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☕️ SpaceX envisagerait de se lancer comme opérateur mobile aux États-Unis



SpaceX aurait dans ses cartons le projet de lancer une offre de téléphonie mobile grand public aux États-Unis. Cette dernière s’appuierait en partie sur les constellations de satellites déjà déployées pour les services de connectivité Starlink, mais elle devrait aussi motiver la création (ou l’acquisition) d’une infrastructure dédiée au sol. La mise en place d’une telle offre positionnerait l’entreprise d’Elon Musk comme un concurrent direct d’opérateurs tels que T-Mobile, qui fait aujourd’hui appel à ses services pour la partie satellite.

Le lancement de cette offre de téléphonie mobile aurait été évoqué par Gwynne Shotwell, la présidente de SpaceX, lors de certaines rencontres avec les investisseurs organisées pendant la tournée de préparation de l’introduction en bourse du 12 juin dernier. L’information, révélée vendredi 26 juin par le Financial Times, n’a pas été confirmée par l’entreprise, mais le quotidien britannique affirme avoir eu confirmation de ces déclarations par quatre personnes proches du dossier.

L’hypothèse n’est pas anodine, particulièrement dans le contexte d’une introduction en bourse. Starlink représente déjà une part significative de l’activité totale de SpaceX, avec 11,387 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 7,168 milliards de dollars d’EBITDA et 4,423 milliards de dollars de résultat opérationnel sur l’année 2025.

Illustration : Flock

Mais cette activité, réalisée à l’échelle de 150 pays, pèse encore bien peu par rapport au marché états-unien des communications mobiles. Les trois grands opérateurs du secteur (AT&T, Verizon et T-Mobile) totalisent en effet près de 352 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, auxquels s’ajoutent les revenus réalisés par les opérateurs virtuels (MVNO). Bien que le marché soit considéré comme saturé, une offre accueillie comme agressive ou innovante permettrait sans doute à SpaceX de conquérir des clients.

Renforcer les possibilités offertes par Starlink fait effectivement partie des promesses formulées par SpaceX dans son prospectus boursier, mais les allusions au sujet ont sans doute été éclipsées par les déclarations relatives aux datacenters dans l’espace ou à la conquête de Mars.

« Bien que nous nous attendions à ce que le service Starlink Mobile ait aujourd’hui un impact particulier sur les clients des zones reculées non couvertes par les réseaux mobiles terrestres (…) nous nous efforcerons d’offrir l’expérience de connectivité privilégiée à nos clients, quel que soit leur emplacement, en zone rurale, périurbaine ou urbaine », écrit notamment Starlink.

« La nouvelle génération de satellites Starlink Mobile, associée à notre récent achat de spectre sans fil auprès d’EchoStar, est conçue pour fournir une connectivité à haut débit et à faible latence directement aux appareils des utilisateurs finaux, offrant ainsi une solution de connectivité équivalente aux réseaux mobiles terrestres », poursuit l’entreprise.

L’occasion a peut-être fait le larron : rappelons en effet que SpaceX a pu mettre la main, fin 2025, sur un lot de fréquences dans la bande des 2 GHz auprès de l’opérateur Echostar pour environ 17 milliards de dollars. L’entreprise d’Elon Musk avait été bien aidée, à l’époque, par la FCC et par Donald Trump, qui avait lui-même exhorté Echostar à vendre une partie du spectre qui lui avait été alloué. Une nouvelle plage de fréquences avait d’ailleurs été cédée à SpaceX quelques semaines plus tard, pour 2,6 milliards de dollars supplémentaires.

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☕️ Google Finance se dote enfin d’une app mobile, nourrie à l’IA générative



Vingt ans après l’ouverture du service Google Finance, le moteur de recherche annonce coup sur coup le déploiement d’une nouvelle interface de gestion des portefeuilles boursiers et l’arrivée d’une application mobile dédiée. Celle-ci n’est pour l’instant proposée que sur Android, mais le moteur de recherche indique qu’une déclinaison iOS sortira d’ici la fin 2026. Le service Web comme l’application, conçus pour fonctionner en adéquation, s’appuient (sans surprise) sur de nouvelles fonctionnalités exploitant les IA génératives maison.

À l’instar de son grand concurrent Yahoo Finance, le service de Google propose pour mémoire un outil de suivi des marchés avec création de listes personnalisées, et suggestions de corrélations entre l’actualité du moment et l’évolution des cours. La firme de Mountain View y ajoute désormais la constitution d’un portefeuille boursier personnel, soit en entrant chacune des valeurs et sa date d’achat, soit en important un PDF ou un CSV issu du fournisseur de services boursiers de l’utilisateur. Contrairement à des applications spécialisées payantes comme Finary, Google ne va donc pas jusqu’à proposer une actualisation automatique du portefeuille via API.

Elle s’engage sur la confidentialité des données ainsi confiées : « Les données de votre portfolio restent confidentielles. Veuillez noter que Google ne conserve aucun fichier ni aucune image que vous téléversez. Vous gardez le contrôle total et pouvez modifier ou supprimer les données de votre portfolio à tout moment ».

Le tout a vocation à être enrichi de conseils personnalisés. « Une fois votre portefeuille mis en place, il est facile d’approfondir l’analyse grâce à l’outil de recherche. Essayez de poser des questions telles que : « Quels secteurs sont actuellement sous-représentés dans mon portefeuille ? » ou « Quel est l’impact de ma répartition en titres à revenu fixe sur mon potentiel de croissance à long terme ? » », illustre Google.


Google Finance peut également être programmé pour la génération d’analyses récurrentes (une veille quotidienne sur une liste de valeurs ou sur les dernières évolutions du marché des cryptomonnaies par exemple). Les contenus ainsi générés par IA seront ensuite poussés sous forme de notifications dans l’application mobile associée.

Dans son billet d’annonce, Google décrit simplement ces nouvelles possibilités, sans évoquer les limitations inhérentes à l’IA générative. Il faut se tourner vers les pages de documentation pour trouver les avertissements de rigueur. « L’IA peut commettre des erreurs. Vérifiez toujours les données financières de manière indépendante et consultez un conseiller financier agréé ou un professionnel avant de prendre toute décision d’investissement », y écrit par exemple l’entreprise.

Outre ces fonctions de gestion des finances personnelles, le service devrait également s’enrichir d’un système d’alerte permettant de suivre en direct ou de retrouver les présentations des résultats financiers d’entreprises cotées, à l’image de ce que propose l’application Quartr.

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LDLC fait un pied de nez à Valve en lançant une Stim Machine destinée à SteamOS [MàJ]

Vapeur contre anabolisants
LDLC fait un pied de nez à Valve en lançant une Stim Machine destinée à SteamOS [MàJ]

Alors que Valve vient de lancer les précommandes de sa très attendue Steam Machine, le distributeur lyonnais LDLC lui répond avec un mini-PC de son cru, la Stim Machine. La configuration se veut légèrement supérieure à celle adoptée par Valve, pour un prix équivalent et, surtout, une disponibilité immédiate.

Mise à jour, jeudi 25 juin à 11h25 : la blague n’est finalement plus assumée. LDLC vient en effet de faire disparaitre toutes les mentions Stim Machine de son site, et son ordinateur est maintenant présenté comme une « LDLC Box ». Les arguments comparatifs avec la Steam Machine sont toujours là, mais le groupe lyonnais a manifestement eu peur que Valve n’apprécie pas le détournement de marque. L’info devient donc « LDLC lance un mini PC avec des composants validés pour SteamOS », et l’on perd tout le succès d’eStim (ou d’eSteam ?) que nous avions pour la pirouette initiale.

Publication initiale, 25 juin, 10h19 :

LDLC vient de mettre en ligne un mini-site dédié à la Stim Machine, un PC au format mini-ITX ouvertement inspiré du projet Steam Machine de Valve et destiné à accueillir le système d’exploitation SteamOS. « On fait mieux – au même prix, ou moins cher si vous montez vous-même », promet l’e-commerçant.

Steam vs Stim

Le nom est doublement bien trouvé : outre sa prononciation identique à celle de l’ordinateur de salon tout juste lancé par Valve, il évoque aussi le stim (stimulant) qui donne un coup de fouet aux performances des marines terrans dans Starcraft. Or LDLC promet justement des caractéristiques supérieures à celles de la fameuse Steam Machine. L’e-commerçant annonce par ailleurs une disponibilité immédiate, là où Valve doit composer avec un système de précommandes sur tirage au sort.

Bref, le coup de com est plutôt bien pensé. Reste à voir si la machine suit ? LDLC met à profit son catalogue de pièces détachées pour composer un mini-PC légèrement mieux-disant que la machine de Valve, au moins sur le papier.

Les mérites comparés de la Stim Machine et de la Steam Machine selon LDLC – capture d’écran

Elle s’articule autour d’un processeur Ryzen 5 8400F (6 cœurs, 12 threads) et d’une carte graphique RX 9060 XT (architecture RDNA 4, 8 Go de mémoire vidéo), là où Valve propose un ensemble de puces semi-custom (personnalisées par AMD selon la configuration souhaitée), avec une partie CPU en Zen 4 (également 6C/12T) et un GPU basé sur la génération précédente d’AMD (RDNA3), lui aussi muni de 8 Go de GDDR6.

En théorie, l’avantage va donc à LDLC (dans des proportions qui restent à vérifier), au prix sans doute d’une consommation électrique plus importante, puisque le TDP du processeur proposé par LDLC est de 65 W, contre 30 W annoncés par Valve sur sa propre puce.

Architecture ouverte vs bénéfices d’une intégration poussée

LDLC met par ailleurs en avant l’évolutivité de sa machine, avec la capacité à monter jusqu’à 128 Go de mémoire vive, ou la possibilité de faire évoluer le stockage, avec deux emplacements SATA disponibles en parallèle du SSD NVMe préinstallé. Sur ce point, l’avantage des périphériques supplémentaires est indéniable, mais Valve a déjà confirmé que son premier batch de machines arrivait avec une seule barrette de 16 Go sur deux emplacements disponibles, et qu’il était donc possible d’augmenter cette capacité.

En définitive, on retrouve l’éternel débat entre l’architecture hardware ouverte, plus évolutive, et les promesses de compacité et de silence permises par un niveau d’intégration plus poussé. LDLC utilise en effet des composants standard (boîtier Silverstone donné pour 11,5 litres, carte-mère Gigabyte B650I AX) là où Valve exploite un boîtier (nettement plus compact avec 3,8 litres) et une carte-mère propriétaires, dont la connectique et le refroidissement ont, en principe, été calculés au plus juste des usages anticipés.

LDLC propose sa Stim Machine sous forme de lot à assembler soi-même pour 999,95 euros, soit environ 10 % de réduction par rapport à la facture totale des composants (calculée à 1 107 euros sur son propre catalogue). Le montage est proposé en option pour 40 euros supplémentaires.

Il restera dans les deux cas à installer soi-même SteamOS (prêt à l’emploi sur la machine Valve), un processus que LDLC résume en cinq points sur sa page produit pour souligner sa simplicité. Signalons que même si SteamOS est mis en avant, d’autres distributions Linux dédiées aux jeux peuvent être utilisées, comme Bazzite, CachyOS ou la française GLF OS.

Notons que le Steam Controller, la manette officielle de Valve (vendue en option aux côtés de la Steam Machine) ne figure pas au catalogue de LDLC, qui pousse toutefois des alternatives piochées chez Microsoft, 8Bitdo, Asus ou Logitech.

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Steam Next Fest : le volume de démos publiées explose sur fond d’IA générative

Games farm
Steam Next Fest : le volume de démos publiées explose sur fond d’IA générative

Valve a donné lundi le coup d’envoi de l’édition Juin 2026 de son Next Fest, un événement d’une semaine pendant lequel des milliers de démos de jeux à venir sont proposées au téléchargement gratuit. Ce Next Fest affiche 4 390 démos disponibles, contre seulement 3 500 en février, et 2 600 il y a un an. Une explosion à mettre au crédit de l’IA générative ?

Prélude aux opérations commerciales de l’été, le Steam Next Fest (ou Néo Fest en VF), qui se déroule du 15 au 22 juin, est un événement récurrent organisé par Valve, qui propose à tous les éditeurs de jeux vidéo inscrits sur sa plateforme de diffuser gratuitement une démo de leurs titres déjà publiés ou à venir. Une façon d’encourager les joueurs à essayer de nouveaux jeux, nourrir leurs listes de souhaits et donc bien sûr motiver de nouveaux achats.

550 démos estampillées « contenu IA » sur 4 390

Déployée depuis 2020, la mécanique du Steam Next Fest est désormais bien rodée. Elle est exploitée aussi bien par des studios ayant pignon sur rue que par des acteurs plus confidentiels, voire des indépendants, qui espèrent réussir à faire émerger leur création dans les méandres du magasin Steam. Mais sortir du lot s’avère un exercice de plus en plus complexe : pour cette édition juin 2026, le Steam Next Fest a en effet reçu quelque 8 764 soumissions de démos, selon les chiffres accessibles via le service tiers SteamDB.

Dans le lot figurent de nombreuses démos dont l’auteur signale avoir eu recours à de l’intelligence artificielle générative dans la création des ressources du jeu : elles sont au nombre de 1 704, toujours selon les données de SteamDB, qui permet de créer un filtre sur le critère « AI content disclosed ». Sur la base de ces chiffres, Eurogamer estime qu’environ 20 % des démos distribuées lors du Next Fest juin 2026 exploitent, d’une façon ou d’une autre, des contenus générés par IA.

Le calcul est juste, mais le périmètre demande en réalité à être précisé. Les 8 764 démos comptabilisées par SteamDB correspondent en effet aux demandes de publication soumises à Steam, et non au volume réel de démos publiées. Celui-ci s’établit en réalité à 4 390 (chiffre en date du 17 juin). Il exclut toutes les démos qui ont été refusées par Steam, mais aussi les jeux qui ont été retirés par leur auteur, les demandes de soumission qui n’ont pas été à leur terme, etc.

En combinant sur SteamDB le critère de disponibilité réelle de la démo (qui confirme l’ordre de grandeur des 4 390 publications) et celui de la déclaration relative à l’IA, on arrive à un total de 550 démos estampillées « contenu IA » par l’éditeur, soit environ 12,5 % du total. Ces chiffres soulignent par ailleurs que 1 200 des démos estampillées IA n’ont pas été au bout du processus de publication ou ont déjà été retirés, sans qu’on sache si ces abandons découlent de la modération opérée par Valve.

Une obligation de déclaration sur les contenus

Valve n’a évidemment aucun moyen de contrôler si et comment des outils d’IA sont mis en œuvre dans le processus de développement et l’écriture du code d’un jeu. L’éditeur de Steam exige cependant de ses clients, studios et développeurs, une forme de transparence pour tout ce qui touche aux aspects « visibles » du jeu :

« Nous savons que de nombreux environnements de développement de jeux modernes intègrent des outils alimentés par l’IA. Les gains d’efficacité grâce à l’utilisation de ces outils ne sont pas le sujet de cette section. Au lieu de cela, il s’agit de l’utilisation de l’IA pour créer du contenu qui est publié dans votre jeu et consommé par les joueurs et joueuses. Cela inclut des éléments tels que des images, du son, la narration, la traduction, etc. »

La démarche reste cependant déclarative, même si Valve avertit que son processus d’évaluation a vocation à vérifier qu’un jeu « tient ses engagements ».

Émerger au milieu de la fête du slop

Une chose est sure : l’avènement de l’IA générative, particulièrement dans le monde du développement logiciel, semble corrélée à une forte augmentation du nombre de démos publiées lors du Steam Next Fest. On en décompte donc 4 390 pour juin 2026, contre 3 536 en février de la même année et 2 645 en juin 2025 d’après les chiffres relevés par la newsletter GameDiscoverCo, soit une accélération de 51 % sur un an.

Le phénomène n’est pas anodin pour les studios ou les indépendants, puisqu’il devient plus difficile pour eux d’émerger dans le brouhaha de ces milliers de démos. Pour répondre à cette problématique, Valve a imaginé un calendrier en deux temps : pendant les 48 premières heures du Next Fest, les démos sont théoriquement exposées de façon équitable chez les joueurs qui affichent les pages dédiées du magasin Steam.

Ensuite, c’est une logique algorithmique classique de popularité qui prend la suite, avec un bonus accordé aux démos qui semblent rencontrer le plus grand succès. Elle a le mérite de faire disparaître les titres relevant de la « bouillie IA » (AI slop), mais soulève d’autres problèmes, puisque le Next Fest devient alors plus un amplificateur de popularité qu’un véritable outil de découverte…

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Dans la foulée de son IPO, SpaceX rachète Cursor et ses modèles dédiés aux développeurs

SpaceX lave encore plus blanc que blanc
Dans la foulée de son IPO, SpaceX rachète Cursor et ses modèles dédiés aux développeurs

Dans la foulée de son introduction en bourse sur le Nasdaq qui lui a permis de lever plus de 80 milliards de dollars d’argent frais, SpaceX a annoncé mardi son intention d’exercer l’option d’achat posée sur Cursor, ses outils d’orchestration et ses grands modèles de langage dédiés aux développeurs. La transaction sera réalisée en actions dans le courant du troisième trimestre, pour 60 milliards de dollars.

C’est la première annonce stratégique de SpaceX depuis son introduction fracassante en bourse, vendredi dernier. Le groupe d’Elon Musk a en effet signalé (PDF) mardi 16 juin son intention d’exercer, d’ici le troisième trimestre 2026, l’option d’achat posée sur Anysphere, la société qui édite Cursor et ses différents outils d’intelligence artificielle. La transaction devrait être réalisée intégralement en actions, et Cursor a vocation à poursuivre ses activités en tant que filiale détenue par SpaceX.

SpaceX exerce l’option posée fin avril

SpaceX concrétise ainsi l’option posée le 22 avril dernier, date à laquelle le groupe avait annoncé un partenariat étendu avec Anysphere, visant notamment à mettre à profit les infrastructures des datacenters Colossus pour entraîner les modèles développés par Cursor sous ses propres couleurs.

Cursor se présente en effet au départ comme un environnement de développement logiciel (IDE). Parti d’un fork de VS Code (Microsoft), Cursor dispose d’un orchestrateur, indépendant des modèles, et fait depuis quelques mois la part belle aux agents. En parallèle, l’entreprise développe et entraîne depuis fin 2025 ses propres LLM, baptisés Composer et présentés comme particulièrement optimisés pour l’ingénierie logicielle.

Bref, Cursor table sur cette approche intégrée, IDE et modèles spécialisés, pour tailler des croupières aux acteurs plus généralistes de type Anthropic, OpenAI ou même GitHub Copilot. Reste à voir comment les activités xAI (dont Grok) s’interfaceront avec celles de Cursor dans le portefeuille commercial de SpaceX. « Depuis quelques mois, SpaceXAI et Cursor entraînent conjointement un modèle qui sera bientôt disponible dans Cursor et Grok Build », se contente d’indiquer l’acquéreur.

Fin avril, l’annonce d’un accord potentiel avec Cursor était analysée au regard de la future introduction en bourse de SpaceX, et nous la considérions alors comme une forme de légitimation des investissements pharaoniques dans les infrastructures IA consentis par le groupe. Rappelons en effet que les datacenters plombent les finances consolidées du groupe, alors même qu’il enregistre une rentabilité record sur la fourniture d’accès à Internet via Starlink.

Depuis, l’actualité a montré que SpaceX était enclin à rentabiliser ses investissements : le groupe a annoncé coup sur coup deux contrats de mise à disposition d’infrastructures. D’abord avec Anthropic, pour 1,25 milliard de dollars par mois sur trois ans, puis avec Google, pour 920 millions de dollars par mois.

Positifs pour le cash flow du groupe, ces deux accords ont parfois été interprétés comme un aveu d’échec implicite sur le développement en propre de modèles commerciaux (xAI et Grok n’ayant jamais obtenu une traction commerciale comparable à celle des leaders du marché). L’acquisition de Cursor participe indirectement à démentir cette idée, mais elle confirme que xAI, chez qui les départs se sont multipliés ces derniers mois, a probablement besoin de renforts ou de compétences nouvelles pour rester dans la course.

Un premier rachat largement couvert par une IPO record

SpaceX procèdera donc à l’acquisition de Cursor (sous réserve des habituelles validations réglementaires) par échange de titres. Le nombre exact d’actions de type A (aux droits de vote limités par rapport aux actions de type B détenues en grande majorité par Elon Musk) sera basé sur une moyenne du cours en bourse de SpaceX, pondérée par le volume des échanges, sur les sept jours précédant la conclusion du deal.

Difficile à ce stade de prédire à quel cours s’échangera le titre SPCX aux alentours du troisième trimestre. Introduit vendredi à 135 dollars l’action, le titre a dépassé les 220 dollars mardi 16 juin peu après l’ouverture du Nasdaq suite à l’annonce du rachat de Cursor, avant de se stabiliser sur une hausse tout de même conséquente de 10 % par rapport à la clôture de la séance précédente.

Mardi vers 16h30, sa valorisation s’établissait ainsi à 2 700 milliards de dollars, ce qui place SpaceX dans le top 5 des capitalisations boursières mondiales, devant Amazon (environ 2 650 milliards de dollars à la même heure).

Force est de constater que les marchés ont répondu présents à l’appel de SpaceX : l’opération initiale d’introduction en bourse a été largement sursouscrite, et les banques qui en disposaient ont exercé leurs clauses de surallocation (un dispositif qui permet d’acheter un peu plus d’actions que prévu), ce qui a permis à l’entreprise de lever quelque 85 milliards de dollars d’argent frais.

Plusieurs voix, dans le monde financier, s’étaient pourtant élevées pour dénoncer les risques associés à la valorisation possiblement excessive de SpaceX et à la gouvernance concentrée entre les mains d’Elon Musk. D’aucuns rappellent également le caractère utopiste des promesses formulées par l’entrepreneur, qui a construit tout le narratif de l’IPO autour de la possibilité de placer des centaines de MW de puissance de calcul informatique en orbite et d’ouvrir la voie au voyage interplanétaire.

Une chose est sure, son statut de premier « billionnaire » au monde (fortune personnelle dépassant les 1 000 milliards de dollars) et ses nouvelles obligations liées à la cotation de SpaceX n’ont pas entamé le sentiment d’impunité dont semble jouir Musk sur son réseau social. Le 9 juin dernier, pendant que le tout Wall Street spéculait sur le succès de l’IPO, l’entrepreneur relayait sur X les messages du militant d’extrême-droite Tommy Robinson, appelant à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », alors que Belfast était traversée par une vague de manifestations violentes.

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Obligation de contrôle d’âge et sites porno : la CJUE valide les mises en demeure, mais pas plus

Step by step
Obligation de contrôle d’âge et sites porno : la CJUE valide les mises en demeure, mais pas plus

Dans un arrêt le mardi 16 juin, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que la France pouvait bien, au regard du droit communautaire, obliger des sociétés basées dans un État membre à mettre en place une vérification d’âge. Elle considère cependant que cette mesure ne peut s’appliquer qu’au cas par cas, et non par l’intermédiaire d’une loi générale, qui engloberait par exemple tous les éditeurs de sites pornographiques.

La France et par extension les autres États membres peuvent-ils imposer une obligation de vérification d’âge à des sociétés basées dans un autre pays de l’Union ? Souhaitée de longue date par le gouvernement et inscrite à l’inventaire des missions de l’Arcom dans le cadre de la protection des jeunes publics face au porno, la question se heurte, notamment, au droit européen.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient justement de rendre un arrêt qui vise à clarifier le débat et devrait alimenter les décisions de justice très attendues dans les différentes affaires qui opposent l’État et l’Arcom à certains éditeurs de sites pornographiques.

Contrôle d’âge et domaine coordonné

En l’occurrence, c’est du Conseil d’État qu’émanaient les questions préjudicielles qui ont poussé la CJUE à plancher plus en détail sur le sujet. En cause, deux sociétés tchèques éditrices de sites X qui contestent devant la plus haute juridiction administrative les mises en demeure envoyées par l’Arcom en invoquant la compétence exclusive du pays d’origine prévue par la directive e-commerce. De ce fait, elles remettent en cause le décret d’application de la loi de 2020 instituant le contrôle d’âge obligatoire.

Cette compétence exclusive renvoie au « principe d’origine » de la directive commerce électronique, qui prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison etc.).

Des mesures de restriction prises par un État membre destinataire des services numériques concernés sont envisageables (article 3 de la directive), mais celles-ci doivent être « nécessaires », pour des raisons tels que l’ordre public, la protection des mineurs ou la lutte contre l’incitation à la haine.

Dans ce contexte, le Conseil d’État souhaitait d’abord savoir si l’obligation du contrôle d’âge relevait bien du « domaine coordonné ». Pour légitimer ses mesures, la France argue en effet que le domaine coordonné ne s’applique que pour les règles explicitement harmonisées par la directive européenne. L’obligation du contrôle d’âge n’en faisant pas partie, elle échapperait au principe d’origine. Sur cette question précise, la CJUE dispose que le domaine coordonné « ne se limite pas aux exigences régies par les dispositions d’harmonisation de la directive, mais englobe en principe toute exigence relative à l’accès ou à l’exercice d’un service de la société de l’information », résume-t-elle dans un communiqué (PDF).

OK pour les mises en demeure, mais individualisées…

« Ainsi, l’application par la France des mesures en cause aux fournisseurs établis dans d’autres Etats membres constitue une restriction à la libre circulation des services », résume le juge Thomas von Danwitz. La CJUE ne ferme cependant pas totalement la porte. « Ces mesures peuvent néanmoins être prises, au cas par cas, dans le respect des conditions matérielles et procédurales prévues par la directive », complète le juge.

Pour ce faire, il faut que les « mesures en cause poursuivent des objectifs reconnus par la directive » et apparaissent « proportionnées », ce qui pour la Cour semble plutôt devoir se concrétiser par « des décisions individuelles de mise en demeure ou d’interdiction adoptées sur la base de la législation nationale », plutôt que sur une réglementation appliquée d’office.

« Il s’ensuit qu’une mesure nationale imposant, au prestataire d’un service donné, la mise en place d’un système de vérification de l’âge des utilisateurs des sites pornographiques doit être considérée comme étant proportionnée à l’objectif de protection des mineurs et de la dignité humaine (…) lorsque ce prestataire n’a pas pris les mesures appropriées (…) », écrit notamment la CJUE dans son arrêt.

… et en suivant la procédure

Le tout sous réserve de respecter la procédure. « Avant de prendre de telles mesures, il faut cependant, sauf en cas d’urgence, d’une part, demander à l’État membre d’établissement du prestataire concerné de prendre lui-même des mesures appropriées et, d’autre part, notifier l’intention de prendre celles-ci à la Commission européenne et à cet État membre », résume la Cour, qui après avoir exprimé cet arrêt fondé sur le droit européen, laisse désormais au Conseil d’État le soin de trancher le litige ouvert à l’échelle nationale.

Rappelons que depuis 2020, l’obligation du contrôle d’âge alimente les passes d’armes médiatiques et juridiques. La question connaît d’ailleurs un regain d’intérêt depuis l’été 2025 et les nouvelles promesses formulées par le gouvernement sur la mise en place d’un contrôle d’âge à l’entrée des réseaux sociaux. C’est également à cette époque qu’est entré en vigueur le décret d’application permettant à l’Arcom de sanctionner les éditeurs de sites en cas de non mise en place des mesures techniques de contrôle d’âge, provoquant le boycott de la France (partiellement levé) par Aylo, l’éditeur de Pornhub.

En face, les éditeurs de sites, notamment pornographiques, tentent par tous les moyens de faire invalider les décrets d’application, et n’hésitent pas à jouer la carte du boycott pour faire émerger le sujet dans l’opinion publique. Ils arguent notamment que les dispositifs de contrôle d’âge obligatoire n’ont qu’une efficacité très limitée (un constat, encore, vérifié en février 2026), mais contestent surtout la validité des dispositifs mis en place par la France. Les différentes procédures intentées ont déjà conduit à quelques volte-faces, notamment au niveau du Conseil d’état.

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Aqara : dix vulnérabilités CVE exposaient serrures, caméras et capteurs connectés

Le loup dans la bergerie
Aqara : dix vulnérabilités CVE exposaient serrures, caméras et capteurs connectés

Aqara, fabricant d’appareils connectés populaires dans l’univers HomeKit, a récemment corrigé la bagatelle de 26 défaillances de sécurité détectées principalement au niveau de la plateforme cloud qui sous-tend ses services. Dix des failles découvertes ont donné lieu à publication d’une CVE. L’exploitation combinée des quatre premières aboutit à une vulnérabilité notée 10, le niveau maximal de sévérité.

Une recherche indépendante, publiée le 11 juin dernier, vient de mettre en lumière un vaste ensemble de vulnérabilités affectant les produits de la marque Aqara. Ce fabricant chinois commercialise pour mémoire une large gamme de capteurs de température, caméras IP, ampoules pilotées, thermostats et autres serrures ou verrous connectés. La bonne intégration de ses produits dans Apple Maison (HomeKit) les rend particulièrement populaires chez les amateurs de domotique.

La plateforme cloud qui sous-tend leur fonctionnement présentait toutefois quelques sérieuses failles en matière de sécurité. L’exploitation combinée de plusieurs d’entre elles créait ainsi une voie pour usurper n’importe quel compte enregistré sur la plateforme Aqara, et donc potentiellement de forger un accès à l’ensemble de l’écosystème domotique d’un utilisateur.

Dix CVE et de nombreux problèmes de configuration

L’une de ces failles a reçu la note maximale de 10.0 dans la base de Common Vulnerabilities and Exposures (CVE) officielle – une sévérité qui reflète son rôle dans la chaîne plutôt que son impact pris isolément, le chercheur lui ayant lui-même attribué 7.5. « La passerelle Aqara IAM/SSO (gw-builder.aqara.com) expose des échanges AES bidirectionnels contre la clé de signature de la plateforme sans authentification », indique la notice associée.

Derrière ce scénario du pire (dont aucune mise en œuvre malveillante n’a été attestée) se cache en réalité un catalogue de failles et de lacunes de sécurité bien plus vastes, comme le présente sur GitHub l’auteur de ces découvertes, le Français Sammy Azdoufal. Ses travaux, confirmés par Tod Beardsley de runZero, ont donné lieu à la publication de dix CVE individuelles, dont quatre sont qualifiées de critiques (note supérieure à 9).

« L’audit a révélé dix vulnérabilités côté produit suffisamment graves pour justifier l’attribution de CVE, ainsi que onze problèmes côté opérateur affectant l’infrastructure d’Aqara (son CRM, ses plateformes CI/opérations internes, sa passerelle IAM, son forum et son GitHub). Les quatre premières CVE sont liées entre elles. Aucune d’entre elles n’atteint individuellement le niveau 10.0. C’est leur enchaînement qui aboutit à ce niveau », décrit Sammy Azdoufal.

Il a découvert ces failles en étudiant l’application mobile dédiée à ses utilisateurs, ce qui lui avait déjà permis de découvrir plus d’un million de babyphones espion basés sur le cloud Meari, et près d’un million de pièces d’identité exposées sur Internet par le fournisseur d’un outil de CRM dédié aux coffee shops et autres cannabis clubs sociaux.

Sammy Azdoufal indique avoir listé et informé Aqara d’un total de 27 défaillances. Le fabricant aurait reconnu et corrigé 26 d’entre elles, laissant de côté l’allusion à un forum Discourse dont les messages et les comptes utilisateurs étaient accessibles sans authentification préalable. « L’un des éléments signalés comme corrigés est un problème structurel (CVE-2026-50091, clés cryptographiques codées en dur intégrées au SDK mobile et au firmware déployé) pour lequel un correctif côté serveur n’est pas architecturalement suffisant », estime de son côté l’auteur de la découverte.

La marque minimise l’impact

Il relate par ailleurs la chronologie de ses échanges avec Aqara, de la première prise de contact, en mars, à la déclaration publique transmise le 11 juin, date de la publication de ses découvertes. Dans cette dernière, telle que reproduite par Sammy Azdoufal, l’entreprise affirme que « la possibilité potentielle de contrôler les appareils des utilisateurs se rapporte à un environnement de test totalement distinct des systèmes de production d’Aqara », et que l’accès « à de véritables appareils ou comptes utilisateurs via l’environnement de test est impossible dans notre architecture, car les environnements ne partagent aucune donnée utilisateur, identifiant ni service backend ».

Des affirmations que réfute le chercheur indépendant. « Le point d’accès de récupération des jetons (famille CVE-2026-50083) a renvoyé 2 969 sessions actives, dont les sessions JWT actives de deux employés d’Aqara. Les environnements de test ne contiennent pas les sessions de travail actives des employés réels », fait-il par exemple valoir.

Nous avons contacté Aqara pour essayer de tirer au clair ces contradictions. En attendant, les utilisateurs de l’application du même nom ont sans doute tout intérêt à révoquer les autorisations tierces qu’ils n’auraient pas eux-mêmes accordées dans les paramètres de leur compte. Ainsi qu’à privilégier les options de contrôle local, notamment via HomeKit, plutôt que de piloter leurs appareils par l’intermédiaire d’un cloud opéré par le fabricant. Un conseil qui vaut sans doute d’ailleurs bien au-delà du cas particulier d’Aqara…

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☕️ Un démontage confirme que le Trump Phone T1 n’est qu’un modèle HTC rebadgé



Trump Mobile, l’opérateur virtuel lancé en juin 2025 par la famille du président des États-Unis, est rapidement revenu sur sa promesse de commercialiser un téléphone « made in USA ». Et pour cause : son premier téléphone, disponible depuis quelques jours dans le commerce, se présente en réalité comme un modèle HTC de 2024, le U24 Pro, légèrement modifié.

L’astuce avait déjà été éventée au printemps lorsque l’appareil a été enregistré auprès de la FCC et que les premiers visuels définitifs ont été rendus publics. Elle a été confirmée mercredi 10 juin à l’issue d’un démontage en règle, réalisé par le site iFixit sous l’œil des caméras de NBC News.


Résultat des courses : sous sa coque dorée ornée de la bannière étoilée, le Trump Mobile T1 dissimule des entrailles héritées de celles du HTC U24 Pro. À l’extérieur, iFixit remarque quelques petits ajustements (la grille des haut-parleurs a été redessinée, comme la partie de la coque qui abrite les capteurs photo dorsaux), mais la carte mère et le design intérieur sont identiques à ce que proposait la marque taïwanaise en 2024.

La configuration a cependant été mise à jour avec une concession patriotique : le Snapdragon 7 Gen 3 qui anime l’ensemble est ainsi accompagné de 12 Go de LPDDR5 et de 512 Go de stockage fournis par l’entreprise américaine Micron, alors que le modèle originel de HTC exploitait une mémoire fournie par SK hynix (Corée du Sud).

Le site spécialisé dans les pièces détachées note par ailleurs que la batterie (produite aux Philippines) présente une capacité légèrement supérieure à celle du smartphone de 2024. La puissance de charge est en revanche limitée à 30 W, là où le U24 Pro acceptait 60 W en entrée.

Compte tenu de ces différents éléments, iFixit conclut qu’il est impossible que le T1 se revendique d’un quelconque label « made in USA », et réserve son jugement quant à la possibilité d’un « assembled in USA », en rappelant que l’assemblage d’un téléphone et les phases finales associées exigent des ressources significatives.

Sur la réparabilité, qui constitue habituellement le critère phare des analyses d’iFixit, le site délivre la note de 3/10, soit la même que celle du HTC U24 Pro en son temps.

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Cannabis clubs et coffee shops : 1 million de pièces d’identité exposées sur Internet

Voici une confiture verte, singulièrement odorante
Cannabis clubs et coffee shops : 1 million de pièces d’identité exposées sur Internet

Près d’un million de pièces d’identité d’amateurs de cannabis du monde entier ont été exposées sur Internet. En cause, le backend de la plateforme Cannabis Club Systems, utilisée par les coffee shops et autres espaces dédiés à la consommation pour gérer leurs membres. Bien que dûment alertée, l’entreprise éditrice, enregistrée en Irlande, a mis de longues semaines à réagir, au mépris de ses utilisateurs et du RGPD.

En novembre 2025, Cannabis Club Systems revendiquait fièrement avoir franchi la barre des 900 établissements clients de sa plateforme dédiée à la gestion des coffee shops, cannabis social clubs et autres structures dédiées à la distribution ou à la consommation de cannabis.

« Nous ne nous contentons pas d’adapter la technologie des dispensaires, nous concevons de A à Z l’infrastructure numérique des cannabis social clubs », déclarait à cette occasion Ahab Thornhill, cofondateur de cette entreprise, qui se revendique d’origine espagnole mais opère sous mentions légales d’une entité irlandaise, Nefos Solutions Ltd.

1 million de fumeurs exposés, dont 104 000 Français

L’infrastructure en question facilite peut-être la gestion commerciale d’un coffee shop, mais elle a souffert pendant au moins plusieurs semaines de graves carences en matière de sécurité. La plateforme associée a en effet exposé pendant plusieurs semaines les informations personnelles ainsi que les pièces d’identité des membres et clients des clubs et coffee shops affiliés.

La base contient de nombreux passeports européens – capture d’écran Next

« Les clubs qui utilisent Cannabis Club Systems proposent de s’inscrire au travers d’une application mobile, qui demande un scan de la pièce d’identité. C’est en regardant le code de cette application que j’ai découvert que le backend de la plateforme n’était absolument pas sécurisé », nous explique Sammy Azdoufal, le « spécialiste IA » qui avait déjà révélé l’affaire des babyphones espion de l’entreprise chinoise Meari.

En explorant les endpoints (points de terminaison) de la plateforme, il découvre où sont stockées les pièces d’identité, et remarque que chaque utilisateur est associé à un identifiant sous forme d’entier séquentiel. Vous devinez la suite : il suffit d’incrémenter l’ID pour passer à l’utilisateur suivant et consulter sa pièce d’identité.

En lançant une boucle sur la base de données concernée, Sammy Azdoufal arrive à la conclusion que la plateforme liste et expose les données de plus d’un million d’amateurs provenant de 40 pays, dont un peu plus de 104 000 détenteurs d’un passeport ou d’une carte nationale d’identité française. Au total, il dénombre 1 082 680 profils enregistrés, dont 985 841 comportent un document officiel. Il compte aussi 377 clubs (dont des adresses très réputées chez les amateurs, comme les fameux coffee shops Bulldog d’Amsterdam), loin des 900 clients revendiqués par Nefos.

« Le modèle CSC [cannabis social club] fonctionne sur le principe de la discrétion. Les membres font confiance au club pour la confidentialité de leurs informations sensibles, car l’alternative serait le marché noir. Cette confiance dépendait de la configuration du serveur de Nefos. Or, Nefos n’a rien configuré du tout », résume l’auteur de la découverte.

Puffpal : l’application qui en savait trop

Outre sa plateforme de gestion, Cannabis Club Systems propose donc une application mobile optionnelle (Android et iOS) baptisée Puffpal, qui permet à l’utilisateur final de découvrir les clubs cannabis les plus proches et de gérer de façon numérique les formalités d’inscription, en scannant sa pièce d’identité.

Suite à notre premier échange avec Sammy Azdoufal, nous avons entrepris d’inspecter directement le code de la version Android, ce qui nous a permis de confirmer que les principaux endpoints de la plateforme étaient effectivement accessibles sans aucune barrière d’authentification côté client.


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Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

Le nouveau capitalisme sauvage
Le repreneur d’AOL et Vimeo vise la bourse pour acheter de nouvelles gloires passées

L’italien Bending Spoons a déposé lundi 8 juin le document préalable à son introduction à la bourse de New York. L’opération valoriserait le groupe, spécialisé dans la reprise et la restructuration de services numériques, à plus de 20 milliards de dollars. Elle vise à lui donner les moyens de poursuivre sa stratégie d’acquisition, dans une logique de « build-up ».

Acheter des entreprises numériques en difficulté, les restructurer à marche forcée et les consolider au sein d’un groupe pour maximiser les synergies : voilà, résumée sommairement, la stratégie revendiquée par le groupe italien Bending Spoons. Fondé en 2013 à Copenhague puis relocalisé à Milan, celui-ci compte déjà une cinquantaine d’acquisitions à son actif, et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Il vient en effet de déposer auprès du gendarme de la bourse des États-Unis le document préparatoire à son introduction en bourse (le formulaire S1) sur le Nasdaq à Wall Street. D’après Reuters, Bending Spoons viserait la fin du mois de juin, et réaliserait son émission de titres sur la base d’une valorisation de l’ordre de 20 milliards de dollars.

S’endetter, acheter, licencier, recommencer

Fin 2025, Bending Spoons (qui tire son nom de la scène de la cuillère pliée dans Matrix) a réalisé coup sur coup l’acquisition de Vimeo pour 1,38 milliard de dollars, d’AOL pour 1,5 milliard, et d’Eventbrite pour environ 500 millions. Pour ce faire, il avait annoncé en octobre une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Des moyens considérables, mis au service d’une stratégie dite de build-up, ou d’accumulation. Le groupe lève des fonds, ou s’endette, pour racheter des entreprises dont la valeur ne reflète pas le potentiel réel. Il les restructure et consolide leurs activités au sein de sa propre structure, pour profiter au maximum de synergies et d’économies d’échelle. Il se remet ensuite en quête de nouveaux fonds pour réaliser de nouvelles acquisitions, et maximiser l’effet de cette accumulation, etc.

La boulimie de Bending Spoons permet à l’entreprise d’afficher une croissance record : « Grâce à ces investissements, le chiffre d’affaires s’est élevé à 387 millions de dollars en 2023, 671 millions de dollars en 2024, 1,31 milliard de dollars en 2025 et 601 millions de dollars au premier trimestre 2026, soit une croissance annuelle de 73 % en 2024, 95 % en 2025 et 132 % au premier trimestre 2026, et un taux de croissance annuel composé de 84 % de 2023 à 2025 », détaille le groupe dans son S1.

Le volume d’acquisitions réalisées et les calculs comptables associés (coût de la dette, frais de restructuration, amortissement des actifs, etc.) rendent particulièrement complexe l’analyse du niveau de rentabilité réel du groupe. Si l’on écarte les calculs liés à la dette ou aux amortissements, Bending Spoons revendique à ce niveau un résultat opérationnel « ajusté » de 613 millions de dollars en 2025. Les frais réels engagés sur l’année se traduisent cependant par une perte nette de 137 millions de dollars sur la même période.

Dans la logique de Bending Spoons, c’est cependant à quelques années qu’il faut regarder le résultat de ses acquisitions, c’est-à-dire une fois que les frais d’acquisition et de restructuration auront été amortis.

Des rachats suivis de licenciements massifs

Sur ce point, une enveloppe conséquente est allouée aux plans de départ. Bending Spoons, qui fait principalement ses emplettes sur le marché américain, engage quasi systématiquement des coupes franches dans les effectifs des sociétés rachetées.

Fin 2022, Bending Spoons s’offre l’application iPhone FiLMiC et son pendant payant FiLMiC Pro, puis l’outil de notes partagées Evernote début 2023. Les deux équipes sont licenciées, au nom d’un développement repris en interne au siège italien du groupe.

En 2024, Bending Spoons a de la même façon mis la main sur le studio mobile Mosaic Group, puis sur l’application de rencontres sociales Meetup, avant de s’offrir le service de partage de fichiers WeTransfer, puis la plateforme vidéo Brightcove pour quelque 230 millions de dollars. Chez WeTransfer, le changement de propriétaire se traduit par le départ de 75 % des salariés historiques.

Un an plus tard, Bending Spoons rachète Komoot, l’outil allemand de création d’itinéraires et de promenades, pour 300 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, les 150 salariés sont remerciés.

La plateforme vidéo Vimeo, rachetée en septembre 2025, ne déroge pas à la règle : après une première réduction immédiate d’environ 10 % des effectifs, la quasi-totalité de l’équipe a été remerciée début 2026. Chez AOL, les licenciements ont aussi commencé : 108 personnes ont par exemple déjà été poussées vers la porte en Virginie.

Restructurer sans déprécier ?

Dans ce contexte de sollicitation du marché, Bending Spoons affirme réussir à restructurer les sociétés qu’elle rachète sans en compromettre l’attractivité, ou l’activité. WeTransfer, par exemple, resterait une machine commerciale efficace, avec 58 millions d’utilisateurs mensuels actifs et 1 million de clients payants en mars 2026.

« En mars 2026, notre portefeuille comptait plus de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels et plus de 9 millions de clients payants mensuels. Le nombre d’utilisateurs actifs mensuels et de clients payants mensuels était respectivement de 111 millions et 3 millions en décembre 2023, de 290 millions et 5 millions en décembre 2024, et de 389 millions et 8 millions en décembre 2025. », détaille l’entreprise.

Bending Spoons affirme avoir identifié plus de 1 000 entreprises cibles de sa frénésie de croissance. « Avec l’IA comme puissant facteur de croissance potentiel, nous pensons être bien positionnés pour assurer notre croissance dans les années à venir.  »

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☕️ Tchap, la messagerie sécurisée de la fonction publique, victime d’un incident de sécurité



La direction interministérielle du numérique (Dinum) a signalé lundi 8 juin après-midi un incident de sécurité constaté au niveau de Tchap, l’application de messagerie sécurisée consacrée à l’été 2025 comme l’outil de référence à utiliser pour toute la fonction publique.

L’incident aurait été constaté la veille, dimanche 7 juin, par l’ANSSI. Celle-ci a « détecté une compromission du service Tchap de messagerie instantanée chiffrée de l’État, à la suite d’une usurpation de compte ».

« A ce stade, le compte à l’origine des requêtes malveillantes a été identifié. Il a été immédiatement bloqué afin de supprimer l’accès persistant de l’attaquant et permettre une analyse approfondie des données auxquelles il a pu accéder. Les investigations se poursuivent, notamment par l’étude des journaux d’événements (logs), pour identifier les conversations auxquelles l’attaquant a pu accéder et la nature des données exfiltrées. », écrit la Dinum.

L’incident n’aurait donc pas affecté les serveurs de la messagerie : il semble localisé au niveau d’un compte utilisateur, qui a donc pu être utilisé pour consulter les salons publics hébergés sur Tchap. Rappelons que cette messagerie est basée sur le protocole Matrix, qui permet un chiffrement bout en bout des échanges. Dans l’implémentation retenue pour Tchap, celui-ci ne concerne cependant pas les conversations publiques.

« Un message a été transmis à l’ensemble des utilisateurs de Tchap rappelant qu’une conversation publique (ou « salon public ») peut être trouvée et rejointe par tout utilisateur et que son contenu n’y est pas chiffré. Conformément aux modalités d’utilisation de Tchap, aucune information personnelle, sensible ou couverte par le secret professionnel ne doit y être échangée : ces échanges doivent être réservés aux salons privés », rappelle à ce sujet la Dinum, qui ajoute avoir notifié l’incident à la Cnil.

Une annonce publiée sur un forum dédié aux vols de données revendiquait, dimanche, l’exfiltration d’un jeu de données issues de la messagerie Tchap comprenant notamment les profils de 73 000 agents avec un certain nombre d’informations professionnelles (email, institution de rattachement, etc.), un solde de 643 000 messages, et de nombreux fichiers multimédias. La véracité de ces allégations n’a pas été confirmée.

Un coq chantant un message chiffré
Illustration : Flock
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☕️ Google va louer de l’infra IA chez SpaceX pour 920 millions de dollars par mois



SpaceX vient de signer un nouveau client pour les infrastructures IA déployées par xAI, et non des moindres : un document déposé auprès de la SEC révèle que Google s’engage à louer jusqu’à 110 000 GPU NVIDIA opérés par l’entreprise d’Elon Musk, en échange d’un loyer mensuel fixé à 920 millions de dollars.

L’accord court sur une période qui s’étend d’octobre 2026 à juin 2029, soit un montant total de l’ordre de 30,3 milliards de dollars, à laquelle s’ajoute une phase de mise à disposition progressive sur le mois de septembre 2026. Une clause prévoit que Google puisse mettre un terme au contrat sans délai entre octobre et décembre 2026 si SpaceX n’était pas en mesure de lui fournir les capacités promises.

Cet accord, signé le 5 juin, intervient trois jours après que Google annonce son intention de lever prochainement 80 milliards de dollars pour soutenir le développement de ses propres infrastructures de calcul. Le groupe évoquait à cette occasion un carnet de commandes, lié aux activités IA, de l’ordre de 460 milliards de dollars, dont la moitié devant être réalisée sur les 24 prochains mois.

Déclaration de SpaceX à la SEC relative à cet accord avec Google – capture d’écran

Google, vendeur de cloud, serait donc contraint d’aller louer des ressources chez un concurrent pour honorer ces perspectives ? « Il s’agit d’un accord à court terme et opportun visant à garantir notre capacité transitoire pour répondre à la forte demande de nos clients pour notre plateforme d’agents, Gemini Enterprise, qui a même dépassé nos prévisions », justifie un porte-parole du groupe.

Si les deux entreprises sont concurrentes sur le marché de l’IA, elles sont aussi partenaires : Google détenait en effet 6,11 % de SpaceX à fin 2025, avant la fusion avec l’ensemble formé par X et xAI. À l’issue de ce processus, la firme de Mountain View possèderait environ 5 % du capital de l’entreprise d’Elon Musk d’après les estimations de Bloomberg.

Quoi qu’il en soit, l’annonce tombe à point nommé pour SpaceX, qui prépare activement son introduction en bourse (à 135 dollars l’action pour une valorisation de l’ordre de 1 750 milliards de dollars). Elle souligne en effet la capacité du groupe à générer du chiffre d’affaires à partir de ses investissements liés à l’IA, alors même que ces derniers grèvent significativement la rentabilité de l’entreprise.

Rappelons que SpaceX a déjà passé un accord similaire avec Anthropic, qui prévoit la mise à disposition des GPU installés dans le datacenter Colossus I en échange d’un loyer fixé à 1,25 milliard de dollars par mois. Reste à voir, si ces deux contrats sont honorés à leur pleine mesure, quelles seront les ressources restant à SpaceX pour entraîner et faire tourner ses propres modèles d’IA.

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Face à Edge, six éditeurs appellent Microsoft à changer les règles du jeu

Union sacrée
Face à Edge, six éditeurs appellent Microsoft à changer les règles du jeu

Réunis au sein de la Browser Choice Alliance, six éditeurs de navigateurs dont Chrome, Opera ou Vivaldi, appellent dans une lettre ouverte Microsoft à mettre fin aux pratiques visant à avantager son propre client, Edge, sur Windows.

« Assez, c’est assez », titrent les six navigateurs réunis au sein de la Browser Choice Alliance (Google Chrome, Opera, Vivaldi, Wavebox, Midori et Waterfox). Mercredi 3 juin, la coalition formée en 2024 a publié une nouvelle lettre ouverte adressée à Satya Nadella, CEO de Microsoft. Elle y réclame, une nouvelle fois, que l’éditeur de Windows mette un terme à toutes les pratiques qui lui permettent d’avantager Edge, son propre navigateur, au détriment des solutions concurrentes.

Liberté de choix

Les fondamentaux du discours sont inchangés pour qui suit l’actualité des navigateurs depuis l’ère Internet Explorer :

« Microsoft tire parti de sa position extrêmement puissante en tant que fournisseur du système d’exploitation omniprésent dans le monde du PC (…) pour inciter les utilisateurs à adopter son navigateur propriétaire, Edge, en recourant à des tactiques qui restreignent, déforment et subvertissent le choix de l’utilisateur. »

Bien que le combat dure depuis plus de vingt ans, Microsoft se rendrait toujours coupable des mêmes pratiques abusives. Les signataires listent ainsi les mesures techniques visant à prévenir la désinstallation d’Edge, l’apparition de messages alarmants lorsque l’utilisateur tente d’installer un autre navigateur ou l’utilisation du système de mise à jour Windows Update pour rétablir Edge comme navigateur par défaut.

Dans certaines configurations, Bing sur Edge affiche un bandeau de pub visant à dissuader l’utilisateur d’installer Vivaldi – capture d’écran BCA

Ils dénoncent également la façon dont Teams ou Outlook forcent l’ouverture de liens via Edge même si l’utilisateur a paramétré un autre navigateur par défaut, ou l’ancrage d’Edge sur des fonctionnalités telles que la recherche Windows ou les widgets du système.

Rappelons que, vue d’Europe, la situation n’est pas aussi problématique que ne le décrivent les signataires, vidéos et captures d’écran à l’appui. Microsoft a en effet intégré un certain nombre d’options spécifiques, notamment pour répondre aux exigences de la législation sur les marchés numériques (DMA).

Cette réponse partielle ne satisfait logiquement pas les membres de la coalition qui, face à des pratiques susceptibles de varier dans le temps ou selon les juridictions, appellent à une harmonisation par le haut.

Harmoniser les bonnes pratiques par le haut

Ils demandent ainsi à Microsoft de ne pas empêcher la préinstallation de navigateurs tiers auprès des fabricants de PC, de mettre un terme à tous les dark patterns visant à limiter l’installation d’alternatives à Edge, et de cesser toutes les pratiques favorisant implicitement son propre navigateur :

« Lorsque tous les développeurs de navigateurs – y compris Microsoft – rivalisent de mérite pour offrir aux utilisateurs le navigateur le meilleur et le plus adapté possible, tout le monde en profite : cela stimule l’innovation, améliore les performances et, au final, offre de meilleurs résultats aux millions de personnes qui utilisent quotidiennement un PC pour accéder au Web et aux services Web tels que les applications d’IA. »

La question de l’IA n’est pas anodine : pour les signataires, le segment de l’IA générative est susceptible d’entrainer un regain d’intérêt pour le PC et donc pour les logiciels associés. La question du libre choix de l’utilisateur final serait donc dans ce contexte particulièrement pressante.

Microsoft n’a pas réagi publiquement à cette lettre ouverte, mais sa position est globalement connue : l’éditeur affirme jouer selon les règles et assure ne pas chercher à entraver la concurrence. En attendant, lui aussi semble convaincu que l’IA va constituer un catalyseur pour le monde du PC. Outre Scout, son nouvel agent autonome inspiré d’OpenClaw ou la future plateforme Solara, Microsoft vient ainsi d’annoncer l’intégration prochaine de nouvelles fonctions d’IA dérivées de ses modèles de langage au sein d’Edge.

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Doctolib réfute livrer « les infos de ses utilisateurs » aux grands acteurs de l’IA

Les promesses n'engagent que ceux qui y croient
Doctolib réfute livrer « les infos de ses utilisateurs » aux grands acteurs de l’IA

Le Canard enchaîné a révélé dans son édition du 2 juin 2026 que Doctolib livrait « les infos de ses utilisateurs à des géants américains de l’IA » et que ces données servaient l’entraînement des grands modèles de langage d’acteurs tels que Microsoft, Anthropic ou Google. Contactée par Next, l’entreprise dément fermement ces allégations. Le volume de prestataires sur lequel s’appuie Doctolib peut toutefois légitimement interroger.

Coup de palme à la carotide. Le Canard s’est fendu, dans son édition du 2 juin 2026, d’un article au vitriol au sujet de Doctolib, le poids lourd des services numériques dédiés aux professionnels de santé. Il y affirme notamment que la licorne française « transmet la plupart de ses informations à Google, Microsoft et Anthropic, pour entraîner ses propres modèles d’intelligence artificielle ».

Le Canard évoque notamment la nouvelle offre d’assistant virtuel à la consultation, commercialisée depuis 2024 par Doctolib auprès des professionnels de santé. Cet assistant de consultation, qui figure effectivement au catalogue de l’éditeur, est chargé d’écouter la consultation, après information du patient, et de prendre des notes à la place du praticien, pour ensuite générer de façon autonome compte-rendus et courriers médicaux.

Des données personnelles utilisées à des fins d’entraînement ?

Sur son site commercial, Doctolib affirme que l’ensemble des données associées à ce service « sont hébergées sur des serveurs basés dans l’Union Européenne, certifiés Hébergement de Données de Santé (HDS) ». Ce qui ne convainc pas le palmipède :

« Sauf que ces notes, à en croire la politique de protection des données de l’entreprise, entraînent les modèles d’intelligence artificielle eux-mêmes coachés par Google (Gemini), Anthropic (Claude) et Microsoft (Copilot). Carton rouge ! Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser », écrit le Canard.

Nous avons à notre tour épluché les différents documents contractuels de Doctolib pour tenter de voir plus clairement de quoi il retourne, dans une version Web native ou sous forme de PDF en date de mars 2026. Microsoft, Google et Anthropic apparaissent effectivement au chapitre des « sous-traitants ultérieurs », définis comme des prestataires susceptibles d’avoir accès à des données personnelles collectées par Doctolib à des fins de traitement spécifiques.

Le tableau en question liste plusieurs prestataires spécialisés dans le support client, le marketing ou l’hébergement. Il affiche également une rubrique Autres dans laquelle figurent Microsoft Azure, Anthropic et Google Irlande, à la fois pour l’IA générative Gemini et pour l’outil d’annuaire Google My Business.

Extrait de l’accord sur la protection des Données à caractère personnel de Doctolib – capture d’écran

Si le service concerné (« fourniture du modèle de LLM ») est explicite, qu’en est-il de la finalité réelle, présentée comme « Analyse et création de contenu à des fins d’automatisation de tâches » ?

Doctolib réfute et avance une protection contractuelle

Contacté par Next, un porte-parole de Doctolib répond que ces deux intitulés « désignent concrètement l’utilisation de leurs modèles pour faire fonctionner des fonctionnalités produit, comme la transcription et la synthèse des consultations médicales, ou l’automatisation de certaines tâches internes ».

Dit autrement, Doctolib exploite donc au moins partiellement des LLM états-uniens dans la production de ses services d’assistance. Est-ce à dire que Google ou Anthropic peuvent entraîner leurs modèles sur les notes médicales concernées ? L’entreprise réfute catégoriquement :

« Les notes de consultation n’entraînent pas leurs modèles d’intelligence artificielle. Ces sociétés interviennent comme prestataires techniques, sur nos seules instructions et dans un cadre contractuel strict qui leur interdit de conserver ou d’exploiter les données pour leur propre compte, et en particulier d’en nourrir leurs propres modèles ».

En réponse au Canard, qui évoque dans son article la question de la portée extraterritoriale de certaines lois états-uniennes – « Même si ces mastodontes stockent leurs datas dans l’Union européenne, la justice américaine peut les forcer à les transmettre outre-Atlantique, ce que Doctolib omet de préciser » – Doctolib nous assure que « les données médicales des patients sont hébergées exclusivement en France et en Allemagne, chiffrées en permanence au repos et en transit ». Même en cas de transfert, les données seraient donc inexploitables, estime l’entreprise, qui stocke ses clés chez Eviden (Atos).

Doctolib admet que certaines données peuvent tout de même servir à des fins d’entraînement, mais l’usage serait limité à l’amélioration de ses « propres modèles », uniquement si le praticien l’a autorisé ou si le patient a consenti. « Cette autorisation comme ce consentement sont demandés séparément, peuvent être retirés à tout moment, et ne donnent en aucun cas aux prestataires le droit d’utiliser ces données pour leurs propres modèles » affirme à ce sujet l’entreprise.

Si certaines données ou notes médicales transitent bien par les serveurs d’Anthropic et de Google à des fins d’inférence, leur non-utilisation par les entreprises concernées serait donc verrouillée contractuellement.

Un détour par les conditions d’utilisation de la startup spécialisée Nabla, qui fournit elle aussi des services de transcription et de synthèse via LLM, révèle d’ailleurs une situation comparable. Sur son site, l’entreprise garantit l’absence totale de « réutilisation des données pour entraîner les modèles », alors qu’une partie de ses traitements est, d’après son propre accord sur la protection des données, réalisée par des modèles tiers sur des serveurs Microsoft.

En définitive, il faudrait donc avoir confiance en la qualité de la relation contractuelle établie entre ces prestataires du monde de la santé et les grands noms de l’intelligence artificielle.

Extension du domaine de la donnée

Du côté du Canard, cette confiance semble entachée par deux circonstances aggravantes. D’abord, une démarche active de lobbying qui aurait motivé 500 000 euros de dépenses en direct en 2025 pour « promouvoir une politique de l’hébergement, de la protection et de la portabilité des données favorable à l’activité de Doctolib  » auprès de parlementaires français, cite l’hebdomadaire. Ensuite, une proximité implicitement taxée de connivence avec l’Élysée, dont le locataire et le patron de Doctolib seraient « copains comme cochons », selon le député Philippe Latombe, cité par le Canard.

D’un point de vue plus technique et sans préjuger de la robustesse de l’infrastructure mise en place par le leader de la réservation médicale, on pourrait s’alarmer de voir la longue liste de prestataires techniques amenés à intervenir sur certains éléments de données personnelles issus de la plateforme Doctolib.

Tout se veut bien sûr cloisonné, mais l’entreprise recense elle-même 33 scénarios de traitements externalisés sur les différents pans de son activité : la relation client chez Salesforce, l’hébergement des données de service chez AWS, les demandes de support chez Atlassian, l’automatisation de la transmission des flux de données chez Zapier, la BI chez Looker, la constitution de fiches des soignants à partir des sources publiques chez Reltio, etc. La fameuse licorne a été épinglée par deux enquêtes entre 2020 et 2021 pour son laxisme en matière de sécurité des données, même si elle s’est toujours défendue de tout manquement.

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À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires

So long, space cowboy
À 135 dollars, l’action SpaceX se paiera 94 fois le chiffre d’affaires

SpaceX a détaillé plus précisément les modalités financières de son introduction en bourse. L’action SPCX sera proposée au marché à 135 dollars, et l’entreprise devrait ainsi pouvoir lever 75 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation fixée aux alentours de 1 750 milliards de dollars.

SpaceX a mis à jour mercredi 3 juin son formulaire S-1 déposé auprès des autorités boursières états-uniennes. Cette version amendée, dite « S-1/A 2 » révèle le prix d’introduction envisagé par la société, ainsi que le volume d’actions mis en circulation, ce qui permet de déterminer à la fois la somme d’argent frais que l’entreprise espère réunir sur les marchés, mais aussi la valorisation totale qui sert de point de départ aux calculs. À ce niveau, les rumeurs visaient globalement juste : SpaceX confirme aller chercher 75 milliards de dollars grâce à la mise en circulation de 555 555 555 actions, lancées au prix unitaire de 135 dollars.

SpaceX fixe son prix

Deux éléments sont à noter ici. D’abord, le prix de lancement peut encore évoluer jusqu’à l’introduction proprement dite. Il est cependant peu probable que SpaceX ajuste les curseurs au dernier moment, dans la mesure où la majeure partie de ces actions ont déjà fait l’objet d’accords avec des investisseurs institutionnels.

De ce fait, on ne connait pas à ce stade le volume réel d’actions qui sera mis sur le marché le jour de l’ouverture de la cotation. On sait en revanche qu’environ 27,8 millions d’actions sont réservées à des employés ou à des personnes choisies par la direction (donc par Elon Musk).

Un autre élément inhabituel tient à la façon dont SpaceX fixe un prix d’introduction déterminé, alors que les grandes opérations de ce type donnent généralement lieu à la publication d’une fourchette indicative (par exemple, entre 130 et 150 dollars par action). L’entreprise se sent suffisamment confiante pour imposer que ce soit la demande qui s’adapte à son prix, et non l’inverse.

Une action à 93,6x le chiffre d’affaires 2025

Nous avions déjà analysé les éléments financiers révélés par SpaceX à l’occasion de la publication de la première version de son S1. Les chiffres de l’entreprise révèlent pour mémoire un chiffre d’affaires de 18,7 milliards de dollars en 2025, avec des pertes d’exploitation significatives du côté de l’activité lanceur spatial, dues notamment au programme Starship, qui mobilise d’importantes dépenses d’investissement. Le déficit est creusé dans des proportions sans précédent par l’intégration des activités liées à l’IA (X et xAI ont d’abord été fusionnés avant d’être intégrés à SpaceX). L’entreprise affiche ainsi 4,937 milliards de dollars de pertes sur toute l’année 2025, et 4,276 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2026.

Dans ce contexte, on ne peut donc pas utiliser le traditionnel indicateur du PER (price earning ratio), qui consiste à comparer le cours de l’action à ses bénéfices nets pour mesurer son attrait. On peut en revanche rapporter la valorisation revendiquée par SpaceX (1 750 milliards de dollars) à son chiffre d’affaires, ce qui donne un multiple stratosphérique de 93,6. À titre de comparaison, ce ratio prix/ventes est de l’ordre de 16 pour Tesla (97,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 590 milliards de dollars de valorisation), contre 11,8 pour Apple (rentable) et 40 pour NVIDIA (ultra rentable).

Les investisseurs qui suivent l’IPO n’achètent donc pas l’activité actuelle, mais les promesses de croissance future formulées par l’entreprise. Ces dernières – qui passent pour mémoire par la promesse d’un coût de lancement spatial divisé par 10 grâce à Starship, et par le développement d’une offre d’inférence IA en orbite grâce à des datacenters spatiaux – sont si pharaoniques qu’elles suscitent la défiance de certains investisseurs institutionnels.

Comme chez Tesla, Elon Musk s’octroie dans ce plan financier des bonus en actions significatifs (plusieurs centaines de milliards de dollars d’actions) en fonction d’objectifs eux aussi stratosphériques. Aux conditions financières (franchir certains paliers de valorisation) s’ajoutent ainsi deux conditions plus opérationnelles : réussir à établir une colonie humaine sur Mars avec au minimum 1 million d’habitants, mais aussi installer en orbite l’équivalent de 100 TW de puissance de calcul informatique.

Dans les deux cas, la simple faisabilité technique est largement sujette à caution, mais ces promesses n’ont finalement qu’une valeur symbolique, dans la mesure où même en cas d’échec, Musk conserve l’essentiel de la valeur de SpaceX et la très grande majorité des pouvoirs via ses actions préférentielles.

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IA et droit d’auteur : la proposition de loi qui inquiète Mistral arrive à l’Assemblée

Il faut sauver le soldat Mistral
IA et droit d’auteur : la proposition de loi qui inquiète Mistral arrive à l’Assemblée

La Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale a adopté mardi 2 juin la proposition de loi qui prévoit la présomption d’utilisation des contenus culturels par les acteurs de l’IA au nom de la défense du droit d’auteur. Dénoncé par ses opposants comme un bâton tendu dans les roues du champion national Mistral, le texte sera débattu en séance publique le 11 juin prochain.

Le Sénat a voté le 8 avril dernier à l’unanimité la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle ». Le texte, réclamé à cor et à cri par les sociétés de gestion de droits françaises, dispose au travers d’un article unique un principe simple : l’inversion de la charge de la preuve concernant l’utilisation de contenus protégés par le droit d’auteur ou un droit voisin par les éditeurs de systèmes d’intelligence artificielle.

Dit autrement : aujourd’hui, il appartient à l’éditeur ou à l’auteur de démontrer qu’un éditeur d’IA a utilisé son œuvre pour l’entraînement de ses modèles. Demain, si la loi est adoptée, cette utilisation est présumée « dès lors qu’un indice afférent au développement ou au déploiement de ce système ou au résultat généré par celui-ci rend vraisemblable cette utilisation ». La mesure contraindrait, selon les défenseurs du texte, les grands noms de l’IA à passer des accords financiers avec les sociétés d’auteur pour se prémunir d’éventuelles poursuites, et contribuerait donc in fine à rémunérer la création culturelle.

Inversion de la charge de la preuve confirmée en Commission

« Ce ne sera plus au créateur de prouver le moissonnage de son œuvre, mais au fournisseur d’IA de prouver qu’il ne l’a pas utilisée. Notre objectif n’est pas de multiplier les procès, mais d’inciter les acteurs de l’IA à abandonner certains comportements de prédation pour un modèle fondé sur la transparence et la négociation. Aujourd’hui, les créateurs ne négocient pas ; ils subissent », faisait valoir en séance la sénatrice Agnès Evren (LR), auteure de la proposition de loi.

Après le Sénat, le texte a fait ses débuts, mardi 2 juin, à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’un vote organisé à l’échelle de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Les débats s’y sont révélés relativement consensuels, la plupart des groupes représentés estimant, à l’exception du RN, que le texte défendait efficacement le droit d’auteur face au pillage orchestré par les acteurs de l’IA, sans pour autant obérer les chances de développement économique du secteur.

Le député Éric Bothorel (Côtes-d’Armor, Ensemble pour la République) a tout de même défendu un argument demandant la suppression de l’article unique, expliquant que ce dernier allait créer des risques juridiques, et qu’il serait préférable d’opter pour une obligation de transparence inspirée de ce que contient déjà l’article 34 du DSA. Un autre amendement, déposé par Prisca Thevenot (Renaissance, ex porte-parole du gouvernement Attal) proposait d’amoindrir la portée du texte en réduisant le seuil de déclenchement de la présomption d’utilisation. Les deux ont été rejetés, comme les 14 autres déposés, ce qui signifie que l’Assemblée nationale étudiera l’article unique de la proposition de loi tel qu’il est sorti des débats au Sénat. Elle a été placée à l’ordre du jour de la séance publique du 11 juin, et les débats s’y révèleront peut-être moins policés qu’en commission.

L’article unique de la proposition de loi « relative à l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’intelligence artificielle » tel que voté par le Sénat

Il faut sauver le soldat Mistral

Certains ont en effet déjà annoncé leur intention de lutter contre l’adoption du texte au nom de la défense des intérêts français en matière de compétitivité sur le terrain de l’IA. C’est le cas du député Paul Midy (5e circonscription de l’Essonne), qui s’est alarmé publiquement mercredi de l’adoption du texte en commission, y voyant une entrave au développement du champion français du secteur, Mistral AI.

« Dans notre pays, tous les criminels ont le droit à la présomption d’innocence, même les terroristes et les pédophiles. Et les fournisseurs d’IA n’y auraient pas le droit ? On voudrait donc mieux traiter dans ce pays les terroristes et les pédophiles qu’Arthur Mensch ? », écrit le député, qui dit encore voir dans cette loi « un signal particulièrement préoccupant envoyé à l’un des secteurs les plus stratégiques pour l’avenir économique de notre pays ».

Sans même relever la comparaison outrancière osée par Paul Midy, la question de la légalité du renversement de la charge de la preuve a été éclaircie en amont par les défenseurs du texte, qui revendiquent une validation a priori par le Conseil d’État, et font par ailleurs valoir que l’esprit de la proposition de loi s’inscrit dans la lignée des recommandations formulées dans le récent rapport d’Alex Voss voté le 11 mars dernier au Parlement européen qui invite lui aussi à établir une « présomption réfragable ».

Il est en revanche probable que la proposition de loi ne fasse effectivement pas les affaires de Mistral AI et des autres acteurs du secteur. Arthur Mensch, PDG de Mistral, a multiplié les apparitions médiatiques et politiques ces dernières semaines pour dénoncer les risques d’un décrochage européen en matière d’innovation, un risque qu’aggraverait selon lui de nouvelles réglementations. L’entreprise se serait également livrée à un lobbying actif, révèle le Point, en faisant parvenir des argumentaires aux membres de la commission des affaires culturelles.

Certains soutiens du texte estiment par ailleurs que c’est en raison de pressions exercées par les acteurs de la tech que le texte a mis si longtemps à rejoindre formellement l’agenda de l’Assemblée nationale. Son examen n’a en effet pas été retenu par la conférence des présidents de groupe, et c’est via la niche parlementaire du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) qu’il va finalement trouver le chemin de l’hémicycle le 11 juin prochain.

Rappelons que dans le sillage du procès ouvert aux États-Unis contre Meta pour entraînement de ses modèles sur les contenus de la bibliothèque clandestine LibGen, plusieurs articles de Mediapart ont montré ces derniers mois que Mistral AI avait aussi exploité des oeuvres protégées par le droit d’auteur pour l’entraînement de ses modèles.

Quand le New York Times appelle les médias à résister

À lobbying, lobbying et demi. On sait, chez Next, le poids qu’ont pu avoir les sociétés d’auteur lorsqu’il s’est agi de débattre des propositions de loi visant à lutter, au pif, contre le téléchargement illégal. Et en matière de droit d’auteur à l’ère de l’IA, les sociétés d’auteur, syndicats liés à l’édition culturelle et groupements d’éditeur de presse semblent bien décidés à faire front commun. En témoigne la publication, fin avril, d’une tribune cosignée par 81 organisations professionnelles, et que plus de 25 000 internautes auraient également signée (au travers d’un formulaire Google Docs, sic).

Dans le petit Landerneau des médias, le sujet vient de recevoir d’un coup de projecteur particulier. A.G. Sulzberger, le patron du New York Times est en effet intervenu le 1er juin à Marseille, lors du colloque annuel de la WAN-IFRA, l’association internationale des éditeurs de presse, et il a tenu un discours particulièrement vindicatif à l’égard des acteurs de l’IA, qu’il accuse de sciemment piller le monde des médias au risque de compromettre la viabilité à moyen terme des producteurs d’information.

« Leur mainmise sur l’espace public est rendue possible par le péché originel qui anime leurs produits d’IA : un vol éhonté de propriété intellectuelle d’une ampleur sans précédent. Les géants de la tech pillent les sites d’information sans autorisation ni compensation. Ils reconditionnent ces contenus volés sous leur propre marque, s’accaparant ainsi l’audience et les revenus qui, autrement, reviendraient aux organes de presse à l’origine de ces travaux. Et cela se produit non pas une seule fois lors de la phase d’apprentissage, mais d’innombrables fois chaque jour », a notamment déclaré A.G. Sulzberger.

Rappelons que le quotidien s’est engagé dans un long bras de fer juridique avec OpenAI et Microsoft au sujet de l’utilisation non consentie de ses contenus. En France, certains médias ou groupes média ont noué des accords au cas par cas avec certains acteurs de l’IA (Le Monde a par exemple signé avec OpenAI puis avec Perplexity), mais les autres en sont pour l’instant réduits au contentieux. L’Alliance de la presse d’information générale (Apig) et 53 groupes de presse français viennent ainsi d’assigner l’éditeur du navigateur Brave en justice, pour tenter d’obtenir une jurisprudence favorable.

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Foxconn, Thales et Radiall vont créer une usine de semiconducteurs près de Bordeaux

Des SiP au milieu des pins
Foxconn, Thales et Radiall vont créer une usine de semiconducteurs près de Bordeaux

Le Taïwanais Foxconn va s’associer aux Français Thales et Radiall au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia, qui ambitionne de construire une usine dédiée aux semiconducteurs sur la commune du Barp, à 30 km de Bordeaux. Le projet, soutenu par des fonds publics, devrait mobiliser 250 millions d’euros d’investissement.

Le Barp, petite commune du sud de la Gironde, abritait déjà le laser Mégajoule du CEA. Elle pourra bientôt s’enorgueillir d’une usine dédiée aux semiconducteurs, dont la première pierre a été posée lundi 1ᵉʳ juin par les trois entreprises cosignataires du projet : Foxconn, le géant de l’électronique de défense Thales et le spécialiste de l’interconnexion Radiall. Les trois annoncent s’associer au travers d’une coentreprise baptisée Tessalia Technology SAS (qui n’est pas encore immatriculée), « dédiée à l’assemblage et aux tests externalisés de semi-conducteurs ».

Des SiP spécialisés en petites et moyennes séries

De façon plus concrète, l’usine en question devrait se consacrer à la production et aux tests de composants de type System in Package (SiP), avec un objectif de production fixé à 50 millions d’unités par an d’ici 2033. Les puces en question seront destinées « à l’aérospatial, aux infrastructures télécom, à l’automobile, au médical et à l’industrie », affirme Thales.

Des secteurs sensibles, dans lesquels une production maitrisée sur le sol européen constitue désormais un argument concurrentiel, voire stratégique, même si Tessalia restera dépendante d’un approvisionnement en wafers venus de l’étranger.

Un System in Package (SiP) consiste pour mémoire en l’encapsulation, au sein d’un même élément, de plusieurs composants distincts (processeur, mémoire, radio, etc.), qui peuvent émaner de fournisseurs différents, mais doivent être interconnectés de façon plus dense (par wire bonding, par empilement de dies, etc.) que ce que permet le traditionnel assemblage sur un PCB.

C’est dans l’étape de l’emballage (packaging) que réside tout le potentiel du SiP, par opposition au System on Chip (SoC), qui lui intègre toutes les fonctions requises au sein d’un unique die. Et c’est en partie ce qui explique la destination des puces produites par la future usine : « Nous pro­dui­rons des petites et moyennes séries des­ti­nées à des mar­chés très spé­ci­fiques et exi­geants qui demandent per­for­mance, robus­tesse et fia­bi­lité », a déclaré Pierre Gat­taz, le PDG de Radiall, cité par la Tribune.

Les trois partenaires promettent à ce niveau d’exploiter « une technologie d’encapsulation innovante visant à développer des packagings à très haute densité ». Apportée par Foxconn, qui revendique une stratégie d’ancrage local, elle est présentée comme une « rupture en termes de rendements et de compétitivité pour les futurs produits ».

L’usine en question devrait à terme représenter un bâtiment de 10 000 à 15 000 m². Il susciterait la création de 550 emplois directs une fois le régime de croisière atteint (2033), et pourrait donner lieu à des développements futurs. Le site du Barp, opéré par une foncière dépendant de la région Nouvelle-Aquitaine, dispose en effet de réserves qui permettent d’envisager soit de nouveaux bâtiments, soit l’installation de sous-traitants ou de fournisseurs spécialisés.

250 millions d’euros d’investissements… soutenus par des fonds publics

Ce projet d’usine avait pour mémoire été annoncé en mai 2025, à l’occasion du sommet Choose France et ce n’est évidemment pas un hasard si la pose de la première pierre a été organisée le jour même de l’édition 2026 de cet événement consacré à l’attractivité économique du pays.

En 2025, le projet était encore au stade conditionnel, notamment parce que le lieu de son implantation n’avait pas encore été défini. D’après Sud-Ouest, une soixantaine de sites français étaient en concurrence. L’accompagnement, administratif mais aussi financier, des collectivités locales et des pouvoirs publics a donc logiquement joué un rôle dans la sélection de l’emplacement final.

Outre les incitations locales et le soutien financier accordé par l’État, le projet devrait également bénéficier d’aides européennes dans le cadre du Chips Act, dont la version 2.0 sera très prochainement présentée à Bruxelles. Le montant des financements publics pourrait ainsi atteindre 150 millions d’euros, révèle Placéco, sur les quelque 250 millions d’euros de l’enveloppe initiale du projet.

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☕️ Alphabet veut lever 80 milliards : l’IA se finance par dilution même quand on s’appelle Google



Alphabet, maison mère de Google, a annoncé lundi 1ᵉʳ juin son intention de procéder à une levée de fonds en trois temps et à hauteur de 80 milliards de dollars, pour soutenir le développement de ses infrastructures dédiées à l’IA.

La levée de fonds (qui consiste donc à céder ou créer des actions en échange d’argent frais) parait un levier inhabituel pour une entreprise valorisée 4 500 milliards de dollars en bourse, à plus forte raison quand cette dernière a dégagé 174 milliards de dollars de cash flow opérationnel sur l’année 2025. Ce cash flow désigne pour mémoire les liquidités entrées dans les caisses de l’entreprise après paiement de ses charges d’exploitation, mais avant les dépenses d’investissements ou le remboursement de la dette.

Pour Alphabet, elle s’explique cependant simplement : la trajectoire d’investissements envisagée pour les infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle générative est telle (entre 180 et 190 milliards de dollars prévus en 2026) qu’un financement sur fonds propres dégraderait la flexibilité de l’entreprise.

« Cette offre en actions s’inscrit dans le cadre du plan d’Alphabet visant à financer ses investissements de manière équilibrée tout en conservant un bilan sain », résume le groupe dans un communiqué dédié (PDF). Google précise à cette occasion avoir déjà réuni 85 milliards de dollars sous forme de dette (emprunts bancaires) en 2025, portant son encours total à plus de 100 milliards de dollars.

Illustration de Flock sur I/O 2024 axé sur l'IA
Illustration : Flock

La levée de fonds annoncée se décompose en trois tranches : 30 milliards de dollars d’actions dont le fonctionnement se rapproche d’obligations convertibles, 40 milliards d’actions qui seront émises au prix du marché à partir du troisième trimestre 2026 et 10 milliards de dollars de placement privé souscrits par Berkshire Hathaway, la société de gestion historiquement dirigée par Warren Buffet jusqu’en janvier dernier.

Google réaffirme à cette occasion sa confiance dans l’effet positif des développements liés à l’IA sur son activité. « Le chiffre d’affaires a progressé de 63 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, le carnet de commandes ayant quasiment doublé d’un trimestre à l’autre pour atteindre plus de 460 milliards de dollars, dont environ 50 % devraient être comptabilisés en chiffre d’affaires au cours des 24 prochains mois », décrit le groupe.

Rappelons que ses concurrents Microsoft, Amazon, Meta et les spécialistes de l’IA que sont xAI (intégré à SpaceX), OpenAI et Anthropic multiplient eux aussi les manœuvres et les montages complexes pour financer leur course aux datacenters.

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SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

Toujours plus
SoftBank s’engage à investir jusqu’à 75 milliards d’euros pour 5 GW d’infrastructures IA en France

Masayoshi Son, CEO de SoftBank, et Emmanuel Macron ont confirmé lundi l’engagement pris par le groupe japonais de déployer, en France, 45 milliards d’euros fléchés vers la création de trois datacenters dans le Nord de la France. L’enveloppe, annoncée dans le cadre du sommet Choose France, pourrait être portée à 75 milliards d’euros pour un total visé de 5 GW d’infrastructures IA.

Il fallait bien une annonce majeure pour célébrer en fanfare la dernière édition du sommet Choose France de la présidence d’Emmanuel Macron, et c’est finalement du groupe japonais SoftBank qu’elle émane. Son CEO, Masayoshi Son, et le président de la République ont en effet présenté lundi matin, sur le perron de l’Elysée, les contours d’un investissement programmé à hauteur de 45 milliards d’euros d’ici à 2030, susceptible d’être porté à 75 milliards d’euros dans un second temps.

« L’annonce faite par SoftBank est massive et historique, ce sont 45 milliards d’euros d’investissements confirmés que nous avons bâtis en deux mois, grâce à de l’énergie disponible et aussi grâce à toute la mobilisation des collectivités et de RTE », a déclaré Emmanuel Macron, parachevant un plan de communication engagé dès dimanche.

SoftBank a en effet formalisé cet engagement par l’intermédiaire d’un communiqué daté du 31 mai, doublé d’une interview de son CEO dans la Tribune dimanche. La nouvelle a ainsi pu faire la Une de la plupart des journaux lundi matin, et ce alors même que le sommet Choose France ne débute que dans l’après-midi à Versailles.

Masayoshi Son et Emmanuel Macron lundi matin à l’Élysée – capture d’écran Next

45 milliards d’euros confirmés pour trois datacenters

L’engagement financier par SoftBank est effectivement sans précédent. Concrètement, le groupe japonais flèche 45 milliards d’euros vers la création de trois datacenters installés dans les Hauts-de-France, sur des sites déjà identifiés à Dunkerque (Loon-Plage), Bosquel et Bouchain (sur le site d’une ancienne centrale thermique d’EDF), avec une mise en service attendue « entre fin 2029 et mi-2030 » d’après le président de la République.

Les trois centres devraient représenter une puissance électrique combinée de 3,1 GW, dont la destination précise et les modalités d’exploitation n’ont pas, à ce stade, été précisées. SoftBank intervient en effet traditionnellement comme un financier dans les grands projets d’infrastructure (aux côtés notamment d’OpenAI et d’autres acteurs états-uniens du secteur) mais n’a pas nécessairement vocation à opérer directement les centres de données en question.

Deux usines de composants dédiés à l’IA

L’enveloppe prévoit également un volet industriel, avec la création, à Dunkerque, de deux usines dédiées, notamment, à l’équipement de ces futurs datacenters et censées faire appel à de la robotique avancée. L’une, exploitée par SoftBank Group, fabriquera des baies, racks et autres boîtiers (enclosures en VO), tandis que la seconde, opérée par Schneider Electric, intègrera des modules d’alimentation destinées aux infrastructures informatiques. « Ces modules préfabriqués intègrent les technologies basse tension, moyenne tension, énergie sécurisée et refroidissement provenant de plusieurs sites de production de Schneider Electric situés en France et en Europe », précise l’industriel français.

Au-delà de cette première phase d’investissements, « confirmés » selon les mots d’Emmanuel Macron, SoftBank dit envisager de porter son enveloppe totale à 75 milliards d’euros, pour une capacité totale équivalente à une puissance de 5 GW, soit environ cinq tranches de réacteur nucléaire. « D’autres sites ont été identifiés pour permettre d’atteindre les 75 milliards souhaités par SoftBank. Nous avons aussi identifié de nouveaux projets en matière de robotique, mais je n’en dirai pas plus à ce stade », a déclaré le président.

Ajouter de la valeur à l’électricité bas carbone française

Emmanuel Macron a rappelé lundi matin ce qui constitue, selon lui, l’un des principaux vecteurs de l’attractivité de la France en matière de datacenters, à savoir la promesse d’une électricité bas carbone abondante, grâce au nucléaire. « Nous transformons de l’énergie disponible en datacenters et en capacités de calcul, et ce partenariat nous permet d’ajouter encore plus de valeur », a-t-il affirmé, avant de souligner que la France devenait de ce fait l’une des premières destinations mondiales pour SoftBank en matière d’investissements. Un propos repris par Masayoshi Son, selon qui le développement d’infrastructures dédiées à l’IA relève d’une « question de sécurité nationale ». « L’Europe et l’Asie ne peuvent pas rester derrière les États-Unis et la Chine », a-t-il fait valoir. Reste à voir à qui profiteront les centres de données financés par SoftBank et alimentés par cette électricité française.

Avec ces 45 milliards d’euros programmés, SoftBank devrait représenter la moitié des investissements annoncés lundi dans le cadre du sommet Choose France. Emmanuel Macron a indiqué que 71 projets représentant 93 milliards d’euros avaient été identifiés. Dans le lot figurent des projets liés aux semiconducteurs (dont une usine conjointe Thales et Foxconn au Barp, en Gironde) à l’électrification des camions (Scania à Angers), aux matériaux critiques et à la santé.

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☕️ Paint.NET dispose enfin du domaine paint.net



Après 22 ans passés à développer Paint.NET, on imagine la satisfaction de Rick Brewster, son principal artisan. Celui-ci vient en effet de mettre la main sur le nom de domaine paint.net, lequel pointera bientôt vers le site dédié à ce célèbre logiciel de retouche photo gratuit (aujourd’hui hébergé à l’adresse getpaint.net).

Même si Paint.NET tire son nom de l’environnement .NET de Microsoft (et non de l’extension de nom de domaine .net), l’obtention de cette adresse revêt une portée symbolique évidente pour Brewster, qui raconte, dans un thread Bluesky, avoir cherché à l’obtenir dès les débuts de l’aventure : « J’essaie d’obtenir ce nom de domaine depuis 22 ans. C’est un truc de dingue. »

Sans surprise, il explique que les anciens propriétaires du nom de domaine en voulaient une somme qu’il ne pouvait pas se permettre. Les noms de domaine composés d’un mot très générique comme « paint » (peinture en anglais) associé à un domaine de premier niveau ancien et populaire comme .net sont en effet particulièrement recherchés, et s’échangent souvent à prix d’or.

C’est en définitive l’appétit du dernier propriétaire en date qui fera basculer la situation. « Finalement, en décembre, le dernier propriétaire (enfin, l’ancien 😂) a commencé à héberger du contenu entièrement consacré à Paint.NET, tentant de tromper les utilisateurs en leur faisant croire qu’il s’agissait du site officiel. Liens brisés, publicités, etc. Ils tiraient profit de ma marque déposée », décrit Rick Brewster.

La Wayback machine confirme que l’ancien propriétaire du domaine a tenté une démarche de référencement parasite – capture d’écran

« Et c’est ainsi que l’affaire est devenue une preuve flagrante de contrefaçon de marque et d’accaparement de nom de domaine. Grâce à un avocat, j’ai récupéré le nom de domaine », poursuit l’auteur de Paint.NET, qui promet que le site actuel du logiciel basculera vers sa nouvelle adresse dans les prochains jours. Le logiciel, passé dans sa branche 5.x en 2023, est actuellement disponible en version 5.1.12.

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