Le Summer Game Fest n’aura été qu’une parenthèse enchantée pour une industrie du jeu vidéo en crise permanente. Après avoir présenté leurs futurs titres durant des événements à forte teneur en paillettes ces derniers jours, les éditeurs s’apprêtent à vivre de nouvelles secousses intenses.
Honneur au régional de l’étape, Ubisoft, qui ferme ses studios de Winnipeg et de Belgrade. Le premier, créé en 2018, comptait une centaine d’employés qui travaillaient sur les moteurs de l’éditeur (Anvil et Snowdrop). Fondé en 2016, le studio de Belgrade a contribué au développement de plusieurs hits, dont The Crew 2 et Tom Clancy’s Rainbow Six.
Ubisoft réduit encore la voilure
À cela s’ajoute une restructuration du studio de Barcelone, qui va se concentrer sur les projets en lien avec Rainbow Six, la vache à lait du groupe. Des réductions de postes sont aussi prévues dans la branche Global Publishing. 380 emplois en tout vont être supprimés, selon le décompte du site VGC.
Cette réduction de la voilure s’intègre dans le vaste plan d’économies mené par Ubisoft, qui l’a poussé à annuler au moins six jeux, reporter sept autres, fermer plusieurs studios et réduire les effectifs (dont 200 postes au QG parisien).
Autre acteur majeur du secteur en grande difficulté : Xbox. Asha Sharma, la directrice générale de la division jeux de Microsoft, et son bras droit Matt Booty en charge des contenus, ont rendu public un mémo qui ne laisse planer guère de doute sur les difficultés à venir.
« Nous terminerons cet exercice fiscal avec une marge opérationnelle d’environ 3 %, en recul par rapport à l’an dernier », expliquent les deux responsables dans un exercice de transparence inédit. En excluant Activision Blizzard King, propriété de Microsoft depuis octobre 2023, les dépenses se sont hissées à hauteur de 20 milliards de dollars sur les cinq dernières années : investissements dans les contenus, pour la plateforme et les subventions pour le matériel (les Xbox Series S et X, principalement).
« Pourtant, sur la même période, notre chiffre d’affaires annuel a reculé de près d’un demi-milliard de dollars », déplore le mémo. Une situation qui « ne peut pas perdurer ». Asha Sharma ne va pas au-delà du diagnostic, mais il ne fait aucun doute que des coupes claires sont à prévoir.
Bloomberg annonce ainsi qu’une nouvelle restructuration de Xbox est dans les tuyaux et qu’elle pourrait être annoncée peu après la présentation des résultats de l’année fiscale de Microsoft, qui aura lieu le 30 juin.
Microsoft se prépare à des temps difficiles
En plus d’une charrette de licenciements, le groupe pourrait couper dans les dépenses marketing, voire fermer un studio. C’est malheureusement devenu habituel pour la division. Des milliers de postes ont déjà été supprimés ces dernières années, et quatre studios ont mis la clé sous la porte.
La situation est d’autant plus compliquée que la crise de la mémoire enchérit le prix des consoles (Microsoft a déjà procédé à plusieurs hausses de prix des Xbox). « Lorsque j’ai pris mes fonctions de PDG en février, le prix que nous payions pour les composants de stockage de nos consoles était déjà plus de deux fois supérieur à celui de l’automne dernier. Depuis, ces coûts ont encore doublé », écrit Asha Sharma dans le mémo.
La CEO de Xbox anticipe une nouvelle hausse importante à l’approche des fêtes de fin d’année 2027, qui « porterait ces prix à plus de cinq fois le niveau que nous payions seulement deux ans auparavant. » Pour le projet Helix, future génération de Xbox, Microsoft va avoir besoin d’un « nouveau modèle économique et de nouveaux partenariats ». À l’image des consoles portables ROG Ally d’Asus labellisées Xbox, il n’est pas interdit de penser qu’Helix pourra être produit par d’autres constructeurs que Microsoft.
Apple renouvelle entièrement les modèles IA qui propulsent les fonctions Apple Intelligence. Et admet (presque) que la précédente génération n’était pas vraiment à la hauteur.
Sous le capot d’Apple Intelligence se trouve une famille de grands modèles de langage. Avec iOS 27 et les autres systèmes d’exploitation en « 27 », le constructeur inaugure la 3e génération de ses LLM, baptisés Apple Foundation Models (AFM), dont la particularité est de reposer sur les modèles Gemini de Google. Pas de surprise ici, l’accord entre Apple et Google avait été confirmé au mois de janvier.
Un Apple Intelligence, cinq moteurs
À l’occasion de la WWDC, Apple a présenté les nouvelles capacités de sa plateforme d’IA et de Siri, et aussi levé une petite partie du voile sur les modèles AFM 3. Comme chez les autres acteurs IA quand il s’agit de présenter de nouveaux modèles, Apple n’est pas avare en superlatifs et en promesses de performances. Mais derrière cette communication bien huilée se cache un aveu plus discret : les premiers modèles Apple Intelligence n’étaient manifestement pas au niveau attendu… ce que le retard du nouveau Siri et les critiques entourant Apple Intelligence ont largement mis en lumière.
Avant toute chose, jetons un œil aux forces en présence. Cette nouvelle fournée d’Apple Intelligence s’appuie sur cinq modèles : deux sont exécutés directement sur l’appareil, les trois autres sont hébergés dans le cloud. AFM 3 Core (3 milliards de paramètres) et AFM 3 Core Advanced sont les modèles locaux. Ce dernier compte 20 milliards de paramètres, mais n’en active qu’1 à 4 milliards en fonction des requêtes.
Image : Apple
Cette méthode astucieuse exploite des travaux de recherche internes portant sur la sélection dynamique des paramètres d’un modèle. Au lieu de charger l’intégralité du modèle en mémoire vive, l’appareil active uniquement les portions jugées utiles pour la requête en cours. Les autres paramètres restent stockés dans la mémoire flash de l’appareil, ce qui permet à Apple d’utiliser un modèle beaucoup plus volumineux que ce que la RAM seule autoriserait.
Cette puissance de frappe ouvre de nouveaux horizons à Siri AI : les voix sont plus expressives et il est possible de les personnaliser, la dictée vocale se veut plus précise. Pour en profiter, il faut cependant posséder un appareil doté de 12 Go de mémoire, ce qui qualifie l’iPhone Air, l’iPhone 17 Pro (mais pas l’iPhone 17, limité à 8 Go), un Mac M3 ou iPad M4 suffisamment doté en mémoire.
iOS 27 permet de personnaliser la voix de Siri. Image : Apple
Les trois autres modèles sont hébergés sur des serveurs : AFM 3 Cloud « optimisé pour la vitesse, l’efficacité et les performances », ADM 3 Cloud pour la génération d’images et les outils d’édition photo avancés, et AFM 3 Cloud Pro qui prend en charge les requêtes les plus exigeantes comme les outils agentiques et le raisonnement complexe.
Quelques images générées par ADM 3 Cloud.
Les deux premiers tournent sur des serveurs équipés de puces Apple. AFM 3 Cloud Pro a ceci de spécifique qu’il fonctionne sur des serveurs dotés de GPU NVIDIA hébergés dans Google Cloud. Il a donc fallu étendre Private Cloud Compute, l’architecture de protection des données personnelles d’Apple, à cette configuration. Cette dépendance à deux des principaux acteurs du secteur de l’IA est d’ailleurs inhabituelle pour une entreprise qui n’aime rien tant que maîtriser la chaîne technologique de bout en bout.
Des benchmarks et un aveu caché
Apple donne également quelques détails sur les performances de ses modèles. Dans ce domaine, chaque acteur fait sa petite sauce dans son coin mais en général, les nouveaux modèles utilisent des benchmarks plus ou moins standardisés (SWE-bench, MMLU, Humanity’s Last Exam…) ce qui autorise les comparaisons.
Contrairement à son rapport technique publié l’an dernier, dans lequel Apple comparait ses modèles à GPT-4o, Gemma ou Qwen sur plusieurs benchmarks reconnus du secteur, la présentation d’AFM 3 se concentre presque exclusivement sur des évaluations internes et des comparaisons avec la génération précédente. La méthode est tout à fait légitime, mais elle rend impossibles les comparaisons avec les modèles concurrents.
Image : Apple
C’est d’autant plus vrai qu’Apple ne compare AFM 3 qu’à la génération précédente de ses propres modèles (2025). Ce qui donne des résultats pour le moins flatteurs : pour les capacités générales en texte en local, AFM 3 Core est ainsi préféré dans 45,6 % des cas, contre 23,3 % pour son prédécesseur. En matière de compréhension d’images, AFM 3 Core a été préféré à son prédécesseur dans plus de 61 % des cas où les testeurs ont marqué une préférence.
Sur serveur, pour les capacités texte, AFM 3 Cloud obtient 64,7 % de préférences contre 8,7 % « seulement » (c’est Apple qui le dit) pour l’ancien modèle. Les performances en compréhension d’images progressent fortement, tout comme la dictée et les voix de synthèse. Le constructeur californien ne dira jamais explicitement que ses premiers modèles étaient insuffisants. Mais l’insistance sur les « avancées significatives » et le « bond générationnel » d’AFM 3 montre assez clairement que la première vague d’Apple Intelligence était en retrait, en tout cas insuffisamment performante pour soutenir la vision d’ensemble de l’entreprise.
Microsoft s’est empressé d’ajouter Claude Fable 5 à l’arsenal de GitHub Copilot et de Foundry, la plateforme destinée au développement et à la gestion d’apps IA. Mais les employés de l’éditeur n’y ont pas accès dans les versions internes du Copilot de GitHub. D’après The Verge, l’entreprise aurait un petit souci avec la politique de rétention des données d’Anthropic.
Le labo IA conserve en effet les requêtes et les contenus générés pendant 30 jours afin de satisfaire aux exigences de sécurité liées à l’utilisation du modèle « de classe Mythos ». Fable repose sur la même base que Mythos, mais est bardé de restrictions : si la question porte sur la cybersécurité, la biologie, la chimie ou la distillation de modèles IA, elle est « déclassée » et traitée par Opus 4.8.
Ces 30 jours de rétention permettent à Anthropic d’analyser les informations pour détecter les éventuels usages malveillants du modèle. En cas de suspicion, l’entreprise peut même les conserver pour une durée de deux ans. Les données qui ne posent aucun problème sont supprimées passé le délai standard.
Ce changement n’en est pas un pour les utilisateurs qui passent par le site web ou les applications mobiles de Claude, puisque la rétention des données est déjà effective pour ces abonnés. En revanche, c’est une nouveauté pour les organisations utilisant la console Claude, ou qui accèdent à Claude via Bedrock, Google Cloud Agent ou encore Foundry avec le mode Zero Data Retention (ZDR).
Ce mode proposé par Anthropic à certains clients professionnels ne conserve pas les requêtes envoyées au modèle ni les réponses générées. Ça n’est donc plus le cas avec Fable. L’équipe juridique de Microsoft évalue ces changements ; le souci majeur concerne les données des utilisateurs et les informations confidentielles. Aucun délai n’a été annoncé.
Le cas Microsoft pourrait donc se répéter chez d’autres entreprises.
Les cartes cadeaux Steam vont se faire rares dans les magasins. Et pour cause : Valve a décidé d’arrêter les frais. Les cartes physiques ne seront disponibles que pour une durée limitée : dès que le stock aura été épuisé, il n’y aura pas de réassort. La fin d’une époque.
C’est une décision « difficile », mais que Valve a fini par prendre après de trop nombreux cas d’escroquerie à la carte cadeau. Lancées en 2012, ces cartes prépayées ont fleuri dans les magasins, aux côtés de cartes pour d’autres boutiques comme Netflix, Xbox, Apple, etc. Hélas, des margoulins en ont profité pour monter des arnaques.
Au fil des ans, Valve a mis en place des mesures pour protéger les consommateurs honnêtes, en modifiant les cartes cadeaux (ajout d’un avertissement bien visible pour prévenir les escroqueries), retirer des cartes en cas d’activité anormale, et même limiter la disponibilité des cartes. Le tout en travaillant avec les revendeurs et les forces de l’ordre.
Mais c’est un jeu du chat et de la souris sans fin, car les escrocs trouvent toujours un moyen de s’adapter. « Les arnaques continuent d’affecter la clientèle de Steam et d’autres personnes qui ne se méfient pas », déplore Valve. Par conséquent, l’entreprise coupe le robinet et prévoit une rupture de stock totale d’ici la fin de cette année. Les cartes cadeaux existantes restent bien sûr utilisables sur Steam.
Voilà qui est dommage pour les joueurs, mais aussi pour les finances de Valve (même si on ne s’en fait pas trop pour eux). L’entreprise indiquait que sur la seule période des fêtes de 2023 (du 20 au 31 décembre), « l’équivalent de plus de 80 millions de dollars a été généré via l’activation de cartes-cadeaux ».
La boutique en ligne propose à la place une version dématérialisée de ces cartes. Apparues en 2017, elles ont fait l’objet d’améliorations ces derniers mois, comme la possibilité de les acheter en tant qu’invité, sans avoir de compte Steam.
Révélées début juin, les failles de l’assistance IA générative de Meta ont finalement permis à des personnes malveillantes de récupérer l’accès à quelque 34 000 comptes Instagram, affirme le New York Times sur la base de documents internes.
L’incroyable légèreté de Meta a permis à des pirates de s’emparer de 34 000 comptes Instagram, parmi lesquels ceux de la Maison Blanche sous administration Obama, d’un responsable militaire américain, ou encore d’entreprises de premier plan. La faille a été corrigée depuis, mais le robot reste en place.
Le robot d’assistance de Meta chargé de la gestion des comptes Instagram avait l’IA qui flanche. Mis en route au mois de mars, il pouvait réaliser des opérations critiques, comme le changement de l’email associé à un compte, ou encore la réinitialisation du mot de passe. Les pirates, armés d’un VPN (pour apparaitre dans le même pays que leur victime) et d’une bonne tchatche, ont poussé le bot à lancer la procédure de récupération de compte.
Grâce à cette méthode d’injection de prompts, ils ont pu prendre possession de milliers de comptes : environ 34 000, selon des chiffres internes consultés par le New York Times. 20 000 d’entre eux ont été compromis, donnant aux hackers un accès aux adresses email associées, aux numéros de téléphone, aux dates de naissance et à d’autres données personnelles. Plus de 3 500 comptes piratés ont subi un détournement de leur nom d’utilisateur.
Une vulnérabilité corrigée mais non expliquée
Meta explique ne pas être en mesure de déterminer les informations consultées ou dérobées, ce qui n’est pas rassurant. La vulnérabilité a été bouchée. Un porte parole indique que « certaines de nos vérifications internes côté serveur n’ont pas fonctionné dans ce cas précis, mais cela n’était pas dû à l’agent d’IA lui-même », tente-t-il de rassurer. L’entreprise affirme également que ses agents dédiés au service client ont permis d’augmenter de 30 % le nombre de comptes récupérés après un piratage aux États-Unis et au Canada l’an dernier.
L’incident n’en reste pas moins très problématique pour Meta, qui dépense des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures IA, et injecte cette technologie partout où c’est possible, parfois en dépit du bon sens. Hasard malheureux du calendrier, le groupe a présenté la semaine dernière un nouveau service permettant aux organisations et aux entreprises d’utiliser des chatbots IA pour gérer les prises de rendez-vous pour les clients et compléter des transactions.
Il n’est pour autant pas question de remiser au placard cet agent dédié au SAV d’Instagram. Malgré ces piratages, les documents internes indiquent que Meta maintient tous les produits en service, se contentant de suspendre une « expérimentation en cours » (le système d’oubli de mot de passe).
Des bisbilles avec le régulateur pour la branche européenne de Revolut. L’an dernier, la Banque centrale européenne (BCE) aurait discrètement exigé de la fintech britannique qu’elle lève le pied et suspende le lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen. En cause : des processus de contrôle qui ne seraient pas suffisamment robustes.
Revolut a obtenu en 2018 une licence bancaire spécialisée de la Banque de Lituanie, ce qui lui a permis de développer ses activités dans l’Union européenne grâce au mécanisme du « passeport bancaire ». Cette autorisation, transformée en licence bancaire complète par la Banque centrale européenne en 2021, permet à la fintech basée à Londres d’accepter des dépôts, d’accorder des prêts aux particuliers et aux entreprises, et de commercialiser des produits financiers.
Aller vite, casser tout
Avec sa stratégie inspirée des startups de la tech, Revolut fonce tant et si bien que sa valorisation est estimée à 115 milliards de dollars. Ce qui en ferait, si elle était cotée en Bourse, la 7ᵉ banque en Europe, devant Barclays et BNP Paribas. La banque en ligne viserait d’ailleurs une introduction en Bourse avec une valorisation de 200 milliards.
Aller trop vite en cassant des choses est un mantra bien connu dans la Silicon Valley. Mais dans le domaine bancaire, les conséquences peuvent être bien plus graves et frapper l’ensemble du système financier. C’est pourquoi les régulateurs se montrent sourcilleux : pas question qu’un produit facilite le blanchiment d’argent, fragilise la protection des consommateurs, ou plus prosaïquement grève les fonds propres de la banque ou ses capacités de liquidité.
La BCE aurait ainsi identifié des « déficiences » dans les procédures d’approbation internes des nouveaux produits de Revolut, rapporte le Financial Times. Des restrictions temporaires auraient été exigées l’an dernier à la branche européenne, entraînant la suspension du lancement de nouveaux produits dans l’Espace économique européen (EEE).
Le régulateur aurait aussi réclamé un audit indépendant des fonctions risques, conformité et juridique ; une révision des effectifs et des compétences des équipes chargées d’approuver les nouveaux produits ; une implication plus forte d’experts en interne avant de lancer quoi que ce soit.
Les restrictions auraient été encore plus fortes pour les activités de la filiale en dehors de l’EEE : interdiction d’accepter de nouveaux clients ou de procéder à des acquisitions d’entreprises dans des pays situés hors du continent européen. Le FT n’a pas pu déterminer si toutes ces restrictions ont été levées, ou si certaines sont toujours en vigueur.
Néanmoins, Revolut a pu lancer depuis 2025 plusieurs produits en Europe, comme des comptes pour adolescents ou même des distributeurs physiques. De fait, la portée exacte de ces restrictions reste difficile à évaluer car elles n’ont manifestement pas empêché la banque de poursuivre son expansion.
Revolut a déclaré entretenir un dialogue « continu et constructif » avec les régulateurs, y compris la BCE. Elle s’engage à « respecter les normes les plus élevées en matière de gouvernance et de gestion des risques », ce qui est bien le moins, et renforce « régulièrement [son] environnement de contrôle interne ainsi que [ses] processus opérationnels. »
L’App Store proposant une myriade d’applications pour iOS, il est donc inévitable que bon nombre d’entre elles ressortent des mêmes catégories. Apple prévient que certaines de ces apps pourraient être retirées de la boutique si elles n’apportent aucune plus-value aux utilisateurs.
À côté des applications qui se téléchargent par millions, des milliers d’autres tentent de se faire une place dans des catégories déjà bondées. Apple considère que certaines catégories ont atteint un point de saturation et prévient qu’elle pourrait faire le tri.
Ça sent mauvais pour les apps de pets
Comme elle le fait régulièrement, le constructeur a amendé le guide des bonnes pratiques de l’App Store, à l’occasion de sa conférence mondiale des développeurs. Et comme l’a repéré TechCrunch, l’entreprise en a profité pour préciser l’article 4.3(b) consacré au spam ; il lui confère le droit de refuser des applications soumises dans des catégories saturées, comme les apps de sons douteux (pets, rots), les jeux à boire, la voyance, les lampes torches, les rencontres ou encore celles consacrées au Kama Sutra.
La mise à jour ajoute au lot les minuteries simples. « Nous n’accepterons donc plus de nouvelles soumissions dans ces catégories, sauf si elles proposent une expérience sensiblement différente ou améliorée », indique Apple. Jusque-là, il ne s’agit que d’une précision, mais le constructeur va plus loin : il se réserve la possibilité de retirer ces applications « si elles ne sont pas mises à jour, améliorées ou si elles ne parviennent pas à attirer des utilisateurs ».
C’est entendu, personne n’a besoin de plusieurs apps de pets, mais le dernier critère interroge : Apple va donc juger les applications en fonction de leur attrait auprès des utilisateurs. Voilà qui est plutôt vague ! Certaines apps très niches n’en sont pas moins utiles à un certain nombre d’utilisateurs.
D’autant que l’historique de validation de l’App Store ne plaide pas toujours en faveur d’une ligne claire et cohérente : Apple a régulièrement été critiquée pour avoir laissé prospérer des applications de qualité très médiocre, tout en refusant ou en retardant des logiciels pourtant parfaitement légitimes.
Quoi qu’il en soit, les développeurs qui s’amuseraient à soumettre de manière répétée ce type d’applications « considérées comme médiocres, de faible qualité ou demandant peu d’efforts de développement » pourraient subir une exclusion pure et simple du programme Apple Developer.
Durant la WWDC, Apple a annoncé plusieurs nouveautés liées à l’App Store, à commencer par de nouveaux outils marketing comme des en-têtes plus attractifs sur les pages produit, la possibilité d’envoyer un message personnalisé quand un utilisateur tente de résilier un abonnement, des abonnements groupés dans une formule unique, ou encore un système de « collections personnalisées » proposant à l’utilisateur une sélection d’apps en fonction de ses intérêts.
Google revoit le prix de sa formule AI Plus et surprise, au lieu de monter comme c’est devenu l’habitude pour les services en ligne, le tarif baisse. Il passe de 7,99 à 4,99 euros par mois soit une baisse de quasiment 38 %. Le moteur de recherche double aussi le stockage compris avec cet abonnement, qui passe de 200 à 400 Go à partager entre Drive, Photos et Gmail. La version 2 To change de nom (elle devient « AI Plus » au lieu de Premium), mais toujours à 9,99 euros.
Capture d’écran : Google
Une offre plutôt généreuse donc, mais Google ajoute de nouvelles limites d’utilisation dans l’app Gemini, selon « la complexité des requêtes, des fonctionnalités utilisées et de la longueur des discussions », explique l’entreprise dans un courriel consulté par Next. Les limites sont actualisées toutes les cinq heures, jusqu’à l’atteinte du plafond hebdomadaire. Les abonnés AI Plus bénéficient de limites « deux fois plus élevées » que les utilisateurs non membres.
Google modifie également les plafonds dans d’autres logiciels et services IA, comme Flow (génération d’images et de vidéos) et Antigravity, la plateforme agentique. Le forfait AI Plus n’inclut plus 200 crédits mensuels, néanmoins « votre expérience ne devrait pas changer avec le nouveau modèle d’utilisation ».
L’offre Google AI Plus a été lancée en septembre 2025, d’abord en Indonésie, elle a été étendue depuis à la quasi-totalité du globe. Comparable à ChatGPT Go (mais désormais trois euros moins chère), cette formule complète l’abonnement AI Pro à 21,99 euros par mois ; celle-ci contient désormais 5 To de stockage en ligne, au lieu de 2. Pour les utilisateurs les plus gourmands, Google AI Ultra est facturé à partir de 99,99 euros (20 To).
Comment faire mousser une introduction en Bourse quand on est un labo IA ? Lancer son modèle de langage le plus ambitieux, pardi ! Anthropic, qui s’y connait en buzz et en marketing de la peur, a dévoilé son premier LLM « de classe Mythos » à destination du grand public, Claude Fable 5.
Après Haiku, Sonnet et Opus, Anthropic lance Fable, premier modèle grand public « de classe Mythos ». Il lui emprunte les mêmes fondations, mais avec des garde-fous pour éviter que le modèle ne facilite des attaques informatiques. L’aperçu de Mythos présenté début avril n’est distribué qu’à des partenaires de confiance via le projet Glasswing.
Anthropic entrouvre les portes de Mythos au grand public
Claude Fable 5 se veut puissant, et les benchmarks fournis par Anthropic racontent tous la même histoire : le modèle domine quasiment dans tous les tests. Le plus spectaculaire est clairement le développement logiciel agentique. Sur SWE-Bench Pro, le modèle met plus de 20 points dans la vue à GPT-5.5, qui n’est pourtant pas manchot dans ce domaine.
Image : Anthropic
La startup cherche surtout à montrer que Fable est meilleur pour travailler longtemps de manière autonome. Les benchs sont tous orientés vers le développement logiciel, l’utilisation d’outils, le raisonnement à partir de documents, ou du travail de recherche. Et surtout, avec le test Cybersecurity, le modèle fait plus du double de son concurrent direct chez OpenAI. Et pour cause, il repose sur les bases d’un LLM spécialisé dans le domaine.
Sur un plan plus léger mais tout de même significatif, Fable 5 a battu Pokémon Rouge Feu en un peu plus de 50 heures, uniquement en analysant des captures d’écran du jeu de Nintendo, sans carte ni aide de navigation (le titre sert lui aussi de benchmark pour les éditeurs d’IA). De précédents modèles de Claude parvenaient eux aussi à la fin du jeu, mais de manière très laborieuse, et avec des outils supplémentaires pour s’en sortir dans leur exploration de Kanto.
Toute cette puissance ne saurait être mise entre de mauvaises mains. Fidèle à une communication qui en rajoute sur la dangerosité de Mythos, Anthropic en fait des caisses sur les restrictions de Fable 5. L’entreprise a truffé le modèle de « classifieurs » qui analysent les requêtes. Si le système estime que la question touche à des sujets sensibles, comme la cybersécurité, la biologie, la chimie ou la distillation de modèles IA, la question sera automatiquement traitée par Opus 4.8. L’utilisateur sera informé du tour de passe-passe.
Dans ses tests, Anthropic affirme que le passage d’un modèle à l’autre concerne moins de 5 % des sessions. Néanmoins, la société reconnaît que ces garde-fous sont volontairement « conservateurs », ils pourront parfois bloquer des requêtes légitimes. La sécurité a été privilégiée au détriment du confort d’utilisation, du moins dans un premier temps.
Fable 5 a aussi été torturé par des équipes spécialisées dans le jailbreak : plus de 1 000 heures y ont été consacrées sans qu’aucun moyen de contournement systématique ne soit trouvé. On ne pariera pas contre les chercheurs, et la prudence recommande d’attendre quelques semaines : la communauté du jailbreak ne manque pas de créativité pour obtenir ce qu’elle veut d’un LLM.
Enfin, Fable et les modèles de classe Mythos vont conserver les requêtes pendant 30 jours pour détecter les attaques, les tentatives de contournement et les usages malveillants. Ces données ne seront pas utilisées pour l’entraînement des modèles promet Anthropic, et elles seront supprimées après cette période, dans la plupart des cas.
Fable 5 aime les tokens
La question du prix est évidemment centrale, ce d’autant que les nouveaux modèles d’Anthropic adorent brûler des jetons. L’utilisation de Fable 5 revient à 10 dollars par million de tokens en entrée, et 50 dollars par million de tokens en sortie.
Image : Anthropic
L’entreprise divise ainsi par deux le prix de Fable par rapport à l’aperçu de Mythos. Cela n’en fait pas un modèle bon marché pour autant : son tarif est en effet deux fois plus élevé que celui d’Opus 4.8, et identique à celui d’Opus 4.8 Fast, une version aux stéroïdes offrant des temps de réponse plus courts.
En parallèle, Anthropic lance aussi Mythos 5, frère jumeau de Fable 5, sans certaines restrictions : il ne délègue pas à Opus 4.8 les requêtes les plus sensibles. C’est la raison pour laquelle il ne sera proposé qu’aux membres du projet Glasswing, qui s’ouvrira bientôt à des chercheurs en biologie triés sur le volet. Mythos 5 remplacera l’aperçu actuel de Mythos.
Fable 5 est disponible immédiatement via l’API Claude, ainsi que pour les abonnés Pro, Max, Team et Enterprise. Attention cependant, l’inclusion dans les abonnements est temporaire : passé le 22 juin, le LLM ne sera plus proposé sans surcoût. Pour en profiter, il faudra acheter des crédits.
Ça chauffe entre la Commission européenne et Meta sur le dossier de la présence des assistants IA rivaux de Meta AI dans WhatsApp. Bruxelles a ordonné au géant des réseaux sociaux de restaurer les assistants tiers dans le versant business de la messagerie. Une mesure intérimaire, le temps de l’enquête.
L’exécutif européen impose donc des mesures conservatoires à Meta, ce qui est extrêmement rare. Le régulateur considère que le marché des assistants IA est encore en phase de formation. Ces assistants ont besoin d’accéder aux utilisateurs où ils sont, et une bonne partie d’entre eux se servent de WhatsApp comme messagerie. Si Meta verrouille WhatsApp aujourd’hui, certains concurrents pourraient disparaitre avant même que l’enquête ne soit terminée.
Par conséquent, Meta doit rétablir l’accès gratuit à WhatsApp pour les assistants IA concurrents dans les cinq jours ouvrables, et maintenir cet accès le temps d’examiner si ces restrictions enfreignent les règles européennes de la concurrence. « C’est pourquoi ces mesures conservatoires resteront en vigueur pendant toute la durée de l’enquête, afin d’éviter des dommages qu’il serait presque impossible de réparer », affirme Teresa Ribera, vice-présidente en charge de la concurrence. Lors d’une conférence de presse, elle a précisé le calendrier de ces mesures : jusqu’à la fin de l’enquête donc, ou au plus tard jusqu’en juin 2029.
De quoi laisser le temps aux entreprises IA pour innover et développer leur activité, tout en donnant « la liberté de choix des citoyens européens quant à l’assistant IA qu’ils souhaitent utiliser avec WhatsApp, au lieu de laisser Meta en décider pour eux », ajoute-t-elle.
Les assistants IA tiers pouvaient utiliser l’API WhatsApp Business jusqu’en octobre 2025. Meta a ensuite modifié les conditions d’utilisation de son interface de programmation de telle manière à exclure ses rivaux et favoriser Meta AI. En mars dernier, sur pression de Bruxelles, le groupe a rouvert l’accès de WhatsApp, mais en facturant des frais considérés comme prohibitifs par le régulateur. La procédure formelle avait été ouverte début décembre 2025, la communication de griefs remontant au mois de février.
Meta, qui n’en est pas à sa première passe d’armes avec Bruxelles, va faire appel de cette décision. « La Commission européenne a décidé qu’OpenAI et certaines des plus grandes entreprises du monde peuvent utiliser gratuitement WhatsApp Business, un service normalement payant », affirme l’entreprise (pourquoi dans ce cas l’accès était-il auparavant gratuit ?). « Il s’agit d’un excès de zèle réglementaire financé par les nombreuses entreprises européennes qui, elles, paient pour ce service », se plaint-elle.
Apple a dévoilé hier son nouvel arsenal de systèmes d’exploitation, ainsi que les appareils sur lesquels on pourra les installer. Il y a des surprises, bonnes et moins bonnes.
Image : Apple
À tout seigneur tout honneur, la compatibilité d’iOS 27 est aussi la plus simple à résumer : tous les iPhone capables de faire tourner iOS 26 pourront installer la nouvelle version. Cela inclut l’iPhone 11, lancé en 2019 avec sa puce A13. Une bonne nouvelle pour les propriétaires de ce modèle, qui n’auront pas à se contenter de simples correctifs de sécurité : leur smartphone aura aussi droit aux nouveautés du système (pas toutes, certes).
Apple continue certes d’assurer le service après-vente logiciel de très vieux appareils – l’iPhone 5 s a reçu une mise à jour de sécurité en janvier dernier –, mais voir l’iPhone 11 rester dans la course six ans après sa sortie est un signal encourageant pour la longévité générale des smartphones Apple. Au passage, iOS 27 pourra aussi s’installer sur ce bon vieux iPhone SE de 2e génération.
La liste de compatibilité pour iPadOS 27 est moins généreuse. Les derniers iPad Pro (M4 et M5) sont évidemment supportés, mais l’iPad Pro 12,9 pouces de 3e génération (2018, avec une puce A12X) passe à l’as : il faudra une tablette de 4e génération au minimum, ou plus récente. Idem du côté de l’iPad Pro 11 pouces : iPadOS 27 réclame au minimum un modèle de 2e génération. Exit la mouture précédente sortie en même temps que le 12,9 pouces de 3e gen.
Apple liste également l’iPad Air 11 pouces 4e génération (2020, puce A14), excluant de fait la génération précédente. Bizarrement, le constructeur prend la peine de préciser que les iPad Air 11 et 13 pouces M2 et au-delà sont compatibles avec iPadOS 27, ce qui tombe sous le sens… en omettant le modèle avec puce M1. Qu’on se rassure, il est bien pris en charge également.
Pour le reste, on pourra installer le nouvel OS sur l’iPad de 9e génération (2024) ou plus, l’iPad mini (A17 Pro) ou l’iPad mini 6e génération. iPadOS 27 fait l’impasse sur l’iPad 8e génération (2020) et l’iPad mini 5e génération (2019), deux tablettes équipées d’une A12 et qui étaient compatibles avec iPadOS 26.
Pour macOS 27 Golden Gate, la situation est simple : tous les Mac équipés d’une puce Apple (à partir de la M1) sont pris en charge, ainsi que le MacBook Neo avec sa puce A18 Pro. macOS 26 Tahoe aura été l’ultime version compatible avec les Mac Intel. Néanmoins, Apple s’engage sur trois années de mises à jour de sécurité pour ces modèles, comme l’explique MacGeneration.
Rosetta, la couche de traduction qui fait tourner les applications Intel sur les Mac à puce Apple, continuera de fonctionner sur macOS 27. Ensuite, le constructeur ne conservera qu’une partie des fonctions prenant en charge d’anciens jeux conçus pour des frameworks Intel.
Du côté de watchOS 27, c’est la douche froide pour les possesseurs d’Apple Watch Ultra 1ʳᵉ génération. Ce modèle n’est pourtant pas si vieux (2022), mais il est privé de la prochaine version de l’OS ! Le système d’exploitation fait aussi l’impasse sur l’Apple Watch SE 2ᵉ génération et l’Apple Watch Series 8. Il faudra posséder une SE 3, une Series 9 ou une Ultra 2.
tvOS 27 n’a pas vraiment eu droit aux feux de la rampe durant la keynote, mais il existe ! Et pour l’occasion, Apple en a réduit la compatibilité aux seules Apple TV 4K de 2ᵉ et 3ᵉ générations (2021 et 2022), tvOS 26 prenant en charge l’Apple TV HD de 2015 et les modèles suivants.
Enfin, sans surprise, visionOS 27 est compatible avec tous les modèles de Vision Pro, autrement dit les versions M2 et M5. Rappelons pour finir que les OS en « 27 » mettent surtout l’accent sur les optimisations de performance et la stabilité, ce qui devrait profiter à tous les appareils compatibles.
Pour présenter les nouveautés Apple Intelligence et Siri, Apple a rejoué la partition de la WWDC 2024. Deux ans après des débuts laborieux, le constructeur promet enfin de livrer l’assistant intelligent qu’il avait alors promis.
On efface tout, et on recommence. Il y a deux ans, Apple avait présenté sa « vision » de l’intelligence artificielle « pour le reste du monde ». Comprendre : une IA qui sert au quotidien pour faciliter la vie des utilisateurs, loin des discours exaltés des grands acteurs de l’IA. Malheureusement, les premiers pas d’Apple Intelligence n’ont guère été encourageants, sans compter la crise ouverte autour de Siri.
Apple n’a cette fois pas joué au plus malin. Les démonstrations vues durant la keynote n’ont pas été coupées au montage : les temps de réflexion de Siri ont semblé bien réels, et plutôt longs. Bien sûr, il faudra voir sur pièce, ce qui ne risque pas d’arriver tout de suite ; les développeurs pourront tester immédiatement « Siri AI » (c’est le nouveau nom de l’assistant) via la première bêta d’iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 et visionOS 27. Mais c’est sur liste d’attente.
Les utilisateurs attendront « plus tard dans l’année » de mettre les mains sur Siri AI, qui leur sera proposé en bêta. Est-ce à dire que le nouvel assistant ne sera pas disponible dès l’automne, en même temps que les versions finales des OS ? Par ailleurs, seul l’anglais sera pris en compte. D’autres langues suivront.
Pire encore, les utilisateurs européens d’iOS et d’iPadOS seront privés de Siri AI, le temps que le constructeur accorde ses violons avec l’Union européenne. « Apple œuvre sans relâche pour trouver une voie permettant de préserver la vie privée et la sécurité de ses utilisateurs », précise l’entreprise qui s’est même fendue d’un communiqué contre le DMA fourré à la rage froide. macOS 27 Golden Gate et watchOS 27 ne sont pas concernés par le règlement sur les marchés numériques.
Siri AI nécessite aussi une certaine puissance. Apple annonce une compatibilité à partir de l’iPhone 15 Pro et de l’iPhone 16e ; il faudra au minimum un iPad mini (A17 Pro), un iPad Air ou un iPad Pro M1 ; un Mac avec puce M1 ou plus ; une Apple Watch Series 10, une Ultra 2 ou une Apple Watch SE (3e génération).
Les mêmes promesses qu’en 2024
Ceci étant dit, à quoi ressemble ce nouveau Siri ? Apple le présente comme « plus utile, plus compétent et plus intelligent ». Il gagne en capacités conversationnelles, il peut aussi répondre à des questions relatives au contenu affiché à l’écran et piocher dans les données de l’utilisateur (photos, emails, messages…) pour comprendre le « contexte personnel ». Il sait enfin fureter sur le web pour répondre de la manière la plus pertinente possible.
Les exemples donnés par Apple sont convaincants, sur le papier. On peut ainsi demander à Siri les détails d’un concert à venir, obtenir des informations à son sujet (où acheter des tickets ?), créer un rappel pour l’ouverture de la billetterie, puis finalement écouter la nouvelle chanson du groupe. Tout cela dans une fenêtre qui se déroule depuis la Dynamic Island de l’iPhone. Et il est possible d’en discuter avec l’assistant.
L’« intelligence visuelle » est une des rares fonctions d’Apple Intelligence qui a su trouver son public rapidement : avec un iPhone compatible, des informations peuvent être obtenues à partir d’une photo (ChatGPT peut également être autorisé à scruter l’image). Apple l’étend franchement dans l’app Appareil photo avec un nouveau mode Siri qui sait par exemple afficher des infos nutritionnelles sur un plat ou diviser une addition entre amis avec Apple Cash (toujours pas dispo en France hélas).
Sur iPad et sur Mac, Siri AI vit maintenant dans Spotlight, il fait même partie des menus contextuels des systèmes (control + clic sur un fichier, une photo…). L’assistant est également présent sur Apple Watch, CarPlay et les AirPods. Une application dédiée à Siri complète le dispositif, afin de remettre la main sur une conversation passée, ou pour en entamer une nouvelle. L’intelligence visuelle fait son apparition sur ces deux plateformes : sur Mac, en passant par un raccourci clavier permettant d’entourer un objet ; sur iPad, via une capture d’écran.
Les outils d’aide à l’écriture sont toujours bien en place, ils s’améliorent en intégrant Siri qui peut rédiger un brouillon de texte au complet. Mieux encore (ou peut-être pas ?), l’assistant « comprend » le style d’écriture employé en fonction des correspondants : plus professionnel avec le boss, plus cool avec les amis. Les textes générés par Siri peuvent s’y adapter – ne pas oublier de relire, quand même.
Le constructeur a truffé ses apps de fonctions étiquetées « Apple Intelligence ». Impossible de toutes les énumérer ici, mais relevons :
Spatial Reframing, qui va recomposer une photo en exploitant les données de profondeur et en générant les contenus manquants ;
l’organisation des onglets par rubriques pertinentes et une fonction de création d’extension web dans Safari ;
le changement automatique de mots par passe par lot, en cas de mots de passe faibles ou compromis ;
la construction d’une automatisation dans l’app Raccourcis via une requête texte ;
la recherche d’un événement dans une vidéo enregistrée par l’app Maison…
Pour bénéficier de ces fonctionnalités Apple Intelligence, les configurations minimales sont l’iPhone 15 Pro et l’iPhone 16, l’iPad mini (A17 Pro), iPad M1, MacBook Neo (A18 Pro), ou une Apple Watch Series 10, Ultra 2 ou SE (3e génération) pour peu que ces modèles de montres soient connectés à un iPhone compatible Apple Intelligence.
Il faudra cependant posséder une configuration musclée pour bénéficier du modèle IA embarqué le plus avancé, autrement dit un appareil équipé de 12 Go de mémoire. Cela comprend les iPhone 17 Pro ou iPhone Air (mais pas l’iPhone 17 qui se contente de 8 Go), un iPad avec puce M4 ou un Mac avec une puce M3 avec au moins cette enveloppe de mémoire, ou un Vision Pro M5. Les bienheureux propriétaires de ces terminaux auront droit à une voix plus expressive de Siri AI, la personnalisation et le débit de cette même voix, ainsi qu’une plus grande précision de la dictée partout dans le système.
Apple précise qu’il faudra posséder un abonnement iCloud+ payant pour obtenir un accès accru à certaines fonctions, comme la génération d’images dans l’app Image Playground.
Gemini sous le capot d’Apple Intelligence
Toutes ces nouveautés (et ces fonctions promises il y a deux ans) sont le résultat d’un travail de fond sur les Foundation Models d’Apple, dont l’architecture repose sur les modèles Gemini. Certaines fonctions tournent en local, d’autres sur des serveurs avec le système Private Cloud Compute. Ce dernier remonte à 2024 et au lancement d’Apple Intelligence (Google s’en est d’ailleurs inspiré pour son propre Private AI Compute).
L’idée générale est de protéger les données des utilisateurs qui transitent par ces serveurs ; elles ne sont « jamais stockées ni communiquées » à Apple ou à quiconque. Durant un « tech talk » inédit après la keynote, Craig Federighi, le grand manitou du logiciel chez le constructeur californien, a affirmé qu’Apple Intelligence n’utilise ni Google Assistant, ni l’app Gemini, ni la recherche Google. La collaboration avec Google porte uniquement sur certains modèles d’IA utilisés par Apple, intégrés dans son propre système et exécutés sur son infrastructure.
Image : Apple
Un composant central, le System Orchestrator, analyse les requêtes et décide quelles ressources utiliser : applications, données personnelles indexées par Spotlight, contexte affiché à l’écran, etc. De nombreuses tâches sont traitées directement sur l’appareil, grâce à des modèles locaux (compréhension vocale, synthèse de la voix, analyse d’images et de texte). Les demandes plus complexes sont envoyées vers le nuage du Private Cloud Compute.
Les nouveaux modèles Apple Foundation Models (AFM) de troisième génération sont le fruit d’un partenariat avec Google. Les modèles AFM Core, Core Advanced, Cloud et Cloud Image sont des modèles Apple entraînés avec des données propriétaires et affinés à partir des modèles Gemini les plus avancés. Le modèle le plus puissant, AFM Cloud Pro, affiche selon Apple un niveau de qualité comparable aux modèles Gemini les plus avancés. Des GPU NVIDIA hébergés dans le cloud de Google sont utilisés pour l’inférence d’AFM Cloud Pro.
Enfin, quand une requête nécessite des informations d’actualité ou des connaissances générales, Apple s’appuie sur son propre service World Knowledge Service, pas sur la recherche Google.
Est-ce que c’est la bonne cette fois pour Siri et Apple Intelligence ? Impossible à dire pour l’instant, et puis les utilisateurs européens vont devoir prendre leur mal en patience. C’est cependant la dernière chance pour Apple de revenir dans le peloton de tête dans la course à l’IA avec son architecture maison.
Apple et Google sont sommés par le gouvernement britannique de renforcer les mesures de protection pour les enfants. Les utilisateurs de moins de 18 ans de smartphones et d’autres appareils des constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation ne devraient pas pouvoir accéder ni envoyer d’images intimes ou affichant de la nudité, a exigé le Premier ministre Keir Starmer.
« Ce n’est pas un problème impossible à résoudre », a déclaré Keir Starmer à l’occasion de la London Tech Week. « [Apple et Google font partie des] entreprises les plus innovantes au monde et je suis convaincu qu’elles peuvent trouver une solution ». Une solution… comme celle mise en place par Apple fin 2021 ?
Pour les comptes des mineurs, le constructeur de Cupertino floute en effet les images et les vidéos contenant de la nudité transmises par l’app Messages, via AirDrop, dans les messages vidéo de FaceTime ou encore dans le sélecteur de photos. La fonction est activée par défaut sur les comptes enfants, elle s’accompagne de ressources et de messages de prévention. Des protections similaires sont mises en place pour les envois de photos dénudées.
La fonction « Sécurité des communications » d’Apple floute les photos de nus pour les comptes enfants.
Google a indiqué à la BBC que l’entreprise était « profondément engagée sur la protection des enfants en ligne ». Le géant du web travaille avec ses partenaires britanniques « afin de trouver des solutions efficaces et respectueuses de la vie privée pour limiter la diffusion de contenus nuisibles, tout en garantissant un environnement numérique sûr pour les jeunes. »
Tout cela suffira-t-il à rassurer Londres ? Manifestement, le gouvernement cherche davantage que de beaux discours : une législation pourrait être mise en œuvre pour contraindre les entreprises à activer des fonctions de protection des enfants, si elles ne s’y conformaient pas volontairement dans un délai de trois mois. Ces mesures incluraient des sanctions financières, et pourraient même aller jusqu’à engager la responsabilité pénale des entreprises récalcitrantes.
Le Premier ministre a également précisé que ces fonctionnalités devront s’appliquer sur les nouveaux smartphones et tablettes, mais aussi les appareils en circulation. Le Royaume-Uni impose déjà aux plateformes en ligne une vérification de l’âge, via l’Online Safety Act, pour les sites pornos (ça ne marche pas très bien), les réseaux sociaux, les apps de messagerie, ou encore les forums et communautés en ligne.
Mise à jour : Signal s’oppose au projet du gouvernement anglais. Le cocktail de mesures exigées par Londres — scan du contenu des appareils, vérification de l’âge — au nom de la protection des enfants risque de se transformer en outil de surveillance généralisée, selon la messagerie. « [Ces dispositifs] seront étendus, devenant un outil dangereux qui sera utilisé au Royaume-Uni comme à l’étranger pour censurer et surveiller tout ce qu’ils pourraient considérer comme des « menaces » ou des « contenus préjudiciables » », s’alarme Signal.
Plutôt que de financer le système éducatif et les services publics, Londres voudrait une infrastructure de surveillance invisible, activée par défaut et « transformée en loi sous des prétextes cyniques ».
Après Anthropic, OpenAI. Le créateur de ChatGPT a déposé auprès du gendarme américain de la Bourse, la SEC, un formulaire S-1, première étape officielle avant une introduction en Bourse (IPO). Et comme pour Anthropic, il faut se contenter d’un message sibyllin (mais un peu plus coloré) de la part de la startup :
« Nous avons récemment déposé un formulaire S-1 confidentiel. Nous nous attendons à ce que l’information fuite, alors autant l’annoncer nous-mêmes. Nous n’avons pas encore décidé du calendrier ; cela pourrait prendre du temps, car il y a certaines choses que nous souhaitons accomplir et qui sont probablement plus faciles à réaliser en tant qu’entreprise non cotée. Mais il s’agit d’un ensemble complexe de compromis, et cette démarche nous donne la possibilité d’entrer en Bourse plus rapidement si nous estimons finalement que c’est la meilleure option. »
Au vu de la confidentialité du dépôt, aucune information financière n’a été révélée, le temps que la SEC examine le dossier à l’abri des yeux indiscrets. OpenAI se réserve le droit de reporter ou d’annuler l’opération. À moins d’une énorme catastrophe toujours possible en ces temps troubles, une annulation pure et simple semble impossible : le labo IA étant valorisé à hauteur de 852 milliards de dollars, les investisseurs historiques et les salariés poussent certainement pour récupérer une partie de leur mise.
Par ailleurs, OpenAI a besoin d’argent frais, et de beaucoup pour financer ses infrastructures : les centres de données et les GPU indispensables pour entraîner ses modèles IA et pour l’inférence. Une IPO permettrait de lever des dizaines de milliards de dollars.
Il y a aussi la pression venue de la concurrence. Anthropic se prépare également à y aller, et SpaceX s’est déclaré aussi. Ces trois entreprises veulent capter la plus grosse part du gâteau. Si l’appétit des investisseurs pour l’IA est fort aujourd’hui, chacun veut éviter d’arriver trop tard.
Les rumeurs l’avaient promis, les utilisateurs Apple ont été servis : iOS 27 et les autres systèmes d’exploitation en « 27 » misent d’abord et avant tout sur l’optimisation de l’existant, au détriment des nouveautés. Difficile toutefois de s’en plaindre, ce d’autant que le constructeur en profite pour corriger les excès de Liquid Glass.
Une année « Snow Leopard ». L’expression est bien connue des utilisateurs de Mac (d’un certain âge, disons !). En 2009, Apple avait triomphalement annoncé que Mac OS X 10.6 (Snow Leopard) comptait très exactement… zéro nouvelles fonctions. Apple avait bourré son prédécesseur, Mac OS X 10.5 Leopard, de nouveautés et il était temps de faire le ménage.
Optimisations à gogo
iOS 27, macOS 27 et les autres systèmes d’exploitation fraîchement présentés durant la keynote de la WWDC 2026 suivent une feuille de route similaire. À tel point qu’aucun de ces OS n’a eu droit à une séquence à part, tout le monde a été mis dans le même sac de l’optimisation ! Apple promet ainsi un gain de performances pour l’iPhone, l’iPad et le Mac, des transferts AirDrop plus rapides (jusqu’à 80 %), des apps qui se lancent plus vite (jusqu’à 30 %), tout comme les photos après leur prise de vue (jusqu’à 70 %).
Au même rayon des améliorations, le constructeur met en avant une meilleure transition entre réseaux Wi-Fi et cellulaire, ainsi qu’un gros travail sur la recherche dans ses systèmes. De petits changements certes, mais très importants pour l’utilisation des appareils au quotidien. La recherche en particulier — dans Mail, Photos et Spotlight, autrement dit les fichiers en local — est souvent défaillante ou ne donne pas les résultats escomptés. Toute amélioration est donc bonne à prendre.
Mieux encore, iOS 27 devrait se montrer plus réactif sur des modèles d’iPhone un peu anciens grâce à l’optimisation pour ces terminaux du gestionnaire des tâches du processeur (CPU scheduler) qui fonctionnait jusqu’à présent sur les modèles récents. La bonne surprise, c’est qu’iOS 27 pourra être installé sur les mêmes iPhone qu’iOS 26 : le système est toujours compatible avec l’iPhone 11 de 2019 (et les suivants bien sûr).
Un verre beaucoup plus opaque
Apple a inauguré l’an dernier Liquid Glass, un « langage de design » pour toutes ses plateformes. Pour le meilleur comme pour le pire : la nouvelle interface basée sur des effets de transparence peut provoquer des problèmes de lisibilité vite pénibles ; il est parfois impossible de lire le libellé d’un bouton quand une image passe dessous.
Le bonheur…… simple comme une réglette !
Le constructeur a légèrement revu sa copie dans la foulée d’iOS 26, mais le fait est que beaucoup d’utilisateurs n’apprécient toujours pas ces effets. iOS 27, iPadOS 27, macOS 27 – baptisé cette année « Golden Gate » – et watchOS 27 intègrent une réglette pour modifier la transparence de l’ensemble des éléments graphiques Liquid Glass. On devait donc retrouver des boutons opaques.
macOS bénéficie d’améliorations spécifiques. Les barres de menu perdent leur flou un peu bizarre et surtout, le panneau latéral du Finder et des apps (celui avec les trois boutons rouge, orange et vert) ne flotte plus par-dessus la fenêtre. Les utilisateurs Mac retrouveront donc un peu de leur sérénité perdue avec macOS 26 Tahoe.
L’optimisation et la fiabilité ont été un point important de cette keynote, mais pas le seul. Apple Intelligence et Siri ont eu droit à la part du lion, on y revient très vite.
Faire la sourde oreille a fini par coûter cher à Nintendo. Le constructeur japonais a accepté de payer une amende transactionnelle de 35 millions d’euros, après une enquête de la DGCCRF portant sur le fameux « drift » (un problème mécanique) qui affecte les manettes Joy-Con de la Switch première génération.
Ce drift est extrêmement pénible : mouvements fantômes et intempestifs, caméra ou personnages qui ne vont pas dans la direction voulue par le joueur… Ce problème mécanique affecte le joystick analogique des manettes. Nintendo a rechigné à reconnaitre le problème pendant des années, ce qui lui vaut aujourd’hui une amende salée que la filiale européenne a accepté de verser.
Le Service National des Enquêtes (SNE) de la Direction générale de la répression des fraudes s’était saisi du dossier, suite à une plainte de l’UFC-Que Choisir en 2020. Les enquêteurs ont considéré que Nintendo of Europe, en n’informant pas les consommateurs « de manière loyale » sur les dysfonctionnements de certains Joy-Con, a commis une pratique commerciale trompeuse entre 2018 et 2023.
Nintendo n’a en fait commencé à communiquer sur le sujet qu’à partir de 2020, soit trois ans après le lancement de la Switch 1, alors que le phénomène du drift était connu de l’entreprise depuis 2018 explique la DGCCRF. Une communication qualifiée de « tardive et parcellaire », reproche la SNE. Ce qui a pu conduire des consommateurs à se débrouiller pour faire réparer leurs manettes sans passer par le SAV de Nintendo, voire à en acheter de nouveaux.
Les enquêteurs avaient transmis les conclusions de leurs investigations l’an dernier au procureur de la République de Nanterre. Un accord a donc été trouvé avec Nintendo of Europe, contre un gros chèque.
Ce n’est qu’en 2023, et après une action coordonnée au niveau européen, que Nintendo a mis en place un programme de réparation sans frais des manettes affectées par le problème et ce, « jusqu’à nouvel ordre », y compris hors garantie constructeur.
Une équipe de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, a conçu et testé chez l’humain un vaccin expérimental pour contrer une sous-famille de coronavirus, dont le SARS-CoV-2, responsable du Covid-19. Sa particularité : l’antigène principal a été conçu par une plateforme d’IA développée par les chercheurs. La prudence reste de mise face à l’optimisme affiché par certains.
Une intelligence artificielle a servi à développer un type de vaccin « fondamentalement nouveau » contre une sous-famille de coronavirus : le SARS-CoV-1 (responsable de l’épidémie de SRAS en 2002 - 2003), le SARS-CoV-2 (mieux connu sous le nom de Covid-19) et d’autres sarbecovirus présents chez les animaux et susceptibles de franchir la barrière des espèces.
Un antigène conçu par IA
De l’aveu même des chercheurs, les premiers essais humains réalisés auprès de 39 personnes ont retourné des résultats mitigés. Les participants possédaient déjà un niveau élevé d’anticorps en raison de précédentes vaccinations contre le Covid.
Ces niveaux ont peu augmenté ; les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of Infection, reconnaissent que le vaccin pEVAC-PS n’a pas démontré une capacité forte à renforcer l’immunité. Cela n’empêche pas certains de surfer sur cette vague, comme nous allons le voir. Une seconde étude clinique impliquant 200 participants permettra de se faire une meilleure idée des capacités du vaccin.
L’intérêt est ailleurs. Les chercheurs de l’université de Cambridge ont en effet révélé qu’il s’agissait du premier vaccin dont un élément clé a été entièrement conçu par une IA puis testé sur des humains. Le système a analysé les séquences génétiques de nombreux coronavirus pour concevoir un antigène synthétique ciblant leurs caractéristiques communes. L’antigène est l’élément clé du vaccin, c’est la molécule que le système immunitaire apprend à reconnaître pour ensuite neutraliser le virus. Le vaccin est le produit final administré au patient, avec l’antigène.
On ne parle pas d’un grand modèle de langage comparable à GPT. C’est une IA spécialisée qui conçoit un antigène capable d’entraîner le système immunitaire contre les caractéristiques communes à toute cette famille de virus (plutôt que contre une seule souche) en étudiant le patrimoine génétique de coronavirus connus. L’outil utilisé s’appelle DIOSynVax (digitally immune-optimized synthetic vaccine). Il est développé par une spin-out de Cambridge du même nom et utilise le machine learning, la startup n’en dit pas beaucoup plus sur son site.
Les vaccins sont généralement conçus à partir de souches déjà identifiées d’un virus. En analysant des séquences génétiques d’une batterie de coronavirus, l’IA a créé une sorte de « super-antigène » en mesure d’offrir une protection même face à de futures mutations ou à l’émergence d’un coronavirus d’origine animale.
La prudence reste de mise
« Il s’agit de mettre au point des vaccins qui nous protègent non seulement contre les virus d’aujourd’hui, mais aussi contre ceux qui pourraient être à l’origine de la prochaine épidémie ou de la prochaine maladie », explique le professeur Jonathan Heeney interrogé par la BBC. « C’est un changement fondamental dans notre manière de nous préparer aux pandémies ».
L’équipe va mettre son IA à contribution pour développer des vaccins contre la grippe, la grippe aviaire H5N1 et contre les fièvres hémorragiques virales comme Ebola, qui frappe en ce moment la République démocratique du Congo. L’épidémie actuelle a été provoquée par une souche du virus contre laquelle aucun vaccin n’existe. « Ce qui est vraiment intéressant, c’est que cette technologie semble beaucoup plus efficace pour concevoir des vaccins capables d’anticiper de futures pandémies, notamment lorsque les virus mutent rapidement », décrypte Saul Faust, qui a réalisé les essais à l’université de Southampton.
« Les premiers essais cliniques étant encourageants, cette technologie pourrait permettre d’accélérer le développement et la mise à disposition de vaccins au bénéfice des populations du monde entier », s’enthousiasme le ministre britannique des Sciences, Lord Vallance.
Une déclaration aussi optimiste que politique évidemment, alors que les chercheurs se font plus prudents dans leur publication scientifique : le vaccin n’a pas encore démontré sa capacité à offrir une protection large contre l’ensemble des sarbecovirus. Une étude de phase II devra désormais confirmer si l’approche tient ses promesses.
Le gouvernement américain voudrait sa part du gâteau du boom de l’IA générative. L’administration Trump envisagerait d’investir au capital des principales entreprises du secteur. Sam Altman milite depuis longtemps pour une telle initiative.
L’administration Trump n’hésite pas à investir directement dans les entreprises américaines. On l’a ainsi vu acquérir 9,9 % du capital d’Intel. Et demain, elle pourrait s’octroyer une part au capital des principaux labos IA. C’est du moins l’idée qui flotte à Washington, selon le Wall Street Journal.
Donald Trump, interrogé à bord d’Air Force One sur le sujet, n’a pas caché son intérêt sur le sujet. « Il existe des idées selon lesquelles des parts pourraient être attribuées au public américain, de sorte que les Américains deviennent en quelque sorte partenaires de ces entreprises (…) C’est quelque chose de très intéressant, car cela reviendrait presque à créer un partenariat avec le public américain. Nous allons examiner cette possibilité. »
Trump a ajouté : « L’idée est que le peuple américain puisse bénéficier du succès de l’IA (…) C’est quelque chose qui le rendrait riche », promet-il. En échange de ce soutien public, le gouvernement américain profiterait de la valorisation future de ces entreprises. Anthropic et OpenAI sont dans les starting-blocks, avec des IPO record en vue. Les dividendes pourraient ensuite être redistribués à la population, via un fonds souverain ou tout autre mécanisme.
Sam Altman pousse cette idée depuis des années, avant même le lancement de ChatGPT. Le fondateur et patron d’OpenAI cherche manifestement à obtenir le soutien le plus large possible pour ces investissements : il a rencontré le sénateur Bernie Sanders ce mercredi, qui sur l’échiquier politique américain se trouve à l’exact opposé de l’administration actuelle. Mais sur cette question, les extrêmes pourraient se retrouver. Bernie Sanders travaille ainsi sur une mesure radicale : transférer 50 % du capital des principales entreprises d’IA vers un fonds public.
En avril, OpenAI avait effectivement proposé la création d’un fonds public qui investirait dans les entreprises d’IA et surtout, qui distribuerait les gains directement aux citoyens américains. Un dispositif parmi d’autres, dans un catalogue de mesures très politiques visant à faire accepter l’IA par le grand public.
Au vu de l’opposition actuelle de nombreux Américains — 71 % d’entre eux sont opposés à l’installation de datacenters IA — et aux menaces réelles ou supposées que cette technologie fait peser sur l’emploi, la création d’un mécanisme compensatoire n’est pas une idée complètement farfelue. Officiellement, rien n’a encore été décidé. Il faut aussi prendre en compte l’hypothèse impossible à écarter d’un éclatement de la bulle IA : ces investissements publics pourraient dès lors perdre énormément de leur valeur.
Mais sans parler de prise de participation, le gouvernement fédéral actuel a fait du soutien à l’IA un pilier de sa politique industrielle et économique, en dérégulant à tout va et en favorisant la construction de centres de données.
Donald Trump a signé ce mercredi 2 juin un décret présidentiel, certes édulcoré, pour contrôler d’un peu plus près les modèles IA avancés, via un processus d’évaluation volontaire. OpenAI a d’ailleurs confirmé sa participation.
La liste des résultats d’une recherche en ligne sur Google a-t-elle vécu ? Le moteur de recherche teste actuellement un réglage pour afficher ses résultats directement dans le mode IA de Chrome. Il s’agit uniquement d’une expérimentation pour le moment, mais… qui sait ?
Depuis 28 ans maintenant, les résultats de recherche Google accompagnent des milliards d’internautes dans la jungle du web. L’IA pourrait-elle bouleverser ces habitudes ? C’est déjà un peu le cas, pour ceux qui ont troqué Google pour un moteur de recherche IA comme Perplexity ou ChatGPT. Le géant du web n’a pas l’intention de regarder passer les trains, en fourrant de l’IA absolument dans tous les coins de son principal service (au point de favoriser les moteurs alternatifs qui revendiquent leur absence d’IA).
L’AI Mode de Google dans Chrome.
Bien sûr, on connait les AI Overviews — enfin, à part en France où ces résumés ne sont pas disponibles —, qui s’affichent en haut des résultats d’une recherche. Et qui souvent privent les sites web de précieux clics. Depuis l’an dernier, un AI Mode a rejoint les fonctions d’intelligence artificielle accessibles directement depuis la recherche Google. Il s’agit ni plus ni moins qu’un bot conversationnel propulsé par les mêmes modèles que Gemini.
À l’heure actuelle, saisir une requête dans la barre de recherche lance par défaut le moteur traditionnel, celui qui liste les résultats sous forme de liens web, éventuellement avec un descriptif. Le site Windows Report est tombé sur un nouveau flag dans la dernière version Canary (alpha) de Chrome, qui permet de changer ce comportement : on peut décider d’activer par défaut l’affichage des résultats dans le mode IA de Google. Il est toujours possible d’obtenir les résultats « classiques », mais il faut cliquer sur le bouton « All ».
Ce réglage, que l’on peut trouver en naviguant dans chrome://flags (recherchez ensuite « Fulfill Searchbox Queries in AI Mode »), n’est là qu’à des fins d’« exploration » pour le moment. « Il n’est actuellement pas prévu de déployer cela en production », explique le développeur Google qui a implémenté le flag. Néanmoins, le travail est abouti : les raccourcis clavier ctrl-clic, MAJ-clic et clic molette sont pris en charge, ils ouvrent de nouveaux onglets ou en arrière-plan comme actuellement dans la recherche classique.
Un tel niveau de finition laisse penser que Google ne se contente pas de tester une simple idée. Quant à la note laissée par l’auteur du flag, elle indique seulement qu’aucun déploiement n’est prévu à ce stade, ce qui n’exclut pas une arrivée ultérieure auprès du grand public.
Le sursis de 48 heures annoncé vendredi soir aura été payant. Le consortium d’opérateurs composé d’Orange, de Bouygues Telecom et Iliad a signé un protocole d’accord avec Altice en vue de l’acquisition de SFR. La découpage du gâteau de l’opérateur au carré rouge est désormais connu.
Il n’aura pas fallu attendre la fin du sursis de 48 heures pour que tout le monde se mette finalement d’accord. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange mettent la main sur SFR, aux termes d’une négociation ayant débuté en octobre dernier ; les négociations exclusives remontent elles au mois d’avril. Un protocole d’accord a été signé entre le consortium et Altice, pour une transaction portant sur un prix total de 20,35 milliards d’euros. La somme pourra évoluer jusqu’à la finalisation de l’opération prévue au mieux en 2027.
SFR coûte plus ou moins 20 milliards d’euros
Parmi les ajustements annoncés : un « earn-out » de 650 millions d’euros maximum, c’est à dire une somme que recevra Altice si SFR atteint certains objectifs financiers d’ici la clôture de l’opération. À l’inverse, si les performances de l’opérateur se dégradent davantage que prévu, le consortium pourrait demander une réduction du chèque.
Le prix final dépendra aussi du niveau d’endettement réel de SFR au moment de la clôture. Si la dette est plus élevée que prévu, le prix payé pourra être réduit ; si elle est plus faible, il pourra être augmenté. Une clause de sauvegarde est également prévue, si le consortium ou Altice renonce à l’opération. C’est un point souligné dans le communiqué : en cas d’abandon, la partie à l’origine pourra être tenue de verser une pénalité qui oscillera entre 100 millions à 2 milliards d’euros, selon les circonstances. Les trois acheteurs se partageraient dès lors les coûts, à parts égales.
Au-delà de la prudence affichée, il s’agit d’« une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications », soulignent les partenaires. Une opération qui réduira le nombre d’opérateurs en France à trois, alors qu’ils étaient quatre depuis 2012 et le lancement en fanfare de Free Mobile. Une arrivée qui a profondément bousculé le paysage et provoqué une guerre des prix. Nul doute que la question de la concurrence sera surveillée de très près par les autorités de la concurrence.
Les trois opérateurs acheteurs se sont partagés le gâteau SFR, chacun repart avec un gros morceau. Bouygues Telecom remporte ainsi :
l’activité et la clientèle SFR Business (environ 1,2 milliard de chiffre d’affaires) ;
une partie des activités grand public de SFR : 3,8 millions de clients mobiles (dont le MVNO Prixtel, soit 500 000 clients) et 2,6 millions de clients fixes ;
le réseau mobile de SFR dans les zones non denses partagé avec Bouygues Telecom (accord « Crozon ») ;
les infrastructures dédiées au B2B Fixe ;
la part détenue par SFR dans Faber, le réseau FTTH sur une partie de la zone très dense ;
une partie du réseau de distribution.
Bouygues Telecom repart avec la part du lion, puisqu’elle représente 52 % du chiffre d’affaires de SFR (4,1 milliards d’euros).
une partie des activités grand public de SFR : 1,6 million de clients B2C, ainsi que 400 000 clients TPE ;
50 MHz de fréquences supplémentaires.
Free Mobile compterait dès lors 31 millions d’abonnés en France. Enfin, Orange repart avec :
une partie des activités grand public : 4 millions de clients mobiles et 1 million de clients haut débit fixe ;
l’activité prépayée de SFR ;
les MVNO Réglo, Syma et Coriolis ;
47 MHz de fréquences supplémentaires, soit 31 % des fréquences de SFR. Cela place Orange en tête des opérateurs français, avec un total de 221 MHz.
Les trois acheteurs l’affirment la main sur le cœur : « Cette opération structurante préserverait un écosystème très concurrentiel », assure Orange. Iliad entend « préserver une concurrence forte au bénéfice des consommateurs ». Pour Bouygues, c’est « un projet industriel au service des clients ». Ce qui ressort surtout, c’est que ce dépeçage en règle de SFR et sa disparition programmée du paysage vont permettre aux opérateurs de « renforcer durablement la capacité d’investissement dans les infrastructures numériques françaises », selon Bouygues.
« Dans un secteur qui doit investir toujours plus dans les réseaux, la cybersécurité, le cloud et l’intelligence artificielle, il faut des acteurs solides. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se finance. » déclare Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad.
Bouygues Telecom a un petit mot pour les futurs transfuges de SFR : « la priorité serait d’assurer une transition progressive, maîtrisée et garantissant la continuité de service ». L’opérateur s’engage à garantir la continuité des offres et la stabilité des services. Un gros chantier technique en perspective.
Sur le versant social des salariés SFR, qui sera lui aussi scruté par les autorités, le consortium s’engage sur une garantie de l’emploi jusqu’à début 2029, « grâce à la poursuite de leur emploi, ou grâce à une proposition d’emploi », explique Iliad. « Un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR. »
L’affaire est encore loin d’être terminée. Une phase de consultation va s’ouvrir avec les instances représentatives du personnel, et puis les régulateurs ont leur mot à dire. La réalisation définitive de la transaction pourrait intervenir au second semestre 2027. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », prévient Orange.