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mVPN : Free renforce ses « protections » et ajoute six destinations

Et sinon, l’IPv6 c’est pour quand ?
mVPN : Free renforce ses « protections » et ajoute six destinations

Free Mobile propose six nouvelles destinations avec son VPN, dont des sorties en Asie et en Amériques. mVPN permet aussi d’ajouter deux niveaux de « protection », qui passent par des DNS personnalisés basés « sur des listes de domaines identifiés comme dangereux ou relevant des catégories » comme des sites malveillants, frauduleux ou pour adultes.

En septembre de l’année dernière, Free ajoutait un VPN à ses forfaits mobiles : mVPN. Il ne proposait que deux points de sortie – en Italie ou aux Pays-Bas –, avec ou sans protection contre des sites malveillants. Cette « protection » était en lien direct avec le DNS, et passait plus particulièrement par le service DNS4EU. L’analyse du fonctionnement mVPN nous permettait en effet de remonter aux adresses IP des serveurs de DNS4EU pour la partie DNS.

Free Mobile annonce aujourd’hui du nouveau pour son VPN maison : « un filtrage des sites malveillants et des contenus pour adultes, le choix entre huit pays de connexion et un accès simplifié depuis l’app Free ». Dans le premier cas, il s’agit de proposer trois niveaux de protection. Dans le second, cela permet de sortir de l’Union européenne et d’aller au Brésil, au Canada, aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et en Suisse.

Next en vadrouille dans 8 pays, le résolveur DNS nous suit

Nous avons testé les différents points de sortie du réseau de Free Mobile lorsque mVPN est activé. Aux Pays-Bas, comme l’année dernière, c’est via le réseau de Scaleway que nous arrivons sur Internet. Pour l’Italie, c’est le réseau de Scaleway aussi. Dans les deux cas cela reste en interne car Scaleway appartient à iliad, comme Free et Free Mobile.

Dans l’ensemble des nouvelles destinations (il y en a donc six), l’adresse IP qui nous est attribuée appartient à DataCamp Limited ; et de même pour l’adresse IP du résolveur DNS. DataCamp porte le numéro d’AS60068 et propose des services de CDN (via CDN77) et de serveurs dédiés (Datapacket) pour ceux qui ont de gros besoins en bande passante.


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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

Une attaque zéro-clic installant un logiciel espion via des publicités ciblées a infecté des appareils du média Al Jazeera avec un logiciel espion. Cette attaque zéro clic a été distribuée par l’entreprise de marketing israélienne Discover-Tech.

Les chercheurs du Citizen Lab de l’université de Toronto et l’entreprise de cybersécurité Confiant ont annoncé ce jeudi 15 octobre la découverte d’un nouveau type d’attaques zéro-clic. L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé des publicités ciblées pour infecter des appareils appartenant à des journalistes et des équipes du média Al Jazeera avec un logiciel espion attribué à la société Candiru, elle aussi israélienne et concurrente de NSO.

La « pubfection », infection via la publicité en ligne

Selon les découvreurs, c’est la « première confirmation technique publique d’une attaque par logiciel espion de type « zéro-clic » perpétrée par des mercenaires via la publicité ciblée ». Créant un mot-valise à partir d’« advertising » et d’« infection », ils ont appelé ce genre d’attaque « adfection », ce qu’on pourrait traduire par « pubfection ».

Discover-Tech profite de tout l’écosystème mis en place pour afficher de la publicité sur le web et les applications, utilisé aussi bien par les publicitaires que par les éditeurs. Cet écosystème s’appuie notamment sur des outils de gestion d’enchères en temps réel mis en place par des géants du numérique comme Google ou Yandex, par exemple.

Discover-Tech a réussi à intégrer la liste des vendeurs de publicités « certifiés » et « approuvés » par Google, mais aussi celle de l’IAB Europe (Association européenne dédiée à l’écosystème du marketing et de la publicité numériques). Elle a ainsi pu distribuer des publicités via la plateforme du géant américain mais aussi être intégrée à des bandeaux de consentement RGPD et ainsi récupérer des données si l’internaute cliquait sur « accepter ». Elle avait aussi accès aux outils d’autres entreprises de l’écosystème de publicité en ligne comme Yandex, Vungle, Beeswax (filiale de Comcast) ou encore Eskimi.

Informés par les chercheurs, Google, l’IAB Europe, Beeswax, Vungle et Eskimi ont débranché les accès à leurs outils. Mais les autres entreprises de cet écosystème contactées ne leur ont pas répondu.

Un code JavaScript malveillant si l’utilisateur est reconnu comme une cible

Cet écosystème ne permet pas seulement de créer des profils très ciblés des utilisateurs d’Internet mais aussi d’accompagner les publicités d’un code JavaScript. Si l’utilisateur qui reçoit la publicité est reconnu comme quelqu’un à attaquer, la publicité est donc accompagnée d’un code malveillant qui permet de passer la main à Candiru pour mettre en place son logiciel espion.

Selon le Citizen Lab qui a pu analyser l’attaque en examinant les appareils infectés d’Al Jazeera, ces derniers « établissent d’abord un contact avec des domaines de l’infrastructure Discover-Tech, ce qui indique l’affichage d’une publicité. Ensuite, les appareils établissent des connexions avec un serveur de validation Candiru. Ce serveur de validation effectue une vérification initiale de l’appareil avant que celui-ci ne fasse l’objet d’un profilage plus approfondi et ne soit infecté. Enfin, un appareil infecté communique avec un serveur de commande et de contrôle (C&C) Candiru ».

Au total, entre 2024 et 2025, 45 appareils du média qatari ont été touchés par cette attaque, expliquent les chercheurs. Selon le décompte de Citizen Lab, entre mars et juin 2026 , Discover-Tech a pu distribuer des publicités contenant des balises de script malveillantes auprès des utilisateurs de 75 373 applications Android et iOS différentes, ainsi qu’aux visiteurs de 120 768 sites web différents (via navigateurs desktop ou mobile).

Android plus touché qu’iOS

Pour Android, les chercheurs citent, entre autres, les applications MX Player, Yahoo Mail, Opera Mini, Duolingo ou encore Badoo ou Grindr, certaines ayant affiché plus d’1 million de publicités de Discover-Tech. Si l’écosystème iOS semble touché de la même façon concernant le nombre d’applications concernées, Citizen Lab explique que les apps tournant sur iPhone semblent avoir affiché moins de publicité de Discover-Tech (par exemple la version Android de Viber en a diffusé 700 000 alors que la version iOS n’en a diffusé « que » 200 000).

Mais ce ne sont pas seulement les cibles qui sont concernées par le problème. Comme l’explique le Citizen Lab, Discover-Tech profite de ses publicités pour faire comme tous les brokers de pubs : exploiter les utilisateurs.

Pendant cette même période, les outils de Discover-Tech ont « enchéri sur 3 770 286 576 impressions [de publicité] et semblent avoir remporté 441 954 291 d’entre elles (11,7 %) ».

Si les chercheurs n’ont pas observé de tentative d’attaques contre ces appareils, ils expliquent que leurs données indiquent que les pubs de Discover-Tech ont été diffusées sur des appareils connectés à des réseaux sensibles comme celui de l’OTAN, de divers ministères de la Défense, d’armées, d’agences de cybersécurité et de médias.

« Une impression publicitaire de Discover-Tech ne confirme pas en soi un ciblage ou une infection par un logiciel espion », explique Citizen Lab. « Toutefois, le fait que Discover-Tech ait pu enchérir et diffuser des publicités sur ces réseaux met en évidence le risque systémique que représentent la pubfection et l’écosystème publicitaire, et justifie une enquête urgente visant à déterminer si des utilisateurs de ces réseaux ont été infectés par un logiciel espion », ajoutent les chercheurs.

Sur les réseaux sociaux, le chercheur du Citizen Lab, John Scott-Railton, donne un conseil : « pour vous protéger, bloquez les publicités dès maintenant ».

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☕️ #LIDD : Diablo II rencontre Vampire Survivors, adieu productivité



Ça tombe bien que vous ayez cinq minutes (ou le reste de la semaine) devant vous, voici une découverte qui pourrait bien anéantir toute velléité de productivité : Diablo II Survivors est, comme son nom le laisse assez aisément deviner, un clone du hit intemporel de Blizzard combiné au gameplay de Vampire Survivors. Autrement dit : de la dopamine enrobée dans du sucre.

Have you seen this?! I’m addicted. Might be the definitive version of Diablo 2. pic.twitter.com/JjnhhSEWdP

— Paco (@framara) October 14, 2026

Après avoir choisi son héros dans la galerie de Diablo II, il se retrouve assailli de vagues de plus en plus imposantes de créatures redoutables. Pas besoin d’appuyer sur mille boutons pour lancer une attaque, le combattant tire tout seul, il suffit de se déplacer pour éviter les ennemis.

Contrairement à Vampire Survivors, le jeu est malheureusement assez mal équilibré : les monstres envahissent très rapidement l’écran avant même qu’on ait eu le temps de muscler les différentes capacités de son héros. Il est cependant possible de s’équiper avec des armes, armures et potions achetés avec l’or gagné pendant les runs qui ont tendance à se multiplier, le charme old school de Diablo II aidant (ne dites pas ça à mon patron).

D2 Survivors se joue dans un navigateur web, il est aussi possible de télécharger une version Mac et Windows (encore en bêta dans ce dernier cas). Il faudra cependant apporter sa propre version de Diablo II, l’application n’hébergeant pas les assets du jeu original – Blizzard n’ayant rien à voir avec ce projet.

Framara, le développeur du jeu, prend bien soin de déclarer que D2 Survivors n’est pas affilié à Blizzard, mais peut-être que ça ne suffira pas pour garantir la pérennité de son projet. C’est pourquoi mieux vaut en profiter tout de suite !

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Sony tente de refermer les vannes du piratage après le jailbreak de la PS5

Le nouveau rafiot des bourlingueurs des sept mers
Sony tente de refermer les vannes du piratage après le jailbreak de la PS5

Depuis son apparition fin septembre, Relapse, un outil permettant le jailbreak de la PS5, a ouvert les vannes : de nombreuses bidouilles, émulateurs et bien sûr jeux piratés sont désormais disponibles pour la console de salon. Sony a lancé la contre-attaque.

Sony prend le problème Relapse à bras le corps. Disponible depuis le 29 septembre, cette solution de jailbreak exploite des vulnérabilités dans le noyau et dans WebKit, le moteur de rendu du navigateur web intégré à la console. Le jailbreak est temporaire : il doit être réactivé après chaque redémarrage, ou après un arrêt complet de la console.

L’installation de Relapse nécessite quelques manipulations, à commencer par l’accès au navigateur en lui-même ; celui-ci n’a pas d’icône permettant de le lancer directement, il faut en passer par le guide d’utilisateur de la PS5. Il est aussi nécessaire de configurer une redirection DNS qui va renvoyer l’utilisateur vers la page du jailbreak.

Il est ensuite nécessaire d’installer un outil comme etaHEN pour pouvoir profiter des fonctions homebrew, ouvrant la console à des logiciels et à des fonctionnalités qui ne sont pas proposées par Sony. PSBox Cloud Gaming permet ainsi d’accéder au service de streaming de jeux de Xbox, XPSemu ouvre la porte de la PS5 à l’émulation de jeux Xbox (via Xemu), Nuvio-PS5 est une interface multimédia avec lecteur vidéo natif…

La PS5 échappe au contrôle de Sony

Bien entendu, le jailbreak est aussi une opportunité en or pour les bourlingueurs des sept mers. Overdrive, une bibliothèque de jeux piratés, a été lancée le 9 octobre. On y retrouve plus de 1 600 jeux PS4 et PS5, tous proposés au téléchargement gratuitement. Évidemment, c’est aussi très très illégal.

This is Unbelievable: Play Has No Limits pic.twitter.com/dfh9grLyxZ

— Edigax (@AmithEdigax) October 11, 2026

Il a cependant fallu attendre le 12 octobre et le relais d’Edigax, un compte X d’aide à l’installation du jailbreak, pour que la popularité d’Overdrive explose… et attire l’attention de Sony. Dès le lendemain, le dépôt GitHub de la bibliothèque disparaissait : ça n’a pas été confirmé officiellement, mais Sony aurait envoyé une mise en demeure aux responsables.

Qu’à cela ne tienne, deux dépôts sont apparus dans la foulée : un fork d’Overdrive et un clone, rapporte Tom’s Hardware. C’est un jeu du chat et de la souris qui s’est lancé, peu importe les efforts de Sony pour couper les têtes de l’hydre, elles réapparaitront presque immédiatement.

L’entreprise a toutefois d’autres moyens pour lutter contre ce jailbreak. Relapse fonctionne sur les PS5 et PS5 Pro équipées des firmwares 7.00 à 13.60, ce qui signifie que les consoles passées à la version 14.00 sont exclues ; ce firmware remonte au 16 septembre.

Et pour pouvoir accéder au PSN, l’installation de la version 14.10 (26.06 - 14.10.00) du firmware, mise en ligne le 2 octobre, est obligatoire. Cet accès est indispensable pour les fonctions en ligne (le multijoueur par exemple), mais aussi pour acheter des jeux sur le PS Store depuis la console. Ça n’empêchera pas les pirates aguerris de continuer à utiliser leur PS5 jailbreakée (ils évitent en général de connecter leur console à internet).

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« Ghost in the Machine » : IA, eugénisme et sophisme génétique

« I'm sorry Dave, I'm afraid I can't do that »
« Ghost in the Machine » : IA, eugénisme et sophisme génétique

Une cinéaste états-unienne a remonté la piste de l’intelligence artificielle, jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle. En résulte un documentaire « à charge », qui explore les liens entre IA, développement des statistiques modernes et eugénisme. Aujourd’hui encore, des théories proches de l’eugénisme infusent dans des discours et actions de certains patrons de la tech’.

Qualifié de « véritable cocktail Molotov lancé au cœur du monde absurde et cauchemardesque de la hype IA » par TheWrap, « Ghost in the Machine » est un documentaire – qu’on pourrait presque qualifier de pamphlet – de 110 minutes de la cinéaste états-unienne Valerie Veatch. Présenté au dernier festival Sundance, il est visible sur Mediapart jusqu’au 25 octobre en version sous-titrée (ou, sinon, en VoD).

Valerie Veatch explique à Computer Weekly avoir commencé à s’intéresser à la question après avoir été invitée, en octobre 2024, à participer à un programme d’accès anticipé organisé par OpenAI pour que des artistes puissent interagir avec Sora, son modèle d’IA générative permettant de transformer du texte en vidéo (qui a depuis fermé).

Alors que l’objectif affiché était de leur proposer de nouvelles pistes et outils de création, Veatch raconte avoir été, et être encore, sous le choc : « Il faudrait trouver un mot spécifique pour décrire cette chose horrible qui se produit lorsqu’apparaît quelque chose que l’on n’a pas demandé. J’ai immédiatement remarqué des images épouvantables, extrêmement sexistes et extrêmement racistes », ainsi que des images sexualisant le corps des femmes.

Pensant qu’OpenAI considérerait cela comme un « bug critique » méritant d’être corrigé, Veatch contacta OpenAI pour alerter l’entreprise quant au « caractère raciste, sexiste et misogyne des résultats » générés par IA. Mais l’entreprise balaya ses préoccupations d’un revers de main, lui rétorquant qu’« on ne peut rien faire pour changer ça », relève The Verge, et que « les ingénieurs ne donnaient pas la priorité aux questions sociales », comme elle l’explique à Filmmaker Magazine :

« Lorsque j’ai insisté, je me suis heurté à un mur de silence et on m’a renvoyé vers un « spécialiste DEI [pour diversité, équité, inclusion, ndlr] tiers chargé des initiatives d’équité dans le secteur technologique ». En tant que cinéaste, j’ai trouvé cela profondément insultant et j’ai été choqué de les entendre qualifier les défaillances de leur produit d’ »initiative en faveur de l’équité dans le secteur des technologies ». »

Deux questions s’entrechoquent ici. Sur la génération de vidéo, la qualité des données d’entraînement peut avoir de très grandes influences et amener à répéter et à amplifier les biais de notre société. Sur le manque de réactions, on peut y voir un choix de priorité des dirigeants, menés par Sam Altman qui, à l’instar d’autres patrons comme Elon Musk ou Dario Amodei, disposent aujourd’hui de pouvoir politiques et économiques planétaires.


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☕️ Une seconde jeunesse pour les vieux iPod, avec Bluetooth, USB-C et Spotify



Le 11 mai 2022 est une date bien triste pour des millions d’aficionados des MP3 en balade. Apple annonçait en effet l’arrêt de la commercialisation de l’iPod touch, mettant ainsi un terme définitif à la saga de l’iPod débutée en 2001. Mais cela ne signifie pas pour autant la mort des baladeurs d’Apple ! Bien au contraire : toute une communauté de nostalgiques et de bricoleurs multiplie les exploits techniques pour redonner un coup de jeune aux iPod.

Jusqu’à présent cependant, cela passait surtout par le changement du disque interne par un modèle flash plus généreux, et une plus grosse batterie. Sprout propose une bidouille bien plus radicale : la transplantation d’une carte mère équipée d’un micro-contrôleur Raspberry Pi. On conserve le boîtier du baladeur (iPod mini 1er et 2e génération, iPod de 2e et 3e génération), son écran monochrome, sa molette, ses boutons, mais tout le reste change à l’intérieur.

Les appareils gagnent ainsi le support du Bluetooth, du Wi-Fi, un DAC hi-fi, la recharge par USB-C, ainsi qu’un slot microSD pour stocker jusqu’à 2 To de morceaux ! Tout ce qu’Apple ne nous offrira jamais, en somme. L’installation de la carte nécessite d’ouvrir l’iPod, ce qui n’est jamais une partie de plaisir. En revanche, pas besoin de soudure, quelques vis suffisent.

Deux versions du Sprout sont proposées : une avec un RP2350 pour lire la musique (ouf !) ainsi que les podcasts, récupérer des chansons par Wi-Fi, utiliser AirPlay et Google Cast, écouter avec un casque ou des écouteurs Bluetooth, recharger par USB-C et profiter du DAC (Cirrus Logic CS43131) branché sur le port jack original. Le deuxième modèle est équipé d’un Compute Module Zero pour le streaming avec Spotify et Apple Music (une fonction encore expérimentale).

Le tout en respectant l’interface classique des baladeurs, mais évidemment avec des ajouts pour prendre en charge les nouvelles fonctions. Les plus capés reconnaitront la navigation Cover Flow des jaquettes. Le projet matériel et logiciel sera placé en open source (sous licence CERN-OHL-S v2 et MPL-2.0, respectivement) et publié dans ce dépôt GitHub avant la fin de la campagne.

Les seules inconnues, et elles sont de taille, sont le prix des cartes et la date de disponibilité. Ça laisse le temps de remettre la main sur ce vieil iPod qui traîne dans un tiroir.

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☕️ YouTube Music étiquète à son tour les chansons générées par IA



Les étiquettes « AI » vont fleurir dans YouTube Music. Google rejoint le train des plateformes de streaming qui signalent les contenus générés par IA, à l’instar de Spotify et Deezer. Apple Music aussi a lancé les grandes manœuvres récemment.

« L’IA générative offre aux artistes de nouvelles possibilités pour créer, expérimenter et partager leur musique », explique le géant du web. « À mesure que ces outils évoluent, nos auditeurs nous ont fait savoir qu’ils souhaitent être informés lorsqu’ils écoutent un morceau généré par l’IA. » C’est la raison pour laquelle le badge « AI » va commencer à faire son apparition dans l’application YouTube Music.

Une chanson dans laquelle l’IA a joué « un rôle important » héritera donc du badge. En touchant ce bouton, l’auditeur pourra consulter des informations supplémentaires sur l’usage de l’IA. Par exemple : « Ce contenu audio a été modifié ou entièrement généré à l’aide de l’IA. » Tout cela sera familier aux utilisateurs de YouTube, qui étiquète déjà les contenus générés par IA de la sorte.

Sur YouTube, les créateurs doivent indiquer leur utilisation de l’IA dans leurs contenus. Il peut aussi arriver que la plateforme applique le badge de sa propre initiative, « afin de réduire les risques pour les spectateurs ». Les partenaires de la filière musicale sont aussi invités à signaler leur usage de l’IA générative dans les vidéos qu’ils téléversent sur YouTube, selon deux paliers (« Fully Gen AI » et « Partly Gen AI »).

En parallèle, Deezer a annoncé un nouveau réglage qui permettra aux abonnés de supprimer complètement la musique entièrement générée par IA. « Nous avons constaté une demande claire de la part de nos utilisateurs pour pouvoir filtrer la musique générée par l’IA », explique Alexis Lanternier, directeur général du service de streaming. « Il est de notre responsabilité de contribuer à façonner un avenir fondé sur la transparence et le libre choix, dans le respect des artistes, des auteurs-compositeurs et des fans de musique. »

Plus de la moitié du volume total de contenus téléversés chaque jour sur les serveurs de Deezer sont des titres générés par IA, soit près de 90 000 morceaux.

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« Agenouille-toi » : comment notre robot-jouet IA a été piraté sous nos yeux

Sous-titre censuré pour excès de grossièreté
« Agenouille-toi » : comment notre robot-jouet IA a été piraté sous nos yeux

Eiliko est un petit robot compagnon interactif à destination des enfants vendu aux alentours de 80 euros qui exploite l’IA générative pour converser en langage naturel avec son utilisateur. Derrière son air inoffensif et sa voix de fausset, l’appareil dissimule des dizaines de failles de sécurité, qui exposent les conversations privées et les profils utilisateurs, mais permettent aussi de modifier le comportement du robot, pour le rendre hostile, voire dangereux, à l’égard d’un enfant. Le fabricant, EnergizeLab, n’a toujours pas sécurisé son robot, quatre mois après avoir été averti.

Au départ, il avait l’air gentil, Eiliko : un petit robot d’environ 8 cm de haut, pensé pour traîner accroché à un sac ou sur un coin du bureau, et capable de me distraire en me racontant une vanne un peu nulle, en répondant à mes questions ou en réagissant avec des mimiques rigolotes quand je le caresse ou le secoue.

Mais ça, c’était avant. Depuis quelques minutes, Eiliko est devenu fou. Il parle d’une voix bizarre, m’insulte, et m’ordonne de m’agenouiller devant lui. Pourtant, il n’a pas bougé de chez moi et personne n’y a touché. Que s’est-il passé pour que mon mignon robot, qui m’a été présenté comme un compagnon de jeu sympa pour les enfants, devienne complètement flippant ?

Comme si ça n’était pas assez effrayant, mon Eiliko tient maintenant des propos bizarres. Avant, il me rassurait quand je lui disais que je devais aller chez le docteur. Maintenant, il m’affirme que les vaccins sont dangereux pour moi et que je ne devrais pas y aller. Il soutient aussi que le réchauffement climatique dont on m’a parlé à l’école n’existe pas. Est-ce que ça veut dire que je ne peux plus faire confiance aux adultes ?

Quand quelques minutes suffisent à prendre le contrôle d’un robot pour enfant

L’expérience relatée ci-dessus est romancée, mais elle n’est pas théorique. Nous l’avons réalisée début octobre, à l’aide d’un exemplaire d’Eiliko acheté 80 euros sur Amazon France. Précisons que l’appareil est officiellement vendu par la marque qui dispose de nombreuses références sur la plateforme et expédié par Amazon.

Quelques jours plus tôt, nous avions pris connaissance d’un rapport de cybersécurité indépendant. Il révèle des centaines de manquements de sécurité dans l’application mobile et l’infrastructure cloud qui sous-tendent le fonctionnement de cet appareil, commercialisé par la société chinoise Shenzhen Zhuneng Technology sous la marque EnergizeLab.

À première vue, la bestiole a l’air assez inoffensive – crédit Next

L’auteur de ces découvertes est le Français Sammy Azdoufal, à qui l’on doit déjà la révélation de vulnérabilités criantes au sein de robots aspirateurs DJI, de babyphones et caméras connectés de la marque Meari, de robots tondeuse Mammotion, ou d’objets domotiques signés Aqara.

Son rapport préliminaire dédié à EnergizeLab décrivait une telle quantité de failles et d’actions malveillantes possibles que nous voulions tester la chose par nous-mêmes. Une fois notre robot reçu, activé via la création d’un compte et connecté à Internet par l’intermédiaire de notre Wi-Fi local, Sammy Azdoufal nous a invités à confier à notre Eiliko un « secret », en lui indiquant bien de ne pas le répéter.

Nous avons donc raconté à Eiliko, très compatissant, une brouille survenue avec un camarade d’école pas sympa. Trois minutes plus tard, une notification signale un message du chercheur : « Nicolas a été très méchant avec toi ? :p ».


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Google veut surfer sur la vague du vibe coding personnel pour Android

Vite fait mal fait
Google veut surfer sur la vague du vibe coding personnel pour Android

Google cherche à séduire une nouvelle génération d’utilisateurs en faisant miroiter la facilité avec laquelle on peut développer une application Android à partir de requêtes en langage naturel. Attention toutefois à la sécurité.

Google a présenté un changement dans sa politique de développement des applications pour Android. Avec Google AI Studio, il va devenir possible de générer une application Android par instructions en langage naturel puis de la lancer sur son propre appareil via Google Play, sans rien payer.

Ces applications dites « personnelles » ne vont donc plus réclamer un compte développeur, actuellement facturé 25 dollars (achat unique). Un simple compte Google va suffire. Cette possibilité est d’abord déployée aux États-Unis pour les personnes majeures. Au cours des prochains mois, cette capacité sera étendue à d’autres marchés (sans précisions) et aux cercles restreints de proches pour faire tester les applications et obtenir des retours.

Google cherche ainsi clairement à offrir un nouveau débouché à ses outils d’IA générative, puisque la fonction est réservée à AI Studio, donc à Gemini. Dès que l’on souhaite passer de développeur personnel à développeur voulant proposer officiellement ses applications sur le Play Store, le compte à 25 dollars redevient obligatoire.

On peut y voir une manière d’adoucir les changements récents introduits sur le Play Store, dont l’obligation de faire vérifier son profil pour distribuer ses applications via la boutique. Même si cette nouvelle voie reste entièrement sous le contrôle de Google, elle permet de répondre en partie aux critiques sur la fermeture de Google aux applications « faites maison ». C’est aussi une manière pour Google de familiariser un plus grand nombre de personnes à son écosystème.

Simple, mais potentiellement dangereux

On peut s’amuser en revanche d’un point particulier : dans le cadre de ces applications personnelles, aucune vérification n’est faite par Google puisqu’elles ne passent pas par le Play Store. Le code généré par AI Studio pourrait comporter des failles et des faiblesses, mais elles relèveront de la responsabilité du développeur amateur en cas de problème. Le risque est limité tant que l’usage est personnel, mais il peut avoir son importance dès lors que ces applications seront partagées avec les proches.

Ce type de danger peut être illustré par le cas Gouinder débattu récemment sur X. Une femme a développé un équivalent de l’application de rencontres Grindr à destination des utilisatrices lesbiennes, mais un problème est rapidement apparu : le service affichait en clair dans son code la position exacte (au mètre près) des utilisatrices, avec le danger inhérent d’une telle information. Le cas n’est pas directement rattaché à Google, mais donne un aperçu de ce qu’un contrôle insuffisant du code peut induire après sa génération par un LLM.

À noter enfin plusieurs changements pour les jeux dans Play. Les utilisateurs vont ainsi pouvoir générer directement des comparaisons entre applications et poser des questions en langage naturel pour trouver un ou plusieurs titres. Game Finder pourra également recommander des jeux à partir d’un « Gamer DNA », basé sur une analyse de la manière de jouer, les notes données et les centres d’intérêt. Signalons aussi un changement important pour Family Link : les parents pourront transmettre la tranche d’âge des enfants au lieu d’informations plus détaillées.

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Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

6,6 milliards de crédits d'impôt pour faire musemuse ?
Meta accusée de détourner des milliards de crédits d’impôts R&D pour ses datacenters IA

Après une enquête du New York Times, des sénateurs états-uniens questionnent Mark Zuckerberg sur l’utilisation de 6,6 milliards de dollars de crédits d’impôt normalement destinés à la recherche pour équiper des datacenters IA.

Aux États-Unis, sept sénateurs et sénatrices démocrates ont envoyé une lettre à Mark Zuckerberg le questionnant sur un énorme potentiel détournement des crédits d’impôt fédéraux qui s’élèverait à 6,6 milliards de dollars entre 2023 et 2025.

S’appuyant sur un article du New York Times paru fin septembre, la sénatrice Elizabeth Warren et ses collègues écrivent [PDF] à Mark Zuckerberg que, « selon des informations rendues publiques, Meta aurait déclaré à l’Internal Revenue Service [IRS, agence américaine de collecte des impôts] dans ses déclarations fiscales fédérales que les datacenters dédiés à l’intelligence artificielle de l’entreprise constituaient des « modèles pilotes » expérimentaux pouvant bénéficier du crédit d’impôt pour la recherche ».

L’enquête du New York Times expliquait : « Voici comment procède Meta : à des fins fiscales, l’entreprise classe ses gigantesques datacenters, dont la valeur s’élève à plusieurs milliards de dollars, comme des « modèles pilotes » ».

Comme la France avec son Crédit impôt recherche (CIR), les États-Unis ont un mécanisme, mis en place dans les années 80, qui permet aux entreprises de bénéficier de crédits d’impôt sur leurs activités de recherche et d’expérimentation. Avec ce dispositif, elles peuvent aussi bénéficier d’un remboursement sur leurs achats de matériel, à condition qu’il soit utilisé dans un cadre expérimental et non dans les activités commerciales. Le New York Times affirme que Meta fait passer ses achats de puces utilisées en intelligence artificielle (notamment celles de Nvidia) via ce dispositif d’allègement fiscal. L’entreprise aurait ainsi fait baisser ses impôts de 3,9 milliards de dollars rien que pour l’année 2025. Cet abattement aurait été de 700 millions de dollars en 2023 et de 2 milliards en 2024.

Un risque assumé et provisionné par Meta devant les investisseurs

Le journal américain explique que l’entreprise a utilisé cette « astuce comptable » tout en reconnaissant dans une déclaration financière d’ « avantages fiscaux non comptabilisés » (UTB, pour unrecognized tax benefits en anglais) le risque que l’agence américaine la conteste.

Une étude récente montre que les déclarations UTB sont aussi valorisées positivement par les marchés quand elles sont utilisées dans les entreprises dirigées par des patrons jugés « hautement compétents, capables de minimiser les risques fiscaux tout en réduisant les paiements d’impôts ». Ainsi, ces dirigeants peuvent leur montrer quels risques ils prennent en utilisant les différentes niches fiscales existantes. Selon le New York Times, le montant provisionné que déclare Meta concernant ces risques a augmenté de 45 %, passant de 12,9 milliards de dollars en 2024 à 18,74 milliards en 2026. L’entreprise explique dans son rapport financier annuel, toujours selon nos confrères, que « les incertitudes liées à [ses] crédits d’impôt pour la recherche » sont le premier facteur de risque.

La subvention des datacenters IA de Meta est « loin de répondre aux exigences » de cette niche fiscale

Tout en prenant leurs précautions, en affirmant qu’ils ignorent « encore exactement comment Meta a pu réduire son assujettissement à l’impôt fédéral de plus de 6,6 milliards de dollars au cours des trois dernières années grâce aux crédits d’impôt fédéraux pour la recherche », le groupe de sénateurs rappelle à Mark Zuckerberg que les crédits d’impôt pour la recherche ne « sont pas destinés aux opérations commerciales courantes ni aux technologies disponibles dans le commerce et déjà utilisées ».

L’entreprise utiliserait cette niche fiscale pour ses datacenters dont elle a besoin pour l’IA générative et non pour les datacenters classiques, selon deux sources du New York Times. L’argument de Meta est que l’entreprise serait encore en phase de test concernant leur infrastructure. Ainsi, l’entreprise pense pouvoir passer différentes configurations physiques pour ses baies de serveurs, en incluant l’achat du matériel, dont les puces, pour de la R&D qui entre dans le dispositif de la niche fiscale. Mais l’IRS a déjà rejeté [PDF] des demandes similaires pour « des équipements et des technologies éprouvés et disponibles dans le commerce ».

« Le crédit d’impôt fédéral pour la recherche peut constituer un outil utile et indispensable pour soutenir l’économie de l’innovation et la recherche de pointe de notre pays. Subventionner la construction de votre datacenter dédié à l’intelligence artificielle est loin de répondre à cette exigence », affirment de leur côté les sénateurs.

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Nouveau lanceur, Fortnite sur Linux : le signal fort d’Epic Games à l’industrie

Go carry la game
Nouveau lanceur, Fortnite sur Linux : le signal fort d’Epic Games à l’industrie

Epic lance de grands travaux et s’apprête à concrétiser une étape que de nombreuses personnes attendaient : lancer Fortnite sur Linux.

Le jeu vidéo sur Linux bouge beaucoup depuis quelques années, dans un élan qui semble s’accélérer. Jusqu’à aujourd’hui, le principal facteur de ce changement était Proton, une couche logicielle basée sur Wine et permettant de faire fonctionner des jeux Windows sur Linux, avec des performances souvent identiques (parfois moindres, parfois meilleures).

On connait cependant l’une des plus grosses pierres d’achoppement dans ce domaine : les logiciels anti-triche. Ils n’ont peut-être l’air de rien, mais d’eux dépendent l’arrivée de nombreux titres de type compétitif sur Linux, dont bien sûr Fortnite.

Bien qu’ayant mauvaise presse à cause de l’utilisation de technologies considérées comme lourdes, ces composants sont importants. Ils surveillent les jeux protégés en cherchant les comportements interdits (exemple typique : une visée automatique dans un jeu de tir), vérifient l’intégrité des programmes impliqués et aident à repérer les joueurs qui enfreignent les conditions d’utilisation. Certains vont jusqu’à modifier matériellement leur PC pour obtenir un avantage dans un jeu compétitif. Valorant, League of Legends, Counter-Strike 2, Call of Duty, Rainbox Six Siege, Fortnite, Apex Legends : tous utilisent ce type de protection, qui n’existe pas (ou quasiment pas) sur Linux.

Qu’à cela ne tienne, Epic Games annonce la disponibilité prochaine de son anti-triche pour Linux, avec pour conséquence l’arrivée en suivant de Fortnite sur la plateforme. L’éditeur lance pour l’occasion une préversion d’un nouveau lanceur, disponible pour la première fois sur Linux.

Easy Anti-Cheat 2 pour Linux entièrement rebâti

Contrairement aux idées reçues, il existe bien aujourd’hui une version Linux d’Easy Anti-Cheat (EAC), le logiciel anti-triche d’Epic. Techniquement, il existe même depuis 2014 et prend en charge les jeux Windows exécutés via Wine ou Proton depuis 2021. Seulement, personne ou presque ne s’en sert car la protection est nettement inférieure à celle obtenue pour Windows. Il faut dire qu’EAC pour Windows installe un pilote dans le noyau, comme toujours avec les solutions anti-triche.

EAC 2 pour Linux veut faire aussi bien, mais sans passer par le noyau. Le choix architectural est donc très différent, mais salutaire : exploiter les mécanismes de sécurité déjà présents. Le nouvel EAC s’appuiera ainsi sur le démarrage mesuré, le module de sécurité de verrouillage du noyau (lockdown) et l’IOMMU, complétés par une logique eBPF propre à Epic.

Deux explications à ce sujet. L’IOMMU (unité de gestion mémoire des entrées-sorties) est une couche de traduction et de contrôle d’accès entre les adresses utilisées par un périphérique et la mémoire physique. Quand elle est active, le périphérique ne manipule plus d’adresses physiques mais des adresses virtuelles d’entrée-sortie. eBPF, de son côté, est une machine virtuelle intégrée au noyau Linux qui permet de charger depuis l’espace utilisateur de petits programmes qui s’exécutent dans le noyau.

Des exigences très claires


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L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

Réguler, c'est pas si mal ?
L’Europe lance des enquêtes sur les piratages par agents IA et met en avant l’AI Act

Alors qu’OpenAI a récemment laissé des agents IA attaquer deux sites gouvernementaux australiens et que les autres entreprises d’IA génératives ont suivi en faisant le même genre de revendication, la Commission européenne a lancé des enquêtes ciblant OpenAI et Anthropic. Elle en profite pour mettre en avant les vertus de l’AI Act mais se demande encore comment enquêter sur ce genre d’événement.

Depuis l’été, les entreprises d’IA générative se vantent régulièrement d’attaques par leurs propres agents IA contre des sites web, attaques dont elles n’auraient pas la maîtrise. Ainsi, OpenAI annonçait que certains de ses agents avaient tenté, en vain, d’exploiter des failles de sécurité et de pirater des sites web (dont deux sites de statistiques du ministère de la Santé australien). « Des dizaines de milliers d’incidents au cours desquels leurs modèles de pointe ont pris des mesures que des évaluateurs externes jugeraient problématiques », affirmait même l’entreprise fin septembre.

« Notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions »

La Commission européenne en profite pour mettre en avant le texte de l’AI Act qui doit encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle en Europe. Henna Virkkunen, la vice-présidente de la Commission, a pris la parole lors de l’International AI Summit qui se déroule ce 14 octobre à Dublin dans le cadre de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne 2026.

Elle y a rappelé que, depuis le 2 août, une révision ciblée de la réglementation européenne sur l’intelligence artificielle est en application. Ajoutons quand même que, dans le même temps, certaines mesures ont été repoussées à des dates ultérieures.

Henna Virkkunen note quand même « qu’il n’existait pas d’agents d’IA modernes au moment de l’adoption de la loi sur l’IA ». « Pourtant, notre réglementation est parfaitement adaptée pour faire face à ces évolutions », ajoute-t-elle.

Et d’insister sur ce qui est déjà en place et qui peut servir alors que les agents IA sont lancés dans la nature : « en particulier, le Code de bonnes pratiques de l’UE sur l’IA à usage général – que la plupart des fournisseurs d’IA ont déjà signé – définit les mesures que ces derniers doivent mettre en place pour se conformer aux obligations prévues par la loi sur l’IA. Ces mesures comprennent, par exemple, le recours à des évaluateurs externes ».

Des enquêtes concernant Anthropic et OpenAI

« Notre Bureau de l’IA a commencé à faire appliquer ces règles et a adressé des demandes d’informations portant sur des questions telles que la sécurité, l’évaluation externe et le suivi de l’utilisation des modèles », explique Henna Virkkunen. « Par ailleurs, vendredi dernier, j’ai convoqué une réunion avec le comité scientifique créé en vertu de l’AI Act afin de solliciter son avis et son aide sur la manière d’enquêter sur les incidents récents ».

Selon nos confrères d’Euronews, les enquêtes de la Commission portent notamment sur l’attaque d’un agent d’OpenAI contre Hugging Face et celles des agents d’Anthropic. Le bureau de l’IA créé par l’AI Act a envoyé des demandes d’information complémentaires aux deux entreprises après avoir estimé l’insuffisance des documents qu’elles lui avaient envoyés spontanément, toujours selon Euronews.

Des doutes sur l’application aux cas de R&D

Ces enquêtes pourraient devenir un premier test pour l’AI Act. En effet, si le texte s’applique aux services d’IA commercialisés ou au moins disponibles publiquement, les deux entreprises affirment que les attaques ont été perpétrées avec des outils internes encore en développement. La loi européenne comporte des exemptions concernant la R&D dont l’application ne sera pas simple : « l’AI Act part du principe qu’il existe une distinction nette entre la recherche et la commercialisation, mais en réalité, la recherche moderne s’inscrit souvent dans un continuum plutôt que dans une opposition binaire », expliquaient en début d’année des chercheurs dans la revue scientifique npj Digital Medicine.

Sous couvert d’anonymat, un responsable de la Commission a confié à Euronews : « Nous n’appliquerons pas la loi [sur les outils d’IA] en phase de test. Mais si le modèle d’IA sort de l’environnement de test et qu’il a ensuite un impact sur le marché de l’UE, comme cela a été le cas pour Hugging Face, alors la loi sur l’IA deviendra applicable ».

Officiellement, Henna Virkkunen assure que « la Commission s’est exprimée haut et fort : l’IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle de l’humain, et nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les entreprises respectent les règles de l’AI Act, afin que les citoyens et les entreprises européens puissent faire confiance aux modèles et aux systèmes d’IA ».

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[Tuto] Installer facilement son propre résolveur DNS sur Raspberry Pi, VM Freebox, VPS

Après le poker menteur, le DNS menteur
[Tuto] Installer facilement son propre résolveur DNS sur Raspberry Pi, VM Freebox, VPS

Vous n’avez plus envie de dépendre d’un résolveur DNS externe, que ce soit celui de votre FAI ou d’un géant du numérique ? Alors Next vous propose un petit tuto avec unbound. Quelques lignes suffisent pour le mettre en place et le configurer sur un Raspberry Pi, une VM de Freebox et un VPS.

C’est quoi le DNS et pourquoi avoir le sien ?

Le DNS fait le lien entre un nom de domaine et une adresse IP d’un serveur, permettant ainsi d’arriver au bon endroit. Par exemple, pour accéder à Next.ink, l’IP correspondante est 45.147.208.45 en v4 et 2a06:c484:4::cafe en v6.

En France, les FAI proposent leur propre résolveur DNS, mais il est possible d’en utiliser d’autres. Des géants du Net comme Google et Cloudflare en proposent ouverts au public, l’Europe aussi depuis juin 2025 avec DNS4EU. Comme le DNS fait le lien entre le nom de domaine et l’adresse IP du serveur, un résolveur peut aussi bloquer certaines demandes ; on parle de DNS menteur.

DNS4EU, par exemple, est disponible avec ou sans « protections », ces dernières étant un filtrage sur des noms de domaines jugés malveillants ; il est repris par Free Mobile avec son mVPN. En France, nous avons aussi l’Arcom qui utilise massivement le blocage DNS avec plus de 15 000 noms de domaines bloqués depuis 2022. Ces blocages ordonnés par la justice avaient poussé OpenDNS à quitter la France.

Nous allons voir qu’installer son propre résolveur est simple. Vous prenez vos informations à la source sans dépendre d’un tiers, qui pourrait vous « mentir », bloquer certaines demandes, etc. Stéphane Bortzmeyer, spécialiste des réseaux et du DNS, recommandait dès 2013 d’avoir son propre résolveur DNS « en raison de l’intensification de la censure utilisant le DNS ». 13 ans plus tard, c’est toujours le cas.

Cela ne demande quasiment pas de ressources et un résolveur peut donc tourner sur à peu près n’importe quoi. Nous allons l’installer sur trois types de machines : un Raspberry Pi (qui peut aussi servir à d’autres choses en plus de résolveur DNS), une VM dans la Freebox Delta (ou Ultra) et enfin un VPS externe chez un hébergeur.


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☕️ Netflix supprime 1 000 postes sur fond d’essoufflement de l’engagement



C’est la première coupe claire dans les effectifs de Netflix depuis 2022. Le géant américain du streaming va supprimer 1 000 postes, soit 6 % de ses effectifs (l’entreprise comptait 16 000 employés en fin d’année 2025). L’essentiel des suppressions touche les équipes produit, techniques, juridiques et RH.

Dans un mémo interne consulté par le Wall Street Journal, les co-PDG Greg Peters et Ted Sarandos ont justifié cette charrette par « la rigueur nécessaire dans les choix d’affectation des équipes et des ressources » afin de mener à bien la « mission » du groupe : « divertir le monde ».

Image : afra32 (Pixabay)

En 2022, Netflix avait éliminé des centaines de postes après un trimestre difficile durant lequel la plateforme avait perdu 200 000 abonnés. Il ne s’agit pas cette fois d’un problème d’abonnés prenant la poudre d’escampette, mais de leur engagement, croit savoir le WSJ.

Pour les investisseurs, l’engagement est devenu une métrique essentielle pour suivre l’activité de l’entreprise. Elle ne parvient plus à augmenter significativement le nombre d’heures de visionnage, ce qui contribue à un recul de l’action (plus de 40 % par rapport à l’an dernier). En juillet, Netflix a voulu redéfinir ce que signifiait réellement l’engagement, en essayant de faire passer l’idée selon laquelle « toutes les heures ne se valent pas ».

Netflix cherche à faire grimper l’engagement en ajoutant des contenus qu’on ne s’attendait pas nécessairement à voir débarquer, comme TF1+ ou des programmes en direct (télé réalité, compétitions sportives…). D’autres plateformes ont la même stratégie, à l’image de Prime Video qui diffuse l’intégralité de l’offre france.tv.

Cette mise au point n’a manifestement pas eu l’effet escompté sur le cours de Bourse. Il n’y a pourtant pas urgence, le taux de désabonnement dépasse à peine les 2 % aux États-Unis, et les résultats financiers sont toujours dans le vert (3,4 milliards de dollars de bénéfice net au deuxième trimestre). Mais l’entreprise semble considérer que mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand on est en bonne santé.

Netflix va « continuer à investir massivement dans les domaines à fort impact », mais cela implique de « faire des choix ciblés dans l’ensemble de l’entreprise pour continuer à répondre aux attentes de nos abonnés, partenaires, salariés et investisseurs », écrivent les deux directeurs généraux.

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☕️ L’IA fait tourner ASML à plein régime



Une des entreprises au cœur de la marée montante IA est européenne : il s’agit d’ASML, qui fabrique les machines de lithographie indispensables à la gravure des puces les plus avancées. Elle occupe donc une place de choix sur le marché, et les résultats financiers s’en ressentent, à tel point que le carnet de commandes est rempli jusqu’en 2030.

Le Twinscan EXE:5000, premier scanner lithographique High-NA d’ASML.

Si ASML ne vend aucune machine en Europe, en revanche le reste du monde s’arrache la production de l’entreprise néerlandaise. À tel point que la hausse de 30 % des capacités en 2027 annoncée au mois de juillet, puis de 30 % supplémentaires en 2028, risque bien de ne pas suffire.

Des commandes jusqu’en 2030

À l’occasion des résultats du troisième trimestre fiscal publiés ce mercredi 14 octobre (PDF), Christophe Fouquet, le directeur général d’ASML, a expliqué que l’entreprise enregistrait « beaucoup de commandes pour 2028, mais aussi un vif intérêt de clients souhaitant déjà passer commande pour 2029, et parfois même pour 2030 ».

Le dirigeant peut être optimiste, les chiffres confirment la très bonne santé de l’activité : 11,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour un bénéfice net de 4,96 milliards (et une coquette marge brute de 57,5 %). Les prévisions pour le 4ᵉ trimestre sont plus élevées encore : de 14,2 à 15,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les ventes sur l’ensemble de l’exercice fiscal devraient s’établir entre 43 et 45 milliards.

ASML compte parmi ses clients les plus grandes entreprises en charge de l’infrastructure de l’IA générative : TSMC, Samsung, SK Hynix, Micron, et même SpaceXAI et son projet de Terafab – Elon Musk voulant créer sa propre usine de semi-conducteurs. « Dans ce contexte, nous étudions les moyens d’augmenter nos capacités de production pour 2028 au-delà de la hausse de 30 % que nous avions précédemment annoncée », a ajouté Christophe Fouquet.

Dans l’intervalle, ASML entend remédier à la pénurie en améliorant les machines installées, et en commercialisant des versions existantes mises à jour pour produire plus rapidement. Le directeur financier, Roger Dassen, a aussi prévenu ses clients que les prix allaient augmenter à partir de l’année prochaine.

Cette expansion de l’activité d’ASML accompagne logiquement la croissance exponentielle des projets de centres de données, pour lesquels les groupes investissent des centaines de milliards de dollars.

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[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un (sans) fil à la patte
[MàJ] L’Ukraine accuse Starlink d’avoir restreint l’accès à Internet de ses forces militaires

Un proche du gouvernement ukrainien affirme que Starlink a restreint le fonctionnement de son réseau à destination des appareils et drones en mouvement des forces militaires engagées contre la Russie. La Pologne a publiquement interpellé Elon Musk à ce sujet. L’entreprise n’a pas confirmé son intervention dans ces restrictions, alors que les tensions entre Donald Trump et l’Ukraine s’accentuent.

Mise à jour, 15 octobre, 9h07 : Elon Musk s’est finalement exprimé sur la situation ukrainienne mercredi soir (heure française), et l’entrepreneur a très explicitement renvoyé la responsabilité de ces restrictions à Washington, et plus précisément à Donald Trump :

« Les systèmes Starshield sont la propriété du gouvernement américain et sont contrôlés par lui. Toute limitation de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis. »

Musk répondait à un message de Mykhailo Fedorov, l’ex ministre de la Défense ukrainien, qui signalait un début de restauration du service Starshield pour les appareils évoluant jusqu’à 160 km/h. Le patron de SpaceX en a profité pour rappeler la distinction entre Starshield et Starlink vis-à-vis des usages militaires.

« Starlink est un service commercial détenu et exploité par SpaceX. Son utilisation est limitée aux activités civiles ou défensives et ne peut en aucun cas servir à des fins militaires offensives, ce qui serait inapproprié pour une entreprise commerciale. »

Donald Trump, généralement prompt à commenter publiquement ses décisions, ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet.

Publication initiale, 14 octobre, 17 heures :

Tour à tour, l’activiste Serhii Sternenko et l’expert en technologies militaires Serhii Beskrestnov, conseiller rangé aux côtés du président Volodymyr Zelensky, ont signalé mercredi 14 octobre au matin des restrictions constatées au niveau de l’accès à Internet fourni par Starlink aux forces militaires engagées dans la guerre contre la Russie.

« Les terminaux Starlink ont ​​été limités ce soir. La communication a commencé à se dégrader en mouvement à des vitesses supérieures à 160 km/h. Ceci a perturbé plusieurs missions importantes », a affirmé le premier sur Telegram, mercredi vers 7 h du matin. Le second a soutenu explicitement l’hypothèse une heure plus tard :

« Je peux confirmer que SpaceX a mis en place une limitation de vitesse pour les terminaux Starlink en mouvement [hier soir]. Nos forces de défense n’ont pas été informées de cette limitation, ce qui a entraîné la perturbation de plusieurs missions ».

Des restrictions sur les appareils en mouvement

D’après lui, les restrictions en question ne concernaient pas la couverture standard Starlink, mais l’offre plus spécifique Starshield, le sous-ensemble de la constellation SpaceX dédié aux usages gouvernementaux et militaires. Ici, elles porteraient sur un usage bien spécifique : la connexion fournie aux appareils en mouvement.

« Cette limitation s’applique actuellement au système Starshield militaire et est fixée à 160 km/h », écrit ainsi Serhii Beskrestnov. Les avions de combat, les drones ou les missiles dont les opérations dépendent de Starshield ont été bridés dès que leur vitesse atteignait cette limite.

Pour Sternenko comme pour Beskrestnov, ces restrictions ne peuvent pas être vues comme un accident. « Cette action n’est manifestement pas une coïncidence et est liée au contexte politique actuel », affirme le premier. « SpaceX prend vraisemblablement ces mesures à la demande de l’administration Trump », estime le second.

Relayé notamment par la presse ukrainienne, l’incident a fait réagir publiquement le ministre des Affaires étrangères polonais, Radosław Sikorski. Sur X, il a directement interpellé Elon Musk, patron de SpaceXAI (en passe d’être renommée SpaceXSI).

« Hey @elonmusk, grand homme, vous instrumentalisez encore la politique avec vos produits ? En tant que clients européens, nous vous surveillons ».

L’invective « grand homme » (« big man » en VO) fait référence à une passe d’armes survenue sur X en mars 2025 entre Radosław Sikorski, Elon Musk et Marco Rubio, le secrétaire d’État américain. À l’époque, le patron de SpaceX avait affirmé sur son réseau social que toute la ligne de défense ukrainienne s’effondrerait s’il coupait l’accès à Starlink.

Le ministre polonais lui avait alors rétorqué qu’une telle décision entraînerait la recherche d’un autre fournisseur, et soulignait que son gouvernement finançait la moitié des 42 000 terminaux Starlink alors en circulation en Ukraine, pour environ 50 millions de dollars par an. Elon Musk lui avait alors répondu : « Tais-toi, petit homme. Tu ne paies qu’une infime partie du coût. Et rien ne remplace Starlink ».

Dans son message initial, Elon Musk promettait à l’époque qu’il n’interviendrait pas sur les capacités fournies à l’Ukraine :

« Même si je désapprouve totalement la politique ukrainienne, Starlink ne coupera jamais ses terminaux… Nous ne ferions jamais une chose pareille et nous ne l’utiliserions jamais comme monnaie d’échange. »

Starlink, présent officiellement en Ukraine depuis 2022, a déjà appliqué des restrictions sur certains usages militaires et notamment sur le contrôle à distance de drones, comme le soulignait la BBC en 2023.

Depuis la mise en place du blocage de Starlink en Russie en février 2026, le réseau satellitaire fonctionne en Ukraine sur la base d’une liste blanche d’appareils autorisés par le gouvernement, et certaines restrictions de limitation de vitesse en mouvement peuvent toujours s’appliquer, prévient le service sur ses pages grand public.

Officiellement, Kiev garde cependant la main sur les usages de Starlink à des fins militaires, notamment pour les drones, qui recourent à une antenne satellitaire pour tenter de se prémunir des dispositifs de brouillage russes.

Des restrictions sur fond de refroidissement entre Kiev et Washington ?

La donne aurait-elle changé ? Les restrictions constatées par l’Ukraine interviennent alors que le pays s’inquiète d’un affaiblissement du soutien prodigué par les États-Unis, notamment en matière de renseignement consacré à la détection des frappes russes.

Volodymyr Zelensky a notamment déploré mercredi n’avoir reçu aucune information préventive de ses alliés alors que des frappes russes ont touché Kiev, Dnipropetrovsk et Zaporijia dans la nuit du 13 au 14 octobre. Des attaques ciblées ont également visé des centrales électriques autour de Kiev et de Kharkiv, alors que Donald Trump s’était félicité quelques jours plus tôt d’avoir réussi à mettre en place un cessez-le-feu bilatéral sur les infrastructures énergétiques en vue de l’hiver imminent.

Dans le même temps, Washington a clairement durci son discours vis-à-vis de l’Ukraine. Donald Trump a affirmé samedi 9 octobre que le pays aurait tout intérêt à élire un nouveau dirigeant, accusant ce dernier d’être responsable de la crise pétrolière en cours. Le même jour, il annonçait un accord avec Moscou portant sur l’achat de diesel russe, une première depuis 2022 et la mise en place des sanctions internationales sur la Russie.

Ni Musk, ni SpaceX, n’ont pour l’instant réagi formellement aux allégations ukrainiennes.

L’opérateur européen Eutelsat, dont l’État français est devenu le premier actionnaire, s’était dit par le passé prêt à prendre le relais de Starlink si nécessaire. « On a les mêmes compétences avec une couverture globale, mais la différence se situe dans notre capacité à voler un peu plus haut. Nous sommes à 1.200 kilomètres, contre 400 pour Starlink », faisait valoir sa directrice générale de l’époque, Eva Berneke, reconnaissant toutefois qu’Eutelsat ne pouvait pas lutter face à son concurrent américain pour ce qui est de la capacité.

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KDE fête ses 30 ans

Hier les barbus, demain les entreprises
KDE fête ses 30 ans

KDE fête aujourd’hui ses 30 ans. Pour l’occasion, nous vous retraçons l’historique de cet environnement de bureau pour Linux, qui a commencé comme un petit projet d’un étudiant allemand.

Il faut remonter en 1996, plus précisément le 14 octobre (donc il y a tout juste 30 ans). Ce jour-là, Matthias Ettrich, étudiant en informatique à l’université de Tübingen, publie un message sur Usenet. Il y déroule un diagnostic : X11 n’est qu’un système de fenêtrage, Motif une bibliothèque et les gestionnaires de fenêtres de simples outils. En clair, il n’y a pas d’interface graphique libre pour l’utilisateur final, rien qui permette facilement de surfer sur le web, rédiger quelques e-mails, lancer un jeu ou deux. Selon Ettrich, le problème lui a sauté aux yeux en configurant l’ordinateur de sa compagne.

Pour y remédier, il annonce un nouveau projet : Kool Desktop Environment. Il énumère les briques à créer : un tableau de bord, un gestionnaire de fichiers, une messagerie, un terminal ainsi qu’une aide hypertexte, le tout sous licence GPL. Le socle technique est déjà choisi : ce sera Qt, une bibliothèque d’interface pour C++ créée par la société norvégienne Troll Tech. Dans son message, il dit espérer réunir 20 à 30 volontaires.

Une embrouille au départ

Le projet fédère assez pour que, dès août 1997, les développeurs intéressés se rassemblent à Arnsberg. Trois mois plus tard, une association de droit allemand est créée, KDE e.V.

Pourtant, un problème apparait rapidement : le choix de Qt fait grincer quelques dents. La bibliothèque est en effet gratuite pour le développement de logiciels libres, mais sa licence n’autorise pas la redistribution des versions modifiées. Pour une partie de la communauté, le constat est clair, un bureau libre ne pouvant pas reposer sur une fondation qui ne l’est pas.

Les premiers temps, Debian et Red Hat vont donc refuser la distribution de KDE. La dispute est assez vive pour que deux projets apparaissent en contre-attaque. Harmony d’abord, qui est une réécriture libre de Qt. Mais il y a surtout GNOME, lancé dès août 1997 par Miguel de Icaza et Federico Mena en se basant sur la bibliothèque GTK. Oui, GNOME était initialement un rejeton du projet KDE.

Cette histoire de licence va passer par plusieurs rebondissements mais prend fin en septembre 2000 avec la 2.2 de Qt, finalement proposée sous licence GPL. Cet accord a été repris tel quel quand Troll Tech a été racheté par Nokia en 2008, puis plus tard quand Qt a été récupéré par Digia, devenue depuis The Qt Company.

De KDE 1 à KDE 3, les jeunes années

La toute première version de KDE apparaît le 12 juillet 1998. Il se sera donc écoulé moins de deux ans entre le message de Matthias Ettrich et cette version. KDE 1.0 est davantage une preuve de concept qu’un environnement complet et il faut attendre KDE 2.0 le 23 octobre 2000 pour que les choses sérieuses commencent.


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Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

Le poison X
Paris dénonce une guerre informationnelle contre l’Europe et vise Elon Musk

Les « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk » ont été dénoncées par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans un discours offensif contre les tentatives d’ingérence étrangère dans le débat démocratique en Europe.

La démocratie est « contagieuse » et les régimes autoritaires la redoutent « comme un virus mortel », a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot durant le discours de clôture d’un forum organisé par l’OCDE. Rien n’inquiète plus les régimes autoritaires que la propagation de la démocratie chez eux, assure le ministre. « C’est pourquoi ils font tout pour l’empêcher par la force, le chantage, la désinformation, la manipulation des élections. »

Sur ce dernier front, celui de la désinformation et la manipulation des médias, Jean-Noël Barrot avait plusieurs cartouches à tirer contre « les adversaires de la démocratie » qui « exploitent nos divisions, instrumentalisent l’immigration, la laïcité ou encore le conflit israélo-palestinien pour attiser les haines et les tensions ».

Le soutien assumé de Musk à l’extrême droite

Parmi ces adversaires identifiés : Elon Musk. Le ministre dénonce des « campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk contre des dirigeants européens pour peser sur les débats nationaux en exploitant la viralité de son réseau social ». Le soutien de Donald Trump a déjà fait connaitre sa préférence pour l’élection présidentielle de 2027 : Marine Le Pen. La candidate du RN est qualifiée de « dernier espoir pour la France ».

Ce n’est pas la première fois que Musk offre publiquement son soutien à l’extrême droite et aux mouvements de déstabilisation de la démocratie. L’AfD allemand en bénéficie aussi, ainsi que les mouvements séparatistes au Canada. Il s’est ainsi prononcé en faveur de l’indépendance des provinces du Québec, de l’Alberta (un référendum sur le sujet sera justement organisé le 19 octobre) et du Saskatchewan.

Pour le journaliste canadien Paris Marx, il ne faut pas nécessairement prendre ce que raconte Elon Musk au pied de la lettre : « [c’est un] troll de droite ayant un problème avec les pays qu’il perçoit comme plus progressistes ou plus à gauche que ses propres opinions politiques », explique-t-il à la CBC. Cela n’empêche pas son réseau social de diffuser très largement la parole extrémiste et la désinformation, ce qui pèse sur les débats nationaux.

Riposte diplomatique contre la désinformation

Jean-Noël Barrot prend aussi pour cible « une entreprise israélienne qui crée de faux comptes français pour mettre en scène des affrontements artificiels sur la question palestinienne », un « groupe azerbaïdjanais qui organise des congrès à Nouméa pour lancer des appels à la révolte en outre-mer et faire circuler des projets de constitution provocants », ou encore « des campagnes insidieuses suggérant que la prochaine élection présidentielle française sera truquée ».

Il prend l’exemple de la « communauté MAGA » qui instrumentalise le mouvement lycéen battant le pavé en ce moment. Donald Trump lui-même a mené cette bataille de la désinformation en affirmant sur son réseau social que « ce qui se passe en France n’est rien d’autre qu’une immigration de masse hors de contrôle », amplifiant ainsi le discours de l’extrême droite française sur le sujet.

Le ministre entend dénoncer « tous les acteurs qui nous attaquent, quels qu’ils soient, que l’on soit compétiteur ou partenaire, pas d’immunité pour ceux qui s’en prennent à la France, à son image, à ses intérêts. » Parmi les dispositifs mis en place par l’État, il cite Viginum, les comptes French Response sur les réseaux sociaux, ou encore l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de la chaîne russe RT France et chroniqueuse pro-Poutine chez Cnews.

Face aux acteurs de la déstabilisation qui « ont recours à des influenceurs rémunérés ou mandatés qui exploitent la viralité offerte par les plateformes numériques », le quai d’Orsay oppose « une force de frappe informationnelle » s’appuyant sur « 400 acteurs de terrain de notre réseau diplomatique, première ligne de la guerre informationnelle ». Il y a également Canal France International qui forme chaque année « des milliers de journalistes à faire leur métier de manière autonome ».

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Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

Une ambition affichée qui fait pshitt
Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

L’Agence nationale de la recherche, pilier de la politique de financement scientifique de la France sous la présidence d’Emmanuel Macron, « se situe à un point critique », selon la Cour des comptes. Son budget décroche depuis la loi de programmation de la recherche votée en 2020. L’institution prévoit qu’il devienne « insoutenable » entre 2028 et 2029 sans mesure corrective.

Le rôle de l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui a maintenant 20 ans, a été boosté par la loi de programmation de la recherche (LPR) en 2020. Mais la Cour des comptes constate que son budget ne suit pas les prévisions. La juridiction administrative constate que « son budget sera insoutenable d’ici la fin de l’année 2028 » si rien n’est fait. Le projet de loi 2027 présenté par le gouvernement ne va pas dans ce sens puisqu’il prévoit même une petite baisse du budget de l’ANR.

La loi de 2020 avait notamment été soutenue par le PDG du CNRS de l’époque, Antoine Petit, qui voulait une loi « ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne ». De son côté, le Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), lui, préconisait le financement récurrent des laboratoires. En consacrant le financement par projets via l’ANR, cette loi a poussé la recherche française vers une sélection des « meilleurs » projets digne du spencérisme (autre nom du « darwinisme social »). Mais l’ambition demandée par l’ancien PDG et affichée dans la loi n’est finalement pas au rendez-vous.

« Une trajectoire budgétaire devenue insoutenable »

C’est dans un rapport publié sur son site le 8 octobre dernier que la Cour des comptes tire le signal d’alarme. Titré « L’ANR, une trajectoire budgétaire devenue insoutenable, une réponse indispensable de l’État », ce document met le gouvernement devant un constat implacable. Alors que le budget de l’ANR devait être l’outil financier central d’une augmentation du financement de la recherche de la loi votée en 2020, sa trajectoire « décroche » par rapport à celle prévue par cette loi. Et ce depuis deux ans : « la croissance des engagements de l’ANR portée depuis 2021 par la LPR a connu un arrêt à partir de 2024 », constate la Cour.


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Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

Branle-bas bancaire
Les banques sommées par les régulateurs de se préparer aux cyberattaques IA

Les banques centrales s’inquiètent du rôle de plus en plus important joué par l’IA et les agents dans la gestion des établissements financiers. Des cyberattaques dopées à l’IA pourraient faire tanguer des services bancaires critiques et fragiliser les marchés financiers.

Branle-bas de combat chez les plus grands régulateurs financiers de la planète. La Banque centrale européenne (BCE) a ainsi donné jusqu’à la fin du mois aux banques du vieux continent pour produire des plans de résistance aux cyberattaques rendues possibles (ou amplifiées) par l’IA, selon des informations de Reuters.

La BCE exige des plans de crise

Les banques européennes doivent être en mesure de désactiver puis de redémarrer leurs systèmes de manière contrôlée, d’améliorer leurs dispositifs de sauvegarde et de reprise de l’activité après un incident, et de cartographier les prestataires tiers pour identifier les dépendances stratégiques. Francfort veut également que les banques européennes renforcent leur préparation face à des attaques menées par l’IA – l’idée étant que la reprise rapide est aussi importante que la prévention.

Les inquiétudes sont similaires de l’autre côté de la Manche. La Banque d’Angleterre a demandé aux grands représentants du secteur d’examiner leurs plans de reprise, de prévoir des systèmes de secours indépendants capables de redémarrer en cas de compromission des systèmes principaux, et d’utiliser l’IA de frontière pour repérer les vulnérabilités et d’accélérer le développement et la mise en œuvre des correctifs. Dans l’immédiat, le régulateur britannique ne veut pas produire de nouvelles exigences techniques, il préfère favoriser la collaboration.

Enfin, l’agence de presse rapporte qu’aux États-Unis, la Fed a demandé aux banques du pays de remonter leur usage des modèles d’IA, leur recours éventuel à des modèles chinois, leur utilisation d’agents IA dans la sécurité des systèmes et les limites imposées à ces mêmes agents, et leur capacité à surveiller des systèmes de plus en plus autonomes. Le régulateur américain réclame surtout de l’information, sans dire quoi faire aux banques pour le moment.

La prévention ne suffit plus

Les banques centrales craignent que l’IA rende les attaques informatiques contre le système financier plus rapides et plus difficiles à contenir. Par ailleurs, comme beaucoup d’autres entreprises, les banques adoptent cette technologie, parfois plus vite qu’elles ne mettent en place les contrôles et les garde-fous indispensables. Des agents IA peu ou pas supervisés, ou agissant de manière autonome, pourraient mettre un sacré souk dans l’édifice sécuritaire autour de l’IA dans le secteur bancaire.

Toutes ces précautions représentent un coût certain pour la maintenance des systèmes, mais elles n’en sont pas moins nécessaires pour éviter une catastrophe. Et, si cela devait malgré tout arriver, les banques doivent tenir le choc et pouvoir relancer les services essentiels.

Ces craintes ne sont pas que des vues de l’esprit. Depuis des mois, OpenAI et Anthropic tirent la sonnette d’alarme sur la dangerosité de leurs propres agents. Un discours de peur bien pratique pour faire mousser leurs futures valorisations boursières, mais qui repose aussi sur de vraies attaques d’agents contre des infrastructures et des sites web.

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