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☕️ Mort de Jean Pormanove : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire visant Kick

Faute de réponse adéquate de la plateforme australienne à ses sollicitations, le parquet de Paris enclenche une nouvelle étape dans le cadre de l’enquête ouverte le 25 août dernier et relative au décès du streamer Jean Pormanove, survenu après douze jours de direct sur Kick.

« Par réquisitoire du 27 janvier 2026, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire à l’encontre de la société KICK et de ses gérants de droit et de fait », annonce la procureure Laure Beccuau dans un communiqué (pdf).

Elle y explique que, dans le cadre d’une enquête ouverte au contradictoire, les avocats de Kick ont pu consulter la procédure en cours, mais qu’aucun représentant de la plateforme n’a répondu aux convocations de la justice visant à « recueillir leurs observations sur les faits reprochés », ainsi qu’à analyser les mesures de mise en conformité intervenues depuis la mort du streamer.

Capture d’écran de la chaîne de Jean Pormanove sur Kick (archive)

Faute de réponse, le parquet indique donc l’ouverture d’une information judiciaire, avec réquisitions de mandats d’arrêt contre les personnes nommément visées. Ce nouveau volet de l’enquête doit, selon la procureure, permettre de clarifier les montages financiers par lesquels Kick administre ses activités en France, mais aussi les « flux financiers suspects » identifiés entre Kick et la chaîne de Jean Pormanove.

Ces derniers laissent, selon le parquet, suspecter que la plateforme ait directement contribué au financement de la chaîne, ce qui conforterait l’idée d’une forme de responsabilité dans le décès survenu.

L’information porte notamment sur les chefs de fourniture illicite de plateforme en ligne et de blanchiment d’un crime ou d’un délit en bande organisée, ainsi que de non-assistance à personne en danger et diffusion d’enregistrement d’images d’atteinte volontaire à l’intégrité de la personne.

En parallèle de cette information judiciaire, le parquet de Nice a pour sa part placé en garde à vue mardi 27 janvier les deux co-streamers de Jean Pormanove, Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi, dit Safine.

Les dates coïncident, mais les deux procédures ne sont pas directement liées. Le procureur de Nice a en effet prononcé cette garde à vue dans le cadre d’une enquête préliminaire lancée en décembre 2024 sur les deux streamers vedettes du « Lokal », soit avant le décès de Pormanove, survenu le 18 août 2025.

Les deux hommes sont entendus pour des chefs de violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, de l’orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d’images de violences, d’après le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.

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Tests Core Ultra Series 3 (Panther Lake) : Intel semble avoir redoré son blason

Here comes (back) a new challenger
Tests Core Ultra Series 3 (Panther Lake) : Intel semble avoir redoré son blason

La publication, outre-Atlantique, des premiers tests consacrés aux processeurs Panther Lake d’Intel confirme que les promesses du fondeur autour de son procédé de gravure Intel 18A n’étaient pas vaines. C’est au moins vrai pour le Core Ultra X9 388H et son iGPU Intel Arc Pro B390, qui marquent des points tangibles face à la concurrence, en x86 comme en Arm.

Après la traversée du désert, le retour du roi ? Annoncés début janvier à l’occasion du CES de Las Vegas, les nouveaux processeurs Core Ultra Series 3 pour ordinateurs portables d’Intel, dits Panther Lake, semblent partis pour redorer le blason d’Intel.

La publication des premiers tests dans la presse tech outre-Atlantique confirme en effet que cette nouvelle génération, la première basée sur le procédé de gravure Intel 18A, délivre des performances et une efficacité énergétique qui ramènent ces puces x86 dans la course face aux Ryzen d’AMD (du moins en attendant l’arrivée des Ryzen AI 400), mais aussi et surtout face aux processeurs Arm d’Apple.

Des tests centrés sur le modèle le plus haut de gamme

À ce stade, il faut toutefois rappeler que tous les tests publiés mardi 27 janvier, date de levée de l’embargo, concernent le processeur le plus haut de gamme de la famille des Core Ultra Series 3, le Core Ultra X9 388H, lui-même accompagné du GPU intégré le plus performant de cette génération, l’Intel Arc Pro B390 (gravé par TSMC).

Il convient également de noter que ces tests ont été effectués, dans la plupart des rédactions, sur un même châssis, le ZenBook Duo d’Asus, une machine très haut de gamme (annoncée à 2 300 dollars aux États-Unis dans cette configuration) qui dispose de deux écrans, mais aussi d’une imposante batterie de 99 Whr.

Les résultats relayés ici ne valent donc que pour ce processeur, dans cette configuration, et ne présagent pas du ratio entre performances et efficacité énergétique du reste de la gamme (qui compte 14 références au lancement).

Tous les Core Ultra Series 3 bénéficieront cependant des avancées liées à leur nouveau procédé de gravure, grâce auquel Intel déclarait en janvier atteindre « jusqu’à 15 % de performances par watt et une densité de puces 30 % plus élevée par rapport au nœud de processeur Intel 3 ».

Pour une présentation plus générale de la gamme, et des bénéfices architecturaux promis par Intel, consultez notre article de présentation dédié.

Un Core Ultra X9 388H solide, mais derrière l’Apple M5

Au chapitre des tests synthétiques, Tom’s Hardware nous propose de positionner le nouveau venu face à ses principaux concurrents en un coup d’œil, puisque le X9 388H est opposé à un Core Ultra 7 255H (la génération précédente) au sein d’un portable Lenovo, au Ryzen 9 HX 375 d’AMD via une machine HP, et à deux processeurs Arm, signées respectivement Apple et Qualcomm, via un MacBook Pro M5 et un Dell XPS 13 doté d’un Snapdragon X Elite.

Crédit Tom’s Hardware

En monocœur, le X9 dépasse tous ses concurrents, à l’exception de la puce Apple M5, qui conserve une belle longueur d’avance. Sur des flux multithreadés en revanche, le nouveau venu d’Intel talonne la puce du MacBook Pro. Sur un encodage vidéo via Handbrake, Apple s’impose nettement devant le Ryzen 9 HX 375, lui-même talonné par le X9. « Intel ne peut toujours pas rivaliser avec Apple en termes de performances monocœur, et c’est là que l’amélioration est la plus modeste », résume aussi Wired, avant d’aborder ce qui constitue peut-être la meilleure surprise de cette nouvelle référence : sa partie graphique intégrée.

Un iGPU qui envoie

Sur le classique 3DMark Fire Strike, Tom’s Hardware mesure un score de 13 581 pour le Zenbook Duo, loin devant l’iGPU du Ryzen 9 HX 375 qui totalise 8 557 points.

En jeu, PC Gamer constate un débit moyen de 64 images par seconde (FPS) sur Cyberpunk 2077 en 1080p natif avec des réglages en moyen, mais c’est bien sûr avec les fonctions d’upscaling (XeSS chez Intel, équivalent du DLSS chez NVIDIA et du FSR chez AMD) que la magie opère, puisque la machine d’Asus délivre alors 92 images par seconde en moyenne.

Elle écrase alors sans difficulté l’iGPU Radeon 890M d’AMD, même si elle reste en retrait des performances obtenues par une RTX 4050 Mobile de NVIDIA.

Crédit PC Gamer

Usages fluides et autonomie record

Si la génération précédente de GPU mobiles de NVIDIA tient encore largement la corde en matière de performances, le ratio entre performances et autonomie se renverse assez largement au profit d’Intel, remarque encore PC Gamer. Le Zenbook Duo équipé du Core X9 tient en effet 146 minutes en jeu, en mode d’alimentation équilibré, quand la machine équipée d’une RTX 4050 calanche au bout de 92 minutes.

Tous les testeurs saluent de façon unanime l’autonomie de la machine d’Asus, qui franchit largement la journée d’utilisation loin de toute prise électrique, en rappelant tout de même qu’elle profite d’une batterie hors norme. Les tests lancés par Guillaume Henri des Numériques semblent eux aussi partis pour confirmer une excellente autonomie.

The Verge explore de son côté la concurrence entre X9 et M5 sur deux applications dites de création. D’abord, un export Premiere 4K qui se conclut à l’avantage d’Intel (183 secondes, contre 194 secondes pour le MacBook Pro), puis le test Classroom de Blender, qui lui consacre une victoire sans conteste de la puce Apple (44 secondes pour le M5, 61 secondes pour le X9).

S’ils confirment les ordres de grandeur généraux, ces deux chiffres sont toutefois difficiles à analyser plus avant, faute de détail précis quant au paramétrage des logiciels concernés. Est-ce le plus important ? « En pratique, la rapidité de Panther Lake est indéniable. Lorsque j’ai ouvert mon catalogue Adobe Lightroom Classic et commencé à retoucher certains de mes fichiers RAW de 50 mégapixels, j’ai constaté une fluidité comparable, voire supérieure, à celle d’un MacBook Pro », estime l’auteur du test.

Après cet accueil globalement favorable, reste à voir comment se comporte le reste de la gamme, et bien sûr dans quelle mesure les Core Ultra Series 3 tiendront leur nouveau rang face aux nouveaux venus attendus chez Apple (M5 Pro, M5 Max), AMD ou Qualcomm…

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Bloquer les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Assemblée adopte une loi problématique

Next, premier sur l'euphémisme
Bloquer les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : l’Assemblée adopte une loi problématique

L’Assemblée nationale a adopté lundi la proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Si Emmanuel Macron a promis qu’il veillerait à ce que la mesure soit appliquée avant le 1er septembre, le texte adopté ne démine pas les principales chausse-trappes, réglementaires, techniques ou juridiques, qui s’opposent à sa mise en œuvre.

« Au 1er septembre, nos enfants et adolescents seront enfin protégés. J’y veillerai. », s’est réjoui dans la nuit Emmanuel Macron. Quelques minutes plus tôt, l’Assemblée nationale venait d’adopter la proposition de loi de la députée Laure Miller (EPR) visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.

Mais en dépit du satisfecit d’Anne Le Hénanff, ministre du Numérique, qui a salué en clôture de séance « un texte conforme au droit européen », « applicable donc opérationnel » et « juridiquement solide », de nouvelles évolutions sont sans doute à prévoir pour que les déclarations du président de la République ne relèvent pas du vœu pieux.

Une interdiction complexe à mettre en œuvre

La rapporteure du texte, Laure Miller, et le gouvernement ont accordé leur violon en dernière minute autour d’une version remaniée de l’article 1 de la proposition de loi, qui en porte la principale mesure. Incarnée par un amendement gouvernemental adopté en séance, elle prévoit que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans », sans explicitement faire porter la responsabilité de cette interdiction aux plateformes.

Comme nous l’expliquions lundi, cette précaution oratoire fait suite à un avis du Conseil d’État, dans lequel l’institution rappelait que si les États membres ont toute compétence pour « définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès », ils ne peuvent pas « imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ». Dans la mesure où ces dernières ne sont pas installées en France, mais dans un autre pays de l’Union (l’Irlande), c’est en effet au niveau européen que se décide leur réglementation, comme l’a déjà rappelé Bruxelles à Paris au sujet de la loi SREN.

« Certains regrettent que nous n’imposions pas davantage d’obligations en droit national. Je partage évidemment cette frustration, mais le droit européen est clair : le DSA est un règlement d’harmonisation maximale », a justifié en séance la rapporteure, avant d’admettre quelques minutes plus tard avancer « sur une ligne de crête ».

Déjà ténue, cette ligne de crête pourrait être encore fragilisée sur le plan juridique, comme le soulignent Alexandre Archambault ou Tris Acatrinei. Dans une affaire en cours de règlement à la Cour de justice de l’Union européenne, l’avocat général propose en effet (PDF) de juger que les dispositifs d’interdiction d’accès aux mineurs sont englobés par la directive européenne en vigueur, « de sorte qu’il n’est pas possible de contourner ce mécanisme pour imposer des obligations résultant de dispositions générales et abstraites aux prestataires de services ».

Texte à trous

Les lacunes du texte participent également de sa fragilité. Dans sa version provisoire du 27 janvier (PDF), la proposition dispose bien qu’il appartient au gouvernement de fixer la liste des plateformes visées, sur avis de l’Arcom, mais elle ne dit rien des critères qui permettront de sélectionner ces dernières (à part que l’interdiction ne s’appliquerait ni aux encyclopédies en ligne, ni aux répertoires éducatifs ou scientifiques), et donc de vérifier l’adéquation avec les définitions faites par le DSA.

Elle n’évoque pas, non plus, les modalités de la vérification d’âge qui deviendrait le corollaire de cette application. En séance, Laure Miller a toutefois soutenu à plusieurs reprises qu’il ne s’agirait pas d’une simple estimation de l’âge (comme celle qu’OpenAI étudie pour ChatGPT) ou d’un contrôle de photo, mais bel et bien d’une « vérification », conforme aux directives formulées par la Commission européenne dans le cadre de ses propres réflexions sur le contrôle de l’accès des mineurs aux contenus en ligne.

France Identité en embuscade ?

« Les lignes directrices indiquent que la solution doit être précise, fiable, robuste, non intrusive et non discriminatoire », a fait valoir Laure Miller. Mais quid de son implémentation réelle, à plus forte raison d’ici septembre ? La proposition de loi n’en pipe mot.

D’après Emile Marzolf, journaliste à Politico, le gouvernement aurait cependant une idée bien précise de la façon d’adresser le problème : « En attendant qu’une loi soit votée, l’État se tient déjà prêt à dégainer son application de vérification d’âge, adossée à la carte d’identité électronique, et à la proposer gratuitement aux plateformes », indique-t-il sur LinkedIn.

Cette conformité d’âge, valable aussi bien pour les mineurs de moins de 15 ans sur les réseaux sociaux que pour les moins de 18 ans sur les sites pornographiques, serait en fait « directement intégrée à l’appli France Identité du ministère de l’Intérieur — qui n’a finalement pas repris l’application de référence proposée par la Commission européenne », affirme encore notre confrère.

Des systèmes intrinsèquement faillibles

Quel que soit l’outil sélectionné, il restera à généraliser sa mise en œuvre, ce qui supposerait donc que tous les internautes français acceptent de confier la « vérification » de leur âge à une tierce partie. Dans un contexte marqué par une explosion du volume d’attaques cyber entrainant des fuites de données personnelles, pas certain que les internautes français se plient de bonne grâce à l’exercice. À plus forte raison quand l’expérience liée aux sites pornographiques a montré qu’il était aisé, pour ne pas dire trivial, de contourner les dispositifs de vérification d’âge.

« Sans doute certains adolescents de moins de 15 ans réussiront-ils à contourner les systèmes de vérification d’âge. Mais est-ce une raison pour renoncer ? Avec cette proposition de loi, nous posons une limite claire et disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin », estimait lundi la rapporteure.

En vertu de la procédure accélérée engagée vendredi dernier, le texte devrait être examiné en première lecture au Sénat dans les prochaines semaines.

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☕️ Ubisoft cible 200 départs volontaires parmi les 1 100 salariés de son siège social

Cinq jours après la présentation d’une grande réorganisation stratégique censée lui permettre de retrouver la voie de la rentabilité, Ubisoft a signalé lundi son intention d’engager un plan de départs volontaires, sous forme de rupture conventionnelle collective, au sein des équipes de la direction du groupe. Le plan pourrait concerner « jusqu’à 200 postes », sur les 1 100 personnes actuellement employées au siège d’Ubisoft à Saint-Mandé, aux portes de Paris, d’après une déclaration transmise à l’AFP.

À ce stade, le plan ne concerne que les salariés de l’entité « Ubisoft International » sous contrat français précise encore le groupe, qui compte environ 4 000 salariés en France. Les salariés des différents studios français de l’éditeur sont donc pour l’instant épargnés par cette première vague de restructuration. Ubisoft assure par ailleurs qu’aucune décision « ne sera définitive tant qu’un accord collectif n’aura pas été conclu avec les représentants du personnel et validé par les autorités françaises ».

Des précautions qui s’imposent, dans la mesure où ce plan de départ volontaire ne constitue probablement que le prélude à de plus grandes manœuvres de restructuration. Dans le cadre de sa restructuration autour de cinq « maisons de création » autonomes, Ubisoft a en effet déclaré vouloir réaliser 200 millions d’euros d’économies supplémentaires sur les deux ans à venir.

Cette nouvelle cure d’austérité, à laquelle s’ajoute un durcissement programmé des accords sur le télétravail, a toutes les chances de déclencher une fronde sociale chez l’éditeur. D’après les Échos, les principaux syndicats français d’Ubisoft convergent vers l’idée d’un mouvement de grève du 10 au 12 février prochain.

Le cours d’Ubisoft a perdu près de 40 % jeudi 22 janvier suite à l’annonce de ce grand plan de réorganisation, ce qui a ramené le titre à sa valorisation de 2012. L’action s’est depuis légèrement ressaisie : mardi matin, le titre UBI s’échange aux alentours de 4,60 euros, ce qui valorise l’entreprise aux alentours de 660 millions d’euros, soit un tiers environ de son chiffre d’affaires annuel (1,846 milliard d’euros annoncés sur l’exercice 24 - 25 avant retraitement).

En mai dernier et sur les douze mois de son exercice 24 - 25, Ubisoft revendiquait 1,846 milliard d’euros de réservations nettes, l’indicateur qui fait office de chiffre d’affaires pour les éditeurs de jeux vidéo – capture d’écran Next
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☕️ La Commission européenne désigne WhatsApp comme très grande plateforme en ligne

Il aura fallu près d’un an pour que la Commission européenne désigne formellement WhatsApp comme très grande plateforme en ligne, mais c’est désormais chose faite. Une communication datée du 26 janvier signale en effet que WhatsApp dispose désormais de quatre mois pour s’assurer du respect des « obligations supplémentaires découlant du règlement sur les services numériques pour les très grandes plateformes en ligne », décrites comme suit :

« Ces obligations comprennent l’évaluation et l’atténuation appropriées de tout risque systémique, tel que les violations des droits de l’homme fondamentaux et de la liberté d’expression, la manipulation électorale, la diffusion de contenus illicites et les préoccupations en matière de protection de la vie privée, découlant de ses services. »

WhatsApp avait pour mémoire franchi le seuil des 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union européenne en février 2025. C’est cette audience cumulée qui déclenche le passage sous le régime spécifique des très grandes plateformes en ligne, souvent appelées VLOP (pour Very large online platform).

Le statut de VLOP découle du DSA, le règlement européen sur le numérique

Dans le cas de WhatsApp, les obligations ne concernent qu’un volet spécifique de l’offre : celui des chaînes, ou channels, la fonctionnalité « qui permet aux destinataires de diffuser des informations, des mises à jour et des annonces à un large public d’utilisateurs ». Le service de messagerie privée reste quant à lui « explicitement exclu de l’application du règlement sur les services numériques », précise Bruxelles.

« À la suite de sa désignation en tant que très grande plateforme en ligne, la Commission sera compétente pour contrôler le respect par WhatsApp du règlement sur les services numériques, en coopération avec Coimisiún na Meán, coordinateur irlandais pour les services numériques », prévient la Commission européenne. L’échéance est fixée à mi-mai 2026.

Meta et TikTok ont déjà été épinglés en octobre dernier pour non-respect de certaines des obligations liées au statut de VLOP. L’infraction concernait plus précisément l’absence d’ouverture d’un « accès adéquat aux données publiques » de leurs plateformes à des fins de recherche.

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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la proposition de loi arrive à l’Assemblée

Hâtez-vous lentement
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la proposition de loi arrive à l’Assemblée

L’Assemblée nationale va débuter lundi l’examen d’une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Emmanuel Macron, qui a redit sa détermination à faire entrer le texte en vigueur avant la rentrée de septembre, a poussé pour que le gouvernement adopte la procédure d’urgence, en dépit des questions techniques et juridiques qui restent en suspens.

La proposition de loi « visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » va débuter son parcours parlementaire ce lundi 26 janvier. Dans un calendrier chargé, elle bénéficie d’un passe-droit. Le Gouvernement a en effet engagé la procédure accélérée sur le texte vendredi dernier, pour essayer de tenir l’objectif, plusieurs fois répété par le président de la République, d’une mise en œuvre au 1er septembre 2026.

Trois textes pour une même problématique ?

Alors que Gabriel Attal planchait sur la question et que le Sénat a déjà adopté en première lecture une proposition de loi le 18 décembre dernier, c’est finalement le projet porté par Laure Miller (Ensemble pour la République) qui sera examiné en première lecture dans le cadre de la niche parlementaire du parti présidentiel.

Déposé le 18 novembre dernier, il découle des travaux de Laure Miller autour de la commission en charge de l’examen des pratiques et dérives associées à TikTok. En septembre dernier, elle avait rendu un rapport particulièrement virulent contre les dangers potentiels des réseaux sociaux sur les jeunes publics.

Ces conclusions sont désormais reprises dans une proposition de loi qui veut donc instaurer l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais prévoit aussi l’interdiction du téléphone portable au lycée, l’inscription d’un message d’avertissement sur les emballages de smartphones, ou l’obligation faite aux professionnels de l’accueil de jeunes enfants de leur éviter toute exposition aux écrans.

Pour faire bonne mesure, il envisage également l’encadrement de la publicité pour les réseaux sociaux, et le renforcement des dispositifs de lutte contre la diffusion en ligne de contenus constituant des délits.

Un virage de dernière minute sur l’interdiction

Du fait de ce vaste panorama de mesures et de la concurrence entre textes, l’examen risque de se révéler particulièrement complexe. La version présentée à l’examen des députés ce 26 janvier se veut cependant expurgée d’un certain nombre de chausse-trappes, notamment grâce à l’intervention du Conseil d’État, qui a délibéré le 8 janvier dernier un avis rendu public cinq jours plus tard.

L’article 1er du texte a ainsi été réécrit en dernière minute pour faire porter la responsabilité de l’interdiction non pas sur l’éditeur du réseau social, mais sur le mineur. Le Conseil d’État a en effet estimé que la mesure serait contraire au règlement européen sur le numérique (DSA), dans la mesure où ce dernier prévoit que « les États membres peuvent définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès, mais ne peuvent pas imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ».

Alors qu’il prévoyait initialement d’imposer aux réseaux sociaux « de refuser l’inscription des mineurs de 15 ans à leurs services et de suspendre les comptes déjà créés et détenus par des mineurs de 15 ans », le texte programmé pour l’examen en séance publique dispose désormais qu’il est « interdit au mineur de quinze ans d’accéder à un service de plateforme de partage de vidéos », sur la base d’une liste établie par le gouvernement après avis de l’Arcom.

Problème : comme le remarquent certains des 118 amendements déposés sur le texte, ce dernier ne précise pas, à ce stade, comment sera opérée l’indispensable vérification d’âge visant à assurer le respect de cette nouvelle interdiction.

Quelle vérification d’âge ?

« L’effectivité de la vérification d’âge est une vraie question. J’en suis aussi soucieuse que vous », a déclaré à ce sujet la rapporteure du texte en réunion le 13 janvier dernier (voir le compte-rendu et le rapport associés) :

« Toutefois, l’architecture du droit européen et le DSA ont de quoi nous rassurer : si les plateformes veulent respecter la réglementation européenne, elles devront absolument instaurer des vérifications d’âge robustes, fiables et respectueuses de la vie privée. La Commission européenne fait souvent référence au système du double anonymat : l’utilisateur envoie ses données personnelles à une plateforme neutre – un tiers de confiance –, qui infirme ou confirme ensuite au réseau social que l’utilisateur a atteint l’âge de 15 ans. »

La France fait pour mémoire partie, sur ce volet, des cinq pays qui doivent tester la solution de vérification d’âge en double anonymat expérimentée par la Commission européenne, mais rien ne permet d’affirmer que cette dernière sera déployée d’ici la rentrée de septembre.

Telle est pourtant bien l’ambition renouvelée dimanche par Emmanuel Macron. « Ce texte va nous permettre de concrétiser une ambition que nous portons depuis plusieurs années, qui est pour moi très importante et qui fait l’objet d’un engagement fort que j’ai pris auprès des Françaises et des Français », affirme ce dernier dans un message vidéo adressé à la députée Laure Miller, relayé par BFM.

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☕️ Peter Thiel est l’invité de l’Académie des sciences morales et politiques

Peter Thiel, le milliardaire qui assume de vouloir en finir avec la démocratie, est l’invité, lundi 26 janvier, de l’Académie des sciences morales et politiques.

L’événement, dont la tenue a été révélée par le journaliste Olivier Tesquet, prend place en fin d’après-midi, après une communication de Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France aux États-Unis, au sujet de l’impact de la présidence de Donald Trump sur la société et la démocratie américaines.

Pas un mot en revanche de Peter Thiel sur le calendrier public de l’établissement. « C’est une audition réservée aux académiciens, pas d’accès au public, c’est juste un groupe de travail… », minimise l’Académie, auprès de Libération.

« C’est privé, et c’est Peter Thiel qui a demandé à ce que ce soit confidentiel. Il veut pas non plus que ça se sache (…), il veut pas qu’il y ait des manifestations devant le truc », explique de son côté Carlos Diaz, l’animateur du podcast Silicon Carne, révélant au passage que Thiel organise dans la foulée de son intervention à l’Académie un dîner pour une cinquantaine de convives.

Gage Skidmore from Surprise, AZ, United States of America, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Peter Thiel risque d’être déçu : un appel au rassemblement a été lancé dimanche pour protester contre la venue de celui qui est qualifié de « principal idéologue du mouvement réactionnaire ».

Quel sera le propos de Thiel devant l’Académie des sciences morales et politiques ? Le milliardaire américain, cofondateur de PayPal puis de Palantir, a donné à l’automne un cycle de conférences privées consacrées à son idéologie dont les accents religieux servent un propos ouvertement libertarien.

Si l’Académie des sciences morales et politiques semble gênée aux entournures par cet invité, c’est peut-être aussi que le calendrier n’est pas idéal.

L’intervention de Peter Thiel est en effet programmée alors que l’opinion publique s’émeut, dans le monde entier, de la mort d’Alex Pretti, tué samedi par un agent de la Border Patrol (une agence fédérale de police en charge de l’immigration) à Minneapolis.

Or Palantir fait partie des entreprises, proches du président Trump, qui profite directement, d’un point de vue financier, des 27,7 milliards de dollars de budget annuel dont dispose désormais l’ICE, la police anti-immigration devenue première force fédérale américaine.

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Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Last man standing
Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Lui même propriété du groupe de presse Ebra, l’éditeur de FrAndroid et de Numerama vient de boucler l’acquisition du média en ligne Clubic, jusqu’ici indépendant. Le paysage de la presse tech francophone se retrouve désormais concentré autour de quelques groupes média, autour duquel gravite une poignée d’indépendants.

Clubic, vétéran de la presse informatique en ligne, change à nouveau de mains. Le site, édité par une structure indépendante (Clubic SAS) depuis qu’il a quitté le giron du groupe M6 en 2018, est racheté par le groupe de presse quotidienne régionale Ebra (propriété du Crédit Mutuel), qui renforce ainsi son portefeuille de marques tournées vers la tech. Ebra a en effet déjà racheté en 2022 la société Humanoid, née du succès de FrAndroid.

Complémentarité entre les marques

Dans un communiqué (.pdf) du 22 janvier, Ebra annonce donc l’acquisition de Clubic, saluant l’arrivée d’une « marque historique et incontournable du web français ». Fort de la contribution de ce nouvel entrant, le groupe revendique désormais une audience de près de 10 millions de visiteurs uniques pour sa filiale Humanoid, qui lui confèrerait le statut de « premier groupe médias tech et numérique en France », selon les chiffres d’audience mesurés par Médiamétrie en novembre 2025.

Pour Ebra, Clubic vient compléter efficacement l’éventail déjà adressé par les marques d’Humanoid, en apportant une « expertise » sur les thématiques informatique et logicielles ainsi que sur les services en ligne, là où FrAndroid se veut « la référence des tests et guides d’achat », et Numerama le média « qui anticipe l’avenir ».

Cette complémentarité, et la consolidation des audiences qui en résulte, confère à Humanoid « une offre publicitaire intégrée capable de proposer aux marques des dispositifs d’envergure, alliant prescription et performance sur l’ensemble du parcours d’achat », estiment ses cofondateurs.

D’un point de vue plus opérationnel, les actuels dirigeants de Clubic, Florent Maitre et Philippe Favier du Noyer, assurent que le média restera piloté par la même équipe, dans des conditions de fonctionnement similaires à l’existant. « Chaque média conservera son identité et son approche éditoriale », promettent-ils, tout en expliquant que Clubic profitera des compétences déjà développées par Humanoid autour de la vidéo et des usages sociaux. « Notre objectif est clair : s’appuyer sur ce savoir-faire pour renforcer la présence de Clubic au-delà du site, sans dénaturer ce qui fait sa voix ».

« Enfin, l’ambition sur les tests, les comparateurs et les services va clairement monter d’un cran. C’est un axe fort de notre rapprochement, à savoir enrichir et développer ces contenus, notamment dans les télécoms, les équipements et les services numériques, pour rester au plus près de vos besoins réels. », écrivent-ils encore.

Massifier les audiences face aux risques de marché

Cette logique de recommandation de services ou de « bons plans », monétisée grâce à des systèmes d’affiliation (le média est rétribué à la commission quand un internaute achète un produit par l’intermédiaire d’une de ses publications), est historiquement l’un des piliers économiques de Clubic, aux côtés des formes plus traditionnelles de publicité (bannières, habillages, articles sponsorisés).

Clubic avait repris son indépendance en 2018 à l’occasion d’un rachat orchestré par deux cadres du site et deux des cofondateurs qui l’avaient vendu à M6 dix ans plus tôt. Basé à Lyon, le site a réalisé en 2024 environ 320 000 euros de résultat net à partir d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, en léger recul sur un an. Humanoid se révèle aussi une machine lucrative, puisqu’en 2024, la filiale d’Ebra a totalisé 7,58 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 1 million d’euros de résultat net.

La consolidation, et la massification des audiences qui en découle, sont présentées comme un moyen d’assurer une trajectoire de développement positive, dans un contexte de chamboulements structurels pour les médias, notamment touchés par l’évolution des modes de consommation de l’information. « On va partager nos compétences, nos bonnes pratiques, et soyons honnêtes, nos échecs aussi pour ne pas les reproduire. Et face aux plateformes américaines et aux bouleversements de l’IA, rester isolé est dangereux. En nous regroupant, nous construisons un groupe média solide, capable d’investir dans la qualité plutôt que dans le clic facile », conclut Ulrich Rozier, cofondateur et directeur de la publication de FrAndroid.

Un paysage tech de plus en plus concentré

Jusqu’ici, c’est le groupe d’origine suisse Keleops AG qui revendiquait la place de numéro un sur le marché français, en s’appuyant précisément sur les chiffres cités par Ebra dans sa communication. Construit à coup d’opérations de croissance externe, Keleops détient en effet quelques marques fortes, avec 01net (le site, pas le magazine papier, liquidé en 2025), Journal du Geek, Presse Citron et iPhon, ainsi que Gizmodo et Kotaku outre -Atlantique. Le groupe joue lui aussi la carte de la complémentarité entre ses marques, et décline auprès de ses clients annonceurs une palette d’outils publicitaires basée sur le triptyque affiliation, display (bannières) et brand content (contenus sponsorisés).

Derrière ces deux leaders revendiqués (en audience), qui reste-t-il ? Un temps passé par le groupe TF1, le spécialiste historique du test et de la recommandation produit Les Numériques fait depuis 2022 partie du large portefeuille de marques du groupe Reworld Media.

Le groupe Galaxie Media, qui édite notamment Tom’s Guide et Tom’s Hardware France, fait toujours figure d’indépendant, mais les chiffres consultés par Next font état d’une trajectoire descendante, confirmée par la cession, actée fin 2022, de ses marques Phonandroid et Papergeek à CCM Benchmark. Cette filiale du groupe Figaro opère sur un univers bien plus diversifié que la tech, mais elle agrège tout de même, elle aussi, des audiences significatives sur le secteur grâce à ses médias, dont le JDN ou L’Internaute, et ses services (Ariase, DegroupTest et d’autres).

Arrivent ensuite les indépendants. Dans le lot, on peut bien sûr citer MacG, qui a récemment lancé un appel à soutien, entendu par ses lecteurs, et cultive un modèle économique hybride basé sur un mélange d’abonnement, de publicité, et de vente de contenus ou de services. La scène plus spécifiquement hardware, marquée par la transformation de quelques marques historiques en sites zombies générés par IA, compte elle aussi quelques projets qui se maintiennent, comme Cowcotland ou Comptoir du Hardware, ou se développent, à l’image de HardwareandCo, fondé par quelques déçus du précédent.

Et puis il y a Next, bien sûr, qui cultive son sillon à contre-courant, mais c’est une autre histoire 😉

NB : l’auteur de cet article a été journaliste pour Clubic entre 2006 et 2016.

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☕️ Microsoft publie son outil de développement Winapp CLI en preview

Microsoft a publié jeudi une première version de test publique (public preview) d’un nouvel outil baptisé Windows App Development CLI, abrégé en Winapp. Adressé aux développeurs d’applications Windows, il permet de travailler en ligne de commande en disposant d’un accès direct et simplifié aux interfaces de programmation et composants nécessaires au fonctionnement sur l’OS de Microsoft. « Cet outil comble le fossé entre le développement multiplateforme et les capacités natives de Windows », promet l’éditeur sur le Github dédié au projet.

« L’interface Winapp est spécialement conçue pour les frameworks multiplateformes et les développeurs travaillant en dehors de Visual Studio ou MSBuild. Que vous soyez un développeur web utilisant Electron, un développeur C++ expérimenté avec CMake, ou un développeur .NET, Rust ou Dart créant des applications pour Windows, l’interface de ligne de commande simplifie les complexités du développement Windows, de la configuration de votre environnement à la création des packages pour la distribution », détaille encore Microsoft dans un billet d’annonce.

Microsoft a publié le 22 janvier la préversion de winapp CLI

Entre autres avantages, l’éditeur met par exemple en avant la rapidité de mise en oeuvre d’un nouveau projet, avec la commande init qui permet de configurer automatiquement l’environnement, télécharger les paquets nécessaires, etc. Ou la simplicité de gestion des identités Windows grâce à l’intégration, en une ligne, de Package Identity, le composant qui sous tend la plupart des API du système.

Le projet, publié sous licence MIT, est ouvert à la fois aux contributions tierces et aux retours des utilisateurs.

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Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

28 jours plus tard
Tensions sur le Groenland : et si Trump coupait le robinet de la tech US ?

Après le Venezuela, l’escalade déclenchée par Donald Trump autour du Groenland fait redouter à certains l’exercice d’un moyen de pression sans précédent : l’interruption des principaux services numériques émanant d’entreprises ou d’organisations placées sous l’autorité des États-Unis.

Groenland oblige, on a vu revenir, sur les réseaux sociaux, l’hypothèse d’un Donald Trump furibard qui, lassé des protestations de l’Union européenne, appuierait sur le kill switch des services numériques états-uniens. Et nous priverait donc, braves Européens que nous sommes, de nos outils bureautiques, de nos moteurs de recherche et de nos réseaux sociaux.

L’hypothèse se double depuis lundi d’un autre scénario en forme de réponse du berger à la bergère : celui d’une privation, volontaire cette fois, que l’Europe pourrait décider en vertu d’un dispositif réglementaire entré en vigueur en décembre 2023, l’Instrument anti-coercition (ACI, pour Anti-Coercion Instrument).

Quel que soit le côté depuis lequel s’exerce la tentative de chantage, il parait peu plausible que les mesures de rétorsion aillent jusqu’à une interruption complète de services en ligne, ou d’approvisionnement en équipements de pointe. Mais, nous aurait-il paru réaliste il y a 24 mois que les États-Unis déclarent publiquement envisager l’option militaire pour prendre le contrôle d’un territoire souverain, administré par un pays ami de l’OTAN ?

Quand les fluctuations de l’actualité gagnent en amplitude dans de telles proportions, il est permis (et même conseillé) d’interroger les scénarios extrêmes.

Début 2025, le déclenchement, par Donald Trump, de la guerre des droits de douane nous avait conduit à nous demander s’il était possible de boycotter la tech américaine. Début 2026, il convient peut-être de se poser la question en des termes différents : risque-t-on de se trouver privés de tech américaine ?

Dire qu’il aurait suffi d’un Nobel

Rappel pour les retardataires : après une extraction en forme de coup d’État au Venezuela, c’est donc le Groenland que lorgne Donald Trump, à la fois pour sa proximité géographique avec les États-Unis, et pour les immenses réserves foncières, géologiques et énergétiques que représente ce territoire de 2,17 millions de km².

Trump a multiplié les sorties publiques au sujet du Groenland ces derniers jours, et plusieurs pays européens, dont la France, ont en réaction envoyé quelques troupes d’élite sur place, afin de montrer leur soutien au Danemark et leur détermination à ne pas laisser passer un acte offensif.

Samedi 17 janvier, le locataire de la Maison-Blanche a répondu en annonçant l’introduction de nouveaux droits de douane : à compter du 1er février 2026, les exportations de la France, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas et de l’Allemagne seront ainsi frappées par une taxe de 10 %, qui sera ensuite relevée à 25 % au 1er juin. « Ces droits de douane resteront applicables et payables jusqu’à la conclusion d’un accord portant sur l’achat complet et total du Groenland », promet Trump.

Comme si cette annonce ne suffisait pas, le président des États-Unis a franchi un nouveau cap dans la provocation dimanche, en laissant circuler un courrier adressé par ses soins au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, puisque votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours ma priorité », y écrit Trump.

Alors que les jets privés du monde entier commencent à converger vers le Forum économique mondial de Davos, la tension est depuis encore montée d’un cran. Pour punir la France, dont le président a publiquement déclaré qu’il refusait de s’asseoir au Conseil de paix imaginé par Trump comme une alternative plus facile à manier que l’ONU, le président des États-Unis a par exemple menacé d’une surtaxe à l’importation de 200 % sur les vins hexagonaux.

Mercredi 21 janvier, les leaders politiques et économiques du monde moderne, réels ou supposés, sont donc réunis à Davos, et la cacophonie monte encore d’un cran. Gavin Newsom, le gouverneur de Californie, marque des points dans les médias européens en appelant le Vieux Continent à s’affirmer devant Donald Trump et à le frapper à la figure si nécessaire pour le faire reculer sur la question du Groenland.

Une petite avarie électrique à bord d’Air Force One a retardé Trump, mais lui aussi arrive à Davos mercredi. Dans son discours officiel, très critique vis-à-vis de la vieille Europe, il réaffirme sa détermination à acquérir le Groenland, mais exclut, au moins pour l’instant, l’usage de la force.

Si les nuages de la guerre armée s’éloignent, quels sont donc les moyens de pression qu’envisage l’homme d’affaires devenu chef d’État ?

Des limites de la guerre commerciale

Pour les États souverains qu’il ne peut pas se permettre de traiter comme le Venezuela, la guerre commerciale à base d’interdictions et de droits de douane est le principal levier employé par Donald Trump. Le problème de cette lame, efficace même si elle dépasse les prérogatives du président, comme le souligne Hugo Toudic, c’est qu’elle est à double tranchant.

Comme nous le détaillions il y a un an, les États-Unis et l’Europe entretiennent en effet une balance commerciale globalement équilibrée. En 2023, les échanges représentent un total de 1 600 milliards d’euros, qui se répartissent entre biens et services.

Sur le volet des biens, la balance commerciale de l’Europe est excédentaire : le Vieux Continent exporte 503 milliards d’euros de marchandises vers les États-Unis, et en importe 347 milliards d’euros. La situation s’inverse quand on regarde les services : l’Union européenne exporte l’équivalent de 319 milliards d’euros vers les États-Unis, alors que ces derniers génèrent 427 milliards d’euros à partir du marché européen.

Les masses ne sont pas identiques, mais il n’existe pas de déséquilibre patent qui constituerait un moyen de pression absolu. D’autant que les deux côtés de l’Atlantique sont des terres d’investissements croisés, avec d’importants flux bilatéraux de capitaux.

Chacune des deux parties essaie d’ailleurs de jouer sur les positions dominantes de l’autre. Ainsi, l’Europe regarde comment taxer plus efficacement les flux financiers qui traversent l’Atlantique en direction des géants du numérique. En face, la politique de droits de douane de Trump cible en premier lieu l’acier allemand ou les vins français quand il est question d’engager un bras de fer. Mais sur ces dossiers, on crée simplement de la friction : on n’enraye pas totalement la machine.

Les États-Unis peuvent-ils couper leurs services numériques en Europe ?

Si le bras de fer dure trop longtemps, on s’épuise, et Trump n’aime pas particulièrement gagner à l’usure, il préfère la blitzkrieg. D’où cette idée, inconcevable il y a seulement un an, d’un président qui déciderait de couper l’Europe de certains services numériques ou technologiques vitaux : les équipements de cœur de réseau, le Web en .com, Windows, les réseaux sociaux, pourquoi pas l’iPhone, Gmail, Hotmail, Netflix ou ChatGPT. Le cloud d’AWS peut-être, dont les interruptions de service paralysent Internet ? Ou les CDN comme Akamai et Cloudflare, qui assurent la desserte vers d’innombrables services français ou européens.

Trump peut-il le faire, au sens politique du terme ? Les premiers mois de son deuxième mandat ont montré qu’il ne s’embarrassait ni de scrupules, ni du Congrès, alors pourquoi pas…

« Trump n’a aucune limite. Son arme majeure : le numérique (Microsoft etc) et les systèmes de paiements (Mastercard, visa, Apple Pay…) Il peut tout couper. Il l’a déjà fait », s’alarme (sur X) Aurore Lalucq (Place publique), Présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

L’exemple n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’expérience vécue par le juge Nicolas Guillou, de la Cour pénale internationale, qui a fait l’objet de sanctions prononcées par les États-Unis et s’est vu privé de sa boîte mail ou de ses moyens de paiement. Ce dernier alertait justement mardi sur la façon dont cette dépendance se transforme en vassalisation dès lors que « du jour au lendemain, vous pouvez vous retrouver banni du numérique de votre propre pays ».

Trump peut-il tout couper, au sens technique du terme cette fois ? Mardi, un vrai ou faux de Radio France s’est attaché à démontrer, rapport de la Banque centrale européenne à l’appui, que si Visa et Mastercard disposent d’une position oligopolistique sur le marché des systèmes de paiement, il existe des alternatives européennes. De la même façon, couper l’accès au .com ou aux DNS basés aux États-Unis (voir notre dossier mode d’emploi d’Internet) ne figerait pas d’un seul coup le navigateur de 450 millions d’Européens. Mais ce serait à coup sûr « a major pain in the ass », pour emprunter au langage fleuri de Donald Trump.

L’Europe pourrait-elle rétorquer ?

L’Europe dispose-t-elle d’un potentiel de privation comparable ? S’il existe dans le monde technologique quelques secteurs bien précis qui dépendent exclusivement d’une compétence européenne (on pense par exemple à ASML, premier et unique producteur des machines nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs de pointe), la réponse est globalement non. Le numérique européen regorge de sociétés, de services et de produits absolument brillants, mais leur taux de pénétration est sans commune mesure avec celui de la tech américaine, devenue littéralement pervasive dans notre quotidien.

Ce n’est guère plus brillant d’un point de vue politique ou législatif. Plusieurs politiques ont brandi dans les médias ces derniers jours la nécessité d’activer de façon préventive l’ACI, l’instrument anti-coercition européen, évoqué notamment par Emmanuel Macron dimanche en réponse à une énième provocation de Trump. Entré en vigueur le 27 décembre 2023 suite à l’adoption du texte dédié, ce dispositif définit le cadre d’action de l’Union européenne en cas de coercition économique à l’encontre de tout ou partie de ses membres.

C’est un outil puissant, puisqu’il autorise par exemple l’Union européenne à restreindre l’import-export, les droits de propriété intellectuelle, les investissements étrangers ou l’accès aux marchés publics. C’est en revanche un outil fastidieux à mettre en œuvre. « La décision de recourir à l’instrument anti-coercition doit être adoptée par le Conseil à la majorité qualifiée », rappelle par exemple Vie publique. Il n’est donc pas dit qu’il soit efficace face à un décret signé de façon impulsive dans le Bureau ovale…

Le « 28 jours plus tard » de la tech

Le risque parait faible, mais admettons que Trump aille plus loin. Imaginons qu’Intel, Qualcomm, AMD, NVIDIA, Cisco, Broadcom, Apple et tous les autres fournisseurs américains de semi-conducteurs activent d’un seul coup, sans crier gare, les portes dérobées qui leur permettent de désactiver à distance nos appareils. Imaginons que Microsoft, Google, Amazon, Meta, mais aussi IBM, ServiceNow, Salesforce, Oracle, VMware, Shopify, Stripe, Adobe, Infosys, Brocade, Juniper, Rackspace, HashiCorp et une infinité d’autres coupent simultanément leurs services aux Européens.

C’est le scénario d’un livre blanc collaboratif proposé à discussion depuis quelques jours par Genma de l’association Framasoft. Un document partagé dresse déjà le panorama des dégâts potentiels, avec des effets en cascade virtuellement infinis. Le projet se veut un outil de sensibilisation :

« Ce livre blanc explore un scénario volontairement radical mais techniquement plausible : les États-Unis coupent l’accès aux services numériques américains pour l’Europe (cloud, plateformes, identités, CDN, services associés). L’objectif n’est ni la peur, ni l’idéologie, mais la lucidité : Comprendre ce qui tomberait réellement.  Identifier ce qui continuerait à fonctionner. Mettre en lumière les dépendances invisibles. Aider citoyens, DSI et décideurs à se préparer sérieusement. »

On reproche parfois au courant survivaliste son anticipation presque paranoïaque du pire… mais il arrive que le pire survienne. La population iranienne sait par exemple très bien qu’on peut couper de façon autoritaire l’accès à Internet à l’échelle d’un pays pendant plus de deux semaines.

« Les menaces tarifaires sont inacceptables et n’ont pas leur place dans ce contexte. Les Européens y répondront de façon unie et coordonnée si elles étaient confirmées. Nous saurons faire respecter la souveraineté européenne. », déclarait Emmanuel Macron le 17 janvier dernier. Reste à savoir comment. Un sommet exceptionnel doit justement réunir les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres jeudi soir à Bruxelles.

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☕️ Microsoft porte l’app Xbox sur la version Arm de Windows et promet 85 % du Game Pass

Un atout de poids pour le succès des PC Copilot+ équipés en processeurs Qualcomm ? Microsoft a annoncé mercredi la prise en charge officielle de l’application Xbox sur les PC Windows équipés d’un processeur à architecture Arm. Cette dernière ouvre donc la voie au support des jeux vidéo contenus dans le Game Pass, l’abonnement mensuel commercialisé par l’éditeur.

À ce niveau, Microsoft affirme que « plus de 85 % » du catalogue du Game Pass est compatible avec les PC Windows on Arm.

Ce sont notamment les progrès récents réalisés par l’émulateur maison Prism qui sous-tendent cette prise en charge étendue : depuis décembre, celui-ci sait en effet gérer les instructions AVX (Advanced Vector Extensions) et AVX2, indispensables au bon fonctionnement de certains jeux et applications.

Fortnite sur un PC équipé d’une puce Arm, c’est possible via l’app Xbox – crédit Microsoft

Outre les jeux, Microsoft signale également le support de certains systèmes anti-triches tels que celui d’Epic (Epic Anti-Cheat, ou EAC), indispensable pour accéder aux fonctionnalités en ligne de titres tels que Fortnite. Cette disponibilité ne constitue pas réellement un avantage concurrentiel par rapport à d’autres environnements (EAC est disponible sur Linux, dont SteamDeck, ou macOS depuis 2021), mais elle participe à la promesse d’une expérience de jeu complète selon Microsoft, qui renvoie vers son offre Xbox Cloud Gaming pour les titres non pris en charge.

« En collaboration avec Xbox et nos partenaires, nous continuerons à travailler pour proposer au fil du temps encore plus de titres sur les PC Windows 11 équipés de processeurs Arm », promet l’éditeur.

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Aux États-Unis, un juge refuse (pour l’instant) que le FBI fouille le téléphone d’une journaliste

Émois au pays du Premier amendement
Aux États-Unis, un juge refuse (pour l’instant) que le FBI fouille le téléphone d’une journaliste

Un juge fédéral a interdit mercredi aux forces de l’ordre de fouiller les appareils électroniques saisis au domicile d’une journaliste du Washington Post. Elle avait chroniqué, le 24 décembre dernier, comment les grandes purges lancées par l’administration Trump lui avaient valu d’entrer en contact avec une myriade de sources prêtes à en dénoncer les travers.

L’article, paru le 24 décembre dernier, a dû déclencher quelques grincements de dents du côté de la Maison-Blanche. Hannah Natanson, journaliste au Washington Post, y décrit, dans un récit écrit à la première personne, comment son compte Signal est progressivement devenu le réceptacle d’innombrables confidences de collaborateurs de l’administration Trump.

Elle reçoit des centaines de messages de sources internes

Elle y raconte avoir reçu jusqu’à plusieurs dizaines de messages dans la même journée, émanant d’employés d’agences fédérales. Beaucoup témoignent de leurs craintes ou de leur mal-être face aux bouleversements en cours, mais d’aucuns deviennent aussi lanceurs d’alerte pour signaler, entre autres, les actions expéditives du célèbre Doge (le Département pour l’efficacité gouvernementale), un temps piloté par Elon Musk avant de tomber en disgrâce.

Hannah Natanson, qui ne suivait pas particulièrement l’actualité du Doge au départ, relate comment cette avalanche de messages a chamboulé son année, de la soirée de Saint-Valentin flinguée par les notifications Signal jusqu’à la façon dont ses collègues du Washington Post et elle ont été amenés à publier certains scoops, précisément grâce à ces lanceurs d’alerte. L’article est émaillé d’anecdotes tantôt légères, tantôt dramatiques, à l’image de ce message d’une employée fédérale qui annonce vouloir mettre fin à ses jours.

Le FBI saisit son matériel informatique

Trois semaines plus tard, le Post tire publiquement la sonnette d’alarme : le quotidien, d’obédience plutôt démocrate et propriété de Jeff Bezos, annonce le 14 janvier que le FBI vient de perquisitionner le domicile d’Hannah Natanson et de saisir ses équipements informatiques dont deux ordinateurs portables (l’un étant propriété du journal), un smartphone, une montre GPS, un enregistreur vocal et un disque dur externe.

Renseignement pris, le Post affirme dans son article que cette perquisition est en lien avec une enquête relative à Aurelio Perez-Lugones, un administrateur système pour un sous-traitant du Pentagone. Accusé d’avoir consulté et emporté chez lui des rapports de renseignement classifiés, ce dernier aurait été arrêté alors qu’il était en train de rédiger un message à l’attention d’Hannah Natanson.

D’après un commentaire public de Donald Trump évoqué par CNN, la fuite en question concernait le coup de force en préparation au Venezuela, même si le président n’établit pas formellement le lien. Ce serait donc le risque de voir sortir cette opération classée secret défense, par ailleurs objet de spéculations sur Polymarket, qui aurait motivé cette perquisition.

« Il est exceptionnellement rare que les forces de l’ordre effectuent des perquisitions au domicile de journalistes. La réglementation fédérale, destinée à protéger la liberté de la presse, vise à empêcher le recours à des méthodes policières agressives contre les journalistes pour obtenir l’identité de leurs sources ou leurs informations », souligne le journal.

Le Reporters Committee for Freedom of the Press a dans la foulée initié une procédure en justice aux côtés du Post visant à interdire l’exploitation des matériels saisis chez la journaliste. L’association de défense de la liberté de la presse qualifie cette perquisition de première historique, dans la mesure où la journaliste a précisément reconnu qu’elle avait reçu de nombreux messages de sources :

« La saisie par le ministère de la Justice des appareils électroniques de Natanson lui donne accès à une mine d’informations, au-delà de ses communications avec la personne soupçonnée (…). Ceci pourrait compromettre des documents journalistiques sensibles. La situation est d’autant plus préoccupante que Natanson couvre la réforme du gouvernement fédéral. Ses appareils pourraient contenir de nombreuses communications avec des sources gouvernementales. »

Le juge met en pause la procédure

Dans sa procédure, le Post estime que « cette saisie intimide la liberté d’expression, paralyse le journalisme » et invoque sans surprise le Premier amendement pour demander la restitution immédiate des appareils électroniques confisqués. Faute de contradictoire avec le gouvernement ou le ministère de la Justice, le juge en charge a prononcé mercredi le gel de la procédure : le matériel d’Hannah Natanson reste aux mains des forces de l’ordre, mais sans que ces dernières soient autorisées à l’analyser.

La portée de l’affaire et les risques de remise en cause du Premier amendement qu’elle fait planer rappellent bien sûr la longue bataille judiciaire des États-Unis visant à faire condamner Julian Assange, qui s’était finalement conclue par un accord de plaider coupable en 2024.

Le dossier d’Hannah Natanson sera bientôt discuté au fond. Le gouvernement est en effet censé justifier par écrit son intervention avant le 28 janvier, en vue d’une première audition orale le 2 février.

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Ubisoft se scinde en cinq « maisons », annule six jeux, et annonce de nouveaux licenciements

Sacrée journée !
Ubisoft se scinde en cinq « maisons », annule six jeux, et annonce de nouveaux licenciements

Ubisoft a dévoilé les grandes lignes de son plan de restructuration, basé sur l’articulation du groupe autour de cinq « maisons créatives » autonomes sur le plan stratégique. L’éditeur français annonce dans le même temps l’annulation de six jeux et la fermeture de deux studios dans le cadre d’un nouveau programme de réduction de coûts fixé à 200 millions d’euros sur deux ans. Un syndicat d’employés a immédiatement appelé à un débrayage pour contester ces mesures.

L’année à venir s’annonce mouvementée chez Ubisoft. L’éditeur français a en effet précisé (PDF), mercredi 21 janvier au soir, les contours du grand plan de restructuration qui fait suite à son accord stratégique avec Tencent, et doit lui permettre de renouer avec la croissance (et la rentabilité). Le chantier s’annonce dantesque : il suppose en effet la réorganisation totale du groupe, la révision de la feuille de route à trois ans, et un effort renforcé en matière de réduction des coûts.

D’un groupe unifié à cinq « maisons créatives »

L’annonce la plus structurante concerne la mise en place d’un nouveau modèle opérationnel, dans lequel le groupe Ubisoft s’efface au profit de cinq Creative Houses, présentées comme des « unités d’affaires intégrées regroupant désormais production et distribution ». Ces cinq maisons, qui se partagent le catalogue de licences d’Ubisoft, ont donc vocation à développer et commercialiser leurs propres projets, chacune disposant de ses propres équipes et de son propre compte de résultats.

La première de ces maisons avait été annoncée fin novembre. Baptisée Vantage Studio, elle compte le chinois Tencent comme actionnaire minoritaire, et prend en charge trois des licences les plus puissantes du groupe : Assassin’s Creed, Far Cry, et Tom Clancy’s Rainbow Six.

Cinq grandes maisons se partagent le trésor d’Ubisoft, ses licences

Les quatre autres maisons (ou filiales) se répartissent les autres univers d’Ubisoft, sur la base d’une approche thématique : les jeux de tir à dimension compétitive, les jeux « d’expériences Live ciblées et à forte identité » dont For Honor ou The Crew, les jeux à dimension narrative et immersive (une drôle de catégorie qui réunit aussi bien la stratégie d’un Anno que Rayman ou Beyond Good & Evil) et l’inévitable branche dédiée aux jeux dits casual. Ubisoft indique travailler actuellement au développement de quatre nouvelles marques, mais ne précise pas leur rattachement.

Dans ce nouveau modèle, la direction du groupe, récemment passée de Montreuil à Saint-Mandé (Val-de-Marne), reste en charge de la stratégie globale et de l’allocation du capital, tandis que différents services et fonctions support horizontaux sont censés sous-tendre le fonctionnement des cinq entités de création de jeux. « Cette nouvelle organisation entrera en fonctionnement début avril », affirme Ubisoft.

Une direction et cinq « maisons » soutenues par un réseau de studios, ainsi que des fonctions de production et de support – crédit Ubisoft

Une feuille de route à trois ans recentrée

Insuffler de tels changements, à plus forte raison dans un contexte de réduction des coûts, ne peut se faire sans impact sur la bonne marche des activités. Ubisoft indique donc avoir procédé, entre décembre et janvier, à la revue stratégique de ses projets.

En pratique, le groupe a taillé à la hache : il annonce ainsi l’annulation de six jeux, dont le remake de Prince of Persia The Sands of Time, et quatre jeux encore non annoncés, dont trois nouvelles licences et un jeu mobile.

Il repousse dans le même temps la sortie de sept autres titres.

Studios fermés, réduction de coûts et cinq jours de présence par semaine

Ubisoft dessine enfin les contours d’un nouveau tour de vis budgétaire avec l’annonce d’une troisième phase pour son plan de restructuration, qui vise à limiter les coûts de fonctionnement à hauteur de 200 millions d’euros sur deux ans (soit 100 millions d’euros par an, iso avec l’objectif déjà fixé pour la deuxième phase, qui sera « entièrement atteint » d’ici mars 2026).

« Ce nouvel objectif devrait ramener les coûts fixes totaux à environ 1,25 milliard d’euros sur une base annualisée d’ici mars 2028, contre 1,75 milliard d’euros en FY2022-23 », calcule l’éditeur, qui confirme la fermeture des studios de Stockholm et d’Halifax, et annonce des restructurations à Abu Dhabi, RedLynx et Massive.

Ubisoft ne chiffre pas l’impact de ces efforts sur sa masse salariale, mais il douche en revanche les espoirs des salariés adeptes du travail à distance, avec l’annonce d’un retour au présentiel cinq jours par semaine, complété tout de même « par un quota annuel de jours de télétravail ».

« Cette évolution vise à renforcer la collaboration, incluant un partage constant des connaissances, et la dynamique collective au sein des équipes. Dans un marché AAA durablement plus sélectif, la collaboration en présentiel constitue un levier clé d’efficacité, de créativité et de réussite collective », justifie Ubisoft, qui espère peut-être aussi favoriser des départs volontaires. Rappelons que le sujet avait déjà déclenché des tensions sociales fin 2024.

Perspectives financières : le retournement sera long

Réduction du pipeline de projets, licenciements, fermetures de studio… la restructuration aura logiquement un impact sur l’activité du groupe à l’échelle de l’exercice en cours. Ubisoft annonce à ce niveau une anticipation de net bookings (l’indicateur qui tient lieu de chiffre d’affaires hors éléments différés dans l’industrie du jeu vidéo) de 1,5 milliard d’euros pour l’exercice en cours, et une révision de 330 millions d’euros de ses perspectives de marge brute.

« Le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du Groupe, notamment sur les exercices 2026 et 2027, mais cette refonte renforcera Ubisoft et lui permettra de renouer avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste. Ubisoft entre dans une nouvelle phase, conçue pour reconquérir son leadership créatif et créer de la valeur durable pour les joueurs et les parties prenantes », résume l’éditeur.

Grève en vue chez les salariés

En attendant de connaître l’impact précis de ces mesures, la section Ubisoft Paris de Solidaires Informatique a immédiatement appelé les salariés du groupe à un débrayage jeudi matin, dénonçant des annonces « catastrophiques ».

Elle revendique l’arrêt du plan de restructuration, l’extension des conditions de télétravail et des augmentations « décentes » pour l’année en cours. « Ceci est une première réponse à l’absurdité des décisions managériale. D’autres mouvements de grève sont actuellement discutés. Il est hors de question de laisser un patron en roue libre démolir nos conditions de travail. Peut être faut il lui rappeler que ce sont ses salarié-es qui font les jeux ».

Tract de Solidaires Informatiques diffusé mercredi 21 janvier au soir sur Blueksy
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☕️ Sony est prêt à transférer ses TV Bravia à une coentreprise contrôlée par TCL

L’annonce revêt une portée symbolique certaine : Sony, pionnier du téléviseur et référence emblématique du secteur, a annoncé le 20 janvier son projet de transférer les activités associées à ses gammes d’écrans Bravia au sein d’une coentreprise opérée en partenariat avec le fabricant chinois TCL.

Selon les termes préliminaires de ce protocole d’entente (memorandum of understanding), c’est TCL qui aurait le contrôle de cette nouvelle entité, avec 51 % des parts (et donc des droits de vote), contre 49 % pour Sony.

La coentreprise aurait vocation à intervenir sur l’ensemble de la chaine, « du développement et de la conception de produits à la fabrication, aux ventes, à la logistique et au service client pour des produits tels que les téléviseurs et les équipements audio domestiques », indique le géant japonais.

Les produits Sony Bravia devraient être produits par la nouvelle coentreprise à partir d’avril 2027 – crédit Sony

Sony et TCL viseraient un accord ratifié aux alentours de mars 2026. Une fois ce dernier validé par les différentes autorités compétentes, la coentreprise ainsi constituée débuterait ses activités à partir d’avril 2027.

Les deux partenaires présentent la démarche comme la combinaison du savoir-faire historique de Sony et de la puissance de sa marque aux capacités industrielles de TCL, notamment en matière de production de dalles haut de gamme, d’économies d’échelle et d’efficacité industrielle globale.

Les produits TV et audio de la future coentreprise (dont le nom n’a pas été révélé) porteront les marques Sony et Bravia. Le groupe japonais, qui confirme donc son virage engagé vers les contenus, n’a pas précisé quelles conséquences cet accord aurait sur ses propres ressources industrielles, notamment en matière d’emploi.

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Stockage S3 Next : nouveaux accès ouverts en bêta !

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Stockage S3 Next : nouveaux accès ouverts en bêta !

300 nouveaux accès viennent d’être ouverts pour tester la bêta du service de stockage S3 désormais offert par Next dans le cadre de votre abonnement premium, avec 1 To garanti et 100 Go supplémentaires par année d’ancienneté. Rendez-vous fin janvier pour la disponibilité générale.

Les lecteurs de Next allaient-ils être au rendez-vous d’une mise en prod effectuée un 24 décembre, à quelques heures du réveillon ? Vous avez été si rapides à demander les 100 premiers accès ouverts à notre nouvelle infrastructure de stockage que nous avons, dès le lendemain, étendu la première vague de notre bêta à 200 comptes supplémentaires. Et là, aussi, il n’a pas fallu longtemps pour que les accès ouverts soient distribués… et que les sauvegardes commencent à se remplir !

300 nouveaux accès en bêta et nouvelle page d’abonnement

Quatre semaines plus tard, il parait que l’infra se tourne un peu les pouces, ce serait lui faire affront que ne pas ouvrir les vannes. Dans le même temps, il nous restait quand même de nombreux petits détails à peaufiner, et ça a pas mal avancé !

Outre nos développements sur la partie stockage, qui vous permet désormais de réinitialiser votre espace, nous avons profité de ce joli mois de janvier pour retravailler plusieurs de nos pages et services dédiés à l’abonnement, à la facturation ou à la gestion des comptes Entreprises. Les comptes perso profitent par exemple d’une génération de facture à la demande !

Il faudrait la faconde fastueuse et foisonnante d’un Poing Dev pour relater dans le détail tous ces changements, mais en attendant son éventuel verbe vibrionnant, disons juste qu’ils sont plus importants qu’il n’y parait.

Pour fêter leur mise en prod, nous venons d’ouvrir 300 accès supplémentaires à notre brique de stockage, sur la base du premier arrivé, premier servi. L’activation se fait depuis l’onglet Stockage S3 de votre profil.

De quoi, nous l’espérons, répondre aux attentes des plus impatients d’entre vous, tout en nous laissant le temps de poursuivre le rodage de nos disques durs et le fignolage des derniers détails. Cette deuxième phase de bêta devrait gentiment nous emmener jusqu’à la disponibilité générale du service, prévue fin janvier ou tout début février.

D’ici là, n’hésitez pas à nous partager vos retours dans les commentaires. Et faites résonner dans vos contrées un grand tonnerre d’applaudissements en direction d’Hasnaine qui a planché d’arrache-pied sur toutes ces récentes évolutions !

1 To et plus de stockage S3 dans votre abonnement premium

Au fait, de quoi cause-t-on ? Si vous n’étiez pas sur Next le jour de Noël (comment se fait-ce ?), petite piqûre de rappel : en synergie avec l’opérateur moji, qui garantit la pérennité financière de notre média, nous avons développé une offre de stockage désormais incluse dans votre abonnement Next.

Celle-ci vous permet de disposer, pendant toute la durée de votre abonnement premium (hors abonnement à tarif réduit), d’un bucket S3 hébergé en France, sur une infrastructure opérée en propre par moji, avec une capacité de départ fixée à 1 To, à laquelle s’ajoutent 100 Go supplémentaires par année d’ancienneté de votre compte Next.

Nos lecteurs les plus anciens peuvent donc revendiquer jusqu’à 3,2 To, et certains ne se sont pas fait prier pour les remplir !

On profite de l’occasion pour rappeler les fondamentaux de cette offre : il s’agit d’un service de stockage à usage personnel qui fonctionne en mode best-effort (un seul site géographique). Il est fourni sans garantie (respectez toujours les principes 3,2,1), et son utilisation suppose que vous chiffriez vos données avant de nous les envoyer !

Si ces notions vous sont un peu étrangères, pas de panique : en attendant d’autres articles développant des aspects plus techniques, on vous a mitonné un tutoriel très simple qui devrait vous permettre de chiffrer et créer votre première sauvegarde sur cet espace en quelques minutes, depuis l’ordinateur ou le NAS de votre choix :

Notez que dans le cadre de la bêta, l’accès au stockage n’est pas activé pour les abonnements souscrits par l’intermédiaire de l’offre Entreprise, mais cette lacune sera corrigée à la disponibilité générale.

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☕️ Capgemini envisage jusqu’à 2 400 suppressions de postes en France

Capgemini, première entreprise de services numériques (ESN) en France en volume d’affaires, a annoncé mardi 20 janvier envisager « jusqu’à 2 400 suppressions de postes » via des reclassements ou des départs volontaires, dans un communiqué transmis à l’AFP et relayé par France Info.

« Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries (…) Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle », écrit le groupe, qui compte 35 000 collaborateurs dans l’Hexagone, et environ 355 000 dans le monde.

Ce plan doit encore faire l’objet d’une présentation et de négociations avec les instances représentatives du personnel, indique Capgemini, qui réduirait donc de près de 7 % ses effectifs en France.

Aucune indication n’a été donnée quant à la localisation géographique ou à la nature des métiers concernés, le groupe se contentant simplement d’indiquer que les suppressions interviendraient dans les « filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques ».

Capgemini, dont le cours a perdu près de 3 % mardi en début d’après-midi à la Bourse de Paris dans un contexte globalement baissier, doit présenter le 13 février prochain les résultats financiers de son exercice 2025. Pour son troisième trimestre 2025, il faisait état d’un chiffre d’affaires en légère croissance, et soulignait « la pertinence de [son] positionnement de partenaire commercial et technologique basé sur l’IA ».

Sans lien annoncé avec cette décision, Capgemini est présent cette semaine à Davos avec un discours axé sur les possibilités offertes par l’IA et la nécessité d’accompagner les dirigeants dans les évolutions à venir en matière de « gouvernance, de compétences, de responsabilité et d’”alchimie Homme-IA” »

En juillet dernier, Capgemini a lancé le processus d’acquisition de son homologue et concurrent indien WNS, notamment pour nourrir ses offres en matière d’IA agentique.

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☕️ Nouvelle fuite de données à l’Urssaf, 12 millions de victimes potentielles

L’Urssaf a publié lundi 19 janvier au soir une alerte relative à « un accès non autorisé à l’API (interface d’échanges) contenant certaines données de la déclaration préalable à l’embauche, réservée à ses partenaires institutionnels ».

Cette intrusion aurait permis la consultation ou l’extraction de données relatives à des salariés « ayant fait l’objet d’une nouvelle embauche depuis moins de 3 ans ». Les informations concernées sont « nom, prénom, date de naissance, Siret de l’employeur, date d’embauche », indique l’organisme.

L’accès aurait été réalisé via un compte partenaire, grâce à des identifiants dérobés lors d’une attaque survenue plus tôt et ayant visé ce partenaire. Les systèmes d’information de l’Urssaf n’auraient pas été compromis, et la continuité de service est assurée pour la déclaration préalable à l’embauche.

« Les employeurs peuvent continuer à utiliser le service de déclaration préalable à l’embauche comme habituellement », promet l’Urssaf, qui indique avoir immédiatement pris les mesures nécessaires, mis fin aux accès du compte compromis et augmenté la « sécurisation des habilitations des partenaires pour limiter les risques ».

L’Urssaf ne précise pas nommément qui sont les victimes potentielles mais chiffre à 12 millions de salariés le périmètre de salariés concernés.

L’organisme en charge des cotisation sociales avait déjà été victime d’un incident de cybersécurité en novembre dernier. Il concernait alors le service Pajemploi (formalités entre parents employeurs et gardes d’enfants), et avait exposé « jusqu’à 1,2 million de salariés de particuliers employeurs ».

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☕️ Microsoft corrige les problèmes provoqués par le patch tuesday de janvier

Microsoft a diffusé samedi 17 janvier une mise à jour out-of-band (OOB) pour Windows 11. Publiée en dehors du cycle habituel, elle intervient en urgence pour résoudre plusieurs dysfonctionnements engendrés par la livraison mensuelle de correctifs de sécurité, le fameux patch tuesday, du 13 janvier dernier.

Deux problèmes principaux ont été identifiés. D’abord, une impossibilité de se connecter à distance via le panneau Windows App sur les machines équipées de l’OS, mais aussi sur Azure Virtual Desktop et Windows 365. Le phénomène a été détecté sur les différentes versions de Windows 11 (dont la 25H2, dernière mouture en date), mais aussi sur Windows 10 et les éditions 2019, 2022 et 2025 de Windows Server.

Le correctif du correctif

Microsoft a ensuite détecté et corrigé un problème susceptible d’empêcher les machines sous Windows 11 version 23H2 avec Secure Launch activé de correctement s’éteindre ou de passer en veille.

« Si vous n’avez pas encore déployé la mise à jour de sécurité Windows de janvier 2026 et que votre environnement informatique comprend les applications et fonctionnalités concernées, nous vous recommandons d’appliquer plutôt cette mise à jour OOB », conseille l’éditeur.

Aux utilisateurs affectés par le bug de connexion n’ayant pas encore pu appliquer la mise à jour corrective, Microsoft préconise de passer soit par le client Remote Desktop, soit d’utiliser la version Web de Windows App (windows.cloud.microsoft).

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OpenAI lance ChatGPT Go à 8 euros par mois et confirme l’arrivée de la publicité

Go Go Go !
OpenAI lance ChatGPT Go à 8 euros par mois et confirme l’arrivée de la publicité

OpenAI a annoncé vendredi le lancement d’une formule ChatGPT Go à 8 euros (ou 8 dollars) par mois, qui s’accompagne d’une nouvelle mécanique de monétisation : l’introduction de publicités dans l’interface du modèle. L’entreprise promet que la publicité, d’abord testée aux États-Unis, sera gérée de façon responsable.

C’était le serpent de mer, l’éléphant dans la pièce : quand OpenAI, qui revendique 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires, allait donc se décider à franchir le Rubicon de la publicité pour monétiser son audience colossale ? En gestation depuis de longs mois, la réflexion a finalement abouti sur une double décision rendue publique vendredi 16 janvier : l’annonce de l’arrivée prochaine de publicités au sein de ChatGPT et l’introduction d’un nouvel abonnement premier prix… précisément enrichi de publicités.

ChatGPT Go à 8 euros par mois

Jusqu’ici, il fallait choisir (si l’on voulait s’adonner à l’IA générative selon OpenAI) entre la formule gratuite et le premier niveau d’abonnement, ChatGPT Plus, facturé 23 euros par mois. L’entreprise dirigée par Sam Altman introduit un niveau intermédiaire baptisé ChatGPT Go et facturé 8 euros ou 8 dollars par mois.

D’après OpenAI, cette formule d’entrée de gamme confère dix fois plus de capacité que l’utilisation gratuite de ChatGPT, qu’il s’agisse de messages, d’envoi de fichiers ou de création d’images, avec un accès au récent modèle GPT‑5.2 Instant. La fenêtre de contexte et la mémoire de l’agent conversationnel (c’est-à-dire sa capacité à tenir une conversation au long cours, sans en perdre le fil) seraient également augmentées dans des proportions non précisées.

OpenAI prend bien soin de rappeler que ces capacités n’égalent pas celles des abonnements ChatGPT Plus (23 euros par mois) ou ChatGPT Pro (229 euros par mois), et souligne que ces formules resteront dépourvues de publicités, avec en plus l’accès à l’Agent Codex et au générateur de vidéos Sora.

Car c’est bien là le nerf de la guerre pour l’offre Go. « Nous prévoyons de commencer prochainement à tester la publicité dans la version gratuite et sur ChatGPT Go aux États-Unis. La publicité nous permet de maintenir notre engagement à rendre l’IA accessible à tous en nous aidant à proposer ChatGPT gratuitement ou à des prix abordables », révèle ainsi OpenAI.

Si l’utilisateur veut cuisiner, pourquoi ne pas lui vendre des condiments ? – crédit OpenAI

OpenAI promet une pub responsable

Le sujet de la publicité, délicat à bien des égards, fait l’objet d’une annonce dédiée, signée par Fidji Simo, la franco-américaine qui murmure depuis le printemps 2025 à l’oreille de Sam Altman pour les sujets liés à la monétisation.

OpenAI y revendique quelques grands principes, parmi lesquels la stricte indépendance des réponses générées par ChatGPT vis-à-vis des annonceurs ou la confidentialité des conversations menées avec le chatbot. Ce qui ne signifie évidemment pas que la publicité ignorera le contexte desdites conversations. « Vous contrôlez l’utilisation de vos données. Vous pouvez désactiver la personnalisation et supprimer à tout moment les données utilisées pour les publicités. Nous proposerons toujours une option pour ne pas voir de publicités sur ChatGPT, notamment un abonnement payant sans publicité », promet l’entreprise.

Ses engagements portent également sur l’affichage des publicités qui, selon cette annonce et captures d’écran à l’appui, seront explicitement isolées du flux de la conversation entre l’utilisateur et le chatbot, mais sauront se montrer attractives : « Grâce aux capacités de l’IA, nous sommes impatients de développer au fil du temps de nouvelles expériences que les utilisateurs jugeront plus utiles et pertinentes que toutes les autres publicités ».

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Wi-Fi dans les avions : Lufthansa signe avec Starlink, le patron de Ryanair n’en veut pas

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Wi-Fi dans les avions : Lufthansa signe avec Starlink, le patron de Ryanair n’en veut pas

Lufthansa a annoncé cette semaine avoir signé avec Starlink pour équiper les 850 avions de sa flotte d’ici 2029 d’une connectivité sans fil, avec la promesse d’un Wi-Fi gratuit à bord pour ses passagers. Le patron de Ryanair se refuse quant à lui à envisager un tel déploiement en raison du surcoût engendré par l’augmentation de carburant consommé. Et traite au passage Elon Musk d’idiot, après que le patron de SpaceX le déclare mal informé sur le sujet.

À son tour, Lufthansa cède aux sirènes de Starlink, qui s’impose de ce fait comme le premier fournisseur de connectivité à bord auprès des grandes compagnies européennes. Dans son annonce, datée du 13 janvier, le groupe indique qu’il débutera le déploiement de Starlink dans le courant du deuxième semestre 2026, avec l’ambition d’avoir équipé l’intégralité de sa flotte d’ici 2029.

Le projet concerne l’ensemble des compagnies détenues par la compagnie aérienne nationale allemande, à savoir Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines et Brussels Airlines, pour un total d’environ 850 avions.

Wi-Fi gratuit à bord sur enregistrement

Lufthansa fait du Wi-Fi haut débit promis par Starlink un produit d’appel pour ses outils de connaissance client. Le groupe indique en effet que l’accès à Internet sera gratuit à bord pour les clients qui disposent soit d’un « statut » (c’est-à-dire une inscription au programme de fidélité Miles and More), soit d’un identifiant Travel ID, le compte Internet unique par lequel ses différentes compagnies proposent de centraliser les interactions avec leurs services en ligne.

Lufthansa rejoint donc ici la logique déjà adoptée par Air France, qui prévoit de boucler le déploiement de Starlink d’ici fin 2026, et mise sur la fourniture d’un service gratuit pour les passagers. Starlink peut de son côté se targuer d’avoir convaincu les plus grandes compagnies aériennes européennes avec ce nouvel accord. Outre Air France et maintenant Lufthansa, le réseau satellitaire de SpaceX a en effet signé (PDF) en novembre 2025 avec IAG, qui réunit Aer Lingus, British Airways, Iberia, LEVEL et Vueling et opère environ 500 avions.

Incompatible avec la grille tarifaire des « low costs » ?

Starlink risque en revanche d’avoir du mal à convaincre Ryanair. Interrogé par Reuters en réaction à l’annonce formulée par Lufthansa, Michael O’Leary, PDG de la compagnie irlandaise, a en effet estimé que la fourniture d’un accès Internet à bord était incompatible avec la logique économique de Ryanair, qui opère principalement des vols courts et moyens courriers. « Nous ne pensons pas que nos passagers soient prêts à payer pour le Wi-Fi pendant un vol d’une heure en moyenne », a-t-il déclaré.

Michael O’Leary a dans le même temps commenté l’impact potentiel de l’intégration de Starlink au niveau de la consommation de carburant : « Il faut installer une antenne sur le fuselage, cela entraîne une surconsommation de carburant de 2 % en raison du poids et de la traînée ».

L’allégation est arrivée aux oreilles d’Elon Musk qui a réagi, le même jour sur X. « Il est mal informé. Je doute même qu’ils puissent mesurer précisément la différence de consommation de carburant, surtout pour un vol d’une heure, où la traînée supplémentaire est quasiment nulle pendant la phase de montée grâce à l’angle d’attaque élevé. Et comparé à la plupart des autres solutions de connectivité, il y aurait en réalité des gains d’efficacité. », a estimé le patron de SpaceX, étayant son propos d’un extrait de texte généré par Grok.

Michael Nicolls, vice-président en charge de SpaceX chez Starlink, a abondé dans son sens, en publiant deux photos illustrant l’antenne Starlink et celle d’un système satellite géostationnaire sur la carlingue d’un avion, pour souligner la faible protubérance occasionnée par le système maison. « Notre analyse montre que l’augmentation de la consommation de carburant pour un 737 - 800 avec notre conception actuelle est d’environ 0,3 % », affirme ce dernier.

La réponse du berger à la bergère

Interrogé vendredi par la radio irlandaise Newstalk, le patron de Ryanair a maintenu son chiffre. « Boeing nous a déjà confirmé la nécessité d’installer une antenne sur le toit de l’appareil ; cela entraînera une augmentation de la consommation de carburant d’environ 2 % », déclare-t-il. L’impact financier se monterait donc selon lui à 200 ou 250 millions de dollars par an, sur la base d’une facture annuelle de carburant de l’ordre de 5 milliards de dollars.

« Autrement dit, cela représente environ un dollar supplémentaire par passager, et nous ne pouvons tout simplement pas supporter ces coûts. Les passagers ne sont pas prêts à payer pour la gratuité d’Internet ; s’il est gratuit, ils l’utiliseront, mais ils ne débourseront pas un euro chacun pour s’y connecter ».

Habitué des sorties sarcastiques (et des négociations musclées allant jusqu’au chantage, notamment avec les aéroports français), Michael O’Leary a profité de l’occasion pour dire tout le bien qu’il pensait d’Elon Musk. « Je n’accorderais aucune attention à Elon Musk. C’est un idiot – très riche, certes, mais un idiot quand même ».

« Le PDG de Ryanair est un imbécile fini. Qu’on le vire ! », a à son tour répondu Musk sur X, peu après la publication de cette actu.

Le « gratuit » chez Ryanair, ça fait longtemps que l’entreprise a tiré un trait dessus.
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