❌

Vue lecture

☕️ Les États-Unis bannissent l’IA chinoise DeepSeek dans l’administration civile fédérale



Le département états-unien de la Sécurité intérieure (DHS) ordonne le retrait des produits DeepSeek et services tiers utilisant le modèle d’IA chinois des systèmes informatiques des agences civiles fédérales, rapporte l’agence Reuters. Le DHS leur interdit également d’acquérir des produits DeepSeek, ainsi que des services tiers développés à l’aide des outils de l’entreprise chinoise.

L’AFP précise que le DHS, qui a autorité sur les services civils du gouvernement (mais pas sur l’armée ni le renseignement américain), ne motive pas sa décision dans l’avis.

Reuters souligne cela dit que dans une note de service datée de juillet et rendue publique ce lundi, en annexe du mémo, le DHS avait déjà demandé aux agences fédérales de surveiller le trafic entrant et sortant des sites web gouvernementaux afin de faire face aux risques potentiels liés à DeepSeek.

Le DHS expliquait que les modèles DeepSeek comportent « plusieurs vecteurs de menace », qu’ils « peuvent contenir des logiciels malveillants ou d’autres vulnérabilités de sécurité », et que « plusieurs vulnérabilités critiques » avaient été découvertes dans son application mobile iOS en 2025.

Il s’inquiétait également du fait que l’utilisation de ce produit « pourrait entraîner le transfert de données sensibles vers la République populaire de Chine s’il était utilisé par des employés du gouvernement américain ou des prestataires ». Le DHS indiquait enfin que l’utilisation de DeepSeek par des agences gouvernementales « pourrait générer des renseignements exploitables concernant des ressortissants américains et/ou des agences gouvernementales ».

Cette interdiction n’est pas la première aux États-Unis, relève Reuters. Plusieurs agences américaines, notamment le ministère du Commerce et la Marine, avaient ainsi déjà interdit l’utilisation de DeepSeek sur les appareils gouvernementaux. Plusieurs États, dont New York, le Tennessee et la Virginie, avaient pris des mesures similaires.

En juillet, la Federal Communications Commission (FCC) avait par ailleurs voté l’interdiction de la vente aux États-Unis d’appareils contenant des composants matériels clés provenant d’entreprises chinoises considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale. La FCC avait aussi proposé d’interdire aux opérateurs de télécommunications américains de s’interconnecter avec des entreprises de télécommunications chinoises considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale.

  •  

Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ?

"Avec toi ?"
Next, un pacte : trois ans plus tard, toujours INtact ?

En octobre 2023, Next INpact devenait Next après une longue traversée du désert. L’équipe avait alors formulé un certain nombre d’envies, de promesses et d’engagements. Trois ans plus tard, il est temps pour un petit point d’étape.

J’en connais quelques-uns qui n’en menaient pas large, il y a trois ans et quelques jours, au moment de monter sur scène. Le 16 octobre dernier marquait en effet le troisième anniversaire de la soirée organisée pour présenter les grandes lignes du projet visant à sauver un journal mourant, et à le relancer avec l’ambition tout à fait assumée d’en faire l’un des meilleurs médias tech de la scène francophone.

Sans refaire tout le match, il faut tout de même rappeler d’où l’on vient. À l’été 2023, Next INpact est exsangue, même si sa communauté a toujours répondu présent lors des appels à soutien financier lancés pendant deux ans. Arrive alors Ferdinand, dit Ferd, patron de moji, tel un lapin sorti du chapeau. Il se propose de racheter le site et de lui donner les moyens nécessaires à sa renaissance, en garantissant qu’il n’interférera pas avec la ligne éditoriale. La transaction est bouclée le 26 septembre 2023.

À peine trois semaines plus tard, rendez-vous était donc donné à Nanterre pour célébrer un nouveau départ. À l’époque, on parlait d’ « un pacte » passé avec les lectrices et lecteurs. Au-delà du jeu de mot, le terme n’était pas anodin : un pacte, c’est une forme de contrat. Cet anniversaire mérite bien qu’on revienne sur les engagements formulés lors de cette soirée.

Trois ans plus tard, toujours sans pub et sans bons plans

Avant la bascule, Next INpact tentait de reposer sur un modèle hybride qui combinait publicité, essentiellement via l’affiliation, abonnements et dons. La première décision, et sans doute la plus radicale, a consisté à totalement couper les leviers publicitaires et les appels de soutien, en partant du principe que seule la qualité du média et sa capacité à se traduire en abonnements permettraient de le sauver.

Le pari était doublement risqué, puisqu’il revenait à sabrer une ligne de revenus tout en alourdissant les dépenses, le tout sur la base d’un compte d’exploitation tirant vers le rouge écarlate. Il s’est accompagné d’une simplification de la grille tarifaire, avec un prix unique à 8 euros par mois ou 80 euros par an.

Ce prix n’a finalement pas bougé depuis, alors que le pacte initial prévoyait une hausse à 10 euros par mois. Tandis que l’offre tarif solidaire à 25 euros par an s’étend à un public plus large, des moins de 25 ans aux petits revenus.

Comme signalé au printemps 2025, nous avons en revanche mis un terme à la politique de « libération » automatique des articles réservés aux abonnés afin de défendre la valeur de nos archives. Elles constituent, elles aussi, une bonne raison de s’abonner, et nous souhaitions accessoirement éviter que ces articles, parfois à très forte valeur ajoutée, aillent enrichir de grands modèles de langage.

Une rédaction indépendante et renforcée

L’autre grand engagement concernait la promesse éditoriale de Next, désormais considérée comme le principal moteur du média : c’est depuis fin 2023 la qualité des articles, le choix des sujets, la profondeur des analyses ou le caractère exclusif des enquêtes qui doivent vous convaincre de vous abonner, et non les appels à l’aide jouant sur la corde sensible.

Dès la reprise, l’effectif a été pérennisé avec la confirmation en CDI de deux postes précédemment rémunérés sous forme de piges.

Trois ans plus tard, la rédaction évolue toujours en totale indépendance, et elle compte aujourd’hui huit journalistes à temps plein (Flock étant du nombre, au titre de dessinateur de presse) suite à l’arrivée de Mickaël au printemps. Et même si Mathilde a pris la décision de voguer bientôt vers de nouveaux horizons, cet effectif a vocation à être maintenu et même encore renforcé.

Cette dynamique se ressent de façon concrète dans le volume de publications de notre flux quotidien, qui s’est largement étoffé depuis 2023 et qui constitue aujourd’hui une offre unique dans le paysage médiatique francophone (voire mondial, soyons fous).

Après tout, vous en connaissez beaucoup, des médias capables de proposer, sur une seule et même semaine, une enquête sur un serial spammer de sites générés par IA, un entretien au long cours sur la technicisation de la gestion de l’immigration, un comparatif d’offres d’hébergements premier prix, des révélations sur l’incurie d’un fabricant de jouets connectés, un point de situation sur le financement de la recherche, un retour sur 30 ans d’évolutions de KDE, un tour d’horizon des nouveaux possibles au croisement entre IA et jeu vidéo et un strip mordant qui révèle, enfin, d’où viennent les attaques qui font s’arracher les cheveux aux experts de l’ANSSI ?

Ces quelques exemples récents sont le reflet d’une ligne éditoriale toujours fidèle à ses fondamentaux, à savoir une approche à la fois experte et critique du numérique, de la tech et de l’intelligence artificielle, ainsi que de leurs impacts sur la société et l’environnement.

À l’heure où les débats se clivent entre fascination béate et rejet de principe, il nous semble primordial de continuer à analyser la tech, son cadre et ses enjeux avec rigueur. Ça n’interdit pas de défendre des valeurs humanistes et d’assumer des prises de position, mais ces dernières doivent reposer sur la lecture des faits… dans les articles comme dans les commentaires !

À ce niveau, on peut d’ailleurs se réjouir de la qualité des échanges au sein de la communauté : le ton monte parfois, mais les discussions restent le plus souvent de bonne facture et les interventions de modération se sont faites rares.

L’inflexion positive de la courbe d’abonnés nous renforce dans l’idée qu’il est pertinent d’investir et de tout faire pour sortir des difficultés par le haut, plutôt qu’en recourant à des expédients de type actus générées par IA au kilomètre ou multiplication des leviers de monétisation. Il reste encore du chemin, dans la mesure où les recettes liées aux abonnements ne couvrent pas encore les salaires de la rédaction, mais le curseur se déplace, petit à petit, dans la bonne direction.

De nombreux chantiers accomplis et à venir

Pour favoriser le mouvement, de nombreux chantiers plus discrets ont été menés ces derniers mois. Outre l’introduction du stockage comme avantage offert à nos abonnés, le code du site a fait l’objet d’un travail en profondeur visant à stabiliser et fiabiliser notre environnement de production.

Nous avons introduit la possibilité d’offrir des « codes cadeaux » et repensé une partie du parcours d’abonnement, notamment pour les entreprises.

Nous disposons également depuis peu d’une formule « Institutions », qui permet par exemple à une grande université de l’Ouest d’offrir un accès complet aux articles de Next à tous les étudiants, enseignants et personnels connectés via le réseau de son campus.

Next participe par ailleurs depuis plus d’un an au renouveau de La Presse Libre, qui permet d’accéder à huit médias indépendants (bientôt rejoints par d’autres) dans le cadre d’un abonnement unique. La plateforme vient d’ailleurs d’inaugurer la nouvelle version de son site web, qu’on vous encourage chaudement à découvrir.

À cette occasion, elle propose d’ailleurs une promotion exceptionnelle réservée aux nouveaux clients, avec un abonnement à 12 euros par mois sans limitation de durée. Et si vous souhaitez garder votre abonnement Next en propre, vous pouvez via ce même lien vous offrir l’accès à La Presse Libre pour 4 euros supplémentaires par mois (mince, j’ai menti, c’est un bon plan !).

Savoir faire et faire savoir

La route est encore longue. Entre autres dossiers, nous devons par exemple améliorer la capacité de nos articles à être vus. Même si nous avons la chance de pouvoir compter sur un lectorat fidèle qui nous rend visite indépendamment des algorithmes de recommandation, le sujet de la visibilité reste crucial pour Next.

Il l’est pour l’ensemble de la presse en ligne, mais pas pour les mêmes raisons : là où la chute d’audience se traduit pour beaucoup de nos confrères par une perte de revenus publicitaires, l’enjeu, pour nous, est de permettre à nos articles de trouver leurs lectrices et lecteurs, et à ceux qui ne nous connaissent pas encore de nous découvrir.

Cette problématique ne se limite pas au référencement Google ou à la présence sur les réseaux sociaux. Elle concerne aussi notre site et sa capacité à permettre de naviguer plus efficacement dans nos archives. Ces dernières regorgent de pépites qui se retrouvent rapidement chassées du flux d’actualités principales, et nous devons donc trouver d’autres façons, thématisées par exemple, de les exposer.

Mais en définitive, le principal défi consiste à rester fidèles aux engagements de ce fameux pacte, puisqu’un pacte se tient à deux. Nous continuerons donc à poursuivre cet objectif primordial de qualité et à vous en rendre compte, au quotidien dans les commentaires, au détour de quelque date anniversaire, ou autour de sujets plus spécifiques, dès cette semaine par exemple avec la publication de notre charte sur l’utilisation de l’IA générative.

Et vous qui nous lisez, vous en restez juges. Merci de votre soutien !

Next vaincra 😉

  •  

MMX prêt à décoller en compagnie d’Idefix vers Phobos, un des deux satellites de Mars

Obélix et Astérix sont pas de la partie ?
MMX prêt à décoller en compagnie d’Idefix vers Phobos, un des deux satellites de Mars

La mission spatiale japonaise Martian Moons eXploration doit décoller ce soir du Japon en direction de deux satellites de Mars : Phobos et Déimos. Elle doit déposer sur le premier le rover Idefix développé notamment par le CNES.

L’agence spatiale japonaise Jaxa s’apprête à lancer, ce soir et depuis l’île de Tanegashima (Japon) sa mission MMX (Martian Moons Exploration) à bord d’une fusée H3. Celle-ci a pour but de connaitre un peu mieux la planète rouge en allant observer ses deux satellites que sont Phobos et Déimos. Et même de rapporter des échantillons provenant du premier !

Une origine mystérieuse de ces satellites

Si elle réussit, ça sera la première mission scientifique à rapporter des échantillons venant de Mars. Rappelons que les États-Unis ont décidé, en début d’année, d’abandonner les échantillons recueillis sur Mars par le rover Perseverance : la mission Mars Sample Return a été tout bonnement annulée.

Concernant MMX, l’avenir du projet reste au beau fixe. La JAXA propose de suivre le lancement ce soir sur sa chaine YouTube. Comme nous l’expliquions déjà il y a 9 ans, l’idée principale est donc de faire un aller-retour vers Mars avec une escale sur Phobos.

Comme le souligne le Journal du CNRS, l’idée d’aller explorer Phobos s’explique aussi parce que l’origine des deux satellites de Mars reste mystérieuse : « Il y a deux théories, résume Patrick Michel, astrophysicien et directeur de recherche CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur. Phobos et Déimos ressemblent à des astéroïdes, et auraient ainsi pu être capturés par la force d’attraction gravitationnelle de Mars. Mais leur trajectoire paraît bien étrange. Il pourrait donc s’agir du résultat d’un impact géant, mais ce n’est pas ce que nous montrent les observations sur sa composition pour l’instant. »

L’agence spatiale japonaise prévoit d’abord un voyage d’une année pour arriver aux alentours de Mars. Sa sonde amène avec elle neuf instruments, dont le spectromètre à neutrons et rayons gamma baptisé MEGANE développé par la NASA et MIRS, un spectromètre imageur infrarouge développé par le Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) en partenariat avec le CNES. MIRS doit « permettre de caractériser la composition minéralogique de la surface des lunes de Mars et l’analyse de l’atmosphère martienne. Il va permettre de participer à la sélection des sites d’atterrissage de MMX », explique le CNES.

Observer, récupérer 10 g et revenir

Car l’idée est ensuite de récupérer des informations sur Phobos pour connaître sa topologie et chercher des dizaines de sites d’atterrissage potentiels pour déterminer le meilleur endroit pour s’y poser.

Ensuite, la mission doit envoyer son rover pour observer la surface du satellite de Mars. Ce rover s’appelle Idefix. Il a été développé par le CNES en collaboration avec le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, DLR). Si vous voulez vous amuser à en imprimer une copie, le CNES a même partagé les plans.

Si tout va bien, Idefix pourra ensuite donner des indications à la sonde principale de la mission pour qu’elle puisse à son tour atterrir sur Phobos. Elle y collectera 10 g d’échantillons pour qu’ils soient analysés plus tard sur Terre. Après quelques observations supplémentaires sur Phobos, MMX passera par le deuxième satellite de Mars, Deimos, pour l’observer aussi, puis repartira des environs de Mars en 2030. La JAXA espère récupérer tout ce beau monde en 2031.

  •  

☕️ Une faille dans le noyau Linux permet à une machine virtuelle de lire la mémoire de l’hôte



La faille CVE-2026-99999, surnommée PwnEscape, affecte la plupart des noyaux Linux actuellement maintenus. Elle n’est pas présente dans le nouveau noyau 7.3, mais la mouture 7.2 (entre autres) est touchée, nécessitant l’installation de la dernière révision.

Exploitée, cette faille permet à du code exécuté dans une machine virtuelle invitée de lire la mémoire du noyau de l’hôte.

À qui incombe la faute ? Pas à KVM ni à un hyperviseur en particulier. La vulnérabilité se trouve dans la pile IPv4 du noyau de l’hôte. Avec des métadonnées de somme de contrôle (checksum) erronées, le code de calcul de cette somme peut ainsi écrire sur un en-tête IPv4 que le noyau a déjà lu et exploité. En exploitant cette brèche, chaque paquet émis par l’invité pouvait ramener environ 32 octets de la mémoire de l’hôte.

La faille a été trouvée par le chercheur Paulos Yibelo dans le cadre d’un concours organisé par Vercel. Cette société indique dans son propre billet qu’en conditions de laboratoire, PwnEscape a même permis d’obtenir les droits administrateur sur l’hôte, ou de planter ce dernier. La société précise cependant que seule la lecture de la mémoire de l’hôte a été démontrée en infrastructure de production.

Source : Paulos Yibelo

Vercel ajoute qu’elle a pisté l’origine du problème à deux modifications : la prise en charge de l’en-tête virtio-net pour les périphériques tun/tap (2008, selon AlmaLinux) et le délestage de somme de contrôle pour les sockets de paquets (2010). En d’autres termes, la faille est présente depuis 18 ans.

Conséquence, de nombreuses nouvelles versions ont été publiées pour les noyaux actuellement supportés : 5.10.272, 5.15.223, 6.1.190, 6.6.159, 6.12.113, 6.18.57 et 7.2.11. À noter que les outils comme uname indiquant le numéro de version ne sont pas toujours représentatifs de l’état de la sécurité, car les distributions rétroportent souvent des correctifs sans changer le numéro de version. Il faut donc s’assurer pour chaque distribution que l’avis de distribution a bien été publié pour cette faille.

Enfin, il ne s’agit pas d’une faille 0-day. Paulos Yibelo indique dans son billet avoir signalé le problème en privé aux mainteneurs du noyau le 4 septembre. Le correctif a été accepté dans l’arbre réseau le 8 octobre et intégré au noyau principal le 14. Le bulletin CVE et les versions stables corrigées ont été publiés dès le lendemain (on peut voir la liste sur kernel.org). La précision est importante : Vercel évoque « the kernel-zero-day », mais l’expression semble renvoyer au fait que les mainteneurs du noyau ne connaissaient pas ce problème jusqu’à présent.

La faille ne semble pas exploitée. Toutefois, le chercheur précise que ses correctifs proposés ont fait l’objet de soumissions publiques sur la liste netdev entre les 19 et 22 septembre. La nature du problème y était clairement consultable, plusieurs semaines avant le CVE.

  •  

☕️ Drupal colmate deux failles critiques exploitables à distance



Drupal, une solution libre de CMS (système de gestion de contenu), a corrigé le 14 octobre deux failles critiques de type RCE (Remote Code Execution). Elles permettent donc, si exploitées, de faire exécuter un code arbitraire à distance.

La première faille, CVE-2026-108097 (bulletin SA-CORE-2026-014), touche le module Field UI du cœur de Drupal. Le bulletin la classe « critique » avec un score de 19 sur 25, mais ne donne pas directement le score CVSS. Celui-ci est de 9,8 sur 10, frôlant ainsi le maximum de dangerosité.

Drupal indique que le cœur seul ne permet pas d’exploiter cette faille directement, mais plusieurs chemins d’exploitation sont possibles via des modules contribués, c’est-à-dire créés et gérés par la communauté (Drupal ne fournit que les modules du cœur). Drupal ne donne cependant pas la liste des modules tiers en question. La faille peut également être exploitable avec du code spécifique au site. Au moins un des chemins d’exploitation ne réclame aucune authentification.

L’autre faille, CVE-2026-108099 (SA-CONTRIB-2026-218), touche le module contribué Entity List, qui sert à construire des listes d’entités sans passer par Views. Elle aussi exige l’interaction avec des modules contribués ou du code spécifique, avec au moins un chemin sans authentification là encore. Le score CVSS n’est pas encore disponible, mais la faille est probablement aussi dangereuse que la première, car Drupal lui attribue sa propre note de 19/25, le même score que la faille CVE-2026-108097.

Toutes les versions du cœur actuellement supportées sont concernées. Les correctifs sont disponibles dans les moutures 11.4.10, 11.3.19 et 10.6.19. Les versions 11.2.x et antérieures, ainsi que 10.5.x et antérieures, ne reçoivent plus de suivi de sécurité, et Drupal 8 et 9 sont en fin de vie. Pour Entity List, il faut passer en version 3.0.10.

À noter que Drupal propose une mesure d’atténuation pour la faille CVE-2026-108097 dans le cas où la mise à jour ne peut pas être appliquée tout de suite : désinstaller le module Field UI. Aucune mesure n’a en revanche été donnée pour l’autre vulnérabilité. Au vu de la dangerosité de ces failles, il est chaudement recommandé de mettre à jour les sites concernés sans attendre.

À noter qu’aucune de ces failles n’était a priori exploitée au moment de la publication des bulletins.

  •  

On a testé VPS1Euro : 1,2 euro c’est déjà beaucoup trop cher

Xeon de 2013, 40 IOPS max, mot de passe par email… N’en jetez plus
On a testé VPS1Euro : 1,2 euro c’est déjà beaucoup trop cher

VPS1Euro propose des VPS à un prix plancher… mais avec de trop nombreuses lacunes sur les performances et la (cyber)sécurité. Matériel en fin de vie, correctifs de sécurité appliqués avec sept ans de retard, performances complètement à la ramasse sur le stockage… la liste des griefs est longue. L’hébergeur annonce du changement à venir.

Comme son nom l’indique, chez VPS1Euro les VPS sont à partir de 1 euro. Mais le prix est hors taxe ; pour la France cela donne 1,2 euro. Comme Ikoula, vous pouvez faire varier le nombre de cœurs virtuels (vCore), la quantité de mémoire vive et de stockage, mais aussi la bande passante publique, le nombre de VLANs, etc.

Comme notre instance Stardust de Scaleway à moins de 1 euro, VPS1Euro ne propose pas d’IPv4 par défaut, uniquement de l’IPv6. Vous pouvez commander une IPv4 si besoin, pour 3 euros par mois. Nous avions configuré NAT64 chez Scaleway, alors que c’est en place par défaut chez VPS1Euro : « Profitez de VPS modernes, 100 % IPv6-Ready, avec compatibilité IPv4 via NAT64 et Cloudflare Proxy », peut-on lire sur le site.

En pratique, il suffit de regarder le fichier /etc/resolv.conf de notre VPS pour comprendre le fonctionnement. Il a deux lignes pour nameserver (serveur de noms, les DNS) : 2a01:4f9:c010:3f02::1 et 2a01:4f8:c2c:123f::1. Ce sont les résolveurs DNS publics du service NAT64, respectivement à Helsinki et à Nuremberg. VPS1Euro s’appuie donc sur une solution tierce.

Quand le serveur veut joindre un site ou un service accessible en IPv4 uniquement, il interroge un résolveur à Helsinki ou Nuremberg, qui renvoie vers une passerelle à Helsinki (chez Hetzner), à Londres ou à Amsterdam (chez Mythic Beasts). Cette configuration par défaut permet certes d’avoir de l’IPv4, mais au prix d’une latence plus importante à cause des détours par NAT64. Dans notre cas, nous avons pingé un de nos VPS à Gravelines chez OVHcloud : 10 ms en IPv6 natif, contre 17 à 50 ms en IPv4 suivant la passerelle ; aucune n’est en France et elle change aléatoirement.

Pour compléter cette partie, le réseau de VPS1Euro (AS216075, enregistré au nom de l’association Zenyx) sort à Paris (les serveurs sont certainement ailleurs, car reliés par un tunnel avec une latence de 5 ms environ) puis passe par un unique fournisseur de transit, Geniusweer.

Mot de passe root en clair, par email

Nous restons sur l’offre de base : 1 cœur Intel Xeon (sans plus de précision), 1 Go de mémoire, 20 Go de stockage et 100 Mb/s de bande passante. Niveau système d’exploitation, c’est assez classique, mais pas toujours de la dernière fraicheur : Ubuntu 22.04 et 24.04 LTS (la 26.04 LTS est disponible depuis avril), Debian 13 et Fedora 42 (la dernière stable est la 44).

Première chose à faire, se créer un compte sur VPS1Euro. Nous payons ensuite notre commande et recevons par email un résumé, avec l’IPv6 de notre serveur, une adresse proxy en IPv4 pour SSH si besoin, l’identifiant (root) et… le mot de passe de notre compte (alphanumérique, avec huit caractères). Oui, le mot de passe est envoyé en clair, par email (autant dire dans une carte postale)

Une demande de réinitialisation nous renvoie un autre mot de passe, toujours par email, en clair et sans obligation de le changer. Ce n’était que la première étape d’une série de déconvenues avec notre serveur… Des évolutions sont en cours, nous y reviendrons.

Virtualisation LXC, Docker de Schrödinger

Une fois connecté en SSH via PuTTY, nous faisons un rapide tour du propriétaire : LXC (LinuX Containers) est aux commandes, comme chez LWS et Yorkhost. C’est la technologie utilisée pour la virtualisation des serveurs, ce qui n’est pas sans conséquence pour les clients.


Il reste 76% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

Recherche française : la Cour des comptes remet les « key labs » sur le tapis

On a retrouvé les clés ?
Recherche française : la Cour des comptes remet les « key labs » sur le tapis

Après la baisse des budgets de la recherche en France, la Cour des comptes plaide pour une baisse du nombre d’unités mixtes de recherche (UMR), ces laboratoires dans lesquels organismes de recherche et universités mettent des moyens en commun au service d’un même projet scientifique. Au risque de raviver la colère dans le milieu contre ce que l’ancien PDG du CNRS avait appelé les « key labs ».

La Cour des comptes acte que les gouvernements successifs français n’ont pas augmenté le budget de la recherche en France (public et privé) de manière à ce qu’il atteigne l’objectif longtemps planifié de 3 % de PIB. Dans un rapport sur les unités mixtes de recherche (UMR), la juridiction administrative en profite pour remettre sur l’établi le projet des « key labs » que le gouvernement et le PDG du CNRS de l’époque, Antoine Petit, avaient abandonné début 2025 après le mouvement de défiance qu’il avait suscité au sein de l’organisme.

La juridiction administrative, dirigée depuis février par l’ancienne ministre de l’Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin, a publié récemment un rapport [PDF] sur les unités mixtes de recherche (UMR), une organisation « sans équivalent au monde » mise en place en France dans les années 1960 pour créer des laboratoires communs entre universités et organismes de recherche comme le CNRS (l’organisme qui y est de fait le plus impliqué), l’Inria, l’Inserm ou encore le CNES, par exemple.

L’exécutif a abandonné l’ambition d’un budget de la recherche important

La Cour des comptes y constate que la France « ne consacre que 2,18 % [chiffre 2023] de son PIB à la recherche, alors que six États de l’Union européenne, dont l’Allemagne, atteignent l’objectif de 3 % fixé dans le cadre de la stratégie de Lisbonne ».


Il reste 71% de l'article à découvrir.
Vous devez être abonné•e pour lire la suite de cet article.
Déjà abonné•e ? Générez une clé RSS dans votre profil.

  •  

☕️ Des serveurs Exchange fonctionnent mal depuis les mises à jour du 13 octobre



Les dernières mises à jour pour Windows Server, publiés le 13 octobre, engendrent des problèmes avec les serveurs Exchange sur site. Microsoft a confirmé ces perturbations, les versions concernées étant les 2016, 2019 et Subscription Edition. Ces défaillances sont liées à quatre mises à jour : KB5126646 (Windows Server 2025), KB5126655 (2022), KB5126651 (2019) et KB5126868 (2016).

Les symptômes sont nombreux : messages bloqués dans la boîte d’envoi d’Outlook, files d’attente qui s’allongent, échecs d’accès aux boîtes pendant la réplication, ou encore difficultés des membres d’un groupe de disponibilité de bases de données (DAG) à atteindre le quorum. Ces symptômes peuvent cependant varier fortement selon les configurations, certaines n’en développant aucun.

Selon la note publiée par Microsoft, les mises à jour d’octobre ont introduit une limite par défaut de 512 appels simultanés de recherche de point de terminaison (Endpoint Lookup). Cette limite contrôle la mémoire utilisée par Endpoint Mapper – un composant des appels de procédure distante (RPC) – et les charges Exchange élevées peuvent la dépasser.

Nous pouvons confirmer l’ampleur du problème, l’un de nos contacts ayant été touché. Il nous a indiqué qu’un redémarrage du serveur Exchange permettait de repousser le problème temporairement, ce que Microsoft confirme dans un billet publié séparément sur le blog de l’équipe Exchange. Celle-ci recommande de ne pas désinstaller les mises à jour (puisqu’elles corrigent un grand nombre de failles) puis d’exécuter la commande suivante depuis une invite en mode administrateur :

reg add "HKLM\SOFTWARE\Microsoft\Rpc" /v EpmapSavedContextCap /t REG_DWORD /d 65536 /f

Il faudra ensuite redémarrer le serveur. Une fois cette étape réalisée, Microsoft recommande de surveiller l’état du serveur pour vérifier si le problème survient. Dans ce cas, il faudra augmenter la limite citée précédemment. Selon l’équipe Exchange, les retours ont indiqué que le problème était jugulé en appliquant cette méthode.

  •  

Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations

On approche des 20 000 modifications
Le noyau Linux 7.3 débarque avec une longue liste d’améliorations

Après une longue gestation marquée par une montée en force de l’IA dans la détection des bugs, la version finale du noyau Linux 7.3 est arrivée. Les améliorations sont nombreuses, mais la disponibilité dépendra comme toujours de la distribution utilisée.

Le noyau Linux 7.3 est finalement arrivé comme prévu ce dimanche 18 octobre, après une gestation qui aura marqué les esprits. Selon les statistiques fournies par LWN, cette nouvelle mouture compte en effet 18 765 modifications (hors fusions), en provenance de plus de 3000 contributeurs. Elle est également significative par ses Release Candidates, marquées par l’arrivée « brutale » de l’IA dans la détection et la correction des bugs. Une « nouvelle normalité » commentait Linus Torvalds récemment.

Côté matériel

La nouvelle mouture comporte une liste abondante d’améliorations, à commencer par la prise en charge du matériel. On note ainsi la prise en charge initiale des puces M3 Pro, Max et Ultra, qui complète celle du M3 de base ajoutée dans la 7.2. Même chose pour le nouveau type de cœur basse consommation en préparation chez AMD pour son architecture Zen.

Plus concrètement peut-être, on y trouve aussi la gestion des interruptions thermiques chez Intel, la prise en charge du bloc d’affichage DCN 6.0 et des modificateurs de format DRM pour d’anciens GPU AMD, le support de la manette Steam Controller de 2026, ou encore des améliorations de l’ordonnanceur pour les processeurs hybrides et une gestion plus unifiée des types de cœurs Intel et AMD. Le noyau intègre également un pilote pour la manette MSI Claw, un pilote HID-HyperX pour l’état de coupure du micro HyperX QuadCast 2, et la prise en charge du commutateur de mode tablette dans le pilote AMD Sensor Fusion Hub.

Du mieux pour certains systèmes de fichiers

Le noyau Linux 7.3 introduit en outre un nouveau système de fichiers particulier : failfs. Il se veut le pendant de nullfs et fait échouer toute opération l’atteignant avec l’erreur EOPNOTSUPP (chemins absolus, liens symboliques et chemins relatifs au répertoire courant). Pour son auteur, Christian Brauner, l’intérêt est de permettre aux processus de se défaire entièrement de leur état de système de fichiers. Ainsi, un processus dont la racine ou le répertoire courant est dans failfs doit ancrer chaque résolution de chemin sur un descripteur de fichier explicite.

On reste dans les systèmes de fichiers avec une série d’améliorations pour ceux déjà en place. Le noyau 7.3 inclut par exemple une hausse des performances (parfois significatives selon les scénarios) pour btrfs que Phoronix avait repérée à la sortie de la première Release Candidate fin aout. Alors que le code de support des systèmes EFS et FreeVxFS est supprimé, celui pour ntfs3 reçoit d’importantes améliorations, dont la prise en charge des flux de données alternatifs ainsi qu’un début de durcissement pour sa sécurité.

Parmi les autres changements, on remarque en outre des travaux significatifs sur le support de SMB, qui peut gérer en option Time Machine (le système de sauvegarde de macOS). Le serveur SMB intégré au noyau (ksmbd) gagne aussi la fenêtre de séquence des commandes SMB2, le rejeu des requêtes SMB3, le chiffrement SMB3 par partage et le chiffrement pour SMB Direct (RDMA). À la sortie de la Release Candidate 3, Linus Torvalds avait indiqué qu’un nombre important de correctifs était intégré pour SMB (ainsi que pour XFS).

LTS ou pas LTS ?

Cette version 7.3 est donc disponible, mais sa récupération réelle dépend fortement de la distribution utilisée. De nombreux systèmes ne proposent pas immédiatement les nouveaux noyaux et attendent leur version suivante pour l’intégrer. D’autres, notamment celles en rolling release, proposent les nouveaux noyaux très rapidement en général.

Enfin, un mot sur la prochaine version 7.4. Sa fenêtre d’intégration vient d’ouvrir et sa publication doit se faire vers la fin décembre. Cette version sera à nouveau importante pour le support matériel, avec par exemple l’activation du HDMI 2.1 sur les Radeon, le support des NPU dans les Ryzen AI Max 400, la poursuite des travaux sur le pilote NVIDIA Nova (pour remplacer l’actuel Nouveau), des optimisations sur la mémoire, ou encore la prise en charge initiale des puces M4 et A18 pro d’Apple.

On ne sait pas encore si cette version sera la nouvelle LTS (Long Term Support) ou s’il s’agira de la 7.3 qui vient de sortir.

  •  

Avec Minions, Apple veut mettre à profit les GPU inactifs des Mac pour l’inférence

Moi, moche et virtualisé
Avec Minions, Apple veut mettre à profit les GPU inactifs des Mac pour l’inférence

Apple a publié un article de recherche sur Minions, une infrastructure permettant d’agréger les ressources GPU inutilisées sur des grappes de Mac dotés de puce Apple Silicon. Si le concept n’a rien de nouveau, les travaux d’Apple prolongent l’existant et inscrivent un peu plus les Mac dans le paysage de l’IA.

Les Mac sont décidément appréciés par les entreprises désireuses de faire tourner localement des LLM plus ou moins gros. Pourquoi les Mac ? Parce qu’ils embarquent une mémoire dite « unifiée », servant à la fois pour les parties CPU et GPU des puces Apple Silicon. Si votre Mac est équipé de 32 Go de mémoire vive, le GPU peut puiser dedans. Cette mémoire est certes moins rapide que la VRAM des cartes graphiques dédiées (sans même parler de la HBM), mais ce scénario d’usage compense par le volume.

Apple sait que ses Mac Mini et Studio partent comme des petits pains auprès d’entreprises comme OpenAI, Anthropic et Meta. C’est dans ce contexte qu’elle a mis en ligne un document de recherche (prépublication sur Arxiv) exposant le fonctionnement de Minions, une infrastructure GPU virtuelle dédiée aux charges d’inférence d’apprentissage automatique à grande échelle.

Rassembler l’inaction

L’architecture proposée repose sur quatre éléments. D’abord, un serveur central reçoit les requêtes via une interface web ou des API (REST). Il s’occupe de les valider puis de les découper de manière asynchrone en sous-tâches stockées dans une base PostgreSQL. En d’autres termes, le serveur est chargé de créer une file d’attente.

Ensuite, les exécuteurs. Ils tournent sur les Mac mis à contribution et traitent localement les sous-tâches sur le GPU, avant d’écrire le résultat des calculs dans une zone de stockage S3. Ils n’accèdent jamais directement à la base PostgreSQL : ils réservent des sous-tâches en utilisant l’API du serveur, via une table de la base dotée d’une contrainte d’unicité. Même chose pour mettre à jour l’état de la base, envoyer leur signal de vie (un message bref envoyé au superviseur pour indiquer qu’il fonctionne encore) et livrer leurs résultats.

Le superviseur, justement, est ici nommé « Watchdog » (littéralement « chien de garde »). Son rôle est de surveiller les exécuteurs en cours de traitement et de remettre en file d’attente les sous-tâches des exécuteurs devenus muets. Ce silence peut provenir de multiples causes : perte réseau, veille, extinction, arrêt volontaire, etc. Ce fonctionnement autorise donc une certaine souplesse.

Quant au dernier composant, c’est tout simplement le tableau de bord pour le suivi de l’ensemble en temps réel.

De fortes limitations

Le tout permet, comme relevé par Apple Insider, de mettre à disposition la puissance inutilisée des GPU pour les mettre à contribution lors d’un travail d’inférence. Ainsi, des équipes qui lancent de grands lots asynchrones d’inférence (index de recherche, génération de texte en masse pour l’évaluation ou l’étiquetage…) n’ont plus besoin d’attendre qu’une grappe de GPU se libère. C’est du moins le fonctionnement sur le papier.

Si le document est intéressant dans le fond, il est aussi très court. Apple ne fournit aucune information mesurée : pas de tests de débits, pas de coût énergétique, de taux de reprise ou aucune comparaison quelle qu’elle soit. Il est donc difficile de se rendre compte des performances.

Les cas présentés ont également un périmètre limité. La publication n’évoque que deux types de charges : les modèles de vecteurs de représentation chargés via la bibliothèque Transformers de Hugging Face, et la génération de texte via Ollama. Il n’y a pas d’ordonnanceur central, il ne s’agit donc pas d’un modèle découpé et réparti entre les machines.

En fait, chaque exécuteur doit pouvoir faire tourner intégralement le modèle en local, ce qui limite d’autant les cas. La mémoire a beau être universelle sur les Mac Apple Silicon, sa quantité détermine directement ce que l’on peut y faire résider. Pas question par exemple d’y faire tourner le tout récent Muse Spark Open.

Et si vous vous posez la question : non, l’entrainement n’est pas pris en charge, en tout cas pour l’instant. Apple compte prendre en charge l’entraînement distribué à l’avenir, sans plus de détails.

Quel intérêt ?

Au sein d’une organisation, l’infrastructure présentée peut avoir des avantages, mais il ne s’agit pas d’un projet « magique » capable de fonctionner avec tous les modèles. Il y a quand même plusieurs avantages : pas d’achat de GPU dédiés, un coût d’infrastructure considéré comme « nul », une capacité générale qui grandit avec le nombre de Mac présents sur place, ou encore un fonctionnement local puisque les données ne sortent pas de l’organisation.

L’intérêt d’Apple est d’avancer discrètement sur l’argument commercial que les Mac sont des machines taillées pour l’IA. Sur ce point, la présentation de Minions rejoint les annonces autour de Muse Spark Open et du rapprochement avec Meta, Apple ayant publié des mesures et de la documentation MLX.

En filigrane, le papier raconte également une autre histoire : celle des propres limites d’Apple. L’entreprise le dit elle-même dans son article, elle manque de GPU centraux. Ainsi, avant que Minions ne soit utilisé (montrant au passage que l’infrastructure n’est pas que théorique), certaines tâches d’inférence pouvaient attendre plus de 10 heures avant de commencer. Avec Minions, le temps ne serait plus que de quelques minutes, mais Apple ne donne aucun détail supplémentaire.

Dans l’absolu, Minions ne crée aucune rupture, car la récupération de cycles, le calcul bénévole ou encore l’inférence répartie existent déjà. C’est dans les grandes lignes le schéma adopté par l’infrastructure de calcul distribué BOINC, qui exploite les GPU depuis vingt ans. On peut également citer Petals pour répartir un grand modèle en blocs de couches sur des machines bénévoles réparties sur internet. Mais l’idée pourrait séduire les organisations déjà dotées de nombreux Mac, surtout s’ils sont récents et accompagnés d’une bonne quantité de mémoire.

« Plus largement, Minions ouvre une perspective inédite pour la communauté de l’apprentissage automatique : si les appareils macOS inactifs, à l’échelle de plusieurs organisations, voire de la communauté mondiale, pouvaient être fédérés de manière sûre, ils formeraient un vaste parc de GPU partagé, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème », indique Apple dans une conclusion plus ambitieuse.

  •  

Avec Bee, Amazon propose de transcrire et résumer les conversations du quotidien

Les grandes oreilles d'Amazon
Avec Bee, Amazon propose de transcrire et résumer les conversations du quotidien

Les nouveaux appareils Bee veulent soulager la mémoire défaillante de leurs utilisateurs, en écoutant les conversations pour en tirer des résumés, des listes de tâches… et des suggestions d’achat sur Amazon.

Qui n’aurait pas envie de partager toutes ses conversations avec Amazon ? Le géant américain du commerce en ligne ne voit pas ce qui pourrait mal se passer, et a lancé deux nouveaux produits Bee – du nom d’une start-up achetée l’an dernier. Ils partagent les mêmes fonctions, mais leurs designs sont très différents.

Tout retenir, même les envies d’achats

Le Bee Frontier ressemble à un bracelet de suivi de la santé, le Bee Eclipse à une batterie externe pour smartphone (il est maintenu au dos du téléphone avec des aimants). Les deux enregistrent les conversations en continu, afin de générer des résumés, des listes de tâches, des aides mémoire. Un bouton permet d’activer l’enregistrement audio ; un témoin lumineux s’allume alors sur l’appareil. Il est aussi possible de configurer une période d’enregistrement (5 minutes, 15 minutes, etc.)

Image : Amazon

Amazon donne un exemple d’utilisation : organiser des vacances avec des amis. Le Bee retient les détails pratiques évoqués pendant la conversation, comme les horaires d’arrivée ou les restos préférés de chacun. L’application mobile compagnon, chargée de collecter l’audio et de l’envoyer vers les serveurs pour traitement, propose des résumés et classe les informations. Elle fournit également des « mémoires » des derniers jours de conversations et suggère des objectifs personnalisés à accomplir.

Il est aussi possible de brancher l’app Bee à Gmail, Google Calendar et Outlook pour qu’elle génère des brouillons de courriel ou crée des invitations dans le calendrier en se basant sur les échanges vocaux de l’utilisateur. La plateforme de santé HealthKit d’Apple est également compatible « pour obtenir une vue plus complète de votre bien-être ».

Amazon oblige, Bee saura aussi se connecter à Alexa+ afin de nourrir l’assistant des données collectées par les appareils et accéder aux résumés et tâches en les demandant avec la voix. Mieux encore (ou pire), en connectant le Bee à Amazon, les informations enregistrées par un appareil Bee peuvent être utilisées pour des suggestions d’achats.

Un abonnement et des promesses de confidentialité

Amazon propose également un abonnement mensuel, Bee Pro, facturé 11,99 dollars pour obtenir un nombre illimité de résumés de conversations récentes, des suggestions de tâches, les « mémoires » quotidiennes, un assistant de discussion, l’intégration avec Alexa+ et Amazon. Le Bee Frontier est proposé à 74,99 dollars, l’Eclipse coûte 99,99 dollars.

Amazon n’a pas annoncé de lancement européen pour les produits Bee, probablement en raison du casse-tête que représente le consentement vis à vis du RGPD : non seulement celui de l’utilisateur (ce qui est a priori acté), mais aussi celui de ses correspondants. Sur le plan de la confidentialité, les appareils Bee s’appuient sur une infrastructure Private Compute.

Bee transcrit les conversations en temps réel sans conserver l’audio après le traitement, promet Amazon. Les transcriptions, résumés et tâches sont chiffrés et traités dans un environnement sécurisé auquel ni Amazon ni Bee n’ont accès. Seul l’utilisateur peut les consulter, et décider de les partager avec d’autres services, avec la possibilité d’arrêter ce partage à tout moment. On peut également supprimer les transcriptions et les résumés à tout moment.

Amazon a publié un livre blanc. L’entreprise a aussi fait réaliser un audit par Trail of Bits au printemps (PDF). Ce dernier, qui révèle les grands principes architecturaux de l’infrastructure dédiée à Bee, a permis l’identification de 19 vulnérabilités potentielles, dont 17 ont été corrigées par les équipes d’Amazon.

Extrait du rapport Trail of Bits – capture d’écran
  •  

☕️ L’App NVIDIA laisse les agents IA prendre les commandes par défaut



La dernière version de l’app NVIDIA ouvre la porte aux agents IA. Le logiciel intègre en effet une nouvelle option, activée par défaut, qui permet aux agents de le contrôler. Pour les utilisateurs qui n’ont aucun usage de ces agents sur leurs machines, il est possible de désactiver l’option.

Dans sa version 11.0.9.565, l’app NVIDIA inaugure un nouveau réglage dans la section « Connecter les agents et les applications » au libellé très clair : « Permettre aux agents d’IA de contrôler NVIDIA App ». Repérée par VideoCardz et activée par défaut, l’option ouvre un serveur MCP (à l’adresse http://127.0.0.1:13508/mcp, comme l’indique la doc de NVIDIA) qui ouvre l’interface aux agents.

Captures d’écran : Next

Après avoir emprunté cette passerelle, ils peuvent consulter les jeux installés sur le PC, lancer un jeu ou vérifier si un jeu tourne sur la machine. Les assistants ont aussi la possibilité d’appliquer les réglages NVIDIA optimaux pour tel ou tel jeu, d’enregistrer la vidéo d’une partie et de réaliser des captures d’écran, d’ouvrir et de fermer l’interface des stats, d’ajuster les graphiques, de vérifier la version du pilote et de gérer les performances d’un ordinateur portable via la fonction Battery Boost et le mode Whisper.

L’utilisateur pourra demander à son assistant IA, en langage naturel, tel ou tel changement à appliquer dans son jeu. L’agent doit évidemment être compatible MCP ; NVIDIA cite par exemple Hermes, OpenClaw et Perplexity (qui propose son propre agent local Portable Computer), exécutés sur le PC. L’idée n’est pas totalement farfelue : il est parfois compliqué de s’y retrouver dans les réglages proposés par l’app NVIDIA et surtout, de faciliter leur ajustement selon le jeu et les préférences du joueur.

Les joueurs qui n’utilisent pas d’agent IA n’ont aucune raison de laisser cette option active en tout temps, c’est pourquoi il est possible de la désactiver. Dans ce cas, le serveur MCP cessera tout simplement de fonctionner.

  •  

Yahoo Mail : dès mars 2027, il faudra consentir au ciblage publicitaire ou payer

La vie privée en option payante
Yahoo Mail : dès mars 2027, il faudra consentir au ciblage publicitaire ou payer

Si le moteur de recherche de Yahoo a largement disparu du paysage, balayé par l’ouragan Google, plusieurs services de l’entreprise demeurent très utilisés. C’est le cas du courriel, et à partir de mars 2027, les utilisateurs devront faire un choix important concernant l’affichage de publicités.

À compter du 18 mars 2027, Yahoo demandera aux utilisateurs de ses services, comme le mail, les actualités ou la finance, de choisir entre deux options : accepter la publicité personnalisée sans frais supplémentaires, ou souscrire un abonnement payant pour ne plus la subir. Un troisième choix est possible, celui de ne plus utiliser les services de Yahoo.

La première option ne changera pas fondamentalement l’expérience actuelle : « Si vous choisissez d’utiliser les services de Yahoo avec des publicités personnalisées, c’est ainsi que la publicité fonctionne déjà en grande partie pour de nombreux utilisateurs aujourd’hui », explique la société dans sa FAQ.

Elle précise à toutes fins utiles que la pub personnalisée ne signifie pas que le contenu des mails sont lus ou analysés, en revanche les annonces sont choisies en fonction des centres d’intérêt, de la localisation approximative et de la manière d’utiliser les services de Yahoo.

2,49 euros par mois pour moins de pubs et moins de ciblage

En souscrivant l’abonnement payant fixé à 2,49 euros par mois, Yahoo n’utilisera plus les données de l’internaute pour personnaliser les réclames ; elles ne seront pas non plus partagées avec des partenaires. L’abonné verra également moins d’annonces sur les différents services du groupe, même si le contenu sponsorisé, les liens d’affiliation et « d’autres contenus publicitaires » resteront présents.

Un délai de rétractation légal de 14 jours à compter de la date de la première inscription est bien sûr présent, et Yahoo préviendra au moins 30 jours à l’avance d’un changement dans le prix de l’abonnement. Pour tous ceux qui ne voudraient ni l’une ni l’autre option, Yahoo propose de transférer la boîte de réception vers un autre fournisseur. Un outil de migration est disponible à cette adresse, pour copier les mails, contacts et agenda vers la nouvelle adresse.

Une fois la boîte de réception migrée, Yahoo transférera automatiquement les nouveaux mails envoyés à l’adresse Yahoo Mail vers la nouvelle adresse « pendant sept mois, gratuitement ».

Ces options rappellent ce que Meta avait tenté de mettre en place dans l’Union européenne avec une offre de type « consentir ou payer ». Mais après une amende de 200 millions d’euros pour infraction au DMA, Meta a dû changer son fusil d’épaule : depuis début 2026, Meta donne le choix entre le partage de toutes les données nécessaires à la publicité personnalisée, et une personnalisation limitée basée sur moins de données. Yahoo ne fait pas partie du club des plateformes du DMA, elle n’est pas tenue de suivre le même chemin que Meta.

  •  

☕️ Protection des mineurs : l’Arcom ouvre une enquête sur Mym



Le réseau social pour adultes Mym est dans le viseur de l’Arcom. Le régulateur des communications suspecte la plateforme de deux infractions au règlement européen sur les services numériques (DSA).

Suite à une première analyse de conformité, l’Arcom a envoyé une demande d’information à Mym le 14 octobre concernant deux infractions potentielle au DSA. La première concerne la protection des mineurs, notamment sur les modalités et l’activation du contrôle de l’âge ; la seconde porte sur la transparence du service.

Les parents sous-évaluent l’utilisation des IA génératives par les enfants
Illustration : Flock

L’article 28 du texte impose aux plateformes accessibles aux mineurs des mesures « appropriées et proportionnées pour garantir un niveau élevé de protection de la vie privée, de sûreté et de sécurité des mineurs sur leur service. ».

Contrairement à l’App Store (Apple), Amazon ou, pour rester dans le même secteur d’activité, Pornhub (Aylo), Mym n’est pas une très grande plateforme en ligne (VLOP) au titre du DSA.

Mais même sans atteindre le seuil des 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels qui qualifie une VLOP, les plateformes en ligne accessibles aux mineurs doivent respecter ces mesures. L’Arcom est chargée de faire appliquer le DSA en France depuis la loi Sren de 2024. L’Autorité contrôle les plateformes établies dans l’Hexagone comme c’est le cas pour Mym.

Le deuxième grief du régulateur touche à la transparence du site : conditions générales d’utilisation incomplètes, informations insuffisantes sur le fonctionnement des systèmes de recommandation, etc. Mym a maintenant quinze jours pour répondre à l’Arcom, sous peine de sanction.

  •  
❌