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Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Merci, mais non merci
Google autorise les sites web à refuser explicitement les résumés IA

Depuis un peu plus de deux ans, Google affiche ses AI Overviews tout en haut d’une recherche web, autrement dit un résumé des résultats généré par IA. Ils ne tombent pas du ciel : les informations qu’ils contiennent proviennent de sites web qui vont finalement avoir la possibilité explicite d’exclure leurs contenus du moissonnage effectué par le moteur de recherche. Trop peu, trop tard ?

Les AI Overviews, visibles aux États-Unis depuis leur lancement en mai 2024, sont maintenant présents dans une centaine de pays (la France est toujours exclue). Ces résumés ont été complétés un an plus tard par l’AI Mode, qui tente de concurrencer directement les moteurs de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT.

Google demande enfin la permission d’aspirer le web

Durant la dernière édition de la Google I/O, le géant américain en a remis une couche avec une avalanche de nouveautés IA pour son moteur de recherche – offrant au passage au mode « No AI » de DuckDuckGo un joli coup de pouce. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il existe des internautes qui apprécient peu le forcing IA de Google. C’est le cas aussi pour plusieurs éditeurs de sites web, qui refusent obstinément que leurs contenus soient collectés sans autorisation ni rémunération pour se transformer en données d’entraînement.

Exemple d’AI Overview.

Il existe des mécanismes qui empêchent les robots de scraping de moissonner les contenus du web ouvert. Le fichier robots.txt est le plus commun, il permet à un site de refuser l’accès à certaines de ses pages pour l’indexation web et la collecte IA. Voilà pour la théorie, mais en pratique rien n’empêche un bot mal élevé d’ignorer ces consignes et de parcourir l’intégralité d’un site. Perplexity est régulièrement pointé du doigt à ce sujet.

Google a commencé à déployer un nouvel outil qui va permettre aux éditeurs web de décider, depuis la Search Console, si leurs sites peuvent apparaitre dans les résumés générés par IA. C’est un changement de taille, le groupe ayant plutôt cherché à flouter la frontière entre l’indexation et le scraping. Il promet la main sur le cœur que cela n’aura aucun impact sur l’indexation traditionnelle. En activant ce bouton depuis la console de recherche, un site ne recevra « ni trafic ni impressions provenant de nos fonctionnalités d’IA générative », martèle Google. Est-ce pour autant un drame ?

Google affirme régulièrement que les résumés IA dans les résultats de recherche ne font pas diminuer le trafic des sites d’où les informations sont extraites. Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet dernier, affirmait le contraire. L’entreprise s’était d’ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant un web ouvert en « déclin rapide » en raison du marché publicitaire chamboulé par l’IA.

La mise en place de ce bouton n’a rien d’un geste désintéressé ou d’une branche d’olivier lancé aux éditeurs, car sinon pourquoi avoir attendu deux ans ? C’est simplement le résultat d’une obligation réglementaire imposée par la CMA, l’autorité de la concurrence britannique. « Pour la première fois au monde, les éditeurs disposeront d’outils leur permettant d’empêcher l’utilisation de leurs contenus par les fonctionnalités d’IA de la recherche Google », se réjouit le régulateur.

Ce dernier ajoute que les éditeurs seront ainsi « mieux armés pour négocier des accords de licence avec Google, notamment dans le secteur de la presse ». L’intention est louable, mais rien n’empêchera Google d’utiliser les contenus provenant d’autres sites web plus conciliants pour générer ses résumés IA.

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La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

Une petite annonce qui coûte cher à Bruxelles
La justice européenne tranche : la Marketplace de Meta n’est plus un contrôleur d’accès

Revers pour la Commission européenne et le règlement sur les marchés numériques (DMA). La Cour de justice de l’UE a en effet jugé que Meta n’était pas un contrôleur d’accès pour la Marketplace de Facebook. En revanche, l’institution confirme le statut du géant des réseaux sociaux pour Messenger.

Le 5 septembre 2023, la Commission européenne désignait les contrôleurs d’accès au titre du DMA, un club très fermé qui oblige les membres à respecter des règles contraignantes sur l’ouverture à la concurrence. Plusieurs critères ont été mis en place pour recevoir son rond de serviette : au moins 45 millions d’utilisateurs actifs par mois dans l’UE et au moins 10 000 utilisateurs professionnels par an dans l’UE au cours des trois derniers exercices ; réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 7,5 milliards d’euros durant les trois derniers exercices.

Au même titre qu’Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance et Microsoft, Meta a donc été désigné contrôleur d’accès. Six de ses activités étaient considérées comme des services de plateforme essentiels : Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, Meta Ads et Marketplace.

« Étaient », car en avril 2025 la Commission déterminait que la plateforme de petites annonces en ligne ne devait plus faire partie des services essentiels contrôlés par le DMA. Meta avait demandé un réexamen de son service d’intermédiation en ligne en mars 2024, un pari gagnant : le régulateur européen a constaté que Marketplace comptait moins de 10 000 entreprises utilisatrices en 2024.

Des éléments « hypothétiques et incomplets »

Meta avait également introduit un recours auprès de la justice européenne pour annuler la décision prise par la Commission en septembre 2023 de qualifier Messenger et Marketplace comme points d’accès majeurs du DMA. L’entreprise a obtenu partiellement raison : la Cour de justice de l’UE annule la désignation de Meta comme contrôleur d’accès en ce qui concerne la Marketplace (PDF). En revanche, le groupe américain conserve ce statut pour Messenger.

La CJUE juge que la Commission a commis « une erreur de droit » : elle avait considéré qu’elle pouvait se fonder uniquement sur des données concernant les trois dernières années ayant précédé la désignation, sans tenir compte de modifications intervenues fin juillet 2023. Meta avait en effet limité le nombre d’annonces pouvant être publiées par utilisateur, ce qui entraînait la disparition du critère de Bruxelles pour identifier les entreprises utilisatrices.

Le tribunal a aussi constaté que la décision de la Commission était « insuffisamment motivée » : elle n’a en effet exposé « aucune analyse concrète de ces modifications », ni expliqué en quoi elles remettaient en cause ou confirmaient la qualification de Marketplace comme service d’intermédiation en ligne. « Les éléments invoqués dans la décision à cet égard demeurent notamment hypothétiques et incomplets », assène l’institution.

La Commission européenne se consolera en observant que la désignation de Messenger comme point d’accès majeur du DMA a été confirmée par la justice. Les arguments avancés par Meta n’étaient pas suffisamment étayés pour remettre en cause la qualification du service. L’entreprise peut toujours faire appel de cette décision.

La Marketplace de Facebook a fait l’objet d’une lourde sanction en novembre 2024 : la Commission avait infligé à Meta une amende de 798 millions d’euros pour pratiques abusives. Cette affaire n’avait cependant rien à voir avec le DMA, Meta ayant été condamnée pour infraction aux règles de l’Union européenne en matière de pratiques anticoncurrentielles. En avril 2025, l’entreprise a en revanche bien été sanctionnée pour violation du DMA, à hauteur de 500 millions d’euros, en l’occurrence sur le dossier des abonnements payants.

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Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

L'industrie IA garde les clés
Le décret présidentiel sur l’IA de Donald Trump a été édulcoré

Donald Trump a finalement signé l’executive order sur l’intelligence artificielle. Le président américain devait apposer son paraphe sur une précédente version du texte, plus contraignante, il y a deux semaines. Mais au dernier moment, l’industrie a réclamé et obtenu des changements importants dans la mouture finale.

Ce n’est pas une bulle du pape, mais pas loin. Dans l’executive order (EO) signé ce mardi 2 juin, Donald Trump rappelle les mesures déjà mises en œuvre depuis le début de son second mandat, dont « [la suppression des] contraintes bureaucratiques que l’administration précédente avait imposées aux développeurs et aux chercheurs américains ». Surtout, l’EO liste une série de mécanismes visant à amplifier le mouvement pour « promouvoir l’innovation et la sécurité de l’IA ».

Report de dernière minute

Mais voilà, ce décret présidentiel aurait déjà dû être paraphé le 21 mai, et tout semblait prêt pour que ce soit le cas. Mais David Sacks, l’ancien « tsar » de l’IA nommé par Donald Trump, a arraché un délai de dernière minute, comme l’explique Politico.

L’ancien EO mettait en place un mécanisme volontaire de supervision pour les entreprises IA : certains modèles avancés auraient pu être soumis à un examen par plusieurs agences fédérales jusqu’à 90 jours avant leur publication. L’administration Trump avait un temps imaginé d’imposer ce dispositif aux entreprises, avant de revenir à une position moins tranchée. La perspective n’en inquiétait pas moins une partie de l’industrie, qui voyait dans ce mécanisme les prémices d’un contrôle gouvernemental plus poussé sur les modèles les plus puissants.

La mesure a notamment été imaginée suite aux craintes d’un modèle comme Mythos sur ses capacités d’attaque envers les infrastructures critiques. David Sacks, porte-voix de l’industrie en sa qualité d’associé fondateur du fonds de capital-risque Craft Ventures, aurait expliqué à Trump que les entreprises n’avaient pas besoin d’une mesure coercitive : elles coopèrent déjà volontairement. Autre argument : un examen des modèles par le gouvernement ralentirait la marche de l’IA, ce qui nuirait aux États-Unis dans sa course contre la Chine.

La signature a donc été reportée et avec elle, une bonne partie du (faible) mordant initial du décret présidentiel. La mouture finale renforce l’idée que le gouvernement fédéral n’impose pas de licence obligatoire, pas d’autorisation avant lancement, pas de « permis » pour publier un modèle. Un cadre est mis en place pour les développeurs volontaires, dans lequel ils peuvent fournir un accès anticipé à leurs modèles 30 jours maximum avant leur mise à disposition.

Le texte ordonne la création, sous les 30 jours, d’un centre de coordination de la cybersécurité liée à l’IA, en collaboration — là aussi volontaire — avec des entreprises du secteur et les opérateurs des infrastructures critiques. Il regroupera plusieurs activités aujourd’hui dispersées entre plusieurs agences du gouvernement pour détecter des vulnérabilités logicielles, mesurer les niveaux de risque de ces failles, coordonner la réponse et la diffusion des correctifs. Il s’agit d’éviter que chacun, dans le privé comme dans le public, fasse sa tambouille dans son coin. C’est louable, mais le caractère non contraignant de ce centre risque d’en diluer la force de frappe.

Un coup pour rien ?

Le décret demande également à plusieurs agences, dont la NSA et le Trésor, de mettre au point dans les 60 jours un processus d’évaluation pour déterminer les modèles IA considérés comme suffisamment puissants pour présenter un risque particulier. Les critères de ce processus resteront secrets, pour éviter que des acteurs malveillants ne connaissent les capacités qui intéressent les autorités.

L’EO ne le précise pas, mais les agences pourraient par exemple mesurer la capacité d’un modèle à découvrir des vulnérabilités zero-day, à écrire du code malveillant, à automatiser des campagnes de piratage, ou à contourner des systèmes de sécurité. Le dernier mot reviendra à la NSA, l’agence du renseignement états-unien. Le NIST, souvent considéré comme plus neutre et technique, est écarté de la décision finale.

L’EO exige aussi du ministère de la Justice de poursuivre les personnes utilisant l’IA pour pirater des systèmes, voler des données ou commettre des infractions informatiques. Si l’architecture générale entre les deux versions du texte est similaire, la version finale adoucit fortement les aspects les plus contraignants pour l’industrie, en insistant notamment sur le caractère volontaire de certaines mesures. Et surtout, elle exclut tout système de licence ou d’autorisation préalable.

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Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

Windows 11 au régime sec
Snapdragon C : premier coup d’œil sous le capot de la puce pour PC Windows à 300 dollars

Qualcomm a fait résonner les tambours et les trompettes pour annoncer la Snapdragon C, nouvelle puce qui va équiper des PC portables à partir de 300 dollars. L’entreprise n’est pas entrée dans les détails, mais Acer a quelques réponses.

Crise de la mémoire aidant, les constructeurs PC misent beaucoup sur les machines très haut de gamme, comme cela devrait être le cas du Surface Laptop Ultra de Microsoft équipé du nouveau « superchip » RTX Spark de NVIDIA. Il n’y en a cependant pas que pour le premium hors de prix. À l’autre bout du spectre tarifaire, Qualcomm positionne la Snapdragon C pour des PC sous Windows on Arm à partir de 300 petits dollars.

Au-delà de l’effet d’annonce, Qualcomm s’est fait très discret sur les composants et les capacités de cette nouvelle plateforme silicium. Si les premiers portables dotés de la Snapdragon C feront leur apparition dans le courant de l’année, on peut déjà avoir une idée de ce qui attendra les utilisateurs au budget serré.

Un PC Snapdragon C sous cloche

Sur son stand du Computex, Acer présente le premier portable équipé de cette fameuse puce. L’Aspire Go 15 (AG15-Q31P) est visible, uniquement sous cloche. Plusieurs médias ont cependant obtenu un accès privilégié à l’ordinateur. Pas suffisamment pour réaliser des benchmarks, mais assez pour se faire une meilleure idée de la machine.

Ce modèle peut ainsi embarquer « jusqu’à » 8 Go de mémoire vive LPDDR5X et 512 Go de stockage SSD, indique ainsi PC Mag. Pas vraiment de surprise côté stockage, sachant que le MacBook Neo — cible principale de Qualcomm ici — débute à 256 Go. L’enveloppe de RAM interroge en revanche : la formulation laisse entendre que des PC Snapdragon C pourraient tourner avec moins de 8 Go.

Une gageure avec un Windows 11 qui n’est pas spécialement connu pour sa sobriété. Officiellement, le système d’exploitation exige un minimum de 4 Go de RAM pour l’installation, ce qui ne veut pas dire que l’OS fonctionnera de manière satisfaisante avec si peu de mémoire. Jusqu’à présent, les PC fonctionnant sous Windows 11 sur Arm avec une puce Qualcomm (Snapdragon X) bénéficient d’un minimum de 16 Go de mémoire ; ce qui est, au passage, un des critères pour prétendre au statut de Copilot+.

Étrangement, le clavier de l’Aspire Go 15 intègre une touche Copilot, bien que la Snapdragon C n’ait pas été conçue pour prendre en charge toutes les fonctions d’IA en local de Microsoft. La puce embarque néanmoins son propre NPU, mais le composant n’offrira pas les 40 TOPS de base. La présence de cette touche est donc étonnante, à moins que l’éditeur de Windows ait revu ses prétentions à la baisse. Ou pousse tout simplement à une uniformisation des claviers Windows.

Des cœurs de smartphones

Qualcomm a précisé à Tom’s Hardware que le CPU de la Snapdragon C intégrait bien des cœurs Kryo « custom », une architecture déjà utilisée sur ses plateformes mobiles et sur plusieurs générations de puces PC Arm. Ce n’est pas une grande surprise : après tout, le MacBook Neo tourne avec une puce d’iPhone, en l’occurrence l’A18 Pro (6 cœurs CPU).

Image : Tom’s Hardware

Les 8 cœurs de la Snapdragon C affichent une fréquence d’horloge de 1,67 GHz en idle, avec une fréquence de base de 3,01 GHz selon le gestionnaire des tâches. Bizarrement, la puce est appelée Snapdragon 8c Gen 3.

Ce modèle n’existe pas officiellement, mais Qualcomm a bel et bien lancé une plateforme Snapdragon 8cx Gen 3 fin 2021. Il semble qu’il y ait eu un pataquès ici, l’entreprise ayant indiqué à nos confrères que ce n’était pas le nom de la puce.

Dans la série des Snapdragon 8, c’est de toute façon le bazar au niveau des références… Il y a aussi eu pour rappel un Snapdragon 8c en 2019 (avec huit cœurs Kryo 490) dont le but était de « redonner vie aux PC grand public », mais rien depuis sous cette dénomination.

Image : Tom’s Hardware

Châssis en plastique recyclé avec… un ventilateur

Toujours au chapitre des découvertes, la Snapdragon C de ce portable annonce 512 Ko de cache L1, 1,5 Mo de cache L2, 2 Mo de cache L3, soit moins que ce que l’on peut trouver dans des puces 8cx. Il pourrait là aussi s’agir d’une erreur ou de données provisoires. Le circuit graphique affiché est un Adreno 8c gen 3 (peut-être un nom temporaire) avec 1 Mo de mémoire dédiée et 3,9 Go de mémoire partagée.

Pour le reste, l’Aspire Go 15 propose un écran de 16,5 pouces (1 920 × 1 080) avec un ratio 16:9, une batterie d’une capacité de 53 Wh (Qualcomm promet une autonomie d’une journée), deux ports USB-C, un port USB-A, une sortie HDMI 1.4, un port jack, une webcam 1080p avec un cache, ainsi que la prise en charge du Wi-Fi 6E.

Le châssis est en plastique recyclé. Selon Tom’s Hardware, le portable « dispose d’un refroidissement actif avec un ventilateur niché sous les bouches d’extraction au bas de la machine ». C’est un point décevant, d’autant que le MacBook Neo est passif et qu’il existe aussi des portables sous Windows avec de (tout) petits CPU en version fanless.

En dehors d’Acer, HP et Lenovo vont également proposer des PC « à partir de » 300 dollars avec la puce Snapdragon C.

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Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Un abonnement pour accéder aux précieuses données de Strava
Pour contrer le scraping des IA, Strava verrouille les accès à son API

Strava fait la police au sein de son écosystème. La plateforme de suivi de sports d’endurance, qui fait aussi office de réseau social pour sportifs, serre la vis de l’accès à ses API pour reprendre le contrôle de ses données et de son infrastructure.

Les robots d’IA qui moissonnent internet à la recherche de données d’entraînement pour leurs modèles ont cette fâcheuse tendance à ignorer les règles habituelles du web, à l’instar du fichier robots.txt censé leur indiquer les pages qu’ils peuvent consulter, et celles qui leur sont interdites. Les labos IA sont régulièrement accusés de n’en faire qu’à leur tête et de siphonner les contenus sans respect des règles de base, à l’image de Perplexity.

Payer pour un accès

Strava, qui fournit un grand volume de données aux développeurs via une API, fait partie des fournisseurs de contenus touchés par ces pratiques agressives. Les acteurs de l’IA « détournent » l’interface de programmation du service, accuse l’entreprise, tandis que les outils de vibe-coding « génèrent des applications qui sollicitent massivement l’API ». Au détriment des usages standards des développeurs (Strava en dénombre désormais 241 000, contre 185 000 l’an dernier).

« Les candidatures à notre programme développeur ont augmenté de 448 % depuis le début de l’année, certains intermédiaires API ont enfreint nos conditions d’utilisation, et les tentatives de scraping ont dégradé les performances de la plateforme pour l’ensemble des utilisateurs. Les abus répétés que nous avons identifiés nous ont conduits à suspendre et à revoir notre processus d’évaluation des candidatures. »

Face à cette mutation du paysage technologique, Strava s’estime forcé à appliquer des changements dans son programme développeur. Jusqu’à présent, certaines informations étaient visibles sans compte développeur : les profils publics, certaines données de clubs sportifs et communautaires. Il faudra désormais une authentification. Par ailleurs, l’accès à l’API via la formule Standard nécessite désormais la souscription à l’abonnement Strava (9,99 euros par mois) pour les nouveaux inscrits ; les développeurs actifs sans abonnement auront 90 jours à partir du 30 juin pour se mettre en règle.

Et ça n’est pas tout. Le 1er septembre, Strava abandonnera des points d’accès API historiques qui permettent de récupérer certains types d’informations, sur les clubs par exemple. Au-delà de l’abonnement obligatoire, c’est probablement le point qui inquiète le plus les développeurs, il existe des apps tierces qui s’appuient en effet sur ces données. « Le niveau d’engagement de la communauté ne justifie plus les ressources nécessaires à la maintenance [de ces accès] », rétorque l’entreprise.

Il ne s’agit pas pour autant de fermer complètement les portes aux développeurs qui exploitent les données de Strava pour leurs applications. Contrairement à Reddit, dont le prix des accès à sa propre API a fini par réduire à peau de chagrin le nombre d’apps tierces, Strava cherche un point d’équilibre. « Nous voulons que les utilisateurs aient le sentiment de garder la maîtrise de leurs données et qu’ils aient confiance dans la façon dont nous les sécurisons. Mais nous souhaitons également que l’écosystème de développeurs continue de prospérer et de grandir », déclare à TechCrunch le directeur général, Michael Martin.

Strava va également adopter MCP (Model Context Protocol), un standard qui permet aux assistants IA et aux apps d’accéder à des données de façon structurée. La plateforme cherche à mieux contrôler les données auxquelles elle donne l’accès, et surtout la manière dont elles sont utilisées.

Ce serrage de boulon n’intervient pas au hasard. Strava a en effet déposé un dossier d’introduction en bourse début février. Il s’agit de montrer aux investisseurs que l’entreprise protège ses précieuses données. Exactement comme l’avait fait Reddit en 2024, avant sa propre IPO. Après avoir bouché les trous dans son API, la plateforme a signé un accord à 60 millions de dollars avec Google pour encadrer l’utilisation par ce dernier des données de ses utilisateurs.

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☕️ Qwant sera le moteur de recherche par défaut des députés européens



Les députés européens accrocs à la recherche Google vont devoir se faire une raison. Le Parlement européen change de moteur par défaut : à partir de ce jeudi, les résultats d’une recherche en ligne proviendront de Qwant, le moteur de recherche français « axé sur la protection de la vie privée, conçu pour éviter le suivi des utilisateurs et la collecte de données personnelles », explique l’e-mail envoyé ce mardi aux parlementaires.

Selon le courriel, révélé par Euractiv et Politico, les raisons de ce changement sont simples : l’engagement déjà pris par le Parlement en faveur de la souveraineté numérique et la protection des données personnelles. Qu’on se rassure, les députés internautes pourront toujours changer le moteur de recherche par défaut, et pourquoi pas choisir Google.

Qwant s’est longtemps appuyé sur son partenaire Bing — détenu par Microsoft — pour ses résultats web. Le moteur français s’est associé à l’allemand Ecosia fin 2024 en vue de développer un index de recherche européen. De son petit nom Staan, il alimente désormais une partie des résultats du moteur, à côté de plusieurs autres sources.

Ce changement est un symbole important, mais ce n’est que ça. Euractiv rappelle en effet que les députés européens utilisent toujours beaucoup de solutions américaines, celles de Microsoft et de Google en particulier. En novembre dernier, des parlementaires avaient demandé à la présidente Roberta Metsola de basculer plusieurs services en ligne vers des fournisseurs européens. « Avec suffisamment de volonté politique », écrivaient-ils, « cette institution sera affranchie du risque de dépendance aux technologies étrangères d’ici à la fin du mandat ».

En février, le Parlement bloquait aussi l’accès aux outils d’IA générative sur les appareils fournis aux députés et à leurs équipes, pour des raisons de sécurité et de protection des données.

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☕️ Anthropic élargit l’accès à Mythos à une quinzaine de pays



Mythos est certes le modèle le plus ambitieux d’Anthropic, c’est aussi un excellent moyen pour le labo IA de faire sa promotion à moindre frais, à quelques encablures de son introduction en Bourse. Nouvelle illustration aujourd’hui, avec le déploiement du projet Glasswing à davantage de participants et à une quinzaine de pays, et probablement aussi l’Union européenne.

Anthropic ouvre un peu plus grandes les portes du projet Glasswing. Ce programme, qui donne accès à un aperçu de Mythos, compte désormais plus de 150 organisations dans plus de 15 pays, au-delà donc des seuls États-Unis et Royaume-Uni. L’entreprise ne précise ni les organisations, ni les pays, mais l’Union européenne pourrait (le conditionnel est toujours de mise) faire partie du lot. Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer !

Illustration : Flock

Pour le moment, Bruxelles ne confirme rien, si ce n’est que des discussions sont toujours en cours. L’ENISA, l’agence de l’UE pour la cybersécurité, pourrait être la première du bloc à avoir accès à Mythos, croit savoir Bloomberg. En attendant une annonce officielle, Anthropic précise que le projet Glasswing demeure un club très fermé : les membres doivent en effet montrer patte blanche avant de pouvoir utiliser cet aperçu. La startup veut continuer à élargir le cercle des élus à davantage de pays.

Ces nouveaux participants couvrent des secteurs jusqu’à présent peu représentés dans la première salve initiale : énergie, santé, télécommunications, constructeurs informatiques. Beaucoup d’entre eux gèrent et maintiennent des bases de données dont dépendent d’autres organisations à travers le monde, « y compris des gouvernements ».

Les entreprises et organisations restées à la porte du projet pourront de toutes façons utiliser les modèles « de classe Mythos » concurrents qui ne manqueront pas d’arriver sur le marché d’ici 6 à 12 mois, affirme Anthropic. Mais le labo prévient : ces modèles rivaux n’auront peut-être pas de garde-fous empêchant les usages malveillants.

Anthropic fait donc valoir son positionnement « responsable » en la matière, et rappelle aux plus impatients l’existence de Claude Security. Ce service utilise Claude Opus 4.8 pour scanner des bases de code et proposer des correctifs.

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La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

ChatGPT et Sam Altman, des dangers publics ?
La Floride ouvre un nouveau front judiciaire contre OpenAI et Sam Altman

Prioriser les profits plutôt que la sécurité des utilisateurs. OpenAI et Sam Altman font face à une plainte de l’État américain de Floride qui les accuse d’avoir négligé la protection des mineurs et minimisé les risques associés à ChatGPT.

La Floride a une dent contre OpenAI et son cofondateur-patron, Sam Altman : c’est le premier État américain à poursuivre l’entreprise (PDF), par l’intermédiaire de son procureur général James Uthmeier. Bien sûr, le labo IA a déjà été la cible de plaintes aux États-Unis, mais elles provenaient de particuliers (comme Elon Musk), d’auteurs, de médias, ainsi que d’autorités publiques comme la FTC (le régulateur américain de la protection des consommateurs).

ChatGPT, attention danger

La Floride elle-même avait lancé une enquête criminelle sur OpenAI début avril autour d’une fusillade dans une université. Mais cette fois, on passe à l’étape du procès civil et Sam Altman est pris dans la nasse. L’État accuse l’entreprise et son dirigeant de tromper les consommateurs en présentant ChatGPT comme sûr, fiable et adapté aux adolescents.

Illustration : Flock

Le procureur général allègue que ChatGPT est dangereux pour les mineurs, que le service est susceptible de créer une dépendance, qu’il renforce les délires ou les croyances erronées, qu’il a joué un rôle dans plusieurs suicides, qu’il peut être utilisé pour préparer des fusillades et des crimes violents, et que les garde-fous pour protéger les enfants sont insuffisants. Le marketing d’OpenAI exagèrerait également les capacités du service IA, en le présentant comme un outil fiable pour les finances, la gestion d’entreprise, la recherche ou la santé. N’en jetez plus.

La plainte multiplie les exemples de crimes et de suicides imputés à ChatGPT ces derniers mois. Elle cite également la fusillade à l’université d’État de Floride qui fait l’objet d’une plainte pénale. L’État demande que les pratiques d’OpenAI soient jugées trompeuses par la justice, que certaines de ses activités soient interdites ou limitées en Floride, ainsi que des sanctions financières et la mise en cause personnelle de Sam Altman, ce qui est inhabituel dans ce type de procédure.

Sam Altman visé directement

La Floride tient en effet Sam Altman personnellement responsable des dommages causés par ChatGPT aux résidents de l’État. En cause : la conduite « téméraire et délibérée » du dirigeant et son « mépris total pour les risques que le comportement [d’OpenAI] fait peser sur la vie humaine ». Le procureur général s’appuie sur un long portrait consacré à Sam Altman dans le New Yorker, dont on s’était fait l’écho. Il en ressortait d’après les témoignages que le PDG avait une certaine tendance à s’arranger avec la vérité, sans se préoccuper des conséquences de ses mensonges.

« OpenAI et [Sam] Altman ont ignoré les alertes de sécurité, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur de l’entreprise. Ils ont exposé les enfants à des risques majeurs et permis à un produit dangereux d’être utilisé par des millions de Floridiens », a attaqué James Uthmeier durant une conférence de presse.

L’entreprise a réagi par un communiqué qui ne répond pas directement aux accusations de l’État. « Nous pensons que les mineurs doivent bénéficier d’une protection renforcée », a ainsi expliqué un porte-parole, qui déroule les différents mécanismes mis en place dernièrement pour encadrer l’utilisation de ChatGPT par les plus jeunes. « Ces dispositifs ne feront pas revenir les victimes, mais nous restons déterminés à améliorer la sécurité de nos produits. »

Une plainte ne fait pas un procès, et encore moins une éventuelle condamnation. Néanmoins, cette première aux États-Unis pourrait pousser d’autres États à emboîter le pas.

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Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

Les androïdes rêvent-ils de moutons (de poils) électriques ?
Robots domestiques : la collecte de données d’entraînement passe par le ménage gratuit

L’industrie de la tech s’est entichée d’une nouvelle marotte : les robots humanoïdes spécialisés dans le nettoyage ou le pliage du linge. Devant l’infinité de ces tâches et des situations, ces androïdes d’un nouveau genre sont encore bien démunis. Une startup a trouvé une solution originale pour collecter le volume de données nécessaire à l’entraînement des robots.

Pour beaucoup, un robot qui s’occupe des tâches du quotidien a comme un avant-goût du paradis, car qui prend réellement plaisir à passer le balai ou faire la vaisselle ? Si les perspectives sont colossales, les premiers constructeurs à se lancer sur le marché se heurtent à une problématique de taille : les données d’entraînement.

Des robots à tout faire, avec l’aide des humains

Autant les modèles d’IA générative peuvent piocher, parfois sans vergogne, dans la littérature produite par l’humanité depuis la nuit des temps pour générer du contenu, il n’existe pas de corpus équivalent pour les robots domestiques. Le constructeur 1X a illustré le problème avec son robot humanoïde Neo. L’engin n’est ni habile ni rapide, et il a aussi régulièrement besoin du coup de main d’un téléopérateur humain pour réaliser certaines tâches pour apprendre les gestes spécifiques à accomplir chez le client.

La startup allemande MicroAGI a imaginé une solution. Au travers de son application Shift, elle propose aux résidents de New York le nettoyage gratuit de leur appartement. L’opération est réalisée par des professionnels, sans frais donc, mais en échange ils portent des caméras qui vont filmer tous leurs gestes. Ces vidéos serviront de données d’entraînement pour des IA.

« La robotique se développe à partir de données qui montrent comment les gens accomplissent leurs tâches quotidiennement », explique Shift. « C’est la valeur de ces enregistrements qui finance le service. » La perspective d’un nettoyage gratuit de sa maison peut séduire pas mal de personnes, mais immédiatement se pose la question de la confidentialité.

Un mouchard à la maison

Le service le promet : « Toutes les informations personnelles [que] contiennent [les vidéos] sont anonymisées avant que les enregistrements ne soient traités ». Les noms, visages « et autres informations personnelles » sont automatiquement anonymisés, annonce la FAQ, « tous les éléments sensibles sont floutés avant d’être utilisés ».

Un agent d’entretien de Shift avec sa caméra.

Le casque porté par les agents chargés du nettoyage capture une vue à la première personne centrée sur leurs mains et sur la tâche en cours. « Nous floutons toutes les informations permettant d’identifier une personne, qu’il s’agisse du contenu affiché sur un écran, de cartes d’identité, de documents papier ou encore de téléphones mobiles, afin de protéger à la fois votre vie privée et votre domicile. »

Le processus de floutage est réalisé directement par la caméra, avant le téléversement des vidéos sur les serveurs. Les données ne sont pas rendues publiques, ni exploitées à des fins publicitaires selon la FAQ. Les enregistrements peuvent toutefois être partagés avec des annotateurs pour préparer les données.

La politique de confidentialité de l’entreprise comprend un droit à l’effacement des données personnelles en vertu du règlement européen sur la protection des données (RGPD)… mais elle considère que les informations anonymisées utilisées pour l’entraînement des robots n’entrent pas dans le champ des lois sur la protection des données.

Une nouvelle forme de « travail du clic »

Shift n’en est pas à son coup d’essai. Le service propose également de rémunérer des cobayes 20 dollars de l’heure pour enregistrer leurs tâches de tous les jours chez eux ou au travail. Au premier trimestre, MicroAGI affirme avoir versé plus de 5 millions de dollars à 10 000 « opérateurs » dans une dizaine de pays.

Shift n’est pas la seule à mettre en oeuvre cette nouvelle forme de travail du clic, dédiée à l’entraînement de technologies censées pouvoir s’adapter aux contraintes physiques du monde réel. Turing, Invisible Technologies, Labelbox, Niantic ou même Uber explorent également cette voie dans des domaines variés.

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☕️ L’assistant IA de Meta permettait de voler des comptes Instagram



L’assistance IA mise en place par Meta pour la gestion des comptes Instagram a autorisé pendant plusieurs semaines n’importe qui d’assez malin à changer l’adresse e-mail associée à un compte. Les propriétaires légitimes se retrouvaient donc « enfermés dehors », incapables de se connecter à leur compte et de reprendre la main.

Depuis le mois de mars, les utilisateurs de Facebook et d’Instagram qui ont besoin d’aide pour gérer leur compte peuvent faire appel à un assistant IA spécialisé, « fiable, rapide, efficace, disponible en tout temps », promettait Meta. Un soutien « axé sur l’action » pour résoudre les problèmes de compte « de A à Z ». Ce qui signifie réaliser des opérations particulièrement sensibles comme la réinitialisation du mot de passe ou le changement de l’e-mail associé au compte.

Capture d’écran : 404media

Depuis la mise en place de ce nouveau mécanisme IA, plusieurs profils Instagram de premier plan, comme un compte appartenant à Barack Obama, celui de la marque Sephora ou du chef des sous-officiers de la Space Force, ont été piratés ces dernières semaines. Les propriétaires légitimes de ces comptes ne pouvaient plus y accéder et pour cause, l’adresse e-mail associée avait changé sans leur autorisation.

Le « nouveau » propriétaire du compte était alors en mesure de publier n’importe quel contenu, contacter les abonnés, diffuser des arnaques, revendre le compte à des tiers… 404media rapporte que Meta aurait corrigé la vulnérabilité qui ouvrait la porte à ces margoulins. C’est la méthode qui est intéressante ici : il ne s’agit pas d’une faille de sécurité à proprement parler, mais d’ingénierie sociale appliquée aux agents IA.

Sur Telegram, des chercheurs en sécurité et des groupes de hackers ont partagé des vidéos et des captures d’écran explicitant le mode opératoire pour voler un compte Instagram. Le scénario est le suivant : l’attaquant connaît le nom d’utilisateur Instagram de la cible ; armé d’un VPN, qui lui permet d’apparaître dans le même pays ou la même région que la victime, il lance une procédure de récupération de compte.

Après avoir ouvert une conversation avec l’assistant IA de Meta, le pirate convainc le bot de remplacer l’adresse e-mail associée au compte par une adresse qu’il contrôle. L’IA envoie alors un code de validation à cette nouvelle adresse. Une fois l’adresse modifiée, l’attaquant peut demander une réinitialisation du mot de passe et prendre le contrôle du compte.

L’IA de Meta aurait accepté une opération extrêmement sensible sans vérifier correctement que l’utilisateur était bien le propriétaire du compte. Cette technique d’injection de prompts contourne les sécurités habituelles liées à un changement d’adresse e-mail, une opération qui ne peut normalement pas être effectuée sans une authentification forte et un délai ou une validation depuis l’ancienne adresse. L’assistance de Meta bénéficiait donc manifestement de privilèges extrêmement élevés, sans qu’aucun garde-fou ne vienne mettre le holà.

En décembre dernier, OpenAI abordait les injections de prompts sur le fond, et admettait qu’il s’agissait d’un problème à long terme. Meta n’est pas le seul acteur IA à y faire face.

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☕️ Anthropic lance officiellement son projet d’entrée en Bourse



Ça, c’est fait. Après des mois de rumeurs, Anthropic a confirmé, sans trop de surprise, son intention d’entrer en Bourse (IPO). Le labo IA a déposé un formulaire S-1 auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Le tout de manière confidentielle, comme c’est souvent le cas. En conséquence, le dossier n’a pas été rendu public ; l’entreprise et l’autorité peuvent ainsi discuter à l’abri des regards indiscrets.

Il s’agit d’une première étape, puisque ce dépôt ne signifie pas qu’Anthropic va automatiquement entrer en Bourse. Mais la société se donne la possibilité de le faire une fois l’examen réglementaire terminé.

En l’absence de toute information publique, il est impossible de dire le nombre d’actions qui seront mises sur le marché, ni leur prix. L’opération dépend également de la situation : si les marchés sont agités, si la conjoncture est défavorable, ou si la valorisation attendue n’est pas au rendez-vous, Anthropic peut repousser son projet d’IPO ou tout simplement l’annuler.

Tout laisse cependant penser que cette introduction en Bourse ira à son terme. Le dernier tour de table d’Anthropic lui a permis de réunir 65 milliards de dollars d’argent frais, sur la base d’une valorisation de 965 milliards de dollars. Soit davantage qu’OpenAI (852 milliards de dollars début avril). Le créateur de ChatGPT aurait lui aussi l’intention de se lancer en Bourse d’ici la fin de l’année.

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Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

La facture tombe pour Spliiit
Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

Spliiit est dans la panade. Le service de partage d’abonnement a été lourdement condamné par le tribunal judiciaire de Paris, qui s’est largement rangé du côté d’Apple, Disney et Netflix. Outre le versement d’une provision significative, le modèle économique de Spliiit est sévèrement remis en cause.

Apple, Disney et Netflix accusaient Spliiit de parasitisme et de contrefaçon de marques. Leur plainte déposée en 2022 a connu bien des rebondissements. Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, avait expliqué en avril à Next que le procès était désormais « sans objet » : « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs ». Avant de rappeler que ces plateformes de streaming et services en ligne avaient changé leurs offres, avec l’ajout de formules « abonné supplémentaire ».

Un espoir douché par le tribunal judiciaire de Paris. Le jugement sur le fond a finalement été publié vendredi dernier et partagé par le site L’Informé. S’il n’est pas tendre pour Spliiit, le tribunal a toutefois rejeté l’idée que l’activité même de mise en relation pour partager un abonnement est automatiquement illégale : « l’activité exercée par la société Spliiit […] n’est pas en elle-même illicite ».

Capture d’écran Spliiit.

Dans un communiqué, Spliiit relève que le tribunal a rejeté les accusations de parasitisme et qu’il n’a pas retenu l’argument « selon lequel le partage de frais constituerait, en soi, une commercialisation d’abonnements ».

Le manque à gagner des plaignants

Pour le reste, le tribunal considère que le service a commis des actes de complicité de violation des conditions générales d’utilisation, des actes de concurrence déloyale et de contrefaçon de marques. Spliiit ne peut plus utiliser les marques Apple, Disney et Netflix au-delà de ce qui est strictement nécessaire, ne peut plus proposer de partage d’abonnements lorsqu’il implique une violation des conditions d’utilisation, et doit modifier plusieurs éléments de son site jugés trompeurs ou insuffisamment clairs.

Spliiit doit également verser des dommages et intérêts ; ils sont certes inférieurs à ce que demandaient les plaignants (9,2 millions d’euros), mais en tout, le service doit verser 785 000 euros. Outre les 49 000 euros de frais de procédure, l’entreprise doit verser 10 000 euros à Apple, 20 000 euros à Disney et 30 000 euros à Netflix pour contrefaçon des marques. Des provisions sont exigées pour compenser le manque à gagner subi par les sociétés plaignantes : 25 000 euros pour Apple (iCloud, Apple Music, Apple TV, etc.), 100 000 euros pour Disney, 300 000 euros pour Netflix France et autant pour Netflix International.

Cette notion de manque à gagner se base sur le fait que des consommateurs ont pu choisir de passer par Spliiit « à moindre frais » plutôt que de souscrire directement un abonnement conforme aux règles fixées par les sociétés éditrices. Si l’activité de mise en relation n’est pas illicite en soi, le tribunal estime qu’elle devient fautive lorsqu’elle facilite des partages contraires aux conditions d’utilisation des plateformes.

Le tribunal constate que ces limitations contractuelles font partie intégrante des abonnements proposés par Netflix, Disney ou Apple, et que Spliiit a facilité des usages permettant de les contourner.

Le partage d’abonnements reste licite

Spliiit pourra toujours se consoler en constatant que son activité n’a donc rien d’illégal. La société explique que le débat ne porte pas sur son existence ni sur le principe de partage de frais, « mais sur les conditions dans lesquelles certains abonnements peuvent être partagés au regard des conditions générales d’utilisation définies par chaque service. » Il n’empêche : la condamnation reste lourde. Spliiit prend acte de la décision, mais annonce la contester fermement et « confirme son intention de faire appel ».

L’entreprise estime que « certaines offres peuvent continuer à être proposées sur sa plateforme dans un cadre conforme ». C’est un interstice dans lequel Spliiit a l’intention de se glisser.

Le service de partage d’abonnements avait obtenu une petite victoire en 2022 : dans une ordonnance de référé, le tribunal avait en effet estimé que les règles de partage des streameurs étaient ambiguës et incohérentes, mais renvoyait à une décision sur le fond. Une médiation avait été demandée l’an dernier, sans que les parties parviennent à se mettre d’accord.

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Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Freedom !
Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Microsoft poursuit son travail de fond pour apporter plus de personnalisation, de stabilité et de fiabilité à Windows 11. Le chantier ouvert en début d’année multiplie les nouveautés, grandes et petites. Nouveau point d’étape.

En mars, Microsoft annonçait un retour aux fondamentaux pour Windows 11, après les errements de l’IA à tous crins. L’éditeur a du pain sur la planche, car le système d’exploitation souffre beaucoup de performances en berne et d’une stabilité aux fraises. Les choses ont commencé à s’améliorer avec les premières livraisons des versions bêtas de Windows 11.

La nouvelle fournée pour les utilisateurs inscrits au programme Windows Insider a été présentée, et la grosse nouveauté n’est autre que la possibilité, finalement, de positionner la barre des tâches sur les côtés ou en haut de l’écran. Une fonction réclamée depuis des années, que Microsoft va finalement livrer !

Les miracles existent. Image : Microsoft

Microsoft ajoute la possibilité de choisir l’alignement des icônes selon la position de la barre des tâches, l’affichage des libellés des apps ouvertes pour mieux distinguer les fenêtres, et la possibilité d’opter pour une version plus compacte de la barre pour libérer de l’espace.

Le menu Démarrer gagne lui aussi en flexibilité, puisqu’il sera possible d’afficher ou de masquer les sections « Épinglés », « Recommandés » et « Toutes les applications » de manière indépendante. La taille des menus pourra être modifiée et le nom et la photo de profil de l’utilisateur masqués pour davantage de confidentialité.

L’amélioration de Windows 11 passe aussi par de toutes petites choses. La vue Détails de l’Explorateur de fichiers affiche ainsi le poids des fichiers avec les unités appropriées (ko, Mo, Go) au lieu d’être systématiquement exprimé en ko. La barre d’adresse de ce même Explorateur prend en charge davantage de formats de chemins (notamment ceux contenant des guillemets ou des doubles antislashs : C:\Users\user ou “C:\Users\user”), ce qui facilitera le copier-coller depuis d’autres applications. Des bugs liés au renommage de fichiers ont aussi été corrigés.

Isolation vocale et personnalisation visuelle

Ces améliorations peuvent paraitre anodines, mais ce sont des fonctions dont se servent des millions d’utilisateurs chaque jour. L’accessibilité de Windows 11 est aussi un chantier à ciel ouvert. Du côté des commandes vocales, la nouveauté principale est Voice Isolation, qui réduit l’impact des bruits de fond afin de mieux isoler la voix de l’utilisateur. De quoi améliorer la reconnaissance des commandes vocales même dans un environnement bruyant.

Image : Microsoft

L’éditeur ajoute également de nouvelles options de personnalisation visuelle. Une fonction de teinte d’écran permet notamment d’ajuster les couleurs et l’opacité de l’affichage selon les préférences de l’utilisateur ou les conditions d’éclairage. Il est plus facile de définir un niveau de zoom dans l’outil Loupe, et de modifier le grossissement depuis son interface, sans avoir à fureter au fin fond des réglages de Windows.

Microsoft poursuit en parallèle ses efforts pour améliorer la fiabilité de son système d’exploitation en s’attaquant à un élément souvent invisible mais essentiel : les pilotes matériels. L’éditeur a présenté durant la conférence WinHEC 2026 un nouveau programme, Driver Quality Initiative (DQI), pour renforcer la qualité, la fiabilité et la sécurité des drivers en travaillant avec les constructeurs de périphériques.

Ces nouveautés sont en cours de déploiement via le nouveau canal Experimental du programme Windows Insider.

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☕️ Microsoft voudrait ranger tous ses Copilot dans une app unique



Même si Microsoft s’est décidé à rationaliser la présence (parfois envahissante) de l’IA dans Windows, l’éditeur ne compte pas lâcher l’affaire. Pour remettre de l’ordre dans sa galaxie de Copilot, l’entreprise préparerait une « superapp » regroupant tous ses assistants IA au sein d’une interface unique.

On ne compte plus les Copilot : les déclinaisons de l’IA chez Microsoft sont tellement nombreuses que plus personne n’y comprend rien. GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot, Copilot Cowork, le chatbot grand public Copilot… Difficile de s’y retrouver, les utilisateurs ne savent plus très bien à quoi sert tel ou tel service. Microsoft a commencé à réagir, en réduisant le forcing de Copilot et la surcharge de l’IA dans le système d’exploitation. Mais il reste encore beaucoup de travail pour trouver une cohérence à ce bazar d’IA.

C’est pourquoi l’éditeur plancherait actuellement sur une « superapp », une application unique regroupant tous les Copilot derrière une seule interface. La rumeur rapportée par Fortune consisterait en un guichet unique donnant accès à tous les Copilot de l’utilisateur. À cela s’ajouterait un système d’automatisation à base d’agents IA, baptisé Autopilot.

Le projet n’est pas sans rappeler la propre « superapp » que développe OpenAI, en prenant comme base l’outil de vibe coding Codex. À terme, l’idée est de répondre à l’ensemble des requêtes de l’utilisateur grand public, développeur ou professionnel.

La stratégie de la superapp a du sens pour Microsoft comme pour OpenAI, même si on peut faire valoir qu’une telle application « fourre-tout » peut désorienter les utilisateurs qui cherchent à réaliser une tâche précise. Ou rendre l’ensemble plus difficile à appréhender.

Au mois de mars, le directeur général Satya Nadella nommait un « chef » de Copilot en la personne de Jacob Andreou, qui est chargé de remettre du sens et de l’ordre dans la pléthore de fonctions et de services Copilot. On pourrait entendre parler de cette superapp dès cette semaine, à l’occasion des conférences Build de Microsoft, même s’il ne serait pas question de montrer l’app en elle-même. Celle-ci pourrait cependant ne pas tarder : la rumeur évoque en effet un lancement d’ici la fin de l’été.

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☕️ Brûler des tokens n’est pas travailler : Amazon ferme son classement IA interne



Brûler des tokens pour se faire bien voir de ses patrons ne sert à rien, mieux vaut se concentrer sur la qualité des produits développés avec l’IA. C’est en substance le message en interne chez Amazon, qui a mis fin à un classement mesurant la quantité de tokens utilisés.

Amazon veut que ses employés utilisent l’IA générative pour développer de nouveaux produits et services ; mais pas en brûlant des tokens sur des tâches sans intérêt. L’entreprise a mis un terme à Kirorank, un classement mesurant l’utilisation de Kiro, une plateforme de développement assisté par IA. Plus un employé utilisait cet outil IA, plus son score grimpait.

Illustration : Flock

Pour gagner des places, certains petits malins avaient commencé à « optimiser » leur usage de l’IA, en lançant des agents IA pour générer artificiellement de l’activité, ce qui leur permettait de consommer un maximum de tokens sans produire davantage de travail « utile ». Cette pratique du « tokenmaxxing » revient cher : les modèles IA ne sont pas gratuits, ils consomment des ressources de calcul que les entreprises doivent payer.

Si des milliers d’employés commencent à faire tourner des agents IA pour des tâches sans valeur ajoutée, la facture grimpe rapidement. Et c’est d’autant plus sensible qu’Amazon est un des principaux acteurs du secteur, avec des investissements massifs pour ses infrastructures (200 milliards rien que cette année).

Dave Treadwell, vice-président d’Amazon, a reconnu que ce classement avait été créé avec de « bonnes intentions », mais qu’il avait produit des effets toxiques. « N’utilisez pas l’IA simplement pour utiliser l’IA », a-t-il indiqué dans un mémo publié par le Financial Times. L’entreprise préfère désormais suivre d’autres indicateurs comme les « déploiements normalisés » qui mesurent si l’IA aide réellement à produire du code utile, plutôt que de simplement compter le volume de tokens brûlés.

« Le tableau de bord bêta n’était pas un outil officiel ni approuvé, et il a depuis été abandonné », a confirmé Amazon dans une déclaration. Ce classement avait été créé par un groupe d’employés « qui souhaitaient sensibiliser leurs collègues à la manière dont l’IA peut accélérer le travail ». L’entreprise préfère se concentrer sur « l’efficacité opérationnelle ».

La pression n’en reste pas moins forte pour adopter l’IA dans le travail de tous les jours. Amazon s’est fixé un objectif de 80 % de développeurs devant utiliser cette technologie chaque semaine.

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☕️ La licence perpétuelle d’Office 2019 pour Mac a du plomb dans l’aile



Gros soupçon d’obsolescence programmée chez Microsoft. Les logiciels de la suite Office 2019 pour Mac seront bientôt limités à la lecture et à l’impression de documents. Par conséquent, il sera impossible de les modifier, de les sauvegarder ou de créer de nouveaux fichiers. La seule solution : passer à une version plus récente ou basculer vers l’offre sur abonnement, ce qui implique de mettre la main à la poche.

À compter du 13 juillet, les utilisateurs d’Office 2019 et d’Office 2021 sur Mac, et certains utilisateurs de Microsoft 365 sur macOS, iOS ou iPadOS ne pourront plus modifier ou sauvegarder des documents dans Word, Excel, PowerPoint, Outlook ou OneNote. Les logiciels bureautiques n’offriront plus que la lecture seule des fichiers, ce qui permettra uniquement de voir les documents et de les imprimer. MacGeneration rapporte qu’il s’agit d’un problème de certificat de sécurité.

Image : Microsoft

Pour ce qui concerne Microsoft 365, la version de la suite bureautique sur abonnement, la solution est simple : il suffit de mettre à jour les différents composants logiciels. Une opération qui n’est pas nécessaire sur Windows ou Android, mais qui s’impose sur les systèmes d’exploitation d’Apple. Pour Office 2021, Microsoft recommande également de mettre à jour les applications.

Attention toutefois : la configuration minimale pour pouvoir utiliser Microsoft 365 ou Office 2021 est un Mac sous macOS 12 Monterey (sorti en 2021), ou iOS 17 (sorti en 2023) pour les appareils mobiles. Tout le monde ne veut pas forcément passer ses machines à une version plus récente de leurs systèmes d’exploitation. Pour les appareils incompatibles avec Monterey ou iOS 17, les solutions proposées par l’éditeur ne sont guère réjouissantes : utiliser la version web de Microsoft 365 (gratuite mais avec des fonctions limitées), ou… s’en servir sur un ordinateur compatible.

Mais le vrai problème concerne Office 2019. Comme Office 2021, il s’agit d’une suite vendue sous la forme d’une licence perpétuelle… mais qui n’a de « perpétuelle » que le nom, finalement. Le support de cette mouture a cessé en octobre 2023, ce qui n’empêchait pas — jusqu’à présent — de s’en servir normalement.

À partir de juillet, ses fonctionnalités seront donc réduites au strict minimum. On peut basculer sur la version web gratuite de Microsoft 365, ou pour ceux qui ont besoin de toutes les fonctions de la suite, s’abonner à Microsoft 365 ou acheter Office 2024. L’entreprise suggère aussi de changer d’appareil et d’acquérir un nouveau Mac, iPhone, iPad ou PC… Facile à dire !

Le compte à rebours pour les utilisateurs d’Office 2021 ne va pas tarder, puisque la fin du support est programmée le 13 octobre 2026. Là encore, Microsoft ne devrait pas empêcher de se servir de toutes les fonctions, mais pour combien de temps ? L’éditeur précise tout de même que dans tous les cas, les fichiers ne sont heureusement pas affectés.

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Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

Essaie encore une fois
Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

Intel se lance sérieusement à l’assaut du marché des consoles portables qui n’a d’yeux que pour AMD. La nouvelle famille de puces Arc G3 va équiper plusieurs nouveautés signées MSI, Acer et OneXPlayer.

Intel avait trempé un doigt de pied dans le marché des consoles portables avec le Core Ultra 155H utilisé par MSI dans la Claw, en 2024. Cette première incursion s’est transformée en désastre, la puce offrant des performances bien en deçà du silicium d’AMD sur des consoles plus anciennes. Intel et MSI avaient rattrapé le coup l’année suivante avec la Claw 8 AI Plus et sa Core Ultra 7 258V.

Intel veut mettre un coup d’arrêt à AMD

Malgré tout, il manquait au catalogue du géant américain une gamme de puces dédiée au jeu portable capable de se mesurer à toute la puissance des Ryzen Z d’AMD. C’est désormais chose faite, avec les Arc G3 et G3 Extreme. Ces deux modèles s’appuient sur l’architecture des Core Ultra Series 3 (Panther Lake), et ils sont fabriqués avec le procédé 18A, le nœud de classe 1,8 nanomètre sur lequel Intel mise beaucoup.

Les deux puces embarquent un CPU doté de 14 cœurs : 2x P (performants), 8x E (efficients) et 4x LP-E (efficients basse consommation). Les cœurs P tournent à un maximum de 4,6 GHz pour l’Arc G3, et 4,7 GHz pour la déclinaison Extreme. Chacun embarque 12 Mo de mémoire cache L3, jusqu’à 96 Go de mémoire LPDDR5X, pour une enveloppe thermique comprise entre 8 et 35 W, et un NPU de 46 TOPS.

Au-delà du processeur, c’est surtout le GPU intégré qui nous intéresse ici. Intel accole un Arc B370 équipé de 10 cœurs Xe3 jusqu’à 2,2 GHz sur le G3, et un Arc B390 avec 12 cœurs jusqu’à 2,3 GHz sur le modèle Extreme. Le groupe ne précise par contre pas la consommation.

Les iGPU du fondeur ont bonne presse et Intel affirme qu’il proposera un suivi 0-day des pilotes pour les nouveaux jeux. À confirmer dans les mois à venir. Les benchmarks d’un portable de démonstration réalisés en début d’année par Tom’s Hardware confirment les bonnes dispositions du composant, avec un framerate solide qui tourne autour de 60 FPS sur des jeux récents en 1080p.

Image : Intel

La question de l’autonomie reste posée, car elle est évidemment essentielle sur les consoles portables. Intel met en avant le support du XeSS 3, la technologie d’upscale maison. Outre l’upscaling IA, le XeSS 3 combine la génération d’images et une latence réduite. C’est la réponse d’Intel aux technologies similaires chez NVIDIA et AMD.

Intel ajoute au lot une fonction de précompilation des shaders depuis le nuage pour une sélection de titres, de quoi en accélérer le lancement (les joueurs sont bien trop souvent soumis à une longue attente, le temps de calculer les shaders). La gamme Arc G3 apporte également le support du Wi-Fi 7 avec prise en charge des fonctions Release 2 d’Intel (censées optimiser les performance et la gestion du trafic réseau), d’une architecture Bluetooth 6 à double antenne, et du Thunderbolt 4 (40 Gbps).

Grosses perfs, gros prix

Intel ne part pas seul dans la bataille, où le retard à combler est considérable face à AMD. Plusieurs constructeurs ont dévoilé leur jeu avec de nouvelles consoles Windows qui seront présentées plus avant durant le Computex : la Predator Atlas 8 chez Acer, la OneXPlayer 3 et la Claw 8 EX AI Plus de MSI.

La Claw 8 EX AI Plus de MSI. Toutes ces consoles fonctionnent sous Windows 11, avec « l’expérience plein écran » Xbox.
Predator Atlas 8 d’Acer et OneXPlayer 3

Ces appareils sont bâtis autour des nouvelles puces Intel, même si seul Acer proposera une déclinaison G3 standard. Les batteries sont volumineuses, elles dépassent les 80 Wh, et les écrans ont une fréquence d’images de 120 Hz et plus.

Hélas, les constructeurs ne précisent pas les prix, mais au vu du contexte actuel — Valve vient d’augmenter les prix du Steam Deck de 240 euros… —, il n’y a pas de miracle à attendre. Le revendeur italien Ollo a affiché le modèle de MSI (1 To de SSD, 32 Go de mémoire) à 1 599 euros.

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Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

De l'IA entre les oreilles
Deezer : les chansons générées par IA, « un problème pour toute la filière musicale »

Les serveurs des services de streaming musicaux sont pris d’assaut par les morceaux générés par IA. Et ce n’est pas une exagération : Deezer a révélé que 44 % des chansons provenant de ses fournisseurs sont générées par IA. Des volumes ahurissants que l’industrie tout entière devrait apprendre à gérer collectivement, selon Aurélien Hérault, le directeur de l’innovation de la plateforme française.

« Contenu généré par IA » : c’est la petite phrase qui apparait sur les albums qui contiennent des titres identifiés par Deezer comme ayant été générés avec l’aide d’une IA. Le service de streaming communique régulièrement son travail de fond sur une problématique qui touche toutes les plateformes : développement d’un outil de détection mis à disposition de la filière, effort de transparence vis-à-vis des abonnés, et lutte contre les fraudes au streaming qui accompagnent souvent ces chansons IA.

Capture d’écran du message affiché par Deezer sur les contenus générés par IA

Aurélien Hérault est le directeur de l’innovation chez Deezer. Il est à la tête des équipes qui planchent sur les projets R&D de l’entreprise, qu’il s’agisse des algorithmes de recommandations, des fonctions de recherche ou des expérimentations sur de nouvelles technologies. Pour Next, il revient en détail sur le chantier de l’IA.

L’entretien a été édité pour des raisons de concision et de clarté.

Deezer a annoncé que 44 % des chansons téléversées sur les serveurs sont générées par IA, ce qui représente 75 000 chansons chaque jour. D’où viennent toutes ces chansons ? On s’approche du moment où la majorité des morceaux téléversés seront générés par IA.

C’est la raison pour laquelle nous avons développé l’année dernière un détecteur d’IA pour les morceaux uploadés par tous les fournisseurs avec qui nous avons un partenariat. Il y a notamment dans le lot des plateformes qui permettent à des indépendants de livrer du contenu. Et ce qu’on remarque aujourd’hui, c’est le nombre de plus en plus important de morceaux générés par IA. Si vous vous souvenez des chiffres de l’année dernière, on est clairement dans une augmentation continue.

Nous poursuivons nos déploiements sur un certain nombre d’outils. Aujourd’hui, il y a ce qu’on appelle le DDEX, [une organisation] censée répondre à ce genre de problématique : est-ce que c’est un morceau fait par IA ou non ? Aujourd’hui [ce standard de métadonnées] n’est pas encore exploité ou démocratisé chez l’ensemble des acteurs. C’est pour ça qu’on a mis en place nos technologies qui nous permettent de vérifier et de s’assurer si les contenus sont générés par IA ou pas.

Comment Deezer détecte les morceaux générés par IA ?

Il faut savoir que les modèles génératifs sont des modèles prédictifs, statistiques, qui sont entraînés pour générer de la musique ou des vidéos réalistes. Comment faisons-nous pour les détecter ? La production de ces modèles génératifs laisse des traces inaudibles dans le signal audio, caractéristiques de ces modèles. On a développé une technologie capable de détecter ce type de caractéristiques, à partir du signal audio. Ça nous donne une vision assez précise et assez juste de ce qui nous est livré en termes d’IA. Et on continue d’ailleurs à investir et à développer ce type de technologies.

Comment est-ce présenté aux abonnés de la plateforme ?

Il y a un affichage auprès du grand public sur les pages des albums pour informer s’ils contiennent des musiques générées par IA ou pas. C’est une première facette. Et la seconde facette, c’est notre parti-pris d’enlever [le contenu IA] de nos systèmes de recommandation. C’est-à-dire qu’on ne favorise pas ce type de contenu à l’aide de nos algorithmes.

Est-ce qu’il ne serait pas plus simple finalement que Deezer supprime ces chansons du catalogue ?

Il y a plusieurs aspects à prendre en compte. Déjà, on a un aspect légal et des contrats avec nos distributeurs. Une des obligations est que nous devons publier ce qu’on nous donne. C’est quelque chose qui existe depuis les débuts de Deezer. Mais on souhaite aussi apporter de la transparence à nos utilisateurs.

La seule chose que nous faisons, c’est d’identifier ces morceaux pour pouvoir, à l’avenir, faire évoluer le service, comme par exemple bloquer ces titres dans nos recommandations, ou en étant encore plus sévère. On a une approche très analytique du projet. On essaye de vraiment mesurer les impacts avant de faire évoluer le système.

Spotify vient de mettre en place un badge sur les morceaux qui sont effectivement vérifiés et créés par des humains. Quelle est la différence entre les outils utilisés par Spotify et ceux de Deezer ?


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Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

La vérité si je mens
Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

Ça n’aura pas traîné : à peine 40 jours après le lancement d’Opus 4.7, Anthropic remet le couvert avec une nouvelle version de son modèle IA le plus avancé (hors Mythos). Opus 4.8 inaugure une nouvelle fonction pour améliorer la prise en charge des requêtes très complexes, réduire les erreurs, ainsi qu’un nouveau mode « fast » pour brûler moins de tokens.

Impossible d’arrêter le feu roulant des nouveaux modèles chez Anthropic. Opus 4.7 remonte au 16 avril, mais il est déjà passé de mode : son successeur, Opus 4.8, a en effet été annoncé par le labo IA. Le modèle apporte des améliorations « modestes mais tangibles », affirme l’entreprise, à commencer par… une plus grande prudence quand il ne sait pas quelque chose.

Plus d’honnêteté, moins de tokens

Selon les testeurs cités par Anthropic, Opus 4.8 se montre plus honnête : il signale plus facilement ses incertitudes, évite les affirmations qui ne sont pas vérifiées et laisse moins passer de bugs sans les mentionner. « Un problème général avec les modèles d’IA, c’est qu’ils tirent parfois des conclusions hâtives, en affirmant avec assurance avoir progressé dans leur travail alors que les preuves sont minces », explique la startup. Elle affirme que le nouveau modèle est « environ quatre fois moins susceptible » de laisser des défauts non signalés dans le code, par rapport à son prédécesseur.

Autre nouveauté : une fonction expérimentale baptisée « dynamic workflows » pour Claude Code. Le modèle est en mesure de gérer de très gros projets logiciels en parallèle, ce qui lui permet de les découper en petits bouts, de lancer des centaines de sous-agents en simultané et de vérifier automatiquement les résultats avant de répondre. Anthropic donne en exemple une migration massive de bases de code contenant « des centaines de milliers de lignes ».

Image : Anthropic

En termes de benchmarks, Opus 4.8 affiche des gains incrémentaux sur la plupart des tests (+ 4,9 points sur SWE-Bench Pro,+ 8,5 points sur Terminal-Bench…). Anthropic ne fait pas de bond spectaculaire ici, mais améliore l’existant par petites touches et maintient sa position sur les tâches agentiques. C’est cohérent avec la stratégie de la startup qui vise d’abord les développeurs et les entreprises : sur SWE-Bench Pro (agents de programmation), Opus 4.8 est loin devant GPT-5.5 et Gemini 3.1 Pro. Le modèle d’OpenAI reste cependant le patron sur Terminal-Bench, qui mesure des tâches très proches d’un vrai environnement développeur.

La brûlure des tokens

Un des changements les plus importants de cette nouvelle livrée est un réglage d’effort dans claude.ai et Cowork. L’utilisateur peut sélectionner le niveau de ressources à consacrer à une réponse : un effort « faible » retournera des réponses moins précises mais le processus de réflexion sera plus rapide et surtout moins coûteux, à l’inverse d’un effort plus élevé. Par défaut, Opus 4.8 est réglé sur un effort élevé, qui offre selon Anthrophic le meilleur équilibre entre « qualité et expérience utilisateur ».

Sur les travaux de code, ce niveau d’effort consomme le même volume de tokens qu’Opus 4.7 par défaut, « mais avec de meilleures performances ». Cette question des tokens est devenu très sensible, Opus 4.7 se montrant très gourmand en la matière. Une critique qui n’a pas échappé à Anthropic : les limites d’utilisation dans Claude Code ont été relevées pour les niveaux d’effort supérieurs.

Toujours dans cette même optique, Anthropic a révisé fortement à la baisse le coût du mode « rapide » pour Opus 4.8, désormais trois fois moins onéreux que son équivalent sur Opus 4.7. Ce mode, qui travaille 2,5 fois plus vite, revient maintenant à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie. C’est trois fois moins cher que pour les précédents modèles (30/150 dollars). Les tarifs pour un usage standard d’Opus 4.8 ne changent pas : 5 dollars par million de tokens en entrée, 25 dollars en sortie.

Enfin, fidèle à une stratégie marketing bien rodée, Anthropic fait miroiter le lancement « dans les prochaines semaines » de modèles grand public basés sur Mythos, le fameux LLM tellement balaise qu’il n’est distribué qu’au compte-goutte au travers du projet Glasswing.

L’entreprise explique que le développement de garde-fous avance bien. Ces mécanismes de sécurité seraient nécessaires pour éviter que les capacités de Mythos ne puissent servir aux pirates pour exploiter des failles. Ces nouveautés et cette agitation autour de Mythos est de bon aloi, alors qu’Anthropic s’apprête selon les rumeurs à se lancer en bourse d’ici la fin de l’année, alors même que l’entreprise vient de boucler une nouvelle levée de fonds record.

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☕️ Face au MacBook Neo, Qualcomm dévoile une puce pour PC Windows à 300 dollars



La présentation début mars du MacBook Neo a secoué l’industrie PC. Apple a su construire un ordinateur portable solide et suffisamment performant pour les tâches du quotidien, le tout au prix imbattable (pour un Mac portable) de 699 euros. Et même 599 euros pour les étudiants. Le succès a manifestement été au rendez-vous, les délais de livraison s’étant rapidement allongés peu après le lancement, pour revenir à des délais plus raisonnables (1 à 2 semaines).

Le constructeur de Cupertino a pris de court ses rivaux, qui ne sont pas aidés par une crise de la mémoire dévastatrice pour les marges. Qualcomm relève pourtant le gant, avec une nouvelle puce Snapdragon C. Cette « plateforme » d’entrée de gamme va motoriser des PC portables sous Windows à prix plancher : à partir de 300 dollars… Acer, HP et Lenovo devraient proposer leurs premiers modèles dans le courant de l’année.

Image : Qualcomm

Qualcomm promet une bonne réactivité pour des ordinateurs silencieux, qui tiennent une journée loin d’une prise électrique, et qui ne se transforment pas en radiateur d’appoint au moindre lancement de Chrome. En termes de performances, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles : les applications ou les jeux 3D très gourmands ne seront pas à leur place ici. En revanche, la navigation web, le streaming vidéo et le travail bureautique ne devraient pas poser de problème au quotidien.

Qualcomm oblige, la Snapdragon C embarque aussi des capacités IA en local avec un NPU intégré, même si l’entreprise n’en dit guère plus sur le sujet… ni d’ailleurs sur la fiche technique. Les futurs PC équipés de cette puce ne répondront pas à la liste d’exigences Copilot+, notamment les 40 TOPS pour le NPU.

Qualcomm a aussi indiqué que le processeur de la puce Snapdragon C n’était pas composé de cœurs Oryon, qui sont les moteurs des CPU des Snapdragon X plus haut de gamme, mais des Kryo que l’on retrouve dans des smartphones.

De même, il est peu probable que ces portables emportent 16 Go de RAM ou un SSD confortable, au vu des prix ahurissants des composants. Pour être certifié Copilot+, un PC doit aussi avoir au moins 16 Go de mémoire et de 250 Go de SSD, pour rappel (en plus des 40 TOPS du NPU). Le MacBook Neo se contente de 8 Go de mémoire vive et ne monte pas au-delà de 512 Go de stockage.

C’est d’ailleurs confirmé par Acer avec son Aspire Go 15 annoncé en même temps que le Snapdragon C : il ne proposera que « jusqu’à 8 Go de mémoire » (laissant entendre que des modèles avec encore moins de RAM pourraient voir le jour) avec jusqu’à 512 Go de stockage. Pour la partie GPU c’est comme d’habitude : Adreno, sans aucune indication supplémentaire. Acer ne donne pas de prix ni de date de disponibilité pour l’instant.

Il faudra maintenant voir sur pièce ce que donne un PC Windows doté de la Snapdragon C. Sur le plan des performances bien sûr, mais aussi les finitions : pour 300 dollars, difficile d’en demander trop sur les matériaux ou la qualité de l’écran.

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