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☕️ xAI poursuit un utilisateur de Grok pour création de deepfakes sexualisés



xAI, maison mère du réseau social X et du moteur d’IA générative Grok, poursuit en justice un homme de Caroline du Sud au motif qu’il aurait utilisé Grok pour créer du contenu représentant des agressions sexuelles sur mineurs (Child sexual abuse material, CSAM). 
L’homme, Terry Harwood, a été arrêté plus tôt dans l’année pour des faits d’exploitation sexuelle de mineurs.

D’après la plainte de xAI, déposée devant la cour fédérale texane, il aurait violé les conditions d’utilisation des services de la société, rapporte Reuters.

C’est, a priori, la première plainte de ce type déposée par une société éditrice de système d’IA générative contre l’un de ses utilisateurs. 
C’est aussi un type d’action tout à fait cohérent avec une pratique récurrente d’Elon Musk, patron de xAI. Homme le plus riche de la planète, il est connu pour tenter de régler nombre de ses conflits devant les tribunaux (quelquefois sans succès, comme dans l’affaire qui l’a récemment opposé au PDG d’OpenAI Sam Altman).

Si le profil de l’internaute visé peut expliquer la décision de le poursuivre en justice, la plainte a ceci d’étonnant qu’elle a été déposée alors même qu’Elon Musk a personnellement supervisé le tournant de plus en plus sexualisé des résultats de Grok.

Elle peut néanmoins faire office de démonstration de ses pratiques de modération, alors que la société est sous le coup de multiples enquêtes à travers le monde.

La plainte contient par exemple l’affirmation selon laquelle xAI a suspendu 52 222 comptes et soumis 73 604 alertes au Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) des États-Unis, alertes qui auraient « conduit à (au moins) 244 arrestations ».

La société accuse Terry Harwood d’avoir téléchargé des images non sexuelles d’adultes et d’enfants sur Grok pour générer des deepfakes pornographiques de ces différentes personnes. Elle l’accuse aussi d’avoir produit des images pornographiques non consenties d’adultes.

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Un réseau social européen ? On est passé de Bluesky à Mu.social, et on vous explique

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Un réseau social européen ? On est passé de Bluesky à Mu.social, et on vous explique

Depuis un peu plus d’un mois, un réseau social européen a fait son entrée sur le protocole AT, qui sert de colonne vertébrale à Bluesky. Next l’a testé et en a discuté avec l’un de ses architectes.

Le réseau social a 34 jours à l’heure de publier ces lignes. Il comptait 100 000 utilisateurs au bout de 26 jours d’existence. De mon côté, j’ai rejoint la troupe alors que la plateforme fêtait sa troisième semaine d’existence.

Dans l’idée d’européaniser un peu mes réseaux sociaux – et d’écrire une série d’articles qui débute avec celui-ci –, je suis allée un cran plus loin : j’ai déplacé toutes mes données sur Eurosky, la plateforme construite par la Modal Foundation. L’entité, qui gère aussi Mu, vise à fournir au public un compte unique lui permettant d’accéder à une foultitude d’applications reliées par une seule et même infrastructure : le protocole AT.

Si tous ces termes techniques vous collent des frissons d’angoisse, retenez pour le moment qu’un compte Eurosky vous permet d’accéder, depuis l’Europe et sans avoir à vous réinscrire 15 fois, à des services aussi divers que des applications de construction de site, des réseaux sociaux (type Mu), des services de code, de blog, de veille, etc. On vous en dira plus dans un prochain article. D’ici là, vous pouvez vous référer à tout cela en évoquant l’ATmosphere, à laquelle appartient aussi… Bluesky.

Mais revenons à nos mu-tons. Depuis quelques jours, j’observais une partie de la communauté Bluesky discuter de ce nouveau réseau social, Mu. Pourquoi changer encore de plateforme, alors que j’avais déjà dû fuir X, me créer un compte sur Bluesky, un autre sur Mastodon, bref, que je vis désormais dans une (relative) cacophonie de services ? « Il n’y a aucune obligation, répond à Next le vice-président de Modal, Robin Berjon. Vous aurez le même contenu et le même genre de réseau. En revanche, vous y gagnerez un ensemble de fonctionnalités supplémentaires », à commencer par le très inutile mais très satisfaisant petit chat qui court depuis deux semaines en bas de mon écran.

Là, il court partout. Mais quand il sera fatigué, il fera une sieste. / Mu, capture d’écran

L’interopérabilité en action

Surtout, le réseau est construit de telle sorte qu’il est possible de tester Mu sans abandonner son compte Bluesky. Vous voyez l’interopérabilité, ce terme barbare que professent certains défenseurs du numérique (comme la Quadrature du Net) depuis des années ? Très concrètement, c’est cela qu’elle permet : avoir un compte utilisateur quelque part, s’en servir pour accéder à une multitude de services construits par des gens différents. Ça permet aussi d’accéder au même contenu, produit par la même foule de personnes auxquelles, personnellement, je me suis abonnée depuis mon arrivée sur Bluesky, depuis l’interface de mon choix.

En l’occurrence, depuis un demi-mois, j’ai abandonné la plateforme grise et bleue de Bluesky pour adopter celle marron et rose (vous pouvez tout à fait modifier les couleurs dans les paramètres) de Mu. Avec un poticha en plus.

Si j’insiste sur le chat, c’est à la fois pour la blague et parce que ç’a fait l’effet d’un excellent coup marketing à l’échelle de la rédaction de Next. J’ai vu des gens en parler depuis Bluesky. Je me suis dit qu’il fallait que je teste. J’ai créé mon compte, j’ai été dans Paramètres / Companion (oui, de petits anglicismes subsistent) et voir ce petit être de pixel se promener sur mon écran m’a rendue excessivement heureuse. J’en ai parlé sur les réseaux (alors que j’aurais dû accorder toute mon attention à une réunion de rédaction, oups). Mes collègues l’ont vu : en moins de trois minutes, une bonne partie d’entre eux étaient en train de tester pour avoir, eux aussi, la satisfaction de voir un petit-chat-mignon sur leur écran.

Des vérificateurs de confiance par communauté

Plus sérieusement, cela dit, Mu propose quelques autres fonctionnalités différentes de celles de Bluesky. Ainsi de l’onglet « Actualités », accessible à gauche, sous la page d’accueil. « Pour le moment il est très basique, il ne prend en compte que quelques centres d’intérêt et une zone géographique, mais on travaille sur quelque chose de plus avancé, explique Robin Berjon. Quelque chose qui ressemble à un mélange entre les flux sociaux des journaux et le flux RSS d’un journal, en faisant apparaître les comptes des journalistes sur le côté, les commentaires des gens… »

Un peu plus développé, Mu recourt aussi à un système de vérificateur de confiance. Ici, pas de paiement ou de nombre d’abonnés à dépasser pour obtenir le coche des utilisateurs vérifiés. Au contraire, il faut plutôt compter sur les travaux de communautés spécifiques pour faire émerger une série de comptes vérifiés.

« L’idée, à terme, c’est d’avoir un Wikipedia de la vérification. » Sur Facebook ou Twitter, rappelle Robin Berjon, de premiers programmes de vérification ont émergé, sur lesquels les sociétés ont fait des efforts « dans un premier temps. Cela devait notamment servir à protéger contre les bots. Et puis ils se sont rendu compte que moins de bots, cela impliquait moins de vues, donc des statistiques publicitaires plus basses. » Sans parler du tournant très pécuniaire pris par X, sous l’impulsion d’Elon Musk. En déléguant à des communautés nationales, d’intérêts, de spécialités, le but est « d’empêcher que la vérification ne reste aux mains d’une seule société, qui puisse changer d’avis ».


Cliquer sur le coche de vérification d’un compte permet d’afficher les entités qui l’ont vérifié. / Mu, capture d’écran

Et de souligner que Medsky, une communauté dédiée à la santé, est par exemple très active dans la validation de « comptes crédibles de la communauté médicale ». En l’état, le système est « encore un peu trop centralisé », note cela dit Robin Berjon : rien n’empêche le compte La France sur Bluesky/Eurosky, qui a vérifié mon propre compte, de changer de politique du jour au lendemain, donc de minimiser la crédibilité de sa vérification. « Des communautés comme ATProto Belgique essaient de déporter cela, en créant des processus documentés, en fournissant une traçabilité de l’information qui permet à l’utilisateur de vérifier comment les décisions sont prises. » Une logique aussi ouverte, encore une fois, que celle qui anime Wikipedia.

Parmi les nouvelles fonctionnalités à venir, Robin Berjon cite la possibilité d’intégrer « des mini-applications, des mini-fonctionnalités, des petits jeux » directement dans Mu. Ou encore un chantier relatif à la vérification de l’âge. « On peut être partagés, considérer que ce type de décision politique n’est pas dingue. Mais comme ça semble arriver, autant le faire le moins mal possible. » En d’autres termes, les équipes de la Fondation Modal devraient réfléchir à un système aussi « respectueux de la vie privée et peu intrusif » que possible. De ces gros chantiers aux petits outils comme le chiffrage automatique du nombre de messages dans un thread, la plateforme promet sur son site web « des nouvelles choses toutes les semaines ».

Un réseau social (très) jeune

Au bout de quelques semaines d’usage, quelles critiques pourrais-je faire à cette version européenne de Bluesky ? Comme j’ai été jusqu’au bout de la démarche, c’est-à-dire que je ne me suis pas contentée de recourir à mon compte utilisateur Bluesky pour tester Mu, mais que j’ai déplacé mes données chez Eurosky, je tombe quelquefois sur un message d’erreur lorsqu’un collègue m’envoie un lien vers un message Bluesky.

À moi de déduire des éléments que j’y lis (je pars généralement du nom du profil) pour aller rechercher le message depuis mon compte Mu. Ce genre de désagrément « est voué à se résorber » au gré des travaux sur Mu, indique Robin Berjon. Ce matin, j’ai aussi vécu l’étrange expérience de voir ma photo de profil remplacée par la sienne – j’avais visiblement traîné un peu trop longtemps sur son profil le temps d’écrire cet article. Bref, Mu est jeune, et encore un peu brouillon par endroits.

J’ai changé / Mu, Capture d’écran

Mais ces petits désagréments n’empêcheront probablement pas les geeks de tous poils d’observer avec bienveillance l’évolution rapide de la plateforme. Y compris sur la question des petits chats. Puisqu’évidemment, il a fallu que des amateurs de chiens (ces gros jaloux) s’en mêlent. Depuis quelques jours, la palette des animaux compagnons s’est donc élargie. Jugez-en par vous-même :

Paramétrage de l’animal compagnon sur Mu / Capture d’écran

Pour suivre les tests et déploiements de nouvelles fonctionnalités, rendez-vous sur le profil des développeurs principaux, Sherif Elsayed-Ali et Sebastian Vogelsang, et sur le compte officiel de Mu. Pour faire vos propres retours, c’est par là.

Si vous préférez les paillettes, Mu a déjà un concurrent très très très Y2K (années 2000, pour nos vénérables lecteurs qui seraient perdus) : twinkl social. Je vous laisse sur une capture d’écran, mais je vous en parlerai un peu plus dans un prochain article.

Des paillettes et du glitter, svp / Capture d’écran du fil principal sur Twinkl.social

Mise à jour 16.07 18h30 : ajout du parcours pour activer l’animal compagnon.

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☕️ Mineurs : Meta estime risquer jusqu’à 1 400 milliards de dollars d’amende aux États-Unis



D’après les calculs de Meta, les plaintes déposées par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey pourraient l’exposer à 1 400 milliards de dollars d’amende si l’entreprise est déclarée coupable d’avoir conçu Facebook et Instagram de manière à rendre les plus jeunes utilisateurs dépendants de leur usage.

L’entreprise a soumis ce chiffre dans un document déposé devant la Justice ce lundi et relayé par Reuters. Il est très proche de sa capitalisation actuelle, qui s’élève à 1 500 milliards de dollars.

« Une telle sanction n’a pas de comparaison dans l’histoire de la protection des consommateurs », indique la société, qui estime que les plaintes manquent de fondement.

Illustration : Flock

La société est poursuivie devant un tribunal californien pour avoir « priorisé ses profits sur la sécurité des enfants, alimentant la crise de la santé mentale que nous observons toucher toute une génération de jeunes États-uniens », selon l’équipe du procureur Rob Bonta.

Lors d’une audience de juin, des représentants des États plaignants ont déclaré calculer le montant qu’ils allaient réclamer en multipliant le nombre de violations par les montants des amendes fixées par chaque loi étatique.

Le nombre de violations, lui, serait égal à une estimation du nombre d’adolescents et de jeunes utilisateurs affectés par les actes de Meta.

Au mois d’août, la juge Yvonne Gonzales Rogers se prononcera sur les plaintes des quatre États en question, ainsi que sur celles des vingt-neuf États qui poursuivent l’entreprise essentiellement au motif que celle-ci aurait collecté des données de mineurs sans consentement parental adéquat.

Meta nie les accusations et déclare que les procureurs n’ont pas d’éléments permettant de démontrer une « addiction aux réseaux sociaux », dans la mesure où celle-ci n’est pas une maladie psychiatrique établie.

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Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram

Oops... they did it again !
Muse Image sous le feu des critiques : Meta fait machine arrière dans Instagram

Très critiqué pour les enjeux de vie privée posés par son nouveau modèle Muse Image, Meta a décidé de suspendre l’outil permettant de générer des images en utilisant des photos d’autres utilisateurs Instagram.

L’expérience aura fait long feu. Déployée la semaine dernière, la fonction du modèle Muse Image permettant d’exploiter des images d’autres utilisateurs d’Instagram a été suspendue par Meta. En d’autres termes, les utilisateurs du réseau social peuvent toujours générer des images avec ce nouvel outil, mais ils n’ont plus la possibilité d’y faire figurer un autre utilisateur. En cause : de multiples critiques sur la manière dont le réseau social encourageait les internautes à utiliser les images des autres utilisatrices et utilisateurs pour générer de nouveaux contenus à l’aide de l’intelligence artificielle.

Le 8 juillet, Meta a dévoilé un modèle de génération d’image intégrée à son chatbot Meta AI et déployé des fonctionnalités de cet outil dans Instagram, permettant aux usagers de créer de nouvelles images et de retoucher ou de fictionnaliser des images existantes. Les possibilités vont de l’évolution d’une photo en lui appliquant un filtre jusqu’à la transformation complète des éléments représentés à l’image (pour leur donner l’aspect de pâte à modeler, par exemple). Elle permettait aussi de représenter d’autres internautes, grâce à une simple mention de leur handle Instagram.

« Incompréhension totale de l’opinion publique » envers ce type d’outils

Le 10 juillet, l’entreprise est revenue sur son projet. Dès la publication de Muse Image, Meta s’est retrouvée sous un feu de critiques nourries sur le choix de déployer les fonctionnalités de recours à son modèle sur le modèle de l’opt-out. De fait, les utilisateurs se retrouvaient automatiquement embarqués dans le système, et ne pouvaient s’y opposer qu’en se rendant dans les paramètres de leurs comptes, à l’onglet « Partages et réutilisations ». Des célébrités et des syndicats hollywoodiens se sont même emparés du sujet.

Ainsi de Hannah Einbinder, révélée par la série Hacks, ou du syndicat des acteurs états-uniens SAG-AFTRA, qui ont appelé leurs audiences respectives à refuser ce réusage de leurs images et publications Instagram. Pour SAG-AFTRA, « toute modalité autre qu’un choix [opt-in, ndlr] clair et évident pour ce type d’utilisation des images des utilisateurs d’Instagram est inacceptable, et une incompréhension totale de l’opinion publique vis-à-vis des dangers évidents que ce genre d’utilisation provoque ».

De fait, difficile de ne pas penser à la vague de deepfakes pornographiques qui a enseveli X lorsque des fonctionnalités similaires y ont été rendues disponibles à l’hiver 2025. Difficile, aussi, de ne pas voir les problématiques de droits d’auteurs que ce type d’outil amplifie, dans la mesure où Instagram est très largement utilisé par les artistes graphiques pour faire connaître une partie de leur travail.

La fonctionnalité n’a « pas répondu aux attentes »

« Notre souhait était de fournir un outil créatif utile et de donner aux gens le contrôle sur la possibilité de laisser leur contenu public être référencé de cette manière », a déclaré Meta dans un communiqué. Outre le contenu publié par les internautes, la photo de profil faisait aussi partie des contenus susceptibles d’être réutilisés si l’usager laissait Meta AI libre d’accéder à ses publications.

« Nous avons entendu les commentaires indiquant que cette fonctionnalité n’avait pas répondu aux attentes », a continué l’entreprise. À ce titre, indique-t-elle, elle n’est plus disponible. Ce 13 juillet, la formulation des encarts qui indiquaient encore vendredi « Autoriser la réutilisation de votre contenu sur Instagram et avec les fonctionnalités IA de Meta » déclare désormais seulement « Autoriser la réutilisation de votre contenu ». Le texte explicatif mentionnant les fonctionnalités d’IA a été modifié, supprimant cette évocation.

Seule la partie dédiée à la réutilisation des reels (les vidéos verticales) souligne qu’en cas de consentement de l’internaute, « tout ou partie de votre audio d’origine » peut être réutilisé « sur les applications et le site Web de Meta AI ».

Avant Meta, OpenAI avait déployé des fonctionnalités similaires avec son modèle Sora 2, aux États-Unis. Là encore, les outils avaient été déployés sur le mode de l’opt-out. Et dans ce cas aussi, l’entreprise avaient été suffisamment critiquée pour décider de modifier sa politique. Elle a finalement coupé l’accès à Sora en mars 2026.

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☕️ Le nom de domaine marinelepen.fr mis à prix à 25 000 euros



C’est sur marinelepen.com que la cheffe du Rassemblement National a lancé sa campagne pour la Présidentielle 2027, juste après avoir été reconnue coupable de détournement de fonds publics (elle se pourvoit en cassation).

Pourquoi marinelepen.com et pas .fr, pour un rendez-vous national de cette importance ? Parce que marinelepen.fr n’était pas disponible : d’après le Bulletin Quotidien, le nom de domaine a été acheté en 2021 par une entreprise belge spécialiste du référencement, Score Worldwide.

Celle-ci a récupéré le nom de domaine avant la dernière campagne présidentielle de Marine Le Pen, en 2022, pour une seule raison : son nom était de plus en plus recherché en ligne. 
Auprès de Libération, un cadre de l’entreprise indique même que l’achat a été effectué « sans savoir qu’elle était une femme politique française ».

Pendant un moment, la page du site web a présenté un portrait de l’élue et l’indication que le nom de domaine était à vendre. Actuellement, il annonce simplement, en français et en anglais : « Ce domaine de marketing est à vendre : toute offre supérieure à 25 000 € HT sera prise en considération. Veuillez envoyer votre proposition avant le 14 juillet 2026 à l’adresse servicedesk@score-worldwide.com. » La date butoir n’est qu’« indicative », précise le responsable de l’entreprise.

Capture d’écran du site marinelepen.fr le 13 juillet 2026

Le message est assorti d’une publicité pour des cliniques privées de Belgique et du Nord de la France supposées aider ses clients à « prolonger [leur] espérance de vie grâce à notre stratégie de longévité et à nos traitements urologiques ».

S’il a utilisé le nom de domaine marinelepen.fr un temps, le Rassemblement National a visiblement oublié de renouveler son droit annuel d’usage du nom de domaine, ce qui a permis à Score Worldwide de s’en emparer.

Alors que l’entreprise avait demandé au parti s’il souhaitait en récupérer l’accès (contre finances), le parti vient de s’adjoindre les services du cabinet Mark pour tenter d’en récupérer l’accès gratuitement. Auprès de Libération, Score Worldwide déclare ne pas envisager de céder le nom de domaine sans contrepartie.

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☕️ Inclusion dans le numérique : la French Tech met fin à son programme Tremplin



Pour une dizaine de millions d’euros par an, le programme Tremplin de la Mission French Tech œuvrait depuis cinq ans à la promotion de la diversité dans le secteur numérique.

D’après les informations de La Tribune, il vient d’être supprimé pour raisons budgétaires. Il devrait être remplacé par un nouveau programme nommé, de manière provisoire, Nova.

Le cursus avait été lancé en 2019 par le secrétaire d’État au Numérique de l’époque, Mounir Mahjoubi. Celui-ci soulignait alors la surreprésentation d’ « hommes qui vivent en centre-ville, issus de famille CSP+ » au sein de la French Tech, une population qui ne « ressemblait pas à (…) la France ».

En France, en 2025, seulement 9 % des start-ups étudiées dans le baromètre du BCG pour l’association SISTA avaient été fondées par des femmes. Ces sociétés avaient par ailleurs levé 1 % du total des fonds réunis sur l’année auprès du capital-risque, subissant un cumul de discriminations régulièrement étudiées. 
Les équipes mixtes, qui comptent pour 10 % du total des start-ups, avaient en revanche levé 18 % de l’enveloppe globale.

Dans l’IA, le déséquilibre est plus grand, avec seulement 3% de startups créées par des équipes féminines, et 19 % par des équipes mixtes.

une femme sur son ordinateur

Le programme Tremplin permettait à 500 entrepreneurs issus des minorités de genre, culturelle, ou de zones rurales d’accéder à un an d’incubation, de formation aux codes de l’entrepreneuriat et à une aide susceptible de grimper jusqu’à 30 000 euros.

Moins coûteux, le programme Nova devrait se concentrer sur les scale-up, c’est-à-dire les sociétés ayant validé leur modèle économique, et qui cherchent à étendre leur activité.

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Et si l’IA permettait d’augmenter le nombre d’emplois, plutôt que de les supprimer ?

Jobs everywhere ?
Et si l’IA permettait d’augmenter le nombre d’emplois, plutôt que de les supprimer ?

Dans le secteur de l’information (médias, numériques), l’adoption forte de l’IA s’accompagne d’une augmentation des effectifs sur 24 mois, relève une nouvelle étude. Des résultats qui viennent ajouter de la complexité (ou de la nuance ?) dans les débats sur les effets de ce type de technologies sur le travail.

L’intelligence artificielle cause-t-elle la suppression de milliers d’emplois ? Permet-elle la création de milliers d’autres ? Se contente-t-elle de modifier la qualité des emplois préexistants ? Depuis l’introduction des modèles génératifs, les travaux s’accumulent, qui tentent de détailler les effets concrets de la technologie sur le travail.

Une nouvelle étude menée par Ramp et Revelio Labs vient dessiner une image un peu moins négative que l’essentiel de celles qui la précèdent. La première suit les dépenses des entreprises en matière d’IA, et la seconde s’intéresse à l’évolution des effectifs des sociétés. En cumulant leurs données relatives à 22 000 entreprises états-uniennes, elles constatent que celles qui ont investi le plus dans l’IA enregistrent une croissance plus forte de leur nombre d’employés que les autres.

La tendance s’observe jusque du côté des emplois juniors. Elle est, cela dit, « quasiment exclusivement liée » aux sociétés dont l’adoption d’IA est dite de « haute intensité ».

Tous les types d’emploi, mais surtout des sociétés technologiques

Ce type d’entreprise est à envisager comme dépensant une moyenne de 30 $ par employé et par mois en IA sur ses trois premiers mois d’activité. En moyenne, ces sociétés ont enregistré en deux ans une croissance de 10,2 % de leur effectif global, et de 12 % de leurs effectifs à des postes juniors. Les premiers effets en termes de croissance émergent « environ 6 à 12 mois après l’adoption, probablement après que les entreprises mettent en place de bonnes pratiques, intègrent les IA dans les outils de travail et se retrouvent en capacité de faire de nouveaux investissements et de recruter des équipes », écrivent les auteurs de l’étude.

En termes métiers, ces « adopteurs de haute intensité » font évoluer positivement leurs effectifs dans toutes sortes d’emplois, y compris certains très exposés à l’IA. Ainsi des métiers d’ingénierie, de vente, de service client ou de finance. Les sociétés qui investissent moins dans ces technologies n’enregistrent pas de variation évidente de leurs effectifs.

Est-ce à dire que l’IA explique directement l’augmentation constatée des effectifs ? L’histoire n’est pas si simple : d’après les auteurs de l’étude, le profil des sociétés qui tombent dans la catégorie « adopteurs de haute-intensité » est lui-même relativement spécifique. De manière générale, les entreprises qui recourent à l’IA sont « plus grandes, plus techniques et en croissance plus rapide » avant même de s’être tournées vers ces technologies.

Ce sont globalement des entreprises qui paient des salaires plus hauts que dans le reste du panel étudié, et qui sont plus souvent « soutenues par du capital-risque ». Elles sont par ailleurs plus souvent actives dans des domaines proches du monde technologique (le recours à l’IA est nettement moins fort dans des domaines comme la construction, la santé, l’art et le divertissement ou l’hôtellerie et la restauration). Dans la mesure où ce type d’entreprises croit généralement bien plus rapidement que les autres grâce à leur forme de financement, note TechCrunch, cela complique la capacité à établir si c’est bien l’IA qui conduit l’augmentation des embauches, ou l’activité générale.

Les auteurs constatent par ailleurs que la présence d’ingénieurs joue directement sur l’adoption : elle est « beaucoup plus courante lorsqu’une entreprise a des équipes d’ingénierie ». Les sociétés de l’industrie de l’information (médias, fournisseurs logiciels, etc.) sont celles qui démontrent le plus fort lien entre adoption d’IA et augmentation à moyen terme de l’emploi.

Autre élément notable : les données de Ramp et Revelio Labs n’illustrent pas d’effet négatif de l’IA sur l’emploi (au sens où son adoption aurait expressément conduit à la réduction des forces des sociétés concernées). En cela, elles tendent à confirmer les éléments établis par Oxford Economics en janvier, selon lesquels de nombreuses sociétés exagéraient purement les effets des technologies sur leur productivité.

Un débat qui reste ouvert

Au-delà de la question du type de sociétés et de leur secteur d’activité, comment comprendre ces résultats, si différents des multiples études bien plus négatives sur les effets de l’IA sur l’emploi, et qui inquiètent les Français ? Les pistes sont multiples.

L’explication peut se trouver du côté du recul croissant qu’il est possible d’obtenir sur les impacts de cette technologie, d’une part. Elle peut aussi se chercher du côté des effets d’annonces, dans lesquels des sociétés indiquent remplacer des employés par des nouvelles technologies pour transformer une mauvaise nouvelle (l’entreprise va trop mal pour maintenir ses effectifs) en une d’apparence positive (l’entreprise est innovante).

Elle peut aussi s’expliquer par le fait que cette étude s’inscrit dans une somme plus large de travaux, qui ne permettront de dégager une image claire des effets de l’IA sur l’emploi qu’au bout d’une durée bien plus longue que trois ans. Et contrairement à d’autres travaux, elle prend le parti d’adopter une approche macro. Cela signifie qu’elle ne donne aucune précision sur la qualité des emplois créés, et sur la mesure dans laquelle l’IA les a modifiés.

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L’ONU alerte sur la rapidité des progrès de l’IA

Is the UN into doomerism ?
L’ONU alerte sur la rapidité des progrès de l’IA

Dans un rapport préliminaire, des scientifiques commissionnés par l’ONU estiment que la rapidité des progrès de l’IA pourrait empêcher les États de la gouverner correctement. L’institution appelle ses membres à lancer une coopération internationale sur le sujet.

Une semaine à peine après que le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, a appelé l’industrie de l’IA à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux, l’institution en remet une couche. Dans un rapport préliminaire publié ce 1er juillet, le Groupe scientifique international indépendant des Nations Unies sur l’intelligence artificielle alerte sur le fait que les « capacités de l’IA progressent désormais plus rapidement que la science et les gouvernements ne sont capables de les comprendre et de les encadrer ».

L’enjeu est d’autant plus important que « plus l’intelligence artificielle progresse sans règles communes, moins les gouvernements et les peuples auront leur mot à dire sur son devenir », a déclaré António Guterres. Le document évoque une rupture plus forte que l’arrivée de modèles génératifs comme ChatGPT dans les mondes économiques et numériques. Il alerte en particulier sur l’émergence d’« agents » capables, de manière relativement autonome, de naviguer en ligne, écrire du code, lancer des actions sur des logiciels, etc. Et souligne qu’« aucune garantie scientifique » ne permet d’en assurer le contrôle à long terme.

Un panel de scientifiques diversifié

Parmi les auteurs de ce document figurent des scientifiques connus de l’industrie de l’IA et reconnus pour leurs projets d’ « alignement » (Yoshua Bengio, lauréat du prix-Turing en 2018, Joëlle Barral, directrice de recherche chez Google DeepMind) ou leur implication en matière de défense de l’information (Maria Ressa, cofondatrice de Rappler et prix Nobel de la paix en 2021). Avec des spécialistes venus du Nigeria (Rita Orji), du Brésil (Teresa Ludermir), d’Inde (Balaraman Ravindran), du Pakistan (Bilal Mateen) ou d’Égypte (Mennetallah El-Assady), parmi d’autres nations, il constitue surtout un travail collectif riche d’une bien plus grande diversité que l’essentiel de la littérature sur les enjeux relatifs à l’IA. À l’échelle internationale, cette dernière est en effet largement dominée par des travaux venus des États-Unis, et dans une moindre mesure d’Europe et de Chine.

Collectivement, les auteurs du rapport saluent certains bénéfices apportés par l’intelligence artificielle, comprise comme « des systèmes qui perçoivent, apprennent et agissent », qui « infèrent à partir de données d’entrée comment générer des données de sortie », parmi lesquelles « des prédictions, du contenu, des recommandations, des actions ou des décisions, avec divers degrés d’autonomie et d’adaptabilité ». Parmi ces intérêts : des « applications utiles dans les sciences, la santé, l’agriculture, l’accessibilité, le travail de la connaissance et les technologies de l’information, y compris pour le développement de l’IA elle-même ». En exemple, ils citent le modèle de Google Deepmind AlphaFold, capable de prédire la structure des protéines à partir de leur séquence en acides aminés.

Le rapport précise par ailleurs qu’il se concentre sur les « modèles de fondation », compris comme des systèmes généralistes capables de réaliser une variété de tâches. Il souligne néanmoins que des systèmes spécialisés existent, et que ces derniers « fournissent des bénéfices mesurables lorsque la tâche est bien définie, les données disponibles et que les institutions peuvent le déployer volontairement ».

Progrès inégaux et dangers évidents

Il souligne cela dit l’absence d’égalité dans l’évolution de ce type de technologies : trois quarts de la puissance des supercalculateurs d’IA les plus performants est disponible aux États-Unis, la Chine en compte 15 %, et le reste du monde se partage le solde. De même, ces deux pays concentrent l’essentiel des modèles les plus avancés. Nombre de pays en développement, en revanche, manquent des infrastructures leur permettant de participer à la construction des modèles ou de les auditer. Le risque, alertent les scientifiques : que le déploiement accéléré de l’IA n’aggrave les inégalités et dépendances préexistantes à l’échelle du globe.

Côté usages, les auteurs du rapport soulignent les enjeux soulevés par la multiplication de contenus pédopornographiques et de deepfakes à caractère sexuel, tous générés par IA. Ils constatent la facilité avec laquelle l’IA générative permet de fabriquer du faux, de manière crédible, et alertent sur les effets que cela a sur les débats publics, ou encore de son rôle pour faciliter divers types de cyberattaques. Ils soulignent, enfin, comment la « complaisance » des modèles grands public peut renforcer les convictions des internautes, y compris lorsque celles-ci sont dangereuses.

Étonnamment, le document n’évoque à aucun moment l’opposition croissante à l’intelligence artificielle (notamment générative), quelquefois incarnée plus localement par une opposition à ses infrastructures. Celle-ci est pourtant visible jusque dans le pays leader de l’industrie, que sont les États-Unis.

Il n’évoque pas, non plus, les travailleurs des données, certes souvent invisibilisés, dont le rôle est pourtant essentiel à la fabrication des systèmes d’IA évoqués. Parmi les pays qui, faute d’infrastructure, se retrouvent privés des capacités d’« adapter » les modèles « à leurs propres réalités », certains comme le Venezuela, le Kenya ou Madagascar, sont aussi les foyers de clusters d’entraîneurs de données dont le travail est nécessaire pour faire fonctionner les modèles évoqués.

En revanche, pour António Guterres, la publication de ce rapport préliminaire doit être perçue comme la première étape d’un travail collectif, dans lequel il enjoint les États membres à construire un cadre international de coopération sur l’IA. Mais même ce travail promet d’être complexe : le rapport explique en effet que « la plupart des pays, y compris de nombreuses économies avancées, manquent d’expertise technique qui leur permettrait d’évaluer les modèles "frontière" les plus efficaces ou de participer à leur gouvernance de manière significative ».

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Uber : cinq chauffeurs de VTC déposent plainte pour traite d’êtres humains

Service sous contrainte
Uber : cinq chauffeurs de VTC déposent plainte pour traite d’êtres humains

Cinq chauffeurs de VTC ont déposé plainte pour traite d’êtres humains contre Uber, une action qui vient s’ajouter à celle de quatre livreurs contre Uber Eats et Deliveroo.

Cinq chauffeurs de VTC ont déposé plainte au pénal contre Uber. D’après les informations de Libération, ils accusent la société de « traite d’êtres humains ». Au dossier sont versés les éléments collectés au gré de plus de 300 procédures lancées aux prud’hommes et soutenues par le syndicat FO-INV, qui aide les plaignants à demander la requalification de leurs contrats de travail. 


La plainte est déposée quelques jours à peine après le reflux d’une vague caniculaire pendant laquelle les conditions de travail de certains de leurs collègues, livreurs de repas à domicile, se sont elles aussi dégradées. Auprès de Politis, nombre d’entre eux décrivent un surplus de commandes alors même que les trajets à vélo ou à scooter sont rendus d’autant plus épuisants par la chaleur.

Travailler sans pouvoir payer son loyer

La plainte pour traite d’êtres humains, elle, ne concerne pour le moment que des cas de chauffeurs VTC. Le membre de l’INV Brahim Ben Ali détaille à Libération les cas de chauffeurs « décédés de crises cardiaques ou d’AVC alors qu’ils conduisaient » (au moins huit en un an), les situations de « travailleurs sans-papiers », de « vulnérabilité », de « surendettement ». Chauffeur depuis 2019, plaignant dans l’affaire, Mohammed, 50 ans, se décrit comme « prisonnier » d’un système sur lequel il n’a pas de prise : nombreux sont ceux qui, comme lui, enchaînent les heures de travail sans parvenir pour autant à assumer le poids de leur loyer et autres charges.

Couplé à la recherche permanente d’augmentation des profits de la part des plateformes, le conseil d’INV maître Samir Kahoul estime que ces éléments, dont le « recrutement massif et organisé » d’une catégorie précise de la population, à l’aide d’outils numériques, permettent de caractériser la traite d’êtres humains. À ses côtés, Brahim Ben Ali appelle à ne plus simplement discuter d’« indépendance » et de « salariat », mais bien à ouvrir le débat sur l’esclavage moderne.

Un enjeu qu’Uber, dans son cas, rejette clairement, qualifiant les prises de position de Brahim Ben Ali de diffamation.

Un enjeu qui relie divers types de travail des plateformes

Difficile, néanmoins, de ne pas faire le lien avec une autre plainte, déposée fin avril, contre Deliveroo et Uber Eats. Cette fois-ci, ce sont quatre livreurs qui ont accusé les deux plateformes de traite d’êtres humains, critiquant non seulement la baisse régulière des rémunérations, mais aussi le recours important à des travailleurs sans papiers et une organisation « violente » recourant de manière « systématique » à la discrimination.

En mars 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publiait un long avis détaillant l’ampleur des risques psychosociaux auxquels est exposée cette catégorie de travailleurs. Un an plus tard, un autre travail réalisé par Médecins du Monde, l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (Ined) constatait que que 85 % des livreurs souffraient de fatigue chronique, 45 % étaient en détresse psychologique, 36 % touchés par des douleurs « intenses et régulières » au bas du dos, pour un revenu net moyen de 880 euros, soit bien en-dessous du smic.

Leur plainte prend une nouvelle couleur alors que le mois de juin 2026 a enregistré des records de chaleur. Auprès de Politis, le coordinateur de la Maison des livreurs de Bordeaux Jonathan L’Utile Chevallier constate que « notre société est en train de s’habituer à ce que des personnes essentiellement étrangères et racisées nous servent », sans préoccupation pour la complexité accrue de leur activité lors des épisodes climatiques extrêmes (grand froid ou canicule).

Hors de France, des discussions sont déjà ouvertes pour d’autres types de travail des plateformes. C’est notamment le cas d’entraîneurs de données kényans, qui adressaient en 2024 une lettre ouverte au président des États-Unis, Joe Biden, l’appelant à mettre fin aux modèles déployés par les géants du numérique, qui les maintiennent, eux, dans des « conditions de travail relevant de l’esclavage moderne ».

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La Californie taxera-t-elle ses milliardaires (de la tech) ?

Taxer les riches ?
La Californie taxera-t-elle ses milliardaires (de la tech) ?

En novembre, la population californienne devra voter sur un projet de taxation de ses milliardaires. Retour sur les enjeux.

La Californie adoptera-t-elle une taxe sur le patrimoine des milliardaires ? Portée par le syndicat du personnel de santé, le Service Employees International Union-United Healthcare Workers West (SEIU-UHW), la proposition prévoit de prélever 5 % d’impôt sur le patrimoine de tous les résidents de l’État au 1er janvier 2026 détenteurs de plus d’un milliard de dollars de patrimoine.

Quand bien même ce projet ne concerne que cet État précis, l’idée, elle, est devenue un sujet de débat à l’échelle nationale, en amont des élections de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis.

Alors qu’elle a largement dépassé le nombre de signatures nécessaires pour être soumise au vote de la population californienne, et serait selon certains sondages soutenue par 54 % de la population locale, elle rencontre une opposition croissante des principaux concernés. L’industrie de la tech et celle des cryptoactifs emploient désormais une partie de leur fortune à allumer des contre-feux.

Une taxe ponctuelle après la baisse des dépenses de santé

Tel qu’il est dessiné, le projet est pour le moment temporaire. Si elle est acceptée, la loi californienne sur l’imposition des milliardaires prélèverait donc 5 % de la fortune des milliardaires locaux. Le but : financer les programmes de santé, d’éducation et d’aide alimentaire de l’État, singulièrement éprouvé par la « belle loi unique » (« One Big Beautiful Bill Act ») de Donald Trump. Adopté le 5 juillet 2025, ce texte a notamment réduit les dépenses fédérales en matière de santé.

Auprès du Guardian, la directrice du SEIU-UHW indique que le projet de taxation des plus riches était une réponse directe à cette évolution législative, et qu’il visait à rétablir un déséquilibre existant selon lequel les « travailleurs normaux paient un taux effectif d’impôt plus élevé que les états-uniens les plus riches ». Au total, la Californie comptait au 1ᵉʳ janvier environ 200 foyers à la fortune supérieure au milliard de dollars.

Un an plus tôt, la joint venture Silicon Valley constatait que le seul berceau de l’industrie technologique, la Silicon Valley, comptait de son côté neuf milliardaires détenant 15 fois plus de liquidités que la moitié de la population de la zone. Parmi eux : Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de Google, Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, Jensen Huang, patron de NVIDIA, ou Laurene Powell Jobs, philanthrope et veuve du fondateur d’Apple. Le think tank qualifiait la situation de propice à « l’instabilité » et « la révolte ». Depuis, l’essentiel des acteurs de la tech a encore accru sa fortune à la faveur de l’expansion de l’industrie de l’intelligence artificielle.

Si la taxe était appliquée, elle pourrait rapporter 100 milliards de dollars, calculent ses promoteurs.

Sergey Brin et Chris Larsen vent debout

Pour la directrice du SEIU-UHW, « demander à ceux qui ont le plus profité de l’économie de contribuer plus – en particulier à stabiliser le système de santé, qui est menacé – en est une étape raisonnable ». Les grandes fortunes locales, elles, ne l’entendent pas de cette oreille.

Depuis le début des travaux pour collecter du soutien à la mesure, nombre d’entre eux ont reproduit le schéma éprouvé lors de la campagne présidentielle précédente, en versant des millions de dollars à des comités d’action politique (PAC).

Principaux financeurs de cette opposition, Sergey Brin a versé au moins 82 millions de dollars dans des travaux d’opposition à cette taxe, et le crypto-milliardaire Chris Larsen, au moins 13,2 millions de dollars. Derrière eux, le cofondateur de Palantir Peter Thiel, l’ex PDG de Google Eric Schmidt, le PDG de Doordash TonyXu, celui de Stripe Patrick Collision et plusieurs capitaux-risques ont aussi mis la main à la poche, liste le Guardian.

En quelques semaines, cela leur a permis de faire émerger deux contre-propositions de loi qui seront, elles aussi, soumises au vote en novembre. Avec le risque de confondre les électeurs lorsqu’ils seront face aux trois propositions de texte.

La forme de la réforme contestée plus largement

En dehors de ces magnats qui luttent pour préserver leur propre fortune, plusieurs organisations s’opposent aussi à la proposition de taxation du SEIU-UHW. L’association des enseignants californiens, des groupes de l’industrie de la construction, et d’autres du domaine de la santé, dont l’affiliation californienne du planning familial, critiquent la manière dont elle est écrite. Ils regrettent, notamment, que la proposition d’imposition ne permette aucun financement de long terme : si la loi passe, la taxe ne serait prélevée qu’une fois, à raison d’1% par an sur cinq ans.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, est lui aussi au nombre des opposants. Il affirme que cette nouvelle imposition fera fuir les milliardaires de Californie. L’argument est fréquent, lorsque les questions d’imposition des hautes fortunes occupent le débat public. En France, où il est cité autour des projets de taxe sur les ultra-riches, dite taxe Zucman, les faits tendent pourtant à l’infirmer. De même, en Suède, qui a appliqué un impôt sur la fortune pendant près d’un siècle avant de le supprimer en 2007, l’évolution de ces taxations n’a eu qu’un effet infime sur la migration des plus riches.

Deux Français ont d’ailleurs participé à l’élaboration de la proposition du SEIU-UHW : les économistes Gabriel Zucman et Emmanuel Saez, spécialistes des questions de taxation des hauts patrimoines.

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☕️ Des scientifiques harcelés sur X après avoir alerté sur l’obstruction climatique



Depuis quelques jours, le climatologue Christophe Cassou et l’économiste du climat Vincent Viguié sont pris à partie sur les réseaux sociaux.

Leurs torts ? Avoir souligné l’urgence de s’adapter au changement climatique, et les problèmes que le déni climatique posait en la matière. Ou, avoir souligné que le débat sur la climatisation faisait, précisément, partie des stratégies d’obstruction à l’adaptation : si ces outils peuvent constituer des solutions temporaires, ils ne permettent en rien de répondre à l’ampleur des évolutions nécessaires pour s’adapter au contexte climatique, et encore moins pour aller vers une réduction des émissions de CO2.

Dans le cas de Christophe Cassou, l’extrait d’interview diffusé par BFM sur X n’intègre pas la nuance que le climatologue lui-même ajoute à ses propos un peu plus tard dans l’entretien (après avoir expliqué que les débats sur la climatisation relèvent de l’« enfumage », qui empêche d’« aborder les vraies questions », il admet que, pour autant, hôpitaux, écoles et divers autres établissements gagneraient à s’en équiper).

Illustration : Flock

Pour avoir détaillé ces faits scientifiques, relève le média BonPote, les deux hommes se retrouvent pris à partie par des internautes, des journalistes et des représentants politiques. Sur X, c’est par exemple le cas de François de Rugy (Les Républicains, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, 76 000 followers) ou Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement National, député, 107 000 followers).

Ce genre de violence numérique n’a rien de neuf, en particulier sur cette plateforme où les communautés climatosceptiques sont actives depuis longtemps. Après le rachat de la plateforme par Elon Musk et la fin de ses pratiques de modération historiques, quantité de scientifiques et de défenseurs de l’environnement avaient fui la plateforme pour se protéger de la violence qui les y visait.

Pendant la semaine de canicule, ce genre de violence en ligne avait déjà visé de nombreux profils travaillant de près ou de loin sur les questions environnementales, en particulier des journalistes météo et d’autres climatologues.

Comme le souligne BonPote, il s’agit aussi, pour certains partis, de détourner l’attention de leurs actions en matière d’environnement : plus les partis sont positionnés à droite sur l’échiquier politique, plus ils ont voté de textes en faveur de la consommation d’énergies fossiles sur l’exercice parlementaire 2022 - 2025.

La présence de journalistes, comme la rédactrice en chef du service société du Point Géraldine Woessner (114 000 followers), parmi les internautes qui prennent à partie Christophe Cassou, interroge aussi sur le rôle des médias dans l’épisode.

Dans une récente tribune parue dans Le Monde, le journaliste Sylvestre Huet souligne ainsi que les médias, comme les représentants politiques (et dans une certaine mesure, les citoyens eux-mêmes) gagneraient à faire leur autocritique de manière urgente s’ils veulent réussir à expliquer pourquoi la mésinformation climatique continue de proliférer, y compris sous 40 °C.

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En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Trop beau pour être vrai
En pleine canicule, l’arnaque au climatiseur prend une nouvelle ampleur

Présenté comme « révolutionnaire », le climatiseur Epicooler, qui jouit de nombreuses vidéos YouTube et supposés tests indépendants positifs, cache en fait une arnaque.

Les publicités pour le faux climatiseur tournent depuis des semaines, en ligne. Il s’appelle Epicooler, il est présenté comme « révolutionnaire », « sans installation », affiché autour de 110 euros. Une affaire, pour faire face aux canicules ambiantes. Problème : ce climatiseur n’en est pas un, et souvent, la commande n’est même pas honorée.

Rien que l’affichage du prix est trompeur : sur les publicités, l’Epicooler est annoncé à 110 euros, mais la facture grimpe à 157,97 euros, ou 241,96 euros si vous en achetez deux. Raison avancée : les « frais de port et de douanes ». Sur Signal-Arnaques comme sur Trustpilot, les avis négatifs s’accumulent.

Un climatiseur qui défie les lois de la physique

Surtout, la description du produit lui-même pose problème. L’Epicooler est présenté comme un « climatiseur portable sans installation », théoriquement à même de refroidir une pièce de 51 m² sans compresseur ni tuyau d’évacuation. L’opportunité semble en or, sauf que matériellement, elle décrit un phénomène impossible : sans ces deux éléments, impossible d’évacuer la chaleur.

Comme le remarque Clubic, la foire aux questions du site web d’Epicooler vend (un peu) la mèche. Pour expliquer l’absence de tuyau, elle indique que « l’eau de condensation s’évapore à l’intérieur de l’unité », c’est-à-dire qu’elle n’est pas évacuée, donc que la chaleur reste dans la pièce. De fait, comme le rapportent de multiples utilisateurs mécontents, l’objet n’est qu’un simple ventilateur.

Site d’affiliation et commandes non honorées

Outre la marchandise trompeuse, tout ce qui entoure sa vente relève de l’arnaque. Débités, certains clients n’ont rien reçu du tout. Créé en avril 2026, le site epicooler.fr lui-même n’est qu’une collection de liens affiliés et porte les traces de multiples copies en fonction des marchés visés – l’Australie, notamment, est visée depuis plusieurs mois.

Derrière le nom Epicooler et ses copies Coolizi, Breezo ou Jiubery, Clubic a identifié la société lituanienne UAB Dara Digital. C’est cette dernière qui expédie (ou pas) les engins à ses clients. C’est aussi elle qu’on retrouve derrière d’autres objets vendus comme « miracles », dont la buse à haute pression Jetterix, les écouteurs SonaBuds ou encore les patchs chauffants WellHeat, supposés soulager les tensions musculaires.

Mais revenons à nos climatiseurs qui ne climatisent pas, et sont aussi vendus sous le nom de Coolizi. Sur le site de cette autre marque est référencée la société Dedata International, dont l’adresse juridique se trouve aux États-Unis, et celle physique, dans un immeuble de domiciliation de Hong Kong. Le numéro de TVA, quant à lui, est maltais, ce qui laisse supposer que la société récupère ainsi la TVA européenne.

Pour promouvoir le tout, le réseau d’arnaque semble avoir mis la main sur des chaînes YouTube et divers blogs, via lesquels des heures de reviews et de tests visiblement générés par IA donnent des retours élogieux du produit. De quoi piéger de nombreux internautes : Médiamétrie a constaté qu’un quart des Français visitaient régulièrement des sites entièrement générés par IA, et que les plus de 50 ans étaient les plus exposés à ces contenus de faible qualité, représentant 75 % des internautes attirés par les sites GenAI.

En pleine période de fortes chaleurs (et de soldes prolongés !) attention, donc, aux cyberarnaques. Pour protéger les autres internautes, il est utile de rapporter les escroqueries sur les plateformes Signal Conso et Pharos.

Et pour éviter de tomber soi-même dans le panneau, le ministère de l’Économie propose une série de mesures mêlant vérification de la réputation du site internet et de ses mentions légales à celle des avis consommateurs, en passant par le fait de privilégier des sites français ou européens, ou par un réflexe simple : si l’offre est trop alléchante, méfiance.

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Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop

DoppelgIAnger
Après les livres générés par IA, les noms d’auteurs détournés pour promouvoir de l’AI slop

L’écrivain Julien Blanc-Gras a vu son nom utilisé pour promouvoir un livre qui n’est pas de lui. L’affaire illustre un phénomène plus large d’usurpations d’identité de personnalités publiques, qui prend un nouveau tour à l’ère de l’IA générative.

Il s’appelle Julien Blanc-Gras, il a écrit des livres comme Gringoland (Au diable Vauvert, 2005), In Utero (Au diable Vauvert, 2015) ou Bungalow (Stock, 2024), mais il n’a pas écrit Guide complet d’aventure : le manuel de survie du voyageur moderne. L’ouvrage, pourtant, était bien disponible à l’achat sur Amazon, pour la somme de 17,05 euros, jusqu’à récemment.

L’écrivain a pris la plume, dans Le Monde, pour raconter cette expérience. Outre produire une jolie chronique, il illustre bien le casse-tête dans lequel se retrouvent artistes, journalistes et autres personnalités présentes en ligne lorsque leur nom est réutilisé, sans consentement, pour donner une forme d’autorité à des contenus générés par intelligence artificielle (IA).

« Novlangue de camelot sous ayahuasca »

L’objet de l’inconfort a été mis en vente le 20 mars, compte 134 pages, et est décrit, dans sa présentation, comme une « méthode redoutable pour retrouver la liberté de voyager intelligemment, hors des sentiers battus », produite par « l’auteur baroudeur et écrivain Julien Blanc-Gras ». Ce dernier conteste. Et raconte la « sidération » qui l’a traversé, lorsqu’il a découvert ce produit sur la page Amazon qui liste ses ouvrages.

Comme lui, plusieurs autrices et auteurs anglophones ont eu au fil des années récentes le déplaisir de voir leur nom utilisé pour vendre des ouvrages qu’ils n’avaient pas produits. Vanessa Fox O’Loughlin a ainsi vu son nom de plume, Sam Blake, réutilisé pour produire les textes du personnage qu’elle qualifie de « Sam Fake ».

En 2023, Jane Friedman, elle, a dû se battre pour obtenir le retrait de cinq ouvrages proposés sur Amazon sous son nom. La plateforme d’e-commerce a commencé par lui déclarer que, dans la mesure où son nom n’était pas déposé comme une marque, donc pas protégé comme tel, elle ne supprimerait pas les produits en question. Après que l’autrice s’en est émue publiquement, cela dit, les ouvrages ont disparu de la page Amazon à son nom.

Le cas de Julien Blanc-Gras, lui, est le premier connu en français. « Dans un geste masochiste », l’auteur raconte avoir acheté le livre pour voir de quoi il retournait. Il décrit la couverture « hideuse », la quatrième de couverture « rédigée avec des bullet points », la mention « publié indépendamment », probable traduction littérale de la formule anglaise « published independently ».

Deux jours plus tard, il a reçu l’objet, dont l’immatriculation ISBN est « bidon ». Dans ses pages, des termes inexistants, comme l’ « inflatrooting ». Des thématiques relativement cohérentes avec l’œuvre de l’auteur, aussi (« immersion culturelle, goût de l’imprévu, souci environnemental »). Sauf qu’elles sont remâchées « dans une novlangue de camelot sous ayahuasca refourguant des investissements en cryptomonnaies sur Instagram ».

Guide complet d’aventure supposément écrit par Julien Blanc-Gras – archive.is

Julien Blanc-Gras est visiblement choqué et déçu de voir son art remixé par une machine, et son nom « estampillé influenceur marketing ». Sur la raison pour laquelle son identité est ainsi réutilisée, le rédacteur en chef adjoint du média l’ADN, David-Julien Rahmil, lui soumet l’hypothèse que des scammeurs aient repéré une « catégorie " niche ", les livres de voyages, en l’occurrence », puis un nom crédible – celui de Julien Blanc-Gras – pour faire remonter leur produit dans les systèmes de recommandations d’Amazon :

« Ça pourrait venir de la communauté des hustle bros, ces influenceurs business qui proposent de devenir riche en cinq minutes sur les réseaux. Ils lancent une arnaque qui rapporte peu, mais ils l’utilisent ensuite comme exemple pour vendre leur méthode. »

Éditeur « abasourdi et démuni »

Hustle bros ou pas, l’auteur usurpé voudrait bien que son nom cesse d’être accolé à du jus d’IA. Et là, les choses se corsent. Son éditeur se déclare « abasourdi et démuni ». Le service juridique de la maison d’édition se déclare incapable d’aider, dans la mesure où c’est le nom de Julien Blanc-Gras qui est visé, et non celui de la maison. Le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) recommande de son côté de faire des signalements à la répression des fraudes et à Pharos, ce à quoi l’écrivain ajoute un signalement à Amazon.

Côté droit, l’avocat spécialiste du droit d’auteur Benjamin Demange constate que l’usurpation d’identité n’est « pas évidente » : difficile de démontrer devant un juge que le recours au nom de l’artiste « trouble [sa] tranquillité », comme le veut le code pénal. L’escroquerie serait éventuellement plaidable, mais le montant est si faible que la plainte peinerait à être traitée en priorité. Le droit de la propriété intellectuelle (qui refuse les atteintes au droit à la paternité) et celui de la consommation (qui permettrait d’avancer la pratique commerciale trompeuse) pourraient fournir plus de recours, à condition d’identifier les auteurs de l’arnaque. Or, pour cela, il faudrait qu’Amazon consente à partager les informations nécessaires.

C’est devant la relative impasse que Benjamin Demange explique avoir choisi une autre solution : « activer le quatrième pouvoir en racontant cette histoire dans Le Monde ». De fait, partager le phénomène permet de souligner à nouveau la foule de problématiques que le déploiement de l’IA générative crée pour les artistes et autres créateurs de contenu.

Il y a, pour commencer, tout ce qui touche à l’entraînement des modèles par le recours, sans permission, à des œuvres soumises au droit d’auteur : pour pouvoir produire un fac-similé, quand bien même de niveau très médiocre, du travail de Julien Blanc-Gras, il a fallu qu’un modèle ait absorbé tout ou partie de son œuvre en amont.

Il y a, ensuite, cet enjeu émergent des usurpations d’identité. D’ores et déjà visible chez les auteurs, il concerne aussi toutes sortes de personnalités présentes en ligne. L’affaire Grammarly, qui fournissait jusqu’au 11 mars 2025 un outil nommé « révisions expertes », l’a bien illustré. Le correcteur orthographique suggérait en effet de reprendre les textes des internautes « à la manière de » personnalités réelles.

À force de tests, nous avions notamment repéré les noms des autrices françaises Annie Ernaux, Delphine de Vigan et Marie Darrieussecq, des chercheuses Geneviève Pruvost et Valérie Masson-Delmotte, et de la journaliste Florence Aubenas. Aucune de celles que nous avons réussi à joindre n’avait donné son consentement à voir son nom cité, ou son expertise imitée par de la génération par IA.

Dans ce cas-là, c’est l’action collective, aux États-Unis, de multiples personnalités visées qui avait permis la suppression de la fonctionnalité incriminée.

Le débat sur la manière de lutter contre les usurpations d’identité facilitées par IA générative, lui, reste ouvert. Outre le problème de la protection de son nom et de son œuvre, il pose aussi celui de la protection des consommateurs : dans un autre genre, on se rappelle des arnaques diffusées en ligne en capitalisant sur l’image de Brad Pitt, d’Élise Lucet ou de Jamel Debbouze.

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☕️ Quand internet rend le tricot cool 



Il y a des milliers de communautés, en ligne, mais connaissez-vous celle du tricot ? Alimentée par des échanges de patrons, des influenceuses qui dépassent les deux millions d’abonnés sur Instagram, des sites communautaires comme Ravelry ou le temple des créations artisanales Etsy, la pratique s’est tissée une nouvelle jeunesse. 

Célébrée lors de la journée mondiale du tricot en public, le 13 juin, l’activité tient aussi bien du rituel que de la recherche de pratiques favorisant la déconnexion, relève l’ADN.

Illustration : Flock

Avant même les débats sur les addictions aux réseaux sociaux, des tricoteuses comme la Néerlandaise Loes Veenstra s’y sont adonnées pour lutter contre l’envie de fumer. Désormais, la pratique est recommandée pour lutter contre toutes sortes d’envies néfastes pour la santé, des troubles alimentaires jusqu’au doomscrolling. 

Outre avoir permis d’alimenter les liens de la communauté au-delà des frontières, le numérique est aussi source d’inspiration : certaines, comme l’artiste et chercheuse Hayley Mortin, tricotent ainsi des motifs inspirés des CAPTCHA. 

Mais le tricot n’est pas épargné par les maux de notre temps : patrons générés par IA, podcast présenté par des voix générées par IA… Dans la laine comme dans de nombreuses autres activités, l’AI slop vient compliquer la navigation. 

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Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Comment dit-on cheh en anglais ?
Supprimé par Trump, le portail états-unien de la recherche sur le climat ressuscité

Utilisé par le monde de la recherche comme par le public, le site climate.gov a été supprimé l’an dernier au beau milieu des attaques du gouvernement de Trump contre les sciences climatiques. Des bénévoles viennent de lui donner une nouvelle vie à l’adresse climate.us.

Printemps 2025 : de retour au pouvoir depuis quelques mois, Donald Trump met en place une politique d’attaque en règle de la recherche, en particulier celle liée aux enjeux climatiques. Les effets se font ressentir aux États-Unis, mais aussi à l’international : la communauté scientifique recourt à de nombreux outils et bases de données américaines pour mener ses travaux. En France, la paléoclimatologue du CEA Valérie Masson-Delmotte demande aux sénateurs que la France protège les données scientifiques en passe d’être supprimées.

Un outil en particulier illustre la politique appliquée par le gouvernement Trump : climate.gov. Hébergé par l’administration des États-Unis, le site servait de point d’accès à quantité de ressources liées aux enjeux climatiques, que ce soit des jeux de données, des analyses ou de simples articles de vulgarisation destinés au grand public. À la suite du décret « Restoring Gold Standard Science » (Rétablir une science au meilleur standard), pris en juin 2025, le site a été rendu inaccessible.

Un an plus tard, une large part de l’équipe qui avait fabriqué climate.gov dévoile climate.us. Indépendante de l’administration des états-unis, la plateforme rend l’accès à la vaste collection de données hors ligne pendant un an.

D’anciennes équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration

À la manœuvre : une partie des équipes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui avait drastiquement coupé dans ses effectifs dès mars 2025. Ces anciens agents fédéraux ont créé une organisation à but non lucratif et collecté 2 500 « petites donations auprès de personnes qui veulent que l’information relative aux sciences climatiques reste accessible ».

Pour un total de 250 000 dollars environ, ces donations ont constitué le tiers des financements totaux collectés. Grâce à ces moyens, ils ont annoncé ce 24 juin, soit pile un an après la suppression de climate.gov, le lancement de la version complète du site climate.us.

Ce dernier compte devenir un « foyer pour l’information climatique de confiance, soutenu par le public ». L’ONG indique que plus de 80 scientifiques « se sont portés volontaires pour exercer des révisions par les pairs sur leurs sujets ». Au total, la plateforme revendique donner l’accès à 15 ans d’articles, de publications de blogs, de rapports et d’autres indicateurs essentiels liés au climat.

Les attaques du gouvernement Trump contre les régulations environnementales n’ont pas cessé depuis l’an dernier. La semaine dernière, le ministère de la Justice a notamment adressé à la cour du Mississippi une lettre l’intimant de classer l’affaire relative au supercalculateur Colossus de xAI. Ce dernier est accusé d’avoir violé le Clean Air Act en installant des générateurs au gaz non autorisés, et de polluer l’air du voisinage, principalement habité par une population noire qui présente déjà l’espérance de vie la plus faible de Memphis et ses environs.

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☕️ Quand une vidéo YouTube permet de prouver l’existence du chat des sables libyen



Tout est parti d’une vidéo YouTube de 18 secondes : le photographe animalier Mohammed Almuntasir l’a publiée en 2017, sans plus y penser.

Dessus : un petit chat pâle, creusant un trou dans le sable du désert du sud-ouest de la Libye.

« Personne ne voulait croire que ç’avait été filmé en Libye », explique-t-il au Guardian.

Si Mohammed Almuntasir n’en a pas particulièrement fait la promotion, sa vidéo a attiré l’attention d’un nombre croissant de chercheurs au fil des ans, alors que des preuves de la présence de tout un groupe de chat des sables en Libye émergeaient.

À répétition, ces derniers contactent le photographe. Jusqu’à Firas Hayder, zoologue sud-africain spécialisé dans les petits carnivores.

Ce dernier convainc Mohammed Almuntasir de l’aider à mener une étude sur le retour de cet animal en Libye – la région dans laquelle ce dernier a repéré à plusieurs reprises des chats des sables n’est ni protégée, ni équipée pour repérer les animaux. Théâtre de trafics entre l’Algérie, le Niger et le Tchad, elle est par ailleurs dangereuse pour le travail de terrain.

Après une première rencontre, Mohammed Almuntasir et Firas Hayder se sont donc lancés dans une collaboration de huit ans, le plus souvent menée à distance, dans laquelle le zoologue a appris au photographe les techniques d’enregistrement des coordonnées GPS et de documentation photographique et vidéo des petits animaux.

En se liant aux communautés touareg locales, Mohammed Almuntasir a quadrillé le terrain avec ses appareils, jusqu’à ce que les deux hommes puissent publier une étude revue par les pairs dans le Journal of Arid Environments, en février 2026. Ils y établissent la présence du chat des sables dans 13 sites du Sahara libyen.

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☕️ Oracle a licencié 21 000 personnes en un an après avoir recentré ses activités sur l’IA



En un an, Oracle a mis fin à 21 000 postes à travers le monde. En mai 2026, l’entreprise indiquait compter 141 000 employés à temps plein, contre 162 000 l’année précédente, soit une baisse de 13 % de ses effectifs.

Très investie dans le déploiement de l’intelligence artificielle générative (Oracle est au cœur de contrats circulaires avec OpenAI et NVIDIA), l’entreprise lie explicitement ce type de technologie à ses décisions en matière de ressources humaines. 
« Le déploiement des technologies d’IA à travers nos activités a eu pour effet, et pourrait continuer d’avoir pour effet de réduire nos effectifs », indique Oracle dans son rapport annuel.

Illustration : Flock

Si le constat a de quoi rassurer les marchés financiers sur la productivité effective du secteur de l’IA, il peut aussi correspondre à l’économie de la promesse que la présidente de Signal Meredith Whittaker critique régulièrement. Il peut aussi cacher la réalité de l’évolution des tâches demandées aux employés d’Oracle, ou de ceux en charge d’entraîner les modèles qu’elle utilise.

Au total, les réductions d’effectifs ont coûté 1,8 milliard de dollars d’indemnités de départ, beaucoup plus que les 374 millions de dollars déjà engagés l’année précédente pour restructurer la société. L’entreprise prévient par ailleurs que ces coupes pourraient entraîner un manque de main d’œuvre qualifiée sur certains postes, note la BBC, ce qui pourrait réduire sa productivité et impacter ses revenus.

Comme Oracle, Amazon et Meta ont chacune procédé à des licenciements en 2025. Amazon, Google et Meta prévoient d’investir collectivement 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026. Oracle, de son côté, prévoit au moins 50 milliards de dollars d’investissement dans ses infrastructures.

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Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

There might be an alternative
Impact environnemental de l’IA : le secrétaire général de l’ONU réclame la transparence

Le secrétaire général de l’ONU inaugure une initiative sur la transparence environnementale de l’IA et appelle globalement les secteurs polluants et les États à accélérer leurs actions pour faire face au changement climatique.

Alors que l’Europe est frappée d’une canicule historique, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), António Guterres, appelle l’industrie de l’IA à « dire la vérité » sur ses impacts environnementaux. Il a lancé une AI Environmental Transparency Initiative, dédiée à obtenir ces informations, et a appelé les sociétés du secteur à recourir à des énergies renouvelables.

« Le chaos climatique s’accélère devant nos yeux » a-t-il déclaré à Londres, tandis que la crise énergétique alimentée par la guerre au Moyen-Orient « démontre la folie d’un monde dépendant aux hydrocarbures ». Ces deux crises peuvent « sembler différentes. Mais elles partagent la même origine destructrice : les énergies fossiles. »

Côté data centers, des appels à accroître le recours aux énergies fossiles

Quelques jours plus tôt le représentant du lobby européen des centres de données Lex Coors déclarait qu’il fallait ouvrir le débat du recours aux énergies fossiles pour alimenter les data centers européens. Selon lui, si l’Europe continuait de chercher à remplir ses objectifs climatiques, elle serait nécessairement dépassée par les États-Unis et la Chine en matière d’intelligence artificielle. L’autre alternative serait de passer par le recours au gaz, notamment.

Une étude de l’ONU publiée début juin constate que l’industrie des centres de données consomme plus d’électricité que quasiment tous les pays du monde : seulement dix en consomment plus. Or, dans le monde, l’essentiel de cette consommation repose sur de l’énergie fossile, participant à la fois à aggraver la crise énergétique actuelle et la crise climatique plus globale.

Autant d’eau qu’1,3 milliard de personnes d’ici 2030 ?

En pleine London Climate Action Week, le secrétaire général de l’ONU a inauguré une initiative dédiée à la transparence du secteur. Si plusieurs d’entre elles indiquent, sur des bases de volontariat, travailler à recourir à des solutions solaires ou (le plus souvent) nucléaires pour alimenter leurs infrastructures, l’essentiel utilise pour le moment toutes les solutions qu’elles peuvent trouver. Dans le cas de xAI, cela comprend aussi l’installation non autorisée de générateurs au gaz.

D’ici 2030, les secteurs de l’IA et des data centers qui leur permettent de fonctionner « pourraient utiliser plus d’énergie que tous les pays sauf cinq, et autant d’eau que le volume nécessaire pour répondre aux besoins de base des 1,3 milliard de résidents d’Afrique subsaharienne en un an », a encore alerté António Guterres. Si, en France, le secteur repose assez peu sur l’eau pour refroidir ses serveurs, il en va autrement du reste du monde, comme l’illustrait l’enquête Dirty Data, à laquelle Next a pris part.

L’ONU le déclare désormais clairement : la question de la consommation énergétique ne suffit pas à comprendre les effets concrets de l’expansion des centres de données sur les populations. Selon les régions, celle-ci peut aussi se traduire par des pressions accrues sur les ressources en eau ou encore sur les territoires. Les deux tiers des centres de données que l’industrie prévoyait de construire au premier trimestre 2025 sont par exemple supposés être installés dans des zones subissant déjà des stress hydriques.

L’appel d’António Guterres à l’adresse de l’industrie de l’IA se fait dans un contexte plus global d’urgence à adapter la vie économique pour faire face au changement climatique. Comme de nombreux spécialistes du sujet le rappellent ces derniers jours (et depuis des années, notamment via les travaux du GIEC, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), l’adaptation à la situation climatique impose de prendre des décisions politiques de long terme. Quant à inverser le réchauffement climatique, cela implique de passer à de vraies logiques de sobriété, voire de renoncement. À ce titre, Antonio Guterres souligne que « chaque émetteur majeur doit accélérer son action (…) et chaque pays doit surperformer sur ses engagements ».

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Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Fake cote, fake gain, fake respect
Les vidéos de gains faramineux sur Polymarket ? Des faux, payés par la plateforme.

Aux États-Unis, pour promouvoir ses activités, la plateforme de paris en ligne Polymarket aurait payé des influenceurs pour produire du contenu manipulé.

En janvier, George Makihara, un étudiant, a publié une vidéo dans laquelle il gagnait 100 000 dollars. Le pari qui lui a permis de rafler la mise ? Celui que le président Trump dirait publiquement le nom « McDonald’s » au fil du mois suivant. Problème : d’après une analyse du Wall Street Journal, personne n’a gagné un tel pari au mois de janvier 2026 sur la plateforme.

Pire : d’après le journal, l’entreprise qui a défrayé la chronique au point d’être interdite en France et dans plusieurs autres pays a purement et simplement payé des internautes pour mettre en scène de faux gains sur les réseaux sociaux. L’entreprise a construit des « copies quasi-parfaites de son site web », puis leur a demandé de « simuler ces paris sur les faux sites et de cacher le fait qu’ils avaient été payés par Polymarket ».

« Bro, what ? »

La dissimulation a plutôt fonctionné : certaines de ces vidéos sont devenues virales, au point que les 1 105 vidéos étudiées pour l’enquête ont cumulé 140 millions de vues sur YouTube, TikTok et Instagram. Pour les produire, les créateurs de contenu concernés se sont vus envoyer des guides rédigés au format bullet point, ce qui conduit plusieurs d’entre eux à reprendre exactement les mêmes termes.

Ainsi de l’idée selon laquelle, grâce à ces paris, ils gagneraient de « l’argent gratuit », ou des phrases « bro, what ? » et « wait, what ? », dédiées à accrocher l’attention des internautes. Une fois leurs vidéos tournées, ces derniers étaient encore supposés les envoyer à Polymarket qui s’assure de leur aspect crédible. À défaut, l’entreprise demandait aux vidéastes de recommencer.

Surtout, les vidéos s’appuyaient fréquemment sur un faux site Polymarket dont l’URL, poiymarket.com, est difficilement distinguable de la vraie lorsqu’elle est écrite avec un i majuscule. 70 % des paris analysés n’auraient ainsi jamais été vraiment réalisés. Dans certains cas, les vidéos montrent aussi les influenceurs réagir à des éléments d’actualité dépassée.

Dans un des clips, un internaute déclare par exemple avoir parié que Donald Trump dirait les mots « April fools » pendant la première semaine du mois d’avril. L’extrait auquel on le voit réagir devant son écran de télé comme s’il venait de remporter la mise, en revanche, date du mois de mars précédent. En conditions réelles, une personne qui aurait reproduit le même pari aurait perdu. Dans la plupart des cas, les créateurs de contenu ont ajouté des précisions sur le fait qu’ils avaient été payés après avoir été contactés par les médias américains.

Paris perdants

La campagne a particulièrement visé les utilisateurs états-uniens, quand bien même Polymarket n’est accessible que de manière détournée. En 2022, rappelle ArsTechnica, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a en effet conclu que Polymarket opérait une plateforme d’échanges financiers de manière illégale. Depuis, le site principal de la marque n’est accessible qu’en mode « lecture seule »… sauf si les internautes recourent à un réseau privé virtuel (VPN).

Quoiqu’il en soit, Polymarket s’est tourné vers des influenceurs qui devaient avoir au moins 60 % de leur audience aux États-Unis. Au total, ces derniers montrent avoir placé pour environ 1,9 million de dollars de paris et remporté près de 900 000 dollars. S’ils avaient été placés pour de vrai, selon les calculs du Wall Street Journal, ces paris auraient entraîné des pertes de plus de 166 000 dollars.

L’affaire vient s’ajouter à de multiples critiques qui visent ces plateformes de paris en ligne. En novembre 2025, une étude de la Columbia University estimait déjà qu’au moins un pari sur quatre enregistré sur Polymarket relevait de l’amplification artificielle pour simuler une demande forte.

En janvier, un internaute avait gagné plus de 430 000 dollars en pariant pile au bon moment sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro. Des aléas qui n’empêchent pas Mark Zuckerberg d’envisager lancer son propre service de paris.

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Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

To be or not to be online
Éducation au numérique : le CLEMI et l’UNESCO publient un guide pour les familles

Temps d’écran, usages scolaires et loisirs du numérique, recours aux réseaux sociaux comme aux jeux vidéo pour sociabiliser, voire s’informer… pour accompagner les familles, le CLEMI et l’UNESCO publient le guide « Grandir dans un monde connecté ».

« Grandir dans un monde connecté, ça s’apprend. » Tel est le titre du guide publié par le CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information en charge de l’éducation aux médias et à l’information dans le système éducatif, jusqu’à la fin du secondaire.

Composé avec l’aide de 37 chercheurs, accessible en français, en anglais et en espagnol, le guide propose d’aider les parents à naviguer dans une variété de sujets susceptibles d’agiter les vies familiales, de la gestion du temps d’écran au recours aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en passant par la protection face aux cyberviolences et des outils pour affûter l’esprit critique.

En 112 pages, le guide cherche à équiper parents et éducateurs qui se « sentent souvent mal outillés pour accompagner les enfants et les jeunes dans l’usage des technologies numériques, d’une manière qui favorise leurs droits tout en les protégeant des risques ». L’enjeu est de taille : 44 % des adolescents accèdent aux réseaux sociaux avant l’âge légal de treize ans, plus de quatre sur cinq les utilisent au quotidien et 83 % déclarent y avoir été exposés à au moins un risque numérique, rappelle en préambule le ministre de l’Éducation.

L’exemple des adultes et la nécessité du mouvement

Logiquement, on y retrouve diverses propositions qui résonnent avec les débats politiques et légaux du moment. Alors que les parents se sentent « partagés entre leur devoir de protection et la place incontournable qu’occupent les outils numériques dans la vie quotidienne », pour reprendre les mots du directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le premier chapitre se penche sur la gestion du temps d’écran : « faut-il limiter, interdire ou négocier ? »

Au fil des pages, le guide est agrémenté de témoignages collectés par le gouvernement brésilien auprès d’enfants et d’adolescents de 43 municipalités. Ainsi de cette réflexion simple, mais qui demande aux adultes de s’interroger sur leurs propres pratiques numériques : « Quand les adultes donnent l’exemple, c’est plus facile pour nous de comprendre ce qu’on nous demande. »

Outre évoquer le rapport aux différents écrans et aux applications qui se trouvent dessus – le guide suggère notamment d’identifier les différences de pratiques liées à l’école et celles au loisir, et d’établir des temps dédiés en fonction de chaque usage –, le guide s’intéresse aux effets collatéraux de la connexion des plus jeunes. 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité physique recommandés par l’Organisation mondiale de la santé, alors qu’elle est une « condition essentielle pour grandir en bonne santé ». Et de recommander diverses pratiques pour inciter au mouvement.

Le numérique comme espace de sociabilité et d’information

Le document incite par ailleurs les adultes à approcher les différents usages numériques avec nuance. Le jeu vidéo, par exemple, réunit les dimensions de réseau social, de commerce en ligne (avec ses effets de mode et ses demandes de monnaie virtuelle, payable en euros bien réels) et d’espace de créativité. Pour mieux approcher ces diverses dimensions, le Clemi et l’Unesco incitent les parents à jouer « ne serait-ce qu’une fois » avec leurs enfants, pour créer la confiance et faciliter les discussions.

Les réseaux sociaux, eux, sont autant d’espaces de sociabilité que d’information (la principale source en la matière pour 44 % des 18 - 24 ans). Comme le relève un récent rapport du Reuters Institute, le recours aux chatbots d’IA générative pour s’informer grimpe aussi, même s’il est encore loin derrière la consommation de vidéos publiées sur des réseaux comme TikTok, YouTube ou Instagram.

À ce titre, les échanges sur le fonctionnement du journalisme, celui des réseaux sociaux sur lesquels l’information circule, les manières de repérer de la désinformation, sont autant de sujets aussi utiles pour aiguiser le sens critique que pour éviter les manipulations. Il en va de même pour tout ce qui relève de l’exposition sur les réseaux sociaux, souvent autant le fait des parents, et de pratiques comme le sharenting (partage de photos des enfants en ligne, alors que ceux-ci sont trop jeunes pour y consentir pleinement), que de leurs enfants.

Cas pratiques et sensibilisation des parents

Les enjeux que posent les compagnons IA, très plébiscités par les adolescents, sont ainsi détaillés, de même que les nouveaux visages du cyberharcèlement (qui passe notamment, aussi, par le recours à l’IA générative). Clemi et Unesco fournissent plusieurs listes de signaux à repérer pour prendre soin de la santé mentale des plus jeunes et aider les parents à protéger leurs enfants des risques numériques – y compris de la cyber pédocriminalité.

En s’appuyant sur de nombreux cas pratiques, le guide se veut une bibliothèque d’outils à même d’aider les adultes à naviguer les aléas de l’éducation au numérique.

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