La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a confirmé les bruits de couloir qui circulaient depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux. Des données concernant des particuliers et des professionnels sont compromises, suite à l’ « accès illégitime » d’un acteur malveillant fin juin.
Les fuites de données se suivent, ne se ressemblent pas… mais elles gardent leur caractère inquiétant. 24 heures après la confirmation que feu Bloctel a laissé filé des centaines de milliers de numéros de téléphone, c’est au tour de la DGFiP d’annoncer qu’un acteur malveillant a eu accès au système d’information des impôts après une usurpation d’identité.
Le communiqué a été publié ce jeudi 13 août en fin de journée, mais l’intrusion remonte à fin juin. Le pirate a revendiqué cet accès hier, mercredi 12 août, ce qui a certainement poussé Bercy à réagir officiellement. Les premières investigations indiquent que l’accès avait été coupé fin juin « dans le cadre du contrôle opéré ». Néanmoins, l’acteur a consulté et extrait des données concernant des particuliers et des professionnels.
La nature et la quantité de ces données ne sont pas précisées. Cependant, les usagers concernés recevront une information individuelle qui spécifiera les données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites. Le cas échéant, ils seront également conseillés sur les mesures de vigilance à adopter.
Comme le veut la réglementation, la CNIL va être notifiée de l’incident, et une plainte sera déposée. De nouveaux éléments seront communiqués au fur et à mesure de l’enquête, menée par les équipes de la Direction avec le service du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu’avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
Mise à jour 14/08 – Le ministère de l’Économie a précisé à Next que le piratage des données de la plateforme des impôts concerne « des centaines de milliers d’usagers », sans plus de précision à l’heure actuelle.
Twitch exploite les contenus des chaînes des créateurs de contenus pour entraîner les modèles IA d’Amazon. Rien de vraiment étonnant, la plateforme de streaming étant la propriété du géant du commerce en ligne, et puis bien d’autres entreprises font de même avec leurs utilisateurs. Le hic ici, c’est que la fonction est activée par défaut…
Une bonne partie de la communauté des créateurs de Twitch n’apprécie pas – c’est un euphémisme – l’IA générative. Depuis ce mercredi 12 août, c’est donc une vague de colère qui s’abat sur la plateforme, après que celle-ci a activé par défaut l’autorisation d’exploiter le contenu des chaînes pour entraîner les modèles IA d’Amazon. Tout peut y passer : streams, vidéos à la demande, clips, chats de stream, images et textes de la chaîne.
« Votre audio pourrait contribuer à améliorer les modèles de conversion de la parole en texte. Cela permettrait d’améliorer les sous-titres sur Twitch, mais aussi sur l’ensemble des services Amazon », illustre ainsi la FAQ mise en ligne pour l’occasion. Il reste heureusement la possibilité de désactiver l’utilisation des contenus, dans les réglages « Sécurité et confidentialité » de Twitch.
Néanmoins, même en désactivant l’option, les données de discussion dans un chat peuvent tout de même être exploitées pour entraîner les modèles IA d’Amazon si quelqu’un dans le chat a accepté de participer.
La nouveauté n’est pas passée inaperçue. Et Twitch a bien conscience de l’impopularité de l’IA générative chez ses créateurs. Lors d’un stream houleux repris par Aftermath, Mike Minton, directeur produit du service, et Mary Kish, responsable de la communauté, ont tenté d’expliquer cette décision. Devant le barrage de questions sur le caractère « opt-in » de l’option, le directeur produit n’a pas fait mystère de la raison pour laquelle Twitch avait procédé de la sorte.
« Alors, pourquoi est-ce que ce n’est pas une option à activer volontairement ? » a expliqué Mike Minton. « Il y a une réponse honnête, et je pense que la plupart d’entre vous peuvent probablement la comprendre : si c’était à activer volontairement, personne ne le ferait. C’est honnêtement la réponse. » Aucun créateur de Twitch n’autoriserait volontairement de donner ses contenus pour entraîner les modèles IA d’Amazon, c’est pourquoi l’option est activée par défaut.
Voilà qui a au moins le mérite de la franchise. Et de la clarté… même si le reste de la discussion n’a malheureusement pas beaucoup éclairé les créateurs en colère. « C’est un sujet délicat, et je pense que notre communauté a eu la réaction à laquelle je m’attendais de votre part, à savoir que vous n’aimez pas ça », a convenu Mary Kish, qui elle-même a désactivé l’option.
Les mains liées de Twitch
Pourquoi diable avoir activé cette fonction par défaut ? Parce que si Amazon n’exploitait pas les streams pour ses modèles, d’autres entreprises l’auraient fait. « Si des modèles ont été entraînés sur [vos contenus], il se peut que ce soit Amazon, ou pas », a indiqué Mike Minton. « Il s’agissait probablement de l’une des dizaines d’entreprises qui créent des modèles et utilisent tout contenu accessible publiquement qu’elles peuvent trouver. »
Il se trouve que Twitch est la plateforme de streaming dominante, et qu’Amazon est une des plus grandes entreprises de la planète. Autrement dit, ce ne sont pas de petits acteurs soumis aux diktats des mastodontes de leurs secteurs respectifs : ils peuvent imposer leurs propres règles. Hélas, les pauvres n’ont visiblement pas le choix, à en croire Mike Minton :
« Je ne peux pas l’affirmer avec certitude, mais je pense qu’il est assez raisonnable de supposer que presque tout contenu disponible est utilisé pour l’entraînement de modèles, d’une manière ou d’une autre, que ce soit autorisé ou non. Donc je pense que nous devons aussi reconnaître qu’il y a beaucoup d’éléments ici qui échappent même à notre contrôle direct. »
Minuscule consolation : ni Amazon ni Twitch ne revendent les données à des tiers. « Nous ne revendons pas les données à d’autres entreprises qui entraînent des modèles (…) Ce n’est pas ce qui se passe ici. Nous ne tirons aucun profit et ne gagnons pas d’argent en vendant vos données », affirme Minton.
Quant à savoir si Amazon exploitait déjà en douce les contenus des streams pour l’entraînement de son IA, les deux responsables bottent en touche.« Je ne peux pas me prononcer sur ce qu’Amazon utilise ou pas précisement comme contenu concernant l’entrainement », a déclaré Mike Minton. Lui et Mary Kish encouragent les utilisateurs de Twitch à désactiver l’option : « Les chiffres de désinscription nous aideront à réaffirmer que notre communauté n’est pas réceptive à l’IA sous quelque forme que ce soit », a affirmé la responsable de la communauté.
La réorganisation de Google DeepMind n’empêche pas le labo IA du géant du web de continuer à produire des technologies inédites. À l’occasion de la présentation de la nouvelle gamme Pixel 11, DeepMind a dévoilé un nouveau modèle qui transcrit la langue des signes en texte.
Les Pixel 11 sont les premiers smartphones Android à intégrer le modèle SL2T (pour « sign-language-to-text »). Développé par Google DeepMind, il permet aux sourds et aux malentendants de signer devant leur téléphone au lieu de saisir du texte. Il devient donc possible de chercher quelque chose sur internet, d’écrire des messages, d’interagir avec Gemini ou de répondre dans le fil d’une conversation en utilisant la langue des signes.
Les testeurs de Google affirment que cette fonction d’accessibilité est bien plus naturelle, plus rapide et plus agréable que de taper du texte. L’ASL, la langue des signes américaine, est la première à être prise en charge. D’autres langues sont dans les tuyaux, tout comme le support d’appareils supplémentaires.
Les mains dans le cambouis
Comme l’explique Google, les langues des signes – il en existe plus de 200 – sont de « vraies langues », chacune ayant sa propre grammaire et son propre lexique, qui utilise non seulement les mains bien sûr, mais aussi le visage et les mouvements de la tête, le torse et l’espace.
Le développement d’un modèle SL2T doit franchir deux obstacles : d’une, le défi linguistique, puisque les langues des signes ne sont pas la transcription mot à mot d’une langue orale. De deux, un défi visuel : le modèle doit en effet comprendre des mouvements complexes du corps, des mains, du visage, de la position du corps, le tout étant très rapide et parfois simultané.
Image : Google
Google rappelle l’existence de « gants de traduction », une des premières tentatives de transcrire la langue des signes en texte. Une tentative « fondamentalement limitée » puisque les langues des signes ne sont pas de « l’anglais [ou du français] avec les mains ». Le modèle mis au point par DeepMind doit répondre à ces deux problématiques.
Le modèle SL2T a été entraîné sur plus de 100 000 heures de données de 50 langues des signes (un quart de ce volume d’heures ayant été consacré à l’ASL). « L’entraînement conjoint sur diverses langues, dialectes et niveaux de maîtrise permet au modèle d’apprendre des structures sous-jacentes communes, ce qui l’a amené à surpasser les modèles monolingues dans nos expériences », explique l’équipe.
En attendant la LSF
La traduction ne s’appuie pas sur le flux vidéo brut, afin de protéger la vie privée de l’utilisateur. Un modèle spécialisé, MediaPipe Holistic, suit les points de repères du corps ; le traitement est réalisé en local, sur l’appareil. Il envoie ces points de repère au serveur, tandis que la vidéo est immédiatement supprimée.
Les coordonnées corporelles sont ensuite analysées et transformées en texte. « Traduire directement à partir des points de repère supprime les limites artificielles de vocabulaire et permet à la qualité de traduction de progresser directement avec la quantité de données », ajoute Google qui s’enorgueillit de n’avoir pas utilisé de gloses. Ces annotations intermédiaires, très utilisées dans les travaux sur la traduction des langues des signes, sont jugées insuffisantes pour capturer la richesse de ces langages.
En termes de performances, Google affirme que SL2T décroche les meilleurs résultats sur les principaux tests de traduction de l’ASL vers l’anglais (à l’instar de FLEURS-ASL). Le modèle a aussi été optimisé pour des usages du monde réel, où il faut une latence faible, éviter les hallucinations, sans oublier de prendre en compte les signeurs gauchers.
Pour développer la suite, Google a créé l’AI Sign Language Advisory Committee (AISLAC), qui regroupe des organisations internationales de sourds et malentendants, ainsi que des spécialistes du sujet. Un rapport d’impact a également été publié à l’occasion du lancement de cette version 1.0 du modèle SL2T.
S’il est bien difficile de développer de nouveaux capteurs de suivi de la santé, il est toujours possible d’exploiter au mieux ceux existants. La Pixel Watch 5 fraîchement annoncée par Google n’apporte pas grand chose de neuf dans le registre matériel. En revanche la montre connectée s’appuie sur ses composants existants, et une bonne rasade d’IA, pour détecter des signaux inédits.
Au premier regard, difficile de distinguer une Pixel Watch 4 d’une Pixel Watch 5. La lecture de la fiche technique ne nous renseigne pas tellement plus : en dehors d’une puce un peu plus véloce (la Qualcomm Snapdragon W5 Gen 2 Accelerated), de 64 Go de stockage (le double du modèle précédent) et 3 de Go de mémoire (1 de plus), la nouvelle montre connectée de Google ressemble en tout point à sa prédécesseure – si ce n’est qu’elle coûte 20 euros plus cher.
Google a préféré miser sur le logiciel et les capteurs déjà présents dans ses montres pour annoncer plusieurs nouveautés en matière de santé. Deux en particulier ressortent du lot : la détection de tendances à la hausse de la pression artérielle, et l’alerte en cas de signes de résistance à l’insuline.
La première analyse les changements de la tension artérielle par rapport à la valeur de référence, la seconde suit des tendances susceptibles d’indiquer une évolution de la résistance à l’insuline, sans mesurer directement la glycémie ni le taux d’insuline. Ces deux fonctions seront disponibles cet automne. La mesure de la résistance à l’insuline est particulièrement intrigante, c’est une première dans le domaine des montres connectées grand public ; les constructeurs investissent en effet beaucoup pour développer une solution de surveillance de la glycémie sans piqûre.
Mesure non invasive de la glycémie : si loin, si proche
Google n’y est pas encore tout à fait, puisque cet outil ne mesure pas la glycémie en continu, il ne propose pas non plus d’afficher les niveaux de glucose dans le sang. Néanmoins, c’est un premier pas et une voie intéressante qu’emprunte l’entreprise ici, celle d’un suivi des facteurs physiologiques considérés comme des indicateurs de l’effort fourni par le corps humain pour produire de l’énergie à partir des aliments ingérés.
Les mesures relevées par les capteurs de la montre (accéléromètre, cardiofréquencemètre, température cutanée), secondées par l’IA, permettent à Google d’évaluer cet effort. Les modèles IA ont été entraînés « sur des milliards de minutes de données de capteurs » obtenues auprès de plus de 100 000 utilisateurs ayant donné leur accord. « En général, ces variations de votre niveau de résistance à l’insuline sont très subtiles », explique Francis Ho, directeur produit Pixel Watch, auprès de Bloomberg.
« La plupart des adultes ne pensent pas vraiment à surveiller cet indicateur, mais s’il n’est pas pris en charge, il peut évoluer vers des pathologies plus graves », ajoute-t-il. Non prise en charge, une résistance élevée à l’insuline peut favoriser l’apparition d’un prédiabète puis d’un diabète de type 2.
Google le précise dans les notes de bas de page : ces fonctions ne sont pas des dispositifs médicaux, elles ne servent pas à diagnostiquer, traiter ou guérir des maladies. En ce qui concerne l’alerte des signaux de résistance à l’insuline, ce n’est pas un outil de dépistage du diabète ni de surveillance de la glycémie en temps réel.
« N’utilisez pas ce produit pour gérer votre diabète, et ne vous fiez pas aux informations qu’il fournit pour modifier votre traitement ou vos taux d’insuline », insiste le constructeur qui recommande de consulter un vrai médecin. Ça va mieux en le disant bien sûr, et c’est aussi un moyen de se protéger contre d’éventuelles poursuites.
Ces fonctions santé sont regroupées sous l’ombrelle Health Guardian, qui proposera des résumés mensuels pour ces métriques. S’y ajoutera la tendance de la qualité respiratoire pendant le sommeil. Toujours sur un registre très anxiogène, la Pixel Watch 5 propose aussi de détecter la perte de pouls ce qui, le cas échéant, peut déclencher un appel vers les services d’urgence. Des secours qui pourront aussi être appelés en cas de détection d’une urgence respiratoire (baisse persistante du taux d’oxygène).
Les résumés mensuels seront disponibles aussi sur le nouveau bracelet sans écran Fitbit Air.