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Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Extinction du domaine de la lutte
Autistici/Inventati annonce sa dissolution, et la fermeture prochaine de ses services

Onze jours après avoir été désigné comme organisation terroriste par l’administration Trump, le collectif hacktiviste d’origine italienne Autistici/Inventati a annoncé mettre un terme à ses activités. Il explique ne plus pouvoir garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services de messagerie ou d’hébergement, qui fermeront bientôt. Dans toute l’Europe, associations et mouvements en faveur des libertés numériques alertent sur cette attaque sans précédent contre un hébergeur alternatif.

Autistici/Inventati (A/I) baisse le rideau. Le collectif, né en Italie, désigné le 26 août dernier comme organisation terroriste par l’administration Trump, affirme ne pas pouvoir être en mesure de garantir la sécurité de ses membres, mais aussi des utilisateurs de ses services. « A/I ferme ses portes. Le collectif Autistici/Inventati cesse ses activités et interrompra prochainement tous les services qu’il propose », explique-t-il dans un billet daté du 6 septembre.

Un revirement soudain

Depuis le 26 août, il affichait pourtant sa volonté de résister face à cette désignation, qui a entraîné le gel, via DNS, du nom de domaine de son site principal, autistici.org, puis la suspension de son compte PayPal, et la résiliation des services financiers que lui prodiguait sa banque italienne, Banca Etica.

Le 2 septembre, Autistici/Inventati avait ainsi lancé un nouveau site, keepitfree.ai, pensé spécifiquement pour servir de point de liaison entre le collectif, ses utilisateurs et ses soutiens. Il y rappelait que même si A/I ne peut pas être qualifié de structure « neutre », en raison de son orientation idéologique assumée, la structure n’avait jamais été condamnée pour un quelconque crime, que ce soit aux États-Unis ou en Italie.

Quatre jours plus tard, changement de ton. « La possibilité que notre travail puisse avoir des conséquences juridiques et financières pour nos prochesou même pour ceux qui ont simplement un lien avec nous – ne nous laisse pas le choix. Chaque jour passé en ligne après le 26 août 2026 a été une victoire, mais nous sommes maintenant contraints d’arrêter », écrit A/I dans le billet qui annonce sa dissolution.

Le collectif annonce dans le même temps la fermeture prochaine de ses services, à commencer par la messagerie autistici.org et la plateforme noblogs.org, et suggère à leurs utilisateurs de prendre les devants en sauvegardant leurs données :

« Nous vous enverrons prochainement des instructions pour sauvegarder le contenu de vos blogs, boîtes mail et sites web, ainsi que des recommandations plus techniques. Cependant, gardez à l’esprit que, tout comme le domaine autistici.org est devenu inaccessible sans préavis, nous pourrions rencontrer des problèmes similaires et imprévisibles dans les prochains jours. »

De nombreux soutiens affichés

L’annonce de la disparition d’A/I intervient alors que de nombreuses structures, associations et collectifs engagés en faveur de la liberté d’expression sur Internet, ont affiché leur soutien explicite. Outre la lettre ouverte de Sabot Media cosignée par Framasoft et la Quadrature du Net entre le 31 août et le 1er septembre, une trentaine d’organisations ont donné de la voix au travers d’une tribune publiée le 3 septembre par le réseau European Digital Rights (EDRi).

Tous dénoncent une attaque d’une gravité sans précédent contre le principe même de neutralité des infrastructures, et le risque que fait peser la sanction des États-Unis sur tous les fournisseurs de services alternatifs aux acteurs commerciaux dominants.

« Cette décision déplace la responsabilité des actes commis par les hébergés sur les hébergeurs. Et quand la menace qu’on fait peser sur toi est celle d’être qualifié d’organisation terroriste internationale, ce n’est pas la même chose qu’une fermeture administrative, ou qu’une réquisition de la police. Ici, la sanction est d’une violence extrême », analyse Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft, initiatrice du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts et solidaires (Chatons).

Le renoncement d’A/I parait, dans ce contexte, compréhensible. « Même si tu restes vindicatif, c’est difficile de te dire que tu vas te battre avec des cure-dents contre un porte-avion. Le rapport de force qui se met en place, une fois désigné comme organisation terroriste internationale, est intenable, donc il vaut sans doute mieux jouer la fluidité, quitte à renaître ailleurs », estime Pierre-Yves Gosset, qui rappelle les conséquences de la vindicte états-unienne sur la vie personnelle et la famille du juge Guillou, littéralement coupé de tout un pan de sa vie numérique en raison d’un décret signé par Donald Trump.

Outre le coup de boutoir frontal que constitue cette désignation comme organisation terroriste internationale, A/I subit également des assauts par la bande. Fin août, le collectif indiquait que sa plateforme noblogs.org, notoirement connue pour héberger des blogs de mouvements antifa parfois adeptes de la désobéissance civile, avait fait l’objet d’attaques informatiques, qui s’étaient traduites par le défaçage, pendant quelques heures, de sa page d’accueil.

Prévenir l’hypothèse du kill switch

Quelques jours plus tard (et sans qu’un lien direct avec la cyberattaque ait été établi), le site militant pro-Trump Datarepublican a publié une cartographie des 7 673 sites hébergés par noblogs. « NoBlogs, la tristement célèbre infrastructure antifa mondiale, sera fermée. Mais n’ayez crainte, les autorités détiennent tout le contenu, et nous le conserverons en mémoire sur TrumpBlogs », ironise sur X l’instigatrice de la plateforme.

Qu’adviendra-t-il des utilisateurs des services opérés jusqu’ici par A/I ? L’ONG norvégienne Electronic Forpost Norge (EFN) a annoncé dimanche qu’elle reprendrait une partie de l’infrastructure précédemment gérée par le collectif d’origine italienne. Les autres internautes qui cherchent des moyens de communication garantissant l’anonymat, ou l’alternative aux grands outils états-uniens, devront quant à eux trouver une nouvelle crèmerie, peut-être moins facilement identifiable que ne l’était A/I, dont les 25 ans d’histoire ont été émaillés de quelques coups d’éclat.

L’action contre Autistici/Inventati fait quoi qu’il en soit peser un risque nouveau sur les hébergeurs alternatifs qui, même sans afficher de coloration politique particulière, prennent le précédent très au sérieux. « C’est peut-être le point positif de cette histoire. Elle nous oblige à nous poser des questions, à réévaluer notre modèle de menaces et à anticiper la façon dont on répondrait si on était concernés », remarque Pierre-Yves Gosset.

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Asahi Linux progresse sur les Mac Apple Silicon avec le support de la puce M3

Travail ingrat
Asahi Linux progresse sur les Mac Apple Silicon avec le support de la puce M3

Cette distribution Linux se destine avant tout aux Mac équipés de puces Apple Silicon, que l’entreprise a inaugurées il y a six ans avec sa puce M1. Alors que les premières machines M6 sont depuis peu sur le marché, Asahi annonce la prise en charge des puces M3. Mais attention, il reste beaucoup de travail.

Asahi Linux vise à porter Linux sur les Mac équipés de puces Apple Silicon. Il s’agit d’un travail de titan, car l’architecture d’Apple n’est pas ouverte. Les développeurs procèdent donc par tâtonnement et rétro-ingénierie, sans aucune documentation technique pour les y aider. Apple n’a aucun intérêt en effet à documenter sa technologie, puisqu’elle est la seule à l’utiliser et qu’elle est consciente des très bonnes performances de ses puces, constituant un avantage concurrentiel certain.

Pour avancer, les développeurs doivent ainsi analyser les microprogrammes (firmwares), la mémoire et le comportement des composants (contrôleur d’affichage, processeur de sécurité, contrôleur mémoire unifiée, etc.). Il faut ensuite en déduire un fonctionnement reproductible pour l’intégrer dans un système d’exploitation libre. La distribution de référence est Fedora Asahi Remix, mais le travail effectué est notamment repris dans le noyau Linux.

Un gros pas vers les puces M3

Comme indiqué par Phoronix le 6 septembre, le support officiel des Mac équipés de puces Apple M3 (M3, M3 Pro, M3 Max) vient d’être intégré à l’installateur du projet. Seule exception, la version Ultra de la puce, que l’on peut retrouver dans le Mac Studio dans sa configuration maximale.

Le niveau de prise en charge est proche de celui déjà obtenu sur les puces M1 et M2 (et leurs variantes). Le support comprend notamment la webcam, les microphones intégrés, l’USB, le décodage vidéo matériel avec support de l’AV1, le Wi-Fi et le Bluetooth.

Attention cependant, car les mêmes limites initiales qu’avec les générations M1 et M2 recommencent, à cause de deux composants qui donnent du fil à retordre aux développeurs. D’abord, le contrôleur d’affichage (DCP, Display Controller Processor), un coprocesseur dédié et propriétaire introduit avec la puce A14 (iPhone 12). Son support n’est que très partiel, car il a fallu passer par un hyperviseur interceptant les appels entre macOS et la puce. En conséquence, la machine ne peut pas être mise en veille et le HDMI ne fonctionne pas.

De même, le support du GPU reste expérimental. Les performances sont donc très limitées et son utilisation consomme beaucoup plus d’énergie qu’elle ne le devrait. Lors de la conférence X.Org qui se tiendra du 28 au 30 septembre, une partie de l’équipe de développement viendra rendre compte des progrès accomplis sur ce point.

Un travail de longue haleine.

Dans le billet d’annonce sur le site officiel de la distribution, James Calligeros (l’un des développeurs d’Asahi) indique cependant que l’équipe aura davantage d’informations sur ces sujets dans les mois à venir. Comme avec les générations M1 et M2, il est très probable que les développeurs finiront par obtenir le support complet du GPU et du DCP. Sur les deux premières générations, GPU a atteint la conformité officielle (auprès du Khronos Group) pour OpenGL 4.6, OpenCL 3.0 et Vulkan 1.3 (ainsi qu’OpenGL ES 3.2)

Le travail reste cependant « ingrat », car il faut recommencer à chaque nouvelle génération de puces, à cause des changements d’architecture et autres améliorations apportées chaque année. Il en ira de même pour le support des puces M4.

En outre, il faut garder en tête que « pleinement fonctionnel » a une définition particulière dans le cadre d’Asahi. L’appellation indique surtout que toutes les fonctions de base sont supportées et que la machine a, dans l’ensemble, le comportement que l’on peut en attendre dans une utilisation quotidienne. Des fonctions restent indisponibles, comme le HDR ou certaines configurations Thunderbolt (pour les machines qui l’ont).

Une lente intégration dans le noyau Linux

Une partie du travail réalisé par les développeurs d’Asahi atterrit ensuite dans le noyau Linux lui-même. Le processus est bien sûr plus lent et sélectif, car seuls les composants jugés suffisamment matures sont intégrés. Ils sont alors soumis aux mainteneurs des sous-systèmes concernés (DRM pour l’affichage, IOMMU pour la gestion mémoire, etc.), selon le processus habituel de relecture par correctifs.

On retrouve ainsi des composants comme le pilote DCP de base, le contrôleur IOMMU pour la mémoire, le pilote SMC (contrôleur de gestion système) ou encore les contrôleurs GPIO. Le pilote graphique complet, en revanche, n’en fait pas partie. D’une part, il est nettement plus volumineux que les autres composants.

D’autre part, il est en grande partie écrit en Rust, ce qui avait soulevé des tensions sur les discussions d’intégration au noyau. Ces tensions avaient poussé Hector Martin, fondateur et responsable historique du projet, à démissionner de son rôle de mainteneur et de la direction. La décision était intervenue notamment à la suite de remontrances de Linus Torvalds. Ce dernier indiquait alors ne pas être contre Rust dans le noyau (le code Rust y est en augmentation depuis trois ans), mais il n’avait pas apprécié qu’Hector Martin passe par les réseaux sociaux pour tenter de convaincre la communauté.

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☕️ La start-up qui veut relancer Twitter modifie le nom de son service pour Tweet.app



L’évolution n’a pas tardé. Alors que le projet Opération Bluebird, monté par deux salariés de Twitter, époque pré-rachat par Elon Musk, lançait fin août le service Twitter.now, les voilà forcés de le renommer pour tweet.app.

Le changement fait suite à la décision écrite du juge Colm Connolly, dans laquelle ce dernier indique qu’utiliser le nom « Twitter » créerait trop de confusion dans l’esprit des consommateurs et enfreindrait le droit des marques.

Autrement dit, contrairement à la lecture adoptée initialement par les équipes d’Operation Bluebird, ces derniers n’ont pas le droit d’utiliser le nom Twitter, quand bien même celui-ci n’est plus utilisé par la plateforme X ni par l’entreprise SpaceXAI.

Le juge décrète en revanche que X a probablement abandonné le terme « tweet » et son logo en forme d’oiseau, ce qui signifie que ces deux éléments sont réutilisables. Le site web du nouveau réseau social a aussitôt évolué de Twitter.now vers Tweet.app.

Page d’accueil de Tweet.app : seul le nom a changé depuis le lancement de « twitter.now ». / Capture d’écran

Dans sa foire aux questions, il indique : « Le 3 septembre 2026, un tribunal fédéral a refusé de nous interdire l’utilisation de la marque "Tweet" et du logo représentant un oiseau, estimant que nous étions en mesure de prouver que la société X avait abandonné ces deux éléments. »

Fin août, l’ancien juriste de Twitter Stephen Coates et son associé Michael Peroff lançaient la prévision de leur réseau social.


Pour limiter les premiers accès et obtenir des financements, le réseau n’est pour le moment accessible qu’en contrepartie de 20 à 40 dollars. Auprès de TechCrunch, l’entreprise a indiqué que 172 000 personnes avaient déjà ouvert un compte, donc réservé un nom d’utilisateur.

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Après avoir dit non, la France entrouvre la porte au FSD de Tesla

Non mais oui
Après avoir dit non, la France entrouvre la porte au FSD de Tesla

Deux véhicules Tesla équipés du FSD, le dispositif de conduite autonome du constructeur automobile, vont être testés sur route en France. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait pourtant dit non au FSD en juillet ; une discussion avec Elon Musk a arrondi les angles.

Non en juillet, oui en septembre : il n’aura fallu que deux mois et une discussion avec Elon Musk pour que Philippe Tabarot revienne sur sa décision. « Avec la mise à disposition de deux véhicules équipés de FSD par Tesla, nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle des essais sur route », explique-t-il.

Le feu rouge passe à l’orange

Les arguments avancés le 22 juillet par le ministre des Transports pour refuser le FSD tenaient pourtant la route, si l’on ose dire. Il reprochait au système de « conduite autonome supervisée » – ce qui n’est pas la même chose qu’une conduite totalement autonome – que dans certains cas, les véhicules peuvent aller jusqu’à 50 % au-dessus de la limite de vitesse autorisée. Il pointait aussi du doigt les mécanismes de Tesla pour garantir que le conducteur soit toujours parfaitement attentif durant la conduite.

Philippe Tabarot a eu un « échange constructif » avec le milliardaire le 2 septembre dernier autour du FSD. Il explique que « depuis plusieurs mois, les autorités françaises travaillent étroitement avec Tesla sur les adaptations techniques qui permettront à la France de soutenir son homologation, qui sera décidée au niveau européen dans les prochaines semaines. »

Les premiers essais sur route sont la prochaine étape, avec ces deux véhicules équipés du FSD. Ce sera l’occasion de tester en conditions réelles la fierté des routes françaises : les ronds-points !

En réalité, le ministre n’a rien contre ces technologies ; comme il l’expliquait en juillet, « la France soutient ces technologies et leur déploiement doit se faire dans un cadre de confiance qui permet d’évaluer les systèmes et de déterminer les ajustements du FSD nécessaires pour garantir un haut niveau de sécurité. » Il souhaite que les premiers véhicules homologués puissent rouler sur les routes de l’Hexagone dès l’année prochaine.

Tesla veut une approbation à l’échelle européenne

Non content d’échanger avec le ministre français en visio, Tesla travaille de son côté sa communication et ses chiffres avec une échéance stratégique en vue. D’après le constructeur, c’est en effet aux alentours du 6 octobre prochain que doit intervenir le vote du comité technique européen (TCMV) pour l’approbation élargie du système « FSD Supervised » à l’échelle de l’Union européenne.

Rappelons que l’entreprise ne dispose pour l’instant que d’autorisations données à l’échelle nationale dans cinq pays (Pays-Bas, Danemark, Belgique, Estonie, Lituanie). Pour déployer plus largement le FSD, elle demande une dérogation au règlement européen UNECE R171.01 qui encadre la mise en œuvre des fonctions de conduite assistée de niveau 2.

À cette fin, Tesla a publié le 1er septembre un plaidoyer qui demande cinq dérogations (dont la possibilité de temporairement dépasser la vitesse maximale en fonction des conditions de trafic). À l’appui de cette demande, le constructeur avance une longue liste de chiffres présentés comme autant de preuves de l’efficacité de sa technologie.

Issues de trajets réalisés en Europe ou aux États-Unis, ces statistiques démontrent, selon Tesla, une diminution significative des événements inopportuns (freinages d’urgence, accélérations brusques) par rapport aux aides à la conduite déjà autorisées. Elles révèleraient également « des taux de collision majeurs inférieurs de 40 à 69% (IRR 0,31 - 0,60) et 48 à 59% de taux de collision mineurs inférieurs (IRR 0,41 - 0,52) dans toutes les classes de route ». L’IRR désigne pour mémoire le rapport des taux d’incidence (incident rate ratio) entre deux groupes distincts, ici les véhicules équipés du FSD et ceux qui disposent d’ADAS homologuées.

Le Cybercab force le passage

Pendant ce temps, le forcing de Tesla pour faire rouler le Cybercab a payé : le véhicule sans volant ni pédale tourne en effet sur les routes d’Austin, au Texas, depuis jeudi dernier. La voiture deux places, présentée en grande pompe en octobre 2024, rongeait son frein depuis, en attendant d’obtenir les autorisations nécessaires.

Le constructeur avait lancé l’an dernier une app Robotaxi qui permettait certes de commander une course dans une voiture autonome, mais il s’agissait jusqu’à présent de Model Y, avec un volant et des pédales donc, et parfois accompagnées d’un chauffeur de sécurité. 45 Cybercab renforcent une flotte qui comprend désormais 420 véhicules à Austin. Attention, il s’agit de voitures enregistrées, pas nécessairement de robotaxis réellement en exploitation.

Selon le décompte d’AP, Tesla aurait en circulation environ 200 robotaxis sans chauffeur dans six villes au Texas et en Floride. En comparaison, Waymo fait rouler plus de 4 000 véhicules dans 14 villes.

Quoi qu’il en soit, la fête s’est terminée en gueule de bois. Vendredi, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) ouvrait une enquête pour déterminer si Tesla avait vraiment le droit de dire que le Cybercab respectait les normes fédérales actuelles, les Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS). L’entreprise a probablement estimé que certaines obligations pensées pour un conducteur humain ne valent pas pour un véhicule complètement autonome.

Aux États-Unis, les constructeurs peuvent auto-certifier leurs véhicules. Ils n’ont pas toujours besoin d’une autorisation préalable détaillée ; en revanche, l’administration en charge de la sécurité routière peut toujours contrôler et imposer des mesures si la déclaration ne correspond pas à la réalité ou ne respecte pas les standards.

Image : Tesla

Le nœud du problème ici, c’est que le Cybercab ne possède aucune commande qui permettrait à un humain de prendre la main. La NHTSA demande donc à Tesla de détailler le raisonnement technique de l’entreprise ; il ne s’agit pas d’une interdiction, ni de la conclusion que le Cybercab est illégal. Mais l’agence fédérale peut exiger des documents, contester la conformité ou obliger le constructeur à modifier le véhicule.

Il parait cependant peu probable que la NHTSA fasse preuve du plus grand zèle dans son enquête puisqu’elle est en train de moderniser les règles pour les véhicules autonomes, notamment sur les pédales de frein, essuie-glaces, éclairage et rétroviseurs. Mais tant que ces nouvelles règles ne sont pas finalisées, les anciennes restent applicables. Tesla est donc allée plus vite que la musique et ne peut pas agir comme si la réforme était déjà faite.

Comme le rappelle TechCrunch, Tesla aurait pu emprunter la même voie réglementaire que Zoox. La filiale d’Amazon avait elle aussi auto-certifié son véhicule, une sorte de cube sur roues sans volant ni pédales, en 2022. La NHTSA avait alors ouvert le même type d’enquête. Chemin faisant, Zoox a fini par décrocher le feu vert final en juillet dernier pour lancer un service commercial payant à Las Vegas.

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Projet Zenith : Microsoft drague les développeurs IA avec un Windows 11 prémâché

Le tapis rouge pour le dév IA
Projet Zenith : Microsoft drague les développeurs IA avec un Windows 11 prémâché

Microsoft veut catalyser le marché des développeurs travaillant avec l’IA. L’éditeur a dévoilé le « projet Zenith », un Windows 11 spécialement configuré pour répondre aux besoins de cette clientèle, sur des PC ultra-gonflés. Était-ce bien nécessaire ?

Microsoft veut faire de Windows « la meilleure plateforme pour les développeurs » – il est vrai que sans trop forcer, Apple s’est taillée une réputation enviable dans ce domaine, avec ses Mac à puce Mx et leur mémoire unifiée. À tel point que le constructeur en fait désormais un argument central.

Le projet Zenith est une « expérience » Windows 11 optimisée pour les développeurs. Il s’agit de Windows 11 « sans distraction » destiné à des machines équipées de 64 Go de mémoire unifiée (ou plus si on veut vraiment casser la tirelire) et d’une bande passante de 250 Go/s minimum.

Les premiers modèles compatibles Zenith fonctionneront sur des puces Ryzen AI Halo d’AMD. Il est aussi plus que probable que les futurs PC avec puce RTX Spark de NVIDIA seront pris en charge. Ces machines peuvent faire tourner en local des modèles IA de 30 milliards de paramètres.

Image : Lenovo

À l’occasion de l’IFA, Lenovo a présenté son ThinkCentre X Ultra, l’un des premiers ordinateurs de bureau répondant aux critères du projet Zenith. Il intègre une puce AI Max+ PRO 495, prend en charge jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, et on peut les connecter en cluster (jusqu’à 4 unités).

Prêt-à-coder très encadré

Microsoft en fait des caisses, mais en réalité ce projet n’est rien d’autre qu’un Windows 11 qui vient avec des réglages prédéfinis et des logiciels déjà installés. Le Terminal de Windows et Visual Studio Code seront ainsi épinglés par défaut à la barre des tâches ; l’Explorateur de fichiers présentera les extensions de fichiers, les fichiers masqués, le chemin complet dans la barre de titre et le volet des détails, avec la prise en charge des chemins longs activés.

La recherche, le menu Démarrer et la barre des tâches seront également configurés « pour le développement » : la Palette de commandes des PowerToys est activée dans les deux premiers ; les conseils du menu Démarrer et les notifications de compte sont désactivés pour limiter les distractions. L’espace de travail est annoncé comme « plus épuré » sans les fichiers et dossiers récemment utilisés.

Image : Microsoft

Au chapitre des logiciels préinstallés, les PC du projet Zenith seront livrés avec Visual Studio Code bien évidemment, GitHub Copilot, des terminaux, des interfaces en ligne de commande, divers langages, .NET 10, Windows Subsystem for Linux (WSL) 2…

« Ces choix créent un point de départ calme et pertinent pour le développement », affirme Microsoft. Fort heureusement, tous ces réglages peuvent être modifiés et désactivés en fonction de ses besoins. « Vous pouvez continuer à configurer, étendre et personnaliser votre environnement autour des outils, langages et frameworks que vous préférez. » Ouf ! Selon l’éditeur, il s’agit simplement de partir d’une « meilleure base ».

Tout cela représente un gain de temps assez marginal, et même un intérêt finalement assez modeste. Chaque développeur a ses petites habitudes, et par ailleurs la configuration aux petits oignons d’un PC ne nécessite plus une gymnastique de tous les instants. Une fois qu’une config’ est calée, en règle générale, le sujet n’est pas censé revenir sur le tapis tous les quatre matins.

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Tu te mets combien, version Next ! Avez-vous les réponses aux 10 questions ?

Moi, j’ai 10/10 ! Qui d’autre ?
Tu te mets combien, version Next ! Avez-vous les réponses aux 10 questions ?

Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, nous allons tester vos connaissances avec une version maison du jeu Tu te mets combien. Les premières questions sont faciles, mais cela se corse rapidement !

Attention à la première question, il y a un piège. Les autres sont toutes évidentes ; ou alors c’est le contraire, allez savoir ! Pour la 10ᵉ question, nous allons être gentils, vous avez droit à une marge de ± 1 signe, sinon c’est trop dur (qu’est-ce qu’on est sympa quand même) !

Pour les autres, les réponses se trouvent parfois dans des actualités Next, parfois dans un de nos magazines, parfois… on ne sait pas trop où ; à vous de chercher.

Réfléchissez-y et notez vos réponses quelque part. La semaine prochaine, nous vous expliquerons comment participer à notre concours pour tenter de gagner des cadeaux, notamment des dessins de Flock.

Voici nos 10 questions :

  1. Next est-il un site avec du contenu porno ou des actualités sur la tech ?
  2. Le site de Next est-il basé sur WordPress, Skyblog ou MySpace ?
  3. Comment s’appelait Next avant son rachat ?
  4. À la date du 5 septembre, combien de sites sont identifiés dans notre extension Gen AI ?
  5. Quelle est l’impédance maximale trouvée sur un vieux câble USB pendant nos tests ?
  6. Avant d’être journaliste : qu’a fait d’improbable Jean-Marc ; qu’a transporté Vincent ?
  7. Arrivé sur Next pour parler de stockage, de quelle marque parlait la première actu de Seb ?
  8. Chez LCDI, combien coûtait dans les années 90 un disque dur Corner de 420 Mo ?
  9. Quelle relation ont eue Mathilde et Jean-Marc avant de travailler ensemble sur Next ?
  10. Il y a 15 ans, en septembre 2011, combien de signes ont été publiés dans les actus Next ?
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☕️ Piratage de la DGFiP : deux suspects interpellés, l’enquête se poursuit



L’enquête lancée par la section cybercriminalité du parquet de Paris et confiée à l’office anti-cybercriminalité (Ofac) suite au piratage de la plateforme cet été de la Direction générale des finances publiques a débouché sur l’interpellation de deux suspects, rapporte Franceinfo.

Illustration : Flock

Suite à son interpellation le 18 août, un homme de 18 ans a été mis en examen le 20 août et placé en détention provisoire. Un second suspect âgé de 16 ans, interpellé le 26 août, a été libéré après sa garde à vue. Son matériel sera cependant utilisé par les enquêteurs. Le premier suspect, domicilié en région parisienne, ferait partie du groupe de pirates ZeroBytes bien connu des services. Outre la DGFiP, il serait derrière les piratages ces derniers mois de l’Éducation nationale, France Travail, ou encore SFR.

Le suspect n’est pas un perdreau de l’année : il avait en effet été mis en examen en juin 2024 et janvier 2025 dans deux dossiers concernant des attaques informatiques, et placé sous contrôle judiciaire dans ces deux cas.

Il a été mis en examen pour les chefs d’accusation d’« accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données (STAD) à caractère personnel en bande organisée », pour « modification frauduleuse, extraction, transmission, reproduction et détention de données contenues dans un STAD à caractère personnel en bande organisée », ainsi que pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement ».

L’enquête se poursuit pour interpeller les autres personnes mises en cause dans le piratage du fisc.

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☕️ Sync-in 2.5 ajoute des favoris et renforce la sécurité autour des comptes OIDC



Sync-in est une solution d’hébergement et de synchronisation de fichiers libre et open source (licence AGPL 3). Après une version 2.4 en juin, la 2.5 vient de paraître, avec à son bord plusieurs nouveautés importantes.

Elle introduit d’abord un système de favoris, une vue dédiée dans laquelle on peut placer aussi bien des fichiers que des espaces collaboratifs et des partages. On y trouve également des filtres, options de tri, informations sur leur emplacement ainsi qu’un affichage en liste ou en galerie.

Sync-in 2.5 introduit aussi un panneau de sélection. Il s’ouvre automatiquement lorsqu’on clique sur l’icône d’un fichier, avec ou sans sélection multiple. Dans le panneau, on trouve des informations sur les éléments choisis, dont la taille totale et un accès aux fonctions disponibles.

L’activité récente a été unifiée : les fichiers et commentaires sont réunis dans la même chronologie, que l’on peut organiser par période, avec possibilité de filtrer par type d’activité. La nouvelle mouture améliore aussi les copies, déplacements et envois, avec un volet repensé et la possibilité d’ignorer les fichiers quand des conflits sont détectés. Citons en outre une amélioration générale de l’accessibilité, ainsi qu’une meilleure recherche en texte intégral.

La version 2.5 comporte en outre quelques changements importants liés à la sécurité. Le plus significatif est sans doute l’obligation par défaut d’avoir une adresse e-mail vérifiée lorsque l’on passe par un fournisseur OIDC (OpenID Connect). Si c’est impossible pour une raison ou une autre, la personne chargée de l’administration du serveur devra modifier la valeur de l’option auth.oidc.security.requireVerifiedEmail pour false.

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☕️ France2030 : 18 millions d’euros pour relancer la recherche sur la fission nucléaire



L’État français a décidé de rebooster sa recherche dans le nucléaire de fission en lançant un nouveau programme de recherche sur le thème financé par le plan d’investissement public France 2030. Dans son communiqué de presse annonçant la création de ce programme, le CNRS l’ancre dans une « volonté d’accompagner la transition énergétique ».

Le programme est doté de 18 millions d’euros sur six ans et est piloté par le CNRS en collaboration avec le CEA.

Réacteur nucléaire
Réacteur centrale nucléaire. Nicolas HIPPERT, Unsplash

L’idée du programme semble de réactiver une recherche sur le nucléaire en perte de vitesse, avec la volonté de :

  • Produire de nouvelles connaissances fondamentales ;
  • Renforcer les infrastructures expérimentales indispensables à ces recherches ;
  • Former une nouvelle génération de scientifiques spécialisés dans l’énergie nucléaire.

La moitié des 18 millions d’euros partira directement dans le financement de personnels de recherche, notamment de contrats doctoraux et postdoctoraux (les postes de chercheurs titulaires étant très peu financés sur des programmes de recherche de ce genre en France).

L’autre moitié du financement servira aux équipements et infrastructures scientifiques « comme des accélérateurs de particules, des réacteurs expérimentaux ou des laboratoires de radiochimie ».

Concernant les objectifs de recherche, le programme se donne l’ambition de produire des données fondamentales sur les processus nucléaires mais aussi d’analyser le comportement du corium, « un mélange de matériaux formé lorsqu’un cœur de réacteur fond durant un accident ». Les chercheurs devront aussi aller à la découverte du devenir des noyaux radioactifs (pour comprendre comment gérer leur fin d’utilisation).

Enfin, le programme prévoit le développement de « nouveaux matériaux capables de résister durablement aux fortes irradiations auxquelles sont soumis les réacteurs nucléaires ».

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Le scam du support informatique via Teams, nouvelle route de piratage des infrastructures

Fake IT crowd
Le scam du support informatique via Teams, nouvelle route de piratage des infrastructures

Les scammers migrent de plus en plus de l’email vers les plateformes de collaboration d’entreprise comme Microsoft Teams pour mettre en place leurs attaques. En se faisant passer pour le support informatique, ils peuvent aller très loin dans l’infrastructure de l’entreprise visée.

Le laboratoire de recherche en cybersécurité Unit 42 de l’entreprise Palo Alto Networks a alerté ce mardi 1er septembre : des pirates ont mis en place des campagnes pour cibler le système informatique d’entreprises via des appels vocaux sur Microsoft Teams.

Comme souvent quand il s’agit de scam, les pirates utilisent leurs compétences en social engineering. « Ce qui semble être une conversation anodine est en réalité un appel de hameçonnage vocal (vishing), au cours duquel les cybercriminels tentent de contraindre leurs victimes à exécuter des outils de surveillance et de gestion à distance (RMM) ou des virus sur mesure », explique Unit 42.

Utiliser le pouvoir social du support informatique

Notamment, pour que l’utilisateur se laisse manipuler, les pirates se font passer pour le support informatique de l’entreprise. Les chercheurs de Palo Alto Networks signalent avoir repéré une campagne particulière, qu’ils nomment Spring Ring, qui a ciblé entre janvier et avril 2026 plus de 150 employés d’au moins 10 entreprises. Pour certains, les pirates sont allés jusqu’à essayer d’atteindre le contrôleur de domaine de l’entreprise, le serveur qui permet de répondre aux demandes d’authentification et donne les accès aux employés.

Pour Unit 42, cette campagne illustre « la manière dont les plateformes de communication sont utilisées comme armes, l’identité devenant un vecteur d’attaque majeur ».

Les chercheurs de Unit 42 expliquent qu’ils ont détecté cette campagne après avoir observé un schéma suspect de création de discussions. De fait, l’attaque passe d’abord en chat où l’attaquant crée une discussion sous une identité qui semble demander une attention particulière (service d’assistance informatique ou personnel de support) avec un email au domaine proche de Microsoft (ici .onmicrosoft[.]com) et dont il maitrise le sous-domaine (par exemple : ithelp@InternalSystemsDaily[.]onmicrosoft[.]com).

L’attaquant lançait ensuite un appel audio pour lui faire faire des actions présentées comme de l’assistance technique. En fait, l’utilisateur lui donnait le contrôle à distance ou exécutait un virus sans le savoir. Pour mettre la pression sur l’utilisateur, l’attaquant peut appeler plusieurs fois si l’utilisateur ne répond pas.

Deux formes d’attaques : le contrôle à distance ou l’envoi vers un faux cloud de l’entreprise

Lors de la campagne Spring Ring, Unit 42 a repéré deux formes d’attaques. Dans la première, l’attaquant incite la victime à exécuter le logiciel de gestion à distance de son entreprise et ensuite à lui donner le contrôle à distance de son ordinateur. Après avoir vérifié les informations sur l’environnement, il utilise PowerShell pour télécharger un cheval de Troie à distance qui désactive l’antivirus, envoie des données de l’utilisateur et récupère ensuite d’autres virus.

Dans l’autre forme d’attaque, le pirate envoie l’employé vers un lien pointant vers un faux cloud de son entreprise, téléchargeant un virus dont l’exécutable mentionnait le nom de cette entreprise (par exemple : nomdelentreprise-org-filters-update-nomdelavictime.exe). Dès que celui-ci est exécuté, il assure sa persistance dans le système de Windows. Puis il lance une instance cachée et sans interface graphique de Edge pour installer une extension du navigateur de Microsoft. Un script Python est enfin lancé pour scanner les ports SMB, cibler le contrôleur de domaine de l’entreprise via Microsoft NT LAN Manager et tenter « une attaque avec PetitPotam [une preuve de concept (PoC) permettant de forcer des hôtes Windows à s’authentifier auprès d’autres machines, ndlr] afin de contraindre le contrôleur de domaine à s’authentifier auprès d’une machine contrôlée par l’attaquant ».

Pour l’Unit 42, cette campagne montre un « tournant stratégique en matière d’ingénierie sociale, les attaquants allant désormais au-delà du hameçonnage par e-mail pour cibler les outils de collaboration d’entreprise ».

Microsoft alerte aussi

Cela semble aussi le cas du côté de Microsoft. En effet, quelques jours plus tard, les chercheurs de l’entreprise de Redmond ont décrit le même genre d’attaques utilisant les outils de surveillance et de gestion à distance. Ici, PowerShell était utilisé pour télécharger un paquet MSI malveillant qui met ensuite en place un environnement Node.js et un script JavaScript permettant, de façon persistante, l’exécution de commandes.

L’éditeur de Teams semble désemparé devant ce genre d’attaques, affirmant que « cette campagne repose moins sur l’exploitation de la plateforme que sur la persuasion des utilisateurs de mettre en place des processus d’accès à distance sécurisés au sein d’outils de collaboration légitimes ». Microsoft ajoute que les entreprises « doivent considérer toute demande d’assistance externe non sollicitée comme intrinsèquement suspecte et mettre en place des défenses à plusieurs niveaux, couvrant l’identité, les terminaux et la collaboration ».

Dans ses conseils, en plus du renfort de la sensibilisation des employés, Microsoft pousse quand même à utiliser des outils contre les attaques de type « ingénierie sociale », contre le phishing en général, et d’activer les règles ASR de réduction de la surface d’attaque « qui bloquent le contenu exécutable provenant des e-mails et des interpréteurs de scripts, la création de processus à partir de PowerShell/WScript/cmd, ainsi que l’exécution de contenu téléchargé, afin d’empêcher la mise en place de scripts et de fichiers MSI ». L’éditeur pousse aussi les DSI des entreprises à limiter ou surveiller l’utilisation des logiciels de gestion (et d’assistance) à distance et à contrôler quels outils sont autorisés dans leurs environnements.

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☕️ Audacity 4.0 fait peau neuve et le plein de nouveautés



L’éditeur audio multiplateforme et open source Audacity était connu pour son interface très « old school ». Les développeurs ne voulaient manifestement plus de cette étiquette : la nouvelle version 4.0 modernise largement l’interface.

Dans Audacity 4.0, l’interface a été réécrite en Qt. Esthétiquement beaucoup plus actuelle, elle permet la réorganisation libre des panneaux et la création d’espaces de travail, qui enregistrent les dispositions personnalisées. Des thèmes clair, sombre et haut contraste apparaissent également. Signalons aussi un spectrogramme redessiné au rendu plus rapide et des effets retravaillés, sur le plan esthétique et des performances.

Outre le changement visuel, les nouveautés sont nombreuses. Par exemple, l’édition par clips a été repensée. On peut maintenant sélectionner directement les clips, en modifier plusieurs simultanément, les grouper ou encore les déplacer librement entre les pistes. Le découpage se veut plus intuitif en proposant son propre outil et des commandes dédiées. De même, la tête de lecture reste visible pendant la navigation et peut être déplacée pendant la lecture. Chaque en-tête dispose en outre de vumètres pour l’enregistrement et la lecture.

La nouvelle mouture améliore aussi sa gestion des périphériques système, leur actualisation et le mapping personnalisé des canaux. Les changements opérés au niveau du système se reflètent maintenant dans l’application. De plus, la version Windows supporte désormais le protocole ASIO (Audio Stream Input/Output), permettant à Audacity une communication plus directe avec la carte son, avec à la clé une amélioration de la latence et de la fiabilité.

Attention cependant, car toutes les fonctions d’Audacity 3 ne sont pas encore présentes dans la branche 4.X, dont les Time Tracks, les pistes MIDI/Note, le Mixer, le Macro Manager, VAMP/LADSPA ou encore Play-at-speed. Les développeurs promettent leur retour dans de prochaines versions, signe du chantier conséquent qu’a été cette version.

Elle s’accompagne d’ailleurs d’un nouveau format de fichier, logiquement nommé .aup4, pour prendre la relève des fichiers .aup3. Ces derniers peuvent être ouverts avec Audacity 4.0 et seront automatiquement convertis.

La nouvelle mouture peut être téléchargée depuis le site officiel. Des versions Windows, macOS et Linux sont comme d’habitude fournies. On remarque que l’application s’est dotée pour l’occasion d’une nouvelle icône, reprise désormais partout sur le site.

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Failles chez Mammotion : des milliers de robots tondeuses étaient contrôlables à distance

Christine de Stephen King, version tondeuse à gazon
Failles chez Mammotion : des milliers de robots tondeuses étaient contrôlables à distance

Trois chercheurs indépendants en cybersécurité ont découvert 14 failles de sécurité critiques au sein de l’infrastructure qui sous-tend le fonctionnement des robots tondeuses Mammotion. Elles exposaient potentiellement jusqu’à 337 000 comptes utilisateurs, ouvraient l’accès aux infos des réseaux connectés, et permettaient accessoirement la prise de contrôle à distance.

Un gazon sans doute coupé au cordeau, mais une véritable porte ouverte sur le jardin. Trois chercheurs en cybersécurité se sont penchés sur l’application mobile fournie par Mammotion pour le pilotage de ses robots tondeuses.

Ils y ont découvert comment accéder en seulement deux requêtes à un compte admin branché sur l’infrastructure cloud qui en sous tend les fonctions connectées. De là, les failles se sont enchaînées, jusqu’à représenter un total de 14 vulnérabilités, présentées dans un rapport dédié.

Des robots ouverts aux quatre vents

À l’appui de leurs travaux, les trois chercheurs, Sammy Azdoufal (@n0tsa), Andreas Makris (@Bin4ryDigit) et Kevin Finisterre (@d0tslash), ont réalisé une attaque par piratage de compte sur un robot tondeuse détenu en propre. Ils revendiquent une prise de contrôle quasi totale, avec possibilité de piloter le robot à distance et visualiser les images transmises par la caméra.

Image : Mammotion

S’ils affirment ne pas avoir avoir parcouru l’ensemble des services cloud exposés, ils donnent un aperçu de la surface potentielle de l’attaque, estimée à 337 000 comptes utilisateurs énumérables sans authentification, répartis sur quatre serveurs régionaux, dont un serveur EU servant 85 pays, avec une « forte concentration en Allemagne, France et Suède ». Sammy Azdoufal, qui avait déjà mis au jour les failles de sécurité béantes des babyphones et caméras IP Meari et dix CVE dans des produits connectés Aqara, précise à Next qu’environ 49 000 comptes correspondent à des utilisateurs français.

Pour chaque appareil, l’accès découvert donnait selon eux la possibilité d’interroger le robot à distance et d’en faire remonter, sans vérification de propriété, les informations réseau telles que les coordonnées GPS, l’adresse IP sur le réseau local, l’adresse MAC, ou l’IMEI de la connexion mobile, mais aussi le SSID du Wi-Fi domestique, et le numéro IMSI de la carte SIM utilisée pour les communications en cas d’absence de Wi-Fi.

Les chercheurs affirment par ailleurs avoir pu énumérer 46 785 stations RTK dont les clés de chiffrement RSA-2048 étaient récupérables sans vérification de propriété. Ces stations sont un accessoire commercialisé par Mammotion (et d’autres fabricants) pour offrir une référence de positionnement plus précise que celle du GPS et donc améliorer la capacité du robot tondeuse à s’orienter dans le jardin ou respecter les instructions de tonte.

« La flotte RTK européenne de Mammotion fonctionne avec des cartes SIM M2M d’Orange France. Chaque station de base équipée d’un module 4G (IMSI 208012xxxxxxx) transmet des données d’identité cellulaire à tout utilisateur authentifié de l’application », affirment à ce sujet les chercheurs.

Si les données GPS d’un robot individuel suffisent pour localiser son emplacement, les chercheurs suggèrent, sans l’affirmer explicitement, que l’exposition de cette infrastructure de communication mobile ouvrait la voie à des attaques à plus grande échelle.

Une communication assez limitée

La première et peut-être la plus inquiétante découverte tient à la façon dont les chercheurs ont pu accéder au cloud de Mammotion. D’après leur rapport, le fabricant référençait dans son application un endpoint (un point de terminaison pour se connecter à l’infra) lié à son serveur situé en Chine qui retournait, sans authentification ou token préalable, un mot de passe à usage unique (on parle de code OTP, pour One-Time Password), qui en réalité n’expirait pas.

Ce code à usage unique est lié à la récupération en cas de mot de passe oublié. Pour un utilisateur lambda, il faut en principe une demande de réinitialisation pour que ce code soit généré, puis reconnu au niveau du endpoint. « Pour admin@mammotion.com, la situation était différente. L’administrateur n’avait apparemment jamais déclenché sa propre procédure de mot de passe oublié ; son code OTP enregistré n’avait donc ni durée de vie ni renouvellement. Il était juste là », décrivent les trois auteurs, avant de résumer : « Deux requêtes HTTP non authentifiées et vous possédez le compte administrateur Mammotion ».

Les vulnérabilités corrigées par Mammotion selon les trois chercheurs – capture d’écran

Le dépôt GitHub créé pour l’occasion liste également les échanges par écrit entre les trois chercheurs et les services techniques de Mammotion. La conversation achoppe principalement sur des questions de forme, peut-être motivées par le passif de Kevin Finisterre avec la marque, quelques années plus tôt. Ce dernier s’était en effet inquiété de voir un service SSH tourner sur son robot, et avait donc demandé à la marque le mot de passe permettant de s’y connecter pour investiguer le sujet. Il s’était vu opposer une fin de non recevoir.

D’après la transcription publiée dans ce rapport, Mammotion indique avoir pris en compte les remarques des chercheurs et implémenté des « mesures de protection » adaptées. Affirmant travailler avec des institutions externes dédiées à la sécurité, elle a en revanche refusé d’ouvrir un canal technique avec les intéressés qui réclamaient la mise en place d’un processus de divulgation responsable. Elle ne livre par ailleurs aucune réponse sur le fond, mais a tout de même fini par corriger les failles les plus sérieuses. C’est ce constat qui a conduit les trois auteurs à publier leur rapport, daté du 21 août et mis en ligne sur GitHub le 24 août dernier.

Leurs conclusions relèvent d’ailleurs que trois problèmes restent en suspens : un secret codé en dur dans un élément JavaScript public, un processus d’auto-enregistrement de clients avec une adresse de redirection arbitraire ouvrant, par exemple, la voie à des tentatives de phishing, et des sous domaines internes résolus via des DNS publics.

Sur sa page de support, Mammotion s’engage à assurer des mises à jour de sécurité continues pour tous ses produits pendant les cinq ans qui suivent leur mise sur le marché. Contactée par nos soins le 24 août et relancée depuis, l’entreprise n’a pas répondu à nos questions.

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☕️ Claude, ChatGPT, Gemini et Grok sont simultanément tombés en panne, SpaceXAI s’excuse



Dans la soirée de ce jeudi 3 septembre, quatre des principaux fournisseurs de services d’IA générative étaient inaccessibles.

Anthropic a d’abord signalé un problème sur Claude Sonnet 5 puis un nombre d’erreurs anormal sur Claude Mythos 5.1, Claude Fable 5.1, et Claude Opus 5. De son côté, OpenAI a relevé une hausse du nombre d’erreurs sur ChatGPT et Codex. Le statut de Grok indiquait hier soir aussi des problèmes. Et les utilisateurs de Gemini ont signalé des problèmes d’accès via le site Downdetector.

Cette panne simultanée de services d’entreprises indépendantes peut paraitre étonnante. Mais, dans la soirée (vers 21h38 heure française), SpaceXAI a publié un tweet pour s’excuser : « Nous sommes désolés pour les problèmes que vous avez pu rencontrer avec Grok à la suite d’une panne survenue ce matin dans notre centre de données de Memphis. Nous tenons également à présenter nos excuses à nos partenaires informatiques concernés ». L’entreprise d’Elon Musk ajoutait que « tous les systèmes ont désormais été rétablis et fonctionnent normalement ». « Et nous prenons des mesures correctives pour veiller à ce que cela ne se reproduise plus » a précisé sobrement Elon Musk.

Le gouvernement américain vole au secours d’OpenAI dans son litige avec le New York Times
Illustration : Flock

Rappelons que xAI (maintenant SpaceXAI) a ouvert en septembre 2024 au sud de Memphis un énorme datacenter nommé Colossus. L’entreprise d’Elon Musk en loue maintenant des parties à la plupart des acteurs du secteur, comme Anthropic.

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NVIDIA : les premiers PC Windows à « superpuce » RTX Spark arrivent en octobre

L'étincelle pour Windows sur Arm
NVIDIA : les premiers PC Windows à « superpuce » RTX Spark arrivent en octobre

Les premiers PC dotés d’une « superpuce » RTX Spark de NVIDIA sortiront au mois d’octobre. Les premiers modèles seront visibles durant l’IFA de Berlin qui ouvre ses portes aujourd’hui. Hélas, ni NVIDIA ni aucun partenaire n’annoncent de prix pour ces ordinateurs très haut de gamme.

Un « nouveau départ pour les PC Windows », rien de moins. C’est ainsi que NVIDIA présente de nouveau RTX Spark, un « Superchip » qui combine CPU, GPU et mémoire unifiée, à l’image des puces d’Apple. Les ordinateurs équipés de ce SoC seront tout spécialement à leur aise avec les agents IA, mais aussi le montage vidéo et les jeux. L’entreprise avait déjà largement communiqué sur RTX Spark début juin.

Les premiers PC Spark seront disponibles en octobre, mais on sait déjà à quelle sauce les premiers clients seront mangés. À l’occasion de l’IFA, Lenovo a levé le voile sur deux modèles de portables, le Yoga Pro 9n (15 pouces) et l’hybride Yoga 9n 2-in-1 (écran OLED de 16 pouces) qui peut devenir une tablette.

Acer présente de son côté un concept de PC de bureau compact qui affiche un design rétro pour le moins original. Aucun prix n’a été communiqué pour tous ces appareils, tandis que Dell, Asus, HP et Microsoft sont également partenaires du lancement.

Pour l’IA… et les jeux

NVIDIA a révélé deux spécifications. Le GPU de la RTX Spark haut de gamme intègre 6 144 cœurs CUDA Blackwell, le CPU 20 cœurs CUDA Grace, et il peut embarquer de 24 à 128 Go de mémoire unifiée. C’est une puce que l’on retrouvera non seulement dans les portables, mais aussi dans les PC de bureau.

L’autre modèle, destiné cette fois uniquement aux portables, contient un GPU de 5 120 cœurs CUDA Blackwell, un CPU de 18 cœurs CUDA Grace, et de 24 à 32 Go de mémoire unifiée. Selon Windows Central, cela permettrait d’avoir des machines autour des 2 000 dollars.

Ces puces feront tourner le système d’exploitation Windows sur Arm, qui finit petit à petit par gagner ses galons face au grand frère x86. Notamment en matière d’IA : les ordinateurs Spark seront ainsi « les premiers PC Windows au monde conçus spécialement pour les agents personnels », avait affirmé NVIDIA au printemps. Ils sauront ainsi utiliser le framework Windows Agent qui permet aux agents de travailler « en toute sécurité en arrière-plan, sous le contrôle du système d’exploitation ».

En plus des capacités IA, les PC Spark se présentent comme des champions du montage vidéo, des rendus 3D, de la compilation logicielle, et même… des jeux vidéo. Après tout, il s’agit d’une puce NVIDIA ! Electronic Arts, Embark, Krafton, Riot, NetEase, Ubisoft et Xbox sont partenaires de cette nouvelle puce ; plusieurs jeux prennent ou vont prendre en charge l’architecture, comme EA Sports F1 25, Apex Legends, Anno 117: Pax Romana, Arc Raiders

NVIDIA et EA ont également travaillé à la compatibilité de l’outil anti-triche Javelin, qui équipe de nombreux jeux multi. Ce support pour les jeux est une barrière supplémentaire qui tombe en faveur de Windows sur Arm.

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☕️ Microsoft limite sévèrement le Xbox Cloud Gaming



Microsoft rabote Xbox Cloud Gaming. Le service de streaming de jeux va imposer un quota d’heures à compter du mois de novembre.

Les abonnés Game Pass Essential devront ainsi se contenter de 5 heures par mois. La formule Premium sera limitée à 10 heures. Quant à l’enveloppe de l’offre Ultimate, elle dégonfle à 15 heures.

Actuellement, le cloud gaming est illimité, même si les temps d’attente sont plus longs pour les abonnés Essential. « Nous savons que l’introduction de limites constitue un changement important, en particulier pour les joueurs qui passent régulièrement davantage de temps à jouer via le cloud », écrit Xbox. Le changement devrait concerner 4 % des abonnés, selon l’entreprise.

Une fois le quota d’heures dépassé, le joueur dans le cloud pourra acheter du temps de jeu supplémentaire dans la boutique Xbox. Les prix ne sont pas encore connus. Cette nouveauté réduit encore l’intérêt du Game Pass, alors que Microsoft a exclu les épisodes de Call of Duty le jour de leur sortie en avril dernier (pour une bonne cause : réduire le prix des abonnements).

La petite PME qu’est Microsoft manque de moyens pour maintenir les serveurs et investir dans la fiabilité et les performances de son service. « Les coûts liés au cloud gaming augmentent à mesure que davantage de personnes utilisent le service et jouent plus longtemps », justifie l’entreprise. « Nous comprenons que, pour certains joueurs, cela revient concrètement à payer plus cher », ajoute-t-elle pour s’excuser.

En novembre, Xbox lancera également une nouvelle offre qui permettra aux joueurs non abonnés au Game Pass d’acheter du temps de jeu de streaming pour les jeux qu’ils possèdent (et qui sont compatibles). C’est une option pour ceux qui ont besoin d’un accès occasionnel au cloud et qui ne veulent pas du boulet d’un abonnement. Là encore, les détails sont inconnus.

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GPT-6 Astra : quand OpenAI annonce l’AGI, l’API présente la facture

L'AGI a une drôle de tête
GPT-6 Astra : quand OpenAI annonce l’AGI, l’API présente la facture

Avec GPT-6 Astra, OpenAI ressort le grand mot : AGI. Le nouveau modèle affiche des résultats spectaculaires sur un benchmark indépendant, mais il reste très cher, personne ou presque ne peut s’en servir, et il n’est certainement pas la preuve que l’intelligence artificielle générale est arrivée.

GPT-6 Astra fait entrer OpenAI dans l’ère de l’AGI, l’intelligence artificielle générale. C’est le message qu’a voulu faire passer Greg Brockman, le président de l’entreprise, qui a fait la tournée des popotes pour propager la bonne parole. On attendra d’en savoir plus, et surtout les tests indépendants, pour déterminer si Astra répond réellement aux critères pour le moins flous de l’AGI.

Ce modèle, aussi annoncé comme « un saut générationnel en matière de capacités », rien de moins, se limite pour le moment à la poignée d’organisations qui participent au programme Daybreak. OpenAI promet cependant que GPT-6 sera déployé « dans les prochains jours » auprès des abonnés Plus, Pro, Business et Entreprise, ainsi que via l’API et AWS.

Attention toutefois au coût, en particulier pour la tarification à l’usage avec l’API. GPT-6 Astra revient en effet au même prix que Fable 5.1 : 10 dollars par million de tokens en entrée, 50 dollars en sortie. La hausse est vertigineuse (+ 150 % en entrée comme en sortie) par rapport à GPT-5.6 Sol. Mais « j’ai l’impression que nous avons franchi un changement qualitatif », a déclaré Greg Brockman. Ça se paie.

OpenAI a tout de même souligné que grâce à sa grosse tête bien faite, Astra utilise « nettement moins de tokens au total par tâche », mais on ignore encore concrètement dans quelle mesure cette efficacité se traduira par des coûts plus bas. En tout cas, sur les benchs réalisés par OpenAI, Astra présente plutôt bien :

Le 1er septembre, OpenAI avait fait un point d’étape sur Astra et ses capacités en matière de cybersécurité. Le modèle n’est pas impliqué dans l’attaque d’Hugging Face, néanmoins l’entreprise en a profité pour intégrer les enseignements de cette fuite d’agents. « Nous estimons que les protections d’Astra réduisent suffisamment le risque de préjudices graves pour permettre sa sortie conformément à notre cadre de préparation ». Ouf.

Loin de l’AGI selon ARC-AGI-3

Un benchmark indépendant apporte un peu de nuance au message forcément marketing et flatteur de Greg Brockman. Astra est en effet passé au tamis d’ARC-AGI-3, un benchmark publié par l’ARC Prize Foundation, une organisation à but non lucratif cofondée par François Chollet, créateur de Keras, la bibliothèque open source pour créer et entraîner des réseaux de neurones, très utilisée.

ARC-AGI-3 ne dit pas qu’Astra est une AGI ; les auteurs indiquent clairement que saturer le bench ne constitue pas une preuve d’AGI. « Même si nous pensons qu’Astra représente un progrès significatif vers la généralisation, nous n’affirmons pas qu’il s’agit d’une AGI », écrivent-ils. Ceci étant dit, les résultats de GPT-6 n’en restent pas moins impressionnants : 62,7 % avec le harnais standard (le cadre de test commun et minimal utilisé pour évaluer tous les modèles de la même façon), et jusqu’à 99,9 % avec un harnais adapté aux spécificités du fournisseur.

Chaque point représente un niveau terminé par Astra en mode Max. Les points situés sous la ligne continue indiquent qu’Astra a utilisé moins d’actions que la référence humaine.

En mode Max, pour les niveaux résolus, Astra se montre bien plus efficace que les humains avec le harnais standard. Il utilise en effet moins d’actions que le médian humain dans 96 % des niveaux terminés, avec 51,7 % d’actions en moins par niveau en moyenne. Spectaculaire… tout comme le coût ! Jusqu’à 26 098 dollars pour le score standard à 62,7 %, et 18 817 dollars pour le 99,9 % avec le harnais « provider adapter ».

À titre de comparaison, les participants humains du test étaient rémunérés 115 dollars par session de 90 minutes, plus 5 dollars par jeu terminé, soit environ 12,78 dollars par jeu tenté avant bonus. La comparaison reste cependant imparfaite : côté humain, on rémunère surtout du temps de participation ; côté IA, on mesure une facture d’inférence.

La performance d’Astra demande donc à être nuancée (tout comme les déclarations enflammées du président d’OpenAI). Ce d’autant que les humains peuvent résoudre 100 % des environnements du benchmark, là où GPT-6 n’atteint pas 63 %. Le modèle peut se montrer plus efficace que le médian humain lorsqu’il comprend un niveau, mais il ne les comprend pas tous. Et puis ARC-AGI-3 reste très balisé, avec des mécaniques et des objectifs bien définis ne reflétant évidemment pas le monde réel. Il est cependant indéniable, au vu des résultats, que le modèle fait de gros progrès sur l’agentique.

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L’Hôpital privé de Loire sanctionné pour absence de « mesures élémentaires de sécurité »

C'est l'hôpital qui se fout de la sécurité
L’Hôpital privé de Loire sanctionné pour absence de « mesures élémentaires de sécurité »

Il y a un an, un pirate a pu accéder aux données de 524 867 patients et 202 246 tiers de confiance de l’Hôpital privé de Loire via son système de dossier patient informatisé. La CNIL a choisi de sanctionner cet établissement de soin privé car celui-ci a été particulièrement négligent : absence de VPN, de moyen d’authentification multifacteur, mais aussi mot de passe temporaire identique pour l’ensemble des praticiens après la violation de données.

C’est une sanction de 500 000 euros d’amende que la CNIL a infligée ce jeudi 3 septembre à l’Hôpital privé de la Loire, un établissement du groupe Ramsay Santé.

La CNIL n’a pas pour habitude de sanctionner fortement des structures comme les hôpitaux, elle préfère souvent les accompagner dans une démarche de meilleure sécurisation de leurs infrastructures. Mais là, il semble que les manquements de sécurité de cet hôpital aient largement dépassé les bornes de ce que l’autorité peut laisser passer sans sanction concernant la mauvaise protection de données de santé.

Dans sa délibération, la CNIL explique que cet hôpital a été victime d’une violation de données de son dossier patient informatisé (DPI) en juin 2025. L’attaquant s’est connecté au DPI via les identifiants d’un médecin libéral rattaché à la structure.

Entre le 26 juin et le 1er juillet 2025, il a « procédé à l’exfiltration de 524 867 fiches patients contenant des informations telles que l’état civil, le numéro de sécurité sociale, les coordonnées postales et électroniques et le numéro d’identifiant permanent des patients concernés ». Plus de 46 000 de ces fiches étaient aussi associées au recto de la carte d’identité et plus de 202 000 comportaient des données relatives à la personne de confiance désignée par le patient. Enfin, 43 fiches comportaient des données de santé.

Pas de VPN ni d’authentification à 2 facteurs

Dans sa décision, la CNIL souligne « que l’obligation de sécurité prévue par l’article 32 du RGPD est une obligation de moyens ». Or, sa rapporteure « reproche à l’hôpital de ne pas avoir mis en place des mesures appropriées pour sécuriser l’accès au DPI des utilisateurs externes ». En effet, au moment de la violation de données, cet accès s’effectuait grâce à un identifiant et un mot de passe mais « sans connexion préalable à un VPN, ni moyen d’identification électronique à deux facteurs ».

Un référentiel de sécurité relatif à l’identification électronique des utilisateurs des services numériques en santé existe pourtant depuis la publication d’un arrêté le 28 mars 2022. Et celui-ci demande bien expressément de mettre en place ces dispositifs pour sécuriser les connexions extérieures.

La rapporteure souligne que, justement, l’attaquant a exploité cette vulnérabilité pour accéder au dossier patient informatisé de l’hôpital et extraire les données qu’il contenait.

Pas de surveillance automatique des logs

Autre reproche : l’hôpital n’avait pris aucune mesure d’analyse automatisée des journaux d’évènements permettant de repérer des activités inhabituelles sur le DPI. En effet, si la structure hospitalière avait mis en place un centre des opérations de sécurité (SOC), un système de supervision et un système de journalisation avec enregistrement des traces applicatives, elle n’avait pas activé l’analyse automatique en temps réel des traces applicatives du DPI.

« Cette carence de surveillance a permis à l’attaquant d’effectuer un nombre extrêmement élevé de requêtes au sein du DPI de l’hôpital pendant près d’une semaine », souligne la rapporteure. La CNIL montre d’ailleurs, après analyse des logs, que l’activité de l’attaquant aurait sans doute été détectée par un système automatisé : pendant la phase d’extraction automatique mise en place par l’attaquant, son système consultait une moyenne de 73 fiches de patients par minute.

Un mot de passe temporaire pour tous

Et ce n’est pas tout. La CNIL pointe une mauvaise pratique mise en place par l’hôpital pour atténuer les effets de l’attaque. En effet, celui-ci a enclenché une procédure de réinitialisation des mots de passe. Mais celle-ci était pour le moins problématique : elle a consisté « à attribuer un mot de passe temporaire identique à l’ensemble des praticiens, qui de surcroit ne leur a pas été transmis directement, mais a été communiqué au président de la commission médicale d’établissement, à charge pour lui de le leur retransmettre ». L’hôpital a reconnu le problème mais a insisté sur le caractère d’urgence de cette mesure.

Précisons quand même que ce mot de passe temporaire n’était valable « que » pendant une semaine. Mais la CNIL rappelle que, même temporaire, les mots de passe « doivent être confidentiels et personnels à chaque utilisateur ». L’autorité remarque que l’hôpital « a au demeurant fourni à l’ensemble des utilisateurs les moyens de se connecter à des comptes de tiers, dès lors que tous avaient durant plusieurs jours le même mot de passe, et d’accéder ainsi à toutes les données à caractère personnel auxquels ces tiers pouvaient accéder ».

La rapporteure de la CNIL reproche encore à l’hôpital d’avoir laissé à la société éditrice du logiciel de gestion de son DPI un accès permanent aux données à caractère personnel des patients. Si l’hôpital a tenté de mettre en avant le besoin de cet accès pour un support rapide et efficace, l’autorité considère que l’accès permanent et sans contrôle au DPI de l’hôpital et aux données des patients « n’est pas nécessaire au regard de la mission d’assistance technique et de maintenance de la société éditrice du logiciel ». Elle ajoute même qu’au contraire, « les salariés de l’éditeur du logiciel auraient dû systématiquement solliciter l’autorisation préalable de l’hôpital » pour effectuer une opération de maintenance.

Enfin, l’hôpital se voit reprocher sa mauvaise communication envers les personnes concernées. En effet, si son effort pour contacter ses patients n’est pas remis en cause, la CNIL considère qu’il aurait dû contacter les 202 246 personnes concernées désignées comme tiers de confiance par des patients de l’hôpital.

Outre l’amende de 500 000 euros prononcée par la CNIL, l’autorité enjoint l’Hôpital privé de la Loire de mettre en conformité ses outils de sécurité et à n’ouvrir l’accès de l’éditeur du logiciel Expert Santé au DPI que sur autorisation préalable de l’hôpital sous menace de peines de jours-amende. Comme dans pareille décision de la CNIL, l’Hôpital privé de la Loire peut faire un recours devant le Conseil d’État dans un délai de deux mois.

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Le G20 adopte l’approche pro-IA portée par les États-Unis

La main légère sur l'IA
Le G20 adopte l’approche pro-IA portée par les États-Unis

Les États-Unis et l’industrie de l’IA tiennent leur victoire diplomatique tout autant que symbolique : les membres du G20 ont accepté à l’unanimité d’adopter un ensemble de principes, non contraignants, pour une approche allégée de la gouvernance de l’intelligence artificielle.

C’est une victoire pour la Silicon Valley, mais aussi pour l’administration Trump après l’accord obtenu à l’issue du sommet sur la technologie et l’innovation organisé par les États-Unis en Caroline du Nord. Les membres du G20 ont approuvé un ensemble de principes, dont une des principales composantes est d’éviter les législations trop lourdes contre les technologies émergentes – comprendre : l’intelligence artificielle générative.

Ne pas alourdir les réglementations IA

Le texte en question, couché sur le papier par le ministère américain du Commerce, ne ressemble pas aux habituels coups de menton d’une administration qui a pris l’habitude de brutaliser ses partenaires. Il est certes très orienté « pro-IA », notamment dans sa volonté de ne pas soumettre l’IA à un régime réglementaire spécifique, mais plutôt de s’en remettre autant que possible aux cadres juridiques sectoriels déjà existants.

Il est aussi question de « soutenir l’adoption des technologies émergentes par nos populations », ce qui est une gageure à l’heure actuelle : la construction des datacenters indispensables pour mouliner l’IA ne fait pas du tout l’unanimité aux États-Unis – en pleine campagne électorale pour les mid-terms – et ailleurs dans le monde.

« Cette technologie en est à ses débuts, et le conseil que je donnerais serait de réglementer les préjudices pratiques et réels, plutôt que les préjudices théoriques et hypothétiques », a plaidé Jensen Huang, directeur général de NVIDIA. « Chaque entreprise doit prendre sur elle de développer cette technologie de manière sûre », a-t-il encore déclaré, ce qui est un peu fort de café après les tribulations des agents IA d’OpenAI contre Hugging Face, les autres attaques du même tonneau, et le discours de la peur qui fait bien les affaires d’Anthropic.

Tout va très bien, madame la marquise

Les risques sur les infrastructures et autres dangers que font peser les IA ont été minimisés par les principaux responsables de l’industrie IA ayant participé à ce sommet. Ces menaces ne justifient pas des réglementations strictes qui limiteraient l’accès à cette technologie, selon eux. « Dire “nous n’aurons pas d’IA dans notre pays” serait une idée à peu près aussi mauvaise que de dire “nous n’aurons pas d’électricité dans notre pays” il y a plus de cent ans », a ainsi indiqué Sam Altman, le patron d’OpenAI.

Elon Musk a lui aussi affirmé qu’une réglementation la plus légère possible était essentielle pour favoriser l’innovation. Fidèle à ses habitudes, le patron de SpaceXAI a sorti de son chapeau des chiffres au doigt mouillé, en estimant que l’IA pouvait accélérer la croissance de l’économie mondiale de 20 à 30 %. Sans surprise, il a également critiqué la position européenne sur le dossier.

Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, a de son côté convenu que l’IA créait de nouvelles opportunités et que l’UE souhaitait dynamiser l’innovation. Elle a toutefois ajouté que les nouvelles menaces liées à l’IA exigeaient, dans le même temps, une coordination étroite entre les gouvernements. « Il n’est pas facile de parvenir à un accord entre autant de pays différents » sur un sujet comme l’IA, a-t-elle rappelé.

Ce texte sur l’IA n’est ni un traité, ni une réglementation, ni un accord juridique. La Maison-Blanche parle de « principes partagés » et d’une « déclaration de consensus », mais ces principes ne sont pas contraignants.

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☕️ Zohran Mamdani, le maire de New York, interdit l’utilisation de l’IA générative avant la 4e



La ville de New York met en place un moratoire d’un an sur l’utilisation de l’IA générative par les élèves de ses établissements scolaires. Celui-ci entre en vigueur pour l’année scolaire 2026 - 2027 pour les classes allant de la maternelle (2-K) à la quatrième (aux États-Unis, le huitième grade).

Cette décision touchera environ 600 000 élèves dans le district scolaire (l’équivalent d’une académie en France) le plus important des États-Unis, selon CNN.

Illustration : Flock

« Les enfants ont besoin d’enseignants et de liens humains pour apprendre et s’épanouir. Ils doivent acquérir des compétences aux côtés de leurs camarades, nouer des relations avec leurs enseignants et se confronter seuls à des problèmes complexes », a affirmé Zohran Mamdani lors d’une conférence de presse à ce sujet. « Le secteur des technologies veut nous faire croire que l’éducation préscolaire basée sur l’intelligence artificielle est non seulement inévitable, mais aussi nécessaire. Nous ne partageons pas ce point de vue », a-t-il ajouté.

Rappelons qu’en France un cadre d’usage de l’IA générative existe. S’il est critiqué par certains, une chose y est claire : pas d’utilisation pédagogique de l’IA à l’école avant la quatrième.

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