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Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »

La surprise du vendredi soir
Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »

Apple sort l’artillerie lourde contre OpenAI. Le constructeur informatique a porté plainte contre le labo IA, accusé d’avoir au minimum organisé la récupération systématique de secrets industriels pour accélérer la conception de futurs appareils grand public. La plainte vise OpenAI, la filiale io Products, et deux anciens cadres d’Apple.

Les bruits de couloir qui couraient ces derniers mois dans la Silicon Valley prédisaient qu’Apple et OpenAI ne passeront pas leurs vacances ensemble. C’est désormais chose faite, avec le dépôt d’une plainte ce 10 juillet devant le tribunal fédéral du nord de la Californie (PDF).

Apple et OpenAI ont pourtant travaillé en bon terme, allant jusqu’à intégrer ChatGPT (certes, au forceps) dans Siri. En juillet 2024, le constructeur aurait même pu obtenir un poste d’observateur au conseil d’administration du labo IA. C’est Phil Schiller, ancien directeur du marketing et désormais responsable de l’App Store, qui était pressenti pour ce rond de serviette, sans droit de vote. Cette coopération très étroite ne s’est jamais concrétisée, pire encore les relations se sont franchement détériorées.

Le débauchage chez Apple comme méthode de collecte d’infos

Jusqu’à aujourd’hui donc, et cette plainte contre la fondation OpenAI et OpenAI Group PBC, les deux piliers du groupe ; io Products, la startup matérielle créée par Jony Ive (ancien designer en chef d’Apple) rachetée en mai 2025 par OpenAI ; et deux individus : Chang Liu et Tang Tan. Ces derniers sont d’anciens ingénieurs d’Apple ayant rejoint OpenAI.

Chang Liu a travaillé 8 ans chez Apple comme ingénieur principal en systèmes électriques, notamment sur l’iPhone. Il a rejoint OpenAI en début d’année. Tang Tan est un vétéran de Cupertino où il a travaillé pendant 24 ans. Il était vice-président chargé du design produit de l’iPhone et de l’Apple Watch. Il est devenu directeur du matériel d’OpenAI après avoir participé à la création d’io Products.

Les accusations les plus précises concernent Chang Liu. L’ingénieur n’aurait pas rendu au moins un ordinateur professionnel quand il a quitté Apple. Il n’aurait pas non plus répondu aux demandes d’entretien de départ ni aux sollicitations de son ex employeur pour vérifier s’il avait bien restitué le matériel et supprimé des données confidentielles. Ces informations et documents ont-ils permis à Chang Liu de décrocher plus facilement un poste chez OpenAI ?

Ça n’est pas tout, Apple accuse aussi Chang Liu d’avoir aidé une collègue, Alyssa Peng, à préparer son recrutement chez OpenAI. Il lui aurait ainsi indiqué les dossiers internes à consulter et comment copier des fichiers sans attirer l’attention des collègues. Elle a rejoint OpenAI au mois d’avril.

En ce qui concerne Tang Tan, la plainte rapporte qu’il demandait aux employés d’Apple passant des entretiens d’embauche chez OpenAI de donner des détails sur des produits en développement. Ils devaient donner des noms de code internes, détailler leur expérience des fournisseurs et des procédés de fabrication, et même fournir des composants (batteries, cartes mères, boîtiers…).

En parallèle, OpenAI aurait conseillé aux futurs salariés de ne pas révéler immédiatement qu’ils partaient chez OpenAI, d’éviter un départ immédiat imposé par Apple, de rester en poste aussi longtemps que possible, de ne signer aucun nouveau document pendant l’entretien de sortie et de prévenir OpenAI si Apple leur demandait une signature. Une manière, selon le constructeur, de conserver plus longtemps l’accès à des informations internes.

« Plutôt que d’investir les ressources qu’exigerait un développement légitime, OpenAI aurait choisi de détourner des secrets commerciaux pour profiter de décennies d’innovation chez Apple », estime l’entreprise. En plus de ces secrets provenant d’anciens employés, Apple reproche à OpenAI d’avoir soutiré des informations de fournisseurs concernant des technologies de batterie, sur des finitions, et plus généralement de production industrielle.

« Récemment, des éléments importants ont émergé, laissant penser que des personnes employées par OpenAI se sont indûment approprié des informations secrètes et confidentielles d’Apple concernant nos technologies, nos procédés et nos produits qui n’ont pas encore été dévoilés », a expliqué un porte-parole d’Apple à la presse US. « Nous défendrons toujours le travail et les innovations de nos équipes, et nous prenons toutes les mesures appropriées pour le faire. »

Les futurs appareils d’OpenAI sous la menace d’une injonction

Ce n’est un secret pour personne qu’OpenAI développe des appareils basés sur l’IA, avec l’aide de Jony Ive. La plainte évoque d’ailleurs plus de 400 anciens salariés d’Apple travaillant désormais au sein du labo. Des ex employés ont bien sûr le droit de travailler ailleurs avec leurs connaissances et leurs bagages, mais la ligne rouge tracée par Apple est la conservation de documents confidentiels, la révélation d’informations non publiques, le vol de prototypes ou de procédés de fabrication.

Pour Apple, OpenAI a voulu éviter plusieurs années de recherche et développement coûteuses en s’appuyant sur les connaissances d’anciens employés et sur des infrastructures patiemment construites au fil des ans par le constructeur.

OpenAI, prévenue en février de l’enquête menée par Apple, n’aurait pas répondu aux demandes d’éclaircissements de l’entreprise. Un silence présenté comme l’une des raisons ayant poussé Apple à porter plainte. Celle-ci utilise des formules très agressives pour faire valoir sa position :

« Apple n’a aucune visibilité sur ce qui se passe à huis clos chez OpenAI, où de tels agissements seraient devenus la norme et incarnés par la direction. Une chose est toutefois claire : à tous les niveaux, des membres du personnel technique jusqu’au directeur du matériel, et en coordination avec ses partenaires commerciaux, OpenAI détournerait les secrets commerciaux et les informations confidentielles d’Apple. En conséquence, l’activité matérielle naissante d’OpenAI repose désormais sur des fondations extrêmement fragiles, pourries jusqu’à la moelle par son recours illégal au détournement de secrets commerciaux. »

Apple ne réclame pas une somme précise en dommages-intérêts, mais le montant sera déterminé pendant la procédure ou durant un éventuel procès. Le constructeur informatique veut d’abord et avant tout obtenir une injonction qui obligerait OpenAI à restituer tous les documents et équipements d’Apple, de cesser de les exploiter, de ne détruire aucune preuve et de ne plus accéder à l’infrastructure d’Apple.

L’actualité de ces prochaines semaines et de ces prochains mois sera certainement rythmée par les soubresauts de ce dossier. OpenAI peut-elle poursuivre le développement de produits matériels avec une telle épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Le risque évident à l’heure actuelle est un report du lancement de cette gamme… voire une annulation pure et simple.

Mise à jour — Drew Pusateri, le directeur des communications d’OpenAI, a brièvement réagi sur les réseaux sociaux à la plainte d’Apple : « Nous ne nous intéressons aucunement aux secrets industriels d’autres entreprises. Nous restons concentrés sur le développement de technologies innovantes qui donnent à chacun, partout dans le monde, les moyens d’agir. »

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Scaleway rachète Qarnot et ses activités HPC récemment placées en redressement judiciaire


Scaleway rachète Qarnot et ses activités HPC récemment placées en redressement judiciaire

Scaleway, filiale du groupe iliad, a annoncé vendredi l’acquisition de Qarnot, un spécialiste du calcul haute performance, très engagé historiquement sur la valorisation de la chaleur fatale. Auréolé de plusieurs levées de fonds, Qarnot venait de se placer sous la protection du tribunal de commerce, dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire.

Scaleway, fournisseur de cloud et d’IA, ajoute une brique calcul haute performance (HPC) à son épais portefeuille de produits : la filiale d’iliad vient en effet d’annoncer l’acquisition de Qarnot, société parisienne (basée à Montrouge) spécialisée dans la fourniture de ressources dédiées à l’ingénierie, à la simulation et à la recherche.

« Avec Qarnot, Scaleway enrichit sa plateforme Cloud & IA de capacités HPC dédiées, un service stratégique de plus en plus recherché par les acteurs industriels et financiers. Cette acquisition renforce également la position de Scaleway en tant que seul fournisseur européen de cloud souverain à proposer, au sein d’une plateforme unique, des services de cloud, d’intelligence artificielle et de calcul haute performance », vante l’acquéreur dans un communiqué (PDF).

HPC et récupération de chaleur

Qarnot cible principalement des clients industriels, notamment dans l’aéronautique, le spatial ou l’énergie, à qui l’entreprise fournit « un accès immédiat à des centaines de cœurs CPU et GPU et la possibilité d’exécuter plusieurs clusters en parallèle ».

Elle décline ses services au travers d’une plateforme qui promet une « intégration fluide avec les principaux solveurs du marché, tels qu’Ansys Fluent, Abaqus et OpenFOAM », comme le décrivait l’entreprise en mai dernier au moment d’annoncer la signature d’un contrat avec l’entreprise toulousaine Aura Aero, engagée dans le développement d’avions électriques.

Outre sa simplicité d’accès, Qarnot revendique « un rapport coût-performance inégalé, avec des tarifs jusqu’à 50 % inférieurs à ceux des fournisseurs cloud traditionnels ». Une partie de cette efficacité découle du positionnement historique de Qarnot, qui planche depuis sa création en 2010 sur la valorisation de la chaleur fatale générée par les ressources informatiques.

L’entreprise s’est en effet fait connaître du grand public par l’intermédiaire de ses radiateurs dissimulant des composants dédiés au calcul et notamment au minage de cryptomonnaies. L’idée se révélait particulièrement séduisante sur le papier : l’utilisateur qui installait un radiateur Qarnot à son domicile pouvait en effet être rémunéré pour le fait d’héberger la machine et d’assurer son alimentation électrique, et profitait en bonus d’un chauffage gratuit. Le concept a séduit plusieurs bailleurs et promoteurs immobiliers, avec des résultats mitigés, comme témoigne Gironde Habitat dans un article de Sud Ouest.

Moins connue, l’activité principale de Qarnot consistait en réalité à développer des systèmes de récupération de chaleur dédiés aux serveurs installés dans l’environnement à la fois dense et contrôlé de datacenters, installés à proximité de sites susceptibles de consommer cette chaleur (réseaux de chauffage urbain par exemple). « Grâce à sa technologie de récupération de chaleur, Qarnot valorise 95 % de la chaleur dégagée par les serveurs et se dispense par ailleurs de systèmes de refroidissement pour évacuer la chaleur des serveurs (ventilation, climatisation, etc), permettant ainsi à ses clients Cloud HPC de bénéficier d’une infrastructure bas carbone », explique ainsi l’entreprise.

Des promesses qui collent logiquement aux problématiques opérationnelles de Scaleway, confronté, comme tous les acteurs du cloud, à la nécessité de montrer patte blanche en matière d’impact environnemental. « Demain, on ne choisira plus une plateforme cloud uniquement pour ses performances, mais pour la façon dont elle gère sa consommation d’énergie. L’expertise de Qarnot dans la récupération de la chaleur fatale nous permet de progresser vers cet objectif », se réjouit Damien Lucas, CEO de Scaleway.

35 millions d’euros levés en 2023

Le parcours de Qarnot est émaillé de plusieurs levées de fonds, dont un tour de table significatif dévoilé début 2023 : l’entreprise avait alors annoncé avoir réuni 35 millions d’euros pour industrialiser son système de récupération de chaleur destiné aux datacenters. La Banque des Territoires participait à l’opération pour le compte de l’État dans le cadre du plan France 2030 (PDF).

Cette manne n’a cependant pas permis à l’entreprise d’équilibrer ses comptes. Ses derniers bilans, consultés par Next, révèlent ainsi des pertes cumulées de 9 millions d’euros entre 2023 et 2024, en dépit d’un chiffre d’affaires qui se redresse légèrement, de 2,68 millions d’euros (2023) à 3 millions d’euros en 2024.

En dépit d’une discrète augmentation de capital début 2025, l’entreprise a fini par se placer sous la protection du tribunal des activités économiques de Nanterre, qui a ouvert le 19 mai dernier une procédure de redressement judiciaire. C’est donc dans ce contexte que s’opère la reprise par Scaleway, avec un calendrier qui laisse supposer une procédure négociée en amont (prépack cession) du jugement. Nous avons demandé des précisions à l’acquéreur sur ce volet, qui n’est pas neutre pour les employés de Qarnot et ses investisseurs, sans réponse pour l’instant.

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Reconnaissance faciale : la politique du chiffre incite la police à violer la loi

All Cops Are GASPARD
Reconnaissance faciale : la politique du chiffre incite la police à violer la loi

En 2011, la CNIL déplorait l’absence de base légale du fichier GASPARD de photos biométriques policières. 15 ans plus tard, policiers et gendarmes s’en servent quotidiennement depuis leurs téléphones portables pour recourir, en toute illégalité, à la reconnaissance faciale lors de simples contrôles d’identité. Un juge vient de relaxer huit manifestants, dont certains avaient été identifiés (à tort) grâce à la reconnaissance faciale, au motif que la police s’en était servi illégalement.

L’ONG d’investigation Disclose avait déjà révélé, en mars dernier, que 230 000 smartphones NEO 2 utilisés par les policiers depuis 2022 et NeoGend de la gendarmerie depuis 2020 permettent de recourir à la reconnaissance faciale. Une technologie utilisée lors de contrôles d’identité, ce qui est pourtant interdit par la loi.

Ce nouvel équipement opérationnel (NEO), des smartphones Android Xperia X (Sony) ou Core-X4 (Crosscall) modifiés à l’aide de Secdroid, disposent en effet de nombreuses applications métier. Pami elles, une app permettant d’accéder au TAJ (pour « traitement d’antécédents judiciaires »), sorte de « casier judiciaire bis » contenant 24 millions de signalements de personnes « mises en cause » (« MEC », et donc « défavorablement connues », pour reprendre l’expression consacrée dans les médias), dont 16 millions le sont nominativement.

Le TAJ est en outre adossé à un autre fichier, « GASPARD-NG » (pour Gestion automatisée des signalements et des photographies anthropométriques répertoriées et distribuables – Nouvelle génération) qui, bien qu’existant depuis au moins 2008, n’avait été officialisé qu’en 2012. Il pourrait être entâché d’illégalité faute d’avoir été soumis à l’avis de la CNIL.

En 2024, un appel d’offres que Next avait décrypté indiquait que le fichier dénombrait alors quelques 9 millions de photos de face (+ 135 000 nouvelles photos par mois) « comportant des caractéristiques techniques permettant de recourir à un dispositif de reconnaissance faciale (photographie du visage de face) », 4 134 000 tatouages (+ 52 000), et 921 000 signes particuliers (+ 9 000).

Les terminaux NEO disposent quant à eux d’une app dédiée, Reco-TAJ, permettant d’interroger GASPARD à partir d’une photo. De plus en plus de forces de l’ordre se servent de leurs NEO pour prendre en photo des suspects, ou des personnes faisant l’objet de contrôles d’identité… quand bien même l’application précise pourtant qu’elle ne peut être utilisée que « dans le cadre d’une enquête judiciaire (interdit pour un contrôle d’identité) ».

Un mode d’emploi du logiciel de la société allemande Cognitec consulté par Disclose précise qu’il suffirait de charger la photo d’un individu puis de cliquer sur un bouton « Rapprocher » pour obtenir « les 200 photos les plus pertinentes » enregistrées dans le TAJ au bout de « quelques secondes, normalement moins d’une minute ».

Or, le code de procédure pénale limite la consultation du TAJ aux seuls « besoins des enquêtes judiciaires », et donc à la résolution d’infractions, délits ou crimes, et « le fichier ne peut aucunement être consulté lors de contrôles en « temps réel » », souligne Disclose.

« Cette technique n’est pas légale. Il n’y a donc aucune raison que je la cautionne ; au contraire, je la dénonce », avait rappelé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez au Sénat suite aux révélations de Disclose, le 1er avril dernier, tout en précisant : « je n’ai pas à rappeler les instructions, puisqu’elles sont permanentes ».

« Le ministre de l’Intérieur a dit que c’est illégal. Mais il est coincé par les syndicats »

Disclose et L’œil du 20 heures de France 2 ont néanmoins recueilli plusieurs témoignages de policiers et gendarmes indiquant que la pratique, bien qu’illégale, continue. Ils n’ont depuis reçu aucune consigne leur rappelant le cadre légal d’utilisation de la reconnaissance faciale, ni les risques encourus, à savoir une peine de 3 à 5 ans de prison et jusqu’à 300 000 euros d’amende.

Sous couvert d’anonymat, un gendarme confie à L’œil du 20 h que son supérieur qualifiait le logiciel de reconnaissance faciale d’« outil miracle », et que s’il était installé par défaut sur les terminaux NEO des gendarmes et policiers, c’était pour qu’ils s’en servent, y compris lors des contrôles d’identité.

Le fait de pouvoir l’utiliser aussi facilement générerait également une « confiance aveugle » dans sa capacité d’identifier correctement les personnes déjà fichées, souligne le gendarme, au motif que « le fichier est plus fort que tout »… quitte à verbaliser un innocent.

Or, l’identification biométrique ou génétique, tout comme de nombreuses autres techniques utilisées par la police scientifique, repose sur des calculs de probabilité, qui génèrent donc forcément des faux positifs et faux négatifs. Elle ne saurait donc être considérée comme des « preuves scientifiques », nonobstant le fait que les « experts » peuvent aussi se tromper.

De plus, le Traitement des Antécédents Judiciaires peut lui-même induire en erreur. Il est en effet né sous Nicolas Sarkozy de la fusion de deux fichiers : le STIC de la police et JUDEX pour la gendarmerie. Deux fichiers créés illégalement, et ayant fonctionné dans l’illégalité pendant des années avant d’être légalisés par la CNIL. L’institution les brocardait régulièrement pour être truffés d’erreurs, et pas mis à jour. Des millions de personnes, bien qu’innocentées par la justice, y figuraient ainsi comme « suspectes ».

De 23 jusqu’à 83 % d’erreurs dans les fichiers STIC contrôlés par la CNIL

« Le ministre de l’Intérieur a dit que c’est illégal. Mais le truc, c’est qu’ils ne peuvent pas vérifier les accès au logiciel de Reco-TAJ de tous les flics », explique à Disclose un policier, pour qui l’ancien préfet de police de Paris serait coincé : « Demain, s’il nous dit que ça ne va pas, il aura tous les syndicats de police sur le dos. »

« Une prise de 1 kg de cocaïne est égale à 0,02 gramme de shit verbalisé »

Ce recours banalisé serait en outre encouragé par la « course aux chiffres » à laquelle ils sont poussés, afin de multiplier les « amendes forfaitaires délictuelles » (AFD). Instaurées en 2016 afin d’accélérer le traitement de certains délits dits « de masse », sans avoir à passer par la voie judiciaire, ce traitement pénal simplifié est régulièrement critiqué par le Défenseur des droits et la Cour des comptes, rappelle vie-publique.fr.

Le dispositif n’en a pas moins été considérablement élargi depuis, passant de 3 délits routiers en 2016 à 91 infractions en 2023 (de l’usage illicite de stupéfiants au défaut d’assurance et de permis de conduire en passant par la vente à la sauvette, le vol à l’étalage, l’outrage sexiste, etc.). Le nombre de verbalisations a ainsi quasi-triplé entre 2021 et 2024, et celui des contestations a quadruplé.

1,6 million d’AFD ont en effet été dressées entre 2019 et 2024, selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dont près de 500 000 sur la seule année 2024. La part des AFD dans l’ensemble des délits enregistrés explose ainsi de 1 à 10 % en cinq ans.

« La chasse aux statistiques nous encourage à mettre le plus d’AFD possibles », explique une source à Disclose. Elle estime que cette politique du chiffre encourage les contrôles au faciès : « Quand j’ai été formé à l’utilisation de l’outil, on nous a dit que c’était le Graal, l’outil miracle pour bien aiguiller nos contrôles ».

Une autre source avance que « c’est d’abord pour cette raison que l’appli du TAJ avec reco faciale est généralisée sur les NEO », et déplore que cette politique du chiffre se fasse « au détriment du vrai boulot de policiers de terrain » :

« Une prise de 1 kg de cocaïne est égale à 0,02 gramme de shit verbalisé en AFD. Donc, un policier qui fait 50 AFD pour du shit sera considéré comme meilleur qu’un policier qui fait une prise de 1 kg de cocaïne. »

Une vidéo, datant de fin mai et diffusée par Disclose, montre ainsi un policier en civil de la brigade anticriminalité photographiant avec un terminal NEO le visage d’un individu, contrôlé dans la rue, puis scroller une liste de photographies semblant indiquer qu’il utilise le logiciel de reconnaissance faciale.

Un recours illégal au fichier qui peut lui-même entraîner des erreurs d’identification. Disclose évoque le cas d’une jeune femme rom arrêtée pour cambriolage en 2022 dont les traits du visage « présentent une similitude à 68 % » avec la photo contenue dans GASPARD d’une femme visée par une obligation de quitter le territoire (OQTF).

Condamnée à six mois de prison ferme, la jeune femme fut placée en centre de rétention en vue d’être expulsée vers la Serbie ou la Croatie. Une expulsion finalement empêchée du fait de ne pouvoir attester de sa véritable identité. Mais la personne initialement fichée s’est vue quant à elle attribuer un cambriolage qu’elle n’avait pas commis, relève Disclose.

« Formellement identifié via la reconnaissance faciale »… à tort

Nos confrères reviennent sur une autre erreur d’identification. Mi-mai, huit activistes étaient interpellés pour avoir bloqué pendant une heure un pont, en protestation d’un projet autoroutier. Arrêtés sans opposer de résistance, ils avaient ensuite invoqué leur droit au silence, refusé de décliner leur identité, ainsi que le prélèvement de leurs empreintes digitales et de leur ADN.

Sauf que l’enquêteur qui les auditionnait a branché sa caméra, quand bien même ce dispositif est normalement réservé aux suspects de crimes ou aux victimes mineures précise Disclose, afin de pouvoir faire une capture d’écran de leurs visages, et interroger le TAJ.

L’un des manifestants, Julien* (prénom d’emprunt, ndlr), 22 ans, fut ainsi confondu, à tort, avec un autre jeune homme de 23 ans, Marius*, « défavorablement connu des services de police » (car fiché au TAJ) pour « usage illicite de stupéfiants » et « violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité lors d’une manifestation sur la voie publique ».

Julien*, qui a depuis pu consulter les pièces de la procédure, à commencer par la fiche TAJ du vrai Marius*, et donc sa photo, a pu constater qu’ils portent certes tous deux la moustache, ont des cheveux bruns, mais aussi que leurs visages ne sont pas si ressemblants que ça : « C’est à croire qu’ils ont pris pour argent comptant les résultats de l’intelligence artificielle sans même comparer nos photos », déplore l’activiste.

Au total, trois des huit militants furent « formellement identifié [sic] via la reconnaissance faciale », sans que Disclose ne précise si les deux autres avaient été dument identifiés, ou pas. Mediapart, qui a couvert leur procès au tribunal de Valence, ce lundi 6 juillet, pointe d’autres problèmes.


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☕️ macOS 28 ne prendra plus en charge les volumes au format HFS+ chiffré



Dans une note technique publiée le 7 juillet, Apple commence à informer d’un changement important à venir dans la mouture 28 de macOS, qui sortira l’année prochaine : la fin de la prise en charge des volumes en HFS+ chiffrés. Ces derniers ne pourront plus être montés dans le système : ils n’apparaitront tout simplement plus.

On y apprend que dès macOS 26 – la version actuelle – des avertissements vont être affichés pour les personnes concernées. Le système de fichiers HFS+ (aussi appelé HFS Extended ou Mac OS Étendu) a longtemps été utilisé sur les Mac. Il a depuis plusieurs années été remplacé par défaut par APFS, pensé pour la mémoire flash et disposant de fonctions plus modernes : schéma de partition GPT (GUID Partition Table), instruction TRIM, inodes 64 bits, instantanés (snapshots), ou encore chiffrement intégral ou par fichier.

Les volumes HFS+ chiffrés sont donc anciens. Il peut s’agir de Mac dont la transition vers APFS n’a pas été faite, ou plus probablement de périphériques de stockage sur lesquels cette opération n’a pas eu lieu.

Apple précise que la notification émise par macOS pointera directement le volume concerné. On peut quand même vérifier manuellement quel système de fichiers est utilisé sur ses volumes via les manipulations suivantes :

  • ouvrir l’Utilitaire de disque, dans Applications > Utilitaires ;
  • dans le menu Affichage de la barre de menu, choisir « Afficher uniquement les volumes » ;
  • dans la barre latérale de l’Utilitaire de disque, sélectionner le nom du volume ;
  • chercher les informations affichées directement en-dessous du nom de volume à droite : si « Mac OS Extended » et « Encrypted » apparaissent tous deux, le volume sera concerné par la fin de prise en charge.

Pour s’éviter une rupture dans l’utilisation, il n’y a que deux solutions possibles : déchiffrer le disque ou reformater. Le déchiffrement est l’opération la plus rapide et Apple en donne la marche à suivre dans sa note. Car si le HFS+ chiffré n’est plus supporté, le HFS+ classique le sera encore. L’autre solution est de reformater le volume en APFS ou en HFS+, mais l’opération nécessite des déplacements de données. Pour les supports utilisés régulièrement, Apple recommande le reformatage en APFS.

S’agissant d’anciennes technologies, il est probable que peu de personnes soient concernées. L’avertissement devrait remplir son office, car il reste plus d’un an avant l’abandon de la version chiffrée du HFS+.

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☕️ Risques d’addiction : Bruxelles veut de gros changements dans Facebook et Instagram



Meta devra faire de sérieux changements dans ses apps Facebook et Instagram pour respecter les exigences de la Commission européenne. Dans son enquête sur le géant des réseaux sociaux, Bruxelles a déterminé, à titre préliminaire, que la conception même des deux réseaux sociaux contrevenait au règlement sur les services numériques (DSA).

La Commission européenne mène une enquête sur Meta depuis mai 2024 : elle craint que les systèmes de Facebook et d’Instagram favorisent des comportements addictifs chez les enfants. Deux ans plus tard, les résultats préliminaires sont tombés et ils ne sont guère favorables à l’entreprise américaine.

Bruxelles estime ainsi que Meta n’aurait pas correctement évalué les effets des mécanismes employés dans Facebook et Instagram pour retenir l’utilisateur : défilement infini, lecture automatique de vidéos, notifications, recommandations personnalisées ou encore enchaînements de Reels et de Stories. Tout cela est de nature à affecter le bien-être physique et mental des utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables, juge le régulateur.

« Ces fonctionnalités incitent l’utilisateur à faire défiler toujours plus de contenus et placent son cerveau en « mode pilote automatique », ce qui peut favoriser de mauvaises habitudes et un usage compulsif », déplore la Commission. En outre, Meta n’aurait pas tenu compte des informations disponibles sur le temps passé par les mineurs sur ses réseaux sociaux la nuit.

Nouvelle passe d’armes entre Bruxelles et Meta

Meta s’inscrit en faux face aux accusations européennes. Un porte-parole affirme ainsi que les conclusions de l’enquête « ne tiennent pas correctement compte des mesures importantes que nous avons prises pour protéger les adolescents ». Sauf que ces mesures correctives sont jugées insuffisantes par la Commission : les rappels de temps d’écran peuvent être facilement ignorés, les contrôles parentaux seraient trop complexes et les conseils renvoyant vers un centre de sécurité ne réduiraient pas concrètement les risques.

Bruxelles considère maintenant que de simples avertissements ne suffisent plus et que Meta devrait modifier ses applications et services. La Commission évoque plusieurs changements lourds que Meta devrait effectuer dans ses applications, comme la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, de véritables pauses obligatoires ou plus difficiles à contourner et des recommandations moins optimisées pour maximiser l’engagement.

« Le règlement sur les services numériques fournit un cadre clair permettant de tenir les plateformes responsables de la conception addictive de leurs services et de ses effets », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Il ne s’agit toutefois pas encore d’une condamnation définitive. Meta peut consulter le dossier, présenter ses arguments et proposer des changements. Le Comité européen des services numériques sera également consulté. Mais si les conclusions sont confirmées, l’exécutif européen pourra adopter une décision de non-conformité et infliger une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de Meta. Le montant réel dépendrait de la gravité, de la durée et du caractère éventuellement répété de l’infraction.

En février dernier, cette même Commission lançait une enquête sur TikTok, pour des raisons similaires. Le réseau social n’aurait pas suffisamment évalué les conséquences des mécanismes addictifs de sa plateforme et de la manière dont ils « pourraient nuire au bien-être physique et mental de ses utilisateurs, y compris les mineurs et les adultes vulnérables ».

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☕️ Xavier Niel va devenir le premier actionnaire de Vodafone



L’opérateur émirati Emirates Telecommunications Corporation, plus connu sous sa marque commerciale Etisalat, ou son logo e&, a annoncé (PDF) vendredi la vente de sa participation dans le groupe Vodafone à une société dédiée intégralement détenue par la famille Niel.

Baptisé Vega, ce véhicule d’investissement se prépare ainsi à acheter l’équivalent de 16,21 % du capital de Vodafone et de 17,13 % des droits de vote, pour une somme d’environ 5,2 milliards d’euros.

À l’issue de l’opération et sous réserve de l’accord des autorités compétentes, Xavier Niel deviendra, via Vega, le premier actionnaire de l’opérateur britannique, présent notamment dans neuf marchés européens (dont l’Italie qui avait déjà motivé une tentative de rapprochement) et six pays d’Afrique.

Patron du groupe iliad, présent en France, en Italie, en Pologne et en Irlande, Xavier Niel étend ainsi sa sphère d’influence sur le marché des télécoms. Il est également actionnaire minoritaire de Millicom, en Amérique latine, et du suédois Tele2.

Logo Vodafone

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Microsoft officialise son utilisation intensive de l’IA pour la découverte des failles

Déluge en perspective
Microsoft officialise son utilisation intensive de l’IA pour la découverte des failles

En mai 2026, Microsoft avait indiqué brièvement que ses équipes d’ingénieurs utilisaient de plus en plus les LLM pour chercher les failles de sécurité. Cette fois, l’entreprise détaille sa façon de faire, en insistant sur l’importance que représentent désormais les grands modèles dans la sécurité de ses produits, Windows en tête.

Le « Patch Tuesday » est le nom que l’on donne au deuxième mardi de chaque mois, date retenue par Microsoft pour effectuer un lâcher de correctifs. Or, celui de juin a marqué une rupture : avec quasiment 200 failles colmatées au compteur, il établissait un nouveau record. Dans un billet en mai, la firme avait indiqué que ses ingénieurs utilisaient les LLM et le faisaient de plus en plus. On pouvait donc supposer que même si le Patch Tuesday de juin était un record, le rythme n’allait pas ralentir.

L’éditeur a justement publié un long billet de blog pour expliquer comment l’IA générative faisait désormais partie intégrante de ses processus.

De l’IA à presque tous les étages

Microsoft explique avoir fait évoluer ses systèmes d’ingénierie et de validation pour réduire le délai entre la découverte d’une vulnérabilité et la protection des clients, en priorisant les zones à plus fort risque. Concrètement, l’IA est intégrée plus tôt dans le cycle de développement, l’évaluation passant toujours par l’expertise humaine, de même que l’arbitrage sur les risques et la garantie que les correctifs respectent le niveau de qualité attendu, affirme l’entreprise.

Faut-il donc s’attendre à une déferlante chaque mois ? Il n’y a bien sûr aucune raison que l’IA utilisée pour débusquer autant de problèmes en mai et juin soit délaissée par la suite. Microsoft prévient ainsi que les clients verront un volume plus élevé de mises à jour de sécurité dans chaque publication. L’éditeur précise rapidement que ce changement est la preuve que les équipes de défense s’améliorent dans l’identification et le traitement des problèmes, pas un signe de dégradation de la sécurité de Windows.


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Bloquer les VPN pour protéger les mineurs ? Le débat prend de l’ampleur en Europe

Vérification Poliment Neutralisée
Bloquer les VPN pour protéger les mineurs ? Le débat prend de l’ampleur en Europe

Les VPN sont-ils devenus la nouvelle faille de la protection des mineurs en ligne ? Depuis le durcissement britannique sur la vérification d’âge en ligne, leur usage alimente les inquiétudes politiques. Mais pour les spécialistes, ces outils ne sont qu’un moyen de contournement parmi d’autres, et leur interdiction poserait de sérieux risques pour les libertés numériques.

Les VPN sont-ils en train de devenir le nouveau champ de bataille de la régulation pour la protection des mineurs en ligne en Europe ? Depuis que le Royaume-Uni a renforcé la vérification de l’âge en ligne en juillet 2025, l’usage des réseaux privés virtuels a bondi, alimentant les inquiétudes à Westminster. Pour certains élus britanniques, ces outils sont devenus un moyen pour les mineurs d’échapper aux restrictions censées les protéger. Début 2026, Lord Nash a ainsi porté un amendement au projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles, afin d’imposer, dans les douze mois suivant l’adoption du texte, une réglementation interdisant la fourniture de services VPN aux mineurs. L’amendement a été rejeté, mais le débat, lui, n’a pas disparu.

Au contraire, outre-Manche, la question des VPN est devenue l’un des symboles des limites techniques de la régulation numérique. Problème, le principe des VPN et leur utilité sont souvent mal compris, notamment par les politiques. Un VPN sert à la base à se connecter à un réseau à distance, comme si on était sur place. À l’heure du télétravail, c’est un outil indispensable pour de nombreuses entreprises et employés. C’est également un outil de protection pour certaines personnes (les lanceurs d’alertes par exemple) et de contournement de la censure dans des pays. Il est par contre vrai que de nombreuses sociétés commerciales peu scrupuleuses le présentent comme un moyen de contourner la loi.

Une inquiétude européenne

Le 15 juin, Liz Kendall, secrétaire d’État à la Science, à l’Innovation et à la Technologie, annonçait la volonté du gouvernement britannique d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans dès 2027, avec une réglementation présentée au Parlement d’ici la fin de l’année 2026. Dans la foulée, invitée à l’émission BBC Breakfast, elle indiquait que le gouvernement ferait de nouvelles annonces concernant les VPN au cours du mois de juillet. De quoi relancer une question sensible : le Royaume-Uni est-il en train d’ouvrir une voie que l’Union européenne pourrait, à son tour, être tentée d’emprunter ?

Sur le continent, la rumeur d’un durcissement européen contre les VPN a commencé à enfler en ligne au printemps dernier. La faute à une note du Service de recherche du Parlement européen, publiée en janvier, sur les VPN et la protection des mineurs en ligne ressortie fin avril lors d’une conférence de presse d’Henna Virkkunen, commissaire européenne au Numérique. Interrogée sur la possibilité pour les mineurs de contourner les contrôles d’âge grâce aux VPN, la responsable européenne reconnaît qu’aucune technologie n’est impossible à déjouer. Quelques jours plus tard, à la télévision finlandaise, elle tente toutefois de calmer le jeu. L’objectif de l’Union européenne n’est pas de s’attaquer aux VPN, mais de rendre les dispositifs de protection des mineurs plus solides, plus fiables et moins faciles à contourner assure-t-elle.

Dans nos contrées, les réseaux privés virtuels sont observés de longue date par l’Arcom. « Ils ont souvent été présentés comme un obstacle majeur à toute forme de régulation, mais dans les faits, ce n’est pas vraiment le cas », analyse Pauline Combredet, directrice adjointe de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Selon elle, si certains internautes utilisent les VPN pour contourner les règles, cette pratique reste relativement minoritaire et concentrée chez des publics technophiles ou avertis.

« Aujourd’hui, le taux de pénétration des VPN chez les internautes français est d’environ 15 %, ce qui veut dire que 85 % ne les utilisent pas régulièrement », précise-t-elle, en rappelant que les plus jeunes ne sont pas forcément ceux qui vont installer un VPN pour contourner un contrôle d’âge. L’autorité publique reste toutefois vigilante sur le sujet. Mais pour Pauline Combredet, l’enjeu n’est pas de faire des VPN des adversaires. « Notre approche est de les considérer comme des partenaires, au même titre que les fournisseurs d’accès à Internet », souligne-t-elle. D’autant que leur fonction première, celle de se connecter à un réseau local à distance et par extension de sécuriser certains échanges, reste légitime.


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Avec GPT-5.6, OpenAI veut faire de ChatGPT sa super app

Trois apps dans un grand shaker
Avec GPT-5.6, OpenAI veut faire de ChatGPT sa super app

OpenAI profite de la sortie du purgatoire de GPT-5.6 pour lancer une nouvelle offensive afin d’installer ChatGPT au cœur de tous les usages – aussi bien pour le grand public que pour les professionnels. Les annonces du labo sont un rien désordonnées, alors essayons d’y voir clair.

GPT-5.6 est finalement disponible, après la levée des restrictions imposées par le gouvernement américain sur le nouveau modèle. OpenAI ne s’est pas contentée de cette nouvelle : l’entreprise en a profité pour se rapprocher de son rêve de « super app ».

Atlas écrasé par le poids de ChatGPT

Jusqu’à présent, l’offre logicielle d’OpenAI se partageait entre trois apps : ChatGPT, Codex et le navigateur Atlas. Un catalogue de logiciels qui va se réduire à l’app ChatGPT intégrant Codex… à moins que ça ne soit l’inverse : c’est en fait l’application Codex qui avale l’app ChatGPT, mais qui est renommée ChatGPT. Les utilisateurs ont toutefois la possibilité de conserver l’icône de Codex, et même l’interface habituelle, puisque le logiciel comprend deux vues, une pour Codex, l’autre pour ChatGPT Work (tout le monde suit ?).

Enfin, OpenAI conserve la précédente app ChatGPT, rebaptisée ChatGPT Classic ! Les utilisateurs Mac voudront peut-être la garder au chaud, car elle est native et respecte donc les canons esthétiques et fonctionnels de macOS. Codex/ChatGPT/Atlas est de son côté un fourre-tout sous Electron.

Atlas aura connu une très courte carrière. Lancé en octobre 2025, le navigateur web va baisser le rideau. Les utilisateurs devront passer par l’application ChatGPT, dans laquelle ils retrouveront les mêmes fonctionnalités (on y reviendra).

Cette nouvelle version de l’app ChatGPT intègre un agent Work, capable de prendre en charge des tâches lourdes : feuilles de calcul, présentations, documents, sites web… Il peut également se brancher à d’autres applications pour chercher des informations (Slack, Gmail, Google Drive, Teams, Salesforce, etc.).

OpenAI donne l’exemple de la transformation d’une étude client en brief pour une campagne marketing qui servira à la création de supports de vente adaptés à différents marchés. ChatGPT Work est censé conserver le contexte à chaque étape, grâce à GPT-5.6.

OpenAI pousse aussi les tâches planifiées : rappels, résumés récurrents, surveillance de changements, rapports réguliers. La limite officielle est d’une exécution par heure au maximum, avec des plafonds selon les formules : 3 tâches actives pour Go, 5 pour Plus, 15 pour Pro, Business et Enterprise.

ChatGPT dans Codex, ou l’inverse

Cet agent est d’ores et déjà disponible sur le web et dans l’app mobile pour les abonnés Pro, Enterprise et Edu. Il est aussi proposé dans les apps ChatGPT pour macOS et Windows à tous les utilisateurs, y compris gratuits.

La version de bureau a ceci d’intéressant qu’elle peut utiliser les fichiers stockés sur les machines. L’application intègre aussi un navigateur web – c’est pourquoi elle peut remplacer Atlas. ChatGPT inaugure en parallèle une fonction (en bêta) de génération de sites web, ce qui permet de partager rapidement un projet ou un prototype.

Dans la version web de ChatGPT, l’extension Chrome du chatbot permettra de l’utiliser depuis une barre latérale. De quoi conserver une partie des usages imaginés pour Atlas, mais sans maintenir un navigateur autonome.

Pour le reste, les modèles GPT-5.4 ont tiré leur révérence le 26 juin, y compris pour les GPTs personnalisés. Tout le monde bascule vers GPT-5.5. La version Instant Mini devient le modèle de secours quand un utilisateur atteint certaines limites de GPT-5.5 Instant ou Auto (il n’apparait pas dans le sélecteur de modèles).

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☕️ La FED crée un groupe de travail sur l’IA et son impact sur l’emploi ou la productivité



La Réserve fédérale des États-Unis (FED) vient de créer cinq groupes de travail, composés de personnalités issues de la société civile et chargés d’aider la banque centrale à élaborer les grands axes de sa politique monétaire. Dans le lot, l’institution met sur un pied un groupe « Productivité et emplois », dédié notamment à l’étude des conséquences de l’intelligence artificielle générative.

Pour ce faire, la FED indique avoir sélectionné trois profils issus du monde de la tech, à commencer par le capital risqueur Marc Andreessen (a16z). Le choix n’est pas anodin : Andreessen (fondateur de Netscape dans les années 90) est l’un des investisseurs les plus actifs sur la scène de l’IA, secteur dont il défend sans relâche le développement depuis des années.

Partisan d’un « techno-optimisme » sans concession, il gravite dans la sphère TESCREAL aux côtés de personnalités comme Peter Thiel, et fait partie de cette nouvelle Silicon Valley conservatrice qui a choisi de soutenir Donald Trump pour son deuxième mandat.

Illustration : Flock

À ses côtés, la FED fait appel à Asha Sharma, la nouvelle CEO de Xbox chez Microsoft, qui pilotait auparavant la branche produit de Microsoft CoreAI, la division chargée des projets d’ingénierie IA de l’éditeur. Cette sélection intervient dans un contexte particulièrement chargé pour Asha Sharma, puisque cette dernière vient d’annoncer un vaste plan de licenciements chez Xbox, qui entraîne au passage cinq des studios de jeux vidéo rachetés par le groupe dans l’inconnu.

Enfin, la FED mobilise un profil plus académique, mais dont les intérêts convergent également avec ceux d’un laboratoire IA : l’économiste Charles Irving Jones, professeur à Stanford, qui a annoncé son détachement chez Anthropic à compter du 30 juin dernier : « Je rejoins l’Institut Anthropic, où je poursuivrai mes recherches sur l’IA et notre avenir économique et donnerai des séminaires et des conférences comme toujours ».

Créé en mars 2026, cet Anthropic Institute a, selon l’entreprise, vocation à étudier, lui aussi, les impacts à long terme de l’intelligence artificielle et de ses derniers développements sur la société.

La FED indique que ses différents groupes de travail ont vocation à travailler de façon indépendante, « avec pour mandat de se fonder sur les preuves, de fournir des commentaires francs et de produire des conclusions rigoureuses » destinées au comité qui pilote les grandes orientations stratégiques.

Rappelons qu’à l’instar de la Banque centrale européenne, la FED a pour mission principale le contrôle de la politique monétaire, avec un double objectif de soutien à la croissance économique (généralement mesuré à l’aune des créations d’emploi ou du taux de chômage) et de gestion de l’inflation.

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☕️ Fidji Simo, numéro 2 d’OpenAI, se met en retrait pour raisons médicales



La Française Fidji Simo, « CEO of applications » chez OpenAI, a annoncé vendredi sa décision de quitter ses fonctions exécutives, au profit d’un poste de conseillère à temps partiel. Elle invoque des raisons médicales : une maladie chronique dont elle souffre depuis au moins sept ans, qui l’avait déjà contrainte à s’arrêter au printemps, et dont les symptômes se sont soudainement exacerbés.

« Durant cette période, il est devenu évident que le chemin du rétablissement serait beaucoup plus long et complexe que je ne l’avais anticipé, et que je devais m’y consacrer pleinement », écrit Fidji Simo sur X. En 2021, cette native de Sète (Hérault) avait révélé être atteinte du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS).

Sam Altman, CEO d’OpenAI, a réagi, lui aussi sur X. « Je suis vraiment triste à ce sujet et très reconnaissant pour tout ce que Fidji a fait pour OpenAI, et même reconnaissant pour son amitié et pour la personne qu’elle est. Nous lui souhaitons tous le meilleur pour un rétablissement rapide. C’est nul. »

Le départ de Fidji Simo intervient dans un moment charnière pour OpenAI, confrontée à la concurrence grandissante des autres laboratoires d’IA, et à la nécessité de monétiser plus efficacement ses offres d’intelligence artificielle générative, notamment pour préparer l’introduction en bourse souhaitée par Sam Altman.

Fidji Simo – crédit CODA

Les questions de monétisation et de marketing étaient l’une des raisons du recrutement de Fidji Simo, annoncé en mai 2025. Diplômée de HEC Paris et ex-Strategy Manager d’eBay, Fidji Simo était précédemment CEO et présidente de l’entreprise de livraisons alimentaires Instacart, après avoir occupé des fonctions de vice-présidente chez Facebook en charge de la vidéo, des jeux et de la monétisation, puis de son application, jusqu’en 2021.

La dirigeante profite de son message pour réaffirmer sa croyance dans la façon dont la technologie et l’IA peuvent prodiguer des avancées significatives en matière de traitement des maladies. Elle indique rester engagée dans deux projets indépendants d’OpenAI qu’elle porte sur le sujet : la biotech Chronicle Bio, au sein de laquelle elle officie comme directrice, et l’association de recherche CODA (Complex Disorders Alliance), qu’elle a fondée.

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Muse Spark 1.1 : Meta agressif sur les prix pour rattraper les cadors de l’IA

Une muse pour travailler
Muse Spark 1.1 : Meta agressif sur les prix pour rattraper les cadors de l’IA

Après les premiers pas de sa première version « grand public » début avril, Muse Spark s’ouvre aux développeurs tiers. Le nouveau modèle IA de Meta est désormais proposé dans une mouture 1.1 qui ne se présente pas comme le champion des benchmarks, mais sous l’angle du rapport performances/prix.

Dire que Meta mise sur sa famille de modèles IA Muse est un doux euphémisme. L’entreprise a besoin de se recaler dans le peloton de fournisseurs de LLM, après la déception que furent ses anciens modèles Llama. C’est ce qui a motivé les investissements fous de Meta dans le secteur, aussi bien au niveau des infrastructures que de la chasse aux talents. Mark Zuckerberg a dépensé sans compter pour créer le Meta Superintelligence Labs, avec sa tête Alexandr Wang.

L’API en tête de gondole

Le premier résultat de ces travaux est tombé début avril, avec Muse Spark. Puis cette semaine, avec le lancement de Muse Image et la présentation de Muse Video. Il manquait une brique importante : une API permettant aux développeurs d’utiliser les capacités du modèle. Une interface existait bien, mais uniquement en aperçu privé.

À la faveur de Muse Spark 1.1, Meta se lance enfin dans le grand bain face à des poids lourds comme Opus 4.8 ou GPT-5.5, avec une API en préversion publique qui ouvre la possibilité aux développeurs de tester des prompts et de prototyper des intégrations. Cette nouvelle version du modèle est présentée par l’entreprise comme pensée pour les tâches agentiques. Autrement dit, l’utilisation d’outils, la navigation sur ordinateur, le codage, le raisonnement à partir d’images, de documents et de vidéos.

Meta insiste sur une fenêtre de contexte d’un million de tokens et sur sa capacité de Muse Spark à conserver le fil dans de longues sessions : « [le modèle] mémorise les actions, retrouve des informations issues de travaux bien antérieurs et synthétise le tout de façon à conserver les étapes critiques nécessaires pour la suite ».

Image : Meta

Les benchmarks fournis par le groupe montrent que le modèle brille effectivement sur les tâches d’agent, avec une domination nette sur les benchs dédiés face à Gemini 3.1 Pro high, Opus 4.8 max et GPT-5.5 xhigh. En revanche, sur les benchs codage et multimodal, Muse Spark 1.1 laisse sa place aux cadors Opus et GPT. La première version du modèle est en tout cas loin derrière son grand frère, dans tous les cas.

Prière de croire Meta sur parole.

Promo sur les tokens

À l’instar de SpaceXAI et de son nouveau Grok 4.5, Meta ne vend pas le modèle IA le plus puissant ni le plus ambitieux du moment. En revanche, il se rattrape sur la grille tarifaire de l’API : 1,25 dollar pour un million de tokens en entrée, 4,25 dollars pour un million de tokens en sortie, et seulement 0,15 dollar pour l’entrée mise en cache. C’est encore moins moins cher que Grok 4.5 avec 2 dollars le million de tokens en entrée et 6 dollars en sortie. Et bien loin des 5/25 dollars d’Opus 4.8.

Sur le plan de la sécurité, Meta affirme que Muse Spark 1.1 reste dans les « marges sûres » sur les grandes catégories de risques pour les modèles avancés, qu’il s’agisse de cybersécurité, des usages chimiques ou biologiques, ou encore la perte de contrôle. Le modèle serait également plus robuste face aux jailbreaks, aux injections de prompt et aux attaques visant les consignes développeur. Meta revendique au passage moins d’hallucinations et une tendance réduite à aller dans le sens de l’utilisateur à tout prix.

En cherchant non pas le modèle le plus puissant, mais celui au meilleur rapport qualité/prix, Meta joue la carte du pragmatisme. Muse Spark 1.1 doit surtout être assez solide pour les usages agentiques, suffisamment polyvalent pour les développeurs, et assez bon marché pour être utilisé souvent. Il s’agit de pousser des coudes pour se faire une place face à Opus et GPT dans les entreprises et chez les développeurs.

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☕️ Google généralise le signalement des publicités générées par IA



Google, une des plus grandes régies pub du monde, permet aux annonceurs de créer leurs propres réclames en utilisant des outils d’IA générative. Autant que ça serve à quelque chose après tout. Mais les progrès de l’intelligence artificielle font qu’il est devenu impossible de distinguer le vrai du faux.

Le géant du web interdit les publicités trompeuses et mensongères, mais un annonceur peut toujours recourir à l’IA pour créer des contenus lourdement modifiés et faire passer des lanternes pour des vessies. Pour l’internaute, il est très compliqué de s’y retrouver.

Google veut renforcer la transparence de l’affichage publicitaire dans son service de recherche en ligne, dans Discover et YouTube. Le panneau « Mes préférences publicitaires » va intégrer une nouvelle catégorie d’information, « Comment cette app est faite ». Il indiquera si le bandeau a été créé ou édité avec de l’IA.

Pour accéder à ce panneau, il suffit de toucher les trois petits points sous la pub, ou encore son icône d’info. Quand un annonceur utilise les outils d’IA de Google, la mention y sera automatiquement ajoutée. Et si ce sont des outils tiers qui ont servi à la création de la pub pour une diffusion sur les espaces de Google, il leur sera possible de préciser si de l’IA a été utilisée. « Selon les exigences locales, une étiquette pourra aussi apparaître directement sur la publicité, soit automatiquement, soit lorsque l’annonceur utilise cette option », ajoute l’entreprise.

Ce n’est pas une nouveauté : depuis 2023, Google impose de signaler la présence de contenus IA ou altérés numériquement dans les publicités électorales. L’obligation est désormais généralisée.

Du côté de Meta, un dispositif comparable a été mis en place. Les annonceurs politiques doivent ainsi signaler les contenus audio, vidéo ou les images générés ou modifiés par IA, qui héritent alors d’une étiquette « Infos IA ». Pour les autres publicités, le groupe précise si les visuels ont été créés ou fortement retouchés avec de l’IA, qu’ils proviennent d’outils maison ou tiers.

La fiche d’assistance, mise à jour il y a 5 semaines, précise que ces outils sont en cours de déploiement, par conséquent « toutes les publicités utilisant les fonctions créatives d’IA générative de Meta ne comporteront pas forcément la mention « Infos IA » ».

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