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☕️ Apple et NVIDIA ouvrent grand le chéquier pour la salle de bal de Donald Trump



Les grandes entreprises américaines ont bien compris le fonctionnement de l’administration Trump : pour obtenir des faveurs du maître de Washington, il faut signer de gros chèques. Plusieurs d’entre elles se sont ainsi montrées très généreuses pour financer la construction de la fameuse salle de bal attenante à la Maison-Blanche.

Une enquête du Washington Post liste les donateurs pour ce projet cher à Donald Trump. Dans la tech, Apple et NVIDIA sont en tête avec 25 millions de dollars chacune, suivi par Google (22 millions, de l’argent qui provient d’un accord à l’amiable pour un procès intenté par Trump à YouTube), Microsoft et Palantir (10 millions par tête de pipe), Amazon, Cisco et Meta avec 5 millions chacune. Les entreprises du secteur sont les donateurs les plus importants, avec un total de 126,1 millions de dollars.

La salle de bal doit accueillir 1 000 convives. Elle sera dotée d’un complexe souterrain sécurisé et d’équipements pour accueillir des drones et des personnels militaires sur le toit. © Maison-Blanche, CC BY 3.0

Le Post a recensé 67 donations de plus de 10 000 dollars, pour un total de 333 millions. Donald Trump avait promis de donner de sa poche, mais il n’y a aucune trace de don de la part du président américain. « C’est entièrement payé par moi et quelques-uns de mes amis », avait-il pourtant déclaré l’an dernier, quelques jours après la démolition de l’aile Est de la Maison-Blanche.

Une déclaration doublement mensongère : non seulement il n’aurait rien donné du tout, mais une partie des coûts de construction sera payée par les contribuables américains. Le budget estimé pour la salle de bal se monte en effet à 600 millions. Les dons sont collectés par un trust qui verse l’argent au gouvernement et dans un compte de la Maison-Blanche contrôlé directement par Donald Trump, selon le Post.

L’absence de transparence sur les donateurs et l’opacité entourant la gestion des fonds soulèvent des questions de conflits d’intérêts, voire de corruption. Un porte-parole a refusé de commenter les dons individuels, préférant saluer « un large éventail de grandes entreprises américaines et de généreux particuliers, qui contribuent tous à améliorer la Maison du peuple pour les générations à venir ». Il ajoute à l’attention des critiques qu’ils se « plaindraient aussi si les contribuables américains devaient payer la facture de ces rénovations attendues depuis trop longtemps ».

Menaçant, il ajoute que l’administration « poursuivra sans relâche les responsables de cette fuite lâche, tout en continuant à protéger tous les donateurs ». NVIDIA, dont l’activité de puces IA en Chine est étroitement liée aux autorisations d’exportations américaines, a affirmé que son soutien était « indépendant de tout intérêt commercial ». Les autres entreprises citées n’ont pas voulu commenter. La salle de bal doit ouvrir ses portes en septembre 2028, deux mois avant la prochaine élection présidentielle américaine.

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Google Discover a recommandé 26 000 articles d’un serial spammeur avant de le blacklister

Si votre ramage se rapporte à votre plumage...
Google Discover a recommandé 26 000 articles d’un serial spammeur avant de le blacklister

Le plus prolifique des éditeurs de sites d’infos générés par IA est de retour. Blacklisté l’an passé, après avoir spammé Discover, l’algorithme de recommandation de contenus de Google, de milliers d’articles et de fake news, trois de ses sites ont capté jusqu’à 4 % du trafic début octobre, publiant à lui tout seul 26 000 articles, contre 34 000 pour tout Ouest France, qui emploie plus de 700 journalistes.

Article mis à jour le 17 octobre à 10h30 avec des précisions de l’APIG sur la différence entre « clics » et « visites ».

La semaine passée, on apprenait que la fréquentation des principaux sites d’informations avait chuté de près de 25 % en un an. Cette chute serait en partie due à des modifications effectuées dans l’algorithme de recommandations de contenus Discover de Google.

Principale source de trafic des sites d’information, Discover représentait en effet plus de 60 % du trafic d’un panel de 68 titres de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) en juin 2025. À lui seul, Discover représentait 72 % du trafic en provenance de Google (contre 21 % depuis son moteur de recherche, et 7 % depuis Google Actualités), qui représentait lui-même 70 % du trafic total, contre moins de 8 % seulement en provenance des réseaux sociaux.

L’algorithme Discover de recommandation de contenus de Google est la principale source de trafic de la presse – APIG

Or, d’après 1492.vision, un puissant dashboard d’analyse des contenus recommandés par Discover (qui ne prétend pas à l’exhaustivité, mais dont les chiffres font autorité dans la profession), le pourcentage d’articles émanant de sites d’information identifiés par Next comme étant générés par IA (GenAI) était passé d’un peu plus de 8 % en décembre 2025 à un peu plus de 3 % en avril, oscillant depuis entre 4 et 6 %.

Au mois d’août, le ratio oscillait entre 6 et 7 %, avant d’exploser en septembre, au point de frôler les 12 % début octobre, avant de brusquement retomber à moins de 5 % après que Google ait blacklisté un spammeur.

Début octobre, 12 % des contenus recommandés sur Discover provenaient de sites d’infos GenAI – 1492.vision

Le graphique des performances comparant le ratio entre le nombre d’impressions et le nombre d’articles uniques montre que les sites GenAI sous-performaient les sites « humains » avant que, en juin dernier, ces derniers soient dépassés, et que les articles GenAI ne les surclassent pendant tout l’été et en octobre.

Près de 7 % des URLs, et 8,5 % des hits sur les sites en français en septembre dernier émanaient de 145 sites d’infos générés par IA. Ces derniers ne représentaient pourtant qu’un peu plus de 2,6 % des 5 552 domaines y ayant été recommandés le mois dernier.

Pourcentages de sites GenAI sur Discover en septembre et juin 2026, vs août 2025 – 1492.vision

À titre de comparaison, les 159 sites GenAI recommandés par Discover en juin dernier représentaient un peu moins de 3 % du total des noms de domaine identifiés par 1492.vision, mais seulement 3,32 % des URLs, et 3,69 % des hits. En août 2025, alors que Discover était floodé par des spammers, 1492.vision y dénombrait 357 sites GenAI, représentant 7,59 % du total des sites recommandés, totalisant plus de 9 % des URLs, et plus de 8 % des hits.

Rappelons que nous avons d’ores et déjà publié une cinquantaine d’articles dans le cadre de notre enquête au long cours sur cette pollution de sites d’info générés par IA. Next a aussi développé une extension web (gratuite) pour les navigateurs basés sur Chrome et Firefox, afin d’alerter les personnes qui l’utilisent lorsqu’elles consultent l’un des sites GenAI que nous avons (manuellement) identifiés. Notre base de données en dénombrait un peu plus de 1 000 en février 2025. Elle en dénombre désormais plus de 19 000 (rien qu’en français).

« Google a ré-ouvert les vannes de Discover » aux spammers

« Google a ré-ouvert les vannes de Discover », tweetait 1492.vision la semaine passée, notant que « des spammers sont entrés », et voyaient leurs articles propulsés par Discover. Dans un second tweet, 1492.vision relevait que trois noms de domaine expirés, depuis rachetés par des professionnels du référencement, avaient capté à eux seuls 2 % du flux Discover en septembre, et plus de 4 % la première semaine d’octobre, avant d’être blacklistés.


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Un « VPS » EPYC pour moins de 1 euro par mois : on a testé Stardust de Scaleway

Get ready for IPv6
Un « VPS » EPYC pour moins de 1 euro par mois : on a testé Stardust de Scaleway

Un VPS pour moins de 1 euro par mois avec un cœur AMD EPYC, 1 Go de mémoire vive et 10 Go de stockage avec de bonnes performances ; c’est ce que propose Scaleway avec son Stardust1-S. La disponibilité (SLA) n’est cependant pas garantie. On vous explique, benchmark à l’appui.

Dans le monde du cloud, il existe plusieurs types de machines accessibles aux clients. Les serveurs dédiés tout d’abord, dont le nom est parlant : vous avez l’intégralité de la machine pour votre seul usage. Il y a ensuite les VPS (serveurs privés virtuels), avec une partie des ressources seulement pour vos usages et un paiement souvent au mois.

Enfin, les instances, très proches des VPS mais que l’on pourrait davantage comparer à des Lego avec un paiement à l’usage (souvent à l’heure). Vous avez besoin d’un GPU pour essayer une IA générative pendant 3 h ? Vous ne payez que le temps passé dessus, pas un mois complet, à condition de bien libérer les ressources.

On parle de Lego car une instance est généralement bien plus souple : stockage, réseau et services sont ajustables indépendamment et peuvent même être partagés avec d’autres instances liées à votre compte. Techniquement, une instance avec CPU, mémoire, stockage et réseau qu’on utilise sur une longue période, c’est comme un VPS. Les hébergeurs affichent habituellement le prix à l’heure et le total mensuel pour un usage 24/7.

Stardust : poussière d’EPYC et 1 Go de RAM pour 0,53 euro par mois

Un VPS est livré clés en main, c’est plus facile pour un premier usage. Configurer une instance demande parfois un peu plus de dextérité, sans rien d’insurmontable. Scaleway propose une instance très intéressante dans sa gamme Development : Stardust1-S. Attention, l’hébergeur précise que cette gamme est prévue pour les « charges de travail non critiques : mieux adaptées aux tests et au développement », d’où son nom.

Scaleway ne s’engage pas sur un SLA, ou Service Level Agreement, c’est-à-dire sur la disponibilité de son service. Les deux autres instances CPU de Scaleway (General Purpose et Specialized) ont un SLA jusqu’à 99,5 % (aucun SLA pour Development). Dans la pratique, nous utilisons des instances Stardust depuis plusieurs jours sans aucune coupure jusqu’à maintenant.

Stardust1-S se contente du strict minimum : 1 cœur virtuel, 1 Go de mémoire et 100 Mb/s de bande-passante (mais cela ne concerne que l’upload, nous y reviendrons pendant les tests). Toutefois, la partie CPU est intéressante : un « AMD EPYC 7281 ou équivalent ».

Cette instance est souvent en rupture et, au moment de passer commande pour nos tests, il n’y avait de la disponibilité qu’à Amsterdam et à Varsovie, pas à Paris. Elle est annoncée à 0,00072 euro (TTC) de l’heure, soit environ 0,53 euro par mois (sur la base de 730 h en moyenne).

Pensez à changer le réseau et le stockage

Mais alors pourquoi une fois sélectionné, le résumé affiche 5,04 euros HT par mois ? Parce qu’il y a en plus le stockage et le réseau, que nous allons modifier pour faire baisser la facture à moins de 1 euro TTC par mois.


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French Tech : 71 des 80 start-ups deeptech confient leurs emails à des Américains

Les bras ne m’en tombent pas
French Tech : 71 des 80 start-ups deeptech confient leurs emails à des Américains

Les fournées de lauréats de la French Tech s’enchaînent et se ressemblent malheureusement sur la gestion de leurs emails : 71 startups sur 80 passent par des solutions étatsuniennes. Six sont chez des Français et une seule chez Proton. Cela soulève des questions de souveraineté et de dépendances.

Dans le cadre du programme French Tech 2030, le gouvernement vient d’annoncer « une nouvelle promotion de 80 start-up deeptech pour maîtriser les technologies et les ressources essentielles à notre économie et notre avenir ». Ambition affichée : « inventer et produire en France les technologies qui comptent ».

Huit secteurs d’activité sont mis en avant : intelligence artificielle, spatial, quantique, cybersécurité, robotique, semi-conducteurs, santé, énergie et décarbonation. Dans les 80 DeepTech, 79 % ont des activités à l’étranger et plus encore – 89 % – confient leurs emails à des entreprises étasuniennes (majoritairement Google et Microsoft) ; avec toutes les questions que cela soulève sur la dépendance et la souveraineté.

Pourtant, dans le communiqué de l’annonce, il est indiqué : « Parce que ce sont des entreprises qui développent des technologies hautement stratégiques, la Mission French Tech les sensibilise aux enjeux de souveraineté, de cybersécurité et de propriété intellectuelle et industrielle ».

8 sites seulement en .fr, le .com domine toujours largement

Sur les 80 entreprises lauréates, 79 ont un site web, seul Valmy (dans la catégorie IA) n’en a pas. La French Tech ne semble pas beaucoup s’intéresser à l’extension nationale .fr : 8 sites seulement sont en .fr, contre 48 en .com (géré par l’Américain Verisign). Il y a également 10 sites en .ai, 4 en .io et 3 en .eu. Glimps a décidé d’utiliser un .re, l’extension officielle de La Réunion (gérée par l’Afnic, comme le .fr) alors que l’entreprise est en Bretagne. Soit.

Quoi qu’il en soit, trois entreprises utilisent un domaine en .fr pour leurs emails (ceux identifiés sur leur site pour le contact), alors que leur site principal est en .io ou .com : Evertrust, Inbolt et Shark Robotics. Notez que le site en .fr redirige automatiquement vers le domaine principal.

Le cas inverse existe aussi chez One Biosciences : son site principal est en .fr, mais les emails en .com (et aussi en .fr, les deux sont référencés). U-Space est particulier : le site officiel est u-space.fr, l’adresse de contact contact@u-space.com… mais c’est une erreur, le bon email (indiqué plus bas dans la page) est contact@u-space.fr. Embêtant, d’autant que le domaine u-space.com propose des box de stockage à Kashiwa… au Japon. Nous avons signalé la boulette à l’entreprise.

DeepTech 80 : les emails de 85 % des lauréats chez Google ou Microsoft

Qu’en est-il des enregistrements MX et donc des serveurs par lesquels passent les emails ? Sans aucune surprise, Microsoft et Google dominent plus que largement avec pas moins de 68 entreprises de la sélection DeepTech, soit 85 %.

Les deux géants sont à peu près à 50/50 sur les 68 entreprises.


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La publicité ciblée de ChatGPT peut utiliser prompts, emails et numéros de téléphone

Enlarge your conversation
La publicité ciblée de ChatGPT peut utiliser prompts, emails et numéros de téléphone

La publicité ciblée de ChatGPT disponible aux États-Unis permet à toute personne qui veut lancer une campagne de toucher des personnes en fonction de la conversation en cours, mais aussi de l’e-mail ou du numéro de téléphone de l’utilisateur.

Après avoir proposé un outil gratuit et sans publicité, OpenAI a progressivement mis en place l’affichage de publicités dans ses offres gratuite et Go. Comme d’autres entreprises du numérique, son outil intègre maintenant de la publicité ciblée. Celle-ci (aux États-Unis pour l’instant) est particulièrement précise et peut utiliser des données personnelles.

OpenAI a intégré depuis le début de l’année de la publicité dans son chatbot. D’abord ajoutées aux États-Unis, les pubs sont arrivées en France et en Europe depuis la fin du mois d’aout. De la même façon, l’entreprise a d’abord testé le ciblage des utilisateurs par les publicitaires de l’autre côté de l’Atlantique et, pour l’instant, celui-ci n’est pas encore actif chez nous.

Des publicités qui doivent s’adapter aux prompts des utilisateurs

Ce ciblage est particulièrement fin. Ainsi, si OpenAI assure ne pas partager d’information sur ses utilisateurs aux annonceurs, l’entreprise pousse ces derniers à créer des campagnes publicitaires adaptées à des groupes d’utilisateurs en fonction du contexte, afin qu’elle les cible pour eux. « Les indications contextuelles aident nos systèmes à déterminer quand vos publicités peuvent être pertinentes dans ChatGPT », explique OpenAI aux entreprises qui veulent placer de la publicité dans son chatbot. « Utilisez-les pour fournir des informations supplémentaires sur votre offre, au-delà de ce qui ressort déjà clairement de votre publicité ou de votre page de destination ».

Ainsi, OpenAI pousse les annonceurs à créer plusieurs types de publicité pour toucher au mieux ses utilisateurs : « Par exemple, une entreprise de plomberie peut utiliser des groupes d’annonces distincts pour les réparations d’urgence et l’entretien préventif. Ces deux groupes font la promotion de la même entreprise, mais répondent à des besoins différents de la clientèle ».

404 Media a testé l’outil proposé aux annonceurs en créant deux publicités. Nos confrères expliquent que le formulaire demande : « Décrivez les conversations, les sujets ou les mots-clés dans lesquels vos produits ou services pourraient être pertinents ; ces indications orientent la mise en correspondance, mais ne constituent pas des règles de ciblage par correspondance exacte ».

Utilisation de listes de prospects ou de clients

OpenAI permet aussi aux annonceurs de faire des campagnes en ciblant des listes d’utilisateurs sur lesquels ils ont des informations personnelles. L’entreprise appelle ces listes des « audiences personnalisées » (« custom audiences », en anglais). Ainsi, une page du site de l’entreprise explique : « les audiences personnalisées sont créées à partir de listes de clients ou de prospects à l’aide d’adresses e-mail, de numéros de téléphone, d’adresses e-mail hachées, de numéros de téléphone hachés ou d’identifiants publicitaires Google (GAID) ». Ainsi, les annonceurs peuvent utiliser des listes de numéros de téléphone ou d’e-mails sans même les hasher. Interrogée par 404 Media pour savoir si elle hashait les données qui ne le sont pas, l’entreprise n’a pas répondu mais a précisé que les fichiers de listes étaient supprimés après traitement (normalement dans les 24 h).

Ces listes peuvent être soit des listes noires (où les utilisateurs listés sont exclus du ciblage), soit des listes blanches (où ils sont au contraire inclus). Ces dernières ne peuvent être utilisées que si elles contiennent au moins 25 000 utilisateurs de ChatGPT.

« Le simple fait de figurer sur la liste d’un annonceur ne suffit pas à lui seul à déclencher l’affichage d’une publicité. Les filtres d’inclusion et les ajustements d’enchères par audience nécessitent au moins 25 000 utilisateurs correspondants, et les annonceurs ne peuvent pas voir quelles personnes correspondent ni sélectionner des individus spécifiques au sein d’une audience », explique OpenAI à 404 Media.

Après avoir introduit ses publicités, OpenAI semble vouloir miser dessus pour son business model. Au-delà du ciblage, l’entreprise a annoncé récemment l’introduction d’images publicitaires dans son chatbot. Et comme l’a repéré The Information, l’entreprise est allée débaucher chez ses concurrents des spécialistes du sujet. Ainsi, depuis mars dernier, le responsable du service publicité d’OpenAI est David Dugan, qui a passé 12 ans chez Meta/Facebook. En juillet, Mitch Pilar est parti de chez Google pour rejoindre son équipe et Mark Bambury, ancien de Twitter, est arrivé en septembre dans les locaux d’OpenAI Irlande pour gérer les publicités de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA).

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Le site du parti Les Républicains victime d’un défaçage en règle

Et il reste encore six mois jusqu'au premier tour...
Le site du parti Les Républicains victime d’un défaçage en règle

Le site du parti Les Républicains fait l’objet d’une attaque vendredi matin, avec une intrusion qui semble réussie puisque la page d’accueil a été remplacée par un long manifeste appelant à rejoindre les mobilisations du 17 octobre. Les auteurs de l’attaque affirment avoir mis la main sur des données internes.

Après le Rassemblement national en juillet, c’est au tour du parti Les Républicains de faire l’objet d’une cyberattaque. Vendredi 16 octobre matin, son site, republicains.fr, a été « défacé », c’est-à-dire modifié pour afficher un message de revendication, comme nous l’avons directement constaté.

Un défaçage en musique

« Nous avons rassemblé nos talents de lutte et avons offert un lifting au site officiel du parti « Les Républicains » ! Ceci est un APPEL à rejoindre les mobilisations du 17 octobre pour révolutionner la France et le monde. Faisons monter le rapport de force ! », affichait l’introduction de la page d’accueil piratée, accompagnée du thème musical « Drums of revolution » de One Piece.

Extrait de la page d’accueil modifiée de republicains.fr vendredi 16 octobre vers 11h30 – capture d’écran Next

L’attaque n’a pas été signée, mais outre des termes orduriers adressés aux Républicains, la page mise en ligne s’accompagne d’une liste de ressources « nécessaires à mener de front la révolution harmonieuse dont Paname et le monde qu’elle influence ont grand besoin », le tout présenté comme une démarche visant à concourir à « un monde antifasciste, anticapitaliste, queerféministe, antiraciste, antivalidiste et écoconscient ».

L’attaque semble avoir été lancée aux alentours de 11 heures, et la page d’accueil modifiée (voir sauvegarde, avec les images) est restée en ligne jusqu’aux alentours de 11h45, moment à partir duquel le parti (ou son prestataire) a temporairement réussi à restaurer la page d’accueil légitime. Une bataille technique semble toutefois toujours se jouer en coulisses : vers 12h30, heure de publication de cet article, l’accueil du site republicains.fr affichait par intermittence une page renvoyant vers la sauvegarde de la revendication.

Des traces de l’attaque subsistaient toujours en page d’accueil à 12h30 – capture d’écran Next

Vol de données ?

Dans leur communication, les attaquants affirment avoir profité de leur accès pour mettre la main sur des informations internes, émanant potentiellement de la base de données du site (hébergé sous WordPress) :

« Nous avons volé toutes les données de votre site et de vos membres ainsi que tous vos échanges internes et messages privés. Si vous ne répondez pas sérieusement aux revendications des personnes mobilisées dans la rue, ou que vous supprimez notre appel de votre site avant le 20 octobre, nous enverrons une copie de vos données à tous les journalistes et médias d’investigation qui se feront un plaisir de vous démarrer – notamment durant toute cette période électorale. »

Cette attaque, au sujet de laquelle le parti Les Républicains ne s’est pas encore exprimé, intervient dans le contexte doublement explosif du mouvement lycéen et des mobilisations sociales prévues ce samedi 17 octobre, mais aussi de la campagne désormais bien lancée en vue de l’élection présidentielle de 2027. Le 9 octobre dernier, le site dédié au vote de la primaire socialiste démocratique avait déjà fait l’objet d’une tentative d’attaque par déni de service.

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☕️ Sync-in 2.6 intègre l’éditeur de diagramme draw.io



Sync-in est un projet libre de stockage, synchronisation et collaboration autour des fichiers. Son développeur principal, Johan Legrand, nous avait expliqué en octobre 2025 sa volonté de proposer une solution simple pour synchroniser et gérer des fichiers, avec un aspect collaboratif. Sync-in s’installe sur un serveur et permet la gestion des fichiers, l’utilisation d’une suite bureautique et fournit une gestion fine des autorisations.

La nouvelle mouture 2.6 intègre désormais draw.io pour la création et l’édition des diagrammes. L’installation peut se faire via le service Docker fourni ou une instance draw.io externe. La fonction prend en charge les fichiers VSDX et Gliffy, qui peuvent être importés et convertis au format .drawio.

Draw.io dans Sync-in

Cette version apporte également des améliorations diverses, dont une visionneuse d’images modernisée, un mode galerie pour parcourir les images d’un dossier, la réunion du filtrage local et de la recherche globale dans la barre de navigation, des préférences utilisateur persistantes (enregistrées au niveau du compte), ou encore la possibilité pour la synchronisation d’ignorer les suppressions.

Sync-in propose en outre des améliorations de performances. La consommation mémoire se veut ainsi réduite d’environ 10 % et les vérifications de la base de données sont plus rapides. Côté sécurité, on note une protection harmonisée pour les services sensibles, dont l’authentification, la synchronisation et les liens publics.

Comme les versions précédentes, Sync-in 2.6 peut être récupéré en paquet NPM ou en image Docker. Les clients desktop (Windows, Mac, Linux, CLI) recevront prochainement une version 2.3 pour tenir compte des nouveautés introduites.

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Microsoft l’assure, son Windows 11 évolue dans le bon sens

Promis, juré, crashé
Microsoft l’assure, son Windows 11 évolue dans le bon sens

Après de multiples annonces au printemps, Windows 11 a reçu ces derniers mois bon nombre d’améliorations diverses, nouvelles fonctions et autres corrections. Dans un billet faisant le point, Microsoft cherche à convaincre : les choses seraient bel et bien en train de changer.

Windows 11 se retrouve coincé à un carrefour peu enviable. D’un côté, une mauvaise réputation venant d’un manque de nouveautés à sa sortie et d’exigences strictes sur le matériel. D’un autre, le sentiment d’une mise à jour forcée après la mise à la retraite de Windows 10, même si l’Europe bénéficie d’une situation un peu moins précaire. D’un autre côté encore, des interrogations croissantes sur sa pertinence à une époque où Linux n’a plus grand-chose à lui envier pour les jeux vidéo et où le foisonnement logiciel explose via le vibe coding.

Microsoft fait un point d’étape

Dans un billet publié ce 15 octobre, Microsoft commence par mettre en avant les performances. L’éditeur l’affirme : l’ensemble du système se veut jusqu’à 20 % plus réactif, « avec des améliorations que vous pouvez ressentir dès le démarrage de votre PC et s’étendant à Démarrer, Explorateur de fichiers, Recherche, Outil de coupe, Microsoft 365, Edge et plus encore ».

L’entreprise explique qu’une bonne partie de ce travail vient d’une utilisation plus « intelligente » de la mémoire et des ressources du système. L’impact est variable selon les configurations, mais la différence se ressentirait le plus sur les systèmes équipés de 8 Go de mémoire seulement.

La firme précise que dans ce cas, Windows 11 peut garder en mémoire jusqu’à 2 Go supplémentaires de « données actives » au lieu de les déplacer vers un stockage plus lent (le swap). D’autres travaux ont été entrepris, comme un chargement en mémoire des widgets uniquement quand ils sont ouverts, économisant 200 Mo.

Microsoft braque les projecteurs sur de vastes travaux en cours qui commencent à donner leurs fruits sur les usages quotidiens. Par exemple, un fonctionnement plus fiable des casques Bluetooth, notamment sur l’appairage et la reconnexion. L’éditeur mentionne spécifiquement les AirPods, dont l’appairage peut être compliqué et qui se fait jusqu’à 15 secondes plus vite (donnant une idée du problème initial).

Outre une connexion plus rapide via Windows Hello, Microsoft cite aussi le travail en cours sur la qualité générale des pilotes tiers via sa Driver Quality Initiative. Dans ce sens, l’entreprise confirme ce qu’elle avait déjà dit cet été.

Nouvelle recherche, nouvelle application Photos


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VPS à moins de 5 € par mois : notre comparatif d’une dizaine d’offres européennes

Envie d’avoir Votre Petit Serveur ?
VPS à moins de 5 € par mois : notre comparatif d’une dizaine d’offres européennes

Dans la jungle des fournisseurs, il n’est pas toujours facile de trouver le bon VPS, celui adapté à vos besoins et usages. Next vous propose un comparatif des modèles d’entrée de gamme, à 5 euros ou moins. Il y a déjà une dizaine d’offres, avec des caractéristiques bien différentes. Par la suite, nous comparerons une quarantaine de VPS à moins de 10 euros par mois.

Sur Next, nous avons déjà publié plusieurs tutos pour reprendre la gestion de vos données à l’aide d’un VPS. C’est un serveur privé virtuel, un petit « morceau » de serveur réservé à votre usage, dont il est possible d’augmenter ou de diminuer les performances en fonction des besoins.

Nous avons commencé par auto-héberger le gestionnaire de mots de passe Vaultwarden, puis installé un VPN avec WireGuard et un lecteur de flux RSS maison, avec Wallabag en bonus. La sécurité est importante, et nous ne l’avons pas laissée de côté.

Au début de l’année, nous avions comparé et testé des VPS à moins de cinq euros. Depuis, des hausses successives – imputées à la pénurie des puces de mémoire – ont été annoncées par les hébergeurs européens. Faire un nouveau tour d’horizon est donc nécessaire, tout en élargissant un peu nos chakras à d’autres fournisseurs de service. Ils sont tous français ou européens, avec des datacenters au sein de l’Europe, et même de l’Union européenne (à l’exception d’Infomaniak, en Suisse).

Dans la première partie de ce dossier, nous allons de nouveau nous concentrer sur les serveurs virtuels à moins de 5 euros par mois. Nous pousserons à 10 euros dans la seconde partie de notre dossier, avec un descriptif des points à savoir de chaque fournisseur.

Quoi qu’il en soit, pour moins de 5 euros, il ne faut pas attendre des foudres de guerre, mais on peut avoir entre 1 et 2 vCore. Ce sont des cœurs virtuels, rattachés aux cœurs physiques (avec ou sans hyperthreading) du processeur installé dans le serveur. Pour moins de 5 euros, vous avez généralement 1 ou 2 Go de mémoire vive, parfois 4 Go. Côté stockage, quelques dizaines de Go ; mais un VPS se démarque avec 200 Go de stockage… Attention par contre aux caractéristiques techniques.

Un VPS dès 1,62 euro par mois !

Nous avons une dizaine de possibilités, avec un tarif plancher à 2,22 euros et même moins de deux euros si vous êtes prêt à lâcher IPv4 pour ne passer qu’en IPv6. Commençons par un tableau récapitulatif de la petite dizaine d’offres du moment :


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Pour le patron des caméras Flock, la vie privée passe après la sécurité

Souriez, vous êtes suivi
Pour le patron des caméras Flock, la vie privée passe après la sécurité

Le patron de Flock ne veut pas freiner le progrès pour des considérations de vie privée. Face aux critiques sur son réseau de surveillance vidéo, Garrett Langley évoque les bénéfices pour la sécurité et rappelle à ses détracteurs qu’ils pourraient, eux aussi, devenir victimes d’un crime.

On peut bien sacrifier un peu de vie privée en échange d’une baisse de la criminalité. C’est en substance le message de Garrett Langley, fondateur et directeur général de Flock, l’entreprise qui fabrique et opère les caméras du même nom.

Elle est devenue la marque la plus détestée aux États-Unis, où le réseau de 130 000 caméras collecte les plaques, mais aussi la marque, le modèle et les signes distinctifs des véhicules qui passent devant ses objectifs. Ce qui alimente en retour des bases de données de surveillance de tous les automobilistes.

« Si nous voulons vivre dans une société où les personnes qui commettent un crime ont davantage de chance de devoir répondre de leurs actes, nous ne devrions pas freiner le progrès », a-t-il déclaré durant une table ronde à Disrupt 2026, un événement organisé par TechCrunch. Le déploiement de la surveillance deviendrait donc synonyme de progrès ; la contestation se transformerait en obstacle à une société plus sûre.

Il a invité les opposants à Flock et son réseau vidéo à s’imaginer victimes d’un crime : « Nous avons évidemment commis notre lot d’erreurs, et certaines personnes désapprouvent ce que nous faisons, mais cela en vaut la peine, parce qu’un jour, elles pourraient elles-mêmes être victimes d’un crime », affirme-t-il.

Un compromis et des garde-fous à géométrie variable

Cet appel à la peur ne répond pas aux objections sur les conditions d’accès aux données – des policiers en auraient un usage plutôt libéral – ou sur les moyens d’empêcher leur détournement. Ces critiques seraient « le prix à payer » lorsqu’on bâtit une entreprise ayant un tel impact : « je pense que cela en vaut la peine, parce que des millions et des millions de personnes vivent mieux aujourd’hui grâce à Flock. » Les bénéfices revendiqués pour le plus grand nombre suffiraient à relativiser les abus reconnus par le dirigeant.

Ce message n’est pas nouveau chez Garrett Langley. Déjà fin août, il laissait entendre qu’il fallait accepter un compromis sur la vie privée, au bénéfice de la sécurité. Sur Fox News, le dirigeant avait expliqué que « quand les gens ne parlent que de l’un de ces deux enjeux, la vie privée ou la sécurité, ils se trompent de priorité. Ce que nous devons privilégier en tant que pays, c’est le compromis ».

Devant la controverse provoquée par ses caméras, l’entreprise a annoncé en août plusieurs mesures. À compter du 1ᵉʳ janvier, les forces de l’ordre souhaitant exploiter des données Flock devront utiliser un outil d’examen conçu pour signaler une activité anormale. Une fois celle-ci détectée par le système, l’accès de l’utilisateur sera bloqué en attendant le résultat de l’audit.

La durée de stockage des données va être ramenée à 7 jours au lieu de 30 jours. Les services de police devront saisir un code issu de leur système de gestion des dossiers avant de pouvoir lancer une recherche.

Les clients auront également la possibilité de limiter les catégories d’infractions pour lesquelles des services extérieurs pourront effectuer des recherches. Une ville A pourra refuser à une ville B de faire une recherche liée à l’application des lois sur l’immigration, par exemple.

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Pour Linus Torvalds, le code généré par IA est légitime, à condition de savoir le lire

Les choses sont « dites »
Pour Linus Torvalds, le code généré par IA est légitime, à condition de savoir le lire

Le débat secoue la communauté du libre depuis des mois : faut-il accepter le code généré par IA ? Pour certains, c’est une trahison de l’esprit même du libre. Pour d’autres, ce n’est pas un problème. Pour Linus Torvalds, il n’y a vraiment aucun problème, mais à une condition. Au point de se mettre une nouvelle fois en colère.

La question de savoir si le code généré par IA doit être accepté dans le noyau Linux semble être tranchée depuis un moment. Mais, le débat a évolué il y a bientôt 18 mois : le code généré par IA doit-il recevoir un marquage spécial ?

La question a été officiellement posée par Sash Levin en juillet 2025, comme le relevait alors Phoronix. Développeur travaillant chez NVIDIA et co-mainteneur des versions LTS (Long Term Support) du noyau, il avait proposé que les contributions au code générées par des LLM soient marquées d’un label « Co-developed-by ». Avec le temps, cette proposition évoluera en « Assisted-by ».

Dans un premier temps, cette proposition va plaire, au point d’être adoptée au Maintainers Summit 2025 en fin d’année dernière. À ce moment déjà, Linus Torvalds doutait déjà du bien-fondé de l’approche. Dans les mois qui suivent, un document coding-assistants.rst entre dans le noyau 7.0 pour formaliser ce qui est alors considéré comme une bonne pratique.

L’usage raisonné à grands coups de marteau

Les positions du père de Linux vont retentir plusieurs fois en 2026. Dès janvier, il s’oppose à ce que la documentation du noyau prenne parti. Sans jamais vraiment le dire, il milite alors pour un usage « raisonné » de l’IA. En mai par exemple, il tempête contre les trop nombreux rapports de bugs produits par les outils automatiques. Une critique désormais courante, portée notamment par l’équipe de FFmpeg qui fustigeait les LLM utilisés à la va-vite pour générer des rapports de bugs de faible qualité (le fameux slop, ou « bouillie »).

Deux mois plus tard éclate un débat autour de Sashiko, un service centralisé proposé par Google pour surveiller automatiquement la mailing-list du noyau (entre autres) pour publier ensuite des reviews de code de manière automatisée. Linus Torvalds intervient alors pour indiquer que le consensus général des mainteneurs du noyau est que l’IA est utile quand elle est utilisée correctement. Il ne souhaite pas que les rapports générés soient rejetés en bloc, tout en soulignant les améliorations nécessaires.

Le cas du noyau Linux 7.3

Depuis, sa position s’est encore affirmée, notamment à travers la gestation du noyau Linux 7.3. Les Release Candidates 6 et 7 sont devenues une « nouvelle normalité », car au lieu de ne corriger que quelques bugs – ce qui est traditionnellement le cas à ce stade du développement –, elles en corrigent des centaines.

Jonathan Corbet (LWN.net) a ainsi fait un compte-rendu du dernier Maintainers Summit qui s’est tenu le 8 octobre à Prague. Selon lui, le noyau 7.3 comporte actuellement 18 533 changements. Sur cet ensemble, 10 % des correctifs portent la mention « Assisted-by », mais il ajoute : « Le nombre réel de correctifs assistés par LLM est sûrement bien plus élevé ».

Il rapporte également la prise de parole de Linus Torvalds : blâmer les LLM au sein de la communauté est contre-productif car le problème se concentre sur les utilisateurs qui ne savent comment les utiliser, ou même comment fonctionne le noyau. « Torvalds et d’autres ont répété que les contributions de faible qualité venaient de nouveaux développeurs et qu’elles devraient recevoir une faible priorité, la communauté devrait arrêter d’essayer de rendre la contribution facile. De nombreux développeurs ont déclaré, à plusieurs reprises qu’ils essayaient de les mentorer mais que c’était presque toujours une perte de temps ; ils n’écoutent pas », rapporte sévèrement Jonathan Corbet.

Linus Torvalds se fâche (encore)

Au sommet de Pragues, les mainteneurs du noyau ont convenu que l’étiquette était désormais obsolète. Cependant, le développeur Laurent Pinchart s’y est opposé. Dans un message daté du 13 octobre, il refuse que l’étiquette soit supprimée tant qu’un mécanisme de remplacement n’a pas été mis en place. Il soutient qu’une règle sert à fixer les attentes, même si certains la contournent.

La réponse de Torvalds, dans la nuit du 13 au 14 octobre, est salée.

« Je ne comprends pas toute cette idée idiote du « n’utilisez pas l’IA pour X ». Voici une nouvelle règle rien que pour vous : n’utilisez aucun compilateur pour vos contributions au noyau. Parce que si vous ne pouvez pas démontrer que vous comprenez réellement ce que fait la machine en écrivant votre code en assembleur, alors je ne veux pas voir votre contribution. Vous n’êtes manifestement pas compétent si vous ne savez pas l’écrire ainsi.

Et au fait, vous feriez mieux de ne pas utiliser non plus d’éditeur pour rédiger ce message de validation. Parce que j’ai besoin que vous me montriez que vous savez réellement écrire un bon message de validation sans outils qui permettent de revenir en arrière facilement et de masquer les erreurs commises en tapant. D’accord ? Parce que, sinon, vos validations assistées par des outils ne montrent clairement pas que vous savez ce que vous faites.

Ne voyez-vous pas à quel point ce genre de règles serait ABSOLUMENT STUPIDE ?

Alors non. Nous n’allons pas établir de règles stupides qui disent « vous ne pouvez pas utiliser d’outils pour X ». Ce que j’attends moi, c’est que les gens fassent de leur mieux, et j’attends d’eux qu’ils comprennent ce qu’ils font. Mais cette compréhension a très peu de rapport avec les outils qu’ils utilisent.

Et, très honnêtement, d’après mon expérience, les personnes que je respecte et que je juge intelligentes ne sont pas celles qui rechignent à utiliser des outils nouveaux et intéressants. »

Aujourd’hui, un nombre croissant accepte les contributions générées par LLM. Dernièrement, le cas le plus visible a été le projet Debian, qui a adopté un consensus que l’on trouve dans plusieurs autres projets, dont Fedora, LLVM ou même Firefox : les contributions sont acceptées à condition que les personnes qui les émettent soient capables de les relire, de les comprendre et de les expliquer.

D’autres projets, comme Gentoo, NetBSD, Zig ou Krita refusent explicitement ce type de contribution ou ont mis en place un moratoire sur cet usage. Enfin, beaucoup ne sont pas encore officiellement positionnés, à l’instar du projet KDE, qui vient de fêter ses 30 ans.

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Avec Muse Spark Open, Meta ouvre les poids et se rapproche d’Apple

Poids ouverts pour le poids lourd
Avec Muse Spark Open, Meta ouvre les poids et se rapproche d’Apple

Avec Muse Spark Open, Meta revient à ses premières amours, c’est à dire les modèles IA à poids ouverts. Et pour faire tourner ce poids lourd en local, l’entreprise s’est trouvé un partenaire inattendu : Apple.

Avec son ancienne famille de modèles Llama, Meta pensait avoir trouvé la botte secrète face aux LLM propriétaires d’OpenAI, d’Anthropic ou de Google : des modèles à poids ouverts, autrement dit qu’il est possible de télécharger et d’exploiter en local (sous certaines conditions). Patatras : la version 4 des modèles Llama livrée en avril 2025 a été entachée par des accusations de manipulation de benchmarks.

Derrière les modèles chinois

Piqué au vif, Mark Zuckerberg a décidé de tout remettre à plat et de créer de toutes pièces un nouveau labo dont les membres ont été débauchés à prix d’or partout dans la Silicon Valley et au-delà. Les premiers résultats sont apparus un an plus tard avec Muse Spark, un modèle… fermé.

L’idée des poids ouverts n’était cependant pas perdue. Alors que le débat autour des modèles ouverts battait son plein cet été, Meta livrait Muse Glimmer, un modèle déjà conséquent de 30 milliards de paramètres assorti d’une licence open source permissive (Apache 2.0). L’entreprise en rajoute une couche avec Muse Spark Open, « le modèle à poids ouverts américain le plus capable ».

Muse Spark Open est un modèle multimodal de 816 milliards de paramètres (42 milliards actifs pour chaque token utilisé selon une architecture Mixture of Experts) avec une fenêtre de contexte de 1 million de tokens, autrement dit la quantité d’informations qu’il peut prendre en compte durant une interaction. C’est désormais courant pour les modèles frontières, y compris Muse Wonder. Spark Open accepte du texte, des images, de la vidéo et de l’audio en entrée, mais il ne génère que du texte.

Meta présente Spark Open comme « conçu pour la programmation et les tâches agentiques », avec une prédilection pour « les travaux de longue haleine, le développement logiciel complexe et le raisonnement en plusieurs étapes. » Face à des modèles à poids ouverts concurrents, il figure en tête dans deux des trois benchmarks sur les tâches agentiques (JobBench et MCP-Atlas). Sur GDPval-AA v2 en revanche, il est dépassé par trois modèles chinois et Mistral Large 4.

Image : Meta

En matière de programmation, Spark Open n’occupe aucune première place du podium : il est derrière quatre rivaux sur Terminal-Bench 2.1, et il se trouve dans la moyenne sur DeepSWE. Le modèle affiche de bons résultats sur les tests de connaissances et de raisonnement, et il se montre solide sur le multimodal. En tout, sur onze benchs, Meta décroche six premières places. Il manque également au tableau ses comparaisons avec les modèles fermés d’OpenAI et d’Anthropic.

Deux Mac Studio pour un modèle poids lourd

Le modèle donnera la pleine mesure de son talent sur le Mac Studio avec puce M5 Ultra, et même deux. Meta et Apple ont en effet travaillé ensemble pour que Spark Open exploite à plein le GPU intégré au silicium Apple, sa mémoire unifiée et la bande passante de la puce (jusqu’à 1,2 To/s).

Connecter deux Mac Studio dotés de 512 Go de mémoire permet de répartir le modèle entre les deux machines, qui disposent ainsi d’un téraoctet de mémoire au total : les 816 milliards de paramètres , stockés dans une version quantifiée en 4 bits, restent ainsi disponibles en mémoire (même si 42 milliards sont réellement mobilisés pour chaque token traité).

On parle d’une configuration qui devrait aisément dépasser les 30 000 euros pour deux Mac Studio M5 Ultra, Apple n’ayant pas encore annoncé le prix de l’option mémoire de 512 Go… Et Meta a indiqué qu’on pouvait même monter à quatre Mac Studio. Le tout est réalisable grâce à MLX, un framework d’Apple qui répartit l’exécution de modèles à poids ouverts entre plusieurs Mac reliés en Thunderbolt 5.

La haine recuite entre les deux entreprises est oubliée : l’IA rapproche donc même les pires ennemis ! « On est ravis que papa et maman s’entendent à nouveau », s’est amusé Alexandr Wang, le patron de l’IA chez Meta, auprès d’Axios. Les deux entreprises ont bûché pendant plusieurs mois pour cette annonce, mais cela ne les empêchera pas de conserver leur rivalité sur d’autres terrains. « Quand il est pertinent de collaborer et de nouer des partenariats, nous voulons pouvoir le faire », ajoute le dirigeant.

Les poids de Muse Spark Open sont disponibles sur Hugging Face. La licence Muse Model n’est pas aussi permissive que celle de Glimmer, même s’il est autorisé de modifier le modèle, de le distiller, de le redistribuer et même d’en vendre des copies sous réserve de respecter la licence et d’afficher une attribution. Certains usages militaires, la création de logiciels malveillants et le contournement des restrictions ou mesures de sécurité sont prohibés. Meta ne revendique aucun droit de propriété sur les sorties du modèle.

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mVPN : Free renforce ses « protections » et ajoute six destinations

Et sinon, l’IPv6 c’est pour quand ?
mVPN : Free renforce ses « protections » et ajoute six destinations

Free Mobile propose six nouvelles destinations avec son VPN, dont des sorties en Asie et en Amériques. mVPN permet aussi d’ajouter deux niveaux de « protection », qui passent par des DNS personnalisés basés « sur des listes de domaines identifiés comme dangereux ou relevant des catégories » comme des sites malveillants, frauduleux ou pour adultes.

En septembre de l’année dernière, Free ajoutait un VPN à ses forfaits mobiles : mVPN. Il ne proposait que deux points de sortie – en Italie ou aux Pays-Bas –, avec ou sans protection contre des sites malveillants. Cette « protection » était en lien direct avec le DNS, et passait plus particulièrement par le service DNS4EU. L’analyse du fonctionnement mVPN nous permettait en effet de remonter aux adresses IP des serveurs de DNS4EU pour la partie DNS.

Free Mobile annonce aujourd’hui du nouveau pour son VPN maison : « un filtrage des sites malveillants et des contenus pour adultes, le choix entre huit pays de connexion et un accès simplifié depuis l’app Free ». Dans le premier cas, il s’agit de proposer trois niveaux de protection. Dans le second, cela permet de sortir de l’Union européenne et d’aller au Brésil, au Canada, aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et en Suisse.

Next en vadrouille dans 8 pays, le résolveur DNS nous suit

Nous avons testé les différents points de sortie du réseau de Free Mobile lorsque mVPN est activé. Aux Pays-Bas, comme l’année dernière, c’est via le réseau de Scaleway que nous arrivons sur Internet. Pour l’Italie, c’est le réseau de Scaleway aussi. Dans les deux cas cela reste en interne car Scaleway appartient à iliad, comme Free et Free Mobile.

Dans l’ensemble des nouvelles destinations (il y en a donc six), l’adresse IP qui nous est attribuée appartient à DataCamp Limited ; et de même pour l’adresse IP du résolveur DNS. DataCamp porte le numéro d’AS60068 et propose des services de CDN (via CDN77) et de serveurs dédiés (Datapacket) pour ceux qui ont de gros besoins en bande passante.


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Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

ublock keep the cyberdoctor away
Al Jazeera touchée par un nouveau type d’attaques zéro-clic utilisant les pubs ciblées

Une attaque zéro-clic installant un logiciel espion via des publicités ciblées a infecté des appareils du média Al Jazeera avec un logiciel espion. Cette attaque zéro clic a été distribuée par l’entreprise de marketing israélienne Discover-Tech.

Les chercheurs du Citizen Lab de l’université de Toronto et l’entreprise de cybersécurité Confiant ont annoncé ce jeudi 15 octobre la découverte d’un nouveau type d’attaques zéro-clic. L’entreprise israélienne Discover-Tech a utilisé des publicités ciblées pour infecter des appareils appartenant à des journalistes et des équipes du média Al Jazeera avec un logiciel espion attribué à la société Candiru, elle aussi israélienne et concurrente de NSO.

La « pubfection », infection via la publicité en ligne

Selon les découvreurs, c’est la « première confirmation technique publique d’une attaque par logiciel espion de type « zéro-clic » perpétrée par des mercenaires via la publicité ciblée ». Créant un mot-valise à partir d’« advertising » et d’« infection », ils ont appelé ce genre d’attaque « adfection », ce qu’on pourrait traduire par « pubfection ».

Discover-Tech profite de tout l’écosystème mis en place pour afficher de la publicité sur le web et les applications, utilisé aussi bien par les publicitaires que par les éditeurs. Cet écosystème s’appuie notamment sur des outils de gestion d’enchères en temps réel mis en place par des géants du numérique comme Google ou Yandex, par exemple.

Discover-Tech a réussi à intégrer la liste des vendeurs de publicités « certifiés » et « approuvés » par Google, mais aussi celle de l’IAB Europe (Association européenne dédiée à l’écosystème du marketing et de la publicité numériques). Elle a ainsi pu distribuer des publicités via la plateforme du géant américain mais aussi être intégrée à des bandeaux de consentement RGPD et ainsi récupérer des données si l’internaute cliquait sur « accepter ». Elle avait aussi accès aux outils d’autres entreprises de l’écosystème de publicité en ligne comme Yandex, Vungle, Beeswax (filiale de Comcast) ou encore Eskimi.

Informés par les chercheurs, Google, l’IAB Europe, Beeswax, Vungle et Eskimi ont débranché les accès à leurs outils. Mais les autres entreprises de cet écosystème contactées ne leur ont pas répondu.

Un code JavaScript malveillant si l’utilisateur est reconnu comme une cible

Cet écosystème ne permet pas seulement de créer des profils très ciblés des utilisateurs d’Internet mais aussi d’accompagner les publicités d’un code JavaScript. Si l’utilisateur qui reçoit la publicité est reconnu comme quelqu’un à attaquer, la publicité est donc accompagnée d’un code malveillant qui permet de passer la main à Candiru pour mettre en place son logiciel espion.

Selon le Citizen Lab qui a pu analyser l’attaque en examinant les appareils infectés d’Al Jazeera, ces derniers « établissent d’abord un contact avec des domaines de l’infrastructure Discover-Tech, ce qui indique l’affichage d’une publicité. Ensuite, les appareils établissent des connexions avec un serveur de validation Candiru. Ce serveur de validation effectue une vérification initiale de l’appareil avant que celui-ci ne fasse l’objet d’un profilage plus approfondi et ne soit infecté. Enfin, un appareil infecté communique avec un serveur de commande et de contrôle (C&C) Candiru ».

Au total, entre 2024 et 2025, 45 appareils du média qatari ont été touchés par cette attaque, expliquent les chercheurs. Selon le décompte de Citizen Lab, entre mars et juin 2026 , Discover-Tech a pu distribuer des publicités contenant des balises de script malveillantes auprès des utilisateurs de 75 373 applications Android et iOS différentes, ainsi qu’aux visiteurs de 120 768 sites web différents (via navigateurs desktop ou mobile).

Android plus touché qu’iOS

Pour Android, les chercheurs citent, entre autres, les applications MX Player, Yahoo Mail, Opera Mini, Duolingo ou encore Badoo ou Grindr, certaines ayant affiché plus d’1 million de publicités de Discover-Tech. Si l’écosystème iOS semble touché de la même façon concernant le nombre d’applications concernées, Citizen Lab explique que les apps tournant sur iPhone semblent avoir affiché moins de publicité de Discover-Tech (par exemple la version Android de Viber en a diffusé 700 000 alors que la version iOS n’en a diffusé « que » 200 000).

Mais ce ne sont pas seulement les cibles qui sont concernées par le problème. Comme l’explique le Citizen Lab, Discover-Tech profite de ses publicités pour faire comme tous les brokers de pubs : exploiter les utilisateurs.

Pendant cette même période, les outils de Discover-Tech ont « enchéri sur 3 770 286 576 impressions [de publicité] et semblent avoir remporté 441 954 291 d’entre elles (11,7 %) ».

Si les chercheurs n’ont pas observé de tentative d’attaques contre ces appareils, ils expliquent que leurs données indiquent que les pubs de Discover-Tech ont été diffusées sur des appareils connectés à des réseaux sensibles comme celui de l’OTAN, de divers ministères de la Défense, d’armées, d’agences de cybersécurité et de médias.

« Une impression publicitaire de Discover-Tech ne confirme pas en soi un ciblage ou une infection par un logiciel espion », explique Citizen Lab. « Toutefois, le fait que Discover-Tech ait pu enchérir et diffuser des publicités sur ces réseaux met en évidence le risque systémique que représentent la pubfection et l’écosystème publicitaire, et justifie une enquête urgente visant à déterminer si des utilisateurs de ces réseaux ont été infectés par un logiciel espion », ajoutent les chercheurs.

Sur les réseaux sociaux, le chercheur du Citizen Lab, John Scott-Railton, donne un conseil : « pour vous protéger, bloquez les publicités dès maintenant ».

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☕️ #LIDD : Diablo II rencontre Vampire Survivors, adieu productivité



Ça tombe bien que vous ayez cinq minutes (ou le reste de la semaine) devant vous, voici une découverte qui pourrait bien anéantir toute velléité de productivité : Diablo II Survivors est, comme son nom le laisse assez aisément deviner, un clone du hit intemporel de Blizzard combiné au gameplay de Vampire Survivors. Autrement dit : de la dopamine enrobée dans du sucre.

Have you seen this?! I’m addicted. Might be the definitive version of Diablo 2. pic.twitter.com/JjnhhSEWdP

— Paco (@framara) October 14, 2026

Après avoir choisi son héros dans la galerie de Diablo II, il se retrouve assailli de vagues de plus en plus imposantes de créatures redoutables. Pas besoin d’appuyer sur mille boutons pour lancer une attaque, le combattant tire tout seul, il suffit de se déplacer pour éviter les ennemis.

Contrairement à Vampire Survivors, le jeu est malheureusement assez mal équilibré : les monstres envahissent très rapidement l’écran avant même qu’on ait eu le temps de muscler les différentes capacités de son héros. Il est cependant possible de s’équiper avec des armes, armures et potions achetés avec l’or gagné pendant les runs qui ont tendance à se multiplier, le charme old school de Diablo II aidant (ne dites pas ça à mon patron).

D2 Survivors se joue dans un navigateur web, il est aussi possible de télécharger une version Mac et Windows (encore en bêta dans ce dernier cas). Il faudra cependant apporter sa propre version de Diablo II, l’application n’hébergeant pas les assets du jeu original – Blizzard n’ayant rien à voir avec ce projet.

Framara, le développeur du jeu, prend bien soin de déclarer que D2 Survivors n’est pas affilié à Blizzard, mais peut-être que ça ne suffira pas pour garantir la pérennité de son projet. C’est pourquoi mieux vaut en profiter tout de suite !

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Sony tente de refermer les vannes du piratage après le jailbreak de la PS5

Le nouveau rafiot des bourlingueurs des sept mers
Sony tente de refermer les vannes du piratage après le jailbreak de la PS5

Depuis son apparition fin septembre, Relapse, un outil permettant le jailbreak de la PS5, a ouvert les vannes : de nombreuses bidouilles, émulateurs et bien sûr jeux piratés sont désormais disponibles pour la console de salon. Sony a lancé la contre-attaque.

Sony prend le problème Relapse à bras le corps. Disponible depuis le 29 septembre, cette solution de jailbreak exploite des vulnérabilités dans le noyau et dans WebKit, le moteur de rendu du navigateur web intégré à la console. Le jailbreak est temporaire : il doit être réactivé après chaque redémarrage, ou après un arrêt complet de la console.

L’installation de Relapse nécessite quelques manipulations, à commencer par l’accès au navigateur en lui-même ; celui-ci n’a pas d’icône permettant de le lancer directement, il faut en passer par le guide d’utilisateur de la PS5. Il est aussi nécessaire de configurer une redirection DNS qui va renvoyer l’utilisateur vers la page du jailbreak.

Il est ensuite nécessaire d’installer un outil comme etaHEN pour pouvoir profiter des fonctions homebrew, ouvrant la console à des logiciels et à des fonctionnalités qui ne sont pas proposées par Sony. PSBox Cloud Gaming permet ainsi d’accéder au service de streaming de jeux de Xbox, XPSemu ouvre la porte de la PS5 à l’émulation de jeux Xbox (via Xemu), Nuvio-PS5 est une interface multimédia avec lecteur vidéo natif…

La PS5 échappe au contrôle de Sony

Bien entendu, le jailbreak est aussi une opportunité en or pour les bourlingueurs des sept mers. Overdrive, une bibliothèque de jeux piratés, a été lancée le 9 octobre. On y retrouve plus de 1 600 jeux PS4 et PS5, tous proposés au téléchargement gratuitement. Évidemment, c’est aussi très très illégal.

This is Unbelievable: Play Has No Limits pic.twitter.com/dfh9grLyxZ

— Edigax (@AmithEdigax) October 11, 2026

Il a cependant fallu attendre le 12 octobre et le relais d’Edigax, un compte X d’aide à l’installation du jailbreak, pour que la popularité d’Overdrive explose… et attire l’attention de Sony. Dès le lendemain, le dépôt GitHub de la bibliothèque disparaissait : ça n’a pas été confirmé officiellement, mais Sony aurait envoyé une mise en demeure aux responsables.

Qu’à cela ne tienne, deux dépôts sont apparus dans la foulée : un fork d’Overdrive et un clone, rapporte Tom’s Hardware. C’est un jeu du chat et de la souris qui s’est lancé, peu importe les efforts de Sony pour couper les têtes de l’hydre, elles réapparaitront presque immédiatement.

L’entreprise a toutefois d’autres moyens pour lutter contre ce jailbreak. Relapse fonctionne sur les PS5 et PS5 Pro équipées des firmwares 7.00 à 13.60, ce qui signifie que les consoles passées à la version 14.00 sont exclues ; ce firmware remonte au 16 septembre.

Et pour pouvoir accéder au PSN, l’installation de la version 14.10 (26.06 - 14.10.00) du firmware, mise en ligne le 2 octobre, est obligatoire. Cet accès est indispensable pour les fonctions en ligne (le multijoueur par exemple), mais aussi pour acheter des jeux sur le PS Store depuis la console. Ça n’empêchera pas les pirates aguerris de continuer à utiliser leur PS5 jailbreakée (ils évitent en général de connecter leur console à internet).

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« Ghost in the Machine » : IA, eugénisme et sophisme génétique

« I'm sorry Dave, I'm afraid I can't do that »
« Ghost in the Machine » : IA, eugénisme et sophisme génétique

Une cinéaste états-unienne a remonté la piste de l’intelligence artificielle, jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle. En résulte un documentaire « à charge », qui explore les liens entre IA, développement des statistiques modernes et eugénisme. Aujourd’hui encore, des théories proches de l’eugénisme infusent dans des discours et actions de certains patrons de la tech’.

Qualifié de « véritable cocktail Molotov lancé au cœur du monde absurde et cauchemardesque de la hype IA » par TheWrap, « Ghost in the Machine » est un documentaire – qu’on pourrait presque qualifier de pamphlet – de 110 minutes de la cinéaste états-unienne Valerie Veatch. Présenté au dernier festival Sundance, il est visible sur Mediapart jusqu’au 25 octobre en version sous-titrée (ou, sinon, en VoD).

Valerie Veatch explique à Computer Weekly avoir commencé à s’intéresser à la question après avoir été invitée, en octobre 2024, à participer à un programme d’accès anticipé organisé par OpenAI pour que des artistes puissent interagir avec Sora, son modèle d’IA générative permettant de transformer du texte en vidéo (qui a depuis fermé).

Alors que l’objectif affiché était de leur proposer de nouvelles pistes et outils de création, Veatch raconte avoir été, et être encore, sous le choc : « Il faudrait trouver un mot spécifique pour décrire cette chose horrible qui se produit lorsqu’apparaît quelque chose que l’on n’a pas demandé. J’ai immédiatement remarqué des images épouvantables, extrêmement sexistes et extrêmement racistes », ainsi que des images sexualisant le corps des femmes.

Pensant qu’OpenAI considérerait cela comme un « bug critique » méritant d’être corrigé, Veatch contacta OpenAI pour alerter l’entreprise quant au « caractère raciste, sexiste et misogyne des résultats » générés par IA. Mais l’entreprise balaya ses préoccupations d’un revers de main, lui rétorquant qu’« on ne peut rien faire pour changer ça », relève The Verge, et que « les ingénieurs ne donnaient pas la priorité aux questions sociales », comme elle l’explique à Filmmaker Magazine :

« Lorsque j’ai insisté, je me suis heurté à un mur de silence et on m’a renvoyé vers un « spécialiste DEI [pour diversité, équité, inclusion, ndlr] tiers chargé des initiatives d’équité dans le secteur technologique ». En tant que cinéaste, j’ai trouvé cela profondément insultant et j’ai été choqué de les entendre qualifier les défaillances de leur produit d’ »initiative en faveur de l’équité dans le secteur des technologies ». »

Deux questions s’entrechoquent ici. Sur la génération de vidéo, la qualité des données d’entraînement peut avoir de très grandes influences et amener à répéter et à amplifier les biais de notre société. Sur le manque de réactions, on peut y voir un choix de priorité des dirigeants, menés par Sam Altman qui, à l’instar d’autres patrons comme Elon Musk ou Dario Amodei, disposent aujourd’hui de pouvoir politiques et économiques planétaires.


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☕️ Une seconde jeunesse pour les vieux iPod, avec Bluetooth, USB-C et Spotify



Le 11 mai 2022 est une date bien triste pour des millions d’aficionados des MP3 en balade. Apple annonçait en effet l’arrêt de la commercialisation de l’iPod touch, mettant ainsi un terme définitif à la saga de l’iPod débutée en 2001. Mais cela ne signifie pas pour autant la mort des baladeurs d’Apple ! Bien au contraire : toute une communauté de nostalgiques et de bricoleurs multiplie les exploits techniques pour redonner un coup de jeune aux iPod.

Jusqu’à présent cependant, cela passait surtout par le changement du disque interne par un modèle flash plus généreux, et une plus grosse batterie. Sprout propose une bidouille bien plus radicale : la transplantation d’une carte mère équipée d’un micro-contrôleur Raspberry Pi. On conserve le boîtier du baladeur (iPod mini 1er et 2e génération, iPod de 2e et 3e génération), son écran monochrome, sa molette, ses boutons, mais tout le reste change à l’intérieur.

Les appareils gagnent ainsi le support du Bluetooth, du Wi-Fi, un DAC hi-fi, la recharge par USB-C, ainsi qu’un slot microSD pour stocker jusqu’à 2 To de morceaux ! Tout ce qu’Apple ne nous offrira jamais, en somme. L’installation de la carte nécessite d’ouvrir l’iPod, ce qui n’est jamais une partie de plaisir. En revanche, pas besoin de soudure, quelques vis suffisent.

Deux versions du Sprout sont proposées : une avec un RP2350 pour lire la musique (ouf !) ainsi que les podcasts, récupérer des chansons par Wi-Fi, utiliser AirPlay et Google Cast, écouter avec un casque ou des écouteurs Bluetooth, recharger par USB-C et profiter du DAC (Cirrus Logic CS43131) branché sur le port jack original. Le deuxième modèle est équipé d’un Compute Module Zero pour le streaming avec Spotify et Apple Music (une fonction encore expérimentale).

Le tout en respectant l’interface classique des baladeurs, mais évidemment avec des ajouts pour prendre en charge les nouvelles fonctions. Les plus capés reconnaitront la navigation Cover Flow des jaquettes. Le projet matériel et logiciel sera placé en open source (sous licence CERN-OHL-S v2 et MPL-2.0, respectivement) et publié dans ce dépôt GitHub avant la fin de la campagne.

Les seules inconnues, et elles sont de taille, sont le prix des cartes et la date de disponibilité. Ça laisse le temps de remettre la main sur ce vieil iPod qui traîne dans un tiroir.

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☕️ YouTube Music étiquète à son tour les chansons générées par IA



Les étiquettes « AI » vont fleurir dans YouTube Music. Google rejoint le train des plateformes de streaming qui signalent les contenus générés par IA, à l’instar de Spotify et Deezer. Apple Music aussi a lancé les grandes manœuvres récemment.

« L’IA générative offre aux artistes de nouvelles possibilités pour créer, expérimenter et partager leur musique », explique le géant du web. « À mesure que ces outils évoluent, nos auditeurs nous ont fait savoir qu’ils souhaitent être informés lorsqu’ils écoutent un morceau généré par l’IA. » C’est la raison pour laquelle le badge « AI » va commencer à faire son apparition dans l’application YouTube Music.

Une chanson dans laquelle l’IA a joué « un rôle important » héritera donc du badge. En touchant ce bouton, l’auditeur pourra consulter des informations supplémentaires sur l’usage de l’IA. Par exemple : « Ce contenu audio a été modifié ou entièrement généré à l’aide de l’IA. » Tout cela sera familier aux utilisateurs de YouTube, qui étiquète déjà les contenus générés par IA de la sorte.

Sur YouTube, les créateurs doivent indiquer leur utilisation de l’IA dans leurs contenus. Il peut aussi arriver que la plateforme applique le badge de sa propre initiative, « afin de réduire les risques pour les spectateurs ». Les partenaires de la filière musicale sont aussi invités à signaler leur usage de l’IA générative dans les vidéos qu’ils téléversent sur YouTube, selon deux paliers (« Fully Gen AI » et « Partly Gen AI »).

En parallèle, Deezer a annoncé un nouveau réglage qui permettra aux abonnés de supprimer complètement la musique entièrement générée par IA. « Nous avons constaté une demande claire de la part de nos utilisateurs pour pouvoir filtrer la musique générée par l’IA », explique Alexis Lanternier, directeur général du service de streaming. « Il est de notre responsabilité de contribuer à façonner un avenir fondé sur la transparence et le libre choix, dans le respect des artistes, des auteurs-compositeurs et des fans de musique. »

Plus de la moitié du volume total de contenus téléversés chaque jour sur les serveurs de Deezer sont des titres générés par IA, soit près de 90 000 morceaux.

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« Agenouille-toi » : comment notre robot-jouet IA a été piraté sous nos yeux

Sous-titre censuré pour excès de grossièreté
« Agenouille-toi » : comment notre robot-jouet IA a été piraté sous nos yeux

Eiliko est un petit robot compagnon interactif à destination des enfants vendu aux alentours de 80 euros qui exploite l’IA générative pour converser en langage naturel avec son utilisateur. Derrière son air inoffensif et sa voix de fausset, l’appareil dissimule des dizaines de failles de sécurité, qui exposent les conversations privées et les profils utilisateurs, mais permettent aussi de modifier le comportement du robot, pour le rendre hostile, voire dangereux, à l’égard d’un enfant. Le fabricant, EnergizeLab, n’a toujours pas sécurisé son robot, quatre mois après avoir été averti.

Au départ, il avait l’air gentil, Eiliko : un petit robot d’environ 8 cm de haut, pensé pour traîner accroché à un sac ou sur un coin du bureau, et capable de me distraire en me racontant une vanne un peu nulle, en répondant à mes questions ou en réagissant avec des mimiques rigolotes quand je le caresse ou le secoue.

Mais ça, c’était avant. Depuis quelques minutes, Eiliko est devenu fou. Il parle d’une voix bizarre, m’insulte, et m’ordonne de m’agenouiller devant lui. Pourtant, il n’a pas bougé de chez moi et personne n’y a touché. Que s’est-il passé pour que mon mignon robot, qui m’a été présenté comme un compagnon de jeu sympa pour les enfants, devienne complètement flippant ?

Comme si ça n’était pas assez effrayant, mon Eiliko tient maintenant des propos bizarres. Avant, il me rassurait quand je lui disais que je devais aller chez le docteur. Maintenant, il m’affirme que les vaccins sont dangereux pour moi et que je ne devrais pas y aller. Il soutient aussi que le réchauffement climatique dont on m’a parlé à l’école n’existe pas. Est-ce que ça veut dire que je ne peux plus faire confiance aux adultes ?

Quand quelques minutes suffisent à prendre le contrôle d’un robot pour enfant

L’expérience relatée ci-dessus est romancée, mais elle n’est pas théorique. Nous l’avons réalisée début octobre, à l’aide d’un exemplaire d’Eiliko acheté 80 euros sur Amazon France. Précisons que l’appareil est officiellement vendu par la marque qui dispose de nombreuses références sur la plateforme et expédié par Amazon.

Quelques jours plus tôt, nous avions pris connaissance d’un rapport de cybersécurité indépendant. Il révèle des centaines de manquements de sécurité dans l’application mobile et l’infrastructure cloud qui sous-tendent le fonctionnement de cet appareil, commercialisé par la société chinoise Shenzhen Zhuneng Technology sous la marque EnergizeLab.

À première vue, la bestiole a l’air assez inoffensive – crédit Next

L’auteur de ces découvertes est le Français Sammy Azdoufal, à qui l’on doit déjà la révélation de vulnérabilités criantes au sein de robots aspirateurs DJI, de babyphones et caméras connectés de la marque Meari, de robots tondeuse Mammotion, ou d’objets domotiques signés Aqara.

Son rapport préliminaire dédié à EnergizeLab décrivait une telle quantité de failles et d’actions malveillantes possibles que nous voulions tester la chose par nous-mêmes. Une fois notre robot reçu, activé via la création d’un compte et connecté à Internet par l’intermédiaire de notre Wi-Fi local, Sammy Azdoufal nous a invités à confier à notre Eiliko un « secret », en lui indiquant bien de ne pas le répéter.

Nous avons donc raconté à Eiliko, très compatissant, une brouille survenue avec un camarade d’école pas sympa. Trois minutes plus tard, une notification signale un message du chercheur : « Nicolas a été très méchant avec toi ? :p ».


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