Fin du cuivre (ADSL) : Orange passe la seconde sur les fermetures commerciales et techniques
Complétude mon amour
La fermeture du cuivre va devenir une réalité pour 20 millions de logements à la fin du mois. L’Arcep en profite pour faire le point sur les obligations d’Orange et le calendrier (qui peut encore évoluer) avec les prochaines grosses étapes à venir.
L’Arcep, le régulateur des télécoms, rappelle à juste titre qu’à partir de ce 31 janvier 2026, « il ne sera plus possible de souscrire à un nouvel abonnement téléphonique ou ADSL sur le réseau cuivre, quel que soit l’opérateur, dans près des trois quarts des communes de France, représentant près de la moitié de la population ».
3/4 des communes concernées, mais 50 % des locaux environ
Sur les 35 000 communes environ que compte la France, le plan initial prévoyait la fermeture pour 34 000 d’entre elles ce 31 janvier… mais elles ne sont désormais plus que 26 000 selon le dernier rapport d’Orange, qui est à la manœuvre sur ce projet.
L’épais document d’Orange indique pour 8 095 communes que le « report de fermeture commerciale [est] lié à un non-respect des critères sur la commune ». La date est désormais fixée au 31 janvier 2027. Sur les 34 000 initialement prévues, nous sommes donc à 26 000 toujours programmées pour la fin de la semaine et 8 000 reportées d’un an (au moins), soit environ 25 % de communes reportées.
Mais c’est bien différent si on regarde le nombre de locaux (le nombre de logements par commune est loin d’être homogène en France) : les 26 000 communes du 31 décembre 2026 représentent un peu plus de 20 millions de locaux, tandis que les 8 000 reportées représentent un peu plus de… 23 millions de locaux.
25 % des communes reportées représentent donc 50 % des locaux. Dans tous les cas, l’échéance est proche : « Pour toutes les communes de France, la fermeture commerciale est prévue par Orange soit ce 31 janvier 2026, soit le 31 janvier 2027 ».
Pour la prochaine étape, c’est le passage à une échelle « industrielle »
L’Arcep rappelle le cadre réglementaire pour la suite : « la fermeture technique [avec la coupure des abonnements existants s‘il en reste, ndlr] ne peut intervenir qu’au minimum 12 mois après la fermeture commerciale, mais parfois à des dates plus lointaines (jusqu’à fin 2030 au plus tard) selon les communes, l’état d’avancement du chantier d’Orange et du déploiement de la fibre ».
L’Arcep rappelle l’existence d’un moteur de recherche du ministère de l’Économie pour « savoir si la
date de fermeture définitive (ou “fermeture technique”) du réseau cuivre a déjà été fixée ». Il suffit d’entrer son code postal. Actuellement, « 10 000 communes ont d’ores et déjà une date de fermeture définitive connue et prévue par Orange ».
Orange avance par lot : « Pour 169 communes déjà prêtes pour cette transition, la fermeture technique a d’ailleurs déjà eu lieu, et elle intervient le 27 janvier 2026 pour 763 autres communes ». Ce lot 2 concerne près de 900 000, « c’est le dernier lot avant un passage à une échelle “industrielle”, où chaque lot concernera plusieurs millions de locaux ».


De nouveaux reports ne sont pas à exclure
Dans son document, le gendarme des télécoms répond ainsi à une question qu’il se pose à lui-même : « Orange peut-il fermer le réseau cuivre comme il l’entend ? ». L’Arcep commence sa réponse en rappelant les raisons du choix : « efficacité, coûts de maintenance et consommation électrique ». La fibre fait mieux sur ces points.
L’Autorité ajoute qu’elle « a toutefois imposé à Orange plusieurs critères à respecter […] Le plus important d’entre eux est le déploiement complet de la fibre optique sur la commune. D’autres obligations, comme des délais de prévenance ».
Et si jamais « ces critères ne sont pas remplis, Orange ne peut pas fermer le réseau cuivre de la commune et doit reporter la date de fermeture annoncée ». C’est justement ce qu’il s’est passé avec le report d’un an des 8 000 communes. L’Arcep ajoute que cela n’exclut « pas de nouveaux reports selon les avancées de ce chantier ».
La fermeture du cuivre dépend donc du déploiement de la fibre, un chantier qui avance vite : « La France fait aujourd’hui partie des pays les mieux fibrés d’Europe avec une couverture supérieure de 20 points à la moyenne de l’UE. Fin septembre 2025, près de 94 % des locaux étaient éligibles à la fibre et 80 % des abonnements internet fixe étaient en fibre optique (contre 16 % en 2015) ».
Mais cette réalité ne doit pas en cacher une autre : « il reste encore environ 3 millions de locaux à rendre éligibles à la fibre ». Dans le lot, forcément, une bonne partie de locaux difficiles d’accès, de raccordements longs et complexes… donc couteux.
Alors que la fin du cuivre est programmée pour 2030 et annoncée depuis des années, l’Arcep note que l’information a encore du mal à passer. En septembre, 28 % des abonnés xDSL déclaraient « ne pas avoir connaissance de la fermeture prochaine du cuivre ». Ils sont par contre prêts à sauter le pas : « 93 % des consommateurs sondés ont indiqué leur intention de s’abonner à la fibre si elle était disponible ».
Une fois la fermeture commerciale et technique du cuivre en place, une autre question va se poser : que faire du million de km de câbles (sous-terrain, en pleine terre, aériens…) de cuivre ? Cela représente pour rappel une manne financière pour Orange étant donné le prix élevé de ce matériau.













