l’État. Les constats y sont nombreux et pour la plupart négatifs. La Cour préconise donc un plan homogène de modernisation avec un passage plus poussé au libre. Des recommandations accueillies « favorablement » par le Premier ministre.

La Cour des comptes a publié le 20 octobre trois documents liés : un rapport complet sur les outils bureautiques et collaboratifs au sein de l’État, sa synthèse et la réponse du Premier ministre. Ce rapport fait suite à une enquête, qui répondait elle-même à une saisine citoyenne.

Le rapport couvre les administrations centrales et les services déconcentrés des ministères. Même si les opérateurs, la Sécurité sociale, les hôpitaux et les collectivités en sont exclus, le parc ainsi analysé compte tout de même 860 000 postes. Quatre ministères concentrent près de 90 % de ce nombre imposant : Intérieur (34 %), Armées (23 %), Économie et finances (18 %), Justice (11 %).

La Cour des comptes s’est donné la mission de répondre essentiellement à deux questions : Comment les outils bureautiques et collaboratifs sont utilisés ? Peut-on faire mieux ?

Un parc très hétérogène

Cela ne surprendra personne, mais le premier constat est que les différents parcs informatiques sont très hétérogènes. La doctrine qui a toujours prévalu jusqu’à récemment est que les ministères sont libres de leurs choix. D’un côté, cela permet une adaptation simple aux spécificités et donc aux besoins de chacun. De l’autre côté, chacun fait à sa manière, avec les fortes disparités qui en découlent.

Malgré cette grande hétérogénéité, la suite Office de Microsoft est utilisée presque partout. Deux grandes exceptions sont signalées : la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et la direction générale des finances publiques (DGFiP), qui recourent massivement aux solutions libres. Dans le cas de la gendarmerie, même le système d’exploitation a été remplacé il y a longtemps (Gendbuntu), mais elle garde environ 2 500 postes avec Office. La Cour note également que quelle que soit la configuration choisie, le taux général de satisfaction est à peu près le même partout.

Cependant, le cadre a changé. « Face aux enjeux renouvelés de coordination et de souveraineté numérique, l’État a cherché à rationaliser les pratiques en place par des directives plus contraignantes, parmi lesquelles l’interdiction en 2021 du recours à la solution Microsoft 365, l’encadrement à partir de 2023 des outils de visioconférence et des messageries instantanées ou, en 2025 et 2026, le contrôle des achats numériques », indique ainsi la Cour des comptes.

La DINUM épinglée pour suivi peu rigoureux

Signe des temps, le rapport note l’utilisation croissante dans les ministères des outils rassemblés dans La Suite, développée par la DINUM. Si la Cour des comptes loue la création d’outils sur la base de logiciels libres respectant les exigences de souveraineté et d’interopérabilité, elle égratigne le recours aux startups d’État, modèle justement retenu par la DINUM, car il est souple et permet un financement rapide. En revanche, « il n’est pas adapté à l’édition logicielle professionnelle, qui suppose une vision du produit sur plusieurs années, une feuille de route technique robuste et un haut niveau de support, documentation et maintenance ».

La Cour se montre globalement critique face à la DINUM. La Direction n’a ainsi « pas fourni à la Cour de tableau de bord permettant un suivi précis des prestations réalisées, par module ou par intervenant ». Le seul suivi communiqué est comptable et qualifié de « parfois approximatif ». « Ce n’est pas du niveau attendu pour des solutions numériques ayant vocation à être opérées dans l’ensemble des administrations de l’État », fustige la Cour, qui épinglait déjà ce manque de rigueur en 2024. Selon le rapport, la DINUM a convenu de la nécessité de renforcer son suivi.

La DINUM en prend pour son grade sur un autre sujet. Elle est accusée de développer elle-même des logiciels, plutôt que de faire vivre l’écosystème d’entreprises françaises du libre. Interrogé dans le cadre de l’enquête, le CNLL (qui représente une partie des éditeurs de logiciels libres en France) a cité l’entreprise publique allemande ZenDiS comme référence, car elle assemble des briques libres en sous-traitant à sept entreprises pour produire openDesk. Là encore, le constat était sensiblement le même en 2024.

Malgré les critiques, le rapport estime que les résultats de La Suite sont « probants ». Tchap compte ainsi 368 000 utilisateurs actifs fin 2025 et ProConnect 930 000 connexions mensuelles. Cependant, La Suite a des limites connues et ne peut pas remplacer une suite bureautique, notamment car elle n’a ni tableur, ni outil de présentation, ni agenda. En outre, elle ne fonctionne qu’en ligne, la Messagerie n’est pas déployable à grande échelle à court terme et Docs assure surtout de la prise de notes collaborative.

Un coût en forte progression mais qui reste limité

La Cour relève une facture générale d’environ 100 millions d’euros pour l’année 2025 sur l’ensemble du parc analysé. Ce chiffre est en forte augmentation, avec + 50 % depuis 2021, contre + 16 % pour les dépenses de fonctionnement de l’État. Cependant, le même chiffre reste contenu, car il représente moins de 2 % du budget numérique total, estimé à 5,5 milliards d’euros.

Le coût moyen est de 87 euros par poste et par an, mais avec des écarts extrêmes : 20 euros à l’Intérieur et 378 euros à la Culture. Ce montant tient à de multiples facteurs, dont l’un des plus importants est l’utilisation de Microsoft 365. Contrairement à la suite Office, Microsoft 365 est un abonnement donnant accès à plus ou moins d’outils et d’espace de stockage selon le niveau choisi. Or, même si Microsoft 365 est interdit, certains ministères disposent d’une dérogation, dont la Culture.

Cette facture de 100 millions fait pourtant grincer la Cour, car il n’est pas issu d’un chiffrage précis : « Ce montant a été reconstitué par la Cour, qui a constaté que dans plusieurs ministères le suivi était lacunaire aussi bien pour ces dépenses – du fait d’une comptabilité analytique défaillante – que pour le parc informatique lui-même ».

Toujours sur cette année 2025, 61 millions d’euros étaient consacrés aux licences logicielles bureautiques et collaboratives, dont les quatre cinquièmes pour Microsoft, « sans compter les autres logiciels tels que le système d’exploitation Windows ». Le rapport liste également 26 millions d’euros pour les prestations et 13 millions alloués à la masse salariale des postes de maintenance et de support sur ces outils.

Quant à La Suite, son coût total depuis 2021 est d’environ 40 millions d’euros, en augmentation moyenne de 40 % par an. Cependant, et encore une fois, les « investigations menées à l’occasion de cette enquête montrent également que le suivi administratif et financier par la DINUM des prestations réalisées par les freelances aurait dû être plus rigoureux pour s’assurer de la juste adéquation entre les ressources allouées et les travaux réalisés ».

Il faut accentuer le passage au libre

Bien que la Direction interministérielle soit copieusement critiquée, ses développements ont quand même de quoi satisfaire et « suivent une trajectoire solide », note la Cour des comptes.

Le rapport insiste sur la nécessité de développer l’usage des logiciels libres, car ils sont « un gage d’indépendance des administrations publiques » et « économiquement plus vertueux ». En se basant sur les données recueillies, la Cour chiffre entre 30 et 65 millions d’euros les économies qui seraient réalisées dans l’ensemble des ministères par l’utilisation « plus systématique de logiciels libres bureautiques on-premises », c’est-à-dire sur site.

La Cour indique que les ministères souhaitent en majorité continuer à utiliser Office. Ils envisagent même de migrer sur les infrastructures de Bleu « lorsque les logiciels de Microsoft pourront y être exploités sous la qualification souveraine SecNumCloud ». Cependant, pour les mêmes motifs que précédemment, « il conviendrait plutôt de travailler à ce qu’une solution bureautique libre en mode cloud (interne à l’État ou qualifié SecNumCloud) puisse être proposée en alternative et devienne, à terme, la norme au sein des administrations de l’État ».

Quatre recommandations, accueillies favorablement

Le rapport de la Cour des comptes se termine par quatre recommandations, qui devraient toutes êtes engagées dès 2027 :

  1. Associer plus fortement les ministères à la conception de la feuille de route de La Suite ainsi qu’à sa gouvernance ;
  2. Intégrer les outils collaboratifs et bureautiques dans le périmètre de gouvernance de la DINUM ;
  3. Faire évoluer le modèle de développement de la Suite pour mieux s’appuyer sur des entreprises disposant d’une expertise en matière de logiciels libres ;
  4. Engager la convergence vers « des outils en mode cloud » et prévoir un plan de migration, « sur trois à quatre années au maximum », pour orienter les stratégies numériques des ministères et de leurs opérateurs.

Ces quatre recommandations ont été accueillies favorablement par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Dans sa réponse, celui-ci indique d’ailleurs que la création d’ARIANE (Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État) au 1ᵉʳ janvier 2027 permettra d’accélérer les travaux, puisqu’elle aura « notamment vocation à renforcer la cohérence des choix technologiques de l’État ».

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☕️ Une majorité d’Américains pensent que l’IA est une mauvaise chose pour la société



Alors que les élections de midterms approchent aux États-Unis (3 novembre), l’IA fait partie des sujets les plus importants dans la campagne électorale. L’installation des datacenters IA est notamment devenue un boulet électoral pour les républicains.

Jusque-là, Donald Trump faisait la sourde oreille et soutenait l’industrie de l’IA. Il a encore récemment enterré toute régulation de l’IA, misant sur la « responsabilité » des acteurs.

Le dirigeant états-unien a réagi ce mercredi 21 octobre à l’impopularité croissante de l’installation des datacenters IA. Il affirmé sur Truth Social : « J’ai imposé aux nouveaux centres de données, de grande taille, voire gigantesques dans certains cas, de produire leur propre électricité et de céder ou de vendre tout excédent à la communauté locale ou au réseau électrique, ce qui entraîne une hausse du prix de l’électricité. En fait, on pourrait assister à une baisse considérable. ».

Mais la réaction du leader du parti Républicain arrive bien tard. En effet, un nouveau sondage de l’Institut Ipsos pour le Washington Post et ABC News auprès de 2 545 Américains montre que 57 % d’entre eux pensent que l’IA est une mauvaise chose pour la société alors que 50 % pensent qu’elle est une bonne chose pour eux, personnellement.

Illustration : Flock

Deux tiers des sondés estiment que le gouvernement fédéral des États-Unis ne régule pas assez l’IA alors qu’ils ne sont que 9 % à penser qu’il régule trop cette technologie.

Si l’industrie insiste régulièrement sur de supposés risques d’extinction des humains dus à l’intelligence artificielle, les sondés sont plus inquiets du piratage de la sécurité des systèmes informatiques, des capacités des utilisateurs à prendre leurs propres décisions et de la suppression des emplois et de la montée des inégalités économiques :

Quand on leur demande en quoi l’IA peut apporter de bonnes choses, les Américains interrogés citent d’abord à 34 % le fait qu’elle pourrait avoir de grandes chances de faciliter les tâches du quotidien plus facilement et accentuer la domination de leur pays dans le domaine. Ils ne sont que 20 % à penser qu’il y a de grandes chances qu’elle permette aux personnes d’être plus productives. De même, peu d’entre eux (13 %) pensent qu’il est fortement possible que l’IA permette la création de nombreux emplois :

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Apple contraint d’ouvrir iOS aux boutiques et aux paiements concurrents en Australie

Brèche dans la prison dorée d'Apple
Apple contraint d’ouvrir iOS aux boutiques et aux paiements concurrents en Australie

La justice australienne force la main à Apple, qui devra ouvrir l’écosystème iOS aux boutiques alternatives, au sideloading et aux services de paiement tiers.

Après l’Union européenne (via le DMA), le Japon ou encore le Brésil, l’Australie rejoint donc la cohorte de pays exigeant d’Apple l’ouverture d’iOS à la concurrence. Un nouveau coup dur pour le business de l’App Store, dont le modèle s’effrite en raison des régulateurs et de la justice.

Boutiques alternatives et paiements tiers imposés à Apple

Suite à une action en justice engagée par Epic Games en 2020, un tribunal australien avait constaté les infractions en août 2025 : le juge estimait alors que le constructeur de Cupertino avait usé de pratiques anticoncurrentielles. En abusant de sa position sur le marché des apps iOS, Apple a bloqué d’autres canaux de distribution ainsi que des services de paiement alternatifs au sien (qui lui permet de prélever une dîme de 15 à 30 % sur les transactions).

Suite à cette décision, il fallait encore décider des mesures à appliquer. C’est chose faite depuis ce jeudi 22 octobre par une cour fédérale. Celle-ci exige d’Apple la possibilité d’installer des applications sur un iPhone sans passer par l’App Store. L’entreprise doit autoriser les téléchargements directs (sideloading) et les boutiques alternatives, les utilisateurs devant bénéficier par ailleurs des outils nécessaires pour installer et mettre à jour les apps.

Un système de notarisation devra également être mis en place (par Apple ou un tiers qualifié) pour vérifier la sécurité et la confidentialité des apps distribuées par des moyens alternatifs. Il s’agira d’une vérification technique, pas d’un moyen détourné de contrôler ces applications. Apple va aussi devoir faire une place aux systèmes de paiement concurrents, et les développeurs pourront intégrer dans leurs applications des liens vers des achats externes.

L’entreprise ne pourra pas facturer de frais sur les achats de contenus numériques effectués avec des moyens de paiement tiers pour les apps distribuées en dehors de l’App Store. Pour celles présentes dans la boutique officielle, les frais sur ces achats ne pourront pas dépasser ceux appliqués aux achats de biens ou services physiques avec un paiement tiers, augmentés des seuls coûts supplémentaires réellement et raisonnablement supportés par Apple pour les achats numériques. La décision ne fixe aucun pourcentage.

Des garde-fous pour empêcher Apple de verrouiller l’ouverture

Le texte de la cour contient aussi des ordonnances empêchant Apple de complexifier inutilement la mise en œuvre de ces solutions alternatives – les déclinaisons byzantines des dispositifs de conformité au DMA du groupe américain ont servi d’exemples à ne pas suivre.

Apple ne pourra pas facturer l’accès aux boutiques alternatives ou leur utilisation. Aucun frais ne pourra être imposé pour les outils indispensables à la distribution des apps, ni de conditions décourageant cette distribution. Les frais sur les paiements alternatifs sont également strictement limités.

Dans le même esprit, Apple a l’interdiction d’obliger un développeur à proposer le système de paiement de l’App Store en plus du sien, elle ne peut pas empêcher un développeur de vendre moins cher ailleurs, ou de le pénaliser parce qu’il utilise une boutique ou un paiement concurrent. Aucun rapport d’activité ou d’audit sur les transactions réalisées avec un moyen de paiement alternatif ne peut être réclamé par l’entreprise.

Enfin, Apple ne peut pas abuser des « scare screens » avant l’installation d’une boutique alternative. Il s’agit de ces panneaux prévenant l’utilisateur des risques supposés que représente une boutique tierce.

L’entrée en vigueur de ces mesures est fixée au 1er mars 2027. Apple a la possibilité de demander un report jusqu’au 3 mai, si le tribunal l’autorise. Le groupe a néanmoins annoncé son intention de contester la décision de la cour fédérale. « Nous demanderons une suspension de l’exécution de la décision et ferons appel afin d’obtenir une solution qui respecte notre propriété intellectuelle et préserve l’expérience sûre et sécurisée que les consommateurs et les développeurs attendent de l’App Store », a déclaré un porte-parole d’Apple à Reuters.

Sans attendre, Epic a annoncé le retour de Fortnite dans l’App Store australien dès ce jeudi.

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☕️ L’iPhone d’Agnès Pannier-Runacher visé par un logiciel espion



L’ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a été la cible d’une attaque via un logiciel espion.

Politico a appris que l’actuelle députée Renaissance du Pas-de-Calais a déposé plainte fin septembre auprès de la DGSI après avoir reçu une alerte sur son iPhone.

Illustration : Flock

Apple lui a en effet envoyé une notification le 13 août que nos confrères ont pu consulter. Celle-ci indiquait que l’appareil avait été ciblé par un « logiciel mercenaire ». La députée aurait déjà reçu des alertes similaires en mars et avril 2025 lorsqu’elle était encore ministre.

« À chaque fois, ce sont mes appareils personnels qui étaient visés », a-t-elle déclaré au Monde en précisant que la DGSI n’avait pas confirmé d’infection des appareils ciblés à l’époque.

Les trois alertes sont regroupées par le parquet de Paris dans une seule et même enquête même si le constructeur a précisé qu’elles correspondaient à des attaques distinctes. Selon Politico, les enquêteurs n’auraient pas encore identifié le logiciel espion qui aurait été utilisé mais ils écarteraient déjà la piste du logiciel Pegasus de l’entreprise israélienne NSO.

Le fait qu’un smartphone ait été ciblé n’implique pas obligatoirement que l’infection ait fonctionné. Agnès Pannier-Runacher a affirmé au Monde que les premières analyses seraient négatives.

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