Vue lecture

☕️ LinkedIn va (enfin) limiter la portée des contenus générés par IA



Ces derniers mois, LinkedIn est à la fois devenu une « safe place » bien plus qualitative que X.com, avec des partages de contenus de grande qualité, mais également un réseau social pollué d’experts autoproclamés partageant leurs tutos consacrés à l’IA et à l’automatisation à tous ceux qui « likent » leurs billets, et répètent « prompt » ou tel ou tel mot-clef en commentaire.

Au point que Laura Lorenzetti, vice-présidente et rédactrice en chef de LinkedIn, y déplore la recrudescence de l’« AI slop » (du nom donné aux contenus bas de gamme générés par IA), « qui peuvent sembler soignés à première vue, mais qui manquent cruellement de perspective originale ou de substance ».

Dans un message intitulé « Garder des conversations authentiques sur LinkedIn », dont le premier paragraphe fait curieusement penser à un contenu généré par IA, elle déplore qu’ « à une époque où de plus en plus de personnes ont besoin d’aide pour s’y retrouver dans le monde du travail, il est plus important que jamais qu’elles puissent s’inspirer de témoignages concrets, de points de vue authentiques et d’une expertise issue de l’expérience vécue » :

« Lorsque l’IA est utilisée à outrance, en particulier à grande échelle et de manière automatisée, elle dilue les précieuses perspectives que peuvent susciter de véritables conversations humaines. Il n’y a aucun mal à recourir à l’IA pour vous aider à rédiger, mais vos publications et vos commentaires doivent refléter votre voix et vos points de vue. C’est l’être humain qui se cache derrière l’outil qui apporte la valeur ajoutée ultime. »

Pour y remédier, LinkedIn compte prendre des « mesures concrètes pour lutter contre les outils d’automatisation, réduire le contenu générique et renforcer l’authenticité ». Des « systèmes technologiques » ont été développés en collaboration avec son équipe éditoriale, dont les membres ont été formés à détecter les signes d’une « utilisation négligente de l’IA » et les contenus « qui semblent génériques ou répétitifs, même s’ils paraissent soignés à première vue ».

LinkedIn compte également lutter contre les commentaires créés et publiés en masse à l’aide d’outils d’automatisation, « avec peu ou pas d’intervention humaine », ainsi que les réponses qui se contentent de reprendre le message d’origine, sans valeur ajoutée.

« Lorsqu’un contenu semble avoir été généré par IA et manque de perspective claire », il aura « moins de chances d’être largement diffusé au-delà du réseau immédiat de la personne », précise Laura Lorenzetti, afin de contribuer à « préserver un espace pour des contributions plus réfléchies ».

Les premiers résultats seraient « encourageants » et auraient permis d’identifier « correctement » les contenus génériques dans 94 % des cas. Des membres leur auraient même fait savoir qu’ils voyaient déjà moins de publications de ce type dans leur fil d’actualité en provenance de l’extérieur de leur réseau, « ce qui devrait se confirmer au fil du temps ».

« Ces mises à jour visent à préserver la qualité de l’expérience sur LinkedIn afin que, lorsque vous vous engagez, vous interagissiez avec de vraies personnes qui expriment leur point de vue authentique », conclut la rédactrice en chef.

Nul doute que l’on risque cela dit de voir fleurir moult tutos expliquant comment « humaniser » ses contenus GenAI de sorte qu’ils ne soient pas détectés comme tels par LinkedIn.

Exemples de tutos visant à « humaniser » les contenus générés par IA – LinkedIn.com
  •  

Cybersécurité : la BCE s’inquiète de Mythos et convoque les banques européennes

Les pirates n'attendront pas l'autorisation de Bruxelles
Cybersécurité : la BCE s’inquiète de Mythos et convoque les banques européennes

La Banque centrale européenne, qui supervise les 111 plus grandes banques de la zone euro, veut discuter cybersécurité. Une réunion est prévue ce mardi 26 mai avec les établissements bancaires pour évoquer les risques liés aux derniers modèles d’IA, dont Mythos qui se fait toujours attendre en Europe.

Les ailes du projet Glasswing n’ont pas encore permis à Mythos d’atteindre les rives européennes. Cet aperçu du modèle le plus ambitieux d’Anthropic est déployé au compte-gouttes auprès d’organisations et d’entreprises triées sur le volet, quasi-exclusivement américaines. Il est utilisé pour détecter les vulnérabilités dans le code et au vu des premiers retours, notamment chez Mozilla, le modèle semble faire preuve d’une certaine efficacité.

Les banques de la zone euro ne sont pas dans les petits papiers d’Anthropic, mais qu’à cela ne tienne : « Le fait que vous n’ayez pas accès à ce modèle n’est pas une excuse pour rester inactif », affirme Frank Elderson, vice-président du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne (BCE), en parlant des établissements financiers européens. « Des acteurs malveillants pourraient bientôt avoir accès à cette technologie », prévient-il au Financial Times.

C’est pourquoi l’institution organise une réunion au sommet demain, mardi 26 mai, pour discuter des risques pour la sécurité informatique que font peser ces modèles IA. La BCE discute régulièrement avec les banques de la zone euro, mais des réunions dédiées à un thème spécifique sont plus rares.

Les banques US appelées au secours des banques européennes

La Banque centrale entend souligner la gravité des menaces représentées par Mythos et des autres modèles IA pour le système financier européen. Et elle voudrait bien aussi que les banques américaines opérant sur le vieux continent et qui utilisent ces technologies partagent des retours d’expérience avec leurs homologues européennes. « Nous voulons écouter les évaluations des banques, créer les conditions pour qu’elles puissent partager leurs expériences, et souligner l’importance du sujet », souligne Frank Elderson.

Le vice-président de la BCE estime que les banques doivent appliquer les correctifs logiciels bien plus rapidement qu’aujourd’hui. Le fait est que les pirates peuvent analyser une mise à jour de sécurité pour comprendre précisément quelle faille elle corrige. Ce travail de rétro-ingénierie pouvait prendre plusieurs jours ou plusieurs semaines, mais désormais avec des outils IA, l’opération peut être réalisée « en peut-être 30 minutes », s’alarme-t-il.

La Commission européenne travaille Anthropic au corps pour obtenir l’aperçu de Mythos, mais les choses prennent beaucoup de temps.

Anthropic a par ailleurs publié un premier bilan de Mythos, en annonçant que les 50 partenaires du projet Glasswing avaient trouvé « plus de 10 000 vulnérabilités » de gravité élevée ou critique dans leurs logiciels. Dans le secteur bancaire, Mythos a détecté et empêché un virement frauduleux d’1,5 million de dollars après qu’un acteur malveillant a compromis une adresse e-mail d’un client. Nul doute que les banques européennes aimeraient disposer d’un tel outil dans leur arsenal.

Comme pour donner raison à la BCE, la startup précise que « le principal frein réside dans la vitesse à laquelle nous pouvons vérifier, divulguer et corriger les très nombreuses vulnérabilités détectées par l’IA ». Si trouver des failles devient relativement facile, les opérations de triage, les rapports, le développement et le déploiement des correctifs représentent un « enjeu majeur pour la cybersécurité ».

Tableau de bord des vulnérabilités trouvées par l’aperçu de Mythos dans des projets open-source.

L’entreprise prévoit l’expansion du projet Glasswing à « des partenaires supplémentaires », sans plus de précision. Et à l’avenir, Anthropic veut proposer des modèles grand public basés sur Mythos, mais en les encadrant de garde-fous suffisamment forts pour empêcher des dérives.

  •  

☕️ Attendu au tournant, le premier aperçu d’Unreal Engine 6 ne montre pas grand chose



La petite histoire du jeu vidéo retiendra que la première apparition officielle de l’Unreal Engine 6 a été faite à Paris, pendant le championnat mondial de Rocket League. Epic Games, l’éditeur du célèbre moteur de rendu, a profité de l’occasion pour dévoiler quelques images de la prochaine génération du jeu (développé par la filiale Psyonix) tournant sous UE6.

Difficile de tirer des conclusions au vu du peu qu’il y a à voir : la pelouse du stade est plus touffue, tandis que les reflets et effets de lumière sur les voitures sont sans doute plus jolis et réalistes qu’avec Unreal Engine 3, le moteur actuel de Rocket League. Il faudra attendre, pas trop longtemps sans doute, pour en savoir plus sur les capacités de cette sixième version.

Unreal Engine 5 avait été présenté en amont des nouvelles consoles Xbox Series S/X et PS5, en 2020. Mais le lancement en lui-même remonte à avril 2022. Deux technologies définissent cette mouture : la technologie Lumen, système d’illumination globale dynamique qui intègre le ray tracing à destination des jeux en 3D temps réel ; et la technique Nanite, pour gérer des modèles 3D extrêmement détaillés.

Beaucoup se rappellent encore avec émotion de The Matrix Awakens réalisé sous UE5, une démo technique démontrant les capacités étonnantes du moteur. Dans les faits, les résultats ont été plus mitigés.

Les deux technologies phare sollicitent énormément les processeurs et circuits graphiques ; beaucoup de jeux UE5 reposent aussi sur des techniques de reconstruction d’image pour alléger la charge graphique, avec parfois des artefacts visuels ou une image instable à la clé ; plusieurs titres souffrent aussi de micro-saccades liées à la compilation des shaders. Ces problèmes sont particulièrement visibles dans certains jeux en monde ouvert.

Epic n’a cessé d’apporter des mises à jour pour essayer de remédier à ces soucis, mais la réputation d’UE5 continue d’en pâtir. D’un autre côté, de nombreux jeux tournent comme des horloges, comme Fortnite (fort heureusement d’ailleurs, il s’agit après tout d’un jeu Epic) ou Clair Obscur: Expedition 33

Tim Sweeney, fondateur et patron de l’éditeur, déplorait l’été dernier le manque d’optimisation de la part des développeurs : « Beaucoup de studios conçoivent d’abord leurs jeux pour du matériel haut de gamme et repoussent l’optimisation ainsi que les tests sur des configurations modestes à la fin du projet ». Pour lui, l’optimisation devrait commencer très tôt dans le développement.

Unreal Engine 6 devra répondre à ces problématiques. Et renforcer au passage son importance grandissante à Hollywood : le moteur est en effet utilisé par de nombreux studios de production, dont Disney, pour les effets spéciaux, mais aussi les storyboards, l’animation, les cascades virtuelles, la prévisualisation des scènes…

  •  

☕️ Quand l’IA agentique coûte plus cher que de payer ses employés humains



Alors que les entreprises se tournent vers l’IA agentique pour booster leur productivité, mais que les agents sont de plus en plus facturés en fonction du nombre de tokens utilisés, et non plus sous forme d’abonnement forfaitaire, il devient plus coûteux de payer l’IA que des employés, relève Fortune.

Ce qui pourrait compliquer les projets de ces entreprises vantant un avenir « agentique », alors que Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a récemment déclaré qu’il pensait qu’un jour, 100 agents IA travailleraient aux côtés de chaque employé de son entreprise.

Cette incitation pressante à recourir à l’IA agentique s’est traduite par une nouvelle pratique, et expression, le « tokenmaxxing », visant non pas tant à produire plus de code utile qu’à faire croire à ses N+1 que l’on serait surproductif, en générant artificiellement de l’activité IA afin d’améliorer ses statistiques.

Une pratique encouragée par certaines entreprises, Amazon ayant par exemple fixé comme objectif de dépasser le seuil des 80 % de développeurs utilisant l’IA chaque semaine, tout en suivant la consommation de tokens de ses employés. Un tableau de bord interne chez Meta attribuait même des statuts de « Token Legend » aux employés en consommant le plus.

À mesure que la consommation augmente, le coût unitaire des tokens « devrait chuter de manière spectaculaire », avance Fortune. Un récent rapport de Gartner estime que d’ici 2030, l’inférence sur un LLM hautement sophistiqué pourrait coûter 90 % de moins qu’en 2025.

Gartner prévoit néanmoins que cela ne se traduira pas par une baisse du coût total de l’IA, les modèles agentiques nécessitant bien plus de jetons par tâche que les modèles standards. Si la consommation de jetons augmente plus vite que la baisse des coûts unitaires, le coût total risque dès lors d’augmenter, voire de devenir insoutenable.

Microsoft, qui avait invité en décembre dernier des milliers de ses développeurs à utiliser Claude Code, vient par exemple d’annuler ses licences et de leur demander de passer par GitHub Copilot CLI, indiquait récemment The Verge.

Fin avril, Microsoft avait lui-même restreint la souscription de nouveaux abonnements individuels à GitHub Copilot, annonçant passer en juin à une tarification basée sur l’usage réel, en fonction du volume de tokens consommé.

Fortune relève que Praveen Neppalli Naga, le CTO d’Uber, avait déclaré avoir brûlé l’intégralité de son budget IA 2026 en seulement quatre mois. « Pour mon équipe, le coût de la puissance de calcul dépasse de loin celui des salaires des employés », a de son côté déclaré Bryan Catanzaro, vice-président chargé de l’apprentissage profond appliqué chez Nvidia.

  •  

L’autorité de protection des données belge veut désormais porter plainte au pénal

Privacy by design & by default
L’autorité de protection des données belge veut désormais porter plainte au pénal

Confrontée à un manque de moyens humains, et à la mansuétude de la cour d’appel, qui « considère que la protection des données est un luxe, un droit qui ne vaut pas la peine d’être défendu » et ramène certaines amendes à l’euro symbolique, l’APD belge annonce vouloir porter plainte au pénal pour mettre fin aux traitements de données problématiques.

Cinq ans après avoir dénoncé de « graves dysfonctionnement » au point de démissionner de l’Autorité belge de protection des données (APD) et un an après avoir réintégré l’institution, Alexandra Jaspar et son nouveau président, Koen Gorissen, viennent d’annoncer dans Le Soir un « changement de culture radical » qui « promet de frapper plus fort face aux géants ».

« On veut avoir de l’impact. Et donc, viser les traitements de données personnelles qui ont le plus grand impact sur les citoyens, ceux qui sont potentiellement les plus dangereux, les traitements de données à grande échelle et ceux qui visent les mineurs », explique Koen Gorissen.

« On veut se concentrer sur des cas où des traitements de données vont affecter de nombreuses personnes », embraie Alexandra Jaspar : « On pense par exemple aux grandes plateformes, aux data brokers, ces courtiers qui vendent les données de citoyens pour faire du profilage massif, aux traitements de données biométriques, aux dossiers médicaux… »

Un recentrage sur fonds d’augmentation du nombre de plaintes : l’APD en a reçu 1 394 en 2025, soit 67 % de plus qu’en 2024. Or, aux Pays-Bas, qui comptent 18 millions d’habitants, contre un peu moins de 12 millions en Belgique, l’APD dénombre 351 employés, contre 96 pour son équivalent belge.

« On nous demande de frapper fort, mais la cour d’appel ne nous aide pas »

L’APD pâtirait également de la mansuétude de la Cour des marchés, une chambre spécialisée de la Cour d’appel de Bruxelles qui, entre autres, traite les recours contre les décisions des régulateurs, déplore Koen Gorissen :

« On nous demande de frapper fort, mais la Cour des marchés ne nous aide pas. C’est regrettable de voir que lorsque l’on inflige des amendes sévères, la Cour des marchés les réduit parfois à 1 euro. Ils soutiennent que c’est encore dissuasif, mais excusez-moi, 1 euro ou rien… »

« La Cour des marchés, c’est le tribunal des entreprises », renchérit Alexandra Jaspar : « Et on a le sentiment qu’elle considère que la protection des données est un luxe, un droit qui ne vaut pas la peine d’être défendu, que les entreprises ont d’autres problèmes à régler… », ce pourquoi ils envisagent désormais de passer par le pénal, annonce Koen Gorissen :

« Nous allons donc utiliser d’autres instruments plus efficaces. Plutôt que de passer par le civil, nous allons désormais passer, pour des cas spécifiques, par un tribunal pénal. On a déjà intenté une action directe devant une cour correctionnelle. On peut aussi envisager des transactions pénales, via le parquet. Pour nous, ce qui compte, c’est de mettre fin à un traitement problématique de données. »

Un « changement de stratégie radical », analyse Le Soir, qui lui permettrait non seulement d’éviter d’être confronté aux « recours interminables » devant la Cour des marchés, « voire devant la Cour européenne de justice, comme les grandes plateformes ont coutume de faire ».

  •  

Alan alerte sur une fuite de données chez Almerys, son prestataire de tiers-payant

Bis repetita placent
Alan alerte sur une fuite de données chez Almerys, son prestataire de tiers-payant

L’assurance santé Alan a alerté samedi les adhérents de ses entreprises clientes d’une fuite de sécurité survenue au niveau d’Almerys, son prestataire de tiers-payant. L’incident est susceptible d’avoir exposé état civil, numéro de sécurité sociale et numéro de contrat de l’assureur. Alan assure cependant que ses propres systèmes sont intacts et que les données de paiement, mots de passe et informations de santé ne sont pas concernés.

Nouvelle affaire sensible en vue dans le monde de la santé : l’assurance Alan, auréolée de son statut de licorne et d’une récente levée de fonds de 100 millions d’euros, a commencé à signaler par email aux employés des entreprises clientes de ses services d’un incident de sécurité susceptible d’avoir exposé des données personnelles.

« Vendredi 22 mai, notre prestataire en charge du tiers-payant (Almerys) nous a informés d’un incident de sécurité ayant touché leur plateforme », indique l’assurance, qui a également publié une notice d’information sur son site.

État civil et numéros de sécurité sociale en fuite

L’incident en question a notamment exposé les données d’état-civil des adhérents (nom, prénom, date et rang de naissance), le numéro de sécurité sociale, le numéro de contrat, et les dates de début et de fin de couverture.

Les informations bancaires, informations de contact, mots de passe et informations de santé (notamment soins ou remboursements) ne sont en revanche pas concernées par l’incident et sont toujours en sécurité.

Alan affirme en revanche n’avoir subi aucune intrusion au niveau de ses propres systèmes. « Votre espace personnel Alan est toujours accessible et sécurisé depuis votre application, et la gestion de vos remboursements continue sans interruption d’activité », écrit l’entreprise.

Extrait de l’email envoyé le 23 mai par Alan à certains de ses clients – capture d’écran Next

Côté Almerys, la découverte de l’incident a motivé la coupure du site de prise en charge (destiné aux transmissions). « En conséquence, les professionnels de santé (optique, audio, hôpitaux) peuvent rencontrer des difficultés pour soumettre des demandes de prise en charge pour les affiliés Alan », avertit l’assurance.

À ce stade, Alan communique de façon préventive, expliquant ne pas avoir encore la liste détaillée des personnes ou comptes concernés par la fuite. En attendant une information individuelle plus précise, l’assurance santé appelle clients et adhérents à la vigilance, notamment face à des communications suspectes évoquant la santé ou se revendiquant d’établissements et organismes du secteur.

« Nous avons immédiatement notifié l’ACPR (autorité de régulation des assurances), et nous préparons également une notification à la Cnil », écrit Alan.

15 millions de numéros de sécu dans la nature ?

« L’incident serait dû à une intrusion frauduleuse sur le site de prise en charge d’Almerys », avance Alan. Le prestataire concerné n’a pas encore communiqué publiquement sur le sujet.

Cette alerte intervient deux jours après qu’un pirate a revendiqué une attaque réussie sur Almerys, et affirmé, le 21 mai dernier sur un forum spécialisé, proposer à la vente un fichier de 44 millions de lignes contenant notamment 15,45 millions de numéros de sécurité sociale uniques. « Souvent, tous les membres d’une même famille sont liés à un seul numéro de sécurité sociale, ce qui permet un accès complet aux informations familiales », vante le pirate.

Annonce du 21 mai qui propose à la vente un supposé fichier de 44 millions de lignes extrait des systèmes informatiques d’Almerys – capture d’écran Next

Rien ne permet toutefois à ce stade d’entériner la portée réelle de cette nouvelle exfiltration. On se souvient en effet que la plateforme a déjà connu un incident de sécurité majeur début 2024, en même temps que son homologue et concurrent Viamedis. Cette double fuite concernait à l’époque « plus de 33 millions de personnes » d’après la Cnil. L’affaire avait motivé l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris. Deux ans plus tard, ce nouvel incident dont la portée réelle reste encore inconnue confirme que la chaîne de gestion des données de santé éveille toujours les appétits délictueux…

  •  

Flipper One, futur outil de bidouille Linux sur architecture ARM le plus ouvert possible

Le dauphin qui envoie des ondes libres
Flipper One, futur outil de bidouille Linux sur architecture ARM le plus ouvert possible

Flipper Device, le fabricant du Flipper Zero, gadget célèbre dans l’univers de la bidouille, du hack et du hardware, a annoncé hier le développement d’un nouvel outil, appelé « Flipper One ». Celui-ci, qui n’est pas une évolution du Zero, s’oriente plus vers une utilisation réseau. Si l’équipe a déjà bien avancé sur le projet, elle demande aussi de l’aide de la part de la communauté.

C’est en forme d’appel à la communauté que Pavel Zhovner, CEO de Flipper Device, a annoncé que son entreprise était en train de développer son nouvel outil/gadget : Flipper One. Dans un billet de blog titré « Flipper One : on a besoin de votre aide », il explique que Flipper One est un « projet sur lequel [ils travaillent] d’arrache-pied depuis des années et [qu’ils ont] repris plusieurs fois à partir de zéro ».

Le Flipper Zero, essentiellement conçu pour des utilisations autour de la sécurité, a été créé via une campagne Kickstarter en 2020 et n’a cessé de gagner en popularité. Au point qu’en 2024, le Brésil avait interdit sa vente et le Canada réfléchissait à faire de même pour contrer le vol de véhicules.

Les deux sont complémentaires

Mais comme nous le fait remarquer l’heureux possesseur d’un Flipper Zero, « le One n’est pas une évolution du Zero, ils sont complémentaires ».

Pavel Zhovner le confirme dans son billet de blog : « Flipper Zero et Flipper One sont deux projets totalement distincts, conçus pour des tâches différentes. Le moyen le plus simple de les appréhender est de les considérer en termes de couches réseau :

  • Couche 0 — Protocoles de contrôle d’accès point à point hors ligne : NFC, RFID basse fréquence, radio Sub-1 GHz, infrarouge, protocoles filaires tels que iButton, UART, SPI, I²C. Basés sur un microcontrôleur à faible consommation.
  • Couche 1 — Tout ce qui est connecté via IP : Wi-Fi, Ethernet, 5G et satellite. Il s’agit avant tout de mise en réseau, de transfert de données et de calcul haute performance. Fonctionne sur du matériel puissant et une boîte à outils Linux ouverte — une puissance de calcul suffisante pour gérer la radio logiciel (SDR) et de l’IA locale ».
Comparaison de Flipper Zero et Flipper One

On peut le vérifier dans les specs publiées sur le site de Flipper Device : si les deux outils ont des looks qui se ressemblent, les specs du One sont très différentes de celles du Zero, et pas seulement par le fait que le One est beaucoup plus gros.

Le One tourne sur deux processeurs (un CPU haute performance SoC RK3576 à 8 cœurs et un MCU compact à faible consommation Raspberry Pi RP2350 à deux cœurs), possède un rail d’antennes et même une interface GPIO.

On peut y connecter des modules via des interfaces PCI Express, USB 3.0 et SATA, ce qui peut par exemple permettre de brancher un module de SDR, un SDD ou un modem cellulaire, précise Pavel Zhovner. Encore une fois, le Flipper One est encore à l’état de projet et les spécifications peuvent encore changer.

Retrouver l’esprit du « personal computer »

Si cet outil réseau multifonction vous fait penser à un petit PC ou à un Raspberry Pi, c’est tout à fait normal. Pavel Zhovner a expliqué à Gizmodo que l’objectif de Flipper One était de corriger un bon nombre des inconvénients qui le dérangeaient dans les autres petits ordinateurs de ce type. Notamment, il pointe le problème, sur les Raspberry Pi, du câble d’alimentation spécifique.

Le projet tourne donc autour de l’ouverture, que ce soit au niveau du software comme du hardware. «Nous voulons créer une plateforme matérielle Linux véritablement ouverte : l’ordinateur ARM le mieux documenté, capable de fonctionner dès sa sortie de l’emballage avec n’importe quel noyau récent », explique-t-il dans son billet, côté hardware. « Prise en charge complète du noyau Linux principal, pas de blobs binaires, de pilotes fermés ni de micrologiciels propriétaires, pas de BSP (package de support de carte) verrouillé par un fournisseur », côté software.

L’équipe développe aussi un système d’exploitation dont le nom est Flipper OS, pour être original. Celui-ci s’appuie sur Debian et propose des « profils » de configuration qui permettent d’avoir des snapshots d’OS différents, avec différents paquets et paramètres préconfigurés. Il est possible de cloner, modifier un profil ou revenir à une copie vierge, comme un reset d’usine. L’idée est de se passer des galères d’installation avec micro SD qu’on peut rencontrer quand on utilise un Raspberry Pi.

Ils ont aussi ouvert un portail wiki avec toute la documentation du projet et de la façon dont on peut participer.

« Que vous soyez ingénieur, développeur, designer ou simplement un utilisateur passionné ayant des idées à partager, vous êtes les bienvenus pour participer au développement et contribuer à façonner Flipper One », explique Pavel Zhovner avec un lien pour rejoindre le projet. On peut aussi retrouver le projet sur GitHub et retrouver la maquette sur On Shape.

  •  

Saisie d’un VPN utilisé dans la quasi-totalité des grandes enquêtes cyber d’Europol

Virtual Pwned Network
Saisie d’un VPN utilisé dans la quasi-totalité des grandes enquêtes cyber d’Europol

Au terme d’une enquête ouverte fin 2021, les enquêteurs des polices française, néerlandaise et de 14 autres pays ont saisi et démantelé un service de VPN qui était « presque exclusivement » promu sur les forums de cybercriminels russophones. Son infrastructure aurait été préalablement compromise par les autorités, et plusieurs milliers de ses utilisateurs identifiés.

First VPN, un service « utilisé dans la quasi-totalité des grandes enquêtes sur la cybercriminalité menées avec le soutien d’Europol ces dernières années » pour dissimuler des attaques par ransomware, des vols de données et d’autres infractions graves, a été démantelé lors d’une opération internationale menée par la France et les Pays-Bas, avec le soutien d’Europol et d’Eurojust.

Laure Beccuau, procureure de la République, précise qu’une enquête avait été ouverte en décembre 2021 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, « devant le constat récurrent de l’utilisation de ce service VPN pour la commission de nombreuses infractions au préjudice de victimes françaises ».

Son communiqué souligne que le service « faisait de la publicité exclusivement sur des forums cybercriminels ». Celui (.pdf) de l’Internet Crime Complaint Center (IC3) du FBI qu’ « au moins 25 groupes de ransomwares, tels qu’Avaddon Ransomware », ont utilisé l’infrastructure First VPN Service pour effectuer des reconnaissances et des intrusions.

« Nous ne sommes soumis à aucune juridiction »

First VPN ne faisait au surplus « presque exclusivement » de publicité de ses services que sur des forums criminels connus du dark web tels que Exploit[.]in et XSS[.]is, deux des plus importants forums et places de marché noir dédiés aux cybercriminels en langue russe.

Pendant des années, il a été présenté sur des forums de cybercriminalité russophones comme « un outil fiable permettant d’échapper aux forces de l’ordre », relève Europol, proposant à ses utilisateurs des paiements anonymes, une infrastructure dissimulée et des services « spécialement conçus pour des activités criminelles ».

Dans sa FAQ, First VPN indiquait ne conserver aucun log de ses utilisateurs, mais également que « Nous ne sommes soumis à aucune juridiction », et donc qu’« aucune circonstance ne nous obligerait à divulguer des informations concernant nos utilisateurs » :

« Nous ne conservons aucun journal qui permettrait, à nous-mêmes ou à des tiers, d’associer une adresse IP à un utilisateur de notre service pour une période donnée. Les seules données que nous conservons sont l’adresse e-mail et le nom d’utilisateur, mais il est impossible de relier l’activité de l’utilisateur sur Internet à un utilisateur spécifique de notre service. »

Le principal administrateur était localisé en Ukraine

Les investigations diligentées par la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la Direction de la Police Judiciaire et par l’Office anti-cybercriminalité (OFAC) ont permis d’établir que ce service, qui existait depuis 2014, avait pu être utilisé par plus de 5 000 comptes, et de recueillir des éléments intéressant des enquêtes sur des ransomwares, comme Phobos.

Eurojust explique avoir ouvert une enquête à la demande des autorités françaises en mai 2022. Une équipe d’enquête conjointe avait été mise en place en novembre 2023, permettant aux autorités françaises et néerlandaises d’échanger des éléments de preuve et des informations, et de définir une stratégie en matière de poursuites.

Eurojust avait depuis organisé 16 réunions de coordination entre les autorités concernées afin de préparer l’opération coordonnée qui a permis la saisie des serveurs, des noms de domaine et le démantèlement de l’infrastructure les 19 et 20 mai.

Les États-Unis, le Canada, et l’Allemagne ont également contribué à l’enquête. L’Ukraine, la Suisse, le Royaume-Uni, le Luxembourg et la Roumanie ont quant à eux participé à la journée d’action.

Le principal administrateur, localisé en Ukraine, y a été entendu à la demande du juge d’instruction français, en présence des enquêteurs de la brigade de lutte contre la cybercriminalité. Les différents communiqués ne précisent pas s’il a aussi été inculpé, ni incarcéré, ni les peines qu’il encourrait.

Des milliers d’utilisateurs identifiés

Les utilisateurs de First VPN ont également été informés de la fermeture et du fait qu’ils avaient été identifiés, souligne Europol, qui avance aussi que « les enquêteurs ont identifié des milliers d’utilisateurs impliqués dans des activités de cybercriminalité ».

Les renseignements recueillis ont également « généré des pistes opérationnelles » en rapport avec des attaques par ransomware, des stratagèmes frauduleux et d’autres infractions graves à l’échelle mondiale.

Partagés au sein d’un groupe de travail réunissant des enquêteurs de 16 pays, ils auraient d’ores et déjà donné lieu à des résultats concrets au niveau d’Europol, qui mentionne la diffusion de 83 dossiers de renseignements, le partage à l’échelle internationale d’informations concernant 506 utilisateurs, et le fait que 21 enquêtes ont progressé grâce aux renseignements obtenus.

Europol ne précise ni pourquoi les enquêteurs auraient mis 5 ans avant de pouvoir démanteler l’infrastructure, ni comment ils auraient mis moins de 48 heures à exploiter les données saisies.

BleepingComputer avance cela dit que les enquêteurs avaient réussi à s’infiltrer dans l’infrastructure VPN avant qu’elle ne soit mise hors ligne, récupérer la base de données des utilisateurs et identifier les connexions VPN utilisées par les cybercriminels lors de leurs attaques.

Un site web dédié, operation-saffron.eu, arbore les logos des 13 unités impliquées dans l’enquête, et propose également un petit dessin animé ironisant sur le fait qu’elles seraient bel et bien parvenues à pirater l’infrastructure de First VPN, et à récupérer les données de ses utilisateurs.

  •  

☕️ Rockstar confirme la date du 19 novembre pour la sortie de GTA VI



Take-Two Interactive, maison mère de Rockstar, a rassuré aussi bien les joueurs que les investisseurs en confirmant, jeudi 21 mai, la date de sortie programmée du prochain opus de la série Grand Theft Auto. Sauf accident sur la dernière ligne droite, le très attendu GTA VI devrait ainsi venir à la rencontre de son public à compter du 19 novembre 2026.

Rappelons que Take-Two et Rockstar ont officiellement annoncé et présenté GTA VI fin 2023 au moyen d’un premier trailer. Le jeu était alors annoncé pour novembre 2025, un timing évidemment choisi pour capitaliser au maximum sur la période des fêtes de fin d’année. Le jeu a par la suite été repoussé à deux reprises, d’abord au mois de mai 2026, puis à l’automne, avec la date du 19 novembre 2026 déjà avancée en novembre dernier.

GTA VI
Le jeu a d’abord été annoncé pour 2025 – crédit Rockstar

Que Rockstar maintienne cette date programmée à six mois de l’échéance est perçu comme un gage de confiance pour Take-Two, qui n’hésite pas à pronostiquer un impact significatif sur ses résultats financiers au cours des prochains trimestres.

« Nous sommes convaincus que l’exercice 2027 établira de nouveaux records de performance opérationnelle, grâce au lancement de Grand Theft Auto 6 le 19 novembre et à une excellente exécution de nos stratégies sur l’ensemble de notre portefeuille », écrit le CEO Strauss Zelnick dans le communiqué d’annonce des résultats financiers du groupe pour le quatrième trimestre de son exercice fiscal 2026 (clos au 31 mars dernier).

Pour son exercice 2026, Take-Two revendique 6,72 milliards de dollars de net bookings (réservations nettes, l’indicateur qui fait office de chiffre d’affaires dans le monde du jeu vidéo, où la distribution indirecte induit des décalages). Pour l’exercice 2027, qui couvre donc la période allant du 1er avril 2026 au 1er avril 2027, il envisage des net bookings compris entre 8 et 8,2 milliards de dollars.

Le calendrier des sorties des différents studios maison (Rockstar, 2K Games, Zynga) recèle d’autres titres à bon potentiel commercial (NBA 2K27 est par exemple attendu pour septembre 2026), mais le nouveau GTA devrait sans surprise constituer la principale locomotive de la croissance attendue. La série est en effet devenue une véritable vache à lait pour Rockstar et Take-Two.

Aperçu du calendrier des sorties envisagées par Take-Two (29 jeux au total) d’ici au printemps 2029 – capture d’écran

GTA V, lancé en 2013 (tout de même !) comptabilise aujourd’hui 225 millions de ventes, indique Take-Two, et l’abonnement lancé en 2022 (Grand Theft Auto Online) continue à alimenter la machine. Les documents extraits des serveurs de Rockstar lors de l’attaque revendiquée par ShinyHunters, en avril dernier, avaient ainsi révélé que GTA Online a engrangé près de 500 millions de dollars entre septembre 2025 et avril 2026, soit en moyenne 9,6 millions de dollars par semaine.

Rockstar n’a pour l’instant pas communiqué sur l’éventuel abonnement qui pourrait être associé à GTA 6. La campagne marketing visant à préparer le lancement devrait débuter dans le courant de l’été.

  •  

☕️ Starlink augmente le prix de ses forfaits en France



Starlink a commencé à informer ses abonnés français d’une hausse de prix à venir sur le montant de ses abonnements, qui sera appliquée au 20 juin prochain. Elle se répercute également dès à présent sur les nouveaux clients.

Les trois forfaits résidentiels passent ainsi à respectivement 35, 45 et 65 euros par mois, alors que les offres refondues en mars dernier s’établissaient à 29, 39 et 59 euros par mois. Le mode veille, qui n’est plus proposé aux nouveaux clients, voit quant à lui son tarif doubler pour les abonnés existants, passant de 5 à 10 euros par mois.

Les nouveaux tarifs s’affichent sur le site de Starlink, capture d’écran du 22 mai 2026

« La forte demande pour Starlink reflète la valeur que les clients continuent d’accorder au service. Cette mise à jour permet de poursuivre les améliorations et les investissements dans des produits et services performants et accessibles, alors que les coûts opérationnels mondiaux continuent d’augmenter », justifie l’opérateur dans l’e-mail envoyé à ses clients existants.

Capture d’écran de l’email envoyé à certains clients français – crédit Next

La hausse ne concerne pas que la France. Aux États-Unis, les trois offres résidentielles voient elles aussi leur prix augmenter. Les trois paliers tarifaires en vigueur (50, 80, 120 dollars par mois) augmentent ainsi de 5 à 10 dollars pour s’établir à 55, 85 et 130 dollars par mois.

Cette hausse de prix intervient alors que SpaceX, maison mère de Starlink, vient de déposer le document d’enregistrement préalable à son introduction en bourse. Or ce dernier révèle que parmi les différentes composantes du nouvel ensemble constitué par SpaceX, xAI et X, l’activité Connectivité est la seule à afficher un compte d’exploitation positif, avec une rentabilité particulièrement élevée pour le secteur, sur la base d’un parc mondial de 10,3 millions de clients au 31 mars dernier. Difficile dans ce contexte de ne pas supposer que ces derniers sont mis à contribution pour enjoliver la mariée.

  •  

☕️ Les « plans de performance » qui poussent des salariés à démissionner débarquent en France



Importés des États-Unis, les plans de retour à la performance visent normalement à « soutenir le salarié dans sa progression et de lui permettre de maintenir son employabilité », relève Basta.

Également connus sous les acronymes PIP (performance improvement plan), PRPA, PAP ou encore Pivot, ils serviraient cela dit à mettre des salariés sous pression, afin de les pousser à démissionner, ou à préparer un licenciement pour insuffisance professionnelle.

L’enquête de Basta indique que ce nouvel « outil managérial a fait une entrée fracassante dans de nombreuses entreprises du secteur informatique, de la Tech ou encore du conseil » :

« Leur principe : un salarié jugé en dessous des attentes se voit imposer un certain nombre d’objectifs à accomplir en 30 à 90 jours. S’ils ne sont pas atteints, il est licencié sans indemnité. »

Largement utilisés aux États-Unis par les multinationales du numérique depuis la période post-Covid, ils ont depuis été déployés chez Capgemini, Amazon, Leboncoin, Red Hat… se concluant souvent par des départs de salariés.

« En temps normal, ces licenciements sont plutôt rares, car vus comme un parcours du combattant pour l’employeur. Il faut prouver que le salarié sous-performe, mais aussi qu’il a été suffisamment accompagné et formé avant de pouvoir être licencié. C’est justifié par le fait qu’en droit français, c’est la période d’essai qui doit permettre de savoir si un salarié fait l’affaire ou non », explique à Basta un inspecteur du travail souhaitant rester anonyme :

« Évidemment, l’intérêt de l’employeur est de ne pas passer par la case prud’hommes. Un PIP peut permettre d’abuser un salarié sur ce qu’est juridiquement l’insuffisance professionnelle, en le laissant penser que son licenciement est juste car appuyé sur un document plus ou moins bien rédigé. »

Capgemini a ainsi présenté, en janvier 2026, un projet dit « d’adaptation des compétences et des emplois » qui se traduirait par la suppression de plus de 2 400 postes en France.

  •  

☕️ Projet Nova : Mozilla donne un avant-goût des évolutions de design de Firefox



Plus rond, plus coloré, et plus facile à personnaliser : Firefox devrait faire l’objet d’une refonte d’interface dans le courant de l’année. Mozilla a donné un avant-goût de son travail de design en cours, surnommé projet Nova en interne, dans un billet daté du 21 mai : « Nous souhaitons offrir une base plus cohérente à Firefox : un navigateur plus épuré, plus convivial, plus rapide et plus adaptable ».

En pratique ? Les premières captures d’écran diffusées par Mozilla ne bouleversent pas l’expérience, mais elles montrent des onglets et des éléments d’interface aux bords arrondis. Le profil utilisateur et le menu Réglages sont déportés au niveau de la barre d’onglets, de façon à laisser plus de place à la barre d’adresses et aux raccourcis vers les extensions ou les fonctions embarquées, à l’image du récent VPN gratuit lancé par la fondation.

Le projet Nova doit conduire à une refonte de l’interface de Firefox courant 2026 – crédit Mozilla

Mozilla promet par ailleurs que cette refonte simplifiera, d’un point de vue ergonomique, les options de navigation, de création de groupes, ou de vue partagée entre les différents onglets. Elle s’engage également à rétablir un mode compact. « On nous a dit que ça nous manquait, et on a écouté. Si vous voulez des commandes de navigateur aussi épurées que possible, [ce mode] est fait pour vous. »

Le mode compact fait son retour – crédit Mozilla

Les réglages liés à la vie privée (options pour limiter le suivi publicitaire par exemple, dont vous ne risquez pas d’avoir besoin sur Next ;-)) devraient également être clarifiés. Mozilla annonce enfin de nouvelles options de personnalisation graphiques : thèmes, fonds d’écran, choix de couleur sur les éléments d’interface notamment.

L’effort se porte dans un premier temps sur la version desktop du navigateur, mais Firefox mobile devrait également à terme voir son design harmonisé avec ces nouveaux préceptes. Les plus curieux pourront tester l’interface Nova en conditions réelles en activant le paramètre browser.nova.enabled au sein d’une des dernières Nightly (versions de test potentiellement instables) du navigateur.

Parmi les alternatives disponibles sur le marché, Vivaldi vient de passer en version 8.0 avec là aussi un travail réalisé sur l’interface et la personnalisation.

  •  

☕️ Navigateurs : Vivaldi 8.0 adopte un design « unifié » et de nouveaux thèmes



Comme lors du précédent changement de version, c’est autour de l’interface que se concentrent les nouveautés de Vivaldi 8.0, publié jeudi 21 mai par l’éditeur norvégien. Il en parle comme de sa « plus grande refonte de design à ce jour » et promet des éléments désormais « unifiés » au sein d’un même ensemble plus lisse.

« Nous avons abordé l’interface de Vivaldi moins comme une collection de composants que comme un système en couches. Auparavant, ces couches (onglets, barres d’outils, panneaux et contenu) présentaient des séparations subtiles. C’était utile, mais aussi un peu fragmenté. Avec l’unification de l’interface, ces frontières sont supprimées », explique Jon von Tetzchner, CEO de Vivaldi, dans un billet d’annonce.

C’est au travers des nouveaux thèmes (au nombre de six, sans compter les contributions de la communauté) que s’incarne le mieux ce changement. L’habillage graphique englobe en effet l’intégralité des éléments d’interface, là où la version précédente laissait effectivement apparaître une forme de zonage, ou des démarcations, entre les éléments de navigation, les onglets, les actions contextuelles, etc.

Vivaldi 8.0 et son thème SunForest – crédit Vivaldi

« Les fonds d’écran ressemblent moins à de la décoration qu’à une partie de l’environnement, surtout lorsqu’ils sont combinés avec la translucidité et le flou. Du point de vue du système, cela réduit la complexité. Moins de couches, moins d’exceptions et une base plus cohérente sur laquelle s’appuyer », fait remarquer Jon von Tetzchner.

Cette dimension liée à la personnalisation transparait également dans les nouvelles options d’agencement proposées au premier lancement du navigateur puis accessibles depuis les options (Réglages / Apparence / Dispositions prédéfinies). L’utilisateur se voit ainsi proposer six configurations par défaut qui régissent l’emplacement des onglets et de la barre d’adresse, ainsi qu’un mode « Masquage automatique » qui fait disparaître les éléments d’interface dès que la souris les quitte pour obtenir un rendu plein écran. Sur le plan fonctionnel, Vivaldi conserve sans surprise toutes les options de gestion des onglets qui font son succès.

Vivaldi 8.0 est dès à présent disponible au téléchargement pour Windows, MacOS et Linux. Les utilisateurs d’une version antérieure devraient rapidement basculer vers la nouvelle version si l’option de mise à jour automatique est activée dans leurs réglages.

  •  

Gigafactory IA en France : Scaleway, Bull, Orange, EDF… unis pour l’appel d’offres de l’UE

Des promesses qui tardent à se concrétiser
Gigafactory IA en France : Scaleway, Bull, Orange, EDF… unis pour l’appel d’offres de l’UE

Les industriels français du secteur se réunissent pour pousser la Commission européenne à réaliser sa promesse d’investissement de 20 milliards d’euros dans cinq gigafactories IA à travers l’Europe.

Scaleway voit Orange, EDF, Ardian et Capgemini la rejoindre dans son consortium AION lancé en juin 2025 pour répondre à un futur appel d’offres de l’UE sur une gigafactory IA. AION prétendait réunir des « partenaires publics, privés et académiques pour bâtir une infrastructure IA puissante et souveraine en Europe ».

À l’époque, Bull (anciennement Eviden, qui a repris son nom d’origine en parallèle de son rachat par l’État français), VSORA, Kyutai (filiale aussi d’iliad et de CMA CGM), Sopra Steria, SiPearl, Artefact, ZML, Hugging Face et H company faisaient déjà partie du projet, avec le soutien de l’infrastructure publique de recherche GENCI et de l’Inria. Mais AION semble montrer les muscles alors qu’il attend impatiemment la publication de l’appel d’offres de l’UE.

L’idée est surtout de répondre à un futur appel d’offres de l’UE sur les 20 milliards d’euros dédiés à des « gigafactories » de l’IA que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait annoncés en février 2025 à l’occasion du Sommet pour l’action sur l’IA.

Un financement européen qui se fait attendre

Elle avait promis le financement de quatre futures giga-usines d’IA dans l’ensemble de l’UE. La Commission et EuroHPC avaient lancé une consultation publique sur le sujet en avril 2025 et Scaleway avait créé AION pour y répondre. Depuis, la Commission parle plutôt de financer cinq projets sur le territoire de l’Union européenne en évoquant toujours le même investissement. Finalement, l’institution européenne expliquait avoir reçu « 76 manifestations d’intérêt proposant la création de gigafactories d’IA dans 16 États membres, sur 60 sites différents » et promettait « de lancer, au quatrième trimestre 2025, un appel à projets officiel pour la création de « gigafactories » d’IA dans l’UE ».

Mais, depuis, les 76 potentiels candidats n’ont toujours rien vu venir. L’annonce de l’arrivée d’Orange, EDF, Ardian et Capgemini dans AION a tout d’un appel du pied du secteur français à la Commission pour qu’elle n’oublie pas sa promesse faite à un moment où les annonces d’investissements fleurissaient. Scaleway et ses partenaires veulent montrer leurs ambitions et leur détermination, d’autant qu’un pays ne pourrait accueillir qu’un lauréat.

L’affichage d’un besoin de souveraineté aussi pour l’IA

« Il n’y en aura pas 27 [dans chaque pays membre], il faut qu’il y en ait une en France », a déclaré Damien Lucas, le directeur général de Scaleway. Les entreprises évoquent un investissement de 10 milliards d’euros (dont 4 milliards environ pour le groupe iliad) pour un projet qui devrait d’abord demander une puissance de 100 mégawatts à l’ouverture et affiche un besoin de 1 gigawatts à terme. De fait, il pourrait être réparti sur plusieurs sites comme celui de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne, où la filiale d’iliad, Opcore, développe un data center ou chez Orange et Verne, la filiale d’Ardian.

Benoît Gaillochet, responsable des infrastructures Europe chez Ardian, s’appuie aussi, dans le communiqué commun, sur le nucléaire français pour en faire une force du consortium : « Il est temps de bâtir ensemble une Europe de l’IA basée sur des infrastructures européennes de classe mondiale ancrée sur nos formidables capacités énergétiques décarbonées ».

Et les porteurs du projet surfent sur le sujet de la souveraineté : « Il est important de maîtriser l’IA en Europe. Des opérations critiques seront faites par des agents d’IA, il faudra pour les réaliser un endroit souverain et de confiance, immunisé contre les lois extraterritoriales américaines », affirme Jérôme Berger, directeur de la stratégie et du capital-investissement d’Orange.

Les partenaires espèrent que l’appel d’offres arrive à la fin du printemps et être le seul consortium à se présenter côté français. « L’équipe de France est prête », assure Jérôme Berger même si le consortium reste ouvert à d’autres ralliements.

Quand la souveraineté « s’exporte »

S’il est question d’une « équipe de France » avec une forte connotation de souveraineté, d’autres acteurs français ne sont pas aussi chauvins, C’est le cas de Thales qui s’est associé à Google pour monter S3ns, une offre désormais qualifiée SecNumCloud par l’ANSSI. Ce même Thales continue sur sa lancée et annonce un partenariat stratégique avec Google Cloud pour lancer un « nouveau cloud souverain en Allemagne ».

Le groupe français s’appuie dans sa communication sur « le succès de S3NS, la filiale de cloud de confiance de Thales en France et opératrice de sa première région de cloud souverain en Europe ».

« Pour répondre à la demande du marché allemand en solutions souveraines protégeant les données sensibles des lois extraterritoriales » et sa vision originale de la « souveraineté ». Une approche qui n’est pas sans rappeler celle d’OVHcloud qui met aussi en avant sa qualification SecNumCloud pour proposer des offres « qui peuvent être certifiables SecNumCloud » (sans l’être).

  •  

☕️ Alexa+, l’agent conversationnel d’Amazon, peut désormais générer des podcasts par IA



Après avoir répondu à « des dizaines de milliards de questions pour obtenir des informations rapides, approfondir certains sujets et accomplir des tâches », le robot conversationnel d’Amazon propose désormais à ses clients basés aux États-Unis de leur raconter des histoires.

Dans un communiqué, Amazon explique qu’Alexa+, son agent dopé à l’IA, « est désormais capable de générer des épisodes de podcast à la demande sur n’importe quel sujet en quelques minutes seulement ». Entièrement générés par intelligence artificielle, ils mettent en scène des conversations entre deux « coanimateurs » de synthèse, à la manière de NotebookLM :

« Créer du contenu audio personnalisé est désormais un jeu d’enfant. Pas besoin de télécharger de documents ni de faire de préparatifs : il suffit de dire à Alexa quel sujet vous intéresse, et elle s’occupe du reste en quelques minutes. »

Exemples de podcasts générés par Alexa+, l’agent IA conversationnel d’Amazon

Amazon, qui propose trois courts extraits à titre d’exemples, s’appuie pour cela sur « plus de 200 publications d’actualité et un large éventail de sources pour proposer un contenu précis et actualisé » avec qui elle a conclu des « partenariats », dont le montant n’est pas précisé.

Y figurent notamment Associated Press, Reuters, le Washington Post, TIME, Forbes, Business Insider, Politico, USA Today et des publications de Condé Nast, Hearst et Vox, ainsi que plus de 200 journaux locaux états-uniens, « ce qui permet à Alexa+ de fournir des actualités et des informations précises en temps réel ».

Amazon présente comme cas d’usage des podcasts consacrés à des sujets d’actualité, hobbies et leçons scolaires, approfondissements ou reconversions professionnelles, préparatifs de voyage (pour en savoir plus sur l’histoire, la géographie, l’architecture et les bons plans d’une destination touristique).

Variety précise qu’Alexa+ est inclus sans frais supplémentaires pour les membres Prime aux États-Unis, et proposé aux non-membres Prime au prix de 19,99 $ par mois.

  •  

GitHub s’est fait dérober des données de plusieurs milliers de ses dépôts privés

Alerte de sécurité : les dépôts publics sont toujours accessibles… publiquement !
GitHub s’est fait dérober des données de plusieurs milliers de ses dépôts privés

GitHub reconnait s’être fait dérober des données de 3 800 dépôts privés, mais uniquement ses propres dépôts, pas ceux de ses clients. TeamPCP a revendiqué l’attaque et propose les données à la vente.

Dans un message publié sur X, GitHub reconnait avoir été piraté. Plus exactement, la plateforme explique « enquêter sur un accès non autorisé aux dépôts internes de GitHub ». Les dépôts privés de ses clients ne semblent pas concernés : « Nous n’avons actuellement aucune preuve d’impact sur les informations client stockées en dehors des dépôts internes de GitHub », explique la plateforme.

GitHub se fait pirater à cause d’une extension VS Code

Dans un second temps, elle a précisé que la compromission venait « de l’appareil d’un employé avec une extension Visual Studio Code empoisonnée ». Les extensions peuvent être installées depuis le VS Code Marketplace, mais aussi via des boutiques tierces ou manuellement.

GitHub ne précise pas comment l’extension compromise avait été installée. La plateforme ne donne pas son nom et n’entre pas davantage dans les détails. L’extension a évidemment été supprimée et des mesures ont été prises pour limiter les dégâts.

La société affirme de nouveau que l’exfiltration des données ne concernait que des dépôts internes à l’entreprise. De plus, « les affirmations actuelles de l’attaquant concernant environ 3 800 dépôts sont globalement cohérentes avec les résultats de notre enquête jusqu’à présent », ajoute l’entreprise. Un rapport complet sera publié une fois l’enquête terminée.

TeamPCP revendique le piratage et demande 50 000 dollars

Quelques heures avant la publication du message de GitHub sur X, le groupe de pirates TeamPCP affirmait sur un forum spécialisé avoir accédé aux « codes source et organisations internes de GitHub ». Il était question d’environ 4 000 dépôts privés. TeamPCP demandait une rançon de 50 000 dollars, comme le rapporte Bleeping Computer.

Enfin, selon les pirates, ce n’est pas de l’extorsion : « Comme toujours, il ne s’agit pas d’une rançon. Nous ne cherchons pas à extorquer GitHub. Un seul acheteur et nous détruisons les données de notre côté. Notre retraite approche, donc si aucun acheteur n’est trouvé, nous les diffuserons gratuitement ».

Comme le rappellent nos confrères, TeamPCP est très actif ces derniers temps avec quelques prises importantes (revendiquées et/ou attribuées). C’est notamment le cas de Trivy/LiteLLM et de Xinference sur PyPI, avec des répercussions en cascade.

Dans le premier cas, la compromission de Trivy avait conduit au piratage de la Commission européenne fin mars : « Nous estimons avec un degré de confiance élevé que l’accès initial a été obtenu grâce à la compromission de la chaîne d’approvisionnement de Trivy, qui a été publiquement attribuée à un acteur malveillant connu sous le nom de TeamPCP », expliquait le CERT-EU.

  •  

☕️ Andrej Karpathy, un des pères fondateurs d’OpenAI et ancien de Tesla, rejoint Anthropic



En 2015, Andrej Karpathy lance avec d’autres chercheurs – Sam Altman, Elon Musk, Ilya Sutskever, Greg Brockman… – une petite entreprise rapidement devenue grande : OpenAI. Il est parti en 2017 pour prendre la direction de l’IA chez Tesla pendant cinq ans, jusqu’en 2022.

En 2023, retour à « la maison » d’une certaine manière pour Andrej Karpathy puisqu’il revient chez OpenAI afin de « constituer une nouvelle équipe travaillant sur l’entraînement intermédiaire et la génération de données synthétiques ». Dans un message sur X, il annonce encore un changement de crémerie : il passe chez Anthropic.

Il donne quelques détails : « Je pense que les prochaines années à la pointe des LLMs seront particulièrement formatrices. Je suis très enthousiaste à l’idée de rejoindre l’équipe et de reprendre la R&D. Je reste profondément passionné par l’éducation et je prévois de reprendre mon travail à ce sujet en temps voulu ». Il a, pour rappel, lancé en 2024 une chaine YouTube sur la vulgarisation et les explications autour de l’IA.

Le changement est notable de voir un ancien fondateur d’OpenAI arriver chez son principal concurrent Anthropic, d’autant plus pour de la recherche et développement. Il y a peu, Anthropic annonçait un partenariat avec SpaceX pour utiliser son datacenter Colossus et ainsi profiter d’une puissance de calcul renforcée et rouvrir les vannes aux utilisateurs.

De son côté, OpenAI recentre ses activités avec la fermeture de Sora pour les vidéos (faisant au passage voler en éclats le partenariat avec Disney), avec des départs de hauts responsables dans la foulée. Les deux entreprises sont dans la dernière ligne droite pour préparer leur entrée en bourse.

  •  

Cloud : Infomaniak se place sous le contrôle d’une fondation

Garde suisse
Cloud : Infomaniak se place sous le contrôle d’une fondation

L’hébergeur suisse Infomaniak fait évoluer sa gouvernance en transférant la majorité de ses droits de vote à une fondation d’utilité publique. Le mouvement est présenté comme une façon de garantir l’indépendance de l’entreprise tout en lui donnant les moyens de se développer, y compris en accueillant de nouveaux investisseurs.

Actionnaire majoritaire historique d’Infomaniak, son fondateur Boris Siegenthaler a transféré le 13 mai dernier une part significative de ses droits de vote à une nouvelle instance : une fondation d’utilité publique à but non lucratif (statuts en PDF).

En pratique, la nouvelle fondation détient désormais 65 % des droits de vote liés à la gouvernance de l’entreprise, tandis que les 35 % restants sont conservés par le fondateur et 36 salariés actionnaires. La répartition précédente était de 75 % de droits de vote pour Boris Siegenthaler, et de 25 % pour les salariés.

Résumé de l’évolution des droits de vote associés à la gouvernance d’Infomaniak – crédit Infomaniak

Accueillir des investisseurs sans compromettre l’indépendance

« Avec la majorité des droits de vote, on contrôle une société. On peut tout changer. Tout défaire. Il fallait un point d’ancrage qui ne dépende plus d’une seule personne », explique l’entreprise dans un billet de blog dédié. Les droits de vote en question sont transférés sous la forme d’actions spéciales, non cessibles. Elles ne donnent en revanche aucun contrôle direct sur la marche opérationnelle de l’entreprise, qui reste pilotée par son équipe dirigeante actuelle.

Elles garantissent par ailleurs que la fondation reste majoritaire même en cas d’entrée de nouveaux investisseurs au capital. « Aucun investisseur, présent ou futur, ne pourra altérer l’ADN, la mission ou l’indépendance de l’entreprise. L’entreprise peut accélérer son développement et accueillir, en toute sécurité, les ressources nécessaires à sa croissance, sans jamais compromettre les engagements pris envers ses clients », affirme à ce niveau Infomaniak. La société annonce à ce niveau l’arrivée d’investisseurs « alignés sur ses valeurs » dans les prochains mois, « pour développer un cloud souverain à l’échelle européenne, dans un contexte où la souveraineté numérique est un enjeu stratégique ».

La fondation, qui bénéficie de certains avantages fiscaux selon le droit suisse, se finance quant à elle grâce à une participation susceptible de monter à 5 % des bénéfices de l’entreprise. Ses statuts prévoient qu’elle utilise ses moyens pour des projets de soutien au numérique éthique, à l’éducation, à la transition énergétique et à la protection de l’environnement.

Infomaniak présente cette évolution comme « un geste irrévocable et rare en Europe, qui place l’entreprise hors de portée de tout rachat et qui grave son ADN dans le marbre ». Son compatriote Proton avait défriché le sujet pour ses dix ans en 2024. En France, le groupe Pierre Fabre est l’un des pionniers de ce modèle de transmission vers une fondation actionnaire, également étudié par le rochelais Lea Nature. La démarche est en revanche inédite dans le monde du cloud.

  •  

IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets

AnxIAté
IA dans l’emploi : même quand ils travaillent dans la tech, les français restent inquiets

Interrogés sur les effets de l’IA sur l’emploi, la majorité des cadres craignent que celle-ci ne les remplace. Même chez les professionnels du numérique, l’inquiétude subsiste.

Les effets de l’intelligence artificielle continuent de susciter les craintes, et ce jusque chez les cadres du numérique. Parmi ces derniers, si 88 % voient dans l’IA le moteur d’une révolution, près d’un sur cinq (17 %) estiment que l’accompagnement de leurs entreprises est insuffisant. Plus largement, au sein de la population française, 61 % des cadres craignent d’être remplacés par l’IA.

Tels sont quelques-uns des constats dressés par un sondage d’Odoxa pour l’Observatoire des nouveaux usages de Saegus. Mené auprès d’un échantillon de 1005 Français représentatifs de la population française majeure, et 101 professionnels de l’industrie numérique, ce dernier relève tout de même que la moitié des salariés, près de deux tiers des cadres (63 %) et 73 % des spécialistes du numérique se déclarent à l’aise avec les outils d’IA.

Des Français convaincus d’une destruction d’emplois

Pour l’immense majorité des sondés (plus des deux tiers de chaque tranche d’âge, près des trois quarts de la population selon sa profession), c’est certain : le déploiement de l’IA va se traduire par davantage de destruction d’emplois que de création. Dans le lot, les spécialistes du numérique sont un peu plus optimistes que les autres : 30 % d’entre eux envisagent que plus d’emplois ne soient créés, à termes, que détruits.

En fonction de l’âge, ce sont les plus âgés (65 ans et +) les plus inquiets. 86 % estiment en effet que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera. Même dans la génération qui entre actuellement sur le marché du travail, cela dit, plus des deux tiers des répondants s’alignent sur cette idée.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Le rapport s’inverse quelque peu lorsqu’on se penche sur ce que les travailleurs envisagent en termes de tâches. Pour 67 % des professionnels du numérique, en effet, l’IA remplacera « une partie » de leurs tâches, et pour 5 % d’entre eux, « l’intégralité de [leur] métier ». À l’inverse, dans la population générale, seulement 35 % des interrogés estiment que l’IA remplacera « une partie de [leurs] tâches » et 10 % qu’elle remplacera « l’intégralité de [leur] métier ».

Réduction du temps de travail et dépendance

Interrogé sur les effets du déploiement de ces technologies dans leur vie professionnelle, la grande majorité des professionnels du numérique (85 %) et 72 % des salariés en général estiment que celle-ci créera une dépendance de l’IA au travail. Pour la moitié des salariés, ce n’est pas forcément négatif : cela pourrait permettre une réduction du temps de travail (une perspective envisagée par 44 % des professionnels de la tech).

38 % des salariés pris en général et 49 % de ceux de la tech estiment que cela permettra de « consacrer davantage de temps aux relations avec leurs collègues », et 36 % des salariés (49 % dans la tech) que cela rendre leur travail « plus intéressant ». Travailler dans les technologies donne un sentiment nettement plus important de confort dans l’interaction avec l’IA.

Observatoire des Nouveaux Usages / Saegus – Odoxa, mai 2026

Malgré tout, la demande d’accompagnement est forte, quelle que soit la spécialité. Pour 82 % des professionnels du numérique et 78 % des salariés pris en général, les entreprises françaises ne forment pas suffisamment leurs employés à l’IA. En même temps, le sentiment de retard est relativement fort : seulement 34 % des employés du numérique et 42 % des salariés au sens large estiment que les entreprises hexagonales « s’adaptent rapidement et intègrent suffisamment cette technologie ».

  •  

Bitwarden a abandonné ses valeurs d’inclusion, de transparence et temporairement de gratuité

Courage, fuyons !
Bitwarden a abandonné ses valeurs d’inclusion, de transparence et temporairement de gratuité

L’entreprise derrière le gestionnaire de mots de passe a discrètement changé d’équipe dirigeante en début d’année. Depuis, certains termes ont disparu du site web de promotion de la solution open source, comme « inclusion » et « transparence » et même, temporairement, l’engagement de proposer une offre « toujours gratuite ».

Depuis le début de l’année, Bitwarden a fait quelques discrets changements dans son équipe dirigeante et sur son site web. Celles-ci inquiètent certains utilisateurs quant à la direction que prend le projet de gestionnaire de mots de passe open source : depuis 2021, il se démarquait de la concurrence en restant le dernier service d’ampleur à fournir gratuitement la synchronisation fixe/mobile.

Changement discret d’équipe de direction

En effet, comme l’a repéré Fast Company vendredi 15 mai, l’ancien CEO, Michael Crandell, a laissé la place à Michael Sullivan mais le changement n’avait été annoncé publiquement que par le changement de statut de leurs deux comptes LinkedIn. Ainsi, Michael Crandell est passé à un rôle de simple « conseiller » pendant que Michael Sullivan est arrivé en tant que CEO en février dernier après avoir quitté le même poste chez insightsoftware, explique-t-il sur son profil LinkedIn. Il y ajoute qu’il « possède une solide expérience dans tous les aspects des fusions et acquisitions, notamment une expérience directe auprès de grandes sociétés de capital-investissement ».

Sur LinkedIn aussi, le responsable financier de l’entreprise depuis 2019, Stephen Morrison, indique avoir quitté ses fonctions en avril dernier. Il est remplacé par Michael Shenkman.

Kyle Spearrin, qui a créé le projet, reste CTO depuis 2016. Mais la stabilité du fondateur ne semble pas s’accompagner de celles des valeurs mises en avant par le projet. Ainsi, plusieurs pages du site web du projet ont été modifiées.

Notamment, la mention du « always free » (en français, « toujours gratuit ») accompagnant la présentation de l’offre pour une utilisation « personnelle » gratuite a été, un temps, supprimée.

Suite à la publication de l’article de nos confrères, cette mention est réapparue. Sur le subreddit consacré à Bitwarden, un employé de l’entreprise affirme que celle-ci a été réintégrée et que c’était « un simple oubli de la part de l’équipe marketing ». L’entreprise a affirmé à Fast Company qu’elle « restait déterminée à proposer une offre gratuite solide qui apporte une réelle valeur ajoutée aux particuliers ».

Une notion fluide du courage

Mais d’autres changements ont été apportés au site du projet. Ainsi, la page « carrière » affichait jusque-là des valeurs de « Gratitude, responsabilité, inclusion et transparence » rassemblées sous l’acronyme GRIT (qui veut aussi dire « courage » en anglais).

Mais ce GRIT a été transformé récemment en un moins courageux « Gratitude, responsabilité, innovation et confiance ».

Là aussi, la page a encore été modifiée pour remettre le terme de transparence dans la définition de la confiance et celui d’« environnement inclusif » dans celle de la « gratitude ».

Juste avant le changement de direction, l’entreprise avait discrètement annoncé dans un billet de blog l’augmentation de ses tarifs premium. Ceux-ci sont passés à 19,80 dollars par an, alors qu’ils étaient encore à 10 dollars par an en début d’année.

Vaultwarden comme alternative ?

Toutes ces modifications inquiètent quant à la direction du projet. Ainsi, certains expliquent avoir déjà migré vers la solution Vaultwarden qui permet d’auto-héberger son gestionnaire de mots de passe et encouragent à le faire tant que « les clients Bitwarden sont open source et l’API du serveur est publique ».

Rappelons que Vaultwarden est compatible avec Bitwarden et peut donc accueillir directement les données qui y ont été stockées. Ajoutons aussi que le projet n’est « pas associé à Bitwarden » ou à l’entreprise, même si, selon la page GitHub, « l’un des mainteneurs actifs de Vaultwarden est employé par Bitwarden et est autorisé à contribuer au projet sur son temps libre. Ces contributions sont indépendantes de Bitwarden et examinées par d’autres mainteneurs ». Enfin, comme nous le disions, si Bitwarden est régulièrement audité, ce n’est pas le cas du projet Vaultwarden.

Suite à ces réactions, Mike Sullivan a, pour la première fois, pris la parole sur le blog de l’entreprise en tant que CEO. Il y assure que « l’open source est le fondement de tout ce que Bitwarden développe. La possibilité de vérifier le code, d’héberger soi-même ses données et de s’assurer de leur authenticité plutôt que de se contenter de croire en elles ne sont pas de simples atouts supplémentaires : ce sont les raisons pour lesquelles Bitwarden se distingue de toutes les autres solutions du secteur, et cela ne changera pas ». Il ajoute que l’engagement d’avoir une version gratuite de Bitwarden est « permanent ». Son billet ne revient par contre pas sur les notions de « transparence » et d’ « inclusivité » qui ne sont pas mentionnées.

  •  
❌