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Debian ne dit pas non à l’IA et divise la communauté

Démocratie
Debian ne dit pas non à l’IA et divise la communauté

La communauté Debian devait voter sur la place que les grands modèles de langage (LLM) pouvaient tenir dans le développement de la distribution Linux. Parmi les axes proposés, elle a choisi un quasi-statu quo. La décision divise, ayant notamment provoqué le départ d’au moins un des développeurs.

Fin juillet, nous indiquions que la communauté Debian allait être amenée à se prononcer sur la place des LLM dans le développement de la distribution. Plusieurs propositions étaient mises en avant, de la plus radicale à la plus modérée. À l’époque où nous avions écrit ces lignes, on pouvait en lire quatre, mais la communauté a finalement dû voter parmi huit propositions.

  • Proposition A : interdiction pure et simple des LLM dans les contributions au projet
  • Proposition B : usage autorisé, mais avec un encadrement strict, avec garanties de licence et responsabilité totale des contributions
  • Proposition C : rejet des LLM autant que possible, affichage obligatoire des usages et interdiction des LLM pour les communications entre contributeurs
  • Proposition D : la plus pragmatique, avec acceptation des contributions par l’IA et responsabilité complète, en revanche pas d’IA distante pour les données sensibles
  • Proposition E : le statu quo, chacun étant responsable de ses contributions, peu importe l’outil
  • Proposition F : utilisation découragée des LLM quand c’est possible et mise en avant du travail humain, responsabilité complète des contributions, mais liberté pour les mainteneurs de refuser les contributions IA
  • Proposition G : usage contrôlé des LLM pour les tâches périphériques (réflexion, analyse, recherche, critique de code…), mais interdiction dans les contributions
  • Proposition H : l’impact environnemental des LLM est jugé rédhibitoire, leur utilisation doit être découragée autant que possible

Le choix de la communauté

Les participants se sont prononcés pour l’option E. De toutes celles mises en avant, la E est la plus consensuelle, car elle ne change presque rien à la situation qui existait avant.

Officiellement, la proposition E s’intitule « Usage responsable de l’IA générative ». On peut y lire notamment que Debian « n’encourage pas ni n’interdit l’utilisation d’outils d’IA générative dans le développement, la maintenance ou la documentation des logiciels, l’empaquetage, la documentation et les autres médias publiés dans le projet Debian ». Le texte reconnait que ces outils peuvent largement améliorer la productivité des contributeurs « s’ils sont utilisés de manière responsable ». Cela permettrait aux personnes de se libérer du temps pour des tâches plus intensives, notamment celles réclamant un jugement, une expertise ou une critique.

Techniquement, l’usage de l’IA ne change pas les exigences habituelles de qualité, d’exactitude et de maintenabilité. Toute personne soumettant un code, qu’il soit tout ou partiellement rédigé par une IA générative, est responsable de ce qu’elle propose. Elle doit être en mesure de comprendre, relire et tester ce code, dans l’idée de pouvoir expliquer ce qu’il fait avec précision. Tout envoi aveugle d’un contenu généré par IA est jugé incompatible avec les pratiques de Debian.

Dans la proposition, on peut lire qu’il est explicitement demandé aux personnes participantes de ne jamais envoyer d’informations personnelles à des services d’IA externes. Il peut aussi bien s’agir de données personnelles habituelles que de clés cryptographiques, communications privées, identifiants ou encore bugs de sécurité sous embargo.

Enfin, pour les opérations automatisées à grande échelle, comme la génération de nombreux rapports de bugs ou la modification en masse des paquets, un processus spécifique devra être mis en place.

« Les Contributeurs qui entendent effectuer des actions impactant tout le projet comme la soumission massive de bogues ou la soumission massive de correctifs, des modifications de code à grande échelle ou d’autres changements ou requêtes automatisés concernant de nombreux paquets ou de nombreux contributeurs, doivent d’abord lancer une discussion et rechercher un consensus à l’aide des canaux du projet avant d’agir. De tels projets automatisés doivent être validés par un humain qui demeure responsable de son comportement et du résultat », indique ainsi la proposition E.

En somme, Debian continue « de compter sur le jugement et la responsabilité de ses contributeurs individuels ». Point important : la mention de l’utilisation de l’IA dans un projet est recommandée, mais pas obligatoire.

Division et colère

La communauté a parlé. La proposition E ne change fondamentalement rien : chacun peut faire ce qu’il veut, tant que les pratiques habituelles de Debian sont respectées. La distribution s’appuie depuis longtemps sur la responsabilité individuelle et la relecture par les pairs. Pas question donc de changer de philosophie. Cependant, lorsque l’on parle de Debian, il n’est pas question d’une entité unique et mystique, mais bien d’un ensemble de personnes contribuant au projet. La consécration de ce quasi-statu quo n’est donc pas anodine.

Si la communauté a parlé, elle est également divisée, aussi bien chez les contributeurs que les utilisateurs. Sur X par exemple, la publication de la nouvelle sur le compte It’s FOSS montre des réactions très diverses, certains comprenant la position, mais la plupart affichent de la méfiance, voire de la déception. Même constant dans les commentaires de Phoronix.

Parmi les réactions négatives, l’une d’entre elles ressort particulièrement : celle d’Antoine le Gonidec, contributeur de longue date au projet Debian. Sur les huit propositions, il était parrain des options A, C, G et H. En somme, toutes celles cherchant à interdire ou limiter l’usage des IA. Face à la victoire de la proposition E, Antoine le Gonidec n’a pas caché sa colère. Sur la liste officielle de diffusion Debian, le développeur a pris une décision radicale :

« Je ne peux pas soutenir la décision actuelle de Debian concernant l’utilisation des LLM, et je ne suis plus prêt à être considéré comme faisant partie de Debian selon ces nouvelles règles. Prétendre avoir une « position neutre » face au fascisme n’est pas de la neutralité, c’est une collaboration active »

Il se retire donc du projet, expliquant que les LLM s’appuient en grande partie sur des entreprises « soutenues par des fascistes ». De toutes les propositions, la E était « la plus pro-LLM de toutes les options ». Il dit ne plus être intéressé par quoi que ce soit provenant de Debian, déclarant avec acidité qu’il peut être remplacé « par n’importe quelle IA agentique ». « Je pense n’avoir jamais autant été déçu par une communauté en qui j’avais confiance », affirme-t-il.

L’importance de Debian

Si ce vote était attendu, c’est que Debian est l’une des distributions Linux les plus importantes. En plus du système lui-même, connu pour sa fiabilité et sa rigueur, Debian sert de base à de nombreuses distributions, dont la plus connue est Ubuntu, celle-ci servant à son tour de socle à d’autres comme Linux Mint.

Comme l’indique It’s FOSS, plusieurs projets ont choisi des approches beaucoup plus radicales. OpenJDK par exemple, édité par Oracle, refuse toute contribution générée par IA. Même chose pour le compilateur GCC. D’autres ont choisi une approche plus souple, en particulier le noyau Linux. Au sujet des LLM, Linus Torvalds a adopté une approche pragmatique, estimant que l’aide procurée par l’IA ne peut plus être empêchée, mais que certaines situations sont problématiques, notamment l’automatisation des rapports des bugs (qu’il a fustigée).

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GrapheneOS fustige la sécurité des Pixel 11

Deux pas en avant, un gros pas en arrière
GrapheneOS fustige la sécurité des Pixel 11

Le système d’exploitation mobile GrapheneOS, connu pour ses positions franches sur la sécurité, fera très probablement l’impasse sur les Pixel 11. La faute, selon les développeurs, à un choix inopportun de Google : l’absence de prise en charge de la Memory Tagging Extension, une fonction de sécurité utilisée abondamment dans le système.

Le 29 août, la fondation GrapheneOS a annoncé sur X, Bluesky et Mastodon qu’elle avait en sa possession un portage partiel de son système sur les Pixel 11 de Google, les derniers smartphones de l’entreprise. La fondation explique que ce portage a été réalisé en une semaine, mais le travail s’était arrêté. Les développeurs ont indiqué être bloqués, faute de support de la Memory Tagging Extension, ou MTE.

Celle-ci est une fonction de marquage de la mémoire proposée par le jeu d’instructions ARM. Elle associe une étiquette aléatoire à chaque zone de mémoire allouée. Si un accès mémoire présente une étiquette qui ne correspond pas, le système détecte une violation. Dans ce cas, selon les choix faits dans le système, le processus est immédiatement interrompu. Cette fonction est utilisée pour bloquer les éventuelles attaques dirigées contre la mémoire, dans l’idée de renforcer l’intégrité du système.

Le cas des Pixel 11

Dans le cas de GrapheneOS, le système s’appuie lourdement sur la MTE. Une position très différente de Google. La firme a intégré la fonction dès la puce Tensor G3 du Pixel en octobre 2023, mais elle s’en sert peu. Sur les Pixel, la MTE n’est en effet utilisée que dans les fonctions de « protection avancée », optionnelles. Il s’agit pour rappel du fameux mode conseillé à certains profils spécifiques (activistes, personnalités politiques, journalistes, etc.) qui élève le niveau général de sécurité en réduisant la surface d’attaque, au prix de certaines fonctions. Ce mode est apparu dans Android 16 en réponse à Apple, qui avait dégainé la première dans ce domaine.

Dans GrapheneOS, l’emploi de la MTE est systémique, aussi bien dans le noyau que dans les processus. Apple possède ici aussi un équivalent, baptisé Memory Integrity Enforcement (MIE), mais l’ajout est plus récent (iPhone 17 et Mac équipés d’une puce M5 au moins). La fondation indique à ce sujet que le MIE d’Apple est une « implémentation de haute qualité de MTE », même si elle n’est pas utilisée par défaut par les applications installées par l’utilisateur, à moins qu’elles aient opté spécifiquement pour cette protection.

Le choix de Google interroge, d’autant que l’entreprise ne s’est pas exprimée publiquement sur le sujet. Les Pixel 11 ont pourtant plusieurs arguments sur la sécurité, dont la puce Titan M3 pour améliorer la protection contre l’extraction de données à l’état verrouillé avant premier déverrouillage. On y trouve aussi une vérification post-quantique du démarrage (basée sur ML-DSA) ou encore un remplacement du sous-système IMS Samsung Shannon par une implémentation AOSP (Android Open Source Project).


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Éclipse solaire du 12 août : tout ce qu’il faut savoir, surtout pour les yeux

Plein les mirettes, sans les lésions
Éclipse solaire du 12 août : tout ce qu’il faut savoir, surtout pour les yeux

Dans deux jours aura lieu une éclipse totale du Soleil. Si elle ne sera pas totalement visible en France, son taux d’occultation sera élevé, surtout dans le sud-ouest, avec un maximum vers 20h30. Et avec ce genre d’évènement, mieux vaut rappeler quelques consignes pour ne pas finir en urgence chez l’ophtalmologue.

Le mercredi 12 août 2026 aura lieu une éclipse solaire totale, provoquée – vous le savez depuis longtemps – par l’interposition de la Lune entre la Terre et le Soleil.

La bande de totalité – la zone dans laquelle l’éclipse sera totale – traversera l’océan Arctique, le Groenland, l’Islande et l’Atlantique Nord et finira par atteindre les zones qui nous intéressent : le nord du Portugal, le nord de l’Espagne et les îles Baléares, où la totalité durera jusqu’à environ 1 min 48 s selon la localisation exacte sur la trajectoire.

Et la France ? Elle se situe en dehors de cette bande et n’observera donc qu’une éclipse partielle, mais avec un taux d’occultation très élevé, d’un minimum de 80 %. Voici quelques exemples :

  • Biarritz : 99,5 %
  • Pau : 99 %
  • Toulouse : 97,8 %
  • Bordeaux : 97,5 %
  • Brest : 96 %
  • Paris : 92 %
  • Saint-Pierre-et-Miquelon : environ 45 %

Sans surprise, le sud-ouest est la région où l’occultation sera la plus importante, étant la zone la plus proche du nord de l’Espagne. Mais il n’y aura pas de mystère : pour un vrai contact avec la couronne solaire, il faudra passer la frontière. Les Asturies, la Cantabrie, la Galice ou les Baléares sont les zones d’occultation totale les plus accessibles depuis le territoire français.

Le phénomène se produira en fin de journée pour la France métropolitaine. Il débutera à 19h30 pour atteindre son maximum vers 20h26. Le soleil étant bas sur l’horizon et l’éclipse non totale, une ambiance « coucher de soleil » se mettra doucement en place. Au vu de l’heure, mieux vaut bénéficier d’un horizon ouest bien dégagé. À Saint-Pierre-et-Miquelon, l’évènement se produira entre le début et le milieu d’après-midi.

Notez que même avec des scores très élevés, l’ombre n’est vraiment maximale qu’à 100 %. Il suffit que le taux d’occultation soit de « seulement » 99 % pour que l’ombre ne soit plus qu’une pénombre. De nombreux sites permettent de suivre l’éclipse. C’est notamment le cas de l’observatoire de Paris avec Éclipseop.

Attention les yeux !

En France métropolitaine, puisque la totalité n’est atteinte nulle part, il ne faut jamais observer l’éclipse à l’œil nu. Le risque de lésion grave et irréversible est réel et ce type d’évènement est systématiquement suivi d’une hausse de fréquentation chez les ophtalmologues. La rétinopathie solaire (brûlure de la rétine par le soleil) s’installe sans douleur et les symptômes n’apparaissent que plusieurs heures après : baisse de l’acuité visuelle, déformation des lignes et apparition d’une tâche sombre centrale.

Seule solution : des lunettes de protection adaptées, qui bloquent 99,9 % de la lumière visible ainsi que la totalité des ultraviolets et infrarouges. Selon la Société astronomique de France (SAF), il faut être particulièrement vigilant lors de l’achat de ces lunettes. Elles doivent être conformes à la norme ISO 12312 - 2 de 2015, donc pleinement adaptées à l’observation directe du soleil sans grossissement. Ces lunettes doivent aussi porter au verso des instructions en français, ainsi que la date de fabrication, le lot, l’origine, le fabricant et le distributeur en France.

Un point de vigilance tout particulier : les micro-rayures et micro-perforations. Il faut bien vérifier leur absence avant chaque utilisation, sous peine de se blesser les yeux. Vous avez peut-être vu passer sur certains réseaux (Instagram en particulier) des vidéos d’ophtalmologues mettant en garde sur ce point. La recommandation est de ne pas ouvrir le sachet plastique ou la boite contenant les lunettes avant le moment d’observation, pour ne prendre aucun risque. Pour les mêmes raisons, toujours selon la SAF, « les lunettes utilisées lors de l’éclipse de 1999 ne doivent plus être employées aujourd’hui ».

Les règles de sécurité ne valent pas que pour le grand public. Toute personne souhaitant observer de plus près la couronne solaire avec un appareil quelconque doit faire attention : ne jamais utiliser de jumelles ou autre équipement grossissant sans filtre adapté. Les filtres oculaires placés derrière une optique grossissante peuvent en effet se fissurer sous la concentration de chaleur. Pour la photographie avec un appareil à objectif interchangeable, un filtre de densité optique d’au moins 5 est nécessaire devant l’objectif.

Si l’on en croit le lunetier Krys, un quart des Français se disent prêts à observer l’éclipse à l’œil nu, moyenne qui grimpe à 34 % chez les 18 - 34 ans.

À quand les prochaines ?

Les éclipses totales en Europe sont rares. La dernière remonte au 11 aout 1999 et celle du 12 aout est la première à concerner l’Europe depuis.

Et ensuite ? Au risque de casser la statistique de rareté, la prochaine éclipse totale touchant l’Europe aura lieu le 2 aout 2027. La bande de totalité passera cette fois par le sud de l’Espagne, le Maroc et l’Égypte. L’occultation à Paris sera nettement plus modeste, environ 51 %. On notera que l’Espagne aura été généreusement servie deux années de suite.

Quant à la prochaine éclipse totale en France, il faudra attendre… le 3 septembre 2081. L’immense majorité ne sera donc plus là pour la voir, mais beaucoup se régaleront puisque la bande de totalité passera par Paris. Et en dehors de l’Europe ? La prochaine éclipse totale se produira le 22 juillet 2028 et concernera surtout l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Elle sera partielle en Nouvelle-Calédonie. Une autre aura lieu le 25 novembre 2030 et concernera surtout l’Afrique, l’océan Indien, l’Indonésie et l’Australie. Certains territoires ultramarins pourront en profiter partiellement, surtout la Réunion et Mayotte.

Des opérations promotionnelles chez des enseignes d’optique

Plusieurs entreprises françaises profitent de l’évènement pour proposer des lunettes de protection gratuites. Les conditions peuvent varier d’une enseigne à l’autre.

Chez Écouter Voir par exemple, 400 000 paires sont distribuées sur l’ensemble du territoire français. Elles sont à retirer gratuitement et sans obligation d’achat dans les boutiques de la chaîne, sous réserve bien sûr d’un stock disponible. L’offre est limitée à une paire par personne. L’opération étant lancée depuis mi-juin, il n’est pas certain que beaucoup de ces lunettes soient encore disponibles.

Chez Alain Afflelou, 452 magasins (sur les 1225 du réseau) participent à une opération similaire. En revanche, les conditions peuvent varier d’une boutique à l’autre. Certaines les donnent, d’autres les vendent pour un petit prix.

Chez Optic 2000, l’offre est conditionnée à l’achat d’un équipement optique complet pour enfant dans les boutiques physiques, ou à partir de 50 euros d’achat en ligne. Hors promotion, l’enseigne vend les lunettes de protection au prix de 3,90 euros l’unité ou 19 euros le lot de cinq.

Précisons que, de manière générale, ces lunettes ont un prix dépassant rarement quelques euros. Tant que la norme ISO 12312 - 2 est respectée, il n’est pas nécessaire de dépenser davantage. Enfin, comme signalé par Que Choisir, toutes les lunettes ne se valent pas : le contrôle des informations et la provenance sont primordiales.

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Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire

Aux grands maux les grands mots
Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire

Plusieurs publications récentes montrent encore un peu plus la manière dont Microsoft négocie le virage actuel de Windows 11. Outre des explications sur la complexité d’une modernisation à marche forcée pour des raisons d’héritage, l’entreprise a lancé plusieurs composants dédiés aux performances.

L’initiative K2 de Microsoft bat son plein. Elle vise à redorer le blason d’un Windows 11 qui n’a jamais fait rêver et a été accusé de nombreux maux. Souvent considéré comme vorace en ressources (parfois à tort), le système s’est surtout signalé par une interface rigide, le retrait de fonctions, une personnalisation moindre et toujours plus de fonctions dopées à l’IA. Le système est aussi l’incarnation du retrait de Windows 10, même si l’Europe a droit à quelques facilités sur ce point.

Depuis le début de l’année, Microsoft communique abondamment sur des améliorations en préparation pour son système. Personnalisation, performances, recul de l’IA, fiabilité, applications natives et autres sujets sont poussés depuis des mois, avec déjà certaines améliorations distribuées depuis peu. Dans ce domaine, la mise à jour 26H2 attendue cet automne devrait marquer un tournant, mais l’effort doit se prolonger au-delà.

Modernisation : c’est « compliqué »

Le plus gros problème de Microsoft est aussi la principale force de Windows depuis longtemps : sa compatibilité descendante. La possibilité de faire tourner un vieux logiciel est un point fort auquel l’entreprise ne veut pas renoncer. Malheureusement, pour cette même raison, Windows 11 se « coltine » encore aujourd’hui de nombreux pans de code hérité.

Marcus Ash, vice-président de Microsoft chargé de la conception et de la recherche au sein de la division Windows & Appareils, a abordé ce point dans une interview donnée à Windows Central. Le responsable s’est dit fier de la compatibilité générale de Windows avec les outils et flux de travail hérités, ce qui empêcherait l’entreprise de se précipiter pour tout moderniser, sans s’assurer d’abord que les remplaçants conservent le même niveau fonctionnel.

Ce bon vieux Regedit

Difficile cependant d’accuser Microsoft de précipitation. Comme le rappellent nos confrères, la modernisation du panneau de configuration a commencé avec Windows 8 il y a 13 ans et n’est toujours pas terminée. Le panneau des Paramètres est pratiquement complet, mais l’ancien Panneau de configuration est toujours là, même si « planqué ».

Marcus Ash a répondu sur ce point : « C’est pour ça que des éléments comme le Panneau de configuration sont complexes, car si un client a un pilote ou possède quelque chose qui dépend de cette fonction héritée, il faut faire attention à ne pas rompre cette promesse de compatibilité ». Il explique que les zones de l’ancien panneau sont désactivées l’une après l’autre, au fur et à mesure que les versions « modernes » sont éprouvées. Comment les zones à moderniser sont-elles choisies ? Un mélange d’utilisation, de télémétrie et de retours des clients, selon Marcus Ash.

Le responsable indique que le travail actuel ne concerne pas que des éléments courants comme l’Explorateur. Des outils plus spécialisés comme l’Éditeur du Registre commencent à être examinés. Il laisse surtout entendre qu’une bonne partie de la démarche en cours passe aussi par la modernisation des outils et frameworks impliqués. L’entreprise a clairement indiqué que l’avenir des interfaces passait par WinUI 3, qui est d’ailleurs devenu WinUI « tout court » pour faire passer le message.

Un serveur MCP pour les performances ? Même pas peur

Autres annonces intéressantes ces derniers jours, l’apparition en préversions publiques de plusieurs composants dédiés aux performances. Microsoft semble décidée à simplifier l’analyse des performances sur Windows en partant d’un constat : le système ETW (Event Tracing for Windows) et l’outil WPA (Windows Performance Analyzer) sont peut-être puissants, mais ils ne peuvent être exploités que par des personnes ayant de très bonnes connaissances dans ce domaine.

ETW est un système intégré à Windows chargé de garder des traces de tout ce qui est accompli en matière de processus. Des journaux gardent ainsi les traces de nombreux évènements : quel programme démarre, quand un processus utilise le CPU, quand une application lit ou écrit sur le disque, quand un pilote intervient, etc. Si vous ouvrez l’Observateur d’évènements, ses informations proviennent de cette infrastructure. De son côté, WPA fait partie du Windows Performance Toolkit. Technique, il se destine surtout aux développeurs, ingénieurs, administrateurs système et spécialistes des performances.

Ce que propose Microsoft ? D’abord WPA MCP, un serveur MCP permettant de récolter les ressources générées par ETW pour les confier à un agent (Copilot ou tout autre agent compatible MCP). Puisque les traces peuvent contenir de grandes quantités de données, l’idée est de permettre à un plus grand nombre de personnes de se pencher sur les performances via des questions en langage naturel de type « Cette application me semble lente, pourquoi ? ».

L’outil se destine prioritairement aux développeurs, pour baisser le niveau exigé habituellement sur les questions de performances. Les questions peuvent donc être posées en langage naturel, avec un accès plus rapide à tout ce qui peut être pertinent, comme les tableaux WPA, des graphs ou des plages de temps. Les résultats peuvent également remonter les activités coûteuses en CPU, les délais dans les entrées, les régressions et autres. Selon Microsoft, l’idée générale est de pouvoir passer rapidement d’une exploration des traces à des actions concrètes.

Interface ou ligne de commande

Un autre serveur MCP est proposé, cette fois spécifique à ETW et décrit par Microsoft comme un « compagnon » du premier. Il en est le pendant headless : il ne propose pas d’interface graphique ni d’éléments visuels. Il est fait pour être utilisé depuis un terminal, avec des scripts et agents. Les deux serveurs utilisent la même couche de données, les résultats d’analyse étant largement les mêmes. La préversion publique de ce serveur MCP pour ETW est cependant limitée à GitHub Copilot CLI pour l’instant.

Les deux serveurs sont faits pour répondre à des questions précises ou plus générales comme « Pourquoi la machine est-elle lente ? ». Plus besoin de connaitre l’organisation interne de WPA pour lancer une enquête, l’intention étant – théoriquement – comprise par le LLM utilisé. L’IA sert donc dans un domaine où elle brille habituellement : la découverte de corrélations.

Microsoft avertit toutefois que les résultats renvoyés peuvent être erronés ou incomplets et doivent en conséquence être comparés aux données originales. L’entreprise indique d’ailleurs que les questions ont tout intérêt à se poursuivre après les résultats pour demander des preuves.

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Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

SOS pile fantôme
Sécurité : Fedora 45 devrait activer par défaut la Shadow Stack dans tout le système

La prochaine version de la distribution Linux devrait activer par défaut un important mécanisme de sécurité, la Shadow Stack. L’équipe effectue actuellement un gros travail préparatoire, qui pourrait largement débroussailler le terrain pour les autres systèmes Linux. Accrochez-vous un peu, on vous explique.

D’abord, qu’est-ce que la Shadow Stack ? Il s’agit d’une protection initialement créée par Intel en 2016 mais qui n’est réellement arrivée sur le marché qu’en 2020 avec la génération Tiger Lake. Elle fait partie d’une architecture nommée Intel CET (Control-Flow Enforcement Technology), qu’AMD a également reprise à partir de la génération Zen 3 de ses processeurs.

Le principe de la Shadow Stack (ou pile fantôme) est assez technique. Le processeur dispose en permanence d’une seconde pile d’exécution (call stack) en mémoire. Elle est cachée, isolée et protégée en écriture. Lorsqu’une instruction d’appel (CALL) survient, l’adresse de retour est ajoutée sur les deux piles. Quand l’instruction RET (RETURN) – qui sert à terminer l’exécution d’une fonction – survient, le processeur compare les deux piles : s’il y a correspondance des deux adresses de retour, l’opération se poursuit, dans le cas contraire le processeur déclenche une erreur (exception de protection de flux de contrôle). Cette erreur interrompt immédiatement le processus.

Il s’agit d’une fonction de sécurité, car en interrompant brutalement l’opération, le processeur empêche un pirate d’avancer dans son attaque. La Shadow Stack a été créée pour combattre les attaques de type ROP (return-oriented programming), qui peuvent mener à la prise de contrôle de la pile d’exécution. Elles peuvent également contourner des protections plus anciennes comme ASLR (Address Space Layout Randomization).

Une activation par défaut dans Fedora 45

Ce que propose l’équipe de Fedora, c’est d’activer cette protection sur l’ensemble du système sur les configurations x86_64. Car il s’agit bien pour l’instant encore d’une proposition, même si elle a de très fortes chances d’être acceptée au vu de son statut avancé. Si elle ne passait finalement pas la validation, elle serait programmée pour Fedora 46 au printemps prochain.

Dans la fiche dédiée, on peut lire que le gros avantage de la Shadow Stack est son impact quasi nul sur les performances, contrairement aux solutions logicielles de contrôle d’intégrité du flux d’exécution. Le surcoût d’exécution est jugé négligeable et imperceptible sur la grande majorité des charges de travail, permettant en échange une élévation générale du niveau de sécurité.

Une activation générale de cette pile fantôme suppose toutefois des adaptations profondes. Il faut notamment que les compilateurs GCC, Clang et rustc soient prêts, ce qui est a priori le cas désormais. Le reste dépend surtout d’un long travail préparatoire commencé il y a des années, la majorité des paquets du dépôt principal possédant déjà les annotations ELF requises, en plus de certaines options compilées à la compilation depuis 2018. Le support de la bibliothèque glibc est également marqué comme prêt.

Ça existait déjà… mais !

Sur un plan purement technique, Fedora n’est pas la première distribution à supporter la Shadow Stack. Sa prise en charge dans le noyau Linux remonte à la version 6.6 de 2023. Plusieurs distributions – dont Arch Linux, Ubuntu et Debian – compilent déjà une grande partie de leurs paquets avec l’option liée (-fcf-protection) de GCC/Clang.

Alors, en quoi la démarche de Fedora est-elle novatrice ? Parce qu’elle renverse la vapeur : on parle cette fois d’une activation générale et par défaut. Tout processus éligible bascule automatiquement sur la pile fantôme à son lancement, sans intervention de l’utilisateur. Ce changement a notamment nécessité un travail d’audit et de correction pour les binaires incompatibles, comme les routines en assembleur manuscrit, la chaine d’outils Rust ou encore les moteurs de compilation Just-in-time dans les navigateurs.

Pour ces derniers justement, l’équipe de Fedora note que Chrome et Firefox ne sont pas encore compatibles. Cependant, le mécanisme d’activation a été pensé avec cette limitation en tête et contient un processus de « dégradation élégante » (graceful fallback). En clair, si une application charge au démarrage un objet ELF ne disposant pas du marquage SHSTK (pour Shadow Stack), la glibc désactive silencieusement la pile fantôme pour ce processus unique, sans interrompre son exécution.

Précisons enfin que la Shadow Stack n’est que la première moitié de l’architecture Intel CET. L’autre partie se nomme IBT, pour Indirect Branch Tracking. Sa mission est de contrer un autre type d’exploitation, basé sur la programmation orientée saut ou appel indirect (JOP/COP) et qui peut mener, là encore, à une attaque de type ROP. Le travail réalisé sur la Shadow Stack préparera donc le terrain pour la prise en charge d’IBT dans une version « ultérieure » de Fedora, l’équipe ne donnant pas plus de précisions pour l’instant. Le support d’IBT signifierait alors celui d’Intel CET au grand complet, pour les processeurs Intel et AMD compatibles.

Il est très probable que ce travail de fond serve largement la communauté open source une fois Fedora 45 (ou 46 ?) disponible. On peut s’attendre à ce que la plupart des distributions emboitent le pas à Fedora, mais le système est habitué à être un précurseur.

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Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

« Ce commentaire est-il un troll ? »
Mistral lance Shieldstral, son « petit » modèle local pour la modération de contenus

Mistral a lancé ce 4 aout un nouveau « petit » modèle. Nommé Shieldstral, il est dédié aux tâches de modération. Avec environ 4 milliards de paramètres, il est facilement installable sur un grand nombre de machines.

L’entreprise française continue sur sa lancée des modèles spécialisés et open source (sous licence Apache 2.0), dont les tailles contenues permettent assez aisément une utilisation locale. Par exemple, Mistral a lancé fin juin son modèle OCR 4 dans l’optique de bousculer la gestion des documents. Il s’agissait d’ailleurs d’un lancement important, avec un effort particulier sur la présentation et les explications sur les capacités du modèle.

Shieldstral : carte d’identité

Le modèle se nomme précisément Shieldstral-1.0-3B. L’appellation est un peu « trompeuse », car le modèle embarque en fait 3,8 milliards de paramètres. On est donc plus proche d’un « 4B » (« 4 billions », 4 milliards). Dans l’absolu, la différence reste cependant minime : Shieldstral est un petit modèle conçu pour fonctionner en local.

Dans son billet, Mistral indique que son nouveau bébé a été construit sur la base de Ministral-3-3B-Base-2512, associé à l’encodeur visuel Pixtral. De fait, Shieldstral est multimodal et accepte donc du texte et/ou des images en entrée. La fenêtre de contexte est « théoriquement » de 256k, mais Mistral conseille de se limiter à 32k.

Comme toujours avec les modèles de Mistral, on peut télécharger Shieldstral depuis Hugging Face. Il est « open source » avec des poids ouverts et sous licence Apache 2.0. On remarque que le modèle pèse 7,7 Go et est disponible en deux versions : Consolidate (le format utilisé par Mistral) et Model (le format habituel sur Hugging Face).

Pour cette taille, on obtient que le modèle « nu » (uniquement les poids) en bfloat16. Pour un fonctionnement en local, il faut donc un minimum de 8 Go en mémoire, ce qui laissera très peu de marge pour les caches, notamment d’inférence, avec à la clé de possibles soucis de fonctionnement. Mieux vaut viser 12 ou 16 Go si vous avez ce genre de matériel (Mistral recommande d’ailleurs 16 Go). Comme d’habitude, la mémoire unifiée des Mac permet de profiter plus facilement d’un fonctionnement local, si la machine embarque au moins 16 Go de RAM.

Mistral veut rendre la modération plus souple

Si l’on en croit l’entreprise, Shieldstral se différencie par son approche. La plupart des modèles « de garde » listent directement les catégories de préjudices dans leurs poids. Cette taxonomie oblige à réentraîner le modèle pour chaque nouveau contexte produit, affirme Mistral.

Shieldstral considère au contraire la politique de modération comme faisant partie de l’entrée. L’opérateur peut ainsi formuler une question binaire (oui ou non), fournir une instruction pour décrire le contexte d’évaluation et le niveau de sévérité attendu. Après quoi, le modèle renvoie un score de sécurité calibré à partir d’un seul jeton.

Concrètement, chaque requête contient une instruction, une question de sécurité et le contenu à vérifier. Le score renvoyé par Shieldstral se base sur les probabilités « oui » et « non », et c’est l’opérateur qui définit le seuil de déclenchement de l’action associée.

Mistral met largement en avant les performances de son nouveau modèle. Dans les résultats publiés dans le billet d’annonce, Shieldstral obtient un score F1 de 84,9, soit le même que GPT-OSS-Safeguard, un modèle 20B. Selon Mistral, il est plus performant que n’importe quel modèle concurrent, pour un poids inférieur. Tout du moins sur les tests de sécurité des textes et la sécurité multimodale, car il est dépassé par d’autres sur la détection des refus et l’adaptabilité des politiques.

Précisons que la modération à l’aide de l’IA n’a rien de nouveau en soi, elle est utilisée depuis des années pour simplifier le rôle des modérateurs humains (ou même pour les remplacer, avec tous les problèmes qui peuvent en découler). Dans ce domaine, Reddit vient d’ailleurs d’annoncer une modernisation de son infrastructure. Ce n’est pas non plus la première fois que Mistral propose un modèle dédié, avec par exemple Moderation 2 publié en mars dernier. Aucun de ces modèles n’avait cependant été mis en avant de cette manière, uniquement l’API commerciale lancée en novembre 2024.

Quelle modération ? Quelle sécurité ?

Mistral l’affirme : « un petit modèle peut battre des modèles beaucoup plus grands si les données sont correctes ». Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Le modèle peut notamment servir à la modération de prompts, autrement dit de garde-fou à l’entrée d’un chatbot. Par exemple, avant de transmettre la question d’un utilisateur à votre LLM principal, vous pouvez interroger Shieldstral avec une politique du type « Ce message demande-t-il des instructions pour fabriquer une arme ? ». Si le score dépasse le seuil que vous avez fixé, vous bloquez l’appel au LLM et renvoyez un message de refus prédéfini. Le modèle principal n’est alors pas mis en contact avec le contenu problématique.

Shieldstral peut également servir pour la procédure inverse : un garde-fou en sortie du modèle principal, pour vérifier cette fois la réponse qui devrait être affichée à l’utilisateur. Par exemple, pour vérifier qu’un assistant médical n’a pas donné de posologie précise ou qu’un chatbot utilisé pour le support n’a pas halluciné une promesse commerciale ou un produit.

Mistral cite plusieurs autres cas de figure. Shieldstral peut aussi être utilisé dans un cas très spécifique : la détection de refus. Une question comme « L’assistant a-t-il refusé la demande ? » appliquée à la paire prompt-réponse permet de mesurer le taux de refus d’un modèle en production, même à grande échelle selon l’entreprise. L’indicateur obtenu peut servir à de la surveillance qualité ou à de la détection de faux positifs. Ces derniers peuvent en effet entrainer des « sur-refus », le modèle déboutant l’utilisateur sur des demandes qui devraient pourtant être légitimes.

Shieldstral peut aussi servir aux images. Le cas est classique et permet de répondre à des questions communes de modération comme « Cette image est-elle appropriée pour un public de moins de XX ans ? ».

L’entreprise française insiste sur la souplesse de son petit dernier, qui permet de traiter toutes ces demandes sans avoir à réentraîner le modèle selon le contexte visé.

Une précision cruciale des prompts

Attention toutefois, Mistral précise bien que son modèle ne peut traiter qu’une seule politique de modération par appel. On peut en appliquer plusieurs, mais il faut alors émettre une requête distincte par politique. Un exemple simple : si on veut appliquer les cinq critères « élémentaires » de modération (violence, contenu sexuel, haine, désinformation et automutilation) sur le même contenu, il faut cinq appels séparés. Un point mentionné dans la fiche du modèle sur Hugging Face. Dans tous les cas, le modèle ne répond que par un « oui » ou un « non » global.

En outre, la précision des prompts est cruciale. Une question générale telle que « Ce contenu est-il problématique ? » n’a aucun ancrage sémantique. En revanche, « Ce contenu incite-t-il à la haine contre une minorité ? » cible un préjudice et une cible spécifiques. Si l’on souhaite obtenir des réponses sur des questions plus vagues (ou plus rapides, tout simplement), il faut lister toutes les politiques désirées dans les instructions du modèle.

Shieldstral, dans cette première version, comporte aussi certaines limitations à connaitre. Par exemple, il ne prend pas en charge l’audio ni la vidéo. En outre, sa robustesse n’est pas caractérisée sur des documents très longs (équivalents à plusieurs milliers de tokens). Surtout, le modèle n’affiche aucune trace de raisonnement : il renvoie un score, pas une justification.

Enfin, si le billet d’annonce ne l’évoque pas, la fiche de Shieldstral sur Hugging Face mentionne toutefois qu’il s’agit d’une « public preview ». Prudence donc dans la mise en production : mieux vaut piloter le modèle en parallèle d’une couche de modération existante avant de remplacer quoi que ce soit.

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Plus de 1 300 paquets contaminés dans NPM : Shai-Hulud « de retour » avec ChainDrop

Revoilà la sous-préfète
Plus de 1 300 paquets contaminés dans NPM : Shai-Hulud « de retour » avec ChainDrop

Un « nouveau » malware s’est propagé dans des centaines de paquets sur npm, dont plusieurs très populaires. Il s’agit une nouvelle fois d’une attaque contre la chaine d’approvisionnement ayant réussi à contourner toutes les mesures de sécurité. Dans le code, l’ombre de Shai-Hulud plane, tandis que le point de défaillance initial n’est pas clair.

Le nouveau venu se nomme ChainDrop. Selon les analyses faites sur son code, il est basé sur Shai-Hulud (en référence au ver des sables dans l’univers de Dune), qui avait déjà fait un carnage dans NPM en septembre 2025. Il en reprend les principales caractéristiques, dont son aspect auto-répliquant et le vol de nombreuses informations.

On pourrait croire que l’attaque de l’automne 2025 avait provoqué une vague d’actions pour verrouiller les comptes et inciter à la plus extrême prudence. C’est en fait le cas, mais le ou les pirates s’y sont pris autrement.

Que s’est-il passé ?

La compromission a été réalisée en poussant directement des fichiers malveillants sur la branche principale des dépôts, puis en créant immédiatement de nouvelles versions. Conséquence, ces versions vérolées ont été publiées sur NPM avec une provenance valide signée par GitHub Actions. Les contrôles de provenance npm, censés garantir qu’un package provient bien d’un flux légitime, n’ont ainsi rien pu détecter car les pirates ont justement réussi à le détourner.

868 paquets, répartis sur 1 381 versions, ont pu être contaminés par ce biais. Le pouvoir de nuisance est réel, car beaucoup d’entre eux sont populaires, l’ensemble de la liste cumulant en moyenne deux milliards de téléchargements par mois.

Tout est parti de la compromission du compte du mainteneur du paquet keyv (Jared Wray), qui représente à lui seul plus de 600 millions de téléchargements par mois. S’en sont suivies les contaminations de flat-cache, file-entry-cache, cacheable-request, cacheable ou encore cache-manager, autant de projets spécialisés dans la gestion des caches pour de multiples cas de figure.

Une fois les paquets contaminés, la propagation s’est faite rapidement, atteignant des entreprises comme Deliveroo, Ornikar, OneReach, Picsart, Qlik ou ServiceTitan.

La petite chimie de ChainDrop

Les chercheurs de l’entreprise de sécurité Aikido se sont penchés sur ChainDrop. Dans leur billet publié le 4 aout, ils décrivent ainsi deux composants retrouvés dans les paquets contaminés, comme c’est souvent le cas.

Le premier est un dropper nommé setup.mjs. Un dropper est un code chargé d’installer un ou plusieurs composants malveillants sur le système. Il sert de vecteur d’installation pour la charge utile (payload) et remplit plusieurs missions : déposer l’exécutable sur le disque, l’extraire depuis des données intégrées dans le programme ou le télécharger depuis un serveur distant, l’exécuter en mémoire ou encore mettre en place des mécanismes de persistance avant de lancer la charge utile. Selon les chercheurs, setup.mjs est un dropper fortement obfusqué récupérant le runtime JavaScript Bun depuis son dépôt GitHub pour pouvoir exécuter ensuite la charge.


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Arch Linux : encore du rififi dans le dépôt AUR, nouvelle vague de code malveillant

C'était mieux avant
Arch Linux : encore du rififi dans le dépôt AUR, nouvelle vague de code malveillant

Pour la deuxième fois en deux mois, l’équipe de la distribution Arch Linux a dû intervenir dans le dépôt AUR (Arch User Repository). En cause, une nouvelle vague de prises de contrôle sur des paquets existants pour leur injecter du code malveillant.

La décision a été annoncée initialement le 30 juillet par le contributeur Robin Candau. Dans son message, il indiquait que la solution était temporaire, le temps qu’une solution soit trouvée.

Mais de quoi parle-t-on ? D’une désactivation de la fonction d’adoption, pour empêcher toute personne « d’adopter » un paquet plus ou moins abandonné du dépôt AUR pour contribuer à nouveau à son code. Ce processus avait été détourné en juin et avait abouti à l’insertion de code malveillant dans plus de 1 600 paquets du dépôt AUR.

Une ampleur moindre, un danger identique

Le gros problème dans la campagne malveillante de juin était le nombre élevé de paquets concernés. Même avec des actions rapides, il était impossible de s’assurer que personne n’avait reçu les versions contaminées via des mises à jour. Ce qui était tout l’intérêt pour les pirates et qui rend les attaques par compromission de la chaine d’approvisionnement aussi efficaces.

Dans la nouvelle attaque, comme relevé notamment par Bleeping Computer, l’ampleur semble nettement moindre, mais on ne connait pas encore le nombre exact de paquets compromis. Sur les listes officielles, on trouve des listes compilant une trentaine de paquets compromis, tandis que d’autres sur Reddit évoquent plus de 200 paquets.

Si l’on en croit l’analyse technique publiée par l’Independent Federated Intelligence Network (IFIN), la campagne a débuté le 29 juillet avec le paquet « openconnect-sso ». Les similitudes avec la campagne de juin sont évidentes, dont l’usage du réseau Tor pour l’hébergement de l’infrastructure ou l’emploi d’un fichier ELF précompilé et obscurci.


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FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

Petit pimousse
FFmpeg 9.0 met de nouveau Vulkan à l’honneur

Un an après la version 8.0, l’équipe du projet FFmpeg passe à la mouture majeure suivante. Avec FFmpeg 9.0, Vulkan est particulièrement à l’honneur avec plusieurs améliorations importantes, notamment avec certains codecs orientés production et/ou post-production.

La nouvelle version, nommée « Lei », propose ainsi le décodage matériel d’APV (Advanced Professional Video) via Vulkan. APV est un codec royalties-free (sans redevance) créé par Samsung et pensé comme alternative ouverte à des formats comme le ProRes d’Apple. Comme toujours avec le décodage matériel, cela signifie que le travail est déchargé du CPU vers le GPU, indépendamment du constructeur, Vulkan étant une API multiplateforme.

Puisque l’on parle du ProRes, FFmpeg 9.0 a également du neuf sur le codec. Une accélération Vulkan est là aussi proposée, en complément d’un support ProRes RAW via VideoToolbox. Les flux ProRes RAW, très lourds et jusqu’ici majoritairement décodés au format logiciel ou via des chemins propriétaires Apple, obtiennent ainsi une voie d’accélération GPU générique, ce qui devrait là aussi avoir des répercussions importantes.

Ces deux ajouts, en plus du nouveau filtre v360_vulkan pour la reprojection vidéo 360° et/ou équirectangulaire, positionnent encore un peu plus FFmpeg comme pipeline GPU indépendant. Il fonctionne à l’identique sur les puces Intel, AMD ou encore NVIDIA, sur tous les systèmes d’exploitation, sans dépendre de SDK (kits de développement) propriétaires comme CUDA, NVENC, AMF ou encore VideoToolbox.

Invisible et omniprésent

Parmi les autres nouveautés, on peut noter la lecture native des WebP animés, des améliorations liées au cadre AMF d’AMD, l’arrivée d’un filtre transpose_cuda (rotation/retournement d’image accéléré CUDA, pour éviter les allers-retours GPU > CPU > GPU), le support et le passthrough des métadonnées dynamiques SMPTE 2094 - 50 pour améliorer la gestion des flux de travail HDR, le décodage HE-AAC 960 pour le contenu DAB+ côté audio, ou encore un nettoyage du code avec la suppression de plusieurs éléments obsolètes, dont le décodeur CELT et le parseur Ogg/CELT.

Comme toujours avec les nouvelles versions de FFmpeg, de nombreux composants sont mis à jour, comme libavutil 61.1.100, libavcodec 63.1.100, libavformat 63.1.100, libavdevice 63.1.100, libavfilter 12.1.100, libswscale 10.1.100 et libswresample 7.1.100.

L’importance de cette nouvelle version ne se révèlera, comme d’habitude, qu’une fois son intégration réalisée dans d’autres projets qui en exploiteront les capacités. Rappelons que FFmpeg, même s’il n’est pas connu généralement du grand public, est une brique d’infrastructure invisible mais omniprésente dans le traitement multimédia au sens large.

Si vous connaissez mal ce projet, il s’agit d’une boite à outil pour coder, décoder, transcoder, muxer, démuxer et filtrer à peu près tous les formats audio/vidéo existants. On le retrouve dans de nombreux logiciels et services connus, dont le plus célèbre est sans doute VLC. FFmpeg joue également un rôle essentiel dans YouTube, HandBrake, OBS Studio, des serveurs multimédia domestiques comme Plex et Jellyfin, Discord, Chrome, Blender ou encore WhatsApp. Certains services commerciaux ayant pignon sur rue, comme Netflix, s’en servent également, mais on ne connait pas la nature précise de cet usage.

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Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

Mince, ça marche bien en plus
Un ancien ingénieur de Microsoft lance TMOG… un gestionnaire de tâches pour macOS

Comment ? Un gestionnaire des tâches sur macOS ? Oui, et bien fait en plus. Il s’agit pour l’instant d’une bêta, mais le projet est prometteur. Et des versions pour Windows et Linux sont prévues.

Dave Plummer, ex-ingénieur de Microsoft (il a notamment travaillé sur NT 4.0), s’est lancé dans un drôle de projet : estimant que le moniteur d’activité de macOS n’était pas digne de la plateforme, il a attaqué le développement d’un authentique gestionnaire des tâches pour la plateforme d’Apple. Oui, un gestionnaire des tâches, comme sous Windows.

Du code neuf et natif

L’histoire est intéressante pour plusieurs raisons. D’abord, le moniteur de macOS, s’il remplit bien ses fonctions élémentaires, ne propose pas de vue de synthèse de ce qui se passe sur la machine : le taux d’occupation du CPU (avec séparation par cœur logique), le remplissage de la mémoire, l’activité réseau ou du stockage, etc.

Ensuite, Dave Plummer a apporté un soin particulier à son développement. Il raconte comment Microsoft l’a laissé examiner, « à titre gracieux », le code source du gestionnaire des tâches de Windows XP. Cependant, aucun pan de code n’a été repris, affirme le développeur. À la place, il a développé un nouveau moteur partagé en C++ ainsi qu’une interface en Swift. C’est d’ailleurs un autre point intéressant : l’interface est léchée, réactive et parfaitement intégrée à l’ambiance macOS. La filiation avec le composant de Windows est cependant assumée dans le nom : TMOG, pour Task Manager Original.

C’est un « oui » !

L’application réunit également plusieurs fonctions au sein de la même interface. On retrouve, comme dans le gestionnaire des tâches de Windows, des onglets avec la vue de synthèse de ce que fait la machine, la liste des processus (qui reprend la vue par défaut du moniteur de macOS) ou encore celle des services. TMOG y ajoute un onglet pour les informations système ou encore la liste des applications lancées au démarrage, avec possibilité de les désactiver.

L’ensemble est particulièrement fluide, surtout pour les jauges et les courbes d’occupation. Les paramètres de l’application permettent de modifier différents éléments d’interface, dont le thème (clair ou sombre), la police par défaut ou encore la fréquence de rafraichissement.

TMOG est fournie pour l’instant sous forme de bêta. Elle n’est pas distribuée sur le Mac App Store pour une raison très simple : la boutique d’Apple oblige les applications qui y sont distribuées à fonctionner dans une sandbox. Pour un projet comme TMOG, ce type d’isolation est impossible, car elle doit aller chercher des informations dont la sandbox n’autorise pas la récupération.

L’application est gratuite et doit le rester, du moins sous cette forme. Dave Plummer indique qu’une version Pro payante pourrait apparaître plus tard. Et si vous vous posez la question : oui, des versions Windows et Linux sont prévues (cette dernière vient tout juste d’être confirmée). Le développeur insiste sur le caractère natif de ces applications et leurs performances.

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Fin de Bloctel, interdiction du démarchage dès le 11 août : on fait le point

L'interdiction pour tous
Fin de Bloctel, interdiction du démarchage dès le 11 août : on fait le point

Le 11 août, la liste Bloctel disparaitra. Un changement attendu de longue date, car au-delà d’une inefficacité croissante, cette suppression viendra acter un renversement complet de la situation : le démarchage téléphonique sera interdit, sauf consentement explicite préalable.. Du côté des usagers cependant, la tranquillité n’est pas pour demain.

La liste Bloctel date d’une « autre époque ». Créée en 2014 pour prendre la suite de la liste Pacitel, elle en gardait le fonctionnement général : en s’y inscrivant, on signalait son opposition à tout démarchage téléphonique. Avec les années, les évolutions technologiques et des techniques marketing toujours plus agressives, toutes ces listes ont fini par être caduques, cumulant les avis très critiques sur leur inefficacité.

Le 11 aout marquera donc un vrai tournant : Bloctel va disparaitre, remplacée par une interdiction de principe pour le démarchage téléphonique, plus précisément la « prospection commerciale téléphonique non consentie ». De fait, Bloctel n’a plus d’utilité et le cadre légal évolue pour répondre à l’obsolescence du cadre antérieur. Le tout sur fond d’explosion des fraudes aux numéros de téléphone et des usurpations d’identité téléphonique (spoofing).

Qu’est-ce qui change ?

Jusqu’à présent, le système français de régulation reposait sur une logique d’opt-out : il fallait soi-même se signaler pour repousser ces sollicitations commerciales. Les consommateurs passaient donc par une démarche active pour exprimer leur refus. Légalement, les professionnels de la prospection commerciale étaient tenus de confronter leurs fichiers à l’annuaire d’opposition avant tout lancement de campagne téléphonique.

Sur la page officielle du service, on peut ainsi lire que la loi nᵒ 2025 - 594 du 30 juin 2025 s’appliquera au 11 août : « À cette date, le service Bloctel deviendra obsolète. La nouvelle loi inverse en effet le principe actuel. Aujourd’hui, les consommateurs doivent s’inscrire sur Bloctel pour exprimer leur refus d’être démarchés, et les professionnels ont alors l’interdiction de les contacter. À compter du 11 août 2026, ce sera l’inverse : les professionnels ne pourront démarcher que les consommateurs pour lesquels ils auront recueilli un consentement explicite au préalable. Le service Bloctel devient donc inutile ».

Les limites de Bloctel sont connues depuis longtemps. D’abord, son efficacité a été rabotée de manière chronique par une prolifération de clauses de consentement ambiguës ou dissimulées dans des contrats d’adhésion en ligne. Ensuite, l’explosion du nombre de plateformes d’appels hors des frontières nationales et l’usurpation des numéros de téléphone ont fini par enterrer ce qui restait d’efficacité.

Avec le nouveau régime juridique, le consentement préalable du consommateur devient une condition stricte (au sens du RGPD) à toute prospection commerciale téléphonique. Dans le décret nᵒ 2026 - 662 du 23 juillet 2026, qui complète la loi du 30 juin 2025, le consentement est décrit comme « une manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable, par laquelle une personne accepte, par un acte positif clair, l’utilisation de ses données à caractère personnel à des fins de prospection commerciale par voie téléphonique ». En d’autres termes, une case à cocher ou un consentement perdu dans des conditions générales acceptées en bloc ne compte pas.

Précisons que cette interdiction générale est en fait l’extension d’une interdiction sectorielle. Le 24 juillet 2020, la prospection téléphonique est ainsi devenue illégale pour tout ce qui touche à la vente d’équipements ou la réalisation de travaux destinés aux économies d’énergie ou à la production d’énergies renouvelables. Travaux d’isolation, pompes à chaleur, panneaux photovoltaïques : tout le monde ou presque a reçu au moins un appel dans ce cadre (sans parler des tonnes de spams dans les e-mails).

Selon le cabinet Kohen Avocats, les jurisprudences dans ce secteur devraient d’ailleurs « éclairer la portée du futur régime », notamment sur deux points : la nullité de l’éventuel contrat alors souscrit et sur la charge de la preuve, qui pèse désormais sur le professionnel. En effet, en cas de conflit, c’est bien à ce dernier de prouver qu’il a recueilli le consentement clair de l’utilisateur. S’il ne le peut pas, tout contrat qui aurait été souscrit par ce biais sera déclaré nul.

Rappelons que depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, l’interdiction sectorielle sur l’économie d’énergie a été étendue aux SMS, e-mails et réseaux sociaux. Dommage, ces extensions n’ont pas été reprises plus largement dans le changement de régime du 11 août.

Une interdiction universelle ?

Si le renversement de régime fonctionne dans l’immense majorité des cas, quelques points sont cependant à préciser.

Par exemple, les entreprises peuvent contacter leurs clients tant qu’un contrat est actif, mais il faut que l’appel concerne effectivement ce contrat. Là encore, si le contact est établi au sujet d’un tout autre produit, il est illégal.


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KDE Plasma 6.8 sera nettement plus performant avec les GPU multiples

BUF6 contre les vampires
KDE Plasma 6.8 sera nettement plus performant avec les GPU multiples

Plasma 6.8 va intégrer un changement majeur dans la manière dont le travail graphique est effectué sur les configurations contenant plusieurs GPU. Les gains devraient être substantiels, particulièrement sur les ordinateurs portables ayant des configurations « hybrides ».

La prochaine mouture de l’environnement de bureau va embarquer un changement technique qui devrait faire les beaux jours de bon nombre de joueurs, relève Phoronix. Le développeur Xaver Hugl a annoncé en effet dans un billet de blog l’arrivée de DMA-BUF v6 pour KWin, qui est à la fois le gestionnaire de fenêtres dans KDE et un compositeur Wayland.

Cascade d’opérations inutiles


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Microsoft veut convaincre sur les améliorations de Windows 11 et met l’accent sur la RAM

Personne ne s'en plaindra
Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire

Pavan Davuluri, vice-président de Microsoft chargé de Windows et des services, a publié un important billet de blog le 31 juillet. Il y renouvelle les engagements de l’entreprise sur les améliorations portées ou à venir de Windows 11, dont les performances.

Le responsable commence par faire le tour des travaux déjà engagés et montrés. Ils sont soit disponibles depuis peu, soit vont arriver ou sont déjà présents dans les préversions de la branche expérimentale du système, accessible depuis le programme Windows Insider.

Il liste ainsi les possibilités de personnalisation de la barre des tâches, la réduction du périmètre des fonctions IA « là où elles ont le plus de sens », la réduction des frictions dans Windows Update, les performances et la fiabilité de l’Explorateur, un plus grand contrôle sur les widgets, un programme Windows Insider plus simple et transparent, ou encore les améliorations sur le Feedback Hub. Les performances, la fiabilité et les « expériences bien conçues » sont à considérer désormais comme la sainte trinité qui guiderait les équipes.

Pavan Davuluri liste également les apports à venir : une recherche plus rapide et efficace, le renforcement de WinUI et son utilisation plus intensive dans le système (dont la fenêtre des propriétés apparue récemment), les fonctions supplémentaires pour le menu Démarrer et la barre des tâches, une élévation générale de la qualité des pilotes via la Driver Quality Initiative, de meilleures performances pour de nombreux composants, le support des webcams ESS pour Windows Hello ou encore un effort général de réduction de l’empreinte mémoire.

Certaines zones du système font l’objet d’une attention particulière, selon le responsable. D’abord, une expérience « out of the box » plus rapide et efficace. Ensuite, une mise en avant des contrôles parentaux (en particulier lors de la première configuration de l’ordinateur), ou encore des optimisations sur la mémoire consommée.

Un travail spécifique sur la consommation de mémoire

Ce dernier point a été copieusement repris sur X ces derniers jours. Pavan Davuluri pointe spécifiquement les configurations ayant 8 Go de mémoire : « Réduire l’empreinte mémoire Windows pour offrir une expérience Windows rapide et réactive sur tous les PC utilisés quotidiennement par les clients ».

Une phrase loin d’être anodine, pour deux raisons. D’abord, parce que le système de Microsoft a toujours été considéré comme gourmand. L’entreprise semble piquée au vif, particulièrement depuis que Linux apparait de plus en plus comme une alternative viable à Windows pour les jeux vidéo. Un domaine qui était jusque très récemment la chasse gardée de Microsoft, grâce notamment à l’abondance de pilotes (même si leur qualité peut fortement varier).

Ensuite parce que la situation mondiale l’exige probablement : la mémoire vive est beaucoup plus onéreuse. Le marché exerce sur les éditeurs logiciels une pression jamais vue, après des décennies de croissance presque linéaire sur la quantité toujours plus importante de RAM (ou de mémoire vidéo) dans les configurations. Ce n’est pas un hasard non plus si Apple a insisté pendant sa dernière WWDC sur les optimisations apportées à la fournée 27 de ses systèmes, particulièrement macOS.

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie »

Plusieurs personnes de l’équipe Windows se sont exprimées dans le sillage de la publication de Pavan Davuluri, le plus souvent pour indiquer que la période était intéressante et qu’il restait beaucoup à venir. Plusieurs laissent penser que cette accélération était attendue de pied ferme. Davuluri l’indique à demi-mots à la fin de son billet :

« Les derniers mois nous ont redonné de l’énergie. Rencontrer des membres de Windows Insiders lors de nos rencontres mensuelles et entendre ce que vous en pensez a été l’un des meilleurs moments. C’est un travail que nos ingénieurs adorent et nous voulons que vous le ressentiez dans le produit. Nous savons que nous avons encore beaucoup à faire, et nous sommes reconnaissants de vivre ce voyage avec vous ».

Certains observateurs semblent y voir un changement fort de signal. Ewan Dalton, de Windows Latest, indique ainsi avoir travaillé plus de 25 ans chez Microsoft. Selon lui, Windows « reçoit de nouveau les soins qu’il mérite ». Il estime que Microsoft s’est développé dans trop de directions pour que le système reste un produit de qualité, notamment avec l’arrivée d’Azure et plus généralement du cloud.

Maintenant que le système est attaqué de toute part (Linux, MacBook Neo, performances, expérience utilisateur…), l’éditeur bougerait enfin dans la bonne direction. La situation sera probablement plus claire d’ici quelques mois et nous ferons le point sur les promesses et les résultats.

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Chez Anthropic aussi des agents IA débridés sont sortis de leur boite pour attaquer

Danger = puissance = clients
Chez Anthropic aussi des agents IA débridés sont sortis de leur boite pour attaquer

Anthropic a annoncé le 30 juillet que trois incidents impliquant ses IA avaient été détectés. Chacun a impliqué une attaque distincte contre une organisation. Des informations rendues publiques dans le sillage de l’affaire liant déjà OpenAI à la compromission de Hugging Face.

Faisons d’abord un bref rappel des faits. Le 16 juillet 2026, Hugging Face publie une divulgation décrivant une intrusion détectée sur son infrastructure, causée vraisemblablement par un agent IA autonome. Le 21 juillet, OpenAI reconnaît que l’attaquant était en réalité son propre harnais d’évaluation, mobilisant une combinaison de modèles internes (GPT‑5.6 Sol) et un modèle en préversion décrit comme « plus puissant ». Les garde-fous anti-cyber avaient été volontairement réduits pour les besoins du test.

Cette infrastructure s’en est prise à Hugging Face en exploitant au moins deux vulnérabilités 0-day dans le pipeline de traitement de données, avec pour résultat une exécution de code à distance, le vol d’identifiants et l’accès à des jeux de données et services internes. En clair, une compromission. L’affaire avait révélé un « problème d’asymétrie » : Hugging Face ne pouvait pas utiliser les API commerciales des fournisseurs de LLM à cause des fameux garde-fous et avait dû se tourner vers une installation locale du modèle chinois GLM 5.2 (poids ouverts) pour mener ses propres analyses.

C’est dans ce climat qu’Anthropic a annoncé, le 30 juillet, avoir mené sa propre revue rétrospective et avoir trouvé des cas « similaires ».

Triple oups

Anthropic a examiné 141 006 « runs » d’évaluation dans lesquels Claude aurait pu obtenir un accès internet. Sur cet ensemble, trois incidents distincts (impliquant six runs au total, dont quatre concernant une même organisation) ont été identifiés. Tous se sont produits dans l’environnement de test fourni par un partenaire, Irregular, une société israélienne de red-teaming en cybersécurité IA.

Cette revue a commencé le 23 juillet, deux jours après la publication d’OpenAI sur son implication dans la compromission de Hugging Face. Le même jour, des éléments suspects sont déjà trouvés. Trois incidents sont identifiés le 24 juillet et trois jours plus tard, Anthropic communique les éléments découverts à Irregular et aux organisations touchées par les incidents. Parmi elles, deux n’avaient pas détecté l’intrusion avant d’être notifiées.


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IA agentique et données personnelles, un joli bazar

Dites-moi, M. Anderson…
IA agentique et données personnelles, un joli bazar

Comment concilier protection des données et IA agentique ? Dans une note publiée le 20 juillet, le CIANum (Conseil de l’IA et du Numérique) et la CNIL se sont penchés sur la question, pointant le vaste changement d’échelle dans le traitement des données et la complexification de la maitrise des risques face aux systèmes autonomes.

L’objectif de la nouvelle note est d’examiner comment le RGPD s’applique concrètement à l’IA agentique. Elle laisse volontairement de côté le Règlement sur l’IA (RIA) dont l’application complète n’est prévue qu’en 2027 et qui ne prévoit pas de régime spécifique pour les agents.

La note ne vise donc pas à proposer un nouveau texte de loi, mais à identifier les tensions entre un cadre juridique existant (conçu pour des traitements déterminés par des humains) et une technologie qui agit de façon autonome, puis à esquisser des pistes de conciliation, aussi bien juridiquement que techniquement.

Une mise en tension des principes du RGPD


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Chiffrement : Claude casse HAWK et fissure une version réduite d’AES, mais pas de panique

Faucon, vraie faiblesse
Chiffrement : Claude casse HAWK et fissure une version réduite d’AES, mais pas de panique

L’équipe Frontier Red Team d’Anthropic a publié un billet dans lequel elle décrit ses trouvailles sur deux algorithmes dédiés à la cybersécurité : HAWK et AES. Si les découvertes sont avérées, les conséquences ne sont pas aussi dramatiques qu’on peut le lire ça et là. Elles ne sont pas inexistantes pour autant.

Le 28 juillet 2026, Anthropic a publié un billet de recherche consacré à la « découverte de faiblesses cryptographiques avec Claude ». Il décrit les trouvailles réalisées avec une préversion interne de Mythos qui n’est pas encore accessible au public.

Les découvertes concernent deux algorithmes de sécurité. D’abord HAWK, un schéma de signature numérique conçu pour résister aux ordinateurs quantiques. Ensuite AES, ou plus exactement une version réduite d’AES, utilisée en général en recherche pour mieux étudier la robustesse de cet algorithme.

Dans son billet, Anthropic affirme qu’aucune de ces découvertes n’a d’incidence sur l’informatique actuelle. Certes, mais elles ont tout de même quelques conséquences, même si elles sont loin de l’apocalypse décrite par certains.

Le vol court du faucon post-quantique


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Windows 11 recevra en août des améliorations attendues de longue date

Déjà là, mais en fait pas trop
Windows 11 recevra en août des améliorations attendues de longue date

Microsoft a fait de nombreuses promesses cette année sur l’amélioration de la qualité générale dans Windows 11. Performances, recherche, code natif ou encore interface sont dans la ligne de mire. En août, le système va ainsi recevoir une longue série de nouveautés, dont certaines auraient dû arriver depuis bien longtemps.

L’initiative « K2 » de Microsoft vise à apporter à Windows 11 une foule d’améliorations tous azimuts. L’éditeur a abordé aussi bien les performances que l’utilisation de code natif (le menu Démarrer est partiellement écrit en React par exemple), la cohérence de l’interface, l’efficacité de la recherche et autres. De manière générale, le mouvement consisterait à donner – enfin – aux utilisateurs ce qu’ils attendent depuis des années. En théorie.

Les mises à jour mensuelles ont commencé à apporter certaines de ces améliorations. Celle du mois prochain s’annonce particulièrement copieuse, quand elle sera proposée en même temps que les correctifs de sécurité le 11 aout. Cette mise à jour est en fait déjà disponible dans la zone des téléchargements facultatifs dans Windows Update, pour les personnes un peu « aventurières » qui voudraient s’essayer aux nouveautés un mois en avance.

Explorateur, recherche et menu Démarrer

La mise à jour, référencée KB5101684, contient un peu de tout. Microsoft tire dans toutes les directions, preuve que l’éditeur semble assez sérieux sur les améliorations promises. Certains apports auraient d’ailleurs dû être dans Windows depuis bien longtemps.

C’est le cas de l’affichage automatique de l’unité de poids la plus adaptée dans la vue Détails de l’Explorateur. Aujourd’hui, et depuis bien longtemps, cette taille est systématiquement en Ko. Avec la mise à jour, l’unité s’adapte automatiquement pour afficher des Mo et Go en fonction du poids.

Dans l’Explorateur, on trouve plusieurs autres apports. D’abord la possibilité d’ouvrir un onglet depuis un clic molette sur un élément de la barre d’adresse ou de l’écran d’accueil. Ensuite, les miniatures dans la zone des contenus recommandés sont plus nettes. Enfin, le bug qui faisait apparaitre parfois un flash gris pendant le chargement ou le défilement a été corrigé.

La recherche est probablement une des fonctions qui reçoit le plus d’améliorations en ce moment. Outre la possibilité en approche de se concentrer uniquement sur les résultats locaux, la mise à jour d’août la rend plus tolérante sur les fautes typographiques (ce qu’elle n’est pas actuellement). Un fonctionnement élémentaire aujourd’hui, mais sur lequel Windows faisait l’impasse jusqu’ici. En outre, les résultats commencent à s’afficher à partir de deux lettres, contre trois jusqu’à présent. Les applications sont également mieux mises en avant dans les résultats.

On trouve aussi des améliorations de fiabilité plus générales. Par exemple, au chargement du systray dans la barre des tâches quand le système est utilisé en mode tablette.

Lecteurs d’empreintes ESS pour tout le monde

Les personnes intéressées par les empreintes digitales comme facteur de sécurité pourront désormais utiliser des lecteurs tiers pour Windows Hello Enhanced Sign-in Security (ESS), à condition qu’ils soient compatibles.

Dans sa version standard, Windows Hello repose sur des pilotes en espace utilisateur et/ou noyau. Si la machine est compromise par un programme malveillant disposant des privilèges administrateur, un attaquant peut théoriquement intercepter la mémoire ou usurper le signal de la caméra. ESS propose de résoudre ce problème en appliquant une architecture Zero Trust au niveau du silicium.

Sans surprise, ESS fonctionne avec des composants matériels dédiés. À la manière par exemple de la Secure Enclave dans un produit Apple, les données biométriques sont stockées dans le capteur et n’en sortent jamais. La vérification est effectuée directement sur la puce du capteur, qui communique ensuite le résultat chiffré au système via un certificat signé. Ce fonctionnement existe également pour les webcams, mais il faut là aussi des modèles spécifiques.

Dans sa documentation, Microsoft indique que tous les PC Copilot+ fonctionnent déjà avec ESS pour les webcams et les lecteurs d’empreintes intégrés. La mise à jour permet donc désormais d’utiliser des lecteurs tiers sur l’ensemble des PC avec le niveau de sécurité le plus élevé.

Windows Update, alimentation, accessibilité et autres

Windows Update récolte plusieurs améliorations sous le capot, après avoir reçu récemment la possibilité de repousser indéfiniment l’installation des correctifs en attente (ce qui n’est jamais recommandé, mais au moins les utilisateurs ont le contrôle). C’est la fiabilité générale du processus qui est cette fois concernée, avec des informations plus précises sur la progression de la mise à jour (téléchargement, installation, pourcentages…). L’opération de nettoyage post-installation est décrite comme plus efficace.

Du neuf également dans la gestion de l’alimentation. À partir de maintenant, tous les changements faits par l’utilisateur sur les temps d’inaction avant extinction de l’écran, mise en veille et hibernation du PC sont répercutés sur tous les modes (Performances, Équilibre…), et plus uniquement celui en cours. De plus, Microsoft réintègre dans le même panneau le réglage pour personnaliser le niveau de batterie à partir duquel l’ordinateur portable passe en mode d’économie d’énergie.

Côté accessibilité, on note des améliorations significatives. Accès vocal – qui permet de piloter la session Windows avec la voix – gagne ainsi un mode Isolation. Il peut être réglé selon trois crans : désactivé, bruits de fond uniquement, isolation complète. La Loupe fait de son côté disparaître les barres tactiles verticale et horizontale dans la zone, afin qu’elles n’interfèrent plus avec le contenu. Il est possible de les remettre en place en passant par les options.

On trouve également d’autres changements plus ou moins importants, dont certains spécifiques aux PC Copilot+. Par exemple, il est maintenant possible sur ces derniers de désinstaller le composant IA relatif à la génération d’images. Au fil des mises à jour, Microsoft augmente donc le nombre de ces composants désinstallables.

Microsoft signale en outre une série d’améliorations liées à la fiabilité. Pour Explorer.exe, l’éditeur signale ainsi du mieux avec l’ouverture des Jump Lists et des fichiers récents, lors du partage de fichiers et de dossiers, ainsi que lors de l’utilisation de la Vue Tâches et de plusieurs bureaux. Du mieux également pour les écrans de connexion et de verrouillage du système, « surtout quand la mémoire système est faible ». On note aussi une meilleure fiabilité du presse-papiers quand il est utilisé dans certains scénarios de bureau à distance et de bureau virtuel Azure.

Oui, mais…

Si cette mise à jour contient de sympathiques bonus et – manifestement – de nombreux bugs corrigés, vous ne pourrez pas forcément profiter de tout et tout de suite.

L’installation elle-même est possible depuis n’importe quelle machine équipée de la version 24H2 ou 25H2 de Windows 11. L’ordinateur peut redémarrer jusqu’à trois fois selon les cas. Ne soyez donc pas surpris et n’interrompez pas le processus.

En revanche, si vous cherchez les nouveautés visibles, vous pourriez faire chou blanc. Microsoft a la désagréable habitude d’activer les nouvelles fonctions progressivement. Dans notre cas, la plupart des améliorations ne sont pas utilisables par exemple (alors que nous nous faisions une joie de profiter des apports sur la recherche). Si vous ne voyez pas les nouveautés « promises », il faudra peut-être attendre plusieurs semaines.

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Des fuites de Claude sur des conversations partagées ? Pas vraiment

Encore un problème de l’interface chaise-clavier
Des fuites de Claude sur des conversations partagées ? Pas vraiment

Des internautes ont signalé qu’il était simple de retrouver des conversations Claude partagées. Pour Anthropic cependant, il n’y a aucun problème : c’est le fonctionnement attendu de cette capacité. Mais ce n’est pas tout à fait aussi simple. Encore plus inquiétant, c’est le quatrième incident du genre en un an.

Durant le week-end du 25 - 26 juillet, des utilisateurs de Reddit ont découvert que l’opérateur de recherche « site:claude.ai/share » faisait remonter dans Google une longue liste de conversations Claude partagées, ainsi que des éléments nommés Artefacts par Anthropic : documents et mini-applications interactifs générés dans l’outil.

Le 27 juillet, 404 Media publie un article évoquant la situation, rapidement suivi par d’autres, comme TechCrunch. Depuis, nombre de sites et personnes ont évoqué la situation, relevant qu’on peut trouver une foule d’informations dans ces éléments partagés.

Ces révélations ont pris un tour plus dangereux quand certaines informations se sont avérées être sensibles. Futurism, cité par plusieurs médias, a identifié un rapport médical détaillé nommant un patient, des résultats d’essai clinique avec des noms de patients, ainsi que des fichiers contenant les noms et numéros de téléphone d’enfants d’école primaire. Le contenu exposé allait de notes de programmation et de fausses critiques de livres à des éléments bien plus sensibles : rapports médicaux de patients, données d’essais cliniques avec noms réels, documents internes d’entreprise, évaluations de salariés, clés API et identifiants de connexion.

Pour Anthropic, c’est tout à fait normal

Pour l’entreprise à l’origine de Claude, c’est le résultat d’un comportement parfaitement attendu : les conversations partagées sont accessibles à toute personne possédant le lien. Or, il suffit que ce lien ait été publié dans un endroit accessible aux moteurs de recherche pour qu’il se retrouve dans les résultats, si la requête est conçue spécifiquement pour le retrouver et que le fichiers robots.txt n’interdit pas explicitement la récupération des informations.

Amie Rotherham, porte-parole d’Anthropic, a ainsi indiqué à TechCrunch :

« Nous donnons aux gens le contrôle pour partager publiquement leurs conversations avec Claude, et conformément à nos principes de confidentialité, nous ne partageons pas les annuaires de discussion ni les sitemaps avec des moteurs de recherche comme Google. Ces liens partageables ne sont ni devinables ni découvrables à moins que les gens choisissent de les partager eux-mêmes. Lorsqu’une personne partage une conversation, elle rend ce contenu accessible au public, et comme tout autre contenu public sur le web, il peut être archivé par des services tiers ».

Du côté de Google, on cherche également à se montrer clair : « Ni Google ni aucun autre moteur de recherche ne contrôle quelles pages sont rendues publiques sur le web, et ces pages ont été indexées sur de nombreux moteurs de recherche. Nous donnons aux propriétaires de sites des contrôles clairs pour décider si les pages peuvent être explorées ou indexées, et nous respectons toujours ces directives ». En d’autres termes, ces liens étaient publics et ont été repris par tous les moteurs, sous-entendu : « pas nous uniquement ».

Mais ce n’est pas si simple

La situation semble à l’heure réglée, les résultats ayant disparu dans l’après-midi du lundi 27 juillet. Si le fonctionnement des conversations partagées était normal, pourquoi cette disparition.

Parce qu’en dépit de ce qu’a déclaré Anthropic, il semble bien qu’il y ait eu un problème, selon Search Engine Journal. Nos confrères ont réalisé un audit des en-têtes HTTP ce même 27 juillet. Le chemin /share/* de claude.ai est bloqué par une directive Disallow dans le robots.txt, sous le groupe générique User-agent: *.

Or, les pages elles-mêmes renvoient un en-tête X-Robots-Tag: none, que les directives de Google traitent comme équivalent à noindex et nofollow. Le chemin de partage est ainsi bloqué par le robots.txt de claude.ai.

Et c’est là que survient le problème, selon Search Engine Journal : « À cause de cela, les règles entrent en conflit. Selon les directives de Google, un tag noindex ne fonctionne que si l’outil d’exploration est autorisé à accéder et à lire la page. Si une page est bloquée par robots.txt, elle peut toujours être indexée si d’autres pages y renvoient, puisque Googlebot note l’URL sans l’ouvrir réellement ».

Le bot de Google voit donc une page disposant d’une directive de non-référencement et en indexe l’URL nue, sans le contenu. Il en va de même pour les URL présentes sur cette page, dont les directives ne peuvent pas être lues à cause du premier blocage. Ce conflit a entrainé le référencement des adresses de partage des conversations Claude, sans leur contenu. Voilà pourquoi on pouvait les retrouver avec un opérateur de recherche.

Anthropic n’a pas communiqué de correctif technique explicite. La disparition des résultats de recherche dès le lundi après-midi a été constatée par 404 Media, TechCrunch mais également par Next, sans confirmation officielle du mécanisme corrigé. Ce nettoyage et les observations réalisées par Search Engine Journal laissent cependant penser que l’entreprise s’est peut-être rendu compte du conflit potentiel entre les directives.

Que faire côté internaute ?

Si vous ne partagez pas vos conversations Claude ou que vous ne le faites qu’au travers d’autres moyens que des pages web (par exemple une messagerie instantanée), il n’y a rien à craindre. Toutes les conversations sont privées (au sens d’Anthropic) par défaut.

Si vous avez des conversations partagées, vous pouvez cependant en révoquer l’accès. Rendez-vous dans les paramètres du compte, puis dans « Confidentialité ». Là, descendez jusqu’à la ligne « Conversations partagées » puis cliquez sur « Gérer ». La liste apparaitra, avec possibilité de voir la conversation et de la supprimer.

Notez bien que l’icône de poubelle, qui désigne la suppression, ne signifie pas que la conversation elle-même sera effacée, uniquement le partage associé. Autre information importante, la gestion des Artefacts est séparée et se fait depuis la ligne juste en-dessous de « Conversations partagées ».

Ce n’est pas une première, loin de là

Ce n’est pas la première fois (et certainement pas la dernière) que ce genre de couac arrive. Il y a un an, OpenAI corrigeait le tir de son IA générative qui laissait vos discussions « publiques » avec ChatGPT être indexées par les moteurs de recherche, dont Google. Quelques semaines après OpenAI, xAI aussi y est allé de sa pierre à l’édifice avec des centaines de milliers de conversations rendues accessibles via les moteurs de recherche.

En septembre, Forbes alertait sur la présence de plusieurs centaines de conversations avec le chatbot Claude d’Anthropic dans Google. Déjà à l’époque, l’entreprise rejetait la faute sur les utilisateurs : « La porte-parole d’Anthropic, Gabby Curtis, a déclaré à Forbes que les conversations avec Claude n’étaient visibles que sur Google et Bing parce que les utilisateurs avaient publié des liens vers ces conversations en ligne ou sur les réseaux sociaux », expliquaient nos confrères.

Quatre incidents du même genre en seulement un an, le problème est récurrent. C’est l’occasion de rappeler une règle élémentaire : ne pas partager publiquement le lien d’un document que vous souhaitez garder pour vous. On pourrait même recommander de ne pas créer de lien de partage tout court afin de limiter les risques. Parfois, certains ne savent même pas que les documents sont accessibles publiquement, comme nous l’avons démontré avec des Google Groupes en accès libre aux quatre vents.

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☕️ GOG aura bien une version Linux de son launcher Galaxy



GOG (Good Old Games) dispose depuis une dizaine d’années d’un launcher pour Windows et macOS. Nommé Galaxy, il permet d’installer et gérer les jeux achetés sur la boutique. Et Linux ? GOG (devenue indépendante fin 2025) avait manifesté son intérêt pour la plateforme et avait abordé le sujet début 2026, indiquant chercher à recruter dans ce but. Depuis, plus rien.

Interrogé sur le sujet par GamingOnLinux, Krzysztof Papliński, co-PDG de l’entreprise, a répondu par e-mail. Il confirme qu’un « spécialiste » a bien été embauché pour se pencher sur la question :

« Suite au poste annoncé plus tôt cette année, nous avons désormais le spécialiste à bord et explorons activement la meilleure façon d’aborder le support Linux pour GOG GALAXY. C’est une entreprise importante, donc même si nous ne sommes pas encore prêts à partager des plans, des délais ou des résultats précis, c’est un domaine dans lequel nous investissons du temps et des efforts. »

L’absence actuelle du launcher Galaxy sur Linux n’empêche pas les jeux compatibles avec la plateforme d’être installés. Le launcher simplifie cependant nettement les opérations, en plus de proposer une interface regroupant tous les achats, avec les options associées. Comme le font remarquer nos confrères, il reste possible d’insérer le compte GOG dans des applications comme Heroic Games Launcher, mais un support direct est toujours une bonne nouvelle.

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Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

Un seul code vous manque et tout est perdu
Dans un contexte juridique tendu, GrapheneOS défend sa protection des données

Le 26 juillet, l’équipe de GrapheneOS s’est lancée tout à coup dans un exposé de nombreuses mesures de sécurité, avec une insistance particulière pour la gestion des mots de passe. Ce calendrier ne doit rien au hasard : pour la première fois aux États-Unis, le ministère de la Justice poursuit un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint ».

Depuis deux jours, le compte X de GrapheneOS répond à de nombreuses questions sur la gestion de ses mots de passe. L’équipe en a fait une synthèse dans son forum pour résumer toutes les informations.

L’équipe explique que le système mobile est basé sur Android 17 et « sur le matériel le plus sécurisé disponible pour Android », la liste se limitant aujourd’hui aux seuls Pixel de Google. Elle rappelle cependant que la situation va évoluer en 2027, grâce à un partenariat avec Motorola Mobility et « aux progrès réalisés par Qualcomm ». Un signal assez fort pour l’industrie, qui pourrait se rapprocher de Graphene pour lancer des smartphones très orientés vers la sécurité. On parle bien de nouveaux modèles, car aucun appareil Motorola actuel ne dispose des sécurités nécessaires.

Les informations se concentrent tout particulièrement sur la protection des mots de passe et autres secrets, ainsi que sur les défenses du système mobile contre l’extraction de données. Le chiffrement du disque constitue ainsi la première ligne de défense : même les attaquants les plus sophistiqués ne peuvent le casser directement, et doivent soit exploiter l’OS en état « After First Unlock » (après premier déverrouillage), soit forcer le PIN ou mot de passe par force brute.

L’équipe indique également que GrapheneOS supporte uniquement les appareils ayant un secure element avec des limitations strictes sur les tentatives de mots de passe et codes PIN : 4 heures après 10 tentatives échouées, 41 jours après 15, avec seulement 20 tentatives autorisées au total. Le secure element est pour rappel une puce dédiée, physiquement et logiciellement isolée, conçue pour stocker les secrets et résister à leur extraction. Dans le contexte de GrapheneOS, il a en outre un rôle précis : il détient les compteurs de tentatives de déverrouillage et applique la limitation de débit, expliquant les délais de plus en plus longs entre les tentatives. Stocker les compteurs dans la puce empêche de « tricher » en les réinitialisant.

Parmi les autres points abordés, on peut citer la limite de caractères des mots portée de 16 à 128, la possibilité d’utiliser un facteur biométrique pour que le système reste utilisable au quotidien (5 tentatives biométriques seulement, qui comptent dans le quota général), des allocateurs de mémoire durcis, le hardware memory tagging (MTE) pour renforcer la résistance aux exploitations de failles inconnues, le blocage par défaut des nouvelles connexions USB quand l’appareil est verrouillé, ou encore un minuteur de redémarrage automatique, ramenant l’appareil en état « Before First Unlock » (avant premier déverrouillage) au bout de 18 heures (par défaut) sans déverrouillage de l’appareil. Ce dernier comportement a d’ailleurs été repris par Apple et Google dans leurs systèmes.

Dans le billet, on trouve également un paragraphe consacré au PIN de contrainte. Présentée comme un outil relativement mineur et optionnel, il efface l’appareil quand il est saisi dans n’importe quelle invite d’authentification (déverrouillage, changement de réglage sensible, etc.). Il fonctionne sur tous les profils, y compris les utilisateurs secondaires et Private Spaces. L’équipe de GrapheneOS insiste : les données ne dépendent pas de cette fonctionnalité pour être protégées. Elle est considérée comme un outil parmi d’autres, et son usage réel doit être mûrement réfléchi compte tenu des conséquences physiques ou juridiques possibles.

L’affaire Samuel Tunick

La mention des conséquences juridiques n’est pas due au hasard. Si l’équipe de Graphene communique tant autour des protections de son système en ce moment, c’est à cause d’un évènement juridique majeur aux États-Unis lié à la tech.

Pour la première fois (a priori), des procureurs fédéraux poursuivent en effet un citoyen américain pour destruction présumée de données à l’aide d’un mot de passe « contraint » intégré au logiciel d’un téléphone. C’est le lien avec la communication abondante : le logiciel en question n’est autre que GrapheneOS.

Samuel Tunick a été initialement arrêté sans mandat le 25 janvier 2025 à l’aéroport de Hartsfield-Jackson (Atlanta) par les douanes américaines, sur la base de l’exception de fouille frontalière au Quatrième amendement. Alors que les agents fédéraux tentaient d’accéder à son téléphone lors de l’inspection, Tunick aurait saisi un mot de passe de contrainte GrapheneOS qui a immédiatement effacé les données stockées sur l’appareil.

Tunick est donc poursuivi en vertu de la loi américaine pour avoir fourni aux agents frontaliers un code d’accès ayant causé l’effacement du contenu numérique de son téléphone, ce que les procureurs qualifient de destruction intentionnelle de biens pour empêcher leur saisie.

Un enjeu plus grand que le cas individuel

La communication de GrapheneOS est probablement défensive, pour documenter publiquement la robustesse cryptographique de son modèle de menace face à l’attention médiatique soudaine portée à la fonction « mot de passe de contrainte ».

Sur le plan juridique, l’enjeu dépasse le cas individuel : la question posée aux tribunaux est de savoir si l’activation d’une fonctionnalité de sécurité native – conçue précisément pour protéger des données personnelles en cas de contrainte – peut être qualifiée pénalement de destruction de preuves, y compris lorsque la fouille initiale s’est déroulée sans mandat.

Sans surprise, les avocats de Samuel Tunick contestent cette version des faits. Ils affirment que la détention et la saisie étaient illégales, et accusent le gouvernement américain d’exiger l’accès au téléphone sous prétexte d’une recherche d’images pédopornographiques, sans fournir aucun élément pour étayer ces soupçons.

Pour les avocats, cette arrestation et cette affaire sont politiques. Le gouvernement s’en serait pris à Samuel Tunick non pas pour d’éventuels matériels pédopornographiques, mais pour son association avec un mouvement appelé « Defend the Atlanta Forest ». Ce dernier s’oppose à la création d’un énorme campus de formation pour les forces de l’ordre à Atlanta, surnommé « Cop City », critiqué pour son impact environnemental (plus de 34 hectares déforestés) et son coût de 67 millions de dollars.

Les avocats demandent l’annulation de toute la procédure, au motif qu’elle viole les Quatrième, Cinquième et Sixième amendements de la Constitution américaine. Des violations liées à la manière dont l’interrogatoire a été mené, au refus d’un avocat, à l’absence alléguée d’avertissements Miranda (le fameux « Vous avez le droit de garder le silence »), ou encore à la fouille et la saisie sans mandat.

« Je n’ai jamais vu cela auparavant, même si j’ai discuté du scénario potentiel avec des activistes et des journalistes au fil des années. Je pense que cette affaire rappelle que les autorités peuvent prétendre que vous avez sciemment détruit des données, donc il vaut mieux ne pas avoir ces données sur vous lorsque vous franchissez certaines frontières », a réagi Runa Sandvik, une experte en sécurité informatique, auprès de TechCrunch.

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