Doctolib, déjà très impliqué dans le développement d’outils basés sur l’IA, appuie encore sur le champignon grâce à un investissement de NVIDIA. Le géant américain prend une participation minoritaire au capital de la plateforme française.
Aucun chiffre n’a été révélé dans la communication de Doctolib, mais cet investissement du mastodonte de l’IA va au delà du symbole même si les sommes en jeu sont une goutte d’eau pour les finances de NVIDIA. Il s’agit en effet « d’accélérer nos recrutements et nos développements IA », déclare Stanislas Niox-Chateau, le cofondateur et directeur général de la plateforme. Elle aura aussi accès aux experts de NVIDIA qui épauleront « la centaine de scientifiques, ingénieurs et designers » qui développent ces solutions IA.
Doctolib utilise les technologies NVIDIA depuis un an pour concevoir ses propres modèles IA « avec le plus haut standard de précision médicale ». Ils sont utilisés dans les agents IA proposés par l’entreprise aux soignants « pour les aider à mieux soigner ».
Une piqûre de NVIDIA
L’assistant de consultation, qui s’appuie sur un modèle de reconnaissance de la parole spécialisé dans la langue française et le vocabulaire médical, a documenté plus de 12 millions de consultations. Des assistants IA spécialisés dans la facturation, le secrétariat, la gestion documentaire et la codification, sont également disponibles pour les professionnels de la santé.
Cet investissement de NVIDIA permettra d’étendre la disponibilité de l’assistant IA personnel des patients. Testé actuellement par 400 000 Français, il sera proposé à tous les utilisateurs en 2027.
Voir NVIDIA investir directement dans Doctolib peut soulever des craintes concernant la souveraineté et la gestion des données. Au mois de juin, la plateforme nous avait assuré qu’elle ne livrait pas les informations de ses utilisateurs aux grands acteurs américains de l’IA. En juillet, elle amorçait la pompe de ces mêmes données pour ses recherches en IA, sans demander de consentement.
Ces problématiques – de souveraineté en particulier – et les controverses qui s’en sont suivies ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Doctolib précise ainsi que l’argent de NVIDIA va servir à accélérer le développement de modèles à poids ouverts et open source, « et investir encore davantage dans les infrastructures européennes qui les font fonctionner. »
Un investissement symbolique ?
D’après le Figaro, la prise de participation de NVIDIA se ferait à hauteur de quelques millions d’euros, une entrée au capital symbolique si l’on compte que Doctolib était valorisée aux alentours de 3,6 milliards d’euros en avril dernier.
L’annonce a été faite par Jensen Huang, de passage à Paris mardi 13 octobre, avant la conférence GTC de Berlin dont il donnera le coup d’envoi le 21 octobre prochain.
Mise à jour 20 h — Il n’y a pas que Doctolib. Entalpic, Genesis AI et Pigment vont eux aussi bénéficier d’un coup de pouce financier de NVIDIA. Entalpic développe des matériaux avancés pour les semi-conducteurs, Genesis AI conçoit des robots dopés à l’IA, et Pigment a créé une plateforme de planification pour les entreprises.
En amont des élections de mi-mandat qui doivent se tenir en novembre aux États-Unis, Elon Musk a déjà donné plus d’argent au parti républicain que pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2024.
267 millions de dollars, c’est le montant déversé à bas bruit par Elon Musk dans divers groupes Républicains et dans son super PAC (comité d’action politique) depuis le mois de juin.
De même qu’en amont de l’élection présidentielle qui s’est tenue aux États-Unis en novembre 2024, l’homme le plus riche du monde utilise sa fortune pour influencer les élections de mi-mandat qui se tiendront dans quelques semaines dans le pays, qui a Donald Trump à sa tête pour la deuxième fois.
Dans le détail, le patron de SpaceX a versé 159 millions de dollars au Senate Leadership Fund, le principal Super PAC de soutien aux candidats républicains du Sénat local. À elle seule, cette opération représente la plus grosse donation politique de l’histoire des États-Unis, indique le New-York Times. Mais Elon Musk a aussi mobilisé l’America PAC, qu’il avait créé en 2024.
Si l’on étudie ses donations sur une année calendaire, alors Elon Musk a déjà donné 366 millions de dollars pour favoriser des politiques, républicaines, soit plus que les 290 millions de dollars versés pour la dernière élection présidentielle.
Un avantage financier net sur le camp démocrate
Cet été, le multimilliardaire avait donné plus de 76 millions de dollars à son America PAC. Cet argent a servi à financer la diffusion du programme républicain à travers le pays, pour parvenir à toucher de potentiels électeurs difficiles à atteindre. L’organisation politique est directement active dans sept batailles sénatoriales, et dans plus d’une trentaine d’autres pour des sièges à la Chambre des représentants (équivalent de l’Assemblée nationale au sein du Congrès des États-Unis).
Face à ce flot d’argent, aucun milliardaire soutien du camp démocrate ne dépense autant. En termes strictement financiers, donc, le parti républicain jouit d’un avantage certain. Et ce, quand bien même Elon Musk avait annoncé qu’il serait nettement moins présent dans la politique des États-Unis en mai 2025, à l’issue de son expérience du DOGE, cet éphémère « ministère de l’efficacité gouvernementale ».
Si cette époque s’était soldée par de nettes frictions entre lui et Donald Trump, leurs relations se sont visiblement suffisamment réchauffées pour qu’il finance les fonds pré-cités, ainsi qu’une série d’autres organisations comme le Congressional Leadership Fund (dédié aux élections au sein de la Chambre des représentants), le Lone Star Liberty PAC (qui soutient le candidat républicain texan au Sénat), et quelques autres.
Focalisation texane
Certains sujets très liés à ses activités sont devenus le cœur de débats politiques dans diverses régions des États-Unis. C’est notamment le cas des centres de données, dont les plus gros sont accusés d’accélérer la pollution et de tirer à la hausse le prix de l’électricité par les riverains. En la matière, SpaceXAI s’est notamment illustrée en lançant la construction rapide de Colossus et Colossus 2, deux supercalculateurs dédiés à alimenter le robot Grok, dont une large partie de l’énergie est tirée de turbines à gaz.
Certains sondages donnent même le candidat démocrate gagnant au Texas, État historiquement très républicain, et où Elon Musk a déplacé en 2024 le siège social des ses entreprises avant de s’arranger pour transformer le site de SpaceX à Boca Chica en ville à part entière.
Sur place, l’homme le plus riche du monde a donc directement financé l’impression et la distribution de tracts dans des milliers de foyers dont le message interroge par exemple : « Des Démocrates radicaux socialistes gagnent les élections partout en Amérique. Le Texas sera-t-il le prochain ? » À ce tractage, s’ajoute le financement d’actions de mailings, d’appels téléphoniques ou de SMS politiques, dont le contenu s’attelle le plus généralement à diminuer le camp démocrate. De tels efforts centralisés sur un seul État, dans une campagne de mi-mandat, sont relativement inhabituels, souligne le New York Times. Habituellement, les candidats locaux recourent plus simplement à des publicités télévisées.
Sur place, les financements de Musk se distinguent par ailleurs par leur focalisation sur des habitants conservateurs susceptibles de passer leur tour le jour du vote, plutôt que sur des électeurs indécis. Pour toucher ces personnes, l’entrepreneur impose à ses troupes de mobiliser toute une rhétorique antitrans. L’une des filles d’Elon Musk est elle-même trans, et a pris publiquement la parole sur leurs oppositions personnelles et politiques, tandis que son père a laissé entendre que la transition de son enfant avait joué un rôle dans son implication grandissante dans les affaires politiques.
Par rapport aux années récentes, l’activisme politique d’Elon Musk a muté. En privé comme en public – notamment sur X, où il n’a mentionné le sujet qu’une poignée de fois dans les dernières semaines –, il semble aborder beaucoup moins fréquemment le sujet qu’il ne le faisait en amont de l’élection présidentielle. Pour autant, les montants publiquement connus de ses donations montrent qu’il reste impliqué. Les 276 millions de dollars dépensés ces derniers mois ne sont que la face émergée d’un iceberg plus vaste : par l’intermédiaire de groupes qui n’ont pas l’obligation de faire la transparence sur la source de leurs financements, Musk aurait fait des donations de l’ordre du million de dollars à destination de certains candidats.
Apple lance sa nouvelle offensive pour la maison connectée. Apple TV, HomePod mini, gamme d’objets connectés, et surtout un appareil complètement inédit dans la gamme du constructeur, le HomeView, tour de contrôle de tout ce petit bazar… Hélas, cet écran connecté ne sera pas commercialisé dans l’Union européenne.
La rumeur disait donc vrai depuis des mois, voire des années : Apple mitonnait bien un écran connecté à poser sur le comptoir de la cuisine, la table de nuit ou encore à poser au mur. Le HomeView ressemble à une combinaison d’Apple Watch avec un iPad : c’est un écran carré de 6,98 pouces (1 088 x 1 088, 220 ppi).
Image : Apple
L’appareil embarque un système True Tone, qui ajuste la température de couleur de l’écran selon la luminosité de la pièce. Il est doté d’une luminosité de 500 nits maximum et de 0,3 nit minimum (une précision utile pour ceux qui l’installeront dans la chambre).
Le petit tableau de bord de la maison
Un capteur photo de 12 mégapixels avec fonction de Cadre centré – elle « suit » les mouvements de l’utilisateur –, secondée par quatre micros seront utiles pour les appels vidéo FaceTime. La caméra est également capable de reconnaissance faciale et les micros de reconnaissance vocale : chaque membre du foyer pourra ainsi être identifié par l’appareil. Ce dernier affichera alors les informations personnelles de chacun, ainsi que leurs interfaces (jusqu’à 6 comptes iCloud pris en charge).
Image : Apple
L’engin fonctionne avec une puce A18, a priori la même que dans l’iPhone 16 (restons prudents, il arrive qu’Apple module le nombre de cœurs GPU en fonction du produit). L’interface ressemble un peu aux cadrans de l’Apple Watch, avec de nombreuses possibilités de personnalisation. Pas d’App Store pour le HomeView, mais une batterie d’apps maison : FaceTime évidemment, mais aussi Messages et Safari.
Une poignée d’apps tierces seront tout de même disponibles, comme Spotify. Apple a fait un choix intéressant : les apps compatibles CarPlay pourront s’afficher sur le HomeView. Le constructeur veut surtout faire de cet appareil la démonstration des capacités de Siri AI… pour peu que chaque habitant de la maison possède un iPhone ou un iPad compatible. L’appareil est tout de même capable d’utiliser l’assistant en solo pour répondre à des questions sur l’actualité et la découverte musicale.
Image : Apple
Cet écran se décline en deux versions : la première avec une base qui lui donne un petit air d’iMac « tournesol », il est même possible d’ajuster l’angle de la dalle. Si l’appareil embarque son propre système audio (deux haut-parleurs), la base améliore la qualité audio en y ajoutant des basses plus imposantes. La seconde permet de l’accrocher à un mur, mais Apple n’a pas jugé nécessaire d’inclure le système d’accrochage, qui est donc vendu séparément. Les prix des fixations vont de 59,95 à 129,95 dollars tout de même. De plus, le HomeView ne peut même pas être utilisé comme petite tablette puisqu’il doit être branché à une prise électrique.
Dans les deux cas, le prix est le même : 299 dollars. Pas la peine de faire chauffer la carte bancaire tout de suite : non seulement la commercialisation ne débutera qu’à partir du 13 novembre (les précommandes débutent aujourd’hui), mais surtout le HomeView ne sera pas disponible dans l’Union européenne.
L’entreprise est toujours aux prises avec la Commission européenne sur le cas Siri AI ; « Apple collabore activement avec l’UE pour tenter de trouver une solution », explique-t-elle dans un communiqué perfidement traduit et publié sur son site français.
Qui dit maison connectée, dit accessoires en tout genre. Avec l’« Apple Home Collection », le constructeur lance une série de produits domotiques : caméras d’intérieur et d’extérieur, thermostats, sonnettes vidéo, serrures, capteur d’humidité. Ce ne sont cependant pas des appareils avec un logo de pomme au dos : l’entreprise a préféré faire appel à des partenaires pour les fabriquer, en l’occurrence LG et Schneider Electric.
Image : Apple
Tous ces produits prennent en charge le protocole réseau basse consommation Thread ainsi que la plateforme Matter, et fonctionnent évidemment main dans la main avec Siri. La disponibilité de ces accessoires débutera en décembre, du moins aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. L’UE est encore exclue de la fête.
Apple profite de l’occasion pour dévoiler de nouveaux Apple TV et HomePod mini qui ont chacun la même particularité amusante : ils sont hors de prix. La box de streaming est désormais proposée à 349 euros, soit 50 euros de plus que le précédent modèle – qui avait pris 110 euros (!) dans la vue au mois de juin. La version 64 Go a disparu du catalogue, ce qui aurait permis de réduire un peu le feu de la facture.
Pour ce prix, le boîtier intègre 128 Go de stockage, une puce A19 (celle qui motorise l’iPhone 17), le support du Wi-Fi 7 et du Bluetooth 6, et on peut aussi y brancher jusqu’à 4 HomePod. Apple met surtout en avant Siri AI (ce qui implique au moins 8 Go de RAM)… qui n’est pas disponible dans l’UE. Sur le vieux continent, il faudra se contenter de Siri tout court.
À l’instar de l’Apple TV, le HomePod mini 2 reprend lui aussi le design de son prédécesseur, mais pas son prix : la petite boule audio coûte désormais 169 euros, soit 30 euros de plus qu’auparavant. L’appareil intègre une puce S10, une nouvelle fonction d’illumination sonore qui s’anime au rythme de la musique, et peut surtout faire office de haut-parleur par défaut pour un Mac (l’enceinte peut déjà diffuser du son depuis un Mac en passant par AirPlay).
Microsoft a arrêté brutalement l’accès à 365 Business Premium et Office 365 E1 qu’elle proposait gratuitement aux organismes sans but lucratif. L’association française Watertrek a mis en demeure l’entreprise : elle a perdu 600 Go de données qui y étaient stockées alors que sa licence courait jusqu’au 18 octobre 2029.
En mai 2025, Microsoft a annoncé l’arrêt de son offre « philanthropique » permettant à des organismes sans but lucratif l’accès gratuit aux offres MS 365 Business Premium et Office 365 E1 sans préciser, au moins dans son premier message, les modalités et dates relatives à cette décision. Comme d’autres organismes, début juin 2026, l’association française Watertrek a perdu suite à cette interruption plusieurs centaines de gigaoctets de données. Après avoir mis en demeure la filiale française de la multinationale au mois d’août, elle n’a toujours pas récupéré ses données.
Comme nous l’expliquions déjà au mois d’août, Microsoft avait affirmé mettre fin à cette offre « afin de rationaliser [son] offre d’aides et de simplifier [son] portefeuille d’aides ». Elle en profitait pour pousser ces organisations à passer à d’autres offres, notamment MS 365 Business Basic pour laquelle elle promettait d’offrir 300 licences. Mais la communication de l’entreprise a laissé des associations dans le flou. Et des données ont même été supprimées alors que l’abonnement a bien été renouvelé.
L’association française Watertrek, qui « œuvre à la protection de l’eau et des écosystèmes aquatiques », affirme à Next être dans ce cas, avec plus de 600 Go de données perdues dans la manœuvre.
Une perte brutale des données alors que la licence n’est pas arrivée à expiration
En juin dernier, l’association a brutalement perdu accès à son environnement Microsoft 365 suite à la décision de l’entreprise d’arrêter son offre. Si elle avait annoncé publiquement que cette offre s’arrêtait, Microsoft n’a pas prévu la gestion des licences encore actives.
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Quelques jours après les chiffres sur le marché des PC, ceux des smartphones révèlent une réalité quasi identique : un fort recul, entrainé largement par la hausse spectaculaire des prix de la mémoire vive.
Le 9 octobre, nous indiquions que le marché des PC avait plongé de 20 %, chiffre que l’on retrouvait chez plusieurs cabinets d’analyse, dont IDC et Omdia (anciennement Canalys). Ce chiffre correspondait au recul des expéditions mondiales, comparé à celui du troisième trimestre 2025. Ce recul brutal était expliqué en grande partie par le prix de la RAM et, dans une moindre mesure, par celui de la NAND (utilisée dans les SSD). Selon Omdia, le prix du duo RAM-NAND représente 40 % de celui d’un PC neuf en moyenne, contre 15 % un an plus tôt.
PC, smartphones, même combat
Sans trop de surprise, la situation est identique pour les smartphones. Les chiffres publiés par Counterpoint montrent la même ampleur : le troisième trimestre a enregistré une chute de 20 % des expéditions mondiales par rapport au même trimestre l’année dernière. Le cabinet d’analyse met amplement en avant les tarifs de la RAM comme facteur principal, avec à la clé une augmentation moyenne de 20 % des prix des smartphones depuis le début.
La situation est semblable sur d’autres points. Sur le marché PC, cette dégringolade n’a entraîné aucun remaniement dans le classement des plus gros constructeurs. Il en va de même pour les smartphones, Samsung restant en première place avec 23 % de parts de marché, Apple étant juste derrière avec 22 %. Les deux entreprises ont perdu des plumes, mais moins que leurs concurrents. Xiaomi, par exemple, chute lourdement avec une baisse de plus de 30 % sur un an.
Pour Apple, les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises, car c’est la première fois que la société de Cupertino dépasse la barre des 20 % à l’échelle mondiale sur un troisième trimestre. Deux raisons sont avancées par Counterpoint. D’abord, l’absence d’iPhone 18 non Pro, se traduisant par des approvisionnements moindres des distributeurs et donc des livraisons moindres. Ensuite, la hausse des prix n’est arrivée qu’en fin de trimestre. Les iPhone 18 Pro et Pro Max ayant connu un meilleur démarrage que leurs prédécesseurs (surtout en Chine), Apple arrive à s’en sortir.
Counterpoint confirme également que le haut de gamme s’en sort mieux que l’entrée et le milieu de gamme. En aout dernier, nous indiquions déjà que la crise de la mémoire plombait ces segments. À eux seuls, la RAM et la NAND peuvent représenter les deux tiers du prix d’un appareil, privilégiant les constructeurs ayant investi le secteur premium, dont Samsung et Apple.
Horizon bouché
Peut-on apercevoir une embellie à l’horizon ? Pas vraiment. Si l’on en croit Trendforce, le marché de la NAND pourrait commencer à entrevoir une petite amélioration durant le second semestre 2027, mais celui de la RAM restera très tendu jusqu’à nouvel ordre.
Les habitudes de la clientèle évoluent également, selon Counterpoint : « Les consommateurs conservent leurs appareils plus longtemps que prévu, envisageant de plus en plus les appareils reconditionnés et privilégiant les appareils de plus grande valeur, tandis que les fabricants ajustent leurs portefeuilles, leurs prix et leurs stratégies de marché pour protéger leur rentabilité ».
Mais le cabinet est pessimiste sur la suite pour l’instant : « Une reprise significative des volumes globaux est peu probable tant que les coûts des composants et les conditions d’approvisionnement ne s’amélioreront pas ».
Vous entendez régulièrement parler de chiffrement symétrique (AES), asymétrique (RSA) et d’algorithmes post-quantiques sans trop comprendre de quoi il s’agit ni les enjeux ? Next vous propose de comparer les usages et performances de ces algorithmes de chiffrement, dont certains résistent aux ordinateurs quantiques.
Le monde de la cybersécurité se prépare depuis des années à l’arrivée d’une grosse révolution : le supercalculateur quantique, du moins la version avec suffisamment de qubits et de portes quantiques pour effectuer suffisamment de calculs pour rebattre les cartes de la cybersécurité. Ce n’est pas que théorique, l’algorithme pour « casser » RSA et X25519 existe déjà : Shor.
En effet, la promesse de l’ordinateur quantique est de casser l’algorithme de chiffrement asymétrique RSA. Avec les algorithmes symétriques comme AES en revanche, il suffira de doubler la taille de la clé pour rester au même niveau de sécurité. On parle de chiffrement asymétrique quand une clé permet de chiffrer et une autre de déchiffrer, et de chiffrement symétrique lorsque c’est la même clé pour les deux opérations.
L’enjeu est important : RSA est largement utilisé pour protéger les communications sur Internet. Depuis des années, la solution de remplacement existe avec des algorithmes dits « post-quantiques », capables de résister à de telles machines. C’est le cas de CRYSTALS-Kyber (ou Kyber tout simplement) sélectionné par le NIST américain en 2022 et normalisé en 2024 sous le nom ML-KEM (FIPS 203).
Mais dans la pratique, quelles différences entre AES, RSA et ML-KEM ? Next vous explique, benchmark à l’appui, les enjeux autour des tailles de clés et de messages chiffrés, des performances des algorithmes et leur résistance aux attaques. Au passage, nous étudierons aussi deux autres algorithmes dont vous avez peut-être entendu parler : ChaCha20-Poly1305 et X25519 (sur une courbe elliptique).
On chiffre un message avec AES, ChaCha20, RSA et Kyber : qui gagne ?
Pour commencer, voici un tableau récapitulatif de la taille des clés et du message, ainsi que la vitesse de traitement de cinq grandes familles d’algorithmes (avec différentes tailles de clés) : AES (CCM et GCM), ChaCha20-Poly1305, X25519, RSA et ML-KEM.
Pour ces premiers résultats, nous avons chiffré un petit message de 8 octets seulement « next ftw » :
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Mise à jour 15/10 – Finalement, une petite lueur d’humanité à la Maison-Blanche. Donald Trump a déclaré sur son réseau social que l’exécution de Nidal Malik Hasan ne sera pas diffusée en direct. « Je pense que diffuser l’exécution en direct, à la vue de tous, aurait pu avoir un puissant effet dissuasif en montrant au monde comment l’Amérique traite les terroristes et les ORDURES comme Hasan », écrit-il dans son style habituel. « Mais beaucoup de personnes bien intentionnées préféreraient ne pas le regarder mourir (…). Il mourra, comme prévu, fusillé par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas diffusé en direct », indique-t-il.
Article original, 13/10 – Le 3 décembre, Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé à Fort Hood. C’est le résultat d’une condamnation après que ce dernier a assassiné 13 personnes sur les lieux, en 2009. Approuvée début octobre par la Maison-Blanche, une telle mise à mort par un peloton d’exécution serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le 8 octobre, le Pentagone a par ailleurs annoncé que cette exécution serait publique, c’est-à-dire filmée et diffusée en direct. D’après le New-York Times, une telle publicité « n’a pas été mise en place aux États-Unis depuis près d’un siècle ».
Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. L’ONU a déclaré qu’un tel projet relevait de la torture, son porte-parole déclarant la perspective « qu’un gouvernement exécute quelqu’un en public, devant des caméras en direct » de « franchement odieuse ».
Le ministre de l’Environnement australien a qualifié le projet d’ « immonde » – il a globalement été suivi par tous les bords politiques –, tandis que le commissaire à la sécurité numérique locale a déclaré que les « services numériques avaient la responsabilité de protéger les utilisateurs des contenus dangereux, en vertu des réglementations australiennes relatives à la sécurité en ligne ».
Illustration : Flock
Dans une même logique, l’Union européenne a averti les plateformes numériques : à elles d’appliquer « avec diligence leurs propres règles d’utilisation », a indiqué le porte-parole de la Commission Thomas Regnier.
Et de souligner que Meta « interdit explicitement la diffusion en direct des exécutions capitales », tandis que « X et TikTok interdisent les contenus choquants ou faisant l’apologie de la violence ». Citant le Règlement sur les services numériques, il a rappelé l’existence de « règles claires » en Europe, qui lui permettraient d’éviter la diffusion d’une exécution si les plateformes ne la limitaient pas d’elles-mêmes.
Plusieurs chefs religieux ont aussi pris la parole, du pape Léon XIV, qui condamne la peine de mort, à l’archevêque de l’armée états-unienne, qui a appelé les soldats catholiques à refuser de participer au peloton d’exécution, dans la mesure où la peine de mort est contraire à leurs enseignements religieux.
Devant cette levée de boucliers, le vice-président JD Vance a exprimé des doutes sur la probabilité que l’exécution soit effectivement diffusée en direct et en ligne. Donald Trump lui-même, après avoir clairement « approuvé » le projet devant les médias, a finalement déclaré qu’il « prendrait une décision » sur le sujet, dans un futur indéterminé.
Le studio Hello Games est connu pour l’une des plus belles « remontadas » du jeu vidéo. No Man’s Sky, à sa sortie il y a dix ans, était bien loin des promesses faites pendant son développement, notamment par le fondateur et patron de l’entreprise, Sean Murray. Hello Games n’a cependant pas lâché l’affaire : le titre a accumulé des dizaines de mises à jour de contenu gratuites. Aujourd’hui, les annonces sur X sont souvent suivies de plaisanteries par des joueurs « suppliant » Sean Murray de les laisser payer pour du contenu.
Le titre s’est également fait un nom en sortant sur de nombreux supports : Windows d’abord, puis macOS et finalement toutes les consoles. Sur Linux, le jeu fonctionne via Proton. Et voilà que le studio veut franchir une nouvelle étape : porter le jeu sur iOS.
Dans sa vidéo d’annonce, Sean Murray indique que l’idée est venue d’abord sous forme de défi technique, comme pour les portages en réalité virtuelle et sur la première Switch. Sur iOS, le jeu serait maintenu sous la barre des 4 Go et aurait un impact limité sur l’autonomie (ce qui reste bien sûr à confirmer).
Il y aura toutefois des limitations. Certes le jeu embarquera l’ensemble des contenus déjà disponibles sur les autres plateformes (y compris la construction des corvettes), mais il sera dépourvu de multijoueur. En outre, les colonies planétaires ne seront disponibles que sur les iPhone 15 Pro ou des modèles plus récents. Pour le reste, le jeu réclame iOS ou iPadOS 26 avec une puce A12 au moins. Côté smartphones, cela correspond à l’iPhone 11.
Le jeu sera disponible le 29 octobre pour 19,99 dollars, accompagné d’une démo jouable. La fiche sur l’App Store permet de le réserver, l’achat se faisant a priori sous forme in-app depuis la démo. Le titre est également mis à l’honneur par Apple dans le communiqué de lancement de son Indie Game Week.
Epic Games travaillait sur un jeu de tir réunissant des personnages des univers Marvel et Star Wars, mais le titre n’a désormais plus de date de sortie. Parallèlement, les développeurs du titre auraient reçu pour consigne d’utiliser désormais l’IA pour l’ensemble du code et des visuels.
La coopération entre Epic Games et Disney devait accoucher d’un jeu de tir en mars 2027. Selon Bloomberg, ce titre aurait accumulé un retard significatif, au point de ne plus avoir de date de sortie. Si ce retard fait désormais autant parler, c’est pour la réponse d’Epic Games à ce problème : laisser faire l’IA autant que possible.
Epic Games confirme
Selon nos confrères, les développeurs auraient reçu de nouvelles consignes. La principale serait de laisser l’écriture du code et la production des visuels à des outils comme Claude (Anthropic), les développeurs étant alors chargés d’encadrer et d’orienter le contenu fourni par les LLM. Une partie du personnel s’interrogerait sur la manière dont les erreurs de l’IA seront corrigées et douterait de la réussite de l’initiative, ajoute Bloomberg.
Sans aller dans les détails, Epic Games a confirmé ce passage renforcé à l’IA. Jake Jones, directeur de la communication, a ainsi déclaré que l’entreprise adoptait effectivement un développement accéléré par l’IA, piloté par ses propres développeurs.
Tim Sweeney en personne, fondateur et dirigeant du studio, a réagi sur X à ce sujet :
« Nous effectuons un virage stratégique majeur ici chez Epic, en réorganisant les développeurs pour les réorienter vers une accélération maximale de l’IA. L’objectif n’est pas de faire les mêmes choses avec moins de personnes, mais de permettre à tout le monde ici de construire PLUS et MIEUX de choses, et d’apporter ces avantages à toutes les équipes utilisant Unreal »
Disney, en revanche, n’a pas commenté.
Une conviction ancienne
Les positions du patron d’Epic Games sur l’IA sont connues depuis longtemps. En juin dernier par exemple, Tim Sweeney avait défendu chez IGN l’idée que de petites équipes seraient bientôt capables de bâtir de vastes mondes peuplés de personnages aux dialogues générés. En novembre 2025, il s’en était pris aux mentions d’usage de l’IA exigées par Steam, les jugeant inutiles. Il estimait que ces outils interviendraient dans presque toutes les productions.
Ces prises de position ont cependant une saveur différente quand on les replace dans le contexte économique d’Epic Games. La société a procédé à plus d’un millier de licenciements en mars 2026, évoquant alors un contexte général difficile pour l’industrie du jeu vidéo, avec une croissance ralentie, des investissements plus faibles ou encore un plafonnement des ventes de consoles. La baisse de popularité de Fortnite était également un élément important dans cette communication.
Toutefois, Tim Sweeney assurait que les LLM n’étaient pas responsables de ces licenciements : « Puisque le sujet est désormais d’actualité, je tiens à préciser que les licenciements ne sont pas liés à l’IA. Dans la mesure où elle améliore la productivité, nous souhaitons disposer d’un maximum de développeurs talentueux pour créer du contenu et des technologies de pointe. »
Le contrat avec Disney
Le partenariat avec Disney occupe probablement une place centrale dans cette stratégie. Annoncé en février 2024, il s’est accompagné d’une prise de participation de 1,5 milliard de dollars de Disney dans Epic. L’ambition était claire : construire un univers persistant relié à Fortnite en puisant dans les licences Marvel et Star Wars. Ce partenariat avait cependant rencontré un couac lié à l’IA dès mai 2025, quand un Dark Vador à la voix synthétique avait proféré des grossièretés dans Fortnite avant qu’un correctif ne soit déployé, comme l’indiquait alors Ars Technica.
Selon Bloomberg, il s’agit de la première tentative d’un grand éditeur de fonder un jeu principalement sur l’IA. L’article rappelle d’ailleurs l’enquête annuelle de la Game Developers Conference, menée début 2026 auprès de plus de 2 300 professionnels. Elle montrait l’écart avec les usages courants : 36 % des répondants utilisaient l’IA générative dans leur travail, essentiellement pour la recherche et la réflexion préalable (81 % d’entre eux), loin devant l’aide au code (47 %) et le prototypage (35 %).
Cette enquête comportait en outre un résultat marquant : la proportion de développeurs estimant que l’IA générative avait un impact négatif sur l’industrie avait bondi de 30 % en 2025 à 52 % cette année. « Les travailleurs des arts visuels et techniques (64 %), du game design et du narratif (63 %) et de la programmation (59 %) ont les opinions les plus défavorables », ajoutait le rapport.
Des chiffres à relier au scepticisme évoqué par Bloomberg chez les employés d’Epic Games après réception des nouvelles consignes. Selon plusieurs personnes interrogées (qui ont tenu à garder l’anonymat), l’annonce ferait l’objet de nombreuses plaisanteries sarcastiques, d’autres estimant plus sérieusement que le studio n’aura pas les bénéfices escomptés, notamment à cause des erreurs propres aux IA génératives.
Tim Sweeney ne semble pas se faire d’illusion sur la transformation en cours. Interrogé sur la possibilité qu’une telle bascule puisse accélérer une entrée en bourse, le patron a répondu sur X : « Notre objectif plus modeste est de survivre à la révolution de l’IA, d’aider d’autres développeurs à faire de même, et d’en ressortir en produisant un meilleur code et un meilleur contenu plus rapidement ».
Alors que les gains économiques produits par l’IA « pourraient ne pas être aussi importants que prévus », le FMI souligne le fait qu’une correction des actifs spécifiques à ce marché pourrait avoir des répercussions sur la stabilité financière mondiale.
Une chute des cours des sociétés constructrices d’intelligence artificielle, en provoquant des secousses sur les marchés mondiaux, pourrait mettre la stabilité financière planétaire en danger, indique le FMI.
Dans son rapport bisannuel sur la stabilité financière dans le monde, l’institution internationale relève trois principaux risques, dont deux liés à l’industrie technologique : une potentielle correction des prix des actifs liée à « une diminution ou une moindre pérennité des investissements et de la rentabilité dans l’intelligence artificielle », une résurgence de l’inflation ou d’inquiétudes budgétaires susceptibles de faire grimper les rendements d’obligations souveraines. Mais elle évoque aussi les risques grandissants que font peser les cybermenaces sur les services financiers, dans la mesure où ces derniers sont « de plus en plus dématérialisés et interconnectés ».
Une correction des valorisations de l’IA aurait des conséquences mondiales
« Les conséquences d’une correction de l’IA pourraient être mondiales », indique le rapport. Le FMI relève par ailleurs qu’un nombre croissant d’éléments laissent supposer que les capacités de l’IA peuvent être fournies grâce à des niveaux d’investissement « plus faibles » que ceux constatés actuellement, et que les « gains économiques potentiels pourraient ne pas être aussi importants que prévus ».
Il souligne aussi que les effets de levier pourraient « exacerber le choc » d’une correction financière. En la matière, le FMI souligne trois principaux effets de levier. Le premier concerne les investissements dans des centres de données hyperscalers, dont la part dans les émissions mondiales d’obligations « investment-grade » (c’est-à-dire notées entre AAA et BBB- par les sociétés de notation, donc jugées à faible probabilité de défaut de remboursement) est passée de 1 à 10 % depuis 2024.
Par ailleurs, les économies avancées ont globalement augmenté leur exposition à des actions liées à l’intelligence artificielle, le plus souvent via des actions de fonds spéculatifs. Enfin, et toujours sur la même période, les investisseurs particuliers ont aussi augmenté leur exposition à effet de levier aux actions du secteur de l’IA par l’intermédiaire de fonds négociés en bourse (ETF).
Le FMI ajoute que le mode de financement interne de l’industrie de l’IA renforce ces risques généraux. En la matière, il étudie le cas des 14 entreprises et relève qu’à elles seules, depuis 2023, ces dernières ont réalisé 300 milliards de dollars d’investissements les unes dans les autres.
Tous les marchés ne sont pas exposés de la même manière aux risques d’une correction des valorisations de l’industrie de l’IA. Les économies asiatiques, en particulier la Corée du Sud et Taïwan, sont les plus exposées, tandis que l’Union européenne et le Royaume-Uni, comme les marchés émergents, le sont moins. Pour autant, le FMI souligne qu’en cas de tension du marché de l’IA, même une exposition relativement faible pourrait exposer à des effets rebonds, ne serait-ce que via la détention d’actions états-uniennes.
Au lancement du rapport, le directeur adjoint du FMI Athanasios Vamvakidis a souligné que l’exposition mondiale aux actifs états-uniens était « plus haute qu’elle n’avait jamais été ». Or, sept entreprises seulement, quelquefois réunies sous le sobriquet de « sept magnifiques», concentrent à elles seules 35 % de la valorisation de l’indice S&P 500, qui réunit les 500 plus grandes sociétés cotées sur les bourses des États-Unis. Ces sept entreprises sont Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla.
Le rapport s’arrête par ailleurs sur le rôle des fonds spéculatifs, qui « deviennent des acteurs de plus en plus importants sur les marchés financiers mondiaux ». S’il est décrit comme encore « relativement modeste », ce secteur détient néanmoins trois fois plus d’actifs qu’en 2013, autour de 13 000 milliards de dollars. Et s’il peut avoir un « effet positif sur la liquidité de marché, le processus de détermination des prix et le partage des risques en période calme », il est décrit comme susceptible d’ « accroître la volatilité » et de « menacer la liquidité » en période de tension.
Sur le plan cyber, l’institution souligne qu’une attaque majeure qui affecterait des systèmes de paiement, d’échanges en bourse, ou qui empêcherait d’accéder à des dépôts « pourrait causer des pertes immédiates et diminuer la confiance ». Si elle visait un acteur central, que ce soit une banque majeure, ou même un fournisseur de cloud ou d’autres services numériques essentiels au secteur financier, alors la crise pourrait facilement muter en « choc de confiance plus large » ou perturber « l’octroi de crédits et la prestation de services financiers », ce qui pourrait créer des tensions en cascade.
En la matière, elle souligne la numérisation croissante des activités et l’augmentation des surfaces d’attaque qui en découle ; la dépendance croissante, elle aussi, « à un nombre limité de fournisseurs technologiques critiques » ; et la constante sophistication des attaques. Si elle salue la résilience des plus grandes banques, elle souligne que de nombreux acteurs plus petits sont moins bien préparés.
Le FMI appelle notamment les pouvoirs publics à « maîtriser les effets de levier dans les expositions liées à l’IA lorsqu’ils sont excessifs » et à concentrer en priorité les actions de cyberrésilience « sur la continuité des services essentiels, en renforçant les capacités en matière de cybersécurité, le signalement des incidents, la surveillance des risques liés aux tiers et les tests de résilience ».
Thales affirme que le « post-quantique n’est pas post-IA ». Autre manière de le dire : un algorithme prévu pour résister aux ordinateurs quantiques peut tomber sous les attaques de l’intelligence artificielle. C’est une histoire en trois temps que Thales a racontée lors des Assises de la cybersécurité à Monaco. L’occasion aussi de revenir sur les deux nombres RSA « tombés » récemment.
Tout le monde ou presque s’accorde à dire que l’informatique quantique arrivera dans quelques (dizaines) d’années, sans trop s’avancer sur les dates. Quand elle aura suffisamment de qubits, de portes quantiques et un temps de calculs assez long, elle pourra casser n’importe quelle clé RSA. Ce n’est pas encore le cas et l’IA générative ne l’attend pas pour casser des codes.
HAWK se fait exploser par Mythos « comme un lapin en plein vol »
La première mesure concerne HAWK, tombé au champ d’honneur cet été, sous les attaques de Claude Mythos. Comme nous l’avions expliqué, l’IA d’Anthropic s’était inspirée des attaques déjà connues contre HAWK. Elle avait amélioré – et pas qu’un peu – la meilleure d’entre elles. Résultat des courses, la complexité de l’algorithme fondait comme neige au soleil et avec elle la robustesse du système.
Conséquence immédiate : l’équipe de HAWK retire l’algorithme du processus de sélection du NIST qui cherchait à valider des algorithmes post-quantiques, alors qu’il avait pourtant déjà passé deux tours de sélection. D’autres algorithmes sont déjà tombés auparavant, sans avoir besoin de recourir à l’IA générative : SIKE et Rainbow, par exemple. Comme dans la cybersécurité au sens large, l’IA générative est un amplificateur d’attaques.
RSA sur 862 tombe, deux semaines plus tard RSA-896 fait de même
En septembre, c’était au tour de RSA de subir des attaques de deux IA : Devin de Cognition et Claude d’Anthropic.
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Meta a lancé lundi Muse Wonder, sa nouvelle famille de modèles de pointe dont les performances rivalisent avec celles d’Opus 5.5 et de GPT-6. Les modèles concernés, présentés comme particulièrement doués pour les tâches au long cours et les missions déléguées à un agent, sont accessibles via API ou au travers d’un abonnement Muse Code.
Après de multiples redémarrages, des restructurations et des (dizaines de) milliards de dollars investis dans son Meta Superintelligence Labs, la maison-mère de Facebook affirme être revenue dans la course aux modèles de pointe. Meta a en effet présenté lundi 12 octobre une famille de deux grands modèles de langage généralistes baptisée Muse Wonder, dont les performances sont censées tenir la dragée haute aux références concurrentes que sont Opus 5.5 chez Anthropic et GPT-6 Astra chez OpenAI.
« La série Muse Wonder atteint des résultats de pointe sur les principaux critères de référence pour les agents personnels et professionnels, la mémoire et le code », revendique Meta, qui affirme avoir consacré 14 mois de travaux à ces nouveaux modèles, entraînés dans son premier datacenter majeur dédié à l’IA, Prometheus.
Un modèle au niveau des concurrents
D’après Meta, la version Muse Wonder Full obtiendrait ainsi un score de 56 dans la suite de tests de performances d’Artificial Analysis, contre 58 pour Claude Opus 5.5 et 53 pour Claude Fable 5.1 ou GPT-6 Astra. La version standard Muse Wonder affiche quant à elle un score global de 52, équivalent à celui de GPT-6.1 Sol et en retrait de seulement 1 point par rapport à Gemini 4 Argon. Le précédent modèle de pointe de Meta, Spark 1.3, culminait quant à lui à 48.
Meta revendique un bond significatif dans le classement Artificial Analysis – crédit Meta
Sur des tests plus spécifiques, Meta revendique (sur la base de ses propres relevés) la première place en code, notamment sur les tâches au long cours, mais aussi en automatisation de processus, en finances ou sur des missions relevant du juridique.
C’est aussi, et surtout, vers l’utilisation de l’IA générative en tant qu’agent que se sont concentrés les efforts de Meta, c’est-à-dire la capacité du modèle à orchestrer et à mettre en œuvre lui-même les ressources nécessaires au traitement d’une requête complexe. Sur ce volet, Meta avance deux optimisations spécifiques.
La première, baptisée Active Memory, consiste en la capacité à se rappeler des échanges passés avec l’utilisateur, pour que le modèle tienne toujours compte du contexte général et des informations données lors de précédentes requêtes. Meta utilise ici une appellation marketing pour une fonction intégrée à tous les modèles concurrents. Elle revendique cependant une efficacité supérieure : en la matière, Muse Wonder obtient un score de 85,6 % sur un benchmark interne, contre 81,5 % pour Opus 5.5 ou 81,4 % pour GPT-6 Astra.
La seconde, Active Focus, relève elle aussi du marketing, puisqu’elle désigne la façon dont le modèle est censé persévérer et explorer des chemins de traverse lors de la résolution d’un problème complexe. Là aussi, Meta met en avant une évaluation interne, qui confère à Muse Wonder Full un score de 54,2 %, contre 47,7 % pour GPT-6 Astra, 45,8 % pour Opus 5.5 et 44,9 % pour Muse Wonder.
Un focus sur les tâches agentiques
D’après Meta, les deux nouveaux modèles présenteraient aussi des capacités d’adaptation intéressantes lorsqu’ils sont confrontés à des requêtes inédites, précisément parce qu’ils ont été entraînés sur un corpus particulièrement large.
« Cette amélioration s’explique par le fait que Muse Wonder et Muse Wonder Full s’appuient sur des modèles de base plus vastes et plus robustes : une base plus solide génère des gains post-entraînement qui se transposent plus efficacement aux tâches inconnues. Cette polyvalence est particulièrement importante pour les agents personnels, qui doivent gérer de nombreuses combinaisons d’objectifs, d’outils et de contraintes – dont certaines ne peuvent être anticipées lors de l’entraînement », décrit l’entreprise.
L’argument n’est pas anodin pour Meta : le groupe commercialise depuis le 8 septembre dernier aux États-Unis l’accès à un agent grand public, Muse, censé pouvoir réaliser des tâches du quotidien (achats en ligne, réservations, réponse aux messages ou aux appels téléphoniques etc.) pour le compte de ses utilisateurs. Initialement basé sur les modèles Muse Spark et souffrant de quelques lacunes, ce dernier devrait rapidement profiter des capacités offertes par Muse Wonder.
En matière de code ou de requêtes dangereuses, Meta assure enfin avoir particulièrement bien protégé ses modèles Muse Wonder, « tout en préservant l’accès aux capacités cyber de pointe à des fins défensives ».
Des prix calés sur ceux d’Anthropic
Si Meta dispose déjà d’une immense base de contacts via ses outils sociaux, reste la question du prix. Au lancement de l’agent de programmation Muse Code, en août dernier, Meta affichait des tarifs très compétitifs pour tenter d’imposer ses modèles Spark face à une concurrence supérieure sur le plan des performances.
4 dollars le million de tokens en entrée, 20 dollars en sortie, Meta a calqué ses prix sur ceux d’Anthropic – capture d’écran Next
Les nouveaux venus s’affichent à un prix censé refléter leur nouvelle promesse. Muse Wonder, doté d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, est facturé 4 dollars le million de tokens en entrée contre 20 dollars en sortie via API, et 0,20 dollar pour la lecture du cache, soit exactement les tarifs pratiqués par Anthropic pour Claude Opus 5.5. La version Wonder Full est quant à elle réservée aux souscripteurs d’un abonnement Muse Code, à partir de la formule « Utilisation intensive » facturée (en France) 42,99 euros par mois.
Notons pour finir que les modèles Muse Wonder sont pour l’instant réservés à Meta, et distribués de façon « fermée » : il n’est pas possible de télécharger les poids ou de les installer en local. Le groupe n’a toutefois pas abandonné l’approche ouverte, mais il faudra à ce niveau se contenter de Muse Glimmer, un modèle moins ambitieux (30 milliards de paramètres), distillé à partir de la famille Muse Spark.
L'IA et le cyberharcèlement, outils de la désinformation
À l’approche des COP sur la biodiversité et sur le changement climatique, le Forum sur l’Information et la démocratie étudie les actions mises en place par une vingtaine d’États pour enrayer la désinformation environnementale. En Europe, la question se retrouve prise dans les « guerres culturelles » qui visent à alimenter la polarisation.
La COP17 sur la biodiversité doit se tenir du 22 au 30 octobre à Erevan, en Arménie, et la COP31 sur le changement climatique, du 9 au 22 novembre à Antalya, en Turquie. L’an dernier, dans le cadre de la COP30, une douzaine de pays avaient indiqué vouloir prendre à bras le corps l’un des leviers de résistance au changement : la désinformation climatique.
En amont des réunions de cette année, le Forum sur l’Information et la démocratie (FID) a donc étudié les actions de 23 pays et de l’Union européenne en matière de lutte contre la désinformation climatique. Constat principal : la majorité ne dispose d’aucun plan dédié à ce type précis de désinformation et au climatoscepticisme, quand bien même ces derniers sont devenus « un enjeu démocratique, alimentant la polarisation et sapant la confiance », comme le pointe le directeur exécutif du FID Camille Grenier dans un communiqué.
Approche interministérielle, éducation aux médias ou lutte contre les ingérences ?
Plus précisément, la désinformation environnementale est généralement traitée par les États par l’intermédiaire d’une constellation de régulations portant sur les plateformes et le numérique, sur les médias, sur la publicité, ou relevant de la protection des consommateurs. L’Union européenne fait figure d’exception en officialisant le caractère systémique des risques que la désinformation fait peser sur les démocraties, tandis que le Brésil est le seul à souligner une responsabilité étatique « dans la promotion de l’intégrité de l’information sur le changement climatique ».
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Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont pris le contrôle de systèmes de régulation du froid dans plusieurs centaines de supermarchés français. Danfoss, le fabricant danois de ces contrôleurs, affirme que les équipements compromis étaient soit obsolètes, soit non mis à jour. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.
Mise à jour du 13 octobre : Le CERT-FR a publié cette nuit un bulletin d’alerte sur la situation. « L’exposition d’une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques », pointe l’équipe, qui rappelle que l’administration à distance n’est pas toujours impérative. Si c’est le cas, le CERT conseille de durcir les systèmes impliqués et renvoie vers ses recommandations à destination des acteurs du secteur de l’énergie et de l’eau.
Publiées en janvier 2026, elles faisaient suite à de nombreux signalements reçus par l’ANSSI relatifs au ciblage par des groupes hacktivistes d’entités du secteur à des fins de déstabilisation, dont l’action la plus aboutie avait provoqué l’arrêt pendant quelques heures d’un parc éolien.
Si des signes de compromission sont repérés, le CERT recommande de filtrer les accès réseaux aux seuls prestataires impliqués, de réaliser un retour aux paramètres d’usine (factory reset), d’appliquer tous les correctifs disponibles, de lancer une rotation des secrets (dont le renouvellement des mots de passe), de vérifier les comptes existants et de « reconfigurer globalement l’équipement ».
Sur LinkedIn, Vincent Strubel, directeur de l’ANSSI, conseille de déconnecter tout ce qui peut l’être, « ou d’adopter a minima une politique de filtrage réseau très restrictive, en attendant d’en savoir plus ». Les détails manquent en effet sur l’attaque, comme le rappelle Vincent Strubel dans un commentaire sous sa publication : « Il y a plusieurs vulnérabilités qui sont des vecteurs possibles pour cette attaque, mais rien de réellement établi à ce stade ».
En plus des séries AK-SC et AK-SM de Danfoss, le CERT pointe désormais les contrôleurs Copeland xweb et Dixell xweb
Article original du 12 octobre : L’attaque a visé les meubles réfrigérés, les chambres froides et les centrales de froid. Selon BFMTV, les attaquants ont détourné la fonction de dégivrage automatique. Le cycle normal, qui prévoit environ deux heures de dégivrage par jour, aurait été remplacé par un dégivrage forcé et continu, avec une température fixée à 50 °C.
En conséquence, une quantité importante de nourriture a été perdue. L’heure de déclenchement a cependant joué un grand rôle. Dans une partie des magasins, ces modifications auraient commencé avant minuit, laissant les installations chauffer pendant plusieurs heures avant l’arrivée des premiers employés et provoquant la perte complète des stocks. Dans d’autres cas, plus tardifs, une partie des stocks aurait pu être sauvée.
Une centaine de coopératives U seraient concernées, ainsi que 300 magasins des enseignes Intermarché et Netto, selon BFMTV qui mentionne également des magasins Leclerc. Selon le parquet de Paris, cité par Le Monde, il y a également eu des « départs de feu ». Une enquête a été ouverte.
Les contrôleurs Danfoss
Le point commun de ces installations est la présence, au sein des équipements, d’un contrôleur de la marque Danfoss. Ils permettent, entre autres fonctions, une surveillance telle qu’imposée par l’Union européenne. Des normes strictes impliquant un horodatage des températures, des alarmes en cas de hausse anormale ou encore des actions de maintenance à distance, comme le rappelle Raphael Grably (BFMTV) sur X.
Le journaliste a obtenu la réaction du constructeur danois, qui affirme que les modèles visés relèvent de deux cas : soit des contrôleurs obsolètes, les AK-SM 800 et AK-SC 355, soit un contrôleur qui n’avait pas été mis à jour, l’AK-SM 800A.
Cette déclaration réoriente la responsabilité vers les magasins et les entreprises engagées dans la sous-traitance du matériel. L’exposition à internet suppose en effet une surveillance étroite du code employé. L’AK-SC 355 n’étant plus commercialisé, Danfoss recommande son remplacement par la gamme AK-SM 800. Quant à l’AK-SM 800A, l’actuel successeur, il reçoit régulièrement des mises à jour.
Or, ces contrôleurs AK-SM 800A ont fait l’objet de deux séries de failles publiques. D’abord une série de trois failles en août 2023 dans la version 3.3 du microgiciel (firmware). La plus grave permettait à un attaquant authentifié d’exécuter des commandes à distance. Ensuite, en 2025, trois nouvelles failles signalées par la société Claroty, corrigées dans les versions 4.2 et 4.3.1. La plus importante, CVE-2025-41450, permet d’obtenir à distance une session d’administrateur. Dans l’article dédié publié en août dernier, Claroty indiquait que 2 765 interfaces AK-SM 800A étaient alors accessibles depuis internet.
Le lien avec l’attaque de cette nuit n’est cependant pas établi. Une partie des appareils cités par Danfoss, les AK-SM 800 et AK-SC 355, n’entre pas dans le champ de l’étude de Claroty, consacrée au seul AK-SM 800A. Selon ZATAZ, des versions antérieures à la version 4 auraient été visées, versions qui cumulent donc les failles de 2023 et 2025. En outre, modifier une consigne ou un cycle de dégivrage serait une fonction d’administration « ordinaire » : un accès avec un identifiant valide suffit, sans exploiter de faille.
Des conséquences financières très concrètes
L’enquête ouverte est dirigée par la section anti-cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’Office anti-cybercriminalité (OFAC). Elle devra déterminer comment l’attaque s’est produite et qui sont les responsables.
L’attaque soulève quoi qu’il en soit de nombreuses questions, notamment sur les processus de mise à jour des équipements, ou même sur la durée d’entretien logiciel pour ces équipements. Une telle attaque contre la chaine du froid à l’échelle d’un pays semble inédite et entraîne des conséquences très concrètes. Sur LinkedIn, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, s’en indigne : « S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable. »
Selon BFMTV, le magasin Leclerc de Wasselone aurait été obligé de jeter l’ensemble de ses produits surgelés et frais, pour une perte estimée à 220 000 euros, donnant une idée de l’ampleur des conséquences.
La Datatilsynet (l’équivalent de la CNIL en Norvège) vient d’infliger une amende de 8,6 millions d’euros (92 millions de couronnes norvégiennes) pour avoir « traité et partagé » des données personnelles venant de comptes utilisateurs de Grindr.
L’autorité norvégienne avait déjà sanctionné Grindr sur le sujet avec une amende de 5,8 millions d’euros qu’elle avait confirmée en octobre 2023.
CC BY 2.0 DEED Ivan Radic
Ici, elle sanctionne l’intermédiaire publicitaire racheté en 2022 par Microsoft pour la violation du traitement des données sans s’appuyer sur une base légale prévue par le RGPD, dont des données « à caractère personnel relevant d’une catégorie particulière concernant l’orientation sexuelle sans bénéficier d’une dérogation valable », comme elle l’explique dans sa décision [PDF].
Elle lui reproche aussi d’avoir partagé ces données avec d’autres clients. Xandr a argué qu’elle interdit, par contrat, à ses clients de lui partager ce genre de données. Ainsi, pour la filiale de Microsoft, c’est bien son client qui est le seul responsable. Mais « l’Autorité norvégienne de protection des données ne considère pas qu’il soit acceptable que les parties concernées se renvoient simplement la responsabilité les unes aux autres », explique-t-elle dans son communiqué.
Elle « considère comme une circonstance aggravante le fait que Xandr ait tiré des avantages financiers de ces infractions, dans la mesure où la collecte et le partage de données à caractère personnel auraient permis à Xandr de faciliter des transactions publicitaires et, partant, de réaliser des bénéfices », ajoute sa décision.
L’autorité norvégienne a estimé son amende sur le nombre d’utilisateurs norvégiens touchés.
« Nous nous réjouissons vivement de cette décision. Les entreprises spécialisées dans les technologies publicitaires en ligne, telles que Xandr, opèrent souvent en coulisses et sont rarement tenues de rendre des comptes sur leurs pratiques. Cela crée un précédent précieux pour des affaires similaires », a commenté Felix Mikolasch, l’un des avocats de l’association noyb qui avait participé aux plaintes concernant ce dossier déposées contre Grindr et plusieurs autres entreprises du numérique.
L’IA générative et le vibe coding popularisent la création de jeux vidéo en mettant le développement à la portée de presque tout le monde – il suffit simplement d’avoir une idée de jeu pour se lancer. Pour le meilleur comme pour le pire.
Avec Playground, Google facilite la création de jeux vidéo : l’outil, basé sur l’IA du géant du web, donne vie à n’importe quelle idée vidéoludique, il suffit de la décrire et de l’affiner à travers quelques prompts texte.
Une fois au point, les jeux peuvent être partagés dans une galerie dédiée ; une passerelle est aussi prévue avec Unity Spark, le nouvel outil de création de jeux IA du très populaire moteur Unity, pour les projets plus aboutis.
Playground est proposé sous la forme d’une expérimentation aux États-Unis. Mais les amateurs n’ont pas attendu Google pour se lancer dans la génération IA de jeux vidéo. Les modèles sont désormais suffisamment puissants pour donner vie à des projets qui paraissaient hier encore impossibles à réaliser, comme ce « portage » du premier Halo jouable dans un navigateur web.
Le projet, mis en ligne fin septembre par le « développeur IA » Mitchell Hynes, repose sur OpenCE, un portage multiplateforme dérivé d’une décompilation de la version Xbox originale de Halo: Combat Evolved. Ce projet permet d’y jouer sur de nombreux systèmes d’exploitation, sur Windows, Linux ou encore Android, le tout en multijoueur (jusqu’à 128 joueurs !).
La version web n’a pas (encore ?) fait l’objet de remontrances de la part de Microsoft, malgré son succès viral. Histoire de s’éviter une attaque en piqué des avocats de l’éditeur, Hynes a retiré les assets et données du jeu de son portage. Il faut désormais fournir une image disque (un fichier XISO) issue d’une copie du jeu Xbox. C’est aussi le cas pour OpenCE.
Des portages qui ont du mal à passer
La décompilation consiste à reconstruire, à partir du jeu d’origine, un code source lisible par des humains souvent avec l’objectif de pouvoir recompiler ce code pour obtenir une ROM identique à l’original. Un travail de rétro-ingénierie de longue haleine, qui nécessite parfois des années d’efforts.
La recompilation statique traduit automatiquement le code machine du jeu original en code compilable pour une autre plateforme, avec une couche logicielle chargée de faire le lien avec le matériel. Cette technique ne produit pas un portage fini comme par magie, cependant. Le portage à proprement parler vient ensuite : c’est le processus qui adapte le code à une autre plateforme, en y ajoutant le nécessaire pour gérer l’affichage, le son, les contrôles, les options de confort.
L’IA bouscule les habitudes des « historiques » de la scène, en accélérant les chantiers et en multipliant les projets. Le développeur Darío, alias DarioSamo, a participé à Banjo Kazooie Recompiled, excellent portage (non officiel) du classique N64 du studio Rare pour les plateformes modernes. Le cœur du portage repose sur N64Recomp, une recompilation statique qui traduit le code machine MIPS du jeu original pour le faire tourner nativement sur un autre système, plutôt que de simuler la console d’origine comme le ferait un émulateur.
Darío s’en est pris récemment à ces projets IA vite faits et mal ficelés, à l’image de la recompilation de Banjo Tooie, la suite de Kazooie, par Some-scurvy-dog. Il estime que l’IA ne change pas vraiment la donne pour les recompilations, car obtenir une version rudimentaire d’un jeu pouvait déjà se faire très rapidement avec les outils existants. Surtout, le résultat est largement insuffisant.
« Depuis plusieurs mois, on voit arriver dans la scène un nouveau profil de personnes qui pensent que, parce que l’IA leur permet de franchir l’obstacle consistant à faire démarrer le jeu, le travail est pour ainsi dire terminé. Et qu’il ne leur faut rien de plus qu’une carte bancaire et un abonnement à un service d’IA. Ce que ces personnes ne réalisent pas, c’est que faire tourner le jeu n’est en réalité que la première étape du parcours, pas son aboutissement. »
Ce qui prend du temps, c’est le polissage, les détails, la compréhension fine du jeu, ajoute-t-il. Les recomps vibe codés permettent de produire des portages rapidement, mais ils sont difficiles à maintenir, les développeurs humains ont du mal à lire le code produit, et des éléments essentiels comme le support des mods est cassé ou mis de côté. Son Banjo Kazooie Recompiled ne se contente pas de faire tourner le jeu : c’est un port natif PC qui prend en charge une fréquence d’images jusqu’à 120 FPS, les écrans ultrawide, les mods… Pour les curieux, on trouvera ici la liste des projets de décompilation de jeux N64.
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Depuis quelques jours, le monde du développement est en ébullition : le projet REA (Reverse Engineer Anything) propose de simplifier la rétro-ingénierie au point que tout le monde ou presque peut décomposer un logiciel propriétaire. L’outil provoque un déluge de questions, notamment juridiques.
Reverse Engineer Anything se présente comme une couche intermédiaire, capable de donner à un agent IA (Claude, ChatGPT…) un accès piloté à des outils d’analyse existants. REA n’est donc pas en lui-même un décompilateur ou même un agent. Il se présente sous forme d’un paquet Node.js contenant un serveur MCP et une interface en ligne de commande. L’installation inscrit ce serveur auprès de l’agent et ajoute des instructions qui lui expliquent comment mener une enquête.
Pour comprendre l’outil, il faut insister sur un point : dans l’absolu, REA ne fait que passer la main à des outils existant depuis des années. Pour l’analyse des binaires natifs, REA délègue à Hopper, Ghidra ou IDA. Pour Android, il passe par JADX ou Apktool. Des micrologiciels ? Direction Binwalk ou Unblob. Du WebAssembly ? WABT est appelé. Pour le JavaScript et .NET en revanche, pas besoin de moteur externe. N’importe quelle application peut ainsi être passée à la moulinette.
Le tout est placé en open source, sous licence MIT, dans un dépôt GitHub dont l’activité a explosé ces derniers jours. Le dépôt a en effet dépassé les 120 000 étoiles, gagnées à un rythme effréné depuis une semaine (l’explosion a commencé le 4 octobre, le dépôt date d’avril 2026).
Comment fonctionne REA
On peut se poser la question : si les outils de décompilation existent depuis des années, qu’apporte vraiment REA ? Comme toujours avec les LLM et surtout les agents, la simplicité.
Le fonctionnement de REA est décrit dans le README (en version française) du dépôt GitHub. L’outil apporte l’automatisation du pilotage des outils appelés, avec des sorties normalisées et des preuves qui peuvent s’enchainer.
Disons que vous appréciez le fonctionnement de la recherche dans une application quelconque. Une fois REA installé, vous pouvez utiliser votre agent habituel et lui donner comme instruction : « comprends comment fonctionne la recherche dans cette application et construis l’équivalent ».
L’agent va alors appeler à la chaine tous les outils nécessaires. Dans notre exemple, avec une application native (compilée pour la plateforme matérielle utilisée), REA va provoquer l’ouverture du fichier binaire avec open_binary en choisissant le moteur adapté, demander une vue d’ensemble avec binary_overview, puis inspecter une fonction précise avec analyze_function.
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« Don't feed the press » is the new « Don't be evil »
Alors que la vague exceptionnelle de « pics de chaleur » et d’incendies de forêts aurait a priori dû amener de nombreux internautes à s’informer, les 40 plus importants sites d’information français ont vu chuter leur trafic de près de 20 % en août, et de 10 à plus de 50 % en un an. Le lancement par Google de ses « aperçus » de réponses générées par IA, et son algorithme de recommandation de contenus Discover, sont pointés du doigt. L’Alliance de la presse d’information générale a saisi l’Autorité de la concurrence, au motif que Google ne respecte toujours pas ses engagements pris envers la presse en 2022, ce qui lui a déjà valu 750M€ de sanctions.
Alors que la fréquentation des sites et applications de l’ensemble des marques numériques recule de 4 %, relève Le Monde, celle des marques d’actualités chute, elle, de près 23 % en un an. Le chiffre émane du dernier classement des marques numériques de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM), le tiers certificateur des sites et applis d’information en France.
The Media Leader l’a en effet comparé avec celui de septembre 2025 sur un panel de 40 médias, dont le trafic totalise 1,70 milliard de visites, contre 2,14 milliards un an plus tôt, soit un recul de 20,8 %. Si leurs applications ne reculent que de 9,4 %, leurs sites web le sont de près de 23 %, avec de grandes disparités.
Ici (ex France Bleu, le réseau local de Radio France) voit ainsi son trafic chuter de - 55,8 % (du fait du changement de nom de domaine de francebleu.fr à ici.fr, plaide sa direction), mais son application progresse de 21,8 %. Les consultations de franceinfo.fr baissent quant à elles de 32,9 %, ses applis de 9,9 %. LeParisien.fr recule de 43,5%, et ses applis 19,3 %.
Deux autres sites perdent plus de la moitié de leur trafic : LePoint.fr (- 57,5 %) et Marianne.fr (- 51,7 %), L’Express et La Provence se contentant de n’en perdre respectivement que - 43,8 % et - 42,9 %.
En tête des marques d’information, Ouest-France totalise 191,9 millions de visites (- 9,6 %), et monte à la 3e place du classement général, « grâce à l’agrégation services hors infos (annonce, shopping, TV, podcasts…) », souligne The Media Leader. Le fait que les articles générés par IA de plusieurs de ses verticales thématiques soient boostés par l’algorithme Discover de Google y contribue aussi probablement. Suivent Le Figaro, avec 167,2 millions (- 21,8 %), et Le Monde, avec 151,9 millions (- 19,6 %).
« Le bain de sang du trafic des sites d’information »
Sur X.com, le spécialiste des médias en ligne Emmanuel Parody évoque un « bain de sang du trafic des sites d’information », la quasi-totalité des chiffres accusant une baisse de plus de 10 %. Alors que plusieurs pointent du doigt le lancement en France des « aperçus » de réponses générées par IA (AI Overviews) par Google le 22 juillet dernier, dont on sait qu’ils ont affecté le trafic des sites de médias dans de nombreux pays, d’autres tempèrent, avançant d’autres explications. D’autant que les aperçus IA concernent surtout les recherches « froides », et moins l’actualité « chaude », et qu’une mise à jour anti-spam déployée par Google au même moment pourrait brouiller l’analyse.
La quasi-totalité des médias ont perdu de 10 à plus de 50 % de trafic en un an – ACPM, The Media Leader, X
Clément Pessaux, un professionnel du SEO qui a développé un dashboard de Discover, Gnewsalyzer.com, répond ainsi à Parody que « Les chiffres bruts sont violents, mais on ne peut pas attribuer cela qu’aux IAO et le search de Google qui ne représentent (en moyenne que 15 - 20 % max) du [trafic] total, le plus gros passant par Discover ». L’algorithme de recommandation de contenus de Google, qui représentait en effet, à lui seul, plus de 70% du trafic en provenance de Google en juin 2025 (.pdf), étant devenu la principale source de trafic pour la presse française.
Interrogé à ce sujet, 1492.vision, un autre dashboard dédié à Discover, plus complet, leur répond que « sur les 1 000 articles les plus exposés chaque mois, l’exposition cumulée de septembre est 32 % sous janvier-février en France, et - 40 % en IT/EN/ES ».
Exposition cumulée sur le mois des 1 000 articles les plus exposés sur Discover (médiane) – 1492.vision
Dans un billet dédié, 1492.vision précise que leur durée d’exposition recule en outre davantage : un article reste en moyenne 1,9 jour dans le flux français, contre 2,3 à 2,8 jours au premier semestre. En septembre, la baisse va de 32 % en France à 42 % en Espagne, ce qui indique un changement systémique :
« Un cycle d’actualité propre à un pays ne ferait pas bouger quatre marchés en même temps, dans le même sens. Le changement vient donc du fonctionnement de Discover. »
De plus, en France, la presse nationale perd un quart de sa part de voix, quand la presse régionale la triple. « Une hypothèse circule : les titres nationaux qui publient en grand volume seraient les plus touchés », résume 1492.vision : « Nos données confirment la première moitié, la presse nationale perd », alors qu’ « aucun des 35 titres régionaux suivis ne recule par rapport au début d’année ».
Une chute de 17% du trafic, en pleine vagues de canicules et d’incendies
Les sites thématiques sont eux aussi affectés. En février, un conseil de jardin restait ainsi deux fois plus longtemps dans le flux qu’un article de sport. En septembre, l’écart n’est plus que d’un jour. « Témoignages, retraite, jardin : sur le marché, leur durée d’exposition baisse de 22 à 40 % », constate 1492.vision.
Il souligne en conclusion que, « à l’échelle du marché », la « cassure » de cette chute de recommandations de l’algorithme Discover de Google « commence en juillet », sans qu’il puisse cela dit faire de lien avec le lancement en France de ses « aperçus IA » ce même mois. D’autant qu’elle affecte également l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Italie, où ils étaient déjà en production.
En avril, 1492.vision relevait par ailleurs un « virage net vers le contenu social » avec une « explosion » du nombre de contenus recommandés par Discover et renvoyant vers YouTube, X et les réseaux sociaux, diminuant d’autant la mise en avant d’articles de presse.
The Media Leader évoque une autre explication, plus prosaïque. Septembre 2025 avait en effet été un « mois exceptionnel pour l’information en ligne », du fait d’un contexte politique et médiatique intense : le vote de confiance, la démission de François Bayrou et la nomination de Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre. L’ACPM avait alors vu les sites et applis d’information battre leur record annuel avec plus de 104 millions de visites.
La comparaison des mois d’août 2025 et 2026 montre cela dit un net recul, relève The Media Leader : sur le même panel, les visites baissent de 16,5% sur un an selon l’ACPM, dont 18,8% pour les sites, alors que les applications comparables ne perdent que 2,5 %. Et l’ACPM avait déjà enregistré une chute de trafic de - 17 % en août, comparé à juillet.
Or, la série exceptionnelle de vagues de chaleur et de canicules, ainsi que l’ampleur des incendies cet été, auraient a priori dû entraîner une augmentation du trafic des sites d’information, d’autant qu’avec des températures flirtant avec les 40 °C, la majeure partie de la population restait cantonnée à la maison.
Le contexte estival, conduisant les internautes à moins s’informer, et la « fatigue informationnelle » dont semblent souffrir de plus en plus de citoyens, pourraient expliquer une partie de cette chute de trafic. Mais pas une telle chute de plus ou moins 20 % en un an.
Google ne respecte pas ses engagements, malgré 4 décisions de l’Autorité de la concurrence
Début août, l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC), suite au lancement en France d’AI Overviews et d’AI Mode, afin qu’elle respecte ses engagements pris en 2022, et rémunère les contenus utilisés par ses aperçus IA au titre du droit voisin de la presse.
En avril 2020, l’ADLC avait en effet sanctionné Google pour pratiques déloyales et lui imposait de négocier de bonne foi avec les éditeurs. En juin 2022, elle lui infligeait une amende de 500 millions d’euros pour non-respect de ces obligations. Le mois suivant, Google prenait des engagements de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination, rendus obligatoires par l’Autorité et valables jusqu’en 2027.
En 2024, l’ADLC, rappelant que c’est « la 4ᵉ décision rendue par l’Autorité de la concurrence sur ce dossier en quatre ans », prononçait une nouvelle sanction de 250 millions d’euros à l’encontre de Google pour, là encore, non-respect de quatre des sept engagements pris en juin 2022 :
« conduire des négociations de bonne foi, sur la base de critères transparents, objectifs et non discriminatoires dans un délai de trois mois (engagements n°1 et 4).
transmettre aux éditeurs ou agences de presse les informations nécessaires à l’évaluation transparente de leur rémunération au titre des droits voisins (engagement n°2).
prendre les mesures nécessaires pour que les négociations n’affectent pas les autres relations économiques existant entre Google et les éditeurs ou agences de presse (engagement n°6) ».
L’ADLC relevait également, au sujet des droits voisins en matière de développement des outils d’intelligence artificielle, que « Google a utilisé du contenu issu de domaines d’éditeurs de presse et d’agences de presse […] sans que ni les éditeurs et agences de presse, ni l’Autorité n’aient été informés de ces utilisations ».
Dans un communiqué, Google se présenterait presque en cavalier blanc, évoquant sa volonté de « régler un différend qui dure depuis trop longtemps », et soulignant qu’ « il est désormais temps de clarifier qui nous devons rémunérer, et comment, afin de mettre en place un cadre de négociation pérenne » :
« Nous avons transigé car il est temps de tourner la page et, ainsi que le prouvent nos nombreux accords avec les éditeurs, nous souhaitons nous concentrer sur des approches pérennes afin de connecter les internautes avec des contenus de qualité et travailler de manière constructive avec les éditeurs français ».
Dans son communiqué, l’APIG relève de son côté que, non content de ne pas respecter ses engagements, Google pourrait en outre encore accentuer un peu plus cette chute du trafic vers les sites d’actualités. Sur les marchés européens où les AI Overviews sont déjà actifs, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) évalue en effet entre 33 % et 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par intelligence artificielle.
Le numérique a bel et bien besoin d'une infrastructure physique
Depuis jeudi 8 octobre, Yandex a subi trois attaques de drones ukrainiens contre des datacenters situés sur le territoire russe. L’entreprise, souvent présentée comme le « Google russe », a annoncé que ses services de moteur de recherche, de cartographie mais aussi de paiement en ligne étaient en panne. Plus insidieusement, la question se pose d’un impact sur le réseau d’influence numérique de la Russie.
Dans la guerre de défense de leur territoire contre la Russie, les Ukrainiens ont trouvé une nouvelle cible pour toucher leur ennemi : les datacenters de Yandex. Jeudi 8 octobre, vendredi 9 octobre et dimanche 11 octobre, des drones ukrainiens ont attaqué des datacenters du géant du numérique russe et ont réussi à faire des dégâts, forçant Yandex à annoncer la suspension de l’activité de plusieurs de ses services phares.
Une bonne partie des services de Yandex sont hors service
Selon Reuters, l’entreprise a affirmé que personne n’avait été blessé lors de la dernière attaque sur le data center situé à Vladimir, une ville située à 180 km à l’est de Moscou. Mais cette infrastructure hébergeait notamment certains services de Yandex Pay, l’outil de paiement en ligne de l’entreprise russe lancé en 2021. Dans un message sur Telegram, l’entreprise affirmait à ses utilisateurs dimanche soir que les données concernant leur argent étaient en sécurité, le datacenter touché ne gérant « que » le fonctionnement des services.
Quelques heures avant, Yandex annonçait tout juste que certains de ses services revenaient progressivement à la normale. En effet, d’autres datacenters de l’entreprise russe avaient déjà été touchés par des attaques de drones les jeudi 8 et vendredi 9 octobre dernier. Ceux-ci hébergeaient notamment l’IA de Yandex nommée « Alice », son moteur de recherche, l’outil de cartographie de l’entreprise ainsi que celui d’appels de taxi. Elle s’était d’ailleurs excusée du fait que son service client était aussi touché.
Yandex avait expliqué que son centre de données situé à Sasovo avait été touché dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 octobre. Puis, le 9 octobre, c’est celui situé à Kalouga qui a été ciblé. L’entreprise affirmait, là aussi, qu’aucun personnel n’avait été blessé.
En attaquant les services de Yandex, les drones ukrainiens ont déstabilisé de façon importante l’infrastructure numérique russe. Même si l’entreprise n’est pas un monopole dans le pays, elle n’a pas à rougir en interne de la comparaison avec Google. Sur le service d’indication des pannes de Yandex, on peut constater qu’un bon nombre de services de Yandex Cloud ne sont plus disponibles depuis le 8 octobre. C’est le cas, par exemple, de ses outils de gestion pour Kubernetes, MySQL, PostgreSQL, ClickHouse, l’API de YandexGPT, son service SpeechKit ou encore de son outil de reconnaissance de caractères « vision OCR ».
Le trafic des crawlers russes non affecté
Rapidement, certains internautes se sont posé la question de la répercussion de ces défaillances chez Yandex sur les outils automatisés russes, que ce soit les bots de propagande sur les réseaux sociaux ou les bots de crawlers. Il est difficile, pour l’instant, de connaître exactement les conséquences sur le dispositif de propagande.
Concernant le trafic des bots en général (crawlers, scan d’adresses IP, etc.), Cloudflare a constaté pendant la nuit du 7 au 8 octobre une baisse de 33 % du trafic des bots provenant de Yandex. Sur le radar de Cloudflare, on peut voir que cette activité s’est complètement arrêtée dimanche 11 octobre pour reprendre de manière très dégradée depuis.
Cependant, selon le même outil de CloudFlare, cela n’aurait pas affecté le trafic total des bots russes :
On peut donc imaginer que les différentes organisations utilisant les services de Yandex pour leurs crawlers ont tout simplement migré vers un autre fournisseur.
Plus de 52 000 demandes sur le mois d’août, un record… qui n’a pas duré longtemps puisque septembre est à plus de 56 000. Jérôme Notin, directeur de Cybermalveillance, nous confirme que les cyberattaques ont de plus en plus de conséquences dans la vie réelle, avec deux exemples.
17Cyber est un assistant en ligne disponible depuis fin 2024. Il est proposé par la police, la gendarmerie et le site Cybermalveillance.gouv.fr. Il permet de suivre un parcours pour faire le diagnostic de votre situation et vous guider dans les démarches à suivre. 17Cyber est intégré à la plateforme Ma Sécurité du ministère de l’Intérieur, permettant ainsi de dialoguer à n’importe quel moment de la journée avec un policier ou un gendarme.
Jérôme Notin, directeur général du GIP ACYMA cybermalveillance.gouv.fr en charge de ce dispositif, a récemment publié des statistiques sur le nombre de parcours d’assistance réalisés via 17Cyber. Elles ne sont pas bonnes.
Deux records, coup sur coup
Le record depuis le lancement de la plateforme a été largement battu en août avec, pour la première fois, plus de 50 000 parcours (52 253 précisément). L’été est généralement une période calme, comme en témoigne le graphique ci-dessous (reprise de celui publié par Jérôme Notin avec, en orange, les deux mois d’été).
En septembre, rebelote avec de nouveau un record à 56 469 parcours. La barrière des 40 000 demandes a été franchie pour la première fois en octobre 2024 (à peu près au moment du lancement officiel de 17Cyber, qui a pris le relais de Cybermalveillance.gouv.fr pour les demandes d’assistance). Le chiffre était relativement stable depuis.
Aux Assises de la cybersécurité à Monaco, Jérôme Notin nous explique qu’une affaire récente a alimenté bon nombre de demandes.
La crypto : du monde numérique à la vie réelle
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