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☕️ Anthropic lance officiellement son projet d’entrée en Bourse



Ça, c’est fait. Après des mois de rumeurs, Anthropic a confirmé, sans trop de surprise, son intention d’entrer en Bourse (IPO). Le labo IA a déposé un formulaire S-1 auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Le tout de manière confidentielle, comme c’est souvent le cas. En conséquence, le dossier n’a pas été rendu public ; l’entreprise et l’autorité peuvent ainsi discuter à l’abri des regards indiscrets.

Il s’agit d’une première étape, puisque ce dépôt ne signifie pas qu’Anthropic va automatiquement entrer en Bourse. Mais la société se donne la possibilité de le faire une fois l’examen réglementaire terminé.

En l’absence de toute information publique, il est impossible de dire le nombre d’actions qui seront mises sur le marché, ni leur prix. L’opération dépend également de la situation : si les marchés sont agités, si la conjoncture est défavorable, ou si la valorisation attendue n’est pas au rendez-vous, Anthropic peut repousser son projet d’IPO ou tout simplement l’annuler.

Tout laisse cependant penser que cette introduction en Bourse ira à son terme. Le dernier tour de table d’Anthropic lui a permis de réunir 65 milliards de dollars d’argent frais, sur la base d’une valorisation de 965 milliards de dollars. Soit davantage qu’OpenAI (852 milliards de dollars début avril). Le créateur de ChatGPT aurait lui aussi l’intention de se lancer en Bourse d’ici la fin de l’année.

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Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

La facture tombe pour Spliiit
Partage d’abonnements : l’espoir douché de Spliiit face à Apple, Disney et Netflix

Spliiit est dans la panade. Le service de partage d’abonnement a été lourdement condamné par le tribunal judiciaire de Paris, qui s’est largement rangé du côté d’Apple, Disney et Netflix. Outre le versement d’une provision significative, le modèle économique de Spliiit est sévèrement remis en cause.

Apple, Disney et Netflix accusaient Spliiit de parasitisme et de contrefaçon de marques. Leur plainte déposée en 2022 a connu bien des rebondissements. Jonathan Lalinec, le directeur général de Spliiit, avait expliqué en avril à Next que le procès était désormais « sans objet » : « La justice prend du temps, et entre 2021 et 2026, il s’est passé beaucoup de choses du point de vue des éditeurs ». Avant de rappeler que ces plateformes de streaming et services en ligne avaient changé leurs offres, avec l’ajout de formules « abonné supplémentaire ».

Un espoir douché par le tribunal judiciaire de Paris. Le jugement sur le fond a finalement été publié vendredi dernier et partagé par le site L’Informé. S’il n’est pas tendre pour Spliiit, le tribunal a toutefois rejeté l’idée que l’activité même de mise en relation pour partager un abonnement est automatiquement illégale : « l’activité exercée par la société Spliiit […] n’est pas en elle-même illicite ».

Capture d’écran Spliiit.

Dans un communiqué, Spliiit relève que le tribunal a rejeté les accusations de parasitisme et qu’il n’a pas retenu l’argument « selon lequel le partage de frais constituerait, en soi, une commercialisation d’abonnements ».

Le manque à gagner des plaignants

Pour le reste, le tribunal considère que le service a commis des actes de complicité de violation des conditions générales d’utilisation, des actes de concurrence déloyale et de contrefaçon de marques. Spliiit ne peut plus utiliser les marques Apple, Disney et Netflix au-delà de ce qui est strictement nécessaire, ne peut plus proposer de partage d’abonnements lorsqu’il implique une violation des conditions d’utilisation, et doit modifier plusieurs éléments de son site jugés trompeurs ou insuffisamment clairs.

Spliiit doit également verser des dommages et intérêts ; ils sont certes inférieurs à ce que demandaient les plaignants (9,2 millions d’euros), mais en tout, le service doit verser 785 000 euros. Outre les 49 000 euros de frais de procédure, l’entreprise doit verser 10 000 euros à Apple, 20 000 euros à Disney et 30 000 euros à Netflix pour contrefaçon des marques. Des provisions sont exigées pour compenser le manque à gagner subi par les sociétés plaignantes : 25 000 euros pour Apple (iCloud, Apple Music, Apple TV, etc.), 100 000 euros pour Disney, 300 000 euros pour Netflix France et autant pour Netflix International.

Cette notion de manque à gagner se base sur le fait que des consommateurs ont pu choisir de passer par Spliiit « à moindre frais » plutôt que de souscrire directement un abonnement conforme aux règles fixées par les sociétés éditrices. Si l’activité de mise en relation n’est pas illicite en soi, le tribunal estime qu’elle devient fautive lorsqu’elle facilite des partages contraires aux conditions d’utilisation des plateformes.

Le tribunal constate que ces limitations contractuelles font partie intégrante des abonnements proposés par Netflix, Disney ou Apple, et que Spliiit a facilité des usages permettant de les contourner.

Le partage d’abonnements reste licite

Spliiit pourra toujours se consoler en constatant que son activité n’a donc rien d’illégal. La société explique que le débat ne porte pas sur son existence ni sur le principe de partage de frais, « mais sur les conditions dans lesquelles certains abonnements peuvent être partagés au regard des conditions générales d’utilisation définies par chaque service. » Il n’empêche : la condamnation reste lourde. Spliiit prend acte de la décision, mais annonce la contester fermement et « confirme son intention de faire appel ».

L’entreprise estime que « certaines offres peuvent continuer à être proposées sur sa plateforme dans un cadre conforme ». C’est un interstice dans lequel Spliiit a l’intention de se glisser.

Le service de partage d’abonnements avait obtenu une petite victoire en 2022 : dans une ordonnance de référé, le tribunal avait en effet estimé que les règles de partage des streameurs étaient ambiguës et incohérentes, mais renvoyait à une décision sur le fond. Une médiation avait été demandée l’an dernier, sans que les parties parviennent à se mettre d’accord.

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Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Freedom !
Windows 11 : la barre des tâches redevient enfin libre

Microsoft poursuit son travail de fond pour apporter plus de personnalisation, de stabilité et de fiabilité à Windows 11. Le chantier ouvert en début d’année multiplie les nouveautés, grandes et petites. Nouveau point d’étape.

En mars, Microsoft annonçait un retour aux fondamentaux pour Windows 11, après les errements de l’IA à tous crins. L’éditeur a du pain sur la planche, car le système d’exploitation souffre beaucoup de performances en berne et d’une stabilité aux fraises. Les choses ont commencé à s’améliorer avec les premières livraisons des versions bêtas de Windows 11.

La nouvelle fournée pour les utilisateurs inscrits au programme Windows Insider a été présentée, et la grosse nouveauté n’est autre que la possibilité, finalement, de positionner la barre des tâches sur les côtés ou en haut de l’écran. Une fonction réclamée depuis des années, que Microsoft va finalement livrer !

Les miracles existent. Image : Microsoft

Microsoft ajoute la possibilité de choisir l’alignement des icônes selon la position de la barre des tâches, l’affichage des libellés des apps ouvertes pour mieux distinguer les fenêtres, et la possibilité d’opter pour une version plus compacte de la barre pour libérer de l’espace.

Le menu Démarrer gagne lui aussi en flexibilité, puisqu’il sera possible d’afficher ou de masquer les sections « Épinglés », « Recommandés » et « Toutes les applications » de manière indépendante. La taille des menus pourra être modifiée et le nom et la photo de profil de l’utilisateur masqués pour davantage de confidentialité.

L’amélioration de Windows 11 passe aussi par de toutes petites choses. La vue Détails de l’Explorateur de fichiers affiche ainsi le poids des fichiers avec les unités appropriées (ko, Mo, Go) au lieu d’être systématiquement exprimé en ko. La barre d’adresse de ce même Explorateur prend en charge davantage de formats de chemins (notamment ceux contenant des guillemets ou des doubles antislashs : C:\Users\user ou “C:\Users\user”), ce qui facilitera le copier-coller depuis d’autres applications. Des bugs liés au renommage de fichiers ont aussi été corrigés.

Isolation vocale et personnalisation visuelle

Ces améliorations peuvent paraitre anodines, mais ce sont des fonctions dont se servent des millions d’utilisateurs chaque jour. L’accessibilité de Windows 11 est aussi un chantier à ciel ouvert. Du côté des commandes vocales, la nouveauté principale est Voice Isolation, qui réduit l’impact des bruits de fond afin de mieux isoler la voix de l’utilisateur. De quoi améliorer la reconnaissance des commandes vocales même dans un environnement bruyant.

Image : Microsoft

L’éditeur ajoute également de nouvelles options de personnalisation visuelle. Une fonction de teinte d’écran permet notamment d’ajuster les couleurs et l’opacité de l’affichage selon les préférences de l’utilisateur ou les conditions d’éclairage. Il est plus facile de définir un niveau de zoom dans l’outil Loupe, et de modifier le grossissement depuis son interface, sans avoir à fureter au fin fond des réglages de Windows.

Microsoft poursuit en parallèle ses efforts pour améliorer la fiabilité de son système d’exploitation en s’attaquant à un élément souvent invisible mais essentiel : les pilotes matériels. L’éditeur a présenté durant la conférence WinHEC 2026 un nouveau programme, Driver Quality Initiative (DQI), pour renforcer la qualité, la fiabilité et la sécurité des drivers en travaillant avec les constructeurs de périphériques.

Ces nouveautés sont en cours de déploiement via le nouveau canal Experimental du programme Windows Insider.

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☕️ Microsoft voudrait ranger tous ses Copilot dans une app unique



Même si Microsoft s’est décidé à rationaliser la présence (parfois envahissante) de l’IA dans Windows, l’éditeur ne compte pas lâcher l’affaire. Pour remettre de l’ordre dans sa galaxie de Copilot, l’entreprise préparerait une « superapp » regroupant tous ses assistants IA au sein d’une interface unique.

On ne compte plus les Copilot : les déclinaisons de l’IA chez Microsoft sont tellement nombreuses que plus personne n’y comprend rien. GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot, Copilot Cowork, le chatbot grand public Copilot… Difficile de s’y retrouver, les utilisateurs ne savent plus très bien à quoi sert tel ou tel service. Microsoft a commencé à réagir, en réduisant le forcing de Copilot et la surcharge de l’IA dans le système d’exploitation. Mais il reste encore beaucoup de travail pour trouver une cohérence à ce bazar d’IA.

C’est pourquoi l’éditeur plancherait actuellement sur une « superapp », une application unique regroupant tous les Copilot derrière une seule interface. La rumeur rapportée par Fortune consisterait en un guichet unique donnant accès à tous les Copilot de l’utilisateur. À cela s’ajouterait un système d’automatisation à base d’agents IA, baptisé Autopilot.

Le projet n’est pas sans rappeler la propre « superapp » que développe OpenAI, en prenant comme base l’outil de vibe coding Codex. À terme, l’idée est de répondre à l’ensemble des requêtes de l’utilisateur grand public, développeur ou professionnel.

La stratégie de la superapp a du sens pour Microsoft comme pour OpenAI, même si on peut faire valoir qu’une telle application « fourre-tout » peut désorienter les utilisateurs qui cherchent à réaliser une tâche précise. Ou rendre l’ensemble plus difficile à appréhender.

Au mois de mars, le directeur général Satya Nadella nommait un « chef » de Copilot en la personne de Jacob Andreou, qui est chargé de remettre du sens et de l’ordre dans la pléthore de fonctions et de services Copilot. On pourrait entendre parler de cette superapp dès cette semaine, à l’occasion des conférences Build de Microsoft, même s’il ne serait pas question de montrer l’app en elle-même. Celle-ci pourrait cependant ne pas tarder : la rumeur évoque en effet un lancement d’ici la fin de l’été.

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☕️ Brûler des tokens n’est pas travailler : Amazon ferme son classement IA interne



Brûler des tokens pour se faire bien voir de ses patrons ne sert à rien, mieux vaut se concentrer sur la qualité des produits développés avec l’IA. C’est en substance le message en interne chez Amazon, qui a mis fin à un classement mesurant la quantité de tokens utilisés.

Amazon veut que ses employés utilisent l’IA générative pour développer de nouveaux produits et services ; mais pas en brûlant des tokens sur des tâches sans intérêt. L’entreprise a mis un terme à Kirorank, un classement mesurant l’utilisation de Kiro, une plateforme de développement assisté par IA. Plus un employé utilisait cet outil IA, plus son score grimpait.

Illustration : Flock

Pour gagner des places, certains petits malins avaient commencé à « optimiser » leur usage de l’IA, en lançant des agents IA pour générer artificiellement de l’activité, ce qui leur permettait de consommer un maximum de tokens sans produire davantage de travail « utile ». Cette pratique du « tokenmaxxing » revient cher : les modèles IA ne sont pas gratuits, ils consomment des ressources de calcul que les entreprises doivent payer.

Si des milliers d’employés commencent à faire tourner des agents IA pour des tâches sans valeur ajoutée, la facture grimpe rapidement. Et c’est d’autant plus sensible qu’Amazon est un des principaux acteurs du secteur, avec des investissements massifs pour ses infrastructures (200 milliards rien que cette année).

Dave Treadwell, vice-président d’Amazon, a reconnu que ce classement avait été créé avec de « bonnes intentions », mais qu’il avait produit des effets toxiques. « N’utilisez pas l’IA simplement pour utiliser l’IA », a-t-il indiqué dans un mémo publié par le Financial Times. L’entreprise préfère désormais suivre d’autres indicateurs comme les « déploiements normalisés » qui mesurent si l’IA aide réellement à produire du code utile, plutôt que de simplement compter le volume de tokens brûlés.

« Le tableau de bord bêta n’était pas un outil officiel ni approuvé, et il a depuis été abandonné », a confirmé Amazon dans une déclaration. Ce classement avait été créé par un groupe d’employés « qui souhaitaient sensibiliser leurs collègues à la manière dont l’IA peut accélérer le travail ». L’entreprise préfère se concentrer sur « l’efficacité opérationnelle ».

La pression n’en reste pas moins forte pour adopter l’IA dans le travail de tous les jours. Amazon s’est fixé un objectif de 80 % de développeurs devant utiliser cette technologie chaque semaine.

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☕️ La licence perpétuelle d’Office 2019 pour Mac a du plomb dans l’aile



Gros soupçon d’obsolescence programmée chez Microsoft. Les logiciels de la suite Office 2019 pour Mac seront bientôt limités à la lecture et à l’impression de documents. Par conséquent, il sera impossible de les modifier, de les sauvegarder ou de créer de nouveaux fichiers. La seule solution : passer à une version plus récente ou basculer vers l’offre sur abonnement, ce qui implique de mettre la main à la poche.

À compter du 13 juillet, les utilisateurs d’Office 2019 et d’Office 2021 sur Mac, et certains utilisateurs de Microsoft 365 sur macOS, iOS ou iPadOS ne pourront plus modifier ou sauvegarder des documents dans Word, Excel, PowerPoint, Outlook ou OneNote. Les logiciels bureautiques n’offriront plus que la lecture seule des fichiers, ce qui permettra uniquement de voir les documents et de les imprimer. MacGeneration rapporte qu’il s’agit d’un problème de certificat de sécurité.

Image : Microsoft

Pour ce qui concerne Microsoft 365, la version de la suite bureautique sur abonnement, la solution est simple : il suffit de mettre à jour les différents composants logiciels. Une opération qui n’est pas nécessaire sur Windows ou Android, mais qui s’impose sur les systèmes d’exploitation d’Apple. Pour Office 2021, Microsoft recommande également de mettre à jour les applications.

Attention toutefois : la configuration minimale pour pouvoir utiliser Microsoft 365 ou Office 2021 est un Mac sous macOS 12 Monterey (sorti en 2021), ou iOS 17 (sorti en 2023) pour les appareils mobiles. Tout le monde ne veut pas forcément passer ses machines à une version plus récente de leurs systèmes d’exploitation. Pour les appareils incompatibles avec Monterey ou iOS 17, les solutions proposées par l’éditeur ne sont guère réjouissantes : utiliser la version web de Microsoft 365 (gratuite mais avec des fonctions limitées), ou… s’en servir sur un ordinateur compatible.

Mais le vrai problème concerne Office 2019. Comme Office 2021, il s’agit d’une suite vendue sous la forme d’une licence perpétuelle… mais qui n’a de « perpétuelle » que le nom, finalement. Le support de cette mouture a cessé en octobre 2023, ce qui n’empêchait pas — jusqu’à présent — de s’en servir normalement.

À partir de juillet, ses fonctionnalités seront donc réduites au strict minimum. On peut basculer sur la version web gratuite de Microsoft 365, ou pour ceux qui ont besoin de toutes les fonctions de la suite, s’abonner à Microsoft 365 ou acheter Office 2024. L’entreprise suggère aussi de changer d’appareil et d’acquérir un nouveau Mac, iPhone, iPad ou PC… Facile à dire !

Le compte à rebours pour les utilisateurs d’Office 2021 ne va pas tarder, puisque la fin du support est programmée le 13 octobre 2026. Là encore, Microsoft ne devrait pas empêcher de se servir de toutes les fonctions, mais pour combien de temps ? L’éditeur précise tout de même que dans tous les cas, les fichiers ne sont heureusement pas affectés.

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Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

Essaie encore une fois
Intel dans la course aux consoles portables avec la nouvelle gamme Arc G3

Intel se lance sérieusement à l’assaut du marché des consoles portables qui n’a d’yeux que pour AMD. La nouvelle famille de puces Arc G3 va équiper plusieurs nouveautés signées MSI, Acer et OneXPlayer.

Intel avait trempé un doigt de pied dans le marché des consoles portables avec le Core Ultra 155H utilisé par MSI dans la Claw, en 2024. Cette première incursion s’est transformée en désastre, la puce offrant des performances bien en deçà du silicium d’AMD sur des consoles plus anciennes. Intel et MSI avaient rattrapé le coup l’année suivante avec la Claw 8 AI Plus et sa Core Ultra 7 258V.

Intel veut mettre un coup d’arrêt à AMD

Malgré tout, il manquait au catalogue du géant américain une gamme de puces dédiée au jeu portable capable de se mesurer à toute la puissance des Ryzen Z d’AMD. C’est désormais chose faite, avec les Arc G3 et G3 Extreme. Ces deux modèles s’appuient sur l’architecture des Core Ultra Series 3 (Panther Lake), et ils sont fabriqués avec le procédé 18A, le nœud de classe 1,8 nanomètre sur lequel Intel mise beaucoup.

Les deux puces embarquent un CPU doté de 14 cœurs : 2x P (performants), 8x E (efficients) et 4x LP-E (efficients basse consommation). Les cœurs P tournent à un maximum de 4,6 GHz pour l’Arc G3, et 4,7 GHz pour la déclinaison Extreme. Chacun embarque 12 Mo de mémoire cache L3, jusqu’à 96 Go de mémoire LPDDR5X, pour une enveloppe thermique comprise entre 8 et 35 W, et un NPU de 46 TOPS.

Au-delà du processeur, c’est surtout le GPU intégré qui nous intéresse ici. Intel accole un Arc B370 équipé de 10 cœurs Xe3 jusqu’à 2,2 GHz sur le G3, et un Arc B390 avec 12 cœurs jusqu’à 2,3 GHz sur le modèle Extreme. Le groupe ne précise par contre pas la consommation.

Les iGPU du fondeur ont bonne presse et Intel affirme qu’il proposera un suivi 0-day des pilotes pour les nouveaux jeux. À confirmer dans les mois à venir. Les benchmarks d’un portable de démonstration réalisés en début d’année par Tom’s Hardware confirment les bonnes dispositions du composant, avec un framerate solide qui tourne autour de 60 FPS sur des jeux récents en 1080p.

Image : Intel

La question de l’autonomie reste posée, car elle est évidemment essentielle sur les consoles portables. Intel met en avant le support du XeSS 3, la technologie d’upscale maison. Outre l’upscaling IA, le XeSS 3 combine la génération d’images et une latence réduite. C’est la réponse d’Intel aux technologies similaires chez NVIDIA et AMD.

Intel ajoute au lot une fonction de précompilation des shaders depuis le nuage pour une sélection de titres, de quoi en accélérer le lancement (les joueurs sont bien trop souvent soumis à une longue attente, le temps de calculer les shaders). La gamme Arc G3 apporte également le support du Wi-Fi 7 avec prise en charge des fonctions Release 2 d’Intel (censées optimiser les performance et la gestion du trafic réseau), d’une architecture Bluetooth 6 à double antenne, et du Thunderbolt 4 (40 Gbps).

Grosses perfs, gros prix

Intel ne part pas seul dans la bataille, où le retard à combler est considérable face à AMD. Plusieurs constructeurs ont dévoilé leur jeu avec de nouvelles consoles Windows qui seront présentées plus avant durant le Computex : la Predator Atlas 8 chez Acer, la OneXPlayer 3 et la Claw 8 EX AI Plus de MSI.

La Claw 8 EX AI Plus de MSI. Toutes ces consoles fonctionnent sous Windows 11, avec « l’expérience plein écran » Xbox.
Predator Atlas 8 d’Acer et OneXPlayer 3

Ces appareils sont bâtis autour des nouvelles puces Intel, même si seul Acer proposera une déclinaison G3 standard. Les batteries sont volumineuses, elles dépassent les 80 Wh, et les écrans ont une fréquence d’images de 120 Hz et plus.

Hélas, les constructeurs ne précisent pas les prix, mais au vu du contexte actuel — Valve vient d’augmenter les prix du Steam Deck de 240 euros… —, il n’y a pas de miracle à attendre. Le revendeur italien Ollo a affiché le modèle de MSI (1 To de SSD, 32 Go de mémoire) à 1 599 euros.

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Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

La vérité si je mens
Avec Opus 4.8, Claude apprend à dire « je ne sais pas »

Ça n’aura pas traîné : à peine 40 jours après le lancement d’Opus 4.7, Anthropic remet le couvert avec une nouvelle version de son modèle IA le plus avancé (hors Mythos). Opus 4.8 inaugure une nouvelle fonction pour améliorer la prise en charge des requêtes très complexes, réduire les erreurs, ainsi qu’un nouveau mode « fast » pour brûler moins de tokens.

Impossible d’arrêter le feu roulant des nouveaux modèles chez Anthropic. Opus 4.7 remonte au 16 avril, mais il est déjà passé de mode : son successeur, Opus 4.8, a en effet été annoncé par le labo IA. Le modèle apporte des améliorations « modestes mais tangibles », affirme l’entreprise, à commencer par… une plus grande prudence quand il ne sait pas quelque chose.

Plus d’honnêteté, moins de tokens

Selon les testeurs cités par Anthropic, Opus 4.8 se montre plus honnête : il signale plus facilement ses incertitudes, évite les affirmations qui ne sont pas vérifiées et laisse moins passer de bugs sans les mentionner. « Un problème général avec les modèles d’IA, c’est qu’ils tirent parfois des conclusions hâtives, en affirmant avec assurance avoir progressé dans leur travail alors que les preuves sont minces », explique la startup. Elle affirme que le nouveau modèle est « environ quatre fois moins susceptible » de laisser des défauts non signalés dans le code, par rapport à son prédécesseur.

Autre nouveauté : une fonction expérimentale baptisée « dynamic workflows » pour Claude Code. Le modèle est en mesure de gérer de très gros projets logiciels en parallèle, ce qui lui permet de les découper en petits bouts, de lancer des centaines de sous-agents en simultané et de vérifier automatiquement les résultats avant de répondre. Anthropic donne en exemple une migration massive de bases de code contenant « des centaines de milliers de lignes ».

Image : Anthropic

En termes de benchmarks, Opus 4.8 affiche des gains incrémentaux sur la plupart des tests (+ 4,9 points sur SWE-Bench Pro,+ 8,5 points sur Terminal-Bench…). Anthropic ne fait pas de bond spectaculaire ici, mais améliore l’existant par petites touches et maintient sa position sur les tâches agentiques. C’est cohérent avec la stratégie de la startup qui vise d’abord les développeurs et les entreprises : sur SWE-Bench Pro (agents de programmation), Opus 4.8 est loin devant GPT-5.5 et Gemini 3.1 Pro. Le modèle d’OpenAI reste cependant le patron sur Terminal-Bench, qui mesure des tâches très proches d’un vrai environnement développeur.

La brûlure des tokens

Un des changements les plus importants de cette nouvelle livrée est un réglage d’effort dans claude.ai et Cowork. L’utilisateur peut sélectionner le niveau de ressources à consacrer à une réponse : un effort « faible » retournera des réponses moins précises mais le processus de réflexion sera plus rapide et surtout moins coûteux, à l’inverse d’un effort plus élevé. Par défaut, Opus 4.8 est réglé sur un effort élevé, qui offre selon Anthrophic le meilleur équilibre entre « qualité et expérience utilisateur ».

Sur les travaux de code, ce niveau d’effort consomme le même volume de tokens qu’Opus 4.7 par défaut, « mais avec de meilleures performances ». Cette question des tokens est devenu très sensible, Opus 4.7 se montrant très gourmand en la matière. Une critique qui n’a pas échappé à Anthropic : les limites d’utilisation dans Claude Code ont été relevées pour les niveaux d’effort supérieurs.

Toujours dans cette même optique, Anthropic a révisé fortement à la baisse le coût du mode « rapide » pour Opus 4.8, désormais trois fois moins onéreux que son équivalent sur Opus 4.7. Ce mode, qui travaille 2,5 fois plus vite, revient maintenant à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie. C’est trois fois moins cher que pour les précédents modèles (30/150 dollars). Les tarifs pour un usage standard d’Opus 4.8 ne changent pas : 5 dollars par million de tokens en entrée, 25 dollars en sortie.

Enfin, fidèle à une stratégie marketing bien rodée, Anthropic fait miroiter le lancement « dans les prochaines semaines » de modèles grand public basés sur Mythos, le fameux LLM tellement balaise qu’il n’est distribué qu’au compte-goutte au travers du projet Glasswing.

L’entreprise explique que le développement de garde-fous avance bien. Ces mécanismes de sécurité seraient nécessaires pour éviter que les capacités de Mythos ne puissent servir aux pirates pour exploiter des failles. Ces nouveautés et cette agitation autour de Mythos est de bon aloi, alors qu’Anthropic s’apprête selon les rumeurs à se lancer en bourse d’ici la fin de l’année, alors même que l’entreprise vient de boucler une nouvelle levée de fonds record.

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☕️ Face au MacBook Neo, Qualcomm dévoile une puce pour PC Windows à 300 dollars



La présentation début mars du MacBook Neo a secoué l’industrie PC. Apple a su construire un ordinateur portable solide et suffisamment performant pour les tâches du quotidien, le tout au prix imbattable (pour un Mac portable) de 699 euros. Et même 599 euros pour les étudiants. Le succès a manifestement été au rendez-vous, les délais de livraison s’étant rapidement allongés peu après le lancement, pour revenir à des délais plus raisonnables (1 à 2 semaines).

Le constructeur de Cupertino a pris de court ses rivaux, qui ne sont pas aidés par une crise de la mémoire dévastatrice pour les marges. Qualcomm relève pourtant le gant, avec une nouvelle puce Snapdragon C. Cette « plateforme » d’entrée de gamme va motoriser des PC portables sous Windows à prix plancher : à partir de 300 dollars… Acer, HP et Lenovo devraient proposer leurs premiers modèles dans le courant de l’année.

Image : Qualcomm

Qualcomm promet une bonne réactivité pour des ordinateurs silencieux, qui tiennent une journée loin d’une prise électrique, et qui ne se transforment pas en radiateur d’appoint au moindre lancement de Chrome. En termes de performances, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles : les applications ou les jeux 3D très gourmands ne seront pas à leur place ici. En revanche, la navigation web, le streaming vidéo et le travail bureautique ne devraient pas poser de problème au quotidien.

Qualcomm oblige, la Snapdragon C embarque aussi des capacités IA en local avec un NPU intégré, même si l’entreprise n’en dit guère plus sur le sujet… ni d’ailleurs sur la fiche technique. Les futurs PC équipés de cette puce ne répondront pas à la liste d’exigences Copilot+, notamment les 40 TOPS pour le NPU.

Qualcomm a aussi indiqué que le processeur de la puce Snapdragon C n’était pas composé de cœurs Oryon, qui sont les moteurs des CPU des Snapdragon X plus haut de gamme, mais des Kryo que l’on retrouve dans des smartphones.

De même, il est peu probable que ces portables emportent 16 Go de RAM ou un SSD confortable, au vu des prix ahurissants des composants. Pour être certifié Copilot+, un PC doit aussi avoir au moins 16 Go de mémoire et de 250 Go de SSD, pour rappel (en plus des 40 TOPS du NPU). Le MacBook Neo se contente de 8 Go de mémoire vive et ne monte pas au-delà de 512 Go de stockage.

C’est d’ailleurs confirmé par Acer avec son Aspire Go 15 annoncé en même temps que le Snapdragon C : il ne proposera que « jusqu’à 8 Go de mémoire » (laissant entendre que des modèles avec encore moins de RAM pourraient voir le jour) avec jusqu’à 512 Go de stockage. Pour la partie GPU c’est comme d’habitude : Adreno, sans aucune indication supplémentaire. Acer ne donne pas de prix ni de date de disponibilité pour l’instant.

Il faudra maintenant voir sur pièce ce que donne un PC Windows doté de la Snapdragon C. Sur le plan des performances bien sûr, mais aussi les finitions : pour 300 dollars, difficile d’en demander trop sur les matériaux ou la qualité de l’écran.

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Atari déménage au Luxembourg après 25 ans en France

Ready (to move) Player one
Atari déménage au Luxembourg après 25 ans en France

C’est la mort dans l’âme que la France voit partir un de ses plus grands fleurons technologiques, qui va déménager au Luxembourg : Atari, ou plutôt les actionnaires de l’éditeur mythique de jeux vidéo, ont en effet décidé de voir si l’herbe était plus verte du côté du Grand-Duché. Au-delà de cette accroche certes un rien dramatique, une petite explication s’impose…

Les actionnaires d’Atari ont parlé : le siège juridique de la société va quitter la France pour s’installer au Luxembourg, une décision approuvée à plus de 95 % lors de l’assemblée générale du 27 mai (PDF). L’entreprise change de « nationalité juridique », sans citer de raison particulière.

Game jamais over

On peut raisonnablement penser que ce n’est pas pour profiter de l’air plus frais du Luxembourg, mais plutôt du cadre juridique et financier jugé plus flexible qu’en France. Le Grand-Duché est très utilisé par les groupes européens cotés. Les actionnaires ayant voté contre ce déménagement peuvent quitter le navire en cédant leurs parts à la société ; les sommes seront versées au plus tard à la fin du mois de septembre. Les actionnaires ont aussi la possibilité de les revendre sur le marché.

Ce n’est que le dernier avatar d’une histoire qui compte autant de rebondissements qu’une partie de Pong. Atari, c’est évidemment une entreprise créée en Californie en 1972 par Nolan Bushnell et Ted Dabney. Elle devient célèbre avec ses bornes d’arcade, des jeux fondateurs comme Asteroids et Breakout, et surtout la console Atari 2600. Atari devient un des plus grands noms du secteur, une marque synonyme de jeu vidéo aux États-Unis.

Atari a lancé en 2024 une réédition de la console 7800, sortie à l’origine en 1986.

Les années 80 n’ont pas été tendres pour l’entreprise, avec le crash du secteur en 1983, puis la scission l’année suivante entre Atari Games (la branche arcade) et Atari Corporation (la branche consoles et ordinateurs) opérée par le propriétaire de l’époque, le groupe Warner. Des branches historiques qui finissent par disparaitre progressivement du paysage après une stratégie hasardeuse de cessions tous azimuts pour la première, et des flops monumentaux (les consoles Lynx et Jaguar) pour la seconde.

En 1996, après l’échec de la Jaguar, Atari Corp fusionne avec JTS, un constructeur de disques dur. Deux ans plus tard, Hasbro Interactive rachète l’entité, rebaptisée Atari Interactive, et se fait oublier. Atari Games est rachetée en 1996 par Midway Games, qui retire la marque des bornes d’arcade pour éviter toute confusion avec Atari Interactive. De fait, cela signe l’arrêt de mort d’Atari Games.

Comment dit-on Atari en français ?

C’est en 2001 qu’Atari revient sur le devant de la scène… en France. L’éditeur historique français Infogrames s’offre en effet Hasbro Interactive, et donc les droits sur la marque Atari. Deux ans plus tard (et en résumé car c’est infiniment plus compliqué que ça…), Infogrames adopte le nom Atari, qui n’entretient plus aucun rapport avec l’entreprise originelle. Le groupe essuie de lourdes pertes ainsi que la faillite de la filiale américaine en 2013.

Depuis quelques années, Atari a repris du poil de la bête en suivant une feuille de route axée sur le rétro-gaming : l’éditeur lance régulièrement des remakes de ses jeux les plus célèbres, commercialise des consoles (et du merchandising) rétro, et a multiplié les acquisitions de catalogues et de petits studios spécialisés dans la restauration et la préservation de vieux jeux.

La stratégie est payante. Pour son exercice fiscal 2026, Atari prévoit un chiffre d’affaires de 51 millions de dollars, avec une croissance organique de 40 % environ. C’est la troisième année consécutive de croissance, avec des revenus au plus haut niveau depuis plus de dix ans. On est loin des cadors de l’industrie, mais le redressement n’en reste pas moins spectaculaire pour ce qui était considéré il y a encore peu comme une société zombie. Et ce déménagement signale aussi qu’Atari cherche à se positionner comme un groupe à visée internationale, tout en profitant de la fiscalité avantageuse du Luxembourg.

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Data center, AGI, industrie : Mistral AI sur tous les fronts

Petit Poucet veut devenir grand
Data center, AGI, industrie : Mistral AI sur tous les fronts

Grosse actualité autour de Mistral AI, le petit Poucet européen de l’intelligence artificielle générative. À l’occasion de l’AI Now Summit, la startup parisienne et son directeur général Arthur Mensch ont multiplié les annonces : centre de données, partenariats industriels, acquisition, nouveaux outils…

Ne l’appelez plus LeChat. Mistral a rebaptisé son chatbot « Vibe », et lui a donné de nouvelles compétences. Le mode Work se connecte à Outlook, SharePoint, GitHub ou encore Slack (d’autres connecteurs sont disponibles) pour générer des rapports, des synthèses, des graphiques, des listes de tâches… Des compétences (skills) personnalisables peuvent automatiser les flux de travail récurrents « avec cohérence et précision » dans l’enchaînement des tâches.

Un mode Code est également présent pour développer et gérer des projets sur GitHub. Vibe s’interface avec VS Code mais peut aussi s’utiliser dans une interface CLI. Le bot Vibe se décline en plusieurs formules : une gratuite pour les tâches de tous les jours et pour taper la discute, à partir de 14,99 $ par mois pour des tâches complexes et de la programmation.

Un nouveau centre de données dans l’Essonne

Mistral AI a également annoncé un nouveau centre de données basé aux Ulis, qui déploiera 10 MW pour les opérations d’inférence de l’entreprise. Cette infrastructure, qui ouvrira ses portes dès le 3ᵉ trimestre, s’ajoute aux sites de Bruyères-le-Châtel, également en Essonne (40 MW), et à Borlänge en Suède (23 MW).

Durant une conférence de presse relayée par Ouest France, les dirigeants de Mistral ont précisé que l’entreprise allait avoir besoin de 200 MW en 2027, et d’1 GW d’ici la fin de la décennie. Cette capacité de calcul supplémentaire servira aussi bien les clients de Mistral, que d’autres entreprises IA. « Les labos d’IA ont cruellement besoin de puissance de calcul, et nous en avons. Certains nous demandent déjà énormément de capacité aujourd’hui », a expliqué le PDG Arthur Mensch à CNBC.

Les investissements pour ces infrastructures s’établissent pour le moment à 4 milliards d’euros, et il en faudra certainement davantage. « L’Europe accuse un retard dans le déploiement des infrastructures, et nous investissons donc pour combler cet écart », indique le dirigeant. Le Vieux Continent est confronté, selon lui, à des problèmes technologique et macroéconomique : l’Europe commencerait à considérer l’IA comme un actif stratégique au même titre que le gaz.

Une plateforme industrielle pour Mistral

Autre annonce réalisée dans le cadre de l’AI Now Summit, organisé ce jeudi 28 mai : le lancement d’une solution industrielle pour « transformer les opérations critiques ». Cette « pile IA » combine modèles, expertise en ingénierie et capacités robotiques, tout en conservant un « contrôle total » sur les données propriétaires, la propriété intellectuelle et les environnements de production.

Au-delà du discours marketing, Mistral liste les premiers partenaires de ce nouveau programme : Airbus, BMW, ASML et EDF. L’avionneur européen intègre les technologies IA de la jeune pousse pour les opérations en lien avec la conception et les capacités embarquées des avions et des hélicoptères, mais aussi dans ses activités de défense et spatiales. Pour BMW, Mistral développe des modèles de raisonnement multimodaux à partir de données d’ingénierie pour des usages complexes comme les simulations d’accident.

Avec le géant néerlandais (et mondial) des équipements pour semi-conducteurs, Mistral planche sur des cas d’usage d’ingénierie « particulièrement complexes » : optimisation de la conception des composants et modèles hyperspécialisés. Enfin, EDF et Mistral ont signé un partenariat de 5 ans autour de l’ingénierie, de la maintenance et de la construction des futurs réacteurs EPR2.

Des bots exploiteront la « mémoire technique » du parc nucléaire de l’énergéticien pour épauler les équipes de terrain et faciliter les opérations de maintenance. Les données seront hébergées dans des infrastructures souveraines, et resteront la propriété d’EDF.

Toujours dans le domaine de l’entreprise, Mistral a rappelé l’acquisition d’Emmi, une société autrichienne spécialisée dans les modèles d’ingénierie et de conception produit : simulations en temps réel, jumeaux numériques… Ces exemples illustrent le modèle économique de Mistral, qui propose des modèles IA adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. Certes, la startup propose aussi des outils grand public, mais les LLM géants et généralistes ne sont pas sa priorité.

Travail, souveraineté, puces maison…

Arthur Mensch a également fait le tour des popotes, que ce soit en France ou aux États-Unis, pour discuter plus généralement de l’IA et de son impact. Chez RTL, il a ainsi décrit la « nouvelle façon de travailler » induite par cette technologie. Cela touche les métiers de l’informatique et singulièrement celui des développeurs, mais à terme « ça va finir par arriver partout […] pour tous les métiers de la connaissance ».

Un point de vue évidemment optimiste, mais le dirigeant convient qu’il existe un « vrai sujet » sur l’aliénation des salariés par l’IA. Pour lui, « il faut faire en sorte que l’utilisateur de l’outil s’enrichisse grâce à l’outil, plutôt qu’il ne désapprenne la tâche qu’il délègue ».

Sur un tout autre sujet, Mensch n’a pas fermé la porte à la possibilité de développer ses propres puces. Concevoir un silicium adapté aux besoins de l’entreprise lui permettrait de « réduire de manière significative le coût du déploiement des tokens », déclare-t-il chez CNBC. À l’heure actuelle, Mistral s’appuie sur Nvidia, « un super partenaire ».

La société s’intéresse également, sans surprise, à l’intelligence artificielle générale (AGI), et alerte sur la situation européenne. « Très bientôt, nous verrons probablement émerger une AGI ou une superintelligence », a indiqué le directeur scientifique Guillaume Lample au Wall Street Journal : « Il est donc très important que nous ayons aussi accès à ces modèles en Europe. Si nous n’y avons pas accès, on ne peut qu’imaginer la gravité de la situation. Il est absolument essentiel que nous y parvenions ».

La question de la souveraineté est centrale pour Mistral. « Tant que nous aurons des adversaires représentant une menace, nous devons disposer de nos propres capacités », affirme Arthur Mensch. « L’Europe, en particulier, doit disposer d’une autonomie stratégique en matière de systèmes de défense. » Cela passera notamment par le développement d’un modèle spécialisé dans la détection de failles de sécurité. Mistral est sur le pont, et travaille avec le secteur bancaire sur un équivalent de Mythos.

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☕️ Produits dangereux ou illicites : Temu condamné à 200 millions d’euros



Temu a enfreint le règlement européen sur les services numériques : en conséquence, la plateforme chinoise écope d’une amende de 200 millions d’euros. Et la douloureuse pourrait être encore plus salée.

Bruxelles inflige une amende de 200 millions d’euros à Temu, qui n’a pas su correctement évaluer les risques liés à la vente de produits illégaux ou dangereux. La Commission estime aussi que les consommateurs européens ont « très probablement » été exposés à ces produits. « Les évaluations des risques ne sont pas de simples exercices administratifs à cocher sur une liste : elles constituent l’épine dorsale du DSA », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente en charge de la Souveraineté technologique.

Illustration : Flock

Le règlement européen impose aux très grandes plateformes d’analyser les risques systémiques liés à leurs services, de documenter ces risques et de mettre en place des mesures adaptées pour réduire ces risques. L’évaluation effectuée par Temu en 2024 a échoué sur plusieurs points importants, d’après l’enquête du régulateur. Elle reposait en effet sur des informations générales du secteur du commerce en ligne, pas sur des données spécifiques à Temu.

La plateforme aurait aussi fortement sous-estimé la fréquence à laquelle les utilisateurs européens tombent sur des produits illégaux. Enfin, Temu n’aurait pas suffisamment étudié l’impact de ses algorithmes de recommandation sur la distribution de ses produits. Bruxelles évoque également un exercice de « shopping mystère » ayant démontré la défaillance aux contrôles de sécurité basiques de chargeurs. Plusieurs jouets pour bébés contenaient des substances chimiques interdites ou qui présentaient des risques d’étouffement.

L’enquête avait été initiée suite à un signalement du BEUC, le bureau européen des unions de consommateurs. Rapidement, la Commission avait élargi ses investigations à Shein.

La sanction européenne est significative, mais ce n’est finalement qu’un symbole sachant que le DSA permet, en théorie, des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial annuel. La Commission veut surtout mettre la pression sur Temu, en lui demandant de fournir, d’ici au 28 août, un plan d’action détaillé pour remédier aux graves problèmes relevés par l’enquête. La plateforme devra expliquer comment elle compte mieux évaluer les risques, les mesures mises en place, et la manière dont elle réduira l’exposition des consommateurs européens à ces produits illégaux ou dangereux.

Des pénalités financières supplémentaires pourraient être imposées à Temu en cas de manquement répété à ses obligations. Dans une déclaration, l’entreprise affirme respecter les objectifs du DSA « ainsi que la nécessité de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique ». Elle conteste la décision de la Commission européenne, qui « concerne notre première évaluation au titre du DSA en 2024 et ne reflète pas l’état actuel de nos systèmes ». Elle affirme que, depuis, des mesures supplémentaires ont été mises en œuvre.

Ce dossier touche à un point sensible depuis plusieurs mois : l’arrivée massive sur le sol européen de produits bon marché expédiés directement depuis la Chine.

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Meta teste un abonnement pour ses principaux services, de WhatsApp à l’IA

Une 'tite pièce pour rester prop'
Meta teste un abonnement pour ses principaux services, de WhatsApp à l’IA

Si le modèle économique de Meta repose toujours massivement sur le ciblage publicitaire, le géant des réseaux sociaux vient de lancer une offensive impressionnante (et quelque peu confuse) sur le front des abonnements payants. WhatsApp, Instagram, Facebook, Meta AI, tous les services y passent.

L’avenir est manifestement aux abonnements chez Meta. L’entreprise de Mark Zuckerberg a dégainé un feu nourri de formules payantes pour ses différents réseaux sociaux qui, sans supprimer la publicité (contrairement aux offres en Europe), apportent des avantages de confort ou pour les usages professionnels.

Des stickers premium et encore plus d’IA

Côté grand public, Meta va proposer trois abonnements. D’abord WhatsApp Plus à 2,99 $ par mois, axé sur la personnalisation avec des thèmes, des sonneries, des autocollants premium, et quelques babioles « qualité de vie » comme la personnalisation des listes et davantage de conversations à épingler. Cette formule avait fuité il y a quelques semaines.

Instagram et Facebook vont aussi avoir droit à leur offre Plus (à 3,99 $ par mois). Au menu : quelques outils de visibilité comme la mise en avant d’une Story et des statistiques avancées, ainsi que des fonctions de personnalisation (réactions animées, profil…). Ces abonnements n’ont pas vocation à remplacer le programme Meta Verified, qui propose la vérification du compte et la protection contre les usurpations d’identité.

Pour les créateurs et les entreprises, deux offres sont proposées : Meta One Essential à 14,99 $ par mois, et Meta One Advanced à 49,99 $. Elles comprennent les mêmes privilèges que Meta Verified plus une page de liens enrichie, et pour la formule Advanced, une meilleure visibilité dans Facebook et Instagram, la mise en avant dans les résultats de recherche, des outils analytiques plus poussés et de planification, le partage d’accès avec des modérateurs, ou encore des alertes de réutilisation de contenu.

Enfin, Meta voudrait bien commencer à rentabiliser les investissements énormes du groupe dans l’intelligence artificielle. L’entreprise estime que l’IA améliore déjà l’efficacité du ciblage publicitaire, mais elle cherche aussi d’autres sources de revenus, alors pourquoi pas des abonnements.

Deux offres Meta AI vont ainsi être commercialisés. La première, Meta One Plus (7,99 $ par mois), relève le plafond des capacités de génération d’images et de vidéos, autorise des requêtes plus longues ainsi que des fonctions de raisonnement étendu. Meta One Premium, à 19,99 $, comprend davantage de requêtes lourdes et encore plus de génération de contenus (Meta ne précise pas la limite). La version gratuite de Meta AI ne change pas, elle reste toujours disponible.

Ces abonnements IA, dont les tests débuteront à Singapour, au Guatemala et en Bolivie, devraient inclure à l’avenir des avantages liés aux lunettes connectées Ray Ban. Les formules créateurs et PME débuteront en Arabie saoudite, au Maroc, en Thaïlande et au Bangladesh. Meta a l’intention de déployer largement toutes ces nouveautés, sans qu’on sache quand elles débarqueront sur les rives du Vieux continent.

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☕️ Amazon MGM Studios veut industrialiser les séries générées par IA



Hollywood commence à intégrer l’IA générative à tâtons et de manière un peu désordonnée. De nombreuses initiatives plus ou moins farfelues ont vu le jour, comme la fausse « comédienne » Tilly Norwood qui a surtout permis à ses créateurs de buzzer. Ou encore l’intégration d’un clone virtuel de Val Kilmer dans un film. On a aussi eu le malheur de poser les yeux sur la série On This Day… 1776 entièrement générée par IA. Réalisée par Darren Aronofsky, elle commémore le 250e anniversaire des États-Unis.

Plus sérieusement, la série argentine El Eternauta a été la première diffusée par Netflix à intégrer une séquence d’effets spéciaux générée par IA. Depuis, la plateforme a établi des principes généraux pour encadrer l’utilisation de cette technologie dans la production de ses contenus.

On pourrait multiplier les exemples de l’incursion de l’IA générative dans les films et les séries télé, malgré les craintes d’une bonne partie de la filière. Un poids lourd de l’industrie a dévoilé ses cartes : il s’agit des studios MGM, ce qui n’est pas une très grande surprise vu le propriétaire, Amazon, très impliqué dans cette technologie.

Le studio a ainsi annoncé le lancement du programme GenAI Creators’ Fund, qui financera des réalisateurs, des créateurs et des startups travaillant sur des films et des séries exploitant l’IA générative. Amazon MGM Studios travaille, en toute logique, avec AWS sur le développement de la courroie de transmission technique, le « projet Nara », une plateforme de production IA.

Elle intègre des outils déjà utilisés dans l’industrie comme Maya, Blender, le moteur Unreal ou encore la suite Adobe, et peut développer des séries d’animation ou en prises de vue réelles. Son architecture est « agnostique », elle combine plusieurs modèles vidéo tiers ainsi que des modèles maison. Un système de suivi a été mis au point pour protéger la propriété intellectuelle de tout ce petit monde.

Trois séries animées ont déjà été commandées par Prime Video, avec une diffusion prévue dans un futur proche. Les producteurs ont cinq semaines pour finaliser leur pilote, afin de démontrer la rapidité du processus. Amazon affirme que le projet Nara permettra non seulement de réduire les coûts et d’accélérer la production, mais aussi d’obtenir un plus grand contrôle créatif d’un bout à l’autre du contenu.

Histoire de rassurer, Albert Cheng, responsable du studio, insiste sur l’approche « centrée sur l’humain » du projet. « Le GenAI Creators’ Fund et le projet Nara placent la créativité humaine au cœur de nos efforts pour intégrer l’IA générative dans nos processus de production chez Amazon MGM Studios », explique-t-il. Les acteurs et comédiens de doublage seront toujours embauchés, et l’IA n’a pas pour vocation de remplacer les équipes créatives de chair et de sang. Chiche ?

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☕️ Valve augmente les prix du Steam Deck de plus de 35 %



Les joueurs qui ont attendu trop longtemps avant d’acheter un Steam Deck OLED en seront pour leurs frais. Valve a en effet relevé les prix de sa console portable, et pas qu’un peu. La version 512 Go coûte désormais 779 euros, soit 210 euros de plus qu’auparavant. La déclinaison 1 To revient maintenant à 919 euros, ce qui représente une augmentation de 240 euros par rapport au lancement, en novembre 2023.

Image : Valve.

Cette flambée, qui dépasse les 35 %, ne concerne pas les Steam Deck avec écran LCD qui ne sont plus vendus que dans la boutique reconditionnée de Valve. On peut actuellement en trouver à partir de 299 euros pour la version 64 Go. Pour ceux qui voudraient la mouture OLED en revanche, la facture est franchement salée et rapproche le Steam Deck de concurrents plus récents et plus puissants. Le prix public de la ROG Xbox Ally X d’Asus est de 999 euros.

Les Steam Deck OLED pointaient depuis quelques semaines aux abonnés absents dans plusieurs boutiques de Valve (notamment aux États-Unis). Le constructeur a refait les stocks, mais « la hausse des coûts de la mémoire et du stockage » est passée par là, comme il l’explique. Si les prix ont fortement augmenté, « le produit lui-même n’a pas changé », ajoute-t-il. Le groupe se justifie en évoquant « le coût des composants et d’autres contraintes logistiques mondiales qui se répercutent dans l’ensemble du secteur. »

Une explication qui ne surprendra personne, puisque la crise de la mémoire due à l’appétit vorace des centres de données IA frappe dur l’ensemble de l’industrie, à l’image de la fondation Raspberry Pi. Il y a bien quelques gagnants bien sûr, comme les fabricants des composants mémoire… mais pas les consommateurs lambda.

Tout cela est de mauvais augure pour la Steam Machine, pour laquelle Valve n’a toujours pas annoncé de prix. La console de salon se déclinera en deux modèles : 512 Go et 2 To de stockage, 8 Go de mémoire vidéo et 16 Go de RAM DDR5. Les consoliers choisissent en général de répercuter sur les joueurs la douloureuse liée à la mémoire : Microsoft, Sony et Nintendo ont augmenté les prix de leurs consoles, à rebours des usages du secteur depuis toujours.

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☕️ YouTube va détecter automatiquement les vidéos générées avec l’IA



Sur YouTube, personne ne sait que vous êtes une IA… enfin presque. Depuis 2024, une étiquette prévient les spectateurs de la présence de contenus altérés ou synthétiques dans les vidéos — pour peu que les créateurs aient précisé l’utilisation d’outils IA. La plateforme a annoncé des changements pour afficher plus clairement la couleur, d’abord avec une étiquette « AI » placée en filigrane sur les Shorts et au-dessus de la description d’une vidéo longue.

« En plaçant ces étiquettes directement au premier plan, les spectateurs obtiennent immédiatement le contexte dont ils ont besoin », explique YouTube. La précédente version n’était effectivement pas très claire et évitait de parler d’IA. « Il s’agit désormais du format d’étiquetage unique pour tous les contenus photoréalistes générés ou modifiés de manière significative par l’IA sur YouTube », ajoute l’entreprise.

L’étiquette AI de YouTube.

Les contenus « irréalistes, animés ou légèrement modifiés » présents dans les vidéos seront quant à eux identifiés de la sorte dans la description détaillée, sans l’étiquette AI. Mais le plus important est que YouTube va désormais détecter automatiquement les contenus IA, tout en continuant à exiger des créateurs qu’ils signalent manuellement l’utilisation d’une IA photoréaliste.

Si le système identifie la présence importante d’IA dans une vidéo, l’étiquette sera apposée sur le contenu, même si le créateur ne précise pas s’il a utilisé ou non de l’IA. En cas de désaccord avec la décision de YouTube, il pourra mettre à jour le statut de cette mention dans les réglages de la vidéo.

Néanmoins, ces labels resteront permanents dans certains cas, par exemple quand les vidéos ont été créées avec des outils IA de YouTube, ainsi que celles intégrant des métadonnées C2PA. Cette coalition fondée en 2021 est à l’origine de plusieurs standards d’étiquetage de contenus avec des métadonnées, comme le nom de l’auteur, la date de création du contenu et la manière dont il a été fabriqué (« à la main » ou avec IA).

En matière d’outils de création IA, YouTube a mis les bouchées doubles ces derniers mois. Le plus connu est certainement Dream Screen, qui permet de générer des décors animés en arrière-plan en les décrivant avec une requête texte (« une plage au coucher du soleil »). Le modèle Veo est également à l’œuvre pour « ajouter » du mouvement à une image, modifier le style d’une vidéo, ou générer des objets et des accessoires.

La plateforme pousse aussi à l’adoption d’Auto Dubbing, un système de doublage automatique qui traduit et double une vidéo dans plusieurs langues (27 sont prises en charge). Et elle travaille à améliorer la synchronisation labiale, sur la qualité des voix synthétiques et sur une meilleure adaptation culturelle des doublages générés.

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☕️ Face aux vols à l’arraché, Apple prépare un nouvel antivol pour l’iPhone



Face à des voleurs à la tire toujours mieux organisés, les constructeurs de smartphones multiplient les systèmes de protection. Apple planche ainsi sur une nouvelle fonction antivol qui combine plusieurs signaux de l’iPhone et met à contribution l’Apple Watch.

Selon du code analysé par le site 9to5Mac, une nouvelle fonctionnalité antivol pourrait apparaître sous peu pour les iPhone. Elle se base sur plusieurs signaux, à commencer par l’analyse de l’accéléromètre : un smartphone arraché des mains de son propriétaire provoque des mouvements inattendus du capteur. L’appareil pourrait alors se verrouiller automatiquement.

L’antivol pourra aussi prendre en compte la distance entre l’iPhone et l’Apple Watch associée. La fonction vérifiera également si le smartphone est connecté à un réseau Wi-Fi connu, comme à la maison ou au bureau. Si les informations renvoyés par ces signaux sont suspects, elles pourront provoquer le verrouillage de l’iPhone. On ignore quand la fonctionnalité sera activée, mais elle est en développement.

Tout cela n’est pas inédit. Google propose un système de verrouillage en cas de détection de vol très similaire pour les smartphones Android : « si quelqu’un vous arrache le téléphone des mains et s’en va en courant, à vélo ou en voiture, le verrouillage en cas de détection de vol peut s’activer. » Personne ne s’offusquera que dans le domaine des antivols, Apple et Google s’inspirent l’un l’autre.

Un iPhone peut exiger un délai pour modifier les réglages de sécurité quand l’appareil ne se trouve pas dans un lieu connu.

Au fil des années, les deux constructeurs ont mis au point de nombreux systèmes de protection des données en cas de vol (ici chez Apple, chez Google). Tous ces dispositifs rendent très difficile la revente de smartphones verrouillés. Si les margoulins peuvent toujours les démonter pour récupérer des composants, plusieurs d’entre eux sont liés matériellement ou logiciellement à l’appareil, ce qui en réduit fortement la valeur sur le marché parallèle.

C’est pourquoi les smartphones déverrouillés sont devenus une prise de choix pour les voleurs. D’où la nécessité de trouver des mécanismes antivol dans ce cas précis.

Le New York Times rapportait récemment la nouvelle tactique extrêmement agressive des voleurs de smartphones à Londres. Les victimes ou leurs proches reçoivent des messages de plus en plus menaçants pour les pousser à désactiver les iPhone volés de leur compte Apple. Des escrocs envoient même des vidéos d’hommes armés et des menaces de mort (!) pour tenter d’obtenir le déverrouillage complet de l’appareil.

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L’Union européenne verrouille ses fréquences satellites face à Starlink et Amazon

La bataille en basse orbite
L’Union européenne verrouille ses fréquences satellites face à Starlink et Amazon

Nouvelle bataille en vue pour la domination des cieux européens. La Commission a officiellement confirmé sa volonté de prendre la main sur une partie importante des fréquences satellites, avec un objectif politique assumé : celui de la souveraineté technologique face à la Chine et surtout aux États-Unis.

Bruxelles entend gérer les attributions de la bande 2 GHz MSS, qui correspond aux fréquences utilisées par les services de satellites mobiles. Comme le rappelle Euronews, ces fréquences ont été attribuées en 2009 à deux opérateurs européens, Viasat et EchoStar. Leur usage est limité (notamment aux appels d’urgence dans une zone blanche), mais la Commission veut les exploiter pour autoriser la connexion directe entre un satellite et un smartphone (« Direct to Device », D2D). Cette bande a aussi des utilisations militaires et gouvernementales.

En attendant IRIS²

La Commission a adopté une proposition qui lui permettra, au renouvellement des fréquences de cette bande (à partir de mai 2027), d’attribuer au niveau européen des autorisations de licence jusque-là largement gérées par les États membres. Ce qui pouvait poser un problème d’harmonisation entre pays. Les opérateurs pourront ainsi lancer leurs services à l’échelle de l’Union européenne, sans devoir négocier avec chaque capitale… même si les États conservent une certaine marge de manœuvre en imposant leurs obligations techniques et des règles de sécurité.

La législation sur les réseaux numériques (ADN), qui repose sur le Code des communications électroniques de l’UE de 2018, a été adoptée le 21 janvier dernier. Elle contient, entre autres, un volet sur « l’harmonisation juridique maximale » visant à faciliter les opérations et la fourniture de services paneuropéens. Parmi les mesures : une autorisation de spectre satellitaire au niveau de l’UE.

Dans le détail, la Commission a décidé de couper en trois la poire de la bande. Le premier tiers est réservé aux usages gouvernementaux et militaires européens, pour les communications critiques et pour s’assurer de la sécurité de ces communications. Ce morceau de fréquences devra être exploité par un opérateur européen et intégré au programme IRIS², la constellation de satellites de l’UE.

À l’origine, le « Starlink » européen devait être opérationnel d’ici 2027. Même si le programme recycle des infrastructures existantes, IRIS² sera plus long à s’élever dans les airs : aux dernières nouvelles (qui remontent au mois de février), ce projet en est toujours dans sa phase de conception et de développement, et cela jusqu’en 2028. Le déploiement est programmé de 2029 à 2030, et l’exploitation entre 2030 et 2037. La pleine capacité opérationnelle est désormais prévue d’ici 2030.

La menace américaine

Voilà pour le premier tiers. Les deux autres tiers seront dévolus aux usages commerciaux : connectivité satellite pour smartphones, objets connectés et services d’urgence. Mais Bruxelles a une idée assez claire des opérateurs qui pourront candidater : la moitié des fréquences est ainsi réservée aux acteurs européens, l’autre moitié est ouverte aux entreprises européennes et non européennes.

On l’aura compris, il s’agit de favoriser l’émergence de fournisseurs européens, tandis que les champions américains (SpaceX, Amazon Leo) auront la portion congrue au nom de la souveraineté. « Plus que jamais, une connectivité satellitaire à haute capacité et largement disponible est essentielle pour renforcer la résilience des réseaux de communication de l’Union européenne », explique Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée de la souveraineté technologique.

Ces infrastructures satellitaires, considérées comme critiques par Bruxelles, sont devenues un enjeu de sécurité pour l’Europe. Le poids lourd américain Starlink, avec sa constellation d’environ 10 000 satellites en basse orbite et ses services d’accès internet et de téléphonie D2D, est devenu essentiel à l’effort de guerre en Ukraine… mais l’entreprise d’Elon Musk reste soumise aux lois américaines sur l’exploitation des données de ses utilisateurs (Cloud Act, FISA).

C’est le cas aussi d’Amazon Leo (anciennement Kuiper), qui s’est d’ailleurs offert récemment Globalstar. Ces deux sociétés doivent aussi composer avec la pression, toujours possible, de la Maison Blanche, dans un contexte de très fortes tensions transatlantiques.

Brendan Carr, le très trumpiste président de la Commission aux communications fédérales (FCC), avait mis en garde l’UE lors de sa visite au salon MWC de Barcelone, au mois de mars. « L’Europe dispose de fournisseurs satellitaires nationaux champions qui réalisent une activité importante aux États-Unis », menaçait-il. « Si l’Europe persiste à suivre une voie de souveraineté satellitaire excluant les fournisseurs qui ne sont pas basés sur le continent, alors les États-Unis devront en tenir compte concernant le traitement réciproque que nous accordons. » Ambiance.

Cette décision de la Commission devrait en tout cas booster les acteurs européens, à l’image d’Eutelsat et de sa constellation OneWeb LEO (600 satellites en basse orbite) combinée à des satellites géostationnaires. Eutelsat fait également partie du consortium SpaceRISE chargé de la mise en œuvre d’IRIS².

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Google I/O : l’overdose d’annonces IA profite à DuckDuckGo

We don't need no AI slop
Google I/O : l’overdose d’annonces IA profite à DuckDuckGo

Durant la dernière Google I/O, le géant du web a voulu galvaniser ses troupes en les noyant sous un torrent incessant de nouveautés IA. Cette avalanche a aussi pu provoquer chez d’autres un effet repoussoir. Résultat : la version « No AI » de DuckDuckGo a enregistré une fréquentation record.

Google a dégainé l’artillerie lourde ces 19 et 20 mai durant son événement I/O, tout particulièrement bien sûr autour de l’IA (c’est le cas de bon nombre d’entreprises du numérique, depuis quelques années). Entre les nouveautés dédiées à Gemini, les agents à gogo, l’outil de vibe coding AI Studio, et même les lunettes connectées infusées à l’IA, il y en avait pour tous les goûts… enfin, pour ceux qui pensent, vivent et mangent IA. Pour les autres, c’est la curée.

La carte du « No AI »

Même si Google est l’acteur archi-dominant de la recherche en ligne, il existe évidemment des alternatives, y compris sans IA comme chez DuckDuckGo. Le moteur de recherche centré sur la protection de la vie privée propose certes ses propres bots et services IA, mais il en existe également une déclinaison « No AI » qui désactive les réponses assistées par IA et supprime les images générées par IA. Elle a connu un joli succès après l’avalanche de Google I/O.

DuckDuckGo No AI.

Aux États-Unis, les visites sur cette mouture du moteur de recherche ont fortement progressé durant le long week-end du Memorial Day (du 23 au 25 mai) : la hausse moyenne s’est établie à 22,7 % par rapport à la semaine précédente, avec un pic à 27,7 % le 24 mai. Les installations de l’app mobile ont elles aussi enregistré une progression substantielle de 18,1 % en moyenne d’une semaine sur l’autre, toujours aux États-Unis.

Les stats d’installation de l’app sur iPhone et iPad ont profité de cet engouement, avec une progression moyenne de 33 %, et même un pic de 69,9 % le 25 mai. La croissance observée outre-Atlantique a été très supérieure à celle enregistrée ailleurs dans le monde, ce qui peut être interprété comme la conséquence des annonces très américano-centrées de l’entreprise.

« Google impose l’IA aux utilisateurs sans leur laisser la possibilité de s’y opposer », décrypte Gabriel Weinberg, fondateur et PDG de DuckDuckGo auprès de Thurrott.com. « Résultat, les résultats de recherche se dégradent au lieu de s’améliorer. Nous voulons être l’endroit qui redonne le contrôle aux utilisateurs et leur permet de décider de la quantité d’IA qu’ils souhaitent – ou non – utiliser », ajoute-t-il.

Ce créneau pourrait bien s’avérer très porteur au vu de la polarisation de plus en plus aiguë entre les pros et les réfractaires à l’IA. Pas fou, DuckDuckGo base d’ailleurs très nettement sa communication sur le rejet que suscite l’IA auprès d’une partie des internautes.

La recherche Google vitrine de l’IA

La recherche en ligne de Google n’a évidemment pas échappé au tsunami d’annonces de Google I/O. L’AI Mode, cette version « bot » de search, fonctionne désormais avec le dernier modèle Gemini 3.5 Flash, tandis que les résumés AI Overviews peuvent répondre à des questions – deux fonctions qui ne sont pas disponibles en France.

L’entreprise inaugure aussi une nouvelle barre de recherche « intelligente », qui signe l’évolution la plus importante depuis 25 ans pour cette fonction centrale de Google : elle peut comprendre des requêtes plus longues et accepter différents types d’entrées (texte, images, fichiers, vidéos et même des onglets Chrome).

La recherche intègre des « agents d’information » qui vont surveiller le web en continu pour suivre un sujet spécifique. Par exemple des annonces immobilières avec des critères précis, ou quand un sportif annonce une collab’ avec une marque de basket. Ces agents seront disponibles dans le courant de l’été pour les abonnés AI Pro et AI Ultra.

Toujours dans ce même registre de la personnalisation des réponses, les nouvelles capacités « Personal Intelligence » de search vont lui permettre de piocher des informations personnelles tirées de Gmail, de Google Photos et de Calendar (pas besoin d’abonnement pour ça).

Google a également annoncé une amélioration des agents de réservation, qui s’étendent à de nouveaux usages comme de trouver une salle de karaoké ou de réserver des services locaux. Le moteur de recherche peut aussi appeler les commerces à la place de l’utilisateur dans certaines catégories (réparation, animaux, beauté). Cette nouveauté sera déployée cet été aux États-Unis.

Enfin, la recherche en ligne va pouvoir générer des tableaux, graphiques, et même des mini-apps (de types simulations ou tableaux de bord). Cela pourra être, par exemple, un système de suivi de remise en forme alimenté par des données puisées dans des avis en ligne ou des cartes.

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Chez Starbucks, l’IA chargée des stocks s’est noyée dans les bouteilles de lait

Ressortez le boulier
Chez Starbucks, l’IA chargée des stocks s’est noyée dans les bouteilles de lait

L’IA n’est pas la réponse à tous les maux du monde, et encore moins chez Starbucks. Le géant états-unien des cafés a fini par retirer une intelligence artificielle qui devait améliorer la gestion des stocks de produits et éviter les pénuries de certains articles. Ça n’a pas du tout marché.

En septembre dernier, Starbucks lançait dans sa chaîne de cafés aux États-Unis et au Canada un nouveau logiciel reposant sur l’IA. Plutôt que de compter à la main les produits en stock, les employés plaçaient une tablette devant les étagères de sirops, de lait et autres articles ; charge ensuite à l’application Automated Counting d’analyser ces informations collectées à l’aide de la caméra et du capteur LIDAR.

Combien de bouteilles de lait ?

Cette technologie devait inaugurer « une optimisation plus intelligente de la chaîne d’approvisionnement » et répondre à une problématique aiguë au sein de Starbucks : les pénuries fréquentes de produits de base qui empêchent de concocter des cafés et autres items au menu — ce qui revient souvent à rater des ventes.

Brian Niccol, le PDG du groupe, s’est engagé à trouver des solutions pour améliorer la rentabilité de ses établissements. Ces cinq dernières années, quatre patrons de Starbucks (qui n’est pas en pénurie de dirigeants, manifestement) ont déploré l’approvisionnement difficile de ses milliers de cafés en produits essentiels comme le lait, les viennoiseries ou tout simplement les couvercles de gobelets.

Pour les experts en logistique, une chaîne d’approvisionnement fiable doit assurer des livraisons complètes et ponctuelles dans 95 % des cas. Début 2024, moins d’un tiers des camions arrivant dans les centres de distribution de Starbucks respectaient ces critères, comme d’anciens employés l’ont affirmé à Reuters. En cause : des difficultés de coordination entre les fournisseurs, nombreux, de l’enseigne.

Cette application devait régler une bonne partie du problème. Las : l’IA ne fait pas tout. Toujours d’après l’agence de presse, elle se trompait fréquemment dans le comptage et l’identification des produits. Il lui arrivait de confondre des types de lait similaires, ou de passer complètement à côté… Impossible dans ces conditions d’avoir un inventaire à jour et prêt pour répondre à toutes les commandes.

Une solution pas si fiable

Le prestataire NomadGo en charge du développement assurait pourtant que sa solution est fiable « à 99 % ». En février, Starbucks faisait toujours preuve d’une solide langue de bois en affirmant à qui voulait l’entendre que l’application avait amélioré la disponibilité des produits. Il aura fallu attendre quelques mois de plus pour arrêter les frais : Automated Counting a été retiré des mains des employés, qui ont repris la routine de comptabiliser les stocks comme avant.

« Notre objectif est simple : si un produit figure au menu, les clients doivent pouvoir le commander », indique l’entreprise dans un communiqué. Sauf en cas de pénurie de stocks, évidemment ! Brian Niccol, en poste depuis septembre 2024, a été recruté pour relancer les ventes et simplifier les opérations dans les cafés de l’enseigne. Il a mis en place un programme, « Back to Starbucks », qui inclut la mise en œuvre de technologies IA pour fluidifier les commandes et épauler les barristas.

Starbucks n’est pas la seule entreprise à essuyer un ratage lié à l’IA. Certains exemples sont tout aussi spectaculaires, comme la borne vocale McDonald’s développée avec IBM, dont les ratés (commandes absurdes, ajouts d’articles inexistants) ont fait les riches heures des petits plaisantins sur les réseaux sociaux. Ces bornes ont été retirées de la circulation en 2024. N’oublions pas non plus l’AI Overview de Google qui a conseillé de fourrer de la colle dans des pizzas pour faire tenir le fromage…

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