Ubisoft se prépare à introduire de nouveaux modes de jeu classés (ranked) au sein de For Honor, son champ de bataille virtuel dans lequel on peut gaiement s’étriper à grands coups de masse d’armes. La nouvelle est à première vue plutôt bonne pour les adeptes de ce titre sorti en 2017, puisqu’elle montre que l’éditeur continue à entretenir la flamme.
Elle s’accompagne toutefois d’un changement qui risque de faire grincer quelques dents : à compter du 10 septembre, date du lancement de la saison associée à ces modes classés, le titre ne sera plus jouable sur Linux et, par extension, sur le Steam Deck de Valve (dont l’OS exploite une base Arch).
Ubisoft annonce l’arrivée de nouveaux modes classés dans For Honor – crédit Ubisoft
« Afin de garantir un environnement compétitif équitable, l’équipe met en place des mesures de sécurité supplémentaires pour les joueurs. Nous retirons For Honor de la plateforme Linux pour assurer un environnement plus sûr, car il nous est impossible d’y déployer une protection efficace. Par conséquent, For Honor ne sera plus jouable sur Steam Deck à partir du 10 septembre. Nous continuons d’explorer différentes pistes pour améliorer notre système anti-triche, avec la possibilité de rouvrir la plateforme ultérieurement. »
L’éditeur ne donne pas de détails techniques précis, mais il invoque donc l’objectif de lutte contre la triche pour justifier cette décision. For Honor était compatible avec Linux depuis 2023, suite à l’adaptation deux ans plus tôt par Epic de son logiciel anti-triche, Easy Anti-Cheat pour assurer le support des trois environnements courants (Windows, macOS et Linux). Sur Reddit, la communauté For Honor a accueilli la nouvelle en des termes que la décence nous interdit de reproduire.
Dans un projet de décret, le gouvernement français prévoit, sous certaines conditions, que le fabricant ou l’importateur devra fournir les plans 3D des pièces détachées indispensables à l’utilisation des produits qui sont indisponibles à la vente. Les industriels du numérique comme ceux de l’électroménager critiquent vivement le texte.
En juin dernier, le gouvernement français a notifié la Commission européenne de sa volonté de prendre un décret facilitant l’impression 3D de pièces détachées pour permettre la réparation des machines dont les pièces ne sont plus disponibles. De fait, il encadre l’application d’une partie d’un article (Article L111-4) du Code de la consommation modifié en février 2020 par la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire et en vigueur normalement depuis le 1er janvier 2022. Si ce texte, soumis à critiques des différents acteurs concernés, est finalement publié au Journal officiel, il s’appliquera à partir du 1er janvier 2027.
Le texte est disponible pour consultation et avis des parties concernées sur le site de la Commission européenne. Selon l’explication de texte donnée à Bruxelles, il « vise à faciliter la réparation des produits et leur durabilité dans un objectif d’économie circulaire ».
Le texte de la loi impose au fabricant ou à l’importateur, « lorsqu’une pièce détachée indispensable à l’utilisation d’un bien disponible sur le marché peut être fabriquée par un moyen d’impression en trois dimensions et qu’elle n’est plus disponible sur le marché », l’obligation de fournir le plan de fabrication 3D de la pièce détachée « ou, à défaut, les informations techniques utiles à [son] élaboration ».
Il prévoit que la demande puisse être faite par des vendeurs professionnels, des reconditionneurs ou des « réparateurs, agréés ou non ». Une importante réserve est ajoutée puisque le texte de loi prévoit que cela doit être fait dans le cadre « du respect des droits de propriété intellectuelle et en particulier sous réserve du consentement du détenteur de la propriété intellectuelle ».
Mais le texte voté laissait au décret le soin de préciser quels appareils sont concernés. Dans le projet notifié à la Commission européenne, le gouvernement y liste les appareils électroménagers mais aussi des produits numériques comme les consoles de jeux vidéo, les équipements d’imagerie et d’impression, les serveurs et produits de stockage de données, les smartphones, les ordinateurs portables et tablettes ou encore les dispositifs d’affichage électroniques. D’autres produits non spécifiquement numériques sont aussi listés, comme les articles de sport, de bricolage et même les voitures particulières, les camionnettes et les véhicules de catégorie L.
Pour toutes ces gammes de produits, le projet de décret prévoit que cette partie de l’article L111-4 sur la disponibilité des plans 3D des pièces détachées s’applique. S’il dispose du plan 3D, le fabricant ou l’importateur devra le fournir dans les 15 jours ouvrables, sinon, il doit donner les spécifications techniques nécessaires à l’élaboration de ce plan dans les 20 jours ouvrables. « L’obligation ne s’applique pas lorsqu’une pièce détachée imprimée en trois dimensions ne peut pas être utilisée dans le respect de la sécurité des produits », ajoute le texte.
Casus belli pour les industriels
Comme l’a repéré L’Informé, pour les industriels du numérique représentés par l’AFNUM (Alliance Française des Industries du Numérique, dans laquelle on retrouve beaucoup de multinationales comme Apple, Microsoft, Google, Xiaomi, Panasonic, GP ou encore Nikon), c’est un casus belli.
Dans une contribution [PDF], ce lobby industriel affirme que, « pour les produits à haute teneur technologique, comme les équipements numériques, aucun acteur du marché de la réparation par impression 3D ne dispose aujourd’hui des capacités techniques et des certifications nécessaires pour réaliser une réparation sûre des pièces concernées ». Il ajoute que certains produits numériques de la liste destinés aux professionnels sont « déployés, entretenus, réparés et remplacés par un personnel spécifique, ce qui limite structurellement l’intérêt pratique de la mise à disposition de plans d’impression 3D ». L’AFNUM argumente aussi contre le texte en raison d’incompatibilités avec des règlements européens qui « poursuivent explicitement un objectif d’harmonisation ».
Pour l’autre lobby qui s’est exprimé, l’APPLiA (qui rassemble Miele, Dyson, Philips et autres fabricants d’électroménagers comme Vestet), « le projet de décret impose des obligations susceptibles de créer des exigences perturbatrices au sein du marché unique et n’apporte aucune valeur ajoutée concrète aux consommateurs ni à l’environnement ». Un des arguments qui peuvent porter repose sur le contact avec des aliments : « Étant donné que les données CAO 3D ne permettent pas de contrôler la composition des matériaux d’une pièce de rechange provenant d’un tiers, nous anticipons des problèmes de conformité des matériaux destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires ». Le lobby pointe aussi la « charge administrative significative » que pourra représenter la justification d’un refus pour des raisons de sécurité que prévoit le texte.
Cela fait quasiment une éternité que NVIDIA lance de nouvelles cartes graphiques tous les ans. 2026 pourrait déroger à la règle et le fautif n’est pas à chercher bien loin : l’IA générative et ses insatiables besoins en GPU et mémoire. AMD et NVIDIA misent tout sur ce marché (très lucratif), avec la promesse de nouvelles puces chaque année.
Depuis l’arrivée « fracassante » de l’intelligence artificielle générative avec le lancement de ChatGPT fin 2022, le monde des cartes graphiques a changé dans les grandes largeurs. Les grands modèles de langages sont passés de dizaines de milliards de paramètres à des milliers de milliards, nécessitant toujours plus de mémoire pour être « chargés ». Les trois principaux producteurs de puces mémoires se sont réorganisés pour répondre à la demande, avec une forte baisse sur les puces grand public, provoquant des hausses très importantes sur les prix.
Mais l’IA générative a également conduit NVIDIA à revoir ses plans en matière de développement GPU : la priorité est clairement donnée au monde des datacenters et de l’IA générative et non aux joueurs. Les annonces de GeForce se font rares… La dernière carte graphique lancée par NVIDIA est la RTX 5050 en juillet 2025, il y a exactement un an.
La dernière génération de cartes a été lancée en janvier 2025 avec les RTX 5000. Depuis, rien… pas de nouvelles cartes en déclinaisons Super par exemple. À quand les GeForce RTX 60 de la génération Rubin (du moins si ce nom est conservé pour le grand public) ? Pas avant 2027, voire 2028 a priori.
En effet, selon The Information, il ne faut rien attendre en 2026 : « NVIDIA ne lancera pas de nouvelle puce graphique pour les joueurs cette année en raison d’une pénurie mondiale croissante de puces mémoire, provoquée par l’essor de l’IA », expliquaient nos confrères en février. Jusqu’à présent, le calendrier leur donne raison. Dans le monde des datacenters toutefois, c’est bien différent.
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Plusieurs documents soumis à l’actuel Parlement australien dans le cadre de ses enquêtes contiennent des éléments et des citations générées par IA. Le risque : que des représentants politiques appuient leurs décisions sur des éléments créés de toutes pièces par les chatbots génératifs.
Pour appuyer la fabrique de la loi, la plupart des parlements à travers la planète s’appuient sur des travaux d’enquête, auprès de citoyens comme d’experts. Mais comment s’assurer que ces processus fonctionnent bien, lorsqu’ils se retrouvent inondés de contenus générés par IA citant de fausses recherches et des universitaires inexistants ?
Telle est la question que soulève The Guardian Australia après avoir relevé de multiples « hallucinations » dues au recours à l’IA générative dans des travaux du Parlement australien. Dans certains cas, les membres des comités rédigeant les rapports supposés informer le travail réglementaire ont cité des références qui semblent réelles, mais qui n’existent pas.
Fausses références liées à de vrais universitaires
De la même manière que, dans d’autres domaines, des articles entièrement générés par IA se retrouvent attribués à de vrais journalistes, à leur corps défendant, certaines des références repérées par le Guardian lient des travaux inventés à de vrais universitaires.
Directement concernée, la psychologue et professeure associée à l’Université du Queensland, Dina Haslam qualifie la trouvaille d’ « inquiétante », précisément parce que ces faux sont crédibles. Elle décrit par ailleurs la « grande frustration » d’avoir investi temps, argent et expertise dans des « recherches rigoureuses », pour ensuite voir son nom et celui de ses équipes cités aux côtés de travaux inexistants.
Outre ce cas précis, The Guardian a constitué une base réunissant toutes les soumissions écrites envoyées au Parlement actuellement en exercice. Le journal a ensuite vérifié automatiquement chacune des citations en s’appuyant sur plusieurs bases de données académiques. Les références qui étaient les plus souvent pointées comme ne correspondant à aucun travail existant ont ensuite été vérifiées à la main. Ceci a permis au journal d’identifier au moins 39 textes à destination des représentants politiques contenant des références probablement hallucinées par des IA génératives.
Une autre méthode visant à estimer la prévalence du recours à de grands modèles de langage a donné des résultats plus importants. Le journal a notamment constaté que plus de 100 documents incluaient certains des tags ajoutés automatiquement aux urls par ChatGPT (de type ?utm_source=chatgpt.com) lorsque le chatbot fournit une source. Contactés, l’essentiel des autrices et auteurs de ces documents ont semblé découvrir la possibilité que les robots d’IA générative puissent générer de toutes pièces, et donc inventer, certaines des sources citées.
Quand les résumés IA de Google compliquent la vérification
Ce n’est pas la première fois que les décideurs australiens – comme ceux d’autres nationalités – ont maille à partir avec l’IA générative.
En 2025, Deloitte a dû rembourser une partie de la somme que l’État australien lui avait versée pour obtenir l’audit d’un système informatique dédié à l’automatisation des sanctions en cas d’irrespect des règles d’accès aux aides sociales. Son travail s’était avéré présenter de multiples erreurs et fausses citations scientifiques, typiques de ces textes générés par IA. Quelques mois plus tard, c’est le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, au Canada, qui a dû demander à la même entreprise de reprendre son travail après que celui-ci se soit avéré présenter des éléments – dont de supposées références scientifiques – générés par IA.
Dans le domaine juridique, plus de 2 000 cas de plaidoiries hallucinées par IA ont été identifiées par le juriste Damien Charlotin à travers le monde, quelquefois pour présenter un argumentaire, dans d’autres cas pour proposer des citations. Problème : dans ce second cas, les références ou jurisprudences énoncées n’existent quelquefois pas du tout. Dans plus de 350 cas, ces recours aux chatbots génératifs se sont soldés par des sanctions financières, plus 150 sanctions disciplinaires.
Mais pour le monde réglementaire comme pour le judiciaire, la multiplication de travaux en tout ou partie générés par IA vient compliquer la vérification des faits. Et ce d’autant plus qu’avec le déploiement généralisé des résumés IA dans Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, le chatbot Gemini tend à proposer des justifications ou à laisser entendre qu’une référence existe même si ce n’est pas le cas. Dans certaines occurrences, le Guardian relève la propension du robot à générer de faux résumés pour des travaux de recherche inexistants.
Dans la mesure où les enquêtes visent à éclairer les travaux parlementaires, le politologue Christian Downie estime que de nouvelles règles pourraient être nécessaires, pour encadrer la soumission de documentation aux régulateurs australiens. À défaut, le risque est de voir ces derniers prendre des décisions sur la base d’éléments générés automatiquement, sans lien avec le monde réel.
Le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati, qui fournit des services alternatifs d’hébergement et de messagerie, vient d’être désigné comme « organisation terroriste » par les États-Unis. Suivie du blocage de son nom de domaine en .org, la mesure vise à couper les moyens d’une initiative accusée d’outiller les mouvements d’ultragauche. Le collectif dénonce une attaque contre la liberté d’expression et assure qu’il ne se laissera pas faire.
Pour la première fois, les États-Unis assimilent une infrastructure numérique à une action terroriste. L’administration Trump vient en effet de classer le mouvement d’origine italienne Autistici/Inventati parmi les « organisations terroristes mondiales spécialement désignées » (on parle de SDGT, pour specially designated global terrorist).
Elle lui reproche d’héberger 16 000 boîtes mail, 1 500 sites et 10 000 blogs sur une plateforme devenue le « nœud clé d’une campagne transnationale menée par des réseaux d’extrême gauche violents et criminels visant à déstabiliser les États-Unis et leurs partenaires en Europe, dans l’hémisphère occidental et au-delà ».
Une sanction aux répercussions immédiates
L’action a été décrétée conjointement par le département d’État (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) dirigé par Marco Rubio et par le département du Trésor le 26 août.
Elle s’appuie sur le fondement juridique du décret exécutif 13 224 émis par George W. Bush suite aux attaques du 11 septembre 2001 qui dote l’administration états-unienne de pouvoirs de sanctions contre les organisations ou les personnes accusées d’avoir fourni des ressources ou des services ayant contribué à un acte de terrorisme. « Cette désignation s’inscrit dans le cadre d’un effort plus vaste du gouvernement américain visant à lutter contre la menace du terrorisme transnational d’extrême gauche », décrit le département d’État.
D’après ce même département d’État, Autistici/Inventati fournit son infrastructure à des « cellules violentes d’Antifa et d’autres militants d’extrême gauche à travers le monde », et permet à ces dernières d’opérer sous les radars légaux :
« Ces outils sont spécifiquement conçus pour soutenir les opérations des réseaux terroristes d’extrême gauche, construits pour leur permettre de s’organiser, de recruter, de communiquer, de diffuser de la propagande, de partager des informations et des tactiques sur les cibles, et de mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables et hors de portée de la loi. »
La désignation d’Autistici/Inventati comme membre de cette liste noire entraîne le blocage de toutes les ressources dont pourrait disposer le collectif aux États-Unis. Du côté du Trésor, cette qualification en tant que SDGT déclenche une sanction prononcée par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui interdit toute relation commerciale avec l’entité désignée. Une licence générale (PDF) en précise les modalités : elle autorise une fenêtre de wind down (liquidation) jusqu’au 25 septembre 2026, date à laquelle les banques, hébergeurs, prestataires ou opérateurs financiers devront avoir totalement coupé les ponts avec Autistici/Inventati.
La mesure a entraîné deux répercussions rapides. Le 28 août, Autistici/Inventati a en effet constaté le blocage de son compte PayPal, utilisé notamment pour recueillir les dons qui financent ses activités, puis la suspension du nom de domaine de l’un de ses sites web, autistici.org. Une analyse technique indépendante confirme que ce blocage a été réalisé au niveau du registre PIR qui gère le .org. Le site en question (hébergé par Open Networks Association en Suisse) n’a donc pas été saisi, et reste accessible au prix de quelques manipulations techniques. Les mails fournis en @autistici.org sont quant à eux inopérants.
Autistici/Inventati conserve par ailleurs l’essentiel de sa présence en ligne, à commencer par son autre domaine principal, inventati.org, et sa plateforme noblogs.org. Le mouvement craint cependant que les sanctions états-uniennes aient un impact plus sérieux sur ses activités.
Sur son blog collectif, il indique ainsi avoir été averti par sa banque italienne, Banca Etica, que celle-ci allait cesser de lui prodiguer des services financiers. « Il s’agit d’une étape importante, car elle montre comment une décision prise par une autorité américaine peut avoir des conséquences concrètes, y compris sur les relations financières d’une organisation italienne, qui a jugé trop risqué de maintenir ses relations avec A/I », remarque le collectif.
Autistici/Inventati résume sa raison d’être dans un manifeste écrit en 2002. Le collectif revendique une idéologie « anti-fascisme, anti-racisme, anti-sexisme, anti-militarisme », et affirme que sa mission consiste à mettre des outils de communication alternatifs (comprendre, non commerciaux) à destination de tous ceux qui partagent ses idées, et luttent pour les défendre.
Ses services comprennent notamment une messagerie (boîte mail), un outil de gestion de listes de diffusion et newsletters, des canaux de messagerie instantanée, de l’hébergement, des outils dédiés à l’anonymat et la plateforme de blogs noblogs.org, notoirement utilisée par des collectifs antifascistes (notamment français).
Partisan d’un « activisme radical », A/I assume de réserver ses services « exclusivement aux personnes ou aux groupes avec lesquels nous ressentons une affinité » :
« Nous sommes un collectif de militants numériques, d’antifascistes et d’anticapitalistes. Nous croyons en une technologie qui n’est pas un carcan mais un outil de libération. Où les courriels restent des lettres confidentielles, et non des fichiers ouverts. Où l’hébergement n’est pas une prison mais un refuge pour les idées dérangeantes, pour les débats que le marché refuse d’acheter et que l’État refuse de museler. »
Des canaux utilisés pour préparer des actions terroristes
Bien qu’A/I se contente de fournir des outils techniques, l’administration Trump estime que son action participe directement de celles de groupuscules extrémistes relevant du terrorisme.
Le département d’État affirme ainsi que les cellules anarchistes ayant saboté les réseaux ferroviaires en France, Italie, Allemagne et Pays-Bas en 2026 utilisaient A/I pour revendiquer leurs attaques. Il accuse également A/I d’avoir fourni des services au collectif Rose City Antifa, dans l’Oregon, lequel aurait attaqué des hélicoptères des douanes, et diffusé des appels à attaquer les agents de l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration, accompagnés d’informations personnelles.
Il décrit également comment un « groupe médiatique d’extrême gauche », cité dans une enquête fédérale pour terrorisme, utiliserait les outils d’A/I pour diffuser des appels à l’action en faveur d’organisations déjà désignées comme terroristes par les États-Unis, parmi lesquelles le Hamas, le Hezbollah ou le Front populaire de libération de la Palestine :
« Bon nombre de ces groupes se sont appuyés sur l’infrastructure numérique du collectif A/I pour planifier ou inciter à des attaques violentes, recruter d’autres personnes pour se livrer à des activités criminelles, publier des communiqués officiels d’organisations terroristes étrangères désignées par les États-Unis et diffuser des cartes d’infrastructures critiques, ainsi que des instructions pour la fabrication d’engins explosifs improvisés et incendiaires – le tout acheminé via un réseau de serveurs étrangers destiné à dissimuler les activités criminelles aux forces de l’ordre. »
D’autres apportent un constat plus nuancé. « Certains des sites NoBlogs les plus connus appartiennent à des chercheurs qui se consacrent exclusivement à documenter la haine et la radicalisation d’extrême droite, sans jamais agir concrètement, se contentant de révéler la réalité », remarque par exemple le compte d’un de ces collectifs de recherche.
De son côté, A/I dénonce le caractère arbitraire de la décision, et l’assimile à une forme de censure à laquelle, justement, le collectif se refuse. « Nous ne censurons pas les contenus à l’avance. Si la loi nous oblige à retirer un contenu, nous le faisons, puis nous nous battons pour le remettre en ligne. Notre limite, c’est la loi ; notre boussole, c’est la liberté », défend-il dans un appel à soutien.
A/I lance un appel à soutien – capture d’écran Next
Medium contre message
Il soulève dans le même temps la question de fond posée par cette sanction états-unienne :
« Ce cas est intéressant car il déplace l’attention de la responsabilité de ceux qui commettent une action vers celle des fournisseurs d’infrastructures permettant la communication, l’organisation ou la publication de contenu.
La question ne concerne pas uniquement A/I. Le même principe pourrait, en théorie, s’appliquer aux fournisseurs de messagerie électronique, aux services cloud, aux hébergeurs, aux plateformes de messagerie, aux systèmes de paiement ou aux bureaux d’enregistrement de noms de domaine. Il s’agit de déterminer à quel moment la fourniture d’un service à usage général devient, au regard des lois applicables, un « soutien matériel » à une organisation terroriste. »
La question interpelle également l’Electronic Frontier Foundation (EFF) qui voit dans cette sanction une menace plus large que le simple cas d’A/I. « Ils s’en prennent au messager, déclare à The Intercept Jillian York, directrice de la liberté d’expression internationale au sein de l’EFF. Je ne pense pas que les membres du groupe cautionnent nécessairement les agissements des personnes qu’ils ont hébergées. Ce qu’ils cautionnent, c’est la liberté d’héberger, la possibilité de rester anonyme et de préserver sa vie privée. »
Autistici/Inventati nie de son côté « toutes les allégations » de l’administration Trump et clame son intention de résister.
« Nous ne reculerons pas. Nous continuerons à œuvrer comme nous l’avons fait depuis des années et nous mettrons tout en œuvre pour contrer les fausses allégations d’un gouvernement aux abois politiquement, dont le seul but est de détourner l’attention du public et des médias de ses propres actes de violence et de bellicisme.
L’antifascisme et l’anticapitalisme ne sont pas du terrorisme. Manifester n’est pas du terrorisme. Et chacun a le droit de s’exprimer et de lutter pour l’humanité. »
En France, Framasoft et la Quadrature du Net ont signé et relayé la lettre ouverte initialement publiée par Sabot Media qui appelle à la révocation de cette classification, ainsi qu’à une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.
« Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle », écrivent les signataires.
Le régulateur états-unien attaque en justice Amazon pour avoir surfacturé « de manière secrète et systématique » 1,2 million d’annonceurs sur Amazon.com.
20 milliards de dollars, c’est ce qu’aurait empoché discrètement Amazon en surfacturant, depuis 2019, 1,2 million d’annonceurs sur sa plateforme, selon la Federal Trade Commission (FTC, l’agence américaine de contrôle du droit de la consommation et des pratiques anticoncurrentielles). Elle a été rejointe par 22 États américains pour porter une plainte devant la justice.
La plainte (PDF) accuse la plateforme de vente en ligne de ne pas appliquer le mécanisme d’enchères censé déterminer les prix de la publicité qui s’affiche à côté des produits que ses utilisateurs proposent à la vente.
Pendant ces enchères, les annonceurs enchérissent pour pouvoir placer leurs publicités à côté des résultats que la plateforme affiche lorsqu’on recherche un produit. Un emplacement est attribué au plus offrant concernant un certain mot-clé. L’entreprise aurait « gonflé les prix d’enchère » de produits publicitaires, détaille le document.
Un mécanisme d’enchère modifié sans que personne n’en soit informé
Amazon aurait considérablement gonflé les prix de ses « Sponsored Products » en appliquant un « taux de majoration » moyen qui augmenterait lors des jours de grande affluence sur le site (ces taux sont cachés dans le document rendu public).
« D’après de nombreux documents internes décrivant ses « suppléments » « cachés », le stratagème d’Amazon aurait permis à l’entreprise de soutirer illégalement plus de 20 milliards de dollars à ses clients publicitaires qui n’en avaient pas conscience », affirme la plainte.
En fait, lors de l’enchère, Amazon propose un système dit de « second prix » qui est censé permettre à la personne qui a proposé l’enchère la plus haute de payer seulement un centime de plus que la deuxième enchère la plus élevée. Par exemple, si je propose 2 dollars mais que l’enchère en dessous de ma proposition est de 1,5 dollars, je suis censé ne payer que 1,51 dollar. C’est un système qui est utilisé de façon standard par d’autres plateformes de ventes de pubs comme Google Ads. Selon la plainte, c’est sur cette somme qu’Amazon a joué avec son taux de majoration.
Un coût qui se répercuterait indirectement sur les consommateurs
La FTC et les États affirment que, si les conséquences de ce mécanisme s’appliquent directement sur les annonceurs, elles se répercutent aussi sur les consommateurs : « Une part importante de ces coûts, y compris les frais publicitaires pris en charge par les vendeurs Amazon, est finalement répercutée sur les acheteurs Amazon, qui la paient sous la forme de prix plus élevés ».
Amazon s’est défendu dans un communiqué. L’entreprise de Jeff Bezos nie en premier lieu que le mécanisme ait un quelconque impact sur les consommateurs : « la politique tarifaire d’Amazon contredit toute allégation selon laquelle les consommateurs subiraient un préjudice ».
« Après avoir examiné environ 1,5 million de pages couvrant une période de six ans, la FTC s’appuie sur une poignée de communications simplifiées pour alléguer l’existence d’une manœuvre de tromperie menée à l’échelle de l’entreprise. C’est manifestement faux », déclare l’entreprise. Amazon affirme que dans le mécanisme de « second prix » qu’elle a mis en place, « en aucun cas, un annonceur ne paie plus que son enchère ». Remarquons que ce n’est pas ce que la FTC pointe.
« Lorsqu’un des plus grands détaillants en ligne au monde se livre à des pratiques déloyales et trompeuses, les conséquences peuvent être considérables », a, de son côté, affirmé dans un communiqué le responsable de la FTC, Andrew N. Ferguson. « Amazon compte des millions de clients publicitaires qui ont été induits en erreur et ont payé des prix nettement plus élevés ».
Aux États-Unis, une usine SK hynix va ouvrir d’ici deux ans afin de produire des puces de mémoire HBM « Made in USA »… du moins en partie. Dans le même temps, le patron de l’entreprise indique que la pénurie de puces devrait finalement durer jusqu’à fin 2030.
Dans le petit monde de la mémoire vive, trois fabricants tirent leur épingle du jeu : Micron, Samsung et SK hynix. Intel pourrait revenir sur ce marché, c’est du moins ce que laisse penser Lip-Bu Tan, son directeur général. L’entreprise connait bien ce marché puisqu’elle y était présente pendant des années, avant de changer de stratégie et de revendre une partie de ses activités NAND à SK Hynix il y a quatre ans.
Le trio du jour profite amplement de la vague IA générative et des besoins en GPU et mémoire vive qu’elle déclenche. Les LLM remplissent les carnets de commandes, provoquant des tensions et des pénuries sur le marché, avec une explosion des coûts.
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Vous avez toujours rêvé de vous passer de la virtualisation pour faire tourner des services complètement différents en parallèle sur une même machine ? C’est ce que propose mklinux en permettant de faire tourner des noyaux Linux en parallèle.
Le responsable de l’entreprise Multikernel Technologies, Cong Wang, a annoncé, la semaine dernière sur la mailing list du noyau Linux, la sortie de son projet mklinux v7.0-mk2 (disponible sur GitHub). Celui-ci permet d’exécuter plusieurs noyaux sur un même ordinateur, sans hyperviseur, donc sans virtualisation. Chacun d’entre eux gère réellement le matériel qu’il utilise.
« L’arborescence est basée sur la version 7.0 [du noyau Linux]. Avec CONFIG_MULTIKERNEL=n, elle se compile et se comporte exactement comme la version 7.0 », précise-t-il.
Chaque noyau s’exécute sur son propre matériel
Le principe est que mklinux (ou multikernel) lance un premier noyau qui gère un certain nombre de processeurs, de la mémoire et des périphériques. Ce premier noyau divise ces ressources « en instances et démarre un noyau dérivé dans chaque instance via la fonction kexec_file_load() », explique Cong Wang.
« Chaque noyau dérivé s’exécute en mode natif sur ses propres processeurs, sa propre mémoire physique et ses propres périphériques. Rien n’est émulé et rien n’est intercepté ; la seule chose partagée est ce que vous choisissez de partager », ajoute le responsable du projet.
Optimisation du traitement et de l’exposition aux risques
L’idée de multikernel est de proposer une véritable isolation au niveau du noyau « avec des performances proches de celles d’un système « bare-metal » et une allocation dynamique des ressources, sans la surcharge d’un hyperviseur », comme l’explique la FAQ du projet. Cela doit permettre une optimisation de la vitesse de traitement et de l’exposition aux risques.
La promesse de cette architecture est que le blocage d’un noyau, une faille de sécurité le touchant ou un kernel panic n’aient aucune conséquence sur les autres systèmes qui tournent en parallèle.
Le concepteur explique dans son message avoir validé par des tests : « Des instances ont été lancées, arrêtées, reconfigurées et relancées dans le cadre de longues boucles de test […] ; un plantage dans un noyau n’affecte pas les autres, et il est confirmé que chaque processeur attribué à une instance est remis en veille sur l’hôte avant d’être réutilisé ».
Et, « en comparant aux machines virtuelles, il n’y a pas de chemin de sortie de la VM, pas de deuxième niveau de tables des pages et pas de modèle de périphérique », ajoute Cong Wang.
Dans son annonce, il donne quelques comparaisons de performances. Ainsi, face à une machine virtuelle KVM, multikernel est de 1,07 fois (fork + sortie) à 2,5 fois plus rapide (changement de contexte), avec une bande passante mémoire et une latence équivalentes :
Pour l’instant, multikernel fonctionne sur architecture x86_64, même si l’annonce sous-entend que le projet ne s’y limitera pas. D’ailleurs, sur son site, l’entreprise vante déjà des solutions pour ARM ou RISC-V.
En pratique, quelles utilisations cible le projet ? Multikernel Technologies propose déjà plusieurs offres de service destinées aux entreprises visant la mise en place de clouds privés sans hyperviseur, le sandboxing d’agents IA et la mise à jour du noyau sans avoir à redémarrer la machine.
Comme toujours avec les versions LTS (Long Term Support) d’Ubuntu, la première mouture « .1 » est attendue. Ubuntu 26.04.1 vient ainsi d’être mise à disposition, simplifiant dans un premier temps les nouvelles installations du système.
Cette version ne comprend aucune nouveauté. Elle est là pour reprendre l’ensemble des correctifs (bugs généraux et sécurité) sortis depuis la publication d’Ubuntu 26.04 en avril dernier. Les images ISO proposées permettent l’installation d’un système à jour, avec moins de téléchargements lors de la première session. Pour les utilisateurs existants d’Ubuntu 26.04, il n’y a rien à faire.
Ces versions « .1 » sont cependant importantes pour la mouture LTS précédente. Canonical applique la même stratégie depuis longtemps : une LTS ne peut être mise à jour vers la suivante qu’une fois la version « .1 » de celle-ci disponible, qui débloque alors un chemin de migration. Un choix qui répond à des critères de fiabilité, ces versions permettant de gommer les erreurs de jeunesse. Un comportement déroutant de prime abord, car il s’écoule plusieurs mois entre l’arrivée d’une nouvelle LTS et la disponibilité de son chemin de migration.
Une partie des utilisateurs d’Ubuntu 24.04 attend donc la 26.04.1, mais il faudra être encore un peu patient. Oliver Reiche, développeur chez Canonical, a indiqué que même si la 26.04.1 était effectivement disponible, le chemin de migration avait du retard. Il faudra attendre quelques semaines de plus, la faute à des « régressions dans une version récente de rust-coreutils ».
Quand le chemin de migration sera disponible, le système signalera cette possibilité. Comme le rappelle OMGUbuntu, il est toujours possible de forcer le passage avec la commande « sudo do-release-upgrade -d », mais la procédure n’est pas recommandée pour des questions de fiabilité.
Ce mardi 1er septembre est à marquer d’une pierre blanche du côté de Cupertino. Après quinze années passées à la tête d’Apple, Tim Cook cède sa place à John Ternus. Une nouvelle garde qui s’accompagne de plusieurs changements et départs à la direction du groupe.
Passage de témoin à la tête d’Apple. Le constructeur informatique a un nouveau directeur général en la personne de John Ternus, qui, à 51 ans, a fait la quasi-totalité de sa carrière dans l’entreprise. Il travaille en effet à Cupertino depuis 2001, d’abord en tant que membre de l’équipe de design produit ; il grimpe patiemment les échelons jusqu’en 2013, où il devient vice-président de l’ingénierie matérielle, puis vice-président senior en 2021.
C’est donc un pur produit d’Apple qui remplace Tim Cook. Et son agenda est déjà bien rempli avec la keynote du 9 septembre qui (selon les rumeurs) le verra présenter la nouvelle gamme d’iPhone 18 Pro et le premier iPhone pliant. Tim Cook lâche donc la direction générale de l’entreprise, mais il ne s’éloigne pas tant que cela : il devient en effet le président du conseil d’administration, où il continuera de défendre la marque auprès des grands de ce monde – à commencer par un certain Donald Trump.
John Ternus et Tim Cook. Image : Apple
« Aujourd’hui est mon dernier jour en tant que PDG d’Apple », écrit-il dans un mémo interne publié par 9to5Mac, dans lequel il s’adresse à ses équipes. « De toute ma vie, je n’ai jamais vu ni côtoyé une équipe de personnes aussi extraordinaire, et chaque jour m’en apporte de nouveaux exemples. » Le dirigeant poursuit :
« [Apple] est la preuve que la culture l’emporte sur tout. Nous partageons la conviction que ce que nous construisons compte, et que nous avons à la fois l’opportunité et la responsabilité de laisser le monde dans un meilleur état que nous ne l’avons trouvé (…) Nous avons rendu possible le fait de laisser notre “marque dans l’univers”, comme Steve l’a un jour décrit, grâce à ce que nous sommes et à ce en quoi nous croyons, grâce à ce que nous valorisons et à la manière dont nous voyons le monde. »
Celui qui se dit « en paix avec [sa] décision » indique aussi que « diriger cette équipe et être à vos côtés à chaque étape me manquera ». Tim Cook a évidemment toute confiance en son successeur : « Peu de personnes comprennent ce qu’il faut pour créer des produits qui changent le monde comme John [Ternus] le comprend. »
Pas de big bang en vue
Le grand public fera plus ample connaissance avec le nouveau boss (même s’il apparait régulièrement dans les présentations du groupe) dès la semaine prochaine. Il aura aussi, peut-être, l’occasion de préciser la direction dans laquelle il veut emmener Apple dès la prochaine keynote ou dans de futures interventions. Il ne faudra pas s’attendre à un big bang : cela fait des mois qu’il est dans l’ombre de Tim Cook pour se préparer à son futur rôle.
Là où Tim Cook a bâti sa réputation sur sa maîtrise redoutable de la chaîne d’approvisionnement, rouage essentiel pour une entreprise qui vend des dizaines de millions d’appareils par an, John Ternus incarne plutôt le versant conception de produit d’Apple. Il sera intéressant de voir ses premières décisions en tant que CEO. Elles ne devraient cependant pas rebattre les cartes, car la feuille de route du constructeur est déjà largement balisée.
Les grandes inflexions chez Apple se préparent longtemps à l’avance, ce qui explique aussi pourquoi l’entreprise peut être prise en défaut quand une technologie émerge rapidement comme ce fut le cas de l’IA générative. John Ternus, qui connait la machine Apple dans ses moindres rouages, devrait donc davantage infléchir certaines priorités – on sait qu’il n’était pas un grand fan du Vision Pro, dont les équipes ont été décimées ces dernières semaines – que lancer l’entreprise dans une nouvelle aventure hasardeuse.
John Ternus s’appuiera sur des dirigeants installés depuis des années, voire des décennies pour certains. Néanmoins, plusieurs profils de premier plan ont quitté le navire récemment, ou sont en passe de le faire : l’ancien directeur des opérations Jeff Williams, Luca Maestri aux finances, Lisa Jackson en charge de l’environnement et des affaires publiques, la directrice juridique Kate Adams, Jennifer Bailey la patronne d’Apple Pay… Tous sont sur le départ, ou à la retraite.
Phil Schiller laisse l’App Store à Eddy Cue
Autre changement important relevé par Bloomberg : Phil Schiller, venu chez Apple dans les bagages de Steve Jobs lors du retour du cofondateur à la tête de l’entreprise en 1997, ne s’occupe désormais plus de l’App Store ni des événements. Celui qui avait quitté la présidence du marketing en 2020 est une figure centrale et majeure du groupe, où il arbore le titre symbolique de « Apple Fellow ».
Phil Schiller. Image : Apple
Tout au long de sa carrière, il a joué un rôle déterminant pour de nombreux appareils, que ce soit pour les Mac, l’iPhone, l’iPad. Il a également piloté la création de l’App Store avec Steve Jobs, en 2008. Il quitte ses deux dernières responsabilités au sein d’Apple, mais à 66 ans, il n’en restera pas moins actif : il travaillera sur des initiatives « non spécifiées ».
La boutique d’apps est désormais dans le portefeuille d’Eddy Cue, le grand patron des services. Un rôle qu’il connait bien, puisque c’est celui qu’il occupait jusqu’en 2015. L’App Store a connu une période mouvementée avec Phil Schiller, entre l’introduction de la pub de plus en plus envahissante et la pression des régulateurs et de la justice qui a forcé Apple à revoir à la baisse sa commission, et même à autoriser la présence de boutiques alternatives.
Instagram a entendu la grogne des utilisateurs qui n’aiment pas découvrir que la personne derrière un profil avait en fait été générée par une IA. De nouvelles mesures vont être mises en place pour mieux les informer.
Instagram a beau être un des plus gros tuyaux déversoirs d’IA slop au monde, trop c’est parfois trop. Le réseau social de Meta a décidé de serrer la vis aux profils générés par IA qui ne jouent pas franc jeu en « omettant » de se présenter de la sorte. « Les utilisateurs veulent savoir quand un profil met en avant une personne générée par IA », affirme Instagram.
Image : Instagram
C’est pourquoi l’étiquette « Créateur IA », expérimentée depuis le mois de mai, va être remplacée par un label, plus clair, « Profil généré par IA » (« AI-generated profile »). Le tag sera visible sur la page de profil et dans ses informations détaillées, ainsi que sous le nom de la créature synthétique apparaissant dans ses posts. Les créateurs qui utilisent l’IA générative pour produire des images, des vidéos ou du texte – mais pas le persona de leur profil – n’ont pas à demander l’étiquette.
Image : Instagram
Les profils qui présentent une personne générée par IA et qui ne sont pas étiquetés sont fermement invités à activer l’option pour obtenir le label. Les créateurs qui se plieront volontairement à la règle ne verront aucune différence de visibilité pour leurs contenus. Ceux qui rechigneront à s’identifier comme profil généré par IA pourraient ne plus apparaitre dans les recommandations en cas de détection par les systèmes d’Instagram. Il sera toujours possible de faire appel d’une décision de restriction de visibilité.
La publicité dans ChatGPT n’est pas près de s’arrêter. Les annonces représentent déjà un petit business sympathique pour OpenAI : 1 milliard de dollars en revenus annualisés, d’après les projections d’OpenAI, alors que la réclame a été introduite aux États-Unis au mois de février, et qu’elle est en phase de lancement en France et ailleurs en Europe.
Le chiffre est certes symbolique, mais il est aussi important alors qu’OpenAI est en pleine préparation de son introduction en Bourse (IPO). L’entreprise veut démontrer que ses revenus reposent sur des sources diversifiées : après les abonnements payants, les offres aux entreprises et l’API basée sur l’usage, il y a aussi la publicité désormais qualifiée de « pilier », même si sa présence sur ChatGPT ne remonte même pas à 200 jours.
« Ensemble, ces offres donnent aux particuliers, aux développeurs et aux entreprises le choix dans la manière d’accéder aux produits OpenAI, y compris avec une formule gratuite financée par la publicité qui contribue à maintenir ChatGPT accessible à plus d’un milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires », explique OpenAI. La publicité est susceptible d’apparaitre dans les conversations avec la version gratuite de ChatGPT ainsi qu’avec celles de ChatGPT Go, l’abonnement à 8 euros par mois.
Les réclames apparaissent sous la forme de bandeaux, elles sont étiquetées et séparées de la conversation. La publicité « n’influence pas les réponses fournies par ChatGPT », assure OpenAI qui promet également que les annonceurs n’ont pas accès aux conversations privées. Malgré tout, l’entreprise « continue d’apprendre et de s’améliorer ». Un message qui semble destiné davantage aux annonceurs qu’aux utilisateurs.
OpenAI a ouvert plus grand le modèle publicitaire de ChatGPT Ads au mois de mai pour faire en sorte que les petites et moyennes entreprises puissent faire la promo de leurs produits et services. « De nouveaux formats, objectifs, options d’achat et outils de mesure » sont dans les tuyaux et envahiront l’inventaire de ChatGPT dans plus de 40 pays.