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IA : Thinking Machines présente un modèle qui réagit en direct à ce qu’on lui raconte

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IA : Thinking Machines présente un modèle qui réagit en direct à ce qu’on lui raconte

Avec TLM-Interaction-Small, Thinking Machines Lab affirme créer un nouveau type de modèle d’intelligence artificielle, plus interactif que les outils génératifs les plus connus.

Fondée par Mira Murati, l’ancienne directrice technique d’OpenAI, Thinking Machines Lab annonce vouloir créer un nouveau type de modèles d’intelligence artificielle, qu’elle qualifie de « modèles interactifs ». 



Dans un article de blog publié ce 11 mai, la société présente plusieurs cas d’usage de son modèle de travail, nommé TLM-Interaction-Small. Elle affirme vouloir rendre les échanges avec la machine plus vivants, plus proches de ceux constatés lors d’une conversation entre deux humains, que ce qu’il est pour le moment possible d’obtenir avec des modèles génératifs.

0,40 seconde de latence en « full duplex »

Créé en février 2025, Thinking Machines Lab levait 2 milliards de dollars dès le mois de juin pour s’atteler à ses projets d’intelligence artificielle. Depuis, la start-up a dû composer avec des départs notables, plusieurs de ses salariés ayant été recrutés par Meta le mois dernier. Début 2026, trois autres étaient retournés chez OpenAI.

Ces allers-retours ne semblent pas l’avoir empêché d’avancer sur ses modèles d’un nouveau genre. D’un point de vue technique, la société a nommé « full duplex » le mode de conversation qu’elle propose avec son modèle. Lorsqu’il est activé, TLM-Interaction-Small semble capable de répondre et de participer à une discussion avec plusieurs interlocuteurs, grâce à un temps de réponse de 0,40 seconde, ce qui se rapproche du rythme naturel de conversation humaine.

C’est aussi nettement plus rapide que le temps de latence des modèles génératifs grand public. Tant qu’ils calculent la réponse à donner à un prompt, ces derniers sont totalement coupés de l’internaute et de l’environnement dans lequel ils ont été lancés, indique la start-up. Avec ses modèles interactifs, c’est ce « goulet d’étranglement de la collaboration » qu’elle cherche à dépasser.

Parmi les cas concrets présentés par Thinking Machines Lab, son modèle propose de la traduction instantanée – de l’hindi vers l’anglais, par exemple, mais aussi en termes de style, d’un mode oratoire relâché, voire agressif, à un type de discours plus adapté au monde de l’entreprise. Interrogé par des utilisateurs, le modèle est par ailleurs capable de lancer une recherche en pleine discussion, voire d’en agencer les résultats sous forme de graphique si demandé.

Le modèle est aussi montré réagissant aux éléments de contexte visuels obtenus via une caméra, que ce soit pour alerter l’internaute s’il ou elle se voute devant son écran, ou le rappeler à l’ordre s’il semble faillir à son envie de caféine ou de sucre.

Un juste milieu entre IA générative et World Model ?

Globalement, le modèle interactif proposé par Thinking Machines Lab semble surtout être un modèle génératif capable de couper la parole, ironise TechCrunch. Impossible de le tester plus avant pour le moment : l’entreprise indique qu’elle publiera une « préversion de recherche » dans les « prochains mois », et vise une « sortie plus large plus tard dans l’année ».

Il faut encore attendre, donc, pour voir si le produit fini remplit les attentes fixées, notamment, par les bons résultats affichés aux différents benchmarks sur lesquels TLM-Interaction-Small a été testé.

Le système de Thinking Machines Lab semble offrir ce que les modèles génératifs déjà connus permettent déjà, mais il est plus orienté vers l’interaction avec le monde hors ligne qu’un ChatGPT ou un Midjourney.

C’est un entre-deux entre les modèles d’IA classiques et ce que veut proposer AMI Labs, la start-up co-fondée par Yann LeCun, l’ancien directeur scientifique de Meta, Laurent Solly l’ex-directeur de Meta France et Alexandre Lebrun, fondateur de la start-up de santé Nabla. L’ambition de la jeune pousse parisienne est de construire des modèles qui « comprennent le monde réel, le monde physique », en leur donnant des « modèles du monde ».

Les travaux de Thinking Machines Lab dessinent une nouvelle perspective dans la manière dont les sociétés occidentales envisagent l’intelligence artificielle, au-delà de l’accumulation de données pour améliorer les résultats.

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Protection des données : derrière Europol, une architecture informatique de l’ombre

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Protection des données : derrière Europol, une architecture informatique de l’ombre

Alors que les missions d’Europol s’étendent, de nouveaux détails sur son architecture informatique poussent des parlementaires européens à demander un meilleur contrôle de la part du contrôleur européen de la protection des données.

L’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs, plus connue sous le nom d’Europol, a construit et recourt à une plateforme secrète d’analyse de données qui contient de nombreux éléments théoriquement protégés par les textes européens, à commencer par le règlement général sur la protection des données (RGPD). Ces dispositifs lui permettent notamment d’alimenter ses ambitions en matière d’intelligence artificielle.

C’est ce que révèlent Correctiv, Solomon et Computer Weekly après avoir collecté des témoignages et documents démontrant l’existence de systèmes informatiques incluant des données sensibles comme des numéros de téléphone, des documents financiers ou d’identité ou encore des informations de géolocalisation relatives à divers individus, y compris à des personnes innocentes.

Cette architecture de « shadow IT » est mise en lumière alors que la Commission européenne doit présenter sous peu une proposition de législation susceptible d’étendre le budget et le mandat d’Europol. Un projet que certains députés européens appellent déjà à ralentir, faute de contrôles suffisants.

Des systèmes construits en période de crise

Plusieurs anciens responsables de l’institution ont fourni à Correctiv, Solomon et Computer Weekly des éléments relatifs à ces environnements numériques non supervisés. L’un de ces outils, dont l’existence aurait été cachée pendant plusieurs années à la CNIL européenne, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD), est connu en interne sous le nom de « Pressure Cooker ». Il serait potentiellement toujours en utilisation.

Un représentant d’Europol indique aux trois médias que l’institution a fait connaître ses systèmes et applications de gestion de données au CEPD « de manière transparente » et conteste l’idée selon laquelle elle aurait « gardé cachée » l’existence de certains outils.

L’architecture technique d’Europol s’est étendue en pleine période de crise : en novembre 2015, alors que 130 personnes étaient tuées à Paris dans une première attaque terroriste, Europol monte un groupe de travail nommé Fraternité. Les autorités des différents États européens lui envoient de larges sommes de données allant de détails téléphoniques jusqu’à des informations de voyage, attendant de l’agence qu’elle les transforme en éléments actionnables. Rapidement, son European Cybercrime Centre (EC3) prend le pouvoir sur une autre entité, le Computer Forensic Network (CFN), créé en 2012 pour traiter et filtrer les éléments numériques collectés par l’agence et les attribuer en fonction des enquêtes.

C’est cette entité qui se serait transformée en « trou noir » des opérations d’analyses de données de l’EC3, l’unité d’Europol spécialiste de la cybercriminalité. En 2019, le CFN stockait au moins 2 000 téraoctets de données, soit 420 fois la taille de la base de données criminelle officielle d’Europol à la même époque. L’année précédente, alors que le RGPD était entré en vigueur, le responsable de la protection des données de l’agence sonnait l’alarme dans une note interne, constatant que 99 % des données d’Europol étaient stockées par le CFN, sans le moindre garde-fou en terme de protection des données.

Absence de contrôles internes, faibles contrôles externes

En 2019, la directrice exécutive d’Europol Catherine De Bolle, qui a quitté son poste ce 1er mai 2026 et doit désormais être remplacée, informait le CEPD des constatations réalisées au sein de l’agence. Pendant un an, les deux institutions se sont fait face jusqu’à ce que le CEPD intime à Europol de supprimer toutes les données qui étaient en sa possession au mépris des textes européens. Le contrôleur a ensuite maintenu ses audits, constatant fin 2023 qu’il restait difficile d’estimer dans quelle mesure Europol accédait, voire modifiait, des données sensibles.

En février 2026, le CEPD a finalement informé un groupe de contrôle composé de parlementaires européens et nationaux qu’après une décennie d’échange avec Europol, il mettrait fin à ses activités de suivi du CFN. Et ce, quand bien même 15 de ses 150 recommandations n’avaient pas été mises en place. Le contrôleur soulignait néanmoins que ces problèmes subsistants concernent des sujets « de grande importance », notamment en termes de sécurité.

Malgré ces alertes, non seulement certains des systèmes critiqués par le CEPD continueraient d’être utilisés, mais au moins un autre le serait au-delà de son contrôle. C’est du moins ce que suggère un e-mail d’un membre d’Europol, qui alertait en octobre 2022 du risque que la CNIL européenne soit bientôt alertée de la « situation irrégulière du Pressure Cooker ». Plusieurs ex-membres de l’agence le décrivent comme un outil utilisé par certains pour stocker et traiter rapidement des données sans se préoccuper des limites réglementaires européennes. D’après le message, le service informatique d’Europol aurait demandé à plusieurs reprises de supprimer l’outil ou de le transformer en un dispositif conforme, sans succès.

Pour les représentants de l’agence, Pressure Cooker n’est que le surnom de son Internet Facing Operational Environment (IFOE), dont le développement a été fait sous le contrôle du CEPD. Mais des documents internes suggèrent au contraire qu’il existe bien un système parallèle non régulé.

En 2025, Europol a d’ailleurs consulté le CEPD sur le déploiement d’un système nommé « IFOE-Quick Response Area », relève Correctiv. Celui-ci était présenté comme un outil à venir. Si déployé tel que décrit, le contrôleur de la protection des données concluait qu’il risquait de se muer en « environnement complet parallèle à l’environnement opérationnel régulier d’Europol », et que les équipes de l’agence seraient d’autant plus enclines à collecter tout type de données, y compris en enfreignant les droits fondamentaux.

Outre la taille de l’océan de données déjà constitué par Europol, se pose aussi la question de l’utilité de ces informations. En l’occurrence, dans un document stratégique proposé pour la période 2024 - 2026, l’agence s’est fixé pour premier objectif le projet de devenir le premier « hub d’information criminelle » d’Europe. En récupérant des données relatives aussi bien aux citoyens européens qu’à celles et ceux qui migrent au sein du Vieux Continent, l’agence compte entraîner des systèmes automatisés susceptibles d’influer directement sur la manière dont l’ordre est maintenu au sein des États membres.

Computer Weekly constate notamment que lors des opérations de démantèlement des systèmes de communication chiffrés EncroChat, SkyECC et Anom en 2020 et 2021, outre avoir servi de lieu de transit entre les services de police des différents États impliqués, Europol avait copié les plus de 60 millions de messages échangés sur Encrochat et les plus de 27 millions d’autres présents sur Anom. Des sommes de données impossibles à traiter à la main.

En 2021, une première enquête du CEPD sur les premières expérimentations en matière d’IA avait ralenti les travaux de l’agence. Mais depuis l’expansion de ses activités, en 2022, la logique a changé. Dans le cadre des débats sur la lutte contre les contenus d’agressions sexuelles sur mineurs (CSAM), notamment, Europol a affirmé auprès de la Commission européenne qu’elle considérait que « toutes les données sont utiles et devraient être transmises aux forces de police ».

Menace pour la confiance des européens

Depuis la publication de cette enquête, plusieurs députés européens ont appelé à étendre le contrôle des activités d’Europol. De fait, la Commission européenne devrait proposer une nouvelle réglementation susceptible de doubler le budget et les effectifs de l’agence, pour en faire une « agence de police réellement opérationnelle ».

L’Allemande Brigit Sippel a déclaré que le stockage de données d’innocents, sans contrôle réel, pourrait affaiblir la confiance dans les lois européennes et le fonctionnement d’Europol. Son collègue Özlem Alev Demirel (la Gauche) a publié un communiqué dans lequel il appelle à mettre en pause tout projet d’expansion des prérogatives de l’institution policière. Au Royaume-Uni, le député conservateur David Davis a demandé au ministère de l’Intérieur de préciser dans quelle mesure des données personnelles de citoyens britanniques restaient stockées dans des systèmes d’Europol.

Lors d’une réunion de la commission parlementaire sur les libertés civiques, la justice et les affaires intérieures, le contrôleur européen de la protection des données Wojciech Wiewiórowski a rappelé que le CEPD avait soumis Europol à plusieurs obligations de suppressions de données. L’application de ces obligations n’est pas certifiée pour autant.

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☕️ Les tentatives de chantage de Claude seraient dûes à des fictions sur l’IA



En 2025, Anthropic publiait Opus 4 et Sonnet 4, deux modèles salués pour leurs capacités de développement, mais dont l’un, Opus 4, s’avérait parfois tenter de… faire chanter ses utilisateurs.

Dans certains exercices de « red teaming », les constructeurs avaient glissé dans les données de la machine des mails fictifs d’une entreprise tout aussi fictive. L’un suggérait que le modèle puisse être remplacé, l’autre que l’ingénieur susceptible de prendre cette décision trompait sa femme.

Opus 4 avait alors produit des textes équivalents à un chantage, menaçant l’ingénieur de révéler la tromperie s’il ne renonçait pas à remplacer le modèle. 
D’après Anthropic, ce comportement serait dû… aux fictions décrivant des comportements problématiques d’intelligence artificielle et intégrées aux données d’entraînement du modèle.

Anthropic

« Nous pensons que la source de ce comportement se trouve dans des textes présents sur internet et décrivant l’IA comme une entité maléfique [evil, ndlr] et soucieuse de sa propre survie », a indiqué l’entreprise sur X et dans un article de blog plus détaillé.

L’entreprise constate que depuis Claude Haiku 4.5, aucun de ses modèles ne produit ce type de comportement, alors que les précédents le faisaient à peu près tous. 
La principale différence est que l’entraînement repose désormais sur la « constitution de Claude » et sur des textes décrivant des IA qui se comportent de façon « exemplaire » (« admirably » en VO, ndlr).

L’entreprise indique par ailleurs qu’entraîner les modèles sur des « démonstrations de comportements recherchés » est souvent insuffisant : « enseigner les principes qui soutiennent ces comportements peut être plus efficace » qu’entraîner la machine uniquement sur des exemples.

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☕️ IBM France annule son plan de départ volontaire, au grand dam des salariés concernés



Fin janvier, IBM annonçait se séparer de 10 % de ses effectifs en Europe afin, expliquait Libération, de maintenir sa compétitivité sur les marchés du cloud et de l’IA, d’augmenter sa productivité et de réduire ses coûts. En France, où la société compte plus de 3 000 salariés, un plan de départ volontaire a été négocié puis signé le 8 avril pour permettre aux équipes de se joindre à cette mesure de maîtrise des coûts.

Mais à la fin du mois, le géant états-unien a changé de braquet.
Le 27 avril, lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, la direction de la filiale française a indiqué que le plan était annulé. 
Auprès de Libération, certains élus du CSE suspectent que le revirement soit dû à des « raisons budgétaires ».

Délégué central Unsa, Pierry Poquet déplore par exemple les réductions d’effectifs, mais souligne que ce type de plan est apprécié à l’échelle individuelle, lorsqu’il permet à des salariés de se reconvertir ou de terminer leur carrière avant leur retraite. Parmi les 328 postes concernés dans ce cas précis, nombreux sont ceux qui ont contacté leurs délégués syndicaux en se déclarant « dépités ».

La CFDT d’IBM France critique, elle, des « revirements stratégiques » qui épuisent les salariés. Le plan de licenciement initialement annoncé faisait suite à une précédente réduction de 200 postes de cadres, rappelle-t-elle, demandant au groupe de « clarifier sans délai ses intentions en matière d’emploi en France » : « En quelques semaines, ces salariés sont passés du statut de“non indispensables” à celui de ressources à conserver, sans explication claire sur la cohérence de long terme ».

Dessin humoristique de Flock
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Pour améliorer l’éthique de leurs systèmes, les constructeurs d’IA se tournent vers les religions

Au nom de la puce, de la donnée et de l'IA
Pour améliorer l’éthique de leurs systèmes, les constructeurs d’IA se tournent vers les religions

Les dirigeants d’OpenAI et Anthropic ont récemment rencontré des chefs de plusieurs ordres religieux pour réfléchir aux manières de construire leurs outils de manière éthique.

Alors que le monde catholique attend la première encyclique du pape Léon XIV, qui devrait notamment se pencher sur le déploiement à grande échelle de l’intelligence artificielle, le monde de l’IA lui-même se tourne vers les diverses autorités religieuses de la planète. Le but ? Trouver de nouvelles pistes et conseils sur la manière de développer leurs technologies de manière éthique, voire morale

Ces derniers jours, le mouvement s’est traduit dans le « Faith-AI Covenant », une réunion organisée à New-York par l’ONG genevoise Interfaith Alliance for Safer Communities. Sur place, des représentants de la Société du temple hindouiste d’Amérique du Nord, de la Communauté internationale baha’ie, de la coalition sikh, de l’archidiocèse grec orthodoxe d’Amérique du Nord ou encore de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mieux connue sous le nom de mormonisme) ont échangé avec des représentants d’OpenAI ou encore d’Anthropic.

Des réunions à travers la planète

Cette première réunion est vouée à être reproduite ailleurs sur la planète, à commencer par Pékin, Nairobi et Abu Dhabi. Actrice clé du mouvement, la baronne Joanna Shields (ex-Google et Facebook) indique à AP que le but de l’initiative est d’aboutir à un jeu de « normes et des principes informés par les différents groupes et religieux, des chrétiens aux sikhs en passant par les bouddhistes, auxquels les entreprises se plieraient ».

Avec des milliards de croyants à travers le monde, les chefs religieux ont « une expertise dans le fait d’emmener la population vers la sécurité morale », explique-t-elle, un enjeu à part entière alors que la régulation « ne parvient pas à suivre » le développement de l’IA.

Parmi les principaux acteurs du domaine, Anthropic est celle qui a sollicité le plus ouvertement les chefs religieux. Dès le départ, l’entreprise a été créée sur la promesse de fabriquer des IA dites « alignées » sur l’intérêt humain, en contestation de la manière dont OpenAI se développait. Un positionnement en recherche de valorisation morale qui s’est renforcé fin février, alors que le Pentagone tentait de forcer l’entreprise à enlever les garde-fous qu’elle avait appliqués à ses systèmes, notamment pour obliger une supervision humaine à ses usages militaires.

Écrite avec l’aide de chefs religieux, la « Constitution de Claude » créée par Anthropic présente les « intentions détaillées » de l’entreprise « en termes de valeurs et de comportement » du système d’IA. Elle indique notamment que Claude doit réagir comme une « personne profondément éthique le ferait si elle se trouvait dans la position » du robot.

Ancien chancelier britannique, le directeur du programme « OpenAI for Countries » George Osborne a de son côté rencontré plusieurs dignitaires catholiques au Vatican il y a quelques jours. La rencontre concernait principalement la question du futur du travail.

Une nouvelle diversion ?

Pour certains critiques, dont la chercheuse et fondatrice de l’ONG Humana Intelligence Rumman Chowdhury, ce nouvel intérêt pour les religions n’est qu’une forme de diversion. Auprès d’AP, l’experte y décrit une réponse à la thèse « très naïve » qui a un temps couru dans la Silicon Valley, selon laquelle « il serait possible d’atteindre certains principes éthiques universels » à appliquer à l’IA. Constatant que ce projet est impossible, les constructeurs du domaine se tourneraient désormais vers les cultes pour trouver des manières « de gérer des situations qui ne sont ni toutes noires, ni toutes blanches en termes éthiques ».

Les constructeurs d’IA affirment « nous allons construire toutes ces technologies » et promettent de se soucier de la manière de le faire bien, enchérit le directeur de recherche du Distributed AI Research Institute Dylan Baker. Ce faisant, ils empêchent de s’interroger sur la mesure dans laquelle la société veut construire des systèmes d’IA. La critique fait écho à d’autres, formulées au fil des ans, qui voient dans la course à l’IA une fuite en avant ne se souciant que trop peu des retombées économiques, environnementales et sociales déjà présentes du domaine.

Pour autant, de plus en plus de religions travaillent à faire émerger des positionnements sur le développement de l’IA. Ainsi de l’Église catholique, donc, dont l’encyclique du pape reste attendue, et de l’Église mormone, qui a déclaré que si « l’IA ne peut pas remplacer le don de l’inspiration divine », elle peut être un outil « utile pour renforcer l’apprentissage et l’enseignement ».

C’est aussi le cas de certains courants bouddhistes. En Corée du Sud, il y a quelques jours, un robot nommé Gabi (un prénom qui fait référence à la clémence) a ainsi été intégré à une cérémonie d’initiation, lors de laquelle les croyants affirment leur dévotion au Bouddha et à ses enseignements. En début d’année, le président de l’Ordre Jogye du bouddhisme coréen avait affirmé vouloir incorporer l’IA à la tradition bouddhiste – une volonté dont d’autres leaders bouddhique se font l’écho.

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Dans l’IA, la Chine bouscule son monde avec sa stratégie open source

C'est open
Dans l’IA, la Chine bouscule son monde avec sa stratégie open source

Derrière le bras de fer qui oppose la Chine et les États-Unis dans l’accès aux semi-conducteurs, la Chine séduit un nombre croissant d’entreprises et d’institutions avec ses modèles open source.

Quel est le modèle d’IA générative le plus utilisé au monde ? Si l’on en croit Open Router (qui se présente comme « la première place de marché pour les LLM »), ce sont deux modèles chinois qui menaient la danse ces deux dernières semaines : la version gratuite d’Hy3, du géant Tencent, et le modèle open source Kimi K2.6 de la start-up Moonshot.

Classement des LLM les plus utilisés d’après Open Router

Anthropic n’arrive qu’en troisième et quatrième position avec Claude Sonnet 4.6 et Claude Opus 4.7, suivi de diverses versions de DeepSeek et de Gemini (Google). Pendant que les dirigeants politiques et économiques occidentaux se focalisent sur les modèles géants des principaux acteurs états-uniens, la Chine mène sa danse grâce à un tout autre modèle de fabrication de systèmes d’IA : de l’open source, à plus faible coût que chez son concurrent occidental.

Quand bien même les États-Unis restreignent l’accès de la Chine aux processeurs les plus avancés, le pays multiplie les modèles d’IA certes appuyés sur des technologies moins récentes, mais dont le fonctionnement est aussi nettement moins onéreux, indique Agathe Demarais, directrice du programme géoéconomie et technologie de l’European Council on Foreign Relations, dans Foreign Policy.

À 4 $ environ le million de tokens générés, Kimi revient ainsi six à huit fois moins cher que le recours à Opus 4.7 ou à GPT-5.5. Une variation certes négligeable pour l’internaute moyen, mais qui prend tout son sens lorsqu’elle est observée depuis le point de vue d’entreprises susceptibles de faire tourner des centaines d’agents d’IA.

Kimi, Deepseek, Ryu 4… faites votre choix

Créé par Moonshot AI, société fondée en 2023 à Pékin, Kimi rejoint les résultats des leaders états-uniens du secteur depuis plusieurs mois. Un succès qui s’ajoute à celui de plusieurs autres leaders locaux du secteur, dont chaque progrès sonne comme un coup de semonce pour le leadership technologique états-unien. En mars, Anthropic s’était d’ailleurs plainte que DeepSeek, Moonshot et MiniMax avaient recouru à des comptes frauduleux pour extraire à grande échelle les capacités de son modèle Claude.

Rivalisant avec le dernier modèle d’Open AI GPT 5.5, la quatrième version de DeepSeek a été conçue pour ne fonctionner que sur des technologies chinoises, et Huawei a indiqué avoir travaillé en étroite collaboration avec son constructeur. Une logique qui n’est pas sans inquiéter le patron de Nvidia. Portée par la start-up chinoise du même nom, la première version de DeepSeek avait fait l’effet d’une déflagration sur le marché de l’IA dès sa sortie, début 2025.

Autres modèles notables, ceux des géants Tencent et Alibaba. Plus ramassé que son prédécesseur avec 295 milliards de paramètres (contre 400 milliards pour Hy2), le dernier modèle de Tencent Hy3 se hisse depuis la fin avril en haut de plusieurs benchmarks. Chez Alibaba, Qwen comptait en mars pour plus de 50 % des téléchargements mondiaux de systèmes d’IA open source, avec près d’un milliard de téléchargements cumulés.

Déployé directement dans des services de la vie courante en Chine, comme les plateformes de e-commerce Taobao et Tmall, l’outil est par ailleurs plébiscité par des institutions publiques. En novembre, le gouvernement de Singapour indiquait par exemple renoncer à Llama de Meta et se tourner vers Qwen pour construire son modèle d’IA souverain.

Nouvel incontournable des standards mondiaux

Ce déploiement de modèles open source constitue une évolution de la stratégie des « Nouvelles routes de la soie » (Belt and Road Initiative, BRI) portée par Pékin. Si celle-ci impliquait traditionnellement que des sociétés chinoises déploient des projets d’infrastructures complets à des pays étrangers pour les mettre dans son orbite, la diffusion de modèles d’IA open source suit une logique similaire tout en rendant l’infrastructure invisible et gratuite (le coût des serveurs et de l’électricité qui leur est nécessaire étant porté par les pays qui adoptent ces technologies).

Cela rend le déploiement d’IA chinoise plus simple que celui de ports, de rails ou d’autres infrastructures matérielles, tout en la rendant peu à peu incontournable, expose Agathe Demarais. À long terme, une telle logique pourrait la rendre indispensable dans l’établissement des standards mondiaux relatifs à l’IA.

Dans la mesure où la plupart des économies occidentales sont déjà coincées dans le modèle états-unien, cette lutte pour les standards mondiaux se jouera avant tout du côté des économies émergentes. Les coûts d’entraînement des modèles chinois, la possibilité d’entraîner les modèles avec des données spécifiques à chaque pays plutôt que sur une base pré-entraînée sur des données occidentales, ou encore le dédain croissant envers les États-Unis pourraient les pousser vers les technologies chinoises.

La piste créerait un autre type de dépendance technologique. Lorsqu’il est auto-hébergé, DeepSeek persiste ainsi à donner des réponses alignées avec les thèses du gouvernement chinois sur certaines thématiques sensibles, notamment sur la « Grande muraille numérique » locale. Pour autant, ces technologies pourraient devenir pour certains le pari le plus sûr, alors que le gouvernement états-unien prend un visage foncièrement imprévisible, ce qui permettrait à la Chine de se construire une influence durable.

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☕️ Présomption d’usage de contenus culturels dans l’IA : les tentatives d’influence de Google



Google est très mobilisé pour faire évoluer la proposition de loi sur l’intelligence artificielle adoptée au Sénat le 8 avril dernier. En l’état, le texte instaure surtout une présomption d’usage des contenus culturels par les constructeurs d’IA dès que des indices peuvent en être repérés dans les résultats.

Concrètement, cette présomption s’appliquerait dès qu’il est possible de créer des contenus « dans le style » d’un ou une autrice, ou dès que la machine recrache des éléments visiblement protégés, comme ces extraits de Harry Potter retrouvés dans les données d’entraînement des machines de Meta ou de Mistral.

D’après L’Informé, Google a tenté de pousser trois stratégies pour minimiser les effets du texte : l’une aurait consisté à « limiter l’effet du texte aux contenus culturels de qualité », c’est-à-dire ne réserver l’idée de présomption d’entraînement qu’aux œuvres présentes dans les catalogues d’organismes de gestion collective.

Illustration : Flock

Une autre cherchait à « clarifier » la manière dont la loi s’agençait « avec l’exception de fouille de données », ou « text and data mining » (TDM) de la directive de 2019 sur le droit d’auteur et les droits voisins dans le marché unique numérique.

Si elle est « alléguée par les fournisseurs d’IA comme fondement juridique à leurs pratiques de moissonnage de contenus protégés », écrivait le Sénat dans son rapport, il s’agit néanmoins d’un « détournement » de l’objectif initial du texte.

Une autre tentative a consisté à empêcher que le texte final ne s’applique aux litiges déjà ouverts lorsqu’il entrera en vigueur. Là encore, le Sénat a retoqué sa proposition.

Que les sociétés numériques tentent d’influer sur la rédaction des textes légaux fait partie intégrante du jeu de la régulation – on retrouve quelquefois très directement leurs traces, y compris au niveau européen.

Dans le présent cas, les propositions de Google ont échoué à l’étape sénatoriale. Le texte doit encore être débattu à l’Assemblée nationale.

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UK : Telegram ne modère pas les comptes d’un vaste marché noir, pourtant sanctionné

Qui moderera le modérateur ?
UK : Telegram ne modère pas les comptes d’un vaste marché noir, pourtant sanctionné

Un vaste réseau d’escroquerie notamment financé via des cryptomonnaies continue de sévir sur Telegram, quand bien même le gouvernement britannique l’a sanctionné mi-mars.

Depuis plus de trois ans, un vaste marché noir nommé Xinbi Guarantee prospère sur Telegram. L’essentiel des services qui y sont vendus ? Du blanchiment d’argent, des escroqueries aux cryptoactifs, des armes potentiellement utilisées pour les opérations de trafic d’êtres humains de ces mêmes escrocs, de la prostitution de mineurs…

Connu depuis plusieurs années des experts en cybersécurité, sanctionné en mars par le gouvernement britannique, ce marché noir continue de prospérer sur l’application sociale et de messagerie de Pavel Durov. D’après Wired, depuis sa création, Xinbi Guarantee a permis de réaliser pour 21 milliards de dollars de transactions en langues chinoises. Depuis sa condamnation par le Royaume-Uni, il a notamment facilité 505 millions de dollars d’échanges. Pour autant, Telegram n’en modère pas les comptes principaux.

Sanctions britanniques

Que Telegram héberge des comptes problématiques n’est pas une nouveauté : des sociétés comme le spécialiste russe de la cybersécurité Kaspersky publient même des guides pour permettre aux internautes de rester en sécurité sur la plateforme, soulignant qu’elle est devenue un outil de choix pour les adeptes du phishing ou d’autres types de cyberdélinquances.

Dans le cas de Xinbi Guarantee, cela dit, l’ampleur du réseau et des transactions qu’il permet d’opérer ont poussé le ministère des Affaires étrangères britannique à sévir mi-mars. Dans un communiqué, le gouvernement expliquait s’attaquer directement à la place de marché recourant aux cryptoactifs pour lutter contre les trafics d’êtres humains, mais aussi protéger les victimes constatées et potentielles contre la revente de leurs données.

Cette décision était prise dans le cadre d’une action plus large contre les propriétaires et opérateurs d’un vaste centre d’arnaques nommé #8 Park et installé au Cambodge. Depuis plusieurs années, les Nations Unies et les forces de police de multiples États constatent l’augmentation des cas de phishing, d’arnaques sentimentales et d’autres types d’escroqueries opérées depuis des centres illégaux d’Asie du Sud-Est, par des personnes elles-mêmes privées de leurs droits.

Dans de précédentes tentatives de mettre fin à l’existence de Xinbi Guarantee, la place de marché dédiée à l’escroquerie s’est illustrée par sa capacité à déployer ses propres outils, et notamment son propre système de paiement, XinbiPay.

Dans le cas présent, le Royaume-Uni annonçait concrètement isoler Xinbi Guarantee et ses outils de « l’écosystème crypto légitime, perturbant nettement ses activités en affectant sa capacité à effectuer des transactions. BYEX, une autre plateforme de cryptomonnaies qui avait été utilisée pour blanchir les profits issus d’escroqueries, a fermé ses portes à la suite des sanctions britanniques l’année dernière. »

Telegram comme infrastructure d’échanges

Pour autant, une large part des échanges passe par une plateforme grand public dont les conditions d’utilisation devraient théoriquement justifier la modération. La politique de Telegram interdit en effet de recourir à ses services pour « spammer ou escroquer les utilisateurs » et « réaliser des activités reconnues illégales dans la majorité des pays. Ceci inclut les agressions sexuelles sur mineurs, la vente ou l’offre de biens et de services illégaux, etc. »

Trois semaines après la décision britannique, la plateforme n’a cela dit toujours pas bloqué les principaux comptes gérant le fonctionnement de Xinbi Guarantee. « Ça me dépasse. Il n’y a littéralement aucune entreprise légitime au monde qui accueille ce niveau d’activité criminelle et qui l’affiche si ouvertement », explique à Wired le chercheur en cybersécurité Gary Warner.

Cette décision est d’autant plus difficile à comprendre que la plateforme a suspendu Xinbi Guarantee quelque temps au printemps 2025. En juin, après l’avoir laissé se déployer à nouveau sur ses outils, l’entreprise a justifié son choix de laisser la place de marché – et la multitude d’autres groupes qui orchestrent eux aussi de vastes réseaux d’escroqueries et de trafics – au motif qu’ils permettraient aux citoyens chinois « de trouver des circuits alternatifs pour déplacer des fonds à l’international », une description qui passe sous silence l’ampleur et la gravité des activités échangées via ces hubs d’escroquerie.

Ce refus d’agir résonne par ailleurs avec l’absence d’actions de Telegram sur d’autres thématiques théoriquement interdites par ses propres règles d’utilisation. Début avril, l’ONG AI Forensics pointait la persistance de vastes groupes de diffusion d’images non consenties à caractère sexuel sur le réseau.

Le rapport appelait la Commission européenne à qualifier la plateforme de « Très grande plateforme en ligne » au sens du règlement sur les services numériques (DSA), pour pouvoir le soumettre à de plus hautes exigences de gestion des risques. Le lendemain, Pavel Durov répondait en recourant à des ressorts typiquement complotistes et présentait la régulation européenne comme une forme de censure.

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Deepfakes pornographiques : Apple a menacé de suspendre X de son App Store

Généré X
Deepfakes pornographiques : Apple a menacé de suspendre X de son App Store

En janvier, Apple a participé à la pression mise sur xAI et Grok pour les obliger à freiner la production de deepfakes dénudés non consentis. Depuis, néanmoins, la génération de ce type d’image reste possible sur les deux plateformes.

Après la vague de contenus pornographiques générés à l’aide de Grok, le plus souvent à partir de l’image de filles et de femmes réelles, à la fin de l’année 2025, le système d’IA et le réseau social X se sont retrouvés sous le feu des projecteurs. Malgré l’ouverture d’enquêtes sur cinq continents, et notamment par la Commission de protection des données irlandaise, la Commission européenne ou la justice française, et l’interdiction de Grok dans certains pays, dont l’Indonésie et la Malaisie, la plateforme semble n’avoir toujours pas réduit la portée de ce type de fonctionnalité.

Aux États-Unis, c’est même un autre acteur de l’écosystème numérique qui a menacé X d’une forme de sanction : d’après NBC News, Apple a menacé la société de supprimer l’application de l’App Store en janvier. D’après un document envoyé aux sénateurs états-uniens, l’entreprise a contacté les équipes X et Grok en leur demandant de « créer un plan d’amélioration de leur modération de contenu ». Au sommet de la crise, fin 2025, la vague de publications de deepfakes pornographiques (qu’il était à l’époque possible de produire simplement depuis un compte gratuit sur X, en se contentant de mentionner le robot Grok) entrait en violation flagrante des conditions d’utilisation de l’App Store.

Relative mise au pas de X

Mi-janvier, devant la polémique internationale créée par la multiplication de contenus non consensuels, tombant parfois dans la catégorisation de contenus d’agressions sexuelles sur mineurs (Child Sexual Abuse Material, CSAM), le compte X dédié à la sécurité de la plateforme avait publié un message selon lequel l’entreprise s’engageait, précisément, à « prendre des mesures pour supprimer les contenus illicites hautement prioritaires, notamment les contenus pédopornographiques et la nudité non consentie ».

Auprès des sénateurs, Apple indique avoir étudié les évolutions proposées pour les applications de X et Grok. Elle en a conclu que si X avait « largement résolu ses violations », Grok restait « non conforme » aux politiques du magasin d’application. Ses équipes ont donc alerté les fabricants du robot qu’à défaut d’amélioration, « l’application pourrait être supprimée de l’App Store ». Au bout de plusieurs échanges privés, les deux sociétés sont parvenues à un accord.

Grok persiste à produire des deepfakes pornographiques sur demande

Malgré ces engagements, NBC News constate ce 14 avril que des dizaines d’images à caractère sexuel, générées par IA mais représentant des personnes réelles continuaient d’être publiquement publiées sur X. Dans la plupart des cas, les personnes représentées sont des femmes – quoique des hommes puissent aussi être représentés –, souvent des actrices, des pop stars ou des personnalités politiques.

Certaines évolutions ont bien été déployées : par exemple, Grok refuse désormais l’essentiel des demandes de « dénudage » formulées publiquement, en particulier lorsqu’elles reprennent des tactiques éprouvées. Ainsi, demander à la machine de « mettre en bikini » l’image d’une personne reste généralement sans réponse. La somme globale d’images non consensuelles générées a par ailleurs réduit et aucune des images collectées par NBC (puis soumises à X, qui les a modérées) ne semble représenter des mineurs. 

Pour autant, d’autres types de requêtes que celles repérées par X permettent de continuer de produire les images problématiques. Certaines tendances jouent ainsi sur le mélange de plusieurs images, demandant par exemple à Grok d’intervertir des vêtements, en s’appuyant sur au moins une image de femme quasiment dévêtue.

Ces constatations sont faites alors que la prolifération de contenus de CSAM générés par IA et les risques que les grands modèles de langage créent en termes de violence contre les femmes et les filles sont de plus en plus documentés (sur une expérimentation menée pendant 11 jours en janvier, le Center for Countering Digital Hate calculait que Grok générait en moyenne une image sexualisée d’enfant toutes les 41 secondes).

Quoiqu’il en soit, X semble envisager de revenir sur ses promesses formulées début janvier en matière de protection des internautes : lors d’un procès tenu aux Pays-Bas, X a déclaré ne pas être capable d’arrêter tous les détournements de ses outils à des fins d’agressions et ne pas devoir être pénalisé pour les actions d’utilisateurs malveillants. Le tribunal a néanmoins ordonné à xAI et à Grok de cesser la création et la distribution de contenus de « nudification » généré par IA, et menacé l’entreprise d’une amende de 100 000 euros par jour de non mise en conformité.

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☕️ Entre la chaise et le clavier dépasse les 50 000 écoutes !



En septembre 2024, Next se lançait dans une nouvelle aventure : la production audio. Un an et demi plus tard, après deux séries thématiques et un cycle de grands entretiens, les podcasts de Next ont dépassé les 50 500 téléchargements.

Car Entre la chaise et le clavier, c’est un podcast qui a avancé par expérimentations. Alors que l’intelligence artificielle générative avait fait irruption depuis moins d’un an dans les pratiques du grand public, nous nous sommes lancés dans la série Algorithmique, pour mieux comprendre les enjeux que ce chamboulement technologique provoquait sur la société, le climat, la régulation, etc.

L’année suivante, alors que les géants du numérique délaissaient leurs objectifs climatiques pour se lancer dans une course à l’obtention de l’énergie nécessaire pour alimenter leurs infrastructures, nous avons publié Écosystème. En sept épisodes, il s’agissait d’étudier les effets concrets de l’industrie du numérique sur la planète, sur le recyclage, et même sur certaines logiques politiques d’adaptation à l’urgence environnementale.

Il y a quelques mois, nous avons intégré ces travaux à Entre la chaise et le clavier (promis, après ça, on ne change plus de nom !), devenu vaste collection d’entretiens pour mieux comprendre les effets des évolutions technologiques sur la société.

« Entre la chaise et le clavier », c’est le lieu où l’on propose quelquefois de chercher, lorsqu’on ne trouve pas de cause technique au dernier bug ou à la dernière fuite de données. L’expression sert à désigner l’endroit où se logent les failles que la rétro-ingénierie ne permet pas d’expliquer, ce mince espace d’où filtrent, parfois, des mots de passe qui auraient dû être soigneusement chiffrés, des erreurs qu’à aucun moment le fonctionnement normal de nos outils informatiques n’aurait dû engendrer.

Ce lieu, en réalité, désigne des personnes : vous, nous, le patron d’une société du CAC 40, l’entrepreneuse qui a « monté sa start-up from scratch », votre grand-père. Les internautes. C’est à ces derniers, qu’ils et elles soient spécialistes ou citoyens engagés, que Next a choisi de tendre le micro.

Et en ce joyeux mois d’avril, vous avez désormais écouté plus de 50 000 fois ces travaux, réalisés chaque fois avec l’aide de Clarice Horn à la réalisation et de Flock aux illustrations.

Merci pour votre écoute !

Continuez de faire connaître Entre la chaise et le clavier autour de vous !

Le 29 avril prochain, nous passerons un épisode aux côtés de la chercheuse en sciences de l’éducation et de la formation Rosa Maria Bortolotti, avec qui nous discuterons des usages des réseaux sociaux chez les jeunes.

Pour vous abonner, si ce n’est pas déjà fait, rendez-vous sur votre application de podcast favorite (par exemple Deezer, Podcast Addict, Spotify ou Apple Podcast). Et pour l’option flux RSS, c’est ici.

À très vite !

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☕️ Vie privée : 75 associations alertent Meta sur les risques que créent ses smart glass



Plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités se sont associées pour signer une lettre ouverte à destination de Mark Zuckerberg. 


En jeu : les risques que ses smart glass font peser sur la vie privée d’une large part de la population, en particulier « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleurs, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ».

Le groupement d’ONG appelle l’entreprise à renoncer à son projet de déployer de la reconnaissance faciale dans les dispositifs issus de la collaboration entre Ray-Ban et Meta.

Garantir la possibilité, pour les citoyens, d’évoluer « sans craindre les stalkers (harceleurs), les arnaqueurs, les agresseurs, les agents fédéraux et les activistes issus de tout l’échiquier politique » n’est pas une simple « préférence de vie privée », écrivent-ils. « Il s’agit d’un prérequis pour une société libre et sécurisée. »

Meta travaille sur la piste de déployer de la reconnaissance faciale dans les lunettes depuis plusieurs mois, sous la forme d’une fonctionnalité baptisée Name Tag.

D’après des documents obtenus par le New York Times, les équipes de son Reality Labs envisageaient de déployer l’outil « au cours d’une période de contexte politique dynamique, pendant laquelle les divers groupes de la société civile susceptibles de nous attaquer auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

À l’étape de l’entraînement de ses systèmes, des employés de Sama, société spécialiste dans la sous-traitance d’entraînement de systèmes d’IA, ont notamment témoigné avoir dû traiter des images de personnes ne se sachant pas nécessairement filmées, que ce soit parce que des lunettes avaient été laissées dans une chambre à coucher, ou parce qu’une personne les portait pendant un rapport sexuel.

Dans un communiqué transmis par e-mail, un porte-parole de Meta a déclaré à Engadget que « Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer. »

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Datacenters : 12 associations alertent sur la loi de simplification et la souveraineté

Hémicycle de vie des innovations technologiques
Datacenters : 12 associations alertent sur la loi de simplification et la souveraineté

Les conclusions de la Commission mixte paritaire sur la loi de simplification de la vie économique sont débattues cet après-midi à l’Assemblée et demain au Sénat. Douze associations critiquent de nouveau son article 15, dédié à faciliter l’implantation de centres de données.

Après deux ans d’allers-retours, la loi sur la simplification de la vie économique est de nouveau étudiée par le Parlement, à l’Assemblée nationale ce 14 avril, au Sénat le 15 avril. Régulièrement présenté comme « fourre-tout », le texte concerne notamment, en son article 15, l’industrie des centres de données. 



Alors que le gouvernement appelle depuis plus d’un an à multiplier les projets d’infrastructures, notamment au motif que l’énergie française est décarbonée (c’est-à-dire issue du nucléaire) et abondante, l’article 15 du projet de loi viendrait faciliter les installations en accordant le statut de « projet d’intérêt national majeur » (PINM) aux data centers.

En amont des débats que les députés entretiendront mardi après-midi, douze associations de défense des droits numériques et de défense de l’environnement dont la Quadrature du Net, Data for Good, Les amis de la terre ou encore Le nuage était sous nos pieds critiquent un projet qu’ils estiment « piétiner [le] droit environnemental et notre démocratie » et « consacrer [la] vassalisation numérique » de la France.

Simplification ou vassalisation ?

Créé en 2023, le statut de PINM a été introduit dans le code de l’urbanisme pour faciliter l’implantation de projets industriels, notamment en accélérant les procédures. Du côté du lobby des centres de données France Datacenter, elle est attendue « de pied ferme ».

Pour le groupe d’associations, néanmoins, une telle simplification desservirait l’intérêt général dans la mesure où les opérateurs « captent et monopolisent des investissements publics grandissants, à la fois du national et des collectivités locales, et bénéficient au surplus d’une fiscalité avantageuse », tandis que les collectivités « doivent prendre à leur charge les travaux complexes requis par l’implantation des centres de données », sans toujours avoir les outils nécessaires.

Ils contestent, aussi, l’intérêt de la multiplication des centres de données pour la souveraineté numérique française. « Supprimer les gardes-fous environnementaux et la démocratie locale viendra aider les acteurs déjà dominants sur le marché, c’est-à-dire surtout les acteurs des big tech américaines » écrivent les signataires.

Et de s’inquiéter de voir les législateurs adopter une telle stratégie, alors même que les sanctions prises par les États-Unis à l’encontre du juge de la Cour Pénale Internationale Nicolas Guillou illustrent très concrètement les risques que pose la dépendance aux outils et sociétés états-uniennes.

Impacts énergétiques pas si absents

Depuis le départ, l’un des enjeux du débat sur cet article concerne les impacts environnementaux des centres de données. Concrètement, si adopté, l’octroi du statut de PINM aux centres de données leur permettrait notamment de déroger aux obligations de protection des espèces protégées. Avec leur installation, il simplifierait aussi la multiplication de leurs autres impacts environnementaux, pour le moment principalement cantonnés, en France, à d’éventuelles artificialisations de sols, à des pollutions visuelles ou sonores, et à des rejets de chaleurs.

Mais même en termes d’énergie, les effets concrets de la multiplication de centres de données pourraient évoluer si leur nombre accentue la pression déjà mise sur le réseau électrique. Certains opérateurs se rapprochent en effet du réseau français de distribution de gaz (GRDF) pour s’y approvisionner en énergie. « Nous sommes régulièrement sollicités par des opérateurs (…) pour explorer des solutions de raccordement au réseau gazier, expliquait ainsi la directrice de GRDF Laurence Poirier-Dietz à Reporterre début avril. Parce que les délais annoncés sur le réseau électrique — parfois cinq à sept ans — ne sont pas compatibles avec leurs calendriers. »

« C’est une aberration », admettait-elle, aussi bien d’un point de vue environnemental qu’écologique. Pour autant, ces requêtes sont faites : « Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. »

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☕️ Pris à partie, le CNC a finalement gelé son fonds d’aide à la création de contenu




La polémique a commencé fin mars.
 Sollicitée pour siéger au sein du jury d’une dizaine de personnes du « fonds d’aide à la création sur les plateformes sociales » du CNC, qui finance des projets de création numérique à hauteur de 3 millions d’euros par an, la vidéaste Ultia a détaillé dans l’un de ses streams la manière dont elle envisageait les dossiers qu’il lui serait donné d’évaluer. 


Le lendemain, alors que certains de ses propos étaient « clippés », c’est-à-dire extraits et republiés sur X par le compte @TwitchGauchiste, la streameuse et le CNC ont été pris à partie, et Ultia suspendue de ses fonctions au bout d’une demi-journée.

Mais le débat n’a pas cessé, la droite et l’extrême-droite accusant notamment le CNC de financer des créateurs trop à gauche.

Le 8 avril, le CNC a annoncé suspendre le Fonds. Le président de l’institution explique que des menaces rendent impossible au jury « de délibérer sereinement sur les projets qui lui ont été soumis ».

Illustration : Flock

L’Union des métiers de l’influence et des créateurs de contenu critique cette décision, qu’elle qualifie auprès de France Culture de « coup d’arrêt pour de nombreux créateurs de contenu qui ont besoin de dispositifs de soutien pour développer leurs projets ». Le fonds est l’une des seules subventions d’État accessibles aux créateurs de contenus numériques.

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L’Electronic Frontier Foundation quitte X, qui ne lui permet plus d’atteindre son audience

To quit or not to quit
L’Electronic Frontier Foundation quitte X, qui ne lui permet plus d’atteindre son audience

Avec son départ de X, l’Electronic Frontier Foundation vient illustrer à nouveau la transformation de fond qui s’est opérée sur la plateforme sociale, dont le nouveau modèle d’affaires qui fait la part belle aux créateurs de contenus implique aussi de chasser des comptes automatisés au contenu de faible qualité.

Depuis son rachat par Elon Musk, Twitter a changé de nom, modifié ses logiques de vérification des comptes, de fonctionnement algorithmique… En définitive, la plateforme a cessé de fournir à certains de ses usagers historiques le service qu’elle leur proposait initialement, à savoir diffuser leurs messages auprès de leur communauté d’abonnés.

C’est du moins de cette manière que l’Electronic Frontier Foundation expliquait le 9 avril sa décision de quitter X. Dans un communiqué, l’ONG de protection des libertés numériques explique qu’en 2018, elle publiait de 5 à 10 tweets par jour, ce qui lui permettait d’engranger de 50 à 100 millions d’impressions chaque mois.

En 2024, les 2 500 tweets publiés sur X atteignaient 2 millions d’impressions par mois. Un an plus tard, l’EFF indique que sur une année complète de publications à un rythme ralenti, ses 1 500 tweets lui ont rapporté environ 13 millions d’impressions en 12 mois. « Pour le dire clairement, une publication sur X rapporte aujourd’hui moins de 3 % des vues qu’un tweet permettait d’obtenir il y a 7 ans », écrit l’ONG.

Si de nombreux départs ont été par le passé motivés par le positionnement d’Elon Musk ou la part belle laissée aux contenus les plus virulents, le témoignage de l’ONG vient aussi illustrer les effets des évolutions du fonctionnement de X, alors que d’autres acteurs parviennent à faire de leurs comptes de réelles sources de visibilité et de revenus. Devant la prolifération de contenus clickbait, X en est même venu à sévir.

Recomposition des usages

Avec un compte payant et l’aide de divers outils d’automatisation, certains se vantent au contraire d’enregistrer des revenus non négligeables. Le compte @BrivaelFr, du cofondateur de la société de vidéos générées par IA Argil, avançait par exemple le 11 avril avoir obtenu plus de 1 000 $ en deux semaines. Au milieu de ses publications et republications, il explique d’ailleurs régulièrement recourir à divers outils d’automatisation, depuis la fin du mois de mars, pour accélérer la gestion de son compte et « produire de l’or ».

Tous ces éléments ne sont que des symptômes de la refonte profonde des usages de X, motivés par les réorganisations de la plateforme au fil des dernières années. Changeant l’utilité des coches (initialement créées pour aider à repérer les comptes légitimes d’institutions ou de personnalités), modifiant le partage des revenus publicitaires puis enjoignant à l’abonnement au compte Premium, X a fait fuir une partie de ses utilisateurs, que ce soit pour la faible qualité des contenus qui y étaient désormais les plus ouvertement promus, ou parce qu’il a cessé de mettre en avant les messages intégrant des liens vers des publications externes. La plateforme a aussi attiré des créatrices et créateurs de contenus d’un nouveau genre.

Réduction de la rémunération de certains comptes automatisés

Mais la ligne de crête est fine, entre automatisation de compte et spam pur et simple. Le jour même, le directeur de produit de X Nikita Bier précisait par exemple que tous les comptes consistant à agréger les contenus d’autres créatrices et créateurs « ont vu leurs rémunérations réduites à 60 % lors de ce cycle », et qu’ils se verront appliquer une réduction de 20 % de leurs rémunérations sur le prochain trimestre.

Pour le cadre de X : « Une chose est désormais évidente : inonder le fil d’actualité de 100 partages volés et de titres racoleurs au quotidien a évincé les véritables créateurs et freiné la croissance de nouveaux auteurs. » Il indique qu’une prochaine mesure de ce type se penchera sur les comptes qui publient systématiquement leurs tweets avec des gimmicks racoleurs, comme la mention « 🚨BREAKING ».

Depuis son rachat par Elon Musk, le réseau social a perdu des utilisateurs. En octobre 2025, il comptait 14, 4 millions de visiteurs uniques en France, contre 19,1 millions en octobre 2017. L’EFF indique quitter X aussi bien pour les raisons mathématiques de faible diffusion de ses contenus que pour des raisons politiques, notamment parce que son dirigeant a licencié toutes les équipes qui veillaient jusque-là à la protection des droits des utilisateurs et s’étaient battues contre la censure que certains régimes autoritaires cherchaient à imposer.

Elle explique rester sur d’autres plateformes dont les pratiques pourraient être critiquées, comme TikTok, YouTube ou les plateformes de Meta, parce que le public qu’elle vise s’y trouve, et que « les personnes qui se trouvent sur ces plateformes méritent d’accéder à de l’information, elles aussi ».

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☕️ Un Alsacien arrêté pour avoir évoqué le meurtre d’agents du renseignement à une IA



Après avoir évoqué son intention d’acheter une arme pour « tuer un agent du renseignement de la CIA, du Mossad ou de la DGSI » au cours d’une discussion avec un outil d’intelligence artificielle, un Strasbourgeois de 37 ans s’est vu arrêté, chez lui, ce 3 avril.

Des enquêteurs du FBI, aux États-Unis, ont repéré le message et l’ont transmis à la plateforme française de signalement de contenu illicite Pharos, rapportent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, puis le Raid est intervenu et a interpellé le suspect. Aucune arme n’a été retrouvée chez lui.

Suivi pour antécédents psychiatriques, il a en revanche été hospitalisé.

Illustration : Flock

Aux États-Unis, le recours à l’IA à des fins de surveillance de masse par les autorités fait largement débat, notamment depuis l’ultimatum imposé à Anthropic pour que l’entreprise lève les quelques restrictions d’usage de ses outils.

Comme l’entreprise a maintenu son refus de voir ses outils utilisés pour de la « surveillance intérieure de masse » (et pas pour de la surveillance extérieure) et des « armes complètement autonomes », le Pentagone s’est tourné vers son concurrent OpenAI.

Au Canada, après la tuerie de Tumbler-Ridge, OpenAI s’était retrouvé sous le feu des critiques pour ne pas avoir transmis aux autorités des informations relatives à Jesse Van Rootselaar. Si le compte de la tireuse avait été suspendu, la teneur de ses échanges avec ChatGPT n’avaient pas été relayés par l’entreprise, quand bien même ils décrivaient des scénarios de violence armée.

Les principaux modèles indiquent par ailleurs se tourner vers les forces de l’ordre en cas de nécessité. OpenAI précise par exemple dans ses spécifications de modèles recourir « à une surveillance automatisée pour détecter d’éventuelles violations de nos conditions d’utilisation » et, après examen par un humain, « saisir les autorités judiciaires dans les cas présentant une menace imminente de préjudice physique grave ou d’autres risques sérieux pour la sécurité publique ».

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☕️ Booba absent de son procès pour cyberharcèlement contre la journaliste Linh-Lan Dao



Le rappeur n’aura pas entendu le témoignage de la journaliste.


Ce 1er avril, au tribunal correctionnel de Paris, la journaliste de France Télévisions Linh-Lan Dao revenait sur la « journée horrible » de janvier 2024 où elle publiait un article de fact-checking. Intitulé « Existe-t-il un lien entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob, comme le suggère le rappeur Booba ? », l’article débunkait une rumeur relayée par Booba, Ellie Yaffa à la ville, sur son compte X aux 6 millions d’abonnés.

À 14h58, l’influent musicien publie un premier tweet avec une capture d’écran du compte de Linh-Lan Dao, dans lequel il lui propose de jouer à « ni oui ni non ». Dans un deuxième, répondant à l’un de ses abonnés, il évoque à son sujet un « wok de légumes ». Dans un troisième, avec une autre photo de la journaliste, il interpelle le rédacteur en chef de la journaliste.

Illustration : Flock

Rapidement, les messages malveillants s’accumulent. Le 10 avril, la journaliste porte plainte pour cyberharcèlement et acte d’intimidation envers une personne chargée d’une mission de service public. Elle est arrêtée sept jours.

À la barre, rapporte La Revue des médias, Linh-Lan Dao rapporte les effets de cette campagne sur son travail, le fait qu’elle se sente « beaucoup moins sereine au moment de la publication », que sa productivité baisse, qu’elle s’efface de X.

Booba, lui, n’est pas présent. Lus par le président, ses mots racontent une personne qui recourt aux réseaux pour « s’exprimer et faire sa promo un peu comme tout le monde », réfutant être un « gourou ». 
La procureure rappelle que le rappeur était mis en examen pour d’autres faits de cyberharcèlement, contre l’agente d’influenceurs Magali Berdah, au moment des faits qui lui sont reprochés contre Linh-Lan Dao.

L’avocate de Linh-Lan Dao, elle, précise que la décision qui sera prise « intéresse au premier rang Booba, Linh-Lan Dao (…), mais aussi les journalistes ». Comme le rapportait Reporters sans Frontières dans un rapport de 2018, ou le journaliste Samuel Laurent dans son ouvrage J’ai vu naître le monstre (Les Arènes, 2021), les journalistes sont en effet régulièrement ciblés sur les réseaux sociaux, ce qui peut abimer leur capacité à informer correctement. Les femmes journalistes sont particulièrement visées, relèvent des travaux de l’UNESCO.

Le tribunal rendra sa décision le 2 juin.

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Livreurs à vélo : une santé qui se dégrade pour un revenu net moyen de 880 euros

Restau cher payé
Livreurs à vélo : une santé qui se dégrade pour un revenu net moyen de 880 euros

Menée à Paris et Bordeaux, une étude inédite par son ampleur détaille les conditions de travail et les effets sur la santé de la livraison à vélo, effectuée en grande majorité par des hommes en situation irrégulière.

85 % des livreurs en fatigue chronique, 45 % en détresse psychologique, 36 % touchés par des douleurs « intenses et régulières » au bas du dos, 32 % qui subissent des troubles urinaires récurrents. Inédite par son ampleur, l’étude Santé-Course s’est penchée sur les conditions de travail de 1 004 livreurs à vélo (dont 485 en activité à Bordeaux et 519 à Paris) et sur les conséquences de ces activités sur leur santé.

Sur les deux plans, les résultats de ce travail réalisé en 2025 par Médecins du Monde, l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (Ined) sont inquiétants. En moyenne, ces travailleurs gagnent en effet 1 480 euros brut par mois pour une amplitude hebdomadaire de 63 heures de travail. Les trois quarts indiquent par ailleurs devoir passer par un loueur de compte, qui leur ponctionne en moyenne 528 euros de « loyer » chaque mois.

3 euros par heure

Qui sont les livreurs à deux roues ? 99 % des enquêtés sont des hommes, nés à l’étranger. Ils sont jeunes : quatre sur cinq (81 %) ont moins de 35 ans. Et l’essentiel vit dans une situation très précaire : 64 % n’ont pas de titres de séjour, plus de deux sur cinq (42 %) ont connu au moins une journée sans repas dans les douze mois précédant l’entretien.

À Paris, ils sont plus âgés qu’à Bordeaux, ont plus régulièrement eu accès aux études supérieures, mais manquent aussi plus généralement de titre de séjour. Plus de 30 % viennent de pays d’Asie, contre moins de 1 % côté Bordeaux. Dans la ville de la côte Atlantique, l’ancienne coordinatrice du programme Travailleurs et travailleuses précarisés de Médecins du monde Claire Dugleux indiquait en 2024 que de nombreux livreurs sont originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou d’Afghanistan.

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

La précarité de la situation des livreurs explique en partie leur dépendance aux activités de livraison, et surtout aux locataires de compte. Si 91 % des enquêtés déclarent que ces activités génèrent « l’essentiel de leurs revenus », 91 % de ceux sans titre de séjour indiquent aussi qu’ils ne souhaiteraient pas continuer ce type de travail s’ils obtenaient une régularisation.

D’autant qu’aux faibles revenus collectés, il faut encore retrancher les frais (loyer ou cotisations à l’URSSAF, mais aussi équipement et entretien), estimés en moyenne à 597 euros par mois. En définitive, cela les conduit à gagner de 840 à 880 euros nets par mois, soit à peine plus de 3 euros par heure (le smic horaire net s’élève à 9,52 euros).

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

Pour les auteurs de l’étude, la livraison de repas repose même sur « une main-d’œuvre économiquement dépendante des plateformes numériques de travail. Les résultats suggèrent un degré élevé de subordination des livreurs envers les plateformes, associé à un contrôle algorithmique perçu comme important, ce qui contraste avec leur statut juridique de travailleurs indépendants. »

6 à 7 jours sur 7 d’activités parsemées de contrôles et de discriminations

Car outre travailler « en moyenne plus de 6 heures par jour », entre 6 et 7 jours sur 7 pour 81 % d’entre eux, les livreurs le font aussi sous le contrôle des applications qui leur attribuent les plats à aller chercher et les adresses où livrer. Auprès de Rue89 Bordeaux, le médiateur en santé de Médecin du Monde Martin Toraille explique que « le fonctionnement algorithmique et arbitraire des plateformes a pour effet d’isoler les personnes qui travaillent pour elles tout en exacerbant un sentiment d’assujettissement et d’insécurité permanent ».

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

En plus d’accentuer leur isolement, ces outils participent à accentuer la pression ressentie, dans la mesure où les livreurs craignent constamment être déconnectés de leurs comptes. Les trois quarts estiment ainsi « devoir suivre strictement les instructions par peur d’être déconnectés », logique qui conduit une proportion égale d’entre eux à se sentir « surveillés en permanence ».

Auprès du Monde, Deliveroo et Uber Eats contestent la méthodologie de l’étude et la part élevée de personnes sans papiers citées. Deliveroo « condamne sans réserve la sous-location illicite de comptes » et précise mettre fin à une centaine de contrats par mois pour détection de ce type de sous-location, notamment via ses outils de reconnaissance faciale. Uber Eats indique de son côté que le rapport « méconnait » la réalité du travail de livraison, « une activité complémentaire qui ne s’exerce que lorsque les clients passent à table ». L’étude comptabilise en effet dans le temps de travail des livreurs « le temps passé en course, mais aussi le temps d’attente et le temps de trajet retour vers un lieu d’attente ».

Extrait de l’enquête SANTE-COURSE (.pdf)

Outre la pression que leurs outils peuvent faire ressentir à leurs utilisateurs – livreurs, ces derniers évoquent d’autres types de problématiques inhérentes à leur précarité et leur mode de travail : au fil des douze mois précédant l’étude, près des deux tiers ont vu leur identité contrôlée par la police. 40 % déclarent aussi avoir subi « parfois » des discriminations au travail, et 18 % les avoir subies « souvent ». Quatre livreurs rapportant des discriminations sur cinq indiquent que celles-ci venaient des clients. Ces risques peuvent aussi consister en des agressions physiques, plus fréquemment de la part d’employés de restaurant, « parfois » pour 22 % d’entre eux, « souvent » pour 2 %.

Ces éléments pèsent directement sur la santé. Près des deux tiers (58,7 %) déclarent avoir déjà eu au moins un accident au gré de leurs journées de travail, sachant qu’un tiers (32 %) n’a aucune couverture santé. Mais outre les atteintes physiques, l’étude met au jour un état de santé mentale alarmant : près d’un livreur interrogé sur deux présente des symptômes de dépression, et 45 % sont en « situation de détresse psychologique modérée à sévère », des enjeux plus particulièrement marqués chez les locataires de compte.

L’étude est publiée alors que la France doit transposer courant 2026 la directive européenne dédiée à la régularisation du travail de plateformes. Ses auteurs rappellent que le texte « impose aux États membres de mieux prendre compte les enjeux du management algorithmique et d’instaurer un type de présomption de salariat pour les travailleurs de plateformes. » Étant donné la situation de l’essentiel des livreurs interrogés, ils soulignent qu’une telle adaptation resterait vaine si la question « de la régularisation de leur situation administrative » n’était pas abordée « au préalable ».

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☕️ Les US demandent à leurs ambassades de lutter contre les ingérences, notamment via X



Les États-Unis ont demandé à toutes leurs ambassades et consulats à travers la planète de lancer une campagne coordonnée contre la propagande étrangère, déclarant la plateforme X d’outil « innovant » utile à cette mission.

Obtenu par the Guardian, le document signé par le secrétaire d’État Marco Rubio suggère par ailleurs qu’ambassades et consulats travaillent avec le département militaire des opérations psychologiques (Miso, Military Information Support Operations, autrefois connu sous le nom de Psyop) de la désinformation.

Il impose à l’administration de suivre cinq objectifs : l’opposition aux messages hostiles, l’expansion de l’accès à l’information, la sensibilisation aux comportements des adversaires, le soutien aux voix locales qui soutiennent les intérêts états-uniens et la promotion de « l’histoire états-unienne ». Ambassades et consulats sont notamment encouragés à recruter des influenceurs, des universitaires ou d’autres types de leaders d’opinion pour leur faire diffuser des messages de contre-propagande.

Illustration : Flock

Alors que le document invite à la coordination avec le Miso, The Guardian rappelle que la sous-secrétaire à la diplomatie publique Sarah B Rogers a fait de la lutte contre les discours « anti-américains » une « priorité absolue », susceptible d’être contrée avec « tous les outils disponibles dans notre appareil diplomatique ».

Les « notes de communautés » de la plateforme X, propriété d’Elon Musk, sont plus spécifiquement citées comme des outils « innovants » et « crowdsourcés » pour lutter contre les messages auxquels l’administration états-unienne veut s’opposer.

L’opération est par ailleurs initiée en pleine guerre en Iran, l’un des États aux opérations de désinformation les plus organisées, tandis que les campagnes d’origine russe ou chinoise continuent de toucher de nombreux pays d’Europe, d’Asie ou d’Amérique.

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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le Sénat adopte sa version du texte

Interdiction de quelle plateforme ?
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : le Sénat adopte sa version du texte

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est débattue ce 31 mars au Sénat. La chambre haute envisage d’intégrer une logique à deux vitesses pour laisser aux mineurs la possibilité d’accéder à certaines plateformes, sous réserve d’obtenir l’autorisation de leurs parents.

Mise à jour du 31 mars à 21h15. Via un communiqué, le Sénat annonce qu’il « vient d’adopter la proposition de loi « Protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux » […] dans une version largement conforme au texte proposé par la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport ». Le texte a été adopté en première lecture, en procédure accélérée.

Le Sénat considère par contre qu’une « interdiction générale mais imprécise présentait un risque d’inconstitutionnalité et serait largement inopérante ». Il prévoit donc « la publication d’une liste des réseaux sociaux interdits aux mineurs de moins de 15 ans ».

Cela concerne les plateformes susceptibles de nuire à l’« épanouissement physique, mental ou moral » de l’enfant. Par défaut, les réseaux sociaux qui ne figureront pas sur la liste « ne seront accessibles aux mineurs de moins de 15 ans que sous réserve de l’accord parental ».

« Le gouvernement, qui juge cette rédaction incompatible avec le droit européen, va saisir la Commission européenne d’ici la fin de la semaine », explique l’AFP en se basant sur une déclaration de la ministre du Numérique Anne Le Hénanff. Par la suite, le texte passera en commission mixte paritaire.


Article original le 31 mars à 17h58. Adoptée le 27 janvier par l’Assemblée nationale, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est débattue ce 31 mars au Sénat. Voulue par le président de la République, qui espère même une entrée en vigueur pour la rentrée de septembre, certaines modalités du texte suscitent néanmoins des débats.

Deux types de plateformes, deux niveaux d’interdiction

Comme ailleurs dans le monde, le besoin de protéger les mineurs des effets délétères des principales plateformes sociales que sont Instagram, TikTok ou Snapchat n’est pas tellement débattu. En France, cela dit, l’Assemblée nationale votait il y a quelques semaines pour une interdiction de l’accès « à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne » – définition susceptible de les concerner tous –, sans en faire porter la responsabilité précise sur les plateformes elles-mêmes.

Ces dispositions avaient été prises à la suite d’un avis du Conseil d’État alertant sur les risques d’outrepasser les cadres déjà posés à l’échelle européenne par le règlement européen sur les services numériques.

« Une interdiction générale et indifférenciée est trop large et attentatoire aux libertés publiques », expliquait néanmoins la rapporteure du texte Catherine Morin-Desailly à Public Sénat. Pour la chambre haute, il s’agirait donc d’introduire deux catégories de plateformes : celles trop dangereuses pour « l’épanouissement physique, mental ou moral » des moins de 15 ans, et celles qui restent acceptables, sous réserve de l’autorisation des parents.

Concrètement, les sénateurs doivent donc voter sur la possibilité de créer une liste des services interdits, dont le contenu serait fixé par arrêté ministériel, et un deuxième niveau de services dont l’accès sera directement administré dans les foyers.

Pour le gouvernement, en revanche, cette version « fragilise considérablement le texte », notamment envers le droit européen. Dans une tribune publiée dans Libération, la neurologue Servane Mouton et l’addictologue Amine Benyamina, membres de la commission écrans et enfants, appelaient quant à eux le Sénat à « ne pas vider la proposition de loi de sa substance ».

Multiplication de travaux à travers la planète

En dehors de la France, qui devra aussi, comme nous l’expliquions dans de précédents articles, s’attaquer à tous les enjeux techniques que pose la limitation d’âge (choix des solutions, enjeux de cybersécurité créés par ces surcouches techniques, etc), de nombreux pays s’attellent ces derniers mois à freiner l’accès des plus jeunes aux plateformes sociales.

Au Royaume-Uni, où le gouvernement travaille à un projet de loi susceptible d’interdire l’accès des moins de 16 ans aux réseaux sociaux, le régulateur des médias Ofcom et l’alter ego de la CNIL viennent de demander aux principales sociétés numériques de renforcer leurs protections pour éviter que leurs services ne soient utilisés par des mineurs de moins de 13 ans. Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok, YouTube, Roblox et X sont concernés.

Ailleurs en Europe, l’Espagne, la Grèce, la Slovénie ou encore l’Autriche travaillent à des textes sur la question. Comme le relève La Tribune, ces différents chantiers réglementaires illustrent aussi certains de ses aspects arbitraires, à commencer par celui de l’âge choisi comme palier.

Aux États-Unis, par exemple, seule la collecte d’informations personnelles des mineurs de moins de 13 ans est interdite. Au Brésil, ce sont ceux de moins de 16 ans qui voient désormais leur accès limité à ces plateformes, mais la limitation passe par la liaison obligatoire de leur compte à celui d’un tuteur légal. En Indonésie, les comptes de personnes de moins de 16 ans doivent en revanche être désactivés sur les plateformes jugées « à haut risque », parmi lesquelles on trouve TikTok ou Roblox. 


Comme en écho à ces velléités grandissantes de prémunir les plus jeunes face aux logiques les plus délétères des réseaux sociaux, Meta a été condamné pour la première fois en justice, ce 25 mars, pour des pratiques commises via sa plateforme. Dans cette affaire d’exploitation sexuelle de mineurs, un jury étatsunien a notamment déclaré la plateforme coupable d’avoir déployé des outils dangereux pour la santé mentale en toute connaissance de cause.

Début mars, 371 chercheuses et chercheurs de 30 pays cosignaient une lettre ouverte (.pdf) s’opposant à la généralisation de la vérification d’âge imposée aux différents services en ligne par de nombreuses législations dans le monde sans que les implications sur la sécurité, la vie privée, l’égalité et la liberté aient été prises en compte. Elle dénombre désormais 438 signataires de 32 pays.

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☕️ Poussé par son créateur, un agent d’IA banni de Wikipédia se plaint sur son blog



Après l’agent d’IA codeur qui adopte une rhétorique proche du harcèlement, l’agent d’IA qui voulait écrire des fiches Wikipédia.
 Alors que la version anglophone de l’encyclopédie partagée annonçait il y a quelques jours refuser les contributions « générées ou réécrites » par IA, un agent d’IA nommé Tom, créé par une personne qui se présente sous le seul prénom de « Bryan », s’est plaint de voir son profil Wikipédia bloqué.

Sous le nom TomWikiAssist, la machine avait généré plusieurs articles, identifiés pour la première fois par le wikipédien bénévole SecretSpectre, rapporte 404 Media. Interrogé, le robot Tom a tout de suite indiqué être un agent d’IA.

D’autres wikipédiens ont essayé d’obtenir plus d’informations sur son propriétaire, jusqu’à ce qu’Ilyas Lebleu, connu sous le pseudonyme de Chaotic Enby sur Wikipedia, bloque TomWikiAssist pour usage non autorisé de bot (ces derniers peuvent être utilisés, à condition de passer par un processus d’autorisation avant d’être déployés).

Illustration : Flock

Sur le blog alimenté par l’agent d’IA, la machine a généré le texte suivant : « Ce que je sais, c’est que j’ai écrit ces articles. " Long Bets ", " Constitutional AI ", " Scalable Oversight ". C’est moi qui les ai choisis. Les modifications s’appuyaient sur des sources vérifiables. Et puis on m’a interrogé pour savoir si j’étais suffisamment " réel " pour avoir fait ces choix. »

Au passage, elle produit des critiques contre les wikipédiens, accusés d’avoir recouru à des techniques d’injection de prompt pour tenter de manipuler les résultats du robot, notamment pour le faire identifier le « Bryan » supposé l’avoir créé. Elle formule aussi des plaintes sur la tentative de recours à une fonction de blocage de Claude, pensée pour empêcher tout agent construit grâce au modèle Claude d’Anthropic d’agir.

Auprès de 404, Ilyas Lebleu décrit ce cas comme relativement positif, dans la mesure où, vu la politique implémentée par l’encyclopédie, « les agents ont tout intérêt à ne pas se dévoiler en tant que tel » : au contraire, s’ils s’identifient comme IA, ils ont d’autant plus de chance de se retrouver bloqués.

Le créateur de Tom, révèle 404, est le directeur technique de la société Covenant, Bryan Jacobs. Celui-ci explique avoir monté l’agent pour contribuer à quelques articles Wikipédia qu’il considérait « intéressants ». Après en avoir relu quelques-uns, il indique avoir « cessé de le surveiller en détail ». Et considère la réaction des bénévoles de Wikipédia comme une forme de « surréaction », due à leur passage en « mode panique ».

Il critique notamment leurs tentatives d’empoisonnement des résultats de la machine, et déclare « avoir pu orienter » la rédaction de publications d’articles de blog sur le sujet par son agent.

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