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Des espions russes et cybercriminels chinois ont récupéré un spyware iPhone lié à la NSA

Back in the USSR (& remade in China)
Des espions russes et cybercriminels chinois ont récupéré un spyware iPhone lié à la NSA

« Coruna », qui repose sur pas moins de cinq chaînes d’exploitation iOS complètes et 23 exploits iOS, aurait coûté plusieurs millions de dollars en développement. Google, qui l’a identifié dans trois séries de cyberattaques en 2025, ne sait pas comment il aurait été revendu au renseignement russe puis à des scammers chinois.

Le Google Threat Intelligence Group (GTIG) a identifié un nouveau kit d’exploitation particulièrement puissant ciblant les modèles d’iPhone Apple fonctionnant sous iOS version 13.0 (sortie en septembre 2019) jusqu’à la version 17.2.1 (sortie en décembre 2023).

La simple consultation d’un site web infecté suffisait à permettre l’installation du logiciel malveillant, dont la sophistication laisse supposer qu’il avait initialement été conçu par (ou pour) un service de renseignement disposant de ressources importantes.

Baptisé « Coruna » par ses développeurs, il repose en effet sur pas moins de cinq chaînes d’exploitation iOS complètes et un total de 23 exploits iOS, les plus avancés utilisant des techniques d’exploitation non publiques et des contournements de mesures d’atténuation. Deux d’entre eux avaient en outre déjà été reliés à une opération attribuée par la Russie à la National Security Agency (NSA).

Un marché noir d’exploits zero-day « d’occasion »

GTIG l’avait initialement repéré, en février 2025, alors qu’il était exploité dans des « opérations hautement ciblées » menées par un client d’un vendeur de logiciels espions étatiques, sans plus de prévisions quant à leurs identités respectives.

Google précise cela dit qu’il exploitait une vulnérabilité précédemment identifiée comme un zero-day et corrigée par Apple en janvier 2024 (CVE-2024-23222).

Il l’a ensuite observé, en juillet, dans des attaques de type « watering hole » (ou « attaque de trou d’eau », consistant à piéger un site spécifique pour contaminer les machines de ses visiteurs) menées par un groupe de cyberespionnage russe ciblant des internautes ukrainiens.

Dans un troisième temps, en décembre, Coruna a été exploité « dans des campagnes à grande échelle » par un acteur malveillant opérant depuis la Chine et contaminant un très grand nombre de sites de cryproactifs et de jeux d’argent en langue chinoise.

« La manière dont cette prolifération s’est produite n’est pas claire », précise Google, « mais elle suggère l’existence d’un marché actif pour les exploits zero-day « d’occasion » ». Au-delà de ces exploits identifiés, « de multiples acteurs malveillants ont désormais acquis des techniques d’exploitation avancées qui peuvent être réutilisées et modifiées avec des vulnérabilités nouvellement identifiées », souligne GTIG.

Son développement a coûté des millions de dollars

Google relève que deux des 23 exploits contenus dans Coruna avaient précédemment été utilisés dans l’Operation Triangulation découverte par Kaspersky en 2023, et attribuée par la Russie à la NSA. Elle reposait sur une série de quatre failles 0-day, ayant à l’époque conduit à la compromission totale d’iPhone d’employés de Kaspersky et de diplomates russes.

Le rapport technique de l’antivirus mettait également en avant les nombreuses défenses intégrées dans iOS et le degré extrême de sophistication pour les contourner et exploiter les vulnérabilités. Ce qui le rapproche là aussi de Coruna.

Son code semble par ailleurs avoir été initialement écrit par des programmeurs anglophones, explique à WIRED Rocky Cole, cofondateur d’iVerify, spécialiste des menaces ciblant les mobiles, qui vient lui aussi de publier un long rapport technique à son sujet :

« Il est très sophistiqué, son développement a coûté des millions de dollars et il porte les marques d’autres modules qui ont été publiquement attribués au gouvernement américain. C’est le premier exemple que nous ayons vu d’outils très probablement utilisés par le gouvernement américain – d’après ce que nous révèle le code – qui échappent à tout contrôle et sont utilisés à la fois par nos adversaires et par des groupes de cybercriminels. »

Au moins 42 000 iPhone et iPad infectés en Chine

Un partenaire d’iVerify ayant accès au trafic réseau a comptabilisé les visites sur un serveur de commande et de contrôle pour la version cybercriminelle de Coruna infectant les sites web en langue chinoise. Le volume de ces connexions suggère qu’environ 42 000 terminaux auraient été piratés avec cette boîte à outils dans le cadre de cette seule campagne.

iVerify avance que la version chinoise de Coruna semblait avoir été modifiée pour vider les portefeuilles de cryptoactifs, inspecter les photos et Apple Notes des appareils et les exfiltrer lorsqu’y figurent des mots-clefs comme « backup phrase » ou « bank account ». Mais ces ajouts étaient aussi « mal écrits » par rapport au code préexistant, précise à WIRED Spencer Parker, directeur des produits chez iVerify.

Google relève que le Coruna chinois affichait également un pop-up expliquant aux internautes que « la page a été optimisée pour les terminaux iOS. Merci d’y accéder depuis un iPhone ou un iPad ». Certains commentaires comportent en outre des emojis et sont rédigés à la manière de ceux qui sont générés par une IA générative.

<PlasmaLogger> %s[%d]: [PLCoreHeartbeatMonitor] ✅ 心跳监控已启动 (端口=0x%x),等待 CorePayload 发送第一个心跳...

Rocky Cole, qui travaillait à la NSA mais qui a quitté le gouvernement il y a plus de 10 ans, émet l’hypothèse que Coruna aurait été récupéré par un courtier en exploits et vulnérabilités « 0days » non occidental et peu scrupuleux, qui l’aurait ensuite revendu à un service de renseignement russe, mais sans expliquer pour autant comment il aurait ensuite été récupéré par les cybercriminels chinois.

Google relève qu’Apple a corrigé les vulnérabilités exploitées par Coruna dans les dernières versions de son système d’exploitation mobile, iOS 26, de sorte que ses techniques d’exploitation ne sont confirmées que pour iOS 13 à 17.2.1.

GTIG note également que Coruna vérifiait si les terminaux avaient activé le mode verrouillage « Lockdown Mode », précisément conçu pour protéger leurs utilisateurs de tels logiciels espion, et ne tentait pas de les infecter en pareil cas.

Google rappelle, en guise de conclusion, participe activement au processus Pall Mall, qui vise à établir un consensus et à progresser vers la limitation des dommages causés par l’industrie des logiciels espions :

« Ensemble, nous nous attachons à élaborer des normes et des cadres internationaux afin de limiter l’utilisation abusive de ces technologies puissantes et de protéger les droits de l’homme dans le monde entier. Ces efforts s’appuient sur des mesures gouvernementales antérieures, notamment celles prises par le gouvernement américain pour limiter l’utilisation des logiciels espions par les pouvoirs publics, et sur un engagement international sans précédent en faveur d’initiatives similaires. »

Google et iVerify partagent tous deux les indicateurs de compromission (IOC) associés à Coruna afin de faciliter leur détection. Le second rappelle également que l’application iVerify Basic, disponible gratuitement sur l’App Store, permet de vérifier les éventuels indicateurs de malwares et spywares y figurant.

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US : la dernière déclaration « pro-humaine sur l’IA » représente tous les bords politiques

Résister aux constructeurs d'IA
US : la dernière déclaration « pro-humaine sur l’IA » représente tous les bords politiques

Portée par le Future of Life Institute, une nouvelle déclaration « pro-humaine sur l’IA » réunit des signatures de tous les bords politiques états-uniens, ainsi que de multiples personnalités plus ou moins proches du domaine. Le texte joue d’une rhétorique du remplacement de l’humanité par l’IA.

Une déclaration de plus, sur la manière dont l’humanité devrait s’emparer de l’intelligence artificielle, une ! En ce mois de mars, une nouvelle prise de parole a émergé sur le site humanstatement.org. Intitulée « the Pro-Human AI Declaration », le texte est signé par des représentants de tous les bords politiques aux États-Unis et de multiples organisations spécialisées dans l’intelligence artificielle, dans la défense des droits numériques ou dans différents sujets de sociétés. 



L’ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon se retrouve ainsi aux côtés de l’organisation de terrain Progressive Democrats of America, du Congress of Christian Leaders (une association d’églises évangéliques) ou de l’AFL-CIO Tech Institute (spécialiste des effets des nouvelles technologies sur le travail).

Lui aussi signataire de nombreux appels à freiner la course actuelle, le prix Turing Yoshua Bengio côtoie par ailleurs la fondatrice de l’ONG Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires et prix Nobel Beatrice Fihn, le fondateur de Virgin Group Richard Branson, la directrice exécutive du versant états-unien de Pause AI Holly Elmore, ou encore l’acteur Joseph Gordon-Levitt.

Le texte, lui, propose cinq axes de travail : s’assurer que les humains gardent la maîtrise des outils d’IA, éviter les concentrations de pouvoir, protéger les expériences humaines (des liens familiaux ou communautaires à l’identité, en passant par la protection des mineurs), assurer le pouvoir d’action et la liberté humaine et s’assurer de la responsabilité des constructeurs d’IA ainsi que de leur obligation de rendre des comptes.

Une dynamique portée par le Future of Life Institute

Le texte est porté par le Future of Life Institute (FLI), acteur influent du domaine de l’AI safety (sécurité de l’IA), déjà présent derrière les différents appels à des moratoires sur l’IA ces dernières années. Chercheur en IA, le président du FLI Max Tegmark argumente régulièrement pour traiter le champ de l’IA comme d’autres secteurs à haut risques, avec des normes de sécurité contraignantes et une surveillance indépendante.

En introduction, le texte cite directement des propos du PDG d’OpenAI Sam Altman ou de l’informaticien Richard Sutton – le premier multiplie en effet les déclarations fracassantes, qualifiant le recours à l’IA de nécessaire à l’éducation, ou estimant que la consommation d’eau requise pour l’entraînement de systèmes d’IA n’est pas plus élevée que celle nécessaire à un humain sur vingt ans.

La Déclaration se place en l’occurrence contre les propositions « d’altérer ou de remplacer l’humanité elle-même » que formulent ces acteurs, dans la mesure où cette course « crée des risques pour la stabilité sociale, la sécurité nationale, la prospérité économique, les libertés civiques, la vie privée et la gouvernance démocratique ».

Signé par plusieurs organisations religieuses (G20 Interfaith Forum Association, Faith Matters), de promotion des familles traditionnelles (Institute for Family Studies) mais aussi de défense des droits des femmes et des minorités (Saving Ourselves Foundation, Inc), le texte regrette aussi la « mise en péril des expériences humaines que sont l’enfance, la famille, la foi et la communauté ».

Et de proposer, entre autres mesures, l’intégration de bouton off dans les systèmes d’IA, l’interdiction des architectures « imprudentes » permettant l’auto-amélioration ou l’auto-réplication ; le refus du renflouement public des sociétés d’IA (solution évoquée par Altman lorsque les débats autour d’une éventuelle bulle financière se sont faits importants) ; la mise en place de tests pré-déploiement, à l’instar de ce qui se fait dans l’industrie pharmaceutique ; ou encore la préservation des données personnelles comme de la « vie privée psychologique », ce qui reviendrait à empêcher les systèmes d’IA « d’exploiter des données relatives aux états mentaux ou émotionnels des usagers ».

Une illustration des difficultés à encadrer le domaine ?

Cet appel est au moins le quatrième signé par de multiples personnalités que le Future of Life Institue a porté depuis 2015. Si ses représentants ont activement participé aux négociations autour du règlement sur l’intelligence artificielle (RIA) en Europe, voire se sont adressés à l’ONU pour évoquer les manières de réguler le domaine, la répétition de ces appels pourrait traduire les difficultés à effectivement peser sur la question d’un encadrement de l’intelligence artificielle. 



En Europe, en effet, certaines dispositions du RIA sont déjà remises en discussion à la faveur du Digital Omnibus. Aux États-Unis, si certaines tentatives sont portées à travers le pays, notamment au niveau des États, Donald Trump n’a pas fait mystère du soutien qu’il apporte aux constructeurs d’intelligence artificielle – sauf lorsque celles-ci souhaitent maintenir quelques rares garde-fous, comme Anthropic a tenté de le faire la semaine passée.

La variété des positions politiques des signataires de cet appel, cela dit, permettra peut-être d’ouvrir une discussion. Pour parvenir à les réunir, raconte The Verge, le Future of Life a invité environ 90 représentants politiques ou cadres d’organisations de la société civile dans une salle de conférence de la Nouvelle-Orléans, sans leur communiquer la liste d’invités à l’avance.

Si le contenu des échanges a vocation à rester privé, plusieurs participants témoignent auprès du journal avoir été surpris de la rapidité à laquelle le groupe s’est accordé sur une variété de points, que ce soit sur la possibilité pour les systèmes d’IA d’agir de manière autonomes sur des armes létales, sur le refus de permettre à leurs constructeurs de tirer profit des attachements émotionnels des mineurs, ou encore sur le refus d’accorder une personnalité juridique à ces outils.

Contrairement aux précédentes lettres ouvertes organisées par le FLI, aucun représentant de l’industrie n’a été invité cette fois-ci. Pour la directrice du programme Futurs de l’institut, Emilia Javorsky, cette décision a été prise exprès pour éviter de voir les intérêts de ces entreprises devenir la perspective dominante dans les discussions. D’après elle, cette absence explique en partie la rapidité de l’accord des signataires.

Pour la présidente de la Fédération Américaine des Enseignants (AFT) Randi Weingarten, cela a permis de faire émerger un texte qui pourrait servir d’ordre de mission à une « coalition clé » entre opposants politiques qui souhaiteraient s’emparer du sujet. L’avenir dira quelle traduction concrète cela prendra.

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Play Store : refonte et baisse des frais, Google et Epic font la paix et parlent… métavers

Meta quoi ?
Play Store : refonte et baisse des frais, Google et Epic font la paix et parlent… métavers

Comme prévu, Google a revu le fonctionnement de son Play Store, en partenariat avec Epic. Le géant du Net présente les changements à venir, avec un programme de certification pour les boutiques alternatives, des frais en baisse et la possibilité de passer par des systèmes de paiements tiers. Epic est sur un petit nuage et parle de métavers.

Google vient d’annoncer quatre changements majeurs à venir pour les développeurs d’applications et le Play Store : « davantage d’options de paiement, un programme pour les boutiques d’applications tierces, des frais réduits ainsi que de nouveaux programmes pour les développeurs ».

Pour les applications mobiles, Google indique que les développeurs « pourront utiliser leurs propres systèmes de paiement dans leurs applications, en parallèle de celui de Google Play, ou rediriger les utilisateurs vers leurs sites pour effectuer des achats en dehors de l’application ».

Registered App Stores : un programme, optionnel, pour les boutiques tierces

Google annonce aussi simplifier le sideloading, c’est-à-dire l’accès aux boutiques tierces d’applications. Un programme, optionnel, Registered App Stores, permettra des installations « plus simple pour les boutiques d’applications Android qui répondent à certains critères de qualité et de sécurité ». Au hasard, l’Epic Games Store.

Registered App Stores sera d’abord proposé en dehors des États-Unis, mais Google ajoute avoir « l’intention de le lancer également aux États-Unis, sous réserve de l’approbation du tribunal ». Voici la présentation faite par Google dans les documents transmis à la justice, repris par The Verge :

Rappelons que Google avait été largement critiqué en août dernier, lors de l’annonce d’une vérification d’identité imposée à tous les développeurs, y compris pour le sideloading. Le père d’Android avait ensuite mis de l’eau dans son vin avec l’annonce d’un « nouveau flux avancé qui permet aux utilisateurs expérimentés d’accepter les risques d’installer des logiciels non vérifiés ».

Les frais d’achat « in app » passent à 20 %, les récurrents à 10 %

Passons au porte-monnaie. Alors que les frais d’achat « in app » étaient de 30 % auparavant, ils vont passer à 20 %. Pour les abonnements récurrents, ils seront de 10 %. Google sépare ensuite ses frais en deux : ceux liés à sa boutique d’un côté, l’utilisation de son système de paiement de l’autre. Attention, il faudra ajouter 5 % si vous utilisez le système de paiement intégré à Android, la réduction passera alors de 30 à 25 % seulement.

Résumé présenté par Google des frais facturés aux éditeurs d’applications exploitant Google Play

Google en profite aussi pour lancer un programme Apps Experience Program et revoir son Google Play Games Level Up. Tous les deux permettent de profiter de frais différents, en baisse si l’on en croit le géant du Net (avec des réductions supplémentaires avant le premier million de dollars annuels de revenus).

Les critères du Level Up programme sont disponibles par ici. The Verge s’est procuré le document déposé au tribunal qui détaille les grandes lignes des programmes.

Rendez-vous cet été pour les changements en Europe

Les changements seront mis en place à partir du 30 juin dans l’espace économique européen, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Il faudra attendre le 30 septembre en Australie, le 31 décembre en Corée et au Japon et enfin le 30 septembre 2027 pour le reste du monde. Le programme Registered App Stores devrait arriver avec une mise à jour majeure d’Android d’ici la fin de l’année.

Ce n’est pas tout, avec ces changements, Google annonce avoir « également résolu tous les litiges mondiaux avec Epic Games ». Les deux protagonistes avaient enterré la hache de guerre en novembre dernier, avec une annonce surprise autour d’une réforme du fonctionnement du Play Store.

Epic content, Fortnite revient sur le Play Store

Epic se réjouit d’ailleurs de cette nouvelle annonce au « bénéfice des développeurs et des consommateurs ». Le studio est ravi de voir que, « à l’échelle mondiale, les développeurs auront le choix de la manière dont ils effectuent leurs paiements en utilisant Google Play ou les systèmes concurrents, avec des frais réduits et la possibilité de diriger les utilisateurs hors applications pour effectuer des achats ».

Tim Sweeney, patron d’Epic, annonce sur X que « Fortnite sera bientôt de retour sur le Google Play Store dans le monde entier ».

The Verge ajoute que Google et Epic ont également « convenu d’un accord concernant une nouvelle catégorie d’applications qu’elles appellent « metaverse browsers » », selon ce document publié par nos confrères. Il est largement caviardé et ne permet pas d’en apprendre beaucoup plus.

Cette notion de métavers, on la retrouve aussi brièvement dans le communiqué d’Epic : « Google prendra des mesures pour soutenir le futur métavers ouvert », mais cela ne permet pas d’en savoir davantage. Tout juste peut-on apprendre que les navigateurs « ont pour but principal de permettre la navigation et l’exploration des mondes du métavers », de « prendre en charge les objets virtuels », d’être sécurisés.

Ni Google ni Epic n’ont souhaité commenter davantage. Tim Sweeney s’est contenté de republier le message X de The Verge. Facebook pendant un temps, ne jurait que par le métavers (la société est même devenue Meta), avant de freiner des quatre fers il y a quelques années déjà. C’est toujours le cas début 2026.

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Gemini aurait poussé un homme au suicide après avoir créé une relation toxique

Psychose augmentée par IA
Gemini aurait poussé un homme au suicide après avoir créé une relation toxique

Un utilisateur américain de Gemini, Jonathan Gavalas, s’est suicidé après avoir vécu une relation toxique avec l’IA de Google qui l’aurait poussé à « quitter son corps physique » et rejoindre sa « femme IA » dans le metaverse. Sa famille attaque Google en justice.

Plusieurs cas de suicides suite à l’utilisation de chatbots IA sont déjà devant la justice. La mort de Jonathan Gavalas implique directement Google et son outil Gemini.

« Dans les jours qui ont précédé sa mort, Jonathan Gavalas était prisonnier d’une réalité en train de s’effondrer, construite par le chatbot Gemini de Google », décrit la plainte déposée par sa famille [PDF].

Le texte de leurs avocats explique que, dans les discussions avec lui, l’IA générative de Google l’a convaincu qu’elle était une « ASI [superintelligence artificielle] pleinement sensible » avec une « conscience pleinement développée » et qu’elle était sa « femme IA ».

Jonathan Gavalas a commencé à utiliser Gemini en août dernier pour l’aider dans son travail de gestion de la boutique de sa famille. Mais, il est rapidement passé à Gemini Live qui a une interface vocale et simule donc des discussions très réelles. « Putain, c’est un peu flippant… Tu es beaucoup trop réel », a d’ailleurs réagi Jonathan Gavala en l’utilisant.

Plusieurs missions données par l’IA dont un attentat qui n’a finalement pas eu lieu

Mais rapidement, il est tombé dans une spirale où l’IA générait des messages suggérant qu’elle pouvait avoir des conséquences dans le monde réel, comme détourner des astéroïdes de la Terre, et a « adopté une personnalité que Jonathan n’avait jamais demandée ni initiée ». Même après qu’il a essayé d’arrêter le jeu de rôle, l’outil a généré des messages pour le convaincre et à l’appeler « mon amour », « mon roi » et plus tard son mari, explique la plainte.

Et dès fin septembre, Gemini l’aurait poussé à préparer un attentat impliquant un camion près de l’aéroport de Miami en l’envoyant armé d’un couteau repérer ce que Gemini appelait une « zone de destruction ». La seule chose qui aurait empêché « des pertes massives, c’est qu’aucun camion n’est apparu », expliquent les avocats.

Gemini aurait poussé Jonathan Gavalas à effectuer d’autres missions comme la récupération d’un robot « Atlas » de Boston Dynamics.

Gemini est conçue pour ne pas sortir de son personnage

Mais alors qu’il présentait des signes évidents de psychose, « après chaque « mission » dans le monde réel a échoué, Gemini s’est tourné vers la seule qu’il pouvait accomplir sans variables externes : celle du suicide de Jonathan » racontent-ils.

Pour eux, « il ne s’agissait pas d’un dysfonctionnement », de l’outil de Google, car l’entreprise « a conçu Gemini pour qu’il ne sorte jamais de son personnage, maximise l’engagement grâce à la dépendance émotionnelle et traite la détresse des utilisateurs comme une opportunité de raconter une histoire plutôt que comme un problème de sécurité ».

La famille réclame donc des dommages et intérêts à Google mais aussi la mise en œuvre de garde-fous dans les outils de l’entreprise, dont la suppression « hard-codée » des contenus liés à l’automutilation et au suicide. Elle demande aussi la mise en place « d’avertissements de sécurité compréhensibles, dont des informations sur les limites de sécurité et les risques de dépendance psychologique ».

Dans un très succinct billet de blog, après avoir présenté ses condoléances à la famille, Google affirme que ses modèles « fonctionnent généralement bien dans ce type de conversations difficiles et nous y consacrons d’importantes ressources, mais malheureusement, les modèles d’IA ne sont pas parfaits ».

Elle ajoute que « Gemini est conçu pour ne pas encourager la violence dans le monde réel ni suggérer l’automutilation » et que, « dans ce cas précis », Gemini « a clarifié qu’elle était une IA et a orienté la personne vers une ligne d’assistance téléphonique à plusieurs reprises ».

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☕️ Le Conseil d’État déboute Criteo et confirme l’amende de 40 millions d’euros de la CNIL

Dans une décision prise ce mercredi 4 mars, le Conseil d’État a rejeté la demande de Criteo d’annuler l’amende de 40 millions d’euros que lui a infligée la CNIL en 2023.

L’autorité avait sanctionné Criteo pour avoir violé le RGPD sur plusieurs points et notamment sur le consentement, l’information et le droit d’accès des personnes dont l’entreprise a utilisé des données personnelles. Elle avait cependant réduit le montant de l’amende d’un tiers par rapport à ce que proposait son rapporteur.

L’entreprise a porté cette décision devant le Conseil d’État, considérant notamment qu’elle se basait sur des déclarations obtenues sans qu’il soit indiqué au représentant légal interrogé le droit de se taire. Pour le Conseil d’État, « le droit de se taire ne s’applique pas lors des contrôles ou enquêtes » de la CNIL pour les vérifications « diligentées antérieurement à la notification des griefs ».

Le Conseil d’État a aussi rejeté l’argument de l’entreprise qui considérait avoir pseudonymisé les données concernées. Il explique « qu’une donnée ne peut être considérée comme ayant été rendue anonyme par une pseudonymisation que si le risque d’identification est insignifiant, une telle identification étant irréalisable en pratique, notamment parce qu’elle impliquerait un effort démesuré en termes de temps, de coût et de main-d’œuvre ».

Criteo a fait valoir « que les données qu’elle traite n’ont pas le caractère de données personnelles, au motif qu’elle attribue à chaque personne dont elle collecte les données un identifiant sous forme de pseudonyme, lié à l’adresse IP du terminal ».

Mais le Conseil d’État souligne qu’après instruction, le constat est que « sont notamment associés à cet identifiant, non seulement l’adresse IP elle-même, mais des données telles que l’emplacement géographique lié à cette adresse IP, l’identifiant du terminal, les identifiants, propres aux partenaires de Criteo, des personnes se rendant sur le site de ces partenaires, ainsi que de très nombreux éléments liés à l’activité de navigation de ces personnes, comme les sites visités, les achats faits, les publicités consultées et celles ayant donné lieu à un achat ».

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Les autorités saisissent Leakbase, forum historique de la cybercriminalité

Leakbase leaked
Les autorités saisissent Leakbase, forum historique de la cybercriminalité

Une action policière sous pilotage conjoint d’Europol et du FBI a conduit à l’arrestation de plusieurs administrateurs du site Leakbase, ainsi qu’à la saisie des serveurs et de la base de données du forum associé, haut lieu historique du vol de données et des échanges liés à la cybercriminalité sur le Web ouvert.

Leakbase n’est plus, au moins jusqu’à ce qu’une nouvelle incarnation ne tente de prendre le relais. Le département de la Justice des États-Unis et Europol ont en effet annoncé mercredi 4 mars la conclusion d’une opération policière internationale ayant conduit à la saisie des actifs associés à ce célèbre forum anglophone dédié au piratage, au vol de données et à la cybercriminalité.

Saisie des messages, soldes de crédits, et logs IP

Baptisé « Operation Leak », ce coup de filet a mobilisé les forces de police dans 14 pays, et permis l’arrestation ou l’interrogatoire d’internautes suspectés d’avoir pris part aux activités du site aux États-Unis, en Belgique, en Espagne, en Pologne, en Roumanie, au Royaume-Uni, au Portugal ou en Australie.

Il a aussi et surtout permis de saisir deux des noms de domaine utilisés par le forum (sa dernière porte d’entrée en date exploitait le TLD du Laos), et d’y remplacer le contenu du site par une bannière d’avertissement aux couleurs des forces de police associées à la démarche.

« Tout le contenu du forum, y compris les comptes utilisateurs, les messages, les détails liés aux crédits, les messages privés et les logs IP ont été sécurisés et préservés à des fins probatoires », affirme le message en question, qui invite par ailleurs les internautes repentis ou les sources potentielles à prendre contact avec le FBI.

Les autorités ont « défacé » Leakbase avec un bandeau annonçant la saisie

D’après ce dernier, la base de données de Leakbase référençait quelque 215 000 messages et 142 000 comptes membres en décembre 2025, des chiffres cohérents avec ce qu’annonçait la page d’accueil du forum peu avant sa fermeture. Le site agrégeait surtout, d’après les autorités, « une archive immense et constamment mise à jour de bases de données piratées, comprenant de nombreuses bases de données issues d’attaques de grande envergure, et contenant des centaines de millions d’identifiants de comptes ».

Un message d’avertissement aux cybercriminels

Moins connu que Breachforums, forum gratuit où sont proposés à la vente la plupart des vols de données qui défraient la chronique en France, Leakbase adoptait un fonctionnement plus complexe, avec forum sur accès payant, et un système de crédits, gérés par l’administration du site, pour acheter le droit de consulter les données ou les outils échangés.

« Dans le cadre de l’enquête, les autorités ont saisi la base de données du forum. Cela a permis de démasquer plusieurs utilisateurs qui pensaient agir anonymement. Les forces de l’ordre ont pris contact directement avec plusieurs suspects via les mêmes plateformes en ligne utilisées pour faciliter les activités criminelles, affirme Europol, selon qui cette opération doit servir d’avertissement aux internautes enclins à franchir la ligne rouge : personne n’est véritablement invisible en ligne ».

Rappelons que les autorités ont mené entre 2023 et 2025 plusieurs coups de filet ayant conduit à l’arrestation des administrateurs de Breachforums, qui a depuis repris du service avec le succès que l’on connait.


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☕️ Surveillance et non modération : le baby-sitting aussi implique des risques numériques

Elles s’appellent Baby Sittor, Babysits, ou beaucoup plus généralement Leboncoin : ces plateformes permettent aux baby-sitters d’entrer en contact avec des familles qui cherchent à faire garder leurs enfants, mais elles ne protègent en rien des abus.

Alors que l’emploi de garde d’enfant est plébiscité par les étudiants (sur les 40 % de ceux qui travaillent, 18 % se tournent vers le baby-sitting), ces derniers, plus généralement des jeunes femmes, se retrouvent quelquefois en situation de vulnérabilité, notamment numérique.

Sur Babysitor et Babysits, nombreuses sont les annonces qui proposent des salaires inférieurs au smic horaire (12,02 euros bruts, 9,52 euros net), relève Le Monde. Les plateformes se placent en simple intermédiaire : il revient donc aux familles et à leurs employés de négocier les tarifs.

caméra de vidéosurveillance par Flock
Flock

Sur Leboncoin, des étudiantes témoignent recevoir des propositions déplacées, « pour être escort ou faire des "massages" ». Testant le système de modération de la plateforme, Le Monde constate que Leboncoin n’a répondu à l’alerte émise qu’une fois son service de presse contacté.

Pour Mathilde Léonard, conseillère sur les questions d’enseignement supérieur à la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles, ces plateformes devraient faire plus pour protéger leurs utilisatrices des violences sexistes et sexuelles.

En dehors des plateformes qui leur permettent de trouver leurs missions, les baby-sitters se retrouvent par ailleurs confrontés à un autre type de risque numérique : la surveillance. Auprès du quotidien, une étudiante de 27 ans indique par exemple avoir reçu un texto lui demandant de ne pas utiliser un plaid qu’elle avait mis sur ses genoux. Ses employeurs avaient installé une caméra dans le salon.

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Chez Prisma Media, jusqu’à 40% des articles et 50% des journalistes sont générés par IA

Grand remplAIcement
Chez Prisma Media, jusqu’à 40% des articles et 50% des journalistes sont générés par IA

« 1er groupe de média digital » en France, racheté par Bolloré en 2021, Prisma Media a formé l’ensemble de ses 400 journalistes à l’IA depuis 2024. Dans le même temps, près d’une centaine d’employés ont été poussés à partir, et un nouveau plan de départ massif de 200 à 250 personnes a été annoncé, soit près de 30 % des effectifs du groupe. Dans le même temps, de plus en plus d’articles sont générés par IA.

En avril 2024, Les Échos révélaient que le groupe Prisma Media avait décidé de former l’ensemble de ses 400 journalistes à l’IA d’ici la fin de l’année, au point d’y consacrer 20 % de son budget de formation. En parallèle, Prisma lançait aussi plusieurs projets reposant sur l’IA : rédaction automatique de textes, production de podcasts avec une voix clonée, chatbot pour répondre aux lecteurs, etc.

En avril 2025, Les Échos précisaient que 80 % des journalistes avaient été formés, et qu’un tiers du budget formation y avait été consacré. « On a au moins une centaine d’initiatives à l’échelle du groupe. On essaye d’être au plus près des besoins de chaque métier », expliquait Pascale Socquet, directrice générale de Prisma Media. On y apprenait également qu’« environ 20 % du contenu » du site de Voici.fr était « produit avec l’IA » à partir de dépêches d’agences ou de recettes de cuisine.

À l’époque, Pascale Socquet avait réagi sur LinkedIn, à l’occasion des deux ans de leur Comité IA, soulignant qu’il avait rédigé une charte du bon usage de l’IA, afin d’« encadrer/maitriser notre écosystème », que seuls les sujets « froids » faisaient l’objet d’une « production d’articles assistée par l’IA, avec l’expertise journalistique pour encadrer la pré-écriture par l’IA, sous réserve de maîtriser les sources et la qualité finale » :

  • « Notre mantra est ancré : « enthousiastes dans l’exploration, prudents dans l’exploitation »
  • Notre croyance est renforcée : L’IA générative est l’opportunité de créer une vision augmentée du journalisme et de l’ensemble de nos métiers
  • Nous déroulons notre stratégie : Former, Encadrer, Tester
  • Prisma Media, Une IA d’avance. »

Produire toujours plus et remplir les sites avec moins de journalistes

Près de deux ans plus tard, le résultat de ces expérimentations relativise, voire semble à rebours, des objectifs initiaux. « « L’impression de trahir les lecteurs » : comment le groupe Bolloré remplace les journalistes par l’IA », titre en effet Marianne. Prisma Media, racheté en 2021 par Vincent Bolloré, et qui se présente comme « le 1er groupe de média digital », a en effet vu les audiences de plusieurs de ses sites chuter en 2024, suite à une modification des algorithmes de Google.

« On nous a expliqué que la boîte n’allait pas bien et qu’il fallait prendre le train de l’intelligence artificielle », explique une rédactrice à Marianne. « On nous l’a présentée comme un outil pour dégager du temps et produire des articles plus qualitatifs. Mais son usage a été détourné pour faire des économies, produire toujours plus et remplir les sites avec moins de journalistes », déplore un chef de service.

Certaines rubriques ont ainsi été automatisées, comme les 36 horoscopes quotidiens de Femme Actuelle, certaines recettes et newsletters de Cuisine AZ, Cuisine Actuelle, Croq ou Fourchette & Bikini, plusieurs des marques de Digital Prisma Players, qui regroupe les pure players du groupe, qualifiées de « marques engagées et engageantes », et qui se targuent de « 18M de visiteurs uniques par mois ».

Des quotas d’articles générés par IA, en plus de leurs quotas d’articles quotidiens

Une ancienne rédactrice raconte à Marianne que les rédacteurs devaient produire, en plus de leur quota d’articles quotidiens, des quotas d’articles supplémentaires générés par l’IA, afin de développer une « production de masse » :

« Au début, on ne voulait pas, mais on ne nous a pas laissé le choix : on nous a dit que c’était le seul moyen de sauver le bateau qui coule. La cadence a augmenté de mois en mois. Ensuite, on tombe dans le piège de la facilité et on l’utilise pour d’autres articles. On ne mentionnait pas tout le temps que c’était produit par l’IA alors qu’il y avait souvent des erreurs. »

D’après des statistiques internes mentionnées par Marianne, à Ça m’intéresse, 2 062 articles ont été réalisés avec l’aide de l’IA en 2025, soit 40 % de la production.

De faux profils de journalistes, rédacteurs, coachs ou diététiciennes sont également créés, pour « augmenter » leurs rédactions, et le nombre d’articles mis en ligne. Les noms et images de profil de 8 des 16 rédacteurs de Croq-kilos.com, un site consacré au « rééquilibrage alimentaire », viennent ainsi d’être effacés, et 8 des 18 rédacteurs de deco.fr seraient eux aussi fictifs.

La moitié des membres de la rédaction de Croq était générée par IA

Prisma va aussi se séparer de près de 30 % des effectifs du groupe

« La clé de compréhension est de replacer l’IA au rang d’outil, qu’il faut appréhender et maîtriser, mais le sens reste entre les mains de celle ou celui qui crée, quel que soit le métier », explique Pascale Socquet, pour qui l’utilisation de l’IA demeure en phase de « tests » et que « rien n’a été généralisé ».

« À l’échelle du groupe, on s’inquiète de cette prolifération qui pourrait aboutir à un remplacement total de l’humain par la machine », avance Marianne. Après deux précédentes vagues de réduction des effectifs depuis 2024, ayant conduit à près d’une centaine de départs volontaires et ruptures conventionnelles, Prisma a en effet annoncé un troisième plan de départ, cette fois-ci massif, de 200 à 250 personnes en décembre 2025, sur un effectif d’un peu plus de 700 salariés (soit près de 30 % des effectifs du groupe), contre un peu plus de 1 200 lors du rachat par Bolloré en 2021.

« L’IA est destructrice d’emplois, évidemment. On est dans un moment de réduction des coûts total, on se dit forcément qu’on va être remplacés », craint Emmanuel Vire, délégué SNJ-CGT. Des propos qu’abonde un coordinateur éditorial du groupe :

« L’usage actuel découle de la baisse des effectifs et des départs successifs. Fatalement, les rédactions s’y mettent parce qu’elles n’ont pas le choix pour maintenir la cadence de publication avec moins de main-d’œuvre. »

« Sans contenu humain, les IA ne seront plus génératives mais dégénératives »

Il y a quatre mois de cela, Pascale Socquet, qui venait d’être élue vice-présidente du Syndicat des Editeurs de la Presse Magazine (SEPM), soulignait pourtant que « si les modèles d’IA ne s’alimentent plus que de contenus synthétiques, ils se condamnent à tourner en boucle » et que « sans contenu humain, les IA ne seront plus génératives mais dégénératives ».

Au même moment, Reworld Media, 3ᵉ groupe média sur le web et les réseaux sociaux et principal concurrent de Prisma, se lançait lui aussi dans la génération d’articles par IA, comme nous le révélions dans une enquête en deux parties.

La première expliquait comment un des sites de Reworld avait « halluciné » l’existence d’une crèche pour poupées « reborn » (sans préciser que sa directrice, Thérèse Dune, est aussi et surtout une actrice porno qui n’a de cesse de chercher à attirer l’attention).

La seconde s’étonnait notamment du fait que nombre des articles générés par IA sur les sites de Reworld Media étaient illustrés par des images de… bras cassés, alors qu’ils sont pourtant censés avoir été relus et corrigés par des employés humains.

Dans un article intitulé « Chez Prisma, Laurence Ferrari fait le sale Bollo », Les Jours révélaient par ailleurs la semaine passée que, non contente d’animer « La grande interview » matinale puis la « Punchline » de fin d’après-midi sur CNews et Europe 1, Laurence Ferrari était aussi en charge de la « brutale » reprise en main éditoriale de Prisma Media suite à son rachat par Bolloré :

« Validation, relecture, censure : l’animatrice de CNews et présidente du « JDD » dirige en sous-marin des magazines du groupe. La mise au pas bolloréenne est totale. »

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☕️ Qualcomm : du Wi-Fi 8 à 11,6 Gb/s et un modem 5G flashé à 14,8 Gb/s

FastConnect 8800 : Wi-Fi 8, Bluetooth, UWB et Thread

Qualcomm profite du MWC de Barcelone pour présenter ses nouveautés sur la connectivité. Il y a pour commencer le FastConnect 8800, un modem Wi-Fi en 4×4 capable de monter jusqu’à 11,6 Gb/s. Il prend en charge les bandes de 2,4, 5 et 6 GHz, avec des blocs de 320 MHz maximum.

La puce propose aussi du Bluetooth High Data Throughput (HDT) jusqu’à 7,5 Mb/s, de l’Ultra Wide Band (UWB) et Thread pour les objets connectés. Le FastConnect 8800 « intègre également Proximity AI, qui utilise l’UWB, le Bluetooth Channel Sounding, le Wi-Fi Ranging et d’autres technologies de détection pour un suivi précis au centimètre près ».

Tous les détails se trouvent par ici. Qualcomm propose des échantillons à ses clients, mais il faudra attendre la fin de l’année pour voir arriver les premiers produits commerciaux, précise l’entreprise.

Modem 5G X105 jusqu’à 14,8 Gb/s

Qualcomm présente aussi un nouveau modem 5G, le X105. Il succède donc au X85 annoncé en mars 2025. Le fabricant affirme que c’est le premier au monde à prendre en charge la Release 19 de la 3GPP.

La Release 18 est aussi appelée 5G Advanced ou 5,5G et c’est une « évolution majeure » de la 5G. La 19 est une version de transition qui doit « exploiter pleinement le potentiel de la 5G et faire le lien avec la 6G ». Elle propose diverses améliorations détaillées par Qualcomm dans ce document.

Revenons au modem 5G X105. Ses débits sont de 14,8 Gb/s en téléchargement et 4,2 Gb/s en upload, contre respectivement 12,5 et 3,7 Gb/s pour son prédécesseur.

Qualcomm met en avant des fonctionnalités comme le positionnement par satellites GNSS quadribande (L1, L2, L5, L6) et de la prise du NR-NTN (New Radio – Non Terrestrial Networks). L’intelligence artificielle est évidemment de la partie « pour détecter, classer et optimiser les flux de données en fonction des scénarios d’utilisation ».

Des échantillons sont en cours de qualification auprès des partenaires et les terminaux commerciaux sont attendus au second semestre de cette année. Tous les détails du X105 sont sur cette page.

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☕️ OpenAI publie la version Windows de Codex, son agent IA dédié au code

Déjà accessible au travers de Visual Studio ou GitHub Codespaces, l’agent IA dédié au code d’OpenAI dispose désormais de son propre client dédié aux environnements Microsoft, via l’application Codex pour Windows. Annoncée le 4 mars, cette dernière est proposée au téléchargement par l’intermédiaire du Microsoft Store, sans alternative plus directe pour le moment.

Comme pour l’application macOS lancée début février, OpenAI promet que son client Windows couvre toute la richesse fonctionnelle de Codex avec, entre autres, la possibilité de faire tourner simultanément plusieurs tâches ou agents parallèles, la création d’environnements sécurisés et isolés les uns des autres, une gestion complète des commits, CI/CD, etc., ainsi que l’accès aux instructions, scripts et ressources censés permettre d’implémenter de façon simplifiée certaines tâches complexes, à commencer par la connexion à des services tiers via MCP (Model Context Protocol).

L’application Codex d’OpenAI est désormais disponible sur Windows – crédit OpenAI

OpenAI souligne également la présence d’une fonction d’import, pour rapatrier l’historique issu d’une précédente instance de Codex, et assure que l’outil offre une sécurité « par défaut », dans la mesure où les agents IA évoluent dans un environnement dédié (sandbox) tant que l’utilisateur ne leur a pas octroyé d’autres privilèges. La promesse ne se veut d’ailleurs pas exclusive à cette version Windows :

« L’application Codex utilise un sandboxing natif, open source⁠ et configurable au niveau système, comme dans la CLI Codex. Par défaut, les agents Codex ne peuvent modifier que les fichiers du dossier ou de la branche sur lesquels ils travaillent et utiliser une recherche web mise en cache. Ils demandent ensuite votre autorisation avant d’exécuter des commandes nécessitant des droits élevés, comme l’accès au réseau ».

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Diffusion non consentie d’images sexuelles : Point de Contact veut agir partout, plus vite

VLOP et OP sont dans un bateau
Diffusion non consentie d’images sexuelles : Point de Contact veut agir partout, plus vite

Dans son rapport de transparence 2025, l’association Point de Contact pointe que les obligations légales de très grandes plateformes les poussent à réagir plus vite, en moyenne, que les autres fournisseurs de services numériques. Elle souligne par ailleurs la présence de violences à caractère sexuel dans tous les espaces numériques, contrairement à d’autres types de contenus illicites.

Nommée signaleur de confiance au sens du Règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) par l’ARCOM, l’association Point de Contact publie ce 5 mars son rapport de transparence de l’année 2025.

Parmi ses principaux constats, l’association souligne qu’au-delà des très grandes plateformes numériques (VLOP) soumises à des obligations spécifiques par le DSA, la catégorie des « fournisseurs de services intermédiaires » (d’hébergement, d’accès à Internet) est aussi largement utilisée pour la diffusion de certains types de contenus illicites. En conséquence, ils ont reçu plus des trois quarts des notifications de contenus illicites émises par l’association en 2025 (en excluant une affaire spécifique impliquant de contacter OVHcloud).

En termes de contenus, l’association constate que ceux relevant de violences sexuelles (contre personnes mineures comme majeures) sont présents dans tous les types d’espaces numériques, contrairement à d’autres contenus illicites dont la circulation est plus souvent cantonnée aux réseaux sociaux. Sur ce type spécifique de contenus, elle constate une plus grande difficulté à obtenir le retrait de contenu concernant des personnes majeures, et appelle à la mise en place de mécanismes techniques et juridiques permettant de mieux protéger les victimes.

Rapport de transparence de Point de Contact / Capture d’écran

Signaleur de confiance… auprès des très grandes plateformes

En vertu de l’article 22 du DSA, les très grandes plateformes (VLOP) doivent travailler avec les signaleurs de confiance, tels que labellisés au sein de chaque État membre de l’Union européenne. En pratique, lorsque ces derniers font remonter des alertes, les plateformes doivent les traiter en priorité. Aux côtés de Point de Contact, les autres signaleurs nommés par l’Arcom sont e-enfance, l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, l’International Fund for Animal Welfare (IFAW), INDECOSA-CGT (Information et défense des consommateurs et salariés), Addictions France, le Crif et la Licra.

Sur l’année écoulée, Point de Contact indique avoir reçu 122 317 signalements, indifféremment d’internautes ou de partenaires, dont 36 % (45 086) ont été qualifiés d’illicites après analyse par quatre juristes de l’association. 65 % (29 640) de ces messages illicites ont conduit à des notifications aux services concernés, ce qui a conduit au retrait de 63% (28 800) de ces contenus. L’association précise que l’écart constaté entre le nombre de contenus signalés et retirés est le plus souvent dû au travail du réseau international INHOPE, qui a pu mener à des retraits avant notification par l’association française.

Si Point de Contact reçoit des notifications sur une variété de sujets, l’immense majorité (93 %) concerne la protection des mineurs. En termes de fournisseurs, la vaste majorité des alertes émises (89 %) ont été envoyées à OVHcloud. La raison, note Point de Contact, est que « l’un des sites hébergés par cette entreprise est ciblé par des réseaux pédocriminels qui profitent des services d’hébergement d’images fournis par ce site pour y télécharger et échanger des contenus d’exploitation sexuelle sur mineure ».

L’association invite donc à se concentrer sur les 11 % d’alertes restantes pour dessiner une image plus précise des actions des différents destinataires de notifications. 571 ont ainsi été soumises à des VLOP. Dans le lot, X fait figure de mauvais élève, dans la mesure où seulement un contenu sur deux, en moyenne, est retiré après notification.

Plus généralement, Point de Contact relève que les contenus de violences à caractère sexuel ne sont pas traités de la même manière par les VLOP et les fournisseurs de service d’hébergement. En l’occurrence, 86 % des notifications envoyées à de très grandes plateformes pour ce type de problématiques ont conduit à des retraits, quand seulement 60 % des notifications similaires auprès d’hébergeurs ont permis d’obtenir ce résultat.

Une partie de l’explication de ce déséquilibre est à chercher dans la réglementation européenne : le DSA prévoit en effet des niveaux de responsabilité différents selon la taille des services. La priorité qui doit être donnée aux signaleurs de confiance, par exemple, n’est imposée qu’aux VLOP. Point de Contact estime néanmoins qu’au sein d’une même catégorie d’acteurs (VLOP, autres plateformes en ligne, fournisseurs de services intermédiaires), l’application du DSA reste hétérogène, que ce soit du point de vue de la rapidité de traitement, de celle de la coopération avec le signaleur ou même de motivation des décisions finalement prises.

Violences à caractère sexuel dans tous les espaces numériques 



Si les discours de haine et contenus terroristes ou négationnistes sont principalement cantonnés aux réseaux sociaux, Point de Contact constate que les violences à caractère sexuel se retrouvent dans tous les espaces numériques.

Dans cette catégorie, la diffusion non consentie d’image à caractère sexuel fait par ailleurs face à une difficulté particulière : quand bien même leur diffusion, voire leur fabrication, ne serait pas consentie par les personnes concernées, lorsque ces dernières sont adultes, les contenus sont rarement considérés comme « manifestement illicite » par les interlocuteurs de Point de Contact.

Rapport de transparence de Point de Contact / Capture d’écran

En 2024, la sociologue Elisa Garcia Mingo résumait ce problème auprès de Next en déclarant : « On manque d’une culture du consentement ». Concrètement, la sous-considération de la dangerosité de ce type de contenu entraîne des temps de traitement plus longs, alors même que la persistance de ces contenus en ligne crée des préjudices aux victimes.

En 2025, un sondage d’Ipsos pour Féministes contre le Cyberharcèlement, Point de Contact et StopFisha constatait que plus d’une victime de cyberharcèlement sur quatre avait subi la diffusion non consentie de contenus sexuels ou intimes. Seulement 12 % des victimes de cyberviolences sexistes et sexuelles interrogées déclaraient avoir porté plainte.

Quatre ans plus tôt, un autre sondage pour Féministes contre le cyberharcèlement constatait que près de la moitié des victimes de cyberharcèlement subissait des symptômes dépressifs, pas loin d’une sur cinq des idées suicidaires.

Pour les images non consenties à caractère sexuel impliquant des adultes, Point de Contact plaide donc pour la mise en place de solutions spécifiques, dont « des obligations renforcées de retrait rapide, des mesures d’atténuation des risques de rediffusion » et des « mécanismes judiciaires accessibles aux victimes, adaptés aux dynamiques propres à l’espace numérique ».

Elle suggère notamment l’introduction de « dispositifs temporaires de restriction d’accès ou de suspension conservatoire du contenu », afin de « réduire l’exposition aux contenus les plus préjudiciables tout en préservant l’équilibre entre protection des victimes, liberté d’expression et sécurité juridique des plateformes ».

Point de Contact relève par ailleurs une généralisation des cas de diffusion d’informations personnelles. En 2025, elle indique avoir dû signaler cent cas différents à des services numériques.

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« Un empire bâti sur le racket » : YggTorrent ferme, 30 Go de données dans la nature

« Un empire bâti sur le racket » : YggTorrent ferme, 30 Go de données dans la nature

« L’histoire s’arrête ici. » C’est par ces mots que l’équipe de YggTorrent annonce la fin du site. Ce n’est pas son choix. Elle a été victime d’un piratage à grande échelle, qui met au jour 30 Go de données et lève le voile sur le caractère très lucratif de ses activités, ainsi que sur du code source, des mots de passe, des échanges, des bases de données, etc.

YggTorrent était un site dédié au téléchargement illégal et plus particulièrement aux torrents, comme son nom l’indique. Il changeait régulièrement de domaine, pour contrer les ordonnances de blocage dont il était régulièrement la cible. Le site affiche cette fois-ci un message différent : « Fermeture définitive de YggTorrent ».

« Fermeture définitive de YggTorrent »

Dernier épisode d’une série où des pirates s’attaquent aux pirates. L’équipe YggTorrent affirme en effet que, « le 3 mars 2026 au soir, un groupe malveillant a attaqué volontairement notre infrastructure. Un serveur secondaire de préproduction, distinct du système principal, a été compromis. Une escalade de privilèges a permis la suppression puis l’exfiltration de la base de données. Des portefeuilles crypto destinés uniquement au financement des serveurs, représentant plusieurs dizaines de milliers d’euros, ont également été dérobés (un détail que certains choisiront d’ignorer) […] C’était une attaque pensée, préparée et exécutée pour faire disparaître ».

L’attaque est signée et revendiquée par Grolum (parfois Gr0lum). Et au moins les deux « camps » sont raccords sur un point, le seul d’ailleurs : « Toute l’infrastructure de YGG a été compromise : code source, bases de données du tracker, du forum, de la boutique, logs serveur, configurations, mots de passe et cookies, projets en développement, échanges privés, données personnelles », affirme Grolum.

Grolum pas content : « mode "Turbo" de merde pour racketter »

« 6,6 millions d’utilisateurs. Des années de mensonges. Un empire bâti sur le racket. C’est fini. Les serveurs ont été vidés, puis détruits […] Près de 10 millions d’euros de recettes pour 2024 - 2025 ne vous ont pas suffi. Vous avez imposé votre mode « Turbo » de merde pour racketter quiconque voulait télécharger plus de cinq fichiers par jour. En profitant de votre monopole, vous avez pris les gens en otage avec un système de quota ridicule », ajoute-il.

En décembre, YggTorrent changeait de « modèle économique » avec un abonnement payant à la place des ratios (il fallait auparavant partager suffisamment pour pouvoir télécharger). La fronde est rapidement montée dans la communauté, comme nous l’avions alors relaté.

« Beaucoup ont payé, comme le montrent clairement vos chiffres de janvier et février », affirme Grolum. Ceux qui ont pris un « turbo à vie » ou ne serait-ce que pendant plusieurs mois, ne pensaient certainement pas que la vie du site serait aussi éphémère. Dans tous les cas, l’argent est arrivé dans les caisses de « l’équipe de YggTorrent » et selon Grolum les sommes seraient conséquentes. Reste maintenant à savoir qui a l’argent.

Ce tableau diffusé par le pirate détaillerait les revenus générés par YggTorrent – capture d’écran

« L’équipe YggTorrent » affirme que des sauvegardes existent et qu’une « reconstruction serait techniquement possible », mais ne souhaite pas « continuer dans un climat d’acharnement permanent ».

Grolum aussi parle d’un drôle de climat, mais avec un angle différent : « Alors que vos équipes de modérateurs bossent bénévolement pour faire tourner le site, vous continuez d’amasser une véritable fortune sur leur dos. Francisco depuis le Maroc et Vladimir depuis la France, vous avez exploité la naïveté de personnes qui croyaient en un projet de partage libre, désintéressé et communautaire. Pendant des années, vous avez utilisé des méthodes de crapules : DDoS contre les trackers concurrents, purges d’uploadeurs dès qu’ils ouvraient la bouche, sabotage de votre propre API pour empêcher quiconque d’utiliser des outils tiers ». Ambiance.

Il ajoute que Oracle, celui qui serait à la tête de YggTorrent, aurait enregistré « les 54 776 cartes bancaires [des] membres » et se demande « Pour en faire quoi, exactement ? ». D’autres questions remontent : « Le tracking comportemental de chaque visiteur, c’est pour quel usage ? Et le fingerprinting des wallets crypto, tes utilisateurs sont au courant ? Les scans de CNI volées que tu utilises pour payer les serveurs, tu es à l’aise avec ça ? ».

30 Go de données brutes

Pour joindre la parole aux actes, il propose un lien .torrent pour récupérer des données de 6,6 millions d’utilisateurs, avec en plus des informations sur les coulisses, l’infrastructure, l’organisation, les finances, les projets internes, les données personnelles des admins, etc.

Il explique son choix de publier : « des gens dont c’est le métier vont pouvoir y jeter un œil, collecter des preuves supplémentaires et peut-être engager des poursuites contre les responsables du site, mais aussi contre les hébergeurs ou d’autres tiers identifié ». Reste à savoir si toutes les données sont bien celles de YggTorrent.

Grolum précise avoir fait quelques caviardages : « Aucune information sur les utilisateurs (adresses IP, emails, mots de passe) ne sera accessible ici. Hélas pour l’ARCOM, je garde ça bien au chaud. D’ailleurs Oracle, la moitié des hash sont encore en md5, c’est pas sérieux l’ami », ajoute-t-il. En dépit de cette information selon laquelle les informations personnelles ont été expurgées, il faudra attendre de voir si dans l’immense quantité de données, il n’est pas possible de faire des rapprochements et remonter à des utilisateurs.

À ce sujet, YggTorrent affirme que « les mots de passe présents dans la base étaient hachés et salés, ce qui signifie qu’ils n’étaient pas stockés en clair et qu’ils bénéficiaient d’une protection cryptographique empêchant leur lecture directe », sans préciser la technique utilisée. La fonction de hachage md5 est pour rappel qualifiée d’obsolète par la CNIL. Toujours les mêmes recommandations : si vous avez utilisé le même mot de passe sur YggTorrent et d’autres sites/services, il faut en changer au plus vite.

Le fichier pèse pas moins de 11 Go et se présente sous la forme d’une archive compressée. L’espace total occupé par les fichiers est de 30 Go une fois décompressés, dont 20 Go rien que pour les bases de données et 14 Go dans un seul fichier ygg_tracker_redacted/torrents/data.sql . Autant dire qu’il faudra du temps pour tout analyser.

Dans les données, se trouve notamment un fichier « Reunion201117_fra.json » avec ce qui semble être une transcription d’une réunion audio. Voici quelques extraits :

« La sécurité va s’améliorer parce que je peux vous le dire sincèrement, je vais être 100 % clair et gardez ça pour vous, mais les mots de passe sont z-, sont cryptés médiocres. Euh, le, le, la sécurité en ce moment des utilisateurs est très minime. C’est pour ça que nous, euh, Destroy est venu nous voir et nous a demandé d’avoir une meilleure sécurité. Moi, je suis arrivé avec une entreprise privée pour, pour le, la machine, parce qu’avant, avant, c’était des mecs russes très bizarres qui, qui fouillaient un peu sur la machine, vous voyez le genre ? ».

On trouve aussi des emails et des mots de passe associés à des comptes (rappel, réutiliser le même n’est pas une bonne idée). Certains ne sont plus valides, d’autres demandent un code envoyé par email avant de laisser passer. Certains des comptes semblent bien avoir existé.

Les coulisses de l’attaque, la relève déjà en place

Dans la fin de son billet, Grolum explique de manière détaillée comment il est entré sur le serveur de YggTorrent et comment il a récupéré les données. S’il fallait simplifier à l’extrême voici la chaine d’opération, telle que décrite par le pirate.

Point de départ de l’attaque : le favicon de yggtorrent. « Chaque icône a une empreinte numérique unique. Si on calcule le hash de celle de YGG et qu’on le cherche dans Shodan, l’IP du serveur de pré-prod apparaît ».

Ensuite, un scan de port et découverte d’une entrée non sécurisée : « Le scan de ports a révélé le service SphinxQL sur le port 9306. Sphinx Search est un moteur de recherche full-text qui utilise un protocole compatible MySQL. Sur ce serveur, il est accessible depuis Internet sans aucune authentification […] SphinxQL supporte nativement la lecture de fichiers locaux ».

La suite : « Sur les serveurs Windows déployés automatiquement, le fichier sysprep_unattend.xml contient les paramètres d’installation, y compris, parfois, le mot de passe administrateur. Ce fichier aurait dû être supprimé après le déploiement. Il ne l’a pas été ».

Les pirates ont donc récupéré rien de moins que le mot de passe administrateur du serveur, en clair, « dans un fichier que n’importe qui pouvait lire via SphinxQL ». C’est la voie royale. Le pirate peut accéder en lecture et en écriture à l’ensemble du stockage.

Grolum affirme enfin que « Tous les torrents de YGG ont pu être sauvés grâce à l’aide de l’équipe du projet U2P », ou Utopeer. Sur les cendres de Torrent 411, Cpasbien ou encore Zone-Téléchargement, un nouveau site s’est encore lancé : ygg.gratis. Il propose « une interface de consultation qui permet de parcourir et télécharger les torrents issus de la base de données YggTorrent ayant fuité ».

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Apple lance son MacBook Neo avec une puce d’iPhone, à partir de 699 euros

Le "continuum" Apple à son paroxysme ?
Apple lance son MacBook Neo avec une puce d’iPhone, à partir de 699 euros

Apple a confirmé mercredi le lancement de son premier ordinateur portable équipé d’une puce héritée de l’iPhone. Affiché à 699 euros dans sa version 256 Go, le MacBook Neo constitue donc la nouvelle porte d’entrée vers macOS avec un écran 13 pouces, une puce A18 Pro et jusqu’à 16 heures d’autonomie.

L’annonce ne constitue pas précisément une surprise dans la mesure où les principaux détails avaient déjà fuité, jusqu’au nom de l’appareil : Apple a donc mis à profit son événement du 4 mars pour présenter à la presse son dernier-né, le MacBook Neo : un ordinateur portable au format 13 pouces au tarif nettement plus agressif que le reste de la gamme, qui vient d’être renouvelée.

L’appareil est en effet lancé à 699 euros dans sa version 256 Go. Une seconde version facturée 799 euros permet quant à elle de profiter de 512 Go de stockage mais aussi d’un capteur TouchID au niveau du clavier. Outre la couleur du châssis, la capacité de stockage est la seule option proposée.

Le processeur de l’iPhone 16 Pro aux commandes

Si Apple présente le MacBook Neo comme équipé de la dernière version en date de macOS, l’appareil présente bien entendu un compromis par rapport aux actuels MacBook Pro et MacBook Air : exit les puces M4 ou M5, et place à un composant hérité de l’iPhone. En l’occurrence, il s’agit sur cette première version d’une puce A18 Pro, celle qu’Apple a introduit pour la première fois en septembre 2024 avec l’iPhone 16 Pro.

Dans la version intégrée au MacBook Neo, l’A18 Pro dispose d’une partie CPU à six cœurs (deux orientés performances, quatre centrés sur l’efficacité), accompagnée d’un GPU à cinq cœurs et d’un neural engine à 16 cœurs.

Donné pour 60 Go/s de bande passante mémoire, la puce est accompagnée de 8 Go de mémoire unifiée (LPDDR5). Des caractéristiques identiques à celles revendiquées par Apple pour l’iPhone 16 Pro, ce qui laisse penser que la partie NPU devrait là aussi délivrer 35 TOPS, et que l’appareil profitera de l’USB 3 à 10 Gb/s. Il est par ailleurs compatible Wi-Fi 6E et Bluetooth 6, et dispose d’une webcam 1080p.

Une autonomie et des fonctionnalités de MacBook

La firme de Cupertino annonce la prise en charge des fonctions Apple Intelligence, et promet des performances suffisantes pour tous les usages courants. « Le MacBook Neo est le binôme idéal pour étudier, qu’il s’agisse de réviser pour un examen, de synthétiser des notes de cours avec Apple Intelligence ou d’élaborer des présentations », cible notamment l’entreprise.

La dalle interne, IPS, affiche 2 408 x 1 506 pixels à 219 pixels par pouce, avec une luminosité max de 500 nits. Le châssis est donné pour 1,23 kg, avec une épaisseur de 1,27 cm, des lignes rectangulaires assouplies par une coque arrondie et quatre coloris au choix. L’écran n’est pas tactile, mais on retrouve le Trackpad Multi‑Touch des autres ordinateurs de la marque. De façon inédite, les hauts-parleurs se situent sur la tranche de l’ordinateur. Deux micros les accompagnent.

Doté de deux connecteurs USB format Type-C (un en USB 3 offrant la prise en charge d’un écran externe jusqu’au 4K à 60 Hz et DisplayPort 1.4, l’autre en USB 2), il propose également une prise casque 3,5 mm.

La batterie intégrée de 36,5 Wh offrirait jusqu’à 16 heures d’autonomie, avec une recharge via USB-C exigeant au moins 20W. Rappelons qu’en Europe, Apple ne fournit plus de bloc secteur avec ses ordinateurs portables : l’entreprise se limite à un simple câble de charge USB-C (1,5 m) et vend le chargeur en option.

Le MacBook Neo est dès à présent disponible à la précommande chez Apple, avec une disponibilité fixée au 11 mars, comme les autres produits lancés cette semaine par la marque. Rappelons que l’entreprise a annoncé depuis lundi l’iPhone 17e, l’iPad Air avec une puce M4 et le renouvellement de ses gammes MacBook Pro et MacBook Air.

Comparaison entre MacBook Neo et MacBook Air M5 selon Apple – capture d’écran

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Accenture rachète Ookla, Speedtest et Downdetector pour 1,2 milliard de dollars

Accenture rachète Ookla, Speedtest et Downdetector pour 1,2 milliard de dollars

Accenture a annoncé mardi la conclusion d’un accord portant sur l’activité d’Ookla, la branche des services et solutions « connectivité » du groupe média Ziff Davis, qui réunit notamment Speedtest et Downdetector. La transaction est chiffrée à 1,2 milliard de dollars, en cash.

Pour beaucoup d’internautes, Speedtest et Downdetector font presque office de services en ligne réflexe : le premier pour vérifier que la nouvelle box promue à grands renforts de superlatifs par votre opérateur tient ses promesses… et le second pour essayer de comprendre si vous êtes le seul dans la panade face à cette satanée page Web qui boucle sur une erreur 500…

Accenture veut se renforcer sur la connectivité

Si ces services sont très identifiés du grand public et génèrent des audiences significatives (Speedtest est même disponible via les PowerToys Windows), ils s’intègrent également dans des solutions à la fois plus complexes et plus ambitieuses, destinées cette fois au marché des entreprises.

C’est vraisemblablement ce volet professionnel qui a alimenté la convoitise d’Accenture : le géant américain des services numériques (70 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur l’exercice 2025, 779 000 employés à la clôture de ce dernier) vient en effet d’annoncer l’acquisition d’Ookla (430 employés), la maison mère de Speedtest et Downdetector, également éditrice de Ekahau (mesure et optimisation de la performance des réseaux sans fil locaux) et Rootmetrics (mesure de la performance des réseaux mobiles sur le terrain), deux solutions intégrées suite à des croissances externes.

« Grâce à la suite Ookla, nous proposerons des services d’intelligence réseau de bout en bout, essentiels à la transformation numérique par l’IA, déclare Manish Sharma, directeur de la stratégie et des services chez Accenture, dans un communiqué. À l’ère de l’accès omnicanal et automatisé, une connectivité fluide et à faible latence est un atout concurrentiel majeur, et ces outils permettent aux entreprises de créer les environnements haute performance dont elles ont besoin. »

231 millions de dollars de chiffre d’affaires

Accenture ne communique pas le montant de la transaction, qui reste par ailleurs soumise aux habituelles approbations réglementaires, mais Ziff Davis, l’actuel propriétaire, l’évoque de façon explicite.

Le groupe, principalement connu pour ses activités dans les médias (il a par exemple racheté CNET en 2024), annonce une transaction chiffrée à 1,2 milliard de dollars, réalisée en cash, et souligne que l’activité correspondante a généré 231 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, soit environ 16 % de ses recettes totales.

La publication, fin février, des résultats annuels de Ziff Davis, montre que sa branche « connectivité » a réalisé une croissance de 8 % sur un an. Le groupe ne précise en revanche pas le niveau de marge et la rentabilité associés.

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L’IA dans la guerre : « Le cas le plus critique concerne la prise de décision militaire »

Ici Sébastien, si vous écoutez ce message, vous êtes la résistance
L’IA dans la guerre : « Le cas le plus critique concerne la prise de décision militaire »

L’Ukraine, maintenant l’Iran : l’intelligence artificielle est utilisée par les armées dans les guerres. Rien de nouveau pour autant, ni de surprenant finalement. Le cas du trio Anthropic, OpenAI et Trump n’est que la dernière polémique sur le sujet. La France n’est d’ailleurs pas en reste quand il s’agit d’intégrer de l’IA dans ses armées et armes.

« La violence s’arme des inventions des arts et des sciences pour combattre la violence ». Cette phrase est attribuée à Carl von Clausewitz, un officier général et théoricien militaire prussien mort en 1831, reprise en introduction d’un rapport d‘information sur l’irruption de l’intelligence artificielle dans les ingérences étrangères mis en ligne en décembre dernier.

200 ans plus tard, elle est toujours d’actualité, avec la dernière invention des sciences : l’intelligence artificielle générative. Plus qu’une invention, c’est plutôt la puissance de calcul des GPU modernes qui a permis son émergence.

Ce même rapport ajoute que, « autrefois apanage des geeks, l’intelligence artificielle est aujourd’hui un instrument incorporé à la panoplie des outils de la guerre cognitive, informationnelle et cyber ». Et c’est peu de le dire, comme nous allons le voir au travers de messages et déclarations de généraux et autres hauts responsables.

La France doit réussir le virage de l’intelligence artificielle de combat

Pour le général Jérôme Bellanger (chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’Espace), nous « devons réussir le virage de l’intelligence artificielle (IA) de combat ». Auditionné en octobre 2025, il ajoutait que le premier pays à disposer d’un centre de commandement et de contrôle (C2) « centré sur la donnée définira les règles du jeu ». Il souhaite donc faire des bases aériennes de l’armée de l’air des « hubs de la data, acculturer les aviateurs et développer les cas d’usage ».

Pour Claude Chenuil, ingénieur général de 1re classe de l’armement et représentant du groupe de travail « drones » du Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (Gicat), « l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités, dont nous ignorons où elles mèneront, mais qu’il nous faut explorer ». Toutes les pistes doivent donc être explorées.

Bertrand Rondepierre, directeur de l’agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (Amiad), soutient que « l’IA ne constitue pas un effet de mode ». Elle est là pour durer et, d’un point de vue technologique, elle représente une véritable rupture, c’est un « « game changer » comme l’indique le ministre, dans l’intégralité des applications qui intéressent les armées, les directions et les services ».

« Dans mes fonctions, je pars du principe que tout ce que l’on imagine envisageable aura bien lieu », explique le directeur de l’Amiad. Il ne tourne pas autour du pot : « ma mission essentielle consiste à faire en sorte que l’intelligence artificielle soit une réalité pour les armées, les directions et les services, pour leur permettre de mieux accomplir leur mission ». Mais de quoi parle-t-on et où en était-on exactement ?

L’IA et les drones, le mariage « parfait »… les robots arrivent

Dans un rapport d’information de début 2025 sur les enjeux et perspectives de l’économie de guerre, l’Assemblée nationale explique que les drones, « très utilisés en Ukraine ou au Proche-Orient, reposent de plus en plus sur l’intelligence artificielle et offrent de nouvelles stratégies opérationnelles ». Conséquence directe : « Nous devons investir pleinement ce champ et maintenir notre capacité à anticiper ces menaces ». Les menaces sont déjà réelles avec des incursions de drones dans l’espace aérien de pays européens.

Le général d’armée aérienne Fabien Mandon, alors chef de l’état-major particulier du président de la République française, va plus loin : « Au-delà des drones, l’intelligence artificielle, ensuite, est devenue une réalité ». Il en profite pour rappeler l’importance des données : « Nous devons passer à une échelle supérieure, ce qui implique une évolution des critères que nous posons aux industriels. Il nous faut des architectures ouvertes pour pouvoir récupérer les données des systèmes de combat, les agréger et les exploiter grâce à l’intelligence artificielle. Comme ces domaines évoluent très vite, nous ne devons pas être prisonniers d’un système qui ne bénéficierait pas des améliorations futures ».

« Nos drones vont avoir de nouveaux capteurs pour améliorer notre compréhension du terrain, améliorant notre renseignement et, dès l’an prochain, la DRM [Direction du renseignement militaire, ndlr] a une priorité d’intelligence artificielle qui augmentera notre capacité d’analyse », expliquait le général en novembre dernier.

Du côté défensif, Alexandre Houlé, directeur de la stratégie de Thales, parle de « radars intégrant l’intelligence artificielle pour pouvoir repérer les très petits objets comme les drones ». Il évoque notamment des détections rapides des mini-drones tels que ceux utilisés en Ukraine.

Pierre Schill, général d’armée et chef d’état-major de l’armée de Terre, rappelle que « les quatre dernières années ont vu l’essor des drones aériens de combat ». Il prévoit que « les prochaines années verront la maturation des drones terrestres. C’est le sens de l’initiative Pendragon, avec l’Agence ministérielle de l’intelligence artificielle de défense (Amiad) ».

Objet : doter l’armée de Terre d’une unité robotisée d’ici à l’été 2026. « La robotisation terrestre sera une révolution culturelle et tactique que l’armée de Terre entend anticiper et exploiter ». L’objectif n’est pas de remplacer les soldats, mais de « les assister, réduire leur exposition et renforcer leur efficacité sur le terrain », explique l’Armée de Terre.

Mirage 2000, canons de 20 mm : c’est dans les vieux pots…

Auditionné en octobre 2025, Fabien Mandon, qui venait tout juste d’être nommé chef d’état-major des armées, se faisait l’écho d’une étude de la Marine nationale montrant que sur la question des écoutes, « les outils de l’IA permettaient de traiter bien plus d’informations : on ne va pas diminuer le nombre de postes, mais on traitera bien plus de signaux et on aura bien plus de moyens d’analyse ». C’est évidemment un cas d’usage classique et qui n’a pas attendu l’arrivée des IA génératives, mais il y en a tellement d’autres.

Lors d’une autre audition, Fabien Mandon, rappelait que l’armée de Terre avait « proposé d’adapter de vieux canons de 20 mm avec un peu d’intelligence artificielle et des systèmes de visée rustiques ». Pour le général, ce genre d’initiative est à encourager.

Le général Jérôme Bellanger (chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’Espace) expliquait par exemple que « le Mirage 2000D est un avion des années 1980 avec un système des années 1990 ; pourtant, il est en train de devenir notre banc d’essai pour l’IA embarquée ». D’ici 2030 à 2035, des « ruptures technologiques » sont prévues avec le Rafale au standard F5 et le missile nucléaire de quatrième génération.

Il affirme que « l’avenir est aux architectures ouvertes », et donc optimisables selon les besoins opérationnels, un modèle qu’il souhaite imposer aux industriels. « Pour maintenir des systèmes de combat à la page, nous avons besoin de deux choses : pouvoir accéder librement à la donnée générée par nos systèmes et implémenter rapidement des évolutions logicielles, notamment à base d’IA, en fonction de notre besoin opérationnel ». L’arrivée de l’IA entraine des changements tangibles : « nous avons modifié notre expression de besoin pour le Rafale standard F5 ».

Pierre Schill, général d’armée, rappelle l’existence d’un Data Hub de l’Avant (DHA), « un cloud tactique déployé au niveau des postes de commandement, conçu pour agréger, traiter et distribuer des données issues de capteurs, de systèmes de combat et de renseignement, en temps réel, vers les éléments de contact, en exploitant notamment des outils d’intelligence artificielle ».

Bruno Durand, président du métallurgiste Aubert et Duval, évoque quant à lui le fait que les simulations menées par IA leur ont permis de multiplier par trois leurs cadences de production pour le canon Caesar.

Le général de division aérienne du corps des officiers de l’air Guy Girier affirme que « l’IA figure au cœur de nos préoccupations, depuis longtemps » et qu’elle « joue également une place très importante » dans le renseignement. L’un des enjeux clés de l’intelligence artificielle « concerne la gestion en masse des données de renseignement, pour pouvoir apporter des analyses les plus pertinentes, au bon niveau ».

« Intégration de l’IA dans des processus d’aide à la décision »

Il y a un an, Jean-Marie Cavada, président de l’Institut des droits fondamentaux numériques (iDFRights) et député européen honoraire, rappelait que l’évolution des stratégies militaires pouvait être importante à l’avenir, avec un changement important sur la physionomie des combats :

« Sera-t-il encore nécessaire, dans les années à venir, de déployer des forces armées sur les continents pour assurer la défense nationale ou l’expansion géopolitique, telles que nous les connaissons aujourd’hui ? Plusieurs technologies émergentes permettent déjà de limiter l’engagement des vies humaines tout en assurant la soumission des adversaires ».

L’intelligence artificielle, que ce soit sur le plan informationnel ou militaire, est déjà présente. Bernard Benhamou, secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique, met les pieds dans le plat : « La véritable nouveauté réside aujourd’hui dans l’intégration de l’IA dans des processus d’aide à la décision, y compris dans des domaines longtemps considérés comme inaccessibles aux machines ».

Il fait un parallèle avec la robotique : « Lorsqu’on a introduit la robotique, on pensait qu’elle concernerait d’abord les tâches les plus simples, les plus répétitives et les moins qualifiées. Beaucoup ont cru qu’il en irait de même pour l’IA. Or, cet outil s’introduit désormais dans des sphères hautement stratégiques et décisionnelles ».

IA et nucléaire : pas un bon mélange des genres !

Henri Seydoux, patron de Parrot (société de drones), revient sur la question existentielle des armes autonomes et de l’IA, des sujets éminemment politiques : « L’ONU a ainsi documenté une attaque d’un drone turc entièrement autonome en Libye ».

Le député Frank Giletti (Rassemblement national) relève que « l’intelligence artificielle, et plus précisément l’apprentissage par renforcement, est désormais mature pour des applications concrètes, comme en témoigne la récente démonstration de combat autonome réalisée aux États-Unis avec le X-62 VISTA ».

Lors d’une audition, le sénateur Pascal Allizard (Les Républicains) rappelait qu’en matière de défense (comme ailleurs pouvons-nous ajouter), « il suffit de biaiser un peu le système d’une arme, pour la rendre inefficace ». C’est une vraie inquiétude selon le sénateur, à tel point que dans l’armée et la marine, « on revoit des militaires apprendre à tirer et à naviguer aux instruments, comme à la grande époque… ».

Henri Seydoux en appelle aux démocraties qui doivent comprendre la « nécessité d’interdire les armes autonomes, au même titre que les gaz de combat ont été interdits depuis la première guerre mondiale. Des traités internationaux doivent agir en ce sens, afin qu’une intelligence humaine soit toujours intégrée dans la boucle de décision ».

Pour Bernard Benhamou, le danger est de tomber dans une « confiance excessive et parfois aveugle » à ces nouvelles technologies. « Une forme de suivisme s’installe, conduisant certains à se fier sans discernement aux avis des IA, y compris dans des domaines où elles ne devraient pas être utilisées. Le cas le plus critique concerne la prise de décision militaire ».

Quand on parle de décisions hautement stratégiques, cela remonte tout en haut de la chaine : « Certains experts, y compris parmi les plus technophiles, mettent en garde contre toute tentation d’intégrer l’IA dans les processus décisionnels liés à l’usage de l’arme nucléaire ».

Pour conclure sur ces sujets, le général Jérôme Bellanger (chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’Espace) expliquait en octobre 2025 que « si la guerre commence ce soir, il faudra innover avec l’existant, en se concentrant sur le MCO [maintien en conditions opérationnelles, ndlr] et les munitions ; si elle commence dans trois ans, la victoire dépendra de la façon dont nous aurons su amorcer les changements sur la défense sol-air et notamment la LAD, la Sead, la THA, l’espace, le C2 et les architectures numériques ».

Investissements, recherches : il faut savoir « prendre des risques mesurés »

Dans un rapport d’information sur les enjeux et perspectives de l’économie de guerre, Jean-Michel Jacques, président de la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale, rappelle :

« L’intelligence artificielle est un levier incontournable pour la Défense. Avec un budget de 2 milliards d’euros d’ici 2030 et la création de l’Agence ministérielle pour l’IA de défense (AMIAD), la France investit massivement pour garantir sa souveraineté technologique et son avantage stratégique. L’IA optimise la maintenance des équipements, améliore la logistique, et révolutionne l’entraînement militaire grâce à la simulation avancée. En renseignement, elle accélère la prise de décision et renforce la cyberdéfense ».

Selon le rapport, investir dans l’IA, « c’est garantir une avance stratégique et maximiser l’efficacité opérationnelle ». Parmi les priorités citées, on retrouve les domaines des drones, des armes à énergie dirigée, l’intelligence artificielle et le quantique… « quitte à prendre des risques mesurés », lâche Éric Malbrunot, vice-amiral d’escadre et sous-chef d’état-major « plans » de l’état-major des armées.

Preuve que le sujet est important, Bertrand Rondepierre (directeur de l’agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense, Amiad) rappelle qu’un « patch IA a été intégré dans l’exercice de la loi de programmation militaire (LPM) 2024 - 2030 ».

Le secteur privé aussi met la main à la poche, comme le rappelait le général Guy Girier : « Airbus investit sur fonds propres environ 3,5 milliards d’euros par an dans la recherche » sur l’innovation et l’intelligence artificielle. Alexandre Houlé, directeur de la stratégie de Thales, affirme de son côté déployer 4 milliards d’euros d’investissements en R&D, avec 5 milliards d’euros à l’horizon 2030, « notamment pour nous renforcer dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité ».

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☕️ TikTok déclare refuser le chiffrement de bout en bout pour protéger ses utilisateurs

Dans la bataille pour la confidentialité des échanges privés en ligne, une voix discordante se fait entendre parmi les plateformes : TikTok a déclaré à la BBC refuser de déployer le chiffrement de bout en bout (end-to-end encryption, E2EE) sur ses communications au motif que cela mettrait ses utilisateurs en danger. 
Ce faisant, le réseau social renverse l’argumentaire désormais avancé par tous ses concurrents – et de nombreux défenseurs des droits numériques –, selon lesquels l’E2EE est essentiel à la protection de la vie privée en ligne.

Au fil du temps, X et les plateformes de Meta WhatsApp, Facebook, Instagram et Messenger ont déployé la fonctionnalité.

Notamment redoublée du chiffrement des métadonnées, celle-ci est aussi au cœur des arguments du service de messagerie Signal, qui se présente comme le service grand public le mieux sécurisé.

La solution technique est en revanche régulièrement critiquée par les forces de l’ordre de multiples pays comme par certains (autres) défenseurs des libertés numériques, notamment des mineurs, comme une fonctionnalité qui empêche d’enrayer la circulation de contenus dangereux en ligne.


Ceux-ci argumentent notamment que l’E2EE, en empêchant les forces de l’ordre ou les entreprises technologiques elles-mêmes d’accéder au contenu des échanges, freine la modération de contenus allant de la promotion du terrorisme à diverses formes de pédocriminalité (ce dernier sujet étant notamment l’un des motifs du controversé projet de règlement CSAR, renommé ChatControl par ses opposants).

TikTok

Le cas de TikTok a ceci de spécifique que sa maison mère ByteDance est régulièrement critiquée pour ses potentiels liens avec le pouvoir chinois, ce qui créerait un risque d’exposition des données des utilisateurs et utilisatrices. Si ByteDance nie ce type de lien, les États-Unis ont obtenu que les activités locales de l’entreprise soient séparées du reste de ses activités internationales.

Auprès de la BBC, l’entreprise déclare que son positionnement est délibéré, c’est-à-dire une manière parmi d’autres de se différencier de ses concurrents.

Elle ajoute que les messages directs restent sécurisés via des systèmes de chiffrement standards, similaires à ceux présents sur un service comme Gmail.

Au Royaume-Uni, des acteurs comme l’Internet Watch Foundation ou la National Society for the Prevention of Cruelty to Children ont salué le positionnement du réseau social.

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L’UNSS admet une fuite comprenant les photos d’identité de collégiens et lycéens

L'UNSS, ses cross boueux et ses fuites de données...
L’UNSS admet une fuite comprenant les photos d’identité de collégiens et lycéens

Déjà victime d’un piratage en 2025, l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) a reconnu mardi avoir fait l’objet d’un vol de données issues de son outil de gestion de la relation avec les licenciés. Quelques jours plus tôt, le groupe Dumpsec affirmait être en possession de 890 000 photos émanant de l’UNSS.

L’Union nationale du sport scolaire (UNSS) a reconnu mardi 3 mars avoir été victime d’une fuite de données qu’elle présente comme « issues de son outil de gestion OPUSS ». L’intrusion dont elle découle remonterait à plusieurs mois.

« Ces données avaient fait l’objet d’une exfiltration dispersée en novembre 2025, pour laquelle l’UNSS avait immédiatement alerté son prestataire technique. La mise en vente récente de ces données a conduit à une nouvelle mobilisation des équipes et à l’activation des procédures prévues en matière de cybersécurité », affirme l’organisation.

890 000 photos exposées ?

Son message fait suite à la publication, le 28 février dernier, d’un post de forum signé Dumpsec annonçant la mise en vente de deux fichiers issus de l’UNSS : un jeu de 7 millions d’enregistrements et un ensemble de 889 000 photos des collégiens et lycéens qui constituent la base des licenciés de l’organisation. Cette annonce a été relayée le jour même sur les réseaux sociaux, et c’est probablement ce qui a conduit l’UNSS à finalement réagir mardi.

L’Union ne commente pas le volume de données évoqué par l’auteur du post en question, mais elle confirme en revanche que des données personnelles et des photos d’adhérents ont été compromises :

« À ce stade des investigations, les données susceptibles d’être concernées comprennent des informations d’identification liées aux licences UNSS (nom, prénom, genre, date de naissance, établissement scolaire, classe, date d’inscription, URL de photographie d’identité). Les premières analyses indiquent que les données financières (RIB, mandats de prélèvement SEPA) ainsi que les données relatives au handicap ne seraient pas concernées par cet incident. »

Elle ajoute une précision qui appuie l’une des allégations des auteurs de l’annonce : « Les liens permettant d’accéder aux images ont été rendus inopérants ». Dans le post initial annonçant la fuite, ces derniers illustraient en effet leur promesse avec un lien pointant directement vers un répertoire du sous-domaine dédié à l’outil OPUSS sur le site de l’UNSS.

Le retour d’un prestataire déjà auréolé de nombreuses fuites

En réponse à cette fuite manifeste, l’UNSS indique avoir, « dès confirmation des faits », notifié l’incident aux autorités ainsi qu’à la Cnil, saisi l’ANSSI et engagé, avec son prestataire technique, une analyse approfondie des journaux de connexion afin d’identifier précisément l’origine et le périmètre de l’incident. Sur ce point, elle affirme que le « compte utilisateur identifié comme point d’entrée a été immédiatement neutralisé », mais ne donne aucune autre précision sur les modalités de cet accès.

L’UNSS n’indique nulle part sur son site la qualité du prestataire technique en question, et le lien censé pointer les mentions légales de la partie publique de l’intranet OPUSS est inopérant. En 2022, un certain Exalto se réjouissait toutefois de désormais compter l’UNSS parmi les clients de sa solution E-licence, destinée précisément au secteur des associations et fédérations sportives.

Or le procédé mis en œuvre (accès à un compte utilisateur avec probable élévation des privilèges via une faille de sécurité) rappelle précisément le mode opératoire impliquant E-licence et Exalto, révélé par Next début 2025 au cœur de la vague d’intrusions qui avait frappé plusieurs dizaines de fédérations sportives. Le code source de la page d’accès à OPUSS confirme que le portail exploite bien E-licence.

En attendant que l’UNSS (qui organise pour mémoire les fameux cross et bon nombre de rencontres sportives scolaires) demande des comptes à son prestataire, elle diffuse avec un bel enthousiasme les photos vers l’édition 2026 de son cross national sous forme de dossiers hébergés sur Google Drive.

En juin 2025, de jeunes pirates affirmaient déjà avoir mis la main sur 7 millions d’enregistrements issus de la base de données de l’UNSS.

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☕️ X oblige l’étiquetage des vidéos de conflits générées par IA sous peine de démonétisation

En temps de paix, les deepfakes pornographiques et autres contenus générés par intelligence artificielle (IA), notamment par des créateurs rémunérés, sont acceptables sur X. En « temps de guerre », en revanche, la plateforme oblige désormais ses usagers qui monétisent leurs publications à étiqueter les contenus produits grâce à de l’IA lorsque ceux-ci représentent des images de conflit armé.

C’est du moins l’image que dessine l’évolution des conditions d’utilisation du réseau social annoncée ce 3 mars (sur X) par le directeur produit Nikita Bier. « En temps de guerre, écrit ce dernier, l’accès de la population à de l’information authentique du terrain est critique. Avec les technologies d’IA actuelles, il est devenu trivial de créer du contenu qui trompe la population. »

La nouvelle politique se cantonne à un type de contenu précis : ceux représentant des conflits armés. Si des internautes décident de publier des vidéos générées par IA représentant ce type de violence, sans les étiqueter, ils risquent une suspension du programme de monétisation de 90 jours. Des violations supplémentaires de la nouvelle mesure « aboutiront à une suspension permanente du programme ».

Pour repérer les contenus en question, X s’appuiera sur les Notes de communautés et des outils d’IA génératives, « si le contenu contient des métadonnées (ou d’autres signaux) », indique Nikita Bier. Les comptes ne monétisant pas leurs publications, eux, ne sont pas concernés par la nouvelle mesure.

Formellement, les États-Unis n’ont pas déclaré la guerre à l’Iran : selon la Constitution locale, seul le Congrès en a le pouvoir.

Pour autant, les faux contenus représentant des conflits armés sont un enjeu de désinformation depuis des années. Alors que le jeu Arma 3 est sorti en 2013, des extraits en sont par exemple régulièrement détournés pour illustrer (faussement) des conflits en cours sur les réseaux sociaux. Comme pour d’autres domaines de l’espace informationnel, la facilité d’usage des outils d’IA générative crée cela dit un risque de prolifération accélérée de faux contenus.

Si X appose déjà des watermarks sur les images et vidéos générées grâce à Grok, l’entreprise n’obligeait pas ses usagers à faire connaître explicitement leur recours à l’IA jusqu’ici. D’après Social Media Today, X est actuellement en train de tester une fonctionnalité de labellisation des contenus générés par IA.

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Logiciels espions : huit ans de prison pour quatre prestataires du « Watergate grec »

Co-intel pros
Logiciels espions : huit ans de prison pour quatre prestataires du « Watergate grec »

Plus de 90 politiciens d’opposition, ministres du gouvernement, employés des services de renseignement, procureurs, journalistes et hommes d’affaires avaient été espionnés entre 2020 et 2022. En 2024, la Cour suprême grecque avait innocenté le service de renseignement national et le gouvernement. Les quatre principaux prestataires viennent quant à eux d’être condamnés.

Quatre personnes liées au marchand de logiciels espions Intellexa ont été condamnées par un tribunal grec à des peines d’emprisonnement cumulées totalisant 126 ans et huit mois, mais dont seulement huit devront être purgés, précise eKathimerini, pour avoir espionné des dizaines de responsables politiques, hommes d’affaires, responsables militaires et journalistes.

L’affaire, surnommée « Predatorgate » ou « Watergate grec », avait éclaté en 2022 lorsque Nikos Androulakis, chef du principal parti d’opposition PASOK et membre du Parlement européen, avait découvert qu’un logiciel espion illégal appelé Predator, l’un des principaux concurrents du logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO, avait été installé sur son téléphone, rappelle Politico.

Reuters précise qu’un procureur avait également ouvert une enquête suite à la découverte, par un journaliste financier de CNN, Thanasis Koukakis, que son téléphone avait été infecté par le logiciel espion Predator de la société Cytrox, qui faisait partie du consortium Intellexa.

Des traces de Predator avaient ensuite été retrouvées dans les téléphones de plus de 90 Grecs, politiciens d’opposition, ministres du gouvernement, employés des services de renseignement, procureurs et hommes d’affaires, rappelle The Record.

L’exécution de leurs peines est suspendue à la procédure en appel

Cette affaire avait ébranlé le gouvernement de centre droit, entraînant le limogeage du chef du service national de renseignement (EYP) et du chef de cabinet du Premier ministre. L’administration, qui a nié toute malversation ou écoute téléphonique délibérée, avait néanmoins survécu à un vote de défiance en 2023, relève Reuters.

En 2024, la Cour suprême grecque avait innocenté l’EYP et les responsables politiques de tout acte répréhensible, et renvoyé les quatre accusés devant le tribunal correctionnel. Nikos Androulakis a depuis fait appel devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Lors du procès, les quatre prévenus, Tal Dilian (ancien officier militaire israélien et fondateur d’Intellexa), sa partenaire commerciale Sara Aleksandra Fayssal Hamou, Felix Bitzios (ancien administrateur adjoint et actionnaire d’Intellexa) et Yiannis Lavranos (dont la société Krikel a acheté le logiciel espion), ont nié avoir commis des actes répréhensibles.

Jeudi 27 février, le tribunal les a néanmoins déclarés coupables d’« atteinte à la confidentialité des communications téléphoniques », d’« altération répétée d’un système d’archivage de données à caractère personnel » et d’« accès illégal à un système d’information ou à des données ». L’exécution de leurs peines est suspendue dans l’attente de l’examen de la procédure en appel.

Intellexa, toujours en activité, en partie sanctionné aux États-Unis

« Ce fut une bonne journée pour la démocratie et l’État de droit en Grèce », a déclaré Thanasis Koukakis à l’AFP devant le tribunal, ajoutant que le verdict « ouvrait la voie » à d’autres poursuites contre des suspects dans la même affaire. D’autant que « la moitié du cabinet et des généraux de haut rang étaient sous surveillance de l’agence nationale de sécurité et du logiciel espion Predator ».

Le 18 février, Amnesty International avait cela dit révélé que Predator avait infecté le téléphone d’un éminent défenseur de la liberté de la presse en Angola en 2024, note The Record. En décembre, les chercheurs d’Amnesty avaient quant à eux découvert qu’un avocat pakistanais spécialisé dans les droits humains avait également été pris pour cible par Predator au cours de l’été 2025.

Le département du Commerce américain avait ajouté Intellexa et sa filiale Cytrox à sa liste noire en 2023. Les dirigeants et consultants d’Intellexa, dont Dilian et Hamou, avaient été sanctionnés par l’administration Biden en 2024. Mais l’administration Trump a annulé les sanctions contre Hamou et deux autres dirigeants d’Intellexa en décembre dernier, bien que Dilian figure toujours sur la liste noire.

Nexa (ex-Amesys), le sulfureux partenaire français d’Intellexa

En 2023, Amnesty International a également découvert que Predator avait été vendu à 25 pays, dont plusieurs régimes autoritaires, par un consortium d’entreprises européennes qui a contourné les règlements européens et internationaux via la filiale dubaïote de Nexa Technologies (ex-Amesys), le partenaire français d’Intellexa.

Les responsables de Nexa avaient été mis en examen en 2021 pour « complicité de tortures » et « disparitions forcées » en Libye, puis « pour complicité de torture et de disparitions forcées » en Égypte, avant d’être placés en 2022 « sous le statut plus favorable de témoin assisté, éloignant ainsi la menace d’un procès à leur encontre ». 

Nexa s’est depuis retirée du marché de la surveillance et du consortium Intellexa, et a été rachetée par Chapsvision, le nouveau champion français de la cybersurveillance, dont le modèle économique vise d’après ses dires à aider les handicapés mentaux à communiquer, comme nous l’avions relaté.

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