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Twitch accusé d’avoir donné les contenus de ses créateurs à Amazon et ses modèles IA

Collecter n'est pas jouer
Twitch accusé d’avoir donné les contenus de ses créateurs à Amazon et ses modèles IA

À la stupeur générale de bon nombre de créateurs de contenus, Twitch exploite automatiquement le contenu des chaînes pour entrainer les modèles IA d’Amazon. S’il est possible de désactiver l’option, elle est activée par défaut et les données de discussions dans un chat restent exploitables si quelqu’un dans la discussion a accepté de participer à la collecte.

L’histoire n’allait pas en rester là. Une proposition de recours collectif (class action) a été déposée le 20 août en Californie contre Twitch et Amazon, propriétaire de la plateforme de streaming (PDF). L’accusation centrale du plaignant, Warren Pandiscia, streamer du Connecticut, est simple : Amazon aurait utilisé les contenus des créateurs de Twitch sans rémunération ni consentement.

L’évolution des CGU de Twitch appuie la plainte

Mike Minton, le directeur produit de Twitch, avait d’ailleurs justifié ce choix assez franchement : « si c’était à activer volontairement, personne ne le ferait. » La plainte va cependant plus loin que l’annonce du 12 août. Elle soutient en effet qu’Amazon utilisait déjà du contenu de Twitch pour ses modèles IA en 2024. À l’époque, il n’existait aucun mécanisme de refus.

Minton lui-même avait reconnu que Twitch servait effectivement à l’entraînement des modèles d’Amazon mais pour des prototypes, comme l’a rappelé 404media. Le fait que les conditions d’utilisation de Twitch aient été mises à jour le jour de l’annonce plaide en la faveur du plaignant, d’après sa poursuite.

La licence accordée aux utilisateurs permet à Twitch d’exploiter leurs contenus « en lien avec la monétisation des services de Twitch ». Le 12 août, la plateforme change la formulation : la licence peut désormais servir aux activités de Twitch et/ou de ses affiliés. Un changement qui sonne comme un aveu : si la licence précédente autorisait déjà l’utilisation des contenus des créateurs pour les activités d’IA générative d’Amazon, il n’aurait pas été nécessaire d’élargir la finalité de la licence de la sorte.

La plainte formule quatre chefs d’accusation : rupture d’un contrat implicite et du devoir de bonne foi contre Twitch, enrichissement injustifié contre Twitch et Amazon, rupture du contrat explicite contre les deux entreprises, et violation de la loi californienne sur les pratiques commerciales déloyales.

Le plaignant demande la certification de la plainte en class action, qui pourrait dès lors représenter les créateurs Twitch américains dont les œuvres auraient été indûment collectées pour entraîner les modèles d’Amazon.

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Sony rappelle aux joueurs qu’ils n’achètent pas vraiment leurs jeux

82 % de démat’, 100 % de polémique
Sony rappelle aux joueurs qu’ils n’achètent pas vraiment leurs jeux

La fin annoncée des jeux PlayStation sur support physique continue de faire grincer des dents. Et Sony ne calme pas vraiment le jeu en rappelant, dans un courriel envoyé à ses clients, que ses logiciels sont « concédés sous licence » plutôt que vendus. Une règle ancienne, mais qui résonne autrement à l’heure du tout-dématérialisé.

Depuis l’annonce de la fin définitive des supports physiques pour les jeux PlayStation, la marque est la cible des joueurs attachés aux bonnes vieilles galettes. Une colère que le constructeur a attisée récemment, via un courriel rappelant les conditions d’utilisation de la plateforme, notamment que les jeux sont concédés sous licence plutôt que vendus. Une licence qui laisse relativement peu de latitude au joueur.

En annonçant le 1ᵉʳ juillet la fin des supports physiques pour les jeux PlayStation (programmée en janvier 2028), Sony ne s’attendait probablement pas à ce que la controverse soit toujours aussi vivace aujourd’hui. Le constructeur s’est caché la tête dans le sable en attendant que la tempête passe, mais c’est peine perdue : les joueurs désireux de ne pas perdre les avantages des Blu-ray ne décolèrent pas.

Confrontée aux questions des analystes durant la présentation des derniers résultats financiers de Sony le 31 juillet, la directrice financière Lin Tao a bien été obligée de communiquer officiellement sur le sujet. « La décision de mettre fin à la production de disques physiques s’explique notamment par la numérisation croissante des contenus dans leur ensemble, et pas uniquement de ceux destinés à la plateforme PlayStation », a-t-elle rappelé.

« Nous ne prévoyons à ce stade aucun impact sur notre activité », poursuit la dirigeante. Il faut dire que Sony vend très majoritairement les jeux PS4 et PS5 sous forme dématérialisée : 78 % sur l’exercice fiscal 2025, contre 22 % en physique. Durant le premier trimestre fiscal (qui correspond au deuxième trimestre calendaire), 82 % des jeux vendus l’ont été en téléchargement, contre 18 % en physique.

Les chiffres sont clairement du côté de Sony, mais évidemment on n’entretient pas la même relation avec un jeu dématérialisé qu’avec une boîte et un CD, qui peuvent accompagner des souvenirs – et au pire, il est toujours possible de prêter ou de revendre un jeu sur support physique, ce qui n’est pas possible avec un jeu téléchargé.

« À plus long terme, la distribution numérique représente déjà une part importante des ventes de contenus et nous ne nous attendons donc pas à ce que l’arrêt des disques ait un effet négatif sur nos performances », a précisé Lin Tao. Qui ajoute tout de même : « Dans le même temps, nous continuerons à réfléchir attentivement à la meilleure manière de répondre aux préférences et aux attentes de nos joueurs. » Pas vraiment de quoi calmer la fronde des joueurs.

Acheter sans vraiment posséder

Ces mêmes joueurs peuvent avoir l’impression que Sony attise les flammes de leur colère. L’entreprise a en effet envoyé un courriel ces derniers jours qui rappelle les conditions d’utilisation du matériel et des services PlayStation. Rien de très original là-dedans, il s’agit d’un texte assez aride comme le sont généralement les conditions d’utilisation.

Au milieu du contrat de licence de l’utilisateur final se niche un article 1.4 qui revient sur la nature réelle des jeux PlayStation que l’on achète sur le PS Store – une logique qui s’applique aussi aux jeux physiques :

« Le logiciel vous est concédé sous licence, il ne vous est pas vendu. Vous disposez d’une licence personnelle limitée, non exclusive et non transférable pour jouer ou utiliser le Logiciel dans un cadre privé et non commercial sur le système ou l’appareil pour lequel il est conçu. »

S’ensuivent une série d’obligations à respecter : le jeu ne peut pas être loué, modifié, mis à disposition sur un réseau sans autorisation, émulé, piraté, copié, joué en public. Le prêt ou la revente restent en revanche possibles, même si Sony rappelle que le logiciel lui-même est fourni sous licence.

Il n’y a là rien qui sorte de l’ordinaire. Nintendo, Xbox et Valve (Steam) ont des conditions similaires. Mais le fait que Sony ait procédé à ce rappel peine à passer auprès des joueurs toujours fâchés par l’annonce du mois dernier.

Image : @BehindTGames

On ne pourra cependant pas dire que le constructeur prenne les consommateurs par surprise. Outre cette campagne d’emails, Sony a en effet imprimé un « avis important » sur les emballages de PS5. Il prévient qu’« à partir de janvier 2028, les nouveaux jeux sortis sur PlayStation seront disponibles à l’achat sur le PlayStation Store et chez les revendeurs uniquement en format numérique ». Qu’on se rassure, « les disques pour les jeux sortis avant janvier 2028 peuvent toujours être lus sur cette console ».

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Taxe au gigaoctet, IA éthique : comment le Parti socialiste aborde le numérique

La technique est-elle nécessairement un progrès ? Vous avez 4 heures
Taxe au gigaoctet, IA éthique : comment le Parti socialiste aborde le numérique

Le Parti socialiste se réunit les 28 et 29 août à Blois. Next détaille le pan numérique du projet socialiste, adopté en juin par ses militants.

Comment le Parti socialiste perçoit-il la question numérique ? En juin, le parti adoptait son projet Socialiste, construit à partir des contributions d’élus, de parlementaires et de citoyens. Rédigé sous la direction de l’eurodéputée Chloé Ridel, le texte a été approuvé par 83 % des membres votants.

Structuré en six chapitres (Vivre libres, Être en sécurité(s), S’épanouir à égalité, Vivre avec la nature, Refaire la société et Pacifier le monde), le programme aborde principalement le numérique dans une sous-partie de son chapitre dédié à la liberté. Lorsqu’on s’y penche, cela dit, les enjeux technologiques affleurent dans quelques autres thématiques du document politique, dont de nombreuses propositions relèvent de l’échelle européenne.

L’explorer permet de se faire une première idée du programme numérique que pourrait porter le ou la candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2027. Ce chef de file sera élu en octobre, lors de primaires auxquelles participeront non seulement les militants socialistes, mais aussi ceux de formations comme Place publique, dont le leader Raphaël Glucksmann s’est déclaré candidat ce 23 août au soir.

Renforcer les textes européens, taxer au gigaoctet

Pour le Parti socialiste, l’enjeu est simple : « les choix techniques sont aujourd’hui captés par les géants de la tech et quelques milliardaires ». Il faut donc « reprendre la main » et « échapper aux nouvelles servitudes numériques ».

Pour y parvenir, le programme propose avant tout de renforcer les textes nationaux et européens pensés pour sécuriser l’espace numérique. Ainsi de la proposition de « durcir » les règlements sur les services et les marchés européens, notamment pour « encadrer l’économie de l’attention et la marchandisation des comportements en ligne » – une préoccupation similaire à celle des Écologistes.

Une autre proposition sonne comme un paradoxe connu des débats sur les systèmes de vérification d’âge : il s’agirait de « garantir la protection des données des utilisateurs par une vérification d’identité numérique sécurisée et open-source ». Aucune précision n’est formulée sur les hypothétiques attaques contre le service qui se verrait doté de la collecte de ces données. Pour équiper les citoyens eux-mêmes, le PS propose de « renforcer la prévention (…) pour prévenir les manipulations, emprises, addictions au numérique ».


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☕️ Protection des enfants : TikTok solde une plainte des États-Unis pour 400M$



Le Department of Justice (DoJ) des États-Unis a annoncé vendredi 21 août avoir conclu un accord avec TikTok pour solder les poursuites engagées à son encontre en 2024 en raison d’une protection insuffisante des mineurs sur son réseau social.

En échange de cet abandon, TikTok s’engage à verser immédiatement 300 millions de dollars, et 100 millions de dollars supplémentaires quand un juge aura annulé une précédente injonction remontant à 2019. Cette dernière imposait au réseau social, qui s’appelait alors Musical.ly, une surveillance renforcée et constituait une menace supplémentaire en cas de violation avérée de la loi COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act).

TikTok s’exonère ainsi des poursuites engagées à son encontre en 2024 par le DOJ et la FTC, chargée de veiller à l’application de la loi COPPA. La plainte (PDF) formulait trois griefs principaux à l’encontre de TikTok et de sa maison mère, le groupe chinois Bytedance : la possibilité offerte aux enfants de créer un compte sans consentement d’un adulte responsable et l’utilisation à des fins marketing des données associées, le non-respect des demandes de suppression formulées par les parents, et une défaillance qualifiée de « systémique » de la modération chargée de veiller à évincer les comptes manifestement associés à des enfants.

Flock pour Next

Le DoJ rappelle que « TikTok a connu des changements importants au niveau de sa structure de propriété, de sa direction, de ses fonctions de conformité et de ses pratiques en matière de protection de la vie privée ». Il fait ici référence au long bras de fer engagé par Donald Trump pour que la branche US du réseau social passe sous contrôle d’une société détenue majoritairement par des acteurs états-uniens. Annoncé fin 2025, le transfert a été réalisé début 2026.

Les premiers changements découlant de cette nouvelle gouvernance n’allaient pas précisément dans le sens d’un respect accru de la vie privée, au contraire. Le DoJ estime néanmoins que TikTok a désormais mis en œuvre les mesures nécessaires à la protection des jeunes publics : « Ces évolutions ont considérablement contribué à la réalisation des intérêts publics sous-jacents à la procédure engagée par le ministère et ont renforcé la protection de millions de familles américaines ».

TikTok solde ainsi un dossier judiciaire, mais d’autres procédures restent ouvertes à son encontre outre-Atlantique, notamment celle initiée par 14 procureurs généraux en octobre 2024. Le réseau social y est attaqué pour les mêmes manquements, mais sur une base différente : ici, ce n’est pas la loi fédérale COPPA qui est invoquée, mais le droit de la consommation de chacun des 14 États concernés.

En Europe, le réseau social est également dans la ligne de mire de la Commission européenne, dont les conclusions préliminaires, publiées fin juillet, estiment que TikTok ne répond pas correctement aux obligations de protection des jeunes publics prévues par le DSA.

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Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

RGPD pour tous
Uber : 825 millions d’euros d’amende pour la suspension automatique de chauffeurs

L’autorité de protection des données néerlandaise a infligé à Uber une amende de 825 millions d’euros pour avoir enfreint le RGPD. Uber avait mis en place un système qui suspendait automatiquement les chauffeurs sans aucune décision humaine.

L’Autoriteit Persoonsgegevens (AP, l’équivalent de la CNIL néerlandaise) a infligé à Uber l’une des plus importantes amendes s’appuyant sur le RGPD.

En effet, AP a confirmé ce vendredi 21 août avoir prononcé une amende d’un montant exact de 824 990 000 euros à Uber, car la multinationale « a pris des décisions entièrement automatisées concernant ses chauffeurs ».

« Uber a commis de graves infractions », estime Monique Verdier, responsable de l’autorité. « Des chauffeurs ont été désactivés sans aucune clémence, ajoute-t-elle. « Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés sans aucun revenu provenant d’Uber. C’est interdit. Un ordinateur ne devrait pas prendre de lui-même des décisions qui ont des conséquences majeures pour vous. Ces décisions auraient dû être examinées au préalable par un être humain ».

Décision suite à une plainte de la LDH en France

Cette affaire remonte à 2021, lorsque la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a déposé plainte auprès de la CNIL contre l’entreprise, mandatée par 171 chauffeurs VTC. L’ONG accusait Uber de bannir les chauffeurs de son application après « l’envoi de messages automatiques et strictement identiques, tous établis sur le même modèle », expliquait la plainte qu’avait pu consulter l’AFP à l’époque.

La LDH avait pris cette décision en soutien aux chauffeurs VTC du syndicat FO-INV qui, aidés par l’association suisse PersonalData.IO, avaient établi qu’une partie d’entre eux avait été déconnectée de façon temporaire ou définitive.

Cinq chauffeurs VTC représentés par ce syndicat ont récemment déposé une nouvelle plainte contre Uber.

Dans le message automatique envoyé aux chauffeurs, l’entreprise justifiait la plupart du temps la déconnexion par une « violation de l’un des principes de la charte de la communauté Uber » ou une « anomalie », sans ajouter d’information sur le cas spécifique.

L’avocat de la LDH, Jérôme Giusti, suspectait l’entreprise de vouloir faire le ménage alors que le gouvernement venait de signer une ordonnance organisant le dialogue social de secteur, et notamment des élections professionnelles.

« Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus »

Le siège social d’Uber pour l’Europe étant à Amsterdam, la CNIL a transmis le dossier à son homologue néerlandaise tout en expliquant avoir « étroitement coopéré » avec elle. L’AP avait déjà infligé une première amende de 10 millions d’euros à Uber en 2023 pour des manquements à l’information des chauffeurs ainsi qu’une deuxième dans ce dossier en 2024, cette fois-ci pour 290 millions d’euros pour avoir transféré les données personnelles des conducteurs européens vers des serveurs installés aux États-Unis.

Pour cette troisième amende, encore plus salée, l’autorité néerlandaise a constaté qu’Uber utilisait un logiciel pour surveiller le comportement des chauffeurs au volant et analyser les avis des clients. « Si ce logiciel détectait un soupçon de fraude ou si les avis des clients étaient trop négatifs, les comptes des chauffeurs concernés étaient automatiquement désactivés », explique-t-elle. « Aucune évaluation humaine n’intervenait dans ce processus » de 2018 à 2022, ajoute l’autorité.

Elle s’appuie (sans le dire explicitement dans son communiqué de presse) sur l’article 22 du RGPD pour justifier sa décision. Cet article affirme que « la personne concernée a le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le profilage, produisant des effets juridiques la concernant ou l’affectant de manière significative de façon similaire ».

Dans sa décision formelle, que l’autorité n’a pas encore rendue publique mais à laquelle le Financial Times a eu accès, l’AP ajoute aussi qu’ « Uber a également porté atteinte au droit d’être pleinement informé de ces décisions automatisées ». À nos confrères, Uber a affirmé sa volonté de faire appel de cette amende qu’elle qualifie de « disproportionnée » sur « des politiques anciennes qui avaient été abandonnées il y a des années ».

L’entreprise ajoute : « Nous prenons très au sérieux les décisions qui affectent la capacité des chauffeurs à gagner leur vie et nous nous engageons pleinement à leur garantir un traitement équitable. Cela inclut des contrôles effectués par des humains, des mesures de protection solides et la possibilité pour les chauffeurs de faire appel de nos décisions s’ils estiment que nous avons commis une erreur ».

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GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

Le fermier piste la foule
GTA 6 : Take-Two traque l’auteur des fuites et son memecoin lucratif

Alors que plusieurs nouveaux extraits vidéo sont apparus sur les réseaux sociaux, Take-Two et Rockstar se tournent vers la justice états-unienne pour obtenir de Microsoft, Discord et X les informations qui permettraient d’identifier le responsable des fuites liées à GTA VI, pendant que l’intéressé tire profit des transactions réalisées à l’aide de son memecoin.

Depuis le 18 août, date de diffusion des premiers éléments censés illustrer le comportement en jeu du futur GTA 6, Rockstar et Take-Two multiplient les actions de « notice and take down » (notification et retrait) pour faire disparaitre les vidéos des plateformes sociales. À ce stade, le studio et l’éditeur n’ont cependant pas confirmé la fuite, ni communiqué publiquement sur la façon dont cette dernière aurait pu se dérouler, ou ses éventuelles conséquences sur le lancement du jeu, toujours programmé au 19 novembre prochain sur PS5 et Xbox.

Take-Two invoque le DMCA pour identifier Cyberleek

Rockstar et Take-Two ont en revanche très officiellement pris le mors aux dents pour essayer d’identifier la personne, ou le groupe de personnes, qui se cache derrière le pseudonyme Cyberleek et qui a déjà diffusé plus d’une dizaine d’extraits vidéo qui semblent avoir été réalisés à partir d’une version jouable du jeu. Dans l’une de ces vidéos, on voit en effet le personnage incarné par le joueur tracer le mot Leek, allusion explicite au pseudonyme Cyberleek.

Vendredi 20 août, l’éditeur a notamment obtenu d’une cour fédérale de New York une injonction (PDF) destinée à Microsoft et Discord, obligeant les deux sociétés à « produire l’identité des entités ou des personnes soupçonnées de porter atteinte aux droits d’auteur de Take-Two Interactive Software, Inc. ». Le lendemain, il a déposé une nouvelle requête, adressée cette fois à X (PDF). Elle invoque à nouveau la loi états-unienne de protection du droit d’auteur (Digital Millennium Copyright Act, ou DMCA), pour exiger du réseau social toutes les informations permettant d’identifier le détenteur du compte @cyberleek_ar_io.

D’après la plainte, les contenus diffusés par ce compte enfreignent « les droits d’auteur détenus par Take-Two pour GRAND THEFT AUTO VI, logiciel propriétaire appartenant à Take-Two (…) Le matériel protégé comprend, sans s’y limiter, le contenu audiovisuel, les illustrations, les images, les dialogues et autres éléments créatifs ».

Le compte en question a déjà été suspendu par X, tout comme le compte Telegram par lequel le pirate communiquait avec son audience. Sa présence identifiable en ligne se résume de ce fait maintenant à son site Web, sur lequel l’intéressé propose de voter pour choisir le contenu de sa prochaine divulgation de contenu issu du jeu, en échange d’une transaction en cryptomonnaie.

Un site hébergé sur une blockchain à stockage « permanent »

La maison mère de GTA risque d’avoir besoin de moyens plus musclés qu’une simple injonction judiciaire pour obtenir la fermeture du site en question. Celui-ci n’est en effet pas situé chez un prestataire standard (qui pourrait recevoir la notification et procéder au retrait) : il est hébergé sur le protocole de stockage décentralisé Arweave, qui promet un stockage permanent des données sur une blockchain dédiée en échange d’un paiement unique au moment du dépôt.

Sur ce site, le pirate propose aux internautes de voter pour le contenu de sa prochaine révélation, en exploitant une cryptomonnaie éponyme, elle-même basée sur le protocole Solana. En fouillant dans les registres de cette dernière, on découvre que l’opération a fait l’objet d’un montage complexe, visant à dissimuler au maximum les traces qui permettraient de remonter à l’émetteur.

On apprend aussi que le memecoin Cyberleek, utilisé pour ces transactions, a été lancé le 15 août, soit trois jours avant la première fuite. On constate enfin que la mécanique se révèle lucrative à plus d’un titre. De quoi écorner le discours du pirate selon lequel cette fuite est motivée par la volonté de lutter contre la politique de dématérialisation envisagée par Rockstar…

Un memecoin lucratif à plus d’un titre

En partant de l’adresse utilisée par le(s) pirate(s) pour collecter les paiements des internautes en échange de leur vote, nous avons retracé les principales étapes de la création de ce memecoin, le 15 août dernier. L’émetteur a d’abord collecté l’équivalent de 25 000 dollars en SOL (la cryptomonnaie Solana) au travers d’un portefeuille intermédiaire, lui même alimenté de 47 versements réalisés depuis 13 adresses différentes.

À partir de cette mise de départ, il a ensuite créé la monnaie Cyberleek, en émettant 1 milliard de tokens, dont 270 millions ont été envoyés, environ sept minutes après création, sur une adresse distincte.

Tout ou partie du solde a été ouvert aux échanges. La popularité de GTA 6 et la médiatisation associée aux fuites ont rapidement contribué à la visibilité du jeton Cyberleek, dont la valorisation s’est envolée, bien qu’elle ne soit adossée sur aucune valeur tangible.

Typique des memecoins (une cryptomonnaie adossée à un phénomène viral plutôt qu’à un actif concret ou une promesse tangible), cette volatilité est doublement lucrative pour l’émetteur. Outre sa réserve d’actifs qui prend de la valeur avec les mouvements spéculatifs, on constate en effet que le wallet (portefeuille) qui a servi à la création reçoit des versements associés aux frais de transaction appliqués sur les échanges en Cyberleek.

Evolution du cours du Cyberleek – source Coinmarketcap, capture d’écran Next

Dans ce cas précis, l’émetteur a choisi de ne pas capitaliser sur sa réserve d’actifs. L’historique du portefeuille qui l’abritait révèle que les 270 millions de tokens placés en réserve ont été brûlés (détruits) samedi 22 août, une façon peut-être de renforcer le narratif selon lequel la démarche de piratage est altruiste et non motivée par l’appât du gain.

270 millions de tokens ont été brûlés le 22 août, pour une valeur approximative de 795 000 dollars au cours du Cyberleek au moment de l’opération – capture d’écran Next

Notons que ces éléments, documentés par nos soins après analyse des transactions publiques recensées sur le registre de la blockchain Solana, sont parcellaires et ignorent sans doute certains aspects de la mécanique mise en place. Le calendrier qu’ils confirment, calibré pour que la fuite serve de catalyseur au memecoin et la complexité qu’ils esquissent laissent toutefois augurer une démarche préméditée et élaborée avec soin, qui fait plus penser à un réseau organisé qu’à un pirate isolé œuvrant pour la préservation des jeux sur support physique…

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Apple a payé 40 % de ses impôts mondiaux en Irlande en 2025

Petite équipe, gros profits
Apple a payé 40 % de ses impôts mondiaux en Irlande en 2025

Les nouvelles obligations européennes de transparence fiscale permettent de regarder d’un peu plus près où les géants de la tech déclarent leurs bénéfices, et où ils paient leurs impôts. Pour Apple comme pour Microsoft, l’Irlande occupe une place considérable.

40 % de l’impôt mondial sur les sociétés réglé par Apple durant le dernier exercice fiscal de l’entreprise (clos en septembre 2025) est parti dans les poches du fisc irlandais. Soit 17 milliards de dollars, sur un total de 43 milliards. Attention, cela ne signifie pas que cette somme représente une charge fiscale normale ou récurrente, puisqu’elle inclut les 13 milliards d’euros d’arriérés fiscaux imposés à Apple après l’arrêt définitif de la Cour de justice de l’UE en 2024.

Ce très long dossier avait débuté en 2016 par une décision de la Commission européenne qui ordonnait au constructeur informatique de rembourser à l’Irlande des avantages fiscaux jugés indus. Apple a bénéficié de deux décisions fiscales très favorables de la part du pays, en 1991 et en 2007, ce qui a « substantiellement et artificiellement réduit le montant de l’impôt » de deux filiales européennes de l’entreprise, reprochait Bruxelles. On parlait alors d’une imposition de moins de 1 % sur les bénéfices.

Cette véritable saga a connu des rebondissements mémorables, comme l’annulation de la décision de la Commission par le Tribunal de l’Union européenne en 2020. La plus haute juridiction européenne s’est finalement rangée du côté de l’accusation.

Apple et l’Irlande n’ont cependant pas attendu pour mettre en place un mécanisme de remboursement. Dès 2018, l’entreprise versait 14,3 milliards d’euros (les 13,1 milliards d’arriérés d’impôts, plus 1,2 milliard d’intérêts) dans un compte séquestre, en attendant l’issue du contentieux. Le verdict de la Cour de justice de l’UE, en septembre 2024, a permis de débloquer le séquestre : 12,7 milliards d’euros ont ensuite été transférés au fisc irlandais entre l’automne 2024 et le début de 2025. La somme devient alors, juridiquement, un paiement d’impôts à l’Irlande.

Les généreux bénéfices d’Apple en Irlande

Apple a par ailleurs comptabilisé 34,64 milliards de dollars de bénéfice avant impôt en Irlande, soit un peu plus du quart de son bénéfice mondial (132,7 milliards). Un montant considérable, qui représente 6 millions de bénéfice avant impôt pour chaque employé de la filiale irlandaise du groupe (5 575 salariés, soit 3 % des effectifs mondiaux).

Les salariés de la filiale française (2 611 postes) doivent eux se contenter, si l’on peut dire, de 63 700 dollars de bénéfice avant impôt par tête de pipe. Apple a déclaré 1,63 milliard de dollars de revenus dans l’Hexagone en 2025, pour un peu plus de 166 millions de bénéfice avant impôt. L’entreprise a versé 63,37 millions de dollars d’impôts au fisc français.

Apple a l’habitude d’affirmer qu’elle est « depuis longtemps l’un des plus gros contribuables au monde ». En particulier quand des histoires d’optimisation fiscale remontent à la surface.

Si on en sait un peu plus sur la situation fiscale d’Apple en Irlande et ailleurs en Europe, c’est en vertu d’une nouvelle obligation européennes de reporting pays par pays. Les grandes entreprises sont désormais tenues de publier leurs revenus, bénéfices et impôts sur les sociétés, pour chacun des États membres de l’UE (ce PDF pour l’Espagne, par exemple).

Le reporting d’Apple pour son exercice fiscal 2025 dans l’ensemble de l’Union européenne est disponible à cette adresse du site du CRO, le registre officiel des sociétés en Irlande.

Microsoft doit également respecter la règle. On sait ainsi que 38 % du bénéfice mondial avant impôt de Microsoft a été comptabilisé en Irlande durant son exercice fiscal 2025 (qui se clôt fin juin pour l’éditeur). Cela représente plus de 7 millions de dollars par salarié. L’éditeur de Windows appelle d’ailleurs à prendre ces chiffres avec une certaine prudence.

Le reporting pays par pays obéit à des règles différentes de celles utilisées dans sa comptabilité américaine. Il faut également distinguer l’impôt dû au titre d’un exercice, de l’impôt payé effectivement durant la même période. Microsoft prend pour exemple la France, où le montant d’impôt payé durant l’exercice 2025 a été affecté par un remboursement exceptionnel qui correspond à un trop-perçu des années précédentes. Au cours des trois exercices précédents, l’entreprise avait versé à Bercy 374 millions de dollars au titre des impôts.

La fiscalité irlandaise toujours très douce

Dans les comptes 2025 d’Apple (PDF), l’Europe est le deuxième segment géographique par chiffre d’affaires avec 111 milliards de dollars de ventes. Derrière les Amériques (178,4 milliards), mais devant la Chine (64,4 milliards).

L’Irlande a longtemps été un des principaux havres fiscaux en Europe, avec une astuce comptable connue sous le nom de « double Irish ». Ce montage d’optimisation fiscale permettait à des multinationales de faire transiter leurs bénéfices par deux sociétés irlandaises, dont l’une était domiciliée dans un paradis fiscal pour réduire fortement la douloureuse des impôts.

Ce dispositif a été fermé aux nouveaux entrants en 2015, mais le climat fiscal du pays demeure malgré tout très doux. Son taux d’impôt sur les sociétés reste fixé à 12,5 % sur les bénéfices commerciaux. Le taux effectif minimum est de 15 % pour les très grands groupes, en vertu de nouvelles règles internationales.

De nombreuses multinationales ont installé leur siège européen en Irlande, comme c’est le cas d’Apple (à Cork, plus précisément). Le Financial Times rapporte qu’en 2024, trois entreprises ont représenté près de la moitié de l’impôt sur les sociétés au pays : Apple, Microsoft et le groupe pharmaceutique Eli Lilly.

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Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

Une neutralité toute relative
Les États-Unis abandonnent l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s pour tous

La FCC a finalement abandonné l’objectif d’un Internet à 1 Gbit/s qu’elle avait elle-même donné à son pays en 2024. Officiellement dans le but d’être « technologiquement neutre », cette décision enlève une épine dans le pied de Starlink.

Le très haut débit pour tous aux États-Unis, c’est pas encore gagné. Et l’administration Trump vient d’abandonner l’objectif d’avoir, à long terme, un Internet à 1 Gbit/s pour tous.

En France, tous les internautes n’ont pas une connexion fixe très haut débit, mais en octobre dernier, l’Arcep annonçait que 93 % des locaux étaient éligibles à la fibre. Cela ne veut pas dire un Internet à 1 Gbit/s pour tous, mais on peut se projeter raisonnablement dans un avenir dans lequel cela sera possible.

De l’autre côté de l’Atlantique, on en est encore loin de cet objectif. Pourtant, comme l’a repéré ArsTechnica, la Federal Communications Commission (l’agence de régulation américaine des télécommunications) a rayé d’un trait de plume l’objectif d’un haut débit de 1 Gbit/s en descente, associé à un débit de 500 Mbps en upload. Cet objectif avait été fixé par la même agence. Mais la directive avait été prise en 2024, sous l’administration de Joe Biden.

Supprimer sans remplacer l’objectif

Depuis le retour de Donald Trump, le républicain Brendan Carr est à la tête de la FCC. Celui-ci avait fait la proposition [PDF] de supprimer cet objectif en juillet 2025. « Nous proposons de supprimer sans le remplacer l’objectif à long terme de 1 000/500 Mbps fixé dans le rapport de 2024 », affirmait-il. « Non seulement l’article 706 ne fait aucune mention d’un objectif à long terme, mais le maintien d’un tel objectif risque de fausser le marché en désignant inutilement des gagnants et des perdants sur le plan technologique ».

Et, en effet, l’objectif fixé sous l’administration Biden ne comportait aucune date butoir à laquelle le pays devait l’atteindre. Mais la FCC aurait simplement pu en fixer une. Quant au deuxième argument, il semble étonnant. Mais il est confirmé dans le document officiel publié par la FCC la semaine dernière.

Ainsi, celui-ci affirme que cet objectif pourrait violer les obligations de l’agence de « rester technologiquement neutre », ajoutant étonnamment qu’« abaisser les normes pour garantir que certaines technologies puissent atteindre un niveau de référence va à l’encontre de la neutralité technologique ».

Pas de preuve qu’un objectif soit nécessaire, selon la FCC

On pourrait imaginer que cet objectif servirait plutôt, aux États-Unis, à pousser les débits vers le haut. Mais la FCC assume son désaccord avec de nombreux commentaires à ce sujet : « Nous ne partageons pas l’avis des commentateurs qui affirment, sans apporter de preuves, que la définition d’un objectif à long terme est nécessaire pour encourager l’innovation et renforcer la compétitivité américaine », indique le document. Une note de bas de page ajoute : « À l’heure actuelle, nous ne connaissons pas la nature des préférences futures des consommateurs et, étant donné que cet objectif n’est pas imposé par la loi et ne sert aucun objectif utile (comme expliqué dans le présent document), nous estimons qu’il est prudent de le supprimer ».

Ciblant, en creux, le lobbying de certains industriels, la commissaire démocrate Anna Gomez a apporté un point de vue différent dans le document officiel : « Abaisser les normes pour permettre à certaines technologies d’atteindre un seuil de référence va à l’encontre de la neutralité technologique », commente-t-elle.

« La neutralité technologique exige l’évaluation de toutes les technologies selon la même norme et le soutien de celles qui offrent les meilleures performances. Nous n’avons pas besoin d’abaisser les normes ni de les supprimer complètement pour permettre à certaines technologies de prospérer malgré leurs lacunes », a ajouté Anna Gomez.

Starlink, qui est à la peine face à ses concurrents concernant le débit ascendant mais aussi descendant selon Speedgeo, peut souffler : la FCC ne lui mettra pas de bâton dans les roues avec cet objectif maintenant abandonné.

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La pub sur Next : aidez-nous à distinguer les vraies fausses pubs des fausses vraies pubs


La pub sur Next : aidez-nous à distinguer les vraies fausses pubs des fausses vraies pubs

Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, nous testons votre connaissance du site et plus particulièrement des fausses pubs créées de toutes pièces par Flock. Il a en effet créé de fausses fausses pubs et nous avons besoin de vous pour les identifier.

Sur Next, il n’y a plus aucun contenu sponsorisé (quelle que soit la forme), tracker ou publicité sur le site depuis le rachat par moji, une promesse forte de Ferdinand. Enfin presque… Flock dessine de temps en temps de fausses pubs affichées sur le site.

Il a visiblement pris un coup de soleil pendant ces vacances et voilà qu’il nous envoie maintenant des fausses fausses pubs… les fausses pubs d’origine deviennent donc de vraies pubs et nous avons besoin d’aide pour les retrouver.

Ci-dessous, 10 images côte à côte : l’une est une vraie fausse pub, l’autre une fausse fausse pub. Cliquez sur la vraie fausse pub et essayez d’arriver au maximum, 10 points. Mais le bougre a compliqué les choses. Parfois c’est le dessin qui est modifié, parfois le texte. Soyez attentif !

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La crise de la mémoire plombe les smartphones, en Europe et dans le monde

L'entrée de gamme s'effondre
La crise de la mémoire plombe les smartphones, en Europe et dans le monde

Comme prévu, ce n’est pas la joie sur le marché des smartphones, à part si on s’appelle Apple ou, dans une moindre mesure, Samsung. Les statistiques pour le deuxième trimestre confirment le coup de froid lié à la crise de la mémoire, que ce soit en Europe ou partout ailleurs dans le monde.

Les expéditions de smartphones sont à la peine en Europe. Counterpoint Research a fait le point et il n’est pas encourageant : 35 millions d’unités expédiées au deuxième trimestre, un volume en recul de 10 % par rapport à l’an dernier. Le marché européen retrouve le même niveau qu’en 2023.

« La situation reste très difficile pour le marché européen des smartphones », explique Jan Stryjak, directeur associé de la maison d’analyses. Il y a évidemment la crise de la mémoire qui oblige les constructeurs à augmenter les prix de leurs appareils, « une situation que n’arrange pas la rareté généralisée des promotions, les fabricants cherchant à préserver leurs marges ». Et puis la situation macroéconomique, avec les guerres en Ukraine et en Iran, fait flamber l’inflation et dégrade les perspectives financières de la région.

Il relève toutefois une situation « relativement meilleure » en Europe de l’Ouest, notamment grâce à Apple qui a pesé 34 % des expéditions au deuxième trimestre : un chiffre qui progresse de 9 points d’une année sur l’autre. Le constructeur a lancé l’iPhone 17e début mars ; ce modèle un peu moins cher que le reste de la gamme a probablement tapé dans l’œil et dans le budget de nombreux consommateurs. L’iPhone 17 conserve lui aussi un fort attrait.

Samsung a aussi tiré les marrons du feu, avec exactement le même pourcentage des expéditions qu’Apple (34 %). La progression du constructeur coréen est de 3 points par rapport à l’an dernier. Les autres acteurs affichent une contraction :- 3 points pour Xiaomi (15 %),- 2 points pour Oppo (4 %),- 1 point pour Honor (3 %). Tous des représentants de l’entrée de gamme, qui souffrent plus que les autres de la RAMpocalypse.

La situation ne devrait pas s’améliorer de sitôt. « Avec des stocks qui s’épuisent à travers l’Europe, nous nous attendons à de nouveaux reculs au cours des prochains trimestres, en particulier pour les acteurs positionnés sur l’entrée de gamme », décrypte Jan Stryjak. Apple restera une exception, ajoute-t-il.

Counterpoint a aussi relevé une baisse de 10 % en Amérique latine au deuxième trimestre, et de 8,6 % des ventes en Chine durant les 30 premières semaines de l’année.

Image : IDC

Sur un plan plus global, la température est tout aussi fraîche. IDC a relevé une baisse des expéditions de 6,7 % dans le monde durant le deuxième trimestre, pour un total de 277,5 millions d’unités. Les deux premiers, Samsung et Apple, sont les seuls constructeurs à enregistrer une hausse (de respectivement 8,1 et 15,3 %). Les autres essuient des chutes à deux chiffres.

« Le coût de la mémoire a augmenté de près de 300 % en un an et représente désormais plus de 65 % du coût des composants sur l’entrée de gamme », détaille la directrice de recherche Nabila Popal. La situation rend la survie de ces fabricants « de plus en plus difficile », soutient-elle.

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Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

Ils ne savaient pas que c'était possible, alors ils l'ont fait
Le piratage du ministère de l’Intérieur : un coup de bol opportuniste, et même pas ciblé

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) sur le piratage de fichiers du ministère de l’Intérieur révèle qu’il a commencé par la compromission de l’ordinateur personnel d’un fonctionnaire du ministère de… l’Agriculture. Le ou les auteurs de l’intrusion ont ensuite passé deux mois et demi à farfouiller leurs systèmes respectifs, parvenant à franchir près d’une dizaine de lignes de défense en profondeur, avant de réussir à exfiltrer 96 fichiers policiers… auxquels ils n’auraient initialement jamais pensé pouvoir accéder.

Fin décembre, Le Canard enchaîné révélait que le « fric-frac informatique du ministère de l’Intérieur » avait duré du dimanche 9 novembre au jeudi 4 décembre, soit 26 jours, « une très longue journée portes ouvertes ». « C’est la consultation compulsive – le week-end et la nuit – de ce listing ultra-sensible qui a déclenché l’alerte », soulignait le caneton.

D’après un bilan du ministère de l’Intérieur, que le Canard avait pu consulter, « les dégâts sont bien plus importants qu’annoncé : 37 serveurs de messagerie sur 250 ont été compromis, et 14 fichiers de police ont été visités, dont celui des personnes recherchées, qui contient notamment les fichés S ».

Il expliquait que l’intrusion aurait été facilitée du fait que « nombre de poulets se tamponnent le coquillard de la sécurité informatique ». Pour se connecter au système de Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisés (CHEOPS), le portail permettant d’accéder aux fichiers de la police et de la gendarmerie, il faut normalement utiliser sa carte professionnelle, dotée d’une puce, ainsi qu’un code à quatre chiffres.

Or, « les poulets, moins disciplinés que les pandores, utilisent à tort et à travers un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres », qu’un policier aurait partagé en clair dans un e-mail auquel le pirate avait pu accéder.

Un cleptogiciel commercialisé entre 300 et 500 $ par mois

L’enquête de l’Office anticybercriminalité (OFAC) de la police judiciaire, que Le Monde a pu consulter, révèle une intrusion autrement plus complexe qui, à défaut d’être particulièrement sophistiquée, montre que les pirates ont passé deux mois et demi à errer dans un labyrinthe de systèmes informatiques interconnectés, et dû franchir de nombreuses défenses en profondeur avant de pouvoir parvenir aux fichiers qu’ils avaient exfiltrés.

La compromission du ministère de l’Intérieur remonte en réalité à un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, surnommé « patient zéro de l’attaque » par les enquêteurs. Dans la soirée du 19 septembre 2025, l’intéressé consulta sa boîte mail professionnelle, depuis son domicile dijonnais, sur son ordinateur personnel.

L’article du Monde laisse entendre qu’il aurait alors cliqué sur un lien adressé à son e-mail professionnel, le conduisant « sur un faux site proposant le téléchargement de logiciels d’édition musicale ». L’article ne précise pas s’il en avait téléchargé un ou s’il s’était contenté de visiter le site, reste que son ordinateur personnel fut contaminé par l’ « infostealer » (« cleptogiciel » en français) Rhadamanthys.

Le journaliste Valéry Rieß-Marchive, rédacteur en chef du MagIT, et l’un des meilleurs observateurs français des arcanes de ce type de cyberattaques, relève sur LinkedIn et sur X que la mention du nom du cleptogiciel utilisé est « rare et ce n’est pas anodin » : le détournement de comptes légitimes suite au passage de tels infostealers, « c’est classique. L’établir est plus rare. Beaucoup plus rare. »

Il émet l’hypothèse selon laquelle cette mention serait potentiellement liée au fait qu’Europol avait annoncé le démantèlement de l’infrastructure de Rhadamanthys, en novembre dernier, dans le cadre d’Endgame, une opération de grande envergure visant à démanteler les botnets et infrastructures criminelles qui y sont associées.

Valéry Rieß-Marchive précisait dans l’article qu’il y avait alors consacré que Rhadamanthys « était proposé avec de multiples plugins et commercialisé entre 300 et 500 $ par mois, payables en cryptopépettes ». À défaut de savoir si les auteurs du piratage du ministère de l’Intérieur étaient eux-mêmes clients de Rhadamanthys, ou s’ils avaient acheté à l’un de ses utilisateurs et/ou revendeurs les données liées au « patient zéro de l’attaque », cette dernière reposait donc aussi sur toute une chaîne logistique, en matière de cyberdélinquance, allant bien au-delà d’un simple piratage de login et mot de passe.

« Une faille sur un outil interne accessible depuis un simple navigateur web »

L’article du Monde ne précise pas si les antivirus et autres systèmes de sécurité du ministère de l’Agriculture auraient pu bloquer l’installation de cet infostealer sur l’ordinateur professionnel du fonctionnaire, mais il est loisible de le penser.

« Quand l’ordinateur personnel d’un collaborateur devient le vecteur d’attaque, le rebond vers le réseau professionnel est désormais quasi immédiat », remarque de son côté Henri d’Agrain, délégué général du Cigref (ex-club informatique des grandes entreprises françaises), en réponse à Valéry Rieß-Marchive.


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☕️ Apple Music va étiqueter la musique IA



Apple Music va étiqueter les morceaux générés par IA d’ici la fin de l’année. Le service de streaming a prévenu ses partenaires de la filière via un courriel obtenu par Billboard. Les chansons signalées comme « largement générées à l’aide de l’IA » par les maisons de disques et les distributeurs auront droit à un tag « Made With AI ».

En mars, la plateforme d’Apple avait dévoilé son système de signalement « AI Transparency Tags », par lequel les fournisseurs de musique doivent indiquer quand et où l’IA a été utilisée de manière « significative » – dans la création des visuels par exemple, ou encore le clip vidéo, la composition ou la chanson. « Tout contenu provenant principalement d’un service d’IA générative », précise le courriel.

Ces informations, qui permettront à Apple Music d’identifier les contenus concernés, devront obligatoirement être fournies par les distributeurs. Et si certains ne jouent pas le jeu ? Olivier Schusser, le directeur du service, expliquait à Billboard en avril qu’Apple avait développé une technologie qui permet de « savoir précisément quel type de musique nous est envoyé, quel modèle d’IA a été utilisé ».

Apple pourrait donc aisément mettre la main au collet des titres IA. Mais le responsable estimait que la responsabilité devait être portée par les fournisseurs de contenus. « Toutes les maisons de disques dans le monde nous livrent des contenus utilisant l’IA, même si elles n’en ont pas forcément conscience. Elles doivent elles aussi développer des outils pour comprendre l’ampleur de cette utilisation », déclarait-il.

La musique générée par IA ne représente que 0,5 % des écoutes sur Apple Music, a indiqué Olivier Schusser. En revanche, plus d’un tiers des chansons téléversées sur les serveurs de la plateforme est généré par IA. Apple Music rejoint ainsi Deezer, Tidal et Spotify dans le signalement des morceaux IA.

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Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

De l'intérêt d'être INdépendant
Une nouvelle attaque sur la supply chain vise les développeurs Rust via arrayref

L’équipe Rust a signalé jeudi une attaque visant un crate très populaire, arrayref. Elle a permis, pendant un peu plus d’une heure, de distribuer des composants vérolés vraisemblablement destinés à la récupération de mots de passe sur les machines des utilisateurs finaux. L’incident, rapidement contenu, s’inscrit dans une longue liste d’attaques visant la chaîne d’approvisionnement.

L’équipe en charge de la maintenance du langage Rust et de ses composants a alerté jeudi 20 août d’une attaque visant arrayref, un crate (l’unité de compilation de base, qui se présente soit sous forme de binaires, soit comme une bibliothèque) très courant.

Pour ce faire, les auteurs ont réussi à publier sur crates.io, le registre de paquets Rust, un composant baptisé proc-macro1. Il contenait un build script (code qui s’exécute à la compilation) ayant pour objet de déclencher le téléchargement d’une charge malveillante de type infostealer (vol de données).

Une charge calculée pour extraire des données

Pour favoriser la diffusion de leur attaque (dont le nom est une forme de typosquatting d’un autre crate légitime, proc-macro2), les attaquants ont réussi à modifier le crate arrayref pour que leur charge soit appelée lors de l’utilisation de ce dernier. Ils ont également piégé de la même façon d’autres composants courants (internment, append-only-vec).

D’après l’équipe Rust, la fenêtre de diffusion s’est heureusement révélée limitée, suite à une alerte rapidement formulée par les chercheurs de Nextron Systems. Elle estime ainsi que les composants vérolés sont restés en ligne entre 90 et 107 minutes : un laps de temps trop court pour permettre une propagation à grande échelle, mais tout de même suffisamment long pour que des développeurs aient pu être touchés.

« Nous vous recommandons de vérifier vos dépendances locales pour vous assurer que ces crates n’ont pas été téléchargées », déclare ainsi l’équipe Rust, qui invite à vérifier le contenu du dossier ~/.cargo/registry/cache pour y débusquer les éventuelles versions vérolées.

Deux chercheurs de l’entreprise de cybersécurité Wiz (passée aux mains de Google en mars 2026) ont détaillé le contenu exact de la charge malveillante. Lancée donc dès la compilation, elle a vocation à reconstruire une URL de destination pour l’envoi de données volées, désactiver la validation d’un certificat TLS et ainsi autoriser le contrôle et commande à distance (C2).

Elle télécharge ensuite un composant spécifique à l’OS et à l’architecture de la machine et lance ce dernier, qui commence ensuite à extraire des informations, en s’intéressant notamment aux identifiants stockés au niveau du navigateur. Il s’installe par ailleurs de façon persistante, soit via le registre Windows, soit au moyen de LaunchAgent (macOS) ou systemd (Linux).

Le compte d’un mainteneur compromis

Les attaquants n’ont probablement pas choisi leur cible au hasard. Le crate arrayref compte en effet la bagatelle de 245 millions de téléchargements, et il est utilisé comme dépendance dans 400 autres crates populaires, utilisés notamment sur les chaînes de blocs Ethereum et Solana, associées à des cryptomonnaies bien connues.

La subtilité ici réside dans le fait que le crate arrayref ne comportait en tant que tel aucun code malveillant, notent les chercheurs de Step Security : c’est simplement son fichier de dépendances qui était modifié.

La version corrompue, arrayref@0.3.10, semble avoir été publiée depuis le compte d’un mainteneur Rust historique, et non des moindres puisqu’il s’agirait de l’auteur du crate initial, initialement publié il y a 15 ans. « Nous ne pensons pas que l’auteur d’arrayref agisse de manière malveillante, mais son ordinateur ou ses identifiants sont probablement compromis, et nous essayons de le contacter », indique l’équipe Rust.

Dans la foulée de la publication, les attaquants ont yanké (retiré) les versions 0.3.5 à 0.3.9 du crate arrayref pour que les développeurs soient enclins à lancer cargo update, la commande de mise à jour censée précisément les protéger lorsque leur environnement exploite une version obsolète (et donc potentiellement vulnérable) d’un composant.

L’attaque a donné lieu à la publication, vendredi, d’une CVE (2026 - 77651) qualifiée de critique avec un score de 9,8.

Pour Wiz, le mode opératoire et une adresse IP détectée par l’une des victimes de l’attaque rappellent directement de précédentes attaques sur la chaîne d’approvisionnement (supply chain) telles que celles menées ces derniers mois contre Trivy, Axios et npm.

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[Tuto] Quitter Google/Apple Photos et installer Immich (open source) sur un petit VPS

Clic Clac c’est dans VOTRE boite
[Tuto] Quitter Google/Apple Photos et installer Immich (open source) sur un petit VPS

Et si vous repreniez la main sur vos données ? Après les mots de passe, nous vous expliquons comment sauvegarder vos photos sur un serveur (VPS) maison grâce à Immich, une application gratuite et open source. Les amateurs de Google Photos ne seront pas dépaysés.

Quand nous avons commencé nos articles sur les VPS, l’idée était simple : louer pour quelques euros par mois un serveur privé virtuel afin de reprendre possession de nos données, via des applications open source. Nous avons déjà expliqué comment installer le gestionnaire de mots de passe Vaultwarden et un VPN. N’oubliez pas de vérifier et de renforcer la sécurité, un serveur exposé sur Internet est attaqué plusieurs milliers de fois par jour en moyenne.

Immich, un clone open source de Google Photos

Aujourd’hui, on s’attaque à vos photos et vidéos. Pour remplacer Google et Apple Photos, il existe plusieurs alternatives. Nous avons choisi Immich, dont la version 3.0.0 a été mise en ligne cet été. Immich est composé d’une partie serveur (pour stocker les données) et de clients mobiles, pour Android et iOS.

Immich recommande une machine avec 6 Go de mémoire et 2 vcores minimum. Notre VPS de test en a respectivement 8 et 4. La méthode d’installation décrite dans le guide de démarrage rapide passe par Docker, que nous avons déjà installé pour Vaultwarden.

Nous pouvons donc entrer dans le vif du sujet. Comme toujours, on se connecte à notre VPS via PuTTy. Si vous avez bien suivi notre tuto sur la sécurité, normalement vous n’utilisez plus de mot de passe pour la connexion, mais une clé SSH.

Téléchargement et installation en quelques lignes de commandes


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☕️ L’IRD confirme un piratage, les données de 7 500 personnes exposées



L’Institut de recherche pour le développement (IRD) a annoncé ce mardi 18 aout à son personnel, via une lettre en PDF que Next a pu se procurer, qu’une « intrusion d’origine externe dans son système d’information » a eu lieu cet été. Ce piratage a conduit, selon la PDG de l’institut, Valérie Verdier, qui signe ce courrier, « à l’exposition des données de 7 500 personnes ».

Ce chiffre est particulièrement frappant lorsqu’on le compare au nombre d’agents travaillant pour l’organisme. En effet, le rapport d’activité de l’IRD de 2025 publié en juin dernier indique que l’organisme compte 2 249 agents.

Dans ce courrier, la responsable fait la liste des données qui ont été exposées :

  • « vos données d’identification : nom, prénom(s), sexe, nationalité, date et lieu de naissance ;
  • vos données relatives à la vie personnelle : adresse postale et numéro de téléphone personnels ;
  • vos données relatives à la vie professionnelle : matricule agent, rattachement administratif, affectation géographique, statut, corps, grade, poste, niveau, échelon, emploi, discipline, adresse
    électronique professionnelle, numéro de téléphone pofessionnel ;
  • votre numéro de sécurité sociale ».

Toujours selon le document, l’incident aurait été détecté par l’IRD le 24 juillet. C’est le 6 aout que l’enquête menée en interne a permis d’établir que ces données ont été exposées. Néanmoins, « à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de confirmer que ces données aient été exfiltrées », précise la lettre.

Valérie Verdier ajoute que son organisme de recherche a « immédiatement engagé des investigations afin d’en déterminer l’origine, l’étendue et les conséquences. Elle assure que « les mesures nécessaires pour contenir l’incident, sécuriser les systèmes concernés et rétablir progressivement les services ont été appliquées depuis cette date ».

La direction explique que la « situation est susceptible d’entraîner notamment des risques de piratage de compte, d’usurpation d’identité ou de fraude ».

Elle assure aussi avoir signalé l’incident aux autorités compétentes, porté plainte et mis en place une cellule de crise. De façon pratique, elle signale avoir mis à l’isolement des serveurs informatiques concernés afin de limiter les risques et travailler en coopération avec l’ANSSI, le CERT RENATER, le Centre opérationnel de la sécurité des systèmes d’information (COSSI) et le fonctionnaire de sécurité des systèmes d’information (FSSI).

L’IRD vient aussi de publier un communiqué plus succinct.

Ce n’est pas la première institution de recherche française à subir un incident de ce genre cette année. En effet, le CNRS a fait part en février dernier d’une fuite de données concernant les personnels recrutés avant le 1/1/2007.

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GitHub attribue (encore) sa panne du 17 août à un problème de capacité

Too fast too furious
GitHub attribue (encore) sa panne du 17 août à un problème de capacité

GitHub a été victime lundi d’une panne globale qui a entraîné une interruption de service de plus de 7 heures. Dans son post-mortem, la plateforme invoque une nouvelle fois un problème de capacité, dû à l’explosion du volume de requêtes découlant des pratiques liées à l’IA générative. Et promet, encore, qu’on ne l’y reprendra plus.

La panne du 17 août a finalement duré 7 heures et 47 minutes, d’après le décompte officiel. « Si vous avez essayé de livrer du code ce jour-là, on vous a laissé tomber », admet Vlad Fedorov, directeur technique de GitHub, dans un billet de blog en forme de post-mortem. L’incident, largement relayé sur les réseaux sociaux, a en effet touché la quasi-totalité des services de la plateforme, qu’il s’agisse de l’authentification, du site Web proprement dit, de l’accès aux dépôts, des pull requests ou des fonctions d’IA générative Copilot.

Le mea culpa se justifie d’autant plus que cet incident n’est pas isolé. Comme le rappelle Fedorov, GitHub a déjà été victime d’une panne de grande ampleur le 6 août dernier. Les premiers mois de l’année ont eux aussi été marqués par une série de dysfonctionnements ponctuels ou de ralentissements. Elle avait conduit l’entreprise, propriété de Microsoft, à présenter ses excuses aux développeurs en avril dernier.

Un pic de trafic le 17 août

Que s’est-il précisément passé lundi ? GitHub indique que la panne n’est due ni à une faille de sécurité, ni à une erreur manuelle. D’après Fedorov, elle découle purement et simplement d’un pic de trafic que les infrastructures en place n’ont pas été capables d’absorber correctement. « La pression sur la capacité qui en a résulté s’est propagée à l’ensemble de nos systèmes, provoquant des échecs d’authentification et perturbant plusieurs services GitHub », décrit l’intéressé.

C’est au niveau d’un composant critique, hébergé dans le datacenter Central US, que la congestion est intervenue, comme le révèle le rapport d’incident associé :

« À l’origine, ce problème était dû à un pod sidecar Istio ayant atteint ses limites de concurrence et ne parvenant pas à une mise à l’échelle automatique correcte en raison d’une politique mal configurée qui surveillait le service hôte mais pas les limites du sidecar. Cette défaillance s’est propagée en cascade, et finalement quatre nœuds HAProxy ont atteint leurs limites de flux, dégradant le chemin d’authentification de la passerelle et provoquant une latence et des échecs d’authentification généralisés. »

En réponse, les équipes techniques ont mis en place des routes parallèles, isolé l’infrastructure concernée, suspendu HAProxy sur les nœuds concernés et lancé la restauration des différents services tombés, mais le plan de continuité ne s’est pas déroulé tout à fait comme prévu. « Des erreurs dans ces services ont déclenché une boucle de nouvelles tentatives côté client, ce qui a augmenté le trafic pendant la récupération. Nous avons dû atténuer ce comportement avant de pouvoir rétablir le trafic en toute sécurité », explique le CTO.

Le service Copilot est quant à lui resté interrompu plusieurs heures supplémentaires, en raison d’un autre problème inédit :

« Une partie du trafic défaillant a été redirigée du centre des États-Unis vers le nord de la Virginie, où elle a été acheminée avec succès jusqu’à ce que la panne réseau dans le centre des États-Unis soit identifiée et résolue. Des réponses tardives à un point de terminaison interne ont déclenché un bug latent de nouvelle tentative dans VS Code, amplifiant le trafic d’environ 10 fois et provoquant un retard de rétablissement pour le service de tokens Copilot. »

Le volume de commits a doublé depuis avril

Comment GitHub a-t-il pu subir un pareil incident, alors que le service assurait en avril prendre toutes les mesures nécessaires pour dimensionner correctement son infrastructure ? Les efforts mis en œuvre semblent ne pas avoir suffi à absorber l’augmentation continue du nombre de requêtes, dont le volume aurait plus que doublé entre avril et août, passant de 1,4 milliard à 2,9 milliards de commits par mois.

GitHub enregistrerait 130 millions de pull requests et 2,9 milliards de commits sur le seul mois d’août – crédit GitHub

GitHub affirme avoir été limité par la capacité électrique de ses propres infrastructures. « Depuis, nous avons ajouté plus de 3 millions de cœurs CPU, 120 pétaoctets de stockage haute vitesse et une capacité réseau considérable. Nous avons installé autant de matériel que la puissance disponible le permettait dans nos centres de données existants, tout en accélérant notre migration vers Azure », écrit Vlad Fedorov.

A priori conscient de ses propres carences, GitHub avait annoncé en octobre 2025 son intention de migrer progressivement ses services vers Azure, l’infrastructure cloud globale de Microsoft. Le mouvement semble s’être considérablement accéléré depuis avril : « Aujourd’hui, Azure prend en charge environ 58 % de la charge de la plateforme GitHub et la moitié des opérations Git, contre 12 % en mai », affirme le CTO.

Problème : en matière de ressources disponibles sur Azure, GitHub entre en concurrence avec le reste des services Microsoft, et surtout avec l’offre commerciale cloud de l’éditeur. À tel point que GitHub envisagerait désormais une stratégie multi-cloud, qui conduirait à aller louer de l’infrastructure chez le grand rival, Amazon Web Services (AWS).

En attendant, GitHub temporise, et affirme avoir mis en place plusieurs optimisations pour réduire les risques de défaillance. Entre autres actions de suivi, la plateforme s’engage ainsi à corriger ses politiques de mise à l’échelle automatique, à renforcer les limites de nouvelle tentative (pour éviter l’effet boule de neige qui sature l’infra en cas de défaillance), à corriger les problèmes de VS Code et à surveiller plus efficacement tous les mécanismes d’équilibre de charge et de bascule. Ses difficultés favoriseront peut-être l’essor d’Origin, la nouvelle forge logicielle (calquée sur GitHub) tout juste lancée par Cursor après son rachat par SpaceX.


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Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Lâche pose ton phone, les psys font pas d'ultimatum
Snobés par leurs parents devant leur smartphone, les adolescents en insécurité affective

Les conséquences de l’usage du smartphone devant les enfants sont sources d’inquiétudes. Des psychologues ont mis en place une échelle d’évaluation des interférences liées aux appareils permettant de mesurer à quels points les pratiques des parents dérangent leurs relations avec leurs enfants.

Lorsqu’on fait une pause, on est nombreux à avoir très facilement le réflexe de sortir le smartphone et de scroller sur notre application favorite. Mais, en présence de quelqu’un, ce comportement devient rapidement un acte qualifié de « phubbing » (contraction de phone et snubbing ou « télésnobage », contraction de téléphone et de snober en français).

La dénonciation de cette pratique n’est pas nouvelle, des chercheurs viennent d’ailleurs de publier une revue systématique des études qui traitent de ce sujet. Mais beaucoup d’enfants se plaignent toujours du comportement de leurs parents concernant leurs smartphones et peu d’études listées dans cette revue systématique s’intéressent à cette situation en famille.

Une relation parents enfants altérée

On a donc encore du mal à quantifier les conséquences sur leurs affects, mais pourtant, 70 % des enfants interrogés par des chercheurs considèrent que l’utilisation des appareils par la personne qui s’occupe principalement d’eux a un impact au moins partiellement négatif sur leur relation.

Cette réponse, les enfants l’ont donnée dans le cadre d’une étude mise en place par le chercheur en psychologie du Newport Healthcare (à Nashville), Don Grant et ses collègues, publiée récemment dans la revue Frontiers in Psychology.

Ces chercheurs ont mis en place un test, appelé Device Attachment Interference Scale (DAIS), qui veut mesurer, comme son nom l’indique, les interférences des smartphones dans la relation d’attachement entre parents et enfants.

Ainsi, ils ont interrogé 575 enfants de 12 à 17 ans, en les recrutant sur la plateforme Qualtrics. Ils les ont interrogés sur les perceptions des effets de l’utilisation de leurs smartphones par l’adulte qui s’occupe principalement d’eux. Cet adulte était en majorité (450) une figure maternelle (une mère, belle-mère, grand-mère) et pour 125 d’entre eux, une figure paternelle. Les chercheurs ont demandé aux enfants la fréquence (0 = jamais, 1 = rarement, 2 = parfois, 3 = souvent, 4 = presque toujours) de chaque élément du questionnaire.

Ainsi, l’affirmation « la personne qui s’occupe principalement de moi passe son temps sur ses appareils alors qu’elle devrait faire autre chose », recueille 67 % d’accord au moins partiel auprès des enfants interrogés.

Une corrélation entre des scores élevés et un attachement plus précaire

Dans leur étude, les chercheurs expliquent avoir « observé une tendance à l’association entre des scores DAIS plus élevés et un attachement plus précaire (à la fois anxieux et évitant) envers les figures maternelles et paternelles ». Cependant, ils admettent volontiers que leurs résultats sont bien des corrélations et qu’ils ne permettent pas de conclure à une causalité. Ils ajoutent que plusieurs affirmations contenues dans leur test « évaluent des réactions émotionnelles, ce qui pourrait, d’un point de vue conceptuel, recouper l’attachement anxieux » et que leur échantillon n’est pas encore suffisamment important pour en tirer des conclusions définitives.

Ajoutons que le fait de s’être focalisé sur la perception d’une seule des personnes qui s’occupent d’eux oublie la responsabilité des adultes qui ne sont pas considérés par les enfants comme s’occupant principalement d’eux, souvent une figure paternelle.

Dans leur communiqué, les chercheurs affirment que « si de nombreux facteurs influençant l’attachement, tels que la séparation des parents ou une mauvaise santé mentale, peuvent être difficiles à modifier, l’utilisation du téléphone est un aspect de la vie familiale sur lequel les parents ont un contrôle plus direct ». Ils ajoutent que « jeter un coup d’œil rapide à un écran peut sembler anodin, mais cette étude suggère que des moments répétés d’attention partagée pourraient progressivement influencer le sentiment de disponibilité affective d’un parent, avec des conséquences potentielles sur l’attachement qui peuvent s’étendre bien au-delà de l’enfance ».

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Le géant chinois Bilibili part à l’assaut de YouTube

La drague des influenceurs
Le géant chinois Bilibili part à l’assaut de YouTube

YouTube règne en maître dans le secteur de la vidéo en ligne. Mais même si la plateforme de Google paraît inébranlable, les positions de force peuvent toujours changer à la faveur d’un nouvel entrant sur le marché. Et celui qui arrive est redoutable.

Bilibili est un des géants chinois de la vidéo en ligne. Lancée en 2010 avec une spécialisation sur l’animation, les comics et les jeux, la plateforme a rapidement musclé son répertoire jusqu’à ressembler au YouTube que l’on connait. Si son site chinois est accessible partout dans le monde, Bilibili reste avant tout ancré en Chine et en Asie.

Le groupe exploite aussi Bstation, une offre internationale destinée notamment à l’Asie du Sud-Est, avec une interface en anglais et dans plusieurs autres langues. Cela devrait évoluer : le groupe basé à Shanghai a relancé son application Android sur le Play Store de Google, après avoir débranché la précédente mouture en septembre 2025.

Bilibili dans les starting blocks à l’international

Cette ancienne version « internationale » de l’app Bilibili était allégée par rapport à l’original : une bonne partie des fonctions était absente (notamment tout ce qui touche au commerce en ligne). Elle affichait aussi moins de publicité, ce qui explique pourquoi elle rencontrait également un certain succès en Chine. L’application avait accumulé près de 10 millions de téléchargements.

Bilibili a donc ressuscité son application sur le Play Store. L’icône a été remaniée (elle passe du blanc au rose), tout comme l’interface. C’est le signe d’une nouvelle offensive internationale pour la plateforme chinoise. Semafor explique en effet que cette relance s’accompagnera d’un site web en anglais ainsi que d’embauches au Japon, aux États-Unis et en Europe (des community managers à Los Angeles, Londres, Mexico, São Paulo, Istanbul et Tokyo) pour courtiser les créateurs.

Cette nouvelle app ne réclame plus de vérification de l’identité pour les utilisateurs ni pour les créateurs de contenus à l’inscription : ils n’ont plus besoin de fournir de pièces d’identité ou un passeport pour poster sur le site. Un compte X (anciennement Twitter) a été lancé pour faire connaitre la plateforme aux créateurs : « Bilibili se lance à l’international », annonce un des messages, et un Discord a également ouvert.

Sur ce serveur, un document vante aux influenceurs un espace qui touchera des utilisateurs « très Gen Z, aisés et bien éduqués ». Une place de marché, encore en développement, leur permettra de contacter des marques pour des contenus sponsorisés. Un système de modération par IA est également dans les tuyaux, ainsi qu’une version iOS de l’application.

Bilibili pousse plusieurs célébrités occidentales, comme MrBeast, à publier du contenu sur son principal site en chinois accessible dans le monde entier (376 millions d’utilisateurs actifs mensuels). Mais cette fois, la plateforme veut manifestement s’en prendre au grand rival américain qui a une belle longueur d’avance : l’audience publicitaire de YouTube dépassait 2,5 milliards de personnes dans le monde début 2025, selon des chiffres de DataReportal.

La volonté seule ne suffira sans doute pas à Bilibili pour passer entre les gouttes aux États-Unis, où TikTok a failli être interdit. Une coentreprise mêlant Bytedance et des sociétés américaines (et même française avec la holding NJJ de Xavier Niel) a finalement pu reprendre les activités US du réseau social. Bilibili va devoir naviguer en eaux troubles.

Netflix sur les platebandes de YouTube

YouTube a de son côté d’autres problèmes à gérer. Des indiscrétions de Bloomberg ont raconté ce 19 août que le service de Google proposait aux créateurs les plus en vue des millions de dollars pour une exclusivité temporaire sur leurs vidéos. YouTube cherche à couper l’herbe sous le pied de Netflix qui lorgne de plus en plus sur les contenus des influenceurs pour booster l’engagement.

Netflix s’est déjà mis dans la poche plusieurs créateurs pour qu’ils postent leurs vidéos simultanément sur sa plateforme et sur YouTube. Ce dernier voit ce petit manège d’un très mauvais œil : non seulement cela nuirait à l’audience des créateurs sur YouTube, mais surtout, publier sur Netflix donne l’impression que les chaînes ne considèrent plus YouTube comme leur principal canal de diffusion. Voilà qui n’est pas bon pour les affaires publicitaires.

YouTube aurait même mis en place des mesures de rétorsion : ceux qui signent avec Netflix sont susceptibles d’être moins mis en avant dans les campagnes marketing ou lors d’événements. Les « traîtres » seraient aussi exclus du partage des revenus générés par les grandes campagnes de publicité. L’arrivée de Bilibili pourrait néanmoins forcer YouTube, et Netflix dans une moindre mesure, à améliorer leurs offres pour les créateurs.

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