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☕️ La France bloque l’accès à Polymarket



Polymarket est désormais bloqué en France. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a mis en œuvre son pouvoir de blocage administratif (1 290 URL géobloquées l’an dernier). Le régulateur a ordonné ce jeudi 16 juillet aux fournisseurs d’accès d’empêcher l’accès au site de paris qui « fait la promotion d’une offre illégale de jeux d’argent et de hasard ». Le message qui apparait désormais sur le site est très clair :

« Les sites illégaux sont dangereux. Ainsi, contrairement aux opérateurs légalement autorisés par l’ANJ, les personnes qui exploitent ou font la promotion de ces sites ne sont soumis à aucune obligation de protection des personnes vulnérables, de garantie de paiement des joueurs et de traitement des données à caractère personnel (captation de données d’identité et bancaires). »

En novembre 2024, l’ANJ avait envoyé une mise en demeure à Adventure One, l’éditeur de droit panaméen qui opère le site de paris, pour qu’il mette en œuvre le géoblocage de toutes transactions financières sur ses offres.

Mais voilà : La page d’accueil du site, qui affiche les cotes associées à différents événements susceptibles de faire l’objet de paris, constitue un « vecteur majeur de diffusion et de promotion des offres » de Polymarket… dont l’activité n’est pas autorisée dans l’Hexagone. Or, quiconque fait la publicité d’une offre liée à un site de paris ou de jeux d’argent ou de hasard non autorisé – un délit pénal – peut être puni d’une amende de 100 000 euros.

L’Autorité a ainsi comptabilisé 205 057 visiteurs uniques pour 578 751 visites provenant du territoire français en juin dernier. Le blocage est donc renforcé depuis hier, via les FAI.

En pratique, ces paris peuvent donner lieu à des « contournements », prévient le régulateur. Il en veut pour preuve l’enquête ouverte début mai par le parquet de Paris sur des paris météo révélant que des capteurs situés à l’aéroport de Roissy ont pu être piratés. Une affaire qui indique l’absence sur Polymarket de dispositif d’identification des utilisateurs pour s’assurer de leur probité.

Déjà en février, l’Autorité avait rappelé que ces sites de « prédiction » n’étaient pas autorisés en France (c’est aussi le cas de Kalshi). Ces plateformes exposent également leurs utilisateurs à « de nombreux risques (addiction, intégrité, etc.) en l’absence de régulation ». En mai, l’Espagne a bloqué Polymarket et Kalshi.

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☕️ Transparence, accès aux données : Bruxelles valide le plan de X pour se conformer au DSA



Le réseau social X (anciennement Twitter) va pouvoir mettre en œuvre son plan de conformité pour améliorer l’accès de ses données aux chercheurs et la transparence des publicités. La Commission européenne avait infligé à l’entreprise d’Elon Musk une amende en décembre dernier, assortie d’une obligation de changements.

La première décision de non-conformité avec le règlement sur les services numériques (DSA) a concerné X. En décembre dernier, le réseau social a écopé d’une amende de 120 millions d’euros, ce qui n’avait pas manqué de provoquer la colère d’Elon Musk et de la Maison Blanche.

Parmi les griefs de la Commission européenne : le manque de transparence dans le référentiel des publicités sur X, un outil censé éclairer les utilisateurs sur le ciblage publicitaire, ainsi que la difficulté pour les chercheurs d’accéder aux données publiques de la plateforme. X a eu 90 jours pour proposer un plan de conformité, qui a été livré en temps et en heure.

Illustration : Flock

Ce plan a été validé par Bruxelles. Le réseau social a désormais six mois pour l’implémenter. Concernant le registre publicitaire, X s’est engagé à améliorer les fonctions de recherche en ajoutant de nouveaux filtres, à afficher les résultats dans l’interface plutôt que de les fournir dans des fichiers Excel, à accélérer le temps de réponse du registre (il pouvait mettre jusqu’à 200 secondes pour répondre). 

L’entreprise va également fournir davantage d’informations sur les publicités (contenu intégral et URL vers lesquelles elles redirigent les utilisateurs), et concevoir une API pour accéder au registre facilement. Pour les chercheurs, X va revoir et améliorer la procédure d’examen des demandes d’accès aux données publiques, accorder gratuitement l’accès aux données aux chercheurs éligibles, et garantir un accès dans des délais raisonnables.

Autre engagement vis-à-vis des chercheurs : réduire sensiblement le temps de traitement des demandes (en évitant par exemple les échanges inutiles avec les candidats), et modifier les conditions générales pour préciser explicitement que les chercheurs éligibles ne sont pas contractuellement empêchés de collecter automatiquement des données accessibles au public.

Toutes ces modifications feront l’objet d’un audit externe et indépendant, aux frais de X. Ce rapport sera transmis dans les six mois suivant la mise en œuvre des mesures. Ces dernières « constituent une étape importante pour permettre aux chercheurs, à la société civile et au grand public de mieux comprendre le fonctionnement des systèmes de X », se réjouit la Commission.

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☕️ La Chine veut empêcher les humains de tomber amoureux des IA



La Chine vient de serrer la vis très fort sur les compagnons IA. Depuis cette semaine, de nouvelles règles interdisent à ces chatbots d’entretenir l’illusion d’une relation poussée avec leur utilisateur. Un problème plus important qu’il n’y parait.

Les services de compagnonnage IA ont poussé comme des champignons depuis l’avènement de l’intelligence artificielle générative. La technologie a fait des progrès tels que ces chatbots peuvent (presque) donner l’illusion de l’humanité. Et le marché est énorme : une étude d’Appfigures remontant à 2025 estimait que ces services généreraient plus de 120 millions de dollars sur l’ensemble de l’année. Le rapport dénombrait à l’époque 337 apps de compagnons IA actives pour 220 millions de téléchargements cumulés.

Il est donc évident qu’il existe ici des besoins pour combler la sécheresse émotionnelle que peuvent ressentir de nombreuses personnes. Quitte à aller trop loin parfois : aux États-Unis, la FTC (le régulateur de la concurrence) a ainsi demandé aux principaux acteurs du secteur des explications sur l’encadrement de leurs chatbots, en particulier auprès des plus jeunes.

Depuis le 1er janvier, la Californie impose à ces fournisseurs plusieurs garde-fous, notamment des messages d’avertissement rappelant clairement aux utilisateurs qu’ils interagissent avec une intelligence artificielle.

La Chine a décidé d’aller un cran plus loin. Depuis ce mercredi 15 juillet, les autorités encadrent très sévèrement les chatbots conçus pour simuler une relation affective. Ces règles concernent les services qui imitent une personnalité humaine pour fournir de la compagnie, du soutien émotionnel ou une relation virtuelle. Les assistants professionnels, éducatifs ou destinés au service client en sont en principe exclus.

Les entreprises à l’origine de ces chatbots – dont Alibaba et ByteDance, qui ont désactivé certaines fonctions – ne doivent plus chercher à rendre l’utilisateur dépendant, à remplacer ses relations sociales ou à prolonger artificiellement la conversation quand il souhaite partir. Elles doivent aussi évaluer l’état émotionnel et le degré de dépendance des utilisateurs, et prévoir des procédures d’intervention.

Les règles sont encore plus strictes pour les mineurs. Ainsi, il est interdit de leur proposer des « partenaires » ou des « membres de la famille » virtuels. Le consentement parental est exigé pour les moins de 14 ans. Les parents peuvent bloquer certains personnages ou des achats, et recevoir des alertes.

En cas de détresse grave, la législation prévoit une intervention humaine et, dans certaines situations, d’alerter un proche ou un responsable désigné. Il s’agit pour Pékin de prévenir la dépendance, les manipulations émotionnelles et les risques psychologiques.

Un expert interrogé par le Wall Street Journal fait le lien entre la natalité déclinante en Chine et les craintes des autorités de voir les compagnons IA détourner leurs utilisateurs des (vraies) relations amoureuses, du mariage, et d’une potentielle progéniture. Le texte ne le dit pas comme ça, mais des réglementations locales sur la sécurité de l’IA citent les effets de cette technologie sur la conception de la famille, de la fécondité, et en bout de course, de la société.

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Un consortium franco-canadien reprend Micromania

Micromania de nouveau sur la carte
Un consortium franco-canadien reprend Micromania

Alors que Sony vient de planter un nouveau clou dans le cercueil des supports physiques de jeux vidéo, est-il bien malin de racheter une enseigne spécialisée dans la vente de… jeux vidéo ? C’est le pari d’un consortium franco-canadien qui s’offre Micromania. Avec la ferme intention de relancer des magasins en perte de vitesse.

Avec un réseau de plus de 300 magasins en France, Micromania demeure une enseigne incontournable pour tous les joueurs, mais évidemment les grandes heures du jeu physique sont loin derrière nous. Et ça ne va pas s’arranger, avec l’annonce retentissante de Sony qui a décidé d’arrêter les supports physiques pour les jeux PlayStation en janvier 2028.

Micromania n’a pas attendu l’annonce du constructeur pour diversifier ses rayons. On y trouve toujours des boîtes de jeux (nouveautés et occasion), mais aussi et surtout des produits dérivés, des figurines et des cartes à collectionner. En 2015, Micromania ouvrait la première boutique de sa nouvelle enseigne Zing Pop Culture, qui a fini par fusionner avec Micromania (rebaptisé Micromania Zing) deux ans plus tard.

Le géant américain GameStop (EB Games), qui avait mis la main sur Micromania en 2008 pour 500 millions d’euros, n’est plus, depuis des années, que l’ombre de ce qu’il a été. Il a mis en vente Micromania l’an dernier, ainsi que sa filiale canadienne. Cette dernière a rapidement trouvé preneur : l’entrepreneur Stephan Tétrault a relancé l’enseigne sous le nom EB Games Canada, celui porté par l’enseigne avant son acquisition par GameStop en 2021.

Nouvelle aventure pour Micromania

Le groupe Tétrault, qui possède la marque de figurines McFarlane Toys, fait partie d’un consortium franco-québécois venant d’acheter Micromania. On trouve parmi eux Jean-François Chenail, actionnaire d’EB Games Canada et son groupe, JAMS Venture Capital, ainsi que Cobico International, propriétaire de la société Gipsy Toys. Spécialisée dans les peluches, elle a notamment réalisé les mascottes Phryges des JO de Paris.

Avec un tel pedigree, il n’est pas très compliqué de deviner ce que ce consortium veut faire de Micromania. L’enseigne va rester solidement ancrée dans le business des produits dérivés et des cartes à collectionner, tout en conservant son activité tournant autour du jeu vidéo. Il s’agit en fait de calquer la recette de la relance d’EB Games, qui a permis à l’enseigne (forte de 185 magasins au Canada) d’enregistrer une hausse de près de 75 % des ventes de produits dérivés et de cartes l’an dernier. 95 % des boutiques seraient également bénéficiaires.

« Lorsque nous avons acquis EB Games Canada, notre première décision a été de redonner à l’entreprise une identité qui lui ressemblait davantage en ramenant la bannière EB Games », expliquent Stephan Tétrault et Jean-François Chenail. « Nous croyons que les grandes marques possèdent une histoire, une personnalité et une relation particulière avec leurs communautés. C’est cette même philosophie qui nous anime aujourd’hui avec Micromania. »

Des jeux… et surtout des produits dérivés

La feuille de route du nouveau Micromania va donc s’articuler autour de ces produits à forte marge, tout en réinventant « l’expérience magasin » – l’ouverture d’un nouveau magasin flagship proche de Paris est prévue dès le mois d’octobre. Les nouveaux propriétaires veulent également développer le marketing, améliorer « l’excellence opérationnelle », développer plus fortement le site internet et « créer une division événements pour développer des animations fortes dans les magasins ».

« C’est un immense privilège d’écrire le prochain chapitre de l’histoire de Micromania », se réjouit Stephan Tétrault. Le communiqué ne précise pas si des magasins vont fermer, ou si un éventuel plan social est à l’étude. « Nous arrivons avec énormément de respect pour les équipes qui ont bâti cette enseigne depuis plus de quarante ans », rassure le dirigeant. « Notre objectif n’est pas de changer son identité, mais bel et bien de conserver la marque Micromania et lui redonner toute sa force en revenant à ce qui a toujours fait son succès : des passionnés au service des passionnés. »

Le projet « demandera du travail et du temps », admet-il aussi. Sans attendre, le groupe annonce d’ores et déjà l’installation de distributeurs de cartes à collectionner dans une trentaine de centres commerciaux.

Quant à l’avenir du support physiques pour les jeux dans les boutiques « de brique et de mortier », il est « totalement sans importance », a affirmé Ryan Cohen, le directeur général de GameStop – l’ancien proprio de Micromania. « Le logiciel… c’était important autrefois », a-t-il expliqué à Bloomberg. « Aujourd’hui, [cela] représente moins de 12 % de l’activité, tandis que les produits dérivés en constituent plus de la moitié. » Un constat brut de fonderie, mais pragmatique. Et qui s’applique sans doute aussi à Micromania.

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☕️ La vérification d’âge fait décoller l’usage des VPN au Royaume-Uni



Les législations interdisant l’accès des sites pornos aux mineurs sont une mine d’or pour les VPN. L’Ofcom, le régulateur britannique du numérique, a ainsi constaté une forte augmentation du nombre d’utilisateurs de ces services outre Manche – et pour cause, ils permettent de contourner les dispositifs de vérification de l’âge, même si ce n’est pas leur vocation première.

Illustration : Flock

Depuis janvier 2025, en vertu de l’Online Safety Act, les sites pornographiques doivent mettre en place des systèmes de vérification de l’âge pour empêcher les mineurs d’accéder à leurs contenus. Une obligation élargie en juillet de la même année aux plateformes hébergeant du contenu pour adultes. Le mois suivant, 41 des 100 principaux sites pornos avaient mis en œuvre un tel dispositif.

Dans un bilan d’étape publié le 15 juillet (PDF), l’Ofcom fait le point sur l’utilisation et l’efficacité des dispositifs de vérification de l’âge. Son bilan s’appuie sur les six premiers mois d’application des obligations de protection pour les mineurs. Il analyse les pratiques de 32 sites pornographiques, réseaux sociaux et sites de rencontres.

Le régulateur a comptabilisé 2,2 millions d’utilisateurs quotidiens de VPN après l’entrée en vigueur des contrôles d’âge. Soit 1 million de plus qu’avant le 25 juillet 2025 (+ 83 %). L’Ofcom ne peut pas déterminer quelle part de cette progression est liée au contournement des vérifications de l’âge. Néanmoins, difficile de ne pas y voir une relation de cause à effet.

Pour vérifier son âge en ligne, il faut fournir une pièce d’identité ou des coordonnées bancaires, ce que tous les internautes ne sont pas nécessairement enclins à faire. Confier ces données personnelles aux plateformes ou à des services de vérification tiers peut se révéler problématique en cas de fuite de données. D’ailleurs, 38 % des jeunes utilisateurs de VPN invoquent la sécurité en ligne et la protection de leur vie privée.

Toujours selon le rapport, 25 % des Britanniques de 11 à 17 ans avaient utilisé un VPN aux cours des six mois précédant l’enquête menée en mars dernier. Une proportion qui monte à 31 % chez les 16 - 17 ans, contre 16 % chez les 11 - 12 ans. 5 % des mineurs interrogés par l’Ofcom disent avoir utilisé un VPN durant les six derniers mois pour accéder à du contenu destiné à des adultes, ou à des fonctions soumises à une limite d’âge.

Au milieu d’autres propositions plus ou moins radicales, Londres pourrait imposer un âge minimum pour pouvoir utiliser un VPN.

Le régulateur indique aussi que 8 % des jeunes internautes de 8 à 14 ans ont visité un site porno sur un mois. La moitié de ces enfants n’ont visité que des sites dotés d’un système de vérification de l’âge, sans préciser s’ils avaient franchi ce contrôle ou accédé à du contenu.

62 % des enfants ayant visité un site pornographique avaient utilisé un moteur de recherche juste avant au moins une de ces visites, ce qui traduit une démarche volontaire plutôt qu’une découverte accidentelle, estime l’Ofcom. Les moteurs de recherche représentent environ 30 % de l’ensemble des points d’entrée vers ces sites. Google et Microsoft (Bing) ont accepté de travailler avec le régulateur pour développer des solutions concrètes afin de limiter la découverte de ce type de contenus.

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☕️ OnePlus quitte l’Europe et les États-Unis



L’aventure européenne et américaine de OnePlus a pris fin. Après des mois de rumeurs, la marque cesse de lancer de nouveaux produits sur ces marchés, se contentant de la Chine. La maison mère Oppo assure néanmoins que les appareils OnePlus en circulation continueront de recevoir des mises à jour logicielles, et que les garanties seront honorées.

Le OnePlus 15.

Fin de partie pour OnePlus en Europe et aux États-Unis. Le constructeur chinois de smartphones a annoncé une forte réduction de voilure, qui était attendue depuis un moment. Les nouveautés de la marque ne seront plus commercialisées sur ces marchés, mais le support après-vente reste en place, ainsi que la livraison de mises à jour logicielles.

Le service client reste « ouvert et réactif », conformément aux obligations de garantie et d’assistance. Les smartphones compatibles recevront ColorOS 17, la surcouche Android développée par Oppo, le propriétaire de OnePlus. Oppo et OnePlus ont commencé à se rapprocher en 2021, avec la fusion d’OxygenOS (la surcouche OnePlus) avec ColorOS. Néanmoins, les deux entreprises continuaient de vivre l’une à côté de l’autre, avec une base de code commune.

Aucune raison n’a été donnée pour expliquer ce retrait des marchés occidentaux. Bloomberg rapporte néanmoins que l’activité smartphones d’Oppo fait face à de sérieuses difficultés financières aux États-Unis, en Europe et en Inde. Sans oublier les préoccupations géopolitiques outre Atlantique.

Dans le cadre de cette restructuration, OnePlus devrait se recentrer sur son marché domestique chinois tandis que Realme, autre marque du groupe, pourrait de son côté se focaliser sur les marchés nordiques (Suède, Finlande, Norvège, Danemark) où elle rencontre davantage de succès. 

OnePlus s’est lancée fin 2013. Emmené par Pete Lou, transfuge d’Oppo et Carl Pei – qui a depuis fondé Nothing –, le constructeur s’est rapidement bâti une belle réputation auprès des utilisateurs Android, avec des modèles au bon rapport qualité/prix. Le slogan de la marque, « Never Settle » (quelque chose comme « Toujours viser plus haut ») figure ironiquement dans l’annonce de la fin d’activité.

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Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

Opération portes ouvertes
Bruxelles impose à Google d’ouvrir Android aux assistants IA et ses données de recherche

Bruxelles fixe les nouvelles règles que devra respecter Google en vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA). Au menu : d’importants changements pour ouvrir Android aux assistants IA et aux moteurs de recherche rivaux.

La Commission européenne vient de préciser comment Google doit appliquer deux obligations inscrites dans le DMA (l’entreprise étant un contrôleur d’accès). Ce n’est pas une sanction ni une nouvelle enquête pour infraction, mais de nouvelles règles à suivre, suite à une enquête lancée en janvier.

« Nous voulons soutenir l’innovation et la diversité dans l’Union européenne, en permettant une concurrence équitable sur les marchés des assistants d’IA destinés aux appareils Android et des moteurs de recherche », explique Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la Souveraineté technologique. « Nous espérons voir émerger des solutions alternatives à Google Search et aux services d’IA de Google, comme Gemini, et offrir aux utilisateurs européens un plus grand choix de services. »

Des données Google pour les moteurs de recherche

À compter de janvier prochain, Google va devoir partager davantage de données de recherche avec les moteurs rivaux. La Commission exige en effet que les données produites par la recherche de Google (les requêtes, les clics et autres signaux) soient accessibles à la concurrence, qui a besoin de ces informations pour entraîner et optimiser leurs propres services.

Au vu du poids énorme de Google sur le marché de la recherche en ligne (90 % en Europe), c’est le seul acteur capable de recueillir autant de données à une si grande échelle. L’entreprise américaine devra donc mettre à disposition ce trésor d’informations aux moteurs de recherche classiques, ainsi qu’aux chatbots et autres agents IA qui intègrent une fonction de recherche en ligne.

Google aura la possibilité de refuser un demandeur s’il représente un risque grave pour la sécurité des données personnelles. Des données qui seront anonymisées à plusieurs niveaux. Bruxelles trace une autre ligne rouge : pas question d’exploiter ces données pour entraîner des modèles d’IA ou améliorer des services n’entretenant aucun lien avec la recherche en ligne (comme le profilage des internautes ou la publicité ciblée).

Il ne s’agit pas non plus de créer un clone de Google, en reproduisant ses résultats de recherche. Tout cela ne sera cependant pas gratuit : Google pourra facturer cet accès, en fonction d’une formule « équitable ».

Cet accès aux données de Google devrait améliorer la qualité des services des moteurs de recherche (on songe à Qwant ou Ecosia), par exemple dans la compréhension des requêtes, avec des propositions de saisie semi-automatique performantes ou des requêtes associées. Les systèmes de classement devraient aussi bénéficier des données du leader du secteur. La Commission espère aussi une amélioration de l’indexation : « Le jeu de données [de Google] peut aider ses bénéficiaires à déterminer quels sites doivent être indexés en priorité. »

La Commission espère ainsi favoriser l’émergence d’une offre diversifiée. « Les utilisateurs pourront ainsi privilégier les services correspondant à leurs préférences, qu’ils mettent l’accent sur la protection de la vie privée, la durabilité, des causes sociales ou qu’ils associent recherche et intelligence artificielle », précise l’exécutif.

La question de l’anonymisation des données a alimenté les débats entre Google et Bruxelles. Les mesures techniques ont été développées avec des experts en interne et externe, et suivent les bonnes pratiques de l’anonymisation. Plusieurs rounds de tests ont été réalisés avec Google. En avril, durant une de ces réunions, un chercheur de l’entreprise avait montré qu’il était possible d’identifier des utilisateurs à partir de données anonymisées, en quelques heures, comme le rapportait Politico.

Plusieurs recherches à la suite peuvent révéler une maladie, une adresse, un emploi, un déplacement ou d’autres éléments personnels, même lorsque le nom et l’adresse IP ont été supprimés. Une fois ces données transmises à des tiers, Google ne peut plus contrôler l’usage qui en sera fait, ni les fuites éventuelles. Un argument battu en brèche par des concurrents qui parlent d’instrumentalisation d’un risque pour limiter ou retarder la mise en œuvre d’une obligation qui menace l’avantage concurrentiel de Google.

Par ailleurs, ces données ne seront pas en accès libre : il faudra montrer patte blanche. Seuls les moteurs de recherche et les chatbots intégrant une telle fonction et jugés fiables pourront l’obtenir. Comme on l’a dit, Google pourra écarter les entreprises considérées comme risquées au regard du droit européen (entités sanctionnées ou contrôlées par certains pays tiers ou ne disposant pas de garanties suffisantes pour traiter des données sensibles) ; les demandeurs devront également respecter les règles du RGPD sur les transferts internationaux de données.

Les assistants IA traités comme Gemini

Deuxième gros chantier pour Google : l’ouverture plus large d’Android aux assistants IA. Actuellement, Gemini a un accès privilégié aux fonctions bas niveau du système d’exploitation. Les possibilités sont plus limitées pour les concurrents. Google devra leur ouvrir la porte.

Bruxelles compte 11 fonctions Android, dont l’accès permettra aux utilisateurs d’activer par la voix l’assistant de leur choix (à la manière de « Hey Google »). Les rivaux de Gemini seront en mesure d’effectuer plusieurs actions à la chaîne, par exemple rédiger et envoyer un courriel avec l’app de messagerie de leur choix ; d’automatiser certaines tâches comme la commande d’un repas (ouvrir l’app de livraison, sélectionner le menu désiré, renseigner les informations de livraison) ; de recevoir automatiquement des suggestions utiles ou des informations pertinentes dans les applications, sans que l’utilisateur ait besoin de les demander.

Image : Commission européenne

La plupart de ces fonctions devront être disponibles avec la prochaine révision majeure d’Android (Android 18), ou au plus tard le 1ᵉʳ août 2027. Seule exception : l’invocation par la voix devra être implémentée dans Android 19, ou le 1ᵉʳ août 2028 au plus tard. La Commission avait envoyé ses conclusions préliminaires fin avril.

« Les décisions prises aujourd’hui risquent d’affaiblir des garde-fous essentiels en matière de confidentialité et de sécurité pour des millions d’Européens », affirme Kent Walker, directeur juridique de Google. Il déplore que la Commission n’ait pas pris en compte les « nombreux éléments montrant les préjudices potentiels pour les utilisateurs ».

La décision concernant l’ouverture des assistants IA « menace la sécurité des appareils en accordant à des applications externes des autorisations sensibles et étendues, sans ces garde-fous », indique-t-il encore, alors que « les assistants d’IA peuvent déjà accéder de manière sécurisée aux fonctionnalités d’Android, les fabricants de smartphones jouant un rôle essentiel dans leur évaluation ».

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Les datacenters IA, un sujet électoral incontournable aux États-Unis

Le courant passe mal dans les urnes
Les datacenters IA, un sujet électoral incontournable aux États-Unis

L’État de New York a mis en place un moratoire pour interdire la construction de datacenters. Un signe supplémentaire de l’opposition grandissante des Américains à l’installation de ces infrastructures énergivores près de chez eux.

« Le progrès ne devrait pas s’accompagner d’une hausse de la facture d’énergie, d’une réduction de l’approvisionnement en eau ou de nuisances sonores », a affirmé Kathy Hochul, la gouverneure de l’État de New York, en signant un décret imposant le moratoire interdisant pendant un an la construction d’un datacenter dans l’État. Une première aux États-Unis.

Dans le détail, ce moratoire suspend la délivrance d’autorisations pour les nouveaux centres de données ; il charge les autorités de mettre au point des normes portant sur les conséquences de ces infrastructures sur l’environnement, la consommation d’eau et d’énergie. L’État de New York n’étant pas la destination première pour les constructeurs de datacenters, l’impact du décret devrait être assez modeste.

Un des lobbys du secteur, la Data Center Coalition, déplore tout de même chez AP un moratoire qui garantira que les investissements, les emplois et l’activité économique liés à la construction et à la production « iront ailleurs qu’à New York, avec des répercussions qui dépasseront largement le seul secteur des centres de données ».

Les datacenters font l’unanimité contre eux

Des moratoires du même genre sont en discussion dans une dizaine d’États américains, mais aucun n’est allé aussi loin que New York. Il y a néanmoins des comtés et des municipalités qui ont imposé leurs propres interdictions. Les considérations politiques ont aussi leur place : la démocrate Kathy Hochul va se représenter l’année prochaine et les datacenters n’ont pas la cote chez de plus en plus d’électeurs.

Les élections de mi-mandat (midterms) sont également en approche : le 3 novembre, les électeurs devront notamment renouveler la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, sans oublier de nombreux scrutins locaux. Plusieurs primaires désignant les candidats du Parti républicain pour des élections locales et régionales ont montré que même les supporters de Donald Trump ne sont forcément fans des datacenters.


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☕️ Suno a aspiré des millions de chansons pour entraîner son IA



Suno, la start-up spécialisée dans la génération de musique par IA, ne fait plus mystère de la provenance de ses données d’entraînement : elle a moissonné « pratiquement tous les fichiers musicaux de qualité raisonnable accessibles sur l’internet ouvert ». L’entreprise l’avait admis en 2024, à l’occasion d’une procédure en justice menée aux États-Unis par l’industrie du disque. On ignorait en revanche l’ampleur de cet « emprunt ».

Illustration : Flock

Un hacker a partagé avec 404media des données internes de Suno qui détaillent la manière dont l’entreprise a constitué ses bases de données. Elle a en fait mangé à tous les râteliers : YouTube Music, Deezer, Genius, Pond5, Jamendo, Freesound ou encore IMSLP. Les volumes sont considérables : il y a par exemple plus de deux millions d’extraits provenant de YouTube Music, ou encore des dizaines de milliers d’heures issues du catalogue de Deezer.

Le code subtilisé par le pirate montre aussi que Suno cherchait spécifiquement des versions a cappella sur YouTube, probablement pour mieux isoler et analyser les voix. Pour mener ses opérations à grande échelle, la start-up aurait fait appel aux infrastructures de Bright Data, spécialiste de la collecte automatisée de données.

Les documents et données présentés par le hacker semblent confirmer les accusations des maisons de disques selon lesquelles Suno aurait pillé absolument tout ce qu’il était possible de voler, sans s’occuper de la légalité du procédé. Le puissant lobby musical américain RIAA soutenait ainsi que Suno avait procédé à de l’extraction directe de fichiers audio depuis YouTube, en contournant les mécanismes anti-copie de la plateforme.

« Comme nous l’avons indiqué dans des documents publics, les modèles d’IA de Suno ont été entraînés à partir de fichiers musicaux accessibles au public et de métadonnées associées, disponibles sur des sites tiers sur l’internet ouvert », a expliqué un porte-parole à 404media. Son moissonnage du « web ouvert » s’arrête aux paywalls et aux protections par mot de passe, assurait aussi l’entreprise durant une procédure judiciaire.

Elle reprend aussi la défense classique des labos IA qui affirment que l’entraînement de leurs modèles relève du « fair use », l’exception américaine au droit d’auteur. Ce piratage pourrait en tout cas renforcer les arguments des ayants droit, en particulier s’il est prouvé que la jeune pousse a contourné des verrous techniques, siphonné des catalogues commerciaux ou enfreint les conditions d’utilisation des plateformes.

Le pirate explique également avoir eu accès aux coordonnées de centaines de milliers de clients de Suno, ainsi qu’à des informations liées à des paiements Stripe en pénétrant les systèmes de la société avec les identifiants compromis d’un salarié. L’entreprise a reconnu un incident survenu en novembre dernier, mais elle assure qu’aucune information personnelle sensible n’a été compromise. Elle indique également n’avoir aucun accès aux numéros complets des cartes bancaires stockées par Stripe.

Sur le front judiciaire, l’horizon s’est éclairci pour Suno, qui a signé en novembre dernier un accord avec Warner. Cela va lui permettre d’utiliser le catalogue de la major.

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☕️ La publicité se rapproche de l’application Plans d’Apple



Même si elle se fait attendre, il y aura bien de la publicité dans Plans d’Apple. La « fonction » a été annoncée en mars, et depuis aucun panneau n’est venu polluer l’application. Pas de panique, ça va venir.

Les fins de mois sont difficiles pour Apple, qui doit trouver de nouveaux moyens de redonner un peu de pep’s à des marges entamées par l’explosion des prix de la mémoire. Pourquoi ne pas demander un coup de main aux utilisateurs d’iPhone ? Eux qui ont déjà dépensé plus de 1 000 euros (parfois bien davantage) pour leur smartphone, seront probablement ravis de soutenir la PME cupertinienne en lui offrant un peu de leur temps de cerveau disponible.

Les utilisateurs de smartphones et de tablettes Apple subissent déjà de la publicité dans l’App Store. Ils devront bientôt l’endurer aussi dans l’app Plans. L’annonce remonte au mois de mars, mais depuis Apple n’avait pas donné de nouvelles. Le constructeur prépare le terrain, au travers d’une nouvelle politique applicable aux annonceurs et à leurs agences.

Image : Apple

Dans l’application de cartographie, les annonceurs peuvent promouvoir une entreprise, un produit ou un service, en respectant des règles et consignes parfois étonnantes. Ainsi des services à domicile : les plombiers, électriciens, serruriers, chauffagistes, spécialistes de la climatisation et de la lutte contre les parasites n’ont pas le droit de faire de la pub dans Plans. Ils pourront toujours en faire dans Google Maps.

Les services de caution judiciaire et les distributeurs automatiques de cryptomonnaies sont soumis à la même règle d’airain d’Apple. L’entreprise bannit les publicités politiques, les réclames pour les armes, le tabac, les drogues récréatives, les produits contrefaits, ainsi que les contenus violents ou sexuellement explicites, et bien sûr les services ou produits illégaux.

Les publicités pour des services médicaux seront examinées individuellement. Apple laissera passer les services financiers, les jeux d’argent, l’alcool ou les concours, bien sûr dans les pays où ils sont autorisés. Celles concernant des produits concurrents seront traitées au cas par cas. La publication de cette politique précède sans aucun doute le lancement à proprement parler, qui débutera dans le courant de l’été aux États-Unis et au Canada.

Dans Plans, les publicités apparaitront dans les « lieux suggérés », ainsi que dans les résultats d’une recherche. Il y a tout lieu de craindre un déploiement plus large : dans l’App Store, Apple avait commencé discrètement avec un bandeau dans le moteur de recherche. Depuis, on en trouve disséminées un peu partout.

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☕️ WhatsApp veut sauvegarder les conversations sans passer par Google Drive ou iCloud



WhatsApp travaille sur un système de sauvegarde en ligne des conversations sur ses propres serveurs, avec chiffrement de bout en bout. Et ce, aussi bien sur Android que sur iOS. Un moyen de libérer de l’espace dans Google Drive et iCloud, et d’imaginer des restaurations entre les deux plateformes.

Jusqu’à présent, la sauvegarde des conversations de WhatsApp se déroule soit dans Google Drive (sur Android), ou iCloud (sur iOS). Une solution simple, mais qui se heurte souvent aux limites de l’enveloppe de stockage des deux services : 15 Go pour le premier, 5 Go pour le second. Et cet espace est partagé avec d’autres données et documents.

Les utilisateurs de WhatsApp friands de partage de photos, de vidéos et de lourds fichiers frappent assez vite ce plafond de verre. Pour aller au-delà, il faut mettre la main à la poche : à partir d’1,99 euro par mois chez Google pour 100 Go, contre 0,99 euro pour 50 Go sur iCloud. WhatsApp travaille sur une solution maison : la sauvegarde des discussions sur ses propres serveurs, comme l’a repéré WABetaInfo en fouillant dans le code des bêtas de WhatsApp.

Image : WABetaInfo

Le principe sur les deux plateformes est le même. L’application propose de sélectionner un fournisseur pour la sauvegarde : Google Drive ou iCloud en fonction de l’appareil, ainsi que son propre service de stockage. Tout cela peut encore évoluer, voire être abandonné : la fonction en est encore aux premières étapes de son développement et n’est pas proposée aux bêta-testeurs. Les premières traces de cette fonction remontent au mois d’avril sur Android, et tout récemment sur iOS.

Actuellement, WhatsApp envisagerait 2 Go de stockage de base, sans frais supplémentaires. Avec 3 milliards d’utilisateurs, la messagerie peut difficilement faire plus, mais là aussi les utilisateurs les plus gourmands risquent d’être rapidement pris au dépourvu. C’est pourquoi WhatsApp proposerait de gonfler l’enveloppe contre une petite contribution sonnante et trébuchante : 0,99 dollar pour 50 Go, comme chez Apple. Et on pourrait grimper jusqu’à 1 To. Bien sûr, les prix et l’offre peuvent encore évoluer.

On ne sait pas encore ce que WhatsApp fera des anciennes sauvegardes. Sur iOS, celles conservées dans iCloud pourront toujours être supprimées manuellement depuis les réglages. Si l’utilisateur décide de faire confiance aux serveurs de Meta (c’est un grand « si »), les sauvegardes seront chiffrées de bout en bout ; de fait, personne ne pourra y avoir accès, si ce n’est l’utilisateur. Autre utilité de cette fonction : les sauvegardes stockées chez WhatsApp ne seront pas verrouillées à une plateforme. De fait, cela pourrait grandement faciliter la restauration des conversations.

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☕️ Au Royaume-Uni, un couvre-feu numérique pour les 16-17 ans



Le gouvernement britannique s’est lancé dans un concours Lépine de propositions pour protéger la jeunesse des méchants écrans. Après avoir annoncé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans le mois dernier, Londres prévoit désormais un couvre-feu numérique pour les 16 - 17 ans.

Les utilisateurs de cette catégorie d’âge se verraient interdire l’utilisation d’apps de réseaux sociaux entre minuit et 6 heures du matin, rapporte Reuters. Le réglage serait activé par défaut sur les smartphones, mais il pourrait tout de même être désactivé. Des fonctions addictives, à l’image du défilement infini, seraient également désactivées par défaut.

Illustration : Flock

Le fait de pouvoir désactiver le réglage interroge tout de même sur la pertinence d’un tel dispositif. Le Parti conservateur, actuellement dans l’opposition, a qualifié le projet de « grand n’importe quoi » : « Soit [le gouvernement] estime que les jeunes de 16 à 17 ans doivent pouvoir accéder aux réseaux sociaux, soit il pense le contraire », explique ainsi Laura Trott, responsable de la politique éducative du Parti. « Mais des couvre-feux que [les jeunes] peuvent désactiver d’un simple geste ne serviront à rien. »

Le discours est évidemment tout autre du côté du gouvernement. « Ces mesures seront essentielles pour aider les jeunes à dormir suffisamment, à mieux se concentrer à l’école ou au collège, et à passer davantage de temps de qualité avec leur famille et leurs amis », a ainsi déclaré Liz Kendall, ministre chargée des Technologies. Son collègue Kanishka Narayan, ministre chargé de la Sécurité en ligne, a précisé de son côté que les grandes entreprises de la tech n’auront pas d’autre choix que d’intégrer les réglages nécessaires au couvre-feu.

Les premières mesures visant à encadrer les usages des réseaux sociaux seront présentées au Parlement d’ici la fin de l’année, avec une mise en œuvre prévue pour le printemps 2027.

Ces dispositifs seront suivis de très près à Bruxelles, qui prépare son propre arsenal de mesures pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans.

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☕️ Windows 11 remet enfin de l’ordre dans sa recherche



Microsoft poursuit son entreprise de réhabilitation de Windows 11 avec une nouvelle fournée d’améliorations et d’optimisations pour des fonctions de base du système d’exploitation. La recherche en profite directement.

Qui n’a pas un jour pesté contre les résultats de la recherche de Windows 11 ? Cela fait des années que les utilisateurs s’en plaignent, et mieux vaut tard que jamais : Microsoft a entendu ce cri du cœur. Les cobayes de la branche expérimentale du programme Windows Insider ont désormais la possibilité d’installer plusieurs nouveautés visant à faire place nette dans cet endroit vital du système d’exploitation.

L’écran d’accueil de la recherche se montre ainsi bien moins chargé en informations inutiles. Les contenus recommandés ont fait leurs bagages ; la zone ne propose désormais plus que les derniers résultats. Cela parait presque un peu vide, mais qui s’en plaindra ?

Les résultats d’une recherche en local se veulent eux aussi plus clairs et espacés, tout en présentant davantage d’informations et, quand c’est possible, un aperçu du fichier. Chercher un paramètre de l’OS renvoie vers des résultats plus propres et surtout qui proposent les réglages les plus pertinents en premier.

Quant à la recherche en ligne, elle perd le contenu promotionnel, ce qui ne fera de peine à personne. Les résultats web affichent désormais « les réponses les plus pertinentes » en premier lieu, plutôt que des promos ou des produits liés.

Dans le même ordre d’idée, il est désormais possible de ne plus afficher de suggestions web ni du Microsoft Store ; deux options à trouver dans le panneau Confidentialité et sécurité. Un petit tour dans ces réglages ne sera pas de trop, sachant qu’elles sont actives par défaut. Fin mai, Microsoft avait inauguré un autre changement important dans la branche expérimentale de Windows : obliger l’OS à ne chercher des résultats que dans les contenus locaux.

L’éditeur ajoute au lot une priorisation des résultats locaux lorsqu’ils correspondent mieux à la recherche. Par conséquent, les apps, les paramètres et les fichiers apparaissent systématiquement avant les suggestions du web et du Store (si elles sont activées). Le moteur se veut également plus souple vis à vis des erreurs de frappe : « utlook » trouvera « Outlook », par exemple.

Toujours pour la recherche, Microsoft promet également une amélioration de la stabilité, une réduction des plantages et moins de problèmes de chargement. Toutes ces modifications accompagnent le chantier à ciel ouvert d’un Windows 11 qui lâche un peu l’ajout sans queue ni tête de fonctions IA pour privilégier les besoins des utilisateurs.

Depuis le début de l’année, l’éditeur a multiplié les petites et grandes attentions, à l’image de la barre des tâches qui peut s’épingler en haut de l’écran, du menu Démarrer nettement plus personnalisable, ou encore d’un plus grand contrôle sur Windows Update. On a l’impression que Microsoft découvre la Lune ici, mais ce dépoussiérage en règle pourrait réconcilier quelques fâchés avec Windows 11. La version 26H2, qui sera livrée cet automne, permettra au grand public de tester une bonne partie de ces nouveautés.

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Google s’oppose aux blocages massifs de sites pirates en Europe

Tout bloquer, faire le tri ensuite
Google s’oppose aux blocages massifs de sites pirates en Europe

Google demande à Bruxelles de manier le blocage des sites pirates avec beaucoup plus de précautions. Le groupe juge les mesures visant les DNS, les VPN, les CDN ou les adresses IP trop faciles à contourner et susceptibles d’emporter dans leur chute des millions de services parfaitement légaux.

Au premier trimestre 2027, Bruxelles prendra à bras le corps la question du piratage, en particulier pour les événements en direct, via la révision de la directive 2019/790 sur le droit d’auteur. Dans le cadre de cette initiative ciblée pour créer « un meilleur environnement de droit d’auteur », Bruxelles a lancé un appel à contribution ouvert largement : association, chercheur, organisation professionnelle, ONG… et entreprises.

Les dommages collatéraux de la lutte contre le piratage

Google n’a pas manqué l’occasion de soumettre sa contribution, dans laquelle le géant du web s’oppose aux blocages tous azimuts obtenus ces derniers mois devant différentes juridictions des États membres (PDF). Google estime que les blocages des infrastructures techniques d’internet sont non seulement inefficaces et disproportionnées, mais aussi dangereux pour les services parfaitement légaux.

Pour le groupe, le blocage d’un résolveur DNS, d’une adresse IP ou d’un VPN ne fait pas disparaitre le contenu illégal. Google explique que « [ces dispositifs] ne suppriment aucun contenu et peuvent facilement être contournés », en utilisant un autre résolveur DNS, par exemple. Ils n’offrent donc aucun effet durable contre le piratage.

L’entreprise ajoute que « le blocage d’une seule adresse IP risque inévitablement de restreindre l’accès à des milliers, voire des millions, de sites parfaitement légaux et sans aucun lien avec l’infraction. » Elle en veut pour preuve le blocage d’adresses Cloudflare en Italie : le Piracy Shield du pays a empêché l’accès à 42 millions de domaines, ainsi qu’à Google Drive et des services légitimes de VPN.

Google évoque aussi la décision de Cisco de retirer son service OpenDNS de France en 2024, suite à une décision de justice de blocage de sites web obtenu par Canal+. Le moteur de recherche rappelle à toutes fins utiles que les services de VPN sont des services techniques « accessibles légalement », et que leur usage licite ou illicite revient aux utilisateurs. « Le simple fait que ces services, ou des services similaires, puissent être utilisés à de telles fins ne suffit pas à établir que leurs fournisseurs communiquent eux-mêmes l’œuvre protégée au public », ajoute Google.

Pour le groupe américain, un blocage ne devrait intervenir qu’en dernier recours, après que les ayants droit ont démontré qu’ils ont tenté de contacter l’auteur de l’infraction, que les procédures de notification et de retrait ne suffisent pas, et que la suppression du contenu chez l’hébergeur a échoué. Évidemment, tout cela demande du temps alors que les diffuseurs essaient de couper l’herbe sous le pied du streaming illégal dès les premières minutes de la retransmission de la compétition.

Google défend le DSA

Google défend l’idée que « les injonctions ne devraient pas viser des infrastructures mondiales de l’internet telles que les résolveurs DNS, les VPN ou les CDN ». Et pour être proportionnées, « les injonctions devraient viser le niveau approprié et la source du contenu. »

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Google se fait aussi le chevalier blanc du DSA, le règlement sur les services numériques. La société pense ainsi que « les injonctions ne constituent ni un substitut ni un moyen de contourner le mécanisme de notification et d’action prévu par le DSA ». Certains dispositifs nationaux permettent à des acteurs privés de transmettre des listes de blocage, qui sont ensuite transformées « presque automatiquement » en décisions administratives.

C’est de cette manière – consolidée par une récente décision de la Cour d’appel de Paris, n’en déplaise à Google – que fonctionne le mécanisme qui permet à Canal+ et autres diffuseurs de bloquer des sites illégaux. Une fois qu’un ayant droit a décroché une ordonnance enjoignant le blocage d’une liste de sites pour la durée de la compétition, le titulaire des droits a la possibilité de demander à l’Arcom de mettre à jour ou d’étendre cette liste pour y intégrer les sites miroir découverts par l’ayant droit. Plus besoin de retourner en justice, avec les formalités que cela implique.

Google n’est pas opposée au blocage, mais l’entreprise réclame des mesures beaucoup plus ciblées, limitées dans le temps et soumises à un véritable contrôle judiciaire. Elle propose aussi de créer « davantage d’alternatives légales, et de meilleure qualité ». L’insatisfaction des consommateurs est un des principaux moteurs du piratage, souligne la société.

« L’un des meilleurs moyens de lutter contre ce phénomène consiste donc à proposer des offres légales plus pratiques et plus attractives. Nous avons ainsi développé des produits offrant une expérience utilisateur convaincante, comme YouTube Music, afin de générer des revenus pour les industries créatives et d’orienter le public vers des alternatives légales. »

Comme le souligne TorrentFreak, la position très critique de Google en Europe contraste avec le silence de l’entreprise face à un projet législatif aux États-Unis pour permettre à des ayants droit d’obtenir devant un tribunal le blocage de sites étrangers consacrés au piratage.

Mise à jour, 11h30 : ajout d’une mention d’une récente décision de la Cour d’appel de Paris, qui invalide une partie de l’argumentation de Google vis-à-vis du DSA.

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Batterie remplaçable : Bruxelles élargit l’exemption aux montres et lunettes connectées

Coup de chaud sur les batteries
Batterie remplaçable : Bruxelles élargit l’exemption aux montres et lunettes connectées

Les fabricants de montres connectées et plus généralement de petits appareils à porter sur soi peuvent pousser un ouf de soulagement. La Commission européenne a en effet décidé d’exempter de nouvelles catégories de produits des exigences liées au retrait et au remplacement des batteries.

À compter du 18 février 2027, de nombreux appareils intégrant une batterie devront faire en sorte que le composant puisse facilement être retiré et remplacé par l’utilisateur, durant toute la durée de vie du produit. C’est par exemple le cas des consoles – Nintendo, principal concerné ici, débutera d’ailleurs la commercialisation de « nouvelles » Switch 2 en Europe équipées d’une batterie remplaçable dès cet automne.

Le règlement relatif aux batteries et aux déchets de batterie du 12 juillet 2023 ne dresse pas une liste fermée de produits, mais raisonne par type de batterie incorporée dans les appareils. De fait, il concerne aussi bien les smartphones que les ordinateurs portables, les appareils électroménagers, les jouets, mais aussi les vélos et les trottinettes électriques…

Dans un acte délégué adopté ce mardi 14 juillet, la Commission européenne a ajouté six nouvelles catégories de produits pouvant déroger à l’obligation de disposer d’une batterie remplaçable par l’utilisateur. Celle-ci devra néanmoins pouvoir être retirée et remplacée par un professionnel indépendant.

Apple, Fitbit et compagnie peuvent souffler

La nouvelle liste comprend notamment certains appareils portés sur soi : montres et lunettes connectées, bracelets et traqueurs d’activité, ou encore dispositifs électroniques intégrés à des vêtements et accessoires. La dérogation s’applique lorsque l’accès à la batterie par l’utilisateur risquerait de compromettre la sécurité, la durabilité ou l’étanchéité du produit. Elle peut concerner les appareils trop petits pour permettre une manipulation sûre de la batterie, ainsi que ceux dont le fonctionnement repose sur un boîtier compact et scellé (notamment pour les protéger de la poussière et des chocs)

Certains écouteurs sans fil pouvaient déjà bénéficier de la dérogation prévue pour les appareils conçus principalement pour fonctionner dans un environnement régulièrement exposé à l’eau. La Commission les cite parmi les produits susceptibles d’entrer dans cette catégorie, notamment lorsqu’ils sont exposés à la transpiration, aux éclaboussures ou à la pluie. Cette dérogation n’est toutefois pas automatique : le fabricant doit démontrer que le remplacement par l’utilisateur compromettrait la sécurité du produit et qu’une modification de sa conception n’est pas raisonnablement possible.

Bruxelles ne cite pas explicitement les casques audio. Certains modèles pourraient néanmoins relever de la dérogation applicable aux appareils portés sur soi ou à ceux utilisés en environnement humide, selon leur taille, leur conception et leur niveau d’étanchéité.

Sont également concernés les jouets électriques équipés d’une batterie rechargeable (jusqu’au 31 juillet 2030), les sondes thermométriques sans fil destinées au contact avec les aliments, les systèmes portés sur le corps qui administrent des médicaments par voie sous-cutanée (du type pompes corporelles), ainsi que les équipements relevant de la directive ATEX, conçus pour être utilisés dans des atmosphères explosibles : moteurs antidéflagrants, capteurs, pompes ou chariots élévateurs. La sixième catégorie couvre les dispositifs télématiques installés sur le toit de machines agricoles ou de chantier et exposés à de fortes vibrations, à la poussière et à l’humidité.

L’Apple Watch échappe au tournevis

Les constructeurs de ces produits, en premier lieu Apple (mais on pense aussi à Garmin, Fitbit/Google et bien d’autres) seront donc soulagés. Pas besoin de faire des prouesses d’ingénierie ni d’augmenter l’épaisseur de ces appareils, ce qui n’aurait pas été très vendeur.

Pour amender le règlement sur les batteries, l’exécutif européen avait lancé un appel à candidatures l’an dernier : associations de consommateurs, représentants de l’industrie et les États membres ont ainsi pu donner des indications. Des experts externes ont également été consultés.

« Lors de l’élaboration de ce texte, la Commission a cherché à trouver un équilibre entre les intérêts des différentes parties prenantes, notamment les consommateurs, les réparateurs indépendants, les fabricants de produits et de batteries, ainsi que le secteur du recyclage. »

La Commission a également mis à jour les lignes directrices existantes sur le retrait et le remplacement des batteries (PDF). Le composant doit ainsi pouvoir être retiré sans outil (avec les doigts, finalement), avec des outils de base, ou encore avec des outils disponibles dans le commerce. Les outils spécialisés sont autorisés, mais uniquement s’ils sont fournis gratuitement avec le produit. Le règlement exclut le recours à de l’énergie thermique ou à des solvants pour démonter l’appareil.

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☕️ Google accusé d’avoir entraîné Gemini avec des millions de livres sans autorisation



Google est accusé d’avoir commis « l’une des violations de droits d’auteur les plus massives de l’histoire ». La plainte déposée notamment par Hachette contre le géant du web l’accuse d’avoir puisé sans autorisation dans des millions de livres et d’articles pour entraîner Gemini, avant de dissimuler l’origine de ces contenus.

Google fait l’objet d’une plainte [PDF] datée du 10 juillet et déposée entre autres par Hachette, l’éditeur américain spécialisé dans l’éducation Cengage, le groupe d’édition scientifique Elsevier ou encore l’auteur à succès Scott Turow. D’après les plaignants, le moteur de recherche aurait entraîné l’IA de Gemini à partir d’ouvrages obtenus par des services comme Google Books, Google Play Books et Google Scholar, alors que les autorisations d’exploitation de l’entreprise se limitaient à la recherche, l’affichage d’extraits ou la vente.

Google se serait aussi rendu coupable d’avoir intégré des textes récupérés sur le web, y compris depuis des sites pirates. Le groupe aurait également réalisé des copies de ces œuvres au moment de préparer les données et d’entraîner ses modèles. « Google a également supprimé les informations de gestion des droits d’auteur des œuvres protégées qu’il avait dérobées, afin de dissimuler les sources utilisées pour l’entraînement et de faciliter leur utilisation non autorisée », déplore la plainte.

Google fait le mal

« Désespéré à l’idée de préserver sa domination en ligne, Google a abandonné son ancienne devise, “Don’t be Evil”, et s’est livré à l’une des violations de contenus protégés par le droit d’auteur les plus massives de l’histoire », attaquent les plaignants. « Google a reproduit des millions d’œuvres protégées sans autorisation, sans verser la moindre compensation aux auteurs ou aux éditeurs, et en sachant parfaitement que sa conduite enfreignait le droit d’auteur », poursuivent-ils.

La plainte, déposée à New York et révélée par The Wrap, soutient que Gemini peut produire des résumés très détaillés, des passages proches des originaux, des chapitres ou des textes qui imitent le style de certains auteurs. Des contenus générés par IA qui concurrencent directement les livres et les articles originaux, sans rien verser aux auteurs.

Les plaignants demandent que la procédure soit reconnue comme un recours collectif. Ils veulent aussi que le tribunal reconnaisse que Google a enfreint le droit d’auteur et le DMCA, et qu’elle doit arrêter ses pratiques illégales, se voir imposer le versement de dommages et intérêts, et l’obligation de détailler les contenus utilisés pour entraîner Gemini.

Google n’est pas la seule entreprise IA visée par de telles accusations. En fait, elles font toutes l’objet de telles plaintes ou polémiques. Encore tout récemment, Apple a été poursuivie par des chaînes YouTube. Anthropic avait joué du carnet de chèques en septembre 2025, en mettant 1,5 milliard de dollars sur la table pour éteindre une poursuite initié par des auteurs et autrices. Le Français Mistral AI a lui aussi fait l’objet d’une enquête démontrant l’entraînement de modèles sur des textes littéraires.

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☕️ Le premier appareil d’OpenAI serait une enceinte connectée sans écran



Depuis la plainte déposée par Apple en fin de semaine dernière, les projets matériels d’OpenAI semblent se dessiner en pointillés. Le labo IA assure pourtant n’avoir rien fait de mal, et par le plus grand des hasards, une indiscrétion très crédible détaille le premier produit qu’OpenAI pourrait lancer. Ni un smartphone ni des lunettes, mais une enceinte.

La gamme de HomePod mini. Image : Apple

Apple et OpenAI sont donc en guerre ouverte depuis vendredi dernier, lorsque le premier a porté plainte contre le second pour vol de secrets industriels (entre autres). Le créateur de ChatGPT n’était pas allé très loin dans sa défense jusqu’à présent, mais il est sorti de sa torpeur depuis. Dans une déclaration signalée par Bloomberg, la startup affirme n’avoir connaissance d’aucun élément qui permettrait d’étayer la thèse d’Apple. « Nous croyons en une concurrence loyale et en la liberté de chacun de travailler où il le souhaite », ajoute-t-elle.

En attendant d’en savoir plus sur ce qui s’annonce comme un feuilleton (ou une telenovela…) trépidant au cœur de la Silicon Valley, Mark Gurman, du même Bloomberg, révèle ce qui pourrait bien être le premier produit à sortir du garage d’OpenAI. On laissera chacun juger si ce bruit de couloir est un heureux hasard ou une coïncidence fortuite. Quoi qu’il en soit, il semble indiquer qu’OpenAI ne veut pas se frotter (pas tout de suite) au marché du smartphone.

Dans cette aventure matérielle, le labo est épaulé par io Products, une start-up créée par Jony Ive, rachetée en mai 2025 pour 6,5 milliards de dollars. Selon cette rumeur donc, ce produit serait une enceinte connectée, sorte de HomePod mini portable (équipé d’une batterie) et doté d’une caméra, mais pas d’écran en vue.

Une enceinte qui donne de la voix à ChatGPT

L’engin pourrait prendre la forme d’un galet ou d’un petit cylindre, en tout cas quelque chose de suffisamment compact pour être transporté d’une pièce à une autre. La base accueillerait la batterie, les haut-parleurs et probablement un socle de recharge. Sur la partie supérieure, l’enceinte intégrerait les micros, la caméra et d’autres capteurs chargés de scruter l’environnement.

Plus intriguant, certaines parties de l’enceinte seraient en mesure de pivoter, de s’incliner ou de se redresser, permettant ainsi à la caméra de se « tourner » vers la personne qui parle. Il y a un petit air de lampe articulée ici. Un produit qui, en tout cas, n’aurait finalement rien à voir avec quoi que ce soit au catalogue d’Apple… et qui donc, n’enfreindrait aucun brevet.

Et bien sûr, ce produit serait une extension physique de ChatGPT, avec des capacités vocales basées sur une version évoluée de GPT-Live, les nouveaux modèles vocaux d’OpenAI. L’entreprise voudrait présenter cette enceinte comme un « ordinateur conçu pour l’IA pour aider les gens occupés à être plus productif ». Tout un programme.

OpenAI et les quelque 400 transfuges d’Apple plancheraient sur cinq nouveaux produits. L’enceinte pourrait être lancée dès l’année prochaine, mais le calendrier est désormais très flou en raison de la plainte d’Apple.

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Apple met en ligne la bêta publique d’iOS 27, macOS 27 et tous ses OS en 27

Canicule dans les serveurs d'Apple
Apple met en ligne la bêta publique d’iOS 27, macOS 27 et tous ses OS en 27

Les utilisateurs européens devront se contenter de la portion congrue. Le gros morceau des systèmes d’exploitation « 27 » d’Apple, Siri AI, ne sera en effet pas lancé dans l’UE pour cause de bisbilles entre Apple et Bruxelles sur le DMA. Est-ce une raison de bouder la première bêta publique ?

C’est devenu une tradition au fil des ans : avant la version finale de ses nouveaux systèmes d’exploitation, Apple propose à tous ceux qui veulent mettre les mains dans le cambouis de se frotter à une bêta publique. Plus solide que la bêta pour les développeurs, mais forcément susceptible de bugguer davantage qu’une mouture finale, cette préversion permet tout de même de profiter des nouveautés d’une manière relativement confortable. Ce d’autant qu’iOS 27 se montre, d’après nos tests, plutôt stable.

Apple vient donc de mettre en ligne la bêta publique pour iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 Golden Gate, watchOS 27, tvOS 27, HomePod OS 27 et le logiciel interne des AirPods (ouf !). La grande affaire de cette nouvelle mouture n’est autre que Siri AI, qui se montre enfin à peu près au niveau des autres assistants du même genre – grâce à un coup de main de Google et de ses modèles Gemini.

Hélas, ce nouveau Siri ne sera pas livré dans l’UE sur iPhone et iPad. L’assistant ne sera dans un premier temps disponible qu’en anglais (en saisissant des requêtes textes en français, il saura répondre en français mais uniquement en texte). Mais surtout, Apple reproche au règlement sur les marchés numériques (DMA) de l’empêcher de proposer Siri AI en Europe. « [Le] refus [de la Commission] de s’engager de manière constructive sur des solutions qui préservent la vie privée et la sécurité signifie que nous n’avons pas encore de calendrier pour la disponibilité de Siri AI sur iOS et iPadOS dans l’UE », indiquait l’entreprise.

Optimisations au menu

En Europe, Siri AI sera néanmoins proposé sur macOS, qui ne fait pas partie des plateformes essentielles au sens du DMA. C’est dommage, mais Apple et la Commission finiront peut-être par trouver une solution. En attendant, il est vrai que les nouveautés des OS 27 d’Apple sont assez ténues. La plus significative est certainement le travail de ripolinage de Liquid Glass : le langage de design gagne une réglette globale pour réduire les effets de transparence.

Sur macOS, les gros écueils de la nouvelle interface ont aussi été rabotés, au plus grand plaisir de nombreux utilisateurs pas très friands de certaines excentricités de Liquid Glass. Apple Intelligence continue de déployer ses ailes pour les retouches photo et Image Playground qui devient un peu plus utilisable. L’app Raccourcis peut désormais générer des raccourcis en fonction d’une requête. Safari sait regrouper des onglets automatiquement.

Toutes ces fonctions restent cependant soumises à des exigences matérielles relativement élevées, en particulier sur les smartphones : il faut posséder un iPhone 15 Pro ou 15 Pro Max, un iPhone 16 (tous modèles) pour prétendre à Apple Intelligence. C’est plus généreux sur les tablettes : à partir de l’iPad mini (A17 Pro) et tous les iPad avec puce Mx. Le MacBook Neo (A18 Pro) et tous les modèles de Mac avec puce Mx sont également compatibles.

Les OS 27 ont surtout fait l’objet d’un gros travail de stabilité et d’optimisation. Les apps se lancent plus vite, les transitions entre réseaux se veulent plus fluides, la recherche s’améliore (enfin !) dans Mail, et beaucoup d’autres petites améliorations ici et là vont faciliter la vie de tous les utilisateurs, pas uniquement ceux qui possèdent le dernier iPhone à la mode.

Pour télécharger la bêta publique, il faut s’inscrire sur le site dédié (il suffit de renseigner les identifiants de son compte Apple). Ensuite, rendez-vous dans le panneau Mise à jour logicielle (dans les réglages Général) puis sélectionnez le menu Mises à jour bêta. On ne recommande pas l’opération sur des machines de production ! La bêta publique est la bêta 3 qu’Apple a livrée aux développeurs la semaine dernière.

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L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

Dehors les moins de 13 ans
L’UE prépare le terrain pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans

L’Union européenne se rapproche d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans. Le rapport commandé l’an dernier par Bruxelles sur la sécurité des enfants en ligne a été publié. Il contient plusieurs recommandations adaptées à différentes catégories d’âge.

« Les constructeurs automobiles doivent garantir la sécurité de leurs véhicules », a expliqué Ursula von der Leyen durant la présentation du rapport sur la sécurité des enfants en ligne, co-signé par Jörg M. Fegert (directeur du département de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du centre hospitalier universitaire d’Ulm) et Maria Melchior (directrice de recherche à l’INSERM).

« Nous n’attendons pas des enfants qu’ils conçoivent eux-mêmes leur ceinture de sécurité. Nous n’attendons pas non plus des parents qu’ils installent des airbags à la maison. Il doit en aller exactement de même pour les géants de la tech. »

D’où la mise en place du règlement sur les services numériques (DSA) : cet ensemble de règles censées responsabiliser les grandes plateformes et renforcer la transparence des algorithmes. La Commission a d’ailleurs exigé, pas plus tard que la semaine dernière, de lourds changements dans Facebook et Instagram pour réduire les risques d’addiction de ces réseaux sociaux.

Des ceintures de sécurité pour les réseaux sociaux

La principale recommandation du rapport (PDF) est de mettre en place une restriction étagée de l’accès à internet et aux réseaux sociaux pour les plus jeunes, en fonction de leur âge. De la naissance à l’âge de 2 ans, les auteurs proposent de limiter fortement l’exposition aux écrans, ce qui ne signifie pas pour autant de l’interdire complètement. « Il s’agit plutôt de tenir compte des besoins des enfants en matière de développement affectif, sensoriel et d’acquisition précoce du langage », expliquent-ils.

Il convient de privilégier les interactions en face à face, entre les parents (et les personnes en charge) et les enfants, en restant attentif à son propre usage des appareils numériques. Il faut donner « le bon exemple et éviter la « technoférence », c’est-à-dire les interruptions des interactions causées par les technologies. » Une approche recommandée par l’OMS.

Dessin satirique de Flock

De 3 à 12 ans, le rapport recommande une utilisation supervisée des appareils et des « réseaux sociaux+ ». Ce n’est pas une nouvelle catégorie juridique, mais un raccourci utilisé par les auteurs pour désigner un ensemble très large de services en ligne : réseaux sociaux, boutiques d’applications, certains jeux vidéo, « compagnons IA »…

Sans surveillance, les enfants de cette catégorie d’âge ne devraient pas être autorisés à se servir d’appareils connectés à internet. L’accès doit être encadré dans les établissements scolaires, et limité aux appareils utilisés à des fins éducatives. Il s’agit de « développer la culture numérique et médiatique, la résilience émotionnelle et la capacité à réfléchir de manière critique aux risques. »

Il revient aux parents et aux personnes en charge d’encadrer et d’accompagner « progressivement » les enfants vers davantage d’autonomie numérique, « au moyen de réseaux sociaux et d’autres services numériques adaptés à leur âge ». Il faudrait aussi encourager les enfants à participer à des activités hors ligne.

Enfin, de 13 à 18 ans, l’accès des adolescents devrait se limiter aux réseaux sociaux et aux autres services en ligne adaptés à leur âge et « sûrs par défaut », par exemple des services ayant mis en place des limites au défilement infini de contenus et aux systèmes de recommandation. En attendant que de tels services soient développés, des outils de contrôle parental « et une supervision adaptés à l’âge de chaque adolescent [resteront] indispensables. »

Pour les ados de plus de 16 ans, le rapport pointe le risque toujours existant de risques liés à l’exposition à des contenus préjudiciables. Les parents et les tuteurs devront donc continuer à discuter avec les mineurs de leurs expériences en ligne.

« L’enfance est une période de développement cérébral à la fois extraordinaire et délicate », rappelle la présidente de la Commission européenne. « À ce stade, nos enfants ont besoin de passer du temps dans le monde réel. Du temps pour jouer, nouer des amitiés en face à face et faire des erreurs. Du temps pour construire leur propre identité et leur propre personnalité, avant qu’un algorithme ne les façonne à leur place. »

Maintenant que le rapport est entre les mains de l’exécutif européen, des propositions seront faites après l’été. Ursula von der Leyen met déjà en avant l’app de vérification d’âge européenne, qui n’est cependant pas une solution miracle.

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Des éditeurs pourraient disparaître de Google pour protéger leurs contenus de Gemini

Googlebot, persona non grata
Des éditeurs pourraient disparaître de Google pour protéger leurs contenus de Gemini

La recherche Google qui façonne le web depuis 1998 a-t-elle vécu ? Plusieurs grands éditeurs de presse envisagent en effet de tout simplement quitter le moteur de recherche en lui interdisant d’indexer leurs contenus. Ils dénoncent l’exploitation qui en faite dans les réponses générées par l’IA de Google, alors même que la recherche leur apporte de moins en moins de trafic.

Le groupe USA Today, qui édite le quotidien américain du même nom ainsi qu’une myriade d’autres sites d’actualité à travers les États-Unis, se donne de 6 à 12 mois pour décider du blocage de l’indexation de ses contenus par Google. En d’autres termes, l’éditeur de presse pourrait tout simplement… quitter Google.

Le saut dans l’inconnu

Cette menace se matérialiserait au niveau de robots.txt, un petit fichier placé à la racine du site qui indique aux robots des moteurs de recherche les pages qu’ils sont autorisés à indexer. En bloquant Googlebot, USA Today empêcherait Google de parcourir ses contenus et, à terme, de les faire apparaître dans ses résultats.

« Je ne dirais pas que c’est une décision majeure, puisque nous bloquons déjà d’autres robots d’exploration », explique Mike Reed, le directeur général du groupe, à Adweek. « Ceux avec lesquels nous avons conclu des accords de licence ont accès à nos contenus. Les autres, nous les bloquons », ajoute-t-il. Il semble donc assez clair qu’il s’agit d’une tactique pour pousser Google à la table des négociations.

Néanmoins, c’est un coup de semonce qui pourrait en annoncer d’autres. Beehiiv, la plateforme de création, de diffusion et de monétisation de newsletters, a également annoncé que les membres de son réseau ont désormais la possibilité de bloquer Googlebot. Et Cloudflare est aux avant-postes pour forcer Google à évoluer.


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