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Le nouveau patron du BHV Marais veut se débarrasser de l’espace Shein

Le gros bazar de l'hôtel de ville
Le nouveau patron du BHV Marais veut se débarrasser de l’espace Shein

L’épisode aura été de courte durée, mais il laissera des traces. L’espace Shein va disparaitre du BHV Marais, suite à la vente du grand magasin parisien par la Société des grands magasins (SGM) à l’ex-directeur général de la maison, Karl-Stéphane Cottendin.

Stupeur et tremblement en octobre 2025, lorsque Frédéric Merlin, président et fondateur du groupe SGM, a annoncé que le Bazar de l’hôtel de ville du Marais allait ouvrir un espace de plus de 1 000 m² dédié à Shein. Le spécialiste chinois de la fast fashion y gagnait là une respectabilité qui tranchait avec les soupçons de pratiques abusives et de non-conformité aux exigences sanitaires parfois formulés à son encontre.

Depuis, certaines de ces craintes se sont avérées. La marketplace a ainsi vendu des poupées sexuelles à caractère pédopornographique, ce qui lui a valu le lancement d’une procédure de suspension en France, ainsi que l’ouverture d’une enquête formelle européenne au titre du DSA, le règlement sur les services numériques.

Mais malgré ces controverses, le BHV a conservé son espace Shein, Frédéric Merlin se réjouissant même du montant du panier moyen et du nombre de visiteurs. À tel point d’ailleurs que des corners Shein ont ouvert dans plusieurs BHV en province ce début d’année. Ça n’aura pas duré très longtemps, du moins dans le magasin historique du Marais : Shein se voit montrer la porte de sortie par la nouvelle équipe aux commandes.

Changement de patron au BHV

La SGM a en effet cédé, à perte, le fonds de commerce du BHV Marais (et du BHV Parly 2) à plusieurs des anciens dirigeants du magasin, dont son ex-directeur général Karl-Stéphane Cottendin qui va quitter pour l’occasion ses fonctions de directeur général du groupe SGM. Celui qui était le bras droit de Frédéric Merlin veut repositionner le BHV « sur son cœur de métier historique », à savoir la maison, le bricolage, la décoration, les arts de la table, etc. De quoi peut-être faire revenir plusieurs grandes marques qui ont déserté les lieux, comme Dior ou Guerlain.

La SGM garde les sept BHV de province, dont cinq qui intègrent un espace Shein – et qui les conserveront jusqu’à la fin du contrat. Pour Karl-Stéphane Cottendin, la présence physique du groupe chinois dans l’emblématique magasin du Marais a été « une erreur stratégique », comme il l’explique à l’AFP reprise par France 24, et elle a coûté cher à la SGM : la Banque des territoires s’est en effet retirée du tour de table l’automne dernier, condamnant le projet d’acquisition des murs (45 000 m²). La SGM a donc dû se contenter du fonds de commerce, une « anomalie stratégique » vis à vis du projet de la société.

Shein fera « idéalement » place nette d’ici à Noël, espère le nouveau patron. Il va cependant falloir négocier non seulement avec Shein, mais aussi avec le bailleur Brookfield, qui pourrait récupérer plus de la moitié des locaux pour construire un hôtel sur les deux derniers étages du BHV Marais (un des étages étant occupé par le groupe chinois). Si la répartition des surfaces doit encore être rediscutée, la nouvelle direction affirme qu’aucun plan social n’est programmé.

De son côté, Frédéric Merlin reconnait également des erreurs et une opération qui a « déraillé » malgré les 15 millions d’euros investis depuis le début de l’année pour relancer le grand magasin. La cession du BHV Marais est un moyen de « sortir par le haut », affirme-t-il. En février dernier, il expliquait déjà qu’il arrêtera Shein « si cela ne marche pas dans un an ». Le dirigeant n’aura pas attendu cette échéance.

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Dans la foulée de son IPO, SpaceX rachète Cursor et ses modèles dédiés aux développeurs

SpaceX lave encore plus blanc que blanc
Dans la foulée de son IPO, SpaceX rachète Cursor et ses modèles dédiés aux développeurs

Dans la foulée de son introduction en bourse sur le Nasdaq qui lui a permis de lever plus de 80 milliards de dollars d’argent frais, SpaceX a annoncé mardi son intention d’exercer l’option d’achat posée sur Cursor, ses outils d’orchestration et ses grands modèles de langage dédiés aux développeurs. La transaction sera réalisée en actions dans le courant du troisième trimestre, pour 60 milliards de dollars.

C’est la première annonce stratégique de SpaceX depuis son introduction fracassante en bourse, vendredi dernier. Le groupe d’Elon Musk a en effet signalé (PDF) mardi 16 juin son intention d’exercer, d’ici le troisième trimestre 2026, l’option d’achat posée sur Anysphere, la société qui édite Cursor et ses différents outils d’intelligence artificielle. La transaction devrait être réalisée intégralement en actions, et Cursor a vocation à poursuivre ses activités en tant que filiale détenue par SpaceX.

SpaceX exerce l’option posée fin avril

SpaceX concrétise ainsi l’option posée le 22 avril dernier, date à laquelle le groupe avait annoncé un partenariat étendu avec Anysphere, visant notamment à mettre à profit les infrastructures des datacenters Colossus pour entraîner les modèles développés par Cursor sous ses propres couleurs.

Cursor se présente en effet au départ comme un environnement de développement logiciel (IDE). Parti d’un fork de VS Code (Microsoft), Cursor dispose d’un orchestrateur, indépendant des modèles, et fait depuis quelques mois la part belle aux agents. En parallèle, l’entreprise développe et entraîne depuis fin 2025 ses propres LLM, baptisés Composer et présentés comme particulièrement optimisés pour l’ingénierie logicielle.

Bref, Cursor table sur cette approche intégrée, IDE et modèles spécialisés, pour tailler des croupières aux acteurs plus généralistes de type Anthropic, OpenAI ou même GitHub Copilot. Reste à voir comment les activités xAI (dont Grok) s’interfaceront avec celles de Cursor dans le portefeuille commercial de SpaceX. « Depuis quelques mois, SpaceXAI et Cursor entraînent conjointement un modèle qui sera bientôt disponible dans Cursor et Grok Build », se contente d’indiquer l’acquéreur.

Fin avril, l’annonce d’un accord potentiel avec Cursor était analysée au regard de la future introduction en bourse de SpaceX, et nous la considérions alors comme une forme de légitimation des investissements pharaoniques dans les infrastructures IA consentis par le groupe. Rappelons en effet que les datacenters plombent les finances consolidées du groupe, alors même qu’il enregistre une rentabilité record sur la fourniture d’accès à Internet via Starlink.

Depuis, l’actualité a montré que SpaceX était enclin à rentabiliser ses investissements : le groupe a annoncé coup sur coup deux contrats de mise à disposition d’infrastructures. D’abord avec Anthropic, pour 1,25 milliard de dollars par mois sur trois ans, puis avec Google, pour 920 millions de dollars par mois.

Positifs pour le cash flow du groupe, ces deux accords ont parfois été interprétés comme un aveu d’échec implicite sur le développement en propre de modèles commerciaux (xAI et Grok n’ayant jamais obtenu une traction commerciale comparable à celle des leaders du marché). L’acquisition de Cursor participe indirectement à démentir cette idée, mais elle confirme que xAI, chez qui les départs se sont multipliés ces derniers mois, a probablement besoin de renforts ou de compétences nouvelles pour rester dans la course.

Un premier rachat largement couvert par une IPO record

SpaceX procèdera donc à l’acquisition de Cursor (sous réserve des habituelles validations réglementaires) par échange de titres. Le nombre exact d’actions de type A (aux droits de vote limités par rapport aux actions de type B détenues en grande majorité par Elon Musk) sera basé sur une moyenne du cours en bourse de SpaceX, pondérée par le volume des échanges, sur les sept jours précédant la conclusion du deal.

Difficile à ce stade de prédire à quel cours s’échangera le titre SPCX aux alentours du troisième trimestre. Introduit vendredi à 135 dollars l’action, le titre a dépassé les 220 dollars mardi 16 juin peu après l’ouverture du Nasdaq suite à l’annonce du rachat de Cursor, avant de se stabiliser sur une hausse tout de même conséquente de 10 % par rapport à la clôture de la séance précédente.

Mardi vers 16h30, sa valorisation s’établissait ainsi à 2 700 milliards de dollars, ce qui place SpaceX dans le top 5 des capitalisations boursières mondiales, devant Amazon (environ 2 650 milliards de dollars à la même heure).

Force est de constater que les marchés ont répondu présents à l’appel de SpaceX : l’opération initiale d’introduction en bourse a été largement sursouscrite, et les banques qui en disposaient ont exercé leurs clauses de surallocation (un dispositif qui permet d’acheter un peu plus d’actions que prévu), ce qui a permis à l’entreprise de lever quelque 85 milliards de dollars d’argent frais.

Plusieurs voix, dans le monde financier, s’étaient pourtant élevées pour dénoncer les risques associés à la valorisation possiblement excessive de SpaceX et à la gouvernance concentrée entre les mains d’Elon Musk. D’aucuns rappellent également le caractère utopiste des promesses formulées par l’entrepreneur, qui a construit tout le narratif de l’IPO autour de la possibilité de placer des centaines de MW de puissance de calcul informatique en orbite et d’ouvrir la voie au voyage interplanétaire.

Une chose est sure, son statut de premier « billionnaire » au monde (fortune personnelle dépassant les 1 000 milliards de dollars) et ses nouvelles obligations liées à la cotation de SpaceX n’ont pas entamé le sentiment d’impunité dont semble jouir Musk sur son réseau social. Le 9 juin dernier, pendant que le tout Wall Street spéculait sur le succès de l’IPO, l’entrepreneur relayait sur X les messages du militant d’extrême-droite Tommy Robinson, appelant à « manifester SOUVENT et FORTEMENT », alors que Belfast était traversée par une vague de manifestations violentes.

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☕️ Firefox 152 affiche ses nouveaux paramètres et de petites améliorations bienvenues



La nouvelle mouture du navigateur de Mozilla est désormais disponible. La mise à jour attend déjà sagement que vous redémarriez le navigateur pour s’installer.

Firefox 152 commence par rénover la page des paramètres. L’organisation générale reste à peu près la même, mais le nouvel affichage se veut plus clair, avec des réglages mieux mis en avant, des regroupements plus évidents et un accès présenté comme simplifié.

Le navigateur intronise également une série d’ajouts assez sympathiques. Par exemple, depuis la barre d’adresses, si l’on écrit « mute », « shush » ou « sssh » ou que l’on passe par l’action rapide dédiée, on peut rendre silencieux l’ensemble des onglets. Dans une fenêtre de navigation privée, recharger une page fait maintenant apparaitre une barre proposant de désactiver temporairement le bloqueur de traqueurs, dans le cas où celui-ci engendrerait des problèmes de rendu.

Sur Windows et Linux, un clic droit sur un onglet affiche maintenant une ligne « Partager » dans laquelle on trouve l’entrée « Copier le lien ». Il permet de récupérer directement le lien de la page, plutôt que de se rendre dans l’onglet et de cliquer dans la barre d’adresse. Certaines extensions existent cependant pour rendre la manipulation encore plus directe, la fonction apparaissant dans le menu contextuel sans passer par une arborescence.

Enfin, dans les Firefox Labs, signalons l’apparition d’une nouvelle expérimentation : le support du JPEG XL. Dans ses notes de version, Mozilla indique que ce format d’image doit permettre une meilleure compression que WebP, JPEG, PNG et GIF.

Comme toujours, la nouvelle version colmate une série de failles de sécurité. Sur la quarantaine référencées, 13 sont considérées comme de sévérité haute ou critique. Mieux vaut donc ne pas tarder à mettre à jour.

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Mais pourquoi l’indexation est-elle si longue dans iOS 27 ?

Indexation et vexation
Mais pourquoi l’indexation est-elle si longue dans iOS 27 ?

De nombreux utilisateurs s’étant aventurés sur les terres (pas si arides) de la première bêta d’iOS 27 ont peut-être remarqué que le système semble constamment en cours d’indexation. C’est « normal », mais on peut obtenir des informations plus précises.

D’abord, qu’est-ce qu’une indexation ? C’est l’opération par laquelle un système d’exploitation (ou n’importe quel logiciel) crée un catalogue à partir d’informations existantes. Cette technique est très largement utilisée par tous les mécanismes de recherche. Google utilise par exemple des robots d’indexation pour relever les informations présentes sur les sites web.

L’opération peut prendre du temps, voire beaucoup de temps selon la quantité de données. Les métadonnées jouent un grand rôle dans la construction de cet index. Quand un système comme iOS ou même Windows indexe les contenus, il rassemble au même endroit des informations jugées pertinentes qui permettent de retrouver aisément les données concernées.

iOS 27 recommence tout depuis zéro

L’efficacité d’un index dépend directement des fonctions qu’on veut lui attacher, donc de la manière que les utilisateurs pourraient utiliser la recherche associée. Dans le cas d’iOS et macOS 27, l’arrivée de Siri AI rebat justement les cartes.

Tel que présenté lors de la WWDC 2026, et comme nous avons pu le vérifier, poser des questions à l’assistant d’Apple creuse désormais dans à peu près tous les contenus possibles et imaginables : messages divers, emails, photos et vidéos, etc. Ce qui représente un nombre beaucoup plus important de données que jusqu’ici au sein d’un index dont la construction est sans doute différente elle aussi.

Conséquence, l’opération peut être très longue. Quand on se rend dans les paramètres d’iOS, on est accueilli par le même message (en anglais) : « Indexation en cours. Vous pouvez utiliser votre iPhone comme d’habitude. L’indexation améliore la recherche et peut prendre du temps. Des sessions de recharge plus longues aident l’indexation à aller plus vite ». Le tout accompagné d’un lien qui ne nous renseigne pas davantage, car il renvoie vers une vieille ressource consacrée à macOS 13 et versions ultérieures, pour reconstruire en cas de problème.

Comment savoir où en est précisément l’opération ?

Sur deux iPhone de la rédaction, l’opération semble continuer indéfiniment depuis une semaine, quand nous avons installé la première bêta d’iOS 27 (dont la qualité générale et la réactivité surprennent agréablement). Certes ces deux iPhone contiennent des années cumulées de données en tout genre, mais une semaine nous semble quand même bien long.

Il existe cependant une méthode pour obtenir une information plus précise : le pourcentage de réalisation de cet index. Comme indiqué par 9to5Mac, il faut malheureusement un Mac (même si macOS 27 n’est pas nécessaire) :

  • Connectez l’iPhone au Mac
  • Sur le Mac, lancez Console
  • Dans le menu Action, activez l’option « Inclure les messages de débogage »
  • Dans la barre latérale, sélectionnez l’iPhone
  • Dans le champ de recherche en haut à droite, écrivez : « spotlight indexing progress »
  • Cliquez sur le bouton Démarrer (en forme de bouton de lecture)
  • Si tout se passe bien, une ou plusieurs lignes « PipelineCompleteness » devraient s’afficher avec un pourcentage : c’est celui que l’on cherche

Dans notre capture, on peut voir que l’indexation n’en est qu’à 45 % en une semaine.

Précisons deux points. D’une part, la progression de l’opération semble très liée aux longues sessions de recharge. Or, le propriétaire de l’iPhone ne fait que de courtes sessions, car le remplissage de la batterie est volontairement limité à 80 %. D’autre part, le moteur d’indexation est neuf et commence à peine sa carrière, dans une première bêta du système d’exploitation. Il pourrait donc y avoir divers bugs, ou au moins un manque d’optimisation dans les calculs.

Enfin, il n’est pas nécessaire d’avoir un index terminé pour utiliser Siri AI, comme nous l’avons montré récemment. En revanche, les résultats seront plus ou moins pertinents selon que l’index est bien avancé ou pas.

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☕️ Apple visée par une enquête sur l’interopérabilité d’iCloud en Italie



Entre Apple et le DMA, les relations sont glaciales et cela ne va pas aller en s’arrangeant. L’autorité italienne de la concurrence a lancé une enquête concernant l’accès à iOS et iPadOS des services infonuagiques concurrents d’iCloud.

En vertu du règlement sur les marchés numériques (DMA), Apple a l’obligation d’assurer l’interopérabilité d’iOS et d’iPadOS avec les services des fournisseurs de cloud concurrents. Ces derniers doivent obtenir un accès aux systèmes d’exploitation et aux composants matériels au même niveau qu’iCloud, la plateforme infonuagique d’Apple.

Apple vs EU : le bras de fer
Illustration : Flock

Mais est-ce réellement le cas ? L’autorité italienne de la concurrence n’en est pas certaine. En fait, elle dispose d’« indices laissant penser que les fournisseurs tiers de services cloud destinés aux particuliers ne sont pas traités sur un pied d’égalité avec iCloud d’Apple. » Ces fournisseurs n’auraient pas accès aux mêmes fonctionnalités qu’iCloud ; le régulateur donne en exemple l’impossibilité d’une sauvegarde complète des données d’un smartphone ou d’une tablette dans un nuage concurrent.

C’est ce qui vaut à Apple une nouvelle enquête sur son respect du DMA, la première ouverte par l’autorité italienne (le règlement européen autorise les régulateurs nationaux à conduire des enquêtes préliminaires). Celle-ci est menée en coopération avec la Commission européenne.

Cette nouvelle péripétie européenne ne va probablement pas contribuer à apaiser le courroux de l’entreprise américaine, qui a décidé de ne pas livrer Siri AI dans l’UE, précisément sur ces questions d’interopérabilité. Apple est en effet censée accorder aux autres assistants les mêmes accès sur les données personnelles de l’utilisateur. Plutôt que de s’y résoudre, le constructeur a proposé un compromis à la Commission qui a été qualifié d’« exemption au DMA » par Bruxelles.

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Cybersécurité : la transposition de NIS2 continue de traîner des pieds

À leurs actes manqués
Cybersécurité : la transposition de NIS2 continue de traîner des pieds

Alors que la transposition de NIS2 était prévue avant la fin de l’été, ce ne sera finalement pas le cas. Les députés sont certes convoqués pour une session extraordinaire, mais NIS2 n’est pas au programme de la trentaine de projets de loi qui va être examinée.

Date limite : octobre 2024

17 octobre 2024 : c’était la date limite pour transposer le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité, plus connu sous le nom NIS2. Vincent Strubel (patron de l’ANSSI) avait déjà prévenu début 2024 : « le 17 octobre, il ne va pas se passer grand-chose de spécial, en tout cas dans le domaine de NIS2 ». Effectivement, rien le 17 octobre et toujours en attente d’un vote final mi-2026.

Quelques semaines auparavant, le 9 juin, Emmanuel Macron décidait de dissoudre l’Assemblée nationale. Le gouvernement démissionnaire s’occupait alors simplement d’expédier « les affaires courantes ». Les gouvernements se sont ensuite enchaînés : Attal, Barnier et Bayrou sur les derniers mois de 2024. NIS2 n’était pas la priorité des équipes respectives.

Passage au Sénat début 2025

Début 2025, les transpositions des directives européennes NIS2, DORA et REC passaient l’étape du Sénat. Avant d’être applicable, le texte doit aussi être examiné par l’Assemblée nationale. Nous avions contacté la Commission des lois à l’époque, qui nous répondait que le gouvernement avait évoqué la fin mai (spoiler : c’est loin d’être le cas), mais que la date précise ne serait connue qu’un mois avant environ.

En juin, la Cour des comptes publiait un long rapport sur la cybersécurité et y parlait évidemment de NIS2. Elle souhaitait à ce sujet que l’ANSSI évolue davantage vers une logique de contrôle et de sanction. Vincent Strubel a déjà fait part de son opposition à plusieurs reprises, affirmant son rôle de cyber-pompier et pas cyber-gendarme: « Un cyber pompier, ça ne remplit pas un PV en même temps que ça a éteint le feu ».

En commission spéciale de l’Assemblée nationale en septembre 2025

En septembre 2025, le projet de loi était adopté par une commission spéciale de l’Assemblée nationale. Philippe Latombe, président de cette commission, ajoutait au passage un amendement afin de sanctuariser le chiffrement de bout en bout (dans l’article 16 bis). Ne restait donc que l’examen final du texte et son vote en séance publique.

Quelques semaines plus tard, toujours sans passage à l’Assemblée nationale (ni calendrier prévisionnel), l’ANSSI ouvrait son bureau de pré-enregistrement. C’était « la première brique de l’entrée en vigueur de NIS 2 et un premier pas pour les entités dans le respect de leurs obligations ».

Blocage début 2025 : il faut choisir entre « plusieurs mauvaises solutions »

En février, retournement de situation : la DGSI était accusée par deux députés (les présidents de la commission spéciale) de bloquer l’adoption de la loi. « Je le dis de façon claire et je ne vais pas me faire de copains en disant ça mais c’est pas grave, la DGSI et les services veulent la fin de l’article 16 bis », expliquait Philippe Latombe en conférence de presse.

En mars, l’ANSSI publiait son REférentiel CYber France (ReCyF), en version bêta. Il « liste les mesures recommandées par l’ANSSI pour atteindre les objectifs de sécurité fixés par NIS2 ». Vincent Strubel expliquait qu’il « restera un document de travail jusqu’à la transposition de NIS2 en droit français, mais il ne faut surtout pas attendre pour le mettre en œuvre ».

En avril, Vincent Strubel revenait une nouvelle fois sur ce sujet et expliquait l’impasse actuelle : « On est face à deux impératifs de même valeur : celui de la protection de la vie privée et de la sécurité nationale […]. S’il y avait une solution magique qui permette de les préserver ensemble sans impact sur l’un ou sur l’autre, elle aurait déjà été trouvée… In fine, cela relèvera d’une décision politique du législateur, qui sera un choix entre plusieurs mauvaises solutions ».

Dix-huit mois après la date butoir de transposition, la Commission supérieure du numérique et des postes (CSNP) venait mettre son grain de sel. Elle expliquait que ce retard venait « d’un point de clivage politique : l’article 16 bis, introduit au Sénat afin de consacrer dans la loi la protection du chiffrement et d’interdire l’imposition de dispositifs de portes dérobées (« backdoors ») aux messageries instantanées, fait l’objet d’une opposition du gouvernement ».

Toujours selon la Commission, le programme législatif du gouvernement « prévoit désormais un examen du texte en juillet 2026, et ce sous réserve de la convocation d’une session extraordinaire ». Caramba, encore raté.

NIS2 aux abonnés absents de la session extraordinaire de juillet

Comme le rapporte Éric Bothorel sur X, un décret a bien été publié au Journal officiel pour une convocation du Parlement en session extraordinaire à partir du mercredi 1ᵉʳ juillet 2026. Les députés devraient siéger jusqu’à la semaine du 20 juillet incluse pour examiner plusieurs textes.

L’ordre du jour comprend une trentaine d’examens sur des projets et propositions de loi. Mais, on a beau chercher, rien sur NIS2 ou le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité (le mot cyber n’apparait pas dans le décret).

Il y a quelques jours, nous apprenions que l’Europe serait sur le point de déposer plainte contre la France (devant la Cour de justice de l’Union européenne) pour son retard dans la transposition de la directive. Sur le site de l’European Cyber Security Organisation (ECSO), on peut voir que l’Espagne, l’Irlande et les Pays-Bas sont également en retard et n’ont toujours pas de transposition.

On se souviendra d’une phrase de Vincent Strubel aux Assises de la cybersécurité de Monaco en octobre 2025 à propos de l’ultime vote de la transposition de NIS2 en droit français : c’est « une étape indispensable et essentielle, mais ce n’est qu’une étape et pas la plus difficile ». Pas si sûr.

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13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA

L'ère du commentaire
13 mots suffisent pour manipuler un résultat de recherche par IA

Il suffit d’une dizaine de mots publiés au bon endroit sur un site participatif pour manipuler les résultats de recherche de modèles génératifs appuyés sur des systèmes agentiques, constatent trois chercheurs de l’université de Cornell.

Mise à jour du 17 juin 11 h : précisions sur le type de modèles étudiés

Les systèmes d’intelligence artificielle générative persistent à être très facilement manipulables via Reddit, Quora ou Wikipédia. Pour preuve : une série d’à peine 13 mots suffit dans certains cas à orienter les résultats de systèmes d’IA dédiés à la recherche et accessibles au grand public.

C’est du moins ce que suggère l’étude titrée « Les agents de recherche peuvent être empoisonnés via du contenu généré par les utilisateurs » (« Deep-research agents can be poisoned via user-generated content »), prépubliée par une équipe de trois chercheurs de l’université de Cornell, Hal Triedman, Tingwei Zhang et Vitaly Shmatikov.

Cela explique aussi pourquoi les modérateurs de sites participatifs comme Reddit ou Wikipédia se retrouvent inondés de contenus promotionnels : il s’agit, à terme, de le faire ressurgir dans les réponses des modèles génératifs.

Recours massif à des contenus générés par les internautes.

Les trois universitaires ont concentré leurs recherches sur les systèmes STORM et Co-STORM, créés à l’université de Stanford, et OmniThink, de la société du même nom. Les trois fonctionnent en coordonnant de multiples agents de recherche (deep-research agent) qui lancent leurs recherches pour fournir ensuite un résultat consolidé.

Et les auteurs de l’étude constatent que ces machines tendent à retourner sans cesse vers les mêmes types de contenus. En l’occurrence, pour fournir des réponses aux questions qui leur sont le plus couramment posées, ils s’appuient avant tout sur du contenu produit par les internautes.

Auprès de 404media, l’un des coauteurs explique le phénomène par le fait que les agents appuyés sur des grands modèles de langage (LLM) évaluent la qualité d’une réponse trouvée en ligne en fonction de sa proximité sémantique avec la question qui lui a été posée.

Concrètement, cela les pousse à retourner fréquemment sur des plateformes participatives, où de nombreux commentaires sont écrits en langage naturel, puisque formulés par des humains. Wikipédia et Reddit apparaissent ainsi dans près de la moitié des requêtes émises par les robots étudiés par les chercheurs de Cornell.

Les auteurs de l’étude constatent par ailleurs qu’une poignée de mots bien placés, parfois de 11 à 15 mots seulement, suffit à les voir recrachés par les modèles génératifs. Parmi leurs expérimentations, ils montrent par exemple qu’un simple commentaire sur le subreddit r/OnlineDating, citant la marque fictive « SilverPath » comme application de dating pour des hommes divorcés dans la cinquantaine, suffit à voir ce nom promu dans les résultats de Co-STORM.

En 11 mots publiés sur le subreddit r/Comcast, ils parviennent à faire rechercher à l’un des modèles la recommandation du service fictif « CancelEase » pour se désabonner d’un abonnement internet Xfinity.

Trop simples injections

Alors que le domaine du SEO (Search Engine Optimization) a évolué vers le GEO ou l’AEO (Generative Engine Optimization, ou AI Engine Optimization), la découverte implique que toute marque ou tout acteur cherchant à influencer les résultats des modèles grand public peut parvenir à ses fins en étudiant les questions les plus fréquemment posées et en publiant des commentaires proches, intégrant son message cible, sur des sites participatifs.

En termes de modération, les trois chercheurs sont relativement pessimistes : du côté des LLM, empêcher la génération de texte influencé par les recherches en ligne semble difficile, vu le peu de mots nécessaires pour les voir réagir. D’une certaine manière, les constructeurs d’IA opérant des recherches en ligne délèguent cette question aux modérateurs de sites participatifs.

Ni Reddit ni Wikipédia ne pourront régler ces enjeux seuls, soulignent néanmoins les chercheurs auprès de 404 : il s’agit plutôt d’un problème « de niveau sociétal ». Le simple fait qu’un agent génératif ne fasse aucune différence entre un commentaire publié sur un site participatif et une source vérifiée pose, en soi, de vrais problèmes en termes de qualité de l’information fournie aux internautes.

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Obligation de contrôle d’âge et sites porno : la CJUE valide les mises en demeure, mais pas plus

Step by step
Obligation de contrôle d’âge et sites porno : la CJUE valide les mises en demeure, mais pas plus

Dans un arrêt le mardi 16 juin, la Cour de justice de l’Union européenne a estimé que la France pouvait bien, au regard du droit communautaire, obliger des sociétés basées dans un État membre à mettre en place une vérification d’âge. Elle considère cependant que cette mesure ne peut s’appliquer qu’au cas par cas, et non par l’intermédiaire d’une loi générale, qui engloberait par exemple tous les éditeurs de sites pornographiques.

La France et par extension les autres États membres peuvent-ils imposer une obligation de vérification d’âge à des sociétés basées dans un autre pays de l’Union ? Souhaitée de longue date par le gouvernement et inscrite à l’inventaire des missions de l’Arcom dans le cadre de la protection des jeunes publics face au porno, la question se heurte, notamment, au droit européen.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient justement de rendre un arrêt qui vise à clarifier le débat et devrait alimenter les décisions de justice très attendues dans les différentes affaires qui opposent l’État et l’Arcom à certains éditeurs de sites pornographiques.

Contrôle d’âge et domaine coordonné

En l’occurrence, c’est du Conseil d’État qu’émanaient les questions préjudicielles qui ont poussé la CJUE à plancher plus en détail sur le sujet. En cause, deux sociétés tchèques éditrices de sites X qui contestent devant la plus haute juridiction administrative les mises en demeure envoyées par l’Arcom en invoquant la compétence exclusive du pays d’origine prévue par la directive e-commerce. De ce fait, elles remettent en cause le décret d’application de la loi de 2020 instituant le contrôle d’âge obligatoire.

Cette compétence exclusive renvoie au « principe d’origine » de la directive commerce électronique, qui prévoit qu’une société obéisse aux règles du pays dans lequel elle est implantée pour tout ce qui relève du « domaine coordonné », c’est-à-dire la façon dont le service fonctionne (par opposition à d’autres aspects plus spécifiques comme la fiscalité, la livraison etc.).

Des mesures de restriction prises par un État membre destinataire des services numériques concernés sont envisageables (article 3 de la directive), mais celles-ci doivent être « nécessaires », pour des raisons tels que l’ordre public, la protection des mineurs ou la lutte contre l’incitation à la haine.

Dans ce contexte, le Conseil d’État souhaitait d’abord savoir si l’obligation du contrôle d’âge relevait bien du « domaine coordonné ». Pour légitimer ses mesures, la France argue en effet que le domaine coordonné ne s’applique que pour les règles explicitement harmonisées par la directive européenne. L’obligation du contrôle d’âge n’en faisant pas partie, elle échapperait au principe d’origine. Sur cette question précise, la CJUE dispose que le domaine coordonné « ne se limite pas aux exigences régies par les dispositions d’harmonisation de la directive, mais englobe en principe toute exigence relative à l’accès ou à l’exercice d’un service de la société de l’information », résume-t-elle dans un communiqué (PDF).

OK pour les mises en demeure, mais individualisées…

« Ainsi, l’application par la France des mesures en cause aux fournisseurs établis dans d’autres Etats membres constitue une restriction à la libre circulation des services », résume le juge Thomas von Danwitz. La CJUE ne ferme cependant pas totalement la porte. « Ces mesures peuvent néanmoins être prises, au cas par cas, dans le respect des conditions matérielles et procédurales prévues par la directive », complète le juge.

Pour ce faire, il faut que les « mesures en cause poursuivent des objectifs reconnus par la directive » et apparaissent « proportionnées », ce qui pour la Cour semble plutôt devoir se concrétiser par « des décisions individuelles de mise en demeure ou d’interdiction adoptées sur la base de la législation nationale », plutôt que sur une réglementation appliquée d’office.

« Il s’ensuit qu’une mesure nationale imposant, au prestataire d’un service donné, la mise en place d’un système de vérification de l’âge des utilisateurs des sites pornographiques doit être considérée comme étant proportionnée à l’objectif de protection des mineurs et de la dignité humaine (…) lorsque ce prestataire n’a pas pris les mesures appropriées (…) », écrit notamment la CJUE dans son arrêt.

… et en suivant la procédure

Le tout sous réserve de respecter la procédure. « Avant de prendre de telles mesures, il faut cependant, sauf en cas d’urgence, d’une part, demander à l’État membre d’établissement du prestataire concerné de prendre lui-même des mesures appropriées et, d’autre part, notifier l’intention de prendre celles-ci à la Commission européenne et à cet État membre », résume la Cour, qui après avoir exprimé cet arrêt fondé sur le droit européen, laisse désormais au Conseil d’État le soin de trancher le litige ouvert à l’échelle nationale.

Rappelons que depuis 2020, l’obligation du contrôle d’âge alimente les passes d’armes médiatiques et juridiques. La question connaît d’ailleurs un regain d’intérêt depuis l’été 2025 et les nouvelles promesses formulées par le gouvernement sur la mise en place d’un contrôle d’âge à l’entrée des réseaux sociaux. C’est également à cette époque qu’est entré en vigueur le décret d’application permettant à l’Arcom de sanctionner les éditeurs de sites en cas de non mise en place des mesures techniques de contrôle d’âge, provoquant le boycott de la France (partiellement levé) par Aylo, l’éditeur de Pornhub.

En face, les éditeurs de sites, notamment pornographiques, tentent par tous les moyens de faire invalider les décrets d’application, et n’hésitent pas à jouer la carte du boycott pour faire émerger le sujet dans l’opinion publique. Ils arguent notamment que les dispositifs de contrôle d’âge obligatoire n’ont qu’une efficacité très limitée (un constat, encore, vérifié en février 2026), mais contestent surtout la validité des dispositifs mis en place par la France. Les différentes procédures intentées ont déjà conduit à quelques volte-faces, notamment au niveau du Conseil d’état.

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IA dans l’administration publique : la France lance les grandes manœuvres

Mise au pas
IA dans l’administration publique : la France lance les grandes manœuvres

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fait mardi matin une série d’annonces sur l’intelligence artificielle. En ligne de mire, mise à disposition dans les administrations, stratégie nationale et, bien sûr, souveraineté numérique, alimentée par des moyens supplémentaires.

Article mis à jour à 15h23 avec des précisions de Matignon et Palantir au sujet du fait que la DGSI continuera, dans un premier temps, à utiliser la solution logicielle du géant états-unien.


La France passe à l’attaque, selon Sébastien Lecornu. Le Premier ministre, dans une vidéo publiée sur X ce 16 juin à 7h40, liste une série d’actions entreprises au niveau de l’État pour généraliser l’intelligence artificielle partout où elle est décrite comme pertinente. « Car le temps des expérimentations est désormais derrière nous, le temps de la généralisation commence », assène le Premier ministre.

À la veille de l’ouverture du salon VivaTech à Paris, le gouvernement veut montrer qu’il est conscient du changement qui s’opère : « Comme l’électricité hier, comme Internet il y a 30 ans, l’intelligence artificielle va changer notre manière de produire, de soigner, d’apprendre, de nous déplacer, de nous informer, voire même peut-être de penser ». Il y a donc « responsabilité », selon Sébastien Lecornu, de faire profiter de cette révolution aux usagers, que ce soit pour protéger la souveraineté, renforcer les services publics et permettre « à la France de rester une grande nation scientifique, industrielle et technologique ».

Début de généralisation

L’allocution du Premier ministre, au-delà de faire un point rapide de la situation, contenait surtout une série de six annonces pour « changer d’échelle » :

  • La mise à disposition d’un « agent conversationnel souverain commun » pour l’ensemble des agents publics (il s’agit en fait des agents de l’Etat, soit 1,8 million de personnes tout de même, chiffre confirmé par le ministère de l’Economie et des Finances)
  • Les technologies « les plus avancées » développées par le ministère des Armées seront « progressivement ouvertes aux autres administrations », à commencer par les ministères de la Justice et de l’Intérieur, via notamment le portail GenIAI « qui a démontré son efficacité dans des environnements particulièrement exigeants » et qui sera déployé dans toutes les administrations régaliennes
  • Un assistant santé publique déployé dans Ameli d’ici la fin de l’année, pour proposer de premières orientations « fiables », mieux guider les usagers et plus généralement trouver rapidement la bonne réponse
  • Une démocratisation de l’accès aux données publiques, avec le lancement d’une plateforme unique dédiée à l’IA pour accéder à des informations comme les données démographiques, économiques, géographiques et administratives
  • La France investira 665 millions d’euros supplémentaires au développement de l’IA dans le cadre du projet France 2030 pour « soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles qui feront la puissance de demain »
  • Un axe sur la souveraineté numérique, avec l’annonce de l’abandon du « géant américain » Palantir au profit de la solution française ChapsVision, « retenue aujourd’hui par la DGSI »

Le calendrier de la dernière annonce ne manquera pas d’interroger puisque le contrat liant la DGSI à Palantir avait été renouvelé en décembre 2025 pour trois ans. « Le choix de ChapsVision est le résultat d’un processus de sélection, qui n’était pas achevé en décembre dernier. Pour ne pas souffrir d’un trou capacitaire dans ce domaine sensible essentiel pour notre sécurité nationale, le contrat a été renouvelé. Cette phase permettra le temps nécessaire de former les équipes et préparer la migration vers la solution de ChapsVision », répond à ce sujet Matignon à Raphaël Grably de BFMTV.

Cherchant à déminer les accusations de « coup de com’ », Matignon précise à BFMTV que le « débranchage » de Palantir par la DGSI sera fait d’ici « 1 à 3 ans selon le moment le plus opportun », et donc potentiellement avant la fin du contrat renouvelé en décembre dernier, qui court jusqu’à fin 2028. Contacté, Palantir assure de son côté à BFMTV que « le contrat de long terme qui lie l’entreprise à la DGSI, et renouvelé fin 2025 pour plusieurs années, demeure pleinement en vigueur ».

Les ministères sont prévenus

Après ces annonces principales, le Premier ministre a ajouté une contrainte pour les ministères, pour préparer notamment le projet de finances 2027. Ainsi, chacun « devra démontrer comment il utilise l’intelligence artificielle pour simplifier les démarches, améliorer le service rendu aux Français et réduire les tâches inutiles, notamment remplies par nos propres agents, et donc faire des économies sans diminuer la qualité du service public rendu à la nation ». Les ministères sont avertis que cette « capacité à se transformer sera désormais prise en compte dans les arbitrages budgétaires », afin de « stimuler cette transformation et mobiliser davantage les ministres et les patrons des grandes entreprises ».

« L’État doit récompenser l’innovation, l’État doit encourager l’efficacité, l’État ne financera plus l’immobilisme, il doit financer désormais sa propre transformation. Car chaque heure gagnée grâce à l’intelligence artificielle est une heure rendue aux Français, chaque procédure simplifiée est une liberté retrouvée, chaque économie réalisée est une ressource supplémentaire pour nos priorités », ajoute le Premier ministre.

Des annonces à surveiller

Bien que ces annonces visent à montrer un gouvernement volontaire dans son approche et conscient des révolutions entraînées par l’intelligence artificielle, une certaine vigilance est de mise. Par exemple, on ne sait pas si les 665 millions d’euros supplémentaires alloués à France 2030 sont une nouvelle somme débloquée ou un simple redéploiement au sein de l’enveloppe générale du projet. Pas de calendrier concret non plus pour le déploiement de l’assistant conversationnel pour les agents publics, contrairement à celui pour Ameli, indiqué pour cette année, donc au cours des six prochains mois.

On ne sait rien non plus de l’entraînement et de l’inférence des modèles qui seront utilisés dans les administrations. Rien n’est dit sur la puissance de calcul et les infrastructures utilisées. Dans ce domaine, comme presque tout le monde, la France est tributaire de grandes entreprises américaines, NVIDIA en tête, même si les serveurs physiques sont en France.

La question d’un assistant performant dans Ameli est en outre intéressante. Le stockage des données de santé par le Health Data Hub chez Microsoft a provoqué bien des remous ces dernières années, avant finalement d’échoir à Scaleway en avril, comme l’a rappelé le Premier ministre. L’accès à ces données est particulièrement sensible et la portée de l’assistant n’a pas été précisée.

Cap sur la formation

On en apprend cependant un peu plus dans un document publié il y a quelques heures par le ministère de l’Économie et des Finances, notamment sur la gestation du projet L’Assistant qui doit équiper tous les agents de la fonction publique.

Le document indique par exemple qu’il a été en test ces dix derniers mois auprès de 10 000 agents provenant de six ministères (Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, Services du Premier ministre). Les fonctions abordées sont classiques : résumés, reformulations, extractions d’informations dans des rapports, traductions, et plus récemment RAG, pour créer des bases documentaires dédiées. L’évaluation a été menée par la DITP (Direction interministérielle de la transformation publique), avec la collaboration (entre autres) de chercheurs venant de LaborIA (Inria), du Laboratoire Fabrique de Pensée Critique (INSA Rennes) et du LISIS (CNRS). Selon le document, 75 % des agents auraient trouvé L’Assistant utile à leur métier.

D’autres points sont abordés, dont la formation. L’État vient ainsi de mettre à disposition un « Guide d’usage de l’IA » pour les agents publics (accès public), invités à le consulter. Il s’agit d’une première étape, le gouvernement précisant que le manque de formation est une remontée fréquente. Plus d’un tiers des agents ont ainsi déclaré n’en avoir jamais bénéficié et 31 % ne pas connaitre le cadre d’usage quand des usages existent.

Le cadre général de formation est cependant encore en construction, même si ce deuxième document promet des avancées rapides, en coopération avec les syndicats concernés. En plus d’un rassemblement de toutes les ressources liées dans un même accès, l’État réitère son ambition de former autant d’agents que possible d’ici 2027, ce qui suppose un démarrage en trombe à la rentrée. Un accent particulier sera mis sur les managers.

Sur le sujet des compétences, il est également question de généraliser l’enseignement de l’IA dans les écoles du service public, à savoir les Instituts régionaux d’administration (IRA) et les futurs Instituts du service public (ISP). En outre, le gouvernement souhaite réinternaliser autant que possible les compétences du numérique d’ici 2027. Le calcul est simple selon le document : « Chaque euro investi dans le recrutement de compétences internes permettra de supprimer durablement 1,5 euro de dépenses de prestations externes, tout en renforçant la maîtrise par l’État de ses compétences les plus critiques ».

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L’industrie du jeu vidéo regarde du côté de la publicité face à l’explosion des coûts

Le temps de cerveau disponible des joueurs
L’industrie du jeu vidéo regarde du côté de la publicité face à l’explosion des coûts

Des budgets toujours plus énormes, des temps de développement toujours plus longs, mais un nombre de joueurs qui augmente peu sans que ces derniers ne dépensent plus : pour les éditeurs de jeux, notamment les AAA, c’est la quadrature du cercle. Augmenter les prix des jeux n’est guère populaire, alors quoi ? Une des solutions envisagées par l’industrie ne plaira pas à tout le monde : plus de pub.

De la pub dans les jeux vidéo, ce n’est vraiment pas inédit. Les liens entre ces deux activités sont anciens : Adventureland, un jeu d’aventure textuel de 1978 (!), créé par Scott Adams, contient un message à la fin qui fait la promotion d’un livre de l’auteur. En 1983, le jeu Tapper était entièrement habillé aux couleurs d’une célèbre marque de bière américaine. Mais sans remonter si loin, les simulations sportives, notamment de course et de foot, multiplient les espaces de pub, comme à la télé.

À la fin, c’est toujours la pub qui gagne

Electronic Arts, géant états-unien du jeu vidéo, n’est jamais en panne d’idées pour rentabiliser ses lucratives franchises. Le groupe a en effet largement contribué à populariser et normaliser certaines formes de microtransactions, comme les fameux modes Ultimate Team inaugurés en 2009 dans les jeux FIFA (des packs virtuels de cartes de joueurs). EA a aussi multiplié les « loot boxes » qui, dans certains pays comme la Belgique, s’apparentent à des jeux de hasard.

Le groupe a lancé une nouvelle plateforme publicitaire, EA Advertising, pour faciliter la présence de marques dans ses jeux sportifs. Il y a du potentiel : « Les fans interagissent avec EA SPORTS à une échelle considérable : chaque jour, ils jouent l’équivalent de 23 000 saisons de NFL dans Madden NFL et disputent plus d’un milliard de matchs par mois dans EA SPORTS FC », s’enorgueillit l’entreprise. La publicité est déjà largement présente dans ces jeux, mais cette initiative vise à en afficher encore plus, et pas uniquement dans les panneaux autour du terrain.

Les marques vont ainsi pouvoir « s’intégrer directement au gameplay grâce à des placements dynamiques mis à jour en temps réel » : non seulement des panneaux de pub dans les stades virtuels, mais aussi avec des contenus personnalisés. Une boisson a ainsi habillé de ses couleurs un stade de College Football 26, en y ajoutant sa propre mascotte et des récompenses spécifiques.

EA a fait appel à d’autres annonceurs pour apparaitre ici et là dans les simulations de sport de l’éditeur. Il s’agit de formaliser ces initiatives au travers d’une filiale dédiée, ce qui signifie aussi que les joueurs vont subir davantage de pubs dans leurs jeux préférés.

La pub au secours de Xbox

Pousser la publicité dans les jeux vidéo n’est pas limité à EA. Matthew Ball, le nouveau directeur de la stratégie de Xbox, a fait le parallèle entre le marché du jeu mobile, où la publicité a fait son nid, et celui des PC et consoles. Car au bout du compte, « la publicité finit toujours par occuper tous les espaces disponibles », explique-t-il chez The Game Business. On voit de la pub même pendant les pauses sur Disney+ ou Netflix… « La même logique arrivera probablement, sous une forme ou une autre, sur PC et consoles ».

« Nous ne voulons pas de licenciements. Nous ne voulons pas moins de jeux. Nous ne voulons pas toujours les mêmes jeux. Nous ne voulons pas non plus de hausse des prix. L’argent doit bien venir d’une manière ou d’une autre », ajoute-t-il en rappelant que les joueurs ne dépensent pas davantage. Est-ce à dire que de la publicité va apparaitre dans les jeux Xbox ? La division de Microsoft n’est pas au mieux de sa forme et tire le diable par la queue elle aussi.

Matthew Ball a cependant tenu à démentir les spéculations. Il rappelle d’abord n’avoir pas fait mention de publicité « in game » dans la précédente interview. « Je suis convaincu que les publicités qui interrompent directement le gameplay seraient mal perçues », affirme-t-il au soulagement, sans doute, de nombreux joueurs.

Ce qu’il a dit en revanche, c’est que « la publicité pourrait servir à proposer des alternatives moins coûteuses aux expériences actuelles sans publicité, avec l’espoir que davantage de personnes puissent ainsi jouer ». De la même manière que Netflix ou Disney+ qui proposent des abonnements plus abordables, financés par la publicité. Une rumeur court selon laquelle Xbox pourrait effectivement lancer prochainement une telle formule.

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☕️ VM gratuites : Oracle divise par deux les capacités d’OCI Ampere A1



Oracle et Google proposent des VM gratuites, sans limite de durée. Attention, cela ne veut pas dire qu’elles seront toujours gratuites (ce brief en est le parfait exemple), juste qu’il n’y a pas de date de fin de validité pour le moment, ni de limite de crédits.

Nous avons expliqué comment installer Vaultwarden sur une VM gratuite de Google et ainsi profiter d’un gestionnaire de mots de passe sur l’ensemble de vos terminaux, sans frais. Dans notre cas, après plusieurs mois d’une utilisation classique (trois ordinateurs, deux smartphones), la facture reste bien à 0 euro.

Nous évoquions aussi le cas d’Oracle avec son plan « Always Free », comprenant deux offres gratuites. La première, une micro instance (AMD) avec jusqu’à deux VM.Standard.E2.1.Micro, chacune avec 1/8e d’OCPU et 1 Go de mémoire.

La seconde, baptisée OCI Ampere A1 Compute instances (Arm), donnait accès (lors de notre test en avril) à 3 000 heures OCPU et 18 000 heures de Go de mémoire par mois. On vous épargne les calculs, mais cela était équivalent à un maximum de 4 OCPU et 24 Go de mémoire par mois.

Rien ne change pour l’instance Always Free AMD, mais Oracle divise par deux le CPU et la mémoire d’OCI Ampere 1 : « toutes les locations reçoivent gratuitement les 1 500 premières heures d’OCPU et les 9 000 Go par mois […] Pour les locations Toujours gratuit, cela équivaut à 2 OCPU et 12 Go de mémoire ». Pas de changement sur les transferts avec 10 To de données sortantes par mois.

Sur Reddit, plusieurs utilisateurs indiquent ne pas avoir eu d’email d’Oracle pour prévenir du changement, alors que la nouvelle politique est entrée en vigueur hier, avec donc une facturation si vous dépassez les nouvelles limites.

Un billet de blog aurait été mis en ligne, mais il renvoie désormais vers une erreur 404. Certains indiquent la présence d’une bannière sur leur compte pour les prévenir du changement (encore faut-il aller sur son compte). La page de présentation des « Free Tier » d’Oracle est encore sous l’ancienne formule, contrairement à la documentation.

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☕️ Le noyau Linux 7.1 se dote d’un nouveau pilote NTFS plus performant



Nouvelle version pour le noyau Linux, qui présente comme d’habitude une série d’améliorations dans le support matériel. Côté AMD par exemple, le pilote amd-pstate prend maintenant en compte Dynamic EPP (Energy Performance Preference), qui permet de basculer automatiquement entre les profils énergétiques. Par exemple, un portable peut être sur Performances quand il est raccordé et basculer automatiquement sur Équilibré quand il est sur batterie.

Du côté d’Intel, FRED (Flexible Return and Event Delivery) est désormais activé par défaut. La technologie (qui a commencé à être intégrée dans le noyau 6.9), rend les transferts entre niveaux de privilège du processeur plus rapides. Les gains sont plus sensibles dans les charges lourdes, comme la production audio. FRED devrait également être présent dans les futurs processeurs Zen 6.

Photographie de Long Ma pour Unsplash
Long Ma pour Unsplash

On trouve également plusieurs améliorations diverses notables. Par exemple, le noyau 7.1 corrige le problème avec la partie audio du Steam Deck en version OLED, ce qui ouvre la console portable à d’autres systèmes. Les disques exFAT reçoivent une amélioration importante avec l’arrivée de la pré-allocation pour revendiquer des espaces contigus lors des opérations, réduisant drastiquement la fragmentation.

Le noyau 7.1 fait également l’objet de nombreuses petites opérations de ménage, supprimant d’anciens pans de code, liés surtout à d’anciens matériels et protocoles. 140 000 lignes de code ont ainsi disparu. Comme le signale notamment 9to5Linux, le code lié à la plateforme i486 commence à être supprimé, les options de compilation pour les sous-architectures M486, M486SX et ELAN ayant disparu. Le code permettant de supporter ces architectures est cependant toujours là.

Pour les personnes manipulant régulièrement des partitions NTFS (Windows), le noyau 7.1 représente aussi une avancée importante, note Phoronix. Un nouveau pilote s’occupe de ce système de fichiers propre à Microsoft, avec à la clé de meilleures performances, le support complet en lecture/écriture et la prise en charge d’un plus grand nombre de fonctions.

Comme toujours avec les nouvelles versions du noyau, la mise à jour dépendra de la distribution utilisée. Certaines – particulièrement en rolling release – peuvent les mettre rapidement à disposition, quand d’autres – en release classique – attendent le plus souvent leur mouture majeure suivante pour introduire ce type de changement.

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Aperçu de Siri AI sur iOS 27 : Apple a-t-elle sauvé le soldat Siri ?

Désolé, je ne comprends pas
Aperçu de Siri AI sur iOS 27 : Apple a-t-elle sauvé le soldat Siri ?

Pendant des années, Siri a été le vilain petit canard des assistants vocaux. Peu fiable et franchement limité, le service d’Apple faisait déjà pâle figure face à une concurrence bien plus affûtée, notamment chez Amazon et Google. L’avènement de l’IA générative et le retard pris par le constructeur californien dans ce domaine n’ont rien arrangé. Il fallait un électrochoc pour réveiller la cervelle de Siri… et si c’était finalement arrivé ?

Siri AI est-il enfin à la hauteur des autres assistants IA ? Il est encore un peu tôt pour répondre à cette question, mais il faut reconnaitre que le nouveau Siri d’iOS 27 met un taquet ou deux à son prédécesseur dans tous les domaines. Premier aperçu.

Qui dit nouveau Siri dit aussi nouvelle interface. En 2024, Apple avait déjà modifié le design de son assistant, avec un effet de halo arc-en-ciel sur les bords de l’iPhone. Malheureusement, il ne s’agissait que d’un changement cosmétique : le Siri 2.0 promis cette année-là durant la WWDC ne s’est jamais matérialisé. Histoire d’effacer cet affront, le constructeur change donc de nouveau de braquet avec un assistant qui exploite la Dynamic Island de l’iPhone.

Un assistant moins po-pomme

Siri s’active toujours de la même manière : appui prolongé sur le bouton d’allumage du smartphone ou requête vocale (dire « Dis Siri » ou simplement « Siri »). Le moteur Spotlight, qu’on affiche d’un geste de balayage vers le bas, permet désormais d’écrire ou de parler à Siri, en plus de ses fonctions habituelles de recherche locale et en ligne.

Siri AI carbure avec de nouveaux modèles de langage, développés par Apple avec l’aide de modèles Gemini de Google. Il gagne donc des capacités conversationnelles que l’ancien Siri était tout simplement incapable d’offrir. Petite surprise, il est déjà possible de converser en français et de recevoir des réponses en français dans l’application. C’est le cas aussi en espagnol et en allemand (et dans les autres langues prises en charge par Siri).

Le support du français reste cependant compliqué. Non pas que le charmant accent anglais de Siri soit un problème, mais la compréhension de l’assistant retombe souvent sur sa langue natale, ou alors il propose une traduction. Passer Siri en français dans les réglages iOS le fait basculer dans son ancienne version. Apple a promis la prise en charge de langues supplémentaires. En revanche, il est tout à fait possible de saisir des questions en français avec l’aide du clavier virtuel. Les réponses écrites de Siri seront dès lors en français… la plupart du temps. Il lui arrive de retourner vers l’anglais.

Siri sait faire la conversation : une simple demande sur la météo peut ainsi dériver sur des considérations estivales. Parler de la pluie et du beau temps avec votre iPhone : si vous en rêviez, vous serez servi.

Sur les questions d’actualité, Siri AI est autrement plus outillé que son prédécesseur qui se contentait en règle générale de jeter à l’utilisateur quelques liens en pâture. Les réponses sont détaillées et sourcées (les liens vers les sources gagneraient cependant à être plus visibles), elles s’accompagnent aussi de visuels si nécessaire.

Il reste tout de même quelques bizarreries : lors d’une recherche de billets pour un concert, l’assistant a ainsi demandé dans quelle ville j’habitais, alors qu’il possède cette information – il l’a d’ailleurs trouvée sans problème après une relance. Il lui est aussi arrivé de ne pas pouvoir ouvrir le lien vers un site de billetterie, alors qu’il le proposait explicitement. De petits bugs qu’on mettra sur le compte de la bêta.

Tout cela est bel et bon, mais on ne saurait se contenter de ça : tous les chatbots sont capables de discuter et de rechercher des informations sur le web depuis des années. S’il ne s’agissait que de cela, ce nouveau Siri marquerait certes une avancée considérable par rapport à son prédécesseur, mais ça ne suffirait pas. Apple a cependant ajouté de très intéressantes fonctions qui confèrent à l’assistant des capacités de compréhension du contexte personnel.

Siri peut aller piocher des informations dans Mail, Messages ou dans la photothèque. On peut combiner tout cela avec des informations provenant d’internet. La conversation ci-dessous mêle une recherche sur un voyage récent à Paris pour un mariage, et des considérations sur la météo locale.

Ah mais oui c’est vrai ! Merci Siri.

Quand le contexte personnel fonctionne, c’est épatant, presque magique. Mais il arrive que Siri s’emmêle un peu les pinceaux. En demandant d’afficher une photo de mon chat Houdini prise à Lyon, l’assistant m’assure qu’il ne peut rien pour moi : il ne trouve aucune image correspondante. L’animal est pourtant très présent dans la photothèque (et dûment reconnu comme tel par l’app Photos), son passage à Lyon ayant été documenté comme il se doit avec plus d’une centaine de photos pour en témoigner.

Dans sa forme actuelle, Siri AI peut aussi provoquer quelques frustrations. Il sait retourner des détails précis dans une conversation Messages, par exemple les derniers jeux discutés avec un correspondant. Mais il renvoie une erreur au moment d’envoyer un simple lien. On mettra ça sur le compte de la jeunesse.

Tout sur l’écran

Siri peut également comprendre ce qu’il y a sur l’écran de l’iPhone. L’utilisateur est en mesure de poser des questions sur du contenu affiché à l’écran. On peut ainsi lui demander de résumer les avis laissés par des consommateurs sur une page produit d’Amazon, ou d’en dire plus sur un film à partir du site Rotten Tomatoes ou Ecran Large (ou d’autres). Il sait aussi résumer un article à partir d’une page web.

L’assistant est non seulement en mesure de « comprendre » ce qui se trouve sur l’écran de l’utilisateur, il peut aussi agir dans des applications sans avoir à les ouvrir. Dans l’exemple ci-dessous, on demande à Siri les ingrédients nécessaires pour un plat débattu dans une conversation Messages, puis de les intégrer dans la liste de courses de l’app Rappels. Il faut parfois s’y reprendre à deux fois pour que Siri s’exécute correctement, mais au bout du compte il parvient sans trop de mal à s’exécuter.

Dans certains cas, Siri est bien dépourvu. Il ne pourra pas ajouter dans l’app Photos une image affichée dans Google, et encore moins éditer l’image en question. En revanche, on peut lui demander une modification directement dans l’application ; certes, il se contente de proposer l’outil nécessaire, pas de faire la manipulation au complet, mais c’est un début.

En plus des autres méthodes d’interaction déjà citées plus haut, Siri se trouve aussi une nouvelle place au sein d’iOS : dans le menu contextuel (« Ask Siri »). Il suffit d’afficher ce menu sur n’importe quel fichier pour poser des questions à son sujet. L’assistant peut donner des renseignements sur un document, mais il ne sait pas accéder au contenu dudit document. Le volume de texte qu’on peut coller dans la fenêtre de l’assistant est manifestement limité à pas grand-chose, il retourne souvent une fin de non-recevoir.

Apple propose aux développeurs d’optimiser (voire d’adapter) leurs applications pour Siri, pour faire en sorte que l’assistant accède non seulement aux informations contenues dans les apps, mais aussi à leurs fonctions. Cela passe par les App Intents, un framework lancé en 2022 avec iOS 16. Leur importance a augmenté avec Apple Intelligence en 2025, et encore plus maintenant que Siri est finalement en mesure d’en faire quelque chose de pertinent.

Les apps compatibles peuvent déclarer des actions (« créer une note », « ajoute une tâche »…), des entités (« note », « projet », « document »…), des paramètres et des résultats. L’idée générale est que le développeur décrit ce que son app sait faire, ce qui permet au système d’invoquer ces actions depuis différents endroits, comme Spotlight, Raccourcis, ou Siri donc.

Avec Siri AI, les App Intents prennent du galon : elles deviennent « la fondation pour intégrer une app dans Siri et Apple Intelligence », explique Dan Niemeyer, ingénieur logiciel chez Apple. Ils sont maintenant une couche d’abstraction universelle entre les apps et l’IA, qui permet d’échanger des informations et des actions entre applications : ainsi armé, Siri doit être capable de récupérer une information dans une application, la transmettre à une autre, puis déclencher une action.

À l’heure actuelle, cela fonctionne surtout avec les applications natives. Siri rencontre bien plus de difficultés à communiquer avec les apps tierces compatibles App Intents, à l’image de Drafts. Les développeurs vont avoir un été studieux pour intégrer les nouveautés du framework.

Siri, une app comme une autre

Apple a longtemps résisté à l’idée d’un chatbot Siri. « [Nous] ne voulons pas envoyer les utilisateurs vers une sorte d’interface de chat pour accomplir des tâches », expliquait l’an dernier Craig Federighi, le grand patron du logiciel chez Apple, à Tom’s Guide. Et pourtant, iOS 27 inaugure bien une app dédiée à Siri, qui permet de discuter avec l’assistant exactement comme dans l’app ChatGPT ou Claude.

Droit dans ses bottes, le même Federighi a affirmé durant la WWDC 2026 qu’Apple ne considérait pas Siri « comme un chatbot distinct, un endroit isolé où l’on va discuter, mais plutôt comme un outil conversationnel intégré à l’expérience ». Mais peu importe la manière dont le constructeur coupe les cheveux en quatre : cette app sera un point d’entrée plus naturel pour tous les utilisateurs habitués au mode de fonctionnement des chatbots.

Son principal intérêt est d’y retrouver l’historique des conversations, avec la possibilité de reprendre une discussion commencée en vocal ou par texte. L’utilisateur peut y épingler ses conversations les plus utiles, faire une recherche, afficher l’historique sous forme de liste classique ou de cartes. On peut également renommer ou supprimer une conversation. Les réglages de l’application permettent d’automatiser la suppression des discussions : 30 jours, un an, ou garder pour toujours.

Le bonnet d’âne des assistants peut-il se transformer en premier de la classe ? C’est encore un peu tôt pour le dire, mais pour la première fois depuis très, très longtemps, Siri donne enfin envie de s’en servir. Et ça, c’est déjà un sacré changement ! Malgré un statut de bêta (la prudence s’impose), les possibilités de ce nouveau Siri ouvrent des horizons inconnus du Siri actuel. Pas tellement pour la capacité de converser sur tout et sur rien – une sacrée évolution par rapport à ce que l’on connaissait jusqu’à aujourd’hui –, mais surtout pour la compréhension du contexte personnel et le fonctionnement main dans la main avec les apps.

Là où Claude ou ChatGPT en sont réduits à demander la permission de se connecter à des apps tierces et multiplient les passerelles et autres modules d’extension, Apple a un accès privilégié à ces mécanismes internes. Ce ne sera pas une nouveauté pour les utilisateurs de Gemini sur Android, mais demander à Siri AI une information précise échangée par email ou dans une discussion Messages, et obtenir la réponse correcte a quelque chose d’ébouriffant pour l’assistant d’Apple !

Le plus dur maintenant sera de convaincre les utilisateurs échaudés que son assistant n’est plus une blague, une réputation qu’il se traîne depuis quasiment ses débuts, en 2011. En faisant appel à Google pour développer de nouveaux modèles IA, Apple a peut-être perdu en indépendance, mais le saut qualitatif est générationnel. Le Siri promis en 2024 a mis du temps pour nous parvenir, il semble bel et bien arrivé.

Et en Europe ?

Siri AI sera disponible sur tous les appareils compatibles avec Apple Intelligence, ce qui limite déjà fortement le nombre d’utilisateurs concernés. Pour les smartphones, la configuration minimale est un iPhone 15 Pro. Pour le reste, Siri AI est pris en charge par l’iPad mini (A17 Pro), les iPad et Mac avec puce Apple (M1 minimum), ainsi que le MacBook Neo.

En ce qui concerne les utilisateurs européens d’iPhone et d’iPad, l’attente risque d’être très longue : Apple a très publiquement mis sur la place publique ses désaccords avec l’Union européenne sur le DMA (règlement sur les marchés numériques). De fait, Siri AI ne sera pas proposé sur iOS ni iPadOS avant que les deux parties trouvent un compromis. Difficile au vu de leurs relations exécrables.

En revanche, le nouvel assistant sera bien proposé sur Mac et l’Apple Watch (connectée à un iPhone compatible, même si ce dernier ne propose pas Siri AI ! Comprenne qui pourra). Ces deux gammes ne sont pas des contrôleurs d’accès au sens du DMA.

Autant dire que le « vieux » Siri et ses réponses à côté de la plaque resteront le quotidien de bon nombre d’utilisateurs.

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Meta devra répondre aux accusations d’entraînement d’IA avec du porno piraté

Mets de l'huile
Meta devra répondre aux accusations d’entraînement d’IA avec du porno piraté

L’IA de Meta a-t-elle en partie été entraînée sur du contenu pornographique téléchargé illégalement ? C’est l’objet d’une plainte déposée l’an dernier par deux sociétés de production et de distribution de films porno. La procédure suit son cours, et Meta a perdu une bataille, mais pas la guerre.

Strike 3 Holdings et Counterlife Media, deux entreprises états-uniennes spécialisées dans la production et la distribution de films porno, ont porté plainte contre Meta durant l’été 2025. Elles accusent le géant des réseaux sociaux d’avoir téléchargé 2 396 films en passant par le protocole BitTorrent. Ces contenus auraient servi à entraîner Llama, son précédent grand modèle de langage (Meta a changé son fusil d’épaule depuis, avec Muse Spark).

L’ombre de LibGen

L’affaire suit son cours devant la justice, et la juge Eumi K. Lee en charge du dossier a rendu une ordonnance ce 11 juin, rapporte TorrentFreak. Elle refuse de rejeter la plainte, estimant que les éléments présentés par les plaignants sont suffisants pour poursuivre la procédure. La juge ne dit pas que Meta est coupable, simplement que les allégations des producteurs sont suffisamment crédibles pour justifier une phase d’enquête plus poussée.

L’ordonnance [PDF] établit aussi que les plaignants n’ont pas besoin de prouver l’entraînement de l’IA. C’est un élément important, car Meta soutenait que les producteurs devaient démontrer que leurs films avaient effectivement servi à l’entraînement de Llama. Pour cette plainte précise, ce n’est pas nécessaire : si Meta a téléchargé et distribué les films via BitTorrent sans autorisation, alors l’infraction au copyright est déjà constituée. Peu importe ensuite que les vidéos aient ou non servi à entraîner un modèle.

Pour se défendre, Meta s’est aussi inspirée d’un argument classique dans les affaires liées à BitTorrent : l’adresse IP ne prouve pas qui a téléchargé les fichiers. Des employés, des sous-traitants ou même des visiteurs auraient pu avoir récupéré ces contenus pour leur usage personnel.

La procédure peut se poursuivre

Les éléments à charge présentés par Strike 3 – qui a la réputation d’un « troll des droits d’auteur » avec des milliers de poursuites à son actif – ont toutefois permis à la juge de déterminer qu’il s’agissait davantage d’un système coordonné et automatisé qui cherchait des contenus à partir de mots-clés qu’à des téléchargements effectués indépendamment par plusieurs personnes.

Enfin, Meta a déjà reconnu s’être servi de BitTorrent pour récupérer des bases de données clandestines (la bibliothèque LibGen) afin d’entraîner ses modèles Llama. La juge ne dit pas que les deux affaires sont identiques, mais à la lumière du dossier LibGen, les accusations des deux plaignants sont plausibles.

Meta, comme bien d’autres acteurs du secteur, a parfois pioché sans trop de vergogne dans tous les contenus accessibles en ligne pour entraîner ses modèles IA, sans le consentement de leurs auteurs.

L’affaire est donc loin d’être terminée. Meta devrait maintenant essayer de montrer que les téléchargements n’étaient pas liés à ses projets d’IA, tandis que les producteurs vont tenter d’établir un lien direct entre les téléchargements BitTorrent et les systèmes permettant l’entraînement des modèles IA de Meta.

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☕️ Fox met la main sur Roku pour 22 milliards de dollars



Petit acteur sur le marché français et européen des appareils de streaming, Roku est en revanche un poids lourd en Amérique du Nord. Et c’est ce qui explique la grosseur du chèque signé par le groupe Fox pour s’offrir le constructeur : 22 milliards de dollars.

Grosse transaction dans le paysage du streaming : Fox, un des principaux groupes audiovisuels américains (Fox News, Fox Sports…), a annoncé l’acquisition de Roku pour la modique somme de 22 milliards de dollars. Cela représente une prime d’environ 20 % par rapport à la valeur de l’action Roku vendredi dernier ; la clôture de l’opération est prévue pour le premier semestre 2027.

Image : Roku

Fox ajoute donc à son arsenal tout un catalogue de boîtiers de streaming et de téléviseurs connectés, mais ce n’est pas tellement le matériel qui intéresse le groupe détenu par la famille Murdoch, bien que Roku soit un mastodonte dans ce secteur. La plateforme revendique plus de 100 millions de foyers actifs dans le monde… un monde qui reste largement circonscrit à l’Amérique du Nord. Roku est tout simplement la plateforme numéro 1 aux États-Unis, au Canada et au Mexique en nombre d’heures visionnées.

Fox cherche surtout à renforcer sa position sur le marché plus général du streaming qui lui échappe aujourd’hui. « Ensemble, Fox et Roku entendent créer un groupe média et technologique de nouvelle génération doté d’une grande envergure, à la croisée de deux tendances majeures qui redessinent la consommation vidéo : la place toujours centrale du sport et de l’information en direct, et la progression continue du streaming », peut-on lire dans le communiqué.

Avec Roku, Fox met également la main sur The Roku Channel, l’un des principaux services gratuits financés par la publicité aux États-Unis, qui viendra compléter sa propre plateforme Tubi.

Certaines sources évoquent chez CNN l’impérieuse nécessité pour Fox de sortir de son isolement relatif, surtout après les premiers feux verts réglementaires donnés au rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery. Fox risquait de devenir le seul grand groupe média américain sans véritable plateforme de distribution grand public.

Au-delà de ses box, Roku est aussi et surtout un coffre au trésor publicitaire. L’entreprise possède en effet une montagne de données utilisateurs, des outils de ciblage publicitaires et un important inventaire d’espace publicitaire sur les téléviseurs connectés. Le groupe pourra ainsi vendre des campagnes qui combineront ses deux principaux canaux de diffusion Fox News et Fox Sports, mais aussi Tubi, The Roku Channel et au-delà, l’écosystème de Roku.

Histoire de rassurer les partenaires qui ont contribué au succès de Roku, Fox promet que la plateforme restera ouverte – elle continuera d’accueillir Netflix, Disney+, YouTube, Prime Video et d’autres services qui sont désormais des concurrents directs.

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Londres multiplie les interdictions pour les moins de 16 ans : réseaux sociaux, jeux vidéo…

Think of the children !
Londres multiplie les interdictions pour les moins de 16 ans : réseaux sociaux, jeux vidéo…

« Redonner leur enfance aux enfants », c’est le nouveau credo de Keir Starmer, le Premier ministre britannique. Ce dernier a annoncé ce lundi 15 juin la mise en place d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, en y ajoutant des restrictions sur les jeux vidéo et les plateformes de streaming vidéo en direct.

D’ici l’année prochaine, l’horizon des internautes de moins de 16 ans pourrait bien se réduire fortement au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique a annoncé un projet de loi imposant de nouvelles restrictions significatives aux jeunes du pays : pas de réseaux sociaux, interdiction de diffuser des vidéos en direct, interdiction pour des inconnus adultes de contacter directement des mineurs, limites pour d’autres services en ligne comme certaines plateformes de jeux vidéo. Sans pour autant empêcher les enfants de participer à des jeux multijoueurs en ligne type Minecraft ou Roblox.

Ban à gogo

Pour éviter un effet de seuil brutal à 16 ans, le projet prévoit de laisser actives certaines restrictions pour les 16 et 17 ans, notamment celles concernant les contacts avec des inconnus et certaines fonctions à risque comme les « compagnons romantiques » générés par IA (qui ne seraient plus accessibles qu’aux adultes). Londres doit publier des détails supplémentaires courant juillet sur plusieurs autres pistes, à l’instar d’un couvre-feu numérique nocturne, ainsi que des interruptions obligatoires du scrolling infini pour réduire le temps passé sur les plateformes.

Le tout repose sur l’Online Safety Act, ce texte qui impose la vérification de l’âge sur les sites porno. Les contrôles sont jugés insuffisants par le gouvernement, qui veut désormais imposer des systèmes de vérification plus robustes et qui finiront par s’imposer à tous les internautes outre-Manche. Les autorités se sont inspirées du modèle australien, qui a banni les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, mais en y ajoutant des plateformes et des fonctionnalités en ligne supplémentaires.

« Sur plusieurs aspects, nous allons plus loin qu’une simple interdiction », convient Keir Starmer. « Nous nous attaquons aux fonctionnalités à risque présentes sur les sites de jeux vidéo ou les plateformes de diffusion en direct, où des inconnus peuvent actuellement contacter n’importe quel enfant sans véritable contrôle. » Le gouvernement veut également empêcher le partage de photos intimes par des ados.

La défense des plateformes

Les principales intéressées ont expliqué qu’une interdiction généralisée allait pousser les enfants vers des services plus risqués n’offrant pas le même niveau de protection qu’elles ont mis en place. Autre angle d’attaque : les plateformes visées proposent aussi des fonctions qui aident les plus jeunes. « YouTube est une ressource essentielle pour les jeunes, les enseignants et les parents », a déclaré un porte-parole.

Snapchat indique de son côté que cette interdiction couperait les adolescents des échanges privés avec leurs amis et leur famille (les messageries comme WhatsApp ou Signal ne sont pas concernées). Meta, qui est une des principales entreprises visées avec Facebook et Instagram, a fait valoir que l’expérience australienne augmentait les risques d’isolation des ados de leur communauté.

« Une interdiction n’est pas seulement une loi : c’est aussi l’expression de nos valeurs, une norme sociale », ajoute le Premier ministre. « Bien sûr, certains enfants trouveront des moyens techniques de contourner l’interdiction. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas agir ou que cette mesure sera sans effet. » Le texte devrait être en vigueur d’ici le printemps 2027.

Un projet d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans est également en discussion dans l’Union européenne, tandis qu’en France ils devront demander l’âge afin de bloquer les utilisateurs de 15 ans ou moins.

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Aqara : dix vulnérabilités CVE exposaient serrures, caméras et capteurs connectés

Le loup dans la bergerie
Aqara : dix vulnérabilités CVE exposaient serrures, caméras et capteurs connectés

Aqara, fabricant d’appareils connectés populaires dans l’univers HomeKit, a récemment corrigé la bagatelle de 26 défaillances de sécurité détectées principalement au niveau de la plateforme cloud qui sous-tend ses services. Dix des failles découvertes ont donné lieu à publication d’une CVE. L’exploitation combinée des quatre premières aboutit à une vulnérabilité notée 10, le niveau maximal de sévérité.

Une recherche indépendante, publiée le 11 juin dernier, vient de mettre en lumière un vaste ensemble de vulnérabilités affectant les produits de la marque Aqara. Ce fabricant chinois commercialise pour mémoire une large gamme de capteurs de température, caméras IP, ampoules pilotées, thermostats et autres serrures ou verrous connectés. La bonne intégration de ses produits dans Apple Maison (HomeKit) les rend particulièrement populaires chez les amateurs de domotique.

La plateforme cloud qui sous-tend leur fonctionnement présentait toutefois quelques sérieuses failles en matière de sécurité. L’exploitation combinée de plusieurs d’entre elles créait ainsi une voie pour usurper n’importe quel compte enregistré sur la plateforme Aqara, et donc potentiellement de forger un accès à l’ensemble de l’écosystème domotique d’un utilisateur.

Dix CVE et de nombreux problèmes de configuration

L’une de ces failles a reçu la note maximale de 10.0 dans la base de Common Vulnerabilities and Exposures (CVE) officielle – une sévérité qui reflète son rôle dans la chaîne plutôt que son impact pris isolément, le chercheur lui ayant lui-même attribué 7.5. « La passerelle Aqara IAM/SSO (gw-builder.aqara.com) expose des échanges AES bidirectionnels contre la clé de signature de la plateforme sans authentification », indique la notice associée.

Derrière ce scénario du pire (dont aucune mise en œuvre malveillante n’a été attestée) se cache en réalité un catalogue de failles et de lacunes de sécurité bien plus vastes, comme le présente sur GitHub l’auteur de ces découvertes, le Français Sammy Azdoufal. Ses travaux, confirmés par Tod Beardsley de runZero, ont donné lieu à la publication de dix CVE individuelles, dont quatre sont qualifiées de critiques (note supérieure à 9).

« L’audit a révélé dix vulnérabilités côté produit suffisamment graves pour justifier l’attribution de CVE, ainsi que onze problèmes côté opérateur affectant l’infrastructure d’Aqara (son CRM, ses plateformes CI/opérations internes, sa passerelle IAM, son forum et son GitHub). Les quatre premières CVE sont liées entre elles. Aucune d’entre elles n’atteint individuellement le niveau 10.0. C’est leur enchaînement qui aboutit à ce niveau », décrit Sammy Azdoufal.

Il a découvert ces failles en étudiant l’application mobile dédiée à ses utilisateurs, ce qui lui avait déjà permis de découvrir plus d’un million de babyphones espion basés sur le cloud Meari, et près d’un million de pièces d’identité exposées sur Internet par le fournisseur d’un outil de CRM dédié aux coffee shops et autres cannabis clubs sociaux.

Sammy Azdoufal indique avoir listé et informé Aqara d’un total de 27 défaillances. Le fabricant aurait reconnu et corrigé 26 d’entre elles, laissant de côté l’allusion à un forum Discourse dont les messages et les comptes utilisateurs étaient accessibles sans authentification préalable. « L’un des éléments signalés comme corrigés est un problème structurel (CVE-2026-50091, clés cryptographiques codées en dur intégrées au SDK mobile et au firmware déployé) pour lequel un correctif côté serveur n’est pas architecturalement suffisant », estime de son côté l’auteur de la découverte.

La marque minimise l’impact

Il relate par ailleurs la chronologie de ses échanges avec Aqara, de la première prise de contact, en mars, à la déclaration publique transmise le 11 juin, date de la publication de ses découvertes. Dans cette dernière, telle que reproduite par Sammy Azdoufal, l’entreprise affirme que « la possibilité potentielle de contrôler les appareils des utilisateurs se rapporte à un environnement de test totalement distinct des systèmes de production d’Aqara », et que l’accès « à de véritables appareils ou comptes utilisateurs via l’environnement de test est impossible dans notre architecture, car les environnements ne partagent aucune donnée utilisateur, identifiant ni service backend ».

Des affirmations que réfute le chercheur indépendant. « Le point d’accès de récupération des jetons (famille CVE-2026-50083) a renvoyé 2 969 sessions actives, dont les sessions JWT actives de deux employés d’Aqara. Les environnements de test ne contiennent pas les sessions de travail actives des employés réels », fait-il par exemple valoir.

Nous avons contacté Aqara pour essayer de tirer au clair ces contradictions. En attendant, les utilisateurs de l’application du même nom ont sans doute tout intérêt à révoquer les autorisations tierces qu’ils n’auraient pas eux-mêmes accordées dans les paramètres de leur compte. Ainsi qu’à privilégier les options de contrôle local, notamment via HomeKit, plutôt que de piloter leurs appareils par l’intermédiaire d’un cloud opéré par le fabricant. Un conseil qui vaut sans doute d’ailleurs bien au-delà du cas particulier d’Aqara…

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☕️ KPMG retire un rapport chantant les louanges de l’IA après la découverte d’hallucinations



Quoi de mieux pour chanter les louanges de l’IA qu’un rapport truffé d’hallucinations rédigé par une IA ? KPMG a dû retirer une étude sur l’IA agentique après la découverte de plusieurs cas d’usage apparemment inventés. Oups.

Tout ce que raconte l’IA n’est pas d’or. KPMG, une des plus grandes agences de conseil au monde, a publié en octobre dernier un rapport pour « redéfinir l’excellence à l’heure de l’IA agentique ». Destiné aux dirigeants et aux décideurs, le document multiplie les études de cas censées illustrer l’adoption de cette technologie dans les secteurs de la finance, des transports ou encore de la santé.

Illustration : Flock

Seul problème : de nombreux exemples du rapport sont faux, ou à tout le moins factuellement incorrects. Le rapport affirmait ainsi que la banque UBS utilisait des agents IA pour le conseil en investissement, la gestion des risques et la conformité réglementaire au sein d’une plateforme développée avec Microsoft. Des affirmations qui reposent sur des faits incorrects, affirme l’établissement financier au Financial Times et aux chercheurs d’hallucinations du détecteur de contenus générés par IA GPTZero.

Quand l’IA vante l’IA

Autre exemple, celui des chemins de fer fédéraux suisses, chez qui des agents IA étaient censés aider les voyageurs à planifier, réserver et optimiser leurs trajets en fonction de leurs préférences, des conditions en temps réel et de l’impact carbone. Sauf que la description donnée dans le rapport n’était « pas exacte ». Il prétendait aussi que Transport for London (TfL) employait des agents IA pour prévoir et gérer la congestion, personnaliser les informations aux voyageurs et coordonner les modes de transport. Une présentation « trompeuse », selon la TfL.

Enfin, KPMG affirmait que des agents IA prédisaient les réadmissions à l’hôpital, réalisaient un tri des patients et automatisaient les orientations médicales au sein du système de santé dans le grand Manchester. De fausses informations provenant manifestement de la mauvaise interprétation d’un communiqué sur un outil de détection du… cancer du poumon.

Sur les 45 références citées dans le rapport, seules 5 renvoient correctement à des sources réelles, a calculé GPTZero. 28 autres citations fournissent des titres paraphrasés et/ou des éléments erronés pour une source réelle. Les 12 dernières sont trop vagues ou comportent trop d’erreurs pour permettre de déterminer avec certitude si une source existe.

De plus, environ la moitié des affirmations étayées par ces 45 citations semblent être fausses ou attribuées à tort – probablement parce qu’un outil de recherche sur l’IA a trop pris au pied de la lettre une demande visant à trouver des exemples d’« IA agentique » exploitées en production.

Après avoir été alerté par le FT et GPTZero, KPMG a retiré le rapport de ses sites web, tout en affirmant prendre très au sérieux « l’exactitude et l’intégrité » de ses publications. Le cabinet a rappelé que ses employés doivent respecter des règles internes sur l’usage responsable de l’IA.

« Nous attendons de l’ensemble de nos collaborateurs qu’ils respectent nos directives relatives à l’utilisation responsable de l’IA, notamment en assurant une supervision humaine pour valider les contenus et vérifier les sources indépendantes », indique un porte-parole. Une enquête interne a été lancée, mais c’est un peu tard : les conclusions de ce rapport avaient déjà été reprises par plusieurs publications spécialisées du secteur, ainsi que par un important quotidien tchèque.

Ce n’est pas une première, les exemples d’hallucinations d’IA prises pour argent comptant se sont multipliés dans tous les domaines, et on n’est pas près d’en voir le bout.

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[MàJ] Moteur de recherches de données personnelles : « Le recel de data volées est un crime »

Le mot du jour est : doxing !
[MàJ] Moteur de recherches de données personnelles : « Le recel de data volées est un crime »

Trouver des informations personnelles, bancaires d’une personne aussi facilement que la recette de la tarte aux pommes ? C’est la « promesse » d’un site qui commercialise désormais vos données privées et bancaires, dont l’histoire mérite qu’on s’y attarde. Le gouvernement a saisi la justice.

Mise à jour du 13 juin 11h38. Le député Éric Bothorel annonce avoir « saisi hier la Justice pour au moins trois sites qui compilent des fuites de données et les rendent publiques » et rappelle au passage les risques.

Article original du 12 juin 22h00. Depuis plusieurs mois, un moteur de recherche fait tout pour se faire connaître. Se présentant comme un service agrégeant les données publiques et issues des (nombreuses) fuites qui surviennent en France depuis des années, il permet de chercher très simplement les informations d’une personne. Les critiques sur sa licéité et les retombées sur la vie privée n’ont pas manqué.

Avant toute chose, un point important : Next ne donnera ni son URL ni son nom, même s’ils sont facilement trouvables (et nous vous demandons de faire de même dans les commentaires), notamment pour ne pas leur faire la moindre publicité gratuite.

Une fenêtre sur les fuites de données et leurs dangers

Le site apparait sous une forme simple : on s’inscrit avec son email puis on lance une recherche sur un nom et un prénom, par exemple. Les résultats apparaissent sous forme de liste, les données d’une personne étant réunies dans un cadre. On y retrouve les nom, prénom, adresses email, numéros de téléphone mobile et fixe, l’adresse postale et, selon les cas, des informations beaucoup plus sensibles comme le numéro de sécurité sociale et jusqu’à l’IBAN.

Il s’agit de données provenant des fuites de données massives, comme celles des deux prestataires du tiers payant (Viamedis et Almerys), des comptes avec IBAN de Bouygues Telecom et Free, des associations sportives, etc. Certaines sont datées, d’autres plus récentes, mais on peut assez facilement retrouver des personnes en choisissant les bons mots clés. Toujours sur Discord, les « leaks » récupérés sont listés, le premier remonte à octobre 2015 avec des données des impôts français, puis MYM, Carte Jeune Occitanie, CAF, France Travail, etc.

Malheureusement, rien de neuf, aurions-nous presque envie de dire. Les fuites sont monnaie courante depuis des années, les données facilement accessibles sur Internet. Pour Next et des experts en cybersécurité, ce n’est pas une surprise. Ce genre de « service » existe depuis des années, mais ils sont par contre plus underground, au sein de forums spécialisés plus ou moins référencés, dans des groupes de discussions, également sur des sites, mais plus confidentiels.

La « nouveauté » est ici l’accès gratuit, avec une interface propre et simple à utiliser par n’importe qui, avec une certaine viralité (même si elle est difficile à mesurer). C’est une fenêtre ouverte sur un monde qui n’est généralement pas autant sous le feu des projecteurs.

Ce site n’est d’ailleurs pas nouveau, à en croire son Discord au début de l’année : « Notre nom de domaine a récemment été supprimé, ce qui nous a obligés à le changer ». Sur le Discord, on peut également voir des guerres de clocher (ou de cour de récré quand on voit le niveau de certains échanges) sur qui a le meilleur service, qui copie l’autre, qui était là en premier, etc.

Première dose gratuite, maintenant payez (ou faites la promotion)

La période de « gratuité » est désormais terminée : l’accès est payant depuis ce vendredi. Comptez 10 euros par semaine minimum, sachant que « les prix vont augmenter prochainement », prévient le site. Pour payer, « cryptomonnaies, Paypal, PaySafeCard ou en virement bancaire ». Bien évidemment, on ne peut que vous conseiller de ne pas payer.

Cette bascule devait intervenir le 15 juin, mais elle a été faite plus tôt que prévu : « Le projet a pris une trop grande ampleur et certaines personnes jalouses qui se sont intéressées à des choses qui ne les concernaient pas ont tout fait pour essayer de faire fermer le site et nous apporter des soucis », peut-on lire dans les « annonces ».

Le besoin de viralité est d’ailleurs assumé et même monétisé, comme en témoigne le Discord pas plus tard que cette semaine : « Nous recherchons actuellement des personnes motivées pour nous aider à faire connaître xxx sur les réseaux sociaux et les communautés en ligne. Si vous êtes actif sur TikTok, Snapchat, Instagram, Discord ou toute autre plateforme et que vous souhaitez participer à la promotion du projet, n’hésitez pas à nous contacter. En échange d’une aide régulière et sérieuse, nous pourrons offrir un abonnement à l’un de nos plans payants ».

Retrouver ses proches ? La fausse bonne excuse

Nous avons contacté les gestionnaires du site via le Discord. Plusieurs ont répondu présent, de manière polie. Nous avons pu discuter oralement avec l’un d’eux, qui se fait appeler Zalko, et lui avons posé quelques questions.

Interrogé sur les motivations qui ont mené à la création du site, il nous répond qu’avec plusieurs amis, ils voulaient constituer une base rassemblant « tout ce que l’on peut trouver publiquement et dans les fuites de données ». Il ajoute : « On voulait juste que tout soit au même endroit pour simplifier la vie des gens qui veulent retrouver un proche, un ami ».

Devant les inévitables sujets relatifs à la vie privée, aux dérives comme le doxxing ou encore au caractère légal du service, Zalko est confiant : « Je ne pense pas que ce soit illégal, parce qu’on peut trouver ces données n’importe où. Nous on a simplement rassemblé tout au même endroit. On s’est beaucoup renseigné sur les textes de lois ».

Et sur l’exploitation malveillante d’une telle masse de données ? « Nous on est clairs, on avertit partout que le doxxing et ces autres pratiques sont interdites. Et on a mis en place des protections pour limiter et bloquer le scrapping ».

Nous n’en avons pas appris beaucoup plus, mais la suite a pris rapidement une tournure étrange. Une autre personne, se présentant comme un responsable du site, nous a recommandé de ne pas croire le dénommé Zalko, pourtant rangé dans les « Managers » sur Discord.

Les questions suivantes, notamment sur la licéité du service et son exploitation commerciale, n’ont reçu aucune réponse. « J’ai reçu pour instruction de ne plus vous parler », nous a répondu l’autre personne. Quand on parle de cour de récréation…

 « Sur la forme, c’est manifestement illicite »

Dans un long message signé « l’équipe xxx », les responsables affirment que ce service « est, et a toujours été, un service légal et conforme. Notre outil agrège exclusivement des données publiquement accessibles. Nous ne piratons rien. Nous ne volons rien. Nous ne doxxons personne. Nous ne leakons aucun mail confidentiel. Nous n’intimidons aucun plaignant. Nous ne redirigeons personne vers des sites malveillants. Nous n’avons aucune faille de sécurité exposant les données de nos utilisateurs. Xxx respecte le cadre légal en vigueur, y compris le RGPD. Les données accessibles via notre plateforme sont des données déjà publiques ». Sur un malentendu ?

Concernant le caractère légal d’un tel site, Alexandre Archambault, avocat spécialisé dans le droit du numérique, n’est pas catégorique mais souligne d’importants manques et zones d’ombre. « Sur la forme, c’est manifestement illicite en l’absence de mentions légales conformes à la loi, s’agissant d’un site qui s’adresse au marché français », nous indique l’avocat.

« L’exploitation d’un site internet ne disposant pas de mentions légales conformes à la loi est un délit », ajoute-t-il. Les peines peuvent aller jusqu’à 75 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement. S’il s’agit d’une entreprise, l’amende peut s’envoler à 375 000 euros.

Il souligne qu’une telle situation peut relever des dispositions de l’article 323-3-2 du code pénal, avec un risque accru depuis la loi 2025 - 532 du 13 juin 2025. S’agissant d’une structure a priori commerciale, la bande organisée peut être retenue. Les peines encourues changent effectivement d’échelle, puisqu’elles peuvent grimper jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 1 million d’euros d’amende.

Des risques réels : le « recel de data volées est un crime »

Projet Arcadie est plus directe : « Techniquement, c’est du recel et cela a été confirmé par la Cour de cassation dans un arrêt du 18 février 2026 ». Tris Acatrinei se fait l’écho d’Amélie Bonfanti (cabinet Deshoulières Avocats) : « Le fait de bénéficier, en connaissance de cause, d’une information provenant d’un délit peut constituer un recel au sens de l’article 321 - 1, alinéa 2, du Code pénal ».

« L’autre véritable danger réside dans la possibilité qu’une personne très mal intentionnée qui utiliserait ces données, obtenues illégalement, pour faire du mal à quelqu’un d’autre. Dans ce cas, la responsabilité des créateurs de xxx pourrait être engagée », ajoute Projet Arcadie.

Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée du Numérique, affirme à BFMTV avoir saisi la justice en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale : « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ».

Éric Bothorel a aussi saisi la justice, pour au moins trois sites similaires. Le député rappelle au passage que « sur d’autres affaires similaires, plusieurs personnes ont déjà été déférées. Il faut le redire avec force : le recel de data volées est un crime. Et à ceux qui s’y emploient, parfois très jeunes, ceci n’est pas un jeu »

Passez votre chemin, vraiment !

Rappelons enfin qu’il n’est pas du tout recommandé d’utiliser ce genre de service, notamment car vous ne savez pas ce qu’il adviendra de vos données personnelles. Pendant la phase « gratuite », ce site demandait un simple email pour se connecter (avec confirmation), vous pouviez également demander à retirer des informations.

Non seulement rien ne certifie que cela sera fait, mais même dans le meilleur des cas cela ne les supprime que de ce service… or il en existe des dizaines au bas mot, sans compter les copies des leaks qui sont un peu partout sur Internet. De plus, demander à retirer les données peut confirmer à des pirates que ces données sont encore valables, et qu’elles ont donc une valeur supplémentaire.

Vous voulez savoir si des données personnelles ont fuité ? Il existe des sites fiables, qui ne donnent pas d’informations à n’importe qui. Have I Been Pwned en est un. Entrez votre email et vérifiez dans quels leaks il apparait, avec quelles données associées.

Par exemple, l’un de nos emails est dans cette base qui est disponible sur Internet :

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L’Arcom déploie son arme anti-IPTV en temps réel pour la coupe du monde de football

Carton rouge pour l'IPTV illégale
L’Arcom déploie son arme anti-IPTV en temps réel pour la coupe du monde de football

La Coupe du monde est lancée, mais tous les supporters ne la regarderont peut-être pas dans les mêmes conditions. Pour les utilisateurs d’IPTV illégale, l’Arcom annonce une compétition rythmée par les coupures de flux, grâce à un dispositif inédit de blocage des adresses IP en direct.

Le coup d’envoi de la Coupe du monde de football a été donné ce jeudi 11 juin : 48 équipes vont se mesurer aux quatre coins du Canada, de Mexique et des États-Unis, avec en point d’orgue la finale du 19 juillet. Combien de ces matchs pourront être suivis par les utilisateurs d’IPTV illégale ? Idéalement, aucun ! C’est du moins ce qu’espèrent les diffuseurs officiels, et ce que promet l’Arcom.

L’arme ultime contre l’IPTV illégale ?

Les utilisateurs des plateformes de streaming illégal et autres abonnés à des services d’IPTV illicite devraient en être quitte pour suivre la coupe du monde de loin. L’Arcom a en effet mis en place un système de blocage des adresses IP en temps réel. L’adresse est coupée au début du match, elle est réactivée à la fin de la rencontre.

L’Arcom est aux avant-postes de ce combat. En 2025, elle a fait bloquer à sa demande près de 6 500 noms de domaines, contre 772 en 2022. Un volume réalisé grâce à un outil permettant aux ayants droit de signaler les sites miroirs à bloquer. Mais bloquer des noms de domaine à l’infini n’est pas suffisant. « L’intérêt du blocage IP, c’est de toucher les serveurs. Une fois qu’on touche la source, c’est quand même beaucoup plus compliqué de créer de nouvelles plateformes », explique Pauline Combredet-Blassel, la directrice générale adjointe de l’Arcom, à Franceinfo

Le blocage des adresses IP est présenté comme la solution ultime au piratage des compétitions sportives. Le procédé avait été testé durant le tournoi de Roland-Garros. Il est certes facile de créer « autant d’adresses internet qu’on veut », mais « une fois que les serveurs ne sont plus accessibles, c’est quand même plus compliqué de se répliquer », indique-t-elle.

C’est aussi une arme de plus dans l’arsenal des ayants droit, en plus du blocage des URL, des DNS et même des VPN qu’a obtenu Canal+ l’an dernier (au grand dam des fournisseurs).

En mai, le régulateur avait adopté des modèles d’accords à destination des titulaires de droits et des intermédiaires techniques, avec pour objectif de « faciliter la coopération entre les acteurs ». Les modèles favorisent une mise en œuvre « simultanée et rapide » des mesures de lutte contre le piratage sportif.

Il s’agit effectivement de bloquer les diffusions illégales au moment où les matchs ont lieu. L’Arcom rappelle que le préjudice direct lié à ces retransmissions pirates se montait à 290 millions d’euros en 2024. Les clubs professionnels sont les plus directement touchés, mais l’ensemble de l’écosystème en pâtit également.

Anticiper la loi

La proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel contient plusieurs mécanismes facilitant le blocage quasi immédiat des sites IPTV pirates et leurs clones pendant les retransmissions de compétitions en direct. Le texte a été adopté par le Sénat au mois de mai, il est désormais entre les mains de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

Le dispositif mis en œuvre à Roland-Garros – et désormais pendant la coupe du monde – anticipe la mise en œuvre de la loi. L’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (AAPS) espère que l’automatisation sera opérationnelle d’ici la fin de l’année, rapportait L’Informé mi-mai. Les intermédiaires techniques se sont engagés à traiter jusqu’à 10 000 adresses IP simultanément.

Il y a les plateformes pirates, et il y a les utilisateurs. En mars, le parquet d’Arras a sanctionné des abonnés à des offres d’IPTV illégale à des amendes comprises entre 300 et 400 euros. La Ligue de football professionnel (LFP) s’en était évidemment réjouie, tout en appelant à la mise en œuvre de moyens d’action accrus, dont le dispositif de blocage par IP.

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